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Sida et Comportements Sexuels des femmes célibataires au Congo

( Télécharger le fichier original )
par Stève Bertrand MBOKO IBARA
Université de Yaoundé II / Institut de Formation et de Recherche Démographique (IFORD) - DESS en Démographie 2008
  

Disponible en mode multipage

ORGANISME INTER-ETATIQUE RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

UNIVERSITE DE YAOUNDE II

(SOA)

YAOUNDE, AOUT 2008

28éme promotion

Mémoire de fin de formation

Présenté et soutenu Par

MBOKO IBARA Stève Bertrand

En vue de l'obtention du

Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées en Démographie (DESSD)

Option : Collecte et Analyse des Données

Directeur : Dr. FASSA TOLNO Daniel

Lecteur : Pr. EVINA AKAM

En vue de l'obtention du

Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées en Démographie (DESSD)

Option : Collecte et Analyse des Données

Mémoire de fin de formation

Les propos émis dans ce mémoire sont propres à son auteur et n'engagent en aucun cas l'Institut de Formation et de Recherche Démographiques (IFORD).

DÉDICACE

Rien au monde ne vaut la chaleur d'une mère. Et Quoique je puisse faire, le sort de l'existence me prive de ce bonheur, le restant de ma vie.

Ce mémoire est dédié à

EKONDZA Simone,

Ma mère, rappelée au près de Dieu un mois plus tôt. (13/07/2008)

Remerciements

Nos remerciements vont à l'endroit de celui-là même qui, malgré ses multiples occupations n'a ménagé aucun effort pour donner à cette oeuvre une valeur scientifique à travers une rigueur dans la démarche. Docteur TOLNO Fassa Daniel, nous vous remercions pour l'amour du travail et de la recherche inculqués. Vous avez été plus qu'un directeur de mémoire.

Nous aimerions, par ailleurs, exprimer notre vive reconnaissance au Pr. EVINA AKAM pour ses lectures et critiques pertinentes de notre document ; A tout le corps enseignant et administratif de l'IFORD, notamment aux Docteurs. KAMDEM Hélène et RWENGE MBURANO, qui ont imprimé de leurs savoirs dans notre formation.

Nous remercions vivement le Service de Coopération et d'Action Culturel de l'Ambassade de France au Congo, pour le soutien financier alloué à notre formation. Nos remerciements vont particulièrement à l'endroit de l'Adjoint au Conseiller à la Coopération, Mr Vincent MONADE grâce à qui, tout s'est rendu possible.

Nous adressons aussi nos remerciements au Centre National de la Statistique et des Etudes Economiques (CNSEE) du Congo pour les efforts déployés pour faciliter notre formation.

A tous les étudiants des 27ème et 28ème promotions, nous adressons nos remerciements pour leur collaboration et l'esprit de travail qui a prévalu tout au long de notre formation. Nous pensons plus particulièrement à : Odzo Dimi Arsène, Mboungou Eugène, Zhe Karole, Poumbou Frédéric, Engozogo Arnauld et Okobo Oya Jeannine

Nous aimerons signifier notre reconnaissance, aux familles MBOKO, KENGUE POKO ISSOMBE et EBOLO qui nous ont soutenu tout au long des deux années de formation. Nous ne saurons finir ces quelques lignes sans dire grand merci à mademoiselle OKET ONDAKO pour son soutien tout au long des deux années de formation.

A tout ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réussite de cette étude, nous leurs disons merci et leurs prions de bien vouloir à travers ces quelques lignes recevoir l'expression de notre reconnaissance.

RESUME

L'objectif de cette étude était de déceler le mécanisme à travers lequel le profil des femmes célibataires influence leurs comportements sexuels, en tenant compte de la situation de sortie de crise en République du Congo. Cette étude s'est appuyée théoriquement sur les approches socioculturelles et socioéconomiques des comportements sexuels .Deux aspects des comportements sexuels ont été retenus : le multipartenariat, et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Les analyses reposaient sur les données de la toute première Enquête Démographique et de Santé réalisée au Congo en 2005. La population cible était constituée de 2074 femmes célibataires en âge de procréer.

L'analyse descriptive a permis de voir que plus de 62% des femmes célibataires avaient connu plus d'un partenaire sexuel les 12 derniers mois ayant précédés l'enquête, tandis que, plus de 78% d'entre elles n'avaient pas utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel.

Il apparaît, toutes choses égales par ailleurs, que les facteurs qui déterminent le multipartenariat sexuel chez les femmes célibataires sont le niveau d'instruction et la connaissance de modes de prévention du Sida. Ces résultats ont aussi montré que le haut niveau d'instruction, le niveau de vie élevé, la bonne connaissance du Sida et l'exposition aux médias, augmentaient les risques du multipartenariat sexuel des femmes célibataires. Les analyses de régression logistique multivariée effectuées dans le cas de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel confirment l'association prétendue entre les conditions de vie et l'utilisation de condom en général. L'ethnie, de même que le niveau d'instruction déterminent la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Ces analyses ont par ailleurs infirmé l'hypothèse selon laquelle, la pauvreté économique serait la cause du multipartenariat sexuel mais ont cependant prouvé que celle-ci augmentait les risques de la non-utilisation du préservatif chez les femmes célibataires.

La principale recommandation découlant des résultats de ce travail est que le contenu des programmes de prévention devrait tenir compte des particularités de la population étudiée. L'amélioration du niveau d'instruction et des conditions de vie des célibataires produirait probablement beaucoup plus d'effets positifs sur l'utilisation des préservatifs que les messages de sensibilisation dans lesquels on insiste essentiellement sur la fidélité et l'abstinence sexuelle.

ABSTRACT

The goal of this study was to identify the mechanism throughout, the unmarried women's characteristics influence their sexual behaviors, in the particular context of post war in which are women in Congo. This study was based on the socio-cultural and socio-economics' approaches. Two aspects of sexual behaviors have been retained: the multipartnership and the non-use of condom at the last sexual intercourse.

The data are from the first Congolese Demographic and Health Survey; the analysis is restricted to 2074 never married females ranged in age from 15 to 49. Both descriptive and multivariate methods are used to assess the effects of each socio-cultural and socio-economics' factors when the effects of place of residence, age and age of sexual debut are controlled statistically.

The results of the descriptive analysis show that 62% of the respondents have ever had more than one sexual partner and more than 78% of these didn't use condom at the last sexual intercourse preceding the survey. The multivariate results indicate that those who have access to the media, those of high socio-economic status and high education and those who were well informed about AIDS, were more sexually exposed to the multipartnership; and their counterparts who did not have access to media or had less household facilities were exposed to the non use of condom.

Exposure to premarital sex increases with access radio and television. The data do not support the view that the high level of sexual activity is a function of household poverty, although poverty exposes the unmarried females to reproductive health risks as a result of low usage of condom among those from less well-off homes.

The main recommendation of the finding is that the contain of the prevention programs should pay attention to the studied populations. The improvement on education level and life conditions of the unmarried women would probably produce more positive effects on the use of condoms than the usual behavior change's messages in which they stress mainly on the fidelity and sexual abstinence.

TABLE DES MATIERES

DÉDICACE iii

REMERCIMENTS........................................................................................iii

RESUME v

ABSTRACT vi

TABLE DES MATIERES vii

Liste des Tableaux et des Annexes.................. ..................................................iv

Liste des abréviations................................................................................. ..xi

INTRODUCTION GENERALE 1

CHAPITRE I : CONTEXTE DE L'ÉTUDE 5

A-/ SITUATION ADMINISTRATIVE 5

B-/ SITUATION DÉMOGRAPHIQUE 8

C-/ POLITIQUE, ORGANISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ ET SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE 9

a/- Programmes et politique de santé 9

b/- L'organisation du système de santé 11

v Organisation administrative 11

v Organisation opérationnelle 12

Les formations sanitaires ambulatoires 12

Les formations sanitaires d'hospitalisation 13

Les formations sanitaires spécialisées 13

Les structures de médecine traditionnelle 13

c-/ Situation épidémiologique 14

CHAPITRE II : THEORIES EXPLICATIVES DES COMPORTEMENTS SEXUELS ET CADRES CONCEPTUEL ET ANALYTIQUE. 16

I-/ LES THEORIES EXPLICATIVES 16

A-/. APPROCHE BIOLOGIQUE 16

a-/ L'âge au premier rapport sexuel. 16

b-/ La puberté précoce. 17

B-/ APPROCHE PSYCHOSOCIALE 17

a-/ Les différents modèles 18

v Le modèle des croyances relatives à la santé ou "Health Belief Model" 18

v La théorie sociocognitive 18

v La théorie de l'action raisonnée 19

b-/ L'impulsivité 21

C-/ APPROCHE COMPORTEMENTALE 21

a-/ Utilisation des stupéfiants 22

b-/ La débauche sexuelle 22

D-/ APPROCHE SOCIOCULTURELLE. 22

a-/ L'approche socioculturelle "traditionnelle" 23

v L'ethnie 24

v La religion 26

v La socialisation traditionnelle 27

b-/ L'approche socioculturelle "moderne" 28

v L'influence des religions importées 29

v Le milieu de socialisation et le milieu de résidence 30

v Le niveau d'instruction 31

v Le niveau d'instruction des parents et l'éducation sexuelle des filles. 32

E-/ APPROCHE ÉCONOMIQUE 33

a-/ La sexualité des femmes comme stratégie d'amélioration des conditions de vie 33

b-/ La sexualité des femmes comme stratégie d'accès au mariage. 34

F-/ APPROCHE INSTITUTIONNELLE 35

G-/ ÉMERGENCE DE L'APPROCHE GENRE 36

a-/ Pouvoir de prise de décision en matière de sexualité 37

b-/ Dépendance économique, écart d'âge et négociation du condom 37

II CADRES CONCEPTUEL ET ANALYTIQUE. 39

A-/ CADRE CONCEPTUEL. 39

a-/ Hypothèses 39

b-/ Schéma conceptuel 40

c/- Définition des concepts 40

v Célibataire 40

v Caractéristiques socioculturelles 41

Caractéristiques économiques 41

v Connaissances relative aux IST/VIH/SIDA 42

v Les comportements sexuels à risques 42

B-/ CADRE ANALYTIQUE 42

a-/ Variables opérationnelles 43

v Variables opérationnelles des comportements sexuels à risques 43

La prise d'alcool au dernier rapport sexuel 43

Le multipartenariat sexuel 44

La non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel 44

v Variables opérationnelles de l'environnement socioculturel 44

L'ethnie 44

La religion 44

Le milieu de socialisation 45

Le niveau d'instruction 45

v Variable opérationnelle des caractéristiques économiques 45

L'activité économique de la femme 45

Les conditions de vie des ménages 45

v Variables opérationnelles de l'exposition aux médias. 46

v Variables opérationnelles des connaissances relatives aux IST/VIH/SIDA 46

Connaissance des modes de prévention du Sida. 46

v Variables de contrôle 46

b-/ Schéma d'analyse 47

CHAPITRE III : DONNEES ET METHODES D'ANALYSE 48

A-/ SOURCE DES DONNÉES DE L'ÉTUDE 48

B-/ ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNEES 49

a-/ Evaluation de la qualité des données relatives à l'âge 50

v L'indice de Bachi 50

b-/ Evaluation de la qualité des données sur l'Etat matrimonial 51

C-/ CRÉATION DES INDICATEURS ET PRÉSENTATION DES VARIABLES 53

a-/ Création de l'indicateur combiné «condition de vie des ménages » 53

b-/ Création de l'indicateur «connaissance de modes de prévention du sida» 57

c-/ Présentation des variables. 59

D-/ LES DIFFÉRENTES METHODES D'ANALYSE 63

a-/ Analyse descriptive 63

b-/ La méthode d'analyse multivariée 64

CHAPITRE IV : ANALYSE DIFFERENTIELLE DES COMPORTEMENTS

SEXUELS A RISQUE 66

A/- DIFFERENTIELS DU MULTIPARTENARIAT SEXUEL 66

a/- Les caractéristiques socioculturelles 66

v Le niveau d'instruction. 66

v L'âge et la précocité des premiers rapports sexuels 67

b/- Les caractéristiques économiques 67

v L'activité économique 67

c/- L'exposition aux médias. 68

v La fréquence d'exposition à la radio 68

d/-La connaissance des modes de prévention du Sida 68

B/- DIFFERENTIELS DE LA NON UTILISATION DU CONDOM AU DERNIER RAPPORT SEXUEL 69

a/- Les caractéristiques socioculturelles 69

v L'ethnie 69

v La région de résidence et le milieu de socialisation. 69

v Le niveau d'instruction 70

b/- Les caractéristiques économiques 70

v Conditions de vie des ménages 70

v L'activité économique 70

c/- Exposition aux médias 71

v La fréquence d'exposition à la télévision et à la radio. 71

d/- Les connaissances sur IST/VIH/SIDA 71

v La connaissance des modes de prévention du VIH/SIDA 71

C/- CARACTERISATION DES CELIBATAIRES SELON LEURS COMPORTEMENTS SEXUELS 73

a/- Caractérisation des axes factoriels 73

b/- Projection des variables-modalités sur le plan factoriel (1,2) de l'AFCM. 75

CHAPITRE V : ESSAI D'EXPLICATION DE LA VARIATION DES COMPORTEMENTS SEXUELS A RISQUE 79

A/-RISQUE RELATIF DES COMPORTEMENTS SEXUELS DES CELIBATAIRES 79

a/- Le multipartenariat sexuel des 12 derniers mois 80

b/- La non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel 84

B/- CONTRIBUTION DES VARIABLES A L'EXPLICATION DE LA VARIATION DES COMPORTEMENTS SEXUELS 88

a/- Aspects méthodologiques 88

b/- Hiérarchisation des facteurs 88

C/- SYNTHÈSE DES RÉSULTATS 89

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS 93

BIBLIOGRAPHIE 101

ANNEXES 107

Liste des Tableaux et des Annexes

Tableau I. 1 : Indicateurs démographiques de base 8

Tableau II.1 : Les variables opérationnelles des différents concepts 43

Tableau III.1 : Taille et taux de couverture de l'échantillon 49

Tableau III.2 : Effectif des femmes en fonction de l'age et l'état matrimonial. 52

Tableau III.3 : Croisement CONF1/Avoir électricité 55

Tableau III.4 : Croisement CONF1/Avoir télévision 55

Tableau III.4 : Croisement CONF1/Avoir voiture 56

Tableau III.5 : Croisement FACT1*Les connaissances relatives au Sida 58

Tableau III. 6 : Examen de la qualité des variables 60

Tableau III.7 : Répartition célibataires selon leurs comportements sexuels 62

Tableau IV.1: Occurrence des comportements sexuels des femmes célibataires. 72

Tableau IV.2: Occurrence des comportements sexuels des célibataires (suite) 73

Tableau IV.4: Contribution des points modalités à l'inertie des axes factoriels 74

Tableau V.1: Risque relatif du multipartenariat sexuel des 12 deniers mois 83

Tableau V.2 : Risque relatif de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel 87

Tableau V.3: Hiérarchisation des déterminants du multipartenariat sexuel des 12 derniers mois 89

Tableau V.4 : Hiérarchisation des déterminants de la non- utilisation du condom au dernier rapport sexuel 89

Tableau V.5 : Tableau récapitulatif des risques relatifs des comportements sexuels 92

Annexe 1 a: Répartition des femmes célibataires selon les caractéristiques socioculturelles 107

Annexe 1 b : Répartition des célibataires selon les caractéristiques économiques 108

Annexe 1 c : Répartition des célibataires selon l'exposition aux Medias 108

Annexe 1 d : Répartition des célibataires selon l'âge et l'âge au premier rapport sexuel. 108

Annexe2 1 : Tableau croisé Ethnie/ (Instruction, Activité, connaissances du Sida) 109

Annexe2.2 : Tableau croisé Instruction/ (conditions de vie, exposition télé, connaiss du Sida) ............................................................................................................110

Annexe2.3 : Tableau croisé Milieu de Socialisation/ (Instruction°, Activité , connaissance du Sida) 111

Annexe 3.1: Bibliothèque ADDAD 111

Annexe 3.2 : Tableau des valeurs propres et des vecteurs propres 112

Annexe 3.3 : Histogramme des valeurs propres 113

Annexe 3.4 : Matrice de configuration 114

.

Liste des Graphiques et des Figures

Graphique I.1 : La carte administrative de la République du Congo 7

Graphique I.2 : Distribution de la séroprévalence du VIH par département en 2003 14

Figure II.1 : Schéma conceptuel 40

Figure II.2 : Schéma d'analyse des comportements sexuels des femmes célibataires. 47

Graphique III.1 : Partage de la répulsion ou de l'attraction des âges -EDSC1 (Bachi) 51

Graphique III.2 : proportion des femmes célibataires. 53

Graphique III. 3 : Répartition des ménages enquêtés selon le niveau de vie (en %) 56

Graphique III. 4: Distribution des célibataires selon les comportements sexuels ( %). 62

Graphique IV 1: Premier plan factoriel de l'analyse des correspondances multiples 76

Liste des abréviations

CCC : Communication pour le Changement des Comportements.

CEPED : Centre Français sur la Population.et le Développement.

CHU : Centre Hospitalier Universitaire.

CIPD : Conférence Internationale sur la Population et le Développement.

CNLS : Conseil National de lutte contre le SIDA.

CNTS : Centre Nationale de Transfusion Sanguine.

CRLP : Center for Reproductive Law and Right.

CSI : Centre de Santé Infantile.

DDS : Direction Départementale de la Santé.

DSRP : Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté.

EDS : Enquête Démographique et de Santé.

EDSC1 : Enquête Démographique et de Santé du Congo, n°1.

FMI : Fonds Monétaire International

HGRN : Hôpital Général de Référence National.

IEC : Information, Education et Communication.

IFORD : Institut de Formation et de Recherche Démographiques.

ISF : Indice Synthétique de Fécondité.

IST : Infection Sexuellement Transmissible.

LNSP : Laboratoire National de Santé Publique.

MST : Maladies Sexuellement Transmissibles.

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement.

OMS : Organisation Mondiale de la Santé.

ONG : Organisation Non Gouvernementale.

ONUSIDA : Programme commun des Nations Unies pour la lutte contre le VIH/SIDA.

PIB: Produit Intérieur Brut.

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement.

PNLS : Programme National de Lutte contre le Sida.

RDH : Rapport de Développement Humain.

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat.

SIDA : Syndrome de l'Immuno Déficience Acquise.

SMI : Santé Maternelle et Infantile.

SMI/BEF : Santé Maternelle et Infantile et Bien-être Familial.

SR : Santé de la Reproduction.

UEPA : Union pour l'Etude de la Population Africaine

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Education, La Science et la Culture.

UNFPA : United Nations Population Fund

UNGASS : Declaration of Commitment on HIV/AIDS United General Assembly

UNICEF: United Nation International Children's Emergency Fund.

USAID : United State Agency International of Development.

VIH : Virus de l'Immuno Déficience Humain.

ZD: Zone de Dénombrement.

INTRODUCTION GENERALE

La lutte contre la pandémie du SIDA (Syndrome de l'Immuno Déficience Acquise) n'est pas nouvelle au Congo. Les sigles comme D.L.S (Direction de Lutte contre le Sida) et P.N.L.S (Plan National de Lutte contre le Sida) sont évocateurs de multiples tentatives de réduction de la propagation voire d'éradication de ce fléau qui depuis lors ne cesse de ronger la population congolaise.

L'adoption en décembre 2002 d'un cadre stratégique de lutte contre le VIH/SIDA et les IST pour la période 2003-2007, n'est rien d'autre qu'une étape additionnelle des efforts entrepris par les gouvernements congolais en faveur de la lutte contre le VIH/SIDA entamés environ vingt ans plus tôt. Ce nouvel intérêt est apparu comme une réaction légitime face à la pandémie du Sida qui frappe la population congolaise. Par ailleurs, les différentes crises politiques que le Congo a connues ont placé la population congolaise (en particulier les femmes célibataires) en situation de pauvreté quasi exhaustive, les rendant plus vulnérables aux IST/VIH/SIDA. Le résultat en est une propagation du VIH/SIDA à une vitesse alarmante au sein de la population congolaise.

En effet, du fait des conflits armés, la notification des cas de VIH/SIDA n'a pas fonctionné de façon adéquate depuis plusieurs années. Déjà en 1995, le taux de prévalence du VIH/SIDA atteignait 7,8% (Rapport PNUD, 2003 ; Mboussou 2004), bien au-delà du seuil de 4% fixé par l'ONUSIDA., et particulièrement dans les deux principales villes (Brazzaville et Pointe-Noire) qui regroupent près de la moitié de la population du pays. Selon l'ONUSIDA, en 2000 la prévalence moyenne était estimée entre 10 et 12%. Cependant, à Pointe-Noire, la capitale économique du pays, le taux de prévalence du Sida est passé de 10% en 1996 à 14% en 2000 (ONUSIDA, 2000).

Cette prévalence, du fait des violences sexuelles et de la paupérisation croissante de la population congolaise, tend à se féminiser. Dans le rapport UNGASS (Declaration of Commitment on HIV/AIDS United General Assembly) publié en 2006, le taux moyen de prévalence du VIH au niveau national chez les adultes de 15 à 49 ans était estimé à 4,2%, avec des disparités d'une ville à une autre. Le nombre de personnes infectées par le VIH étant estimé à 110.000, la prévalence du VIH est particulièrement élevée dans les tranches d'âge de 35 à 39 ans (8,4%) et 40 à 44 ans (7,8%). La féminisation de l'épidémie apparaît très marquée avec un taux moyen de 4,7% chez les femmes contre 3,8% chez les hommes. Il a été observé une augmentation du risque de séropositivité avec l'âge, plus précocement chez les femmes que chez les hommes. Ce risque est maximum entre 25 et 39 ans chez les femmes, et entre 35 et 49 ans chez les hommes. Avant l'âge de 35 ans, les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes.

Si elle n'est pas freinée, la pandémie risque d'annuler tous les gains de paix et de reconstruction post-conflit, et d'empirer la situation de pauvreté des populations. Aussi, aujourd'hui encore, avec la montée de la modernisation, la lutte contre le Sida apparaît comme un facteur essentiel de développement. En effet, ne pouvant se soustraire de l'hégémonie d'un développement social, économique et culturel mondial qualifié de durable pour ne pas dire comme Robert Reich, la lutte contre le Sida est une réaction légitime pour les pays en développement. Il est urgent d'agir !

Le nouveau cadre stratégique de lutte contre le Sida au sein de la population congolaise vise comme premier objectif, le renforcement de la prévention. En l'absence de tout traitement curatif, la prévention du VIH/SIDA reste vraisemblablement le seul moyen efficace de lutte contre la propagation de la maladie. Ainsi, la promotion des comportements sexuels à moindre risque comme stratégie de lutte, apparaît plus que jamais comme une nécessité. Dès lors, il serait utile de voir ce qui en est du Sida et des comportements sexuels des femmes célibataires.

Mais pourquoi tant d'intérêt pour les femmes célibataires ?

Tout d'abord, en tant que femme et mère, elles sont à divers égards plus concernées que les hommes par les questions relatives à la santé de la reproduction. En effet, l'état de santé des mères détermine celui des enfants à travers leurs rapports étroits aussi bien pendant la grossesse que durant la période d'allaitement. Ainsi, une fois contaminée par le Sida, il y a beaucoup plus de risque qu'elle transmette le virus à l'enfant. Biologiquement parlant, la transmission des IST/VIH/SIDA se fait au moins quatre fois plus facilement de l'homme à la femme que de la femme à l'homme au cours des rapports sexuels. Autrement dit, les zones muqueuses plus étendues, les microlésions qui peuvent survenir au cours d'une séance de rapport sexuel et la présence d'avantage de virus dans le sperme que dans les secrétions vaginales sont autant d'éléments contribuant à augmenter le risque d'infection chez les femmes en général et chez les plus jeunes en particulier (OMS, 2000).

Puis, en qualité de célibataires, elles constituent une population à risque du fait de leur statut matrimonial, du désir d'en sortir et de faire des enfants pour se faire une place dans la société. Aussi, la précarité qui caractérise la société congolaise ne les épargne pas. Elles se livrent parfois à des pratiques sexuelles telle que la prostitution pour chercher de quoi survivre et de ce fait, sont exposées au risque de contracter le virus du sida (MBOUSSOU, 2004). D'après les résultats de la première Enquête Démographique et de Santé (EDS) du Congo réalisée en 2005, seulement 11,6 % des femmes célibataires ont une complète connaissance du Sida1(*), et lorsque l'on sait que celle-ci peut grandement influencer le comportement sexuel vis-à-vis de la maladie il y a donc lieu de mener une étude approfondie au sein de cette population cible afin de déterminer les facteurs qui, en agissant sur les connaissances du Sida, déterminent les comportements des femmes célibataires face au Sida.

Qu'est ce qui détermine les comportements sexuels des femmes célibataires au Congo ? En d'autres termes, l'appartenance d'une célibataire à une catégorie socioculturelle ou économique donnée la prédispose-t-elle à l'adoption de comportements sexuels particuliers? Telle est la question fondamentale à laquelle nous voudrions répondre dans cette étude. Si certains auteurs ont tendance à expliquer les comportements sexuels par les facteurs liés surtout à la culture et à la société, ou n'associent pas les rapports sexuels contractés par les individus à un autre but que la satisfaction personnelle, d'autres par contre placent des motivations bien précises à la basse de ces comportements (RWENGE, 1999b). Dans ce cas, les rapports sexuels contractés par les femmes célibataires sont considérés comme étant des stratégies en vue d'une ascension sociale ou comme moyens de survie et d'amélioration des conditions de vie. A ces deux approches (socioculturelle et économique) s'ajoute d'autres approches d'explication des comportements sexuels notamment les approches biologique, psychosociale, comportementale, institutionnelle et bien d'autres encore. Mais de plus en plus l'approche genre s'émerge en s'appuyant sur les inégalités entre sexe pour expliquer la vulnérabilité des femmes aux IST/VIH/SIDA.

L'objectif général de la présente étude est de déceler le mécanisme par lequel, le profil des femmes célibataires influence leurs comportements sexuels, en tenant compte du contexte particulier de sortie de crise en République du Congo. Les objectifs spécifiques consistent ainsi à :

· Déterminer le profil des femmes célibataires les plus exposées aux VIH/SIDA ;

· Vérifier si la bonne ou la mauvaise connaissance que l'on a du SIDA, influence son comportement sexuel ;

· Identifier les déterminants des comportements sexuels à risques chez les femmes célibataires au Congo;

· Hiérarchiser les déterminants selon leur pouvoir explicatif des comportements sexuels.

· Proposer des pistes d'intervention pour l'amélioration de la situation.

Cette étude est divisée en cinq chapitres. Le premier chapitre est consacré au contexte de l'étude ; le deuxième chapitre est réservé à la synthèse de la littérature et aux cadres conceptuel et analytique ; le troisième chapitre est celui de l'évaluation de la qualité des données et la description des méthodes d'analyse des données ; le quatrième chapitre est consacré à l'analyse bivariée et le cinquième chapitre à l'analyse multivariée des données.

CHAPITRE I

CONTEXTE DE L'ÉTUDE

Pour bien comprendre et apprécier la pertinence des résultats d'une étude sur le Sida et les comportements sexuels des femmes célibataires en République du Congo, il est important de se recadrer dans le contexte particulier de ce pays au coeur de l'Afrique et en situation de post conflit. Dans ce chapitre il est question de se faire un bref aperçu de la situation géographique, de l'organisation administrative, de la situation économique, démographique et sanitaire du pays.

Situé sur la côte occidentale de l'Afrique centrale et à cheval sur l'équateur, la République du Congo s'étend au Sud-Ouest sur 11o de longitude Est et 5o de latitude Sud et au Nord-Est sur 18 o de longitude Est et 4 o de latitude Nord.

Le Congo couvre une superficie de 342.000 km2. Il est limité au Nord par le Cameroun et la Centrafrique, au Sud par l'Angola, à l'Est par la République Démocratique du Congo à l'Est par le fleuve Congo et son affluent l'Oubangui, à l'Ouest par le Gabon. Le Congo est bordé par l'océan atlantique sur une longueur de 170 km. Sur le plan administratif, le pays est subdivisé en 12 départements, puis en sous-préfectures, arrondissements et villages.

A-/ SITUATION ADMINISTRATIVE

Le découpage administratif du Congo subdivise le pays en douze départements à savoir : Kouilou, Niari, Bouenza, Lékoumou, Pool, Plateaux, Cuvette, Cuvette Ouest, Sangha, Likouala, Brazzaville et Pointe-Noire. Le pays compte six communes qui sont les principales villes du pays. Il s'agit de : Brazzaville (Capitale politique), Pointe-Noire (capitale économique), Dolisie, Nkayi, Mossendjo et Ouesso. La langue officielle du Congo est le Français ; les langues nationales sont le Lingala et le Kituba.

Le Congo est membre des institutions sous-régionales, régionales et internationales suivantes : Communauté Économique des États d'Afrique Centrale (CEEAC), Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC), Union Africaine (UA), Organisation des Nations Unies (ONU), Observatoire Économique et Statistique d'Afrique Subsaharienne (AFRISTAT), Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA).

GraphiqueI.1 : La carte administrative de la République du Congo

Source: Division géographique du ministère des affaires étrangères.

www.izf.net/izf/documentation/Cartes/Pays/supercartes/Congo.htm

B-/ SITUATION DÉMOGRAPHIQUE

La connaissance de l'effectif et des caractéristiques de la population du Congo demeure très préoccupante du fait de la non réalisation des opérations de collecte d'envergure nationale. En effet, suite à l'invalidation des résultats du Recensement Général de la Population et de l'Habitation de 1996 (RGPH 96) par le Gouvernement de la République, les données démographiques actuellement disponibles à l'échelon national sont caduques d'autant plus qu'elles sont issues des Recensements Généraux de la Population et de l'Habitat (RGPH) de 1974 et 1984 que nous présentons dans le tableau ci-dessous. D'après les estimations des travaux cartographiques du RGPH 1996, l'effectif de la population au Congo se chiffrait à 2 590 811 habitants ; ceci correspond à un taux d'accroissement de 2,69 % dans la période 1984-1996 contre 3,45 % entre 1974 et 1984. Cette population serait inégalement répartie sur le territoire national : les six communes du pays abritaient près de 57 % de la population totale du pays ; en particulier, un habitant sur trois réside à Brazzaville.

