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Impact de la densité d'arbres dominants sur l'architecture du houppier et la biomasse aérienne des arbres dans la forêt à  julbernardia seretii (de wild.) troupin dans la région de Ngueno, Tshopo, RD Congo


par Gédéon KULONDWA
Institut facultative des sciences agronomiques de Yangambi - Bachelor 2023
  

Disponible en mode multipage

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République Démocratique du Congo
Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire
INSTITUT FACULTAIRE DES SCIENCES AGRONOMIQUES DE
YANGAMBI
« IFA-YANGAMBI »

B.P. 1232 KISANGANI B.P. 28 YANGAMBI

 

Filière : Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables

Laboratoire d'Écologie du Paysage et Foresterie tropicale (LEPAFORT)

Impact de la densité d'arbres dominants sur

l'architecture du houppier et la biomasse

aérienne des arbres dans la forêt à Julbernardia

seretii (De Wild.) Troupin dans la région de

Ngueno, Tshopo, RD Congo

Par :

Gédéon KULONDWA NAMEGABE

Mémoire

Présenté et défendu en vue de l'obtention du
Diplôme de Bachelor en Sciences agronomiques et Environnement

Parcours : Exploitation des Écosystèmes et
Biodiversité

Directeur : Dr Ir MENIKO Jean Pierre Pitchou

Professeur

Encadreurs : MSc. Ir AZENGE Jean Pierre

Chef de Travaux

MSc. Ir NDONGO Esther

Assistante

(c)2023

ANNEE ACADEMIQUE 2023 - 2024

i

Dédicace

À mon Père NAMEGABE Prosper,

À ma Mère MADAMA Grâce et,

À mon Grand frère IRAGI Frank

Pour l'amour et l'affection qu'ils m'ont donné.

ii

Épigraphe

« Le chemin comblé d'obstacles et d'embûches est souvent celui qui mène à la grandeur »

Anonyme

En fin, que tous ceux qui nous ont soutenu, retrouvent ici les mêmes sentiments de reconnaissance.

iii

Remerciements

La parution de ce mémoire est l'occasion pour nous de remercier les personnes qui nous ont aidé dans son achèvement. Il ne serait jamais réalisé, s'il n'avait reçu le concours de plusieurs personnes de bonne volonté. Nous sommes redevables à tous ceux et à toutes celles qui, d'une manière ou d'une autre, ont contribué à sa réalisation.

Nous présentons nos remerciements à l'Éternel notre Dieu, source de notre vie pour tant de merveilles qu'il nous comble.

Nos remerciements s'adressent au Professeur Jean Pierre Pitchou MENIKO TO HULU de nous avoir été d'un grand secours dans la réalisation de ce travail et qui a accepté sans hésitation, de diriger ce mémoire de fin d'études.

Qu'il nous soit permis d'adresser nos remerciements de manière sincère au Chef de Travaux Jean Pierre Chalay AZENGE BOKOY qui, malgré ses multiples occupations, a accepté de nous encadrer. Nous avons trouvé en lui, dès le début les qualités d'un bon maitre, lucide et patient, rigoureux dans la lecture qui débouche des remarques et critiques pertinents et enfin et surtout un homme très attentif à notre désir de savoir. Qu'il trouve ici la marque de notre reconnaissance.

Nos remerciements s'adressent à nos parents NAMEGABE BAHAYA Prosper et MADAMA Grace pour leurs efforts et différents sacrifices consentis tout au long de nos études et jusqu'à présent.

A tous mes frères et soeurs : Frank IRAGI ; Ornella FATUMA ; Patrick KOLESA ; Naomi N'SHOBOLE ; Evelyne AKONKWA ; Prince NAMEGABE ; Arlène BISHAMAMBA ; Yvette NABINTU ; Gloire CHOMACHOMA ; Esaïe CINAMULA ; Josué KOKO, Clotilde MUGOLI de nous avoir soutenu tant financier que moral dans le moment de bonheur et de malheur durant notre parcours d'étude jusqu'à présent. Qu'ils trouvent ici l'expression de notre reconnaissance.

Nos remerciements les plus sincères s'adressent également à nos camarades parmi lesquels : Isaac NDENGU ; John MANDEY ; Juvénal NZEMOTI ; Enock KAMUNDALA ; Fiston TAMIRWA, Joséphine NDJADI et autre..., amis et connaissance. Trouvez ici notre reconnaissance pour toute l'assistance et chaleur fraternelle dont nous avons été bénéficiaire.

iv

Liste des figures

Figure 1. Présentation du milieu d'étude 9

Figure 2. Dispositif d'échantillonnage 11

Figure 3. Indices de forme de la couronne d'après Synnott (1979). 12

Figure 4. Indices de position de la couronne d'après Synnott (1979). 14

Figure 5. Répartition des effectifs d'arbres par strates forestières 16

Figure 6. Densité d'arbres dominants par mètre carré dans la forêt à Julbernardia seretii dans la

région de Ngueno 17
Figure 7. Relation entre la densité d'arbres dominants et l'indice de forme de la couronne des

arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno 18
Figure 8. Relation entre la densité d'arbres dominants et l'indice de position de la couronne des

arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno 19
Figure 9. Impact de la densité d'arbres dominants sur la biomasse aérienne (AGB : Biomasse

Aérienne) 20

v

Résume

L'étude menée dans la forêt mixte à Julbernardia seretii à Ngueno a porté sur l'impact de la densité des arbres dominants sur l'architecture du houppier et de la biomasse aérienne des arbres. Dans cette recherche, l'objectif était de comprendre les causes et conséquences de la modification de la forme et de la position des houppiers ainsi que de la biomasse aérienne, provenant des arbres dominants en densité dans cette forêt. Pour atteindre cet objectif, nous avons réalisé un inventaire où nous avons pris en compte les paramètres d'indice de la position de la couronne ainsi que de la forme du houppier élaboré par Van Daalen. Après analyse de ces données, selon les objectifs spécifiques, les résultats importants trouvés sont les suivants :

? Par rapport au premier objectif, l'indice de forme des couronnes diminue à mesure que la densité des arbres, exprimée en N/m2, augmente. Le coefficient de détermination R2=0,4311 indique que 43,11 % de la variation de l'indice de forme peut être expliquée par la densité, ce qui suggère une corrélation modérée.

