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NSTITUT REGIONAL AFRICAIN DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES
DE L'INFORMATION GEOSPATIALE (Placé sous les auspices de la
Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique)
CAMPUS UNIVERSITAIRE OBAFEMI AWOLOWO, P.M. B: 5545, ILE-IFE,
OSUN STATE, NIGERIA www.afrigist.org

Diplôme de Master Professionnel en Production et
Gestion de l'Information Géographique
EVOLUTION SPATIALE DE L'URBANISATION A BOBO-DIOULASSO,
BURKINA FASO
Projet individuel soumis au département de
photogrammétrie et de télédétection
Présenté par :
Malick BANDAOGO
PRS/PM/32413
JUIN 2025
TABLE BDES MATIERES
SIGLES ET ABREVIATIONS
2
RESUME
3
ABSTRAT
3
INTRODUCTION
4
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE DE
L'ETUDE
5
I. Problématique
5
1. Questions de recherche
5
2. Objectifs de recherche
6
3. Clarification des concepts
6
CHAPITRE II : CADRE LOGIQUE DE
L'ETUDE
7
I. Présentation de la zone
d'étude
7
1. Caractéristique physique
8
2. Caractéristique
socio-économique
8
CHAPITRE III : APPROCHE
METHODOLOGIQUE
9
I. Matériels et logiciels
9
II. Méthode de traitement des
données
9
CHAPITRE IV : RESULTATS ET
DISCUSSIONS
12
RESULTATS
12
I. Occupation spatiale de la ville de
Bobo-Dioulasso
12
1. Occupation spatiale de la ville de
Bobo-Dioulasso en 2016
12
2. Occupation spatiale de la ville de
Bobo-Dioulasso en 2025
13
II. Changement spatiale de la ville de
Bobo-Dioulasso entre 2016 et 2025
14
III. Prédiction de la ville de
Bobo-Dioulasso à l'horizon 2035
16
Discussion
18
CONCLUSSION
19
SUGGESTION
19
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
20
SIGLES ET ABREVIATIONS
AFRIGIST: Institut Africain des Sciences et Technologies de
l'Information Géospatiale
B: Bande
BM: Banque Mondiale
ENVI: Environment for Visualizing Images
Ha: Hectar
IBI: Index-Based Built-Up Index
IGB: Institut Géographique du Burkina
INSD: Institut National de la Statistique et de la
Démographie
NDBI: Normalized Difference Built-up Index
NDVI: Indice de Végétation par Différence
Normalisée
NIR : Proche Infrarouge
OCDE : Organisation de Coopération et de
Développement Economique
ONU : Organisation des Nations Unies
RGB: Red Green Blue
SIG : Système d'Information Géographique
SWIR : Infrarouge à Ondes Courtes
RESUME
Cette étude s'intéresse à
l'évolution spatiale de la ville de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso entre
2016 et 2025, en mobilisant les outils de la télédétection
et des systèmes d'information géographique. L'objectif principal
est d'analyser les dynamiques d'occupation du sol afin d'anticiper l'expansion
urbaine et proposer des recommandations en matière d'aménagement
durable. À partir des images satellitaires Sentinel-2 et d'une
classification supervisée, trois classes d'occupation ont
été étudiées : le bâti, la
végétation et les sols nus. Les résultats
révèlent une forte croissance des zones bâties 9,2 %, une
progression modérée des espaces végétalisés
5,66 % et une régression marquée des sols nus14,87 %. Une
projection à l'horizon 2035, basée sur le modèle
CA-Markov, met en évidence la tendance à la consolidation du
bâti, confirmant les pressions urbaines en périphérie.
Cette recherche démontre la pertinence des outils géospatiaux
pour le suivi urbain et souligne l'importance d'une planification territoriale
intégrée, afin de concilier urbanisation rapide et
durabilité. L'étude constitue ainsi un apport
méthodologique et opérationnel pour les décideurs locaux,
en appui à la gouvernance foncière et à la
résilience urbaine.
Mots clés : Cartographie,
Développement urbain, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso.
