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UNIVERSITÉ DE N'DJAMENA
FACULTÉ DES SCIENCES EXACTES ET APPLIQUÉES
DÉPARTEMENT D'INFORMATIQUE

Projet de fin d'études pour l'obtention du
diplôme de licence en
informatique
MISE EN PLACE D'UN SOC BASÉ SUR UNE SOLUTION SIEM
POUR RENFORCER LA GOUVERNANCE ET LA RÉSILIENCE DE
CYBERSÉCURITÉ À L'UNIVERSITÉ NUMÉRIQUE DU
TCHAD
Rédigé par:
LINA-NGOLO ZAKZINA Frédéric
LIKAYA ABOINA KAMBA
Encadrant académique:
Dr. KALZOUABE ZOUKALNE
Année académique : 2025 - 2026
I
Dédicaces
Nous dédions ce travail:
-- À nos chers parents, pour leurs sacrifices, leurs
conseils et leur soutien indéfectible tout au long de notre parcours
académique.
-- À nos enseignants, pour leur encadrement, leurs
enseignements et leurs précieux conseils.
-- À nos familles, amis, camarades et proches, pour
leurs encouragements et leur accompagnement.
Enfin, à toutes les personnes qui ont contribué
de près ou de loin à la réalisation de ce rapport.
II
Remerciements
Après avoir rendu grâce à DIEU le tout
puissant d'amour et de grâce, nous tenons à remercier tous ceux
qui de loin ou de près ont participé à
l'élaboration de ce rapport:
-- Nous tenons à remercier l'équipe
pédagogique de la Faculté des Sciences Exactes et
Appliquées (FSEA) plus particulièrement ceux du
département d'Informatique pour le haut niveau de leurs
enseignements.
-- C'est l'occasion pour nous de remercier
Dr.MBAIOUSSOUM BERY LEOUROE le Chef de Département
d'Informatique, pour l'excellent niveau de ses enseignants ainsi que la
qualité des enseignements dont nos camarades de promotion et nous avions
bénéficié.
-- Nous tenons à remercier Dr. KALZOUABE
ZOUKALNE, d'avoir bien voulu consacrer une partie de son temps sur ce
rapport. Aux membres du jury, pour avoir voulu évaluer ce
travail.
Enfin, nous tenons à remercier nos parents qui nous
ont soutenu et aidé tout au long de notre vie et de nos
études.
III
Liste des abréviations
SOC: Security Operations Center
SIEM : Security Information and Event Management
OSSIM : Open Source Security Information and
Management
SSI : Sécurité des
Systèmes d'Information
SMSI : Système de Management de la
Sécurité des Systèmes d'Information
PSSI : Politique de Sécurité des Systèmes
d'Information
IDS: Intrusion Detection System
NIDS: Network Intrusion Detection System
HIDS : Host Intrusion Detection System
EDR : Endpoint Detection and Response
NDR Network Detection and Response
SOAR: Security Orchestration, Automation and Response
MSSP : Managed Security Service Provider
IOC: Indicator Of Compromise
APT: Advanced Persistent Threat
DoS : Denial of Service
CALM: Compromise and Attack Level Monitor
OTX : Open Threat Exchange
IDMEF : Intrusion Detection Message Exchange
Format
IETF : Internet Engineering Task Force
RFC: Request For Comments
SNMP : Simple Network Management Protocol
P2P : Peer to Peer
TCP : Transmission Control Protocol
IP : Internet Protocol
IPS: Intrusion Prevention System
NIC : Network Interface Card
ETH : Ethernet
TIC: Technologies de l'Information et de la Communication
KPI : Key Performance Indicator
KDB : Knowledge DataBase
EDB : Event DataBase
MTTD : Mean Time to Detect
MTTR : Mean Time to Respond
TTP : Tactics, Techniques and Procedures
REX: Retour d'Expérience
UNT : Université Numérique du
Tchad
FSEA : Faculté des Sciences Exactes et
Appliquées
UNDJ : Université de N'Djaména
ENA: École Nationale d'Administration
ENASTIC : École Nationale
Supérieure des Technologies de l'Information et de la Communication
ISTA : Institut Sous-régional
multisectoriel de Technologie Appliquée
CAUDEV : Consortium Africain Universitaire pour
le Développement de l'Enseignement Virtuel
CINVU : Comtech Inter Islamic Network on Virtual
Universities
AUF : Agence Universitaire de la Francophonie
ANSICE : Agence Nationale de
Sécurité Informatique et de Certification Électronique
ADETIC : Agence de Développement des
Technologies de l'Information et de la Communication du Tchad
FONAP : Fonds National d'Appui à la
Formation Professionnelle
ONAPE : Office National pour la Promotion de
l'Emploi
ARCEP : Autorité de Régulation des
Communications Électroniques et des Postes
CNPS : Caisse Nationale de Prévoyance
Sociale
ANSSI : Agence Nationale de la
Sécurité des Systèmes d'Information
RGPD : Règlement Général
sur la Protection des Données
URF : Université Roi Fayçal
CA : Conseil d'Administration
CEVU : Conseil d'Études et de Vie
Universitaire
CAST: Conseil Académique, Scientifique et
Technique
CU : Conseil d'Université
CD : Conseil de Discipline
COMEX : Comité Exécutif
RSSI : Responsable de la Sécurité
des Systèmes d'Information
SMART: Specific, Measurable, Achievable,
Realistic, Time-bound
ITIL : Information Technology Infrastructure
Library DMR : Dispositif de Maîtrise des Risques
XML : eXtensible Markup Language
OCS : Open Computer and Software Inventory
VI
Table des matières
Dédicace I
Remerciement II
Abreviations III
Introduction Générale X
|
1
|
Présentation de la structure de
l'Université Numérique du Tchad (UNT)
1.1 Historique et missions
1.2 Structures, organes, partenariats et organigramme
|
1
1
1
|
|
|
1.2.1 Structures
|
1
|
|
|
1.2.2 Organes de gouvernance
|
2
|
|
|
1.2.3 Partenariats
|
3
|
|
2
|
Contexte général et fondements
théoriques
|
5
|
|
2.1
|
Présentation d'un SOC
|
5
|
|
2.2
|
Contexte du sujet
|
5
|
|
2.3
|
Problématique
|
6
|
|
2.4
|
Objectifs
|
6
|
|
|
2.4.1 Le SOC dans la stratégie SSI
|
6
|
|
|
2.4.2 Activités de SOC
|
7
|
|
2.5
|
Les Composants Clés d'un SOC
|
7
|
|
|
2.5.1 Les Personnes
|
8
|
|
|
2.5.2 Processus
|
8
|
|
|
2.5.3 La technologie
|
8
|
|
2.6
|
Les types de SOC
|
9
|
|
2.7
|
Concepts et fondamentaux
|
9
|
|
|
2.7.1 Journaux, événements, alertes et incidents
|
9
|
|
|
2.7.2 SIEM
|
10
|
|
|
2.7.3 Fonctionnement d'un SIEM
|
10
|
|
|
2.7.4 L'architecture d'un SIEM
|
12
|
|
|
2.7.5 Les types de SIEM
|
12
|
|
3
|
Les phases de déploiement d'un soc
|
14
|
|
3.1 Phase de cadrage et préparation
|
14
|
3.1.1 Évaluation des besoins de sécurité
14
3.1.2 Définition des objectifs et du
périmètre du SOC 14
3.1.3 Choix de la solution SIEM et des outils associés
14
3.2 Phase de construction et déploiement technique 15
3.2.1 Définition des processus SOC 15
3.2.2 Constitution de l'équipe SOC et montée en
compétences 15
3.2.3 Déploiement technique du SIEM et intégration
15
3.2.4 Pilotage initial et ajustements 15
3.3 Phase d'exploitation et d'amélioration continue
16
3.3.1 Surveillance 24/7 et alimentation en Threat Intelligence
16
3.3.2 Évaluation continue des performances et audits
16
3.3.3 Gestion des incidents et retour d'expérience 16
4 Présentation de la solution
choisie (OSSIM) 18
4.1 Présentation d'AlienVault OSSIM 18
4.2 Principe de la solution OSSIM 19
4.3 Architecture d'OSSIM 19
4.4 Fonctionnement interne de OSSIM 19
4.5 Fonctionnalité d'OSSIM 20
5 Mise en oeuvre de la solution OSSIM 23
5.1 Architecture 23
5.2 Procédure d'installation d'OSSIM 24
5.3 Configuration sur le Server 27
5.4 Déploiement de l'agent Windows 32
5.5 Test de détection d'activité malveillante
34
5.5.1 Réalisation de l'attaque depuis Kali Linux 34
5.5.2 Résultats dans OSSIM 35
Conclusion Générale 37
Références 39
Bibliogrphie 40
Table des figures
VIII
2.1 Composants d'un SOC 8
2.2 Fonctionnement de SIEM 11
2.3 Architecture SIEM 12
4.1 Fonctionnement interne d'OSSIm 20
5.1 Architecture de la solution proposée 24
5.2 Page d'accueil d'OSSIM 25
5.3 Configuration de la carte réseau 25
5.4 configuration du masque réseau 26
5.5 configuration du mot de passe de l'administrateur 26
5.6 la page d'authentification du server OSSIM 27
5.7 la selection des plugins à utiliser 27
5.8 les informations pour la création du compte admin
28
5.9 l'authentification de l'admin 28
5.10 assistant de configuration d'ossim 29
5.11 Configuration des interfaces eth Server OSSIM 30
5.12 Découverte des actifs(périphériques)
du réseau 30
5.13 Découverte des actifs(périphériques)
du réseau 31
5.14 Tableau de bord du Server OSSIM 32
5.15 Installation et configuration de l'agent ossec 33
5.16 Ajout de l'agent 33
5.17 Vérification de l'état de l'agent 34
5.18 Attaque de type SYN FLOOD depuis Kali Linux 35
5.19 resultat dans OSSIM 36
IX
Liste des tableaux
2.1 Types de SOC et leurs caractéristiques 9
5.1 Machines utilisées dans l'environnement de test
23
5.2 Synthèse de l'attaque SYN Flood
réalisée lors des tests 36
X
Introduction Générale
L'évolution des technologies de l'information et de la
communication a transformé les modes de fonctionnement des organisations
modernes. Les universités en particulier, s'appuient désormais
sur des infrastructures numériques pour assurer la gestion
administrative, la formation à distance, le stockage des données,
l'accès aux ressources pédagogiques, etc. Cette transformation
numérique est un atout en matière d'efficacité,
d'accessibilité et de performance. Toutefois, elle expose
également les systèmes d'informations à des risques
croissants liés aux cybermenaces.
L'Université Numérique du Tchad, engagée
dans un processus de transformation numérique doit également
faire face aux défis liés à la protection de son
système d'information. La supervision des événements de
sécurité et la détection des activités suspectes
deviennent alors des besoins importants pour renforcer la
cybersécurité de l'institution. Pour répondre à ces
besoins, la mise en place d'un SOC (Security Operations Center) apparaît
comme une solution importante. Un SOC permet de surveiller les activités
du réseau, de collecter les journaux d'événements et de
détecter les incidents de sécurité grâce à
des outils spécialisés appelés SIEM (Security Information
and Event Management).
Dans cette étude, le choix est porté sur OSSIM,
une solution SIEM open source permettant la centralisation et l'analyse des
événements de sécurité.
Le présent projet porte sur: «La mise en
place d'un SOC basé sur une solution SIEM pour renforcer la gouvernance
et résilience de la cybersécurité à
l'Université Numérique du Tchad ».
La problématique de cette étude est la suivante:
Comment mettre en place un SOC basé sur OSSIM afin
d'améliorer la supervision et la sécurité du
système d'information de l'Université Numérique du
Tchad?
Ce rapport est structuré en cinq(5) chapitres. Le
Premier chapitre présente la structure del'Université Numerique
du Tchad; qui est une institution d'accueil pour notre stage.Le deuxieme
chapitre présente les notions théoriques liées à la
cybersécurité, aux SOC et aux SIEM. Le troisième chapitre
porte sur les phases de déploiement d'un SOC. Le quatrième
chapitre présente l'étude de la solution OSSIM (Open Source
Security Information Management). Enfin, le cinquième chapitre expose la
mise en oeuvre de la solution OSSIM.
1
Chapitre 1 Présentation de la structure de
l'Univer-
sité Numérique du Tchad (UNT)
1.1 Historique et missions
L'Université Numérique du Tchad (UNT) a
été créée par la Loi N°13/PR/2005 du 16
septembre 2005. Elle est un établissement public à
caractère scientifique et technologique, dotée de la
personnalité morale, juridique et de l'autonomie administrative et
financière, offrant des formations initiales et continues
entièrement en ligne. L'Université Numérique du Tchad a
pour but d'assurer des formations transdisciplinaires de haut niveau,
conduisant à des carrières, métiers ou professions dans
des domaines variés de la connaissance et de la recherche, par le biais
de l'Internet et de l'Intranet. Les missions fondamentales de
l'Université Numérique du Tchad sont:
-- La formation initiale et continue à distance et en
ligne;
-- La recherche documentaire
-- La formation à la recherche fondamentale et
appliquée;
-- La réduction de la fracture numérique entre le
Tchad et le reste du monde;
-- L'appropriation et le partage des savoirs des pays du Sud avec
ceux du reste du monde. Toutes ces activités d'enseignement et de
recherche s'inscrivent dans la démarche d'assurance de qualité de
la formation et de la recherche.
1.2 Structures, organes, partenariats et organigramme
1.2.1 Structures
L'UNT se structure comme suit: La
Présidence
La présidence de l'Université est placée
sous l'autorité du Président. Nommé par décret,
ses
principales attributions sont les suivantes:
-- L'exécution des décisions du Conseil
d'Administration (CA);
-- La présidence du Conseil d'Études et de Vie
Universitaire (CEVU);
-- La présidence du Conseil Académique,
Scientifique et Technique (CAST)
-- La présidence du Conseil d'Université (CU);
-- La présidence du Conseil de Discipline (CD);
-- La représentation de l'Université dans les actes
de la vie civile et en justice;
-- Le suivi de la bonne marche des Facultés;
-- La collation des grades et titres;
-- Le maintien de l'ordre;
-- La gestion de la carrière des personnels;
-- L'autorisation des missions à l'intérieur.
Le Vice-président est nommé dans les mêmes
conditions que le Président, assiste celui-ci dans ses
tâches et est chargé de l'enseignement virtuel et
numérique.
Le Secrétariat Général
Le Secrétariat Général de l'UNT est
placé sous l'autorité d'un Secrétaire
Général. Nommé par décret, il a la charge de la