? Par rapport au deuxième objectif, l'indice de position de la couronne diminue légèrement avec l'augmentation de la densité des arbres, exprimée en N/m2. Le coefficient de détermination R2=0,1373 indique que seulement 13,73 % de la variabilité de l'indice de position est expliquée par la densité des arbres, soulignant une corrélation faible.

? Par rapport au troisième objectif, la biomasse aérienne augmente avec l'accroissement de la densité des arbres (en N/m2). Le coefficient de détermination R2=0,7296 indique que 72,96 % de la variabilité de la biomasse aérienne est expliquée par la densité des arbres, traduisant une forte corrélation positive

Ces résultats ont une contribution dans la compréhension du phénomène de la réduction de la séquestration de carbone par les arbres ainsi que du phénomène du déclin de la croissance des arbres. Ces résultats peuvent être utilisés par les institutions de recherche agronomiques ainsi que par le ministère de l'Environnement et Développement Durable afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique. Du point de vue socio-économique, ces résultats peuvent être utilisés aussi par les entreprises d'exploitation forestière et les communautés locales pour maximiser la production des bois.

Mots clés : Arbre, dominant, houppier, biomasse, densité, architecture.

vi

Abstract

The study conducted in the mixed forest of Julbernardia seretii in Ngueno focused on the impact of the density of dominant trees on crown architecture and aboveground biomass. This research aimed to understand the causes and consequences of changes in the shape and position of tree crowns and the aboveground biomass resulting from variations in tree density in this forest. To achieve this, we conducted an inventory that included the parameters of crown position index and crown shape, developed by Mr. J.C. van Daalen. After analyzing the data, and in line with the specific objectives, the key findings are as follows:

? Regarding the first objective, the crown shape index decreases as tree density, expressed in N/m2, increases. The coefficient of determination (R2 = 0.4311) indicates that 43.11% of the variation in the crown shape index can be explained by tree density, suggesting a moderate correlation.

? Concerning the second objective, the crown position index slightly decreases as tree density increases, expressed in N/m2. The coefficient of determination (R2 = 0.1373) indicates that only 13.73% of the variability in the crown position index can be explained by tree density, highlighting a weak correlation.

? Regarding the third objective, aboveground biomass increases with tree density (in N/m2). The coefficient of determination (R2 = 0.7296) indicates that 72.96% of the variability in aboveground biomass is explained by tree density, reflecting a strong positive correlation.

These findings contribute to understanding trees' reduction in carbon sequestration and decline in tree growth. Agronomic research institutions and the Ministry of Environment can utilize them to support efforts to combat climate change. From a socio-economic perspective, forestry companies and local communities can also use these results to optimize timber production.

Keywords: trees, dominant, crown, biomass, density, architecture

1

0. Introduction

0.1. Problématique

Il y a quelques années, les écosystèmes forestiers, en particulier les forêts tropicales, couvraient environ 15% de la surface terrestre et abritaient 50% du stock de carbone mondial. Cependant, depuis 1990, la planète a perdue 178 millions d'hectares de forêt, soit une superficie équivalente à celle de la Libye (Bonaventure et al., 2024).

Dans ces écosystèmes forestiers, on distingue généralement la canopée et le sous-bois. La canopée, qui est constituée de l'ensemble des houppiers des arbres, est considérée comme la couche supérieure de la végétation. De ce fait, sa structure influence des processus aussi importants que la régulation du cycle hydrologique ou la répartition de populations animales (Bérengère, 2019). Le houppier est donc un élément structurel de la canopée qui doit tenir une place importante dans les études de modélisation (Bérengère, 2019). Du fait de son rôle de centre photosynthétique de l'arbre, le houppier est responsable de l'assimilation de l'énergie lumineuse, l'absorption du dioxyde de carbone, la libération d'oxygène produite par la photosynthèse et la libération de dioxyde de carbone via la respiration (Sinoquet et al., 2001 ; Wang et Jarvis, 1990).

Les caractéristiques d'un houppier influencent la quantité de lumière interceptée par l'arbre, et ultimement sa capacité photosynthétique (Cannell et al., 1987). Mais ces caractéristiques sont, elles-mêmes, influencées par des nombreuses contraintes biotiques et abiotiques auxquelles l'arbre est confronté tout au long de son cycle de vie (Bérengère., 2019). L'une des contraintes majeures au développement du houppier d'un arbre est la compétition. Celle-ci influence la quantité de lumière disponible pour le houppier et l'accès des arbres aux nutriments (Sorrensen-Cothern et al., 1993).

Dans le contexte actuel où les arbres jouent un rôle majeur dans la séquestration de carbone envie d'atténuer les effets de changement climatique, il est important de comprendre les caractéristiques de la couronne des arbres et leur influence sur la croissance des arbres et la séquestration de carbone. C'est à cette fin que cette étude est menée dans le village de Azunu, situé dans la région de Ngueno.

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0.2. Questions de recherche

Notre étude se fonde sur la question suivante : quel est l'impact de la densité d'arbres dominants sur les caractéristiques de la couronne et la biomasse aérienne dans la forêt à Julbernardia seretii d'Azunu ?

