WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Formatin du collectif et processus de construction du lien social des les activités économiques spontanées:Une apprche sociologiques des opératrices du ''poteau'' de Elf à Douala au Cameroun

( Télécharger le fichier original )
par François GUEBOU TADJUIDJE
Université de Douala - Diplôme d'Etude Approfondie en Sociologie; option économie 2006
  

sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

« Si les uns cherchent des possibilités pour juguler le phénomène, d'autres par contre trouvent en elles, un chemin sûr pouvant aider à l'affranchissement des conditions sociales soumises à la précarité tous azimuts ; où l'Etat est en mal d'assurer ses fonctions régaliennes»1(*)

INTRODUCTION GENERALE

De plus en plus, dans les pays du Sud, on assiste à la perpétuation des activités économiques spontanées variées. Leur recrudescence traduit la dynamique avec laquelle les acteurs sociaux s'attèlent à l'amélioration des conditions de vie devenues insupportables au lendemain de la crise économique. Dans les capitales du Cameroun, Yaoundé et Douala, cette crise des années 1980 ayant réduit les pouvoirs et l'autorité de l'Etat, laisse transparaître sous toute ses formes des vitrines marchandes non conventionnelles qu'on a qualifié de MARCHE DU POTEAU. Dans cette perspective et dans le manque d'occupation, les populations urbaines s'orientent malgré tout vers les itinéraires de travail rémunérateur. Le cas des opératrices du poteau de la Elf à Douala, vendeuses de plaisir ou commerçantes du sexe à travers leur collectif de corps constitue dans cette lancée un fait sur lequel l'attention doit être retenue. C'est à cet effet qu'intervient ce thème intitulé La formation du collectif et le processus de construction du lien social dans les activités économiques spontanées vu à travers une approche sociologique dans l'unité d'observation des  opératrices du « poteau de ELF » à Douala.

Du coup, les questions de guidage de cette recherche sont les suivantes : quel est l'ensemble des faits et éléments sociopolitiques ayant prédisposé l'acteur urbain en même temps vers la pratique d'un tel commerce ou d'une telle activité et vers la construction du collectif ? Comment s'opère le processus de construction et de renforcement du lien social dans ce milieu ? Quelle est la conséquence socioéconomique, culturelle ou santé d'une telle pratique et l'influence du collectif formé sur l'activité et sur la société globale ?

Nous trouvons ainsi l'intérêt et la motivation de notre sujet dans la tentative de construire par la démarche scientifique -celle liée à la théorie du capital social- les phénomènes sociaux vulgaires. L'on ne saurait rester en tant que sociologue indifférent des situations que créent le phénomène de l'exode rural, le sous emploi et le chômage des jeunes en milieu économique urbain. Ceci motive notre goût scientifique et intellectuel à investiguer du point de vue sociologique sur un phénomène à savoir la prostitution de la jeune fille pour essayer de comprendre à travers la construction du collectif, les logiques de l'émergence des économies souterraines.

En tant que un cercle constitué des agents tolérants aptes à la construction du développement où se pensent les conditions et facteurs de l'amélioration de la condition de vie par petits ou grands projets dans le strict non-respect des normes citoyennes et morales prescrites, à court et à moyen terme, cette investigation pourra orienter les organismes dans leur intervention.

Au niveau national et local, cela aidera à une meilleure connaissance et à une maîtrise des réalités du milieu du poteau, guidera à l'ouverture vers une stratégie de dialogue social. Cela aidera peut- être à l'établissement d'une législation spéciale et d'un règlement réel lié au fonctionnement des activités dites conjoncturelles de la sorte. Cette étude vise enfin et surtout à apporter sa contribution à la compréhension du phénomène de prostitution comme cette activité économique en rapport avec les possibilités de solution aux problèmes procurés et surtout pour voir non leur rôle et leur place dans « l'amélioration des conditions » de vie des acteurs mais à la mise en exergue des contradictions nées du milieu. Aussi les résultats de ces travaux permettront enfin comme travail de détective aux hommes de loi et pour justice de réprimer réellement le fait qui se généralise dans la société.

Au niveau personnel et sur le plan théorique ou scientifique, ce travail vient si tel est possible, tenter de briser les frontières disciplinaires et intégrer les apports de diverses sciences pour maximiser sur l'ingrédient innovateur.

Cette abolition des frontières disciplinaires, (...) impose une approche interdisciplinaire par ailleurs recommandée par les grandes figures sociologiques 2(*)

Cependant, cette étude s'ouvre et tente de s'insérer dans les différents domaines de la sociologie qui se rapportent au sujet. Et compte tenu des interactions qui s'établissent entre les différentes variables de notre travail, deux champs sociologiques sont ici explorés pour rendre compte des logiques de la formation du collectif dans un cadre social de spontanéité et de profitabilité.

