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Développement intégré des systèmes de production basés sur les techniques de collecte des eaux pluviales dans les régions montagneuses du Sud-Est de la Tunisie: Le cas du micro-bassin versant Rebiaa Zammour-Béni-Khédache - Tunisie

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par Mohamed KOUAKBI
Institut Agronomique Mediterranéen - Master of Sience 2025
  

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Partie II :
Outils et méthodes

Chapitre I. Les méthodes de gestion de projet

1- Introduction

Il n'est pas sans intérêt de rappeler que la méthodologie constitue l'outillage du chercheur et que les résultats de chaque analyse dépendent en grande partie des instruments et des méthodes adoptées. De ce fait, il découle l'importance d'exposer dans un chapitre à part différents outils méthodologiques utilisés dans ce présent travail.

Selon De Farhan (2001), le projet est le plus petit élément opérationnel qui correspond à une partie claire et distincte d'un programme plus vaste et dont l'action est facile à délimiter dans le temps et dans l'espace et c'est ainsi que les bons projets sont ceux qui assurent une meilleure rentabilité du capital et une meilleure répartition des revenus. Dans les pays en développement, la prise de décision sur la réalisation ou non d'un projet est étroitement liée à la disponibilité en ressources et en facteurs de production. A un moment donné, l'économie se caractérise par un ensemble de ressources disponibles en quantités limitées, un paquet technologique adapté à la croissance du pays et des objectifs de production. La réalisation de tout projet doit avoir des finalités économiques et financières bien définies par le gouvernement et la collectivité nationale.

2- Méthodologie

2.1- Approche théorique 2.1.1- Définition d'un projet

Théoriquement parlant, un projet peut être défini à la base de sa réalisation, alors qu'en réalité, il représente un ensemble complet d'activités et d'opérations qui consomment des ressources limitées et dont on attend des revenus ou autres avantages monétaires ou non monétaires (Bridier et Michaïlof, 1984).

2.1.2- Evaluation des projets

Le recours à l'évaluation des projets est défini en tant qu'outil de détermination du taux de réalisation des objectifs escomptés par les différents intervenants (réalisateurs + bénéficiaires).

L'évaluation des projets de développement rural qui ont un impact direct sur la communauté permet de dégager les insuffisances des actions réalisées ainsi que le suivi de leur déroulement et la façon d'absorption des investissements.

Selon, Bandera (1993) les objectifs de l'évaluations sont au nombre de trois :


· Mesure de la réduction des inégalités ou les bénéfices apportés aux groupes sociaux concernés ;

· Recherche de l'adaptation des actions aux besoins ;

· Détermination des effets des actions communautaires sur le milieu socioéconomique dans lequel elles se sont réalisées.

Chaque projet réalise un impact sur son environnement et nécessite, en fait, une analyse économique qui détermine les bénéfices du projet sur la collectivité nationale. Cette analyse vise à aider à la préparation et à la sélection des projets apportant la plus grande contribution au développement économique.

Selon Campagne et Garrabé (2002), quatre catégories de méthodes d'évaluation économique peuvent être citées :

· L'évaluation microéconomique de la rentabilité collective aux prix de marché,

· L'évaluation microéconomique de la rentabilité collective aux références
généralisées,

· L'évaluation mésoéconomique de la rentabilité aux prix de marché : la méthode des effets ;

· L'évaluation macroéconomique de la rentabilité collective à partir de modèles de simulation ;

Squire et Van Der (1984) intègre dans l'analyse des projets le choix des différent usages des ressources ayant une intervention directe dans la prise de décision et donc dans l'évaluation des coûts et avantages respectifs.

2.1.3- Analyse coût/avantages

Cette méthode est fortement utilisée dans le processus d'évaluation économique des projets. Son intérêt réside dans sa contribution à l'acceptation ou au refus du projet. L'analyse Coût/avantages trouve son fondement, très ancien dans l'histoire, lié à la définition de l'impact de la réalisation des projets sur l'état de l'environnement.