coordination administrative et technique des services de
l'Université.
L'Agence Comptable
L'Agence Comptable est l'instance technique de l'UNT. Elle est
dirigée par un Agent Comptable nommé par arrêté
conjoint du Ministre en charge de l'Enseignement Supérieur et du
Ministre en charge des Finances et du Budget.
Les Cellules Techniques
Spécialisées
L'UNT dispose de six (6) Cellules Techniques
Spécialisées:
-- La Cellule Techno-pédagogique : elle assure les
tâches en lien avec l'ingénierie pédagogique;
-- La Cellule Technologies Numériques : elle s'occupe
de l'ingénierie logicielle et de l'admi-nistration réseau;
-- La Cellule Études, Planification et
Scolarité: elle est chargée d'étudier la
possibilité d'ou-verture de nouvelles filières et de planifier
toutes les activités scolaires de l'UNT;
-- La Cellule Campus Numériques
Délocalisés : elle assure la gestion administrative et technique
des CND;
-- La Cellule Coopération, Relation Publique et
Communication : elle s'occupe de la gestion des assises juridiques, de
l'initiation et de la mise en oeuvre des activités en lien avec la
coopération et la communication;
-- La Cellule Ressources et Logistique : elle gère les
ressources humaines et matérielles de toute l'Institution.
À la tête de chaque Cellule se trouve un Chef de
Cellule. Les Cellules peuvent avoir en leur sein des bureaux ou encore des
sous-sections. Enfin, académiquement, le staff de l'UNT est
constitué de 48 agents dont trois (3) Maîtres Assistants. Trois
(3) Assistants d'Université (Assistant avec thèse) et vingt-trois
(23) Assistants dont huit (8) doctorants, dix-sept (17) agents du personnel
administratif, technique et une (1) personne de la main d'oeuvre.
1.2.2 Organes de gouvernance
Les organes de gouvernance de l'Université
Numérique du Tchad sont : le Conseil d'Admi-nistration, le Conseil
d'Études et de Vie Universitaire et le Conseil Académique,
Scientifique et Technique.
Le Conseil d'Administration
Le Conseil d'Administration (CA) est présidé par
le Ministre en charge de l'enseignement supérieur. Il définit la
vision, les objectifs et les priorités de l'Université, en
supervise la gestion des ressources financières et en approuve le budget
annuel.
Conseil d'Études et de Vie
Universitaire
Le Conseil d'Études et de Vie Universitaire (CEVU) est
l'organe consultatif de l'UNT. Il donne son avis sur l'organisation
générale des activités et étudie toutes les
questions relatives à la vie et aux intérêts de
l'institution.
Le Conseil d'Études et de Vie Universitaire (CEVU) est
l'organe consultatif de l'UNT. Il donne son avis sur l'organisation
générale des activités et étudie toutes les
questions relatives à la vie et aux intérêts de
l'institution.
Le Conseil Académique, Scientifique et
Technique
Le Conseil Académique, Scientifique et Technique (CAST)
est chargé d'examiner toutes les questions relatives à la vie
académique, scientifique et technique de l'Université.
1.2.3 Partenariats
L'Université Numérique du Tchad entretient des
partenariats privilégiés et des collaborations relativement
nourrissantes avec un certain nombre de partenaires. Ils sont, soit
académiques, soit techniques. Les partenaires académiques de
l'UNT sont:
-- L'École Nationale Supérieure des Technologies
de l'Information et de la Communication (ENASTIC) du Tchad: cette collaboration
a facilité la mise en oeuvre des formations en lien avec les TIC et
l'hébergement du site principal de l'UNT;
-- L'Université de N'Djaména (UNDJ) : ce
partenariat a permis la mise en oeuvre d'un Master et facilité
l'hébergement du site secondaire de l'UNT;
-- L'Université Roi Fayçal (URF) au Tchad: cette
collaboration s'inscrit dans le cadre de la formation en langue arabe;
-- L'École Nationale d'Administration (ENA) du Tchad:
le partenariat avec l'ENA s'inscrit dans le cadre de l'accompagnement dans la
transformation digitale;
-- L'Institut Sous-régional multisectoriel de
Technologie Appliquée de Planification et d'Éva-luation des
projets (ISTA) : pour le déploiement des formations de l'ISTA à
l'UNT;
-- L'Université Virtuelle du Burkina Faso: ce
partenariat a permis la mise en oeuvre d'un Master en
Cybersécurité;
-- L'Université Senghor d'Alexandrie : partage
d'expériences et co-construction des formations, tel est le contenu du
partenariat avec l'Université Senghor d'Alexandrie;
-- L'Université de Reims Champagne-Ardenne : pour le
renforcement des capacités des intervenants dans les formations à
distance, les actions de sensibilisation et de mobilité du personnel;
-- Le Consortium Africain Universitaire pour le
Développement de l'Enseignement Virtuel (CAUDEV) : ce partenariat a
été signé pour le partage d'expériences et la mise
en réseau;
-- Le Comtech Inter Islamic Network on Virtual Universities
(CINVU) : pour le partage d'expériences et la mise en réseau;
-- L'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) : ce
partenariat a permis de bénéficier
des projets au profit des étudiants et des enseignants.
Les partenaires techniques de l'UNT; -- L'Agence Nationale de
Sécurité Informatique et de Certification Électronique
(ANSICE) du
Tchad : pour la formation en Cybersécurité;
-- L'Agence de Développement des Technologies de
l'Information et de la Communication du Tchad (ADETIC) : ce partenariat permet
de développer le numérique;
-- Le Fonds National d'Appui à la Formation
Professionnelle (FONAP) : ce partenariat a pour objet la formation des
professionnels;
-- L'Office National pour la Promotion de l'Emploi (ONAPE) :
cette collaboration s'inscrit dans le cadre de l'insertion professionnelle;
-- L'Autorité de Régulation des Communications
Électroniques et des Postes (ARCEP) : cette collaboration facilite la
mise en oeuvre des formations;
-- La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) :
ce partenariat a permis de créer un Master en Droit et contentieux de la
sécurité sociale.
5
Chapitre 2 Contexte général et fondements
théoriques
2.1 Présentation d'un SOC
Le SOC (Security Operations Center) peut être
considéré comme le tour de contrôle d'une organisation de
cybersécurité. Il est avant tout une équipe d'experts en
sécurité chargée de surveiller, détecter, analyser
et qualifier les évènements de sécurité. Cette
équipe assure le pilotage des réactions appropriées aux
incidents avérés de sécurité. Pour certaines
organisations, cette équipe administre et contrôle au quotidien
des dispositifs et dispositions de sécurité. Un SOC est un
dispositif de supervision et d'administration de la sécurité du
système d'information permettant, grâce à la collecte
d'événements, de détecter des incidents de
sécurité informatique, de les analyser et de définir les
réponses en cas d'émission d'alerte. Il existe une multitude de
définitions de ce qu'est, ou devrait être un SOC. Cependant,
l'ensemble de la profession s'accorde à dire qu'un SOC doit être
avant tout une entité dédiée à la surveillance et
à la défense des systèmes d'information de
l'entreprise.
De façon plus générale, un SOC
désigne:
Les personnes, processus et technologies qui permettent
d'obtenir un état du niveau de sécurité à travers
la détection, le confinement et la résolution des menaces
informatiques.Le SOC monitore également les applications pour identifier
les possibles « cyber-attaques » ou intrusions
(événements), et détermine si ce sont des attaques
réelles et malicieuses (incidents), et si elles peuvent avoir des
impacts sur l'activité de l'entreprise.
Le SOC peut également donner des préconisations
et règles de bonnes pratiques afin d'éviter que ces incidents se
reproduisent.
2.2 Contexte du sujet
Ce travail se positionne dans un contexte de projet de fin
d'étude pour la validation de notre formation de Licence en informatique
à l'Université de N'Djamena.
La supervision des Systèmes d'Information (S.I.)
devient aujourd'hui très importante à cause des nouvelles
règles imposées dans plusieurs secteurs d'activité, mais
aussi à cause des nombreuses menaces informatiques. Avec la
transformation numérique, les S.I. sont souvent connectés
à Internet, ce qui les expose davantage aux cyberattaques et aux risques
de sécurité pouvant causer de graves problèmes.
Dans le domaine de la supervision de la SSI, 3
difficultés majeures sont rencontrées:
-- La masse et la diversité des informations à
traiter
-- L'identification d'évènements
précurseurs d'alertes de sécurité;
-- L'appropriation du sujet et la réunion des
compétences requises pour un projet d'envergure
Il est recommandé, et c'est généralement
le cas, que la supervision SSI soit assurée par une entité
spécialisée : Le Centre Opérationnel de
Sécurité (COS en anglais devient le SOC pour Security Operation
Center).
2.3 Problématique
La transformation numérique des établissements
d'enseignement supérieur a considérablement accru leur
dépendance aux systèmes d'information et aux services
numériques. Les universités utilisent aujourd'hui plusieurs
plateformes connectées pour la gestion administrative, les enseignements
en ligne, les inscriptions, le stockage des données académiques
ainsi que les communications numériques. Cette évolution
améliore les services offerts aux étudiants et au personnel
administratif, mais expose également les infrastructures informatiques
à de nombreuses cybermenaces.
L'Université Numérique du Tchad, en tant
qu'établissement fortement dépendant des technolo-
gies numériques pour assurer les activités
pédagogiques et administratives, n'échappe pas à cette
réalité. Une compromission de son système
d'information pourrait entraîner:
-- la perturbation des services numériques;
-- la perte ou le vol de données académiques;
-- des interruptions des plateformes pédagogiques;
-- une atteinte à la confidentialité des
informations;
-- une diminution de la confiance des utilisateurs.
Face à ces risques, il devient nécessaire de mettre
en place des mécanismes capables de :
-- surveiller les activités du réseau;
-- centraliser les journaux d'événements;
-- détecter rapidement les comportements suspects;
-- analyser les incidents de sécurité;
-- améliorer la capacité de réaction face
aux cyberattaques.
C'est dans cette perspective que s'inscrit l'approche SOC
(Security Operations Center), qui
permet d'assurer une supervision continue du système
d'information grâce à l'utilisation d'une
solution SIEM (Security Information and Event Management).
2.4 Objectifs
2.4.1 Le SOC dans la stratégie SSI
La sécurité du système d'information
d'une organisation repose généralement sur une Politique de
Sécurité des Systèmes d'Information (PSSI). Cette
politique définit les objectifs de sécurité à
atteindre afin de protéger les ressources informatiques, les
données et les services numériques de l'organisation.
Dans ce cadre, le Security Operations Center (SOC) constitue
un dispositif opérationnel permettant de contribuer à la
réalisation de ces objectifs. Son rôle principal est d'assurer la
surveillance continue du système d'information, de détecter les
activités suspectes et de réagir rapidement en
cas d'incident de sécurité.
La mise en place d'un SOC ne nécessite pas
obligatoirement la modification de la politique de sécurité
existante. Cependant, ses missions, ses responsabilités et son
périmètre d'intervention doivent être clairement
définis et documentés afin d'assurer son efficacité.
Dans le cadre de l'Université Numérique du
Tchad, un SOC basé sur la solution SIEM permettra d'améliorer la
visibilité sur les activités du système d'information
grâce à la collecte et à l'analyse centralisée des
événements de sécurité.
2.4.2 Activités de SOC
La mission principale d'un SOC consiste à surveiller,
détecter, analyser et qualifier les évènements de
sécurité. Elle se décline en 3 activités majeures
pouvant être gérées indépendamment:
1. Supervision/Qualification/Alerting;
2. Pilotage des incidents de bout en bout;
3. Traitement standardisé d'un incident.Cette
activité est optionnelle
En complément de cette mission principale, le SOC a la
charge de conserver les journaux d'activité (ou logs) qui lui sont
remontés pour la durée qui a été définie.
Un SOC est en charge de piloter la gestion des incidents de
sécurité, des vulnérabilités et des risques
couvrant un périmètre très large de domaines :
infrastructures réseaux, applications, services, postes de travail.
Au sein d'une équipe sécurité, le SOC
fait office de système de détection, d'analyse, de
prévention de risques, de levées d'alertes (par le biais de
produits SIEM), et aussi, d'aide à la décision, de protection et
d'exploitation d'éventualités. Via un SOC bien configuré,
l'entreprise peut garantir une continuité d'activités et
anticiper d'éventuels problèmes et incidents, car un pare-feu et
un système de détection d'intrusion (IDS) ne sont pas toujours
suffisants. Son objectif final est d'assurer une surveillance 24h/24 et 7j/7
afin de rétablir dans un délai le plus court possible la
sécurité du système d'information lorsqu'elle est
menacée.
2.5 Les Composants Clés d'un SOC
Un SOC performant repose sur trois piliers majeurs : les
personnes, les processus, et la technologie.