Tableau I. 1 : Indicateurs démographiques de base

Indicateurs

RGPH 15/02/1974

RGPH 31/12/1984

RGPH 01/07/1996

Population totale

1319790

1909248

2590811

Taux brut de natalité (%0)

41

45,2

 

ISF

7

6,2

 

Taux brut de mortalité (%0)

17,9

11,7

 

Taux brut de mortalité infantile (%0)

100,6

71,5

 

Espérance de vie

46,7

50,9

 

Source : Rapport de L'EDSC-1.

Les résultats des deux recensements menés à terme révèlent que la population congolaise est relativement jeune et à prédominance féminine. En 1984, la population âgée de moins de 15 ans représentait 45 % de la population totale contre 51 % pour les 15-59 ans avec 4 % pour les personnes âgées de plus de 60 ans. Les femmes représentaient 51 % de la population totale du pays.

C-/ POLITIQUE, ORGANISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ ET SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE

Cette section présente tour à tour, les efforts en matière de politique de santé, l'organisation du système sanitaire et la situation épidémiologique du VIH/SIDA en République du Congo.

a/- Programmes et politique de santé

Abritant le siège régional de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la République du Congo se trouve prédisposée à souscrire aux déclarations et actes internationaux majeurs relatifs à la santé en Afrique. La loi n° 014-92 du 29 avril 1992 portant institutionnalisation du Programme National de Développement Sanitaire (PNDS) démontre parfaitement l'intérêt des autorités congolaises pour ce secteur vital. L'application de cette loi s'est d'abord traduite par la mise en oeuvre d'un premier PNDS 1992-1996 qui a permis un certain nombre de réalisations ayant considérablement modifié le paysage sanitaire du Congo. Il s'agit essentiellement :


· Du découpage du territoire national en circonscriptions socio sanitaires ;


· De la mise en place, par décret n°95-3 du 04 janvier 1995, du Comité Technique de Suivi du PNDS (CTS/PNDS), cadre de développement d'une approche participative et intersectorielle dans l'analyse des problèmes de santé, la définition des stratégies et le suivi de la mise en oeuvre ;


· De la rationalisation de l'organisation et du fonctionnement des Centres de Santé Intégrés (CSI)


· De l'implication des communautés dans la planification et la mise en oeuvre des activités des zones de santé ;


· De la formation des cadres, notamment des médecins.

Ces acquis ont abouti à l'adoption, en mai 2000, d'une Politique Nationale de Santé (PNS) dont l'objectif global est d'améliorer l'état de santé des populations afin de promouvoir leur participation au développement socio-économique du pays.

La Politique Nationale de Santé (PNS) vise ainsi à :


· promouvoir et protéger la santé des individus et des collectivités sur l'ensemble du territoire


· garantir l'accessibilité des populations aux services et aux soins de santé de qualité ;


· renforcer les capacités nationales de gestion du système de santé.

Le Programme National de Développement Sanitaire (PNDS) 2007-2011, actuellement en cours d'exécution dans le pays, est une émanation de cette Politique Nationale de Santé (PNS). Il repose sur quatre fondements cardinaux à savoir :


· Le droit de l'ensemble des Congolais à la santé ;


· L'équité dans l'accès à l'offre de soins et à des prestations de qualité ;


· La solidarité de l'ensemble de la nation congolaise face à la maladie et à la santé ;


· L'exercice démocratique du droit à la santé : l'homme doit être acteur et bénéficiaire du développement sanitaire.

Les axes prioritaires d'action du PNDS 2005-2009 sont essentiellement:


· Le découpage en circonscription socio sanitaire ;


· La décentralisation du système de santé et le renforcement des Circonscriptions Socio Sanitaires (CSS) ;


· Renforcement de programmes de lutte contre les maladies et de promotion de la santé ;


· Le développement des ressources humaines par le biais des formations initiale et continue des cadres;


· La réforme de la politique du médicament en mettant en place un instrument performant pour l'approvisionnement et la distribution des médicaments essentiels génériques ainsi que pour la promotion et l'usage rationnel des médicaments ;


· le développement du système national d'information sanitaire visant la production d'un annuaire des statistiques sanitaires nationales, l'élaboration de la carte sanitaire nationale et la mise en place d'un observatoire de la santé ;


· Le renforcement de la qualité des soins et des services dans les formations sanitaires ;


· La réforme du système de financement de la santé.

Pour améliorer la santé de la population congolaise, le Ministère en charge de la Santé exécute 11 programmes spécifiques dont certains, comme la santé de la reproduction, la vaccination, la lutte contre le paludisme et les maladies diarrhéiques, sont intégrés dans les activités quotidiennes des CSI (Centre de Santé Intégré), tandis que d'autres, comme le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS), développent des structures et des actions spécifiques de plus en plus décentralisées.

b/- L'organisation du système de santé

Trois niveaux permettent de comprendre l'organisation et le fonctionnement du système sanitaire congolais parmi lesquels l'organisation administrative, l'organisation opérationnelle, la situation épidémiologique et la santé de la reproduction des adolescents.

v Organisation administrative

La structure administrative est organisée en trois niveaux hiérarchiques :

Le niveau central, représenté par le cabinet du ministère en charge de la Santé, la Direction générale de la Santé, les directions centrales et autres structures rattachées au Cabinet du ministère a un rôle stratégique et normatif dans la planification, le suivi, l'évaluation, la coordination, la mobilisation et l'allocation des ressources.

Le niveau intermédiaire, représenté par les onze Directions Départementales de la Santé (DDS), joue un rôle d'appui technique aux CSS dans la transmission des informations, l'adaptation spécifique des normes nationales aux conditions locales, le contrôle de leur application et la supervision des équipes cadres des CSS. Cependant elles sont peu structurées, sous-équipées et dépourvues des ressources humaines et financières adéquates. Par ailleurs, les cadres nommés à la tête des DDS n'ayant pas toujours la formation requise, ne sont pas en mesure de remplir efficacement leur rôle.

Le niveau périphérique et opérationnel, est représenté par les 28 circonscriptions socio sanitaires subdivisées en aires de santé. Selon les normes, chaque CSS doit couvrir entre 50000 et 100000 habitants en milieu rural et 100000 à 300000 habitants en milieu urbain. Le PNDS prévoit que chaque CSS soit dirigée par une équipe cadre chargée de planifier, mettre en oeuvre les activités et gérer les ressources de la CSS. Des 28 CSS, seules 5 ont une équipe cadre fonctionnelle et 13 ont engagé un processus de rationalisation des centres de santé fondé sur le recouvrement des coûts, l'utilisation des ordinogrammes et l'intégration des soins.

L'analyse de la situation sanitaire nationale indique de très faibles taux de couverture sanitaire et des insuffisances dans la supervision des CSS. Toutefois, ces supervisions ont relevé notamment la mauvaise utilisation des ordinogrammes, la méconnaissance des normes et procédures des consultations prénatales, de surveillance et de Promotion de la croissance des enfants de moins de 5 ans, ainsi que le non-respect des principes de co-gestion des CSI.

v Organisation opérationnelle

On distingue trois types de structures opérationnelles : les formations sanitaires ambulatoires, les formations sanitaires d'hospitalisation et les formations sanitaires spécialisées sans oublier la médecine traditionnelle qui vient en appuis dans les centres hospitaliers.

Les formations sanitaires ambulatoires

Elles représentent le premier maillon du système de santé, point d'intersection entre le service de santé et la communauté à laquelle elles fournissent des soins de santé primaires, et comptaient en 2000, 668 structures publiques et 186 privées. Ce sont les centres et postes de santé, les cabinets médicaux et les cabinets de soins paramédicaux. On note aussi de nombreux cabinets médicaux et centres de soins infirmiers installés essentiellement dans les grandes villes, sans agrément officiel préalable. L'évaluation de 2002 a toutefois montré que sur l'ensemble du territoire, seuls 91 CSI, soit 34,2 %, ont été rationalisés et pratiquent le recouvrement des coûts. En dépit d'un souci de rationalisation, la plupart de ces centres de santé délivrent un paquet d'activités incomplet et limité aux consultations curatives et prénatales. En outre, faute de disposer d'un système d'approvisionnement performant, ces CSI connaissent de fréquentes ruptures de stocks de médicaments qui affectent considérablement la qualité des soins.

Les formations sanitaires d'hospitalisation

Elles comptaient en 2000, 5 hôpitaux généraux (dont le CHU et l'Hôpital central des Armées), 22 hôpitaux de base (hôpitaux de référence des CSS) et 12 cliniques.

ü L'hôpital de base est le premier niveau de référence du système de santé.

Les quatre services d'hospitalisation standards retenus pour les hôpitaux de base sont la chirurgie, la maternité, la pédiatrie et la médecine. Ces hôpitaux sont le plus souvent en proie à des pénuries de médicaments, au sous-équipement, au manque de source d'énergie et d'approvisionnement en eau et souffrent de l'absence d'instructions et de directives techniques pour la prise en charge des malades. Leurs taux d'utilisation sont faibles.

ü L'hôpital général est le deuxième niveau de référence du système de santé.

Il devrait disposer en principe de services et d'unités de soins spécialisés et d'un plateau technique complet permettant de réaliser une activité médicale continue. Cependant, des 5 hôpitaux généraux, 3 sont fonctionnels, un a été détruit pendant la guerre et un autre ne répond pas aux fonctions qui lui sont dévolues à cause de ses équipements obsolètes, l'insuffisance de personnel qualifié, les pénuries de médicaments et consommables médicaux. Les services fournis par ces hôpitaux généraux ne diffèrent pratiquement pas de ceux des hôpitaux de base.

ü Le troisième niveau de référence est représenté par le Centre hospitalier Universitaire (CHU) qui a en outre une vocation d'enseignement et de recherche.

Les formations sanitaires spécialisées 

Ce sont des établissements publics et privés qui viennent en appui au diagnostic et au traitement. Ce sont les laboratoires d'analyses et d'explorations biomédicales dont le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP), le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), le Centrale Nationale d'Achat des Médicaments Essentiels (CENAMES), les officines pharmaceutiques et les centres de traitement ambulatoire spécialisés (2 centres de traitement ambulatoire du SIDA, 2 centres antituberculeux et 2 centres de traitement des lépreux). Du fait des insuffisances de leur plateau technique et de multiples problèmes, les performances de ces structures sont faibles.

Les structures de médecine traditionnelle 

Elles comprennent des unités implantées dans certaines formations sanitaires et des centres thérapeutiques animés soit par des confessions religieuses, soit par des tradipraticiens individuellement ou collectivement. La stratégie de promotion de la médecine traditionnelle dont la mise en oeuvre a débuté en 1986 repose essentiellement sur le recensement des plantes et des recettes médicinales. Les faiblesses majeures résident dans l'absence d'une politique nationale, la non-adoption de la loi cadre et la faible organisation des tradipraticiens.

c-/ Situation épidémiologique

Selon les résultats de l'enquête réalisée en 20032(*), le taux de prévalence du VIH est égal à 4,2% chez les sujets âgés de 15 à 49 ans. D'importantes disparités sont observées par départements et localités. Les localités de Sibiti et Dolisie ont les taux les plus élevés avec respectivement 10,3 % et 9,4%, alors que les prévalences les plus faibles sont observées à Djambala et Impfondo avec 1,3% et 1,5%. Le graphique ci - dessous indique la répartition des taux de prévalence par chefs lieux de départements et communes.

Graphique I. 2 : Distribution de la séroprévalence du VIH par département3(*) en 2003

Source : Rapport de l'enquête CREDES/CNLS 2003

En outre la situation est caractérisée par :

Une prévalence particulièrement élevée dans les tranches d'âge de 35 à 39 ans (8,4%) et 40 à 44 ans (7,8%) ; une tendance à la féminisation de l'épidémie, avec des taux moyens de 4,7% chez les femmes contre 3,8% chez les hommes ;

Des taux de prévalence présentant selon le niveau d'instruction: 5,4% chez les non scolarisés, 4,1% pour les personnes du niveau primaire, 4,8% pour le niveau collège, 3% pour le niveau lycée et 2,5% pour le niveau universitaire.

Des groupes vulnérables constitués par : les adolescents, les femmes victimes de violences sexuelles, les professionnelles du sexe, les orphelins du SIDA, les enfants nés de mères séropositives, les agents de la force publique, les ex combattants, les personnes déplacées, sinistrées et réfugiées, les personnes handicapées, les malades mentaux, les toxicomanes et le personnel de santé ; et une propagation de l'infection à VIH dans les communautés favorisées par la pauvreté, le faible niveau économique de la femme, la résistance à l'utilisation du préservatif, le vagabondage sexuel et la prostitution, le déni de l'existence du Sida et la recrudescence des violences sexuelles.

De source hospitalière, 40 % des lits d'hôpitaux sont occupés par les malades du Sida dans les principales villes ; le taux de mortalité due au Sida a augmenté à Brazzaville de 14 % en 1991 à 21,5% en fin 2003. C'est la première cause de mortalité chez les adultes de 15 à 45 ans, chez les enfants de 0 à 4 ans, 7 % des causes de décès sont attribuables au Sida.

Ainsi, nous venons de présenter de façon générale, le contexte de l'étude. Le chapitre suivant traitera de la revue de la littérature sur les comportements sexuels des femmes célibataires et présentera par la suite, les cadres conceptuel et analytique.

CHAPITRE II

THEORIES EXPLICATIVES DES COMPORTEMENTS SEXUELS ET CADRES CONCEPTUEL ET ANALYTIQUE.

Il sera présenté dans ce chapitre, les résultats d'une brève revue de la littérature d'ordre un peu plus général des différentes théories existantes sur les comportements sexuels. L'on trouvera également dans ce chapitre, le cadre d'analyse, les concepts et leurs définitions ainsi que les variables opérationnelles.

I-/ LES THEORIES EXPLICATIVES

Plusieurs théories expliquent les comportements sexuels des femmes célibataires. Elles vont des théories biologiques, psychosociales et comportementales aux théories socioculturelles, économiques et institutionnelles avec un petit détour sur l'approche genre.

A-/. APPROCHE BIOLOGIQUE

L'approche biologique essaie d'expliquer les comportements sexuels par les changements s'opérant dans le corps de l'individu pendant la puberté. Bancroft et Skakkebaek (1978), Udry et al. (1986), affirment que l'activité sexuelle est déterminée par un mécanisme hormonal naturel, donc biologique. La puberté est une période de la vie d'un individu pendant laquelle se développent les organes sexuels et l'individu devient alors capable de procréer (Oxford dictionary, 6th edition).

Les études ont montré le rôle de l'âge et de la précocité de la puberté dans l'explication des comportements sexuels des adolescentes.

a-/ L'âge au premier rapport sexuel.

Pour le commun des mortels, les adolescentes les plus âgées sont plus encrées dans l'activité sexuelle et ont plus de partenaires que les plus jeunes (Miller, Forehand & Kotchick, 2000) ; c'est pourquoi, être une adolescente âgée est un facteur de risque pour la pratique des rapports sexuel (Broocks, 2007). Aussi, les jeunes femmes célibataires qui ont eu leurs premiers rapports sexuels aux âges avancés étaient plus motivées à utiliser le condom et les autres formes de contraception (Blum & Mmari, 2005). C'est pourquoi, le retard de l'âge au premier rapport sexuel apparaît être un facteur de l'utilisation du condom ; de plus, plusieurs autres facteurs influençant les comportements sexuels tels que l'impulsivité et la puberté sont commandées par l'âge (Broocks, 2007).

b-/ La puberté précoce.

Multiples études ont démontré l'existence d'une significative association entre une puberté précoce et la précocité du premier rapport sexuel chez une jeune femme comparativement à d'autres (Blum & Mmari, 2005 ; Flannerry, Rowe, & Gulley, 1993 ; Magnusson, 2001 ; Udry, 1979 ; Udry & Billy, 1987 cités par Broocks, 2007). Aux Etats Unies (Miller, Norton, Fan, & Christoferson, 1998) un lien avait été identifié entre la puberté précoce et la précocité de l'activité sexuelle pour les deux sexes dans les races minoritaires et non minoritaires. Au Kenya, Karigu & Bazin (1993), ont trouvé que vivre sa puberté triplait la probabilité pour une femme d'entrée en activité sexuelle.

Examinant l'effet d'une puberté précoce sur le comportement sexuel à risque chez l'adolescente, Mezzich et al. (1997) cité par M. Brooks (2007), arrivèrent à la conclusion selon laquelle, l'âge à la puberté était fortement corrélé à l'affiliation à un adolescent plus âgé (plus de 18 ans). Ceci semble d'autant plus vrai en particulier pour le contexte traditionnel africain où les femmes célibataires qui connaissent tôt les manifestations pubertaires avec une apparence physique mature, sont persuadées par les autres, et se voient elle même comme attractive et approprier aux partenaires sexuels.

B-/ APPROCHE PSYCHOSOCIALE

Plusieurs théories et modèles ont été développés en psychologie sociale pour expliquer comment les individus modifient leurs comportements. Cela permettait d'identifier les principaux facteurs favorables au changement de comportement. Ces études ont abouti à des conclusions selon lesquelles, l'adoption des comportements sexuels à risque serait aussi sujette à des considérations psychosociales.

a-/ Les différents modèles

v Le modèle des croyances relatives à la santé ou "Health Belief Model"

Le modèle des croyances relatives à la santé ("Health Belief Model") est le seul à avoir été élaboré dans le domaine de la santé. C'est l'une des théories explicatives les plus anciennes des comportements sains. Elle a été mise au point par Rosenstock en 1974. Selon cette théorie chaque individu est capable de choisir des actions susceptibles de prévenir une maladie du fait qu'il possède des connaissances minimales en ce qui concerne sa santé, et ceci dans la mesure où il considère la santé comme une dimension essentielle de sa vie. Le modèle prédit que l'individu va se protéger et promouvoir sa santé s'il croit :

· qu'il est susceptible d'avoir un problème de santé ;

· que les conséquences du problème sont graves ;

· que les démarches suggérées sont bénéfiques à la solution du problème ;

· que les bénéfices des démarches suggérées sont plus importants que les obstacles ou les coûts y relatifs.

Dans le domaine particulier de la prévention du VIH/SIDA l'individu utiliserait le condom s'il croit :

· qu'il y a un risque de contracter le VIH ;

· que les conséquences du VIH/SIDA sont néfastes;

· que l'utilisation du condom est efficace pour réduire considérablement le risque de contracter le VIH/SIDA ;

· que les bénéfices de l'utilisation du condom sont plus importants que les coûts et obstacles potentiels.

v La théorie sociocognitive

La théorie sociocognitive a été élaborée par Alfred Bandura au cours des années 70-80. Cette théorie fait appel à un aspect moins rationnel du comportement humain : la confiance en soi basée sur le sentiment d'auto-éfficacité. Bandura définit le sentiment d'auto efficacité comme la conviction qu'a un individu d'être capable d'organiser et de réaliser les actions nécessaires à l'accomplissement d'une tâche.

Pour Bandura, (1980, 1989), il est indispensable de croire en l'efficacité du comportement pour obtenir le résultat souhaité et en la capacité personnelle à adopter ce comportement. En effet, pour l'auteur, les croyances d'un individu à l'égard de ses capacités à accomplir avec succès une tâche ou un ensemble de tâches sont à compter parmi les principaux mécanismes régulateurs des comportements. La croyance en l'efficacité personnelle (self-efficacity) renvoie « aux jugements que les personnes font à propos de leur capacité à organiser et réaliser des ensembles d'actions requises pour atteindre des types de performances attendus », mais aussi « aux croyances à propos de leurs capacités à mobiliser la motivation, les ressources cognitives et les comportements nécessaires pour exercer un contrôle sur les événements de la vie » (Wood et Bandura, 1989 ; Bandura, 1986). Ces croyances constituent le mécanisme le plus central et le plus général de la gestion de soi (personal agency). Elle a un rôle direct en permettant aux personnes de mobiliser et organiser leurs compétences. Elle a un rôle indirect en influençant le choix des objectifs et des actions. Plus la croyance en l'efficacité personnelle est positive envers un comportement demandé, plus l'individu sera capable d'accomplir et de maintenir le comportement en question.

v La théorie de l'action raisonnée

Le modèle de l'action raisonné fut pour la première fois développé par Fishbein et Ajzen (1975). Ce modèle définit les liens entre les croyances, les attitudes, les normes, les intentions et les comportements des individus. Il postule que les choix comportementaux en matière de santé sont des choix pensés, raisonnés et agis, et que la raison et la volonté sont les moteurs du comportement. Selon ce modèle, le comportement d'une personne serait déterminé par son intention comportementale à l'adopter. Cette intention serait à son tour déterminée par l'attitude de la personne et par ses normes subjectives relatives au comportement en question. Fishbein et Ajzen (2005) définissent les normes subjectives comme étant « la perception de l'individu sur le fait que la plupart des personnes qui sont importantes à ses yeux, sont d'avis qu'il devrait ou ne devrait pas effectuer le comportement en question ».

Ce modèle se base sur le postulat selon lequel, les stimuli externes influencent les attitudes et cela, en modifiant la structure des croyances de l'individu. Les croyances sont définies par la probabilité subjective de l'individu sur le fait qu'effectuer un comportement particulier va produire des résultats spécifiques. Selon la théorie de l'action raisonnée, l'attitude d'une personne envers un comportement serait déterminée par ses croyances envers les conséquences de ce comportement multiplié par son évaluation de ces conséquences. Par ailleurs, l'intention d'effectuer un comportement est également déterminée par les normes subjectives qui sont elles-mêmes déterminées par les croyances normatives d'un individu et par sa motivation à se plier aux normes. Ce modèle introduit la notion des conditions extérieures à l'individu facilitant ou compliquant l'adoption du comportement souhaité.

La théorie de l'action raisonnée postule également que tous les autres facteurs qui influencent le comportement le font uniquement de manière indirecte, et cela, en influençant l'attitude ou les normes subjectives.

La théorie de l'action planifiée

La théorie de l'action planifiée est une extension de la ' théorie de l'action raisonnée (Ajzen, 1985 ; 1991). Selon l'auteur (Ajzen), la nécessité de ce nouveau modèle provient des limitations liées aux comportements sur lesquels les individus n'avaient qu'un contrôle partiel. Il a de ce fait rajouté à son modèle une troisième variable qui, selon lui, influencerait l'intention d'effectuer un comportement, à savoir la perception du contrôle sur le comportement ("perceived behavioral control"). La perception du contrôle sur le comportement se réfère aux ressources dont dispose l'individu, à ses propres capacités, aux opportunités disponibles ainsi qu'à la perception de l'importance d'arriver à accomplir les résultats. Le concept de perception du contrôle sur le comportement se rapproche le plus du concept d'auto-efficacité de Bandura (1989). En effet, les croyances d'un individu sur son auto-efficacité peuvent avoir une influence sur son choix d'activités, sur sa préparation pour l'activité et finalement sur l'effort qu'il met en place durant l'activité en question. Autrement dit, les intentions d'un individu sont à la base du changement du comportement si celui-ci lui apporte plus de contrôle. Ainsi, si par exemple deux individus ont la forte intention d'apprendre une nouvelle langue, celui qui pense qu'il parviendra à le faire aura tendance à persévérer davantage que celui qui doute de ses capacités (Ajzen, 1991). Ce modèle part donc du principe que trois variables (l'attitude, les normes subjectives, et la perception du contrôle) influencent directement les intentions d'adopter un comportement. Ces intentions influencent à leur tour le comportement.

b-/ L'impulsivité

Les comportements sexuels des individus ne sont pas toujours directement guidés par les motivations d'intérêts financiers ou matériels. Dans une étude menée au Burkina Faso en 2004 par The Alan Guttmacher Institute, il ressort que : "chez 39% des filles de 15-19 ans, c'est le mariage qui explique la survenue du premier rapport sexuel. Par contre pour 50% de ces filles et 89% des garçons du même âge, le premier rapport sexuel est « arrivé comme ça » tandis que pour 5% des filles et 3% des garçons la raison principale est que le partenaire a insisté ". Ces résultats confortent la thèse selon laquelle les premiers rapports sexuels chez les adolescents seraient spontanés (Daga, 2007).

Les raisons les plus souvent évoquées dans les discours des adolescents pour justifier l'activité sexuelle précoce sont : curiosité, "l'amour", le désir, la peur de perdre son partenaire, l'influence des pairs, l'insistance du copain. (Rwengé, 1999 ; Calvès, 1999 ; Dembélé, 2004). Aussi, d'autres études qualitatives ont tenté de confirmer l'hypothèse des désirs sexuels sans intérêt financier ou matériel en montrant que la recherche du plaisir, la preuve de sa virilité, la recherche de plusieurs copines comme prévention d'une déception, la facilité d'avoir un copain sont autant de raisons évoquées pour justifier le multi partenariat (Rwengé, 1999 ; Beat-Songué, 1999; Savage, 1999).

C-/ APPROCHE COMPORTEMENTALE

La plus grande partie de la littérature sur les résultats des comportements sexuels des femmes aboutie à la conclusion de l'existence d'un lien entre les substances utilisées (drogue, alcool...) et la conduite sexuelle désorganisée. Plusieurs liens sont établis entre les facteurs comportementaux et la pratique d'une sexualité à risque. Certaines recherches de la littérature existante ont identifié une relation positive entre la substance utilisée et le premier rapport sexuel (Bentler & Newcomb, 1986) ; la délinquance juvénile et l'activité sexuelle (Devine, Long & Forehand, 1993) ; et le faible niveau d'instruction et l'activité sexuelle (Miller & Moore, 1990).

a-/ Utilisation des stupéfiants

L'utilisation ou la consommation d'alcool, de drogue ou de toutes autres formes de stupéfiants est un facteur de motivation d'engagement dans la vie sexuelle, surtout celle à haut risque. Les femmes célibataires utilisant de la drogue et de l'alcool ont une grande probabilité de s'engager dans des activités sexuelles à hauts risques (Brooks, 2007). Pour Rosenbaum & Kandel (1990), la consommation des stupéfiants joue un rôle crucial dans les pratiques sexuelles a risque pour l'adolescente du fait que le plus souvent, cette consommation précède l'engagement dans l'activité sexuelle. Boyer, Tschann, and Shafer (1999) ont utilisé la régression logistique pour prédire l'expérience sexuelle et la régression linéaire pour prédire le comportement sexuel à risque chez les adolescentes (Brooks, 2007). Les résultats de ces analyses ont montré l'existence d'une association significative entre la consommation de drogue et d'alcool et l'expérience sexuelle et entre la consommation de drogue et d'alcool et la sexualité à risque.

b-/ La débauche sexuelle

Une des composantes non moins importante de l'approche comportementale de la sexualité est la débauche sexuelle. Un comportement de débauche sexuelle de la part d'une femme célibataire peut avoir des conséquences très sévères. D'une part, ce comportement terni l'image sociale non seulement de sa famille mais aussi sa propre image en réduisant principalement ses futures chances de se marier ; d'autre part, ce comportement révèle des conséquences plus directes telles que la multiplication du nombre des partenaires sexuels et des partenaires occasionnels, la faible utilisation de la contraception (Crosby et al., 2004), l'engagement avec des partenaires plus âgés (Lederman, et al., 2004), la contraction des grossesses précoces et non désirés (Brooks, 2007), et surtout l'exposition aux IST/VIH/SIDA.

D-/ APPROCHE SOCIOCULTURELLE.

Selon cette approche, les comportements sexuels des femmes célibataires dépendent largement du milieu socioculturel dans lequel elles vivent. C'est-à-dire, des normes et valeurs traditionnelles qui régissent la société. C'est l'ensemble de ces constructions idéologiques qui déterminent les circonstances du déroulement de l'activité sexuelle (Rwenge, 1999). Aussi, l'activité sexuelle en milieu urbain s'expliquerait par la désorganisation sociale, la faiblesse du contrôle social et le relâchement des moeurs. Cette thèse fait partie de la théorie générale de la modernisation qui se fonde sur l'affaiblissement des structures traditionnelles et le relâchement du contrôle des aînés sur les cadets. Les comportements nouveaux qui en résultent sont plus orientés vers la satisfaction personnelle et la gratification individuelle que vers la responsabilité familiale (Diop, 1995, cité par Rwengé, 1999).

a-/ L'approche socioculturelle "traditionnelle"

La culture traditionnelle a pour rôle de transmettre et de perpétuer, génération après génération, les normes, les valeurs, les us et coutumes dans l'optique de la conservation ou la préservation de la tradition. On y enseigne le respect de l'aîné. Les parents y ont aussi des obligations envers les enfants, les aînés des cadets. Les adultes en général se chargent de l'éducation et de l'apprentissage des jeunes. L'enfant évolue d'abord dans la sphère maternelle, vient ensuite son entrée dans le milieu le plus élargi de la grande famille, où les rites initiatiques prennent de l'importance pour lui. Les rites ont pour fonction de faire évoluer l'enfant, non dans son comportement, son intelligence ou son affectivité, mais dans son existence même, pour le faire passer de l'état de nature à celui de culture et de le mener à sa véritable destinée, à son plein épanouissement sur le fait que les normes et les valeurs traditionnelles en matière de sexualité, sont à la base de la variation des comportements sexuels des célibataires.

Une des principales caractéristiques de la société traditionnelle est la forte valorisation de la maternité et du mariage qui sont les deux éléments essentiels du devenir traditionnel de la femme (Liboko, 2001). En effet une descendance nombreuse représente pour la femme une source essentielle de prestige et de considération, et contribue de manière décisive à consolider sa position à l'intérieur de sa belle-famille (EVINA, 1990 ; NATION-UNIES, 1992). Cette importance accordée à la maternité explique la tendance de la société à considérer l'infécondité et la stérilité comme des déchéances faisant l'objet d'interprétations diverses.

Ainsi pour EVINA AKAM (1990) : « Chez les Béti du Sud Cameroun, l'absence de maternité est pour une femme un obstacle à son ascension dans le groupe féminin. De plus une femme sans enfant est le plus souvent considérée comme le logis des mauvais esprits ou tout simplement comme une sorcière. Les femmes stériles Fulani et des autres ethnies touchées par l'infécondité au Nord du Cameroun se considèrent comme des handicapées sociales et se croient inférieures aux autres femmes. Une femme stérile n'a donc pas à se déclarer comme telle ».

