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Contribution du système d'information géographique et de la télédétection à  l'étude des inondations dans la ville de N' Djamena: cas de la commune du 7e arrondissement


par Hounsala Djonmbe
Université de N'Djamena - Master 2021
  

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INTRODUCTION

La question des risques naturels dans le monde constitue de nos jours, et ce à travers des multiples menaces, le principal souci à la fois environnementale, économique et sociale. Dans ces multiples désastres (inondation, érosion côtière, réchauffement climatique, vents violents...), ils engendrent de nombreux dégâts matériels et humains tant dans les pays développés que ceux en voie de développement. Toutefois, la différence entre ces pays peut se situer au niveau de la capacité et ou stratégie d'adaptation et de gestion de ces risques.

Les inondations représentent le risque de catastrophes les plus dévastatrices dans le monde (Magdelaine, 2012) .Durant ces vingt(20) dernières années, 90 % des catastrophes naturelles sont causées par les inondations, les tempêtes, les vagues de chaleur, les sècheresses et autres évènements liés à des phénomènes climatiques. Les inondations représentent à elles seule plus de 47 % des désastres liés au climat d'après le rapport de l'ONU de 1995-2005 et 2005-2015.

En Afrique de l'ouest et précisément à Dakar au Sénégal, les inondations enregistrées en 1987,1995,1996,2000,2003 et 2005 soulèvent des préoccupations à la fois naturelles et sociales, au rang desquelles la remise en eau des bas-fonds asséchés autrefois, l'occupation de ces bas-fonds par des habitats spontanés ,le retour à la normale des pluies rompues depuis les années 1970 (Wade et al.2008).

En Afrique centrale, Ovono(2017) s'est basé sur les outils de la géomatique pour faire une analyse sur l'érosion côtière sur les côtes gabonaise. Le Tchad est l'un des pays les plus confrontés aux phénomènes d'inondation qui se manifestent de façon catastrophique constituant ainsi une menace sérieuse pour l'homme et ses biens à travers plusieurs régions du territoire national . Selon le rapport de OCHA du 10 septembre 2020, le mois d'août 2020 en particulier a provoqué de nombreuses inondations sur la plupart du territoire national : au centre, au sud, à l'est, au Lac et dans la capitale N'Djamena. Les statistiques du Gouvernement indiquent que les inondations ont affecté près de 190 000 personnes et près de 38 000 ménages sont touchés par les inondations. Une analyse de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) comparant les précipitations de 2015 à 2020 pour les mois de mai, juin et juillet montre une dégradation et une forte augmentation des précipitations mensuelles et ceci d'une année à l'autre (OCHA ,2020).

En l'espace de trente ans, N'djamena a connu plusieurs inondations. Les plus marquantes sont celles des années 1988, 1998 et 2012 ou plus de la moitié de la population était touchée (Ramadane.A, 2015).

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

Des études utilisant le SIG et la télédétection ont été menées sur les inondations dans la ville de

N'Djamena .On peut citer celle de DJIMTA.R,(2018) qui a travaillé sur le thème : Modélisation des risques d'inondation de la ville de N'Djamena a l'aide de SIG. Il a utilisé le SIG pour le repérage des ilots avec les risques d'inondation et la délimitation des bassins et celle de Bayam.B.S,(2012) menée sur le thème Morphologie ,occupation du sol et inondation dans la ville de N'Djamena. Sa méthodologie est basée sur l'utilisation de la télédétection pour cartographier l'occupation de sol et montrer la dynamique de l'occupation du sol. Mais il reste encore à élaborer un véritable système de prévention du risque basé sur l'exploitation des Systèmes d'Information Géographique et de la télédétection pour faire face de manière plus efficace aux problèmes récurrents des inondations dans la ville de N'Djamena de manière générale et de la commune du 7e arrondissement en particulier.

Pour une meilleure gestion des risques d'inondations dans un contexte de changement climatique et de l'urbanisation galopante dans la commune du 7e arrondissement, une meilleure connaissance des facteurs causant l'inondation est indispensable. C'est dans ce sens que s'inscrit la présente étude intitulée « Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : cas de la commune du 7e arrondissement ».

