INTRODUCTION
La question des risques naturels dans le monde constitue de
nos jours, et ce à travers des multiples menaces, le principal souci
à la fois environnementale, économique et sociale. Dans ces
multiples désastres (inondation, érosion côtière,
réchauffement climatique, vents violents...), ils engendrent de nombreux
dégâts matériels et humains tant dans les pays
développés que ceux en voie de développement. Toutefois,
la différence entre ces pays peut se situer au niveau de la
capacité et ou stratégie d'adaptation et de gestion de ces
risques.
Les inondations représentent le risque de catastrophes
les plus dévastatrices dans le monde (Magdelaine, 2012)
.Durant ces vingt(20) dernières années, 90 % des catastrophes
naturelles sont causées par les inondations, les tempêtes, les
vagues de chaleur, les sècheresses et autres évènements
liés à des phénomènes climatiques. Les inondations
représentent à elles seule plus de 47 % des désastres
liés au climat d'après le rapport de l'ONU de 1995-2005 et
2005-2015.
En Afrique de l'ouest et précisément à
Dakar au Sénégal, les inondations enregistrées en
1987,1995,1996,2000,2003 et 2005 soulèvent des préoccupations
à la fois naturelles et sociales, au rang desquelles la remise en eau
des bas-fonds asséchés autrefois, l'occupation de ces bas-fonds
par des habitats spontanés ,le retour à la normale des pluies
rompues depuis les années 1970 (Wade et al.2008).
En Afrique centrale, Ovono(2017) s'est
basé sur les outils de la géomatique pour faire une analyse sur
l'érosion côtière sur les côtes gabonaise. Le Tchad
est l'un des pays les plus confrontés aux phénomènes
d'inondation qui se manifestent de façon catastrophique constituant
ainsi une menace sérieuse pour l'homme et ses biens à travers
plusieurs régions du territoire national . Selon le rapport de OCHA du
10 septembre 2020, le mois d'août 2020 en particulier a provoqué
de nombreuses inondations sur la plupart du territoire national : au centre, au
sud, à l'est, au Lac et dans la capitale N'Djamena. Les statistiques du
Gouvernement indiquent que les inondations ont affecté près de
190 000 personnes et près de 38 000 ménages sont touchés
par les inondations. Une analyse de l'Institut des Nations Unies pour la
formation et la recherche (UNITAR) comparant les précipitations de 2015
à 2020 pour les mois de mai, juin et juillet montre une
dégradation et une forte augmentation des précipitations
mensuelles et ceci d'une année à l'autre (OCHA
,2020).
En l'espace de trente ans, N'djamena a connu plusieurs
inondations. Les plus marquantes sont celles des années 1988, 1998 et
2012 ou plus de la moitié de la population était touchée
(Ramadane.A, 2015).
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
Des études utilisant le SIG et la
télédétection ont été menées sur les
inondations dans la ville de
N'Djamena .On peut citer celle de DJIMTA.R,(2018)
qui a travaillé sur le thème : Modélisation des
risques d'inondation de la ville de N'Djamena a l'aide de SIG. Il a
utilisé le SIG pour le repérage des ilots avec les risques
d'inondation et la délimitation des bassins et celle de
Bayam.B.S,(2012) menée sur le thème Morphologie
,occupation du sol et inondation dans la ville de N'Djamena. Sa
méthodologie est basée sur l'utilisation de la
télédétection pour cartographier l'occupation de sol et
montrer la dynamique de l'occupation du sol. Mais il reste encore à
élaborer un véritable système de prévention du
risque basé sur l'exploitation des Systèmes d'Information
