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Scoutisme dans la région des grands lacs africains et éducation à  la paix

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par Jean-Jacques BAGALWA MURHANDIKIRE Mongane
Institut supérieur de développement rural - Licencié en Développement Rural 2007
  

Disponible en mode multipage

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, UNIVERSITAIRE
ET RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Instituts Supérieurs Techniques
INSTITUT SUPERIEUR DE DEVELOPPEMENT RURAL

I.S.D.R

BP 2849
BUKAVU

SCOUTISME DANS LA SOUS-REGION DES

GRANDS LACS AFRICAINS

et

EDUCATION A LA PAIX

Par : Jean-Jacques BA GAL WA MURHANDIKIRE Mon.

Directeur : Prof Dr Bosco MUCHUKIWA R., Docteur en Sociologie

Co-Directeur : Ass. Gustave LUNDJWIRE NTAKO, Licencié en Développement Rural

Mémoire présenté pour l'obtention du diplôme de licencié en Développement Rural

Niveau de technicité : A0

Option : Planification Régionale

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, UNIVERSITAIRE ET
RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Instituts Supérieurs Techniques
INSTITUT SUPERIEUR DE DEVELOPPEMENT RURAL

I.S.D.R

BP 2849
BUKAVU

SCOUTISME DANS LA SOUS-REGION DES

GRANDS LACS AFRICAINS

et

EDUCATION A LA PAIX

Par : Jean-Jacques BA GAL WA MURHANDIKIRE Mon.

Directeur : Prof Dr Bosco MUCHUKIWA R., Docteur en Sociologie

Mémoire présenté pour l'obtention du diplôme de licencié en Développement Rural

Co-Directeur : C.T. Gustave LUNDJWIRE NTAKO, Licencié en Développement Rural

Niveau de technicité : A0

Option : Planification Régionale

Année Académique 2007-2008

Prélude

La grandeur d'un métier est avant tout, d'unir les hommes.

Il peut être beau de mourir pour l'expansion d'un territoire, mais la guerre
d'aujourd'hui détruit ce qu'elle prétend favoriser.

Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre
rêve.

Antoine de Saint Exupéry (Terres des hommes)

La vie est un changement.
La vie est un mouvement du corps, de la pensée, des émotions, de l'esprit.

Etre vivant, c'est se développer continuellement.

Se développer, c'est changer,
passer progressivement de la dépendance à l'autonomie dans tous les
domaines.

C'est aussi découvrir les autres, autour de soi et passer de l'égocentrisme à
la solidarité.

Bureau mondial du scoutisme ;
Du Scoutisme Tout Simplement, Idées et pratiques pour les chefs et cheftaines,
Genève, 1996, P12

In Memoriam

Jackson MURHANDIKIRE RUVUNA LUSARHI dit MURLUS, il
m'a montré le chemin du développement, je poursuis
ses pas et n'ai jamais eu des déceptions ;

Jeanne MURHANDIKIRE dit NTALIMBA, elle m'a appris à
lire, je continue;

Déocar CIRINDA dit DIEKA, il m'a appris que le
bienfait ne se perd jamais mais il faut persévérer et
avancer, je persévère.

Le destin les a arrachés tôt à notre affection

(le 19 novembre 1992, le 24 juin 1992 et le 3 février 2008)

car Dieu est le maître du Monde.
Qu'ils se reposent en paix

iv

Dédicace

A Jeannette BAZIBUHE, mon épouse qui grâce à sa détermination j'ai pu faire ce cycle,
elle est une gazelle avec tout ce que cela implique de fragilité, de force et de beauté ;

A Jesse Ye MURHANDIKIRE, mon fils ;
A Jaël IZUBA, ma fille ;

A Jean MURHANDIKIRE `Général Mister John', mon père, qui m'a indiqué la bonne
voie en me rappelant que la volonté fait toujours des grands hommes,

A Jacqueline CIREZI `ma Jacquis', ma mère, qui a attendu avec patience les fruits de
sa bonne éducation ;

A Michel et Angélique MUTWALI, mes beaux parents ;

A Concilie, Concetie, Césarine, Richard, Jean, Patrice et vous autres mes soeurs et
frères ;

A Julien, Francine, Marguerite, Julienne, Denise, Daniel, Christian, Gaëlle, Jonathan,
Josué, Jospin, Christophe, Byone... mes neveux et nièces;

A mes tentes et oncles, cousines et cousins, belles soeurs et beaux frères,
A Innocent MATABARO, le prototype d'ami ;

Je vous aime ... et vous dédie cette oeuvre pour que vous ne doutiez jamais que le
travail est l'amour rendu visible.
Portez haut les valeurs qui sont en vos identités.

Jean-Jacques BAGALWA MURHANDIKIRE MONGANE

Remerciements

La nuit dure longtemps mais le jour finit par apparaître, dit-on. Ce travail est un fruit d'abnégation et de détermination né du souci d'apporter une contribution à la recherche scientifique, au développement et au scoutisme. Cela a été possible grâce à Dieu et aux hommes de bonne volonté qu'il a mis sur mon parcours et qui ont tenu à me susciter, encourager, appuyer et surtout critiquer. Ils méritent mes remerciements.

Merci au Professeur Docteur Bosco MUCHUKIWA, directeur de ce travail et secrétaire général académique de l'ISDR, qui a su, par ses questions et ses remarques claires, entretenir la flamme qui m'a habitée afin de rédiger ce mémoire.

Merci à l'Assistant Gustave LUNJWIRE NTAKO, co-directeur de ce travail, qui est pour moi un véritable catalyseur ; en sa présence, j'ai le goût de me dépasser et de prendre mon envol.

La teneur de ce mémoire tient fort en la pertinence et l'honnêteté de leurs commentaires.

A tout le corps académique et scientifique de l'ISDR surtout aux professeurs Augustin Mutabazi, Séverin Mugangu, Georges Mwangalalo, Barnabé Mulyumba, Muko Mubagwa, Jean Muhigwa ; et aux enseignats Victor Wendo, Godefroy Kabobya, Sadiki Byombuka, P-Célestin Mumbu, Victor Posho, Joachim Ruhamya, Eric Kasuku et à tous les autres ;

A nos camarades étudiants : Georges Bakongo, Dieudonné Ntamugale, Jean-Luc Mugisho, Jean- Claude Kasole, David Byamungu, René Bahati, Abbé Raphaël Ngwasi, Diego Katobololo, Emery Mudinga, et à tous les autres ;

A tous les scouts et guides de la sous région de grands lacs et spécialement vous avec qui on a été dans le comité de gestion, équipe exécutive, comité de coordination pour ces activités d'éducation à la paix : Gilbert MUSSUMBA et Annie ZAWADI sa femme, Thierry GAHUNGU, Félix NAHIMANA, Sylvain RURANGWA, Jean-Marie IRAKABAHO, Joseph PALUKU, Jules MITIMA, Alphonse NTINSINZIRA, Paola CERVO, Guillaume CAILLEAUX, Joseph MANIRAKIZA, Albert MURASIRA, Marie-Chantal UMUHOZA, Jean le Bon KASEREKA, Liliane IRAKOZE, Willermine BAMUSHEKERE, Aristide NZAJYIBWAMI, Gaëlle BOZEC, Greet YSEVN, Stijn RAES, Valentin BOENDE, Jacques SINDAYIGAYA, Claver KAZABAVAMWO, Daniel KAGIMBI, Magnus MAHONDA, Joseph KAJIBWAMI, Justine NKURUNZINZA, Justine NZEYIMANA. Les plusieurs nuits dans les tentes sur les collines et vallées de la sous-région des grands lacs à la recherche de cette denrée rare et précieuse produiront des fruits ;

Aux membres de l'équipe provinciale des scouts du Sud-Kivu (ASSK) et aux collaborateurs, qui ont accepté de travailler avec moi et me supporter : Daniel SEZIBERA, Hervé MULENDA, Paulin BASOBE, Jérémie KULU, Maggy DUNIA, Muriel KULIMUSHI, Furaha NTAWIGENA, Marcellin NTAKO, Daniel CHIRUNGU, Fidèle BARHEBWA, Théodore BAGUNDA Pieterjan MESTDAGH, Jean-Claude KABIONA, Justin MUGISHO, Modeste MWEMELI, Prosper BIRHAKAHEKA, Damien DUNIA, Luc BAES, Rudy VERHOVEN, Wouter, Dimitri, Tjis NAERT, Abdoulaye MM SENE, Jacques SANDRIZI, Jean-Moreau TU BI BU;

Vivre avec vous a été pour moi une bonne école de vie car vos critiques et autres soutiens m'ont façonné et croyez bien qu'en moi il y a une partie faite de votre façon de me considérer.

Aux frères et soeurs du chemin néo catéchuménat surtout Albert KAHINDO et Gorette nos catéchistes et spécialement ceux de la 2ème communauté de Mater Dei.

Par vous tous j'ai appris un secret d'Etat : Il faut travailler pour se rendre utile, se rendre utile pour être aimé, être aimé pour être heureux.

Je suis parce que vous êtes...

vi

SIGLES ET ABREVIATIONS

AGB: Association des guides du Burundi

AGNK: Association des Guides du Nord-Kivu

AGR Association des Guides du Rwanda

ASB: Association des Scouts du Burundi

ASC : Association des Scouts du Canada

ASN : Association scoute nationale

ASNK: Association des Scouts du Nord-Kivu

ASR: Association des Scouts du Rwanda

ASSK : Association des Scouts du Sud-Kivu

BMS: Bureau Mondiale du Scoutisme

BP : Baden-Powell

BRA: Bureau Régional Africain du Scoutisme

CCFD: Comité catholique Contre la Faim et pour le Développement (France)

CD: Commissaire de District

CEI : Communauté des états indépendants

CEPGL : Communauté Economique des Pays des Grands Lacs

Cg : Chef de Groupe

CG: Commissaire Général

CMS : Conférence Mondiale du Scoutisme

CP: Commissaire Provincial

CSGL: Concertation des Scouts des Grands Lacs

F: Formateur Breveté

FA: Formateur Adjoint

FESCO : Fédération des Scouts de la RD Congo

FMC : Formateur des médiateurs communautaires

ISDR : Institut Supérieur de Développement Rural

MC : Médiateurs communautaires

OMMS : Organisation Mondiale du Mouvement Scout

OSN : Organisation Scoute nationale

RIO : Réseau d'innovation organisationnelle

VP: Volontaire de Paix

RESUME

Ce travail part du constat amer selon lequel la paix est menacée dans la sous-région des grands lacs d'Afrique avec des conflits tribaux, des guerres pour l'obtention du pouvoir politique... et ceci amène une dégradation socioéconomique qui crée une déchéance du tissu humain en créant les pauvres, les affamés, les réfugiés, les déplacés, et des morts. Les jeunes sont entraînés dans la démarche décroissante.

Et pourtant, la guerre ne peut pas amener la paix, d'où il fallait penser autrement et utiliser des méthodes, des énergies nouvelles comme celles proposées par Baden-Powell, le fondateur du scoutisme qui avait jugé bon de laisser l'éducation à la guerre au profit de l'éducation à la paix. OEuvrer pour la paix est une des racines du scoutisme mondial qui a déjà fait ses preuves et reçu des récompenses multiples pour sa contribution.

Les associations scoutes se sont unies pour mettre sur pied la concertation des scouts des grands lacs africains (CSGL) qui vogue à contre courant et prend pour principale tâche l'éducation à la paix. Les jeunes scouts sont alors entraînés à la vie de pacificateur et des non violents. Ils organisent des camps, des jamborees, des séminaires, des ateliers... pour vulgariser les principes de cohabitation pacifique et de gestion des conflits, principes utiles pour un développement durable. L'expérience de la CSGL lui a conduit à travailler avec d'autres associations non scoutes et à produire des supports pédagogiques de grande utilité.

La CSGL nécessite le renforcement et il lui importe de réadapter ses interventions à la situation post-conflit, d'ajuster son programme aux domaines d'éducation à la paix proposés par l'UNESCO, de soutenir les initiatives de pacification qui sont créées dans la sous-région et d'élargir son camp de partenariat.

Ainsi elle aura aidé les jeunes à participer activement à l'éducation à la paix et donc au développement de la sous-région des grands lacs africains, son rayon d'intervention.

SUMMARY

This work starts from the bitter observation that peace is threatened in the African Great Lakes sub region by tribal conflicts, political warfare... That brings a socio-economic degradation that rips social tissue creating poverty, hunger, refugees, displacements and death. Youngsters are trained in this downhill situation. However, war cannot bring peace, which forces us to think different and use methods and new energy as proposed by Baden Powell, creator of scouting, who made a good choice changing war education to peace education. Working towards peace is one of the baselines of scouting worldwide, which has already proven itself and is widely recognised for its contribution.

The scouts associations united themselves to create the «Concertation des Scouts des Grands Lacs» (CSGL), who is willing to swim into the stream and has peace education as primary task.

This way, young scouts are trained as pacificators and non-violent actors. They organise camps, jamborees, seminars, ateliers... to vulgarise the principles of peaceful cohabitation and conflict management, interesting principles for a lasting development. Its experiences have motivated the CSGL to work with other, non-scouting, organisations and to produce widely a ppreciated pedagogic publications.

The CSGL needs reinforcement, and it gets important to readapt its interventions to a post-conflict situation, to adapt its programme to educational objectives specified by UNESCO, to support pacification activities that are created in the sub region, and to expand its number of partners.

This way, it will help youngsters to actively participate to peace education, and thus to the development of the African Great-Lakes sub region, its intervention zone.

INTRODUCTION 0.1 Problématique

Les pays dits de grands lacs africains (Rwanda, Burundi et République Démocratique du Congo) ont une histoire commune. La Belgique, ayant hérité les colonies allemandes du Rwanda et du Burundi dans le cadre du système des mandats institué par la Société des Nations à la suite du traité de Paix de Versailles, elle avait pu reprendre une dizaine d`années plus tôt l'Etat Indépendant du Congo (EIC) du roi Léopold II et avait transformé son statut en celui de la colonie en 1908, intégrant graduellement la gestion de ces 3 territoires. La Belgique y développa une sorte d' « Afrique Equatoriale Belge », dont le signe le plus évident fut l'intégration de la gestion politique et monétaire. L'assimilation était involontaire. Certains faits ont donc créé des mobilités transfrontalières notamment :

- La création des universités, surtout au Congo Belge (Lovanium, Université Libre du Congo,...) recevant des étudiants des autres pays ;

- Les transmutations des fonctionnaires locaux d'un territoire à un autre ; - La gestion des congrégations missionnaires suivant le même modèle ;

- L'unicité des organisations et associations sociales et d'encadrement des jeunes tels que le Scoutisme, les mouvements sportifs ; ... 1

Les mobilités seront de plus en plus structurées mais surtout négativement perçues à la longue suite à des conflits qui surgissent au Rwanda (1959) et au Burundi (1962). Si les premières mobilités étaient organisées, celles-ci seront forcées et placent une grande masse des personnes hors frontières. Elles deviennent réfugiées.

Après les indépendances (RD Congo : 30 Juin 1960, Burundi : 1er Juillet 1962 et Rwanda : 2 juillet 1962), plusieurs régimes se sont succédés dont certains ont été longs avec les mêmes caractéristiques dictatoriales. Pendant cette période, les relations sont quasi bonnes entre Kigali, Kinshasa et Bujumbura. Cela aboutit à la création, en 1976, de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) et la mise en route d'un document migratoire dit `Laissez-passer CEPGL' permettant aux habitants des 3 pays de circuler librement avec visa gratuit. Des projets naissent tels que la Société Internationale d'Electricité des Pays des Grands lacs (SINELAC), la Banque de développement Economique des pays des Grands Lacs (BDEGL), l'Institut de Recherche Agro Zootechnique (IRAZ), etc.

La chute du mur de Berlin (1989) brise l'existence de Deux Blocs Est-Ouest et met fin à la guerre froide. Dans les pays du Tiers Monde et particulièrement dans ceux de grands lacs africains naissent des tendances démocratiques avec l'instauration des multipartismes, des conférences, des négociations avec l'opposition, ...

La déstabilisation aiguë de la sous-région débute le 1er octobre 1990, lorsque le Front Patriotique Rwandais (FPR) attaque le Rwanda à partir de l'Ouganda. Guerre à l'issue de laquelle il prend le pouvoir en juillet 1994, après des accords politiques, des

crimes dont un génocide. Huit mois plus tôt, le processus démocratique avait tourné au drame au Burundi ; des dizaines des milliers des personnes sont mortes et le pays s'est engagé dans une guerre civile. A ce moment règnent des conflits tribaux dans les Kivu (phénomènes Bangiti, Katuku...). Fin 1993, près de deux cent mille réfugiés Burundais et au milieu de 1994, plus d'un million des réfugiés rwandais inondent le Kivu, qui vient à peine de s'engager dans une fragile pacification. C'est le début de l'extension, en cercles concentriques, des conflits dans la sous-région. La situation lente au Congo sera réchauffée et les guerres de libération sont déclenchées ranimant les multiples conflits tribaux qui sévissent dans le pays. 2

La sous-région est alors en ébullition. Des milliers des jeunes sont recrutés soit par des bandes armées, soit par les armées régulières. Il y a une multitude des déplacés internes, des réfugiés, des familles sont séparées, les civils sont surarmés, l'insécurité, la famine, la dégradation totale du tissu socioéconomique. Et tout le monde en est conscient et veut contribuer au changement. Le développement est bloqué car il n'y en aura pas sans paix ni pain. Il faut réinstaurer la paix par la consolidation de l'autorité de l'Etat.

Pour les politiciens, et selon le principe qui stipule que « qui veut la paix prépare la guerre » il faut se défendre et attaquer. Ainsi, on se surarme. Des structurations idéologiques ont été faites pour endoctriner les jeunes et toute la population, non à aimer certains étrangers mais à les haïr davantage. Les grains de préjugés, des caricatures, stéréotypes liés à la mauvaise gouvernance, à la corruption généralisée, au népotisme, et à une misère profonde sont enracinés et développés. Des termes jadis utilisés en coulisses apparaissent et sont brandis en premières pages, c'est entre autres le tribalisme, l'ethnisme, la xénophobie, l'ethnocentrisme, ... Des valeurs jadis prouvées positives telles que la solidarité, l'hospitalité, le pardon, l'amour du prochain, la non- violence, ... et tant d'autres sont jugées négatives et donc se perdent progressivement. Désormais, il est encré dans le chef des gens et surtout dans l'opinion publique, consciemment ou inconsciemment, des attitudes qui n'ouvrent aucune voie à la communication ni à la compréhension entre les peuples tant à l'intérieur d'une société qu'entre les différentes sociétés ou peuples.

Pour y parer, les politiciens soutenus par la communauté internationale initient des activités des grandes envergures avec des accords de paix, accords de cessez-le-feu, dialogues, conférences, colloques, interposition des militaires de paix, ... entre temps continuent des surarmements préventifs, défensifs ou offensifs. Malheureusement les résultats attendus n'arrivent pas si tôt et la population est anxieuse de croire à un retour à la quiétude d'autrefois.

Il faut utiliser d'autres mécanismes, des pacifistes.

Andrea RICCARDI disait que « La paix est une chose trop sérieuse pour être réservée aux politiques et aux diplomates. La paix est notre affaire, elle est notre mission. Il faut repenser aux moyens de parvenir à la paix et de la stabiliser.3 » La paix est au centre des problèmes de notre ère. Elle fait objet de plusieurs débats et manifestations.

2 Filip REYNTJENS, La guerre des Grands lacs, Alliances mouvantes et conflits extraterritoriaux en Afrique centrale, Ed. L'Harmattan, Collection l'Afrique des grands lacs, Paris 1999, p7 s

3 Andrea RICCARDI, La paix préventive : raisons d'espérer dans un monde de conflits, Ed Salvator, Paris 2005, p14.

Les acteurs de la société civile de la sous-région ont tous compris que la guerre a plus d'horreurs que davantages, que tout le monde est perdant et soutiennent de fait cette citation de Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant'Egidio. Ils se décident de faire quelque chose, selon les convictions de chaque organisation. Il faut donc que la société civile navigue à contre courant. Il faut guider les politiciens, les devancer, montrer qu'une autre face est envisageable et surtout que la paix est possible.

Dans son discours d'ouverture de la Conférence Internationale du Scoutisme en 1926, Baden-Powell s'exprimait en stipulant que « la paix ne saurait être entièrement assurée par les intérêts commerciaux, les alliances militaires, le désarmement général ou les traités bilatéraux, si l'esprit de paix n'est pas présent dans la conscience et la volonté des peuples, cela c'est une question d'éducation ». Pourquoi alors continuer à attendre des solutions par ceux qui n'emploient pas des bonnes méthodes ?

D'autre part, le premier paragraphe du préambule de la constitution de l'Unesco (1945) précise que « les guerres prennent naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix4 ». Cette citation si resplendissante pousse à rechercher la paix dans la région des grands lacs africains, par d'autres méthodes. Pour qu'il y ait la paix, il faut éduquer les hommes à la Paix et la cultiver.

Inspirées par cette philosophie d'action, les associations scoutes des grands lacs ont décidé d'utiliser cette nouvelle voie, celle de l'éducation à la paix. Elles partent des principes et méthodes scouts.

Né d'un militaire qui ne cessait de répéter qu'à la fin de sa carrière militaire il s'est mis à l'oeuvre pour transformer ce qui est l'art d'apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d'apprendre aux jeunes à faire la paix, le scoutisme s'emploi à travailler et à donner sa contribution pour l'édification d'un avenir plus pacifique. Par ailleurs, plusieurs écrits et discours de Baden-Powell parlent de la paix et de la fraternité internationale (le scout est l'ami de tous et frère de tout autre scout, reproduit le 4è article de la loi). Sans doute, l'ex-officier fut profondément choqué par la première guerre mondiale car il écrit dans la gazette Jamboree en 1921 : « le fracas provoqué par la guerre nous a tous violemment secoués... La guerre nous a averti qu'étant donné les conditions actuelles du développement matériel et intellectuel, nous devrions nous réformer et faire un meilleur usage des bienfaits de la civilisation, ou alors que cette punition infernale qu'est la lutte brutale entre les peuples, dont nous avons eu un avant goût, aura finalement raison de nous5 ». Et il ajoute encore dans le guide du chef éclaireur que « le scoutisme est une fraternité : un mouvement qui, concrètement ne tient aucun compte des différences de classes sociales, de religions, de nationalités ni de races, grâce à l'esprit indéfinissable dont il est pénétré, celui du gentilhomme de Dieu6».

La promesse et la loi scoutes sont un moyen d'éviter les guerres et les conflits, quand elles sont mises en application et vulgarisées ; elles éliminent les raisons que peuvent avoir les nations de se disputer entre elles et de se faire la guerre. Pour le

4 Concertation des Scouts des Grands Lacs, Guide de l'animateur des jeunes pour l'éducation à la paix, Bujumbura,

SE, Juin 2005, verso de la couverture.

5 Mario Sica, Jouer le Jeu. Citations de Lord Baden-Powell, Editions des Scouts de France, Paris, 1982 ; Cité par le Bureau Mondial du scoutisme, Scoutisme et Paix, Genève, SD, p. 3

6 Mario Sica, Jouer le Jeu. op. Cit. p.3

fondateur d'ailleurs, le développement de la paix dans le monde est lié au but du scoutisme. Dans le headquater's gazette en juin 1912 et avril 1914 Baden-Powell écrit : « le tout premier pas - vers la paix entre les nations- est d'éduquer dans chaque pays les jeunes générations à se faire guider dans toutes les circonstances par un sentiment absolu de justice. Quand les hommes auront appris, dans leur conduite dans toutes les affaires de la vie, à considérer instinctivement une question de manière impartiale, c'est à dire en regardant ses deux aspects (positifs et négatifs) avant d'en soutenir un, alors si une crise surgit entre deux pays, ils seront naturellement davantage prêts à juger selon la justice et à adopter une solution pacifique, ce qui est impossible tant que leurs esprits sont habitués à avoir recours à la guerre comme seul moyen de solution.7 ».

Les citations et extraits ci-dessus démontrent que le scoutisme est à sa base un mouvement d'éducation à la paix et vu l'expérience de son initiateur, il remplit l'exigence initiale posée par Paul RICOEUR lorsqu'il dit : « la première condition à laquelle doit satisfaire une doctrine de non violence est d'avoir traversé dans toute son épaisseur le monde de violence8 ». Il reste à le prouver en cette période où on a besoin de la paix.

Parler d'éducation à la paix dans les pays des grands lacs africains ne signifiera aucunement dans ce travail évoquer les principaux accords ni des processus de pacification mais montrer la contribution tant modeste que méconnue soit-elle faite par les scouts. D'ou nous partirons d'un questionnement qui nous aidera à savoir :

- En quoi le scoutisme est-il un mouvement d'éducation à la paix ? Autrement dit, le scoutisme participe-t-il à la pacification de la sous-région des grands lacs africains ?

- Quels sont les fondements et les réalisations de la CSGL ?

- Quelles sont limites de la CSGL ?

- Quelles seraient les nouvelles approches et stratégies pour la 2è décennie ? 0.2 Hypothèse de travail

En répondant aux questions ci-haut posées nous aurons tenté d'élucider la contribution du scoutisme à l'Education à la paix dans la sous-région des Grands Lacs.

Ainsi à la première question, nous tenterons d'aborder, et c'est de façon historique, les mobiles du fondement du scoutisme. Nous ne manquerons pas de montrer également que le mouvement scout a acquis plusieurs prix et décorations pour ses actions d'éducation à la paix dans le monde. Les textes fondamentaux seront exploités à cette fin.

La réponse au 2è questionnement nous aidera à montrer les expériences de la CSGL sur l'éducation à la paix dans les pays des grands lacs en démontrant les résultats atteints par ses actions et son influence sur le vécu quotidien des associations membres et toute la sous-région des grands lacs africains. Les différents rapports nous seront sources de renseignements.

7 Mario Sica, Jouer le Jeu. op. Cit. p.4

8 Mario Sica, Jouer le Jeu. op. Cit. p.3

Tout en élaborant ce travail, nous restons conscient que la CSGL n'a pas tout fait et ferons donc une réflexion sur ses limites. Nous aurons ainsi trouvé une réponse à la 3è question.

Au moment où la concertation entre timidement dans sa deuxième décennie avec ses réalisations et limites, il ne sera pas moins important de revoir sa ligne de conduite, sa direction et proposer, à la lumière des observations de ses acteurs et partenaires directs et indirects, une nouvelle stratégie de travail en considérant aussi les espoirs de paix qui pointent à l'horizon et la collaboration avec la société civile et le pouvoir.

Faire une éducation à la Paix, c'est constater tout d'abord l'existence naturelle des conflits, puis les moyens utilisés pour les résoudre (guerre, génocide, bagarre, suicide, tueries, attentats) parce que la guerre nécessite un inventaire des forces en présence (armements, armées, volonté politique). Comment éduquer à la paix ? Il faut prendre conscience au sujet de ces problèmes aggravés, en se formant et en s'informant, et enfin en cultivant ces grandes expressions : Solidarité, entraide, ouverture, admettre les différences, respect de la vie sous toutes ses formes, les méthodes dites non-violentes, l'alternative. C'est aussi apprendre à la population et surtout aux jeunes des conduites pacifiques, patriotiques, les techniques de gestion des conflits, de cohabitation... pour une éclosion des attitudes positives utiles à l'apparition d'hommes capables de promouvoir l'amour, la justice et la paix tant recherchés. La Paix à ce niveau là sera gagnée, pour l'individu, pour la communauté, pour le pays et pour le monde entier.

Le beau champ où cultiver cette nouvelle semence c'est la jeunesse ; elle représente la proportion la plus importante de trois pays des grands lacs (plus de 60%). Cette jeunesse dynamique, généreuse et volontaire est capable de promouvoir les valeurs de la dignité humaine si les adultes s'appliquent à les conduire dans ce sens. Ce sont cependant ces derniers qui exploitent la vulnérabilité de la jeunesse et les manipulent pour les inciter à commettre des violences et des contre violences qui embrasent actuellement les communautés. Les adultes épris de paix s'appuieraient donc sur la jeunesse pour la sauvegarde de la cohésion et le retour de la paix durable9.

