RESUME
Ce travail met l'accent sur la chaine de production des
carrières des pierres, ainsi que l'identification et l'évaluation
des impacts de ces activités d'exploitation des pierres dans le
groupement de Kagabi en Chefferie de Kabare afin de les mitiger. Dans le
premier volet, nous avons tout d'abord présenté le groupement de
Kagabi qui constitue notre terrain d'étude. Au deuxième volet
nous abordons l'exploitation des carrières des pierres, où nous
avons géo localisé les différentes carrières en
activité, objet d'extraction des pierres par rapport aux
écosystèmes du groupement de Kagabi et la chaine de valeur pour
celles-ci. Le troisième volet est consacré à
l'identification et l'évaluation des impacts de l'exploitation des
carrières des pierres en fin de dégager les milieux biophysiques,
économiques et socioculturels probablement impactés par ces
activités. Tout en concluant notre travail nous avons proposé des
recommandations, aux exploitants et /ou aux ouvriers des mesures
économiquement acceptables, afin de réduire et si possible
supprimer les conséquences dommageables sur la vie
socio-économique et environnementale dans la chefferie de Kabare en
général, et le groupement de Kagabi en particulier.
Dans ces contextes, nous avons fait recours à une
approche méthodologique de recherche principalement structurée en
quatre parties et comprenant notamment : les techniques de collecte de
données, la recherche documentaire, des visites pour comprendre notre
terrain d'étude et en fin l'enquête par questionnaire et l'analyse
des données pour traiter les relations entre un le
socio-économie, l'environnement et les activités humaines.
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0. INTRODUCTION
0.1. Choix et intérêt du
sujet
Notre travail de recherche s'intitule : « L'exploitation
des carrières des pierres dans le groupement de Kagabi en chefferie de
Kabare : la chaine de valeur et l'impact sur l'environnement». Ce sujet
s'inscrit dans le domaine de la Géographie économique ainsi que
dans la gestion de l'environnement, c'est-à-dire, dans le domaine de
l'économie de l'environnement. Pour résoudre les besoins de la
vie courante (la santé, l'alimentation, l'éducation,...) et
arriver au développement durable, la population se livre à
plusieurs activités économiques.
Pour ce faire, la population du groupement de Kagabi fait
recours à plusieurs activités parmi lesquelles l'exploitation des
carrières des pierres dont l'importance est à la fois
d'intérêt rural et urbain. Cette exploitation des carrières
des pierres demeure actuellement une activité qui préoccupe un
grand nombre de la population du groupement de Kagabi. Cette exploitation met
en danger l'environnement qui subit une grande pression d'exploitation.
En effet, la croissance démographique que connaît
aujourd'hui le groupement de Kagabi ne manque pas d'ajouter d'importante
pression sur les ressources économiques.
Ainsi, la chefferie de Kabare en général, et le
groupement de Kagabi en particulier est confrontée aux multiples
problèmes liés à l'exploitation des pierres. A
l'état de délabrement de ce groupement et de son
exiguïté, s'ajoute une pression démographique qui
accélère l'exploitation des ressources. Cette situation a pour
effets, la destruction continue de l'environnement et plusieurs accidents dans
les carrières d'exploitation.
Voilà donc autant de phénomènes auxquels
nous assistons quotidiennement dans des sites d'exploitation des pierres dans
le groupement de Kagabi en chefferie de Kabare.
0.2. Délimitation et Compréhension du
sujet
0.2.1. Délimitation du sujet
a. Délimitation contextuelle : Etant
donné que délimiter un sujet de recherche c'est chercher à
déterminer ce que l'on retient et écarter dans la mesure du
possible les éléments de moindre importance, notre travail se
situe dans les domaines de la géographie et gestions des ressources,
particulièrement en économie de l'environnement.
b. Délimitation spatiale : Notre
travail s'étend sur le groupement de Kagabi dans la chefferie de Kabare,
territoire de Kabare, Province du SUD-KIVU en République
Démocratique du Congo. Ce groupement est situé dans la partie
centrale de la chefferie de Kabare, avec une superficie d'environ 183 km2.