ABSTRAT
This study focuses on the spatial evolution of the city
ofBobo-Dioulasso in Burkina Faso between 2016 and 2025, using remote sensing
and geographic information systems. The main objective is to analyze land use
dynamics in order to anticipate urban expansion and propose recommendations for
sustainable development. Using Sentinel-2 satellite images and supervised
classification, three land use classes were studied: built-up areas,
vegetation, and bare soils. The results reveal a strong growth in built-up
areas9.2%, a moderate increase in green spaces 5.66%, and a marked decline in
bare soils 14.87%. A projection to 2035, based on the CA-Markov model,
highlights the trend towards building consolidation, confirming urban pressures
on the outskirts. This research demonstrates the relevance of geospatial tools
for urban monitoring and highlights the importance of integrated territorial
planning to reconcile rapid urbanization and sustainability. The study thus
constitutes a methodological and operational contribution for local
decision-makers, in support of land governance and urban resilience.
Keywords: Cartography, Urban development,
Bobo-Dioulasso, Burkina Faso.
INTRODUCTION
La dynamique urbaine est un processus complexe et
multidimensionnel, impliquant des transformations simultanées d'ordre
spatial, social, économique et environnemental. Elle résulte de
l'interaction de multiples facteurs naturels, démographiques,
économiques et politiquesqui modèlent l'évolution des
villes. L'une de ses manifestations les plus significatives est l'urbanisation
rapide, particulièrement prononcée dans les pays en
développement, où elle se traduit souvent par une croissance
urbaine non planifiée(UN-Habitat, 2020).
À l'échelle mondiale, l'urbanisation progresse
à un rythme soutenu. Actuellement, 56 % de la population mondiale vit en
milieu urbain, une proportion susceptible d'atteindre 70 % d'ici 2050. Cette
dynamique impose aux villes une adaptation constante pour répondre
à la demande croissante en services, infrastructures et ressources
environnementales (BM, 2023).
En africain, la population urbaine devrait doubler d'ici 2050,
passant de 700 millions à 1,4 milliard d'habitants (OCDE, 2025). Cela
constitue un enjeu pour le développement économique,gouvernance
urbaine, de logement, d'équipements collectifs et de
durabilité(OCDE, 2020).
Le Burkina Fasoconnaît une accélération de
sa croissance urbaine dû à une concentration démographique
accrue dans les grandes villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Ce processus
soulève de nombreux enjeux, tels que la multiplication de l'habitat
informel, la complexité de la gestion foncière et l'accès
insuffisant aux services de base(ONU-Habitat, 2007).
Bobo-Dioulasso illustre particulièrement ces
dynamiques. Son développement urbain a été jalonné
par plusieurs phases, interventions publiques et des mutations
économiques. Les projets de initialement mis en oeuvre pour
répondre aux besoins des populations à faibles revenus, ont
été complétés par des initiatives de
réhabilitation des quartiers précaires (BM, 2002).
Bobo-Dioulasso connaît une phase de renouveau
économique, appuyée par des investissements publics et le retour
de populations actives. Centre industriel et agricole, elle joue un rôle
central dans la production du coton, de la noix de cajou et du beurre de
karité (Dubbeling et al., 2015). La création du Centre
ouest-africain d'études économiques et sociales témoigne
de la volonté locale de soutenir une dynamique urbaine inclusive et
durable, au service de la modernisation de la ville (Kassie et al., 2017).
CHAPITRE I : CADRE
THEORIQUE DE L'ETUDE
I. Problématique
L'urbanisation accélérée que connaissent
les villes africaines constitue un enjeu central dans la gestion et la
planification territoriale. La forte démographique, conjuguée
à une urbanisation non maîtrisée, génère de
profondes perturbations dans l'organisation spatiale et l'occupation du sol.
Face à ces dynamiques, est impératif d'adopter une approche de
planification stratégique et durable, afin de garantir un cadre de vie
fonctionnel, équitable et résilient (UN-Habitat, 2014).
Les villes africaines, et notamment les capitales, sont
confrontées à de multiples déséquilibres :
déficits en infrastructures, fragmentation des espaces urbains et
inégal accès aux services de base (Brueckner et Lall, 2015).
L'étude des dynamiques spatiales, appuyée par les technologies de
télédétection et les systèmes d'information
géographique, s'avère essentielle pour comprendre et anticiper
les effets de cette urbanisation rapide (Schneider et al., 2010).