Des études antérieures en Afrique subsaharienne ont montré la pertinence de l'ethnie, de la religion et la résidence dans le monde traditionnel africain sur l'explication des comportements sexuels différentiels.

v L'ethnie

Nombreux sont les auteurs qui ont identifié l'appartenance ethnique comme un facteur important de différenciation des comportements sexuels des femmes célibataires. De la littérature spécialisée en ressortent deux typologies. D'un côté, les ethnies où les moeurs sexuelles sont permissives, de l'autre, celles où les moeurs sexuelles sont très rigides. Selon G.P. Murdock, 1964, cité par N'gonon, 2002, les différences de pratiques selon les ethnies en Afrique résulteraient aussi des différences de moeurs sexuelles qui peuvent être permissives ou non. En effet, en matière de sexualité certaines ethnies sont plus tolérantes que d'autres. Dans ces ethnies, l'encadrement familial est caractérisé par un très faible contrôle social des jeunes par leurs aînés, parents et d'autres membres de la communauté. Elles jouissent ainsi d'une très grande marge de liberté. La sexualité avant le mariage est encouragée. Cette attitude est surtout adoptée dans les sociétés à taux élevé d'infécondité pour tester les capacités des jeunes à procréer. C'est notamment le cas des Moba-gurma du Togo, des Krou de Côte d'Ivoire, des Mongo et Tetela de RD Congo, des Zandés-Nzakara de Centrafrique, des Bëti du Cameroun, dans les provinces de Toliary et de Fianarantsoa à Madagascar (Gastineau & Binet, 2006 ; Ombolo, 1990 ; Rey, 1989 ; Schwart, 1978 ; Retel-Laurentin, 1974, Beninguisse4(*) 2007). Dans un tel contexte, l'ethnie apparaît comme un facteur important dans l'occurrence précoce de la sexualité chez les adolescentes.

Cependant, dans les ethnies où les moeurs sexuelles sont rigides, la virginité de la femme avant le mariage est valorisée. La fécondité prémaritale est dans ces ethnies une violation des règles et est passible de sanctions sociales. Cette considération sociale de la sexualité et de la procréation prémaritale prévaut encore au Sénégal, dans la province d'Antananarivo à Madagascar, chez les Luba de la République Démocratique du Congo (RD Congo), chez les Sara et les Gbaya de la République Centrafricaine et chez les Bamiléké et les Mandara du Cameroun (Rwengé, 2002 ; Gastineau & Binet, 2006 ; Adjamagbo et al., 2004, Ahmat, 1995 ; Diop, 1993 ; Retel-Laurentin, 1974).5(*) Ces sociétés accordent une très grande valeur à la virginité des filles car, il en va de l'honneur de la famille.

Au plan culturel, pour le cas du Congo6(*), on note une bipolarisation du système matrimonial à savoir : le système matrilinéaire qui est la caractéristique principale de la partie Sud du pays, favorable à une sexualité prémaritale, dont le groupe ethnique le plus représentatif est le Kongo (48%). Au Nord du pays par contre, le système patrilinéaire domine la quasi-totalité des ethnies et est moins permissive à la sexualité prémaritale, avec pour principaux groupes ethniques: les Sangha (20%), les Mbochi (12%), les Téké (17%).

Des études antérieures ont montré que dans les ethnies à moeurs permissives le multipartenariat, l'activité sexuelle occasionnelle et la sexualité rétribuée sont fréquents (Rwengé, 1999 ; 2002 ; Talnan et al., 2002 ). En Côte d'ivoire, ces comportements résultent aussi du "rite de lavement " si l'on en croit notamment Aonon, 1996. Pour cet auteur, ce rite est le facteur clé de la liberté sexuelle des filles baoulés avant le mariage. Par ailleurs, Talnan et al. (2002) ont observé que l'appartenance ethnique influence très positivement le multipartenariat chez les adolescentes Krou. Traitant de la question au Cameroun, Rwengé (2000) a montré que le multipartenariat était plus manifeste chez les jeunes appartenant aux ethnies Bamiléké, Metta, et les (autres) ethnies du Nord-Ouest. Il a aussi examiné la relation entre l'ethnie et la sexualité occasionnelle d'une part, et d'autre part la relation entre l'ethnie et la sexualité rétribuée. Dans le premier cas, les ethnies Makon-Banyague, Bamiléké, Tikari-Nsoh sont moins enclines à la relation sexuelle occasionnelle (Rwengé, 1999 ; 2000). Dans une autre étude dans laquelle cet auteur compare les comportements sexuels des Bëti à ceux des Bamiléké, les rapports sexuels occasionnels et rétribués se sont avérés plus fréquents chez les premiers que les seconds (Rwengé, 2002).

La prévalence de l'utilisation du condom lors des rapports sexuels est aussi un autre élément de différenciation selon le groupe ethnique d'appartenance. Chez les Bamiléké du Cameroun, les rigidités des moeurs en matière de sexualité ont élevé le risque d'utilisation du condom pendant les rapports sexuels. Inversement, chez les Béti du sud Cameroun c'est la permissivité des moeurs sexuelles qui joue en défaveur de la prévalence de l'utilisation du condom au moment des rapports sexuels (Rwengé 2002). En Côte d'ivoire par contre, c'est plutôt les jeunes d'origine ethnique "étrangères" à ce pays qui ont un risque plus élevé de ne pas utiliser le condom aux cours des rapports sexuels (Talnan et al., 2002).

Par ailleurs, des études qualitatives de Rwengé (2002) sur les différences ethniques des comportements sexuels au Cameroun ont examinées les raisons associées au multipartenariat et à la non-utilisation des condoms dans certaines ethnies. Ainsi, il en ressort que chez les Bëti tout comme chez les Bamiléké, la recherche du plaisir sexuel serait la principale raison du multipartenariat chez les hommes. Par contre, chez les femmes les contraintes économiques étaient la principale raison du multipartenariat. Le désir d'enfants, la diminution du plaisir, la mauvaise appréciation du condom, la fidélité et la confiance au partenaire sont les principales raisons liées à la non-utilisation des condoms aussi bien en milieu Béti qu'en milieu Bamiléké.

Les changements socio-économiques ont largement modifié l'environnement socioculturel en milieu urbain congolais. Dans le milieu rural, les normes et coutumes en matière de sexualité y résistent encore en raison probablement de l'absence ou de la moindre influence dans ce milieu, des moeurs à l'occidentale. D'une façon générale, la sexualité de la jeune fille avant le mariage est acceptée dans la société congolaise quelque soit l'ethnie, particulièrement à Brazzaville et à Pointe Noire où vie plus de la moitié de la population du pays.

Outre les normes et les valeurs traditionnelles dictées par l'appartenance ethnique, la socialisation dans le milieu rural et la religion traditionnelle constituent deux facteurs déterminants des comportements en matière de sexualité des femmes africaines.

v La religion

Du fait du rôle qu'elle joue dans la morale des individus, la religion tient une place importante dans la vie des hommes dans la quasi-totalité des sociétés.

« Dans les religions traditionnelles, il existe également des tabous sexuels allant dans le sens de l'abstinence hors mariage. L'éventualité d'entretenir des relations avec des partenaires multiples dans ce dernier cas et dans le premier (christianisme) est donc exclue, et l'usage du condom s'avère superflu, puisque la fidélité est garantie dans le mariage (...) » (Beat-Songue 1993, p.26).

Ces propos traduisent comment la religion traditionnelle agit sur la sexualité de l'individu en générale et celle de la femme célibataire en particulier via des codes moraux régissant l'exercice de la sexualité. La sexualité de la femme est très difficilement acceptée avant le mariage, ce qui pourrait expliquer la précocité des unions et des rapports sexuels généralement observées dans la plupart des religions traditionnelles. Cela est d'autant vrai puisqu'au Cameroun, les adeptes des religions traditionnelles sont significativement moins susceptibles de retarder leurs premiers rapports sexuels quelque soit la région de résidence (Kuaté Defo, 1998). Dembélé (2004) a pratiquement observé la même tendance au Burkina-Faso. Il ressort de son étude que les adolescentes animistes sont plus susceptibles de s'engager dans l'activité sexuelle prémaritale que les catholiques.

v La socialisation traditionnelle

Le milieu de socialisation constitue un autre élément explicatif des comportements sexuels des femmes célibataires en Afrique en général et au Congo en particulier.

La socialisation dans le milieu rural traditionnel s'oppose à celle du milieu urbain compte tenu de son impact sur le comportement sexuel des femmes. La socialisation dans le milieu rural est synonyme d'acquisition des valeurs normatives et religieuses traditionnelles qui sont transmises dans un contexte de contrôle strict par les anciens et la communauté. Une femme socialisée dans ce milieu est tenue d'adopter un comportement digne de sa famille, de manière à ce qu'elle-même et son entourage en soit toujours honorés (Ibrahima, 1999). Cependant, avec la modernisation  `'accélérée'' des sociétés africaines, ce contrôle social très apprécié (du moins pour ce qui est des comportements sexuels) se trouve affaibli et menacé "d'expulsion dans sa propre demeure". Il faut alors craindre comme Bauni, (1990) et Meekers, (1992) que la diminution du contrôle social en matière de sexualité, imputable en partie à l'urbanisation et ses opportunités socioéconomiques, ne détruise les structures traditionnelles, favorise les mutations culturelles, et partant, augmente le pouvoir décisionnel des individus dans les choix à propos de, avec qui et pourquoi contracter les rapports sexuels.

b-/ L'approche socioculturelle "moderne"

Comme la plupart des « sociétés inférieures »7(*), la société africaine se trouve de plus en plus imposer un mode de vie "moderne", à l'occidentale considéré comme la norme des civilisations. La tradition africaine doit alors céder la place à la modernisation sous toutes ces formes notamment son aspect socioculturel, avec pour corollaire la liberté sexuelle, qui tend d'ailleurs à se confondre au libertinage. Encore faudrait-il s'interroger sur les conséquences de la dynamique des moeurs sexuelles sur l'individu et sur la société. En effet, des constats pour le moins paradoxaux ont parfois été faits concernant l'effet des religions occidentales sur les comportements sexuels. Des études ont classé ces religions comme faisant partie des facteurs de la modernisation ayant contribué à la déstabilisation de certaines valeurs traditionnelles africaines (Sala-Diakanda, 1988 ; Evina, 1990 ; Rwengé, 1999a). Ce faisant, ces religions auraient contribué à l'adoption en Afrique, particulièrement chez les jeunes, des comportements débridés notamment en matière de sexualité (Liboko, 2001). Une grande importance est alors accordée à la performance sexuelle ; les questions relatives au sexe ne sont plus tabous et peuvent se débattre sans honte entre garçons et filles ; la sexualité avant le mariage devient une pratique courante, considérée comme normale ; et l'inexpérience sexuelle passe aux yeux de beaucoup pour une insuffisance préjudiciable (Ngondo, 1994 ; Njikam Savage, 1998 ; Beat-Songue, 1998 ; Evina, 1998).

Ainsi, la religion occidentale, le milieu de résidence et de socialisation, l'éducation et le niveau d'instruction, etc., sont autant d'éléments pouvant constituer la dimension moderne de l'approche socioculturelle, quand il est question d'envisager des hypothèses sur les effets de l'ouverture des femmes africaines aux valeurs occidentales en matière de sexualité.

v L'influence des religions importées

Du fait de leurs origines, les religions chrétienne et musulmane ont été identifiées par bon nombre d'auteurs comme faisant partie des facteurs socioculturels modernes pouvant influencer les comportements sexuels des individus dans les sociétés où elles se sont implantées. Ces grandes religions véhiculent aux fidèles des idéologies morales régissant les pratiques sexuelles. Par exemple, en matière de prévention des IST/VIH/SIDA, les leaders religieux ont généralement prêché des discours peu favorables à l'utilisation du préservatif, car selon eux, pouvant conduire à des comportements de vagabondage et débauche sexuels. Ils ont en revanche, recommandé la fidélité au partenaire ou tout simplement l'abstinence sexuelle. Au Cameroun, ces religions semblent présenter des similitudes concernant l'attitude sur la sexualité :

« (...). Ces mesures s'inscrivent dans l'ethnie ou des groupes religieux les plus importants au Cameroun, et cela d'autant plus qu'à l'extrême, ces religions (catholicisme, protestantisme, islam) prônent souvent l'abstinence des rapports sexuels hors mariage. C'est le cas pour le christianisme (...) et l'islam (...) » (Beat-Songue, 1993, p. 26).

Concernant le Sida, ces religions le perçoivent comme une « maladie de Satan » à cause du lien qu'il entretient avec le sexe. En effet, dans les religions musulmanes et chrétiennes avoir des rapports sexuels hors mariage ou utiliser un préservatif lors des rapports sexuels est considéré comme un péché.

Au Congo, dans certaines confessions religieuse le Sida est considéré comme une punition ou une malédiction de Dieu à l'égard des personnes n'observant pas ses ordonnances ou commettant des péchés. En fait de péchés, il ne s'agit nulle part de mensonge, de vol ou de meurtre largement exorcisés pendant la conférence nationale, apparaissant comme les péchés les plus monstrueux (Guénais et al., 1995) mais plutôt des rapports sexuels avant le mariage.

Dans son étude sur le Sida, la sexualité et la procréation au Congo, Madeleine Boumpoto8(*), parlant du rapport Sida et religion dit :

« Le sida apparaît toujours comme une maladie -- sanction d'une inconduite sexuelle, ce qui l'assimile à l'impudicité, à la débauche, à l'adultère et fait du malade un pécheur qui n'a eu que ce qu'il mérite. L'attitude face à la mort par le sida révèle les mêmes incohérences. En principe, la mort est pour tout chrétien un passage qui mène à Dieu. Quand elle arrive, elle traduit la volonté de Dieu et doit être acceptée, quelles que soient les circonstances. Or, mourir par le sida est considéré comme une condamnation par la majorité des chrétiens. (...), le langage courant a établi l'analogie entre le «fruit défendu» et le sexe, en particulier celui de la femme, qu'elle offre au cours de l'acte sexuel à l'homme et qui conduirait à la mort. Mais, qu'on considère le sida comme une conséquence de la désobéissance aux préceptes divins ou comme la conséquence de la consommation du fruit «défendu», il est un opprobre, exactement comme dans la conception profane. ».

Ces propos de Boumpoto illustrent bien comment la religion, à travers les codes moraux dont elle régi auprès des fidèles, agit sur l'individu en modifiant non seulement son comportement sexuel ("La religion est un déterminant de l'entrée précoce en vie sexuelle" : Kouaté Defo, 1998) mais aussi sa conception du sida ainsi que l'adoption des attitudes répulsives envers les personnes vivants avec le VIH/SIDA.

Les études9(*) menées au Ghana (Takyi, 2003) et en milieu urbain ivoirien (Talnan et al., 2002) ont montré tour à tour que la religion avait un effet significatif sur la connaissance du Sida et que les adolescentes musulmanes avait moins de chance d'avoir recourt aux condoms dans leur vie que celles adeptes des religions chrétiennes.

v Le milieu de socialisation et le milieu de résidence

Le milieu de socialisation et le milieu de résidence sont deux facteurs, non moins important concourant à l'explication des comportements en matière de sexualité des femmes en Afrique au sud du sahara.

Si la socialisation en milieu rural se caractérise par l'acquisition des valeurs normatives et religieuses traditionnelles transmises dans un contexte de control strict des aînés et de la communauté, la scolarisation en milieu urbain par contre se réalise dans des conditions différentes. Dans le milieu urbain, les modèles et idéaux autorisant ou banalisant le sexe, venant pour la plupart des sociétés occidentales, ont influencé les comportements des individus par les valeurs observées dans la littérature et les médias. La rigueur du contrôle social traditionnel laisse la place à la liberté et à l'initiative des individus en particulier des jeunes célibataires qui doivent se battre à leur manière pour trouver des repères, ne sachant pas trop à quel système de valeurs se conformer (Rwengé, 1999b). Aussi, les jeunes dans les villes sont motivés par la quête du plaisir sous toutes ses formes et la valorisation de performances et prouesses sexuelles, à avoir une activité sexuelle intense (Beat-Songue, 1998).

Contrairement au milieu de socialisation qui agit sur les comportements essentiellement de manière indirecte à travers le processus de socialisation, le milieu de résidence détermine les comportements directement, d'autant plus qu'il renvoie à l'effet des conditions de vie et à celui de la modernisation des valeurs (Liboko, 2001).

Le milieu urbain est le lieu où se développent les comportements sexuels à risque en raison de son organisation, offrant ainsi des conditions propices à la promiscuité sexuelle (Rwengé, 1999). En effet, l'urbanisation s'accompagnant de l'ouverture des jeunes à l'information sur la sexualité et aux médias, à favoriser les activités récréatives se rapportant au cinéma, aux soirées dansantes, au football etc. Ces activités raccourcissent le temps que les jeunes ont sur le contrôle des parents ou passent dans le cercle familial. Il s'en suit le développement de l'activité sexuelle précoce des jeunes observé dans la plupart des villes africaines. Kuaté-Défo (1998) a observé chez les adolescentes du Cameroun une absence de lien ferme entre le lieu de résidence et le début de l'activité sexuelle. Cette absence de lien pourrait refléter, selon cet auteur, aussi bien l'influence des changements dans les normes et pratiques qui régissent l'activité sexuelle selon le milieu que les transformations régionales de la nuptialité.

v Le niveau d'instruction

Le Niveau d'instruction est certainement un autre facteur non moins important, concourant à l'explication de la variation des comportements sexuels. D'ailleurs, nombreuses sont les études qui ressortent le lien entre le niveau d'instruction et la sexualité de façon générale, mais de façon plus particulière pour ce qui est de la sexualité des adolescentes et des femmes célibataires.

Le niveau d'instruction ne présente pas que d'influences négatives sur la sexualité. En effet, Meekers (1993) a observé qu'au Mali, au Togo, au Ghana, et au Libéria, l'expérience sexuelle était plus élevée parmi les filles lettrées. Kuaté-Défo (1998) et Calvès (1999) en sont arrivés aux mêmes conclusions au Cameroun où, les filles de niveau secondaire et plus, présentaient des risques plus élevés d'être sexuellement actives avant le mariage que celles n'ayant pas été à l'école. Sur ce point, les programmes d'éducation sexuelle à l'école seraient toutefois plus efficaces s'ils débutaient très tôt, avant la première expérience sexuelle des adolescents et s'ils mettaient l'accent sur les compétences et les normes sociales plutôt que sur l'acquisition des connaissances. Signalons par ailleurs que le manque d'instruction chez la femme est cité comme un facteur restrictif d'accès à l'information adéquate sur les IST/VIH/SIDA, limitant ainsi leurs connaissances sur les modes de prévention de ces maladies (Awusaba-Asare et al., 1993 ; Panos, 1993 ; Gobato et Bardem, 1995 cités par Libiko, 2001). Enfin, l'influence de l'instruction sur les comportements sexuels de la femme peut aussi s'exercer à travers l'amélioration du statut de la femme. En effet, l'instruction favorise l'émancipation de la femme, améliore sa perception de soi, et réduit les inégalités dans ces rapports avec son partenaire.

v Le niveau d'instruction des parents et l'éducation sexuelle des filles.

Le niveau d'instruction des parents peut être considéré comme un facteur explicatif des comportements sexuels des jeunes femmes célibataires dans ce sens qu'il constitue un moteur de dialogue et donc d'éducation sexuelle entre parents et enfants. Une étude de Koss (1985) citée par Brooks (2007) a trouvé que les adolescentes dont les parents avaient un niveau d'instruction primaire étaient 5,7 fois plus engagées dans les relations sexuelles que celles où les parents étaient de niveau supérieur.

Le contrôle des enfants par les parents avait été identifié comme un facteur significatif dans la compréhension de la variation de l'activité sexuelle parmi les adolescentes aux Etats Unies et partout ailleurs (Hanson et al., 1987 ; Hogan et Pitagawa, 1985 ; Meschke & Silbereisen, 1997 ; Brooks, 2007). M. Schofield (1971) soulignait déjà que l'intérêt et le temps accordés par les parents à l'éducation de leurs enfants en matière de sexualité étaient aussi déterminants des comportements sexuels des jeunes. Il est reconnu qu'en Afrique subsaharienne comme dans beaucoup d'autres pays en développement, la plupart des parents s'entretiennent rarement avec leurs enfants sur la sexualité (Rwenge, 1999b). Cette attitude tient à deux principales raisons : « La première résulte du fait que l'éducation traditionnelle reçue par les parents n'accorde qu'une très petite place à l'explication et à la verbalisation. La deuxième raison est le manque de connaissances adéquates des parents en matière de sexualité » (Madzouka, 1991). Ainsi la plupart des parents considèrent la sexualité comme un sujet tabou et ont la crainte que les enfants, surtout pubères et adolescents, ne considèrent les informations éducatives sur la sexualité comme une incitation à la débauche. En revanche, ceux qui peuvent s'entretenir avec leurs enfants sur ce sujet, appartiennent aux couches sociales aisées de la population, mais dans la plupart des cas, ils consacrent plus de temps à leurs activités qu'à l'encadrement de leurs enfants.

E-/ APPROCHE ÉCONOMIQUE

L'approche économique considère les femmes comme des acteurs dits rationnels. Elle se base sur la thèse de "l'adaptation rationnelle" développée par Cherlin et Riley en 1986 selon laquelle les femmes s'engagent dans la sexualité pour atteindre des objectifs bien précis, d'ordre économique ou social. En effet, devenir sexuellement active, pour une jeune femme célibataire, est une décision rationnelle basée sur l'attente d'une gratification : argent, cadeaux, habits, emploi, etc. en échange des rapports sexuels avec un homme. La sexualité devient alors, une stratégie utilisée par les femmes célibataires pour améliorer à la fois, leurs conditions de vie et leur statut via le mariage ou la fécondité.

a-/ La sexualité des femmes comme stratégie d'amélioration des conditions de vie

Pour une femme `'pauvre'', l'activité sexuelle comme stratégie de survie, est un moyen de se mettre à l'abri du besoin matériel et financier. Les femmes qui sont dans l'incapacité de satisfaire leurs besoins financiers sont obligées de commercialiser leur sexe aux hommes de situation financière aisée (Calvès, 1996 ; Ilinigumugabo et al., 1996). Si l'argent ne constitue pas une motivation importante pour la première expérience sexuelle, il constitue toutefois par la suite une composante majeure de leur vie affective (Calvès, 1998). Ainsi, les avantages financiers découlant de la multiplicité des partenaires sont cités par un nombre important des femmes âgées de 20 ans et plus. Au cours de son enquête, Calvès a relevé que 47 % d'entre elles affirment qu'elles ont plusieurs partenaires afin de satisfaire leurs besoins financiers. Une étude de l'ONUSIDA (2002) a révélé que près d'une adolescente sur cinq non scolarisée trouvait difficile de refuser des rapports sexuels lorsque de l'argent et des cadeaux étaient offerts. Cette monétarisation des rapports sexuels se fait non seulement avec des partenaires plus âgés et plus riches (relations du type "sugar dadies" ou encore "sponsors") mais aussi avec leurs jeunes copains de qui elles exigent des faveurs similaires en échange de relations sexuelles. Dans les discussions de groupe, il ressort que le phénomène de "sugar dadies" fait aussi partie des stratégies pour la recherche d'un emploi car « ...un parrain qui a souvent une bonne situation professionnelle et de nombreux contacts, peut rendre également des services à sa partenaire, comme l'aider à trouver un emploi. » (Calvès, 1998, p. 165).

La perception des adolescentes par les hommes âgés dans le contexte du Sida est aussi un élément déterminant le multipartenariat et la sexualité prémaritale des jeunes femmes en Afrique. Il est en effet fréquent que des hommes d'âges mûrs et aisés préfèrent entretenir des relations sexuelles avec des adolescentes plutôt qu'avec des femmes âgées. Ils croient qu'étant encore jeunes, les adolescentes ont moins de risque que les femmes âgées d'avoir le Sida (Caldwell et al., 1993 ; Dozon et Guillaume, 1994). D'autres encore, pensent qu'avoir un rapport sexuel avec une fille vierge peut guérir du Sida (OMS, 2000).

Enfin, les mouvements migratoires féminins de recherche d'emploi peuvent aussi expliquer en partie, les comportements sexuels à risque dans bon nombre de villes africaines. Pour Rwengé (1999a), «Dans les conditions économiques difficiles, les femmes célibataires peuvent se prostituer pour subvenir à leurs besoins ». En effet, une bonne partie des jeunes filles qui migrent vers les grandes villes ou les bourgades ont pour premier objectif, avoir un emploi. En cas d'échec elles se lancent parfois dans la prostitution. La migration contribue ainsi à augmenter les comportements à risque en favorisant les rapports sexuels occasionnels, souvent non protégés ; faisant de la migrante à la fois l'hôte et le vecteur du VIH. Aussi en raison de la charge en terme de personnes à nourrir, éduquer, entretenir etc., la célibataire peut s'engager dans les rapports sexuels à risque en multipliant le nombre de partenaires (réguliers et occasionnels) pour arriver à faire face à la charge qui lui est dévolue. Cette charge peut dans certains cas s'étendre en plus de ses propres enfants, à celle de son père, sa mère et d'autres parents (Mboussou, 2004).

b-/ La sexualité des femmes comme stratégie d'accès au mariage.

La fécondité étant généralement l'objectif premier assigné au mariage en Afrique, une jeune femme s'engagerait dans les rapports sexuels non protégés avec un homme qu'elle aime, dans le seul but de contracter une grossesse, celle-ci étant envisagée comme stratégie nécessaire d'aboutissement au mariage (Smith, 1998). Ainsi, dans les relations amoureuses où la fille est issue d'une famille pauvre et le garçon qu'elle aime, issu d'un milieu aisé, la fille fait tout pour avoir un enfant avec le jeune garçon, pensant que ce dernier sera ainsi obligé de l'épouser (Liboko, 2001). La recherche du mariage ou d'une naissance est une cause nécessaire et suffisante de la sexualité des adolescentes comme le souligne ces extraits de Calvès (1999, p 172) : « L'activité sexuelle est également comme un moyen de trouver un époux et beaucoup de filles déclarent qu'elles aiment sortir avec un homme qui constitue un mari potentiel (...). Elles ont parfois des relations sexuels prénuptiales dans le but de donner naissance à un enfant et de renforcer le lien émotionnel avec le partenaire, ce qui peut éventuellement conduire au mariage ».

Comme le pense Njikam (1998), la compétence sexuelle c'est-à-dire "l'habileté d'un partenaire à procurer à l'autre la satisfaction espérée ou désirée" (p. 85) est aussi considérer par les femmes comme moyen d'augmenter leurs chances de se marier. Traitant de la sexualité prémaritale des adolescentes à Douala (Cameroun), Njikam souligne le fait que les hommes n'ont ni le temps ni la patience de les initier ou de les amener à améliorer leurs habilités en matière de sexualité.

F-/ APPROCHE INSTITUTIONNELLE

Cette approche prend comme postulat, l'idée selon laquelle l'environnement institutionnel en matière d'activité sexuelle aurait une influence sur les comportements sexuels des jeunes. Elle accorde une grande importance aux politiques, aux programmes et aux lois en matière de sexualité relatifs aux comportements sexuels des jeunes. Si jusqu'à une date très récente, l'Afrique n'avait pas une tradition de lutte contre les IST, force est de constater que depuis la découverte du VIH/SIDA des efforts significatifs des gouvernements dans ce sens ne passent plus inaperçus (Kobelembi, 2005). En témoigne, l'adoption et la mise en oeuvre des Programmes Nationaux de Lutte contre le Sida (PNLS) dans l'ensemble des pays membres de l'OMS en 1990 (Auvert, 1994).

Les programmes de prévention complets comprennent une série de stratégies, telles que les campagnes d'Information, d'Education et de Communication (IEC); les programmes de modification des comportements sexuels; la promotion de l'usage du préservatif; les services de dépistage volontaire et d'accompagnement psychologique; la sécurité transfusionnelle; et la sensibilisation des groupes à haut risque (travailleurs du sexe et utilisateurs de drogues injectables) et vulnérables (jeunes et femmes enceintes). Cependant, les programmes les plus répandus restent les campagnes IEC, le contrôle systématique des produits sanguins, les services de dépistage et d'accompagnement psychologique, la promotion de l'usage du préservatif.

Il restera alors aux gouvernements de trouver les canaux par lesquels ces politiques et programmes atteindront ceux qui en ont le plus besoin. Cela d'autant plus qu'une frange importante de la population dans les villes d'Afrique subsaharienne, reste encore mal informée sur le sida, sur les modes de prévention de cette maladie, et n'a donc pas encore modifié son comportement sexuel (Rwenge, 1999b). Aussi, Mann (1999),cité par Myriam de LOEZIEN et repris par N'gonon (2002), critiquant ces politiques, soulève le fait que les programmes de sensibilisation n'atteignent jamais de façon équitable toutes les couches sociales, parfois et même de manière non délibérée, renforcent une discrimination sociale préexistante ; ou même, créent de nouvelles formes de discrimination. De plus, les programmes de promotion de condoms ont été élaborés à partir des recherches qui ont négligé l'importance des normes et valeurs socioculturelles en matière de sexualité dans les populations concernées (Rwenge 1999).

Conscient de cet état de fait, le gouvernement congolais multiplie les efforts en vu d'améliorer sa politique de sensibilisation particulièrement les programmes d'IEC par l'intermédiaire de divers canaux, y compris la presse écrite, le théâtre, la radio, le publipostage et autres messages d'intérêt public, en espérant atteindre une frange importante des plus démunis et défavorisés. Mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l'efficacité des stratégies gouvernementales, surtout pour ce qui est de l'intégration dans ces politiques et programmes, des normes et valeurs socioculturelles de la sexualité.

G-/ ÉMERGENCE DE L'APPROCHE GENRE

L'approche genre tente d'expliquer les comportements sexuels par les inégalités entres sexes et les rapports de genre qui en découlent. En effet, les inégalités existant entre les hommes et les femmes et les rapports qui en découlent sont socialement construits, prennent des formes spécifiques dans chaque société et doivent être analysées en tant que productions sociales et non pas comme des faits intangibles liés au destin de chaque sexe. L'approche genre est fondée sur l'idée selon laquelle la réduction de l'écart entre les pouvoirs dévolus à chaque sexe par la société permettra à la femme de participer plus efficacement à la prise de décisions dans le domaine de la santé. Cette approche vise une amélioration du statut des femmes par un renforcement du pouvoir décisionnel des femmes dans tous les domaines, plus particulièrement celui de la sexualité (Delaunay, 2005).

