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ANNEE ACCADEMIQUE 2022-2023
UNIVERSITE DE KINSHASA

FACULTES DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES MENTION
SCIENCES ET GESTION DE L'ENVIRONNEMENT B.P 190. Kinshasa XI
ETUDE QUALITATIVE ET QUANTITATIVE DE LA VIANDE DE
BROUSSE COMMERCIALISEE DANS LES MARCHES PORTUAIRES DE KINSHASA CAS DE MALUKU,
KINKOLE ET APOLLO
Par
MABUNSU OSEE
Mémoire présenté et défendu en vue
de l'obtention du Grade de Licencié en Sciences.
Groupe : Environnement
Filière : Systémique,
biodiversité, conservation de la nature et savoirs endogènes
Directeur : PROF. Victor PWEMA KIAMFU

EPIGRAPHE
Montrez-moi ce que vous rejetez et je comprendrai qui vous
êtes et comment vous travaillez
Jean Gouhier (2015)
MABUNSU OSEE
II
IN MEMORIAN
A toi mon très cher père Benoit MABUNSU Mabelly,
que la terre de nos ancêtres a arraché sitôt, tes souvenirs
multiples ne m'ont pas laissé indifférent, delà où
vous êtes, sachez que votre semence a porté des fruits. Je ne
saurai t'oublier papa.
Que ton âme repose en paix !
III
DEDICACE
Je dédie ce travail à ma tendre mère
Rose KANDUNDA Ansole une d'inspiration et de soutien constant. Votre mentorat
et vos conseils avisés ont été inestimables pour moi tout
au long de mes études. Je suis profondément reconnaissant de tout
ce que vous avez fait pour moi et je souhaite vous rendre hommage en
dédiant ce travail à votre honneur. Votre influence positive a eu
un impact significatif sur ma carrière scientifique. Merci pour tout ce
que vous avez fait pour moi. Avec tout me respect et ma gratitude !
Notre profonde gratitude s'adresse à notre
mère : KANDUNDA ANSOLE Rose, une veuve qui a investi dans notre
éducation.
A mes frères et soeurs MABUNSU Kyro, MABUNSU
Giresse, MABUNSU Myriam, MABUNSU Ineuve, MABUNSU Mathieu, MABUNSU Laurenne,
MABUNSU Phostine, MABUNSU Patrick, MABUNSU Isaac, MABUNSU Bonnard, MABUNSU
Promédie, ABELANFU Jariat, IFU Steve, pour vos soutiens, conseils et
encouragement.
MABUNSU OSEE
iv
AVANT-PROPOS
A la fin de ce travail qui approuve notre deuxième
cycle en sciences et gestion de l'environnement, il est important pour nous
d'exprimer nos sentiments de reconnaissance et de gratitude à toutes les
personnes qui ont contribué d'une manière ou d'une autre à
sa réalisation.
Nous remercions en premier lieu, Dieu tout puissant pour nous
avoir doté d'intelligence et d'une bonne santé en vue de parfaire
ce deuxième cycle. Comment rendrai-je au Seigneur tous les bienfaits
qu'il m'a faits ? Nous dits le psalmiste.
Nous adressons nos remerciements au corps professoral, Chefs
de Travaux et Assistants de l'Université de Kinshasa, plus
particulièrement ceux de la Faculté de Sciences et Technologies
en général et ceux de la mention Sciences de l'Environnement en
particulier.
Nous exprimons notre gratitude à l'endroit du
professeur PWEMA KIAMFU Victor qui, malgré ses diverses occupations, a
accepté de diriger ce travail.
Nous remercions l'assistant MUNGANGA KILINGWA Clément
qui nous a encadré pendant l'élaboration de ce travail.
A notre groupe familly for life pour votre collaboration et
encouragement.
Nos remerciements s'adressent aux familles KIBETE, ITANA, IFU
et MUNKENI pour votre hospitalité. Grâces et gratitudes vous
accompagnent.
Nous ne pouvons oublier le couple de notre neveu IKO
Trésor et Christelle, nos petits fils, IKO Ephraïm, IKO Gad et IKO
Marie-grâce, pour votre générosité.
A nos ami(e)s et connaissances : KIBETE Jean-marie, LALO
Gloire, MUSILA Serge, MPWATE Jonas, MALOLO Hervé, ATUNGALE
Mardoché, MUKO Pater, MBULUKU Carnel, MWERANKUL Divine, MWERANKUL
Florence, MWERANKUL Espérant, KATEME Emmanuel, NGABAN Perside, NYOTA
Gabrielle KAPEBWA charlène, ITANA Christian, ASONTIK Béni, KUMBI
Thaddée, KEMPUNGA Guy, BITABA Christelle, ISUNGI Giovanni, MBUNGU
Grâce, KAZEMBE Grâce, KISWALA Noëlla, BENGO Bellange, IFU
Cédric etc. Pour votre complétude, nous vous en sommes
gré.
Nous sommes redevables à tous ceux dont les noms ne
sont pas cités ici.
V
TABLE DES MATIERES
EPIGRAPHE i
IN MEMORIAN ii
AVANT-PROPOS iv
TABLE DES MATIERES v
LISTE DES TABLEAUX vii
LISTE DES FIGURES viii
RESUME ix
ABSTRACT x
INTRODUCTION 1
1. Problématique 1
2. Hypothèses 3
3. Objectifs 3
3.1. Objectif Général 3
3.2. Objectifs spécifiques 3
4. Intérêt du travail 4
5. Subdivision du travail 5
CHAPITRE I. REVUE DE LA LITTERATURE 6
1.1. Définition des concepts 6
1.1.1. Etude qualitative 6
1.1.2. Etude quantitative 6
1.1.3. Viande de Brousse 6
1.1.4. Filière, circuit, chasse et ses différentes
catégories 8
1.1.5. Menace sur la biodiversité 9
1.1.6. Commercialisation de la viande 9
CHAPITRE II. MILIEU D'ETUDE, MATERIEL ET METHODES 11
2.1. Milieu d'étude 11
2.1.1. Présentation de la zone d'étude 11
2.1.2. Présentation de la ville de Kinshasa 11
2.1.2.1. Marché portuaire de Maluku 12
2.2. MATERIEL 13
2.3. METHODES 14
a) Observation : 14
b) Documentaire : 14
vi
c) Enquête et interview : 14
2.3.1. Identification des spécimens 15
2.3.2. Évaluation du statut de conservation des
espèces inventoriées aux marchés 15
2.3.3. Analyse des données 16
2.4. Difficultés rencontrées 17
CHAPIPTRE III. RESULTATS ET DISCUSION 18
3.1. Résultats 18
3.1.1. Données sociodémographiques des
enquêtés 18
3.1.3. Classes des espèces recensées sur les
marchés portuaires de Kinshasa 23
3.1.5. Origines probables des gibiers vendus 24
3.1.6. Période interdite pour la vente la viande de
brousse 25
3.1.7. Période d'abondance du gibier sur les
marchés 25
3.1.8. Raréfaction des produits de chasse sur les
marchés 26
3.1.9. Clientèle 27
3.1.10. Périodicité de la vente de viande 27
3.1.11. Répartition des vendeurs par marché
portuaire de vente 28
3.1.12. Statut de conservation des espèces des viandes de
brousse identifiées 28
3.2. Discussion 32
CONCLUSION 34
BIBLIOGRAPHIE 35
VII
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Différents statuts de conservation
de l'Union internationale pour la conservation
de la nature (UICN) 16
Tableau 2 : Aspects sociodémographique des
enquêtés 18
Tableau 3 : Aperçu général des
espèces animales vendues comme gibiers sur les marchés
enquêtés de Kinshasa. 20
Tableau 4 : Lieu de provenance des viandes de brousse
aux marchés Portuaires de Kinshasa24
Tableau 5 : Répartition des vendeurs sur les
trois marchés portuaires enquêtés dans la ville de
Kinshasa. 28
Tableau 6 : Statut de conservation des espèces
des viandes de brousse vendues aux marchés
portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo 29
VIII
LISTE DES FIGURES
Figure 1. Le devenir de la viande de brousse au village 10
Figure 2. Localisation de points de vente de gibiers
identifiés (Maluku, Kinkole et Apollo) de
Kinshasa 11
Figure 3 : Classes des espèces inventoriées sur
les trois marchés portuaires. 23
Figure 4 : La période interdite pour la vente de brousse
25
Figure 5 : Période d'abondance du gibier sur les
marchés 26
Figure 6 : Raréfaction des produits de chasse sur les
marchés 26
Figure 7 : Clients potentiels sur les marchés 27
Figure 8 : Périodicité de la vente de viande
27
ix
RESUME
Cette étude a été effectuée entre
le mois de mai et de novembre 2023 en République Démocratique du
Congo et portait sur l'étude qualitative et quantitative de la
commercialisation des viandes de brousse dans les marchés portuaires de
Kinshasa. Pour récolter les données, des entretiens
semi-structurés directs ont été permis d'interroger 57
personnes disponibles de sexe confondu. Les résultats obtenus ont
montré que la majorité des vendeurs de viandes de chasse
enquêtée était composé des femmes (74%). L'âge
moyen de ces vendeurs varie entre 41 à 60 ans. La majorité des
personnes enquêtées était des mariées. Vingt-sept
(27) espèces d'animaux appartenant à 7 ordres (Artiodactyles,
Rongeurs, Primates, Pholidota, Crocodilia, Squamata et Testudines) et 2 classes
(mammifères et reptiles) ont été
répertoriées. Chez les mammifères, ce sont les
artiodactyles qui sont plus chassés et vendus dans les marchés
des Maluku, Kinkole et Apollo. La province de l'Equateur et Bandundu sont les
plus représentées dans la production de viandes de chasse vendue
à Kinshasa (57% et 22,8 %). La majorité des répondants
ignorent l'existence des lois réglementant la vente de la viande de
brousse. Cependant, elle reconnait qu'il existe de période où le
gibier est abondant où rare sur les marchés. Concernant les
statuts de conservation de l'Union internationale pour la conservation de la
nature (UICN) cinq différents niveaux de préoccupation des
espèces ont été retenu dans le cadre de cette
étude, il s'agit des espèces en préoccupation mineures
(LC), des espèces quasi menacées (NT), des espèces en
danger (EN), des espèces vulnérables (VU) et des espèces
en données insuffisants (DD).