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c. Délimitation temporelle : La
présente étude, axée sur l'exploitation des
carrières des pierres dans le groupement de Kagabi, et s'étend
sur une période de cinq ans, allant de 2016 à 2020 0.2.2.
Compréhension du sujet
Pour un thème donné, la maitrise du sens
contextuel d'un certain nombre de mots s'avère indispensable. Il s'agit
de la définition des concepts clés ci-après :
? Exploitation : Mise en valeur d'un bien par
le travail productif, en vue d'un profit. C'est faire valoir une chose pour
en fin tirer profit du produit. C'est alors mettre en valeur les pierres pour
qu'elles soient bénéfiques à la population.
En économie c'est une unité de production de biens
ou de services.
? Carrière : Lieu d'extraction de
matériaux de construction. Une carrière est le lieu
d'où sont extraits des matériaux de construction tels que la
pierre (la carrière est dans ce cas parfois appelée
perrière), le sable ou différents minéraux non
métalliques ou carbonifères. Le chantier se fait à ciel
ouvert, soit « à flanc de coteau », soit « en fosse
» (jusqu'à une centaine de mètres de profondeur parfois).
Les carrières peuvent être souterraines ou sous-marines. Elles
exploitent des roches meubles (éboulis, alluvionnaires ) ou massives
(roches consolidées) sédimentaire ( calcaires et grès ),
éruptive ou métamorphique ( ardoises , granites , porphyres ,
gneiss, amphibolites , quartzites , schistes , basaltes,) etc.
Une carrière est un site d'exploitation plus ou moins
vaste (de un hectare à plusieurs dizaines) de substances
minérales non métalliques et non énergétiques dont
la nature, la qualité et le cubage sont économiquement
exploitables. (Dictionnaires françaises). Quant à
l'Encyclopédie Universalis, elle définit la carrière comme
« une exploitation à ciel ouvert des roches à des endroits
volcaniques ou exploitation des matériaux destinés à la
construction».
? Pierre : Roche qu'on emploie dans la
construction des édifices, soit qu'on l'ait
détachée des montagnes ou des rochers, soit qu'on extrait
d'une carrière. Matière minérale compacte,
généralement très dure, présente à la
surface et dans les profondeurs de l'écorce terrestre. Synonyme:
roche.
? Groupement : est toute communauté
traditionnelle organisée sur base de la coutume
et érigée en circonscription administrative, sous
l'autorité d'un chef désigné conformément à
la coutume, reconnu par le pouvoir juridique. Il est subdivisé en
villages. (Loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant fixation des
subdivisions territoriales à l'intérieur des provinces)
? Chefferie : La chefferie est un ensemble
généralement homogène de
communautés traditionnelles organisées sur base de la coutume
et ayant a sa tête un Chef désigné par la coutume, reconnu
et investi par les pouvoirs publics (Loi organique n° 08/016 du 07
octobre
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2008 portant composition, organisation et fonctionnement des
Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports
avec l'Etat et les Provinces, Art 67)
? Chaine de valeur : Divisée en postes de
travail successifs suivant l'usage, l'importance ou l'intérêt
qu'on porte à une chose. C'est la succession, l'enchainement, la
continuité des travaux pour parvenir à une fin utilisable.
? Impact : Ensemble de répercussions de
quelque chose sur autre chose, suite qu'une action ou un
événement peut avoir, conséquence très importante.
Ce qui est produit par quelques
causes.
? Environnement : Ensemble des conditions
naturelles et culturelles susceptibles d'agir sur
les organismes vivants. C'est aussi un ensemble des
caractéristiques (sociales, familiales ou économiques) propres
à un milieu déterminé. C'est un ensemble des facteurs
géologiques, pédologiques et climatiques. C'est la nature. En
suite, l'environnement est considéré comme étant
l'ensemble des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques des
écosystèmes plus ou moins modifiées par l'action de
l'homme.