De manière générale, la position des hommes et des femmes dans les sociétés ne serait pas la même puisque le pouvoir, du moins un certain pouvoir formel, serait davantage l'affaire des hommes alors que la soumission et la dépendance davantage celle des femmes (Emanuelle B, 2005). Prenant partie dans ce débat, Kamdem H (2006) suggère que  « L'approche genre, pour être efficace, doit être généralisée à toutes les politiques et programmes d'action, qu'ils relèvent prioritairement de l'économie, de la culture, des législations ou de l'action sur les comportements démographiques » (Kamdem Hélène, 2006, p.16).

a-/ Pouvoir de prise de décision en matière de sexualité

La sexualité entre l'homme et la femme s'inscrit dans un processus de négociation implicite. Mais en Afrique, les rôles traditionnellement accordés à la femme ne laissent entrevoir aucune marge de manoeuvre dans la négociation des rapports avec l'homme. Les rapports hommes/femmes s'inscrivent alors dans un système de genre fortement inégalitaire dans lequel les hommes sont en position de pouvoir et les femmes dans un rapport de subordination. Les inégalités de genre sont mises en avant pour expliquer la vulnérabilité des jeunes femmes dans le domaine de la sexualité. Les comportements sexuels à risque chez les jeunes filles sont étroitement liés à leurs pouvoirs de négociation du type des rapports sexuels, et donc de l'utilisation du condom. Les inégalités de genre se manifestent également au niveau du marché du travail. Selon l'hypothèse féministe, les inégalités d'emploi entre hommes et femmes, au détriment de ces dernières, constituent un pur cas de discrimination. Cette discrimination résulte elle-même de la position subordonnée des femmes dans la société, position historiquement et culturellement construite. Les formes de cette subordination sont diverses (sur le lieu de travail, dans la famille, à l'école, dans les sphères économique, politique et culturelle) (Anker et Hein, 1986 ; Lecuyer, 1995 cité par Aka Kouamé et Gueye A, 2000), et semblent faire l'unanimité chez les auteurs féministes, qui posent la domination masculine comme un postulat historique (Bourdieu, 1990).

b-/ Dépendance économique, écart d'âge et négociation du condom

Des études ont montré que la capacité des femmes à négocier l'usage du préservatif dépend de leur dépendance économique et de la différence d'âge entre partenaires (Ouédraogo C., 2006 ; Rwengé, 2002; 2004). Le fait de s'engager dans une relation avec des hommes plus âgés semble être une norme pour les femmes africaines (Calvès, 1999 ; Nancy, 2005). La dépendance économique et un écart d'âge important en défaveur de la femme compromettent son aptitude à exiger des rapports sexuels à moindre risque. C'est dans cette perspective que Rwengé (2002) écrit ce qui suit « l'écart d'âge entre partenaires influence négativement la discussion au sein du couple sur l'utilisation du préservatif ». Par ailleurs, les femmes qui ont une situation économique dépendant des hommes sont souvent contraintes à se soumettre aux décisions prises par ceux-ci en matière de rapports sexuels.

La différence de pouvoir entre les hommes et les femmes est telle qu'il est difficile pour ces dernières de demander aux hommes d'utiliser le préservatif. Ainsi, la dynamique de pouvoir en vigueur rend l'auto-protection des femmes très difficile. Des études de Pettifor et al. 2004a, il ressort qu'un faible contrôle par la femme de son activité sexuelle et l'expression d'une sexualité forcée par le partenaire, sont associés à une utilisation faible et moins régulière des condoms. Pour Rwengé (2002 ; 2004), le genre devrait être abordé en terme de " pouvoir de prise de décision". Cet auteur a utilisé six (6) indicateurs qui évaluent la capacité de négociation sur l'engagement de la relation sexuelle et l'utilisation du condom :

ü décision sur la répartition des revenus ;

ü décision sur l'utilisation du revenu du travail de la femme ;

ü discussion au sein du couple sur la manière d'avoir les rapports sexuels ;

ü décision sur la manière de faire les rapports sexuels au sein du couple ;

ü refus d'avoir les rapports sexuels avec son mari ;

ü personne devant proposer l'utilisation du condom lors des rapports sexuels.

De son étude, il en ressort que les femmes ont, face aux partenaires  à risque, moins de pouvoir que les hommes de s'abstenir des rapports sexuels. Il en est aussi ressorti que le statut socio-économique de la femme influence sa capacité à communiquer avec son partenaire, sa participation à la prise de décisions ainsi que son utilisation du condom. L'instruction et l'exercice d'une activité rémunérée constituent ainsi, des facteurs d'amélioration de la capacité de la femme à communiquer avec son partenaire et à participer à la prise des décisions en matière de sexualité. Dans le même temps, les femmes qui discutent avec leurs partenaires sur la manière d'avoir les rapports sexuels sont plus susceptibles d'utiliser le condom.

Ainsi, nous venons de présenter de façon synthétique, la revue de la littérature sur les comportements sexuels des femmes célibataires. La deuxième partie de ce chapitre va être consacré aux cadres conceptuel et analytique.

II CADRES CONCEPTUEL ET ANALYTIQUE.

Le cadre conceptuel est ici résumé par un schéma conceptuel dans lequel se retrouve tous les grands concepts pour cette étude. Il s'agit en fait d'une première vision des grandes hypothèses identifiées dans la revue de la littérature. Ces mêmes hypothèses sont plus perceptibles à travers le schéma d'analyse ; schéma par lequel ces hypothèses seront soient infirmées soient confirmées. Il serait par ailleurs nécessaire de définir les concepts les plus pertinents.

A-/ CADRE CONCEPTUEL.

Il est ici présenté dans un premier temps, les différentes hypothèses formulées à la suite de la synthèse de la littérature et dans un second temps, le schéma conceptuel.

a-/ Hypothèses

Hypothèse générale : Les caractéristiques socioculturelles et économiques influencent les comportements sexuels des femmes célibataires directement ou par l'intermédiaire de l'exposition aux informations sur les IST/VIH/SIDA véhiculées par les médias et des connaissances des femmes célibataires sur les IST/VIH/SIDA. En d'autres termes, nous pouvons retenir comme hypothèses spécifiques :

· H1 : Le niveau d'instruction influence positivement les comportements sexuels des célibataires relatives aux IST/VIH/SIDA.

· H2 : Plus les célibataires disposent d'une bonne connaissance des modes de prévention du Sida, plus elles adoptent des comportements sexuels à moindre risque.

· H3 : Les conditions de vie déterminent les comportements sexuels des célibataires. Plus elles sont bonnes, plus les célibataires disposent d'un pouvoir de décision sur leur sexualité et partant, des pratiques sexuelles à moindre risque de contamination des IST/VIH/SIDA.

· H4 : L'exposition aux sources d'information relatives à l'éducation sexuelle, aux activités sexuelles à risque et aux moyens de prévention influence positivement les connaissances des célibataires pour ce qui est du VIH/SIDA et partant, leurs comportements sexuels.

b-/ Schéma conceptuel

Notre schéma conceptuel d'explication des comportements sexuels des célibataires, inspiré de celui de Nzita.K (2007) montre comment les facteurs socioculturels, les facteurs économiques ainsi que l'exposition aux sources d'informations sur la santé de la reproduction agissent sur les connaissances des femmes célibataires sur les IST/VIH/SIDA, connaissances qui déterminent les comportements sexuels que les célibataires adoptent.

Schéma II.1 : Schéma conceptuel

Caractéristiques économiques

Caractéristiques

socioculturelles

Exposition aux sources d'information relatives à la sexualité

Connaissances relatives aux VIH/SIDA

Comportements sexuels

c/- Définition des concepts

Sont ici définis, les concepts les plus pertinents de notre étude.

v Célibataire : F. GUBRY (1984), considère comme célibataire, toute personne n'ayant jamais été mariée, quel que soit son âge et son sexe. Pour ce qui est de notre étude, nous considérerons comme célibataire, toute femme en âge de procréer au moment de l'EDS Congo 2005 n'ayant jamais contractée une union, quelle soit civil ou coutumier, libre ou non, ainsi que les « not living together »10(*). Ceci permet de distinguer les femmes vivant seules et ne bénéficiant par ailleurs d'aucune assistance physique ou d'un apport financier de la part d'un homme et donc, idéalement exposées à des pratiques sexuelles à risque d'infection à IST/VIH/SIDA, aux femmes mariées ou bénéficiant de l'assistance d'un homme.

v Caractéristiques socioculturelles : Elles peuvent être définies comme l'ensemble des caractéristiques et conditions qui déterminent et modulent à des degrés divers, les valeurs et normes propres au groupe socioculturel d'origine (Rwenge, 1999). Elles renvoient au milieu ou à l'entité socioculturelle dans lequel vivent les individus. A ce concept est souvent associé le « modèle culturel » qui, d'après Gérard (1995, p.48) désigne : « l'ensemble des normes, des habitudes, des idées, des nécessités, des pratiques quotidiennes, etc., à propos du risque et procure au sujet des cadres de pensée et de pratiques qui sont reconnus et valorisés socialement et, tout au moins, en adéquation avec la vie sociale et le système de valeurs ».

Ce concept sera appréhendé à travers les indicateurs suivants : L'ethnie, le milieu de socialisation,la religion et le niveau d'instruction.

Caractéristiques économiques : Les caractéristiques économiques font référence à la situation qui rend compte des conditions économiques des femmes (satisfaction des besoins de toutes sortes : manger, s'habiller, s'informer, etc.) ainsi que ceux des personnes éventuellement à charge. Ce concept nous permet d'avoir une idée sur le degré de dépendance des femmes, pouvant entraîner ou non l'adoption des comportements sexuels à risque. Il sera ici opérationnalisé par les conditions de vie des ménages et activité économique de la célibataire qui sont aussi les variables de l'environnement extérieur au cadre familial vue du côté des caractéristiques économiques.

v L'exposition aux sources d'information relative à la sexualité : Au-delà de l'influence des pratiques culturelles, les comportements sexuels et/ou reproductifs peuvent changer sous l'effet d'autres facteurs tels que les médias. Ainsi, à travers les moyens de communication, il est possible d'agir sur la connaissance, les représentations, et les comportements en matière de sexualité et de procréation. Ce concept sera opérationnel à travers la fréquence d'exposition à la radio et à la télévision.

v Connaissances relative aux IST/VIH/SIDA : Renvoient d'une part aux informations dont disposent les femmes par rapport à l'existence des IST/VIH/SIDA, leurs modes de transmission, les moyens de prévention de ces maladies, et d'autre part à la manière dont ces dernières intègrent ces connaissances dans les conduites en matière de sexualité. Ce concept est rendu opérationnel grâce à l'indicateur de connaissance de modes de prévention du Sida crée à partir des informations que les célibataires ont donnée sur le VIH/SIDA.

v Les comportements sexuels à risques : « Le comportement sexuel est un ensemble de réaction, d'attitudes et de conduites en rapport avec les relations sexuelles »11(*). Le comportement sexuel recouvre généralement deux tendances :

· Le comportement sexuel à risque d'infection aux IST/VIH/SIDA, qui s'appréhende généralement sous l'optique de l'infidélité, du multipartenariat sexuel, de la prise d'alcool au dernier rapport sexuel de la non utilisation du condom lors des rapports sexuels, des rapports sexuels rétribués, etc.

· Le comportement sexuel sans risque d'infection aux IST/VIH/SIDA, généralement supposé quand il y a fidélité à un partenaire sain, abstinence sexuel, la non consommation d'alcool ou de tout autre stupéfiant avant ou pendant le rapport sexuel et utilisation permanente du condom lors des rapports sexuels avec des partenaires occasionnels, etc.

De manière opérationnelle, nous retenons comme comportements sexuels à risque la consommation d'alcool au dernier rapport sexuel, le multipartenariat sexuel des 12 derniers mois et la non utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

B-/ CADRE ANALYTIQUE

On retrouve ci-dessous,le tableau des variables opérationnelles des différents concepts ainsi que le schéma donnant les relations entre ces variables qui seront vérifiées plus tard à partir des analyses.

a-/ Variables opérationnelles

Tableau II.1 : Les variables opérationnelles des différents concepts

Concepts

Dimension

Indicateurs

Caractéristiques socioculturelles

Variables socioculturelles

Ethnie

Milieu de socialisation

Religion

Niveau d'instruction

Caractéristiques économiques

Variables économiques

Activité de la femme

Condition de vie des ménages

Exposition aux sources d'information

Variables relatives à la disponibilité de l'offre de l'information sur la SR

Exposition aux médias (radio, télévision)

Connaissances relatives aux IST/SIDA

Variables relatives aux connaissances des IST/SIDA

Connaissance des modes de prévention du SIDA

Comportements sexuels à risque

Variables dépendantes

Prise d'alcool au dernier rapport sexuel

Multiparténariat sexuel

Non -utilisation du condom

v Variables opérationnelles des comportements sexuels à risques

Les comportements sexuels à risques recouvrent plusieurs dimensions. Pour appréhender ces comportements trois variables ont été sélectionnées en rapport avec leurs pertinences dans la traduction du phénomène ici étudié. Il s'agit de la prise d'alcool au dernier rapport sexuel, le multipartenariat sexuel et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel au moment de l'enquête.

La prise d'alcool au dernier rapport sexuel

La prise d'alcool au dernier rapport sexuel est un facteur de risques potentiels, une ouverture aux IST/VIH/SIDA. Etant donnée la faible participation à la décision sur la sexualité de la femme célibataire par rapport à son partenaire, la consommation d'alcool ou de tout autre stupéfiant par un au moins des deux partenaire(s) au moment du rapport sexuel motive à des pratiques inhabituelles telles que la pénétration anale ou les relations de type bucco-génitaux. Ainsi donc, sous l'emprise de l'alcool, la pratique sexuelle devient totalement incontrôlée, augmentant du coup les risques de transmission des IST/VIH/SIDA. Cette variable prend la valeur 1 si l'un au moins des deux partenaires était sous l'emprise de l'alcool et 0 dans le cas contraire.

Le multipartenariat sexuel

Le multipartenariat est un facteur de risques potentiels. Autant le nombre de partenaires sexuels au cours des douze derniers mois est élevé, autant les risques de contracter les IST/VIH/SIDA sont grands. Ce type de comportement favorise un système d'échanges sexuels entre les individus. Cette variable prend la valeur 1 si la célibataire a connu plus d'un partenaire au cours des 12 derniers mois et 0 dans le cas contraire.

La non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel

La non-utilisation du préservatif expose la femme au risque de contracter et de transmettre les IST/VIH/SIDA. Elle rend compte du risque probable de la femme face à l'infection aux IST/VIH/SIDA. Ce type de comportement concourt à l'expansion du VIH/SIDA et autres IST, lorsque l'utilisation du condom n'est pas systématique au cours des rapports sexuels. Elle prend la valeur 1 si la femme n'a pas utilisé le condom au cours des derniers rapports sexuels et 0 dans le cas contraire.

v Variables opérationnelles de l'environnement socioculturel

L'ethnie

L'ethnie est le lieu de production des modèles socioculturels auxquels l'individu s'identifie. Elle a une influence sur les variables comportementales telles l'âge aux premiers rapports sexuels, l'âge à la première union etc. Nous chercherons à vérifier son influence sur les comportements sexuels à risques de la femme selon qu'elle est à moeurs sexuelles permissives ou rigides.

La religion

Elle est un système de croyances (dogmes) et de pratiques (rites et interdits) relatives aux sentiments de la divinité et unissant en une même communauté morale tous ceux qui y adhèrent. Des codes moraux régissent l'exercice sexuel de la quasi-totalité des grandes religions.

Le milieu de socialisation

Le milieu de socialisation correspond au milieu où la femme célibataire a passé les douze premières années de sa vie. Le choix de cette variable se justifie par le fait que les célibataires socialisées dans un milieu en conservent les valeurs culturelles.

Le niveau d'instruction

C'est le niveau d'études atteintes par une femme ayant suivi un système de scolarisation formelle pendant un certain temps.

v Variable opérationnelle des caractéristiques économiques

Nous avons considéré l'activité de la femme et les conditions de vie des ménages comme variables opérationnelles des caractéristiques économiques.

L'activité économique de la femme

Facteur très important de mesure du niveau de revenu et de l'autonomie financière de la femme et donc du contrôle de sa sexualité. Mieux est la situation de l'activité de la femme, moins elle sera dépendante et plus elle aura le pouvoir de contrôler sa sexualité.

Les conditions de vie des ménages

Cette variable composite renseigne sur la situation économique du ménage dans lequel vit la célibataire. Elle permet de rendre compte non seulement de la qualité de matériaux avec lesquels l'habitat est construit mais aussi et surtout des biens d'équipement et d'autres biens possédés par le ménage. Elle permet par ailleurs de mesurer l'influence du niveau de vie des ménages dans la variation des comportements sexuels des femmes.

v Variables opérationnelles de l'exposition aux médias.

L'exposition aux média va se résumer dans cette étude à l'exposition aux deux principales sources d'information qui sont la radio et la télévision. Plus opérationnellement, on à poser des questions aux femmes célibataires sur leurs fréquences d'exposition à la radio et à la télévision.

v Variables opérationnelles des connaissances relatives aux IST/VIH/SIDA

Connaissance des modes de prévention du Sida.

Cette variable renseigne sur les capacités individuelles des célibataires à se prévenir face aux risques de contracter le Sida. La fidélité à un seul partenaire sain, l'abstinence, et l'utilisation régulière du préservatif sont les variables nous permettant de construire cet indicateur. Toutefois, l'on s'attendrait à ce que les femmes célibataires ayant identifié ces trois modes de prévention, puissent en distinguer les modes dits erronés (transmission du sida par sorcellerie, par piqûre de moustique ou par le fait de partager un repas avec une personne malade de Sida) et qu'elles puissent les observés dans leur vie de tous les jours par l'adoption des comportements sexuels sains.

v Variables de contrôle

Trois variables seront considérées dans cette étude comme variables de contrôle : l'âge, l'âge au premier rapport sexuel et la région de résidence. Il s'est avéré dans les études antérieures que ces trois variables influencent significativement les comportements sexuels des femmes célibataires. La région de résidence est le lieu dans lequel vivent les célibataires enquêtées et y ont résidé pour une durée dépassant les six mois avant l'opération de collecte. Il est un important facteur de variation de comportement. D'une manière générale, nous allons considérer dans cette étude les régions de résidence telles que découpées dans à l'EDSC1 à savoir Brazzaville, Pointe- noire, Sud et Nord. Aussi, l'âge au premier rapport sexuel qui rend compte de l'entrée en vie sexuelle active, marque le début de l'exposition au risque de grossesse et d'infection aux IST/VIH/SIDA. Elle favorise l'adoption des comportements sexuels à risque.

b-/ Schéma d'analyse

Le schéma d'analyse met en évidence les relations entre les variables opérationnelles qui seront soumises à l'épreuve des modèles statistiques.

Schéma II.2 : Schéma d'analyse des comportements sexuels des femmes célibataires.

Ethnie

Fréquence d'exposition  Radio

Télévision

Connaissance de modes de prévention du Sida

Religion

Non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel

Milieu de socialisation

Niveau d'instruction

Conditions de vie des ménages

Activité

Multipartenariat sexuel des 12 derniers mois

Consommation d'alcool au dernier rapport sexuel

CHAPITRE III

DONNEES ET METHODES D'ANALYSE

Une bonne analyse exige d'abord et avant tout que les données soient de bonne qualité. C'est alors qu'elles sont analysées selon la ou les méthode(s) considérée(s). Le présent chapitre présente la source des données, l'évaluation de la qualité des données et expose les différentes méthodes statistiques à utiliser dans ces analyses.

A-/ SOURCE DES DONNÉES DE L'ÉTUDE

L'Enquête Démographique et de Santé (EDS) réalisée au Congo en 2005 sera notre principale source de données pour la vérification de nos hypothèses. Première du genre, l'EDSC-1 visait pour objectif général, de disposer des indicateurs démographiques et de santé indispensables à la mise en place des politiques et des programmes de développement et plus particulièrement à la finalisation du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) et au suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Entre autres spécifiques objectifs, l'EDSC-1 réalisée auprès d'un échantillon national de femmes de 15- 49 ans et d'hommes de 15-59 ans, visait à :

Ø mesurer les niveaux de connaissance et de pratique contraceptive par méthode, selon diverses caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes ;

Ø recueillir des données détaillées sur la connaissance, les opinions et attitudes des femmes et des hommes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/SIDA.

Au regard des objectifs assignés à l'enquête, trois types de questionnaires ont été utilisés pour la collecte des données. Il s'agissait du questionnaire ménage, du questionnaire individuel femme et du questionnaire individuel homme. Ces trois supports de collecte ont été élaborés en adaptant aux spécificités et aux besoins du Congo les questionnaires standards développés dans le cadre du programme international DHS. Cependant, l'enquête individuelle femme est celle retenue pour notre étude. Cette enquête a permis de collecter les données sur les caractéristiques socio-démographiques, socioculturelles, et socio-économiques ainsi que les caractéristiques de l'habitat des femmes enquêtées. Neuf sections avaient été consacrées pour cette collecte dont la section sur le VIH/SIDA et autres Infections Sexuellement Transmissibles qui a permis d'obtenir des informations sur la connaissance des modes de transmission et de prévention du VIH/SIDA et des autres Infections Sexuellement Transmissibles ; la section sur le mariage et l'activité sexuelle qui a permis de recueillir des informations sur l'état matrimonial, le régime de mariage (monogamie ou polygamie), l'âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l'activité sexuelle.

Au total, 7051 femmes en âge de procréer ont été enquêtées parmi les 7440 femmes éligibles, soit un taux de couverture de l'ordre de 94,8% tel que présenté dans le tableau ci-dessous donnant les résultats de la couverture de l'enquête selon le milieu de résidence.

Tableau III.1 : Taille et taux de couverture de l'échantillon

Questionnaire

Milieu de résidence

Enquête femme

Brazzaville

Pointe-Noire

Autres villes

Ensemble urbain

Rural

Ensemble

Nombre de femmes éligibles

2328

1787

1055

5170

2270

7440

Nombre de femmes éligibles enquêtées

2165

1684

1029

4878

2173

7051

Taux de réponse des femmes éligibles (%)

93

94,2

97,5

94,4

95,7

94,8

Source : Rapport EDSC-I, 2005.

B-/ ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNEES

Les données d'enquêtes ou de recensements sont en général entachées d'erreurs (échantillonnage, observation...). Cependant les déformations dues aux erreurs d'observation sont les plus fréquemment rencontrées dans les données africaines. Cela peut bien s'agir d'omissions (de jeunes enfants, de vieillards, de personnes vivant isolément...) ; de doubles comptes (d'hommes polygames, de personnes en déplacement...) ; de déclaration erronée d'âge. La déclaration erronée d'âge présente une plus grande fréquence que les deux autres types d'erreurs d'observation (Gendreau et Nadot, 1967). L'attraction ou la répulsion de certains âges entraîne des pyramides très perturbées lorsqu'elles sont tracées par année, mais n'entachent que l'allure générale de la pyramide. Par contre, le rajeunissement ou le vieillissement systématique de personnes de certains groupes d'âges entraînent des déformations importantes de cette répartition.

Les indices les plus couramment utilisés pour déterminer le degré d'exactitude des statistiques démographiques par âge sont au nombre de quatre :

Ø L'indice de WHIPPLE

Ø L'indice de MYERS

Ø L'indice de BACHI

Ø L'indice combiné des NATIONS UNIES.

Compte tenu du fait que l'indice de Bachi présente plus d'amélioration que les deux premiers et permet par ailleurs d'avoir les préférences des âges, ce que ne fait pas l'indice des Nations Unies, il a donc été le seul indice à être retenu pour évaluer la qualité de nos données. Notre évaluation portera sur l'âge et l'état matrimonial des femmes à l'enquête.

a-/ Evaluation de la qualité des données relatives à l'âge

Comme nous l'avons signifié plus haut, l'évaluation va se faire au moyen de l'indice de Bachi.

v L'indice de Bachi

L'un des inconvénients des indices de Whipple et de Myers est qu'il n'est pas possible de définir de façon précise les conditions théoriques dans lesquelles ils prennent respectivement les valeurs 1 et 0. Bachi a élaboré un indice qui ne présente pas cet inconvénient. Partant des effectifs d'âge compris entre 23 et 72 ans, Bachi a constaté que pour des populations où l'âge était bien déclaré, le rapport "ru" des effectifs dont l'âge se terminait par chacun des chiffres u de 0 à 9 à l'effectif total des 23-72 ans varie à peu près linéairement en fonction du chiffre des unités de 3 à 9 puis de 0 à 2. Il a montré par ailleurs que la pente de cette droite ne varie pas si l'on modifie légèrement les limites d'âge. Si l'on appelle "a" cette pente, Bachi a calculé la valeur des différents rapports "ru" théoriques, c'est-à-dire celle que l'on observerait dans une situation de déclaration parfaite des âges ; ces valeurs permettent de déduire des rapports tels qu'une déclaration correcte des âges se terminant par un chiffre donné produirait un indice de 10. Si les âges sont bien déclarés, tous ces rapports sont égaux à 10% ; s'il y a préférence (ou répulsion) pour certains âges, les rapports correspondants sont supérieurs (ou inférieurs) à 10%. La somme des écarts positifs de ces rapports avec 10 donne l'indice de Bachi.

Cet indice permet d'observer l'attraction et la répulsion de l'un des chiffres de 0 à 9. Il varie entre 0 et 90 et est à peu près égal à la moitié de l'indice de Myers pour les mêmes données.

Une application numérique de l'indice de Bachi aux données de l'EDSC1 conduit à un résultat de cet indice égal à 5,3 pour l'ensemble des deux sexes ; 6,2 pour les hommes et 4,5 pour les femmes. Ces résultats témoignent d'une préférence pour des âges se terminant par les chiffres compris entre 0 et 9 comme le montre d'ailleurs le graphique ci-dessous. Mais ces irrégularités de déclaration d'âge ne sont pas d'ampleur à remettre en cause la qualité de nos données.

Graphique III.1 : Partage de la répulsion ou de l'attraction des âges -EDSC1 (Bachi)

Source : Traitement des données EDSC1

b-/ Evaluation de la qualité des données sur l'Etat matrimonial

L'évaluation de la qualité des données sur l'état matrimonial consiste à calculer un certain nombre d'indices simples. Elle se fait non seulement à travers les proportions des "Non Déclarés" mais aussi par la proportion des célibataires et des veuves. Cet exercice est différent de l'analyse de la nuptialité qui consiste elle, à évaluer les chances qu'ont les individus de se marier.

Pour ce qui nous concerne, étant donné que nous étudions les comportements à risque chez les femmes célibataires, l'évaluation des données sur l'état matrimonial va reposer sur la vérification de la régularité de la proportion des célibataires. Cette régularité est observée lorsque cette proportion diminue au fur et à mesure que l'âge augmente. Dans le cas contraire on peut conclure qu'il existe des anomalies dans la déclaration de l'état matrimonial.

Parallèlement, il ne devrait pas y avoir des "Non Déclarés" sur l'état matrimonial des individus sauf lorsque l'on interroge une personne sur l'état matrimonial d'une autre et que l'interrogée n'a pas d'éléments de réponse concernant la personne absente. La présence des "Non déclarés" dans les données sur l'état matrimonial rend la qualité de celles-ci douteuse.

Le tableau ci-dessous présente les effectifs des femmes enquêtées selon le groupe d'âges et l'état matrimonial. De ce tableau, on peut aisément remarquer que toutes les femmes ont été classées par catégorie d'âges en fonction de leur situation matrimoniale du moment. Il n'y a donc pas de "Non Déclarés" sur l'état matrimonial des femmes enquêtées.

Tableau III.2 : Effectif des femmes en fonction de l'âge et l'état matrimonial.

 

Groupe d'âges

Etat matrimonial

Total

 

Célibataires

Mariées

Union libre

Veuves

Divorcées

Séparées

15-19

1245

26

229

1

3

54

1558

20-24

489

159

650

5

12

151

1466

25-29

207

254

615

14

21

149

1260

30-34

56

246

497

10

18

126

953

35-39

48

261

357

33

32

104

835

40-44

20

219

200

31

39

49

558

45-49

9

184

96

53

31

48

421

Ensemble

2074

1349

2644

147

156

681

7051

Source : Traitement de données de l'EDSC1

Aussi, en examinant les proportions des célibataires telles que présentées dans le graphique ci-dessous, nous observons une décroissance de façon remarquable de celles-ci avec l'âge. Conjuguée avec l'absence de "Non Déclarés" sur l'état matrimonial, cette observation nous conduit à conclure, toutes choses généralement non égales par ailleurs, que les données sur l'état matrimonial sont de bonne qualité.

Il ne faut pas perdre de vue le point majeur de notre étude qui est celui consacré aux comportements sexuels à risque chez les célibataires à l'EDSC1. Autrement dit, les 2074 femmes célibataires seront sélectionnées parmi les 7051 femmes enquêtées pour constituer notre base d'étude.

Graphique III.2 : proportion des femmes célibataires.

Source : Traitement de données de EDSC1

En somme, l'évaluation de la qualité des données sur l'âge et l'état matrimonial nous a permis de nous rendre compte de la portée des résultats que nous aurons à produire. D'une manière générale, l'évaluation de la qualité des données sur l'âge a révélé quelque biais pour le moins négligeable. A contrario, les données sur l'état matrimonial se sont avérées sans biais. Ces deux conclusions nous rassurent de la qualité de nos données et nous laissent ainsi le champ libre à toute analyse statistique sociodémographique possible.

C-/ CRÉATION DES INDICATEURS ET PRÉSENTATION DES VARIABLES

Deux indicateurs interviennent dans cette étude pour répondre aux besoins d'analyse et aux soucis d'explication et d'interprétation des résultats. Le premier indicateur est celui des conditions de vie des ménages. Nous l'avons nommé « CONF1 ». Le second indicateur est celui des connaissances des modes de prévention du Sida que nous avons nommé FACT1.

a-/ Création de l'indicateur combiné «condition de vie des ménages »

L'Enquête Démographique et de Santé fournit dans sa base un indicateur des conditions de vie des ménages nommé "wealth indexe (V190)" recodé en cinq modalités (très pauvre, pauvre, moyen, riche, très riche). Nous nous sommes servis de cet indicateur et l'avons recodé en trois modalités : les modalités très pauvre et pauvre ont fusionné pour devenir la modalité «Bas» de la nouvelle variable CONF1 ; la modalité «Moyen» en a gardé sa place et son nom ; les modalités riche et très riche ont été recodées en une seule nommée «Elevé». 

Les variables suivantes ont permis sa création : biens durables (Radio, Télévision, Téléphone fixe, Téléphone portable, Ordinateur, Réfrigérateur, Réchaud à gaz, Cuisinière, Réchaud à pétrole, Bicyclette, Mobilette/moto, Voiture/camion, Pirogue sans moteur, Pirogue hors bord), caractéristiques du logement (Type de murs de logement, Type du toit de logement, Type de sol, Pièce utilisée pour dormir, Type de toilette, Type de combustible pour la cuisine, Temps nécessaire pour s'approvisionner en eau). Cette variable a été créée suivant les différentes étapes :

ü On affecte à chacun des biens ou caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d'une analyse en composante principale ;

ü Les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d'écart type 1 (Gwatkin et al. 2000)12(*) ;

ü On attribue dans chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage ;

ü Les ménages sont classés par ordre croissant de score total et divisés en 5 catégories d'effectifs égales appelées quintile. On établit ainsi une échelle allant de 1 (quintile le plus pauvre) à 5 (quintile le plus riche) ;

Le score de chaque ménage est affecté aux individus qui le composent et les individus sont ainsi répartis dans les différentes catégories.