Mots clés : Qualitative, quantitative,
commercialisation, viandes de brousse, conservation, marchés,
Kinshasa.
X
ABSTRACT
This study was carried out between May and November 2023 in
the Democratic Republic of Congo, and involved a qualitative and quantitative
study of the marketing of bushmeat in the port markets of Kinshasa.
Quantitative study of bushmeat marketing in Kinshasa's port markets. To collect
the data, direct semi-structured interviews were permitted used to interview 57
available of both sexes. The results showed that the majority of game meat
sellers surveyed were women (74%). Their average age ranged from 41 to 60. The
majority of those surveyed were married. Twenty-seven (27) species of animals
belonging to 7 orders (Artiodactyla, Rodentia, Primata, Pholidota, Crocodilia,
Squamata and Testudina) and 2 classes (mammals and reptiles) were surveyed
(mammals and reptiles). Among the mammals, the artiodactyls artiodactyls that
are most hunted and sold in the markets of Maluku, Kinkole and Apollo markets.
Translated with
DeepL.com (free version) The provinces of
Equateur and Bandundu are the most represented in the production of game meat
sold in Kinshasa (57% and 22.8%). The majority of respondents are unaware of
the existence of laws regulating the sale of bushmeat. However, they recognize
that there are periods when game is abundant or scarce on the markets.
Concerning the conservation status of the International Union for Conservation
of Nature (IUCN), five different levels of species concern were retained for
this study: species of Least Concern (LC), Near Threatened (NT), Endangered
(EN), Vulnerable (VU) and Data Deficient (DD).
Key words: Qualitative, quantitative,
marketing, bushmeat, conservation, markets, Kinshasa.
1
INTRODUCTION
1. Problématique
En République Démocratique du Congo comme
partout en Afrique centrale, des conséquences écologiques et
l'évasion de la biodiversité dues à la chasse sont attendu
dans un avenir proche (Ngama, 2015). A cet effet, quantifier la contribution de
la viande de brousse dans le régime alimentaire de la population Kinoise
aiderait à améliorer l'efficacité de la nécessaire
régulation de la chasse (Ngama, 2015).
La viabilité de la chasse dans les forêts
tropicales, particulièrement en Afrique suscite des grandes
préoccupations pour la faune sauvage des forêts. Par exemple, la
quantité de viande de chasse récoltée chaque année
dans le bassin du Congo est évaluée à 5 millions de tonnes
(Fa et al., 2002).
Bien que les espèces aquatiques soient aussi largement
consommées, l'expression « viande de brousse » se
réfère à des animaux terrestres en particuliers des
mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens (Emmanuel et al.,
2019).
Ainsi, la quantité de viande offerte sur les
marchés portuaires de la ville de Kinshasa ne semble pas diminuer car
les zones de chasse s'étendent toujours plus loin, souvent au
détriment des aires protégées (Feer, 1996 ; Puit et
al., 2004).
La faune sauvage constitue historiquement, avec la flore, la
base vitale des civilisations des chasseurs, cueilleurs et contribue de
manière très importante aux régimes alimentaires de
très nombreuses communautés africaines. La viande de brousse
reste la source principale, parfois unique de milliers d'habitants de l'Afrique
(René, 2001).
L'abondance et la variété des animaux sauvages
plus particulièrement de grands mammifères sur le continent
africain ont à travers le temps fait de la faune sauvage un produit
d'une importance primordiale dans les cultures et économies locales
(Fao, 1981).
Le prélèvement des quantités importantes
des animaux dans la population naturelle en liberté pour des raisons
commerciale est un mode d'utilisation de la faune appelé chasse
commerciale. La chasse commerciale demande une bonne organisation des
règles et moyens adaptés. Elle doit s'effectuer sur les
espèces bien ciblées dont les populations sont importantes (Fao,
Op.cit.)
2
Connaissant que la forêt nous procure de la nourriture,
des médicaments, du matériel de construction et autre, la chasse
des gibiers n'est pas épargnée. Cette dernière est rapide
pour procurer de l'argent rapide par rapport aux autres activités que
donne la forêt (Posho, 2001).
La faune sauvage est donc soumise à une forte pression
de la chasse, au point qu'aujourd'hui on constate la disparition de certaines
espèces animales. La commercialisation de la viande de brousse s'est
développée dans le secteur informel et procure aux acteurs
impliqués des principaux revenus supplémentaires (Bola, 1986).
Les insectes constituent également une source de
nourriture importante, mais sont exclu de la définition de la viande de
brousse telle que proposée par la Convention sur la diversité
biologique. La consommation actuelle d'animaux sauvages dans le contexte
africain présente des bénéfices importants en termes de
sécurité alimentaire, mais n'est pas sans poser problème
en ce qui concerne la surexploitation des espèces sauvages, les effets
subséquents sur les écosystèmes, la transmission des
maladies entre les animaux sauvages et l'homme ainsi que leurs
conséquences sur la santé humaine.
En effet, les récentes épidémies
fulgurantes d'Ebola rappellent les risques liés à la consommation
d'animaux sauvages et poussent les décideurs et la communauté
scientifique à prendre plus au sérieux le besoin de mieux
comprendre les liens entre viande de brousse, pratiques forestières et
santé humaine (Emmanuel et van Vliet, 2019). Les risques majeurs sont
liés principalement aux conditions d'entreposage et de transport de la
viande de chasse, qui sont loin d'être conformes aux normes
d'hygiène préconisées par la FAO (2001).
De ce qui précède, les questions suivantes ont
été posées :
? Quelles sont les caractéristiques de la
commercialisation de la viande de brousse dans les marchés portuaires de
Kinshasa ?
? Quels sont les défis sanitaires et environnementaux
liés à la commercialisation de la viande de brousse dans ces
marchés ?
? Quels sont les impacts socio-économiques de la
commercialisation des viandes de brousse dans ces marchés ?
3
2. Hypothèses
La commercialisation de la viande de brousse dans les
marchés portuaires de Kinshasa est influencée par les facteurs
tels que la disponibilité des espèces de la viande de brousse,
les pratiques de commercialisation, la demande des consommateurs et la
règlementation en vigueur.
Cette hypothèse suppose que différents facteurs
jouent un rôle dans la commercialisation des viandes de brousse dans ces
marchés spécifiques. L'étude vise à examiner ces
facteurs et à évaluer leur impact sur la commercialisation des
viandes de brousse à Kinshasa.
3. Objectifs
3.1. Objectif Général
L'objectif général de cette étude est
d'analyser la commercialisation des viandes de brousse dans les marchés
portuaires de Kinshasa, en se concentrant sur les cas Maluku, Kinkole et
Apollo.
3.2. Objectifs spécifiques
> Evaluer les pratiques de commercialisation et de
distribution des viandes de brousse dans ces marchés.
> Décrire les modes d'approvisionnement et de
conservation du gibier par les vendeurs urbains sur les marchés
portuaires de Kinshasa ;
> Déterminer la provenance des produits de chasse
vendus sur les marchés portuaires de Kinshasa ;
> Identifier les espèces animales sauvages
exposées à la vente,
> Etablir le statut de conservation des différentes
espèces des viandes de brousse vendues en fonction de la liste rouge de
l'UICN.
> Proposer des pistes de solution pour une gestion efficace
et durable de la viande de brousse.
Ces objectifs spécifiques permettront d'approfondir la
compréhension de la commercialisation des viandes de brousse dans ces
marchés portuaires spécifiques et de fournir des informations
précieuses pour la conservation de la biodiversité, la
sécurité alimentaire et le développement
socio-économique.
4
4. Intérêt du travail
L'intérêt de ce travail est multiple notamment :
l'intérêt social, scientifique et
politique.
V' Sur le plan social, cette étude
réside dans plusieurs aspects :
> Conservation de la biodiversité :
l'étude de la commercialisation des viandes de brousse permet
de mieux comprendre l'impact de cette activité sur la faune sauvage. En
identifiant les espèces concernées et en évaluant les
pratiques de commercialisation, cette étude peut contribuer à la
conservation de la biodiversité en proposant des mesures de protection
appropriées.