Les hypothèses de ce travail seront alors les suivantes :

Le scoutisme dans la sous-région des Grands Lacs devrait examiner objectivement l'idéal et les lois ainsi que l'esprit de sa condition, s'en servir en donnant un apport considérable en vue de la pacification de la sous région, du freinage des tendances xénophobes en pleine croissance ;

Un engagement ferme et résolu, une prise de conscience mûre et ferme devraient animer le scoutisme dans la sous région des grands lacs en vue de bâtir une société qui ne tient pas compte des classes sociales, des religions, des nationalités, des races.

Une autoévaluation objective servirait de socle à la Concertation des Scouts des Grands lacs en vue de réaliser cet idéal pour le bien-être des peuples de la sous-région des Grands Lacs.

0.3 Objectifs du travail

Nous avons décidé de rédiger le présent travail pour principalement :

- Présenter les méthodes scoutes de participation à l'éducation et à la consolidation de la paix ;

- Déceler la part de la CSGL dans l'éducation à la paix et le partenariat avec les autres organisations des jeunes et institutions traitant de l'éducation formelle, non formelle, jeunes ;

- Montrer que le scoutisme est une force sociale pour la pacification;

- Etudiez les acquis des activités scoutes entre les pays des grands lacs africains, leurs impacts, et faiblesses, les voies et moyens d'amélioration ;

- Proposer des stratégies à utiliser par la CSGL dans sa 2ème décennie vu la situation politique des pays des grands lacs africains.

- Dénuder l'antagonisme notoire entre la guerre et le développement du milieu et proposer des voies de sorties

0.4 Choix et intérêt du Sujet

Le choix du présent sujet est le fruit d'une longue observation participante. En effet, scout bénéficiaire des activités du mouvement, nous sommes arrivé à être porté dans des instances et appelés à jouer des rôles importants au sein de notre association locale et de la CSGL. Ainsi nous nous sommes rendu compte que les actions et réalisations sont formidables et valent la peine d'être utilisées et produire un travail scientifique de grande portée et proposable au grand public. Ainsi, connaissant bien la CSGL, ses organes, ses membres, ses personnes ressources et son rayon d'action, nous sommes sûr de détenir les informations de premier ordre ou alors capable de les trouver.

L'intérêt du sujet se rapporte au fait que le scoutisme est l'un des mouvements de jeunesse le plus répandu à travers le monde. Confiant que l'utilisation de la jeunesse pour la pacification de ce monde déchiré par des conflits peut participer au développement humain, la présente étude rendra disponible des données susceptibles d'être utilisées par d'autres associations et organisations oeuvrant ou voulant travailler dans le domaine ; en plus que l'expérience de la CSGL a été jugée réussie par l'OMMS.

D'autre part, candidat à une qualification de licencié en développement, nous n'oublions ni ne négligeons le fait que l'homme est au centre du développement et que tout ce qui lui nuit assombrit le développement, or la guerre contre l'homme comme première cible détruit la paix et l'environnement. Ainsi le présent travail essaie de montrer comment la CSGL a tenu compte des cultures de la sous-région des grands lacs africains pour élaborer un programme d'éducation à la paix adéquat et ce dernier mérite d'être présenté à l'appréciation d'un public plus large.

0.5 Délimitation spatio-temporelle

Nous ne prétendons pas faire une étude sur toute l'étendue de la sous-région mais localisons à la seule zone d'intervention de la CSGL et encore plus précisément dans les principales villes et cités de déroulement des activités. Ce sont donc les activités scoutes qui seront considérées dans les villes de Bujumbura, Gitega, Ngozi, Kirundo au Burundi ; Kigali, Cyangugu, Gitarama au Rwanda ; Butembo, Goma, Uvira et Bukavu en RD Congo.

Pour placer cette étude dans le temps, nous partirons de la période de la création de la CSGL à ces jours, soit de 1996 à 2008. Un recul dans le passé pour être utilisé pourrait illustrer les faits ou les rendre plus explicites.

0.6 Approche Méthodologique

Pour élaborer ce travail, nous nous sommes servi de la méthode historique et des nombreuses techniques.

0.6.1 La Méthode historique

Elle nous a aidé dans la connaissance de la CSGL, sa genèse, ses motivations et les circonstances de sa création. Aussi cette méthode a été utile pour la monographie de la sous-région des grands lacs et dans la compréhension de l'évolution.

Pour mieux comprendre les faits nous avons procédé à l'analyse des données concrètes pour en approcher les différents faits et en dégager les caractères communs, généraux et divergeants et avons comparé le scoutisme tel qu'appliqué dans la CSGL à d'autres applications étrangères. A cette phase nous avons recouru à l'approche conceptuelle et systémique pour clarifier certaines notions clés et saisir les interprétations entre les associations scoutes du Rwanda, du Burundi et de l'Est de la RD Congo et éventuellement avec celles de l'occident.

Pour comprendre les évolutions, nous avons décrit les différents aspects favorables à l'expression des interventions scoutes en matière d'éducation à la paix dans la sous- région des grands lacs africains.

0.6.2 Techniques

Analyse documentaire : Nous avons consulté des ouvrages, rapports, sites Internet, brochures, revues, ... ayant trait aux problèmes d'éducation à la paix, au scoutisme, à la sous-région des grands lacs africains. Après consultations des différentes sources, récolte et synhtèse des données, nous les avons confrontés aux informations orales.

Pour cette recherche nous avons compilé un grand nombre de documentation nécessaire ayant trait au scoutisme, à la jeunesse, à la culture de la paix, à la sous- région des grands lacs africains et l'avons judicieusement exploité. Nous avons parcouru

des bibliothèques pour des ouvrages (ISDR, CERDAF, HUMANITAS, Groupe Jérémie, RIO, Centre Bandari...) des bureaux scouts (CSGL, ASSK, ASR, AGR, ASNK, ASB,...) pour des rapports ; des cybercafés pour des recherches à l'Internet (Collège Alfajiri, Connect Congo, Global Tech, ISDR, ...). Des revues, magazines pris par-ci par là, des éléments audio-visuels ont étanché notre soif sur le sujet.

Interview libre et observation participante : Nous nous sommes servi en plus de notre propre expérience en tant qu'activiste des droits humains et de responsable scout, des observations. Cette expérience date de plus de 10 ans pendant lesquelles nous avons participé à plusieurs réunions, avons suivi et organisé des formations, des forums ouverts, des colloques, séminaires et des activités diverses. Pendant plusieurs occasions, nous avons eu à faire des échanges libres (mais intéressés) avec des acteurs différents. Les réunions périodiques du comité de gestion du projet Amahoro-Amani et de la coordination de la CSGL ont été aussi des bonnes et fructueuses occasions de récolter des données nécessaires pour échafauder cette étude. Il en a été de même de la participation aux différentes activités surtout l'organisation, la conduite et le suivi - évaluation des formations et forums ouverts.

Nos entretiens avaient plusieurs visés tel que : l'ancienneté dans les organes de la CSGL, l'évaluation du fonctionnement et de la performance de la CSGL, l'appropriation des activités de la CSGL, les nouvelles pistes à aborder, l'impact des activités de la CSGL, l'intervention du scoutisme dans le développement, les innovations aux associations membres, les leçons tirées, etc.

En tant que Commissaire Provincial, nous avons été membre du Comité de coordination de la CSGL et avons, participé aux réunions semestrielles et rotatives de cet organe ainsi qu'à celles du Comité de Gestion du Projet Amahoro-Amani. En tant que VP, nous avons participé aux rencontres trimestrielles et rotatives de l'équipe exécutive du projet Amahoro-Amani.

L'analyse SWOT ou FFOM a été une technique complémentaire pour l'analyse et la recherche des stratégies, partant de l'environnement (menaces et opportunités) et de l'organisation interne (forces et faiblesses).

0.7 Cadre théorique du travail

Notre étude s'inscrit dans le cadre de la participation des jeunes à la pacification par l'utilisation de la méthode scoute. Nous y traitons d'ONG, jeunesse, paix et développement car sommes d'avis que la paix est la condition sine qua non pour tout développement et que la jeunesse est une force de taille pour le réaliser. Cette étude renforce aussi la conception selon laquelle l'éducation est le meilleur moyen pour encrer la culture de la paix dans les esprits des humains en général, les jeunes et les scouts de la sous-région des grands lacs africains en particulier.

Aperçu sur les concepts clés :

a. Education : Nous prenons l'éducation comme un processus de toute une vie, permettant de développer le potentiel d'un individu sur le plan personnel et sur le plan social.10 Partant de cette définition, l'éducation vise le savoir, le savoir-être, le savoir-faire et le savoir-faire-faire.

L'UNESCO fait ressortir trois types distinctifs d'éducation:

- L'éducation formelle est le système hiérarchisé, chronologique allant de l'école primaire (ou maternelle pour certains) à l'université.

- L'éducation informelle est un processus par lequel chacun acquiert les attitudes, les valeurs, les compétences et les savoirs à partir de l'expérience quotidienne, influencée par la famille, les amis, les copains, les médias et les autres facteurs qui façonnent l'environnement social.

- L'éducation non formelle est une activité éducative organisée en dehors du système formel et est destinée à une clientèle bien définie et orientée vers des objectifs éducatifs précis.

L'éducation scoute est classée dans le troisième type. Elle est un complément de l'éducation formelle et informelle surtout pour initier à l'autonomie et au renforcement d'un système des valeurs.

b. L'éducation à la paix aborde l'information sur le sujet traité tout en développant en même temps les aptitudes et les attitudes qui permettront à l'apprenant d'agir pour la paix. C'est donc un processus qui vise à introduire une culture de la paix dans l'esprit de l'homme. Pour les scouts elle vise la maîtrise de soi, la gestion des conflits et la pratique de la non violence active. Elle ambitionne à faire changer le comportement, la façon de penser, les valeurs qui perpétuent toutes les formes des conflits et de violence.

J. Muller, cité par MBAWA11 définit l'éducation à la paix comme l'apprentissage de la maîtrise, de la gestion et de la résolution des conflits par des moyens autres que ceux de la violence destructive et meurtrière. L'éducation à la paix se traduit par l'acquisition des connaissances, des attitudes et des savoirs nécessaires pour prévenir les conflits et la violence.

c. La culture de la paix est définie comme un ensemble de valeurs, attitudes, comportements et modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s'attaquant à leurs racines par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les états. (Proposition faite par l'UNESCO12 à l'Assemblée générale des Nations Unies en 1998 par la résolution A/52/13). La Déclaration et le Programme d'action des Nations Unies sur une culture de la paix (résolution A/53/243) appelle chacun - gouvernements, société civile, médias, parents, enseignants, politiques, scientifiques, artistes, ONG et tout le système des Nations Unies - à assumer ses responsabilités en la matière.

10 OMMS et autres associations des jeunes : Pour une jeunesse autonome, solidaire, responsable et engagée, SE, Genève, 2000, p. 6

11 MBAWA MWENYEBATU : Evaluation du programme INTERAF BG00-10 `Education Scoute à la Paix dans les grands lacs africains', Rapport Final, Bujumbura, p.14

12 www.unesco.org/cp : L'UNESCO s'engage à promouvoir une culture de la paix.

La culture de la paix s'appuie sur huit domaines suivants :

1. Renforcer une culture de la paix par l'éducation en encourageant l'éducation pour tous, notamment pour les filles; en révisant les programmes d'enseignement afin de promouvoir les valeurs, les attitudes et les comportements, inhérents à une culture de la paix; en formant à la prévention et au règlement des conflits, au dialogue, à la recherche du consensus et à la non-violence active...

2. Promouvoir le développement économique et social durable en ayant pour objectif l'éradication de la pauvreté; en s'attachant aux besoins particuliers des enfants et des femmes; en travaillant à une durabilité environnementale; en instaurant une coopération nationale et internationale, destinée à réduire les inégalités économiques et sociales...

3. Promouvoir le respect de tous les droits de l'homme en diffusant la Déclaration universelle des droits de l'homme à tous les niveaux et en mettant pleinement en oeuvre les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme...

4. Assurer l'égalité entre hommes et femmes en intégrant une perspective sexospécifique et en encourageant l'égalité dans la prise de décisions économiques, sociales et politiques; en éliminant toutes les formes de discrimination et de violence à l'égard des femmes; en fournissant un appui et une aide aux femmes dans des situations de crise liées à la guerre et à d'autres formes de violence...

5. Favoriser la participation démocratique en formant des citoyens responsables; en renforçant des actions destinées à favoriser les principes et les pratiques démocratiques; en créant et en développant les institutions et les processus nationaux qui favorisent et soutiennent la démocratie...

6. Développer la compréhension, la tolérance et la solidarité en favorisant un dialogue entre les civilisations ; des actions en faveur des groupes vulnérables, des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées, des populations autochtones et des groupes traditionnels ; le respect de la différence et de la diversité culturelle...

7. Soutenir la communication participative et la libre circulation de l'information et des connaissances par des actions telles que le soutien aux médias indépendants dans le cadre de la promotion d'une culture de la paix; l'utilisation pertinente des médias et de la communication de masse; des mesures destinées à résoudre la question de la violence dans les médias; le partage des connaissances et de l'information au moyen des nouvelles technologies...

8. Promouvoir la paix et la sécurité internationales par des actions telles que la promotion d'un désarmement général et complet ; une meilleure participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits et à la promotion d'une culture de la paix dans des situations de post-conflit ; des initiatives dans des situations de conflit ; la promotion de mesures de confiance et d'efforts pour la négociation de règlements pacifiques des différends...

L'éducation à la paix est donc le vecteur par excellence par lequel se transmet la culture de la paix. Elle touche le mode de voir, penser et agir.

d. Conflit : venant du latin `conflictus', il signifie choc. Il est le résultat de confrontation des besoins, d'intérêts ou des valeurs. Il est naturel et normal.

e. Violence : du latin `violentia', il signifie abuser de force. Elle peut être physique, psychologique, économique, structurelle...

La paix s'oppose non seulement au conflit mais aussi à la violence.

Quant à l'implication du scoutisme dans l'éducation à la culture de la paix, elle est liée à son histoire et renforcée par des citations du fondateur qui a vu clairement le développement de la culture de la paix dans le monde comme étant lié au but du Scoutisme.

Comme éclaireur, il a écrit dans «Jamboree», en octobre 1932, que «Notre but est d'élever la jeune génération pour en faire des citoyens utiles ayant une mentalité plus large que par le passé. Nous développerons ainsi dans le monde la bonne volonté et la paix par l'esprit de camaraderie et de coopération, au lieu des rivalités aujourd'hui prédominantes entre les classes sociales, les religions et les pays, rivalités qui ont tant fait dans le passé pour engendrer des guerres et de l'agitation. Nous considérons que tous les hommes sont des frères, les fils d'un seul Père, et que le bonheur ne peut leur être apporté qu'à travers le développement de la tolérance et de la bonne volonté mutuelles, c'est-à-dire à travers l'amour13 ».

En plus des idées du fondateur, la conférence mondiale a pris plusieurs résolutions soutenant l'éducation à la paix par les résolutions 4/83, 5/85, 7/88, 15/90 et 13/96. Nous reproduisons certaines ici14 :

1. Résolution 7/88 (conférence du 11 au 15 janvier 1998 à Melbourne /
Australie consacrée à l'éducation à la Paix et à la compréhension) :

La conférence, reconnaissant que le scoutisme de par son caractère international et sa tradition offre des occasions uniques de construire la compréhension et l'amitié entre les jeunes ;

Encourage les OSN à réviser leur programme pour les jeunes afin de faire en sorte que l'éducation à la paix et à la compréhension en constitue une partie intégrante.

2. Résolution 15/90 (conférence du 23 au 27 juillet 1990 à Paris /
France traitant de la journée internationale de la paix) :

La conférence, décide, afin de promouvoir l'éducation à la paix et de témoigner son engagement sincère en faveur de la paix, que l'OMMS fera la promotion de la journée internationale de la paix des Nations unies, le 3ème mardi de septembre de chaque année

3. Résolution 13/96 (conférence du 8 au 12 juillet 1996 à Oslo/ Norvège
consacrée à la paix) :

La conférence, constate la multiplication des conflits qui ravagent le monde, détruisent des vies humaines et des infrastructures socio-économiques et culturelles ; accueille positivement les initiatives des associations scoutes en vue de la sauvegarde ou du retour de la paix, notamment l'organisation par les Associations scoutes de la région des grands lacs africains (Burundi, Rwanda, Zaïre) d'un séminaire sur le rôle du

13 Bureau Mondial du Scoutisme : Scoutisme et Paix, op. Cit. P4

14 Bureau mondial du scoutisme : Résolutions de la Conférence Mondiale du Scoutisme 1998-2005, avec Index 1922- 2005, SE, Genève Avril 2007

scoutisme face aux crises sociopolitiques... recommande que le Comité Mondial du Scoutisme encourage les associations scoutes à revoir leur programme des jeunes afin :

· de permettre aux scouts et à leurs responsables de rechercher et d'analyser les causes qui sont à la base des conflits,

· de promouvoir la paix, la tolérance et la réconciliation entre les communautés, particulièrement parmi les jeunes, contribuant ainsi à instaurer la solidarité,

· d'encourager la coopération et les échanges qui transcendent les différences ethniques, religieuses et culturelles ...

0.8 Difficultés rencontrées

Sans pour autant dire que l'élaboration de ce travail a été une corvée, nous tenons à signaler que la tâche n'a pas été légère. Certaines faiblesses peuvent être dues à ces difficultés, malgré les efforts déployés pour les dépasser.

Nous avons été buté au problème financier pour couvrir le champ d'observation. Il fallait faire moins des déplacements (frais de voyage et hôtellerie) et consulter régulièrement l'Internet.

Enfin, le temps a été un facteur limitant car à part les recherches pour le mémoire, il y avait des cours (théoriques et pratiques) ainsi que les charges familiales auxquelles on ne devait pas se dérober et les recherches.

Cependant, nous sommes parvenu à produire ce travail, c'est grâce à la magnanimité des plusieurs personnes, les encouragements et le sens du devoir.

Pour limiter les voyages, nous avons profité des rencontres pour contacter plusieurs personnes à la fois et avons privilégié l'Internet et téléphones aux voyages. De ce fait nous nous sommes limité à l'essentiel laissant une large sphère d'études pour les chercheurs postérieurs.

0.9 Subdivision du travail

Le travail compte 4 grandes parties qui sont encadrées par une introduction et une conclusion générale. Ces parties sont :

1. La présentation du scoutisme mondial

2. Le scoutisme dans la sous région des grands lacs

3. L'évaluation de la CSGL et de sa contribution à l'éducation a la paix

4. Propositions stratégiques

Chapitre I : PRESENTATION DU SCOUTISME

1.1 Historique et présentation des idées maîtresses du scoutisme 1.1.1. Le fondateur et l'histoire15

Le scoutisme est issu d'un camp expérimental organisé par Lord Robert Stephenson Smith Baden-Powell of Gilwell (Londres, 22 février 1 857-Nyeri/Kenya, 8 janvier 1941) en faveur de 22 garçons sur l'île de Brownsea en Angleterre (du 25 juillet au 9 août 1907). Ce camp connut un immense succès et prouva à son organisateur que ses méthodes et sa formation plaisaient aux jeunes et donnaient des résultats. En janvier 1908, il lança un livre intitulé `Scouting for Boys' traduit en français par Éclaireurs (c'est presque une adaptation aux jeunes de son livre `Aids to scouting', ou Guide du Chef éclaireur petit livre qu'il avait écrit à l'intention des soldats). L'intention n'était que de proposer une méthode de formation pour les garçons, qui aurait pu être adoptée par des organisations de jeunesse déjà existantes. À sa grande surprise, les jeunes s'organisèrent eux-mêmes en un mouvement destiné à devenir le plus grand mouvement de jeunesse au monde.

Baden-Powell était un soldat décoré pour son mérite, un artiste de talent, un acteur et un libre penseur. Il jouit par la suite d'une extraordinaire renommée en tant que fondateur du Scoutisme.

Il est orphelin et vit dans une famille modeste. Il a une enfance rude. Ses nombreuses expériences de jeunesse et de soldat jouèrent un rôle dans l'élaboration de ses méthodes éducatives. Enfant, il passait ses vacances à faire du camping, des excursions et de la voile. Le montage de tentes, la lecture de cartes et de boussole, le camouflage, la cuisine au feu de bois, l'observation sont quelques-unes des techniques auxquelles il s'initia.

Il est entré dans l'armée en 1876 et a oeuvré aux Indes, dans les Balkans, en Afrique de l'Ouest et du Sud. Il se spécialisa dans la reconnaissance et le relevé topographique. Il fit entrer plusieurs changements et finit Général.

Il quitte définitivement l'armée en 1910 sur les conseils du Roi Edouard VII, qui pensait qu'il pourrait rendre un service encore plus précieux à son pays en se consacrant entièrement à la jeunesse et au mouvement scout qu'il avait initié. Il consacra dès lors tout son enthousiasme et son énergie au développement du Scoutisme et voyageant dans le monde entier, au gré des besoins, pour promouvoir le Mouvement et communiquer sa foi. Il épouse en 1912, Olave Soames (22 février 1889 - 1977).

Le premier Jamboree scout international eut lieu en 1920 à Olympia /Angleterre. Baden-Powell y fut proclamé à l'unanimité Chef Scout du monde. Lors du 3e Jamboree mondial, (Arrowe Park, Angleterre), le Prince de Galles annonça que BADEN-POWELL allait être ennobli par S.M. le Roi. Il devient alors Lord Baden-Powell of Gilwell, du nom du centre international de formation pour les Scouts adultes qu'il avait créé. Il écrivit en tout 32 livres. Il fut honoré du grade universitaire d'au moins six universités et reçut de

l'étranger 28 ordres et décorations, ainsi que 19 distinctions scoutes. En 1938, sa santé se détériorant, BADEN-POWELL retourna en Afrique, où il vécut une semi-retraite à Nyeri, au Kenya.

Au premier recensement mondial en 1922, il y avait un million de scouts dans 31 pays En 1957, le Bureau mondial déménagea de Londres à Ottawa (Canada). En 1968, il fut transféré à Genève (Suisse) où il est toujours situé. En 1971, l'OMMS comptait 100 associations membres. Après l'effondrement du communisme en 1989 et au début des années 90, le scoutisme a repris vie dans de nombreux pays où il avait été interdit. L'Organisation mondiale a alors connu une nouvelle expansion. En 1999, l'OMMS reconnaissait des associations scoutes nationales dans 152 pays. On compte aujourd'hui plus de 28 millions de scouts, garçons et filles, dans le monde. Quelque 250 millions de personnes, comprenant des personnalités dans tous les domaines, ont été scoutes.

C'est par MPALA (bord du lac Tanganyika) en 1920, soit 13 ans après sa fondation que le scoutisme arrive au Congo, sur l'initiative des missions catholiques des pères blancs y implantées vers les années 1890. Il est simulé avec plusieurs autres activités pour la jeunesse : Enseignement, sport, gymnastique, oeuvres sociales. En général c'était une activité scolaire et parascolaire et un moyen puissant pour la socialisation des jeunes. La première troupe ouvre à Léopoldville en 1922 et en 1929 on pouvait compter près de 25 troupes parsemées sur l'étendue du territoire. Ces troupes étaient dénommées "Fédération des Eclaireurs Catholiques du Congo Belge (F.E.C.C.B)" et étaient affiliées à la fédération du " Scoutisme Catholique belge ". Ainsi la FECCB était rattachée à "l'Association Royale des Scouts Baden-Powell de Belgique" et par elle à "l'Interfédérale Belge du Scoutisme », cette dernière étant elle-même rattaché au "Bureau International du Scoutisme" (Canada). Par "Arrêté royal du 9 juin 1954, elle reçut la personnalité civile. En 1931, les effectifs de l'Association des Baden-Powell Belgian Scouts étaient de 8.152, dont 1.460 scouts Noirs des colonies. Des 20600 membres qu'elle comptait en 1946, 500 étaient du Ruanda-Urundi (le Ruanda-Urundi qui étant considéré comme l'une des 8 régions que comptait la fédération). Comme en administration, dans le scoutisme dans l'Afrique Equatoriale Belge était uni. 16

1.1.2. Les Principes Fondamentaux Scouts17

Dans ce point nous traiterons des éléments de base sur lesquels repose le Mouvement scout, c'est-à-dire son but, ses principes et sa méthode en plus de la définition et de la mission. Bien que le scoutisme ait adopté différentes formes adaptées aux besoins de chaque société, les principes fondamentaux constituent les dénominateurs communs qui lient le Mouvement dans le monde entier.

Ces éléments fondamentaux sont formulés au chapitre 1 de la Constitution de l'Organisation mondiale du Mouvement scout (OMMS) et ils doivent caractériser toute organisation qui remplit les conditions requises pour être membre de l'OMMS. Ils sont

16 www.scoutinkivu-cd.afrikart.net résumant TSHIMANGA Chsarles, Laboratoire " Société en Développement dans l'Espace et dans le Temps" Université Paris VII - Denis Diderot, Zaire-Afrique N°

17 Bureau Mondial du Scoutisme, Constitution et règlement Additionnel de l'Organisation Mondiale du Mouvement Scout, Genève, Juillet 1990

l'essence du scoutisme et sont sa définition, son but, ses principes, sa méthode, sa mission et sa vision.

Le Mouvement scout est définit comme un « Mouvement éducatif pour les jeunes, fondé sur le volontariat; c'est un mouvement à caractère non politique, ouvert à tous sans distinction d'origine, de race ni de croyance, conformément aux but, principes et méthode tels qu'ils ont été conçus par le Fondateur et formulés ci-dessous ». (Article 1.1 de la Constitution mondiale).

Le scoutisme a pour but de contribuer au développement des jeunes en les aidant à réaliser pleinement leurs possibilités physiques, intellectuelles, sociales, morales et spirituelles, en tant que personnes, que citoyens responsables et que membres des communautés locales, nationales et internationales. (Article 1.2 de la Constitution mondiale)

Le Mouvement scout est fondé sur les 3 principes suivants qui sont des devoirs à triple direction et respectivement envers : Dieu, Autrui et soi-même.

Le devoir envers Dieu suppose une adhésion à des principes spirituels, la fidélité à la religion qui les exprime et l'acceptation des devoirs qui en découlent.

Le Devoir envers autrui fait allusion à :

· La loyauté envers son pays dans la perspective de la promotion de la paix, de la compréhension et de la coopération sur le plan local, national et international.

· La participation au développement de la société dans le respect de la dignité de l'homme et de l'intégrité de la nature.

Ainsi, la dignité humaine, la paix, l'intégrité de la nature sont les trois termes témoignant de l'orientation humaniste du Mouvement scout.

Le devoir envers soi-même augure une responsabilité de son propre développement.

La Promesse et la Loi

Tous les scouts du monde font une promesse. Cet engagement, c'est l'adhésion à un code moral positif qu'on appelle la Loi scoute. Quant à la promesse, elle engage celui ou celle qui la fait à observer cette Loi et à s'efforcer d'atteindre l'idéal qu'elle sous-tend. À la différence de la plupart des lois, il n'y a aucun interdit, aucune défense dans la Loi scoute. Et il n'y a aucune autorité extérieure pour la faire respecter. Seule la responsabilité personnelle est en jeu.

La Promesse et la Loi prennent différentes formes selon les associations scoutes et les groupes d'âge. Cependant, elles comportent toujours le triple devoir: devoir envers Dieu, devoir envers autrui, devoir envers soi-même. Ils reflètent, dans un langage approprié à la culture et à la civilisation de chaque OSN, approuvé par l'OMMS, et donc inspirées de la Promesse et de la Loi conçues par le Fondateur du Mouvement scout.