Pour tester la pertinence de CONF1, nous l'avons croisé avec trois des variables ayant permis sa création (Télévision, Electricité et Voiture). Les résultats de ce croisement sont successivement présentés dans les trois tableaux ci-dessous. Les caractéristiques des modalités de CONF1 ne laissent aucun doute quant à la fiabilité de ce indicateur :

· La modalité "Bas" est celle des femmes célibataires vivant matériellement la pauvreté au quotidien et représentant 26% de l'ensemble des célibataires. En effet, 87% des célibataires de cette catégorie vivent dans des habitations non électrifiées ; et seulement 2 célibataires sur 488 ayant répondu à la question, possèdent un poste téléviseur. Par rapport à la possession de voiture, une célibataire sur 488 est en possession d'une voiture. Mais vu son état de pauvreté, il pourrait bien s'agir d'une voiture qu'elle aurait reçue d'une de ses relations.

· La modalité "Moyen" représente 21% des célibataires enquêtées. C'est le niveau intermédiaire entre la pauvreté (Bas) et l'aisance (Elevé). Un peu plus de 12% des célibataires de cette catégorie, vivent dans des maisons éclairées ; environ 10% possèdent la télévision et aucune célibataire de niveau de vie moyen ne possède de voiture.

· La modalité "Elevé" est celles des célibataires riches et très riches en terme de possession de biens durables, de matériaux de construction de leurs habitations et d'autres biens d'équipements des habitations. 66% des célibataires recensées dans cette catégorie vivent dans des habitations électrifiées alors qu'elles sont 668 sur 1013 à posséder un poste téléviseur. 6% des célibataires vivant dans de bonnes conditions possèdent de voiture

Tableau III.3 : Croisement CONF1/Avoir électricité

Tableau croisé Conditions de vie des ménages /Avoir l'électricité

  Conditions de vie des ménages

Avoir l'électricité 

Visiteurs

Total

 

Non

Oui

basses 

Effectif

468

21

49

538

% dans CONF1

86,98

3,90

9,10

100

moyennes 

Effectif

351

53

26

430

% dans CONF1

81,62

12,32

6,04

100

élevées 

Effectif

284

728

93

1105

% dans CONF1

25,70

65,88

8,41

100

Total 

Effectif

1103

802

168

2073

% dans CONF1

53,20

38,68

8,10

100

Source : Traitement des données EDSC1.

Tableau III.4 : Croisement CONF1/Avoir télévision

Tableau croisé Conditions de vie des ménages /Avoir la télévision

Conditions de vie des ménages

 

Avoir telé 

 

Visiteurs

Total 

Non

Oui

basses 

Effectif

486

2

49

537

% dans CONF1

90,50

0,37

9,12

100

moyennes 

Effectif

363

41

26

430

% dans CONF1

84,42

9,53

6,04

100

élevées 

Effectif

345

668

93

1106

% dans CONF1

31,19

60,39

8,41

100

Total

 

Effectif

1194

711

168

2073

% dans CONF1

57,59

34,29

8,10

100

Tableau III.4 : Croisement CONF1/Avoir voiture

 Tableau croisé Conditions de vie des ménages/ Avoir une voiture

Conditions de vie des ménages

  

Avoir voiture

 

 

Visiteurs

Total

 

Non

Oui

bas 

Effectif

487

1

49

537

% dans CONF1

90,68

0,18

9,12

100

moyen 

Effectif

404

 0

26

430

% dans CONF1

93,95

 0

6,04

100

élevé 

Effectif

946

67

93

1106

% dans CONF1

85,53

6,057

8,40

100

Total 

Effectif

1837

68

168

2073

% dans CONF1

88,61

3,28

8,10

100

Source : Traitement des données EDSC1.

La nouvelle variable ou indicateur des conditions de vie des ménages «CONF1» se repartie de la manière suivante : 26% des célibataires enquêtées vivaient dans les habitations peu équipées c'est-à-dire des maisons en terre battue, sans électricité et sans eau ; 21% des célibataires vivaient dans un confort moyen et 53% étaient de la classe aisée de la population congolaise.

Graphique III. 3 : Répartition des ménages enquêtés selon le niveau de vie (en %)

b-/ Création de l'indicateur combiné « connaissance des modes de prévention du sida »

L'indicateur combiné « connaissance des modes de prévention du Sida» ou FACT1 est un indicateur construit à partir des variables de bonnes connaissances des modes de prévention du Sida à savoir l'abstinence (V754bp), la fidélité à un partenaire sain (V754dp) et l'utilisation régulière du condom lors des rapports sexuels (V754cp). Dans le souci d'en faire un indicateur pertinent, nous avons associé à sa création, en plus des trois premières variables, les variables dites de connaissances erronées du Sida, notamment les variables relatives à la contamination par piqûre de moustique (V754jp), partage de repas avec une personne malade du Sida (V754wp) et transmission du Sida par sorcellerie (V823). Une autre variable a aussi été prise en compte dans la création de cet indicateur pour le rendre encore plus complet, notamment celle de savoir si une personne apparemment en bonne santé pouvait être porteur du Sida (V756)?

Toutes ces variables étant dichotomiques c'est-à-dire, présentant deux modalités (Oui et Non), la procédure scientifique la plus adéquate pour la création de cet indicateur est celle de la progression géométrique. La progression géométrique consiste à aligner les variables de sorte qu'elles forment une suite géométrique (Vn) de premier terme V0 et de raison q.

Nous avons crée FACT1 et recodé en trois modalités (Mauvaise, Partielle, Bonne). La procédure de cette création a été la suivante :

Dans un premier temps, les modalités des 7 variables ont été recodées de sorte qu'elles soient en progression géométrique de premier terme V0=1 et de raison q=2.telles que : V754bp(0,1) ; V754cp(0,2) ; V754dp(0,4) ; V754jp(0,8) ; V754wp(0,16) ; V823(0,32) ; V756(0,64). Les modalités progressives correspondent en fait aux valeurs des sept premiers termes de la suite géométrique Vn = V0(q)n , n appartenant à N ; où le premier terme V0=1 et q=2. Ces variables ont ensuite été additionnées pour former la variable composite « FACT1 » avec des modalités allant de 0 à 127. Enfin, Pour recoder ces 128 modalités, nous avons additionné les points de toutes les célibataires qui ont donné les mauvaises réponses au niveau des variables et le chiffre correspondant étant sélectionné dans la fourchette [0, 127] pour former la modalité "Mauvaise" de FACT1. De la même façon, la modalité "Bonne" a été créee ; le reste des points a constitué la modalité intermédiaire "Partielle".

Tout comme CONF1, nous avons testé la pertinence de FACT1 par un croisement avec les variables ayant permis sa création. Les résultats issus de ce croisement sont dans le tableau ci-dessous.

Tableau III.5 : Croisement FACT1*Les connaissances relatives au Sida

 

Connaissances relatives au VIH/SIDA 

Connaissance de mode de prévention du Sida

FACT1

 

Effec/Modal

Mauvaise

Partielle

Bonne

Total

51

1840

183

2074

Piqûre de moustique

 

Non

Oui

0%

52,10%

100%

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

100%

47,90%

0%

Fidélité

 

Non

Oui

100%

21,40%

0%

0%

78,60%

100%

Condom

 

Non

Oui

100%

30,30%

0%

0%

69,70%

100%

Partage de repas

 

Non

Oui

0%

72,80%

100%

100%

27,20%

0%

existence de porteur sain

 

Non

Oui

100%

22,70%

0%

0%

77,30%

100%

Sorcellerie

 

Non

Oui

0%

23,90%

100%

100%

76,10%

0%

Abstinence

 

Non

Oui

100%

26,70%

0%

0%

73,30%

100%

Source : Traitement de données EDSC1.

Les caractéristiques des modalités de FACT1 illustrent non seulement du succès quant à la création de cette variable mais aussi de la confiance dans la méthode ayant permis sa création.

· La modalité "Mauvaise" est celle des femmes célibataires qui n'ont aucune connaissance sur les modes de prévention du Sida. Ces célibataires sont au nombre de 51 sur les 2074 et représentent 2,7% de l'ensemble des célibataires. Pour apprécier la pertinence de cet indicateur, remarquons que toutes les 51 célibataires de connaissances mauvaises sur la prévention et la transmission du Sida ont cité les méthodes erronées et ne savent pas que l'on peut réduire les risques de contamination du Sida par fidélité, abstinence ou utilisation régulière du condom aux rapports sexuels. Si nous faisons foi à nos hypothèses, cette catégorie de célibataires devrait être la plus exposée aux risques de contamination du Sida.

· La modalité "Partielle" représente 88,7% des célibataires enquêtées. C'est le niveau intermédiaire entre les mauvaises et les bonnes connaissances des modes de prévention du Sida. Dans l'ensemble, les célibataires de connaissances partielles ont mieux distingué les méthodes de transmission erronées et cité l'abstinence, la fidélité et l'utilisation du condom comme moyen de protection contre le Sida. Remarquons que 76% des célibataires de cette catégorie pensent que l'on peut obtenir le Sida par sorcellerie. Plusieurs explications peuvent être données à ce résultat : Tout d'abord, la séropositivité est très difficilement assumée au Congo du fait de la stigmatisation dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Ensuite, la personne atteinte se voit obliger de trouver d'autres raisons pour justifier sa maladie et donc, garder sa place au sein de la communauté. La sorcellerie a semblé être la réponse toute faite compte tenu de son caractère irrationnel et de la forte croyance de la population congolaise à la sorcellerie. Enfin, l'émergence des églises dites « de réveil » donne une autre ligne d'explication. Ces églises expliquent les maladies ou les échecs de la vie des individus par la sorcellerie ou la démence et font répandre ces croyances aux fidèles et par delà, à la population congolaise.

· La modalité Bonne est celle des femmes célibataires qui connaissent parfaitement les modes de prévention et de transmission du Sida. Ces femmes représentent environ 9% de l'ensemble des célibataires. Ce résultat n'est pas loin de celui du rapport de l'EDS qui chiffrait à 11,6% le total des femmes (tout états matrimonial confondu) ayant une bonne connaissance du Sida.

En somme, les deux indicateurs présentés dans cette section nous semblent quasi-parfaits et peuvent fidèlement traduire ce sur quoi ils sont sensés représentés. Il serait dès lors intéressant de voir comment se présentent les autres variables avant d'amorcer des analyses plus poussées.

c-/ Présentation des variables.

Nous présentons ci-dessous un tableau rendant compte des taux de systèmes manquants (différent de non-réponse) par variable.

Tableau III. 6 : Examen de la qualité des variables

Libellé de la variable

(a)

Cas valide

(b) Cas manquants

(c) Taux de valeurs manquantes (%)

Ethnie

2071

3

0,14

Région de résidence

2074

0

0

Milieu de socialisation

2070

4

0,19

Religion

2072

2

0,09

Niveau d'instruction

2074

0

0

Occupation de la femme

2049

25

1,2

Conditions de vie des ménages

2074

0

0

Age de la femme

2074

0

0

Age au premier rapport sexuel

2073

1

0,04

Exposition à la télévision

2071

3

0,14

Exposition à la radio

2070

4

0,19

Connaissance des modes de prévention du Sida

2074

0

0

Prise d'alcool au dernier rapport sexuel

1283

791

38,1

Multipartenariat sexuel

2071

3

0,14%

Utilisation du préservatif au dernier rapport sexuel

1285

789

38.0

NB : Nous calculons le taux de systèmes manquants par : c = [b/(a+b)]*100

Source : Traitement des données EDSC-1

Au regard de ces résultats, beaucoup de célibataires n'ont pas de réponses (refus, omissions, erreurs de remplissage, etc.) aux questions correspondant aux variables v835a et v761. Ces deux variables sont cruciales pour la définition des groupes cibles de célibataires car elles font partie de nos trois variables d'analyse. Elles sont donc retenues malgré leurs taux de systèmes manquants avoisinant les 38%.

La deuxième phase de la préparation du fichier d'analyse consiste à produire un tri à plat, à faire les recodages, et à dichotomiser les variables retenues. Les recodages sont nécessaires pour se conformer au dictionnaire de variables d'une part, et pour éviter des modalités à effectif nul ou à très faible effectif d'autre part. Les tableaux de fréquences des variables sont disponibles au niveau des annexes 1(a, b, c, d). Quant à la dichotomisation des variables, elle répond à un impératif méthodologique lié à l'application de l'AFCM.

Dans l'ensemble, 2074 femmes célibataires ont été sélectionnées parmi les 7051 femmes enquêtées à l'EDSC1 2005 pour constituer notre base d'analyse.

Des annexes 1 a, 1 b, 1 c et 1 d relatives à la répartition des célibataires selon leurs caractéristiques, on peut voir qu'un peu plus de 38% des célibataires n'écoutent jamais la radio et ne suivent jamais la télévision alors même qu'environ 72% de ces célibataires avaient été socialisées en milieu urbain. Par ailleurs, plus de 65% des célibataires sont de niveau d'instruction secondaire ou plus. Ces célibataires sont à plus de 50% d'obédience catholique et protestante. Les ethnies les plus représentées sont les grands groupes Bembe et Kongo avec respectivement 33,5% et 29,3% de l'ensemble des célibataires. La situation d'emploi est très chaotique pour les femmes célibataires du Congo. Seulement 3,7% d'entre elles sont des cadres, 9,1% ont un emploi précaire et environ 67% sont encore au chômage. On peut aussi remarquer que plus de 80% de ces célibataires sont encore jeunes c'est-à-dire ont l'âge à l'enquête compris entre 15- 24 ans. Par rapport aux conditions de vie des ménages, on peut remarquer une répartition inégalitaire de l'effectif des femmes de l'échantillon. 21% seulement des femmes célibataires vivent dans les habitations de qualité et confort élevé ; environ 26% vivent dans des conditions de pauvreté et plus de 50% sont dans des conditions moyennes d'habitation.

Le tableau III.7 donne la répartition des femmes célibataires selon leurs connaissances sur le Sida et leurs comportements sexuels. Les fréquences relatives aux comportements sexuels laissent entrevoir une moindre utilisation du condom au dernier rapport sexuel alors que plus de 9 célibataires sur 10 ont déclaré n'avoir pas été sous l'effet de l'alcool lors du dernier rapport sexuel et que plus de 60% de ces femmes ont plus d'un partenaire sexuel. En effet, 78,2% des femmes célibataires ont déclaré ne pas utiliser le condom au dernier rapport sexuel, ce qui est très alarmant lorsque l'on sait par ailleurs que 62% d'entre elles ont plus d'un partenaire sexuel.

Du graphique 6 on peut constater que moins de 10% de l'ensemble des célibataires ont consommé l'alcool au dernier rapport sexuel. Ce qui veut dire que la consommation d'alcool au rapport sexuel n'est pas une pratique répondue au Congo. Compte tenu de cette faible représentativité et des exigences méthodologiques en termes d'effectif, ce comportement sexuel ne fera pas partie de nos prochaines analyses.

Tableau III.7 : Répartition célibataires selon leurs comportements sexuels

Connaissance du Sida et comportements sexuels

Variables

Modalités

Effectif

Fréquence%

Connaissance de mode de prévention du Sida

 

Mauvaise

51

2,5

Partielle

1840

88,7

Bonne

183

8,8

Ensemble

2074

100,0

 

 

 

 

Consommation d'alcool au dernier rapport sexuel.

OUI

101

7,9

NON

1182

92,1

Ensemble

1283

100,0

 

 

 

 

Utilisation du condom au dernier rapport sexuel

 

OUI

280

21,8

NON

1005

78,2

Ensemble

1285

100,0

 

 

 

 

Multipartenariat sexuel des 12 derniers mois

 

OUI

1285

62,05

NON

786

37,95

Ensemble

2071

100,00

Source : Traitement des données de l'EDSC1

Graphique III. 4: Distribution des célibataires selon les comportements sexuels ( %).

D-/ LES DIFFÉRENTES METHODES D'ANALYSE

a-/ Analyse descriptive

Dans cette étude nous procéderons à la fois à l'analyse bivariée descriptive et à l'analyse descriptive multivariée.

Nous recourons à l'analyse bivariée descriptive entre les variables indépendantes et les variables dépendantes pour déterminer le niveau de comportement sexuel en utilisant la statistique de Khi2. Cette statistique permet de déceler la liaison entre deux variables traduite par le rejet de l'hypothèse d'indépendance entre elles.

Nous recourons à l'analyse multivariée descriptive pour regrouper les femmes célibataires en fonction de leurs caractéristiques au moyen de l'analyse factorielle des correspondances multiples.

Principe de l'Analyse factorielle des correspondances multiples (AFCM)

Les méthodes factorielles établissent des représentations synthétiques de vastes tableaux de données, en général sous forme de représentations graphiques. Ces méthodes ont pour objet de réduire les dimensions des tableaux de données de façon à représenter les associations entre individus et entre variables dans des espaces de faibles dimensions. L'espace de représentation obtenu est appelé plan factoriel. Les méthodes diffèrent selon la nature des variables analysées, le choix d'une méthode restant tributaire de l'objectif poursuivi par l'étude.

L'analyse factorielle des correspondances multiples est un cas particulier des méthodes factorielles. Elle est utilisée à une fin descriptive et s'applique à des variables qualitatives dont on souhaite étudier l'interdépendance de façon concomitante. Cependant, plusieurs axes factoriels peuvent être définis, et leur combinaison pris 2 à 2 défini à chaque fois un plan factoriel susceptible d'être étudié. Des techniques appropriées aident cependant l'analyste sur le choix du nombre d'axes à retenir (histogramme des valeurs propres, principe de Kapper pour l'ACP, etc.).

Comme il ne s'agit que d'une analyse descriptive, il ne faut pas perdre de vue que la liaison statistique significative entre deux variables peut être réelle ou fallacieuse, ce qui pourra être vérifié en contrôlant cette relation par d'autres variables. La corrélation n'étant pas la causalité, nous procéderons donc par la suite à une analyse explicative.

b-/ La méthode d'analyse multivariée13(*)

Il s'agit ici de faire une brève présentation des méthodes d'analyse multivariées en rapport avec nos variables d'analyse qui sont des variables qualitatives. La méthode multivariée explicative retenue dans le cas de cette étude est celle de la régression logistique.

Les modèles de régression logistique sont utilisés pour décrire les relations entre une variable dépendante qualitative à deux modalités et des variables indépendantes. Celles-ci peuvent être quantitatives ou qualitatives. Elle nous permet de mettre en relief les déterminants des comportements sexuels des femmes célibataires et les mécanismes par lesquels certaines variables influencent ces comportements.

Les variables de comportement sexuels à risque, qui sont ici des variables dépendantes au nombre de deux (le multipartenariat et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel) sont toutes dichotomiques. Cette méthode est essentiellement probabiliste, elle fournit entre autres statistiques : 

Ø le "odd ratio" ou risque relatif de connaître l'évènement étudié ;

Ø la statique de khi deux (Khi2) pour le test de signification du modèle et des paramètres ;

Ø le pseudo R2 pour le test de l'adéquation du modèle ;

Ø les seuils de signification des odds ratios.

Considérons par exemple la variable dépendante Y1= « Multipartenariat sexuel des les 12 derniers mois» ; P(Y1=1) est la probabilité pour une célibataire d'avoir eu des rapports sexuels avec plus d'un partenaire dans les 12 derniers mois précédant l'enquête et 1-P(Y1=1) la probabilité de l'événement contraire. Alors, le modèle de régression logistique permet de mettre Z = log (P/1-P) = logit (P), sous la forme linéaire :Z = b0 + b1.X1 + b2.X2 + ....bn.Xn

Le deuxième membre de l'équation représente le log des chances. Les coefficients bi permettent d'obtenir les « odds » (les risques) dont l'interprétation est relativement facile (odds= ebi ) :

· Si bi est négatif ebi <1 : l'évènement a moins de chance de se produire par rapport à la modalité de référence de la variable. En d'autres termes, les individus appartenant à la modalité considérée de la variable explicative ont (1- ebi) moins de chance que leur homologue de la modalité de référence de subir l'évènement étudié.

· Si bi est positif ebi >1 : l'évènement a plus de chance de se produire par rapport à la modalité de référence de la variable. Autrement dit, les individus appartenant à la modalité considérée de la variable explicative ont donc (ebi -1) plus de chance que leur homologue de la modalité de référence de subir l'évènement étudié.

Le test de Khi2 permet de savoir si le modèle est adéquat ou pas. Si la probabilité critique associée au Khi2 est inférieure au seuil choisi le modèle est donc adéquat. Cela voudrait dire que les variables indépendantes considérées dans l'ensemble expliquent la variation de la variable dépendante. Elles peuvent donc prédire la valeur de Y. Dans le cas de cette étude, un modèle sera adéquat lorsque le seuil de signification associé au Khi2 sera inférieur ou égal à 5%.

Le Pseudo R2 permet d'estimer la part (en %) de la variance de la variable dépendante expliquée par le modèle.

Pseudo R2 = Khi-deux/ (Khi-deux +n) où n est la taille de l'échantillon

La contribution de chaque variable indépendante à l'explication sera calculée à partir de la formule suivante :

Cx: Contribution de la variable

: Khi deux finale

: Khi deux sans la variable

Conclusion

Dans le présent chapitre, nous avons d'abord présenté les données de l'EDSC-1 2005, ensuite procédé à l'évaluation de la qualité de ces données par des méthodes statistiques. D'une manière générale, les données sont d'une bonne qualité pour l'étude de la sexualité des célibataires. Toujours dans ce chapitre nous avons exposé la procédure de construction des deux indicateurs qui sont : conditions de vie des ménages et la connaissance de modes de prévention du VIH/SIDA. Il s'en est suivi la présentation de ces indicateurs ainsi que celle de toutes les autres variables du cadre d'analyse. Enfin, nous avons présenté les méthodes d'analyse utilisées dans le cadre de cette recherche. Tout ceci nous a permis de préparer le fichier d'analyse. Et l'analyse des résultats fera l'objet des prochains chapitres.

CHAPITRE IV

ANALYSE DIFFERENTIELLE DES COMPORTEMENTS

SEXUELS A RISQUE

L'analyse différentielle des comportements sexuels à risque est un chapitre que nous avons consacré aux analyses descriptives (bivariée et multivariée). A ce titre, il a pour but non seulement d'évaluer le degré et le sens des associations entre chacune des caractéristiques des femmes célibataires et leurs comportements sexuels mais aussi de regrouper les célibataires selon ces mêmes caractéristiques par rapport aux comportements sexuels.

A/- DIFFERENTIELS DU MULTIPARTENARIAT SEXUEL

Le multipartenariat sexuel des 12 derniers mois précédant l'enquête est une pratique vécue par 62% des femmes célibataires. Il constitue un comportement à risque des IST/VIH/SIDA pour toutes celles qui le pratiquent. En effet, dans des conditions économiques difficiles, les femmes célibataires multiplient le nombre de partenaires en espérant recevoir des avantages de toute nature. A contrario, en adoptant ce comportement, la célibataire prend le risque de perdre le contrôle de sa sexualité et s'expose du même coup aux grossesses précoces et non désirées, aux avortements, à la morbidité et mortalité maternelles, aux IST/VIH/SIDA, etc.

a/- Les caractéristiques socioculturelles

Les variables milieu de socialisation, région de résidence, religion, et ethnie, se sont révélées non associées au multipartenariat sexuel. Elles seront donc omises dans nos interprétations. Seuls le niveau d'instruction, l'âge et l'âge au premier rapport sexuel sont significativement associés à ce comportement sexuel.

v Le niveau d'instruction.

Le niveau d'instruction empire le multipartenariat sexuel des célibataires car ce comportement sexuel prend de l'ampleur au fur et à mesure que le niveau d'instruction augmente. De 51,5% pour les célibataires sans niveau d'instruction, ces proportions passent à 63,2% pour les femmes de niveau secondaire avant de plafonner à 72,8% au niveau supérieur.

v L'âge et la précocité des premiers rapports sexuels

L'âge et la précocité des premiers rapports sexuels sont associés significativement au multipartenariat sexuel des 12 derniers mois avant l'enquête. En considérant l'occurrence du multipartenariat sexuel en fonction de l'âge, on constate que ce comportement sexuel diminue avec l'âge à partir de 20-24 ans. De 49,7% à 15-19 ans ces proportions augmentent de façon considérable et atteignent le pic à 20-24 ans avant de chuter à nouveau pour s'établir à 59,4% à 45-49 ans. Une des raison du pic observé entre 20-24 ans en plus des raisons économiques, peut être la prise de conscience du retard du mariage par les célibataires dans un pays où l'âge médian au premier mariage s'établit à 20,4 ans14(*) pour le sexe féminin. Par rapport à la précocité des premiers rapports sexuels, les célibataires qui ont connu leurs premiers rapports sexuels avant 16 ans se sont enrôlées à 87% dans le multipartenariat sexuel alors que moins de la moitié de celles qui ont connu une sexualité tardive étaient impliquées dans ce comportement sexuel.

b/- Les caractéristiques économiques

Seule l'activité économique présente un effet significatif sur le multipartenariat sexuel. La variable des conditions de vie des célibataires (conditions de vie des ménages) ne semble pas être associée à ce comportement sexuel.

v L'activité économique

Le multipartenariat sexuel est associé au seuil de 1% à l'activité économique exercée par les célibataires. Cette association serait même négative puisque les proportions des célibataires impliquées dans ce comportement sexuel à risque augmentent à chaque fois que l'activité économique s'améliore. De 56,5% des célibataires au chômage, les proportions des célibataires ayant plus d'un partenaire sexuel passent à 67,7% pour celles exerçant tout de même une activité économique quoique précaire et atteignent le maximum (70,3%) dans la catégorie des mieux classées dans l'emploi formel, c'est-à-dire les cadres.

c/- L'exposition aux médias.

Deux variables ont été retenues dans le cadre de l'exposition des célibataires aux informations sur les IST/VIH/SIDA. Il s'agissait de la fréquence d'exposition à la radio et à la télévision. Après croisement du multipartenariat sexuel avec ces variables, seule la fréquence d'exposition à la radio présente une association significative au seuil de 5%.

v La fréquence d'exposition à la radio

Trois modalités permettent d'appréhender l'exposition à la radio (Jamais, parfois et chaque jour). La modalité  "jamais" correspond aux célibataires qui n'écoutent jamais la radio ; la modalité "parfois", à celles qui écoutent la radio moins d'une fois par semaine ou au moins une fois par semaine ; et la modalité "chaque jour", à celles qui sont toujours à l'écoute de la radio. Le multipartenariat semble être négativement influencé par la fréquence d'exposition à la radio. En effet, les proportions des célibataires engagées dans le multipartenariat augmentent avec l'exposition à la radio. C'est un revers de l'effet attendu de l'exposition aux médias.

d/-La connaissance des modes de prévention du Sida

La relation entre la connaissance des modes de prévention du VIH/SIDA et le multipartenariat sexuel est significative au seuil de 1% (tableau VI.1). Les célibataires ayant une mauvaise connaissance du VIH/SIDA sont proportionnellement les moins nombreuses à s'engager dans les relations sexuelles à risque (37,4%). En revanche, celles ayant des connaissances partielles et de connaissances bonnes sont les plus nombreuses à avoir plusieurs partenaires sexuels. En d'autre terme, plus les connaissances augmentent, plus les célibataires les intègrent dans leurs relations sexuels et plus grand est le risque qu'elles encourent de contracter le VIH/SIDA.

B/- DIFFERENTIELS DE LA NON UTILISATION DU CONDOM AU DERNIER RAPPORT SEXUEL

Nous avons vu dans le chapitre précédent que seulement 21,8% des célibataires enquêtées avaient utilisé le condom au dernier rapport sexuel. Ceci confirme le fait selon lequel, l'utilisation du préservatif soit très peu systématique chez les femmes dans beaucoup de pays d'Afrique subsaharienne en général et au Congo en particulier. Or on se serait attendu de voir ces statistiques augmenter en raison de l'engagement de l'Etat congolais ces dernières années dans la bataille contre le Sida et en raison de la particularité de notre population d'étude.

a/- Les caractéristiques socioculturelles

La religion est l'unique variable des caractéristiques socioculturelles à ne pas être associée à l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Les autres variables y sont significativement associées au seuil de 1%.

v L'ethnie

L'ethnie est un facteur important de différenciation de l'utilisation des condoms chez les célibataires. Dans l'ensemble, la non-utilisation des condoms est très marquée au sein de cette population. Toutefois, ces proportions sont plus faibles chez les Kongo et s'établissent à 74% par rapport à la non-utilisation du condom chez les célibataires Sangha et étrangère (94,6%). Il faut noter que le record de la non-utilisation des condoms est tenu par ces deux dernières catégories. Si l'on se réfère à la pensée de Rwengé M (2000) sur les migrations des femmes en Afrique subsaharienne, on trouverait probablement une explication aux proportions élevées des célibataires étrangères n'ayant pas utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel.

v La région de résidence et le milieu de socialisation.

Tout comme l'ethnie, la région de résidence et le milieu de socialisation sont des facteurs importants de différentiation de la non-utilisation des condoms chez les célibataires résidant au Congo. En effet, les proportions des célibataires n'ayant pas recouru au condom lors du dernier rapport sexuel sont plus faibles chez celles résidant à Pointe-Noire (71,72%) et à Brazzaville (74,8%) par rapport aux célibataires du Sud (84,4%) et du Nord (90,5%). Les mêmes tendances sont observées dans le cas du milieu de socialisation. La non-utilisation du condom étant plus marquée chez celles socialisées en milieu rural

v Le niveau d'instruction

La relation entre le niveau d'instruction et le fait de n'avoir pas utilisé le condom lors du dernier rapport sexuel est significative au seuil de 1% ; elle est de toute occurrence positive. En effet, la proportion des femmes célibataires n'ayant pas utilisé le condom lors du dernier rapport sexuel est plus élevée chez les célibataires sans niveau (88,8%) que chez celles du niveau supérieur ou plus (73,7%) ; les célibataires de niveau primaire occupent la première place (89%) et celles de niveau secondaire se positionnent à la troisième place (74,7%).

b/- Les caractéristiques économiques

Toutes nos deux variables des caractéristiques économiques sont significativement associées à l'utilisation du préservatif au dernier rapport sexuel.

v Conditions de vie des ménages

L'indicateur des conditions de vie des ménages est associé à l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel des femmes célibataires au moment de l'enquête. On observe que les célibataires de conditions moyennes sont plus nombreuses en proportion que celles des conditions basses à ne pas utiliser le préservatif au dernier rapport sexuel. Ces proportions sont de 86,5% chez les femmes vivant dans les conditions de vie basses contre 71% chez celles vivant dans les ménages de niveau de vie élevé.

v L'activité économique

Tout comme les autres caractéristiques, l'activité économique n'est pas favorable à l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel chez les célibataires. La non-utilisation du condom dépassant même les 80% pour l'ensemble des célibataires. Il est difficile à ce niveau de donner un sens à l'influence de l'activité sur la non-utilisation du condom compte tenu des irrégularité observées au niveau de ces résultats. En effet, les célibataires n'ayant aucune activité économique, ont le plus utilisé le condom au dernier rapport sexuel que toutes celles ayant au moins un emploi. Celles d'activité précaire c'est-à-dire celles des catégories les moins bien payées du secteur formel, ont moins recouru au condom que celles indépendantes qui sont essentiellement des agricultrices.

c/- Exposition aux médias

La fréquence d'exposition à la radio et la fréquence d'exposition à la télévision sont significativement associées à la non-utilisation du condom au rapport sexuel quelque soit le seuil considéré (1%, 5% ou 10%).

v La fréquence d'exposition à la télévision et à la radio.