> Sécurité alimentaire : En
analysant la commercialisation des viandes de brousse dans les marchés
portuaires de Kinshasa, cette étude peut évaluer si cette
pratique contribue à la sécurité alimentaire des
populations locales. Elle peut également identifier des moyens pour
améliorer l'accès à une alimentation saine et durable.
> Santé publique : Elle permet de
mieux comprendre les risques sanitaires
associés à cette pratique, tels que la
transmission de maladies zoonotiques. En
identifiant ces risques, cette étude peut contribuer
à la protection de la santé
publique en proposant des mesures de préventions
appropriées.
> Développement socio-économique :
Cette étude peut aider à évaluer son impact sur
les moyens subsistances des communautés locales. En identifiant les
défis et les opportunités liés à cette active,
cette étude peut contribuer à promouvoir un développement
socio-économique durable.
Donc, cette étude sur la commercialisation des viandes
de brousse dans les marchés portuaires de Kinshasa présente un
intérêt social important en contribuant à la conservation
de la biodiversité, à la sécurité alimentaire,
à la protection de la santé publique et au développement
socio-économique des communautés locales.
V' Sur le plan scientifique, cette
étude réside dans la production des nouvelles connaissances,
l'amélioration des méthodologies de recherches, la
création d'une base des données précieuses et
l'applicabilité pratique des résultats. Ces aspects contribuent
à l'avancement des connaissances dans le domaine de la commercialisation
des viandes de brousse et à la prise des décisions
éclairées pour la conservation et le développement
durable.
5
? Sur le plan politique, cette étude
réside dans la possibilité de prendre des décisions
éclairées, de protéger la biodiversité, de garantir
la sécurité alimentaire et de lutter contre le commerce
illégal. Ces aspects sont essentiels pour assurer un
développement dans la région de Kinshasa.
5. Subdivision du travail
Précédé de cette introduction, ce travail
se divise en trois chapitres. Le premier chapitre est consacré à
la revue de littérature, le deuxième chapitre présente le
milieu d'étude, le matériel et les méthodes et en fin le
troisième chapitre présente les résultats obtenus ainsi
que la discussion. Une conclusion et suggestion terminent cette
étude.
6
CHAPITRE I. REVUE DE LA LITTERATURE 1.1.
Définition des concepts
1.1.1. Etude qualitative
Une étude qualitative s'appuie sur des impressions,
opinions et avis pour recueillir des informations destinées à
décrire un sujet plutôt qu'à le mesurer (Fargeot, 2004). Un
sondage qualitatif est moins structuré : il a pour but d'approfondir un
sujet pour obtenir des informations sur les motivations, les raisonnements et
les attitudes des personnes sondées. Vous gagnez en profondeur, mais les
résultats sont plus difficiles à analyser (Goodall, 2012).
1.1.2. Etude quantitative
Une étude quantitative sert à collecter des
données brutes et concrètes, principalement sous forme
numérique. Structurées et statiques, ces données aident
à tirer les conclusions générales de l'étude faite
(Goodall, 2012).
1.1.3. Viande de Brousse
L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et
l'Agriculture estime qu'il n'y a pas de définition bien claire et
concise pour «viande de brousse». Il s'agit d'un terme trop
général signifiant « viande d'une espèce animale
sauvage » (FAO, 2013).
En Afrique, on utilise souvent le terme brousse pour
désigner la forêt, la savane et/ou les jachères. La faune
et la viande qui s'y trouvent sont donc communément appelées
viande de brousse (Goodall, 2012).
Au sein d'autres pays africains, le terme utilisé est
« viande de gibier » qui fait référence en anglais
à celui de « gamemeat » et peut provenir de n'importe quelles
espèces animales, rongeurs, porcs, antilopes primates, reptiles et
amphibiens (Fargeot, 2004).
D'autres auteurs comme Nasi et al., (2008),
soutiennent que la locution « viande de brousse » signifie tout
mammifère terrestre, oiseau, reptile ou amphibien non domestiqué
chassé aux fins d'alimentation. Dans ce cas, les poissons et les
invertébrés sont automatiquement exclus de cette
définition.
Pour nombreux auteurs menant des recherches dans ce domaine,
le terme « viande de brousse » qui veut dire « bushmeat »
en anglais, fait référence au prélèvement
illégal d'espèces sauvages, alors que le terme de « viande
sauvage » ou « wildmeat » est utilisé pour les
prélèvements d'animaux d'une façon légale et
réglementée (Ringuet et al.,2011).
7
Plusieurs études ont souligné la non
durabilité des pratiques de chasse et les risques d'extinction, et le
terme de « viande de brousse » est devenu synonyme de «
surexploitation » (Cowlishaw et al., 2005).
1.1.3.1. Importance du gibier en Afrique
subsaharienne
L'exploitation du gibier (faune sauvage) en Afrique
subsaharienne constitue une ressource importante au triple plan alimentaire, de
création d'emploi et de source de revenus pour la population et pour
l'Etat (Goodall, 2012). La viande de brousse est un produit traditionnel
impliqué dans la vie quotidienne de l'africain à tous les niveaux
: alimentaire, rituel, spirituel, sanitaire, commercial, etc. Celle-ci est
très appréciée et recherchée, joue ainsi un
rôle important dans l'alimentation. Elle est
préférée pour diverses raisons par rapport à la
viande de boeuf et d'autres animaux conventionnels d'élevage (Malasie,
1997).
La viande de chasse de grands mammifères fut et reste
la source principale de protéine animale pour de millions d'habitants
d'Afrique tropicale (Malasie, 1997).
Pour le villageois, la viande de brousse sert d'abord à
nourrir sa famille. Dans les villages forestiers, la consommation de viande est
élevée et le gibier apporte toujours la part principale des
protéines (Malasie, 1997). Les animaux domestiques contribuent
très peu au régime alimentaire, car ils sont
réservés à des usages sociaux et festifs (visites
d'hôtes de marque, rassemblements pour deuils, mariages, versement de
dots, ...) et de plus en plus de nos jours comme réserve
numéraire en cas de besoin grave (on vendra alors un cabri ou un
mouton).
1.1.3.2. Risques de consommation de la viande de
brousse
Certains animaux fournissent de la viande de brousse peuvent
cependant servir de réservoir à certaines maladies transmissibles
de l'animal à l'homme. En effet, plusieurs pathogènes (virus,
bactéries, protozoaires et parasites) trouvés dans les diverses
espèces de viande de brousse sont transmissible à l'homme (Tuttin
et al., 2005).
En Afrique, par exemple, vingt-cinq types de parasites (dont
Trichuris, Toxoplasma gondii et Strongyloides fulleborni),
neuf types principaux de virus et huit types de bactéries (dont
Escherichia coli, Salmonella
spp.et Campylobacter spp.)
sont présents dans la viande de brousse et transmissibles à
l'homme (Tuttin et al., 2005).
Les grands singes sont vulnérables à plusieurs
maladies pathogènes affectant les hommes ainsi qu'à des
épidémies de zoonoses telles qu'Ebola (Tuttin et al.,
2005).
8
Depuis 1990, Ebola a causé une série de
mortalités massives de gorilles dans les blocs de forêts
reculés, au coeur de leur milieu de vie des mortalités massives
de gorilles dans les blocs de forêts reculés, au coeur de leur
milieu de vie (Walsh et al., 2008).
1.1.4. Filière, circuit, chasse et ses
différentes catégories
a) La filière : c'est l'ensemble
d'acteurs engagés dans la production, la transformation et la
commercialisation d'un produit ou d'un service (Broussolle, 2014).
b) Un circuit : constitue un ensemble des
voies d'acheminement et de transit pour l'échange des produits et des
marchandises en se dirigeant vers les consommateurs ou utilisateurs finaux
(Broussolle, op.cit.).
c) La chasse : La chasse c'est toute action
visant à poursuivre, tuer, capturer un animal sauvage Au sein de la
Convention sur la Diversité Biologique on définit la chasse
à la « viande de brousse » comme le prélèvement
d'animaux sauvages tropicaux et subtropicaux à des fins alimentaires et
non alimentaires, dont l'usage médicinal (Anonyme, 2011).
y' Chasse commerciale (professionnelle) :
elle est pratiquée par des communautés villageoises, dans un but
de production de revenus monétaires. Elle est l'unique source de revenu
chez eux. Pour ce cas, la législation étatique est quelque fois
foulée au pied (Bakutu, 2010).
y' Chasse occasionnelle : pratiquée
occasionnellement par les villageois qui vivent généralement des
revenus d'autres domaines que la chasse. Celle-ci est considérée
comme une activité alternative financière et alimentaire.
y' Chasse d'autosubsistance : est le droit
qui est reconnu aux populations rurales (code forestier, 2002 ; article 36) de
vivre au dépend des produits issus de la forêt. Cependant, elle
connaît un certain nombre de restrictions à savoir les
espèces protégées et l'utilisation des armes à feu
et des câbles en aciers. Elle est pratiquée par les populations
riveraines pour la nutrition (Waloimi, 2013).
y' Chasse touristique ou chasse loisir : La
chasse de loisir est appelée la « chasse sportive » ou «
tourisme cynégétique ». Celle-ci est pratiquée le
plus souvent par des étrangers et selon des normes en vigueur.