Bobo-Dioulasso, illustre ces problématiques. Sa
croissance démographique rapide a entraîné l'extension de
quartiers informels et une pression accrue sur les services urbains essentiels.
La ville souffre d'une gouvernance fragmentée, rendant difficile une
réponse cohérente aux besoins en matière
d'éducation, de santé ou d'assainissement (Soma, 2024).
Les changements d'affectation des sols liés à
l'étalement urbain contribuent à la dégradation des
écosystèmes locaux, accentuant les tensions environnementales.
Face à cette situation, une planification urbaine inclusive impliquant
les populations locales est indispensable, afin de concilier
développement économique et préservation des ressources
naturelles (Bolay, 2019).
Enfin, l'analyse spatio-temporelle du développement
urbain de Bobo-Dioulasso se heurte à des limites méthodologiques,
notamment dues au manque de données fiables et à l'impact de la
déforestation (Robison & Aaron, 2018). Le recours à des
outils géomatiques avancés et le renforcement des partenariats
entre chercheurs et urbanistes s'imposent comme des conditions
nécessaires à une gouvernance territoriale durable.
1. Questions de recherche
Dans ce contexte présenté ci-dessus, Comment la
télédétection et les SIG
peuvent-ils être utilisés pour analyser et comprendre
l'évolution urbaine de Bobo-Dioulasso ?
Cette question principale soulève les questions
spécifiques suivantes :
1) Quelle est l'évolution spatiale de la villede
Bobo-Dioulasso entre 2016 et 2025 ?
2) Quels sont les changements intervenus dans la villede
Bobo-Dioulassoentre 2016 et 2025 ?
3) Quelles sont les zones à forte probabilité
d'expansion urbaine dans le futur ?
2. Objectifs de recherche
Cette étude a pour objectif générale est
d'utiliser la télédétection et les SIG pour analyser
l'évolution urbaine de Bobo-Dioulasso, afin de fournir des
recommandations pour une gestion durable de la ville. Cet objectif
général nous permet de formuler des objectifs spécifiques
suivants :
a) Cartographier l'étatvillede Bobo-Dioulasso2016 et
2025;
b) Les cchangements intervenus dans la villede Bobo-Dioulasso
2016 et 2025;
c) Prédire l'extension du bâti urbaine à
l'horizon à 2030.
3. Clarification des concepts
v Urbanisation
L'urbanisation le processus de concentration croissante de la
population dans les zones urbaines, entraînant l'expansion et la
transformation des villes. Elle résulte de facteurs économiques,
sociaux et démographiques, modifiant les structures spatiales et
fonctionnelles des territoires. Ce phénomène engendre des enjeux
majeurs en matière d'aménagement et de gouvernance urbaine.
v Le développement
Le développement est un processus global
d'amélioration des conditions de vie, intégrant des dimensions
économiques, sociales et environnementales pour un progrès
harmonieux et durable.Le développementinclut l'expansion des
libertés humaines, des opportunités et la gestion
équilibrée des ressources pour garantir un avenir inclusif (Sen,
1999).
v La ville
La ville est désignée par deux critères,
la démographie 25.000 habitants et communalisation. Définie comme
le noyau urbain dans la commune urbaine formé par un tissu urbain
continu et doté d'un réseau fonctionnel d'adduction d'eau,
d'électricité, d'éclairage public, de
téléphone et d'équipements structurants (Décret
2008-431/PRES/PM/MHU du 07 mai 2008).
CHAPITRE II : CADRE
LOGIQUE DE L'ETUDE
I. Présentation de la zone
d'étude
Située dans la région des Hauts-Bassins, au
sud-ouest du Burkina Faso, Bobo-Dioulasso est la deuxième ville du pays
après Ouagadougou. Ses coordonnées géographiques sont
approximativement 11°11' de latitude nord et 4°17' de longitude ouest
(INSD, 2022). Chef-lieu de la province du Houet, elle s'étend sur
environ 136,78 km² et joue un rôle stratégique en tant que
carrefour commercial et centre économique et culturel national (INSD,
2022). Sa population, estimée à 984 603 habitants en 2019, est
principalement composée des ethnies Bobo, Dioula et Mossi. En 2009, un
redécoupage administratif a réorganisé la ville en sept
arrondissements répartis en 33 secteurs. Traversée par plusieurs
cours d'eau, dont le Houet et le Sanyo.