0.3. Problématique et
hypothèses
0.3.1. Problématique
La production des pierres de construction dans le Groupement
de Kagabi est assurée par plusieurs carrières couvrant la demande
du marché locale et urbaine en la matière. Le nombre de ces
carrières est en évolution remarquable avec une forte
corrélation positive avec la demande de matériaux de construction
qui dépend de l'activité avale du bâtiment et des travaux
publics et une corrélation négative avec l'environnement. Cette
dernière est relativement variable dans la mesure où elle reste
tributaire de plusieurs facteurs dont notamment : La croissance
démographique et le déficit actuel en logement ;
L'évolution de l'urbanisation ; L'évolution des techniques et
habitudes de construction ; Les investissements publics en grands projets
d'infrastructures ; La croissance de l'économie.
D'une manière générale, la question de
l'exploitation des matières précieuses en RDC ne passe plus
inaperçue. Elle devient la préoccupation majeure de certaines
ONG, des hommes politiques, des autorités locales et des scientifiques
de divers horizons qui analysent différentes questions liées
à la prospection, à l'extraction, à la
traçabilité, à la certification, à la
commercialisation, ... et aux incidences de l'exploitation des substances
précieuses.
Il faut dire que jusqu'à ce jour, les regards de tous
ces acteurs sont beaucoup plus focalisés sur les minerais que l'on
qualifie de tous les noms. On semble oublier un fléau qui ne dit pas
encore son nom parce qu'il s'agit seulement des pierres qui servent à la
construction des édifices et autres infrastructures d'utilité
publique.
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Or, l'ampleur que prend au fil du temps l'exploitation
artisanale et anarchique de pierres de construction, ainsi que ses
retombées sur le recul des activités économiques de base
qui assurent l'indépendance du ventre (agriculture et élevage),
ainsi que les revers qu'elle cause à la conservation de l'environnement,
devraient déjà attirer l'attention du pouvoir public et du simple
citoyen soucieux de l'avenir de son milieu. Ne sachant pas la chaine de
production des pierres ainsi que ses multiples impactes sur l'environnement.
Nous nous donnons le temps de travailler sur ce sujet ci-haut nommé.
C'est ainsi que, suite à toutes ces
considérations, notre problématique est constituée des
questions secondaires ci-après :
- Existe-t-il des carrières de pierres dans le groupement
de Kagabi? combien sont-elles ?
- Quelles sont les étapes de la chaine d'exploitation des
pierres dans ce groupement ?
- Quelles sont les causes d'exploitation des carrières des
pierres ?
- Existe-t-il des règlements (conditions) d'exploitation
des carrières ? Sont-elles
respectées ?
- Quelles sont les conséquences
socio-économiques et environnementales liées
à l'exploitation des carrières des pierres dans le groupement
de Kagabi ?
0.3.2. Hypothèses
Partant de la problématique de notre travail, les
hypothèses suivantes pourraient être envisagées :
- Le groupement de Kagabi serait en possession des plusieurs
carrières dont actuellement le nombre est estimé à 14
et d'autres sites sont en découverte du jour au jour.
- Du lieu d'extraction jusqu'au lieu d'utilisation les pierres
suivraient un parcours, l'extraction, le concassage, le stockage, le
chargement, le déchargement au lieu d'utilisation où elles
peuvent subir d'autres modifications selon les besoin de l'utilisateur.
- Les causes de l'exploitation des carrières des
pierres serraient le manque d'autres travaux pour résoudre les
besoins quotidiens, de chercher à accroitre son revenu (son
économie), l'infertilité des champs suite à la
présence des pierres ainsi que le besoin en matériaux de
construction.
- Il existerait des règles ou conditions
d'exploitations, mais qui dateraient de longtemps et qui seraient
malheureusement non respectées.