L'exposition à la télévision est significativement associée à l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel et ceci, au seuil de 1%. Remarquant que 84,5% des femmes qui n'ont pas utilisé le condom lors du dernier rapport sexuel ne suivent jamais la télévision, alors que 79,5% suivent parfois la télé et un peu plus de 72% la suivent tous les jours. Les mêmes constats sont faits pour l'exposition à la radio. Les effets des médias sur les comportements sexuels semblent être observé car il y a une liaison positive entre le fait de suivre la télévision ou la radio et l'utilisation du préservatif. En effet, plus les célibataires suivent les informations diffusées à la télé et/ou la radio, plus elles utilisent les préservatifs. Ainsi donc, l'utilisation du préservatif serait positivement associée à l'exposition des célibataires à la télévision et à la radio en république du Congo.

d/- Les connaissances sur IST/VIH/SIDA

v La connaissance des modes de prévention du VIH/SIDA

La relation entre la connaissance des modes de prévention du VIH/SIDA et l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel va dans le sens attendu. En effet, aucune célibataire de mauvaise connaissance c'est-à-dire ne sachant ni distinguer les modes erronés de transmission du VIH/SIDA, ni comment se prévenir face à cette maladie, n'a daigné utiliser le préservatif au dernier rapport sexuel. Ces proportions s'améliorent en suite avec le niveau de connaissance et s'établissent à 26% de l'utilisation du préservatif au dernier rapport sexuel. Ainsi se dégage une relation positive entre la connaissance des modes de prévention du VIH/SIDA et l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

Tableau IV.1: Occurrence des comportements sexuels des femmes célibataires.

Variables

Multipartenariat sexuel (%)

Non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel (%)

Effectif

OUI

NON

OUI

NON

Ethnie

Ns

***

2071

Bembé

58,5

41,5

21,4

78,6

694

Mbochi

59,2

40,8

25,3

74,7

260

Téké

63,4

36,6

16,9

83,1

290

Kongo

62,6

37,4

26,1

73,9

607

Sangha

63,9

36,1

6

94

111

Etrangère

53,8

42,2

5,4

94,6

109

Milieu/socialisation

Ns

***

2070

Urbain

61,4

38,6

25,3

74,7

1486

Rural

58,6

41,4

12,9

87,1

584

Religion

Ns

Ns

2072

Aucune

59,1

40,9

21,4

78,6

122

Catholique

63,2

36,8

23,5

76,5

668

Protestante

62

38

19,6

80,4

542

Traditionnelle

54,8

45,2

13,5

86,5

105

Autre chrétien

57,4

42,6

20

80

635

Instruction

***

***

2074

Sans niveau

52

48

11,2

88,8

62

Primaire

54,4

45,6

11

89

604

Secondaire

63,2

36,8

25,3

74,7

1348

Superieur

72,8

27,2

26,3

73,7

60

Region

Ns

***

2074

Brazzaville

60,5

39,5

25,2

74,8

701

Pointe-Noire

62,9

37,1

28,3

71,7

573

Sud

57,7

42,3

15,6

84,4

509

Nord

62,6

37,4

9,5

90,5

291

Occupation

***

**

2049

Aucune

56,5

43,5

23,6

76,4

1364

Cadre

70,3

29,7

20,4

79,6

75

Indépendante

66,2

33,8

18,5

81,5

424

Précaire

67,7

32,3

13,5

86,5

186

*** significatif à 1%; ** Significatif à 5%; * Significatif à 10% ; Ns= non significatif

Source : Traitements des données de l'EDSC-1, 2005.

Tableau IV.2: Occurrence des comportements sexuels des célibataires (suite)

Variables et modalités

Multipartenariat sexuel (%)

Non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel (%)

Effectif

OUI

NON

OUI

NON

Age

***

Ns

2074

15-19

49,7

50,3

19,8

80,2

1245

20-24

83,7

16,3

23

77

489

25-29

71,7

28,3

21,5

78,5

207

30-49

59,4

40,6

18,9

81,1

133

Age au 1er rapport sexuel

***

Ns

2073

<16 ans

87,1

12,9

20

80

735

>= 16ans

45,9

54,1

21,9

78,1

1338

Conditions de vie des ménages

Ns

***

2074

faible

57,1

42,9

13,5

86,5

538

moyen

61,8

38,2

11,9

88,1

1106

élevé

62

38

29

71

430

Exposition Radio

**

***

2070

Jamais

56,9

43,1

18,4

81,6

800

Parfois

61,5

38,5

19,4

80,6

733

Chaque jour

65,1

34,9

27,8

72,2

537

Exposition télé

Ns

***

2071

Jamais

58,5

41,5

15,5

84,5

792

Parfois

61,5

38,5

20,5

79,5

498

Chaque jour

61,9

38,1

27,3

72,7

781

Connaissance de modes de prévention du Sida

****

**

2074

Mauvaise

37,4

62,6

0

100

51

Partielle

60,4

39,6

20,8

79,2

1840

Bonne

67,2

32,8

25,9

74,1

183

Source : Traitements de données EDSC1. [*** P<= 1% ; ** P<= 5% ; * P<= 10% ; Ns non significatif]

C/- CARACTERISATION DES CELIBATAIRES SELON LEURS COMPORTEMENTS SEXUELS

a/- Caractérisation des axes factoriels

Les principaux résultats fourni par le logiciel ADDAD pour l'interprétation sont : le tableau des valeurs propres, l'histogramme des valeurs propres, la matrice de configuration et les plans factoriels dont l'analyste décide du nombre et de la nature des axes factoriels qui doivent former ces plans.

La première tâche est de décider du nombre des axes à retenir pour l'analyse. Ce choix se base sur le tableau des valeurs propres ou, ce qui revient au même, sur l'histogramme des valeurs propres. Généralement les premiers facteurs qui détiennent une bonne partie de la variance totale sont retenus. L'AFCM est caractérisée par la faible part de la variance expliquée sur ses premiers axes. Pour l'analyse factorielle des comportements sexuels des femmes célibataires nous allons retenir les deux axes pour l'élaboration du plan factoriel. La matrice de configuration pour notre plan factoriel est donnée en annexe (voir annexe 3.4). Pour interpréter ce tableau, nous synthétisons l'information sur les contributions (CTR) et les coordonnées (i#F) des modalités dans un tableau simplifié. Les contributions décrivent la part de chaque modalité dans l'inertie totale de l'axe. Seules les modalités dont la part de la contribution est supérieur à l'inertie théorique moyenne seront retenues pour l'interprétation d'un axe. L'inertie théorique moyenne est ici égale à 21,73 (1000/46).

Tableau IV.4: Contribution des points modalités à l'inertie des axes factoriels

Premier axe factoriel

Deuxième axe factoriel

Variables positionnées sur l'axe 1

Position sur l'axe 1

Variables positionnées sur l'axe 2

Position sur l'axe 2

Jamais Radio (JAMA)

-

Mbochi (MBOC)

-

Jamais Télé (JAMS)

-

Téké (TEKE)

-

Toujours Télé (CHQJ)

+

Sangha (SGLK)

-

Région du Sud (SUD)

-

Urbain (URBA)

-

Région Nord (NORD)

-

Rural (RURA)

+

Primaire (PRIM)

-

Brazzaville (BZVL)

-

Secondaire (SECD)

+

PointeNoi (PNRE)

+

Précaire (PREC)

-

 

Condition basse (BAS)

-

Condition (ÉLEV)

+

Le premier axe factoriel explique environ 51% de l'inertie totale des variables-modalités retenues. Il oppose d'une part, les femmes célibataires de niveau d'instruction primaire, celles ne regardant jamais la télévision et celles des conditions de vie basses (côté négatif de l'axe) et d'autre part, celles qui ont le niveau secondaire, celles qui suivent chaque jour la télévision et celles vivant dans de bonnes conditions (côté positif de l'axe). Cet axe associe le niveau d'instruction de la célibataire, ses conditions de vie, et son exposition à la télévision.

Le deuxième axe factoriel explique 49% de l'inertie totale des variables-modalités retenues. Il fait ressortir d'importantes oppositions entre d'une part, les femmes célibataires socialisées en milieu rural et celles résidant à Pointe-Noire (côté négatif de l'axe) ; et d'autre part les célibataires résidant à Brazzaville et socialisées en milieu urbain (coté positif de l'axe).

b/- Projection des variables-modalités sur le plan factoriel (1,2) de l'AFCM.

L'examen du graphique IV.1 permet de mettre en relief deux groupes de femmes célibataires caractérisées selon leurs comportements sexuels. Le premier groupe est composé des femmes identifiées à la partie négative du premier axe factoriel. Le second groupe est délimité par le côté positif du premier axe factoriel et le coté négatif du deuxième axe.

Les femmes des régions du Nord du Congo, de niveau d'instruction primaire, des conditions de vie des ménages basses, et d'âge compris entre 15-19 ans à l'enquête, faisant partie intégrante du groupe 1 (GROUP1 sur le graphique IV.1), sont bien parties pour avoir une mauvaise appréhension des modes de prévention du Sida et donc des comportements sexuels à haut risque. L'examen complet de ce groupe nous édifie encore plus. Comme en aurait pu s'attendre, ces femmes ont évidemment une mauvaise connaissance des modes de prévention du Sida. Ceci est encore beaucoup plus édifiant si nous examinons les comportements sexuels. En effet, ces femmes d'ethnie Sangha et celles d'origine étrangère n'ont pas utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel.

Graphique IV 1: Premier plan factoriel de l'analyse des correspondances multiples

1AXE HORIZONTAL( 1)--AXE VERTICAL( 2)--TITRE:AFCM SUR EDS COG (2005)

NOMBRE DE POINTS : 46

==ECHELLE : 4 CARACTERE(S) = .163 1 LIGNE = .068

AXE 2

+---------------------------------------+-------PNRE--------------------+ 0 01

! ! RURA ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! TRAD ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! SUD PROTMOYE! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! TOUJ ! 1 01

! ETRG ! SEMN ! 0 01

! PRIM SXPR OUIPCHOM ! 1 01

0 +-----------------------------------JCDMESHI----KONG----CHQJ------------+ 4 01

! XNPRPARF ! 1 01

! JAMS JAMA NONP! ! 0 01

! SNIV INDEAGE3 ! 1 01

! BAS AUTR BONN CADR ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! GROUP2 ! 0 01

! GROUP1 ! ! 0 01

! RLOC ! ! 0 01

! TEKE ! 0 01

! ! ! 0 01

MOVA ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! BZVL ! 0 01

! NORD ! MBOC URBA ! 0 01

! ! SUPE! 0 01

! SGLK ! ! 0 01

---------------------------------------+-------------------------------+ 0 01

0 AXE 1

NOMBRE DE POINTS SUPERPOSES : 8

CDOM(TOUJ) AGE2(CHOM) PART(ESHI) SECD(KONG) ELEV(CHQJ) AGE1(JCDM)

CATH(PARF) PREC(SNIV)

1FIN NORMALE DU PROGRAMME ANCORR

PLACE MEMOIRE DEMANDEE : 10000

PLACE MEMOIRE UTILISEE : 2392

Le deuxième groupe (GROUP2 sur le graphique) est celui des femmes célibataires résidant à Brazzaville, de niveau d'instruction secondaire ou supérieur, vivant dans les habitations de confort élevé et regardant chaque jour la télévision. Ces conditions sont nécessaires pour que ces femmes aient de bonnes connaissances du Sida et de ces modes de prévention et partant, des comportements sexuels à risque minimal. Ces femmes célibataires, vivant dans de bonnes conditions, cadres pour la plupart, ont une bonne connaissance des modes de prévention du Sida. En plus d'avoir connu une sexualité tardive (après 16 ans), ces femmes ont pris soin d'utiliser le préservatif au cours du dernier rapport sexuel. Ce sont pour beaucoup d'entre elles, les femmes de religion catholique appartenant aux ethnies Mbochi, Téké et Kongo. Elles avaient l'âge compris entre 20 et 39 ans au moment de l'enquête.

Enfin, un examen complet de ce graphique permet de classer les célibataires par rapport aux deux comportements à risque mis en évidence dans cette étude. Remarquons que, même si les célibataires identifiées dans le groupe 1 c'est-à-dire le groupe propice aux comportements sexuels à risque, n'ont pas utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel, elles se sont cependant bien comportées par rapport au multipartenariat sexuel. A contrario, les célibataires identifiées dans le groupe2 favorable à la bonne conduite en matière de comportement sexuel ont certes utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel mais avaient par ailleurs connu plus d'un partenaire sexuel, douze mois avant l'enquête.

En somme, l'analyse descriptive a permis d'identifier les associations entre nos variables dépendantes et les comportements sexuels étudiés et de regrouper les femmes célibataires en fonction de leurs caractéristiques, ce qui nous à permis de faire les observations suivantes :

Dans le cas du multipartenariat sexuel des 12 derniers mois, le niveau d'instruction, l'âge, l'occupation, la fréquence d'exposition à la radio, la connaissance de modes de prévention du Sida et la précocité des premiers rapports sexuels sont les caractéristiques des femmes célibataires qui lui sont associées. Les femmes des niveaux supérieur, d'âge compris entre 20-34 ans , essentiellement des cadres du secteur formel, écoutant chaque jour la radio et disposant de bonnes connaissances sur le Sida, avaient avoué avoir connu plus d'un partenaire sexuel dans les 12 mois ayant précédé l'enquête.

Dans le cas de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel, les analyses ont montré que l'exposition à la radio et à la télévision, la région de résidence, le milieu de socialisation, l'ethnie, le niveau d'instruction, l'activité, les conditions de vie et les connaissances des modes de prévention du Sida étaient les caractéristiques associées à l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel appréhendées lors de l'EDSC1 2005.

Nous avions retenu quatre hypothèses dans cette étude. Après l'analyse bivariée, la quasi-totalité d'entre elles a été vérifiée. L'hypothèse selon laquelle le niveau d'instruction influence positivement les comportements sexuels des célibataires n'est vérifiée que pour la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel puisque les proportions des célibataires n'ayant pas utilisé le condom baissent avec le niveau d'instruction. En revanche, le niveau d'instruction agit négativement sur le multipartenariat sexuel des 12 derniers mois. Plus la célibataire s'instruit, plus elle multiplie les partenaires sexuels. L'hypothèse selon laquelle : Plus les célibataires disposent d'une bonne connaissance des modes de prévention du Sida, plus elles adoptent des comportements sexuels à risque minimal, n'est vérifié que pour la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Tout comme le niveau d'instruction, la connaissance de modes de prévention du Sida réduit l'occurrence de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Par rapport au multipartenariat sexuel, le constat reste le même que celui du niveau d'instruction. La connaissance de modes de prévention du Sida aurait donc un effet négatif sur le multipartenariat sexuel. L'hypothèse selon laquelle les conditions de vie déterminent les comportements sexuels des célibataires c'est-à-dire, plus elles sont élevées, plus les célibataires disposent d'un pouvoir de décision sur leur sexualité et partant, des pratiques sexuelles à risque de contamination des IST/SIDA faibles. Cette hypothèse n'est vérifiée, que pour l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Cette relation n'est pas aussi lisible car les célibataires de niveau moyen se sont plus engagées dans le multipartenariat que celle des conditions de vie basses. Mais d'une façon générale, les célibataires de niveau de vie élevé ont moins de partenaires sexuels que celles des niveaux inférieurs de l'indicateur des conditions de vie des ménages. L'hypothèse sur les médias était que l'exposition aux sources d'information relatives à l'éducation sexuelle, aux activités sexuelles à risque et aux moyens de prévention influençait positivement les comportements sexuels. Les deux principales sources d'information ici retenues étaient la télévision et la radio. D'après nos résultats, l'exposition à la télévision n'a aucune signification sur le multipartenariat sexuel des célibataires mais présente une relation positive avec l'utilisation du condom. Cette relation serait donc vérifiée seulement pour ce qui concerne l'utilisation du préservatif au dernier rapport sexuel. Quant à l'exposition à la radio, les résultats ont affirmé son association avec le multipartenariat sexuel et la non-utilisation du préservatif. Cette association serait négative, dans le cas du multipartenariat et positive, dans le cas de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

L'association n'étant pas la causalité, les corrélations dégagées à ce stade de l'analyse peuvent être fallacieuses. C'est la raison pour laquelle nous poursuivrons nos analyses dans le but d'identifier parmi toutes les caractéristiques associées, celles qui sont des déterminants des comportements sexuels des célibataires et qui peuvent servir de leviers en faveur d'une action politique visant le changement de comportement en matière de sexualité. Dès lors, l'analyse multivariée explicative nous édifiera sur ce point et fera l'objet du chapitre suivant.

CHAPITRE V

ESSAI D'EXPLICATION DE LA VARIATION DES COMPORTEMENTS SEXUELS A RISQUE

Le recours à l'analyse multivariée explicative est justifié d'une part, par le souci de mieux examiner les associations entre les caractéristiques des célibataires et leurs pratiques en matière de sexualité et d'autre part, pour identifier les déterminants les plus pertinents parmi les caractéristiques associées aux comportements sexuels de la population de référence. Dès lors, il a été jugé nécessaire de procéder par des analyses multivariées explicatives sur le multipartenariat sexuel des 12 derniers mois et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel précédant l'enquête. Pour chacun de ces comportements, les modèles pas à pas issus de la régression logistique ont été utilisés. Les modalités de référence des variables ont été sélectionnées par rapport aux effectifs. La modalité comportant l'effectif le plus important ayant constitué la référence (R).

A/- RISQUE RELATIF DES COMPORTEMENTS SEXUELS DES CELIBATAIRES

La régression logistique permet d'avoir les risques relatifs de l'occurrence des comportements sexuels étudiés. Les modèles pas à pas ont été utilisés en commençant par le modèle brut M0, modèle des variables de contrôle (précocité des rapports sexuels, l'âge, la région de résidence). Les autres variables ont été introduites successivement en commençant par celles du modèle culturelles (ethnie, milieu de socialisation, religion), ensuite, le niveau d'instruction (modèle M4), s'en est suivi les modèles M5 et M6 (activité économique et conditions de vie des ménages). Puis, l'exposition à la radio et à la télévision (M7 et M8) et enfin la connaissance des modes de prévention du Sida M9. Le modèle M9 permet l'identification des déterminants. Dans ce modèle, une variable est identifiée comme déterminant si, en plus d'avoir au moins une modalité à "odd ratio" significatif au seuil retenu, elle présente elle-même une association significative avec la variable dépendante. Nos déterminants ont été retenus au seuil de 5%.

a/- Le multipartenariat sexuel des 12 derniers mois

Le tableau V.1 présente les résultats de la régression logistique du multipartenariat sexuel des 12 derniers mois comme variable endogène avec les autres variables exogènes. Le modèle M9 est celui des déterminants du multipartenariat sexuel des célibataires dans les 12 derniers mois ayant précédé l'enquête. Pris au seuil de signification de 5%, deux variables déterminent le multipartenariat sexuel : le niveau d'instruction et la connaissance de mode de prévention du sida.

Le niveau d'instruction semble être la seule variable de l'environnement socioculturelle significativement associée au multipartenariat sexuel des célibataires. Toutes choses égales par ailleurs, le niveau d'instruction détermine le multipartenariat sexuel des célibataires. Les célibataires de bas niveau d'instruction présentant moins de risques que celles des niveaux élevés. Par rapport aux célibataires de niveau secondaire, celles de niveau primaire ont 26% fois moins de risque d'avoir connu plus d'un partenaire sexuel au cours de la période de référence. Tout comme le niveau d'instruction, la connaissance des modes de prévention du Sida augmente les risques de pratiquer ce comportement sexuel. Par rapport aux célibataires de connaissances moyennes, celles de mauvaises connaissances ont 59% fois moins de chance de pratiquer ce comportement et celles de bonnes connaissances ont 1,57 fois plus de risque.

Les modèles pas- à- pas nous ont permis de mettre en exergue les mécanismes à travers lesquels certaines variables du cadre d'analyse influencent le multipartenariat sexuel des célibataires (tableau V.1).

Le modèle M0 est celui de l'âge, la région de résidence et la précocité des rapports sexuels qui sont des variables de contrôle retenues à cet effet. Introduites simultanément, toutes ces variables contrôlent parfaitement le multipartenariat sexuel. Par exemple, les célibataires résidant au Sud du Congo ont 24% fois moins de risque que celles de Brazzaville d'avoir connu plus d'un partenaire sexuel les 12 derniers mois ayant précédés l'enquête. De plus, ce modèle produit un khi deux significatif quelque soit le seuil considéré.

Les variables ethnie, milieu de socialisation et religion ont été contrôlées par l'âge, la région de résidence et la précocité des rapports sexuels pour constituer les modèles successives M1, M2 et M3. Tout comme le modèle M0, ces modèles sont aussi significatifs quelque soit le seuil. Cependant, aucune de ces trois variables n'est significative. Le multipartenariat sexuel des célibataires au Congo ne serait donc lié, ni à l'appartenance ethnique, ni au milieu de socialisation, ni même à l'appartenance religieuse

L'intervention du niveau d'instruction (M4) réduit le risque relatif des célibataires socialisées en milieu rural, augmente ceux des modalités de la religion ainsi que ceux des étrangères dans la variable ethnie. De là, on comprend que les différences de comportement sexuel (multipartenariat sexuel) observées entre les célibataires de milieu de socialisation différent étaient dues au fait que les célibataires socialisées en milieu urbain étaient à plus de 85% instruites (niveau secondaire et supérieur, voir annexe 2. 3). L'introduction de l'activité économique (M5) et le contrôle par nos variables de confusion, fait baisser les risques relatifs des modalités des trois premiers variables à l'exception de la modalité Aucune de la variable religion. Cependant, les modalités du niveau d'instruction sont restées pratiquement identiques. Si nous faisons intervenir la variable conditions de vie (M6), la modalité Rural du milieu de socialisation passe d'un risque de 1 ,08 à un risque de 1,04. Au même moment le risque relatif des célibataires d'origine étrangère baisse de 9,4% et le niveau d'instruction ne varie sensiblement pas. Dès lors, si l'action de la socialisation (ethnie, milieu de socialisation, religion) sur le multipartenariat sexuel passe par le niveau d'instruction, il faut noter que les différences de comportement entre les célibataires plus instruites et celles moins instruites n'étaient pas dues à l'exercice d'une activité économique ou moins encore, aux conditions de vie des ménages (les risques relatifs étant sensiblement restés les mêmes). Cela nous fait comprendre que l'action de la socialisation sur ce comportement sexuel s'associe soit avec celui du niveau d'instruction soit avec celui de activité économique. Or, le contrôle de l'exposition à la télévision change la donne. La modalité Indépendante de l'activité économique devient non significative ; la modalité Sans niveau de la variable niveau d'instruction devient aussi non significative et la modalité primaire passe du seuil de 1% au seuil de 5% ; la modalité Rural voit toujours son risque relatif baisser ; même tendance pour les Etrangères et les Sangha. Tout ceci traduit le chemin emprunté par les facteurs socioculturels vers le multipartenariat sexuel (M8). A ce niveau, les différences de comportement des célibataires entre les catégories de l'activité économique étaient probablement dues à l'exposition ou non aux medias des unes ou des autres. Dès lors, l'exposition à la télévision jouerait d'une inhibition des effets de l'activité économique et du niveau d'instruction sur le multipartenariat sexuel.

Enfin, l'intervention de la connaissance des modes de prévention du Sida (M9) n'apporte pas d'importants changements par rapport à M8. Cependant, avec les influences des autres variables du modèle, l'introduction de cette variable a modifié les risques relatifs des autres variables. On constate aussi que la connaissance des modes de prévention du Sida est significativement associée au multipartenariat sexuel ; et les célibataires de bonnes connaissances présentant plus de risque que celles partiellement informées des modes de prévention du Sida. Comme dit précédemment, si l'on fixe le seuil de signification à 5%, le dernier modèle M9 donne les deux déterminants du multipartenariat sexuel des célibataires dans les 12 derniers mois ayant précédé l'enquête.

Tableau V.1: Risque relatif du multipartenariat sexuel des 12 deniers mois

Variables modalités

Mo

M1

M2

M3

M4

M5

M6

M7

M8

M9

Ethnie

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Bembé

Mbochi

Téké

Kongo

Sangha/Likouala

Etrangère

( R )

0,827

1,107

1,191

1,067

0,76

( R )

0,822

1,109

1,178

1,082

0,76

( R )

0,86

1,16

1,2

1,11

0,79

( R )

0,84

1,14

1,21

1,06

0,85

( R )

0,818

1,11

1,14

1,03

0,81

( R )

0,82

1,12

1,17

1

0,77

( R )

0,796

1,08

1,139

0,986

0,78

( R )

0,833

1,14

1,2

0,99

0,73

( R )

0,84

1,15

1,24

1,01

0,71

Socialisation

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Urbain

Rural

( R )

1,2

( R )

2,05

( R )

1,2

( R )

1,073

( R )

1,81

( R)

1,036

( R )

1,77

( R )

1,75**

Religion

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Catholique

Protestante

Traditionnelle

Aucune

Autre chrétienne

( R )

0,89

0,8

0,83

0,82

( R )

0,91

0,92

0,91

0,83

( R )

0,91

0,872

0,926

0,81

( R )

0,93

0,92

0,91

0,81

( R )

0,912

0,897

0,954

0,811

( R )

0,92

0,94

0,91

0,81

( R )

0,91

0,97

0,98

0,83

nstruction

 

***

***

***

**

**

**

Sans niveau

Primaire

Secondaire

Supérieur

0,58*

0,67***

( R )

1,28

0,58*

0,68***

( R )

1,28

0,58*

0,68***

( R )

1,29

0,595

0,7***

( R )

1,27

0,61

0,71**

( R )

1,25

0,63

0,742**

( R )

1,21

Activité éco

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Chômeur

Cadre

Indépendante

Précaire

( R )

0,841

1,21*

( R )

1,48

1,27*

1,03

( R )

0,83

1,22

1,01

( R )

1,41

1,24

1,01

( R )

1,4

1,27*

0,99

Conditions de vie

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Bas

Moyen

Elevé

0,821

( R )

1,07

0,75

( R )

1,07

0,84

( R )

1,06

0,871

( R )

1,04

Exposit° Radio

 

Ns

Ns

Ns

jamais

parfois

Chaque jour

( R )

0,836

0,897

( R )

1,05

1,12

( R )

1,03

1,1

Exposition télé

 

Ns

Ns

jamais

parfois

Chaque jour

( R )

1,16

1,12

( R )

1,14

1,13

Connaiss/ sida

 

***

Mauvaise

Partielle

Bonne

0,41**

( R )

1,57**

Groupe d'âges

***

***

***

***

***

***

***

***

***

***

15-19

20-24

25-29

30-49

( R )

7,50***

3,29***

1,78***

( R )

7,53***

3,24***

1,78***

(R )

7,53***

3,23***

1,78***

( R )

7,54***

3,24***

1,78***

( R )

7,10***

2,98***

1,69**

( R )

6,82***

2,79***

1,47*

( R )

6,0***

2,30***

1,5**

( R )

6,7***

2,7***

1,50**

( R )

6,96***

2,82***

1,56**

( R )

6,98***

2,82***

1,54**

Régione

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Brazzaville

Pointe Noire

Sud

Nord

( R )

1,06

0,76**

0,87

( R)

1,08

0,77

0,97

( R )

1,08

0,84

1,09

( R )

0,57**

0,69**

0,96

( R )

0,625*

0,82

1,14

( R )

1,14

0,895

1,15

( R )

0,67

0,97

1,34

( R )

1,11

1,1

1,43

( R )

0,685

1,03

1,42

( R )

0,71

1,05

1,41

Age au 1er rapport sexuel

***

***

***

***

***

***

***

***

***

***

Age<16 ans

Age>=16 ans

10,7***

( R )

10,7***

(R )

10,8***

( R )

10,9***

( R )

11,2***

( R )

10,8***

( R )

11,2***

( R )

11,***

( R )

11,3***

( R )

11,7***

( R )

KHI-DEUX

626,78***

630,78***

631,42***

642,22***

653,87***

653,92***

654,03***

654,1***

654,72***

667,12***

Source : Traitement données EDSC-1; (***P<=1% ; **P<=5% ; *P<=10%. ; Ns  Non significatif )

b/- La non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel

Il ressort des analyses de régression logistique faites que trois facteurs déterminent la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel chez les célibataires enquêtées à savoir : l'ethnie, le niveau d'instruction, et les conditions de vie des ménages dans lesquelles vivent ces célibataires.

On observe, toutes choses égales par ailleurs que le risque de n'avoir pas utilisé le condom est plus élevé chez les célibataires "Sangha et Etrangères" que chez les autres ethnies. En effet, comparées aux célibataires "Bembé", les célibataires "Sangha" et "Etrangères" ont respectivement 3,66 et 4,2 fois plus de risque de n'avoir pas utilisé le condom au dernier rapport sexuel. On observe aussi une relation significative entre le niveau d'instruction et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Par rapport aux célibataires de niveau d'instruction secondaire, celles de niveau primaire ont 2,05 fois plus de risque de ne s'être pas protégées et celles de niveau supérieur en ont 1,04 fois plus. Par ailleurs, les conditions de vie des ménages ont aussi été identifiées comme déterminant de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel car, en plus d'avoir une de ces modalités significative, elle offre une association significative à 1%. Cela d'autant plus que, par rapport aux célibataires vivant dans de bonnes conditions, celles de conditions moyennes ont 2,05 fois plus de risque de n'avoir pas utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel précédant l'enquête.