Théoriquement parlant, le projet est acceptable si les avantages excèdent les coûts alors qu'en réalité, plusieurs paramètres sont à prendre en compte dans cette analyse. Le marché est source de conflits de prix et d'usages des biens et services. Les mécanismes intervenant dans la formation des prix, les nouveaux éléments apparaissent après un changement de production (surplus, coûts externes) et la répartition non optimale des revenus sont

responsables des discutions dans le calcul de la rentabilité du point de vue de l'entrepreneur et de la rentabilité du point de vue de l'économie nationale.

D'une manière classique, l'évaluation économique repose sur une comparaison de deux solutions : une solution avec projet et une solution de référence ou sans projet.

L'évaluation se fonde sur une analyse coûts/avantages différentielle. L'estimation des coûts et avantages est réalisée en terme de valeur économique.

2.1.4 - Les indicateurs de rentabilités économiques

Les indicateurs de rentabilité économiques généralement utilisés sont :

+ le bénéfice actualisé socioéconomique ou VAN

Ce critère permet d'apprécier l'intérêt intrinsèque du projet pour la collectivité en ne retenant que les projets dont le bénéfice actualisé est positif. Le bénéfice actualisé est défini comme étant la différence entre les dépenses actualisées d'investissement et la somme actualisée des avantages nets générés par le projet durant son exploitation. On parle également de « valeur actualisée nette» ou VAN.

Tel que :

n Rt Cet It

- -

= +

1 (1 )

t i

n

 

Rt= Recettes totales

Cet= Charges d'exploitation It= Investissement

i= Taux d'actualisation

n= Nombre des années

Le critère du bénéfice actualisé permet de statuer sur l'opportunité et l'intérêt projet pour la collectivité. Toutefois, il ne renseigne pas, dés lors qu'un projet est intéressant, sur la date à laquelle il convient de le réaliser. Sous certaines hypothèses (investissement réalisé en début de période, avantages annuels nets toujours croissants dans le temps, chronique des avantages invariante dans le temps.....) on montre que le bénéfice actualisé passe par un maximum pour une certaine date de mise en service. Cette date là est appelée date optimale de mise en service. Si le projet est réalisé avant cette date, la collectivité perd des avantages inversement, si la date est dépassée, on a intérêt à réaliser le projet le plus rapidement possible.

+ le taux de rentabilité interne ou TRI

La valeur (positive ou négative) obtenue lors du calcul du bénéfice actualisé est une valeur absolue (par opposition à une valeur relative) qui ne permet pas aux décideurs publics d'arbitrer entre plusieurs projets ou variantes. Aussi, une autre façon d'aborder l'évaluation économique d'un projet et de considérer la valeur du taux d'actualisation pour lequel le bénéfice net actualisé est nul. On parle alors de taux de rentabilité interne économique du projet ou TRI

n Rt Cet It

- -

Tel que : 0

=

1 (1

+ ) n

t =

i

Ce second critère permet non seulement d'apprécier l'intérêt intrinsèque du projet pour la collectivité en ne retenant que les projets dont le TRI est supérieur au taux d'actualisation de l'économie nationale, mais aussi permet d'arbitrer entre plusieurs projets ou variantes en ne retenant que celui dont le TRI économique est le plus élevé.

2.1.5- Aspect socio-économique

2.1.5.1- Echantiionnage

On se propose d'étudier les systèmes traditionnels de production de la région de Zammour suivant trois scénarios de développement, de l'optimisation et de la valorisation de l'exploitation des eaux de ruissellement. Le champ d'étude s'étend sur l'ensemble des exploitations du micro-bassin versant. Ce micro-bassin a été choisi au niveau du projet IRZOD pour construire un barrage à l'amont du bassin pour servir à l'irrigation des figuiers équipés de poches en pierres.

Une liste exhaustive portant les noms des agriculteurs et couvrant tout le micro-bassin d'étude, ce qui nous a offert une base de sondage pour la réalisation de l'enquête.

Pour cette étude nous avons utilisé un sondage raisonné qui repose sur le choix du site limité par une photographie aérienne au 1/5000 (Agrandissement 5x de l'original au 1/25000), la connaissance du milieu, l'expérience des chercheurs de l'IRA et les visites du terrain.