De cette question principale découlent les questions spécifiques suivantes :

· Quelle est l'influence de la densité des arbres dominants sur la forme de la couronne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno ?

· Quelle est l'influence de la densité des arbres dominants sur la position de la couronne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno ?

· Existe-t-il un lien entre la densité d'arbres dominants et la biomasse aérienne dans la forêt à Julbernardia seretii de la région de Ngueno ?

0.3. Hypothèses de recherche

L'hypothèse principale de cette étude est : la densité d'arbres dominants influence les caractéristiques de la couronne et la biomasse aérienne des arbres dans la forêt sous étude.

Au regard de cette hypothèse centrale, cette étude vérifiera trois hypothèses spécifiques :

· À la suite de la concurrence liée à la lumière, la densité d'arbres dominants influence la forme de la couronne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno ;

· La densité des arbres dominants a un impact significatif sur la position de la couronne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno

· Il existe une relation entre la densité d'arbres dominants et la biomasse aérienne de la forêt sous étude.

0.4. Objectifs de recherche

0.4.1. Objectif général

D'une manière générale, cette recherche vise à déterminer l'impact de la densité d'arbres dominants sur l'architecture du houppier et la biomasse aérienne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii à Azunu, dans la région de Ngueno

0.4.2. Objectifs spécifiques

De manière spécifique, cette étude vise à :

3

· Évaluer l'influence de la densité d'arbres dominants sur la forme du houppier des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno ;

· Déterminer l'influence de la densité des arbres dominants sur la position du houppier dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno et ;

· Analyser le lien entre la densité des arbres dominants et la biomasse aérienne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno.

0.5. L'intérêt de recherche

Cette étude trouve tout son intérêt dans le fait qu'elle contribue à la compréhension des mécanismes qui influencent la croissance des arbres et la séquestration de carbone dans les forêts tropicales denses humides.

0.6. Subdivision

Outre l'introduction, ce travail de mémoire est structuré de la manière suivante :

· Le chapitre un aborde les considérations générales ;

· Le chapitre deux décrit le milieu, matériels et méthodes de la recherche ;

· Le chapitre trois se focalise sur la présentation et la discussion des résultats.

Enfin, une conclusion et quelques suggestions clôturent cette dissertation.

4

Chapitre 1 : Considérations générales

1.1. La forêt

1.1.1. Généralités et définition

Les forêts de la République démocratique du Congo couvrent une superficie estimée à 155.5 millions d'ha (dont 99 millions d'ha de forêts denses humides) soit 67% du territoire national dont la superficie est d'environ 2.329.374 km2. Elles représentent près de la moitié des forêts tropicales humides d'Afrique. Toutefois, cette population est très inégalement répartie sur le territoire national. Les plus fortes densités (plus de 100 habitants/km2) se rencontrent à l'Est du pays le long des frontières avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi ou au Sud- ouest autour de la ville-province de Kinshasa et dans la province du Bas-Congo (Richard et al, 2008). Ces régions à fortes densités de populations humaines sont aussi celles où les ressources forestières subissent la plus forte pression résultant en une perte ou une dégradation du couvert forestier. En revanche, la cuvette centrale est couverte en grande partie par de vastes étendues de forêts denses et reste caractérisée par de très faibles densités de populations humaines. Malgré le fait que Kinshasa, la capitale de la RDC, soit la plus importante agglomération urbaine d'Afrique centrale la RDC reste le pays de la sous-région qui présente le plus fort taux de populations rurales (Richard et al, 2008)

Selon la loi N° 11/2002 du 29 Aout 2002 portant code forestier en République Démocratique du Congo, les forêts sont des terrains recouverts d'une formation végétale à base d'arbres ou d'arbustes aptes à fournir des produits forestiers, abriter la faune sauvage et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le climat ou le régime des eaux.

Selon la FAO 2000, les forêts sont des terres occupant une superficie de plus de 0,5 hectare avec des arbres atteignant une hauteur supérieure à cinq mètres et un couvert arboré de plus de 10 %, ou avec des arbres capables d'atteindre ces seuils in situ.

1.1.2. Importance des forêts

Les forêts tropicales constituent des réservoirs exceptionnels de carbone et de biodiversité. Depuis quelques décennies elles sont au coeur des enjeux internationaux sur le changement climatique. Le Bassin du Congo est le second plus grand écosystème forestier tropical après l'Amazonie, relativement conservé il joue un rôle important dans la régulation du système climatique continental et mondial (Baptiste Marquant et al, 2020)

5

Ces forêts d'Afrique centrale offrent des moyens de subsistance à 60 millions de personnes qui y vivent ou résident à proximité. Elles remplissent également des fonctions sociales et culturelles essentielles aux populations locales et autochtones et contribuent par ailleurs et plus indirectement à alimenter les 40 millions de personnes qui vivent dans les centres urbains proches de ces domaines forestiers (Baptiste Marquant et al, 2020). L'importance des forêts tropicales du Bassin du Congo a progressivement hissé ces écosystèmes au rang de bien commun de l'humanité et de nombreux accords multilatéraux tentent aujourd'hui d'encadrer la gestion et la préservation de ces milieux en partenariat avec les États (Baptiste Marquant et al, 2020)

1.1.3. Contraintes liées aux forêts

Selon l'institut de l'énergie et de l'environnement de la francophonie en 2020, la forêt recule de 13 millions d'hectares par année, Sous les pressions anthropiques, surtout dans la zone intertropicale. De ce total, 85% est attribuable à l'agriculture.