Figure 1: Commune de Bobo-Dioulasso
1. Caractéristique physique
1.1. Relief et
sols
Bobo-Dioulasso présente un relief peu accidenté
avec des plateaux et plaines ondulées, favorisant l'agriculture et
l'urbanisation. Son altitude moyenne est de 388 mètres, avec quelques
collines et formations rocheuses influençant l'écoulement des
eaux(DA Nibado Gilles Orner, 1993).
Les sols ferrugineux tropicaux, bien qu'assez fertiles,
subissent une forte pression due à l'urbanisation et à
l'agriculture. La surface cultivée est passée de 22 % en 1990
à 71 % en 2020, entraînant une régression des formations
naturelles (SANOU et LOMPO, 2024).
1.2.
Végétation et climat
Bobo-Dioulasso était dominée par des savanes
arborées et arbustives, mais l'urbanisation et l'agriculture ont
entraîné une forte régression de la couverture
végétale. Les forêts classées ont été
transformées en terres cultivées et zones résidentielles
(SANOU et LOMPO, 2024).
Le climat tropical soudanien alterne entre saison sèche
et saison des pluies, mais la pluviométrie a fluctué avec une
tendance à la baisse. Les températures annuelles ont
augmenté, affectant les conditions de vie et l'agriculture(KABORE
Boureima, 2017).
1.3. Hydrographie
Bobo-Dioulasso est alimentée par plusieurs cours d'eau,
notamment le Kou, qui joue un rôle clé dans l'agriculture et
l'écosystème local. En plus des rivières naturelles, des
retenues d'eau et des barrages permettent de réguler les ressources
hydriques. Les eaux souterraines sont abondantes, avec des débits
variant de 10 à 800 m/heure (Mahadi BREME, 2014).
2. Caractéristique
socio-économique
Bobo-Dioulasso est un centre économique majeur du
Burkina Faso, avec une agriculture dynamique axée sur le coton, le
maïs et les fruits. Son industrie se développe, notamment dans
l'agroalimentaire et le textile. Elle est marquée par une riche
diversité ethnique et un patrimoine artistique vivant. Malgré
l'amélioration des infrastructures éducatives et sanitaires, la
croissance rapide pose des défis en matière de logement et de
services publics, nécessitant une planification urbaine
adaptée.
CHAPITRE III :
APPROCHE METHODOLOGIQUE
I. Matériels et logiciels
Dans le cadre de notre étude, nous utiliserons les
images Landsat Sentinelle 2 de 2016 et 2025. À ces données
s'ajoute un fichier au format shapefile du Burkina Faso, qui servira à
l'extraction de la commune de Bobo-Dioulasso.
Tableau 1: Caractéristique et
utilité des données
|
Données
|
Format
|
Résolution
|
Source
|
Utilité
|
|
Données vectorielles
|
Shapefile
|
-
|
IGB
|
Extraire la zone d'étude
|
|
Démographie
|
Excel
|
-
|
INSD
|
Courbe de la population
|
|
Sentinelle 2
|
Tiff
|
20m
|
Copernicus
|
Extension du bâti
|
La réalisation de cette étude a
nécessité l'utilisation de plusieurs logiciels :
v ArcGIS 10.8 a été employé pour la
réalisation de la zone d'étude
v Envi 5.3 a servi au traitement des images satellitaires.
v Terrest2020 a été utilisé pour les
prédictions.
II. Méthode de
traitement des données
Cette étude repose sur l'analyse des images Sentinelle
2, choisies pour leur haute résolution spatiale (20 m). Les
étapes clés comprennent la préparation des données
(empilement des bandes et composition colorée), la classification
supervisée basée sur des aires d'apprentissage, ainsi que
l'exportation et la vectorisation des résultats. L'objectif est de
produire une cartographie précise des unités paysagères
pour évaluer les dynamiques environnementales locales.