9
Cette chasse se distingue de la « chasse pour la viande
de brousse », qui désigne la « chasse pratiquée par les
populations rurales et/ou urbaines africaines selon deux types : la chasse
d'autoconsommation et la chasse commerciale (Roulet, 2004).
? Le braconnage : c'est une activité
illégale des prélèvements des grands animaux notamment
l'éléphant pour la collecte de l'ivoire ou le rhinocéros
pour la vente de sa corne, sans aucun souci de la durabilité (Bakutu,
op.cit.).
1.1.5. Menace sur la biodiversité
Selon WWF (2018), la viande de brousse constitue encore
aujourd'hui jusqu'à 90 % des apports en protéines animales
consommées localement et demeure une source de revenus pour les familles
de régions rurales. Mais la croissance de la population crée un
déséquilibre entre l'offre et la demande. Par la construction de
routes et l'établissement de camps de travailleurs, les exploitations
forestières et minières contribuent à rendre plus
accessibles des régions reculées de l'arrière-pays, de
sorte que de nouvelles zones se trouvent exploitées par des chasseurs
utilisant des techniques sophistiquées », indique l'institution
dans son communiqué.
L'absence d'une législation efficace et de sa mise en
application effective, la chasse et le commerce de viande constituent
désormais la principale menace pour 85 % des primates et des
ongulés vulnérables (WWF, 2018).
1.1.6. Commercialisation de la viande
En réalité, le commerce de la viande de brousse
est une partie intégrante de "l'économie informelle", il
fonctionne en dehors des règles économiques du commerce tel que
le conçoivent les intervenants occidentaux (Bakutu 2010 op.cit.). Chaque
acteur accorde son activité et ses prétentions à ses
besoins immédiats et aux possibilités de ses clients, et non pas
à ses coûts et revenus.
Lorsque la viande arrive au village, le chasseur en dispose de
trois manières différentes (figure 1) :
? Elle est destinée à la consommation familiale
;
? Elle fait l'objet de partage et de dons à
l'intérieur de la communauté villageoise ; ? En fin, elle sera
partiellement vendue.
10

Viande
Don et prestation sociale
Vente
Consommation
Figure 1. Le devenir de la viande de brousse au
village
Source : Mabunsu, 2023
11
CHAPITRE II. MILIEU D'ETUDE, MATERIEL ET METHODES 2.1.
Milieu d'étude
2.1.1. Présentation de la zone
d'étude
Ce travail s'est déroulé dans trois marchés
portuaires de Kinshasa, il s'agit de marchés de Maluku, Kinkole et
Apollo (figure 2).

Figure 2. Localisation de points de
vente de gibiers identifiés (Maluku, Kinkole et Apollo) de Kinshasa
Source : Hervé Stanley Malolo (2023).
2.1.2. Présentation de la ville de
Kinshasa
Kinshasa jadis appelé Léopoldville est la
capitale et la plus grande ville de la RDC. Elle s'étend sur 9
965km2 avec une population estimée en 2021 à plus de
17 millions d'habitants.
Située sur la rive gauche du fleuve Congo, elle fait
face à la capitale de la république du Congo Brazzaville.
Kinshasa a le statut administratif de ville et constitue l'une des 26 provinces
du pays.
12
Notre travail a été effectué dans trois
marchés portuaires : marché portuaire de Maluku, Kinkole et
Apollo. En effet, plusieurs raisons nous ont poussés à choisir
ces marchés :
1° C'est dans ces marchés portuaires que la chance de
trouver le gibier est plus élevée.
2° Généralement ce sont des marchés
qui sont au terminus des stations d'autobus ou gare ferroviaire en provenance
des zones de captures des gibiers (tels que : Bandundu, Kongo central, Equateur
et province Orientale).
2.1.2.1. Marché portuaire de Maluku
Maluku est également connue pour avoir abriter le
marché portuaire de Maluku ; qui est l'un des principaux lieux de
commercialisation de la viande de brousse à Kinshasa. Ce marché
est réputé pour son activité intense et sa
diversité d'espèces vendues.
Au fil des années, la commune de Maluku a connu une
croissance démographique importante, ce qui a entraîné des
défis en terme d'infrastructure, d'accès aux services de base et
de gestion des déchets. Des efforts sont en cours pour améliorer
les conditions de vie et développer les infrastructures
nécessaires.
2.1.2.2. Marché portuaire de Kinkole
Kinkole est un quartier de la commune de la N'sele,
bordé par le fleuve Congo. C'est un quartier essentiellement
habité par des pécheurs. C'est également l'un des points
chauds de la capitale. Chaque week-end, ses terrasses et bars sont très
fréquentés.
2.1.2. 3. Marché portuaire d'Apollo
A la lisière des communes de la Gombe et Limete en
empruntant l'avenue des Poids lourds, le port d'Apollo est l'un de plus grands
ports privés de la ville de Kinshasa, il constitue un grand centre
d'affaires où se côtoient des voyageurs venant des
différentes Provinces et les acheteurs. Plusieurs autres
activités se sont greffées en dehors de la commercialisation des
viandes de brousse comme la fabrication des embarcations, les
dépôts des produits vivriers et de carburant, des snack-bars de
fortune, les vendeurs ambulants, etc. (Herman, 2020).
Chaque jour, le port d'Apollo grouille du monde autour des
embarcations, métalliques ou en bois, qui approvisionnent la ville de
Kinshasa en produits vivriers tels que le manioc, le maïs, les arachides,
les poissons fumés ou salés, de la viande boucanée, de
l'huile de palme, etc. ou en bois en provenance de l'ex province de Bandundu ou
de l'Equateur.
Le matériel biologique de cette étude est
constitué de la viande de brousse trouvée aux marchés
portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo (Photos annexe 2).
13
D'autres vendeurs offrent des produits manufacturiers comme
des gobelets et sceaux plastiques, des vêtements neufs ou usagers, des
chaussures, etc. les vendeurs à la criée, quant à eux,
offrent divers articles tels que l'eau en sachet, la charcuterie et du pain,
des bonbons et des biscuits, etc.
Une catégorie des revendeurs, moyennant une commission,
sert d'intermédiaire entre les vendeurs et les clients en ajoutant leurs
intérêts. Il s'agit souvent des femmes qui disposent des fonds qui
leur permettent de prendre en charge les frais de transport des marchandises.
Après avoir réglé la facture, il leur revient de fixer des
prix de vente et elles versent le montant convenu aux propriétaires de
la marchandise à la fin de l'opération.
D'autres intermédiaires appelés mamans `'
Bipupula» aident avec leur tamis et récipient des acheteurs qui
désirent partager un sac de maïs ou de manioc. Elles sont
rémunérées par les miettes qui restent du partage. On
croise également des hordes de porteurs qui se disputent le passage sans
ménagement avec des colis sur les têtes pour les décharger
soit dans des poussepousses soit dans des véhicules (Herman, 2020).
Il pilule aussi des voleurs des marchandises dans ce port. Une
spécificité, le vol à l'aide de tuyau en plastique qu'on
introduit dans le sac et qui achemine les grains jusqu'au sac du voleur. Ce
phénomène est courant chez les badauds et certaines femmes. A
côté de ces activités on retrouve des chantiers navals ou
on fabrique et répare des embarcations métalliques ou en bois. Et
les embarcations peuvent aussi s'approvisionner sur place en carburant dans
différents dépôts qui s'y trouvent. Faute de mesures de
précaution, on a déploré plusieurs incendies qui ont
provoqué d'énormes dégâts matériels. Pour se
désaltérer ou manger, on trouve plusieurs snack-bars qui offrent
une variété de plats locaux, de la bière.
A côté de ceux-ci il y a aussi des endroits
où on vend du chanvre et de l'alcool au grand danger des agents de
l'ordre. Le port d'Apollo est un grand centre commercial qui fait vivre de
milliers de personnes à travers des activités variées et
offre aussi plusieurs emplois dans le secteur informel, mais on déplore
le plus souvent le déficit des mesures sanitaires et sécuritaires
(Herman, 2020).
2.2. MATERIEL
14
2.3. METHODES
Pour récolter les données, nous avons fait
recours à certaines méthodes et techniques telles que :
a) Observation :
L'observation directe sur les marchés portuaires de
Maluku, Kinkole et Apollo nous ont permis d'obtenir les informations
précieuses sur la pratique de commercialisation des viandes de
brousse.
b) Documentaire :
Cette méthode nous a permis d'examiner les rapports
gouvernementaux, les études antérieures, les statistiques, les
règlementations etc.
c) Enquête et interview :
A l'aide d'un questionnaire d'enquête structuré
et les administrer à un échantillon représentatif
d'acteurs impliqués dans la commercialisation des viandes de brousse
dans les marchés portuaires de Kinshasa, nous avons fait un jeu des
questions réponses aux vendeurs de la viande de brousse. Les
données disponibles ont été donc obtenues à l'issue
des entretiens avec les vendeurs ayant donné leurs points de vue.
La collecte des données a été
réalisée en deux étapes. La première étape
était relative aux données qualitatives ou semi-quantitatives sur
les vendeurs et leur marchandise. Le sexe, l'âge, et l'état
matrimonial, des vendeurs ont été obtenus. Le nom de
l'espèce, le nombre d'animaux de chacune des espèces,
l'état d'achat et l'état de vente (animal vivant ou mort, frais
ou fumé, entier ou en morceaux) ont été
déterminés sur les carcasses.