- Etant une activité commerciale, l'exploitation des
carrières des pierres accroitraient l'économie de la
population locale et le trésor public par des taxes payées par
les exploitants. Elle utilise plusieurs personnes en diminuant progressivement
le chômage chez eux. Son impact sur l'environnement varie selon le moment
(stade d'exploitation, stades de recolonisation), et selon le type d'extraction
et de substrat. Nous pouvons citer entre autres la modification du
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milieu naturel (faune, flore, utilisation des sols, air
cultures, tourisme...) ; du paysage ; de l'hydrologie, l'hydrogéologie,
la qualité de l'eau et les activités socio-économiques
.Multiplication des maladies, les éboulements, la présence des
morts d'hommes, les bruits sonores et les conflits fonciers.
0.4. Objectifs de la recherche
Notre recherche a comme objectif général de
comprendre la chaine de valeurs et l'impact de l'exploitation de
carrières de pierres sur tous les plans dans le groupement de Kagabi en
fin de proposer un certain nombre des règles dans l'exploitation pour
lutter contre la surexploitation et la dégradation de l'environnement. A
cet objectif principal, nous ajoutons les objectifs spécifiques
ci-après :
· Dénombrer les différentes carrières
des pierres du groupement de Kagabi ;
· Chercher à énumérer les
étapes que suit la chaine de production dans l'exploitation des
carrières des pierres ;
· Déterminer les causes de l'exploitation des
carrières des pierres ;
· Proposer certains règlements (conditions)
d'exploitation des carrières des pierres ;
· Déterminer les impacts socio-économiques
et environnementaux de l'exploitation des carrières des pierres.
0.4. Etat de la question
Bien des chercheurs ont abordé l'étude de
l'exploitation des carrières sous des aspects différents et dans
différentes régions. Les pierres exploitées ne sont pas
les mêmes. A titre illustratif, notre attention a porté sur les
travaux de :
· Adil Darkaoui, Brahim Ouahman, « Impacts
environnementaux de l'exploitation des carrières dans les oasis
d'Ouarzazate ». Janvier 2019, Ouarzazate, Maroc. C'est un article qui
montre les transformations des écosystèmes oasiens et leurs
perspectives de développement.
· CEN Rhône-Alpes, "Les carrières de roches
dures, un projet de territoire naturel et humain" mars 2014, Maison forte 2,
rue des Vallières. Il parle des cahiers techniques qui constituent une
collection du réseau des acteurs d'espaces naturels de
Rhône-Alpes.
Il vise tout autant les carrières en activité
que les diverses personnes impliquées dans un projet d'exploitation que
ça soit dans son suivi, son instruction ou dans la vie au quotidien.
Ainsi, élus locaux, gestionnaires de territoire, associations, services
de l'Etat et même riverains trouveront dans cet ouvrage de quoi alimenter
leur réflexion.
· Chema départemental des carrières des
côtes d'Armor « Les carrières et leurs environnements »,
Version 2020, Partie D. C'est un article qui s'intéresse de l'analyse
de
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l'impact des carrières existantes, des
sensibilités environnementales, des propositions concernant les
intérêts à protéger ainsi que des propositions
concernant la remise en Etat du site.
? Guillaume Nshambalo Bacoke. 2017. «
L'exploitation des carrières de pierres et ses incidences dans les
groupements de Bushwira, Kagabi et Mudaka (1990-2016)». Mémoire
inédit département d'Histoire, ISP/Bukavu. Il montre que la
découverte de la pierre dans les carrières situées dans
les groupements sous étude s'est faite d'une manière
aléatoire et inattendue par des agriculteurs dans leurs champs ou des
bergers qui faisaient paitre les troupeaux sans recourir à une
quelconque expertise scientifique et technique en la matière. En suite
les effets économiques, socio-culturels et environnementaux de
l'exploitation de la pierre de construction sont nombreux et fâcheux dans
ces groupements sous étude, entre autres le recul de l'agriculture et de
l'élevage, l'abandon de la scolarité par les jeunes, la
dépravation des moeurs et la destruction à grande échelle
de l'environnement. Et il termine en montrant qu'en dehors de ces effets
négatifs et fâcheux, certains exploitants arrivent à tirer
leur épingle du jeu en engrangeant quelques revenus
éphémères parce qu'on constate déjà un
début de disette et de désertification dans les groupements sous
étude.