Quant aux valeurs sous-jacentes, ce sont la confiance, la loyauté, le service, l'amitié, la politesse, le respect de la vie et du travail, la bonne humeur et l'honnêteté. (Article 2.2 de la Constitution mondiale). Les textes de base sont :

Le texte de promesse classique est `Sur mon honneur, et avec la grâce de Dieu, je promets de faire tout mon possible pour : Servir Dieu et le roi (ou Dieu et mon pays), Aider mon prochain à tout moment, Obéir à la Loi scoute'.

La Loi est quant à elle un ensemble des 10 articles qui sont

1. Le scout n'a qu'une parole.

2. Le scout est loyal.

3. Le scout se rend utile et aide son prochain.

4. Le scout est un ami de tous et un frère pour tous les autres scouts.

5. Le scout est courtois.

6. Le scout est bon pour les animaux.

7. Le scout obéit sans discussion à ses parents, à son chef de patrouille et à son chef.

8. Le scout sourit et siffle en toute difficulté.

9. Le scout est économe.

10. Le scout est propre dans ses pensées, ses paroles et ses actes. La méthode

La méthode scoute est un système d'auto éducation progressive fondé sur 7 éléments. Ces éléments sont : (Article 3 de la Constitution mondiale)

1. La Loi et la Promesse ;

2. La vie en Petits Groupes (ou système des patrouilles) ;

3. Le Cadre symbolique ;

4. La Nature et le Plein Air ;

5. La Relation Educative ;

6. L'éducation par Action ;

7. Le système de Progression.

La mission du scoutisme :-- en partant de valeurs énoncées dans la Promesse et la Loi scoutes -- Contribuer à l'éducation des jeunes et à la construction d'un monde meilleur peuplé de personnes épanouies prêtes à jouer un rôle constructif dans la société. Pour y parvenir, il propose aux jeunes d'entrer, tout au long de leurs années de formation, dans un processus d'éducation non formelle; il utilise une méthode originale selon laquelle chacun est le principal artisan de son propre développement pour devenir une personne autonome, solidaire, responsable et engagée; il les aide à développer un système de valeurs basé sur les principes spirituels, sociaux et personnels exprimés dans la Promesse et dans la Loi.

Le scoutisme est un

Les principes fondamentaux tels qu'énoncés dans la Constitution mondiale indiquent l'essentiel du scoutisme. Il y a là abondante matière à réflexion, tout au long d'une vie scoute. L'essentiel représente par ailleurs le tronc commun, la base universelle du scoutisme, mais celui-ci est également fait de particularités et d'éléments variables d'un pays à l'autre. Ces éléments supplémentaires peuvent non seulement être utiles et

avoir une grande importance dans un milieu donné, ils confèrent une personnalité à chaque organisation scoute.

Modalités d'organisation du scoutisme sur le plan mondial

Avec plus de 28 millions de membres, dont plus de deux millions et demi d'adultes oeuvrant dans divers domaines, le scoutisme s'appuie sur les principes d'organisation suivants:

· Une seule organisation scoute nationale (OSN) par pays est reconnue en qualité de membre de l'Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS);

· Une organisation scoute nationale peut comprendre plusieurs associations scoutes formant une fédération;

· C'est à chaque OSN de s'assurer que toutes les associations ou tous les groupements qui la constituent remplissent bien les conditions requises par la Constitution de l'OMMS.

Principe général d'organisation du scoutisme

Chaque organisation ou groupement scout a le droit et la responsabilité de gérer ses modes d'organisation de façon à exécuter sa mission en conformité avec la réglementation, les exigences et la philosophie de gestion des autres niveaux auxquels elle a adhéré. C'est ainsi que l'on observe des modèles d'organisation distincts pour chaque niveau de la structure. L'OMMS privilégie une ligne hiérarchique composée de six niveaux:

-L'unité -Le groupe -Le district -La province -La nation -Le monde.

Tableau N° 1 : Principe Général d'organisation du Scoutisme

Niveaux

Groupements

But

1. Unité ou Branche

Meute

Troupe Compagnie Clan /Route

Offrir le programme scout aux jeunes conformément aux applications de branche en vue de contribuer à leur développement global.

 

Membres et Age

(ans)

Divisions

Pédagogie

 
 

Louveteaux (24)

6 à 12

Sizaines

Les Jeux

 

Scouts (32)

12 à 17

Patrouilles

L'Aventure

 

Scouts aînés (32)

17 à 19

Patrouilles

L'Apprentissage

 

Routiers (24)

19 à 25

Equipes

Le Projet

 
 

Assurer la qualité, la permanence, la présence et la croissance du scoutisme sur un territoire géographique déterminé conformément aux orientations, politiques et règlements de leur district et des niveaux supérieurs.

3. District

 

Regrouper les groupes locaux sur un territoire géographique donné en vue de leur fournir des services leur permettant d'accomplir leur mandat avec efficacité conformément aux orientations, politiques et règlements de l'association et des niveaux supérieurs.

4. Province

Association

Par délégation du niveau National, développer, encadrer et soutenir le

scoutisme sur le territoire conformément aux orientations, politiques et règlements de l'OMMS. (Parfois ce niveau n'est pas requis pour des pays à faible superficie).

5. National

Fédération /
Organisation
Nationale

Offrir à tous les jeunes, quelle que soit leur origine sociale, la possibilité de participer à un ensemble d'activités organisées selon les principes du scoutisme.

Régir, encadrer, développer et soutenir le scoutisme en conformité avec les principes et les règles de l'OMMS. Il y a actuellement 156 pays membres.

6. Mondial

Organisation
Mondiale du
Mouvement
scout

Promouvoir le Mouvement scout partout dans le monde en favorisant l'unité et la compréhension de son but et de ses principes, en facilitant son expansion et en préservant le caractère qui lui est propre. (il y a 6 bureaux régionaux : Nairobi, Yalta, Santiago, Bruxelles, le Caire et Manille.)

 

Source : Association des Scouts du Canada, Organisation et Structure du Mouvement Scout, Janvier 2000, p. 6 et adapté par nos recherches.

1.2. Le scoutisme et l'éducation à la paix : conception du bureau mondial et du Fondateur

Selon son essence, le scoutisme est une fraternité mondiale capable d'inspirer des sentiments de tolérance, de solidarité, compréhension, de fair-play et de justice sur la terre. Baden-Powell pense que chaque scout doit être ami de tout le monde. Il précise que le scoutisme est une fraternité : mouvement qui, concrètement, ne tient aucun compte des différences grâce à l'esprit indéfinissable dont il est pénétré, celui du gentilhomme de Dieu.

La promesse et la loi sont des moyens d'éviter la guerre et les conflits. Mis vraiment en pratique, elles éliminent les raisons que peuvent avoir les nations de se disputer entre elles. Le but du scoutisme va de pair avec le développement de la paix dans le monde d'autant plus que son but est d'élever la jeune génération pour en faire des citoyens

utiles ayant une mentalité plus large que par le passé. Il tente de développer la bonne volonté et l'esprit de camaraderie et de coopération en combattant les rivalités prédominantes. Un des derniers écrit de BP stipule qu' « une chose est essentielle à une paix générale et permanente et c'est un changement complet d'esprit parmi les peuples, un changement qui amènera à une compréhension mutuelle plus étroite, au rejet des préjugés et qui fera que nous comprendrons avec beaucoup de sympathie le point de vue des autres18 ».

Fier de cet apport, le BMS inscrit la culture de la paix dans ses activités et plusieurs résolutions des conférences mondiales encouragent ces démarches.

1.3. Les publications du bureau mondial sur la paix

Le bureau Mondial du Scoutisme est très productif pour les documents de vulgarisation de son intervention dans le domaine de la Paix et dans un style visant les fondements pédagogiques du scoutisme. Les plus importants sont :

1. « Scoutisme et Paix » : Document très important traitant des origines pacifiques du scoutisme, la similitude de la politique scoute avec la recherche de la paix et de l'entente mondiale, il relate ensuite la contribution du Scoutisme à la cause de la paix, énumère les reconnaissances internationales de la contribution du scoutisme à la paix, et trace une perspective d'avenir. (Genève 2002)

2. «L'impact éducatif du Scoutisme: Trois études de cas sur l'adolescence» (document publié en 1995) est le résultat de la recherche sur les «Pratiques pleines de promesses du scoutisme», menées par des chercheurs externes à la demande du Comité de Recherche et de Développement.

3. «Du Scoutisme, tout simplement! Idées et pratiques pour les chefs et cheftaines» (1996) Cette publication est destinée à tous les responsables scouts dans le monde. Son but est de rappeler les principes de base du scoutisme à tous ceux qui s'inspirent de la méthode scoute pour contribuer au développement d'enfants et d'adolescents.

4. «Le Scoutisme, un Système Educatif» (publié en février 1998). Ce document fait partie d'une série de publications centrées sur le Programme des Jeunes et destinées à soutenir le travail réalisé pour accomplir la mission du scoutisme.

5. «Principales Caractéristiques du Scoutisme» (Septembre 1998). Basé sur la Constitution de l'OMMS, ce document donne un aperçu condensé mais complet des principaux éléments qui caractérisent le scoutisme et sa mission. Partant d'une définition de l'éducation, le document présente l'approche éducative non formelle du Scoutisme qu'il définit comme suit: « une approche holistique qui reconnaît que les différentes dimensions de la personnalité humaine sont liées et s'influencent mutuellement; basée sur une proposition pédagogique; qui joue un rôle complémentaire à celui des agents formels et informels de l'éducation; qui part du constat qu'elle ne peut que contribuer au développement des jeunes ».

18 Baden-Powell, Eclaireurs, Ed. Delachaux et Niestlé, Neuchâtel 1982, p.26

6. « Réaliser la mission du scoutisme » : La brochure présente les défis qui doivent être relevés pour concrétiser la mission de l'OMMS. Ces défis sont les suivants: pertinence, complémentarité, effectifs, adultes, relations et partenariat et unité. La brochure propose des directives pour organiser un atelier de deux jours sur la manière de «Réaliser la mission du Scoutisme» et une liste de documents utiles.

7. La "Politique Mondiale du Programme" : publiée en 1990 et 1992, cette brochure est le fondement de toute une série de documents. Elle présente la Politique mondiale du Programme. Cinq brochures présentent une vision intégrée de cette politique.

8. Programmes des Jeunes: Politique sur la Participation des Jeunes à la Prise de Décisions : La brochure présente la politique, souligne l'importance de permettre aux jeunes de participer au processus décisionnel, puisque ceci fait partie de la mission éducative du Scoutisme, fournit des informations générales pour étayer la déclaration de politique et reprend des commentaires, des suggestions ainsi que des exemples pour aider les Associations scoutes nationales à intégrer la politique dans leur propre Programme des Jeunes et dans les structures de gestion de l'association. (Genève, 1997)

9. «Eléments pour un Programme Scout», publié en 1985 sous la forme d'un dossier à feuilles volantes, ce document a été conçu sous la direction du Comité mondial du Programme, principalement dans le but de servir d'outil de référence pour les Associations scoutes nationales qui doivent systématiquement remettre à jour leurs programmes des jeunes.

10. «Education à la Paix et à la Compréhension» Projet expérimental entrepris sous la direction du Comité mondial du Programme entre 1978 et 1984, «pour étudier la meilleure façon d'utiliser la méthode scoute afin que les jeunes apprennent à apprécier et à respecter la culture et le mode de vie des autres, contribuant ainsi à l'amitié internationale et à l'entente entre les hommes». L'ouvrage débute par une introduction intitulée «Contexte: l'homme, la société et la culture, la socialisation et les valeurs».

11. «Le Scoutisme à travers le Monde». Cette publication vise plusieurs objectifs. Il s'agit d'un ouvrage de référence complet sur le Scoutisme mondial, qui présente les particularités des diverses associations nationales, qui ont chacune «des points forts, des idées ingénieuses, des expériences particulières et des problèmes uniques». Cet ouvrage encourage les Associations scoutes à «proposer des idées de programmes de fraternité internationale afin de renforcer les contacts et les échanges entre les scouts du monde entier. Il fournit également aux rédacteurs scouts des informations pour l'adaptation et la diffusion au niveau des jeunes.

1.4 Les activités internationales scoutes sur la paix

Le présent titre tente de montrer quels ont été les principaux aspects de la contribution du scoutisme à la Paix. Il regorge des activités organisées pour la cause de la Paix. Il importe de savoir que pour le scoutisme, la paix n'est pas seulement l'absence de guerre. C'est un processus dynamique de collaboration entre tous les états et les peuples. Cette collaboration doit être fondée sur le respect de la liberté, de

l'indépendance, de la souveraineté nationale, de l'égalité, de l'autorité de la loi, des droits de l'homme ainsi que sur une répartition juste et équitable des ressources19».

Ainsi, le scoutisme, joint plus la paix à la justice : pas de paix sans justice ni de justice sans paix. Cet éclaircissement appuie l'importance d'une contribution indirecte à la paix et non une contribution directe que serait la pacification, les opérations pour le maintien de la paix, les relations internationales, le désarmement, la politique internationale, les solutions de conflits par voie diplomatique, ... Le tableau suivant retrace synthétiquement les différentes activités.

Tableau n° 2 : La Contribution du Scoutisme à la Cause de la Paix

Dimensions

Approche

Manifestations /
Activités principales

 

Sens ordinaire du terme « paix » opposé à « guerre » ou « conflit »

· Jamborees scouts mondiaux et Jamborees pour tous

· Jamborees sur les ondes et jamborees sur Internet

· Moots scouts mondiaux

· Fonds scout universel

· La Semaine de la paix et la Journée de la Paix

· Participation à l'Année Internationale de l'Enfance

(1979) et à l'Année Internationale de la Jeunesse
(1985)

· Ensemble, nous pouvons agir pour une terre sans mines

· Education à la paix et action en faveur de la paix en Colombie

 

Développement de la personnalité :

identité personnelle, paix d'esprit à travers l'acceptation volontaire d'un `code de vie', un système de valeur qui sert de `guide intérieur'.

· La vie quotidienne au sein d'une unité scoute,

· Le système de patrouilles, assumer progressivement la responsabilité,

· La promesse et la loi comme système de référence éthique,

· Projet Sunrise City, Croatie,

· Recherche sur la violence à l'écran.

 

Importance des relations expressives, et très particulièrement des relations avec le groupe de pairs, dans la socialisation des jeunes.

· La patrouille, un lieu idéal pour établir des relations constructives avec les autres,

· CEI, Education à la Paix et à la démocratie,

· La Croisière de la Paix.

 

Importance de la culture comme un `cadre
social de référence'. Besoin d'éviter

l'ethnocentrisme et ses conséquences

possibles: préjugés, intolérance,
chauvinisme et xénophobie.

· Education à la Paix dans la sous-région des Grands Lacs africains

· Les Enfants pour l'Avenir (Europe centrale et orientale)

· Opération "Solidarité avec les jeunes de Tchernobyl"

· Activités d'apprentissage interculturel telles que :
l'Eurofolk, les Camps nationaux d'intégration, etc.

 

19 Bureau Mondial du Scoutisme, Scoutisme et Paix, op. Cit. p.13

 

Le concept de développement social est profondément ancré dans la philosophie du Scoutisme.

Le développement communautaire,

l'éducation pour le développement, la coopération au développement ainsi que le partenariat et la solidarité sous diverses formes sont quelques exemples de contributions du Scoutisme à la recherche d'une paix durable.

· Partenariat et Solidarité dans le Scoutisme

· Camp pour le Développement Communautaire

· Village Mondial du Développement

 

Hypothèse de base: si l'humanité doit

survivre, une nouvelle éthique de

l'environnement s'impose, qui protège l'environnement et organise une utilisation équitable des ressources.

· Plantations des arbres et reboisement

 

Source : BMS, Scoutisme et Paix, p.12

Ainsi présenté au sien du tableau ci haut, et en conformité avec la définition de la paix proposée, le scoutisme regroupe son intervention sur la cause de la paix en 6 dimensions principales qui sont tour à tour Politique, Personnelle, Interpersonnelle, Interculturelle, Paix et Développement social et Paix entre l'homme et la nature.

1.4.1 La dimension Politique : Paix opposée à la Guerre ou au Conflit

Le Scoutisme contribue à construire la paix en créant un sentiment de fraternité et de compréhension par-dessus les barrières nationales. Il prône un style de vie pacifique et intègre dans la méthode scoute un nombre de pratiques qui encouragent les attitudes et le comportement fraternels pour résoudre les conflits. La conception de Baden-Powell du patriotisme n'était ni étroite ni chauvine, mais bien universelle. Dans un discours de clôture improvisé, prononcé à l'occasion de la Neuvième Conférence Internationale du Scoutisme, à La Haye en août 1937, il décrit le type de personne que pourrait former le processus éducatif scout: «Notre but ultime est d'éduquer des hommes virils pour nos pays respectifs; des hommes forts de corps, d'esprit et d'âme; des hommes auxquels on peut faire confiance; des hommes qui soient capables de s'attaquer à un travail difficile et en même temps de faire face à des temps difficiles; des hommes capables de prendre des décisions avec leur tête, sans se laisser guider par les suggestions de la masse; des hommes capables de sacrifier une grande partie de ce qui est à eux pour le plus grand avantage du pays. Leur patriotisme ne doit pas être étroit: bien au contraire, dans leur largeur d'esprit ils doivent pouvoir regarder avec sympathie les ambitions des patriotes des autres pays.»

Baden-Powell répète «En enseignant le patriotisme à nos garçons et filles, nous devrions veiller à ce qu'il s'agisse d'un patriotisme au-dessus du sentiment mesquin qui d'habitude s'arrête à son propre pays, et par conséquent inspire de la jalousie et de l'animosité dans les rapports avec les autres. Notre patriotisme devrait être du type le

plus large et le plus noble, celui qui saurait reconnaître les côtés justes et raisonnables des demandes des autres et qui amènerait notre pays à prendre conscience des autres nations du monde et à établir des liens de camaraderie avec elles».

Dans le scoutisme, le patriotisme n'est pas orienté vers le pouvoir, le prestige ou la guerre, mais vers la création d'une société dans laquelle tous font de leur mieux pour le bien de leur communauté, considéré comme un élément de la fraternité universelle. La création d'une infrastructure invisible pour la paix est par conséquent l'idéal du Mouvement.

Les actions initiées pour soutenir cette optique sont principalement :

· Jamborees scouts mondiaux, les Jamborees sur les Ondes (JOTA) et Jamborees sur Internet (JOTI) : Le jamboree est un rassemblement international des scouts. A ce jour 21 jamborees scouts mondiaux ont été organisés dont le 1er en 1920 (Olympia, Londres, Angleterre. 8.000 participants) et le 21è (dit du centenaire, Park, Chelmsford, Royaume-Uni), en 2007. Organisés tous les 4 ans, ils sont accueillis par une OSN dont l'invitation a été acceptée officiellement par la conférence mondiale. Spécialement « le jamboree de la paix » a eu lieu en France en 1947.

Les JOTA et les JOTI sont organisés chaque année durant le troisième week-end d'octobre. Des centaines des scouts et guides du monde entier échangent des salutations, apprennent des cultures des autres pays, se transmettent des idées, se font des nouveaux amis. Partageons notre monde, partageons nos ondes

· Moots Scouts Mondiaux : sont des activités des adultes (18-25 ans). Ce sont des occasions pour se rencontrer et par là améliorer la compréhension internationale entre citoyens du monde.

· La Semaine de la Paix et la Journée de la Paix : Il a été organisé une semaine pour toutes les activités liées à la Paix, la semaine scoute (comprenant la journée du 22 février) de 1989.

· L'année Internationale de l'Enfance en 1979 et l'Année Internationale de la Jeunesse en 1985 : Ces deux activités organisées en 1979 et 1985 étaient centrées sur la trilogie : « Participation, Développement, Paix »

Deux grands projets ont été exécutés dans ce domaine dont :

· « Ensemble nous pouvons agir pour une terre sans mines » : qui consistait à déterrer les mines anti-personnelle dans plusieurs endroits du monde. Un kit a été produit pour permettre d'agir en jouant.

· « Education et Action pour la Paix en Colombie » : C'était un projet initié pour barrer la route à la violence qui sévit en colombie. Le projet « Colombie, notre pays » voulait contribuer à renforcer l'identité nationale, la spiritualité, la créativité, le développement physique, le caractère, la sociabilité et l'écologie.

1.4.2 La dimension Personnelle : la Paix intérieure.

relations avec autrui, y compris les relations entre cultures. Le scoutisme contribue au développement personnel des jeunes pour qu'en eux naisse la paix interne à travers l'acceptation volontaire d'un «code de vie» et d'un système de valeurs. Baden-Powell envisageait le développement de la personnalité des jeunes d'une certaine manière :

· De façon individualisée, et non pas comme un système de masses.

· Toutefois, avec le système des patrouilles ;

· Responsabiliser les jeunes ;

· Leur donner un système éthique de référence ;

· Leur proposer un code de valeurs formulé positivement et non pas à travers des interdictions.

En somme, la philosophie éducative du Scoutisme favorise le développement de personnalités ouvertes, adultes et équilibrées. Et la conséquence est ce que Baden- Powell appelait «la formation du caractère» ou alors«le développement de la personnalité», en d'autres termes, l'émergence de personnalités ayant le sens de l'identité personnelle et capables d'avoir ou de rechercher la «paix de l'esprit» à travers l'acceptation volontaire d'un «code de vie», un système de valeurs qui leur apporte une «orientation intérieure», suffisamment fort pour les diriger à travers l'existence et suffisamment souple pour qu'ils puissent s'adapter aux circonstances.

Deux activités phares peuvent être énumérées :

· Projet « Sunrise City » en Croatie : ce projet a été dirigé par des scouts afin de travailler avec des jeunes victimes, traumatisées par les récentes guerres dans les Balkans. Les camps «Sunrise City» sont organisés tous les ans par l'Association Scoute de Croatie.

Le succès de ces camps résulte d'une évaluation minutieuse de la situation: la guerre et la violence (perte de parents, séparation des membres d'une famille, blessures, déménagement forcé, etc.) qui sont des sources de stress pour ces enfants. Ensuite, il est lié aux caractéristiques très spécifiques de ces camps: ils sont organisés comme des camps scouts traditionnels.

· Recherche : « Les jeunes et la violence à l'écran » : L'OMMS s'est, en avril 1996, joint au Département de l'Information et de la Communication de l'UNESCO et au Prof. Jo Groebel, chercheur à l'Université d'Utrecht, (Pays-Bas), pour réaliser une étude internationale sur «la perception des jeunes sur la violence à l'écran». La recherche est l'un des aspects les plus importants du Programme «Culture de la Paix» de l'UNESCO. Les résultats de cette recherche sont, sans conteste, complexes et avons tenu à en citer quelques-uns parmi les plus marquants:

- 93% des enfants de 12 ans interrogés ont accès à une télévision en moyenne trois heures par jour. Elle est donc une source majeure d'information (et de délassement) pour les enfants et des jeunes.

- Les enfants utilisent parfois des personnages modèles pour échapper à leurs problèmes; les héros de fictions, d'action sont très populaires chez les garçons alors que les filles prennent davantage des musiciens pour modèles.

- La télévision est le facteur unique le plus puissant pour créer des héros internationaux. 88% des enfants interrogés connaissent «Terminator», le robot tueur interprété par Arnold Schwarzenegger.

- L'omniprésence de la violence à l'écran contribue à rendre le monde plus violent. Près de la moitié des enfants élevés dans des environnements où règne la violence, tels des pays en guerre ou des régions rongées par la criminalité, considère Terminator comme un modèle à suivre.

- Même si la violence a toujours été présente dans les contes parce qu'elle permet d'attirer l'attention des enfants, c'est, peut-être, l'association entre la violence quotidienne dans des situations réelles et l'accumulation de la violence à l'écran qui pousse les jeunes à envisager la violence comme une solution naturelle à une situation donnée ou comme un moyen pratique de résoudre des problèmes.

Le travail montre que la violence sous toutes ses formes exerce une influence négative sur le développement personnel des jeunes. Il faut donc la limiter, même dans les médias.

Le Jamboree Scout Mondial au Chili (décembre 1998 - janvier 1999, 30.000 jeunes) a connu une exposition interactive sur le sujet et plusieurs ateliers ont été mis sur pied dans le cadre du Village Mondial du Développement. Des ateliers similaires ont été organisés lors du Moot Scout Mondial qui s'est tenu à Mexico City, en juillet 2000.

1.4.3 La dimension Interpersonnelle : Relation avec les autres

Liée étroitement avec le domaine du développement personnel, l'analyse est concentrée sur l'aspect des relations interpersonnelles, tout en n'oubliant pas que la croissance personnelle ne peut pas être dissociée des relations interpersonnelles et les deux se réalisent dans un contexte social (un groupe, une société et une culture). Et on dit : « Dis moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ».

Les relations expressives pour les jeunes gens sont importantes, particulièrement dans le scoutisme«... en plus de permettre de faire des expériences agréables, les relations avec le groupe de pairs peuvent jouer un rôle positif dans la socialisation des adolescents.» Elles peuvent:

- Donner à une personne en pleine croissance le feedback impartial dont elle a besoin pour développer un sens réaliste d'elle-même,

- Développer la loyauté et la fidélité à la parole donnée... sur la base de la réciprocité et de l'équité...

- Développer une sensibilité à l'égard des autres, en développant ainsi un sens de cohésion qui aide à éviter l'aliénation.

Les principales fonctions sociales de l'adolescence étant de développer une image harmonieuse de lui-même, assurer son indépendance, développer une identité professionnelle, planifier pour l'avenir, résoudre les problèmes de conformité ou de déviance, trouver un sens à la vie et élaborer un système de valeurs,... toutes ces tâches sont liées à la relation avec ses pairs. L'importance de ces relations est encore plus

grande si elles sont structurées et impliquent d'autres personnes plus mûres et expérimentées.

C'est ce que l'intuition pédagogique de Baden-Powell a été capable de concevoir et d'expérimenter au début du siècle où les relations verticales étaient considérées comme la règle absolue non seulement dans la société en général mais davantage encore dans le système scolaire! Il disait:

«...Le Scoutisme intègre les garçons dans des bandes fraternelles qui sont leur organisation naturelle, que ce soit pour jouer ou pour faire le bien ou simplement pour flâner.» et il ajoutait «...La patrouille est une école de caractère pour l'individu. Au chef de patrouille, elle offre l'occasion d'exercer son sens des responsabilités et ses qualités de chef. Aux Eclaireurs, elle apprend à subordonner leur intérêt personnel à celui de l'ensemble, ainsi qu'à mettre en pratique les qualités d'abnégation et de maîtrise de soi qui constitue un esprit d'équipe basé sur la coopération et la bonne camaraderie.»

Ainsi, le Scoutisme aide les jeunes à développer la paix à travers les relations interpersonnelles. Cette capacité à établir des relations constructives avec les autres est essentielle comme moyen de développement de la personnalité aussi bien que comme moyen de développement social. Son impact est ressenti à la fois sur le plan individuel et collectif.

Deux initiatives sont à signaler pour montrer l'impact du Scoutisme dans ce domaine:


· Education à la paix et à la démocratie dans un contexte post-totalitaire: L'effondrement du communisme et du mur de Berlin (1989) consacre le début d'une nouvelle ère et le Mouvement scout y trouve un nouveau champ d'action en tenant compte du fait que l'avenir se construit avant tout par l'éducation des jeunes et celle-ci ne peut être dispensée dans le vide. Dans la Communauté des Etats Indépendants (CEI), une situation ainsi résumée se présentait :

La transition a dévalorisé les anciennes normes et valeurs, sans en proposer directement d'autres (création d'un vide), alors que les nouvelles n'existent pas encore ou restent nébuleuses ou inadaptées ; une économie en ruine n'offre pas assez d'opportunités aux jeunes qui ne disposent ni d'une éducation scolaire ou professionnelle adaptée, ni d'un emploi pour gagner leur vie ; la construction (ou reconstruction) laborieuse d'une société civile ; le retour du nationalisme sous diverses formes ; le danger de considérer le monde externe (en particulier l'Europe et les Etats-Unis) comme un «modèle» et donc la tentation d'émigrer comme solution pour échapper aux problèmes ; la pratique courante de la corruption qui permet de s'enrichir rapidement et de gravir les échelons de la pyramide sociale.