Le champ de la sociologie économique se déploie dans la perspective selon laquelle elle mène un regard sociologique du fait économique ou un regard économique du fait social. L'accent est mit sur les considérations de la hiérarchie des besoins et désirs des acteurs individuels ou collectifs sur le marché mus dans des logiques de relation sociale, sur la détermination des moyens, stratégies et pression conjoncturelle des exigences socio physiologiques minimales. A cet égard, a-t-on aussi ce droit en tant que dans cette recherche en sociologie de tenter le champ des activités économiques spontanées par l'exemple des opératrices du poteau de la Elf à Douala ? En ce sens, ici le regard se focalise aussi sur les conduites et les itinéraires socioéconomiques des acteurs. L'autre champ de la sociologie du travail atèle dans notre perspective sur les logiques du système de travail avec pour mission non seulement de comprendre l'environnement social du travail, mais les logiques des Ressources Humaines dans la productivité de l'entreprise du poteau tout en intégrant l'univers du travail dans son environnement social. Ce champ nous permet de montrer comment la situation de travail ou du non-travail, du type de travail ou du lieu du travail peut influer sur le type de conscience, sur le lien social et partant sur l'action collective3(*) jusqu'à l'affirmation d'une identité de métier parfois toujours resté dans l'ombre. De manière plus laconique, ces motivations et intérêt spécifique de ce travail résident en l'accomplissement de quelques objectifs

A l'heure où de nombreux regards scientifiques sont tournés vers les phénomènes internationaux, englobant et de grande envergure notre étude vise essentiellement à démêler les relations socio contextuels et saisir la vie des opératrices du poteau au quotidien. Nous voudrions précisément savoir dans quel itinéraire de travail ou registre économique nous devons proposer le marché du poteau des femmes afin qu'attention et sérieux leur soit accordé compte tenu de leur fonction sociale4(*. C'est pourquoi pour y parvenir, cette étude s'est fixée des objectifs :

-Saisir et identifier l'ensemble des faits et éléments sociopolitiques qui ont prédisposé l'actrice ou l'acteur urbain vers les activités économiques spontanées en général et celui des opératrices du poteau :prostitution.

-Comprendre comment s'opère au quotidien le processus de construction et de renforcement du lien social dans ce milieu.

-Analyser l'influence possible du collectif formé sur l'activité et sur l'environnement global avant de proposer quelques solutions aux problèmes décelés.

STRUCTURE DU TRAVAIL : Ce travail se structure en deux parties de trois chapitres chacune. La première partie passe en revue le cadre théorique et les éléments méthodologiques de l'étude. Le premier chapitre porte sur la revue de la littérature et la problématique de la recherche, le second s'articule autour du cadre théorique proprement dit et le troisième porte sur la présentation des éléments méthodologiques de l'étude. La deuxième partie porte sur les éléments empiriques et pratiques sur le terrain. Elle se divise aussi en trois chapitres. Son premier et le quatrième du travail scrute contextuellement une sorte de genèse du marché du sexe à partir des indicateurs du terrain par la simple trajectoire allant des déterminants socio-politiques des activités économiques à la montée du marché du poteau. Ce chapitre part de la présentation de la situation socio-politique et économique de l'émergence des activités économiques spontanées vers celle de diverses trajectoires socio-culturelles des acteurs du poteau à Douala. Le second chapitre de la deuxième partie et le cinquième, bien lié au précédent s'efforce à passer en revue toujours à partir des indicateurs factuels la symbolique de la construction du lien social et de la formation des solidarités à partir du quotidien des opératrices et des acteurs de la prostitution à Elf. Il s'évertue en tenant compte de la nouvelle configuration et du circuit adaptatif avant d'aborder l'environnement relationnel à la Elf avec les logiques de construction du lien social en milieu spontané puis en contexte du marché du poteau. Il s'appesanti finalement sur la dimension symbolique, dualiste de ce lien social en se focalisant sur les modalités de ces échanges du lien social et passant en revue les différents rapports et les différents styles de mobilisation du capital relationnel pour surseoir les différentes embûches vers les objectifs de la «profession». Enfin, le troisième de cette partie qui est le sixième et le dernier chapitre s'intéresse  davantage sur l'implication, les conséquences ou les répercussions d'une telle pratique avant de passer finalement à la réflexion sur l'itinéraire que suit cette nouvelle activité partant ainsi de l'itinéraire d'accumulation individualiste et subjectiviste ou de contingences vers la construction au quotidien d'un corps de métier (collectif formé).Et ce chapitre ne saurait être clos sans élaboration de quelques recommandations.

* 1 Camille EKOMO ENGOLO, 2006 :353, « Dynamiques sociales et conduites économiques, cas des tontines » in Revue Internationale des Sciences Humaines et Sociales, Vol.1, N°1.

* 2 DOGAN cité par AFANE, 2004, p.49.

* 3 A.TOURAINE, 1974, Paris, Seuil.

* 4 SIMONE DE BEAUVOIR, op.cit

sommaire suivant