FIGURE 2.1 - Composants d'un SOC
2.5.1 Les Personnes
Les analystes de sécurité, ingénieurs, et
gestionnaires de SOC forment le coeur de cette structure. Ils apportent leur
expertise pour interpréter les données, identifier les anomalies
et coordonner la réponse aux incidents.
Le SOC comprend plusieurs niveaux
d'expertise:
· Niveau 1 (L1) : Réception et triage des
alertes.
· Niveau 2 (L2) : Analyse approfondie des incidents.
· Niveau 3 (L3) : Gestion des incidents complexes,
recherche de menaces (threat hunting) et création de règles SIEM
avancées.
2.5.2 Processus
Le SOC suit des processus bien définis pour la
détection et la réponse aux menaces. Des procédures
standards telles que la gestion des incidents (Incident Response) et des plans
de reprise après sinistre (Disaster Recovery Plans) sont
systématiquement mises en oeuvre pour garantir une
réponse rapide et efficace. Les Playbooks (livrets de
procédures) sont essentiels dans les SOC pour standardiser les actions
en cas de détection d'un incident spécifique.
2.5.3 La technologie
Le SOC s'appuie sur un ensemble de technologies
avancées pour automatiser la surveillance, améliorer la
détection et réduire les temps de réponse. Parmi les
outils clés, on retrouve:
SIEM (Security Information and Event Management)
: Centralise et corrèle les événements de
sécurité provenant de plusieurs sources.
EDR (Endpoint Detection and Response) :
Surveille les terminaux pour détecter les comportements malveillants.
NDR (Network Detection and Response) : Analyse
le trafic réseau à la recherche de menaces. SOAR
(Security Orchestration, Automation, and Response) : Automatise
certaines tâches de réponse, optimisant l'efficacité
opérationnelle du SOC
2.6 Les types de SOC
TABLE 2.1 - Types de SOC et leurs caractéristiques
Type de SOC
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Description
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Exemple / Utilisation
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SOC interne
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Entièrement géré en interne par
l'entreprise.
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Grandes entreprises avec bud-get cybersécurité.
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SOC externalisé
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Géré par un prestataire de services MSSP.
|
PME ou entreprises sans ex-pertise interne.
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SOC hybride
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Combinaison: surveillance interne + services
externalisés.
|
Bonne flexibilité pour grandes organisations.
|
SOC virtuel (vSOC)
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Fonctionne à distance via le cloud. Pas
d'infrastructure physique dé- diée.
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Startups ou entreprises distri-buées.
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SOC dédié (On-site)
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Installé physiquement dans l'entre- prise avec
équipe dédiée.
|
Infrastructures critiques, défense, banques.
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SOC mutualisé
|
Un même SOC pour plusieurs enti- tés clientes (mode
MSSP partagé).
|
Collectivités, petites struc-
tures.
|
|
Objectif commun : Détection, analyse et
réponse aux incidents de sécurité 24/7.
2.7 Concepts et fondamentaux
2.7.1 Journaux, événements, alertes et
incidents
Pour éviter toute confusion dans la suite de ce
document, les définitions des termes « journaux / enregistrements
», « événements », « alerte » et «
incident » sont proposées ci-dessous:
Les « journaux » ou « enregistrements »
constituent la matière première (généralement
à l'état brut) que le SOC devra manipuler, analyser,
corréler tout au long de la journée.
Journaux/Enregistrements
Événement
Selon la norme ITIL v3, un « événement
» correspond à un changement d'état suffisamment important
pour être notifié à un gestionnaire du service. Ainsi, il
peut s'agir d'un changement d'état normal ou, au contraire, d'un
changement pour un état anormal (ex. une défaillance).
Alerte
Une alerte correspond à un événement ou
à un groupe d'événements pondéré. Cette
pondération est particulièrement importante puisqu'elle permet de
classer les événements et de ne retenir que ceux qui atteignent
ou dépassent un seuil de vigilance. Les alertes peuvent être
classées en différentes catégories:
-- Faux positif: la pondération a été
positionnée de façon inadaptée, rendant un
événement
important à tort. Dans ce cas, le comportement du
système est considéré défaillant à tort. --
Vrai positif: la détection a été correctement
positionnée. Il s'agit d'une alerte qui correspond
réellement à un événement
redouté ou à comportement anormal du système.
-- Faux négatif: le mécanisme de
détection n'a pas correctement fonctionné et un
événement qui aurait dû être identifié en tant
qu'alerte n'a pas été repéré et classé. Le
système est défaillant et aucune alerte n'appuie ce statut.
-- Vrai négatif: le mécanisme de
détection est adapté. Le comportement du système n'est pas
défaillant et aucun événement n'est identifié en
tant qu'alerte à tort.
Incident
Un incident est une interruption non planifiée d'un
service, une réduction de la qualité d'un service ou la
défaillance d'un élément du système.
2.7.2 SIEM
La plate-forme logicielle principale du SOC est le SIEM
(Security Information and Event Management). C'est un outil de gestion des
évènements (ou logs) du système d'information Les SIEM
(Security Information and Event Management - système de gestion des
informations et des événements de sécurité) se sont
imposés avec la démocratisation de la génération
des journaux et des traces que produisent les différents systèmes
et plus particulièrement ceux de sécurité.
2.7.3 Fonctionnement d'un SIEM
En effet, derrière le mot SIEM, il y a
un ensemble de moyens techniques qui permettent:
-- la collecte des données
-- la normalisation des données
-- la corrélation et analyse
-- Alerte et investigation