1.2. Le houppier

1.2.1. Généralités et définition

Le houppier est caractérisé en fonction du diamètre à 1,30 mètre et de l'âge de l'arbre (Sebastian hein et al, 2011). Selon le centre régional de la propriété forestière de Normandie en 2016, le houppier regroupe l'ensemble des branches et ramifications hautes de l'arbre, notamment les feuilles où se réalise la photosynthèse. En d'autres termes, Les houppiers des arbres de la canopée se réfèrent à la partie supérieure la plus élevée de la canopée de la forêt, constituée par les branches et les feuilles des arbres les plus hauts. Cette zone joue un rôle crucial dans la capture de la lumière du soleil pour la photosynthèse, ainsi que dans la régulation de la température et de l'humidité de la forêt. Les houppiers des arbres de la canopée abritent également de nombreuses espèces animales et végétales, contribuant ainsi à la biodiversité de l'écosystème forestier (Michel Becker et al, 2021)

La compétition entre des arbres détermine leurs capacités à croitre et à survivre en occupant l'espace et en accédant à la lumière. Les indices de compétition utilisant les dimensions du houppier d'un arbre-cible et de ses compétiteurs sont les mieux corrélées à 1 'accroissement en surface terrière (Biging et Dobbertin, 1992 ; Canham et coll., 2004 ; Pretzsch, 2009). Ce type d'indice met bien en évidence l'importance du houppier des arbres dans la compétition et la croissance du peuplement, mais ne renseigne pas quant à 1 'influence de cette compétition sur

6

les caractéristiques des houppiers eux-mêmes. II a été montré au travers de mesures simples ou de 1' étude de relations allométriques que la forme des houppiers peut être influencée par les conditions de compétition.

1.2.2. Importance du houppier

Le houppier joue un rôle crucial dans l'écosystème et la physiologie de l'arbre (Olivier martin, 2017). Dans la photosynthèse, Les feuilles dans le houppier capturent la lumière du soleil, permettant à l'arbre de produire de la nourriture à travers le processus de photosynthèse ; pour la régulation du climat, Le houppier aide à modérer les températures et à améliorer la qualité de l'air en absorbant le dioxyde de carbone et en produisant de l'oxygène (Stéphane, 2014). Le houppier offre un habitat pour de nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et d'autres animaux, contribuant ainsi à la biodiversité (Olivier martin, 2017). Il ralentit la pluie qui tombe à la surface du sol, réduisant l'érosion et permettant une meilleure absorption de l'eau dans le sol (Yves Nouvellet et al, 2016)

1.2.3. Les contraintes du houppier

Le houppier fait face à divers défis ou contraintes qui compromettent sa santé et sa fonctionnalité (Olivier martin, 2017). Dans les forêts denses, les arbres font face à une concurrence pour la lumière, l'eau et les nutriments, ce qui affecte la croissance de leur houppier (Yves Nouvellet et al, 2016). Il y a également la coupe excessive des arbres, l'urbanisation et l'aménagement du territoire réduisent la taille et la santé des houppiers (Olivier martin, 2017).

Dans beaucoup d'écosystèmes forestiers, la compétition pour la lumière est souvent avancée comme un des facteurs limitant la croissance des arbres. La complémentarité des traits d'exploitation de cette ressource semble donc être déterminante dans la compréhension de la relation entre la diversité et la productivité en forêt (Williams et coll., 2017).

1.3. La canopée

1.3.1. Généralités, définition et son importance

La canopée a longtemps été une partie de la forêt délaissée des scientifiques. Non pas parce qu'elle ne suscitait aucun intérêt, mais du fait de sa complexité et son inaccessibilité. Les études en forêt étaient ainsi initialement limitées à ce qui est facilement observable depuis le sol : le tronc des arbres, les espèces de sous canopée ou les jeunes arbres (Olivier martin, 2017). La canopée était alors simplement définie comme la couche supérieure de la végétation (Richards et Champion, 1954). Aujourd'hui l'importance de la canopée dans le fonctionnement des

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écosystèmes forestiers et ses rôles à différentes échelles sont largement acceptés et étudiés par la communauté scientifique. Le choix de la définition est orienté par celle proposée par Purves et coll. (2007) qui définissent la structure de la canopée comme l'association de la forme, de la taille et de l'emplacement de chacun des houppiers des individus qui la composent. Cette définition est choisie, car elle intègre à la fois la dimension individuelle de 1 'arbre et l'interaction avec son environnement proche.

1.3.2. Contraintes liées à la canopée

La canopée est fortement influencée par la quantité de lumière disponible. Les arbres qui forment la canopée captent la majeure partie de la lumière solaire, ce qui rend la végétation sous-jacente (comme le sous-bois) souvent très ombragée. Cela limite la croissance des plantes qui ne sont pas adaptées à des conditions de faible luminosité (Chazdon., 2008 ; Niinemets., 2001). La température dans la canopée peut être plus élevée que dans les couches inférieures de la forêt en raison de l'absorption de la chaleur par la canopée. De plus, les conditions climatiques, comme la pluie et l'humidité, influencent la croissance des plantes et des arbres dans la canopée. Les conditions climatiques extrêmes peuvent également affecter la dynamique de la canopée (Kellner et al, 2009)