Au cours de cette étape, une attention spéciale
a été apportée sur l'axe de la provenance du gibier, aux
sites et aux fréquences d'approvisionnement. La deuxième
étape a consisté à suivre au côté des
vendeurs, la vente de la viande de chasse au détail dans les trois
marchés portuaires.
Les données ont été collectées
auprès de 57 vendeurs repartis sur les trois marchés portuaires
à l'aide d'une fiche d'enquête complétée par une
interview directe. Chaque personne enquêtée a reçu un
exposé préliminaire sur les objectifs et les résultats
attendus de cette étude, tout en sollicitant leur collaboration
effective par l'entretien individuel.
15
Ces entretiens se déroulaient sur le lieu de vente ;
chaque répondant n'était interviewé qu'une fois. Les
données disponibles ont été donc obtenues à l'issue
des entretiens avec les vendeurs ayant donné leur consentement.
Le profil recherché portait sur le sexe, l'âge,
l'état matrimonial et l'ancienneté dans le commerce des
gibiers.
Concernant les gibiers, à l'aide de notre
questionnaire, nous avions trouvés les informations sur les noms
vernaculaires des espèces animales vendues (photos en annexe), la
qualité des gibiers (frais, fumés ou boucanés) les parties
vendues (entières ou morceaux), origines des gibiers,
l'approvisionnement (régulier ou occasionnel).
2.3.1. Identification des spécimens
L'identification des espèces a été faite
à partir des manuels de référence du guide des
mammifères (Kingdon, 2001) et African mammals data bank (1999). Nous
avons également fait recours aux informations des acteurs.
2.3.2. Évaluation du statut de conservation des
espèces inventoriées aux marchés
L'évaluation du statut de conservation (tableau 1) des
différentes espèces des viandes de brousse inventoriées
aux marchés portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo a été
réalisée afin de disposer des informations utiles sur les
probables menaces dont font face ces espèces à l'état
sauvage afin de déceler le rôle que jouent les aires
protégées dans la conservation des animaux concernés.
Pour y parvenir, la base des données de la liste rouge
de l'UICN disponible sur Internet a été utilisée en
fonction de chaque espèce de la viande de brousse inventoriée aux
marchés portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo.
16
Tableau 1 : Différents statuts
de conservation de l'Union internationale pour la conservation de la nature
(UICN)
|
Statut
|
Icône
|
Code
|
Terme original
|
Description
|
|
Éteint
|
|
EX
|
Extinct
|
Aucun individu survivant connu
|
|
Éteint à l'état sauvage
|
EW
|
Extinct in the Wild
|
Survivants connus uniquement en captivité, ou vivant en
dehors de leur habitat d'origine
|
|
En danger critique
|
|
CR
|
Critically Endangered
|
Risque d'extinction dans la nature extrêmement
élevé
|
|
En danger
|
|
EN
|
Endangered
|
Haut risque d'extinction dans la nature
|
|
Vulnérable
|
VU
|
Vulnerable
|
Haut risque de mise en danger.
|
|
Quasi menacé
|
NT
|
Near Threatened
|
Probabilité d'être en danger dans un futur
proche.
|
|
Préoccupation mineure
|
|
LC
|
Least Concern
|
Ne remplit pas les critères d'une catégorie en
danger. Les animaux répandus et abondants appartiennent à cette
catégorie.
|
|
Données insuffisantes
|
|
DD
|
Data Deficient
|
Pas assez de données pour évaluer le risque
d'extinction.
|
|
Non évalué
|
|
NE
|
Not Evaluated
|
N'a pas encore été évaluée.
|
2.3.3. Analyse des données
Les données collectées auprès de 57 vendeurs
ont fait l'objet d'une analyse statistique descriptive.
Le calcul de base utilisée pour le traitement est celui de
pourcentage. Nous avons procédé par le comptage des effectifs
sous forme de fréquence absolue des réponses dans chaque
catégorie des questions suivi du calcul de pourcentage grâce
à la formule suivante :
% = Fr
t ?????? ????????
%=pourcentage
Fra = Fréquence absolue
Tech = taille de l'échantillon
17
2.4. Difficultés rencontrées
Pour récolter les données, nous avons
rencontré plusieurs difficultés dont nous citons : le
problème de communication en raison de la barrière linguistique
ou culturelle ; difficulté de maintenir l'objectivité et à
éviter les biais lors de l'interaction avec les participants. La
méfiance des vendeurs sur les marchés fut l'une des principales
difficultés rencontrées par les enquêteurs.
En effet, le commerce de la viande de chasse étant une
activité informelle et non réglementée, la plupart des
vendeurs craignaient les enquêteurs. Dans ces conditions, une partie des
données sur leurs activités n'a pas pu été
collectée, ce qui est une source de biais. En outre, la
commercialisation a été étudiée de façon
ponctuelle. Comme le souligne Chardonnet (1995), les enquêtes ponctuelles
sont généralement de courte durée et non
répétitives.
Elles ne font pas l'objet d'un suivi régulier des
activités dans le temps et ne permettent pas d'appréhender de
manière optimale les stratégies des acteurs de la filière
de commercialisation de viande de chasse.
Par ailleurs, certaines transactions de vente, trop rapides,
ne permettaient pas de faire l'inventaire et d'identifier la provenance de tous
les animaux ; certaines données ont donc échappé aux
enquêteurs. De même, une grande proportion de carcasses de gibiers
présentes sur les étals était constituée de la
viande fumée. Enfin, la sincérité des vendeurs quant au
prix d'achat réel des animaux peut-être parfois mise en doute, les
informations étant échangées sur le marché en
présence des clients potentiels.
18
CHAPIPTRE III. RESULTATS ET DISCUSION
3.1. Résultats
3.1.1. Données sociodémographiques des
enquêtés
Les données sociodémographiques des
enquêtés de la viande de brousse inventoriée aux
marchés portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo sont reprises dans le
tableau 2 ci-dessous. Dans ce tableau, nous avons retenu cinq variables
suivantes : le sexe, l'âge, l'état civil et ancienneté.
Tableau 2 : Aspects
sociodémographique des enquêtés
|
Paramètres
|
|
Fréquence Absolue
|
Pourcentage
|
|
Genre
|
Masculin
|
15
|
26
|
|
Féminin
|
42
|
74
|
|
Total
|
57
|
100
|
|
Etat-Civil
|
Célibataire
|
14
|
24,5
|
|
Marié
|
35
|
61,4
|
|
Divorcé
|
6
|
11
|
|
Veuf /Veuve
|
2
|
3
|
|
Total
|
57
|
100
|
|
Age
|
18 à 25 ans
|
5
|
9
|
|
26 à 40 ans
|
16
|
28
|
|
41 à 60 ans
|
33
|
58
|
|
61 ans Plus
|
3
|
5
|
|
Total
|
57
|
100
|
|
Ancienneté
|
1 à 10 ans
|
37
|
65
|
|
11 à 20 ans
|
5
|
9
|
|
21 à 30 ans
|
8
|
14
|
|
31 à 40 ans
|
7
|
12
|
|
TOTAL
|
57
|
100
|
19
Il ressort du tableau 2 que la majorité des vendeurs de
la viande de chasse enquêtés était du genre féminin
(74%) et l'âge moyen a varié entre 41 et 60 ans (soit 58%). Une
majorité des personnes enquêtées (61,4%) était
marié, suivis des Célibataire (24,5%), les divorcés
représentant 11%. Les Veufs /Veuves sont faiblement
représentés.
A l'issue de ce même tableau, on remarque que 65% sont
des anciens dans la commercialisation de la viande de chasse dans les
marchés de Kinshasa avec une ancienneté de 1 à 10 ans
suivi ceux de 21 à 30 ans (14%). Les enquêtés ayant une
ancienneté de 11 à 20 ans viennent en dernière position
(soit 9 %).
3.1.2. Liste des espèces animales vendues comme
viande de brousse sur les marchés
Les espèces animales vendues comme viande de brousse
sur les marchés portuaires de Kinshasa sont reprises dans le tableau 3
ci-dessous. 27 espèces appartenant à 2 Classes et 7 Ordres ont
été identifiées. Les images de quelques espèces
récoltées sont reprises en annexe 2.
Nous avons :
? Classe des mammifères : Artiodactyles, Rongeurs,
Primates et Pholidota, ? Classe des reptiles : Crocodilia, Squamata et
Testudines.