Ø Layer stacking : Les bandes ont
été regroupées en un seul fichier multidimensionnel
grâce à l'outil Layer Stacking, permettant ainsi une
intégration cohérente des données. Les bandes Sentinel-2
sélectionnées sont:B8 (infrarouge proche) ;B4 (rouge) et B3 (vert - 560).
Cette opération constitue une étape fondamentale,
facilitant notamment la composition colorée et la classification
thématique, essentielles pour l'interprétation des images
satellitaires.
Ø Composition colorée (fausses
couleurs) : facilite l'interprétation visuelle des structures
paysagères en combinant différentes bandes spectrales dans les
canaux Rouge, Vert et Bleu (RGB). Dans cette
étude, la combinaison 8-4-3 (NIR, rouge,
vert) a été privilégiée :B8 (infrarouge proche) en rouge ;B4 (rouge) en vert et B3
(vert) en canal bleu.
Ø Définition des classes et
sélection des aires d'apprentissage : Une classification
supervisée a été adoptée, reposant sur la
définition préalable de classes thématiques,
établies par une analyse visuelle de l'image et une connaissance du
terrain.
Tableau 2: Les classes et couleurs
|
Classes thématiques
|
Couleur d'interprétation
|
|
Bâti
|
Cyan
|
|
Sol nu
|
Brunâtre
|
|
Végétation
|
Rouge
|
Ø Classification supervisée :
L'algorithme de Maximum de vraisemblance via a été
utiliser pour calculer la probabilité d'appartenance de chaque pixel
à l'une des trois classes, sur la base des statistiques extraites des
aires d'apprentissage.
Ø Application d'un masque spatial :
Le masque vectoriel délimitant précisément la
ville de Bobo-Dioulasso a été appliqué afin de
circonscrire l'analyse à l'espace géographique.
Ø Vectorisation et export des
résultats : Après classification, l'image raster
classifiée a été convertie en format vectoriel à
l'aide des outils de traitement d'image d'ENVI. Le fichier vectorisé a
ensuite été exporté au format Shapefile.
Ø Calcul d'indice IBI
L'Indice IBI permet d'extraire et cartographier les zones
bâties via l'analyse d'images satellitaires. Il combine plusieurs indices
spectraux pour distinguer les surfaces urbanisées des zones
naturelles.
v NDBI: Calculé à partir des bandes SWIR et NIR,
il permet d'identifier les zones bâties grâce à la forte
réflectance des surfaces artificielles dans le SWIR.
v NDVI: Basé sur les bandes NIR et Rouge, il sert
à détecter les zones végétalisées.
v IBI : Obtenu par soustraction du NDVI au NDBI, il permet
d'isoler plus précisément les surfaces urbaines, en minimisant
l'impact des zones végétales.
Ø Détection de changement et analyse
spatio-temporelle
La détection des changements analyse l'évolution
des territoires en comparant des images classifiées à
différentes dates. Les pixels modifiés sont identifiés via
un logiciel SIG, et une matrice de transition permet de quantifier ces
transformations(Lu et al., 2004). Dans ENVI, l'outil Change
DétectionStatistiques aide à visualiser l'expansion urbaine et
les conversions entre classes. Les cartes de changement illustrent
l'évolution spatiale et les statistiques facilitent la planification
territoriale. Ces analyses sont essentielles pour anticiper les tendances et
optimiser la gestion des ressources.
Ø Projection de l'évolution de la ville
à l'horizon 2035
Les images Sentinelle 2 de 2016 et 2025 sont corrigées
pour éliminer les effets radiométriques et atmosphériques.
Une classification supervisée permet ensuite de cartographier
précisément l'évolution du tissu urbain.Le modèle
CA-Markov analyse les transitions d'occupation du sol entre 2016 et 2025 et
simule l'état futur du bâti en 2035.

Figure 2: Diagramme méthodologique
CHAPITRE IV :
RESULTATS ET DISCUSSIONS
RESULTATS
I. Occupation spatiale de la ville de
Bobo-Dioulasso
1. Occupation spatiale de la ville de
Bobo-Dioulasso en 2016

Figure 3: Occupation du sol en 2016
En 2016, l'occupation du sol à Bobo-Dioulasso
présente une configuration spatiale typique d'une ville en
développement, marquée par une forte dominance des espaces
naturels, accompagnée d'une urbanisation encore relativement contenue.