FIGURE 2.2 - fonctionnement d'un SIEM
la collecte des données : Les
logiciels de SIEM prennent en entrée les événements
collectés du SI, les journaux système des équipements :
pare-feu, routeurs, serveurs, bases de données. . . Ils permettent de
prendre en compte différents formats (syslog, Traps SNMP, fichiers
plats, OPSEC, formats propriétaires, etc.) ou nativement le format IDMEF
(Intrusion Détection Message Exchange Format), spécialement
conçu et validé par l'IETF sous forme de RFC pour partager
l'information qui intéresse un système de détection et
protection aux intrusions.
la normalisation des données : Les
traces brutes sont stockées sans modification pour garder leur valeur
juridique. On parle de valeur probante. Ces traces sont
généralement copiées puis normalisées sous un
format plus lisible. En effet, la normalisation permet de faire des recherches
multicritères, sur un champ ou sur une date. Ce sont ces
évènements qui seront enrichis avec d'autres données puis
envoyés vers le moteur de corrélation.
la corrélation et analyse: La
corrélation est le coeur du SIEM. Des règles
pré-configurées ou personnalisées analysent en permanence
les événements pour identifier des scénarios d'attaque
connus. De même, une surveillance continue des accès est
établie (principe du moindre privilège). Ces règles
peuvent être simples (trop de connexions échouées en peu de
temps) ou complexes (séquence d'actions caractéristique d'une
campagne d'ingénierie sociale suivie d'une élévation de
privilèges). Il est également possible de réduire le bruit
en filtrant les mails (phishing/BEC).
Alerte et investigation : Lorsqu'une
corrélation détecte une menace potentielle, le SIEM
génère une alerte classée par niveau de criticité.
Les analystes sécurité reçoivent ces alertes via
l'interface du SIEM, par email ou par intégration avec des outils de
ticketing.
L'interface d'investigation permet de creuser l'alerte en
visualisant la chronologie des événe-
ments, en recherchant d'autres occurrences similaires et en
identifiant les systèmes et utilisateurs concernés. Cette phase
d'investigation détermine s'il s'agit d'un vrai positif
nécessitant une réponse ou d'un faux positif à ignorer.
2.7.4 L'architecture d'un SIEM
Le schéma ci-dessous illustre l'architecture de
référence SIEM.

FIGURE 2.3 - Architecture SIEM
· Les logs : La détection se
fait sur la base de journaux d'évènements (logs) provenant de
divers équipements du système d'information surveillé
· Les règles: Ce sont elles qui
décrivent les évènements que l'on souhaite
détecter. Exemples: « Un administrateur X échoue son
authentification plus de cinq fois en moins de 15 secondes » ou encore
« Un compte administrateur réalise une action depuis un poste
situé en-dehors de la zone d'administration ».
· Les IOC (Indicator Of Compromise): Ce
sont des indicateurs (noms de fichier, adresses IP, URL, etc.) permettant la
création de nouvelles règles de détection plus fines et
pertinentes.
· Les alertes : Souvent
illustrées sous forme de « ticket » (i.e. une alerte
génère un ticket contenant l'ensemble des informations utiles
à l'investigation), elles permettent d'indiquer qu'une des règles
implémentées dans le SIEM a été sollicitée
(autrement dit, l'évènement redouté associé a eu
lieu!).
2.7.5 Les types de SIEM
Les types de solutions disponibles sur le marché sont
multiples et peuvent avoir des philosophies différentes.On peut
distinguer plusieurs types de produits.
Nous avons entre autres:
· SIEM Cloud : Hébergé
dans le cloud par un fournisseur, accessible via Internet, plus flexible et
moins coûteux en matériel.
Exemple : Microsoft Sentinel.
· SIEM sur site (On-Premise) :
Installé directement dans l'entreprise ou l'université et donne
un contrôle total des données et des équipements.
Exemple : IBM QRadar, ArcSight.
· SIEM Hybride : Combine le SIEM local et
le cloud. Permet de surveiller à la fois les infrastructures internes et
les services cloud.
· SIEM Open Source : Gratuit et modifiable
selon les besoins. Souvent utilisé dans les laboratoires,
universités et PME.
Exemple : Wazuh, OSSIM.
· SIEM managé (Managed SIEM) :
Administré par une société spécialisée en
cybersécurité. L'entreprise délègue la surveillance
et l'analyse des alertes à des experts.
14
Chapitre 3 Les phases de déploiement d'un
soc
La mise en place du SOC est une démarche essentielle
pour assurer la sécurité des systèmes d'in-formation face
à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées, notamment en
cette ère de cloud computing et de transformation digitale. Nous
distinguons trois grandes phases chronologiques pour réussir le
déploiement d'un SOC.
1. La phase de cadrage et préparation (amont
stratégique);
2. La phase de construction et déploiement
technique (réalisation);
3. La phase d'exploitation et d'amélioration
continue.
3.1 Phase de cadrage et préparation
3.1.1 Évaluation des besoins de
sécurité
Tout projet SOC débute par une évaluation
rigoureuse des besoins de sécurité. Cette étape vise
à identifier les menaces pertinentes pour l'organisation (attaques
ciblées, APT, ransomware), à cartographier les systèmes
d'information critiques (serveurs, postes de travail, équipements
réseau), et à recenser les obligations légales et
réglementaires (RGPD, exigences ANSSI).
Sur le plan technique, cette évaluation
détermine les sources de journaux (logs) à collecter. Une
solution SIEM ne peut être efficace que si elle est alimentée par
des données pertinentes : pare-feux, sondes IDS/IPS, antivirus,
contrôleurs de domaine, applications métier, etc.
3.1.2 Définition des objectifs et du
périmètre du SOC
Les objectifs doivent être formulés selon la
méthode SMART (spécifiques, mesurables, attei-gnables,
réalistes, temporellement définis). Par exemple : «
Réduire de 40% le temps moyen de détection d'un incident de
sécurité dans les 12 mois suivant la mise en production du SIEM
». Le périmètre précise quels actifs sont couverts,
quels services sont fournis (détection, réaction, reporting,
chasse aux menaces), et quels sont les indicateurs clés de performance
(KPI) retenus. Cette étape conditionne le dimensionnement de la solution
SIEM (volume de logs à traiter, capacité de
corrélation).
3.1.3 Choix de la solution SIEM et des outils
associés
Le choix technologique constitue une décision
structurante. Il repose sur une analyse comparative prenant en compte:
· les volumes de données à ingérer
(événements par seconde);
· les capacités de corrélation et de
détection d'anomalies;
· l'intégration avec l'existant (orchestration, EDR,
Threat Intelligence);
· le modèle de déploiement (sur site, cloud,
hybride).
Une attention particulière doit être
portée à l'évolutivité et à la
maintenabilité de la solution, ainsi qu'aux compétences internes
disponibles pour son administration.
3.2 Phase de construction et déploiement
technique
3.2.1 Définition des processus SOC
Avant même l'installation technique, les processus
opérationnels doivent être formalisés. Le cycle typique
comprend:
· détection : collecte et corrélation des
événements par le SIEM;
· qualification : analyse de la gravité et de la
véracité des alertes;
· réaction: déclenchement des
procédures de réponse à incident;
· reporting : remontée d'informations aux parties
prenantes (analyse, direction, RSSI). Chaque processus est documenté
dans un manuel des procédures, garantissant la reproductibilité
des actions. La solution SIEM joue ici un rôle d'orchestration, en
automatisant une partie des tâches de qualification et de reporting.
3.2.2 Constitution de l'équipe SOC et montée
en compétences
Une équipe SOC se structure généralement en
trois niveaux:
-- Niveau 1 : surveillance des alertes, tri et escalade;
-- Niveau 2 : investigation technique approfondie;
-- Niveau 3 : réponse aux incidents critiques et chasse
aux menaces.
Le responsable SOC supervise l'ensemble et assure l'interface
avec la direction. La formation
à la solution SIEM est indispensable : rédaction
de requêtes, paramétrage des règles de
corrélation
et exploitation des tableaux de bord.
3.2.3 Déploiement technique du SIEM et
intégration
Cette étape concrétise les choix
antérieurs. Un plan de déploiement par phases est établi,
intégrant : l'installation des collecteurs sur les sources de logs, la
configuration des parseurs (normalisation des journaux) et le
paramétrage des règles de corrélation (initiale).
Des tests d'intégration et de performance sont
réalisés en environnement de préproduction. On
vérifie notamment la latence de traitement, la justesse des alertes, et
l'absence de surcharge.
3.2.4 Pilotage initial et ajustements
Les premières semaines de fonctionnement constituent
une phase de rodage. Les KPI sont suivis quotidiennement:
· volume d'alertes générées;
· taux de faux positifs;
· délai entre un événement et sa
détection (time to detect);
· délai de qualification.
Les excès de faux positifs sont corrigés par
affinage des règles SIEM. Les processus sont ajustés si
nécessaire. Cette boucle d'optimisation précoce évite
l'essoufflement de l'équipe et prépare l'exploitation de
routine.
3.3 Phase d'exploitation et d'amélioration
continue
3.3.1 Surveillance 24/7 et alimentation en Threat
Intelligence
Un SOC efficace suppose une couverture permanente (24 heures
sur 24, 7 jours sur 7). Le SIEM centralise la surveillance, mais l'humain reste
indispensable pour analyser les alertes complexes. Parallèlement, la
solution doit être régulièrement enrichie de renseignements
sur les menaces (indicateurs de compromission, signatures d'attaques, TTP -
Tactics, Techniques and Procedures). L'automatisation des tâches
répétitives (playbooks) permet de libérer du temps pour
l'investigation. Par exemple, le SIEM peut déclencher automatiquement
une mise en quarantaine d'un hôte suspect sous réserve de
validation humaine.
3.3.2 Évaluation continue des performances et
audits
La performance du SOC est évaluée au moyen
d'indicateurs de pilotage:
· Temps moyen de détection (MTTD - Mean Time to
Detect)
· Temps moyen de réponse (MTTR - Mean Time to
Respond)
· Taux de faux positifs/négatifs
· Taux de couverture des actifs critiques
Des audits de sécurité réguliers
(internes ou externes) viennent valider l'efficacité du dispositif. Les
résultats alimentent un plan d'amélioration continue, qui peut
conduire à réviser les règles SIEM, à former
l'équipe sur de nouvelles techniques d'attaque, ou à
évoluer l'architecture technique.
3.3.3 Gestion des incidents et retour
d'expérience
Chaque incident majeur fait l'objet d'un retour
d'expérience (REX). La question centrale est : « Le SIEM
a-t-il détecté l'incident? Si oui, dans quel délai? Si
non, pourquoi? » Les enseignements sont traduits en nouvelles
règles de corrélation, en mises à jour des
procédures, ou en besoins de formation complémentaire. Cette
démarche itérative transforme le SOC en un organisme apprenant,
capable de s'adapter aux menaces émergentes.
Conclusion
Le déploiement d'un SOC basé sur une solution
SIEM ne saurait se concevoir comme un projet linéaire et clos. Il
s'articule autour de trois grandes phases - cadrage, construction, exploitation
- dont les frontières sont poreuses, notamment entre les ajustements
initiaux et l'amélioration continue. La solution SIEM n'est pas une fin
en soi : c'est un outil au service de processus humains et organisationnels.
Une fois déployée, sa valeur dépend de la qualité
de son paramétrage, de la compétence des analystes, et de la
capacité de l'organisation à tirer les leçons des
incidents passés.
Le chapitre suivant présentera une étude de cas
ou une évaluation de l'efficacité d'un tel dispositif en contexte
réel.
18
Chapitre 4 Présentation de la solution
choisie (OSSIM)
Ce chapitre est consacré à la
présentation de la solution OSSIM (Open Source Security Information
Management). Nous y décrivons ses principales fonctionnalités,
son mode de fonctionnement ainsi que son architecture générale.
Nous mettons également en évidence les différents
composants qui la constituent et leur rôle dans la collecte, la
corrélation et l'analyse des données de
sécurité.
4.1 Présentation d'AlienVault OSSIM
OSSIM (Open Source Security Information and Management) est
une solution open source de sécurité des informations et de
gestion des événements(SIEM). Il permet de faire la collecte
d'informations provenant de divers fichiers de journalisation au sein d'une
entreprise telle que les contrôles de sécurité
d'entreprise, les systèmes d'exploitation et les applications. Il
convertit les données collectées en format qu'il comprend. Il
illustre une mise en oeuvre de la cartographie pour améliorer la
détection d'intrusions. Son atout principal est que OSSIM n'est qu'un
seul outil contenant plusieurs outils open source existants permettant d'avoir
une meilleure gestion de la sécurité réseaux. Avec OSSIM
il est possible de définir des règles de sécurité
relatives à la politique de sécurité adoptée, de
connaître la cartographie du réseau et de corréler les
différents outils pour optimiser la supervision (réduire les faux
positifs par exemple). On cherche à exploiter les
caractéristiques des différents outils déjà
existants pour collecter le plus d'information nécessaire pour une
meilleure vision du réseau.
OSSIM assure toutes les fonctionnalités d'un SIEM qui
sont : la collecte des Logs, l'agrégation, la normalisation, la
corrélation, le reporting, l'archivage, l'interprétation des
évènements. De plus, il intègre plusieurs outils open
source tels que:
-- des détecteurs d'intrusions: Snort (NIDS), Ossec,
Osiris (HIDS);
-- un détecteur de vulnérabilités :
Nessus, OpenVas;
-- des détecteurs d'anomalies : Arp Watch, p0f,
pads;
-- un gestionnaire de disponibilité : Nagios;
-- un outil de découverte du réseau : Nmap;
-- un inventaire de parc informatique: OCS-Inventory;
-- un analyseur de trafic en temps réel : Ntop,
TCPTrack, NetFlow.
4.2 Principe de la solution OSSIM
OSSIM est une plateforme centralisée
fédérant plusieurs outils open source au sein d'une
infrastructure complète de supervision de sécurité. Elle a
pour objectif de centraliser, d'organiser et d'améliorer la
détection et l'affichage pour la surveillance des
évènements liés à la sécurité du
système d'information d'une entreprise. OSSIM est constitué de
composants de supervision suivants :
· un panneau de contrôle;
· des moniteurs de supervision de l'activité et des
risques;
· des moniteurs de supervision réseau et des
consoles d'investigation.
Ces éléments s'appuient sur des
mécanismes de corrélation, de gestion des priorités et
d'évaluation des risques afin d'améliorer la fiabilité et
la sensibilité des détections au sein de la solution.
4.3 Architecture d'OSSIM
OSSIM repose principalement sur trois composants:
-- le serveur : contenant les différents
moteurs d'analyse, de corrélation et les bases de
données;
-- l'agent : prenant en charge la collecte et
l'envoie des évènements au serveur OSSIM;
-- le Framework: regroupant les consoles
d'administrations et les outils de configuration et
de pilotage et permettant également d'assurer la gestion
des droits d'accès.
Le fonctionnement de la solution Ossim se base sur ces deux
principales étapes suivantes:
Le prétraitement de l'information :
géré par des équipements comme des systèmes
détections d'intrusion(IDS), des sondes de collecte
d'information(SENSOR) consiste à collecter les logs (fichiers
dejournalisation) de toutes les machines du parc informatique et de normaliser
les différents logs reçus.
Le post traitement de l'information:
assuré par l'ensemble des processus interne de la solution et
qui vont prendre en charge l'information brute telle quelle a été
collecté pour ensuite l'analyser, la traiter et en fin la stocker dans
une base de données.
Toutes ces informations collectées sont
spécifiques et ne représentent qu'une petite quantité
d'in-formation circulant sur le réseau de l'entreprise. La
possibilité d'utiliser les informations remontées par les
détecteurs en utilisant un nouveau niveau de traitement, de
compléter et d'améliorer le niveau d'information est
appelée : la corrélation. Son objectif est de rendre cette
remontée d'information plus efficace par rapport à la
quantité d'information disponible sur le réseau de
l'entreprise.
Pour une meilleure compréhension du fonctionnement de
notre solution, la figure suivante sera l'illustration parfaite de son
fonctionnement:
4.4 Fonctionnement interne de OSSIM