20
Tableau 3 : Aperçu
général des espèces animales vendues comme gibiers sur les
marchés enquêtés de Kinshasa.
|
Classes
|
Ordres
|
Noms scientifiques
|
Noms communs
|
Noms vernaculaires
|
Marchés Portuaires
|
Total
|
|
MPM (n)
|
MPK (n)
|
MPA (n)
|
|
Mammifères
|
Artiodactyles
|
Potamochoerus porcus
|
Potamochère
|
Sombo (L)
|
6
|
2
|
13
|
21
|
|
Cephalophus monticola
|
Céphalophe bleu
|
Mboloko (L)
|
14
|
8
|
26
|
48
|
|
Cephalophus dorsalis
|
Céphalophe bai
|
Mvudi (K)
|
16
|
4
|
13
|
33
|
|
Cephalophus callipygus
|
Céphalophe Peters
|
Ngandzi (K)
|
0
|
0
|
1
|
1
|
|
Syncerus caffer nanus
|
Buffle nain de forêts
|
Mpakassa (K)
|
6
|
4
|
9
|
19
|
|
Sylvicapra grimmia
|
Céphalophe grim
|
Tsa, Ntcha (K)
|
12
|
9
|
10
|
31
|
|
Tragelaphus scriptus
|
Guib harnachée
|
Mboloko (L), Mbuluku (K)
|
21
|
4
|
15
|
40
|
|
Loxodonta africana
|
Eléphant
|
Nzoku (L)
|
0
|
0
|
1
|
1
|
|
Hyemoschus aquaticus
|
Chevrotain aquatique
|
Chevrotain aquatique (F)
|
0
|
0
|
1
|
1
|
|
Phacochoerus aethiopicus
|
Phacochère
|
Sombo (L)
|
6
|
1
|
17
|
24
|
|
Cephalophus leucogaster
|
Céphalophe à ventre blanc
|
Ngandzi (K)
|
0
|
1
|
0
|
1
|
|
Thryonomys swinderianus
|
Aulacode
|
Simbiliki (L)
|
22
|
18
|
19
|
59
|
21
|
Rongeurs
|
Cricetomys emin
|
Rat géant d'Emin
|
Koumbi (K)
|
3
|
0
|
2
|
5
|
|
Cricetomys gambianus
|
Rat de Gambie
|
Koumbi (K)
|
1
|
1
|
7
|
9
|
|
Primates
|
Cercopithecus cephus
|
Singe moustache
|
Makakou (L)
|
12
|
10
|
16
|
38
|
|
Cercopithecus nictitans
|
Singe hocheur
|
Makakou (L)
|
0
|
0
|
2
|
2
|
|
Pan troglodytes
|
chimpanzé commun
|
Mokombosso(L)
|
1
|
0
|
1
|
2
|
|
Gorilla gorilla
|
Gorille des plaines
|
Tchibubu (TSH), Ebobo (L)
|
0
|
2
|
0
|
2
|
|
Pholidota
|
Uromaniste tradactila
|
Pangolin à longue queue
|
Tchikaka (TSH)
|
4
|
2
|
7
|
13
|
|
Hystrix cristata
|
Porc-épic
|
|
9
|
8
|
9
|
26
|
|
Manis gigantea
|
Pangolin géant
|
Lukaka (K)
|
7
|
1
|
10
|
18
|
|
Reptiles
|
Crocodilia
|
Crocodilus niloticus
|
Crocodile du Nil
|
Ngando (L)
|
12
|
7
|
13
|
32
|
|
Osteolaemus tetraspis
|
Crocodile nain
|
Ngando (L)
|
5
|
3
|
8
|
16
|
|
Squamata
|
Varanus niloticus
|
Varan du Nil
|
Mbambi Ngundu (K)
|
3
|
6
|
9
|
18
|
|
Python sebae
|
Python de Seba
|
Ngouma (L)
|
1
|
5
|
8
|
14
|
|
Testudines
|
Kinixys erosa
|
Tortue de forêt
|
Koba (L), Kafulu (K)
|
4
|
2
|
8
|
14
|
|
Trionys triunguis
|
Tortue d'eau douce
|
Koba (L)
|
9
|
8
|
10
|
27
|
|
2
|
7
|
27
|
174
|
106
|
235
|
514
|
22
Légende : F : Français ; L :
Lingala ; K : Kikongo ; TSH : Tshiluba. MPM : Marché Portuaire de Maluku
; MPK : Marché Portuaire de Kinkole ; MPA : Marché Portuaire
Apollo.
Parmi ces ordres : les Artiodactyles (40,7%), Primates (14,8
%) les Rongeurs (11,1%), Pholidota (11,1 %) et les autres ordres sont les moins
représentés.
23
Ce tableau 3 ci-dessus nous présente les
résultats obtenus sur des espèces animales vendues comme gibiers
sur les marchés portuaires enquêtés de Kinshasa.
Après analyse, nous avons identifié un total de 2 Classes (classe
de mammifères et de reptiles) ,7 Ordres (artiodactyles, rongeurs,
primates, pholidota, crocodilia, squamata et testudines) et 27
espèces.
Les mammifères constituaient 78% des animaux
chassés avec 21 espèces et la classe des Reptiles est moins
représentée avec 6 espèces soit 22% (figure 3).
3.1.3. Classes des espèces recensées sur
les marchés portuaires de Kinshasa
Il ressort de cette figure que les mammifères sont les
plus disponibles sur les marchés portuaires de Kinshasa que d'autres
classes. Dans beaucoup de cas, il y a beaucoup d'interdits pour les reptiles
(crocodiles et serpent) que les mammifères. Cet aspect culturel pourrait
justifier leur abondance ou grande disponibilité sur les marchés
enquêtés.
|
Fréquence absolue (%)
25
|
|
20
|
21
|
|
|
|
15
|
|
|
10
|
|
|
5
|
|
6
|
|
|
|
78% 22%
|
|
0
|
1 2
Mammifères Reptiles
Figure 3 : Classes des espèces
inventoriées sur les trois marchés portuaires.
3.1.4. Abondances relatives et Fréquences des
ordres recensés
La figure 4 nous montre sept ordres inventoriés sur les
trois marchés portuaires de Kinshasa. Les ordres inventoriés sont
les suivant : Artiodactyles, Rongeurs, Primates, Pholidota, Crocodilia,
Squamata, et Testudines.

24
11.1%
14.8%
11.1%
7.41%
7.41%
Artiodactyles Primates Rongeurs
Pholidota Crocodilia Squamata
Testudines
7.41%
40.7%
Figure 4 : Fréquences des ordres
inventoriés sur les quatre marchés enquêtés
3.1.5. Origines probables des gibiers vendus
Au total 57 personnes ont été
interrogées. Les résultats obtenus sont présentés
dans le tableau 4 ci-dessous.
Tableau 4 : Lieu de provenance des
viandes de brousse aux marchés Portuaires de Kinshasa
Province Fréquence absolue Pourcentage
Equateur 31 54,3%
Bandundu 13 22,8%
Kongo central 3 5,2%
Kisangani 3 5,2%
Province oriental 6 10,5%
Kasaï 1 1,7
Total 57 100
Ce tableau 4 ci-haut nous montre que les provinces de
l'Equateur et Bandundu sont les plus représentées de production
de viandes de brousse (54,3% et 22,8%), suivi de la province Orientale (10,5%)
par contre, Kongo central, Kisangani et Kasaï sont le moins
représentées.
25
3.1.6. Période interdite pour la vente la viande
de brousse
Les résultats de cette graphique 5 montrent que 68% de nos
enquêtés reconnaissent qu'il existe une période interdite
pour la vente de la viande de brousse et 12% ignorent cette période.
Cette période coïncide souvent avec les confirmations
des épidémies dans les zones en provenance des gibiers.
60
50
40
30
20
10
0
Oui Non
Figure 4 . La période
interdite pour la vente de la viande de brousse 3.1.7. Période
d'abondance du gibier sur les marchés
On note que la grande partie des vendeurs (85%) reconnaissent
qu'il existe des périodes où ces espèces sont abondantes
sur les marchés alors que 15% d'entre eux pensent autrement.
Effectivement cette période est en fonction de la période de
leurs reproductions mais aussi quand il y a inondation, par le fait que l'eau
déborde la savane, le territoire des animaux dévient petit et le
taux de capture est élevé. Cette période intervient
souvent au mois de juillet pour des multiples raisons mais beaucoup plus
particulièrement préparer la rentrée scolaire des
écoliers.
26
100
Oui Non
Niveau de connaissance de vendeurs

Fréquence absolu (%)
40
90
80
70
60
50
30
20
10
0
Figure 5 : Période d'abondance
du gibier sur les marchés
3.1.8. Raréfaction des produits de chasse sur
les marchés
Parmi les 57 personnes interrogées sur les
marchés concernant la raréfaction des produits de chasse (figure
6). En regardant cette figure, nous comprenons que la difficulté
liée au moyen de transport et la distance de provenance des gibiers font
que ces derniers soient rares sur les marchés portuaires à
hauteur de 25%, la pratique périodique de la chasse raréfie les
gibiers sur les marchés portuaires jusqu'à 19% tandis que
l'apparition périodique de certains animaux lors de la chasse
représente 15% et l'apparition de l'épidémie d'Ebola
représente 10%.