Globalement, notre travail consiste à contribuer à l'étude des facteurs qui engendrent les inondations saisonnières dans la commune du 7e arrondissement grâce aux outils SIG et de la télédétection.

Spécifiquement, ce travail vise à :

V' Exploiter les données radar srtm pour l'analyse de la géomorphologie de la commune du 7e arrondissement et l'élaboration des cartes thématiques (carte de relief, carte des pentes, carte de réseaux de drainage) ;

V' Utiliser l'image Google earth pour Cartographier les zones inondables ;

V' Réaliser les cartes d'occupation de sol avec les images optiques (landsat) pour observer la dynamique de l'occupation du sol et d'étudier son influence sur les inondations ;

V' Proposer des solutions pouvant permettre l'adaptation ou la résilience aux aléas climatiques (inondation).

Cette étude singulière sur l'inondation dans la commune du 7e arrondissement s'organise autour de quatre(4) parties. Le cadre naturel, l'approche méthodologique, le résultat et interprétation puis la synthèse de la discussion.

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

I. CADRE NATUREL

I.1 Localisation et géomorphologie du site d'étude

1.1.Localisation du site d'étude

N'Djaména est située au Centre-ouest du pays, au confluent des fleuves Chari -Logone, centrée sur 12°06'36 de Latitude Nord et 15°02'34 de Longitude Est. Elle est la plus grande et importante ville du Tchad avec une population de 1600395 d'habitant selon la projection d'INSEED de 2020.

Située entre le 15°04'55,34» à 15°11'04,37» de la longitude Est et 12°07'56,11» à 12°07'56,64» de la latitude Nord, la commune du 7ème Arrondissement est l'une des communes de la ville de N'Djaména la plus vaste avec une superficie de 24 021 hectares et peuplée de 343 277 habitants (service SIG commune de la ville de N'Djaména). Elle fait frontière au Nord par la commune du 8ème Arrondissement, à l'Est par la sous- préfecture de Lian, à l'Ouest par la commune du 6ème Arrondissement et au Sud par la commune du 9ème Arrondissement. D'abord, avec une population de 343 277 habitants (RGPH2, 2009), elle est la plus vaste et la plus peuplée de la ville de N'Djaména. Cependant, la gestion de cette Commune est rendue complexe par une croissance rapide de la population : La commune du 7ème regroupe un dixième de la population de la ville de N'Djaména et son taux de croissance s'élève à 5% par an (SIG, commune de la ville de N'Djaména, 2018). Ce taux de croissance nous conduit à estimer que la population de la commune de 7ème Arrondissement atteindra un million d'habitants en 2035.La commune du 7ème Arrondissement compte 12 quartiers à savoir : Dembé, Chagoua, Habbena, Atrone, Amtoukoui, Ambata, Boutalbagara, Gasssi, Mandjafa, Kliwiti, Kourmanadji et Digo (Fig1).

Mémoire de Master HydroSIG rédigé par DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 13

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

Figure 1: Carte de localisation de la commune du 7e arrondissement

1.2.Géomorphologie

Le relief de la ville de N'Djamena est dans son ensemble légèrement plat. Sa cote la plus haute est de 300 m et la plus basse est de 288 m (Figure 2). Il s'agit d'un ensemble de plaines inondables et exondées issues du quaternaire récent, s'étendant de part et d'autre du fleuve Chari. On y trouve partout des bas-fonds ou de faibles dépressions accumulant les eaux de pluie pendant la période d'hivernage et le début de la saison sèche.

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Figure 2 : Carte topographique de la ville de N'Djamena à partir du MNT(SRTM) 1. Contexte socioéconomique

? La démographie

La ville de N'Djamena est peuplée de 993492 habitants (RGPH2, 2009).Sa population représente 8 % de la population nationale .Elle occupe une place à part dans le réseau urbain tchadien, cette population représente 41 % des citadins du pays. La population tchadienne croit en général à un rythme de 3,6% par an (INSEED, 2009) ce qui engendre une urbanisation anarchique. On y rencontre toute sorte de culture tchadienne car toutes les couches ethniques y sont représentées. Les groupes ethniques les plus représentés sont les suivants classes par ordre d'importance/ Ngambay,Arabes, Ouaddai. Hadjarai, Daza, Bilala, Kanembou, Marba. Kanouri, Gore, Kouka, Toupouri, Sarah, Barma (RGPH2, 2009). La commune du 7ème Arrondissement comptait 223.231 habitants (RGPH2, 2009), la projection de la Mairie de N'djamena a estimée 343 277 habitants en 2018.