Géographique et de la télédétection pour faire face
de manière plus efficace aux problèmes récurrents des
inondations dans la ville de N'Djamena de manière générale
et de la commune du 7e arrondissement en particulier.
Pour une meilleure gestion des risques d'inondations dans un
contexte de changement climatique et de l'urbanisation galopante dans la
commune du 7e arrondissement, une meilleure connaissance des facteurs causant
l'inondation est indispensable. C'est dans ce sens que s'inscrit la
présente étude intitulée « Contribution du SIG et de
la télédétection à l'étude des inondations
dans la ville de N'Djamena : cas de la commune du 7e arrondissement ».
Globalement, notre travail consiste à contribuer
à l'étude des facteurs qui engendrent les inondations
saisonnières dans la commune du 7e arrondissement grâce aux outils
SIG et de la télédétection.
Spécifiquement, ce travail vise à :
V' Exploiter les données radar srtm pour l'analyse de
la géomorphologie de la commune du 7e arrondissement et
l'élaboration des cartes thématiques (carte de relief, carte des
pentes, carte de réseaux de drainage) ;
V' Utiliser l'image Google earth pour Cartographier les zones
inondables ;
V' Réaliser les cartes d'occupation de sol avec les
images optiques (landsat) pour observer la dynamique de l'occupation du sol et
d'étudier son influence sur les inondations ;
V' Proposer des solutions pouvant permettre l'adaptation ou la
résilience aux aléas climatiques (inondation).
Cette étude singulière sur l'inondation dans la
commune du 7e arrondissement s'organise autour de quatre(4) parties.
Le cadre naturel, l'approche méthodologique, le résultat et
interprétation puis la synthèse de la discussion.
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
I. CADRE NATUREL
I.1 Localisation et géomorphologie du site
d'étude
1.1.Localisation du site d'étude
N'Djaména est située au Centre-ouest du pays, au
confluent des fleuves Chari -Logone, centrée sur 12°06'36 de
Latitude Nord et 15°02'34 de Longitude Est. Elle est la plus grande et
importante ville du Tchad avec une population de 1600395
d'habitant selon la projection d'INSEED de 2020.
Située entre le 15°04'55,34» à
15°11'04,37» de la longitude Est et 12°07'56,11» à
12°07'56,64» de la latitude Nord, la commune du
7ème Arrondissement est l'une des communes de la ville de
N'Djaména la plus vaste avec une superficie de 24 021 hectares et
peuplée de 343 277 habitants (service SIG commune de la ville de
N'Djaména). Elle fait frontière au Nord par la commune du
8ème Arrondissement, à l'Est par la sous-
préfecture de Lian, à l'Ouest par la commune du
6ème Arrondissement et au Sud par la commune du
9ème Arrondissement. D'abord, avec une population de 343 277
habitants (RGPH2, 2009), elle est la plus vaste et la plus
peuplée de la ville de N'Djaména. Cependant, la gestion de cette
Commune est rendue complexe par une croissance rapide de la population : La
commune du 7ème regroupe un dixième de la population
de la ville de N'Djaména et son taux de croissance s'élève
à 5% par an (SIG, commune de la ville de N'Djaména, 2018). Ce
taux de croissance nous conduit à estimer que la population de la
commune de 7ème Arrondissement atteindra un million
d'habitants en 2035.La commune du 7ème Arrondissement compte 12
quartiers à savoir : Dembé, Chagoua, Habbena, Atrone, Amtoukoui,
Ambata, Boutalbagara, Gasssi, Mandjafa, Kliwiti, Kourmanadji et Digo
(Fig1).
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 13
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.