1.4. Biomasse aérienne

1.4.1. Définition et importance

Issue des forêts et/ou de l'agriculture, selon le préfet de Seine-et-Marne, 2009) la biomasse représente un potentiel énergétique important et donc une alternative réaliste aux énergies fossiles. L'énergie tirée de la biomasse peut dans la plupart des cas être considérée comme une énergie renouvelable. La majeure partie du carbone forestier est contenue dans la biomasse végétale, composée à 50% de carbone (en proportion de matière sèche) (Chave et al.,2005). A l'échelle d'une parcelle, la biomasse comprend la matière organique dans cette surface, et est généralement quantifiée au travers de la biomasse aérienne de arbres de plus de 10 cm de diamètre à hauteur de poitrine (DBH, en cm). La majorité de la biomasse est contenue dans les grands arbres du fait de leurs volumes important (Slik et al., 2013), reparti entre le tronc et les branches. Les variations de biomasse régionales sont d'ailleurs étroitement liées à des différences de densité relative de grands arbres (DeWalt et Chave, 2004 ; Paoli et al., 2008). Selon l'institut de l'énergie et de l'environnement de la francophonie 2020, La biomasse aérienne permet certes de rendre d'office au minimum un certain nombre de services écosystémiques de régulation (stockage du carbone)

8

1.4.2. Contraintes liés à la biomasse aérienne

Dans les écosystèmes forestiers ou agricoles, la quantité de lumière reçue par les plantes influence directement leur taux de photosynthèse, et donc la production de biomasse aérienne. Dans les forêts denses, la lumière peut être un facteur limitant pour les plantes du sous-bois, réduisant ainsi leur biomasse aérienne ((Chazdon., 2008 ; Gower et al, 2001). La disponibilité des nutriments, notamment de l'azote, du phosphore et du potassium, est une contrainte importante de la biomasse aérienne. La fertilité du sol influence directement la croissance des plantes et la production de biomasse aérienne. Dans des sols pauvres en nutriments, la biomasse aérienne est souvent limitée (Vitousek et al, 1975 ; Lambers., 2008)

1.5. Densité des arbres

1.5.1. Définition et importance

La densité des arbres se réfère généralement à la quantité d'arbres présents dans une unité de surface donnée, souvent exprimée en individu par hectare. Elle peut également faire référence à la masse ou au volume de bois par unité de surface (Baker et al 2011). Dans les zones humides, la densité des arbres est un sujet crucial pour la compréhension des écosystèmes forestiers et leur rôle écologique car ces zones incluent des marais, des tourbières et des estuaires qui sont souvent caractérisées par une biodiversité élevée et une productivité biologique importante (Laurance et al., 2009).

Une densité appropriée d'arbres favorise la biodiversité en offrant des habitats variés pour différentes espèces animales et végétales. Les forêts denses peuvent absorber davantage de CO2, aidant à atténuer le changement climatique (Gill et al., 2018)

1.5.2. Contraintes liées à la densité des arbres

La densité des arbres peut être influencée par divers facteurs tels que les conditions hydrologiques, le type de sol et les interrelations biologiques (Richardson et al, 2010). Les sols des zones humides, souvent riches en matière organique, peuvent favoriser une haute densité d'arbres. Cependant, une saturation prolongée peut également avoir des effets négatifs sur la santé des arbres. La densité des arbres peut influencer la vulnérabilité des forêts aux impacts du changement climatique, ce qui nécessite une attention particulière lors de la planification de l'utilisation des terres (Gill et al, 2018)

9

Chapitre 2 : Milieu, Matériels et Méthodes

2.1. Milieu d'étude

2.1.1. Situation géographique

La présente étude été conduite dans la région de Ngueno, village d'Azuru, se trouvant dans le groupement de Bevenzeke, le secteur de Bekeni-Kondolole dans le territoire de Bafwasende / Province de la Tshopo, à environ 66 kilomètres de la ville de Kisangani sur l'axe routier Kisangani - Alibuku, ancienne route BUTA.

Figure 1. Présentation du milieu d'étude

La région de Ngueno est délimitée au nord par la société Industrie Forestière du Congo, IFCO en sigle, au sud par la ville de Kisangani, à l'Est par la source d'eau de Bevenzeke et à l'Ouest par les forêts de Ngueno dont les coordonnées géographiques sont les suivantes :

? Latitude Nord : 00°42'43» ? Longitude Est : 025°15'42» ? Altitude : 404m

10

2.1.2. Le climat

Faisant partie de la province de la Tshopo, à la proximité de la ville de Kisangani, la région de Ngueno jouit d'un climat typiquement équatorial chaud et humide de type Af selon la classification de Köppen. C'est un climat caractéristique des forêts ombrophiles où il pleut toute l'année. Les moyennes annuelles des pluies sont de l'ordre de 1700 mm et la température journalière est de 25°C (Boyemba, 2006).

2.1.3. Le sol et le relief

La région de Ngueno présente les mêmes caractéristiques reconnues au sol de la cuvette centrale congolaise d'où le sol est rouge, ocre et ferralitique caractéristique de la forêt tropicale et la topographie est généralement plate (Katusi, 2009).

2.1.4. Végétation

Dans le cadre phyto sociologique, La région de Ngueno appartient au type des forêts mésophiles semi-caducifoliées à Scorodophloeus zenkeri, à l`ordre des Piptadenio- Celtidetalia et à la classe des Strombosio-Parinarietea (Lomba, 2007)

2.1.5. Activités humaines

Les actions anthropiques réalisées par la population locale de Ngueno sont notamment : l'agriculture itinérante sur brûlis (cultures vivrières, cultures pérennes ; etc.) ajouté à cela la chasse, la carbonisation, le ramassage des bois de chauffe, le prélèvement des PFNL (marantacées, chenilles, champignons, escargots, etc.)

2.2. Matériels et méthodes 2.2.1. Collecte des données

Pour collecter les données de cette étude, un dispositif de 1 ha a été installé dans une forêt secondaire adulte à Azunu. La parcelle a été subdivisée en 16 placettes de 125m2 (25 m x 25 m), qui ont ensuite été numérotée de 1 à 16 (figure 2). Les coordonnées géographiques de la parcelle ont été prises par le GPS aux quatre coins et au centre de la parcelle. Dans ces 16 placettes, tous les arbres à DHP supérieur ou égal à 10 cm ont été identifiés botaniquement. Sur chaque arbre, le diamètre a été mesure à 1,3 m du sol conformément aux protocoles d'inventaire forestiers.