Les terres nues occupent 51,66% de la ville.Les zones bâties 36,33%et
surfaces végétalisées occupe 12,04% de la surface.Le
diagramme ci-dessous est la représentation des proportions de
l'occupation du sol de la ville de Bobo-Dioulasso.

Figure 4: Proportion d'occupation du sol par
classe en 2016
2. Occupation spatiale de la ville de
Bobo-Dioulasso en 2025
L'occupation du sol de Bobo-Dioulasso en 2016 se
caractérise par une expansion des zones bâties, une progression de
la végétation et une régression des sols nus.

Figure 5: Occupation du sol de Bobo-Dioulasso
2025
Les résultats des données indiquent une nette
expansion des zones bâties de 60,83% en particulier dans les
périphéries de la ville. Les sols nus et la
végétation représentent respectivement 21,46% 17,70% de
l'occupation surfacique de la ville de Bobo-Dioulasso. Le diagramme ci-dessous
est la représentation des proportions de l'occupation du sol de la ville
de Bobo-Dioulasso.

Figure 6: Proportion d'occupation du sol par
classe en 2025
II. Changement
spatiale de la ville de Bobo-Dioulasso entre 2016 et 2025
La ville de Bobo-Dioulasso connaît une transformation
spatiale marquée, caractérisée par une expansion urbaine,
une progression de la végétation et une régression des
sols nus.

Figure 7: Changement spatial observé
entre 2016 et 2025
Tableau 3: Matrice de transition entre 2016 et
2025
|
Unités
|
Superficies en (ha)
|
Proportion en %
|
Taux d'évolution
|
|
|
2016
|
2025
|
2016
|
2025
|
2016/2025
|
|
Bâti
|
487315
|
574232
|
51,63
|
60,83
|
9,2%
|
Progression
|
|
Végétation
|
113687
|
167109
|
12,04
|
17,7
|
5,66%
|
Progression
|
|
Sol nu
|
342918
|
202579
|
36,33
|
21,46
|
-14,87%
|
Régression
|
|
Total
|
943920
|
100
|
|
|

Figure 8: statistique de détection de
changement entre 2015-2025
Ces résultats montrent l'évolution de l'occupation
du sol de Bobo-Dioulasso entre 2016 et 2025.
Ø Expansion urbaine : Le bâti
progresse de 9,2 %, passant de 487 315à 574 232 ha. Cela traduit un
développement urbain significatifdû à l'urbanisation
croissante.
Ø Croissance de la végétation
: La végétation progresse également, avec une
augmentation de 5,66 % de sa superficie. Cela pourrait être lié
à des politiques de reforestation ou à une meilleure gestion
environnementale.
Ø Réduction des sols nus : La
diminution de 14,87 % des sols nus de 342 918à 202 579 ha indique que
des zones autrefois non utilisées sont maintenant urbanisées ou
reboisées.
III. Prédiction de la ville de Bobo-Dioulasso à
l'horizon 2035
La prédiction de l'évolution urbaine de
Bobo-Dioulasso repose sur l'analyse des dynamiques et spatiales afin
d'anticiper les transformations urbaines et d'assurer une planification
durable.

Figure 9: Prédiction de la ville de
Bobo-Dioulasso à l'horizon 2035

Figure 10: Statistique
d'occupation du sol en 2035
Tableau 4: Probabilités de transition
des unités d'occupation du sol en 2035
|
Unité d'occupation du sol
|
Bâti
|
Végétation
|
Sol nu
|
|
Bâti
|
0,89%
|
0,04%
|
0,07%
|
|
Végétation
|
0,23%
|
0,52%
|
0,25%
|
|
Sol nu
|
0,37%
|
0,28%
|
0,34%
|
Ø Bâties : Elles
présentent une forte probabilité de préservation 0,89%,
mais une fraction pourrait évoluer vers des espaces
végétalisés 0,04%et sol nul non 0,07%.
Ø Végétation : Elle
affiche une probabilité modérée de stabilité 0,52%
avec cependant un risque de conversion en zones bâties 0,23%et en sol nu
0,25%.