Parce qu'on pratique la
chasse périodiquement 19%
Parce qu'elle est périodique

15%
Parce qu'elle provient de loin
25%
Lorsqu'il y a
Parce que le moyen de transport est difficile 25%
l'épidémie d'Ébola
10%
Lorsqu'il y a la guerre
6%
0%
Figure 6 : Raréfaction des
produits de chasse sur les marchés
Figure 8 : Périodicité de
la vente de viande
27
3.1.9. Clientèle
Il ressort de cette figure 7 ci-dessous que les ménages
achètent plus la viande des gibiers (55%) suivis des vendeurs ambulant
(23,5%) et les restaurateurs représentent 21,5%.
|
70 60 50 40 30 20 10 0
|
|
|
|
|
|
|
FRÉQUENCE (%)
|
|
|
Ménages Vendeurs ambulant Restaurateurs
CLIENTÈLE
|
|
Figure 7 : Clients potentiels sur les
marchés 3.1.10. Périodicité de la vente de
viande
70
|
Fréquence (%)
|
60 50 40 30 20 10 0
|
|
|
Chaque jour Semaine Mois Occasionnellement
De ce qui est de la période de vente de la viande de
chasse sur les marchés portuaires de Kinshasa enquêtés, il
ressort de la figure 8 ci-dessous, 57,5% vendent le gibier chaque jour, 24%
d'entre eux le commercialisent chaque semaine, 10% d'entre eux le vendent
occasionnellement c'est-à-dire ils passent des commandes auprès
des chasseurs en attendant que les chasseurs les emmènent les gibiers et
enfin 8,5% le vendent par mois.
28
3.1.11. Répartition des vendeurs par marché
portuaire de vente
Tableau 5 : Répartition des
vendeurs sur les trois marchés portuaires enquêtés dans la
ville de Kinshasa.
|
Marchés
|
Vendeurs
|
Pourcentage
|
|
Maluku
|
23
|
40
|
|
Kinkole
|
13
|
23
|
|
Apollo
|
21
|
37
|
|
Total
|
57
|
100
|
Le tableau 5 ci-dessus présente les résultats de
l'enquête sur la répartition des personnes interrogées par
marché en pourcentage de l'échantillon total. Ces
résultats se présentent de la manière suivante sur un
échantillon total de 57 personnes :
? Marché de Maluku : 23 personnes soit 40% de
l'échantillon total, ont été interrogée sur ce
marché.
? Marché de Kinkole : 13 personnes soit 23% de
l'échantillon total, ont été interrogée sur ce
marché.
? Marché Apollo : 21 personnes soit 37% de
l'échantillon total, ont été interrogée sur ce
marché.
Ces résultats indiquent la répartition des
personnes interrogées par marché en pourcentage de
l'échantillon total. Ils nous donnent une idée de la proportion
de personnes interrogées dans chaque marché spécifique par
rapport à l'ensemble de l'échantillon.
3.1.12. Statut de conservation des espèces des
viandes de brousse identifiées
Les résultats relatifs au statut de conservation des
différentes espèces des viandes de brousse vendues aux
marchés portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo à Kinshasa sont
repris au tableau 6.
29
Tableau 6 : Statut de conservation des
espèces des viandes de brousse vendues aux marchés portuaires de
Maluku, Kinkole et Apollo
|
Espèces
|
Statut de conservation
|
|
Potamochoerus porcus (Linnaeus, 1758)
|
LC
|
|
Cephalophus monticola (Thunberg, 1789)
|
LC
|
|
Cephalophus dorsalis (Gray, 1846)
|
NT
|
|
Cephalophus callipygus (Peters, 1876)
|
LC
|
|
Syncerus caffer nanus (Boddaert, 1785)
|
NT
|
|
Sylvicapra grimmia (Linnaeus, 1758)
|
LC
|
|
Tragelaphus scriptus (Pallas, 1766)
|
LC
|
|
Loxodonta africana (Cuvier, 1825)
|
EN
|
|
Hyemoschus aquaticus (Gray, 1845)
|
LC
|
|
Phacochoerus aethiopicus (Pallas, 1766)
|
LC
|
|
Cephalophus leucogaster (Gray, 1873)
|
NT
|
|
Thryonomys swinderianus (Temminck, 1827)
|
LC
|
|
Cricetomys emin (Wroughton, 1910)
|
LC
|
|
Cricetomys gambianus (Waterhouse, 1840)
|
LC
|
|
Cercopithecus cephus (Linnaeus, 1758)
|
LC
|
|
Cercopithecus nictitans (Linnaeus, 1766)
|
NT
|
|
Pan troglodytes (Blumenbach, 1776)
|
EN
|
|
Gorilla gorilla (I.Geoffroy, 1852)
|
EN
|
|
Uromaniste tradactila
|
LC
|
|
Hystrix cristata (Linnaeus 1758)
|
LC
|
|
Manis gigantea (Illiger, 1815)
|
EN
|
|
Crocodilus niloticus (Laurenti, 1786)
|
LC
|
30
|
Osteolaemus tetraspis (Cope, 1861)
|
VU
|
|
Varanus niloticus (Linnaeus, 1766)
|
NT
|
|
Python sebae (Gmelin, 1789)
|
NT
|
|
Kinixys erosa (Schweigger, 1812)
|
DD
|
|
Trionys triunguis (Wiegmann, 1835)
|
VU
|
Légende : CR = En danger critique
d'extinction ; LC = Préoccupation mineur ; VU =
Vulnérable ; EN = En danger ; DD =
Données insuffisantes ; NT = Quasi
menacé et ND = Non Déterminé.
Les résultats de ce tableau sur le statut de
conservation indiquent que les espèces de viande de brousse vendues sur
les marchés portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo présentent
différents niveaux de préoccupation en termes de conservation. En
se référant sur les statuts de conservation de l'Union
internationale pour la conservation de la nature (UICN) cinq différents
niveaux de préoccupation ont été retenu dans le cadre de
cette étude :
1. Espèces en préoccupation mineures
(LC : 14) : Ces espèces sont considérées comme
étant les moins préoccupantes en termes de conservation. Cela
signifie que leur population est relativement stable et qu'elles ne sont pas
actuellement menacées d'extinction.
2. Espèces quasi menacées (NT :6)
: Ces espèces sont légèrement plus
préoccupantes que celles en préoccupation mineures. Bien qu'elles
ne soient pas encore considérées comme étant en danger,
leur population est en déclin ou elles sont confrontées à
des menaces potentielles qui pourraient les mettre en danger à
l'avenir.
3. Espèces en danger (EN :4) : Ces
espèces sont confrontées à un risque élevé
d'extinction à l'état sauvage. Leur population est en
déclin significatif et elles sont confrontées à des
menaces sérieuses qui mettent leur survie en péril.
4. Espèces vulnérables (VU :2)
: Ces espèces sont considérées comme étant
à un niveau de préoccupation plus élevé que celles
en danger. Leur population est en déclin rapide et elles sont
confrontées à des menaces graves qui pourraient les conduire
à l'extinction si des mesures de conservation ne sont pas prises
rapidement.
31
5. Espèces en données insuffisants (DD
:1) : Ces espèces sont celles pour lesquelles il y a un manque
d'informations suffisantes pour évaluer leur statut de conservation de
manière précise. Cela peut être dû à un manque
de données ou à une connaissance limitée de ces
espèces.
Il est important de noter que ces résultats indiquent
le statut de conservation des espèces de viande de brousse vendues sur
les marchés portuaires de Maluku, Kinkole et Apollo. Ils soulignent
l'importance de prendre des mesures de conservation pour préserver ces
espèces et leur habitat naturel afin de garantir leur survie à
long terme.
32
3.2. Discussion
La majorité des vendeurs de la viande de chasse
enquêté dans les marchés portuaires de Kinshasa plus
particulièrement celui de Maluku, Kinkole et Apollo étaient
composé des femmes (74%). Ces résultats sont similaires à
ceux obtenus par Nganga (2010), qui avait souligné un
intérêt des femmes (55,7%) pour cette activité lors de ses
travaux sur les voies d'accès et la qualité hygiénique de
la viande de brousse consommée à Brazzaville. Une enquête
analogue menée par Edderai et Dame (2006) à Yaoundé au
Cameroun avait même révélé que le métier des
vendeurs de la viande de chasse était quasi exclusivement féminin
(84,3%). Mbete et al., (2008) à Brazaville sur le Profil des
vendeurs de viande de chasse et évaluation de la biomasse
commercialisée dans les marchés municipaux de Brazzaville avait
démontré que ce sont les femmes (52%) qui sont plus
concernées par cette activité.
L'âge des vendeurs de la viande de chasse était
situé entre 41 et 60 ans. Cette valeur est légèrement
inférieure à celle obtenue à Kinshasa par Meridjen (2005),
dans une étude qualitative et quantitative de la commercialisation de la
viande de brousse, où elle était de 43 ans. Ces résultats
confirment que les acteurs concernés par le circuit de commercialisation
des produits de chasse ont une certaine maturité. Les jeunes de moins de
trente ans ont été davantage impliqués dans la
chaîne de commercialisation. Cette observation rejoint celle de Nganga
(2010).
Ancienneté dans la filière, la
durée moyenne de présence dans la filière est de 10 ans,
ce qui représentait environ 65% de cas pour cette étude sur la
commercialisation de la viande de brousse dans les marchés de Kinshasa,
elle laisse à penser que les vendeurs tirent des résultats
économiques satisfaisants vu qu'ils ont tendance à durer dans la
filière. Ces résultats sont proches de ceux de Balasongo (2018)
qui avait trouvé près de 40% de cas.