Le Mouvement scout, pour l'éducation des jeunes de la CEI, propose alors le «socle» qui est évidemment toujours le même: Buts, Principes et Méthode du Mouvement scout ; la valeur de la Promesse et de la Loi scoutes avec leurs principes éthiques et la nécessité d'un engagement personnel. L'objectif est toujours le même: permettre à chacun de se forger une personnalité équilibrée et structurée, de pouvoir faire preuve d'indépendance et d'initiative, d'être capable d'affronter l'adversité, de pouvoir collaborer

avec les autres dans un esprit constructif. En d'autres termes, devenir ce que Baden- Powell appelait «des citoyens heureux, actifs et utiles.»

L'importance du Scoutisme peut être analysée d'un point de vue plus large. Ainsi par exemple :

- Le scoutisme a permis aux jeunes de prendre conscience de l'importance d'appartenir à une ONG, qui fait partie de la société civile, où ils peuvent s'exprimer, discuter et agir librement, où leur opinion est respectée et leurs projets pris en compte, les préparant ainsi à participer activement à la vie civique et politique ;

- En plus, il a stimulé des vertus telles que l'esprit d'initiative, la créativité, le travail et l'épargne, tout en évinçant l'égoïsme, l'individualisme, le mercantilisme, etc.

- Il a fait comprendre que la tolérance, le dialogue, l'acceptation des différences et la solidarité sont des comportements clés qui facilitent une coopération pacifique et constructive entre les peuples qui ont des modes de vie différents. (Etant donné que L'Europe centrale et orientale ainsi que la CEI sont un ensemble mélangé de groupes ethniques qui sont très souvent en conflit avec leurs voisins pour des motifs historiques) ;

- Le Scoutisme a aidé les jeunes à développer leur esprit critique, leurs facultés de jugement et de discernement, afin de pouvoir mieux résister aux pressions des messages audiovisuels, au déferlement de publicités et aux tentations de la société de consommation.

Il a fallu aussi `capaciter' les responsables dans le domaine d'éducation à la démocratie et aux jeunes (16-18 ans, qui constituent la future génération de responsables) une chance de comprendre les liens qui existent entre les principes et la méthode d'éducation du scoutisme et les défis que posent les sociétés dans lesquelles ils vivent.


· La Croisière de la Paix : Le projet s'est déroulé à bord d'une embarcation, le Zawisza Czarny (le Chevalier noir), de l'Association Scoute Polonaise (ZHP).

Pratiquement toutes les dimensions sont présentes dans le projet: la dimension politique, les dimensions de paix intérieure, de relations interpersonnelles et de relations interculturelles sont toutes étroitement liées.

Le projet géré par l'OMMS était ouvert aux jeunes scouts de 18 à 25 ans. Le bateau est parti d'Alexandrie (Egypte), le 8 août 1999 et a terminé son voyage au Pirée (Grèce), le 22 septembre 1999, en passant par Haifa (Israël), Larnaca (Chypre), Rhodes (Grèce), Antalya et Istanbul (Turquie). Au cours de chaque étape, qui durait 10 jours, 24 participants issus des pays qui bordent la Méditerranée et quatre formateurs étaient accueillis à bord. (Des escales étaient prévues à Gaza dans les territoires palestiniens et à Beyrouth au Liban mais les visites convenues antérieurement ont dû être annulées à la dernière minute en raison de difficultés politiques). La Croisière de la Paix a permis de réunir des participants qui provenaient tous de camps «adverses»: des Palestiniens avec des Israéliens, des Serbes avec des Albanais, des Chypriotes avec des Turcs, etc. Au cours de ces étapes de 10 jours, les jeunes ont acquis des compétences dans des domaines aussi divers que l'éducation à la paix, la résolution des conflits, la médiation,

l'apprentissage interculturel, la sociabilité, les techniques de communication et la découverte du milieu naturel et la nautique. Cette formation a renforcé leur capacité à promouvoir des initiatives pour la prévention et la gestion du conflit, à devenir des médiateurs et à offrir des modules de formation au sein de leurs associations respectives.

Lors de chaque escale, les Organisations scoutes nationales avaient préparé des événements sur le thème de la Paix, avec le soutien des autorités et, souvent, avec d'autres organisations de jeunesse. Au cours de ces événements, des milliers de jeunes ont montré leur volonté de promouvoir la paix, la réconciliation et le développement. Toutefois, le projet était essentiellement un projet éducatif. Les 100 jeunes responsables issus de 46 organisations de jeunesse de 27 pays différents ont été impliqués dans une véritable expérience de coopération avec des personnes qu'ils n'ont pas l'habitude de rencontrer, en particulier lorsque ces personnes viennent de pays «hostiles». Et «...lorsque des jeunes gens et des jeunes femmes - chrétiens, musulmans et juifs - tirent sur les mêmes cordages pour hisser les voiles, les différences volent en éclat. L'esprit de fraternité, basé sur une compréhension et un respect mutuels, constituait une force motrice». L'un des instants les plus marquants de la croisière s'est déroulé lors de l'escale à Thessalonique: plusieurs centaines de personnes ont rejoint les marins de la paix pour le lancement de l'Année Internationale des Nations Unies pour une Culture de la paix (2000). Par le biais d'une vidéo-conférence, les marins de la paix ont été pendant plus d'une heure en liaison avec Federico Mayor, alors Directeur général de l'UNESCO, qui se trouvait à Paris. Ils ont échangé leurs points de vue sur la tolérance et la paix.

L'évaluation préliminaire qui a été réalisée montre que, sur le plan éducatif, le fait de réunir des jeunes d'origines très différentes, et mêmes antagonistes, pouvait contribuer à combattre des préjugés profondément ancrés et même à créer un sentiment d'amitié et de compréhension. Ainsi l'éducation à la paix et à la tolérance n'est pas une initiative naïve mais un effort éducatif sérieux et concret. A cela, il convient d'ajouter l'impact de la croisière sur les milliers de jeunes qui ont pris part aux divers événements organisés durant les escales.

1.4.4 La dimension Interculturelle : la paix par la compréhension des

cultures

Ici est couvert tout le domaine des relations interculturelles dans lequel le Scoutisme agit sérieusement pour aider les jeunes à comprendre leur culture, leur mode de vie et ceux des autres, favorisant ainsi le respect et l'estime de cultures et de styles de vie différents des siens.

Le but de l'éducation peut être celui indiqué à l'Article 26 de La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée par les Nations-Unies en 1948: «L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.»

Ensuite il importe de souligner que «Séparé de son contexte humain ou culturel, le développement n'est guère qu'une croissance sans âme» et que «...la diversité des cultures... est indispensable au bien-être de l'espèce humaine». Lorsque des individus sont confinés «...dans les chemins étroits de l'identité partisane... les confrontations entre communautés ethniques, religieuses ou nationales peuvent se multiplier...» menaçant ainsi «...la paix et la sécurité», minant «...la croissance économique et l'harmonie sociale»et violant «...la dignité de la personne».20.

La reconnaissance et le respect de la culture et du mode de vie des autres gens sont essentiels pour l'instauration de la paix même si celle-ci comprend de nombreuses façades. C'est ce qu'exprimait Baden-Powell en avril 1940, pensant déjà à ce qui pourrait arriver après la Seconde Guerre mondiale: «Personne ne sait quelle forme la paix va prendre. De différents côtés on entend suggérer des structures fédérales, des unions économiques, une Société des Nations ressuscitée, les Etats-Unis d'Europe, etc.; mais une chose est essentielle pour une paix générale et permanente, quelle que soit sa forme, à savoir un changement total d'esprit parmi les peuples, de nature à les amener à une compréhension réciproque plus intime, à une maîtrise des préjugés nationaux, et à la capacité de voir les choses du point de vue de l'autre, dans une sympathie amicale avec lui.»

Etant un être social, l'homme vit en société et il interagit avec d'autres êtres humains. Chaque société a une culture. Le scoutisme soutient que par le processus de socialisation, le jeune enfant acquiert progressivement une identité culturelle, et apprend à juger les événements en adoptant un certain point de vue qui lui est propre. La culture lui apprend à déterminer ce qui est «bon» et ce qui est «mauvais», ce qui est «juste» et ce qui est «faux», ce qui est «familier» et ce qui est «étranger». Le scout vit dans une culture donnée et dangereux s'il croit que c'est la seule vraie culture (ethnocentrisme) et encore plusieurs autres jugements qui se font par un certain nombre de mécanismes tels que: les préjugés, les caricatures et les stéréotypes et cela a comme conséquence l'apparition d'un certain nombre d'attitudes négatives comme le chauvinisme, l'intolérance, le racisme et la xénophobie.

Des incontestables activités de promotion interculturelle sont à indiquer :


· Education à la Paix dans la Région des Grands Lacs en Afrique : Ce point traite de la quintessence de notre travail. C'est au chapitre suivant qu'il sera bien développé.

Des associations scoutes de la sous-région des Grands Lacs Africains, tentent depuis plusieurs années de répondre aux besoins sociaux des jeunes défavorisés au sein de leurs pays. Les troubles survenue dans la décennie 90 ont bouleversé toute la région, provoquant un cortège de réfugiés, le déplacement de millions de personnes, la famine, l'éclatement de familles et une interruption totale de la vie sociale.

Vu les circonstances, les responsables ont évidemment dû se concentrer dans un premier temps sur les situations d'urgence. La coopération entre responsables scouts a

20 UNESCO, `Notre diversité créatrice' Rapport de la commission mondiale pour la Culture et le développement, Ed de l'UNESCO, Paris, 1995, p15

généré l'idée d'une structure flexible baptisée «La Concertation des Scouts des Grands Lacs».

Ensuite, en dépassant les urgences ils ont dû préparer un Plan d'action plus complet pour l'éducation des générations futures basé sur les principes de paix, de tolérance, de compréhension et de réconciliation. Une «Charte de Paix des Scouts des Grands Lacs» est élaborée et adoptée.

Le Plan d'Action général se base sur la proposition éducative du Scoutisme et sur la philosophie et la pratique des méthodes d'action non violentes. Ses principaux objectifs sont les suivants:

- donner un nouvel élan aux activités de paix destinées aux jeunes;

- promouvoir les échanges entre jeunes, qu'ils soient scouts ou non;

- améliorer la gestion des ressources adultes au sein des Associations membres.

Le Village Mondial du Développement organisé lors du 19ème Jamboree Scout Mondial au Chili (1998-99) et le 11ème Moot Scout Mondial (Mexico, 2000) ont été l'occasion d'organiser plusieurs ateliers sur la «Culture de la Paix», présentés par les responsables de la région, offrant ainsi une plate-forme pour un effet multiplicateur.


· Programme «Les Enfants pour l'Avenir» : Ce programme démontre le rôle du Scoutisme en Europe Centrale et Orientale à la suite de la destruction du «bloc soviétique». La situation économique est rude dans la quasi-totalité des pays ex- communistes, la politique est instable et il y a des troubles sociaux quotidiens. Les nouvelles OSN s'engagent socialement dans la communauté, esprit scout oblige.

Au Kosovo pendant la crise de 1999, nombreuses activités ont été organisées dans l'urgence pour les déplacés ou réfugiés et surtout par les jeunes. L'OMMS et les autres associations européennes planifient des programmes éducatifs à plus long terme, qui mettent en exergue l'engagement du Scoutisme en faveur de la paix et de la réconciliation mais aussi du développement. L'un de ces projets est «Les enfants pour l'avenir». Il part du principe que même si la guerre est terminée, à l'heure actuelle, «...la haine ethnique et les préjugés existent encore, détruisant la paix et faisant planer la menace de nouvelles horreurs. »

Le projet se propose d'aider les jeunes Scouts et leurs responsables dans toute l'Europe à:

- combattre la haine ethnique, les préjugés et l'idée que la violence résout les conflits;

- promouvoir la compréhension interculturelle, la tolérance et le respect des droits de l'homme;

- aider les jeunes à résister à la propagande en analysant des informations provenant de différentes sources;

- développer des sentiments de compassion pour ceux qui souffrent, en particulier les plus faibles, comme les enfants et les personnes âgées;

- développer la motivation et les compétences nécessaires pour construire un avenir meilleur.

Les activités étaient entre autres: organisation de camps d'été ouverts à tous, développement des communications et elles pouvaient fournir

- l'opportunité aux jeunes de se rencontrer,

-l'opportunité aux adultes d'aider des jeunes, ce qui constitue un moyen de favoriser la compréhension entre les générations,

- mais aussi, grâce à la présence de bénévoles d'autres pays, de montrer que les différences d'origine ethnique, de langue ou de culture ne doivent pas être des motifs de conflits mais bien une source d'enrichissement pour chacun.


· Opération «Solidarité avec les Jeunes de Tchernobyl» : Une centrale en Tchernobyl a fait des réactions radioactives avec des conséquences nuisibles et saboteuses pour des centaines de milliers de personnes vivant à proximité. Comme toujours en pareil cas, le Mouvement scout ne pouvait pas rester indifférent.

En juillet et en août 1990, des Associations scoutes ont accueilli plus de 1200 enfants de la région de Biélorussie, touchée par la radioactivité. Des jeunes âgés de 13 à 15 ans ont été sélectionnés par le Fonds soviétique pour les Enfants, sur base de critères établis par l'OMMS. L'opération, baptisée «Solidarité avec les Jeunes de Tchernobyl», voit le jour. Il y eut beaucoup de réactions enthousiastes.

Lors de la rencontre d'évaluation de l'opération de l'année. Des jeunes qui avaient participé à l'opération durant l'été 1990 firent un compte rendu émouvant de leur expérience. L'opération a été déclarée très bénéfique et il fallait la répéter en 1991. Certaines activités s'adressaient à des petits groupes tandis que d'autres s'adressaient à toute la délégation: camp d'été, accueil à domicile, tourisme, activités sportives, etc.

Les principales remarques étaient positives et ainsi synthétisées :

- Amélioration de l'état de santé des enfants,

- Effets pédagogiques sur tous les enfants concernés par l'opération,

- Sensibilisation du grand public à la catastrophe de Tchernobyl, etc.

Nombre d'observations se rapportaient également à l'image du Mouvement scout. Par exemple:

- A contribué à renforcer l'image du Mouvement : organisation moderne prête à s'attaquer à des problèmes importants,

- A mis le Mouvement au premier plan des activités visant à surmonter les barrières entre les pays.

La médaille d'or du Fonds des Enfants de Russie a été attribuée à l'OMMS pour cette opération de solidarité.

Dès les débuts, le Scoutisme est conscient de l'importance d'éduquer les jeunes dans un esprit qui dépasse la simple pratique de la «tolérance» et le respect des autres cultures, en reconnaissant la nécessité de les aider à comprendre et à apprécier la richesse des héritages culturels des autres peuples afin qu'ils puissent s'enrichir de l'apport des autres cultures par un apprentissage interculturel quotidien.

Parmi les initiatives destinées à promouvoir l'apprentissage interculturel, citons :

· Eurofolk est un festival culturel européen organisé tous les quatre ans par les Comités Scouts et Guides Européens. Principes d'organisation: des groupes de participants préparent chez eux l'une des activités choisies: danses, musique, chants, pantomimes, jeux, costumes et représentations culturelles. Arrivés au camp, ils partagent avec les autres le folklore et les traditions de leurs pays respectifs et, en même temps s'initient à d'autres aspects de la culture de l'autre dans des ateliers. Un très large éventail d'ateliers est à leur disposition, comme la peinture, le dessin, le tissage, le chant, la danse, l'expression corporelle, la couture et beaucoup de spécialités culinaires de tous les pays représentés. En général, des artistes locaux et des artisans viennent animer ces ateliers. Le nombre moyen des participants varie de 2.000 à.3.000.

· Les Camps Nationaux d'Intégration constituent une caractéristique unique des «Bharat Scouts and Guides» de l'Inde. Ces camps sont organisés périodiquement entre plusieurs Etats pour promouvoir l'intégration sociale et culturelle des jeunes venant d'Etats ayant des traditions et des cultures différentes. Ces camps constituent la pièce maîtresse du «programme de l'association pour bâtir une nation plus unie» et ont été amplement reconnus au niveau national comme un puissant moyen pour développer la prise de conscience et l'estime entre les cultures, qui, à son tour représente un aspect important pour promouvoir la paix dans le pays. En 1987, les «Bharat Scouts and Guides» ont été déclarés «Messagers de la paix» par les Nations Unies, en reconnaissance de leur contribution remarquable à «L'année Internationale de la Paix» en 1986.

· Le «Trèfle de l'amitié» est une expérience intéressante de coopération triangulaire menée par trois associations européennes: Scouts de France (région Haute- Savoie), Mouvement Scout de Suisse (Canton du Valais) et AGESCI en Italie, (Région de la Vallée d'Aoste). Depuis plus de dix années, ces associations organisent à tour de rôle des rassemblements régionaux avec des activités qui s'adressent à tous les âges; ils ont un comité (comprenant tous les membres portant le même foulard), leur propres statuts, leur journal et leur tradition.

1.4.5 La dimension Paix et développement Social

La participation sociale, l'engagement social, engagement communautaire ou le développement communautaire est profondément enracinée dans la philosophie et les idéaux du Scoutisme. La célèbre Bonne Action (B.A) inspirée de la Promesse et la loi sert à rappeler à chaque scout qu'il ou elle doit aider son entourage et rechercher activement l'opportunité d'agir en ce sens. Il fait même parti des principes car sous le «Devoir envers autrui» il y a "la participation au développement de la société dans le respect de la dignité de l'homme et de l'intégralité de la nature». Le scoutisme souligne l'importance d'une présence scoute plus forte au sein de la société et la nécessité pour les scouts de s'impliquer dans des activités de développement. Une résolution a été même votée et elle «...rappelle aux chefs des pays moins privilégiés qu'ils doivent trouver des moyens d'associer les Scouts au développement de leurs pays.» et «...rappelle aux chefs des pays industrialisés leur devoir de rendre les Scouts conscients des problèmes de développement» (Résolution n°14, 1971, lors de la 23ème Conférence Mondiale du

Scoutisme à Tokyo). Un Comité mondial de Développement a été créé et la création du Comité mondial du Programme a permis une réflexion approfondie sur la meilleure façon d'adapter les programmes scouts aux besoins de la société et aux aspirations des jeunes.

Dans les associations scoutes des pays du Sud, le développement communautaire fait penser à des domaines larges: santé des enfants, eau potable et hygiène, technologie appropriée, habitat, alphabétisation, agriculture et alimentation, éducation à la vie de famille, énergies renouvelables, reboisement, formation professionnelle, et bien d'autres encore.

Dans les Associations scoutes du Nord, il y a mise sur pied des activités et des programmes pour combattre l'isolement des personnes âgées, la consommation en hausse de boissons alcoolisées et de drogues parmi les jeunes, la montée du racisme et de la xénophobie, l'exclusion des sans-abris dans les grandes villes, etc.

Trois initiatives témoignent de l'importance de la dimension du développement social au sein du Mouvement scout à l'échelle internationale:


· Partenariat et Solidarité dans le Scoutisme - Kigali et Marrakech

Le Forum de Kigali était une initiative de plusieurs associations partenaires du Nord et du Sud. Il s'est déroulé au Rwanda en décembre 1989/janvier 1990 et a réuni 20 associations d'Afrique, d'Amérique et d'Europe. Le Forum avait pour objectif d'évaluer les différentes expériences sur le terrain et, à la lumière de cette évaluation, d'élaborer une charte qui «...intègre les principes de référence qui peuvent servir de cadre à de véritables partenariats et de lignes directrices pour l'établissement d'accords de coopération entre nos associations». Dans ce forum est élaboré la « charte de Kigali sur le partenariat entre les associations scoutes et guides du Nord et du Sud »

Le Symposium international «Scoutisme: Jeunesse sans frontières, partenariat et solidarité» a été organisé à Marrakech au Maroc en novembre 1994. 440 participants ont assisté au Symposium qui a réuni 118 associations, ainsi que de nombreuses organisations internationales et onusiennes engagées dans des partenariats avec l'OMMS. Une innovation est que la portée du programme a été élargie de façon à y inclure «...des partenariats Nord-Sud mais aussi à explorer de nouvelles formes de solidarité, y compris des partenariats Est-Ouest, et multilatéraux.» Une mise à jour de la Charte de Kigali a été faite et on a produit la Charte de Marrakech qui «...exprime la détermination du Mouvement Scout Mondial à renforcer le partenariat tant entre les Associations scoutes nationales qu'entre ces associations et d'autres organisations qui s'engagent à éduquer des jeunes pour construire un monde «sans frontières». Une révision a été faite à Bangalore en 1995. Ainsi, le partenariat dans le scoutisme a trois dimensions :

- Contribution au développement du Scoutisme,

- Contribution au développement de la communauté (locale, nationale, internationale) et

- Contribution à la compréhension des peuples et à la paix

Les lignes directrices données par le «Forum de Kigali» et les mises à jour dans la «Charte de Marrakech» révisée à Bangalore fournissent des indications techniques mais aussi constituent une source d'inspiration pour des Associations et des responsables qui souhaitent être impliqués dans le partenariat et la coopération.

· Camp de Développement Communautaire (COMDECA)

Le Camp Mondial de Développement communautaire (COMDECA mondial) est une initiative Gerakan Pramuka, l'Association Scoute d'Indonésie. Il s'est déroulé en Indonésie du 27 juillet au 7 août 1993. Plus de 2.000 participants de 22 pays se sont rencontrés au village de Lebarhakjo, dans l'est de Java.

Les campeurs ont participé à diverses activités de développement communautaire, notamment la construction d'une route, la plantation d'arbres, l'élevage de poissons et des travaux d'irrigation. En plus de cela il y avait des activités liées à l'éducation à la santé et à l'environnement et un Atelier de Développement Communautaire a permis aux participants d'évoquer leur travail concret lors de discussions sur le thème du développement ainsi que sur la manière d'enrichir la qualité de vie de leurs communautés respectives.

· Le Village Mondial du Développement (VMD)

La création du VMD a été une innovation importante dans l'histoire des Jamborees Scouts Mondiaux. Il a pour objectifs d'aider les participants à mieux comprendre les problèmes qui se posent dans le monde d'aujourd'hui, à découvrir de quelle manière les Scouts peuvent participer à la résolution de ces problèmes et à apprendre des techniques concrètes qui peuvent être utilisées à cette fin au sein de leur propre communauté. Le 1er VMD a été organisé lors du 17ème Jamboree Scout Mondial (Corée du Sud, août 1991).

Un VMD est une communauté vivante qui dégage l'atmosphère d'un véritable village dans lequel le monde entier est représenté avec ses problèmes. Les jeunes s'y engagent pour contribuer au développement de la communauté en tentant de résoudre les différents problèmes.

Il propose aux jeunes de véritables instruments pour devenir des citoyens responsables, en leur offrant la possibilité d'échanger leurs expériences. L'interaction avec les organisateurs encourage les jeunes participants, une fois de retour chez eux, à partager ce qu'ils ont appris et à lancer de nouvelles initiatives.

Exemple des thèmes pouvant être exploités : - Santé - Droits de l'homme - Education - Nature et environnement - Echanges culturels et communication.21

1.4.6 La dimension Paix entre l'homme et la nature

Il n'y a pas de paix sans harmonie relationnelle entre l'homme et la nature. L'opposition de l'homme à la nature crée des phénomènes néfastes auxquels nous assistons actuellement : échauffement de la planète, trouble climatique, effet de serre...

Le scoutisme apprend au jeune à protéger l'environnement (cfr article 6 : Le scout voit dans la nature l'oeuvre de Dieu, il est bon pour les animaux, il aime et protège la nature)

1.5 Les prix reçus par le scoutisme pour sa contribution à la paix

· Prix Silver Anvil : il est la plus haute décoration de la société des relations publiques d'Amérique. Il fut attribué à l'OMMS en 1976 pour avoir présenté « le programme le plus remarquable des relations publiques » que sont les Jamborees Pour Tous.

· Prix UNESCO de l'Education pour la Paix. Ce prix est attribué au lauréat qui s'est distingué par une action méritoire s'échelonnant sur plusieurs années, et confirmée par l'opinion publique internationale, dans les domaines de la mobilisation des consciences pour la paix, la mise en oeuvre, à l'échelle internationale ou régionale, de programmes d'activités visant à renforcer l'éducation à la paix ... l'action éducative entreprise en faveur de la promotion des droits de l'homme et de la compréhension internationale, ... et/ou toute autre activité reconnue capitale pour l'établissement des défenses de la paix dans l'esprit des hommes. Il importe aussi que l'activité rencontre les domaines et esprit de l'Unesco et de la Charte des Nations Unies. Créé en 1981, il fut, la même année, décerné à l'OMMS. Lors de la Cérémonie de Remise, le Directeur Général de l'UNESCO déclarait que pour les scouts "c'est l'importante contribution qu'ils apportent à l'éducation de la jeunesse dans un esprit de concorde, de paix, d'amitié et de fraternité».

· Citation Présidentielle du Rotary International : Cette citation a été décernée en 1982 à l'OMMS à l'occasion du 75e Anniversaire de sa fondation pour couronner sa contribution au développement des jeunes.

· Prix de la liberté de la Fondation Max Schmidheiny remis en 1982, conjointement à l'OMMS, à l'AMGE ainsi qu'à la Fédération des Eclaireurs Suisses et la Fédération des Eclaireuses Suisses. «Ce prix honore chaque année des performances particulièrement remarquables en faveur de la liberté et la responsabilité individuelles...»

· Prix du Rotary pour la Compréhension Internationale. Cette distinction, la plus prestigieuse du Rotary International, a été attribuée en 1984 à l'OMMS. Elle «récompense des personnes ou institutions dont les activités illustrent de manière exemplaire l'objectif du Rotary qui est de promouvoir la compréhension internationale, la bonne volonté et la paix par une entraide désintéressée».

· Médaille d'or du Fonds des Enfants de Russie. Cette médaille a été décernée à l'OMMS en date du 24 septembre 1994, «en remerciement de l'aide apportée aux enfants de Tchernobyl par les scouts du monde entier»

· Prix de l'Association Internationale des Relations Publiques (AIRP) L'AIRP a attribué le Prix du Président pour l'année 1994 à l'AMGE et OMMS. Prix remis aux lauréats à Paris le 3 février 1994. Il récompense «leur contribution remarquable à l'amélioration de la compréhension mondiale». Le Président de l'AIRP témoigna «Nous tenons à récompenser le travail remarquable qu'ils accomplissent en apprenant aux enfants et aux jeunes adultes à respecter les valeurs fondamentales de la vie, l'environnement, l'internationalisme et à se respecter les uns les autres»

· Prix du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) sur base du Protocole d'Accord signé en 1995 entre l'OMMS et le HCR, ce dernier a annoncé en 1999 la création d'un Prix récompensant les projets d'aide aux réfugiés des Scouts et Guides. Ce Prix est financé par le HCR et l'Amitié Internationale Scoute et Guide (AISG). Il récompense et soutient les projets d'aide aux réfugiés des Scouts et Guides par une reconnaissance officielle du HCR et une aide financière modeste. Les premiers prix ont été annoncés lors de la 35e Conférence Mondiale du Scoutisme qui s'est tenue à Durban, en Afrique du Sud, en juillet 1999. Ils ont été décernés à: l'Arménie pour avoir «sensibilisé les enfants à leurs droits»; le Burundi, la Croatie et la République démocratique du Congo pour «la réhabilitation des enfants traumatisés»; la France (Eclaireuses et Eclaireurs de France), le Mexique et les Pays-Bas pour «avoir rompu l'isolement des enfants réfugiés»; la Tanzanie pour son «éducation à la santé et à l'environnement dans les camps de réfugiés»; et la Turquie pour avoir «aidé les enfants réfugiés de Bosnie».