Ø Sol nu : Cet état de surface
est le plus sujet aux transformations, avec une probabilité de
transition notable vers des infrastructures urbaines 0,37%et
végétation 0,28%, tandis que la probabilité de maintien
est relativement inférieure 0,34%.
Discussion
L'évolution de l'occupation du sol à
Bobo-Dioulasso entre 2016 et 2025 révèle une dynamique
marquée par une forte expansion des zones bâties de 9,2 %, une
progression des espaces végétalisés 5,66 % et une
régression significative des sols nus 14,87 %. Cette transformation
spatiale illustre les caractéristiques d'une urbanisation rapide,
souvent peu planifiée, typique des villes d'Afrique de l'Ouest (Barros
et al., 2006). Lefebvre (1970) parle d'une révolution
urbaineoù l'extension de la ville traduit une appropriation
spontanée de l'espace. Parallèlement, la croissance de la
végétation pourrait résulter d'efforts de reboisement
urbain ou d'une gestion environnementale améliorée (FAO,
2010).
La régression des sols nus témoigne de leur
conversion vers des usages urbanisés ou
végétalisés, processus observés dans d'autres
contextes urbains en développement (Foody GM,2002). La
modélisation à l'horizon 2035 confirme ces tendances, indiquant
une forte stabilité des zones bâties0,89% et une
instabilité marquée des sols nus 0,34%, soulignant leur
rôle de zones tampon dans la dynamique urbaine (Verburg et al.,
2002). Ces résultats traduisent les pressions foncières
croissantes et la nécessité d'une gouvernance territoriale
adaptée. Comme le souligne L'enjeu pour les villes africaines
réside dans leur capacité à concilier développement
urbain et durabilité environnementale, en intégrant les outils de
planification spatiale et les modèles (Soma 2024).
CONCLUSSION
L'étude menée sur la ville de Bobo-Dioulasso a
permis de caractériser de manière rigoureuse les transformations
spatiales observées entre 2016 et 2025. En s'appuyant sur des outils
géomatiques modernes, notamment la télédétection
satellitaire et les SIG, elle met en lumière une dynamique
d'urbanisation accélérée, illustrée par l'extension
significative des surfaces bâties et la réduction des sols nus. La
projection à l'horizon 2035 confirme cette tendance, en identifiant des
zones à forte probabilité de conversion vers le bâti,
particulièrement en périphérie urbaine.
Ces résultats traduisent les défis auxquels sont
confrontées les villes africaines : croissance démographique
rapide, urbanisation non planifiée, pressions foncières
croissantes et dégradation environnementale. La mobilisation d'un cadre
analytique intégré permet non seulement de mieux comprendre les
dynamiques et fournir des outils d'aide à la décision pour une
gestion territoriale durable. Cette recherche que la mise en place d'une
gouvernance urbaine participative, appuyée par des données
fiables et des capacités techniques renforcées, est une condition
essentielle pour orienter le développement de Bobo-Dioulasso vers une
trajectoire inclusive et résiliente.
SUGGESTION
Pour assurer un développement urbain durable à
Bobo-Dioulasso, voici quelques suggestion clés :
Ø Renforcer la planification urbaine :
Mettre en place un schéma directeur de l'aménagement et
d'urbanisme intégrant les prévisions d'expansion urbaine
basées sur le modèle CA-Markov.
Ø Optimiser la gestion foncière
: Instaurer une gouvernance transparente du foncier, avec une
meilleure réglementation des transactions immobilières pour
limiter l'urbanisation informelle.
Ø Favoriser l'intégration des espaces
verts : Développer des infrastructures écologiques,
comme des corridors verts et des réserves urbaines, pour compenser la
réduction des sols nus et améliorer la qualité de vie.
Ø Soutenir une urbanisation inclusive
: Encourager des logements accessibles et bien équipés
pour toutes les couches sociales afin de réduire la prolifération
des quartiers précaires.
Ø Miser sur l'innovation géospatiale
: Intégrer des technologies avancées comme les SIG et la
télédétection pour suivre l'évolution urbaine en
temps réel.
Ø Développer une gouvernance
participative : Impliquer la population et les acteurs locaux dans la
prise de décision pour assurer une appropriation des projets urbains et
leur réussite.
REFERENCES
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