Les inventaires des animaux vendus sur les trois
marchés portuaires de Kinshasa ont permis d'identifier 2 classes
d'animaux, 7 ordres et 27 espèces appartenant en majorité
à la classe des mammifères (soit 78%). Ces résultats
corroborent avec ceux de Pembela (2016) qui, avait aussi trouvé 24
espèces de mammifères.
Ces tendances sont généralement en accord avec
celles observées par Pouls et al., (2009) dans leurs travaux
sur la consommation de la viande de brousse dans une concession
forestière tropicale, au nord du Congo. Dans notre étude, la
fréquence de capture des espèces est déterminée par
plusieurs facteurs.
33
Parmi ceux-ci, il convient d'abord de citer l'intensité
de la chasse et l'abondance des effectifs de l'espèce dans une zone
moins perturbée par les actions anthropiques.
Des spécimens de toutes les espèces d'animaux
sauvages inventoriées tant boucanés que frais,
découpés en morceau ou entiers sur les trois marchés
portuaires de Kinshasa, témoignent le non-respect de la loi sur la
réglementation de la chasse.
Or, en 1973, on estimait que les trois quarts de la viande
consommée en RD Congo provenaient d'animaux sauvages (WWF, 1982).
En effet, concernant la provenance de la viande de brousse par
ordre d'importance, nos recherches ont démontré que la province
de l'Equateur (57%) vient en tête, suivie de la province de Bandundu avec
(22,8) et Province Oriental (10,5%). Ces tendances sont en accord avec celles
observées par Mpamu (2010) sur l'étude de la filière de
commercialisation de la viande de brousse à Kinshasa qui avait
trouvé la province de l'Equateur (55,1%), Bandundu (24,1%) et du Kongo
Central (1,7%). Par contre, l'étude de Pembela (2016) sur la
consommation et commercialisation de la viande de brousse à Kinshasa,
place la province de grand Bandundu dans l'ensemble (Kwango, Kwilu, Mai ndombe)
(37,9%) en première position et l'Equateur en deuxièmes position
avec 20,5%.
Nos résultats rejoignent ceux de Mbete et al.,
(2008) qui avait souligné que les marchés portuaires
enquêtés constituaient les principaux endroits où la
majorité des vendeurs (42,7%) faisait ses provisions en viande de
chasse. La seconde source d'approvisionnement était constituée
par les gares routière et ferroviaire (24%), de l'aéroport
(10,7%) et enfin, par le domicile du fournisseur (5,3%) et par l'achat direct
auprès du chasseur (2,7%). Toutefois, une frange de vendeurs (1,3%) n'a
pas révélé où elle se ravitaillait.
34
CONCLUSION
Au terme de cette étude qui avait pour objectif
d'analyser la commercialisation de de la viande de brousse vendues dans les
marchés portuaires de Kinshasa, en se concentrant sur les cas Maluku,
Kinkole et Apollo, les résultats obtenus indiquent que ce sont les
femmes qui sont les plus impliquées dans la commercialisation de la
viande de chasse. L'âge moyen varie entre 41 à 60 ans et la
majorité des personnes enquêtées sont des mariées.
Pendant l'étude, un total, de 27 espèces
d'animaux sauvages appartenant à 7 ordres et 2 classes ont
été répertoriées. Chez les mammifères, ce
sont les artiodactyles qui sont les plus chassés et vendus dans les
marchés des Maluku, Kinkole et Apollo. Les produits de chasse vendus
à Kinshasa proviennent tous de l'intérieur du Pays. La
majorité des vendeurs ignorent l'existence des lois réglementant
la vente de la viande de brousse. Cependant, elle reconnait qu'il existe de
période où le gibier est abondant où rare sur les
marchés.
En se référant sur les statuts de conservation
de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) cinq
différents niveaux de préoccupation des espèces ont
été retenu dans cette étude, il s'agit des espèces
en préoccupation mineures (LC), des espèces quasi menacées
(NT), des espèces en danger (EN), des espèces vulnérables
(VU) et des espèces en données insuffisants (DD). En analysant
ces résultats sur le statut de conservation des espèces de viande
de brousse vendues sur les marchés portuaires de Maluku, Kinkole et
Apollo, Il serait souhaitable de prendre des mesures de conservation pour
préserver ces espèces et leur habitat naturel afin de garantir
leur survie à long terme.
Quoiqu'il en soit, nos données sont insuffisantes pour
élucider tous les aspects de la commercialisation de la viande de
brousse à Kinshasa ; mais cela ne nous empêche pas de formuler les
recommandations ci-après :
? Les autorités du pays doivent, en collaboration avec
les ONG, veiller à l'application de la loi Congolaise sur la gestion de
la faune sauvage et des aires protégées ;
? Pour valoriser les ressources fauniques au plan national, il
est souhaitable de développer et de promouvoir le tourisme
cynégétique et l'écotourisme qui sont des activités
potentiellement très lucratives et donc susceptibles de
générer aussi des revenus ;
? Des mesures pour combler la demande croissante en
protéines animales devront être prise, notamment la promotion
d'élevages d'espèces à cycle court (aviculture,
pisciculture) et cela, à l'issue d'études
socio-économiques ;
? Sensibiliser la population environnante autours des
réserves et la population vivant dans les réserves en ce qui
concerne la protection et la conservation de la biodiversité faunique et
floristique.
35
BIBLIOGRAPHIE
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conjointe du groupe de liaison de la CDB sur la viande de brousse et le groupe
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61 p.
1
ANNEXE
2
ANNEXE 1 :
Questionnaire d'enquête destiné aux
vendeurs de la viande de brousse aux marchés
portuaire de Kinshasa
Bonjour Madame, Mademoiselle, Monsieur,
Nous sommes étudiants (ès) à la
Faculté des Sciences de l'Université de Kinshasa, au
Département de Sciences de l'Environnement, année
Académique 2022-2023. Dans le cadre de nos recherches sur «
Etude qualitative et quantitative de la viande de brousse commercialisée
dans les marches portuaires de Kinshasa cas de Maluku, Kinkole et Apollo
», nous sollicitons votre collaboration en répondant
à notre questionnaire. Nous vous rassurons que vos réponses
seront confidentielles et exploitées à des fins purement
académiques.
Marché :
Fiche n°
I. IDENTIFICATION
1. Sexe : M F
2. Tranche d'âge : 18 à 25 ans
|
26 à 40 ans 41 à 60ans 61 ans et Plus
|
|
3. Etat civil :
Célibataire Marié(e) Divorcé(e) Veuf (Ve)
II. QUESTIONNAIRE D'ENQUETE
1. Vendez-vous la viande de brousse ? Oui Nom
2. Quelle est la périodicité de vente de la viande
:
Chaque jour Semaine Mois Occasionnellement
3. Depuis combien de temps rendez-vous la viande de brousse ?
4. Quelles sont les espèces animales que vendez
régulièrement ?
Mboloko Ngando Nyoka Kakolo Sombo
Mpakasa Makaku Nkoba
|
Nsimbiliki Autres
|
|
Mode de vente :
Entière Morceau
5. Existe-t-il des périodes où ces espèces
sont abondantes sur le marché ?
Oui Non
3
6. A quel état vendez-vous la viande de brousse ?
Frais Fumé Frais et Fumé
7. D'où proviennent ces espèces animales que vous
vendez ?
R/ ..
8. Y a-t-il des périodes interdites pour la vente de la
viande de brousse (toutes espèces confondues) ?
Si Oui : Quelle est cette période ?
R/ ..
9. Y a-t-il des espèces interdites à la vente ? Si
Oui lesquelles ?
R/ ..
10. Pour quelles raisons y a-t-il raréfaction des
produits de la chasse sur le marché ?
R/
11. Comment vous approvisionnez de ces produits que vous vendez
?
R/ ..
12. Mode de capture :
Comment capture-t-on ces animaux que vous vendez ?
R/ ..
13. Quels sont les principaux acheteurs de la viande de brousse
?
Ménages Restaurants Vendeurs Clients divers
14. Comment conservez-vous vos produits de chasse ?
R/
15. Quelles sont les espèces ayant les viandes les plus
appréciées ?
R/
4
ANNEXE 2 : Quelques photos de la viande de
brousse recensées aux marchés portuaires de Kinshasa par Mabunsu
(2023) :

Photo 1. Ces images nous présentent
Potamochoerus porcus dans un état frais dans le marché
portuaire d'Apollo

|
Photo 2. Cette image présente Thryonomys
swinderianus à l'état frais trouvé dans le
marché portuaire d'Apollo
|
Photo 3. Potamochoerus porcus dans un état frais
dans le marché portuaire d'Apollo
|
5

|
Photo 4. Tragelaphus scriptus image prise dans le
marché portuaire d'Apollo
|
Photo 5. Cette image nous présente une
diversité d'espèces à l'état fumé dans le
marché portuaire d'Apollo
|

Photo 6. Hystrix cristata image prise dans le Photo
7. Crocodilus retrouvé dans le marché
marché portuaire de Maluku portuaire de Maluku à
l'état fumé

6
Photo 8. Cette image nous présente une
diversité d'espèces à l'état fumé dans le
marché portuaire de
Kinkole
Photo 9. Cercopithecus cephus à l'état
fumé dans le marché portuaire de Kinkole
Photo 10. Hystrix cristata image prise dans le
marché portuaire de Maluku
|