1.6 Conclusion partielle

Né d'un militaire en 1907, le scoutisme vient d'entrer dans son 2ème centenaire avec une cohorte d'activités pour la paix dans le monde et il ne la comprend pas directement à son sens 1er , celui d'absence de guerre. Il considère que la paix a plusieurs facettes et qu'il importe de faire l'éducation à tous les fronts. Son combat touche plus l'Education à la paix pour toucher l'esprit, car la paix est une question de mentalité. Cet esprit, une fois cultivé en nous, fait naître l'estime mutuelle et le respect de l'autre.

Le scoutisme rejoint l'idée de Montessori selon laquelle « l'éducation est la meilleure arme pour la paix. Tant que nous ne ferons pas confiance à la grande arme pour la paix qui est l'éducation, les guerres continueront à succéder aux guerres et tant la sécurité que la prospérité des hommes ne seront pas assurées »22

22 Maria MONTESSORI, L'éducation à la paix, Ed Desclée de Brouwer, Paris, France, 1996, p.53

Chapitre II : LE SCOUTISME DANS LA SOUS REGION DES GRANDS LACS AFRICAINS

2.1 Présentation brève de la sous-région africaine des grands lacs.

La Région des Grands Lacs Africains (GLA) est une suite de lacs localisés en Afrique de l'est. Orienté dans le sens nord-sud, cet ensemble révèle la partie méridionale de la Rift Valley Il comprend le lac Victoria, le troisième lac du monde par sa taille. Les grands lacs sont:

Tableau N°3 Les Lacs formant la chaîne des grands lacs Africains.

Lacs

Superficie en Km2

Profondeur en m

Tanganyika

32

900

1

433

Victoria

68

100

 

82

Malawi

30

900

 

706

Albert

5

270

 

51

Edouard

2

150

 

117

Kivu

2

700

 

485

 

Source : Recherches sur Internet

Les lacs Victoria, Albert et Édouard se jettent dans le Nil Blanc tandis que les lacs Tanganyika et Kivu se jettent tous deux dans le Fleuve Congo. Cette région est l'une des régions les plus fortement peuplées du monde avec une population estimée de 107 millions d'habitants. En raison de son ancienne activité volcanique, cette partie de l'Afrique est aussi l'une des régions les plus fertiles. Son altitude lui donne aussi un climat plutôt tempéré en dépit de sa localisation équatoriale. Ce climat facilite beaucoup l'élevage, en particulier de bovins et de caprins.

De par la densité de la population et le surplus agricole de la région, la zone s'est fortement organisée en de nombreux petits États. À l'inverse des autres régions d'Afrique, les anciennes frontières ont été souvent maintenues par les puissances coloniales.

Très convoitée en tant que source du Nil, la région intéressa longtemps les Européens. Les premiers à arriver dans la région en nombre furent les missionnaires. Ils connurent un succès limité dans la conversion des autochtones mais préparèrent la région à la colonisation à venir. Le contact accru avec le reste du monde conduisit à une série d'épidémies catastrophiques concernant à la fois les êtres humains et le bétail. La population de la région décrut énormément, jusqu'à 60 % dans certaines zones. La région n'est revenue à son niveau démographique précolonial que dans les années 1950.

Considérée comme une région avec un grand potentiel après l'indépendance, la région a subi au cours des dernières années des guerres civiles et des violences intenses, qui l'ont laissé dans un grave état de pauvreté.

Pour ce qui est de notre travail, le terme sous-région des grands lacs désignera la République du Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo et principalement les provinces du Nord et du Sud-Kivu qui sont le champs d'action de la Concertation des Scouts des Grands lacs.

Du point de vue géographique, la sous-région des grands lacs est parfois confondue avec l'Afrique Centrale, bien que, selon les utilisateurs de l'expression, cela ne concerne pas exactement les mêmes pays. Géologiquement, la zone se morcelle, à la vitesse de quelques centimètres par an. L'Afrique sera alors coupée en plusieurs plaques continentales.

Sur le plan historique nous pouvons retenir que, le Burundi et le Rwanda furent colonisés par l'Allemagne puis la Belgique, alors que la RDC fut une propriété privée du roi des Belges Léopold II, puis une colonie de la Belgique. Leurs indépendances sont situées entre 1960 et 1962.

Après les indépendances dans les années soixante, les événements principaux de cette histoire régionale ont été :

· au Burundi : les massacres de 1972, la démocratisation en 1990, l'élection puis l'assassinat de Melchior NDADAYE en 1993, l'alternance pacifique Hutu/Tutsi de Pierre BUYOYA et Domitien NDAYIZEYE, résultant d'accords de paix après 2000 et l'élection de Pierre NKURUNZIZA en août 2005

· en République Démocratique du Congo : l'assassinat de Patrice Emery LUMUMBA, la dictature de MOBUTU SESE SEKO et la succession des KABILA (Laurent-Désiré et Joseph), la première guerre (dite de libération) puis la deuxième guerre (dite de rectification) du Zaïre qui devient la RD Congo

· au Rwanda : l'exil des Tutsi (1959), les régimes de Grégoire KAYIBANDA et Juvénal HABYARIMANA, le génocide et la gouvernance de Paul KAGAME

La passation de pouvoir était faite quasiment par des coups des forces (rébellions, coups d'états...)

Sur le plan Politique, aujourd'hui, cette région est très marquée par les guerres et tueries passant par des guerres tribales, guerres civiles, génocides, agressions, porosités des frontières... qui ont achevé de la déstabiliser après la lente chute de Mobutu au Zaïre. Le règlement des questions des génocidaires, réfugiés, déplacés, INTERAHAMWE et des groupes armés a longtemps gangrené la région et ne semble pas trouver de solution à ce jour.

Géant géographique et géologique, la RDC a beaucoup de mal à trouver une dynamique politique qui puisse entraîner la région. De nombreux projets de développement restent dans les cartons faute d'entente régionale, notamment en ce qui concerne la production et l'exploitation d'énergie. L'influence de l'Ouganda et du Rwanda dans l'Est du Congo est un des facteurs des difficultés de ce pays, celle des pays occidentaux et de leurs multinationales en étant un autre. Le potentiel du lac Kivu, commun au Congo et au Rwanda ne pourra être exploité que lorsque les deux pays trouveront un terrain d'entente. La diplomatie, très active, permettra peut être de déboucher sur une solution.

Le Burundi et le Rwanda tentent de trouver une unité parmi la mosaïque de groupes politiques marqués par l'ethnisme colonial, intégré et inscrit dans leurs constitutions.

Les influences anglophones (Ougandais et une partie des dirigeants Rwandais) et francophones (Burundais, Congolais et Rwandais) s'y exercent. La France, la Belgique et les Etats-Unis d'Amérique sont les principaux pays qui exercent cette influence aujourd'hui. La chine est entrain de faire une entrée forcée et tactique dans la sous- région.

Deux pays sont actuellement soumis à une présence de forces de l'ONU : le Burundi avec le BUNUB (Bureau des Nations Unies au Burundi) qui vient de remplacer l'ONUB (Observatoire des Nations Unies au Burundi) et la République démocratique du Congo avec la MONUC (Mission d'Observation des Nations Unies en république Démocratique du Congo)23.

C'est dans ce contexte que la CSGL exerce ses actions d'éducation à la paix 2.2 La Concertation des Scouts des Grands Lacs africains

La Concertation des Scouts des Grands Lacs (CSGL) est une dynamique sous- régionale constituée par les associations scoutes nationales du Rwanda (ASR) et du Burundi (ASB) ainsi que des associations scoutes provinciales du Nord-Kivu (ASNK) et du Sud-Kivu (ASSK) faisant partie de la Fédération des Scouts de la RD Congo (FESCO) qui compte 11 associations provinciales.

2.2.1 Historique de la CSGL et textes constituants

2.2.1.1 Historique

Le début de la décennie 1990 commence par des troubles qui embrasent toute la sous-région. Les responsables scouts, éducateurs des jeunes et partisans de la non- violence, de la paix entre les peuples, du respect du bien public observent impuissamment la crise burundaise de 1993 et le génocide rwandais de 1994 qui déversent sur le territoire zaïrois des milliers des réfugiés et des déplacés internes sont tant dans les pays en troubles que dans le pays d'accueil qui lui-même connaît des troubles tribaux surtout dans la partie du Nord-Kivu avec la naissances des groupes armés internes.

Interpellés par ces crises sociopolitiques violentes et répétitives de cette partie de l'Afrique, et sur la demande des jeunes, les responsables des associations scoutes susmentionnées ont commencé à faire de réflexion et du 10 au 14 Juin 1996 dans une réunion à Bujumbura ils ont conclu que les jeunes sont les premières victimes des troubles et malheureusement ils sont aussi acteurs manipulés par les adultes. Ce séminaire s'inscrivait dans le cadre de réflexion sur le rôle des associations scoutes dans la prévention et la gestion de ces crises.

23 www.wikipedia.org/wiki/grands_lacs_(afrique)

De ce séminaire est né un document de valeur dit « La Charte de Paix des Scouts des Grands Lacs » et elle est ratifiée la même année lors de la 34ème Conférence Scoute Mondiale tenue du 8 au 12 juillet à Oslo (Norvège) par la résolution 13/96 qui non seulement accueille positivement et encourage cette initiative mais aussi recommande que le Comité Mondial encourage les Organisations /Associations Scoutes Nationales (OSN/ASN) à revoir leur programme des jeunes afin :

- de permettre aux scouts et à leurs responsables de rechercher et d'analyser les causes qui sont à la base des conflits

- de promouvoir la paix, la tolérance et la réconciliation entre les communautés, particulièrement parmi les jeunes, contribuant ainsi à instaurer la solidarité

- d'encourager la coopération et les échanges qui transcendent les différences ethniques, religieuses et culturelles.24

Les objectifs de la charte ont été définis dans un programme scout d'éducation des jeunes à la Paix, programme qui s'articule sur une réorientation des activités dans le contexte que vit la sous-région. Par la charte les associations scoutes membres s'engagent à contribuer au retour et à la sauvegarde de la paix dans la Sous Région.

La CSGL se choisit une trilogie éducative : Education - Paix - Développement. Ses objectifs s'articulent autour de trois domaines essentiels25 :

1. Education à la paix

- Conduire les jeunes vers le rétablissement de la valeur humaine en les aidant à développer une éthique de tolérance, de cohabitation, de justice et de démocratie;

- Aider les jeunes à prendre une place active constructive dans la communauté.

2. Communication et information

- Développer chez les jeunes les compétences d'analyse de l'information et l'esprit de partage et d'ouverture d'esprit ;

- Aider les jeunes à porter un regard de réflexion et de critique sur la communauté et ses composantes.

3. Culture

- Renforcer les liens entre les jeunes de nos trois pays en offrant des moments d'expression et d'exhibition culturelles;

- Favoriser la cohabitation pacifique et l'acceptation de la différence à travers une série d'événements au niveau local, national et international;

- Ouvrir les activités scoutes aux autres mouvements de jeunesse dans le but de promouvoir les échanges qui ne tiennent pas compte des origines.

24 Bureau Mondial du Scoutisme : Résolutions de la Conférence Mondiale du Scoutisme 1988-2005, avec supplément aux résolutions de la CMS 1922-1985, Genève 2007 p181-182

25 www.scout.org (expériences porteuses)

2.2.1.2 Textes Constituants26

Hormis la charte de paix qui trace les lignes directives et les objectifs de la Concertation, la CSGL a élaboré un Règlement d'Ordre Intérieur. De ce ROI on peut déceler les éléments ayant trait au siège, à l'objet, au but et aux organes de la CSGL.

Le siège social et administratif de la CSGL est établi à Bujumbura, dans les locaux de l'Association des Scouts du Burundi. Mais il peut être transféré dans une autre ville d'un autre pays des grands lacs sur décision du Comité de coordination après consentement des membres de chaque association.

Contribuer à la promotion et la sauvegarde de la paix dans les différents pays des Grands Lacs est son objet principal.

Son but est de faire jouer pleinement au mouvement scout son rôle de véhicule de paix aux jeunes ; identifier des partenaires susceptibles de favoriser la mise sur pied des bases de paix ; développer des activités en rapport avec la paix dans les domaines d'éducation aux valeurs positives de la paix, démocratie...

La CSGL fonctionne avec trois organes :

o Le Comité de Coordination : Organe de décision et d'orientation de la

politique générale. Les réunions sont rotatives (Bujumbura, Bukavu, Kigali, Goma) et semestrielles (en principe en Janvier et Juillet). Il peut y avoir des rencontres extraordinaires. Les membres sont à 13 dont le secrétaire exécutif et les personnes suivantes :

- Les Commissaires Généraux (ASB et ASR) et Provinciaux (ASNK et

ASSK) ;

- Les Commissaires Internationaux et aux Relations Publiques ;

- Les Commissaires au Programme des Jeunes.

La Présidence de cet organe est rotative et a une durée de 3 ans. Il a été présidé de 1999 à 2002 par l'ASB, de 2002 à 2005 par l'ASR et de 2005 à 2008 par l'ASNK. Les votes dans les réunions sont faites par association. L'association doit être en ordre de cotisation et rapports pour bénéficier des services de la CSGL.

Aux réunions de la coordination peuvent participer d'autres personnes jugées importantes soit par le secrétariat soit par les associations. Ce sont souvent des partenaires et des consultants.

o Le Secrétariat Exécutif Permanent : Organe exécutif et d'appui technique. Il

supervise les activités et agit au nom des associations. Il est le responsable en plus de la Gestion Financière et administrative, de la planification et organisation des projets d'éducation à la paix, suivi et évaluation régulière du programme ; contacts internes avec les membres et externes avec les partenaires et facilitateurs. Le secrétaire exécutif permanent est un fonctionnaire payé. Il est recruté par le comité de coordination suite à une offre d'emploi publiée dans toutes les associations membres qui présentent chacune au plus un candidat. L'actuel, recruté depuis 1999 était venu de l'ASNK. Il arrive que le besoin exige que ce dernier soit épaulé par un assistant et le processus de son

26 CSGL, Règlement d'ordre Intérieur, inédit, Bujumbura, janvier 2001

recrutement est le même que celui du secrétaire. L'association d'où est originaire le secrétaire ne pouvant plus présenter un candidat.

o Les commissions spécialisées : sont des groupes de travail technique

chargé d'examiner des problèmes particuliers jugés importants par le Comité de coordination.

Structure Organique de la CSGL

COMITE DE COORDINATION

Commission de
Contrôle

Secrétariat Exécutif

Commissions Spécialisées
- Pédagogiques

- Financières

- administratives...

Association des
Scouts du Nord-
Kivu
ASNK/FESCO
GOMA

Association des
Scouts du
Rwanda
ASR
KIGALI

Association des
Scouts du Sud-
Kivu
ASSK/FESCO
BUKAVU

Association des
Scouts du
Burundi
ASB
BUJUMBURA

Les activités organisées par la CSGL sont soit communes, impliquant les autres associations ou spécifiques à chaque association.

Le logo de la CSGL est une colombe portant un message de paix symbolisé par la fleur de lys (insigne scoute) avec la trilogie éducative `Education paix et Développement'

2.2.2 Associations membres et divers partenaires

2.2.2.1 Des membres

La CSGL compte quatre membres fondateurs et effectifs jusqu'à ce jour.

· Association des Scouts du Burundi (ASB)

Le scoutisme est introduit au Burundi depuis 1948. L'ASB est reconnue comme une asbl par ordonnance ministérielle du 18 avril 1991. Elle est membre à part entière de l'OMMS et ouverte à tous sans aucune distinction, elle compte près de 16000 jeunes (dont 40% en milieu rural) répartis en 14 régions qui couvrent tout le pays. Les filles y sont minoritaires. Toutes ses actions sont orientées vers l'encadrement et la formation des jeunes à se prendre en charge et à être des citoyens honnêtes et responsables. L'ASB est composée de plus de trois cent groupes à 60% urbains. La plupart des groupes sont scolaires. Elle dispose des locaux propres qui logent le centre national et des centres de formation sont à l'intérieur du pays.

· Association des Scouts du Rwanda (ASR)

L'ASR regroupe des effectifs compris entre 28000 et 30000 jeunes à majorité de sexe masculin. Ils sont répartis en 498 groupes dans 5 régions que compte le pays. Les régions sont divisées en districts et ces derniers en unités. Cette association dispose des locaux propres qui abritent le centre national et des centres de formations scoutes (CSF) sont implantés dans le pays. L'ASR a des possibilités d'autofinancement.

· Fédération des Scouts de la RD Congo (FESCO)

La FESCO étant une fédération composée de 11 associations provinciales, seules les deux associations d'extrême est (Nord et Sud-Kivu) font partie de la concertation. La FESCO est agréée depuis le 21 novembre 1991 à la suite de la première conférence de la FSZ qui remplace l'OEZA. Elle a droit aux subventions des l'Etat selon les textes mais cela n'est pas effectif.

L'ASNK a obtenu le prix UNHCR / OMMS pour des actions en faveur des réfugiés rwandais en 1994. Plusieurs de ses archives ont été consumées par les laves du volcan Nyiragongo qui a eu irruption le 18 janvier 2001. Elle compte près de 13000 membres. Elle dispose des terres propres et une école pour les enfants en situation difficile. Un centre récréatif pour l'association est en construction.

Quant à l'ASSK, elle compte 14000 membres sur toute l'étendue de la province. Elle n'a pas d'immeuble propre mais loue depuis 2002 un bureau au centre ville de Bukavu. Ce local sert de bureau provincial et de centre informatique (avec des machines propres) et salle des réunions.

Les associations scoutes congolaises sont moins munies par rapports à leurs paires burundaises et rwandaises. Cela serait dû à la suppression du mouvement qui a duré près de 20 ans et la non implication de l'appareil de l'Etat dans les activités des associations.

Rappelons que le scoutisme dans la sous-région des grands lacs africains est entré par la RD Congo et c'est du Kivu que dépendaient les deux colonies du Ruanda-Urundi jusqu'en 1960.

2.2.2.2 Des partenaires

Y Le Bureau Mondial du Scoutisme OMMS, Genève et le Bureau régional Africain de Nairobi ;

Y Broederlijk Delen, une ONG Flamande de Belgique;

Y APTE (Animation des Projets, transferts des compétences et Evaluation), une ONG allemande qui fait place d'intermédiaire entre les partenaires ;

Y Le CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement), une ONGD française

Y Commission Européenne ;

Y ASTM : Agir avec les Scouts pour une Terre Meilleure (une ONG suissesse) ; Y Des associations du scoutisme et guidisme mondiales.

2.2.3 Les activités réalisées par la CSGL sur l'éducation à la paix

Dans cette section nous présentantons quelques activités d'Education à la paix de la CSGL en indiquant les Thèmes, objectifs, lieux, participants, résultats atteints.

2.2.3.1 Activités propres à la CSGL

2.2.3.1.1 Les formations, séminaires, ateliers, pour jeunes et adultes

Les formations sont des activités faites pour « capaciter » les adultes dans la gestion des ressources adultes. Les adultes doivent être à la hauteur de leurs tâches pour conduire les jeunes vers leur épanouissement personnel, leur autonomisation et les valeurs qui rendent agréable et possible la vie en commun.

Les ateliers et séminaires sont des occasions où les adultes viennent donner de leurs expériences et participer à une certaine production dont a besoin la dynamique. Leurs connaissances sont exploitées selon des différentes méthodologies

Tableau N°4 : Quelques Formations, Séminaires et Ateliers organisés par la CSGL dans le cadre d'éducation à la Paix

Date et lieu

Titre et objectifs

Bénéficiaires

10-14 juin 1996, Bujumbura

Séminaire Atelier sous-régional sur l'Education à la Paix, mise en place de la CGSL

12, dont 3 commissaires par Association + Appui du bureau Mondial

22-28 Août 2002, Goma

Stage zonal de Formation des Formateurs adjoints

18 stagiaires

25-28 janvier 2002, Butare

Séminaires ateliers sur la Conception des supports éducatifs pour l'éducation à la paix

12 participants

19-22 Novembre 2002, Bukavu

 
 

Bujumbura, Bukavu Kigali, Goma Janvier 2002

Formations des pairs éducateurs sur la Non-violence active, Gestion des conflits

160 participants dont 40 /associations

26-30/12/2001, Goma

Atelier sur le programme des jeunes et les activités d'éducation à la paix, aux droits de l'homme, de l'enfant et la lutte contre le VIH SIDA

25 participants

Toute l'année 2004 à Buja, Bukavu,

Goma et Kigali

Forums ouverts sur l'éducation à la paix et la lutte contre le VIH SIDA

Moyenne de 50 participants / associations

28-30 avril 2005, Goma

Atelier de vulgarisation du Manuel du Chef d'unité pour l'Education à la paix

16 participants

 

Source : Nos recherches

2.2.3.1.2 Les Jamborees sous-régionaux

Un Jamboree est un grand rassemblement de scouts. Il a souvent une connotation internationale. Le 1er avait eu lieu en Angleterre en 1920. Avec le temps des jamborees ont été organisés avec un peu moins de personnes mais aussi et surtout dans le cadre de rassembler plus de monde possible avec des cultures différentes.

Les Jamborees organisés par la CSGL poursuivent bien ses objectifs dans le cadre d'Education des Jeunes à la paix. La vie d'ensemble étant le meilleur moyen de s'assurer de la cohabitation. Le développement des capacités physiques, intellectuelles et connaissances intellectuelles et civiques fait partie des objectifs à atteindre.

Objectif principal : (éducationnel)

+ Sensibiliser les jeunes scouts des grands lacs, et autres participants, aux

responsabilités qu'ils portent vis-à-vis de leur propre avenir et de celui d'autrui, et les inciter à oeuvrer de concert dans cet esprit.

Objectifs Complémentaires

Informationnel : Faire connaître aux membres l'engagement social et pacifique du Scoutisme.

Savoir-faire et techniques : Enseigner aux jeunes des techniques et un savoir-faire leur permettant de mener des activités sociales dans leur propre milieu.

Communicationnels et relations extérieures : Présenter le Scoutisme comme une organisation moderne, orientée vers la société et établir des liens de partenariat avec des organisations sociales dans le but de réaliser des projets conjoints.

Tableau N° 5 : Les jamborees sous régionaux de paix des grands lacs africains

Dates

Du 22 au 29 décembre 2002

Du 15 au 25 juillet 2007

Lieu

Rukeco / Ngozi Burundi

Nyangezi, Sud-Kivu RDC

Thème

Ensemble pour la paix et le
développement durable
dans la sous région des

Grands lacs africains dans la paix et la

concorde pour un monde nouveau

 

 

Grands Lacs

 

Participants :

1248

610

Origines des participants / Associations

Burundi

RD Congo - Nord-Kivu RD Congo - Sud-Kivu Rwanda

RDC Sud-Kivu Rwanda

Burundi

Belgique

RDC Nord-Kivu

RDC Province Orientale Hollande

Directeur

Daniel KAGIMBI, ASB

Jean-Jacques BA MURHANDIKIRE, ASSK

Activités

Excursions

Ateliers en VMD

Concours et soirées culturels Dons de sang

Temps spirituels

Excursions

Ateliers en VMD

Concours et soirées culturels Tournois sportifs

Dons de sang

Temps spirituels

Visites importantes

Ministre Burundais de la

Jeunesse,

Epouse du vice-président de la République

Gouverneur de Ngozi

Gouverneur de la Province du Sud-Kivu

Vice gouverneur de la Province

Inspecteur Provincial de la Police Nationale

Congolaise

 

Sources : Rapports des Jamborees 2.2.3.1.3 Les Forums Ouverts

Les forums ouverts (F.O.) sont des activités qui valorisent le dynamisme qui est souvent reconnue à la jeunesse. Ils permettent de l'utiliser positivement pour contribuer à la sauvegarde de la paix et à la lutte contre le VIH SIDA. Au cours de l'activité, les jeunes discutent et finissent par planifier des activités.

Les F.O développent les capacités d'apprentissage et de performance des participants au-delà de leurs propres attentes et permettent ainsi à ces derniers:

· Une exploration des questions liées à la Paix et au VIH/Sida ;

· Une identification et planification des activités thématiques pour une période donnée ;

· Un renforcement de la communication et des relations entre les participants (scouts, unités, groupes, districts...) ;

· Une vivification des Unités sélectionnées Pour l'éducation à la paix, les activités suivantes ont été réalisées27 :

- Informer les scouts au sujet de la paix ; - Produire des supports sur la paix ;

- Faire des marches de paix ;

- Organiser des concours et des jeux ;

- Soutenir les victimes de la guerre et les prisonniers ;

27 CSGL, Revue La Colombe, Numéro spécial de Juillet-Août 2005, p.5

- Soutenir les orphelins et handicapés ;

- Sensibiliser sur le comportement en période électorale ;

- Rassembler les jeunes dans le scoutisme ;

- Faire des dons `un scout = un habit' aux déplacés et victimes des conflits.
2.2.3.1.4 Le concours Inter Patrouilles

Tenu à la cité des Jeunes `Nazareth' à Mbare Kabgayi dans l'ex province de Gitarama (actuellement située dans la Province du Sud) au Rwanda du 27 au 31 décembre 2003, le concours avait pour thème : « La culture de la Paix dans nos cultures et pratiques scoutes pour développer nos communautés ». Etaient conviés à ce concours, pour chacune des 4 associations, deux patrouilles (une masculine et une féminine) qui étaient accompagnées par le Commissaire au Programme, deux chefs d'unité troupe et une autre personne.

Le concours portait sur la connaissance du mouvement, les activités de création, activités communautaires en faveur de la paix, le secourisme, la signalisation et les activités culturelles28.

2.2.3.1.5 Le rallye sous-régional des louveteaux

Cette activité a eu lieu du mardi 11 au vendredi 14 avril 2006 au Groupe scolaire de Gihundwe, à Cyangugu dans le district de RUSIZI en Province de l'Ouest en République du Rwanda. Hormis l'Association des Scouts du Rwanda qui est venue avec 6 garçons et 5 filles (une étant tombée malade à la veille du départ), toutes les 3 autres associations se sont présentées avec une délégation composée de 12 jeunes dont 6 garçons et 6 filles âgés de 10 à 12 ans, soit un total des 47 jeunes dont 24 louveteaux et 23 louvettes. En y ajoutant les adultes accompagnateurs, nous avons compté un total 65 personnes dont 27 filles (soit 42%).

Avec comme thème central « Ensemble nous vaincrons le VIH / Sida dans les Grands Lacs et vivrons une paix durable », ce rallye a eu entre autres comme objectif celui d'amener les jeunes louveteaux à avoir un comportement pacifique envers les personnes atteintes par le VIH / Sida et autres personnes vulnérables dans notre société.

C'était la première fois qu'une activité sous régionale est faite pour les jeunes de plus ou moins 12 ans et les résultats ont été encourageants.

Des observations importantes et pacifiques ont été tirées lors de brassage des jeunes. Le 1er jour a été timide et les jeunes avaient peur des autres, le 2ème jour ils ont commencé à jouer ensemble pendant les heures qui n'étaient pas réservées aux concours. Ces derniers sont devenus juste des fair-play tant l'amitié régnait entre les participants. Dès le 3ème jour, les jeunes ont changé les foulards qui étaient les seuls signes distinctifs des différentes délégations. La séparation n'a pas été chaude tant les accolades traînaient et des larmes longeaient les joues.

28 ASB, Revue Toujours Prêts, Bimestriel, N°44 de Janvier-Février 2004 p.3

2.2.3.1.6 Le Camp Chantier

Ce dernier a eu lieu à Kirundo au Burundi du 1er au 12 août 2005 avec la participation des 48 routiers des grands Lacs (RDC : 12, Rwanda : 18 et Burundi : 24) et des Scouts et Guides de France en plus des accompagnateurs des Grands lacs. Les activités tournaient sur l'Education à la paix, l'éducation sanitaire et le développement. Comme un seul homme, les scouts ont construit un local pour la région scoute de Kirundo au Burundi. Des activités culturelles ont été organisées pour des échanges pacifiques : apprendre ce qu'il y a de bon dans notre culture, comment les résolutions des conflits sont faites dans nos traditions.