Chacun des auteurs ci-haut cités dans son document sur
l'exploitation de pierres donne l'importance de son étude. La
nôtre portera sur la chaine de valeurs et l'impact environnemental de
l'exploitation de carrières de pierres dans le groupement de Kagabi.
Notre zone d'étude est constituée des pierres de type basaltique
état donné nous sommes dans une région volcanique.
0.7. Approche méthodologique de notre
travail
Dans les lignes qui suivent, nous essayons d'expliquer les
méthodes et techniques utilisées dans notre recherche. Ainsi,
l'approche méthodologique que nous préconisons décline la
démarche qui permet de répondre à la question de
départ, de vérifier les hypothèses formulées et
d'atteindre les objectifs de notre recherche. Notre démarche repose
essentiellement sur une méthodologie pluridisciplinaire orientée
vers la collecte de données à la fois qualitatives et
quantitatives. La combinaison de ces deux méthodes permet de combler les
lacunes résultant de la manipulation des données quantitatives
par les données qualitatives et vice-versa. En nous proposant de
combiner les approches quantitative et qualitative, nous envisageons de mener
une analyse relativement complète de l'exploitation des carrières
des pierres dans le groupement de Kagabi. Dans notre recherche, la
méthode dite quantitative s'applique surtout aux facteurs
généraux de manière à focaliser l'attention sur la
fréquence d'un phénomène dans un ensemble de cas. En
revanche, en adoptant la méthode qualitative, nous favorisons les
principes idéographiques pour tenter d'expliquer la présence d'un
résultat dans un cas particulier. Selon AUBEL (1994), la méthode
qualitative permet de saisir une situation à partir d'une analyse
8
subjective des enquêtés. L'une des
particularités indispensables de cette méthodologie est
d'appréhender une situation en utilisant une approche qui
privilégie les sentiments de la population sur laquelle porte la
recherche.
Après cette mise au point, nous allons présenter
notre méthodologie de recherche principalement structurée en
quatre parties et comprenant notamment : les techniques de collecte de
données, la recherche documentaire, Des visites pour comprendre notre
terrain d'étude et enfin l'enquête par questionnaire et l'analyse
des données.
Pour arriver au terme de notre étude, nous avons
utilisé les méthodes suivantes :
1. Techniques de collecte de données
Nous avons recueilli deux catégories de
données. Les premières données qui sont connues sous le
nom de « données secondaires » ont été obtenues
par le biais de la recherche documentaire alors que les deuxièmes que
nous appelons « données primaires » ont été
collectées à l'aide de grilles d'entretien, d'observation et
surtout grâce à une enquête par questionnaire.
2. La recherche documentaire : pour enrichir
notre connaissance en ce qui concerne l'exploitation des carrières des
pierres, nous avions contacté des bibliothèques, certains moteurs
de recherche comme par exemple Google. Ce contact nous a permis de consulter et
de passer à la lecture de certains ouvrages, de quelques notes de cours,
quelques mémoires et TFC ayant rapport avec notre sujet de recherche en
vue d'avoir des informations nécessaires pour sa réalisation.
3. Des visites pour comprendre notre terrain
d'étude: Suite à la recherche documentaire, la mise en
oeuvre de la technique d'observation directe non participante nous a permis de
collecter les « données primaires ». Ainsi, en prélude
à l'enquête, les travaux de cette activité
préparatoire ont commencé par la série de rencontres avec
les différents acteurs ciblés. De cette manière, nous
avons observé le fait devenu rituel qui consiste à nouer dans les
zones d'enquête, le contact avec les autorités administratives et
locales avant le lancement des opérations d'enquête. Ainsi, en
amont de l'enquête, nous avons soumis notre questionnaires aux visas des
différents autorités (secrétaire de groupement, des chefs
de villages) pour attester notre présence dans leurs entités. Par
cette formule d'usage, nous avons été autorisés à
visiter le terrain à notre guise afin d'observer de nous-mêmes le
comportement des différents acteurs.