Figure 1: Carte de localisation de la commune du
7e arrondissement
1.2.Géomorphologie
Le relief de la ville de N'Djamena est dans son ensemble
légèrement plat. Sa cote la plus haute est de 300 m et la plus
basse est de 288 m (Figure 2). Il s'agit d'un ensemble de
plaines inondables et exondées issues du quaternaire récent,
s'étendant de part et d'autre du fleuve Chari. On y trouve partout des
bas-fonds ou de faibles dépressions accumulant les eaux de pluie pendant
la période d'hivernage et le début de la saison sèche.
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 14
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.

Figure 2 : Carte topographique de la ville de
N'Djamena à partir du MNT(SRTM) 1. Contexte
socioéconomique
? La démographie
La ville de N'Djamena est peuplée de 993492 habitants
(RGPH2, 2009).Sa population représente 8 % de la
population nationale .Elle occupe une place à part dans le réseau
urbain tchadien, cette population représente 41 % des citadins du pays.
La population tchadienne croit en général à un rythme de
3,6% par an (INSEED, 2009) ce qui engendre une urbanisation
anarchique. On y rencontre toute sorte de culture tchadienne car toutes les
couches ethniques y sont représentées. Les groupes ethniques les
plus représentés sont les suivants classes par ordre
d'importance/ Ngambay,Arabes, Ouaddai. Hadjarai, Daza, Bilala, Kanembou, Marba.
Kanouri, Gore, Kouka, Toupouri, Sarah, Barma (RGPH2, 2009). La
commune du 7ème Arrondissement comptait 223.231 habitants
(RGPH2, 2009), la projection de la Mairie de N'djamena a
estimée 343 277 habitants en 2018.
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 15
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
? Activités économiques
L'activité économique de la ville de N'Djamena
se caractérise par une relative
hétérogénéité comparativement à celle
des autres provinces du pays, dominée par le secteur de l'agriculture et
de la pêche. L'activité dominante est le commerce qui occupe 37%
de personnes, soit environ deux actifs N'Djaménois sur cinq
(RGPH1, 1993). Le secteur primaire occuperait 9,1% des
activités de la ville et concerne celles qui sont liées à
l'agriculture en général et la culture maraîchère en
particulier. Le secteur secondaire, localise essentiellement dans le premier
arrondissement est représenté par les industries.
2. Cadre climatique
Le climat de la ville de N'Djamena est de type sahélien
avec une pluviométrie inférieure à 600 mm de pluie par an
et une température moyenne de 35° C toute l'année (avec un
fort soleil), le maximum des températures pouvant atteindre 45°C
entre mars et mai. Des nuages de poussière liée à
l'Harmattan s'abattent sur la ville pendant la saison sèche,
réduisant donc la visibilité, c'est-à dire que lorsque la
vitesse du vent au sol atteint une certaine vitesse critique (qui est de
l'ordre de 15m/s), cette vitesse peut soulever de la poussière. Au cours
de l'année, les vents sont issus du déplacement de la zone de
convergence intertropicale, qui sépare les masses d'air maritime humide
(«Mousson») des masses d'air continental sec
(«Harmattan»).
a. Les précipitations
L'analyse de l'histogramme de précipitations moyenne
mensuelle de la ville de N'Djamena pour la période de 1990 à 2019
montre deux saisons dont l'une est sèche et l'autre humide. La saison de
pluie commence à partir du mois de juin et fini en Septembre
(Figure 3). Le mois de Mai est considéré comme
le mois de transition de début de saison de pluies et octobre
période de transition de fin de saison.
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 16
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.

Intensité pluviometrique en mm
250
200
150
100
50
0
Figure 3:Précipitations moyennes
mensuelles Interannuelles de la période de 1990 à 2019 (ANAM).
L'histogramme suivant présente la pluviométrie
moyenne interannuelle de 1990 à 2019 de la ville de N'Djamena avec des
irrégularités notoires dans le temps avec une moyenne
interannuelle de 577 mm. L'année la plus pluvieuse est celle de 1998
suivie de l'année2018 avec les hauteurs moyennes annuelles qui
atteignent respectivement 775 mm et 754mm. L'année 1990 connait une
insuffisance pluviométrique avec une hauteur moyenne annuelle de 296 mm.
Elle demeure l'année qui a enregistré la basse hauteur
pluviométrique depuis 30 ans. Les dix (10) dernières
années présentent une moyenne annuelle au-dessus de 400mm, cela
montre une légère amélioration de la tendance
climatique.
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 17
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
précipitation
|
Intensité (mm)
|
1000 900 800 700 600 500 400 300 200 100
0
|
Moyénne
interannuelle
(577,59mm)
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
2017 2018 2019

Figure 4: Précipitation interannuelle de
la ville de N'Djaména de 1999 - 2019 (ANAM)
b. Température
Les températures moyennes mensuelles oscillent entre
30°C et 40°C. La courbe de variation montre deux maxima (avril et
octobre) et deux minima, l'un en saison de pluies pendant le mois le plus
pluvieux (août) et l'autre en hivers (janvier). Le graphique
ci-après illustre l'évolution annuelle de la
température.

Temperature (0C)
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
Figure 5: Température moyenne mensuelle
de la période de 1990 à 2018 (ANAM).
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 18
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
c. Ensoleillement.
La figure 6 indique la variation journalière
d'ensoleillement de 1990 à 2018.le minimum est observé pendant le
mois d'Août avec une durée de 6,5h par jour et cela se justifie
par la saison de forte pluviométrie dans la ville d'où la
couverture nuageuse ne favorise pas un bon rayonnement solaire. Le maximum se
situe dans le mois de Novembre avec une durée de 10h par jour.

10
8
6
4
2
Ensoleillement h/J
12
0
Figure 6: variation journalière de
l'ensoleillement (ANAM).
d. Humidité Relative
L'humidité relative de l'air atteint 95% en août et
19% en février-mars pour ne pas dépasser une moyenne annuelle
d'environ 57%.
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 19
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 20
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.