Les trois types d'activités ci-haut décrites ont un même caractère compétitif mais utilisées à des groupes d'âges différents et donc avec des pédagogies différentes : le concours inter patrouilles pour les scouts et scouts aînés (12-18 ans) ; le rallye sous- régional pour les louveteaux (10-12 ans) et le camp chantier pour les routiers (18-25 ans)

Dans le scoutisme et pour la CSGL, les concours visent à favoriser l'émergence d'une génération des jeunes libérés d'idéologies de haine et de violence, imprégnés des principes démocratiques, responsables de leurs actes et engagés socialement pour une communauté pacifique et tolérante. Les jeunes ont bon souvenir de ces rencontres qui sont pour eux une incitation à la mise en pratique des formations d'éducation à la paix. Ils sont aussi un pas vers la durabilité des acquis du programme dont ils bénéficient et une occasion pour les responsables de faire une évaluation collective.

2.2.3.1.7 Activités d'urgence

Ces activités sont effectuées selon les urgences. La plus éclatante est celle organisée dans la ville de Bukavu après les attaques des insurgés NKUNDA et MUTEBUTSI. L'activité dénommée « Actions de solidarité des scouts de Bukavu aux victimes de la guerre des mutins à Bukavu » a été financée par ASTM/Genève. Une semaine scoute de solidarité a été organisée en juin 2004 et elle a consisté à :

- Distribuer des vivres aux soldats et autres blessés dans les hôpitaux, au centre de Récupération des enfants de la rue, au centre Ek'Abana, aux femmes violées internées à Panzi et aux détenus de la Prison centrale ;

- Dons de 72 poches de sang contrôlé à l'Hôpital Général de Référence ;

- Sensibilisation sur la cohabitation pacifique à travers des messages radiodiffusés, des sketches, chansons et poèmes partout où les distributions ont été faites ;

- Réfection du pont reliant le quartier Nguba au cimetière public de Ruzizi.

2.2.3.2 Activité co-organisée avec d'autres associations : le projet Amahoro-Amani

Le projet Amahoro-Amani, un projet de Promotion d'une Paix durable dans les grands lacs africains qui a vu le jour en 2005. Né de la nécessité de fournir une réponse concrète à la demande de nouvelles opportunités pour les jeunes du Burundi, du Congo et du Rwanda, et de la conscience des potentialités et des ressources créées et mobilisées dans les dernières années de la part des jeunes membres des groupes guides et scouts de la sous-région des grands lacs africains. Ainsi les Associations Guides et Scoutes ont profité de leur vaste connaissance du territoire et de leur présence massive dans la sous-région pour tendre la main aux jeunes à l'intérieur et surtout à l'extérieur de leur structures.

Le projet est né au moment où la sous-région souffrait d'une profonde division sociale comme conséquence de nombreux conflits qui ont éclaté au cours des dernières années. Les jeunes sont donc appelés à faire face à un grand défi d'unité et de réconciliation. Si d'un coté les conséquences directes des conflits ethniques et sociaux se manifestent dans la prévalence d'orphelins et dans le taux d'ancien « enfant soldat », d'autre côté, et le plus grave, ces conséquences sont désormais stratifiées dans le tissu social et influencent les relations entre les jeunes.

Par rapport à ces défis, le Projet Amahoro-Amani aspirait à contribuer à l'éducation de la jeunesse en la rendant consciente du rôle qu'elle est appelée à jouer dans la construction des nouvelles logiques relationnelles et dans le développement de son avenir et de son pays.

Les potentialités du Projet Amahoro-Amani de faire face à tel objectif trouvent ses points de force avant tout dans la possibilité de s'adresser aux jeunes là où la formation de leurs comportements et aptitudes dépend encore fortement du contexte de référence et des « inputs » extérieurs. Le Projet Amahoro-Amani visait expressément les jeunes du pays, considérés comme le groupe le plus approprié pour lutter contre les préjugés et pour s'engager dans la promotion de la paix.

Dans le cadre du centenaire du scoutisme, il a été créé, depuis l'an 2000, un programme Dons pour la Paix et le Projet Amahoro-Amani représentait des contributions réelles des jeunes femmes et hommes, d'âge compris entre les 15 et 25 ans, pour lutter contre les préjugés ethniques qui minent toutes les relations sociales et contribuent à donner origine aux formes de violence que depuis une décade perturbent la paix dans les trois pays de la sous-région des Grands Lacs africains.

Pour que l'objectif se réalise, ces jeunes ont été appelés à entreprendre une mission de médiation communautaire, en s'engagent pour au moins deux années dans des activités pratiques, telles que :

- l'organisation, à l'aide des outils appropriés, des campagnes de sensibilisation de la population dans les écoles et autres lieux publics sur les thèmes de la cohabitation pacifique et de la lutte contre les préjugés ethniques ;

- la création de clubs de la paix et de la réconciliation pour des jeunes des milieux sociaux différents;

- l'organisation des travaux communautaires ;

- l'organisation régulière des journées de la paix et de la réconciliation dans les communautés ;

- la participation active des délégués des clubs de la paix et de la réconciliation aux conseils de village ou de quartier29.

En deux années, les scouts et les guides ont entraîné et formé des milliers de jeunes filles et garçons et ont impliqué autant que possible les jeunes d'autres pays (d'Afrique et d'Europe), en étant persuadés que le Projet Amahoro-Amani est une véritable opportunité pour permettre à la jeunesse des grands lacs africains de participer au processus de rétablissement de la paix dans la sous-région.

Objectif global : Mobiliser et mettre en action en deux ans plusieurs milliers de jeunes (+ de 21000) au sein de la population afin de faire émerger un mouvement de rejet des préjugés ethniques parmi la jeune génération et amener les jeunes à contribuer concrètement au changement social pour l'avènement d'une paix durable, élément nécessaire pour le développement dans la région des grands lacs africains.

Objectifs spécifiques

- Former et mettre en action 420 Médiateurs Communautaires, capables de

contribuer au changement social de leur communauté en mobilisant d'autres jeunes sur la promotion de la paix et le développement communautaire ;

- Mettre en place un système permanent de formation et de soutien des

Médiateurs Communautaires ;

- Renforcer, capitaliser et évaluer l'expérience des Médiateurs

Communautaires dans une coopération régionale et internationale ;

· Exécutants principaux de l'action : Sept associations dont 4 associations scoutes (de la CSGL) et 3 associations guides de la sous-région des grands lacs dont l'Association des Guides du Burundi (AGB), Association des Guides du Nord Kivu (AGNK), Association des Guides du Rwanda (AGR),.

· Durée : Octobre 2005 - Octobre 2007

· Localisation : Sous-région des grands lacs africains (Burundi, Rwanda et Est de la République Démocratique du Congo - Nord Kivu et Sud Kivu -). La direction est à Bujumbura dans l'enceinte de la CSGL et des représentations à Bujumbura, Kigali, Goma et Bukavu.

29 CSGL : Le projet Amahoro-Amani, Bujumbura, Octobre 2005, p.9

Organes du Projet Amahoro-Amani

420 Médiateurs Communautaires

42 Formateurs

Jeunes citoyens du Monde

7 Volontaires
de Paix

21 000

jeunes des
Grands Lacs

ORGANISATION

Comité de Gestion

Équipe Exécutive

Source : Projet Amahoro-Amani, Présentation Power Point, P 13

Les MC Les MC

Les MC Les MC

La Communauté des Grands Lacs

Il y a 42 FMC (Formateurs des Médiateurs Communautaires)

et 420 Médiateurs

Communautaires (MC)

52

Le Comité de Gestion

Le Comité International
de Partenariat

L'Equipe Exécutive :

Membres :(Le Directeur du Projet, Les 7 Volontaires de Paix, Les Volontaires étrangers, Le Responsable Administratif et Financier Fonction: mettre en oeuvre de la stratégie

Les FMC

Les FMC

CPR

CPR

CPR

CPR

Le Club de paix et de réconciliation est composé
de 50 jeunes (agents de paix) sous la conduite
du Médiateurs communautaires.

Le comité de Gestion :

Membres : Les 7 Commissaires Généraux / Provinciaux.

Fonction: établir la stratégie et la promotion du projet. Une réunion semestrielle

L'Equipe Exécutive

Comité international de partenariat : Membres : Les Représentants des Partenaires. Fonction: conseil technique et recherche de fonds Une réunion annuelle

a) Les Formations des FMC et MC

Tableau N°6 Activités formatives au cours du Projet

Formations /
Dates / période

Participants et Lieu

Objectifs / Thèmes Principaux

Formations des
FMC
(du 4 au 10
décembre
2005)

42 FMC

7 VP

7 CP et CN RPI La direction

Au centre spirituel Saint Esprit à KIRIRI Bujumbura Burundi.

· Les Conflits dans les Grands lacs : Sources, causes et modes de Gestion

· Mission des FMC et des MC

· Techniques de planification et d'évaluation des activités

· Gestion financière d'un projet

· Techniques d'information, d'éducation et de
communication

· Psychologie de l'adolescent

· Technique d'animation de groupe

· Attitudes d'un formateur/médiateur face au public

Recyclage des
FMC
(décembre
2006)

FMC et VP Rwandais Kigali , (du 1er - 3)

· Evaluation des Fonctions

· L'approche méthodologique

· Révisions des objectifs des formations et activités des MC

 
 
 

80 MC

Bukavu,

29 avril au 1er mai 2006

Compréhension du projet et la connaissance du rôle à jouer par les MC

· Recruter des agents de paix pour organiser un club de la paix

· Enquêter sur la situation des conflits existant dans sa communauté

· Planifier, préparer et organiser des campagnes de sensibilisation de la population sur la cohabitation et le rejet des préjugés ethniques

· Assister utilement aux structures
communautaires des localités

 

Kigali

29 avril au 1er mai 2006

 
 

Bujumbura

29 avril au 1er mai 2006

 

Goma,

24- 28 mai 2006

 

2ème session de
formation de
MC
(Août 2007)

Bukavu,

Bujumbura, Kigali

Goma

Fournir aux MC des compétences nécessaires pour jouer pleinement leur rôle. Elle a en plus favorisé la promotion d'une synergie des réseaux des médiateurs. Pédagogiquement, elle a permis aux MC de :

 
 

· Gérer correctement un club de paix et de

 

Du 18 au 22 août

réconciliation ;

 
 

· Utiliser aisément les techniques appropriées
pour former les agents de paix ;

 
 

· Aider les agents de paix à identifier et à
contribuer à la prévention ou à la résolution des conflits dans les communautés ;

 
 

· Organiser et évaluer systématiquement les

activités d'un club de paix dans la communauté

 
 

(réfection des routes, organisation des soirées

culturelles, assistance aux malades et autres
démunies, petit élevage, ...)

 

Les MC

· La planification des micro-projets des MC et

 

Uvira, Kabgayi, Bujumbura, Goma

· L'approche méthodologique

 

b) Les Formations des Agents de Paix et la Constitution des Clubs de Paix et de Réconciliation

Après la 1ère session de formation des MC, ces derniers ont été chargés de recruter les agents de Paix (AP) et les former. Les AP formaient les Clubs de Paix et de Réconciliation. La constitution de ces clubs de paix s'est réalisée rapidement avec enthousiasme dans les localités où vivent le MC. Ces clubs de paix sont restés actifs et opérationnels tout au long de l'exécution du projet bien que certains Agents de Paix se soient retirés et remplacés par d'autres volontaires. Ces clubs constituent un espace privilégié pour vivre et faire vivre l'esprit du projet.

Les Clubs de Paix ont entrepris des actions d'assistance à la population locale avec un appui minimum du projet et surtout une intervention des AP, MC, FMC, VP et une grande contribution des bénéficiaires. Ces interventions découlaient des besoins locaux et exécutés sous forme des microprojets dans les domaines divers et à titre indicatif on peut citer:

· Assistance (matérielle et morale) aux victimes des conflits et autres nécessiteux (réfugiés, déplacés, malades, prisonniers, enfants de la rue, prisonnier, vieillards, handicapés physiques, orphelins,...) ;

· Education à la Protection et à l'amélioration de l'environnement (Reboisement, assainissement, ...) ;

· Sensibilisation sur la paix, l'hygiène, l'environnement, dans des ateliers, journées de réflexion...

· Promotion du don volontaire de sang et dépistage volontaire pour connaître son état sérologique et se comporter en conséquence ;

· Reconstruction des ponts, des escaliers, des sentiers, d'écoles et des maisons. c) Les Caravanes de Paix

Les caravanes de paix ont été des marches à pied pendant 5 jours et elles ont été l'une des activités les plus significatives et visibles car ayant drainé beaucoup de personne à la fois. Elles ont été une opportunité de rencontre entre les Médiateurs Communautaires accompagnés par quelques centaines des agents de paix.

Au total, 1000 participants venus des trois pays des Grands Lacs et de l'Europe repartis en quatre caravanes à raison de 250 chacune.

Tableau N°7 : Programme des Caravanes de Paix de Juillet 2007

Caravanes

Dates

Parcours

Sud-Kivu

Du 4 au

10

Axe IRAMBO-BUKAVU (60 km)

Rwanda

Du 18 au 24

Axe MUHANGA : GITARAMA-GISENYI

 

Nord-Kivu

Du 13

au19

Axe MASISI : de SAKE à GOMA (32km)

 

Burundi

Du 23 au 28

Axe Nord : BUGARAMA- GITEGA (68km)

 
 

Les caravaniers ont parcouru une distance avoisinant 60 Km et ils ont

· Rencontré des communautés vulnérables tout au long de la route et dans les différentes stations ;

· Fait des conférences - débat sur l'histoire et les origines des conflits, l'avenir de la sous-région ;

· distribué des messages de paix aux communautés se trouvant sur l'itinéraire de la caravane, ;aux journalistes e aux autorités locales ;

· organisé des veillées culturelles populaires avec des théâtres, chants, poèmes, saynètes et sketches éducatifs ;

Les caravanes ont augmenté la visibilité des actions car la population a eu à voir les jeunes avec leurs multiples différences marcher, traverser et travailler comme un seul dans les villages, villes et campagnes... des différents coins pour porter haut le message de paix avec les drapeaux de trois pays en plus des étendards.

· Les MC ont eu l'opportunité d'échanger sur leurs expériences de manière formelle le soir et informelle pendant la marche et au moment de repos. Ils ont appris à se connaître d'avantage et surtout à s'apprécier mutuellement ;

· Les liens d'amitié et d'entente ont été renforcés entre les jeunes non seulement de la sous-région mais aussi avec les jeunes venus du Nord ;

· Une jeunesse sans frontière s'est vite mise en place en montrant à la face du monde que la paix est possible dans les pays des grands lacs africains;

A la clôture de chaque caravane, les caravaniers s'engageaient de témoigner dans leurs pays respectifs que la cohabitation pacifique est possible, c'est une question de bonne volonté. L'impact a été ressenti même loin car des parutions dans des journaux et sites lointains ont parlé de ces activités.

d) Rassemblement International de Paix

Activité organisée pour développer la dimension `Solidarité Internationale' et célébrer le Centenaire du Scoutisme (1er Août 1907-2007) avec l'opération « Dons pour la paix » lancée par l'Organisation Mondiale du Scoutisme, il a eu lieu du 29 juillet au 4 août 2007 au centre de Formation Scoute de Gitega, avec une grande participation des jeunes du Nord à coté de ceux du Sud.

« Grands Lacs, un monde de paix » était le thème central regroupant les 750 participants autour de 6 domaines d'activités clés :

1. Village mondial de développement : Espace de formation qui a organisé essentiellement des activités éducatives à travers des ateliers, des jeux et des stands interactifs pour offrir aux jeunes la possibilité d'élargir leurs horizons, de mieux comprendre la situation mondiale en général et de la sous-région des grands lacs africains en particulier.

Pendant 4 jours, les jeunes ont participé à des activités variées, simples et porteuses de messages. Les thématiques ont été principalement la Paix, la Santé, le Genre, l'Environnement et la Communication. Plusieurs associations et organisations ont participé dans le développement des thèmes.

2. Marché aux pratiques de la paix : Il s'agissait des témoignages diligemment présentés par les MC et les jeunes des autres pays. Ces témoignages ont gravité autour du rejet des préjugés, les agissements des clubs de paix face à l'intolérance intergroupe ou à des attitudes négatives, la transformation de la culture de la violence en une culture de paix, la prévention et la gestion d'un conflit, les actions de développement communautaire,...

3. Carrefour des cultures : Il s'agissait de stands d'exposition sur la richesse socioculturelle des pays présents au rassemblement international. Cet espace a permis de prendre conscience de l'existence des autres, de s'intéresser à leur culture et de les aimer. Le Burundi, la R.D.Congo, le Rwanda, la France et l'Allemagne ont fait des présentations.

4. Rencontre avec les communautés : les participants ont visité et assisté les communautés voisines de la colline composés en majorité des autochtones dits twa (pygmées) en plus de la construction des latrines et la remise en état d'un pont.

5. Evaluation des actions des médiateurs communautaires : le Rassemblement a été aussi l'occasion en or d'évaluation des activités de 2 ans car tous les acteurs étaient sur le lieu. L'évaluation s'est déroulée en plein air en fonction d'un questionnaire préparé à cet effet et l'échantillon était aléatoire

6. Veillées culturelles et activités religieuses : Des soirées culturelles ont été organisées dans les sous-camps pour explorer et découvrir la culture et la tradition des pays des grands lacs africains ainsi que la culture des pays invités. Les activités se sont faites sous forme de présentations théâtrales, de danses et chansons traditionnelles.

Par le rassemblement International, tous les acteurs se sont rencontrés et nombreux ont échangé des adresses, les activités ont été évaluées positivement et surtout les jeunes ont partagé leurs expériences acquises avec d'autres en provenance des pays étrangers. Ils mondialisent la paix.

2.3 Les publications de la CSGL sur l'éducation a la paix

Le scoutisme, dans sa méthode d'auto éducation par action, s'emploie à utiliser les jeux, l'aventure, la découverte et l'apprentissage selon la tranche d'âge du participant à la formation (6-12 ans, 12-15 ans, 15-18 ans, 19-25 ans) pour que ce dernier devienne responsable, solidaire et engagé dans sa communauté. La paix étant un de ses domaines d'intervention fait recours à la même démarche éducative.

La CSGL s'occupant essentiellement de l'éducation scoute à la paix dans les grands lacs africains organise depuis plus de 10 ans plusieurs rencontres en faveur de l'éducation et de la promotion de la paix par et pour les jeunes à travers des séminaires, des camps chantiers et autres rassemblements (jamboree scout, compétition sur la paix,..). La capitalisation de ces actions a abouti à la publication périodique d'une revue la colombe, du Manuel du chef d'unité pour l'éducation à la paix (en 2004) produit spécifiquement pour les groupes scouts de la sous-région, du Guide d'animateur des jeunes pour la paix ouvert pour toutes les organisations d'encadrement de jeunes oeuvrant dans le domaine de la prévention et de la sauvegarde de la paix.

2.3.1 La revue la Colombe

La Colombe est une revue périodique de la CSGL. Sa première parution date de janvier 2000. Suite au financement irrégulier, la parution de cet outil important n'a pas été régulière, mais les articles affluent dans le secrétariat de la CSGL et attendent un moyen pour l'édition. Le 1er numéro était de 4 pages (format A4) et le dernier en date, qui en est le 8ème (Juillet 2006) en avait 12.

Le mobile de ce document est de partager les nouvelles concernant principalement les programmes d'éducation à la Paix et à la Non-Violence Active. C'est une revue de formation et d'information en même temps un espace d'échange d'expérience.

S'y trouvent, hormis l'éditorial du secrétariat exécutif de la CSGL (éditeur), les nouvelles de la Concertation qui fixent les membres et lecteurs sur le `Où en sommes- nous ?', les nouvelles des associations membres mettant le lecteur au courant de

l'évolution institutionnelle et structurelle, les changements, les activités, ...mais aussi et surtout les réflexions libres des jeunes et adultes sur la paix dans la sous-région. Certaines idées sont exprimées par des poèmes.

Les articles sont rédigés par qui veut et sont envoyés, via les Commissaires Provinciaux et Nationaux aux relations publiques et / ou Internationales, au Secrétariat de la CSGL où ils sont triés en vue de la publication. La revue est vendue à un prix médiocre permettant juste le transport des colis ; tout scout pouvant s'en procurer mais aussi le tirage est souvent de 1000 exemplaires.

La Colombe a permis aux scouts de se sentir unis et formant un tout indissociable dans les grands lacs africains. La multiplication des articles ainsi que leurs diversités (par les origines des rédacteurs et classes) en était un signal fort.

Suite à un grand investissement dans le Projet Amahoro-Amani à partir de 2005, les yeux ont été plus braqués vers ce dernier qui publiait mensuellement les « Newsletters » électroniques (à l'Internet) et les « bulletins - Info des Médiateurs Communautaires »

2.3.2 Le manuel du chef d'unité pour l'éducation à la paix

Dans le Manuel du Chef d'Unité pour l'Education à la Paix dit MANUEL et le Guide de l'Animateur des Jeunes pour l'Education à la Paix dit GUIDE, la CSGL propose aux Chefs d'unités et aux animateurs des jeunes des:

· Activités avec un système de progression individuelle et collective au niveau du savoir, savoir-être et savoir-faire (typiquement scout) ;

· Jeux d'éducation à la paix ;

· Ateliers de formation d'artisans de paix et des Chantiers de promotion de la paix ;

· Initiations à la culture de la paix et à la coopération ;

En mars 2004, le Manuel a été imprimé aux presses Lavigerie à Bujumbura en 3000 exemplaires. Comptant 70 pages, il est conçu principalement par des formateurs, formateurs adjoints et chefs d'unités (animateurs) scouts. Le Manuel a bénéficié de contributions financières de la Commission Européenne, de Broederlijk Delen (BD) et de Fonds Universel de l'OMMS.

L'utilisation du Manuel permet aux chefs d'unités :

· L'intégration des activités d'éducation à la paix et de la culture de la paix dans le programme de formation et d'encadrement de leurs scouts ;

· L'ouverture d'esprit des scouts à d'autres cultures et l'éveil du respect de l'autre ;

· La promotion d'une coexistence pacifique dans un petit groupe et entre les jeunes de plusieurs groupes ;

· Le développement de l'intérêt et de la solidarité des jeunes envers des individus et des groupes défavorisés ou minoritaires ;

· La participation avec leurs jeunes à la lutte pour la reconstruction de la démocratie et le respect des droits de la personne humaine ;

· Le renforcement de la synergie des organisations des jeunes qui militent pour la construction de la paix ;

· Le remorquage des autres jeunes sur les sentiers de la paix. Le Manuel du Chef d'unité est un support didactique qui contient :

Généralités sur le scoutisme ;

Scoutisme et paix ;

Programme d'éducation scoute à la paix ;

Système de progression du jeune.

2.3.3 Le guide de l'animateur des jeunes pour l'éducation a la paix

Le Guide a été élaboré par le Secrétariat Exécutif Permanent de la CSGL avec un concours des délégués des organisations d'encadrement des jeunes et / ou oeuvrant dans le domaine d'éducation à la paix, il s'agit principalement de:

Burundi : Centre des Jeunes de Kamenge ; XAVERI du Burundi ; Association de Footballeuses Féminines de Kayanza ; TOP EMERGENCY ; Association des Scouts du Burundi ;

Nord-Kivu : Ligue des Oeuvres des Femmes Paysannes au Nord-Kivu ; Mouvement International des Droits de l'Enfant, de la Femme, de l'Homme Veuf et de leur Promotion Sociale ; Reboisement de l'environnement local, animation sanitaire et culturelle ; Association des Scouts du Nord-Kivu ; AGIR ENSEMBLE ;

Sud-Kivu : Conseil pour la Paix et la Réconciliation ; Action pour la Défense des Intérêts du Paysan ; Centre Récupération des Enfants de la Rue ; Association des Scouts du Sud-Kivu ; Paix et Encadrement par le Développement Agro-pastoral et Sanitaire ; Collectif des Organisations des jeunes Solidaires du Congo-Kinshasa ;

Rwanda : UMUSEKE ; Association des Scouts du Rwanda. Des Pools de Paix ont été créés dans les 4 axes.

Il a été financé, pour sa publication et sa vulgarisation, par le Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement (CCFD/France).

Le Guide de l'animateur de jeunes pour l'éducation à la paix, comprend trois parties suivantes :

1. Définition des concepts de base (Conflit, Violence, Non-violence Active, Paix) ,
·

2. Outils d'éducation des jeunes à la Paix (Méthode de formation à la Paix, Jeux d'éducation à la paix, Ateliers de formation des artisans de paix, Camps chantiers de promotion de paix) ,
·

3. Devenir artisans de paix (Vivre dans la diversité, Développement de l'identité, Apprentissage à la coopération, Jeux coopératifs, Jeux de compréhension des valeurs, Interventions dans une situation de conflits).

hebdomadaires des groupes scouts... et le manuel a été traduit en langues locales (Kiswahili, Kirundi et Kinyarwanda)

2.4 Limites des actions de la CSGL

Loin de nous l'idée de dire que ces années ont été roses et que les objectifs ont été atteints totalement. La CSGL a eu des limites.

Dans un monde où les Etats veulent faire la guerre, il est difficile à une organisation non gouvernementale de faire la paix. Pourtant il faut repenser la paix, trouver des moyens d'y parvenir et de la stabiliser. Lorsque ceux qui veulent la guerre sont nombreux, il faudra que ceux qui veulent travailler pour rendre possible la paix soient très nombreux. La mobilisation des masses a été contrariée par les logiques politiciennes et économiques des faiseurs des guerres. En plus une culture de la crainte a été semée et tarde à quitter les esprits.

La guerre continue dans les coeurs des gens car, au moment où les scouts et autres acteurs font l'éducation à la paix, l'éducation à la haine continue à se faire dans des familles, groupes ethniques, à l'écran... et donc il y a contre éducation à la paix, au point que les haines (tribalismes, collinismes, nationalisme, ethnicisme, sionisme...) sont persistantes.

Il y a des incitations des tenants des pouvoirs publics qui comptent, non sur l'implantation de la paix mais sur la solidification des leurs pouvoirs (les intérêts politiques sont au dessus des préoccupations des jeunes). On constate aussi que les dirigeants eux-mêmes ne protègent pas la paix mais travaillent souvent pour leurs intérêts et au profit de leurs parrains politiques.

Enfin, la concertation ne dispose pas des moyens suffisants et de pouvoirs pour intervenir dans des conflits armés et ne font que sensibilisation pour faire reculer la violence. Les autres limites sont relevées par l'analyse SWOT

Dans la sous-région des grands lacs africains, sévissent à première vue des guerres de large spectre, et pourtant déjà en 1998 LUNJWIRE30 avait soulevé que la communauté internationale est souvent impuissante à prévenir les conflits et à les régler durablement. Peut être faudrait-il prendre en considération les réalités endogènes des groupes en conflits, des traditions et coutumes, etc. La CSGL ne saurait pas résoudre ce qui n'est pas facile à ces grands décideurs.

Une autre limite est la violence à l'écran qui bat son plein à l'heure de l'accès libre à l'Internet, télévision, antennes paraboliques,... qui véhiculent n'importe quoi et jusqu'à l'éducation à la guerre, il ne faut pas négliger le fait que 50% de la rétention passe par la vision31.

30 Gustave LUNJWIRE, La formation des acteurs et le développement durable : essaies d'analyse critique et Perspectives, Mémoire inédit, ISDR Bukavu 1998, p152

31 Gustave LUNJWIRE, Op. Cit. p157

2.5 Conclusion partielle : l'apport de la CSGL sur l'éducation a la paix

dans les grands lacs africains.

Etant donné le contexte dans lequel a évolué la CSGL, compte tenu de la problématique et des problèmes à dénouer, il est à remarquer qu'elle s'est tant bien que mal lancée pour mettre la main sur la patte. Bien qu'elle n'ait pas été à même de résoudre les conflits des grands lacs africains (et cela n'est guère son objectif), elle a, par ses activités de grande envergure dans la sous région scoute des grands africains, insufflé un nouveau souffle aux jeunes du milieu et son expérience a été présentée à l'échelle internationale tel que pendant des jamborees (au Chili en 1999, en Thaïlande en 2002) et à d'autres rencontres dans des régions africaines (Afrique de l'Ouest à Yamoussoukro), à Genève.