11

Figure 2. Dispositif d'échantillonnage

Les indices de forme et position de la couronne de chaque arbre ont été estimés visuellement sur terrain, conformément au protocole de Synnott (1979). Les figures 3 et 4 présentent, respectivement, les échelle de cotation de la forme et de la position des couronnes des arbres.

12

Figure 3. Indices de forme de la couronne d'après Synnott (1979). D'après ce protocole, les différents indices de forme sont :

? Parfait (5) : illustre la taille idéale et le développement global, caractérisé par une forme large et circulaire et une symétrie parfaite.

? Bon (4) : Presque idéal et sylvicolement satisfaisant, bien qu'il puisse présenter d'imperfections de symétrie mineures ou quelques extrémités de branches mortes.

? Tolérable (3) : acceptable d'un point de vue sylvicole, mais nettement asymétrique ou mince. Il présente un potentiel d'amélioration si on lui accorde un espace supplémentaire.

13

· Médiocre (2) : Insatisfaisant, présentant un dépérissement important, une asymétrie significative et un nombre limité de branches. Néanmoins, il est probablement capable de survivre.

· Très mauvais (1) : arbre en forte dégénérescence, supprimé ou gravement endommagé. Il est peu probable que cet arbre augmente son taux de croissance ou réagisse efficacement à la libération.

· Mort (0) : L'arbre n'est plus vivant.

Selon sa taille, un arbre peut avoir les indices de position ci-après (figure 4) :

· Émergent (5) : Plan de la couronne entièrement exposé verticalement et exempt de concurrence latérale, au moins dans les 900 cônes inversés sous-tendus par la base de la couronne.

· Lumière zénithale complète (4) : Plan de couronne entièrement exposé verticalement mais adjacent à d'autres couronnes de hauteur égale ou supérieure dans les 900 cônes.

· Un peu de lumière zénithale (3) : Le plan de la couronne est en partie exposé verticalement mais en partie ombragé verticalement par d'autres couronnes.

· Un peu de lumière latérale (2) : Plan de la couronne entièrement ombragé verticalement mais exposé à une certaine lumière latérale directe en raison d'un espace ou d'un bord de la canopée aérienne

· Pas de lumière directe (1) : Plan de la couronne entièrement ombragé verticalement et latéralement.

14

Figure 4. Indices de position de la couronne d'après Synnott (1979).

2.2.2. Traitement des données

a. Calcul de la surface terrière (ST)

Pour calculer la densité ou la surface terrière, la formule suivante a été utilisée : g = ðD2/4 ( m2/ha) d'où g = Surface terrière et D = diamètre à hauteur de poitrine

b. Calcul du diamètre des arbres

Pour calculer le diamètre, la formule suivante a été utilisée :

15

D = Circ/ð (m) d'où Circ = Circonférence

Notons ici que la circonférence est fixée au niveau de Dhp (1,30 mètre) a. Calcul de la biomasse aérienne.

Pour calculer la biomasse aérienne, l'équation allométrique de Fayolle et al. (2013) ci-après a été utilisée :

AGB = pxe-1,183+1,940xln (D)+0,239(ln(D))2-0,0285(ln(D))3

Où :

AGB : biomasse aérienne d'un arbre en kg ; ñ : densité du bois en g/cm3 et D : diamètre à hauteur de poitrine en cm.

Les densités du bois utilisées proviennent du Global Wood densities database (Zanne et al., 2009).

2.2.3. Traitements statistiques

Les données ont été saisies sur le Microsoft Excel et ce dernier, nous a permis premièrement de calculer le diamètre à hauteur de poitrine, la surface terrière ainsi que l'établissement des graphiques de l'effectif des arbres par rapport aux strates forestières et celui de la densité des arbres dominants par placette. Le logiciel R nous a permis d'établir certaines figures en utilisant les tests statistiques d'ANOVA pour comparer la densité des arbres dominants par rapport à la forme de la couronne, à la position de la couronne ainsi qu'à la biomasse aérienne.

16

Chapitre 3 : Résultats et discussions

3.1. Répartition des individus par strates forestières

La Figure 5 présente la répartition des effectifs d'arbres selon les strates forestières.

336

35

57

 
 

400

300

Effectif

250

200

150

100

350

50

0

Co-Dominant Dominant Dominé

Strates

Figure 5. Répartition des effectifs d'arbres par strates forestières

Il en ressort donc que la strate des Co-dominant de la forêt étudiée affiche un effectif relativement faible avec 35 arbres représentant donc 8,18%. De même, la strate dominante comprend un nombre limité d'arbres, avec un effectif de 57 arbres représentant 13,32%. En revanche, la strate dominée regroupe la majorité des arbres, avec un effectif nettement plus élevé, avoisinant 336 arbres représentant 78,5%.

Cette répartition révèle une forte prédominance des arbres dans la strate dominée, suggérant une structure forestière où les individus de petite taille ou moins compétitifs sont majoritaires. À l'inverse, les Co-dominants et dominants présentent des effectifs beaucoup plus faibles, indiquant une proportion réduite d'arbres de grande taille ou occupant des positions de dominance dans la canopée. Cette dynamique reflète probablement des conditions de forte compétition pour la lumière et les ressources au sein de cette forêt. Mais traduit également une situation typique des forêts tropicales denses humides où il existe généralement une forte prédominance des arbres du sous-bois.