Humidité en %
120
100
40
80
60
20
0
Figure 7: Humidité relative moyenne
mensuelle de 1990-2018(ANAM).
e. Evaporation
Les évaporations citées ci-dessous ont
été mesurées à l'aide de l'appareil Piche dans la
ville de N'Djamena et sont données en millimètre. Le maximum de
l'évaporation se situe en saison sèche, le minimum en saison des
pluies. Les valeurs mensuelles moyennes interannuelles de l'évaporation
PICHE de la station de N'Djamena sont reportées sur la figure 8. Les
variations de l'évaporation PICHE suivent celles de la
température et vont en sens inverse de la pluviométrie.
L'évaporation mensuelle maximale est atteinte au mois
de Mars avec 410mm et la valeur minimale apparaît au mois d'Août
avec 69mm.
|
450 400 350 300 250 200 150 100
50
0
|
|
|
|
|
Evaporation de piche (mm)
|
|
|
|
|
|
|
Figure 8: Evaporation (piche) moyenne mensuelle
interannuelle de 1990-2018 (ANAM).
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
3. Cadre pédologique et
géologique
? Pédologie :
On distingue deux grandes catégories de sols dans la
ville de N'Djamena, réparties sur deux grandes unités de
paysages. Elle se distingue par leur structure, leur texture, leur composition
chimique et leur relative position topographique (J.Pias,
1974).
Les sols en zones émergées :
Ces sols sont d'une bonne structure physique et bien drainés. Leur
texture granulométrique ne permet qu'une faible rétention en eau
et un médiocre potentiel d'échange cationique, d'où une
modeste richesse en éléments chimiques nutritifs. Ceux-ci
présentent deux variantes, dont les complexes sols
hydromorphes-vertisols et sols hydro morphes- halomorphes. Les sols en zones
émergées connaissent un processus d'érosion pelliculaire
décapante, suivi du transport des matériaux vers le bas-fond.
Très colonisés par les cultures, ces sols subissent une
évolution régressive ou, tout simplement, une dégradation
qui aboutit à la formation de sols stériles.
Les sols en zones inondables. Il s'agit
essentiellement des sols hydromorphes d'ensemble permanente ou temporaire
très argileux à argilo-limono-sableux. Ces derniers montrent une
disparité accentuée en fonction de leur structure, de leur faible
perméabilité et de leur mauvais drainage. On distingue deux
catégories, dont les sols hydromorphes et les vertisols. Les sols
inondables sont imperméables et présentent une bonne aptitude
pour les cultures de décrue.

Photo 1: Sol argileux à N'Djamena
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
? Géologie
La géologie du Chari Baguirmi en générale
et celle de la ville de N'Djamena en particulier est liée à celle
du Bassin du Lac Tchad (BRGM, 1988 ; Kushnir, 1993 ; Djoret, 2000,
Edith, 2007). La région du Chari Baguirmi repose sur les
alluvions du quaternaires de l'ancien Lac Tchad, ces alluvions sont
superposées au sol cristallin précambrien. Sa stratigraphie a
distingué des dépôts sédimentaires d'origine
fluviale, lacustre ou éolienne lors de la formation quaternaire. La zone
est constituée de formation sédimentaire des sables, des argiles
et des limons du quaternaire. Les sables sont particulièrement
développés dans la partie centrale de la cuvette, sur les lits du
Logone-Chari ainsi que dans le sud du Kanem.

Figure 9 : Coupe transversale du bassin du lac
Tchad (Source : Schneider et Wolff, 1992).
4. Cadre hydrologique et
hydrogéologique
? Hydrologie :
Le réseau hydrographique est dominé
essentiellement par les deux fleuves : Chari et Logone. Le fleuve Chari coule
entièrement dans pays au sud de la ville de N'Djamena, alors que le
Logone la sépare du Cameroun. La ville comprend quelques cours d'eau
temporaires et des dépressions inondables. Au cours d'une certaine
période, ces cours d'eau tarissent compte tenu de la forte
évaporation et de la courte saison des pluies. Les principales
caractéristiques des deux fleuves sont présentés
ci-dessous (J.Pias ,1970).
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 21
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
? Le Logone
Le Logone prend sa source dans le plateau de l'Adamaoua
(Cameroun) à 1 200 m d'altitude. Long de 1000 km, il porte le nom de
Vina au Cameroun et reçoit la M'Béré grossie du Ngou et de
la Lim. L'ensemble constitue le Logone occidental qui collecte la Pendé
ou Logone oriental, et sur la rive gauche la Tandjilé issue des plateaux
Laka. Ce fleuve ne recevra plus aucun affluent jusqu'à sa confluence
avec le Chari (Fig10). Les eaux perdues en amont lui
retourneront plus en aval par l'intermédiaire des défluents. Son
régime est caractérisé par une crue qui débute avec
le commencement de la saison des pluies (mai- juin). La grande crue
s'étale de juillet à octobre avec un maximum dans ce dernier
mois. La décrue est régulièrement observée
dès la fin octobre avec des débits moyens mensuels à
l'étiage de 45 à 100 m3/s et de 1 800 à 2 000
m3/s au moment de la crue. L'étiage se situe en avril-mai.
Ensuite, au plus fort de la crue le Logone inonde par ses déversements
les plaines environnantes. Pendant cette période, les débits
diminuent progressivement de l'amont vers l'aval, conséquence des pertes
subies par le fleuve. Le Logone perd 20 à 30 % de son débit par
déversement entre Laï et le confluent du Chari. Ces
déversements irriguent les plaines et les rendent favorables aux
cultures.
? Le Chari
Le Chari prend ce nom en amont de Fort-Archambault, actuel
Sarh. Il résulte de la jonction de plusieurs rivières venant de
la République Centrafricaine. Son régime est presqu'identique
à celui du Logone. La crue débute en juin pour atteindre son
maximum en octobre-novembre. Les débits moyens mensuels se situent dans
l'ordre de 2 500 à plus de 4 000 m3/s suivant l'année
considérée à N'Djamena. La décrue est
régulière à partir de novembre et l'étiage a lieu
en avril-mai (150 à 200 m3/s). Le cours inférieur du Chari
s'étend de N'Djamena au Lac Tchad. Le fleuve Chari recoupe dans cette
partie, des formations quaternaires récentes, en même temps qu'il
a donné naissance aujourd'hui à une multitude des
défluents qui ont disparu.
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 22
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 23
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.

Figure 10: Carte des réseaux
hydrographiques des bassins versants du Chari et du Logone (Source : CBLT,
2006)
? Les mares et marigots
Ils sont partout dans les cuvettes d'inondation de la ville de
N'Djamena et sont soit entretenus par les hommes ou soit naturels. Aux
premières pluies, ils collectent les eaux des rigoles. A la fin de la
saison des pluies, ils gardent pendant un temps leurs eaux avant que celles-ci
ne s'évaporent. Parmi eux, on distingue principalement
(Fig11):
? Le marigot des Jardiniers : long de 2,5 km, il traverse le
bassin versant portant le même nom. Ancien bras latéral du
Chari, il se situe entre le quartier Ardepdjoumal et Paris-congo. Il collecte
et évacue les eaux pluviales dans le Chari. C'était un
marécage naturel peu profond vers lequel toutes les eaux des quartiers
périphériques convergeaient. Son tracé fut
recalibré entre 1978 et 1988 ans le cadre des actions de drainage des
eaux pluviales de la ville;
? Le marigot d'Amriguebé : ce marigot long de 2 km
prend sa source au centre-ville et constitue l'évacuateur principal
du bassin versant portant le même nom. Dans les années 19701980,
c'était un marécage naturel peu profond vers lequel toutes les
eaux des quartiers
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 24
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 25
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
périphériques convergeaient. Son tracé
fut recalibré également entre 1978 et 1988 pour devenir un grand
canal à ciel ouvert ;
? La cuvette Saint Martin: c'était un
cours d'eau naturel ancien affluent du Chari. Il divisait la vieille ville
(Fort-Lamy) en deux parties en sens Nord-Sud. Une étude d'assainissement
y fut réalisée en 1959 afin de créer un bassin en amont
jouant le rôle de collecteur des eaux de ruissellement. Les premiers
travaux avaient eu lieu en 1960 donnant ainsi naissance au canal saint Martin
(MADJ-NDEUDE.R, 2009). Les autres sont des petits bassins de
retentions et les petites mares dans les différents arrondissements de
la ville.