FIGURE 4.1 - Fonctionnement interne d'OSSIM
Le SIEM a pour objectif de centraliser, analyser et
corréler les événements de sécurité
provenant des différents équipements du système
d'information afin de détecter les menaces et d'assister les
équipes de sécurité dans la gestion des incidents.
Le processus débute par la collecte
des journaux d'événements générés
par les différentes sources de données telles que les serveurs,
les pare-feux et les systèmes de détection d'intrusion
(IDS). Ces informations sont ensuite regroupées au niveau de la
phase de consolidation, qui permet de normaliser et d'unifier
les données provenant de sources hétérogènes.
Les événements consolidés sont ensuite
transmis au module de centralisation, où ils sont
stockés et organisés pour faciliter leur traitement. Le SIEM
applique alors des mécanismes de corrélation
permettant d'établir des liens entre plusieurs
événements afin d'identifier des comportements anormaux ou des
attaques potentielles qui ne seraient pas détectables à partir
d'un événement isolé.
Après cette étape, le système
procède à une évaluation des risques afin de
déterminer le niveau de gravité des événements
détectés. Les alertes sont ensuite classées grâce au
module de gestion des priorités, qui permet de
distinguer les incidents critiques des événements moins
importants.
L'ensemble des données collectées ainsi que les
résultats des analyses sont enregistrés dans une base de
données, garantissant la conservation des journaux pour les
besoins d'audit, d'investigation et de conformité réglementaire.
Les alertes générées sont affichées sur le
panneau de contrôle et accessibles à travers les
différentes consoles de supervision, permettant aux analystes de
surveiller l'état de sécurité du système
d'information en temps réel.
Ainsi, le SIEM constitue une plateforme centralisée de
surveillance de la sécurité capable de transformer de grandes
quantités de journaux d'événements en informations
exploitables, facilitant la détection précoce des cyberattaques
et la prise de décision lors de la gestion des incidents de
sécurité.
4.5 Fonctionnalité d'OSSIM
Dans cette sous-partie, nous énumérerons les
diverses fonctionnalités qu'offrent OSSIM en les classant par niveau.
Niveau 1 : la détection par
modèles (Pattern Detector) : cette méthode est depuis longtemps
utilisée par les IDS (Intrusion Detection System) pour détecter
les modèles d'attaque en utilisant les signatures ou des règles
bien définis. La recherche de motif est ce qui permet à un NIDS
de trouver le plus rapidement possible les informations dans un paquet
réseau.
Niveau 2 : la détection par anomalies
(Anomaly Detector) : le principe n'est pas d'indiquer au système de
détection ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. En fait, le
système doit apprendre un modèle de référence qu'il
considère comme une situation normale et remonter une alerte quand le
comportement dévie de ce modèle de référence. C'est
cette fonction qui le différencie de la détection par
modèles. Par exemple, dans le cas d'une nouvelle attaque pour laquelle
il n'y a toujours aucune signature qui produirait une anomalie évidente
pourtant ignorée par les systèmes de détection de
modèle.
Niveau 3 : la centralisation et la
normalisation : La centralisation et la normalisation ont pour objectif de
réunir tous les événements de sécurité au
sein d'une plateforme afin de faciliter leurs manipulations. Cette plateforme
permettra d'avoir une vue plus détaillée sur l'entreprise. Ainsi,
grâce à l'ensemble des fonctionnalités d'OSSIM disponibles
par le panneau de contrôle, il est possible d'établir des
procédures pour détecter des scénarios d'attaques plus
complexes et fragmentées.
Niveau 4 : la gestion des priorités :
la gestion de priorités est pour ainsi dire un processus de
contextualisation, en d'autres termes, l'évaluation de l'importance
d'une alerte par rapport à l'environnement de l'entreprise, qui est
décrit dans une base de connaissance (KDB) pour le réseau
comportant : un inventaire des machines et réseaux (marques,
systèmes d'exploitation, services, etc.) et la politique d'accès
(si l'accès est autorisé ou interdit.. .).
Les processus de gestion des priorités dans OSSIM sont
définis au niveau du framework où sont configurés les
éléments suivants:
· les politiques de sécurité et des flux de
données;
· inventaire du parc informatique;
· définition des alarmes;
· évaluation de la fiabilité des alertes.
Niveau 5 : l'évaluation des risques :
au niveau de la solution OSSIM, l'importance d'une alerte dépend de
trois principaux facteurs:
· la valeur des équipements associée à
l'événement;
· le degré d'occurrence;
· l'impact de l'événement.
Niveau 6 : la corrélation est le
noyau de la solution OSSIM : le mécanisme de corrélation peut
donc être vu comme la possibilité d'utiliser les informations
remontées par les détecteurs et en utilisant un nouveau niveau de
traitement, pour compléter et améliorer le niveau d'information.
Le but étant de rendre cette remontée d'information le plus
efficace possible par rapport à l'étendue de la quantité
d'information disponible sur le réseau d'entreprise.
En entrée, les moniteurs fournissent normalement des
indicateurs et des détecteurs des alertes. En sortie nous retrouvons
également l'un de ces deux éléments : alertes ou
indicateurs. Les fonctions de corrélation deviennent en fait de nouveaux
détecteurs et moniteurs.
Niveau 7 : les Consoles ou Moniteurs : ils
ne sont considérés comme des fonctionnalités, parce qu'ils
font une représentation des différents processus. Au sein
d'OSSIM, on distingue différents
types moniteurs tels que:
· moniteur de risque : il montre les résultats de
l'algorithme CALM.
· moniteurs d'utilisation, de session et de profil
· moniteur de chemin : permet de montrer la
traçabilité des machines au niveau du réseau.
Niveau 8 : la Console d'investigation
(forensic) : c'est une console qui permet de faire la recherche
d'événements sur la base de données de OSSIM. Cette
console est un moteur de recherche qui opère sur la base de
données d'événement (EDB). Elle permet à
l'administrateur d'analyser des évènements de
sécurité par rapport à tous les éléments
critiques du réseau à posteriori et d'une façon
centralisée.
Niveau 9 : le Panneau de contrôle
(Control Panel) : le panneau de contrôle permet de regarder l'état
de la sécurité du réseau au niveau le plus haut. Il
surveille une série d'indicateurs qui mesurent l'état de
l'entreprise par rapport à la politique de sécurité mise
en place. Le panneau de contrôle est le « thermomètre »
général pour tout qui se produit sur le réseau. Il permet
également d'accéder à tous les outils de surveillance pour
inspecter n'importe quel problème qui a été
identifié. La manière dont l'information est affichée dans
le panneau de contrôle est importante, ainsi elle doit être aussi
concise et simple que possible. Seule l'information qui est appropriée
au moment qui nous intéresse doit être affichée.
23
Chapitre 5 Mise en oeuvre de la solution OSSIM
Après l'étude théorique des
systèmes de gestion des informations et des événements de
sécurité (SIEM), nous procédons à la mise en oeuvre
d'une plateforme de supervision de sécurité basée sur
OSSIM (Open Source Security Information Management). L'objectif principal est
de centraliser la collecte des journaux de sécurité,
détecter les activités suspectes et fournir une visibilité
globale sur l'état de sécurité du système
d'information.
5.1 Architecture
L'architecture que avons proposé possède Kali
Linux jouant le rôle de la machine d'attaque; la machine Windows
représentant un poste client légitime du réseau et le
serveur OSSIM qui assure les fonctions de SIEM.
L'environnement de test a été
réalisé sous Oracle VirtualBox. Les caractéristiques des
machines sont dans le tableau suivant:
TABLE 5.1 - Machines utilisées dans l'environnement de
test
|
Machine
|
Adresse IF
|
Rôle
|
|
OSSIM
|
192.168.10.10
|
Serveur SIEM
|
|
Windows 10
|
192.168.10.101
|
Hôte supervisé
|
|
Kali Linux
|
192.168.10.103
|
Machine d'attaque
|

FIGURE 5.1 - Architecture de la solution proposée
Toutes les machines sont connectées à un
réseau Host-Only VirtualBox afin de permettre les communications
internes nécessaires à la supervision.
5.2 Procédure d'installation d'OSSIM
Nous avons suivi les étapes suivantes pour installer OSSIM
:
1. Télécharger le support d'installation :
télécharger la dernière version d'AlienVault OSSIM sur :
http://communities.alienvault.com
2. Démarrer le système d'installation et
sélectionner le mode "Installation automatique"

4. Entrer le masque de réseau et l'adresse de la
passerelle puis cliquer sur "Continuer"
FIGURE 5.2 - Page d'accueil d'OSSIM
3. Dans cette étape, on doit configurer la carte
réseau. L'utilisation d'une adresse IP avec accès à
Internet pendant le processus d'installation est requis. Cette adresse IP sera
utilisée par l'interface de gestion. Entrer l'adresse IP et cliquer sur
"Continuer"

FIGURE 5.3 - Configuration de la carte réseau

6. Une fois que l'installation est terminée, on accede
à la fenêtre suivante qui demande d'entrer le login ROOT et le mot
de passe pour accéder au Server OSSIM.
FIGURE 5.4 - configuration du masque réseau
5. Pour les besoins d'authentification entrer le mot de passe de
l'administrateur « root » , et cliquer sur "Continuer".

FIGURE 5.5 - configuration du mot de passe de
l'administrateur

FIGURE 5.6 - La page d'authentification du server OSSIM
5.3 Configuration sur le Server
Une fois accéder au server, nous sélectionnons
les plugins dont nous voulons activer pour effectuer des scans de machines
depuis différents outils:
· Syslog
· Ossec
· Snort
· OpenVas
· Nessus
· Nagios
· Nmap

FIGURE 5.7 - la selection des plugins à utiliser
Après avoir sélectionné les plugins,on
revient sur "Apply all change" pour sauvegarder les configurations.
Redémarrer le server et rendez-vous sur le navigateur
de la machine cliente, puis tapper l'adresse IP du server. Dans notre cas :
https://192.168.10.10
Après connexion réussi dans l'interface web ,
l'assistant de configuration suivant apparaîtra
Dans certains navigateurs on sera informer qu'il ne s'agit pas
d'un certificat de confiance et cliquer juste sur continuer.
Après l'acceptation de l'exception, Ossim
requière les informations suivantes sur l'administrateur du server.
Remplir ce formulaire pour la création du compte administrateur.

FIGURE 5.8 - les informations pour la création du compte
admin
Les fenêtres suivantes apparaîtront après
la création du compte admin. Entrer le nom d'utilisateur ainsi que le
mot de passe administrateur pour accéder à l'interface web du
server Ossim

FIGURE 5.9 - L'authentification de l'admin

pour une configuration initiale du server Ossim.
FIGURE 5.10 - assistant de configuration d'ossim
Cet assistant propose les trois options suivantes disponibles
avec le server OSSIM :
1. Monitor Network : qui permet la configuration des
interfaces et moniteurs pour la surveillance du trafic réseau par le
server OSSIM;
2. Discover Asset: qui permet la découverte
automatique des périphériques réseau présents dans
l'organisation;
3. Collect Logs Monitor Asset: qui permet la collecte des
journaux à partir des noeuds du réseau et la surveillance des
activités suspectes.
Ensuite cliquer sur Next de la figure ci-dessus pour configurer
le server OSSIM.
-- La première option ouvre une fenêtre pour la
configuration des interfaces réseau (eth) pour la collecte et la
surveillance des logs du server.


-- Après la configuration du réseau et de
découverte de l'actif, l'étape suivante (l'option 3) est «
DEPLOY HIDS » le déploiement de l'agent HIDS ( l'agent Ossec ) sur
les machines
FIGURE 5.11 - configuration des interfaces eth Server OSSIM
-- Dans la deuxième étape, OSSIM effectuera la
découverte automatique des actifs du réseau. Sélectionner
l'option (2) ASSET DISCOVER pour préciser les types d'actifs
(périphériques) découverts dans le réseau.Le type
d'actif peut être Windows,Linux ou dispositifs réseaux.
FIGURE 5.12 - Découverte des actifs
(périphériques ) du réseau

pour effectuer la surveillance , la détection de
rootkit et la collecte des journaux ( log ) d'événements . Entrer
le nom d'utilisateur / mot de passe de la machine (de l'actif) sur laquelle on
doit déployer le HIDS.
-- Sélectionner l'Hôte désiré dans
la liste à droite ci-dessus et cliquer sur DEPLOY pour le
déploiement HIDS. Encore un fois cliquer sur le bouton « Continuer
» pour lancer le processus de déploiement qui est
représenté sur la figure. Ce processus prendra quelques minutes
pour déployer le HIDS (ossec) sur l'hôte
sélectionné.
FIGURE 5.13 - Découverte des actifs
(périphériques ) du réseau
-- Après déploiement de HIDS, l'étape
suivante (l'option 4) « LOG MANAGEMENT » permet de configurer l'actif
précédemment découvert pour la gestion des
différents journaux d'événements (logs).
-- La dernière étape dans l'assistant de
configuration est de rejoindre le OTX (Open Threat Exchange) qui est le
programme d'échange des menaces dans AlienVaul (optionnel). Terminer
l'étape de configuration en cliquant sur « Finish ».
Le principal tableau de bord du server OSSIM est illustré
ci-dessous:

FIGURE 5.14 - Tableau de bord du Server OSSIM
5.4 Déploiement de l'agent Windows
Nous allons maintenant installer et configurer l'agent OSSEC sur
la machine cliente pour la corrélation:
-- LepackageOSSECAgentesttéléchargeable sur :
https://www.ossec.net/ossec-downloads
-- Installation et configuration de l'agent sur Windows;


Une fois l'agent connecté, celui-ci apparaît dans
l'interface OSSIM avec l'état Active.
FIGURE 5.15 - Installation et configuration de l'agent ossec
-- Activer le service OSSEC sur le server OSSIM Sur le tableau de
bord: ENVIRONMENT - DETECTION - AGENT - ADD AGENT
On sélectionne l'adresse IP de la machine cliente. Dans
notre cas :192.168.10.101
FIGURE 5.16 - Ajout de l'agent

FIGURE 5.17 - Vérification de l'état de
l'agent
5.5 Test de détection d'activité
malveillante
5.5.1 Réalisation de l'attaque depuis Kali Linux
Afin de valider les capacités de détection du SIEM
OSSIM, une attaque de type SYN Flood a été simulée depuis
la machine Kali Linux à l'aide du module auxiliary/dos/tcp/synflood de
Metasploit Framework. La cible était la machine Windows 10 sur le port
TCP 80.