A l'occasion, nous avons visité plusieurs
carrières des pierres du groupement de Kagabi en vue d'établir le
diagnostic, l'impact sur l'environnement et de comprendre le fonctionnement de
toute la « machine » dans une carrière des pierres. Nous avons
pu observer les emplacements des carrières qui existent dans le
groupement de Kagabi et relever les contraintes qui pèsent sur les
acteurs dans le domaine de l'exploitation des carrières des pierres.
L'observation directe du
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terrain nous a ainsi permis de préciser,
compléter et valider les informations obtenues à partir des
documents administratifs, des enquêtes de terrain, des entretiens et de
comprendre l'état actuel de l'exploitation des carrières des
pierres. Au-delà de cette mise au point, une description
détaillée du monde d'exploitation des carrières des
pierres nécessite l'organisation d'entretiens et des interviews
auprès de l'ensemble des acteurs impliqués. Ainsi, nous avons
conduit des enquêtes par questionnaire et des entretiens semi-directifs
dans les différentes carrières du groupement de Kagabi. Au cours
des entretiens, nous avons abordé les principales questions sur
l'exploitation des carrières des pierres et son impact sur
l'environnement. Nous avons recueilli les informations sur les logiques
inhérentes aux actions, aux représentations et les attentes des
interviewés en matières d'exploitation des carrières des
pierres.
4. L'enquête par questionnaire et l'analyse des
données
En vue de collecter les données chiffrées, nous
avons élaboré un questionnaire que nous avions adressé aux
intervenants dans les différentes carrières de notre zone
d'étude. Cette enquête par questionnaire qui a été
réalisée auprès de 50 personnes constituant la
totalité des intervenants et réparties entre les
différents villages, nous a permis d'approfondir les recherches et
d'apporter des réponses aux différentes questions
formulées en questions ouvertes. Les discours des enquêtés
qui ont été fidèlement reportés ont donné
lieu à un traitement et à l'établissement de graphiques et
de tableaux. Des travaux de cartographie pour territorialiser les
différentes carrières ont clôturé ces
démarches. Pour ces travaux, il convient de mentionner l'utilisation
d'une fiche de relevé de coordonnées (latitude, longitude et
altitude) en utilisant l'outil de géo localisation qui est le GPS pour
la localisation des différentes des carrières des pierres.
Après avoir collecté les « données primaires »
que nous avons obtenues en appliquant les guides d'entretien, nous avons
abordé la phase du dépouillement manuel dont les résultats
sont reportés littéralement dans les différents tableaux.
Egalement, il convient de rappeler qu'au compte des « données
primaires » collectées, nous avons choisi la voie du questionnaire
et du dépouillement à partir du logiciel Excel. Cette action a
débouché sur la description des tableaux et des graphiques.
0.8 Difficultés rencontrées
Au cours de notre recherche, nous nous sommes heurtés
à plusieurs difficultés dont notamment celles liées
à l'accès aux zones d'enquête pendant la période
pluvieuse, à la méfiance et à la réticence de
certains enquêtés et surtout au manque d'intérêts de
certains responsables pour la recherche sur l'exploitation des carrières
des pierres.
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0.9 Subdivision du travail
Hormis l'introduction et la conclusion générale,
ce travail est subdivisé en 3 chapitres :
Le premier chapitre portera sur la présentation du
milieu d'étude.
Nous allons ensuite passer à l'exploitation des
carrières de pierres.
Le troisième volet est consacré à
l'identification et l'évaluation des impacts de l'exploitation des
carrières des pierres dans le groupement de Kagabi.