Figure 11: Carte montrant les mares de la ville
de N'Djamena (Mairie de N'Djamena).
? Hydrogéologie
? Caractérisation et type d'aquifères
à Ndjamena
L'aquifère de la nappe phréatique de N'Djamena
est situé dans les niveaux détritiques du Quartenaire qui est
formé essentiellement d'alternance d'argile et de sable, surmontant une
épaisse formation argileuse du pliocène (Kadjangaba,
2007).
Le quartenaire est un aquifère régional libre,
composé notamment de sables moyens fins localement
entremêlés d'argiles conduisant à des aquifères de
caractéristiques semi-confinées. En revanche, Kadjangaba
(2007) mentionne que l'ensemble de l'aquifère du quartenaire de
la
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
ville de N'Djamena est un aquifère multicouche et
divisé par une couche argileuse imperméable à
semi-imperméable dans l'aquifère superficiel (8 à 20m)
exploité par des puits traditionnels .Un aquifère
intermédiaire (20 à 30m) exploité par les forages manuels
privés et un aquifère relativement profond exploité par
des forages de la STE (30 à 60 mètres). Cette couche d'argile a
été détectée localement à une profondeur
d'environ 20 mètres, et présente une épaisseur allant
jusqu'à 40m (BRGM, 1967). D'après les
études de Djoret (2000), le niveau statique des
aquifères de la nappe à Ndjamena, varie progressivement de 08
à 20m à partir de la bordure du fleuve vers le Nord
(Fig12). La nappe captée à N'djamena par les
puits, les forages privés, les forages profonds de la STE et l'ensemble
des forages industriels est la nappe Quaternaire du Chari Baguirmi
(Kadjangaba, 2007). Du point de vue
hydrogéologique, on peut différencier les trois (3) niveaux de
ces nappes dans le Quaternaire, bien qu'il y ait une continuité
hydraulique (pression) sur la verticale des terrains saturés et de
nombreuses variations horizontales de faciès :
? de 08 à 20 m : Aquifère
contenant une nappe libre, capté par de nombreux puits
et puisards
et par la partie supérieure des forages manuels. Ces
niveaux sont très sensibles à la pollution,
notamment anthropique et l'exploitation de ces ouvrages pour
l'alimentation en eau potable
doit être considérée comme un
problème sanitaire majeur. Selon les travaux de recherche de
Kadjangaba (2007) cette nappe est
caractérisé par une transmissibilité hydraulique T= 3
à
5 10-3 m2/s, et un coefficient
d'emmagasinement, S = 3.10-4 à 1.3 10-3) ;
? De 20 à 30 m : Aquifère
contenant une nappe intermédiaire libre exploité
par les forages manuels privé.
? De 30 à 60 m : Aquifère
sableux avec passées argileuses, contenant une nappe captive
profonde. Ces niveaux sont ceux qui peuvent être captés
par les forages profonds (forages STE).
Il est toujours préférable de capter les niveaux
sableux de base qui sont isolés de la surface par des passages argileux
et/ou par une épaisseur suffisante de formations sablo-argileuses,
permettant une filtration biologique efficace des eaux supérieures,
potentiellement contaminées par les latrines.
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 26
Mémoire de Master HydroSIG rédigé par
DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 27
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.

Figure 12: Carte d'interpolation des niveaux
statiques des points de mesures et forages STE (Deubalbé, 2017).
5. La végétation
N'Djamena est située au centre d'une région de
savane. Elle est caractérisée par une savane arbustive
très dégradante laissant les sols nus. Les espèces
végétales, les plus dominantes de la région sont : les
acacias et les arbustes épineux. Ces espèces sont les plus
répandues dans la région. À l'intérieur du
périmètre urbain, la couverture végétale a
complètement disparu faisant place à des lotissements
étendus. L'extension de la ville vers les régions
périphériques et les besoins en bois de chauffe ont causé
la disparition complète du couvert végétal qui a
été considéré comme la ceinture urbaine.
La végétation joue fondamentalement un
rôle régulateur dans le changement climatique, et dans le
renouvellement du cycle hydrologique. Elle constitue une composante essentielle
du paysage. Enfin, la ville de N'Djamena a récemment
bénéficié d'un projet étatique de reboisement et de
la création de la ceinture verte pour deux (2) grands sites: le site de
Gaouï et le site de Wali. La muraille verte de Gaouï occupe une
superficie de 40 000 mètres (40 Km) de long et 2 00 mètres
Contribution du SIG et de la télédétection
à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la
commune du 7e arrondissement.
de large. Elle s'étend de Gaouï à la sortie
Nord-est de la ville jusqu'à la sous-préfecture de Mani dans le
Lac-Tchad.
|