La confection des programmes scouts adaptés au milieu a été possible grâce à la dynamique ainsi que le rapprochement entre les scouts et autres associations des jeunes. Les résultats de l'union dans tous les secteurs ne sont plus à démontrer.

A titre indicatif nous pouvons signaler :

- Les Jamborees, camps sous-régionaux, rallyes, camps chantiers ...qui ont permis

aux jeunes et leurs accompagnateurs d'enterrer à jamais les haches divisionnistes. En mangeant, dormant, travaillant ensemble, les jeunes ont vu qu'il est important de considérer ce qui unit que ce qui différencie. Pendant les évaluations les jeunes ont eu le courage de dénoncer certains préjugés et stéréotypes fréquents dans nos coutumes et qu'il faut remplacer. Les jeunes et adultes se sont tissés des amitiés pendant les différentes activités ;

- Les forums ouverts qui ont insufflé une nouvelle vie aux groupes scouts et ont

amélioré la communication au sein des associations scoutes touchées par ce programme ;

- Les formations (tant pour les jeunes que pour les adultes) qui ont permis aux

associations d'être à la page et en mesure d'affronter l'avenir avec certitude ;

- Les documents publiés qui restent des outils de base pour des formations dans

plusieurs organisations ;

- Les échanges d'expériences par les visites des scouts du Nord et les voyages des

scouts en Occident et Orient qui revitalisent le mouvement ;

- Les scouts qui s'engagent concrètement dans la recherche de la paix et la lutte

contre les antivaleurs avec des programmes bien conçus ;

- La synergie des organes de base des associations composantes qui est

maintenant renforcée au Burundi, au Nord et au Sud-Kivu.

La CSGL a essayé, par son programme d'éducation à la paix, de donner de sens à un enseignement pratique. Enseigner des concepts tels que les droits de l'homme et la culture de la paix, c'est démontrer les liens entre théorie et pratique, entre textes juridiques, chartes, ou déclarations et la réalité, proche ou lointaine. C'est également nouer des liens entre présent et passé, entre inconnu et connu, entre rêve et réalité en voie de réalisation. C'est encore créer des moyens d'agir, d'observer, de comprendre et,

surtout, d'élargir à travers une meilleure connaissance de l'autre, son horizon culturel et humain.

Ayant pour but suprême l'amélioration du jeune dans le sens large du terme, le scoutisme par l'éducation à la paix a dû sans cesse lutter, et ceci depuis ses débuts, contre les mentalités environnantes. Celles-ci étaient et sont encore, dans la plupart des cas, des mentalités belliqueuses, centrées sur la compétitivité, le gain et la concurrence.

Finalement, cette éducation est le produit de l'abnégation, d'effort et de l'utopie, mais elle propose quelque chose qui devrait permettre aux pouvoirs étatiques et aux organisations de la société civile (ONGD, ONG, ASBL, ...) de mieux y adhérer.

Par quel domaine convient-t-il d'aborder l'éducation à la paix? Par la création de matériels pédagogiques? Par des réformes du Programme des Jeunes? Ou encore par la mondialisation et la création d'occasions d'échanges qui «codifieraient, coordonneraient et organiseraient» l'éducation à la Paix en la comparant, en la classant, en l'élaborant?

Toutes ses tendances reflètent les hésitations mais surtout le cheminement d'un travail qui a procédé d'abord par éveiller l'intérêt des responsables pour les pousser à s'intéresser tous soudainement à la paix. Ils ont été sensibilisés et ont reçu des tactiques pour exploiter les manuels, aussi ceux véhiculant une idéologie nationale mettant en jeu «l'ennemi» et «l'autre». On a si bien travaillé sur le jeune (l'enfant) et (l'adulte) l'homme, leur psychologie, leurs instincts d'agressivité. À tout cela vont s'ajouter les problèmes d'une période, d'une société marquée par des guerres sous régionales et les problèmes d'environnement, de pauvreté.

La logique de la paix est confrontée dans sa mise en oeuvre, aux diverses composantes de celle-ci. Certaines de ces composantes peuvent se réaliser, d'autres ne se réaliseront jamais. Quoi qu'il en soit, une chose semble certaine : ce qu'avant que la paix ne soit, il faut des idéalistes qui y pensent et qui font un pas, un petit pas, ou alors il n'y aura pas de paix, et pour cela il faut la cultiver, c'est en faire des programmes d'éducation.

Presque à la fin d'une période vouée entièrement à la «culture de la paix» et au coeur de la décennie 2000-2010, « Décennie internationale pour la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde ». La CSGL et le scoutisme n'ont pas voulu retarder la mise en pratique dans les relations culturelles des scouts et autres jeunes les mots de non-violence et de paix. Les membres se sont éduqués réciproquement.

La paix dans le monde et dans la sous-région des grands lacs africains est une décision de ses habitants, elle doit être d'abord personnelle puis collective. Les hommes doivent décider de ne pas tolérer la violence dans toutes ses formes et s'auto éduquer à la paix car il nous faut reconnaître que, et selon Peyton Conway March, « les trois choses que nous recherchons le plus (le bonheur, la liberté et la paix), ne sont atteintes qu'en les procurant aux autres32».

32 www.citationspolitiques.com

Chapitre III : EVALUATION DE LA CSGL ET DE SA CONTRIBUTION

A L'EDUCATION A LA PAIX

Suite aux recherches et conformément aux objectifs que nous nous sommes fixé, nous avons procédé à l'évaluation objective de la CSGL par rapport à sa contribution dans l'Education à la paix. Sur ce, nous avons produit un guide d'entretien pour la récolte des données, celui-ci est en annexe de ce travail.

Tout au long de ce chapitre, nous allons présenter succinctement l'approche scoute dans l'éducation à la paix, les résultats des recherches et les analyses par le Modèle intégré d'organisation et analyse SWOT.

3.1. Approche Scoute dans la gestion de conflit

a. Des caractéristiques des conflits

Les conflits n'ont pas que des conséquences néfastes sur la vie des hommes et des groupes. Tout en ne les louant pas, nous pensons qu'ils sont normaux et naturels.

Un conflit peut s'avérer constructif car il peut stimuler les membres du groupe à sortir d'une routine léthargique, augmenter la cohésion du groupe, permettre d'identifier un problème et favoriser l'émergence du leadership. Dans tous les cas, il faut savoir que les conflits sont inévitables, subjectifs et générateurs de changement33.

b. Facteurs d'un conflit

Plusieurs facteurs peuvent provoquer des conflits. Nous les regroupons en trois catégories :

1. Les facteurs organisationnels dépendant de la dynamique de l'organisation

2. Les facteurs individuels dépendant de l'individu

3. Les facteurs extérieurs ne dépendant ni des individus ni du groupe mais viennent influencer les interrelations et le climat du groupe.

c. Le cycle d'un conflit

Comme un individu, une organisation ; le conflit naît, vit et meurt. Il faut connaître son cycle pour savoir le gérer.

1) A la base d'un conflit se trouve, d'après l'approche psychologique, une frustration. L'individu vit une situation paradoxale.

2) L'interprétation c'est le sens qu'on donne au conflit. La subjectivité entre en jeu.

3) Face à un conflit, un groupe peut adopter diverses stratégies ou de comportements différents tel que la fuite, l'accommodation, la compétition, le marchandage ou la collaboration. Le comportement décide de la fin ou de la continuité du conflit

4) Le comportement adopté produit un effet sur les autres qui réagissent en adoptant à leur tour une stratégie de contournement : comportement- réaction.

5) Le résultat est la façon dont un conflit est réglé et sert de point de départ au prochain conflit.

- On peut arriver à satisfaire toutes les parties (gagnant-gagnant)

- Une partie peut se sentir lésée (gagnant-perdant, il y a une nouvelle

frustration et le début d'un autre conflit).

Schématiquement on peut avoir ceci :

Frustration

Interprétation

Réaction et Renforcement

Comportement

Résultat

Nouvelle frustration ou Résolution du Conflit

Le cycle recommence

d. Quelques moyens d'intervention dans un cas de conflit34

Pour transformer ou gérer un conflit, la CSGL encourage que ses membres recourent aux moyens suivants :

i. Le dialogue

C'est une sorte de deux monologues dont la base est fondée sur l'amour de la vérité et le respect de la dignité humaine. Le scout, et tout autre individu non violent, doit savoir discuter sans s'énerver, peser le pour et le contre d'une opinion, discuter sans des idées préconçues, chercher les sources, les causes et les raisons de l'interlocuteur

Les étapes d'un vrai dialogue ;

D'après Jean Goss (membre du mouvement international pour la réconciliation), le dialogue requiert 5 grandes étapes :

- La découverte de la vérité de l'adversaire ;

- La découverte de ma propre vérité et ma responsabilité ; - La présentation de l'injustice ;

- Le savoir écouter ;

- L'apport des propositions.

ii. La négociation

D'après William URY, elle est un processus de communication visant à inclure un accord des interlocuteurs qui ont des intérêts communs et opposés. Selon Christophe Dupont, elle est une activité mettant face à face deux ou plusieurs acteurs, qui confrontés à des divergences et se sentant interdépendants, choisissent la recherche effective d'un arrangement pour mettre fin à cette divergence et ainsi créer, maintenir ou développer une relation entre eux.

Types de négociation :

- Intégrative ou collaborative ou coopérative : les négociateurs collaborent fortement et sont animés d'un désir de gain collectif ou mutuel. C'est le type gagnant-gagnant.

- Distributive : les négociateurs ont une collaboration faible et sont animés d'un désir de gain propre. Le résultat est souvent le gagnant-perdant.

- Mixte : elle correspond à un dosage de deux premières.

Cas type de déroulement d'une négociation :

1. Déclenchement du processus d'information et de communication :

· Présentations et généralités ;

· circonscription rapide du problème ;

34 CSGL, Guide de l'animateur des jeunes pour l'éducation à la paix, Op Cit , p. 119

· exploration des négociateurs.

2. Traçage du terrain et ouverture des options :

· Examen des problèmes ;

· Argumentation.

3. Influence :

· Mise en évidence des divergences ;

· Recherche active des solutions.

4. Processus d'ajustement :

· Définition précise de la solution ;

· (ou constat des désaccords).

iii. La médiation

C'est un processus de négociation facilitée selon la volonté des parties en conflit et pour leurs intérêts. Elle est différente de l'arbitrage où les décisions sont imposées par une tierce partie. Le médiateur sert à assister les parties dans l'identification des leurs besoins et intérêts et à générer des options.

Processus de médiation type

Le médiateur désigné de commun accord entre les parties commence par faire des contacts séparés et finit par asseoir les protagonistes sur une même table en suivant les étapes ci-après :

1) Introduction : Création du climat de sécurité :

a. salutation, remerciements ;

b. explication du rôle du médiateur ;

c. établissement des règles de conduite...

2) Ecoute du récit pour identifier les différentes préoccupations des parties :

a. Description de la situation par chaque partie ;

b. Récapitulation résumée par le médiateur ;

c. Mise en évidence des problèmes clés, des responsabilités, des sentiments, des points communs.

3) Identification des problèmes pour une mise au point et l'établissement d'un diagnostic commun :

a. Énumération des problèmes par le médiateur ;

b. Valider la liste par les parties ;

c. Rappel du chemin parcouru ;

d. Redéfinition du conflit.

4) La recherche de la solution :

a. Recherche des circonstances et opportunités adéquates pour proposer les solutions communes ;

b. Encourager les parties à s'accepter et faire des concessions.

5) L'accord / la résolution ou le contrat : poser les bases pour une réconciliation solide et satisfaisante :

a. Etre claire sur les conclusions ;

b. Etre équilibré et ne point juger.

6) Prévoir la mise en application des solutions.

D'après NKUNDABAGENZI et SANTOPINTO35, les causes des conflits politiques sont :

- pluralité ethnique ;

- accumulation excessive d'armes ;

- pauvreté ;

- la prédation ;

- le processus de démocratisation.

3.2 Présentation des résultats de la recherche

Comme dit précédemment dans la partie traitant des méthodes, notre travail n'a pas faits des recherches avec interviews et donc nous n'utiliserons aucune méthode d'échantillonnage pour analyser les résultats. Nous donnerons les grandes tendances selon les visées de nos entretiens et échanges divers.

1. De l'ancienneté des membres dans les organes de la CSGL :

L'ancienneté des 12 membres de la coordination de la CSGL (commissaires généraux et provinciaux, commissaires au programme des jeunes, commissaires internationaux et aux relations publiques) varie entre 3 et 6 ans. Quant au Secrétaire Exécutif Permanent, il est en fonction depuis 1999, soit 9 ans déjà. Cette longue durée des membres des organes montre de la stabilité de l'organisation et une maîtrise du champ d'action.

2. Du jugement du fonctionnement et de la performance de la CSGL :

Vu par ses partenaires, l'organigramme de la CSGL est très flexible et sujette à des modifications selon les besoins des associations membres. Ainsi par exemple, les réunions ordinaires et la présidence sont rotatives, le siège est transférable, les associations sont égales. La confiance règne entre les associations et il y a une bonne cogestion.

3. De l'appropriation des activités de la CSGL par les associations membres :

Les associations membres de la CSGL n'avaient pas les activités d'éducation à la paix en priorité dans leurs programmes. Depuis qu'existe la concertation, elles les ont focalisées sur cette thématique et d'autres qui lui sont similaires ou pouvant le faire avancer. Les collaborations entre associations s'accroissent même avec des initiatives autres que celle de la concertation.

35Félix NKUNDABAGENZI et Federico SANTOPINTO, le developpement, une arme pour la paix, Ed GRIP, Bruxelles, 2003, p.48

4. De l'impact des activités de la CSGL sur les individus, les associations et la communauté :

La participation des scouts aux activités regroupant des personnes d'origines différentes est porteuse d'espoir dans le changement des comportements, des attitudes et pratiques des faiseurs des conflits à la base et de leur communauté. Les actions menées conduisent à une prise de conscience sur la nécessité de solidarité entre les hommes à la place de l'exclusion, de la tolérance au lieu de l'intolérance; du respect du droit des uns et des autres et de leur promotion.

5. L'intervention du scoutisme dans le développement :

La vision du scoutisme sur le développement est plus visible dans les travaux d'intérêt communautaire par la fantastique formule de Bonne Action quotidienne (B.A.). Avec la CSGL, la B.A. ne se limite plus à la communauté locale mais s'étend aux travaux de grandes envergures comme des camps chantiers, des camps de solidarité ;...

Avec le Projet Amahoro-Amani, les scouts sont parvenus à intervenir financièrement dans les projets des médiateurs communautaires qui ont été orientés vers :

· L'assistance matérielle aux victimes des conflits ou autres groupes des personnes (réfugiés, déplacés, malades, prisonniers, enfants de la rue, malades, prisonniers, vieillards, handicapés physiques, orphelins ...) ;

· La protection et amélioration de l'environnement (Reboisement,
assainissement,...) ;

· La sensibilisation des jeunes ou de la population sur la paix, l'hygiène, l'environnement,..) ;

· La promotion du don volontaire de sang ;

· Les visites avec dons et/ou animations éducatives aux personnes vulnérables et autres personnes marginalisées (malades, orphelins, prisonniers, enfants des rues, déplacés ou réfugiés) avec des cadeaux symboliques et des animations éducatives ;

· La construction des ponts, d'écoles et des maisons ;

· La culture des champs ;

· La collecte des habits au profit des déplacés.

Certains financements ont été totalement tournés vers des actions de développement comme le forum ouvert pour aider la population de Bukavu après l'intervention des rebelles Jules MUTEBUTSI et Laurent NKUNDA en 2004.

6. Des innovations aux associations membres :

Par la dynamique sous régionale, les associations membres ont fait des initiatives propres dans le cadre de l'éducation à la paix. Certaines associations, moins équipées, ont fait des efforts pour avoir une assise, ainsi l'ASNK et l'ASSK ont actuellement des bureaux bien qu'en location. L'ASNK construit actuellement ses propres locaux. L'ASSK a ouvert un partenariat avec des scouts européens...

7. Des leçons tirées par rapport à l'éducation à la paix: De l'intervention décennale de la CSGL, il a été remarqué que :

- Bien formés et informés, les scouts peuvent contribuer à l'implantation d'une culture de la paix dans la sous-région ;

- L'organisation des jumelages entre groupes scouts est un moyen efficace pour promouvoir le retour de la confiance entre les peuples ;

- Le travail en synergie pour le retour de la paix est possible même avec des faibles moyens ;

- Par leurs actions de grande envergure en faveur de l'éducation à la paix et la cohabitation pacifique, les scouts ont forcé l'estime des dirigeants et créé une confiance autour d'eux ;

- Les camps, jamborees, concours, rallye, ... sont des occasions idéales pour nouer des relations durables ;

- L'approche scoute dans l'éducation à la paix est un des meilleurs secteurs d'intervention dans ce domaine36.

8. De la circulation de l'information au sein de la concertation :

Au début la CSGL avait comme grand défi la circulation de l'information. Ce problème est déjà résolu par les moyens de communications modernes qui sont l'Internet et le téléphone. En plus la communication par voie routière facilite le transfert des colis étant donné qu'il y a des liaisons journalières entre les principales villes. La seule difficulté reste entre Goma et Bujumbura car les courriers et les personnes doivent transiter par Kigali ou Bukavu et cela donne une journée supplémentaire par rapport au programme. Des associations ont des émissions radios hebdomadaires qui diffusent les informations sur la situation des grands lacs africains en général et des particularités de l'association locale.

9. Des organes de la CSGL

La structure de la CSGL est très simple avec les trois organes qui sont le comité de coordination, le secrétariat exécutif permanent et les commissions spécialisées. Toutes les associations y envoient des délégués et les décisions sont toujours prises au profit de tous les membres.

10. Des grandes recommandations et propositions des nouvelles stratégies

Après étude sur la participation de la CSGL dans le programme d'éducation à la paix et lecture des documents adéquats dans ce domaine, il nous sied de recommander ce qui suit :

- le maintien du programme et renforcement des recherches de fonds par les associations locales ;

- qu'il y ait toujours des rapports (narratif, financier, administratifs...) pour fournir de base pour le futur et les expériences d'ailleurs ;

- que les activités génératrices de revenus soient soutenues pour les groupes locaux pour que les jeunes trouvent facilement des moyens de participer aux activités qui demandent des cotisations ;

36 MBAWA, Op Cit p.53

- que l'équilibre des sexes soit bien intercalé dans les conditions de recrutement des participants à différentes manifestations scoutes de la sous-région.

De la compilation des données reçues par-ci par là, nous déduisons que les actions de la CSGL ont permis à plusieurs jeunes de s'exprimer et de s'ouvrir. Elles ont donné des compétences aux jeunes et surtout l'espoir que la paix est possible et la certitude qu'elle règnera dans la sous-région des grands lacs africains. « Avec le scoutisme, c'est comique et amusant, et aisé à faire. C'est mieux de s'expliquer que de s'énerver, cela aide à résoudre le problème, à augmenter la confiance et à se faire des amis37 » comme l'ont montré plusieurs témoignages.

La CSGL, par ses camps, sorties, formations, forums ... a eu une cible idéale : les jeunes, et a dans la sous-région à faire preuve de détermination dans la cause de la paix.

Pour la socialisation, les jeunes sont convaincus que l'on peut construire un monde meilleur, il est essentiel qu'ils comprennent ce qui doit changer et trouver les alternatives nécessaires pour parvenir au vrai développement.

L'éducation de la CSGL est faite afin de participer au développement durable de la sous-région, lequel est irréalisable s'il n'y a pas de paix et laquelle est chimérique si les jeunes ne sont pas intégrés ou impliqués.

3.3 Analyse de la CSGL par le modèle intégré d'organisation

L'analyse de la CSGL par le Modèle Intégré d'Organisation (MIO) servira à décrire, analyser et diagnostiquer les organisations. Elle est une simplification de la réalité complexe dans laquelle tant d'aspects différents s'influencent tous mutuellement. Nous avons souhaité utilisé ce modèle car il est intégré et intégral et surtout car il met l'accent sur les relations entre les différents éléments d'une organisation.

Placée dans la sous région des grands lacs africains (environnement) et tenant compte de sa mission qui est celle de faire l'éducation à la paix pour un développement durable, ses ressources sont composées essentiellement des bénévoles et volontaires soutenus par des salariées qui constituent des inputs lui permettant d'assurer des sensibilisations et des formations de qualités (outputs, services). C'est enfin sa structuration (forme d'organisation spécifique) qui lui permet de garder un certain équilibre avec son environnement spécifique.

37 Entretien avec les médiateurs communautaires, Bukavu, 10 juillet 2007

Schématiquement la situation peut ainsi se présenter

Secrétariat

INPUTS :

- Personnels salariés,

- Bénévoles et volontaires - Mobiliers

- Documents et Finances

Coordination sous régionale

MISSION :
Promouvoir l'éducation à la paix
chez les scouts pour un
développement durable de la sous-
région des grands lacs africains

ORGANISATION

Commissions spécialisées

OUTPUTS:
Camps, Formations
Séminaires,
Sensibilisations
Jamborees, publications

ENVIRONNEMENT
(La sous-région des grands lacs africains)

3.4 Analyse SWOT de la CSGL

L'analyse SWOT permettra de faire une étude externe de l'environnement de la CSGL pour identifier les opportunités et les menaces ainsi qu'une dissection interne pour identifier les forces et les faiblesses existantes.

j. Analyse externe de la CSGL

Cette analyse est dynamique car elle prend en compte la situation réelle (les menaces existantes et les opportunités non exploitées) ainsi que les tendances et développements possibles.

Les OPPORTUNITES sont des faits externes pouvant être utilisés pour apporter une contribution substantielle à la mission de la CSGL. Elles sont les suivantes :

1. Fonctionnement dans une multi culturalité ;

2. Engagement politique des dirigeants pour la recherche de la paix ;

3. Utilisation des expériences porteuses ;

4. Relance probable de la CEPGL ;

5. Echanges des expériences ;

6. Existence de la conférence internationale sur la région des grands lacs et l'élargissement de la zone d'action ;

7. Possibilité de conclure le partenariat avec les ONG ou avec les Gouvernements ;

8. Jeunes ayant acquis des connaissances et des outils ;

9. Echanges d'expériences vécues avec les participants internationaux ;

10. Contexte de la paix est perçu de la même manière dans la sous-région.

Les MENACES du projet sont des faits externes pouvant influencer négativement les performances de la CSGL. Nous pouvons citer entre autres :

1. Apparition du mercantiliste dans l'esprit des jeunes et surtout les adultes ;

2. Poches d'insécurité et le manque de stabilité régionale et nationale ;

3. Désintéressement des associations scoutes membres ainsi que des bailleurs et partenaires ;

4. Manque de financement ;

5. Incompréhension de l'autorité politique ;

6. Inexistence de protection juridique ;

7. Multiplicité des organisations fantômes s'occupant des jeunes et de l'éducation à la paix ;

8. Inoccupation des jeunes qui constituent le groupe cible ;

9. Manque de temps pour les formateurs et autres responsables ;

10. Situation politique tendue dans les relations entre les pays de la zone d'action.

ii. Analyse interne de la CSGL

L'analyse interne tient compte de la situation existante, présente. Dans le cas d'espèce, nous chercherons les facteurs critiques internes déterminant les performances de la CSGL.

Les FORCES sont des caractéristiques internes qui contribuent substantiellement à la mission de la CSGL et du scoutisme en général. Elles permettent d'exploiter les opportunités et à combattre les faiblesses car elles sont des atouts existants.

1. scoutisme est un mouvement international et de grande renommée;

2. Partenaires multiples nationaux, internationaux, soutien des autorités politico - administratives ;

3. Acceptation et l'encadrement des filles et garçons à la fois ;

4. Acteurs suffisamment imprégnés des objectifs et engagés à leur réalisation ;

5. Dévouement des acteurs (adultes et jeunes) ;

6. Méthodologie spécifique du scoutisme et les valeurs scoutes ;

7. Présences des espaces médiatiques pour certaines associations ;

8. Production des supports audio-visuels et pédagogiques ;

9. Reconnaissance de la CSGL par la population ;

10. Découverte des potentialités des jeunes par les autorités ;

11. Culture du bénévolat et du volontariat ;

12. Coopération nationale, sous-régionale et internationale ;

13. Acceptation par la Société Civile ;

14. Transparence dans la gestion ;

15. Des multiples formations ;

16. Nombre accru des membres (plus de 60.000) ;

17. Diversité des compétences des adultes ;

18. Image positive du scoutisme dans la communauté ;

19. Sauvegarde du caractère non politique.

Les FAIBLESSES sont des caractéristiques internes influençant négativement et considérablement le fonctionnement de l'association. Pour la CSGL, nous pouvons citer :

1. L'absence des locaux propres ;

2. Le bénévolat de ses membres ;

3. La modicité des moyens ;

4. L'irrégularité des réunions de la coordination ;

5. La forte dépendance aux appuis externes ;

6. Le non payement des cotisations par les membres ;

7. La non standardisation des suivis des activités.

Ces faiblesses sont aussi à classer parmi les limites de la CSGL. D'ailleurs les menaces aussi sont des facteurs limitant les actions car il y a la peur qui règne et dans la peur on ne peut pas progresser.

Chapitre IV : PROPOSITIONS STRATEGIQUES

Partant des constats et analyses de cette recherche, nous pensons qu'il y a tant des pistes stratégiques exploitables par la CSGL pour une entrée triomphale dans sa deuxième décennie. Pour cela, nous tiendrons compte des opportunités qu'offre son environnement et surtout de ses forces actuelles. Ces propositions poussent la CSGL à oeuvrer dans plusieurs domaines d'éducation à la paix tels que la bonne gouvernance, la démocratie, la décentralisation, les droits humains, le développement, etc. Ceci est d'autant plus urgent car sans stabilité, sans sécurité, sans paix, les efforts en matière de démocratisation et de développement apparaissent vains. Selon le secrétaire général des nations unies l'existence des conflits fait que les progrès sont difficiles, voire impossible. Il ajoute dans son rapport que les conséquences des conflits ont très gravement compromis les efforts de l'Afrique pour garantir à long terme la stabilité, la prospérité et la paix38.

Nous proposons à la CSGL quatre grandes stratégies

1. Faire une planification stratégique par forum ouvert pour la réorientation des activités et interventions selon les besoins actuelles post- conflits ;

2. Adapter les éléments de la culture de la paix proposés par l'UNESCO à l'approche de la méthode scoute pour l'éducation à la paix ;

3. Soutenir les initiatives sous-régionales dans le cadre de la promotion de la paix et élaborer des programmes conséquents ;

4. Renforcer les partenariats permanents avec les associations et ONG internationales oeuvrant dans le domaine d'Education à la paix pour un accompagnement de la jeunesse et la réussite des autres thématiques qui sont similaires au scoutisme.

Certes, ces stratégies ne sont ni exclusives ni isolées car elles s'imbriquent. Partir d'une, on peut arriver à étoffer les besoins et exigences des autres.

4.1 Planification stratégique par forum ouvert pour la réorientation des activités et interventions selon les besoins actuelles post- conflits

Pour une bonne entrée dans le 2ème décennie, la CSGL se doit de faire une planification stratégique. Cette activité de grande envergure permettra une évaluation objective et une planification selon les besoins des participants afin de tenir compte des particularités de chacune de ses associations membres.

38 Koffi Anan, Les causes des conflits et la proposition d'une paix et d'un développement durable en Afrique, Rapport 1998, cité par NKUNDABAGENZI et SANTOPINTO, Op. Cit. p.21

Les forums ouverts seront organisés au profit des différentes catégories des responsables tels que :

1. Les membres de la coordination de la CSGL, pour la redéfinition de la politique ;

2. Les formateurs et formateurs adjoints, pour la politique de la gestion des ressources adultes et du programme des jeunes ;

3. Les chefs des groupes et d'unités, pour les priorités de la base en éducation à la paix.

Au cours de ces forums, il sera aussi évalué l'impact des outils pédagogiques et différents manuels produits et diffusés par la CSGL.