FIGURE 5.18 - Attaque de type SYN FLOOD depuis Kali Linux
5.5.2 Résultats dans OSSIM
La figure 5.19 montre les résultats observés
dans l'interface d'OSSIM après l'exécution des tests. Le tableau
des événements indique que le système a
détecté plusieurs activités suspectes associées
à l'outil Nmap. Ces événements ont été
générés par le moteur de détection Snort
intégré à OSSIM, qui a identifié
lesactivités de l'attaque de type SYNFlood depuis Kali.
Les informations affichées permettent d'identifier
l'adresse IP source de l'attaquant, l'adresse IP de la cible ainsi que
l'horodatage précis de l'événement. Cette
visibilité facilite l'analyse des incidents et permet de retracer
l'origine des activités malveillantes.


FIGURE 5.19 - resultat dans OSSIM
TABLE 5.2 - Synthèse de l'attaque SYN Flood
réalisée lors des tests
|
Élément
|
Valeur
|
|
Type d'attaque
|
SYN Flood
|
|
Catégorie
|
Déni de service (DoS)
|
|
Outil utilisé
|
Metasploit Framework
|
|
Module
|
auxiliary/dos/tcp/synflood
|
|
Machine attaquante
|
Kali Linux (192.168.10.103)
|
|
Machine cible
|
Windows 10 (192.168.10.101)
|
|
Port ciblé
|
TCP 80
|
|
Détection
|
Snort / OSSIM
|
|
Résultat
|
Génération d'alertes en temps réel
|
37
Conclusion Générale
Bilan du travail accompli
À l'heure où la transformation numérique
redéfinit profondément le fonctionnement des organisations, la
cybersécurité n'est plus une option réservée aux
grandes entreprises ou aux institutions gouvernementales : elle est devenue une
nécessité absolue pour tout organisme dont les activités
reposent sur des infrastructures numériques. L'Université
Numérique du Tchad, dont la mission d'enseignement à distance et
de réduction de la fracture numérique s'appuie
intégralement sur des systèmes d'information connectés,
n'échappe pas à cette réalité. Toute
défaillance de son infrastructure numérique peut avoir des
conséquences directes et graves : interruption des formations en ligne,
perte irrémédiable de données académiques, atteinte
à la vie privée des étudiants et des enseignants, et
dégradation durable de la confiance des usagers.
C'est face à ces enjeux que s'est construit ce
mémoire, articulé autour d'une problématique centrale:
comment mettre en place un Security Operations Center (SOC) basé sur
la solution SIEM open source OSSIM afin d'améliorer la supervision, la
détection des menaces et la résilience du système
d'information de l'Université Numérique du Tchad?
Pour y répondre de manière rigoureuse, notre
démarche a suivi une progression logique en cinq chapitres. Après
avoir présenté le cadre institutionnel de l'UNT dans le
premier chapitre, nous avons posé dans le
deuxième chapitre les fondements théoriques du
SOC et du SIEM, en définissant avec précision les notions
clés de journaux, d'événements, d'alertes et d'incidents,
ainsi que les différents types de solutions disponibles. Le
troisième chapitre a décrit les phases
stratégiques de déploiement d'un SOC, depuis le cadrage initial
jusqu'à l'amélioration continue, en passant par la construction
technique. Le quatrième chapitre a été
consacré à une étude approfondie d'OSSIM, dont nous avons
analysé l'architecture tripartite -- serveur, agent et framework --, le
fonctionnement interne, les mécanismes de corrélation et
l'ensemble des fonctionnalités offertes, des neuf niveaux de
détection jusqu'à la console d'investigation forensique.
Enfin, le cinquième chapitre a
constitué le coeur opérationnel de ce travail. Dans un
environnement virtualisé sous Oracle VirtualBox, nous avons
procédé à l'installation complète et à la
configuration d'OSSIM, au déploiement de l'agent OSSEC sur une machine
Windows 10 supervisée, puis à la validation du dispositif par une
simulation réaliste d'attaque. L'attaque de type SYN Flood,
lancée depuis une machine Kali Linux à l'aide du framework
Metasploit, a servi de test décisif: OSSIM, par l'intermédiaire
de son moteur de détection Snort, a généré des
alertes de sécurité en temps réel, identifiant avec
précision l'adresse source, la machine cible et le port visé.
Limites identifiées
La rigueur intellectuelle impose cependant de
reconnaître les limites de ce travail. Premièrement, la mise en
oeuvre a été réalisée dans un environnement
de test virtuel et non directement sur l'infrastructure réelle
de l'UNT, ce qui ne permet pas de mesurer les performances d'OSSIM face au
volume réel de trafic et à la diversité effective des
équipements de l'institution. Deuxièmement, OSSIM est une
solution dont la configuration et la maintenance exigent un
niveau d'expertise technique avancé et un investissement humain continu.
Or, l'UNT ne dispose pas encore, à ce stade, d'une équipe SOC
dédiée et formée. Troisièmement, AlienVault OSSIM,
dans sa version communautaire, n'intègre pas nativement certaines
fonctionnalités avancées disponibles dans des solutions
commerciales, notamment l'automatisation poussée des réponses aux
incidents via un outil soar.
Perspectives et recommandations
Ces limites ne diminuent en rien la valeur du travail
accompli; elles en tracent au contraire les prolongements naturels. À
court terme, nous recommandons de déployer la solution
OSSIM sur l'infrastructure réelle de l'UNT, en commençant par les
actifs les plus critiques -- les serveurs hébergeant les plateformes
pédagogiques et les bases de données des étudiants.
À moyen terme, l'intégration de
la plateforme OTX (Open Threat Exchange) d'AlienVault permettrait
d'enrichir OSSIM avec des flux de Threat Intelligence en temps réel,
renforçant ainsi sa capacité à détecter des menaces
émergentes non encore connues localement. La mise en place d'une
Politique de Sécurité des Systèmes d'Information
(PSSI) formalisée, définissant clairement les
rôles, les responsabilités et les procédures de
réponse aux incidents, constituerait également une avancée
décisive.
Àlong terme, le renforcement durable
de la cybersécurité de l'UNT passera nécessairement par la
constitution d'une équipe SOC permanente, composée d'analystes
formés et organisés selon les trois niveaux d'expertise (L1, L2,
L3), et par l'établissement de partenariats opérationnels avec
des organismes spécialisés tels que l'ANSICE et l'ADETIC. Une
telle ambition s'inscrirait pleinement dans la stratégie nationale de
développement du numérique au Tchad.
39
Références
[1] Agence Nationale de la Sécurité des
Systèmes d'Information (ANSSI).
Guide relatif à la mise en place et à
l'exploitation d'un Centre Opérationnel de Sécurité
(SOC).
Consulté sur:
https://www.ssi.gouv.fr
[2] AlienVault OSSIM.
Documentation officielle de la solution Open Source Security
Information and Event
Management (OSSIM).
Consulté sur:
https://cybersecurity.att.com/products/ossim
[3] Internet Engineering Task Force (IETF).
RFC 4765 : Intrusion Detection Message Exchange Format (IDMEF).
Consulté sur:
https://datatracker.ietf.org/doc/html/rfc4765
[4] National Institute of Standards and Technology
(NIST).
Computer Security Incident Handling Guide (SP 800-61 Rev.2).
Consulté sur:
https://csrc.nist.gov/publications/detail/sp/800-61/rev-2/final
[5] National Institute of Standards and Technology
(NIST).
Guide to Computer Security Log Management (SP 800-92).
Consulté sur:
https://csrc.nist.gov/publications/detail/sp/800-92/final
[6] Organisation Internationale de Normalisation
(ISO).
Norme ISO/IEC 27001 relative au management de la
sécurité de l'information. Consulté sur:
https://www.iso.org/isoiec-27001-information-security.html
[7] Université Numérique du Tchad
(UNT).
Site officiel de l'Université Numérique du Tchad.
Consulté sur:
https://unt.td
40
Bibliographie
[1] OWASP Foundation.
Open Web Application Security Project.
https://owasp.org
[2] Documentation OSSIM.
Documentation officielle de la plateforme OSSIM.
https://documentation.ossim.com
[3] Microsoft Sentinel.
Documentation officielle de Microsoft Sentinel.
https://learn.microsoft.com/en-us/azure/sentinel
[4] IBM Security SIEM.
Security Information and Event Management Solutions.
https://www.ibm.com/security/security-information-and-event-management
[5] ENISA.
European Union Agency for Cybersecurity.
https://www.enisa.europa.eu
[6] AlienVault Open Threat Exchange (OTX).
Plateforme collaborative de renseignement sur les menaces.
https://otx.alienvault.com
[7] MITRE ATT&CK.
Base de connaissances sur les tactiques et techniques d'attaque.
https://attack.mitre.org
[8] Snort IDS.
Système de détection d'intrusion réseau
open source.
https://www.snort.org
[9] OpenVAS / Greenbone.
Solution d'analyse des vulnérabilités et de
gestion de la sécurité.
https://www.greenbone.net
[10] Nagios.
Outil de supervision des systèmes, réseaux et
services.
https://www.nagios.org
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