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? Activités économiques

L'activité économique de la ville de N'Djamena se caractérise par une relative hétérogénéité comparativement à celle des autres provinces du pays, dominée par le secteur de l'agriculture et de la pêche. L'activité dominante est le commerce qui occupe 37% de personnes, soit environ deux actifs N'Djaménois sur cinq (RGPH1, 1993). Le secteur primaire occuperait 9,1% des activités de la ville et concerne celles qui sont liées à l'agriculture en général et la culture maraîchère en particulier. Le secteur secondaire, localise essentiellement dans le premier arrondissement est représenté par les industries.

2. Cadre climatique

Le climat de la ville de N'Djamena est de type sahélien avec une pluviométrie inférieure à 600 mm de pluie par an et une température moyenne de 35° C toute l'année (avec un fort soleil), le maximum des températures pouvant atteindre 45°C entre mars et mai. Des nuages de poussière liée à l'Harmattan s'abattent sur la ville pendant la saison sèche, réduisant donc la visibilité, c'est-à dire que lorsque la vitesse du vent au sol atteint une certaine vitesse critique (qui est de l'ordre de 15m/s), cette vitesse peut soulever de la poussière. Au cours de l'année, les vents sont issus du déplacement de la zone de convergence intertropicale, qui sépare les masses d'air maritime humide («Mousson») des masses d'air continental sec («Harmattan»).

a. Les précipitations

L'analyse de l'histogramme de précipitations moyenne mensuelle de la ville de N'Djamena pour la période de 1990 à 2019 montre deux saisons dont l'une est sèche et l'autre humide. La saison de pluie commence à partir du mois de juin et fini en Septembre (Figure 3). Le mois de Mai est considéré comme le mois de transition de début de saison de pluies et octobre période de transition de fin de saison.

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Intensité pluviometrique en mm

250

200

150

100

50

0

Figure 3:Précipitations moyennes mensuelles Interannuelles de la période de 1990 à 2019 (ANAM).

L'histogramme suivant présente la pluviométrie moyenne interannuelle de 1990 à 2019 de la ville de N'Djamena avec des irrégularités notoires dans le temps avec une moyenne interannuelle de 577 mm. L'année la plus pluvieuse est celle de 1998 suivie de l'année2018 avec les hauteurs moyennes annuelles qui atteignent respectivement 775 mm et 754mm. L'année 1990 connait une insuffisance pluviométrique avec une hauteur moyenne annuelle de 296 mm. Elle demeure l'année qui a enregistré la basse hauteur pluviométrique depuis 30 ans. Les dix (10) dernières années présentent une moyenne annuelle au-dessus de 400mm, cela montre une légère amélioration de la tendance climatique.

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précipitation

Intensité (mm)

1000 900 800 700 600 500 400 300 200 100

0

Moyénne

interannuelle

(577,59mm)

1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019

Figure 4: Précipitation interannuelle de la ville de N'Djaména de 1999 - 2019 (ANAM)

b. Température

Les températures moyennes mensuelles oscillent entre 30°C et 40°C. La courbe de variation montre deux maxima (avril et octobre) et deux minima, l'un en saison de pluies pendant le mois le plus pluvieux (août) et l'autre en hivers (janvier). Le graphique ci-après illustre l'évolution annuelle de la température.

Temperature (0C)

45

40

35

30

25

20

15

10

5

0

Figure 5: Température moyenne mensuelle de la période de 1990 à 2018 (ANAM).

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c. Ensoleillement.

La figure 6 indique la variation journalière d'ensoleillement de 1990 à 2018.le minimum est observé pendant le mois d'Août avec une durée de 6,5h par jour et cela se justifie par la saison de forte pluviométrie dans la ville d'où la couverture nuageuse ne favorise pas un bon rayonnement solaire. Le maximum se situe dans le mois de Novembre avec une durée de 10h par jour.

10

8

6

4

2

Ensoleillement h/J

12

0

Figure 6: variation journalière de l'ensoleillement (ANAM).

d. Humidité Relative

L'humidité relative de l'air atteint 95% en août et 19% en février-mars pour ne pas dépasser une moyenne annuelle d'environ 57%.

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Humidité en %

120

100

40

80

60

20

0

Figure 7: Humidité relative moyenne mensuelle de 1990-2018(ANAM).

e. Evaporation

Les évaporations citées ci-dessous ont été mesurées à l'aide de l'appareil Piche dans la ville de N'Djamena et sont données en millimètre. Le maximum de l'évaporation se situe en saison sèche, le minimum en saison des pluies. Les valeurs mensuelles moyennes interannuelles de l'évaporation PICHE de la station de N'Djamena sont reportées sur la figure 8. Les variations de l'évaporation PICHE suivent celles de la température et vont en sens inverse de la pluviométrie.

L'évaporation mensuelle maximale est atteinte au mois de Mars avec 410mm et la valeur minimale apparaît au mois d'Août avec 69mm.

 

450 400 350 300 250 200 150 100

50

0

 
 
 

Evaporation de piche (mm)

 
 
 
 
 
 

Figure 8: Evaporation (piche) moyenne mensuelle interannuelle de 1990-2018 (ANAM).

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3. Cadre pédologique et géologique

? Pédologie :

On distingue deux grandes catégories de sols dans la ville de N'Djamena, réparties sur deux grandes unités de paysages. Elle se distingue par leur structure, leur texture, leur composition chimique et leur relative position topographique (J.Pias, 1974).

Les sols en zones émergées : Ces sols sont d'une bonne structure physique et bien drainés. Leur texture granulométrique ne permet qu'une faible rétention en eau et un médiocre potentiel d'échange cationique, d'où une modeste richesse en éléments chimiques nutritifs. Ceux-ci présentent deux variantes, dont les complexes sols hydromorphes-vertisols et sols hydro morphes- halomorphes. Les sols en zones émergées connaissent un processus d'érosion pelliculaire décapante, suivi du transport des matériaux vers le bas-fond. Très colonisés par les cultures, ces sols subissent une évolution régressive ou, tout simplement, une dégradation qui aboutit à la formation de sols stériles.

Les sols en zones inondables. Il s'agit essentiellement des sols hydromorphes d'ensemble permanente ou temporaire très argileux à argilo-limono-sableux. Ces derniers montrent une disparité accentuée en fonction de leur structure, de leur faible perméabilité et de leur mauvais drainage. On distingue deux catégories, dont les sols hydromorphes et les vertisols. Les sols inondables sont imperméables et présentent une bonne aptitude pour les cultures de décrue.

Photo 1: Sol argileux à N'Djamena

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? Géologie

La géologie du Chari Baguirmi en générale et celle de la ville de N'Djamena en particulier est liée à celle du Bassin du Lac Tchad (BRGM, 1988 ; Kushnir, 1993 ; Djoret, 2000, Edith, 2007). La région du Chari Baguirmi repose sur les alluvions du quaternaires de l'ancien Lac Tchad, ces alluvions sont superposées au sol cristallin précambrien. Sa stratigraphie a distingué des dépôts sédimentaires d'origine fluviale, lacustre ou éolienne lors de la formation quaternaire. La zone est constituée de formation sédimentaire des sables, des argiles et des limons du quaternaire. Les sables sont particulièrement développés dans la partie centrale de la cuvette, sur les lits du Logone-Chari ainsi que dans le sud du Kanem.

Figure 9 : Coupe transversale du bassin du lac Tchad (Source : Schneider et Wolff, 1992).

4. Cadre hydrologique et hydrogéologique

? Hydrologie :

Le réseau hydrographique est dominé essentiellement par les deux fleuves : Chari et Logone. Le fleuve Chari coule entièrement dans pays au sud de la ville de N'Djamena, alors que le Logone la sépare du Cameroun. La ville comprend quelques cours d'eau temporaires et des dépressions inondables. Au cours d'une certaine période, ces cours d'eau tarissent compte tenu de la forte évaporation et de la courte saison des pluies. Les principales caractéristiques des deux fleuves sont présentés ci-dessous (J.Pias ,1970).

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? Le Logone

Le Logone prend sa source dans le plateau de l'Adamaoua (Cameroun) à 1 200 m d'altitude. Long de 1000 km, il porte le nom de Vina au Cameroun et reçoit la M'Béré grossie du Ngou et de la Lim. L'ensemble constitue le Logone occidental qui collecte la Pendé ou Logone oriental, et sur la rive gauche la Tandjilé issue des plateaux Laka. Ce fleuve ne recevra plus aucun affluent jusqu'à sa confluence avec le Chari (Fig10). Les eaux perdues en amont lui retourneront plus en aval par l'intermédiaire des défluents. Son régime est caractérisé par une crue qui débute avec le commencement de la saison des pluies (mai- juin). La grande crue s'étale de juillet à octobre avec un maximum dans ce dernier mois. La décrue est régulièrement observée dès la fin octobre avec des débits moyens mensuels à l'étiage de 45 à 100 m3/s et de 1 800 à 2 000 m3/s au moment de la crue. L'étiage se situe en avril-mai. Ensuite, au plus fort de la crue le Logone inonde par ses déversements les plaines environnantes. Pendant cette période, les débits diminuent progressivement de l'amont vers l'aval, conséquence des pertes subies par le fleuve. Le Logone perd 20 à 30 % de son débit par déversement entre Laï et le confluent du Chari. Ces déversements irriguent les plaines et les rendent favorables aux cultures.

? Le Chari

Le Chari prend ce nom en amont de Fort-Archambault, actuel Sarh. Il résulte de la jonction de plusieurs rivières venant de la République Centrafricaine. Son régime est presqu'identique à celui du Logone. La crue débute en juin pour atteindre son maximum en octobre-novembre. Les débits moyens mensuels se situent dans l'ordre de 2 500 à plus de 4 000 m3/s suivant l'année considérée à N'Djamena. La décrue est régulière à partir de novembre et l'étiage a lieu en avril-mai (150 à 200 m3/s). Le cours inférieur du Chari s'étend de N'Djamena au Lac Tchad. Le fleuve Chari recoupe dans cette partie, des formations quaternaires récentes, en même temps qu'il a donné naissance aujourd'hui à une multitude des défluents qui ont disparu.

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Figure 10: Carte des réseaux hydrographiques des bassins versants du Chari et du Logone (Source : CBLT, 2006)

? Les mares et marigots

Ils sont partout dans les cuvettes d'inondation de la ville de N'Djamena et sont soit entretenus par les hommes ou soit naturels. Aux premières pluies, ils collectent les eaux des rigoles. A la fin de la saison des pluies, ils gardent pendant un temps leurs eaux avant que celles-ci ne s'évaporent. Parmi eux, on distingue principalement (Fig11):

? Le marigot des Jardiniers : long de 2,5 km, il traverse le bassin versant portant le même
nom. Ancien bras latéral du Chari, il se situe entre le quartier Ardepdjoumal et Paris-congo. Il collecte et évacue les eaux pluviales dans le Chari. C'était un marécage naturel peu profond vers lequel toutes les eaux des quartiers périphériques convergeaient. Son tracé fut recalibré entre 1978 et 1988 ans le cadre des actions de drainage des eaux pluviales de la ville;

? Le marigot d'Amriguebé : ce marigot long de 2 km prend sa source au centre-ville et
constitue l'évacuateur principal du bassin versant portant le même nom. Dans les années 19701980, c'était un marécage naturel peu profond vers lequel toutes les eaux des quartiers

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périphériques convergeaient. Son tracé fut recalibré également entre 1978 et 1988 pour devenir un grand canal à ciel ouvert ;

? La cuvette Saint Martin: c'était un cours d'eau naturel ancien affluent du Chari. Il divisait
la vieille ville (Fort-Lamy) en deux parties en sens Nord-Sud. Une étude d'assainissement y fut réalisée en 1959 afin de créer un bassin en amont jouant le rôle de collecteur des eaux de ruissellement. Les premiers travaux avaient eu lieu en 1960 donnant ainsi naissance au canal saint Martin (MADJ-NDEUDE.R, 2009). Les autres sont des petits bassins de retentions et les petites mares dans les différents arrondissements de la ville.

Figure 11: Carte montrant les mares de la ville de N'Djamena (Mairie de N'Djamena).

? Hydrogéologie

? Caractérisation et type d'aquifères à Ndjamena

L'aquifère de la nappe phréatique de N'Djamena est situé dans les niveaux détritiques du Quartenaire qui est formé essentiellement d'alternance d'argile et de sable, surmontant une épaisse formation argileuse du pliocène (Kadjangaba, 2007).

Le quartenaire est un aquifère régional libre, composé notamment de sables moyens fins localement entremêlés d'argiles conduisant à des aquifères de caractéristiques semi-confinées. En revanche, Kadjangaba (2007) mentionne que l'ensemble de l'aquifère du quartenaire de la

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ville de N'Djamena est un aquifère multicouche et divisé par une couche argileuse imperméable à semi-imperméable dans l'aquifère superficiel (8 à 20m) exploité par des puits traditionnels .Un aquifère intermédiaire (20 à 30m) exploité par les forages manuels privés et un aquifère relativement profond exploité par des forages de la STE (30 à 60 mètres). Cette couche d'argile a été détectée localement à une profondeur d'environ 20 mètres, et présente une épaisseur allant jusqu'à 40m (BRGM, 1967). D'après les études de Djoret (2000), le niveau statique des aquifères de la nappe à Ndjamena, varie progressivement de 08 à 20m à partir de la bordure du fleuve vers le Nord (Fig12). La nappe captée à N'djamena par les puits, les forages privés, les forages profonds de la STE et l'ensemble des forages industriels est la nappe Quaternaire du Chari Baguirmi (Kadjangaba, 2007). Du point de vue hydrogéologique, on peut différencier les trois (3) niveaux de ces nappes dans le Quaternaire, bien qu'il y ait une continuité hydraulique (pression) sur la verticale des terrains saturés et de nombreuses variations horizontales de faciès :

? de 08 à 20 m : Aquifère contenant une nappe libre, capté par de nombreux puits et puisards

et par la partie supérieure des forages manuels. Ces niveaux sont très sensibles à la pollution,

notamment anthropique et l'exploitation de ces ouvrages pour l'alimentation en eau potable

doit être considérée comme un problème sanitaire majeur. Selon les travaux de recherche de

Kadjangaba (2007) cette nappe est caractérisé par une transmissibilité hydraulique T= 3 à

5 10-3 m2/s, et un coefficient d'emmagasinement, S = 3.10-4 à 1.3 10-3) ;

? De 20 à 30 m : Aquifère contenant une nappe intermédiaire libre exploité par les forages manuels privé.

? De 30 à 60 m : Aquifère sableux avec passées argileuses, contenant une nappe captive profonde. Ces niveaux sont ceux qui peuvent être captés par les forages profonds (forages STE).

Il est toujours préférable de capter les niveaux sableux de base qui sont isolés de la surface par des passages argileux et/ou par une épaisseur suffisante de formations sablo-argileuses, permettant une filtration biologique efficace des eaux supérieures, potentiellement contaminées par les latrines.

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Figure 12: Carte d'interpolation des niveaux statiques des points de mesures et forages STE (Deubalbé, 2017).

5. La végétation

N'Djamena est située au centre d'une région de savane. Elle est caractérisée par une savane arbustive très dégradante laissant les sols nus. Les espèces végétales, les plus dominantes de la région sont : les acacias et les arbustes épineux. Ces espèces sont les plus répandues dans la région. À l'intérieur du périmètre urbain, la couverture végétale a complètement disparu faisant place à des lotissements étendus. L'extension de la ville vers les régions périphériques et les besoins en bois de chauffe ont causé la disparition complète du couvert végétal qui a été considéré comme la ceinture urbaine.

La végétation joue fondamentalement un rôle régulateur dans le changement climatique, et dans le renouvellement du cycle hydrologique. Elle constitue une composante essentielle du paysage. Enfin, la ville de N'Djamena a récemment bénéficié d'un projet étatique de reboisement et de la création de la ceinture verte pour deux (2) grands sites: le site de Gaouï et le site de Wali. La muraille verte de Gaouï occupe une superficie de 40 000 mètres (40 Km) de long et 2 00 mètres

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

de large. Elle s'étend de Gaouï à la sortie Nord-est de la ville jusqu'à la sous-préfecture de Mani dans le Lac-Tchad.

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