Le modèle M0 qui est celui des variables susceptibles de semer la confusion, montre qu'aucune modalité de l'âge n'est significative et que l'utilisation du préservatif varie beaucoup plus par rapport à la région de résidence que par rapport à l'âge ou à l'âge au premier rapport sexuel. Aussi, le modèle lui-même reste très significatif quelque soit le seuil.

L'introduction de l'ethnie (M1), montre des écarts très significatifs entre les différentes modalités de cette variable. Par rapport aux célibataires de l'ethnie Bembé, celles de l'ethnie Sangha ont 3,3 fois plus de risque de n'avoir pas utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel ; celles étrangères ont 5,1 fois plus. Aussi cette variable est significative au seuil de 5%. L'intervention du milieu de socialisation (M2) modifie les risques relatifs des modalités de la variable ethnie tout en la maintenant significative au seuil de 5%. Cependant, même si ce modèle reste significatif au seuil de 1%, cette variable ne présente aucune association significative (toutes choses égales par ailleurs) avec la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

L'introduction de la religion (M3), une fois contrôlés la région de résidence, l'âge et la précocité des rapports sexuels, fait ressortir l'ethnie comme seule variable socioculturelle du cadre familial à être significative ; et on observe que les femmes célibataires de l'ethnie Sangha ont 3,38 fois plus de risque que le grand groupe Bembé, de n'avoir pas recouru au condom lors du dernier rapport sexuel. Notons aussi que dans ce modèle tout comme dans tous les autres d'ailleurs, les célibataires de nationalité étrangère se sont plus entraînées dans les rapports non protégés que les locales.

L'introduction du niveau d'instruction après contrôle par la région de résidence, l'âge et la précocité des rapports sexuels (M4) a accentué les risques des femmes Mbochi, Téké et Sangha et réduit ceux des célibataires d'origine étrangère. Dès lors, les différences observées entre les femmes célibataires Bembé et celles Téké, Sangha et Etrangères étaient dues donc en partie au fait que les célibataires Bembé étaient plus instruites que les Téké, Sangha et étrangère. Le niveau d'instruction intervient alors comme une variable d'intermédiation entre l'ethnie et la non-utilisation du condom lors du dernier rapport sexuel précédent l'enquête chez les femmes célibataires résidant au Congo. Aussi, comme en témoigne la modalité Primaire, le niveau d'instruction reste une variable significativement associée à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. En effet, comparées aux femmes de niveau secondaires, celles du niveau primaire ont 2,22 fois plus de risque de n'avoir pas utilisé les préservatifs aux derniers rapports sexuels. Ceci confirme l'hypothèse selon laquelle le niveau d'instruction influencerait positivement les comportements sexuels. L'introduction des facteurs économiques et le contrôle par l'âge, la région et la précocité des rapports sexuels (M6) diminue les risques des modalités significatives des variables ethnie et niveau d'instruction. Le niveau économique serait donc un facteur intermédiaire des effets de l'ethnie et du niveau d'instruction sur la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. En d'autres termes, les différences comportementales précédemment observées entre les Sangha et les Bembé et entre les célibataires de niveau secondaire et celles de niveau primaire étaient dues aux différences de pauvreté entre ces groupes.

Dans le modèle M8 il a été introduit la variable exposition à la télévision et contrôlé comme tous les autres modèles d'ailleurs par l'âge, la région de résidence et la précocité des rapports sexuels. L'exposition à la télévision tout comme l'exposition à la radio n'est pas significativement associée à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel et cela quelque soit le seuil. Remarquons cependant que les modalités Sangha et Etrangère de la variable ethnie restent toujours significatives mais la première ayant timidement gagné en risque et la deuxième l'ayant perdu. Par ailleurs, si l'on regarde bien le risque relatif de la modalité primaire de la variable niveau d'instruction, on constatera une légère hausse ; mais aussi une légère baisse de la modalité de la variable condition de vie des ménages. On peut donc conclure que l'exposition aux medias n'a qu'une subtile influence dans les différences de comportement observées entre les différentes catégories des autres variables introduites précédemment.

L'introduction de la connaissance des modes de prévention du Sida et le contrôle par l'âge, la région de résidence et la précocité des rapports sexuels (M9) a accentué les risques relatifs des modalités Sangha et Etrangères de la variable ethnie et réduit celles des variables niveau d'instruction et condition de vie des ménages (Primaire et Moyenne respectivement). On pourrait dès lors dire que le chemin de l'ethnie, de l'instruction et des conditions de vie des ménages vers la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel passerait aussi par la connaissance des modes de prévention du Sida. Mais pris comme telle, cette variable n'est pas un déterminant de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel chez les célibataires du Congo.

Tableau V.2 : Risque relatif de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel

Variable/ modalité

Mo

M1

M2

M3

M4

M5

M6

M7

M8

M9

Ethnie

 

**

**

**

**

**

**

**

**

**

Bembé

Mbochi

Téké

Kongo

Sangha/

Etrangère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(R )

0,89

1,42

0,98

3,3**

5,1***

( R )

0,903

1,407

1,02

3,06*

5,1***

( R )

0,91

1,4

0,98

3,38**

4,79**

( R )

0,94

1,45

0,97

3,5**

4,37**

( R )

0,936

1,45

1,04

3,06*

3,96**

( R )

0,99

1,53

1

3,38**

4,13**

( R )

0,99

1,54

1,06

3,41**

4,01**

( R )

1

1,55

1,05

3,5**

4,03**

( R )

1,04

1,63*

1,05

3,66**

4,2**

Socialisation

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Urbain

Rural

( R )

0,8

( R )

0,82

( R )

0,88

( R )

0,8

( R )

0,89

( R )

0,9

( R )

0,93

( R )

0,95

Religion

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Catholique

Protestante

Traditionnelle

Aucune

Autre chrétienne

( R )

1,15

1,75

1,14

1,12

( R )

1,12

1,47

1,05

1,13

( R )

1,1

1,41

1,026

1,12

( R )

1,12

1,51

1,11

1,14

( R )

1,11

1,55

1,098

1,156

( R )

1,1

1,5

1,1

1,15

( R )

1,11

1,5

1,04

1,13

Instruction

 

**

**

**

**

**

**

Sans niveau

Primaire

Secondaire

Supérieur

2,01

2,22***

( R )

0,95

1,91

2,21***

( R )

0,96

1,8

2,1***

( R )

0,97

1,78

2,1***

( R )

0,99

1,82

2,08***

( R )

0,99

1,91

2,05***

( R )

1,04

Activité éco

 

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Chômeur

Cadre

Indépendante

Précaire

( R )

0,914

1,254

1,16

( R )

1,45

1,12

1,16

( R )

1,42

1,01

1,16

( R )

1,44

1,09

1,15

( R )

1,42

1,08

1,14

Conditions de vie

 

***

***

***

***

Bas

Moyen

Elevé

1.17

2,58***

( R)

1,5*

2,55***

(R) )

1,53

2,53***

(R )

1,46

2,51***

(R )

Exposition Radio

 

Ns

Ns

Ns

jamais

parfois

Chaque jour

( R )

1,15

1,3

( R )

1,11

0,84

( R )

1,14

0,87

Exposition télé

 

Ns

Ns

jamais

parfois

Chaque jour

( R )

1,04

1

( R )

1,02

0,98

Connaissace / Sida

 

Ns

Mauvaise

Partielle

Bonne

323,9

( R )

0,81

Groupe d'âges

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

15-19

20-24

25-29

30-49

( R )

0,89

0,92

1,07

( R )

0,881

0,83

1,04

( R )

0,872

0,838

1,02

( R )

0,87

0,821

1,04

( R )

0,92

0,89

1,14

( R )

0,899

0,896

1,04

( R )

0,87

0,83

0,95

( R )

0,87

0,83

0,96

( R )

0,87

0,83

0,97

( R )

0,91

0,84

1

Région -résidence

***

***

**

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Brazzaville

Pointe Noire

Sud

Nord

( R )

0,85

1,81***

3,19***

( R )

0,857

1,88***

2,16**

( R )

0,87

1,59*

1,67

( R )

0,98

1,85**

2,03**

( R )

0,87

1,5

1,6

( R )

0,87

1,29

1,41

( R )

0,87

1,02

1,2

( R )

0,87

1,02

1,2

( R )

0,87

1,05

1,18

( R )

0,86

1,06

1,19

Age au 1er rappor

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Ns

Age<16 ans

Age>=16 ans

0,96

( R )

0,94

( R )

0,93

( R )

0,95

( R )

0,88

( R )

0,88

( R )

0,86

( R )

0,85

( R )

0,86

( R )

0,84

( R )

KHI-DEUX

36,0***

55,3***

57***

57***

75***

75***

91,***

93***

94***

103***

Source : Traitement EDSC-1; (***P<=1% ; **P<=5% ; *P<=10% ;Ns non significatif)

B/- CONTRIBUTION DES VARIABLES A L'EXPLICATION DE LA VARIATION DES COMPORTEMENTS SEXUELS

Une fois identifiés les déterminants des comportements sexuels et mis en évidence les mécanismes par lesquelles ces déterminants agissent, nous allons dans cette section procéder à une hiérarchisation des facteurs à partir de leur contribution. Il s'agit en fait du pouvoir explicatif de chacun des déterminants qui permet de les classer par ordre de grandeur dans l'explication du comportement sexuel considéré. Comme nous l'avons signifié précédemment, les déterminants ont été retenus au seuil de signification de 5%.

a/- Aspects méthodologiques

Cx: Contribution de la variable

: Khi-2 finale

: Khi-2 sans la variable

La contribution des différentes variables a été calculée à l'aide de la méthode suivante :

Pour obtenir s, on retire la variable du modèle final et l'on applique la régression logistique pour ce nouveau modèle ou modèle sans la variable et en ne prenant que son Khi deux. On répète la même méthode pour chacune des déterminants.

b/- Hiérarchisation des facteurs

Les tableaux V.3 et V.4 présentent la hiérarchisation des déterminants selon leur contribution à l'explication de la variation des comportements sexuels.

Dans l'explication du multipartenariat sexuel, la connaissance des modes de prévention du Sida a été identifiée comme facteur n°1. Ce facteur est suivi par le niveau d'instruction. Par contre dans le cas de la non-utilisation du condom, les conditions de vie des ménages prennent la première place des déterminants, ensuite l'ethnie et enfin le niveau d'instruction.

Tableau V.3: Hiérarchisation des déterminants du multipartenariat sexuel des 12 derniers mois

Variables

 
 

Cx (%)

Rang

Niveau d'instruction

667,12

661,23

0 ,88

2

Connaissance de la prévention

667,12

654,72

1,85

1

= Khi-deux du modèle saturé (final)

= Khi-deux du modèle sans la variable explicative considérée (celle en ligne)

Cx(%) =(- )/ exprimé en pourcent

Tableau V.4 : Hiérarchisation des déterminants de la non- utilisation du condom au dernier rapport sexuel

Variables

 
 

Cx (%)

Rang

Ethnie

103,2

88,34

14,40

2

Niveau d'instruction

103,2

90,55

12,30

3

Conditions de vie des ménages

103,2

87,26

15,44

1

= Khi-deux du modèle saturé (final)

= Khi-deux du modèle sans la variable explicative considérée (celle en ligne)

Cx(%) =(- )/ exprimé en pourcent

Le Cx mesure la variation relative du khi deux dans le modèle lorsque la variable explicative j est retirée. Il mesure donc l'importance de cette variable.

C/- SYNTHÈSE DES RÉSULTATS

Une bonne synthèse ne saurait être dégagée sans une confrontation des risques relatifs des deux comportements sexuels mis en évidence dans cette étude. Cette confrontation à pour but de dégager la typologie des célibataires les plus exposées au risque de contracter les IST/VIH/SIDA.

Si nous examinons horizontalement chacune des variables indépendantes par rapport au multipartenariat sexuel et à la non-utilisation du condom (tableau V.5), nous constaterons, dans le cas de l'ethnie, une diversité ethnique dans les comportements sexuels des célibataires. Les célibataires étrangères ont le risque le plus élevé de la non utilisation du condom au dernier rapport sexuel. A risque relatif de la non-utilisation du condom pratiquement identique, les Kongo sont plus enclin au "multipartenarisme sexuel" que les Mbochi. L'utilisation des préservatifs favoriserait donc le multipartenariat sexuel dans certaines ethnies. Les différences observées selon l'ethnie seraient dues aux différences des moeurs sexuelles mais surtout aux disparités de scolarisation. En effet, 30% des Kongo sont de niveau secondaire alors pour le même niveau on retrouve 16% des Mbochi, 15% des téké, 5% des Sangha et 4% des étrangères (annexe 2.1)

Sous l'effet du célibat, le multipartenariat varie beaucoup selon le niveau d'instruction car les risques associés y sont inégalement repartis en défaveur des célibataires bien instruites. Cependant les célibataires sans niveau et celles de niveau primaire présentent les risques plus grands de n'avoir pas utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel. Les célibataires sans religion ont le risque le plus élevé du multipartenariat sexuel alors que les adeptes des religions traditionnelles ont les risques plus grands de la non utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Dès lors, on serait tenté de dire que l'appartenance à l'une ou l'autre des formes de religion au Congo empêcherait le multipartenariat sexuel chez les femmes célibataires alors que l'appartenance aux religions traditionnelles encouragerait de plus en plus la non-utilisation du préservatif. L'examen horizontal des risques de comportements sexuels liés au milieu de socialisation indique que les célibataires socialisées en milieu rural semblent pratiquent moins le multipartenariat que celles socialisées en milieu urbain. D'un autre côté, la socialisation en milieu rural favoriserait à 0,05 près, l'utilisation des condoms que la socialisation en milieu urbain.

La confrontation des comportements sexuels par rapport aux caractéristiques économiques montre des résultats plus que controversés contrairement à ce que l'on aurait pu s'attendre. Par exemple, les célibataires des conditions de vie très basses ont les risques les plus bas du multipartenariat sexuel alors que par rapport à ce statut économique, elles devraient être les plus aptes à adopter ce comportement sexuel; ou encore, les célibataires cadres sont celles qui ont le moins utilisé le préservatif au dernier rapport sexuel. Ces observations laissent plus que de doutes dans la réalisation de notre hypothèse 4 du cadre d'analyse selon laquelle « Les conditions de vie des ménages où vivent les célibataires déterminent leurs comportements sexuels. Plus elles sont bonnes, plus les célibataires disposent d'un pouvoir de décision sur leur sexualité et partant, des pratiques sexuelles à moindre risque de contamination des IST/VIH/SIDA ». Cette hypothèse n'est donc pas confirmée.

Si nous examinons l'exposition à la télévision et à la radio, nous constaterons une certaine irrégularité des risques quelque soit le comportement considéré. En d'autre terme, l'exposition aux medias augmente les risques du multipartenariat sexuel puisque celles qui n'étaient jamais exposées ni à la radio ni à la télévision avaient, au moment de l'enquête, moins de risques que les abonnées (quelque soit la fréquence d'exposition) des médias. Pour la non-utilisation du condom, il faut noter que celles qui étaient chaque jour exposées aux médias avaient un léger avantage que celles qui ne l'avaient jamais été. Aussi, les célibataires qui n'ont pas de régularité dans le suivi de la télévision et la radio, ont des risques plus élevés que celles qui ne regardent jamais la télévision et n'écoutent pas la radio.

Dans le cas de la connaissance des modes de prévention du Sida, la confrontation des comportements sexuels présente des résultats plus que satisfaisants, pour la non-utilisation du condom et très décevant pour ce qui est du multipartenariat sexuel, et tout ceci, en rapport avec nos hypothèses. En effet, dans le premier cas, le risque relatif de contracter les IST/VIH/SIDA diminue au fur et à mésure que s'améliorent les connaissances des modes de prévention, et dans le deuxième cas, la bonne connaissance des modes de prévention a augmenté les chances pour une femmes d'avoir plus d'un partenaire sexuel. D'où, l'hypothèse selon laquelle « Plus les célibataires disposent d'une bonne connaissance des modes de prévention du Sida, plus elles adoptent des comportements sexuels à risque minimal » n'est vérifiée que pour le cas de la non-utilisation des condoms.

Enfin, l'on retiendra que dans le cas du Congo, le multipartenariat sexuel est beaucoup plus l'affaire des célibataires jeunes (20-24 ans) des ethnies Kongo et Bembé qui sont les plus instruites de toutes les ethnies, qui sont par ailleurs exposées aux médias et disposent de bonnes connaissances sur le Sida. Par contre la non-utilisation du condom est l'apanage des 15- 19 ans et des 30-34 ans, essentiellement celles de l'ethnie Sangha et celles d'origine étrangères, résidant pour la plus part d'entre elles au Nord du pays. Le faible niveau d'instruction, la non exposition aux medias et la mauvaise connaissance des modes de prévention du Sida ont aussi conduit les célibataires de ces deux groupes d'âges à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

Tableau V.5 : Tableau récapitulatif des risques relatifs des comportements sexuels

Variables et modalités

Multipartenariat sexuel

Non-utilisation du condom

Ethnie

Ns

**

Bembé

Mbochi

Téké

Kongo

Sangha

Etrangère

(R)

0,84

1,15

1,24

1,01

0,71

(R)

1,04

1,63*

1,05

3,66**

4,2**

Milieu de socialisation

Ns

Ns

Urbain

Rural

(R)

0.988

(R)

0,95

Religion

Ns

Ns

Catholique

Protestante

Traditionnelle

Aucune

Autre chrétienne

(R)

0,91

0,97

0,98

0,83

(R)

1,11

1,5

1,04

1,13

Niveau d'instruction

**

**

Sans niveau

Primaire

Secondaire

Supérieur

0,63

0,742**

(R)

1,21

1,91

2,05***

(R)

1,04

Activité économique

Ns

Ns

Chômeur

Cadre

Indépendante

Précaire

(R)

1,4

1,27*

0,99

(R)

1,42

1,08

1,14

Conditions de vie des ménages

Ns

***

Bas

Moyen

Elevé

0,83

0,96

(R )

1,46

2,51***

(R )

Exposition Radio

Ns

Ns

jamais

parfois

Chaque jour

(R)

1,03

1,1

(R)

1,14

0,87

Exposition télé

Ns

Ns

jamais

parfois

Chaque jour

(R)

1,14

1,13

(R)

1,02

0,98

Connaissance de la prévention

***

Ns

Mauvaise

Partielle

Bonne

0,41**

(R)

1,57**

323,9

(R)

0,81

Groupe d'âges

***

Ns

15-19

20-24

25-29

30-49

(R)

6,98***

2,82***

1,54**

(R)

0,91

0,84

1

Région de résidence

Ns

Ns

Brazzaville

Pointe Noire

Sud

Nord

(R)

0,71

1,05

1,41

(R)

0,86

1,06

1,19

Précocité de la sexualité

***

Ns

Age<16 ans

Age>=16 ans

11,73***

(R)

0,84

(R)

KHI-DEUX

667,12***

103,02***

Source : Traitements des données de l'EDSC-1 

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS

La sexualité des femmes célibataires est un réel problème quand les risques pouvant entraîner des grossesses précoces et non désirées ou encore des IST/VIH/SIDA y sont pris. Les conséquences en sont coûteuses aussi bien pour la famille et la société que pour la femme elle-même (taux élevés de la séroprévalence ; décès des mères dû au Sida ; les orphelins du Sida etc.). Les résultats fournis par le chapitre IV ont permis d'identifier, toutes choses non égales par ailleurs, les facteurs associés aux comportements sexuels des célibataires parmi lesquels la connaissance des modes de prévention du Sida; cependant, lorsqu'on a intégré l'ensemble de ces facteurs dans un modèle de régression logistique (chapitre V), très peu se sont révélés être des facteurs déterminants des comportements sexuels, avec la connaissance de modes de prévention du Sida toujours présente et en tête des déterminants du multipartenariat sexuel. Cette section traitera des implications des résultats obtenus au chapitre V. Tout d'abord, il sera examiné la manière dont se présentent les résultats par rapport aux hypothèses. Il sera présenté ensuite les relations entre ces résultats et les recherches et théories antérieures. Enfin, les limites de cette étude ainsi que les suggestions pour les recherches futures seront discutées.

La présente étude s'était assignée l'objectif global de déceler le mécanisme par lequel, le profil des femmes célibataires influence leurs comportements sexuels, en tenant compte du contexte particulier de sortie de crise dans lequel se trouvent les femmes célibataires en République du Congo. Pour atteindre cet objectif, nous nous sommes fixés cinq objectifs spécifiques :

· Déterminer le profil des femmes célibataires les plus exposées aux VIH/SIDA ;

· Vérifier si la bonne ou la mauvaise connaissance que l'on a du Sida, influence son comportement sexuel ;

· Identifier les déterminants des comportements sexuels à risques chez les célibataires au Congo;

· Hiérarchiser les déterminants selon leur pouvoir explicatif des comportements sexuels à risques chez les célibataires.

· Proposer des pistes d'intervention pour l'amélioration de la situation.

Une synthèse de la littérature sur les comportements sexuels avait été faite dans laquelle les approches socioculturelle et économique d'explication des comportements sexuels des femmes célibataires ont constitué le fondement théorique de cette étude. De cette synthèse, ont été élaborées les hypothèses ainsi que le schéma conceptuel des comportements sexuels ; la logique de ce schéma voulant que les facteurs socioculturels et économiques influencent directement ou indirectement les comportements sexuels des femmes célibataires résidant au Congo pour la période de référence. L'ethnie, le milieu de socialisation, la religion et le niveau d'instruction ont été retenus comme variables du socioculturel quand l'activité et les conditions de vie des ménages constituaient celles de l'économique. L'exposition à la télévision et à la radio ainsi que la connaissance des modes de prévention du Sida ont assuré la fonction des variables intermédiaires entre les variables de l'économique et du socioculturel et les comportements sexuels (multipartenariat sexuel des 12 derniers mois et non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel) des célibataires. L'ensemble de ces variables ont, toutes choses égales par ailleurs, été contrôlé par la région de résidence, l'âge et la précocité des rapports sexuels.

Cette étude s'est réalisée avec les données de la toute première Enquête Démographique et de Santé menée au Congo Brazzaville en 2005. Il s'agissait en fait des données sur l'enquête individuelle femme dans laquelle les célibataires de 15-49 ans ont été sélectionnées pour constituer notre population d'étude. Même si ces données n'étaient pas de très bonne qualité d'après les méthodes statistiques d'évaluation, elles n'étaient pas non plus de nature à remettre totalement en cause les résultats de nos analyses. Les analyses bivariées et multivariées ont permis de tester nos hypothèses du schéma d'analyse. Nous avions retenu quatre hypothèses dans cette étude.

Après l'analyse bivariée, la quasi-totalité d'entre elles a été vérifiée. L'hypothèse selon laquelle le niveau d'instruction influence positivement les comportements sexuels relatifs aux VIH/SIDA ne s'était vérifiée que pour la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. En revanche, le niveau d'instruction agit négativement sur le multipartenariat sexuel des 12 derniers mois. Plus la célibataire s'instruit, plus elle multiplie les partenaires sexuels. L'hypothèse selon laquelle : "Plus les célibataires disposent de bonne connaissance des modes de prévention du Sida, plus elles adoptent des comportements sexuels à risque minimal", n'est vérifiée aussi que pour la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Tout comme le niveau d'instruction, la connaissance de modes de prévention du Sida réduisait l'occurrence de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. L'hypothèse selon laquelle "les conditions de vie déterminent les comportements sexuels des célibataires c'est-à-dire, plus ces conditions sont bonnes, plus les célibataires disposent d'un pouvoir de décision sur leurs sexualités et partant, des pratiques sexuelles à moindre risque de contamination des IST/VIH/SIDA". Cette hypothèse n'est vérifiée que pour la non utilisation du condom au dernier rapport sexuel. L'hypothèse sur les médias était que l'exposition aux sources d'information relatives à l'éducation sexuelle, aux activités sexuelles à risque et aux moyens de prévention influençait positivement les comportements sexuels. Les deux principales sources d'information ici retenues étaient la télévision et la radio. D'après nos résultats, l'exposition à la télévision n'a révélé aucune association avec le multipartenariat sexuel des célibataires mais présentait une relation positive avec l'utilisation du condom. Quant à l'exposition à la radio, les résultats ont confirmé son association avec le multipartenariat sexuel et la non-utilisation du préservatif. Cette association serait négative, dans le cas du multipartenariat et positive, dans le cas de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

Les résultats issus de l'AFCM nous ont par ailleurs permis de catégoriser les célibataires par rapport aux comportements sexuels. Le bon niveau d'instruction (secondaire et plus), l'aisance matérielle, l'ouverture aux médias et la bonne connaissance du Sida ont entraîné le multipartenarisme sexuel chez certaines célibataires alors que le manque d'information a occasionné la non-utilisation du préservatif chez d'autres. Dès lors, le multipartenariat sexuel des femmes célibataires en République du Congo serait un comportement dû beaucoup plus à l'ouverture aux moeurs et valeurs occidentales qu'à la pauvreté économique qui caractérise cette population.

Si à travers ces résultats on peut se faire une idée des causes de la non-utilisation des préservatifs chez les femmes célibataires, le multipartenariat sexuel exige en revanche que soient menées des études qualitatives qui permettraient de cerner les raisons et les motivations des populations étudiées pour ce comportement sexuel.

Au niveau multivarié, les analyses ont donné des résultats allant dans le même sens que ceux de l'analyse bivariée. En effet, en présence de toutes les autres variables, le niveau d'instruction, le niveau de vie, l'exposition à la télévision et à la radio ainsi que la connaissance de modes de prévention du Sida ont réduit les risques de la non-utilisation du condom et augmenté ceux du multipartenariat sexuel des célibataires.

Au niveau de la vérification des hypothèses, par rapport au multipartenariat sexuel, aucune hypothèse n'a été vérifiée. Bien au contraire, les analyses ont fourni des résultats montrant des relations allant dans le sens inverse des hypothèses, lorsque ceux-ci n'ont pas été disparates. Il suffit juste de regarder les risques relatifs de l'indicateur de connaissance, de l'indicateur de niveau de vie et du niveau d'instruction pour s'en apercevoir (tableau V 1 et 2). Plus explicitement, le niveau d'instruction, les conditions de vie des ménages, l'exposition à la télévision et à la radio ainsi que la connaissance des modes de prévention du Sida influencent négativement le multipartenariat sexuel des célibataires, toutes choses égales par ailleurs.

Par rapport à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel, la connaissance des modes de prévention a produit les effets attendus. En d'autres termes, l'hypothèse formulée sur les connaissances des modes de prévention du Sida retrouve son efficacité théorique dans le cas de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Ceci voudrait dire que le risque de ne pas utiliser le préservatif au rapport sexuel diminue au fur et à mésure qu'augmentent les connaissances relatives aux VIH/SIDA. Les autres hypothèses n'ont pas été vérifiées, toutes choses égales par ailleurs, car présentant des effets disparates.

Il a été aussi question d'identifier les déterminants des comportements sexuels parmi les facteurs associés et établir les mécanismes à travers lesquels, les variables indépendantes agissent sur les comportements sexuels étudiés. Le niveau d'instruction, et la connaissance des modes de prévention du Sida ont été identifiés comme déterminants du multipartenariat sexuel des célibataires. Toutes ces variables ont augmenté les risques du multipartenariat sexuel

Les facteurs explicatifs de la non-utilisation des condoms ont été l'ethnie, le niveau d'instruction et les conditions de vie des ménages. Ainsi, l'appartenance aux groupes ethniques Téké, Sangha et l'origine étrangère des célibataires a augmenté considérablement les risques de la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel précédant l'enquête. Le niveau d'instruction présente un effet assez positif sur l'utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Par rapport à la référence (niveau secondaire), les autres niveaux présentent un risque nettement plus grand. Les conditions de vie des ménages ont aussi augmenté les risques associés

En définitive, les résultats de cette étude ont confirmé le haut niveau des risques de contamination du Sida dans la population étudiée (multipartenariat sexuel 62% ; non-utilisation du condom 78%, confère tableau III.7). Les résultats ont aussi montré que le multipartenariat sexuel et la non-utilisation du condom variaient considérablement aussi bien en fonction des conditions économiques que des caractéristiques socioculturelles des intéressées. Les résultats observés au niveau bivarié ont été partiellement respectés au niveau multivarié. En d'autres termes, la connaissance de modes de prévention du Sida est restée associer au multipartenariat sexuel et les conditions économiques y sont restées associer à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Ce dernier résultat montre l'évidence que la pauvreté, telle que mesurée ici, peut être imparfaitement, n'est pas un facteur du multipartenariat sexuel des célibataires résidant au Congo. L'on s'achemine petit à petit vers ce qui risquera d'être un dilemme "Multipartenariat sexuel/Non-utilisation de préservatifs aux rapports sexuel". En effet, un programme élargi d'information, d'éducation de communication et d'amélioration des conditions de vie aura tendance à augmenter la pratique du multipartenariat sexuel et élevé les taux d'utilisation des préservatifs aux rapports sexuels. A contrario, un programme de sensibilisation, centré essentiellement sur l'abstinence et la fidélité risquera d'encourager la non-utilisation des condoms et défavoriser le multipartenariat sexuel. Tout ceci témoigne des mutations que subit la société congolaise face aux effets de l'ouverture aux valeurs occidentales.

Les résultats issus de cette étude semblent par ailleurs valider les recherches antérieures de la variable ethnie sur les comportements sexuels. Les études ont montré que la sexualité à haut risque avait tendance à être adopté dans les ethnies où les moeurs en matière de sexualité étaient beaucoup plus permissives (Rwengé 1999 b). Pour notre cas, cette relation ne se dessine que pour le multipartenariat sexuel. En effet, les célibataires de l'ethnie Kongo connue au Congo par sa permissivité en matière de sexualité, se sont mal comportées les 12 derniers mois précédant l'enquête que celles des ethnies du Nord (Mbochi, Sangha) dont les normes sont moins permissives. Les différences ethniques des comportements sexuels résulteraient donc en définitive de celles des modèles culturels en matière de genre et de sexualité. Cette hypothèse nous semble pertinente aussi bien dans le cas du multipartenariat sexuel que de l'utilisation du condom. Nos résultats s'alignent bien derrière ceux de Daga (2007) qui, étudiant les comportements sexuels des adolescentes au Bénin, avait trouvé que le multipartenariat sexuel était beaucoup plus pratiqué par les adolescentes de l'ethnie Fan, permissive en matière de sexualité que celles de l'ethnie Adja moins permissive. Mais en ce qui concerne l'utilisation du condom, la prise de conscience du Sida se traduirait moins par des comportements chez les Kongo à moindre risque que chez les Sangha.

En fin de compte, les différences de comportements sexuels entre les célibataires différemment instruites, d'ethnie et de milieu de socialisations distinctes posent le problème fondamental de l'affaiblissement du contrôle social de la famille. Il s'agit globalement aussi de la place actuelle des mécanismes de régulation sociale qui sont en perte de vitesse dans la quasi-totalité des sociétés en mutation, mais à un rythme inégal.

Les résultats observés au niveau de l'exposition aux medias et au niveau des connaissances du Sida ne sont pas conformes à nos attentes et semblent plutôt appuyer les conclusions des experts de l'ONUSIDA (Rapport 2002) selon lesquelles, en dépit de la sensibilisation et des connaissances acquises sur les IST/VIH/SIDA, les comportements ne suivent pas, notamment chez les jeunes célibataires, ce qui faisait dire à ces experts que: « même dans le cas où les connaissances ont été considérablement améliorées, le fait de savoir ne se traduit pas nécessairement dans les actes. Nombreux sont les jeunes qui ne parviennent pas à relier connaissance et perception du risque avec le comportement ».

Disons enfin que les normes et coutumes observées par les femmes célibataires, associées à leurs niveaux d'instruction sont aussi bien passées par les conditions de vie des ménages d'où vivaient ces célibataires que par l'exposition à la télévision et à la radio avant d'imprimer de leur marque aux connaissances relatives aux IST/VIH/SIDA pour influencer le multipartenariat sexuel et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Tel est le mécanisme d'action du profil des femmes célibataires sur les comportements sexuels.

Limites et Implication au niveau de la recherche et de la politique :

Cette étude n'a pas du tout la prétention d'avoir totalement atteint les objectifs qu'elle s'est fixée. Certains d'entre eux mériteraient de faire dans l'avenir l'objet des recherches beaucoup plus approfondies.

Comme dans plusieurs études démographiques utilisant les données d'enquêtes, la présente étude souffre du caractère transversal des données et du fait que les informations collectées pendant l'enquête soient exclusivement quantitatives. En effet, les données collectées ne représentent que la photographie des variables à un moment donné. Avec ces données, il est difficile de déterminer exactement les faits ou les facteurs dans leur succession. Par exemple, il est difficile de savoir si les attitudes précèdent les comportements sexuels ou plutôt l'inverse. De plus, si nous considérons ces résultats comme vrais aujourd'hui, il est difficile que les recherches ultérieures les soutiennent fortement. Une étude longitudinale dans laquelle on observerait les mêmes variables sur les mêmes individus pendant une longue période de temps, décrirait mieux la tendance des variables et traduirait cette réalité sur le long terme.

Une autre des raisons de la non complétude de cette étude est qu'une bonne partie des variables détaillées dans la littérature telles que la dépendance économique des femmes, le niveau d'instruction des parents et l'éducation sexuelle des filles etc., n'a pas été prise en compte dans nos modèles d'analyse, soit parce que ces variables non pas été saisies à l'enquête ou soit par ce qu'elles présentaient un certain nombre de défaillances statistiques. Aussi, de par son caractère global à vouloir prendre en compte l'ensemble des catégories sociodémographiques, l'Enquête Démographique et de Santé n'a pas spécifiquement ciblé les femmes célibataires comme population d'étude. Par ailleurs, le caractère même de célibataire pouvait introduire un biais en raison des difficultés d'identification des «vraies célibataires ». Cela d'autant plus qu'une femme en union libre ou divorcée trouverait opportun de se déclarer célibataire et conserver ainsi toutes ses chances de mariage. Les recherches suivantes pourront ainsi être envisagées à l'avenir :

-La réalisation d'une enquête d'envergure nationale, à la fois quantitative et qualitative sur les comportements sexuels à risques des célibataires qui fournirait des informations plus précises encore ;

-la conduite d'une étude approfondie et axée sur les facteurs de rupture entre la prise de conscience des risques associés à l'activité sexuelle et l'adoption des comportements sexuels sains. Dans cette perspective, s'inscrira, entre autres, une enquête en zone urbaine et rural sur les attitudes et opinions des femmes à l'égard de l'utilisation des condoms et portant sur leurs caractéristiques au moment de l'enquête.

-Des études psychosociales méritent d'être aussi menées afin de saisir l'influence des facteurs tels que l'estime de soi, l'opinion d'autrui, l'auto-éfficacité, etc. sur les comportements sexuels des célibataires.

-Les études futures ne devraient pas seulement se limiter à catégoriser les individus selon le niveau d'instruction pour prétendre expliquer ou comprendre leurs comportements sexuels. Elles devraient intégrer par exemple, le rôle des enseignants sur les comportements sexuels des enseignés. Par exemple, Jackson (2004) avait trouvé que les étudiants qui se sentaient soutenus par leurs enseignants, étaient moins disposés à s'engager dans l'activité sexuelle à haut risque que ceux qui ne l'étaient pas.

Au niveau des politiques, les différents résultats de cette recherche conduisent aux recommandations suivantes :

-l'intensification des programmes visant à promouvoir l'utilisation du condom par les célibataires hommes comme femmes, sans oublier de tenir compte des différents écueils socioculturels, socio-économiques ou institutionnels qui les influencent négativement ou encore d'impliquer ces derniers dans les dynamiques de conception et d'exécution de ces programmes ;

-La nécessité de la mise en oeuvre des programmes d'IEC sur les pratiques socioculturelles nuisibles à l'éducation sexuelle en famille, afin de promouvoir des rapports de communication francs et bons entre les parents et les enfants dans le domaine de la sexualité. Pour ce faire, ces programmes devraient viser à améliorer les connaissances des parents dans le domaine de la santé reproductive.

En se basant sur les résultats de la présente étude, plusieurs conclusions peuvent être résumées. Tout d'abord, il a été clairement établi que l'ethnie, le niveau d'instruction, les conditions économiques et les connaissances du Sida influençaient les comportements sexuels. Cependant, comment ces connaissances ainsi que les autres variables influencent les comportements, nécessiteraient encore plus de recherches. Ensuite, une analyse plus élargie avec d'autres variables de comportements sexuels et celles de l'éducation sexuelle des enfants par les parents et les enseignants devrait aider à identifier les comportements les plus problématiques. Enfin, les comportements sexuels ne semblent pas fonctionnés de paire pour la plupart des femmes célibataires. Par exemple, la plus grande partie des femmes qui n'ont pas utilisé les préservatifs au dernier rapport sexuel au moment de l'enquête, avaient très peu pratiqué le multipartenariat sexuel, les 12 mois ayant précédé l'enquête.

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TAFFE P. (2004), Cours de régression logistique appliquées, Institut Universitaire de Médecine Sociale et Préventive (IUMSP) et Centre d'épidémiologie Clinique (CepiC), Lausanne.

ANNEXES

Annexe 1 a: Répartition des femmes célibataires selon les caractéristiques socioculturelles

Variables socioculturelles

Variables

Modalitées

Effectif

Fréquence%

 

Ethnie

 

 

 

 

Eshira

694

33,5

Mbochi

260

12,6

Téké

290

14

Kongo

607

29,3

Sangha/Likouala

111

5,4

Etrangère

109

5,3

Ensemble

2071

100

 

 

 

 

 

Milieu de socialisation

 

Urbain

  1486

  71,8

Rural

  584

28,2 

Ensemble

  2070

  100

 

 

 

 

 

Région de résidence

 

 

 

Brazzaville

701

33,8

Pointe Noire

573

27,6

Sud

509

24,5

Nord

291

14

Ensemble

2074

100

 

 

 

 

 

Religion

 

 

 

 

Catholique

668

32,2

Protestante

542

26,1

Traditionnelle

105

5,1

Aucune

122

5,9

Autre chrétienne

637

30,7

Ensemble

2074

100

 

 

 

 

 

Niveau d'instruction

 

 

 

Sans niveau

62

3

Primaire

604

29,1

Secondaire

1348

65

Supérieur

60

2,9

Ensemble

2074

100

Source : Traitement des données de l'EDSC1

Annexe 1 b : Répartition des célibataires selon les caractéristiques économiques

Variables socioéconomiques

Variables

Modalités

Effectif

Fréquence

Conditions de vie des ménages

 

Faible

538

25,9

Moyen

430

20,7

Elevé

1106

53,3

Ensemble

2074

100

 

 

 

 

 

Occupation

 

 

 

Chômeur

1364

66,6

Cadre

75

3,7

Indépendante

424

20,7

Précaire

186

9,1

Ensemble

2049

100

Source : Traitement de données de L'EDSC1

Annexe 1 c : Répartition des célibataires selon l'exposition aux Medias

Exposition aux Medias la Radio

Variables

Modalités

Effectif

Fréquence

 

 

Exposition à la Radio

 

Jamais

800

38,6

Parfois

733

35,4

Chque jour

537

25,9

Ensemble

2070

 

 

 

 

 

 

Exposition à la télé

 

 

jamais

792

38,2

Parfois

498

24,0

toujours

781

37,7

Ensemble

2071

100,0

Annexe 1 d : Répartition des célibataires selon l'âge et l'âge au premier rapport sexuel.

Age et Age au premier rapport sexuel

Variables

Modalités

Effectif

Fréquence

 

Groupe d'ages

 

 

 

15-19

20-24

25-29

30-34

Ensemble

1245

489

207

113

2074

60

23,6

10

6,4

100

 

 

 

 

Sexualité précoce 

 

OUI

735

35,5

NON

1338

64,5

Ensemble

2073

100

Sources : Traitement des données de l'EDSC1

Annexe2 1 : Tableau croisé Ethnie/ (Instruction, Activité, connaissances du Sida)

Ethnie

 

Nivea d'instruction

Activité économique

Connaissance du Sida

 

Sans niv

Prim

Second

Sup

Chô

Cadre

Indép

Préca

Mauvais

Partiel

Bonne

 

Bembé

 

Effectif ;

36

270

402

14

460

22

116

122

25

634

63

% en ligne ;

4,9

37,4

55,7

2

63,9

3

16,2

17

3,4

87,9

8,7

% en colonne 

48,7

42,8

30,6

23,3

35,1

31,7

26

52,7

46,6

34,6

32,9

 

Mbochi

 

Effectif ;

4

64

208

8

191

5

57

30

5

247

32

% en ligne ;

1,3

22,5

73,2

2,9

67,5

1,8

20,1

10,5

1,7

87,1

11,2

% en colonne 

5,2

10,1

15,8

13,8

146

7,6

12,7

12,9

9,1

13,5

16,5

 

Téké

 

Effectif ;

9

76

197

17

187

14

64

27

3

264

33

% en ligne ;

3,2

25,4

65,7

5,8

64,2

4,6

22,1

9,1

0,9

88,3

10,9

% en colonne 

12,9

12

15

28,4

14,3

19,9

14,4

11,4

4,8

14,4

16,9

 

Kongo

 

Effectif ;

14

134

394

18

360

21

128

42

19

492

48

% en ligne ;

2,5

23,9

70,3

3,2

65,3

3,7

23,3

7,7

3,4

88

8,6

% en colonne 

19,5

21,2

29,9

30

27,5

30,5

28,7

18,3

35,1

26,9

25,2

 

Sangha

 

Effectif ;

1

39

65

2

55

6

39

6

3

96

7

% en ligne ;

1

36,4

60,6

2

51,7

5,5

37

5,9

2,8

90,4

6,8

% en colonne 

1,4

6,2

4,9

3,5

4,2

8,5

8,8

2,7

5,5

5,3

3,8

 

Etrangère

 

Effectif ;

9

48

50

1

56

1

43

5

 

99

9

% en ligne ;

8,4

44,8

46,3

0,5

53,8

1,2

40,5

4,5

 

91,8

8,2

% en colonne 

12,4

7,7

3,8

0,9

4,3

1,8

9,5

2

 

5,4

4,6

Source : Traitement de données L'EDSC1

Annexe2.2 : Tableau croisé Instruction/ (conditions de vie, exposition télé, connaiss du Sida)

 Niveau d'instruction

 

 

 

 

 Conditions de vie

  Exposition télé

Connaissance du Sida

Basse

Moyenné

Elevé

Jamais

Parfois

Toujours

Mauvais

Partielle

Bonne

 

Sans niveau

 

Effectif

48

15

10

58

8

7

5

62

6

% en ligne

65,7

20,1

14,2

79,5

11,2

9,3

6,2

85,1

8,7

% en colonne

7,4

3,6

1

6,9

1,7

0,9

8,4

3,4

3,3

 

Primaire

 

Effectif

337

148

146

383

143

105

36

568

27

% en ligne

53,4

23,5

23,1

60,7

22,7

16,6

5,7

90

4,2

% en colonne

51,8

36

14,3

45,2

29,2

14,1

67,1

30,9

13,9

 

Secondaire

 

Effectif

265

244

808

394

332

587

13

1162

142

% en ligne

20,2

18,5

61,3

30

25,3

44,7

1

88,2

10,8

% en colonne

40,8

59,3

79,2

46,6

67,8

79,1

24,5

63,3

74

 

Superieur

 

Effectif

0

5

56

11

6

43

 

44

17

% en ligne

0,8

7,5

91,5

18,2

10,5

71,3

 

72,4

27,6

% en colonne

0,1

1,1

5,5

1,3

1,3

59

 

2,4

8,8

Source : Traitement de données de l'EDSC1

Annexe2.3 : Tableau croisé Milieu de Socialisation/ (Instruction°, Activité , connaissance du Sida)

Milieu de socialisation

 

 

 

Niveau d'instruction

Activité économique

Connaissance du Sida

Sans niv

Prim

Second

Sup

Chô

Cadre

Indép

Préca

Mauvais

Partiel

Bonne

 

Urbain

 

Effectif

15

267

995

56

935

52

266

68

16

1174

144

%en ligne

1,2

20

74,6

4,2

70,7

3,9

20,2

5,2

1,2

88

10,8

%en col

21,1

42,5

75,6

93,2

71,5

77,6

59,4

29,4

29

64,1

75

 

Rural

 

Effectif

58

362

321

4

373

15

182

163

38

48

659

%en ligne

7,8

48,6

43,1

0,5

50,8

2

24,9

22,3

5,1

6,4

88,4

%en col

78,9

57,5

24,4

6,8

28,5

22,4

40,6

70,6

71

25

35,9

Source : Traitement de données de l'EDSC1.

Annexe 3.1: Bibliothèque ADDAD

******************************************

* *

* B I B L I O T H E Q U E A D D A D *

* *

* MICRO (VERSION 89.1) *

* *

* 17/09/89 *

* 08-01-08 13:30:31 *

******************************************

A D D A D - 89 -

ANALYSE DES CORRESPONDANCES (ANCORR)

D'APRES : YAGOLNITZER ET TABET

INS. 1 - TITRE :

TITRE AFCM SUR EDS COG (2005);

INS. 2 - PARAM (PARAMETRES GENERAUX) : NI,NJ,NF,NI2,NJ2,LECIJ,STFI,STFJ

PARAM NI=2074 NI2=0 NJ=46 NJ2=0 NF=2 LECIJ=1 STFI=0 STFJ=1;

INS. 3 - OPTIONS : IOUT,IMPVP,IMPFI,IMPFJ,NGR

OPTIONS IOUT=0 IMPVP=1 IMPFI=0 IMPFJ=1 NGR=1;

INS. 5 - GRAPHE (NGR DEMANDES DE GRAPHIQUES) : X,Y,GI,GJ,NCHAR,OPT,NPAGE,CADRE

GRAPHE X=1 Y=2 GI=0 GJ=1;

INS. 6 - LISTE (LECTURE DU TABLEAU DES DONNEES - A,F) :

LISTE IDEN (1,3)

ESHI(5,1) MBOC(7,1) TEKE(9,1) KONG(11,1) SGLK(13,1)

ETRG(15,1) MOVA(17,1) BONN(19,1) PART(21,1) JAMA(23,1)

PARF(25,1) TOUJ(27,1) JAMS(29,1) SEMN(31,1) CHQJ(33,1)

URBA(35,1) RURA(37,1) BZVL(39,1) PNRE(41,1) SUD(43,1)

NORD(45,1) SNIV(47,1) PRIM(49,1) SECD(51,1) SUPE(53,1)

CATH(55,1) PROT(57,1) TRAD(59,1) RLOC(61,1) AUTR(63,1)

CHOM(65,1) CADR(67,1) INDE(69,1) PREC(71,1) BAS(73,1)

MOYE(75,1) ELEV(77,1) NONP(79,1/) OUIP(1,1) JCDM(3,1)

CDOM(5,1) SXPR(7,1) XNPR(9,1) AGE1(11,1) AGE2(13,1)

AGE3(15,1) AGE4(17,1) ;

LES POIDS DES LIGNES ET DES COLONNES SONT MULTIPLIES PAR 10 ** -1

------------------------------------------------------------------------------

NOMJ(J)! ESHI MBOC TEKE KONG SGLK ETRG MOVA BONN PART JAMA PARF

------------------------------------------------------------------------------

PJ(J) ! 0 26 29 61 11 11 5 18 184 80 73 2667

------------------------------------------------------------------------------

LES POIDS DES LIGNES ET DES COLONNES SONT MULTIPLIES PAR 10 ** -1

------------------------------------------------------------------------------

NOMJ(J)! TOUJ JAMS SEMN CHQJ URBA RURA BZVL PNRE SUD NORD SNIV

------------------------------------------------------------------------------

PJ(J) ! 54 79 50 78 66 71 70 57 51 29 6 2667

------------------------------------------------------------------------------

LES POIDS DES LIGNES ET DES COLONNES SONT MULTIPLIES PAR 10 ** -1

------------------------------------------------------------------------------

NOMJ(J)! PRIM SECD SUPE CATH PROT TRAD RLOC AUTR CHOM CADR INDE

------------------------------------------------------------------------------

PJ(J) ! 60 135 6 67 54 11 12 64 136 8 42 2667

------------------------------------------------------------------------------

LES POIDS DES LIGNES ET DES COLONNES SONT MULTIPLIES PAR 10 ** -1

------------------------------------------------------------------------------

NOMJ(J)! PREC BAS MOYE ELEV NONP OUIP JCDM CDOM SXPR XNPR AGE1

------------------------------------------------------------------------------

PJ(J) ! 19 54 43 111 79 129 101 28 74 134 125 2667

------------------------------------------------------------------------------

LES POIDS DES LIGNES ET DES COLONNES SONT MULTIPLIES PAR 10 ** -1

------------------------

NOMJ(J)! AGE2 AGE3

------------------------

PJ(J) ! 49 21 2667

------------------------

1

Annexe 3.2 : Tableau des valeurs propres et des vecteurs propres

TABLEAU DES VALEURS PROPRES ET DES VECTEURS PROPRES

------------------------------------------------------

NUMERO ! VAL PROPRE 1 ! VAL PROPRE 2 ! VAL PROPRE 3 !

------------------------------------------------------

! 1.00000 ! .26191 ! .16245 !

------------------------------------------------------

OBJET 1! .00000 ! .00000 ! .00000 !

OBJET 2! -.09874 ! .02781 ! -.22237 !

OBJET 3! -.10428 ! .00886 ! -.15188 !

OBJET 4! -.15087 ! .10625 ! -.00427 !

OBJET 5! -.06452 ! -.11634 ! -.16975 !

OBJET 6! -.06393 ! -.04438 ! .02902 !

OBJET 7! -.04373 ! -.14394 ! -.07606 !

OBJET 8! -.08284 ! .07944 ! -.04587 !

OBJET 9! -.26268 ! -.02128 ! .03138 !

OBJET 10! -.17320 ! -.18288 ! -.03764 !

OBJET 11! -.16579 ! .03540 ! -.02648 !

OBJET 12! -.14191 ! .14301 ! .08858 !

OBJET 13! -.17234 ! -.31564 ! -.05344 !

OBJET 14! -.13666 ! .04966 ! .05751 !

OBJET 15! -.17113 ! .24637 ! .01590 !

OBJET 16! -.15696 ! .25000 ! -.35595 !

OBJET 17! -.16260 ! .04578 ! .47607 !

OBJET 18! -.16213 ! .25350 ! -.35834 !

OBJET 19! -.14659 ! .11459 ! .46197 !

OBJET 20! -.13816 ! -.27484 ! .11538 !

OBJET 21! -.10446 ! -.24153 ! -.23401 !

OBJET 22! -.04822 ! -.12904 ! -.01831 !

OBJET 23! -.15050 ! -.25449 ! .02770 !

OBJET 24! -.22483 ! .15013 ! .01552 !

OBJET 25! -.04743 ! .11520 ! -.11931 !

OBJET 26! -.15827 ! .05528 ! -.02787 !

OBJET 27! -.14256 ! -.07832 ! .13325 !

OBJET 28! -.06275 ! -.04933 ! .10468 !

OBJET 29! -.06764 ! -.06053 ! -.08278 !

OBJET 30! -.15431 ! .02679 ! -.09202 !

OBJET 31! -.22616 ! .05920 ! .06188 !

OBJET 32! -.05303 ! .07848 ! -.03339 !

OBJET 33! -.12609 ! -.02434 ! -.06471 !

OBJET 34! -.08352 ! -.24210 ! -.03678 !

OBJET 35! -.14204 ! -.37985 ! -.10095 !

OBJET 36! -.12698 ! -.04379 ! .11748 !

OBJET 37! -.20365 ! .26618 ! .00264 !

OBJET 38! -.17168 ! -.04688 ! -.05663 !

OBJET 39! -.21952 ! .01284 ! .04933 !

OBJET 40! -.19413 ! -.03553 ! .02359 !

OBJET 41! -.10247 ! .09371 ! .06274 !

OBJET 42! -.16602 ! -.09384 ! .02776 !

OBJET 43! -.22400 ! .04548 ! -.01528 !

OBJET 44! -.21607 ! -.06696 ! .00824 !

OBJET 45! -.13542 ! .06301 ! .03645 !

OBJET 46! -.08810 ! .01358 ! -.04380 !

1

Annexe 3.3 : Histogramme des valeurs propres

LES VALEURS PROPRES VAL(1)= 1.00000

------------------------------------------------------------------------------

!NUM ! VAL PROPRE ! POURC.! CUMUL !VARIAT.!*! HISTOGRAMME DES VALEURS PROPRES

------------------------------------------------------------------------------

! 2 ! .26191 ! 10.432! 10.432!*******!*!***************!***************!

! 3 ! .16245 ! 6.471! 16.903! 3.962!*!***************!****

! 4 ! .14827 ! 5.906! 22.809! .565!*!***************!**

! 5 ! .12998 ! 5.177! 27.986! .729!*!***************!

! 6 ! .10989 ! 4.377! 32.364! .800!*!*************

! 7 ! .09965 ! 3.969! 36.333! .408!*!***********

! 8 ! .09855 ! 3.926! 40.258! .043!*!***********

! 9 ! .09445 ! 3.762! 44.020! .163!*!***********

! 10 ! .08928 ! 3.556! 47.576! .206!*!**********

! 11 ! .08375 ! 3.336! 50.912! .220!*!**********

! 12 ! .07944 ! 3.164! 54.076! .172!*!*********

! 13 ! .07847 ! 3.126! 57.202! .038!*!*********

! 14 ! .07752 ! 3.088! 60.290! .038!*!*********

! 15 ! .07709 ! 3.071! 63.360! .017!*!*********

! 16 ! .07417 ! 2.954! 66.315! .116!*!********

! 17 ! .07248 ! 2.887! 69.202! .067!*!********

! 18 ! .07017 ! 2.795! 71.997! .092!*!********

! 19 ! .06799 ! 2.708! 74.704! .087!*!********

! 20 ! .06664 ! 2.654! 77.359! .054!*!********

! 21 ! .06345 ! 2.527! 79.886! .127!*!*******

! 22 ! .06097 ! 2.429! 82.315! .099!*!*******

! 23 ! .06072 ! 2.419! 84.733! .010!*!*******

! 24 ! .05900 ! 2.350! 87.083! .069!*!*******

! 25 ! .05514 ! 2.196! 89.280! .153!*!******

! 26 ! .05322 ! 2.120! 91.399! .077!*!******

! 27 ! .04771 ! 1.900! 93.300! .220!*!*****

! 28 ! .04437 ! 1.767! 95.067! .133!*!*****

! 29 ! .03973 ! 1.582! 96.649! .185!*!*****

! 30 ! .03040 ! 1.211! 97.860! .371!*!***

! 31 ! .01968 ! .784! 98.644! .427!*!**

! 32 ! .01349 ! .537! 99.181! .247!*!**

! 33 ! .01177 ! .469! 99.650! .068!*!*

! 34 ! .00438 ! .174! 99.825! .294!*!*

! 35 ! .00294 ! .117! 99.942! .057!*!

! 36 ! .00088 ! .035! 99.977! .082!*!

! 37 ! .00016 ! .006! 99.983! .029!*!

! 38 ! .00013 ! .005! 99.988! .001!*!

! 39 ! .00013 ! .005! 99.994! .000!*!

! 40 ! .00009 ! .004! 99.997! .001!*!

! 41 ! .00005 ! .002! 99.999! .002!*!

! 42 ! .00002 ! .001!100.000! .001!*!

! 43 ! .00000 ! .000!100.000! .001!*!

! 44 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

! 45 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

! 46 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

1------------------------------------------------------

Annexe 3.4 : Matrice de configuration

! J1 ! QLT POID INR! 1#F COR CTR! 2#F COR CTR!

------------------------------------------------------

x 1!ESHI! 0 0 0! 0 0 0! 0 0 0!

2!MBOC! 124 10 27! 144 3 1! -908 121 49!

3!TEKE! 57 11 26! 43 0 0! -587 57 23!

x 4!KONG! 57 23 21! 360 57 11! -11 0 0!

5!SGLK! 111 4 30! -923 48 14!-1060 63 29!

x 6!ETRG! 9 4 29! -355 7 2! 183 2 1!

x 7!MOVA! 79 2 32!-1684 67 21! -701 12 6!

x 8!BONN! 28 7 28! 491 23 6! -223 5 2!

x 9!PART! 31 69 4! -41 13 0! 48 18 1!

10!JAMA! 183 30 20! -540 179 33! -88 5 1!

x 11!PARF! 9 27 20! 109 7 1! -64 2 1!

x 12!TOUJ! 117 20 23! 516 94 20! 252 22 8!

13!JAMS! 526 30 20! -937 516 100! -125 9 3!

x 14!SEMN! 20 19 23! 186 11 2! 170 9 3!

15!CHQJ! 338 29 19! 737 337 61! 37 1 0!

16!URBA! 743 25 20! 815 329 62! -914 414 127!

17!RURA! 735 26 20! 144 11 2! 1180 724 227!

18!BZVL! 776 26 19! 800 346 64! -891 429 128!

19!PNRE! 679 21 22! 400 61 13! 1270 617 213!

20!SUD ! 347 19 25!-1018 313 76! 337 34 13!

21!NORD! 350 11 27!-1183 221 58! -903 129 55!

x 22!SNIV! 55 2 32!-1370 55 17! -153 1 0!

23!PRIM! 300 23 23! -865 298 65! 74 2 1!

24!SECD! 221 51 11! 342 220 23! 28 1 0!

x 25!SUPE! 78 2 30! 1243 47 13!-1014 31 14!

x 26!CATH! 18 25 21! 179 15 3! -71 2 1!

X 27!PROT! 76 20 23! -281 27 6! 377 49 18!

x 28!TRAD! 32 4 30! -402 9 2! 672 24 11!

x 29!RLOC! 28 5 29! -458 13 4! -493 15 7!

x 30!AUTR! 29 24 22! 89 3 1! -240 25 8!

x 31!CHOM! 58 51 11! 134 34 4! 110 23 4!

x 32!CADR! 24 3 30! 757 21 6! -254 2 1!

x 33!INDE! 14 16 25! -99 3 1! -207 11 4!

34!PREC! 209 7 30!-1484 206 59! -177 3 1!

35!BAS ! 639 20 25!-1369 612 144! -286 27 10!

x 36!MOYE! 44 16 25! -176 8 2! 373 36 14!

37!ELEV! 532 41 14! 669 532 71! 5 0 0!

x 38!NONP! 21 29 21! -140 11 2! -133 10 3!

x 39!OUIP! 16 48 11! 30 2 0! 91 14 2!

x 40!JCDM! 11 38 15! -94 9 1! 49 2 1!

x 41!CDOM! 45 10 26! 468 36 9! 247 10 4!

x 42!SXPR! 49 28 20! -289 47 9! 67 3 1!

x 43!XNPR! 20 50 11! 104 19 2! -27 1 0!

x 44!AGE1! 37 47 13! -159 37 4! 15 0 0!

x 45!AGE2! 22 18 23! 238 18 4! 109 4 1!

x 46!AGE3! 5 8 28! 79 1 0! -200 5 2!

------------------------------------------------------

! ! 1000! 1000! 1000!

* 1 Ont une bonne connaissance du sida, les femmes qui déclarent que l'on peut réduire le risque de contracter le sida en utilisant les condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. (EDSC1 2005)

* 2 Rapport de l'enquête CREDES/CNLS 2003

* 3 Sur le graphique : Brazzaville=Bzv ; Pointe-noire=PNR ; Dolisie=Dis ; Owando=Owdo ; Djambala=Djbla ; Sibiti=Sbti ; Nkayi=Nkyi ; Kinkala=Kla ; Madingou=Mgou ; Impfondo=Ipfdo.

* 4 Gervais Beninguissé, 2007, Sexualité pré maritale et santé de la reproduction des adolescents et des jeunes en Afrique Subsaharienne

* 5 Beninguissé, 2007.

* 6 UNFPA 2005, Analyse de la Situation en Population, Santé de la Reproduction et de Genre au République du Congo

* 7 La civilisation occidentale considère une grande partie d'autres civilisations traditionnelles notamment celles d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Asie comme primitives où l'homme à du mal à exprimer ses droits. A ce titre, elles doivent céder la place à la norme des civilisations, celle à l'occidentale pour leur propre bien-être.

* 8 M. Boumpoto : Sida, sexualité et procréation au Congo.

* 9 J. Daga (2007), Mémoire DESSD-IFORD , p. 26.

* 10 Généralement, il s'agit de ceux en union qui, pour des raisons de boulot, ne résident pas ensemble pendant au moins six mois.

* 11 D.E. AKA DORE, 1991 « Comportement sexuel, connaissances et attitudes vis-à-vis du risque du sida dans les villes moyennes africaines, cas de Bertoua-Cameroun, Mémoire de D.E.D/IFORD ».

* 12 CNSEE et ORC Macro (2005).

* 13 Taffé P. 2004.

* 14 Rapport EDS Congo 2005.







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