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CHAPITRE PREMIER : PRESENTATION DU MILIEU D'ETUDE I.
ASPECTS GEOGRAPHIQUES
I.1. Situation géographique
Le groupement de Kagabi est l'un des quatorze groupements de
la Chefferie de Kabare en territoire du même nom. Il est situé
dans la partie centrale de la chefferie de Kabare, à -2°27'49" de
latitude Sud et 28°49'59" de longitude Est. Il est perché dans le
Kivu montagneux à une altitude moyenne de 1907m. Vaste d'environ 183
km2 essentiellement de terre ferme, il est limité :
- Au Nord et à l'Ouest, par le groupement de Bushwira
;
- Au Sud, par le groupement de Cirunga ;
- A l'Est, par le lac Kivu et la ville de Bukavu.
I.2. Division administrative
Concernant sa situation politico-administrative, le groupement
de Kagabi est issu du découpage territorial de juillet 1987.
Pour sa subdivision administrative, il compte officiellement
pour le moment cinq villages, notamment : Kagabi Centre, Muganda, Cidjo,
Mbobero et Mbiza.
Voici leur localisation :
? Le village de Kagabi au centre ;
? Le village de Cidjo se trouve au nord-ouest
? Le village de Mbobero se trouve à l'est ;
? Le village de Muganda se trouve au sud ;
? Le village de Mbiza est situé dans la partie-est du
groupement de Kagabi.
12
CARTE DE LA CHEFFERIE DE KABARE

Image 1 Carte de la chefferie de Kabare avec la Zone
d'étude
I. 3. Relief
Le relief en place est contrasté avec des pentes raides
dont la valeur moyenne est 27% ou 7 à15°.Il présente des
plateaux, des collines, et des vallées généralement
étroites ou encaissées. Les dénivellations sont
importantes, parfois de plus de 500m. C'est un relief qui n'est pas complexe,
il comprend des collines et peu de plateaux (Cirhuza, 2011). Il est clairement
établi que le groupement de Kagabi présente dans certains
villages de terrains à pentes fortes et par conséquent en proie
à une érosion intense.
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I. 4. Climat
Le groupement de Kagabi, voisin de la ville de Bukavu, jouit
d'un climat subéquatorial ou soit tropical humide tempéré
par l'altitude.
Sous ce climat, les températures oscillent entre 20 et
21°C. Quatre saisons : deux saisons sèches et deux saisons
pluvieuses. La première saison de pluie commence en septembre et prend
fin en janvier (saison A) et la seconde en mars et se termine en mai (saison
B). La première petite saison sèche couvre le mois de
février, et la deuxième saison sèche (la plus grande)
commence du mois de mai jusqu'en Aout. Cependant, son relief
élevé et sa situation à proximité du lac donnent
à ce climat des valeurs des températures
modérées.
I.5.Hydrographie
Le groupement de Kagabi est entaillé par les cours
d'eaux. C'est-à-dire que son site s'étend sur une zone
accidentée et disséquée par un ensemble des cours d'eau
qui se jettent dans le lac Kivu et répartis comme suit :
- La rivière Murhundu dans le village de Cidjo
constitue la limite nord-est avec le groupement de Bushwira. Cette
rivière fournie de l'eau à la REGIDESO en sa station de
traitement de MURHUNDU dont la capacité de production est de 28
000m3/jour, c'est-à-dire 84 000m3/mois soit 10 080
000m3/an, qui alimente toute la ville de Bukavu en eau potable
(Bureau du Chef d'usine REGIDESO).
- La rivière Nabinenva qui touche les villages de
Kagabi et Muganda, cette rivière forme la limite sud-est du groupement
de Kagabi avec le groupement de Cirunga.
- La rivière Lulonge dans les villages de Cidjo,
Muganda et Kagabi. A ce fait, on note aussi un nombre important de ruisseaux
dans ce groupement.
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