17

3.2. Densité d'arbres dominants par placette

La figure 6 ci-dessous illustre la densité des arbres dominants dans les 8 placettes de comptage dans la forêt à J. seretii dans la région de Ngueno.

0,45

0,4

0,35

Densité (N/m2)

0,3

0,25

0,2

0,15

0,1

0,05

0 Plot_1

Total 0,24

Plot_2

0,32

Plot_3

0,32

Plot_4

0,28

Plot_5

0,16

Plot_6

0,4

Plot_7

0,28

Plot_8

0,28

Placette de comptage

Figure 6. Densité d'arbres dominants par mètre carré dans la forêt à Julbernardia seretii dans la

région de Ngueno

Dans l'ensemble des placettes inventoriées, la densité moyenne d'arbres dominants est de 0,3 arbres par m2. Même si la densité d'arbres varie d'une placette à une autre, elle reste stationnée autour de cette valeur moyenne, à l'exception des placettes 5 et 6 qui s'éloignent suffisamment de la valeur centrale. En fait, la densité la plus faible est observée au niveau de la placette 5 (0,16) et la plus élevée au niveau de la placette 6 (0,4).

3.3. Impact de la densité d'arbres dominants sur les caractéristiques de la couronne

3.3.1. Forme de la couronne

La figure 7 présente l'influence de la densité d'arbres dominants sur la forme de la couronne des arbres dans la forêt à J. seretii dans la région de Ngueno.

18

y = -0,7366x + 2,987 R2 = 0,4311

0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0,3 0,35 0,4 0,45

Densité (N/m2)

2,95

2,9

2,7

2,65

Indice de forme

2,85

2,8

2,75

Figure 7. Relation entre la densité d'arbres dominants et l'indice de forme de la couronne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno

Il ressort de la figure 7 ci-dessus que la densité d'arbres dominants a une influence considérable sur la forme de la couronne des arbres dans la forêt étudiée. L'indice de forme de la couronne diminue lorsque la densité d'arbres dominants augmente. Ainsi, on peut dire dans une placette où la densité d'arbres dominants est plus élevée, les arbres ont des couronnes malformées et de petites dimensions. En effet, comme le montre le coefficient de détermination obtenu, la densité d'arbres dominants influence la forme de la couronne des arbres à 43 %. Au regard des multiples interactions biotiques et abiotiques influençant la croissance des arbres en région tropicale, ces résultats sont d'une importance capitale car ils permettent d'identifier l'importance de la compétition sur les performances individuelles des arbres dans cette forêt. Plusieurs études en forêt tropicales ont déjà indiqué que la compétition avait un effet significatif sur le comportement des arbres en forêt tropicale (Linkevièius et al., 2014 ; Rozendaal et al., 2020). Ainsi, comme le montrent Rozendaal et al. (2020), en limitant l'espace disponible pour les arbres la compétition entraine un rétrécissement des couronnes des arbres dans la forêt.

3.3.2. Position de la couronne

La figure 8 qui suit présente l'influence de la densité d'arbres dominants sur l'indice de position de la couronne des arbres dans la forêt à J. seretii dans la région de Ngueno

19

y = -0,3972x + 2,3513 R2 = 0,1373

0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0,30 0,35 0,40 0,45

Densité (N/m2)

2,40

2,35

Indice de position

2,30

2,25

2,20

2,15

2,10

Figure 8. Relation entre la densité d'arbres dominants et l'indice de position de la couronne des
arbres dans la forêt à Julbernardia seretii dans la région de Ngueno

Comme pour l'indice de forme de la couronne, l'indice de position de la couronne également diminue avec l'augmentation de la densité d'arbres dominants. Cependant, le coefficient de détermination montre que la densité d'arbres dominants n'influence la position de la couronne des arbres que de 13 %. Mais il semblerait que, lorsque la densité d'arbres dominants augmente, la majorité d'arbres occupent une position basse, réduisant leur exposition à la lumière. Cela est conforme, quoi que faiblement, au constant réalisé par Fichtner et al. (2013) sur les relations entre les dimensions de la couronne, l'exposition de celle-ci à la lumière et la croissance des arbres en forêt tempérée.

3.3. Impact de la densité d'arbres dominants sur la biomasse aérienne

La figure 9 présente l'influence de la densité d'arbres dominants sur la biomasse aérienne des arbres.

20

 

1200,0 1000,0 800,0 600,0 400,0 200,0

0,0

 
 

y = 2391,3x + 11,956 R2 = 0,7296

 
 
 

AGB (t/ha)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0,3 0,35 0,4 0,45

Densité (N/m2)

Figure 9. Impact de la densité d'arbres dominants sur la biomasse aérienne (AGB : Biomasse

Aérienne)

La figure 9 ci-dessus indique que la densité d'arbres dominants influence positivement la biomasse aérienne de cette forêt. Lorsque la densité d'arbres dominants augmente, la biomasse aérienne augmente également. Et comme le montre le coefficient de détermination obtenu, la densité d'arbres dominants influence à plus de 70 % la biomasse aérienne des arbres. Cela revient à dire que, dans les placettes où on trouve un grand nombre d'arbres de la canopée, la biomasse aérienne est également plus élevée. En effet, ce résultat se justifie bien au regard des résultats obtenus dans plusieurs études sur le stock de carbone en forêt tropicale (Meyer et al., 2018 ; Wu et al., 2020 ; Harris et al., 2021).

Puisqu'il a été montré que seul un petit nombre d'arbres de la canopée (arbres dominants) détiennent la plus grande part de la biomasse en forêt tropicale (Sist et al., 2014 ; Lutz et al., 2018 ; Yuan et al., 2021), il est donc normal que l'augmentation de leur densité dans une forêt s'accompagne d'une augmentation de la biomasse aérienne de la forêt.