La taille de l'échantillon est fixée à 11 individus, ce nombre représente l'effectif réel des exploitants. Le nombre de questionnaire remplis est arrêté à 11 ventilés sur les agriculteurs enquêtés.

2.1.5.2. Collecte des données

Les méthodes adoptées pour la réalisation du diagnostique technico-économique du micro- bassin versant (Rebiaa) sont les suivant :

· Analyse bibliographique concernant les aspects technico-économique et hydrauliques relatifs à la zone d'étude et son environnement ;

· Organisation des tournées sur le terrain ;

· Se servir du travail topographique du micro-bassin fait par le projet Innovation Rurale en Zones Difficiles "IRZOD" pour déterminer les divers paramètres des unités hydrauliques élémentaires ;

· Réalisation et analyse des enquêtes socio-technico-économique du micro-bassin versant ;

· L'introduction du risque dans les trois scénarios d'amélioration, à partir de la probabilité d'apparition de trois types d'années pluviométriques sur une séquence de 30 ans de la station de Beni-khédache (tableau n°12 en annexe).

2.1.5.3. Le Questionnaire

· Afin de collecter l'information nécessaire pour cette étude, nous avons procédé à l'élaboration d'un questionnaire (voir annexe). Ce questionnaire d'enquête aura pour objectif d'analyser la situation actuelle (socio-technico-économique) du système de production basé sur les jessours et les possibilités d'amélioration. Ainsi le questionnaire se compose des parties suivantes :

~ La première partie intéresse l'identification de l'exploitant. Elle

comporte des questions d'ordre général concernant l'âge de l'exploitant, son état civil, son niveau d'instruction, le nombre de membres de la famille, équipements et matériels d'exploitation, revenu de la famille, etc...

~ La deuxième partie représente les ressources disponibles et les

ressources exploitées par l'agriculteur (ressource en sol, ressource en eau, ressources monétaires).

~ La troisième partie analyse la situation technique actuelle des unités

hydrauliques élémentaires (UHE) (capacité de rétention du barrage, densité de plantation, destruction de barrage, dimensions de UHE, ...) et la possibilité d'amélioration du point de vue de l'agriculteur.

~ La quatrième partie représente la situation actuelle de l'élevage dans le

micro-bassin versant Rebiaa.

~ La cinquième et la sixième partie étudient la production végétale

(arboriculture et cultures annuelles, effectif, les espèces et les variétés cultivées)

~ La dernière partie essaye de présenter les contraintes et les scénarios de

développement du système de production basé sur les jessours (S1 et S2) proposé par l'exploitant

2.1.5.4. Détermination de potentialités hydriques des UHE

· Choix des paramètres :

Pour étudier la potentialité des différentes unités hydrauliques, nous avons choisi les paramètres suivants :

> Capacité de rétention du Jesr c'est la quantité d'eau maximale que peut retenir le Jesr ;

> Surface de rétention du Jesr c'est la superficie de la terrasse couverte par l'eau lorsque le Jesr est plein ;

> Surface de rétention du Jesr c'est la superficie de la terrasse couverte par l'eau lorsque le Jesr est plein ;

> Surface de l'impluvium du Jesr c'est la superficie du bassin-versant du Jesr.

· Cartographie des jessour et collecte des données :

Pour ce faire nous avons parcouru tout le micro-bassin Rebiaa à Zammour en passant à côté de chaque Jesr et tabia.

Pour la cartographie nous avons utilisé des photocopies de vues aériennes, comme fond de carte. La netteté de ces photos aériennes nous a permis de bien nous repérer sur le terrain et de bien identifier les jessour. Cette identification a été faite en marquant le tracé de la tabia sur la Photocopie, et en lui affectant un-numéro (fig 10 en annexes).

En passant à côté du Jesr et du barrage on relève la hauteur de rétention, l'état fonctionnel de la tabia (détruite ou non détruite) et enfin le Jesr dans lequel il se déverse. Ce dernier point est porté directement sur le fond de carte (fig 11 en annexes).

Après ce travail sur, le terrain, nous avons reporté le tracé des barrages sur une photo aérienne
au. Sur cette même photo nous avons délimité l'impluvium de chaque Jesr. Pour cela nous
avons utilisé différents repères naturels et artificiels (ligne de partage des eaux, végétation,

piste ou route etc...). Ensuite on a calqué ces délimitations et on a porté le numéro de chaque barrage à l'intérieur de l'impluvium : carte des impluviums des Jessour fig. 12. Sur cette même photo aérienne on a délimité la surface des jessours. La délimitation des impluviums et des surfaces des jessour nous a servi par la suite à mesurer les surfaces des terrasses et des impluviums en utilisant un planimètre digital.

Enfin, nous avons reporté les données sur l'état des barrages et sur le déversement sur deux cartes : carte des Jessours non fonctionnels et carte de déversement des jessour (fig. 12). Pour le déversement on a distingué les "jessour" recevant un ou plusieurs déversements et ceux ne recevant aucun déversement. Ces derniers sont les "jessour" Situés à l'amont. En tout on a 60 "jessour" fonctionnels et 2 non fonctionnels.

2.1.6- Déroulement de l'enquête

L'enquête s'est déroulée durant 7 jours. Avant d'entamer les interviews avec les agriculteurs, des contacts ont eu lieu avec l'Omdat, le chef d'arrondissement de CES, les chercheurs de l'IRA et le responsable de l'ONG de Zammour.

2.2. Aspects climatiques et hydrauliques de la zone d'étude

2.2.1. Les précipitations

Les données pluviométriques de la station de Béni-Khedache seront utilisées dans notre étude. Ces données couvrent une période de 30 ans entre 1969 et 1998. Pour la périodicité des différentes classes de pluviométrie annuelles, on a utilisé la classification des données traitées (Fersi, 1976) de la station de Matmata. Cette station se situe dans la même chaîne de montagne.

Cette pluviométrie est classée en quatre classes :

- pluviométrie d'année normale (AN) comprise entre la moyenne des données des années et 0,5 de la valeur de cette moyenne ;

- Pluviométrie d'année humide (AH) comprise entre 1 et 1,5 de l'AN ;

- Pluviométrie d'année très humide égale ou supérieur à 2 fois celle de l'AN ; - Pluviométrie d'année très sèche égale ou inférieur à 1/4 de celle de l'AN.

La moyenne des données pluviométriques des trente années (1969 à 1998) (tableau n°12 en

annexes) est de 227 mm. Durant cette série pluviométrique (30ans) on a eu :

- 4 années sèches soit égale à un pourcentage de 13 % ;

- 12 années normales soit égale à un pourcentage de 40 % ; - 11 années humides soit égale à un pourcentage de 37 % ; - 3 années très humides soit égale à un pourcentage de 10 %.

Tableau 13 : La périodicité des années humides et sèches

 

Années humides

Années sèches

Pluviométrique annuelle en mm

750

750

350

300

110

90

80

50

Périodicité

50

20

10

5

5

10

20

50

 

Source : IRA, 1997

2.3 Calcul de la quantité d'eau reçue par le jesr (à différentes hauteurs de lame d'eau ruisselée)

L'eau accumulée sur le jesr provient du ruissellement sur son impluvium et du débordement des jessours situés à l'amont. C'est ainsi que dans un premier temps nous avons calculé le volume d'eau reçu par le jesr en provenance du ruissellement sur son impluvium pour différentes hauteurs de lame d'eau ruisselée. Ces hauteurs sont mesurées à partir des précipitations et des crues. Dans le sud tunisien, ces mesures ont été faites à l'échelle de la parcelle, à Djebel Dissa et à Telmen (BOURGE et al, 1977). Dans la citerne de Telmen, ces hauteurs varient entre 0 et 1,38 mm pour les différentes crues des années 72-73 et 73-74. Dans 90% des cas, la lame d'eau ruisselée a une hauteur inférieure à 5mm.

Pour Béni-khédache les données sur cette lame d'eau ruisselée manquent, c'est pour cela que nous avons utilisé des données de Telmen et de Dissa pour la détermination des hauteurs de lame d'eau ruisselée.

Nous avons choisi les valeurs allant 12mm, 46mm, 208 mm et 322mm pour le calcul des volumes de ruissellement (tableau 14, 15, 16 et 17 en annexes) .

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