La CSGL tiendra compte des sept priorités stratégiques (PS) du scoutisme tel qu'adoptées à la conférence mondiale du scoutisme à Thessalonique en 2002 et qui sont39 :

PS 1 : Participation des jeunes - revitaliser la méthode scoute : pour soutenir la CSGL dans la revitalisation de la jeunesse, élément fondamental du scoutisme et crucial pour son efficacité et pour la réalisation de mission. Un effort particulier sera fait pour que les personnes ayant moins de 30 ans occupent des fonctions de commandement car elles sont plus proches de la base et cela favorisera la `pair éducation'.

PS 2 : Adolescents - soutenir la transition vers l'âge adulte : pour aider la CSGL à répondre avec efficacité aux besoins et aux attentes des adolescents, il faudra une augmentation du nombre d'adhérents dans cette tranche d'âge et améliorera la réputation en tant qu'organisation permettant aux jeunes d'effectuer leur transition vers l'âge adulte. Des programmes d'éducation à la vie seront développés en collaboration avec le UNFPA, l'UNICEF...

PS 3 : Filles et garçons, femmes et hommes - respecter les différences, promouvoir l'égalité et partager les responsabilités : la visée est le soutien et la production des outils nécessaires pour aider à garantir une égalité des chances aux filles et aux garçons, aux femmes et aux hommes à tous les niveaux du scoutisme en offrant à tous de nouvelles opportunités et, par l'augmentation du nombre de jeunes membres et le développement du au leadership des adultes, il en résulterait un meilleur équilibre hommes/femmes au sein des associations.

PS 4 : Ouverture - abattre les barrières et s'ouvrir à tous les segments de la société : pour permettre à la CSGL d'identifier les besoins des jeunes et des adultes dans les secteurs de la société où le mouvement scout n'a actuellement aucun impact et à y apporter des réponses. Il serait indiqué de s'attaquer aux barrières politiques, économiques et culturelles. Ceci pourra avoir pour conséquence une augmentation du nombre de membres et le développement de l'impact du Scoutisme dans la sous-région.

39 OMMS : Rapport intermédiaires sur la stratégie, SE Genève, 2004

PS 5 : Volontaires dans le Scoutisme - développer des approches nouvelles pour élargir la base du soutien adulte : cette priorité stratégique vise à redéfinir le concept de volontariat/bénévolat tel qu'il est appliqué dans le Scoutisme et à aider la CSGL à réviser sa politique et ses pratiques afin de recruter et de retenir dans le mouvement scout de nouveaux groupes de responsables adultes.

PS 6 : Une organisation pour le 21e siècle - devenir une organisation flexible, légère, innovante et participative : pour aider la CSGL à adopter une approche stratégique, à revoir sa structure, son système et sa gestion, pour la sensibiliser aux besoins en constante évolution de la société et pour y répondre rapidement et efficacement ; il faudra mettre en place des structures qui insufflent un dynamisme dans les associations sous-régionales et qui s'emploient à alimenter la synergie existante.

PS 7 : Profil du Scoutisme - renforcer les communications, les partenariats et les ressources : cette priorité stratégique vise à renforcer les communications, les partenariats et les ressources du Scoutisme, à tous les niveaux, car ces éléments sont vitaux pour le succès de la mission du Mouvement.

Pour cette planification, la CSGL partira du plan proposé par l'OMMS40 Tableau N° 8 : Plan de planification Stratégique pour les OSN

Etape

Que faire ?

 

1

Préciser les valeurs

Que représentons nous ? (quoi) Principes du scoutisme

2

Comprendre la mission

But du scoutisme (pourquoi)

3

Imaginer

Que voulons-nous vraiment ? Situation future idéale

4

Analyse de la situation

Où en sommes-nous maintenant ? Situation actuelle

5

Priorités stratégiques

Ciblage / Orientation, Comparaison entre les

« écarts » actuels et futurs (vision / résultat)

6

Objectifs

Que faire ? Comment

7

Plan de suivi et évaluation

Savoir si nous sommes sur la bonne voie Si nous avons atteint les résultats attendus

Les trois autres stratégies (les suivantes) seront des éléments pour bien étoffer cette première. Elle sera toujours prise en référence car elle est l'essence du développement du scoutisme qui entre dans son deuxième centenaire et par-dessus tout de la CSGL.

4.2 Adaptation des éléments de la culture de la paix proposés par l'UNESCO à l'approche de la méthode scoute pour l'éducation a la paix

Ayant produit un programme scout d'éducation à la paix en conformité avec la méthode scoute, il serait nécessaire à la CSGL de se doter d'un plan en conformité avec les huit domaines d'action de la culture de la paix adopté par les Nations unies (Résolutions A/52/1 3 en 1998) étant donné que ces domaines clés sont proposés aux acteurs et intervenants.

1) Renforcer une culture de la paix. La CSGL pourrait élaborer des nouveaux programmes qui promeuvent les valeurs, les attitudes et les comportements inhérents à une culture de la paix en renforçant la formation en prévention et au règlement des conflits, au dialogue, à la recherche du consensus et à la non violence active et vulgariser les badges d'acteurs de paix.

2) Promouvoir le développement économique et social durable. Comme le développement durable passe par une bonne gestion de l'environnement, les programmes scouts peuvent renforcer les principes économiques (articles : Le scout aime et protège la nature, le scout est économe) pour la production et la consommation minimales (ne se limiter qu'à l'utile) pour préserver les ressources pour générations futures et renforcer leur esprit de partage. Enfin, il importe de faire des campagnes sur la gestion des déchets, des emballages, des efficiences énergétiques, des Organismes génétiquement modifiés, ...

3) Promouvoir le respect de tous les droits humains. Que les programmes d'éducation civique se focalisent sur la déclaration universelle des droits de l'homme, et principalement sur les êtres faibles, ainsi amplifier la vulgarisation des droits de l'enfant, droits des handicapés, droits des réfugiés, déclaration de Genève sur la protection des civils pendants des conflits armés.

4) Assurer l'égalité entre l'homme et la femme. Comme pour les points précédents, il faut vulgariser ou diffuser à grande échelle la convention sur l'élimination de toute forme de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et soutenir les initiatives des femmes et filles dans le mouvement scout, les encourager à occuper les postes de responsabilité.

5) Favoriser la participation démocratique. L'éducation à la citoyenneté responsable est l'une des visées du scoutisme. Il lui faut vulgariser les constitutions des pays, les textes des accords de paix et autres textes régionaux.

6) Développer la compréhension, la tolérance et la solidarité. Intensifier les actions avec la population (communauté locale, échanges entre personnes des différentes classes, races, croyances, appartenance tribalo ethniques... Favoriser les échanges culturels pour connaître et comprendre les différences et les exploiter comme des richesses.

7) Soutenir la communication participative et la libre circulation de l'information et des connaissances. Soutenir les programmes radio des associations et inciter celles qui n'en ont pas d'en avoir. Former et recycler les scouts communicateurs

ou journalistes dans le domaine de la culture de la paix, relancer la production du bulletin la colombe en plusieurs tirages.

8) Promouvoir la paix et la sécurité internationales. La CSGL s'engagerait à

mettre sur pied un programme d'éducation au désarmement, de lutte contre le recrutement des enfants dans les bandes, forces et groupes armés, la réinsertion des enfants associés aux forces et groupes armés (EAFGA)

4.3 Soutien des initiatives sous-régionales dans le cadre de la promotion de la paix et élaborer des programmes conséquents

Pendant le fonctionnement de la CSGL, des nouvelles et bonnes initiatives ont vu le jour dans la sous région et ont des programmes d'éducation à la paix applicable avec la méthode scoute. Nous citons surtout :

· La conférence internationale sur la région des grands lacs africains

Sous l'égide de celle-ci qui a son secrétariat permanent à Bujumbura (siège de la CSGL), la CSGL peut organiser un rassemblement sous-régional de paix qui réunira les scouts, guides et autres jeunes d'autres mouvements et associations tant de la société civile que de la classe politique et étaler son expérience, la confronter avec d'autres et produire une déclaration des jeunes de la sous région sur la cohabitation et l'acceptation des différences, qui du reste, sont une richesse. Ses textes (déclaration, pacte, charte...) seraient vulgarisés.

· La conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu (RDC)

Cette conférence s'est soldée par deux actes d'engagement, six résolutions et quatre recommandations mais qui ne sont pas bien connus par les populations de deux provinces faisant partie intégrante de la CSGL. La présente stratégie serait alors de soutenir le « Programme AMANI », créé à l'issu de cette conférence et proposer sa méthodologie pour l'éducation des jeunes. Il faudra vulgariser les acquis de cette conférence et participer au renforcement des capacités de paix chez les scouts, les déplacés, les réfugiées, ...

· Les différents accords de paix

La CSGL pourra utiliser les différents accords de paix qui ont été signés entre les différents protagonistes des différents pays d'action pour faire une éducation civique et participer ainsi à leur vulgarisation. Il en est de même pour les constitutions des différents pays ainsi que des textes du droit international.

4.4 Renforcement des partenariats permanents avec les associations et ONG internationales oeuvrant dans le domaine d'éducation a la paix, accompagnement de la jeunesse et autres thématiques similaires au scoutisme.

Soutenant explicitement la priorité stratégique n°7, elle est importante du fait qu'actuellement nul ne peut voguer seul. Il faut agir en synergie avec les autres qui font la même route. Les organisations et associations qui peuvent aider le scoutisme à renforcer son profil sont d'abord celles du système des nations unies et celles sous- régionales, nationales et locales. Il s'agit de :

= UNESCO

= UNICEF

= PNUD

= UNFPA

= Ligue des Droits de la Personnes dans les Grands lacs (LDGL)

= Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP)

= WAR CHILD

= SAVE THE CHILDREN = MOUVEMENT XAVERI = CECI ACIPA

CONCLUSION GENERALE

Notre mémoire intitulé `scoutisme dans les grands lacs africains et éducation à la paix' avait comme problématique centrale de déceler la contribution de la concertation des scouts des grands lacs dans l'éducation à la paix dans sa sphère. L'hypothèse de départ était que la CSGL se sert des lois et principes scouts pour perpétrer l'éducation à la paix et qu'il faut une autoévaluation objective à la Concertation des Scouts des Grands lacs pour une bonne réorientation stratégique de ses actions. Pour arriver à échafauder cela, nous avons recouru à la méthode historique et aux techniques d'observation, documentaire et des entretiens.

Comme résultats et stratégies de redynamisation, nous pouvons retenir :

Le mouvement scout est présenté en tant qu'acteur institutionnel et dynamique doté de la mission d'éducation des jeunes à la paix, en partant de ses origines et des multiples activités tant locales qu'internationales (conférences et jamborees mondiaux, camps scouts, moots, colloques,...) et plusieurs publications (des résultats des recherches sur la paix, la collaboration avec d'institutions d'éducation à la paix, la production des outils, documents et guide ; l'encouragement des organisations scoutes nationales à oeuvrer pour la paix, la création des dons pour la paix...). Ses recherches et publications ont considéré la paix du point de vue politique, personnel (la paix intérieure), interpersonnel (qui considère les relations avec les autres), la paix par la compréhension interculturelle, la paix et le développement social, la paix entre l'homme et la nature. L'OMMS a obtenu plusieurs prix dans le domaine d'éducation à la culture de la paix. C'est dans l'optique de sa vision de créer un monde meilleur.

Au niveau de la sous région des grands lacs africains, suite aux desiderata des jeunes de s'unir pour combattre l'exclusion qui ronge le milieu, les adultes se sont rencontrés et progressivement une structure a été mise sur pied pour l'éducation à la paix comme cheval de bataille. Pour les scouts, les frontières ne représentent que des limites politiques. Plusieurs mécanismes de rapprochement sont développés pour unir les jeunes des pays des grands lacs africains et pour faire d'eux des artisans de paix. Il y a des activités de grande envergure basées sur la paix qui sont organisées dans la vision de Antoine de St Exupéry41 qui disait, dans son livre Terres des Hommes, « force-les à bâtir ensemble une tour, et tu les changeras en frères ». La CSGL a utilisé tant d'outils qui sont des séminaires - ateliers, des formations, des jamborees, des randonnées, des concours de paix, des camps chantiers, des jumelages, des caravanes de paix, le rassemblement international pour la paix.

C'est dans cette optique que le scoutisme est un mouvement d'éducation à la paix.

La CSGL est née et grandit au moment où la violence régnait en maître dans la sous-région africaine des grands lacs. Elle s'est frayée le chemin dans les épines et est parvenue à faire des associations membres comme des références pour l'éducation à la paix. Elle a touché les questions environnementales (pour un développement durable), assistance des personnes en détresses (réfugiés, déplacés, pauvres...), elle a favorisé les échanges internationaux.

41 www.antoinedesaintexupery.com

La CSGL a régenté des structures d'appui au Burundi, RD Congo et Rwanda (ASB, ASNK, ASSK et ASR) et avec ses réalisations ci-dessus, il est prouvé que la CSGL a son fondement sur l'éducation à la paix.

Le scoutisme dans la sous-région des grands lacs africains peut jouer un rôle de taille dans la création et le maintien d'une nouvelle vision de paix, d'un nouvel ordre de la culture de la paix et surtout des mécanismes promotionnels.

Les efforts ont été employés par les acteurs de quatre associations scoutes membres au départ réunissant plus de 60000 adhérents et ont été renforcés et soutenus par d'autres organisations de la société civile, des organisations internationales, des gouvernements, par des jeunes d'autres associations (guides des grands lacs africains, xavéris, UMUSEKE, COJESKI, COPARE...), ce qui a permis une grande mobilité.

La production des outils pédagogiques (manuel du chef d'unité, guide de l'animateur des jeunes,...) matériels et montages audio-visuels a été une grande contribution exportable et adaptable.

Pour encrer dans les esprits la culture de la paix, la CSGL compte sur les individus, des jeunes et des adultes et tient à leur doter des possibilités, nonobstant ses limites matérielles, institutionnelles, du fait qu'au moment où elle s'y emploie, des contre efforts sont faits éduquer à la haine, à la violence, à la terreur par des idées ethniques, ...Les limites sont donc financières, institutionnelle (pas de personnalité juridique) et insuffisances des ressources humaines disponibles et compétentes et le manque du plein pouvoir sur la situation des grands lacs.

Pour le futur de la CSGL, et en tenant compte de l'évolution économique, socioculturelle, politique ; nous avons proposé quatre stratégies qui pourront conduire cette structure vers une contribution efficace dans le domaine de l'éducation à la paix qui prend en appréciation le développement, les droits de l'homme, la démocratie. Il s'agit d'une planification stratégique, d'une adaptation des éléments de la culture de la paix proposés par l'UNESCO, d'un soutien des initiatives sous-régionales et du renforcement des partenariats.

Au terme de ce travail, nous nous sommes rendu compte que la paix est possible et que les jeunes sont les premiers acteurs. Il faut y croire et s'y lancer.

Les scouts ont compris que la paix, n'est pas seulement l'absence de guerre ; et celle-ci n'est pas toujours non plus les affrontements armés. C'est bien souvent un état d'esprit. En plus, les conflits armés sont les causes principales des crises alimentaires, de la pauvreté, de l'illettrisme... dans le monde.

Comme l'armée ne peut pas endiguer la violence, il s'impose une construction de la culture de la paix, qui n'est possible que, par l'éducation pour apprendre à vivre ensemble et avec sérénité.

Substituer la paix à la guerre est une des missions du scoutisme et par ricochet celle dévouée à la CSGL. Le scoutisme, mouvement d'éducation pour les jeunes, accompagne ces grands perdants du jeu de la guerre et de la politique qui sont joués par les adultes.

Les scouts, ces humains et ces jeunes de la nouvelle génération, par l'Education à la paix de la CSGL, sont convaincus qu'un monde meilleur est possible et que tout dépend de notre volonté de l'édifier. La paix étant à la fois un bien public et une condition essentielle pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, il faut admettre que paix et développement sont intrinsèquement liés.

Le plus grand défis auquel fera face le scoutisme dans la sous-région des grands lacs pour son 2ème décennie sera de construire l'action pour la paix en période post conflits. Bien qu'il soit utopique pour certains de parler de la prévention des conflits, il ne faut pas oublier que les guerres de demain sont préparées aujourd'hui. Renforcer dans les esprits des gens que la culture de la paix constitue une grande force pour le développement est l'autre défi à relever. Il faut faire régner la conception selon laquelle la paix est le moyen à utiliser et non une fin à atteindre.

Quant à la participation du scoutisme au développement, faut-il rappeler que la paix est le nouveau nom du développement car il n'y a pas de paix sans pain et que l'un sans l'autre, c'est l'épée ? Eduquer à la paix c'est fixer les bases solides du développement.

Enfin, selon Amnisty International42, la paix durable repose sur une vision large qui englobe l'éducation, l'alphabétisation, la santé et l'alimentation, le droit de l'homme et les libertés fondamentales, alors les scouts, accompagnés par la CSGL, s'opposent à toute forme de répression et de discrimination, s'engagent en faveur du respect des droits humains, et ainsi ils contribuent à un monde plus juste, moins conflictuel et développable.

42 Marc SCHIMITZ et Sophie NOLET, Les droits humains, une arme pour la paix, Ed CRIP,Bruxelles, 1998, p.4

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

A. Livres

1. Andrea RICCARDI, La Paix préventive : raisons d'espérer dans un monde des conflits, Ed Salvator, Paris 2005.

2. Baden-Powell, Eclaireurs, Ed. Delachaud et Niestlé, Neuchâtel,

3. Concertation des Scouts des Grands Lacs, Guide de l'animateur des jeunes pour l'éducation à la paix, SE, Bujumbura, 2005.

4. Concertation des Scouts des Grands Lacs, Manuel du Chef d'unité pour l'éducation à la paix, SE, Bujumbura, mars 2004.

5. Félix NKUNDABAGENZI et Federico SANTOPINTO, Le développement : une arme de paix, Ed GRIP, Bruxelles, 2003.

6. Filip REYNTJENS, La guerre des grands lacs, alliances mouvants et conflits extraterritoriaux en Afrique centrale, Ed l'Harmattan, collection l'Afrique des grands lacs, Paris 1999

7. Marc SHIMTZ et Sophie NOLET, Les droits humains : une arme pour la paix, Ed GRIP, Bruxelles, 1998.

B. Revues et publications diverses

1. Association des Scouts du Burundi, Revue Toujours prêts, Bimestriel N°44 de Janvier-Février 2004.

2. Association des Scouts du Canada, Organisation et structure du mouvement scout, SE, Québec, janvier 2000

3. Association des Scouts du Canada, Règlement de conflits d'adultes, SE, 2ème Edition, Québec canada, Septembre 2000.

4. BMS, La stratégie pour le scoutisme, boite à outils planification stratégique, suivi et évaluation, lignes directrices pour les organisations scoutes nationales, Genève, mai 2008

5. Bureau mondial du Scoutisme BMS, Scoutisme et Paix, juin 2002, SE, Genève, 83p

6. Bureau Mondial du Scoutisme et Scouting Nederland, Comment organiser un village Mondial de développement ? SE Genève, 1997.

7. Bureau Mondial du Scoutisme, Constitution et Règlement additionnel de l'OMMS, Genève, Juillet 1990,

8. Bureau Mondial du Scoutisme, La formation des chefs d'unités dans le scoutisme, SE, Nairobi, 2002

9. Bureau Mondial du Scoutisme, Résolutions de la conférence Mondiale du Scoutisme 1988-2005 avec index 1922-1985, Genève, Avril 2005.

10. CSGL, Le projet Amahoro-Amani, description du projet, Bujumbura, Octobre 2005, 29p

11. CSGL, Revue La colombe, Numéro spécial Juillet-Août 2005.

12. MBAWA MWENYEBATU, Evaluation du programme INTERAF BG00-10 `Education scoute à la paix dans les grands lacs africains', rapport final, Bujumbura, Avril 2004.

13. MUBIALA MUTOY, Le problème de la mobilité transfrontalière dans la région des grands lacs », in Congo-Afrique, Novembre 2004.

14. OMMS et autres associations de la jeunesse, Pour une jeunesse autonome, solidaire, responsable et engagée. SE, Genève 2000.

15. OMMS, Rapport Intermédiaire sur la stratégies, SE, Genève, 2004

16. OMMS, Scoutisme tout simplement ! Idées et pratiques pour les chefs et cheftaines, SE, Genève, 1996

C. Mémoires et rapports

1. ASSK, Etats de lieu de l'Association des Scouts du Sud-Kivu

2. ASSK, Rapport du séminaire atelier sur la place de l'éducation à la paix par la non-violence active dans le programme des jeunes, Bukavu, décembre 2000

3. CSGL, la charte de la paix des scouts des grands lacs, Bujumbura, 1996

4. CSGL, Rapport du 1er jamboree sous régional tenu à Ngozi au Burundi, Mars 2003

5. CSGL, Règlement d'ordre intérieur, janvier 2001

6. Gustave LUNJWIRE, La formation des acteurs et le développement durable : essais d'analyse critique et Perspectives, Mémoire inédit, ISDR Bukavu 1998.

7. Projet Amahoro-Amani, Rapport Final, Bujumbura Avril 2008

D. Sites Internets

1. www.1001-citations.com

2. www.citationspolitiques.com

3. www.scout.org

4. www.scoutinkivu-cd.afrikart.net

5. www.unesco.org

6. www.wikipedia.org :wiki/grands_lacs_(afrique)

TABLE DE MATIERES

Page

i. In memoriam .. i

ii. Prélude ii

iii. Dédicace . iii

iv. Remerciements iv

v. Sigles et abréviations .. v

vi. Résumé du travail (en français et en anglais) . vi

INTRODUCTION .. 1

0.1 .Problématique 1

0.2 Hypothèse de travail . 4

0.3.Objectifs du travail 6

0.4.Choix et intérêt du Sujet 6

0.5.Délimitation spatio-temporelle .. 7

0.6.Approche méthodologique . 7

0.7.Cadre théorique du travail . 8

0. 8.Difficultés rencontrées 12

0.9.Subdivision du travail 12

Chapitre I : PRESENTATION DU SCOUTISME AU NIVEAU MONDIAL ...... 13

1.1. Historique et présentation des idées maîtresses . 13

1.1.1 Le fondateur et l'histoire 13

1.1.2. Principes fondamentaux du scoutisme 14

1.2. Le scoutisme et l'éducation à la paix : conception du bureau mondial . 18

1.3. Les publications du bureau mondial sur la paix 19

1.4 .Les activités internationales scoutes sur la paix 20

1.5. Les prix reçus par le scoutisme pour sa contribution à la paix . 35

1.6. Conclusion partielle 36

Chapitre II : LE SCOUTISME DANS LA SOUS-REGION DES GRANDS LACS AFRICAINS . 37

2.1 .Présentation brève de la sous-région des grands lacs africains 37

2.2.La Concertation des Scouts des Grands Lacs Africains 39

2.2.1. Historique de la CSGL et textes constituant 39

2.2.2. Associations membres et divers partenaires 43

2.2.3. Les activités réalisées par la CSGL sur l'éducation à la Paix 44

2.2.3.1. Activités propres de la CSGL .. 44

2.2.3.1.1. Les formations, séminaires, ateliers, pour jeunes et adultes 44

2.2.3.1.2. Les Jamborees sous-régionaux . 45

2.2.3.1.3. Les forums ouverts 46

2.2.3.1.4. Le concours inter patrouilles 47

2.2.3.1.5. Le rallye sous-régional des louveteaux 47

2.2.3.1.6. Le camp chantier . 48

2.2.3.1.7. Activités d'urgence . 48

2.2.3.2. Activités co-organisées avec les guides et autres associations des

jeunes : Le projet Amahoro-Amani .. 49

a. Les Formations des Formateurs des Médiateurs Communautaires et des Médiateurs Communautaires 53

b. Les formations des Agents de Paix et la Constitution des Clubs de Paix et de

Réconciliation 54

c. Caravanes de Paix 55

d. Rassemblement International de Paix 56

2.3. Les publications de la CSGL sur l'éducation à la paix . 57

2.3.1 La revue la colombe 57

2.3.2. Le Manuel du chef d'unité pour l'éducation à la paix 58

2.3.3. Le guide de l'animateur des jeunes pour l'éducation à la paix 59

3.4. Les limites de la CSGL dans ses interventions 60

3.5. Conclusion partielle : l'apport de la CSGL sur l'éducation à la Paix dans les Grands Lacs africains . 61

Chapitre III : EVALUATION DE LA CSGL ET DE SA CONTRIBUTION A L'EDUCATION A LA PAIX 63

3.1. Approche Scoute dans la gestion des conflits .. 63

3.2. Présentation des résultats de la recherche 67

3.3. Analyse de la CSGL par le Modèle Intégré d'Organisation 70

3.4. Analyse SWOT de la CSGL 72

Chapitre IV : PROPOSITIONS STRATEGIQUES 75

1. Planification stratégique . 75

2. Adaptation des éléments de la culture de la paix proposés par l'UNESCO 78

3. Soutien des initiatives sous-régionales .. 79

4. Renforcement des partenariats 80

CONCLUSION GENERALE .. 81

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE 84

TABLE DE MATIERE 86

Annexes

 

1)

Fiche pédagogique type

89

2)

Cartes de la sous région

90

3)

Logos et insignes scouts

91

4)

Guide d'entretien

93

ANNEXES :

Annexe 1 : Fiche pédagogique type

Voici un modèle de fiche pédagogique pouvant faciliter à l'animateur ou au formateur des jeunes l'organisation de ses activités.

Organisation :

Date :

Noms de l'animateur : ..

Nature de l'activité :

Objectifs spécifiques :

- .

- .

- .

Méthodologie :

Support

Durée de l'activité

N° d'ordre de l'activité

Thème

Nombre des participants

Nombre d'animateurs

Méthodes utilisée (procédé)

Description de l'activité

Evaluation

Leçon tirée et message

Engagements des participants

Annexe 2 : carte de la sous-région

La sous-région des Grands lacs :

Y Burundi ;

Y Ouganda ; Y RD Congo ;

Y Rwanda ; Y Tanzanie.

Les zones d'interventions de la CSGL :

Association des Scouts du Rwanda ; Association des Scouts du Burundi ;

Fédération des scouts de la RD Congo (Associations provinciales du Nord et Sud-Kivu).

Annexe 3 : Quelques logos scouts

La fleur de Lys, symbole du Scoutisme

Le logo de la CSGL avec la trilogie Education, Paix et Développement

1er Jamboree de paix des scouts des grands lacs

Projet Amahoro-Amani

Rassemblement International de paix

 
 
 
 
 

Insigne de la région

Afrique du scoutisme

 
 

Logos du centenaire du scoutisme

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Annexe 4 : Guide d'entretien

Pour réaliser ce travail, nous nous sommes servi d'entretiens et étions éclairé par des questions qui ont été posé à différents intervenants et acteurs dans la sous-région.

1. Depuis combien de temps faites-vous parties des organes de la CSGL ?

2. A quelles activités d'éducation à la paix avez-vous participé ?

3. Quel est l'impact des actions de la CSGL sur la paix dans votre milieu ?

4. Comment circule l'information au sein de la CSGL ?

5. La CSGL est-elle performante dans son fonctionnement ?

6. Qu'est ce que la CSGL a apporté comme innovations aux associations membres ?

7. Comment le scoutisme intervient-il dans le développement ?

8. Quelles sont les grandes leçons tirées des activités d'éducation à la paix organisées par les scouts de la sous-région des grands lacs africains et leurs collaborateurs ?

9. Quelles recommandations pouvez-vous faire aux acteurs et partenaires de la CSGL ?

10. Qu'est ce qui vous a poussé à travailler avec la CSGL ?

11. L'éducation à la paix est-elle possible ?

12. L'action de la CSGL vous inspire - t - elle confiance, est-elle efficace ?

13. Quelles limites présentes les actions de la CSGL ?

14. Les actions de la CSGL contribuent-elles à la consolidation de la paix dans la sous-région des grands lacs africains ? Comment ?






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"Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait"   Appolinaire