21

Conclusion et suggestions

L'objectif poursuivi par la présente étude était de comprendre l'influence de la densité d'arbres dominants sur les caractéristiques de la couronne et la biomasse aérienne des arbres dans la forêt à Julbernardia seretii à Azunu, localité située à 66 km de la ville de Kisangani dans la région de Ngueno. Pour y parvenir, un dispositif d'échantillonnage de 1 ha a été installé une forêt non perturbée. Ce dispositif a ensuite été subdivisé en 8 placettes de 25 m x 25 m (125 m2). Dans chacune de ses 8 placettes, tous les arbres à DHP supérieur ou égal à 10 cm ont été identifiés et mesurés. Les indices de forme et position de la couronne ont été estimés conformément au protocole de Synnott (1979). Le nombre d'arbres dominants inventoriés dans chaque placette a été divisé par la superficie d'une placette (125 m2) pour obtenir la densité d'arbres par m2. L'équation allométrique de Fayolle et al. (2013) a été utilisée pour estimer la biomasse aérienne des arbres.

À l'issu des analyses, les résultats obtenus révèlent ce qui suit :

? Environ 78 % d'arbres inventoriés sont des arbres dominés et seul environ 20 % d'arbres dans cette forêt occupent la position d'arbres dominants ou co-dominants ;

? La densité moyenne d'arbres dominants est de 0,3 et ; elle varie entre 0,16 et 0,4 arbres par m2 ;

? La forme de la couronne baisse lorsque la densité d'arbres dominants augmente. Avec un coefficient de détermination de 0,43 ; la densité d'arbres dominants influence la forme de la couronne d'environ 43 % ;

? De même que la forme de la couronne, la position de la couronne également est influencée par la densité d'arbres dominants, quoi que seulement à 13 % ;

? En revanche, la densité d'arbres dominants influence positivement la biomasse aérienne de la forêt qui, augmente lorsque la densité d'arbres dominants augmente également. Et le coefficient de détermination obtenu indique que la densité d'arbres dominants influence la biomasse aérienne à plus de 72 %.

Les résultats obtenus dans cette étude mettent en avant l'influence de la densité d'arbres dominants, donc de la compétition, sur la croissance des arbres à travers les caractéristiques de la couronne et l'accumulation de la biomasse. Ainsi, comme avancé dans des études antérieures dans d'autres sites, cette recherche confirme l'importance des gros arbres sur le fonctionnement des forêts et le stockage de carbone dans les écosystèmes forestiers.

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Yuan, Z., Ali, A., Sanaei, A., Ruiz-Benito, P., Jucker, T., Fang, L., Bai, E., Ye, J., Lin, F., Fang, S., Hao, Z., & Wang, X. (2021). Few large trees, rather than plant diversity and acomposition, drive the above-ground biomass stock and dynamics of temperate forests in northeast China. Forest Ecology and Management, 481(October 2020). https://doi.org/10.1016/j.foreco.2020.118698

Yves Nouvellet, Amadou Kassambara, François Besse (2016). Le parc à karités au Mali : inventaire, volume, houppier et production fruitière : Article, p10

1.3. La canopée....................................................................................................6

1.3.1. Généralités, définition et son importance....................................................................................................6

29

Table des matières

Dédicace....................................................................................................i Épigraphe....................................................................................................ii Remerciements....................................................................................................iii Liste des figures....................................................................................................iv Résume....................................................................................................v Abstract....................................................................................................vi 0. Introduction....................................................................................................1

0.1. Problématique....................................................................................................1
0.2. Questions de recherche....................................................................................................2 0.3. Hypothèses de recherche....................................................................................................2 0.4. Objectifs de recherche....................................................................................................2

0.4.1. Objectif général....................................................................................................2

0.4.2. Objectifs spécifiques....................................................................................................2 0.5. L'intérêt de recherche....................................................................................................3 0.6. Subdivision....................................................................................................3

Chapitre 1 ....................................................................................................: Considérations générales....................................................................................................4

1.1. La forêt....................................................................................................4

1.1.1.

Généralités et définition....................................................................................................4

1.1.2.

Importance des forêts....................................................................................................4

1.1.3.

Contraintes liées aux forêts....................................................................................................5

1.2. Le houppier....................................................................................................5

1.2.1.

Généralités et définition....................................................................................................5

1.2.2.

Importance du houppier....................................................................................................6

1.2.3.

Les contraintes du houppier....................................................................................................6

Table des matières 29

30

1.3.2. Contraintes liées à la canopée 7

1.4. Biomasse aérienne 7

1.4.1. Définition et importance 7

1.4.2. Contraintes liés à la biomasse aérienne 8

1.5. Densité des arbres 8

1.5.1. Définition et importance 8

1.5.2. Contraintes liées à la densité des arbres 8

Chapitre 2 : Milieu, Matériels et Méthodes 9

2.1. Milieu d'étude 9

2.1.1. Situation géographique 9

2.1.2. Le climat 10

2.1.3. Le sol et le relief 10

2.1.4. Végétation 10

2.1.5. Activités humaines 10

2.2. Matériels et méthodes 10

2.2.1. Collecte des données 10

2.2.1. Traitement des données 14

Chapitre 3 : Résultats et discussions 16

3.1. Répartition des individus par strates forestières 16

3.2. Densité d'arbres dominants par placette 17

3.3. Impact de la densité d'arbres dominants sur les caractéristiques de la couronne 17

3.3.1. Forme de la couronne 17

3.3.2. Position de la couronne 18

3.3. Impact de la densité d'arbres dominants sur la biomasse aérienne 19

Conclusion et suggestions 21

Références bibliographiques 22






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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand