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La problématique de l'Autre comme Infini dans la philosophie d'Emmanuel LEVINAS

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par Charles NDUMBI KABOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa - Graduat 2009
  

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INTRODUCTION GENERALE

0.1. Problématique

Face à toutes les violences connues dans ce monde et qui continuent encore à se manifester sous plusieurs formes, nous avons voulu nous interroger sur les vraies raisons d'être de toutes ces prétentions à la domination, à la violence, à l'injustice et encore à la réduction de l'Autre qui est une autre représentation du Moi.

Etant naturellement un être social, l'homme est un sujet en face d'un autre ou un JE en face d'un TU. Il ne se découvre pleinement et ne s'affirme comme personne qu'à travers une relation de responsabilité envers Autrui. Cela nous pousse à orienter nos investigations vers une réalité fondamentale de toute société qu'est la relation interpersonnelle qui se base aussi sur la responsabilité.

Etre responsable de l'Autre n'est pas chose facile. Toutefois, dans la vie sociale, quel que soit le cas, le concept de responsabilité apparaît toujours. En ce sens, l'homme, qu'il vive seul ou en communauté, est responsable soit de lui-même, soit des Autres. Concernant la problématique de l'Autre comme infini, nous nous voyons nous inscrire dans la philosophie de l'Altérité qui s'oppose à la philosophie de la totalité pour qui l'Autre est un alter ego.

L'apport d'Emmanuel Lévinas1(*) à ce sujet nous paraît original. Voilà ce qui justifie notre choix sur lui. Avec lui, nous voulons épingler la place que l'Autre occupe en nous par rapport à notre responsabilité personnelle vis-à-vis de l'Autre. C'est pourquoi il dit : « positivement, nous dirons que dès lors qu'autrui me regarde, j'en suis responsable sans même avoir à prendre des responsabilités à son égard, sa responsabilité qui va au-delà de ce que je fais »2(*). Il n'y a pas de plus grande violence que de chosifier l'Autre, de méconnaître son altérité, c'est-à-dire nier son existence. Par l'épiphanie d'Autrui, je suis convié à lui rendre justice ou à le traiter avec tous les égards comme mon maître et je suis son responsable par vocation, son visage m'interpelle et me réclame justice, paix, harmonie. Mais cette responsabilité est non réversible, elle est à sens unique.

0.2. Intérêt du sujet

L'intérêt personnel porté à ce sujet n'est pas à communiquer, mais saute à l'oeil. En effet, chercher à restituer à l'Autre ses considérations authentiques, le situer comme supérieur et finalement être son responsable, c'est reconnaître son altérité et son infini. Car de plus en plus dans nos sociétés, les hommes deviennent très égoïstes et ne font plus attention aux autres. Chacun se préoccupe de son bien-être, de sa sécurité personnelle et cela lui suffit. C'est ce qui fait que l'homme devienne asocial car l'Autre est mort devant ses yeux. C'est ainsi que Lévinas écrit : « la mort de l'autre homme me met en cause et en question comme si, de cette mort invisible à l'autre qui s'y expose, je devenais, de mon indifférence, le complice ; et comme si avant ni que de lui être voué moi-même, j'avais à répondre de cette mort de l'autre et à ne pas laisser autrui seul à sa solitude mortelle. C'est précisément dans ce rappel de ma responsabilité par le visage qui m'assigne, qui me demande, qui me réclame, c'est dans cette mise en question qu'autrui est prochain »3(*).

L'homme doit faire vivre son prochain par sa manière d'être ; cela au nom d'une humanité abstraite, commune et sociable. C'est dans la mesure où chacun se rend compte de l'infinité de l'Autre, de la responsabilité de l'Autre, de sa vie et même de sa mort qu'on peut arriver à fonder une société où chacun est au service de l'autre, une société fraternelle.

* 1 Philosophe français d'origine juive, né le 12 Décembre 1906 à KOVNO en Lithuanie (actuelle Russie). Ses études classiques furent précédées par l'apprentissage de l'hébreu et le commencement de l'étude de la Bible. Il part pour la France en 1923 et débute ses études de philosophie à Strasbourg où il commence également une longue vie avec Maurice Blanchot. Il soutient sa thèse de doctorat sur Husserl en 1928-1929 à Fribourg. Cette thèse sera publiée plus tard en 1930-année où il acquiert la nationalité française. « Emmanuel Lévinas nous a quittés en Décembre 1995. Il nous a laissés une philosophie exigeante qui renouvelle avec vigueur la réflexion sur le respect de l'Autre ». (Cf. F. POCHE, Penser avec Arendt et Lévinas. Du mal politique au respect de l'autre, Lyon, Chronique Sociale, 1998, p.81.)

* 2 E.I., p.92.

* 3 A.T., p.46.

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