Chapitre IV
Discussion
IV.1 Lithologie et déformation
La ligne cisaillante de Betroka influence les formations
géologiques de notre zone d'étude. Le comportement lithologique
par rapport à la déformation observée sur le terrain
permet d'affirmer avec certitude la continuité de la zone cisaillante de
Betroka à Tsiombe. L'orientation générale NE-EW des dykes
d'amphibolite traduit une mise en place le long des diaclases
générées lors du cisaillement de Betroka.
La zone d'étude est affectée par plusieurs types
de déformations qui se sont déroulées en plusieurs
épisodes successifs. Trois phases de déformations ont
été mises en évidence dans l'ensemble du terrain. Cet
argument est compatible aux résultats de nos prédécesseurs
de leurs travaux dans le domaine Androyen (Razakamanana, 1990, 1999 ; Collins
et al., 2012). La première phase (D1) est responsable de la
foliation d'ensemble avec des plis isoclinaux. Cette structure est
masquée par les autres déformations (D 2 et D3) et n'en reste que
des reliques des minéraux orientés suivant la schistosité
(S1). La deuxième phase (D2) se traduit par des plis isoclinaux (P2) de
puissances centimétriques à métriques. Ils ont
été mis en évidence à travers les coupes que nous
avons effectuées. Par lequel les grands cercles du diagramme de
foliations nous montrent des plis serrés déversés vers
l'Est et dont leurs axes se dirigent vers le NE. Ils sont observables à
travers les successions de synclinaux et d'anticlinaux le long des coupes
réalisées. Lors du plissement (P2) se mettent en place les
granites stratoïdes et la génération des dykes basiques. La
troisième phase (D3) est responsable du cisaillement dont le sens du
mouvement est vers le Sud (Fig. 13a). Les indicateurs cinématiques
observables dans notre zone d'étude nous confirment cette
dernière phase de déformation (D3). Les déformations sont
liées à une phase de compression et de cisaillement. La phase de
compression affectant les dykes basiques se traduit par des boudinages parfois
asymétriques, indiquant un régime de déformation non
coaxial de sens sénestre. Les dykes d'amphibolites enregistrent les
déformations engendrées lors de l'orogénie panafricaine
(Razakamanana, 1999). Puis, une décompression isothermale a permis la
mise en place des paragneiss à cordiérite, rattachés
à l'évènement Panafricain (Ackermand et al.,
1989, Razakamanana, 1999).
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Les saphirines sont stables à haute température
et à haute pression (en profondeur). Ce sont des matériaux de la
croûte terrestre inférieure. Elles se trouvent à la base de
la stratigraphie et sont ramenées en surface grâce au
mécanisme de chevauchement. Dans notre zone d'étude, dans la
partie centrale, la roche à saphirine et à kornérupine
affleure sur le plan de chevauchement. Ce même contexte géologique
se trouve à Ianakafy (Ackermand et al., 1989) et à
Vohidava (Razakamanana, 1999) pour les roches à saphirine et à
kornérupine.
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