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Synthèse : L'Evolution de l'Homme ou la recherche des origines dans les discours scientifiques et artistiques - Analyse sémiologique de la représentation de l'Homme de la préhistoire occidentale

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par Elodie Mielczareck
Université Paris 5 - René Descartes - Maà®trise de Sciences du Langage 2007
  

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3.4.2 L'Homme cet être unique

Aristote affirmait « L'homme est le seul animal politique »Platon disait « Lhomme est le seul animal bipède »puis Rabelais dajouter « Le rire est le propre de lhomme »

Descartes de démontrer « L'homme est le seul animal doué de raison »Thomas Huxley approfondissait « L'homme est le seul animal moral »Engels et lécole marxiste clamaient « L'homme, c'est l'outil», « L'homme est le seul animal culturel »pour les anthropologues et Lévi-Strauss de préciser qu'il est le seul à observer letabou de linceste.Chomsky de son côté concoit que « L'homme est le seul animal doué dun véritable langage » David Premack poursuit « L'homme est le seul animal pédagogique »et Boris Cyrulnikdit « L'homme est le seul animal historique»A chaque époque, pour chaque penseur ils'agit de concevoir l'Homme dans sa spécificitédans son unicité cest-àdire de lextraire du monde naturel. Or c'est aussi ce qui se passe dans notre corpus, LHomme est toujours ce que les autres ne sont pas, /l'homme blanc typé occidental/ et porteur de <mélioration> est toujours l'antithèse des autres éléments auquelsil est juxtaposé et qui sont connotés négativement.

Boris Cyrulnik observe :

« Que de blessures narcissiques pour payer nos progrèsCopernic nous apprend que la Terre n'est pas le centre de l'universDarwin découvre que l'homme, fils de Dieu, participe au monde animal ; Freud nous fait comprendre que notre esprit rationnel est géré par notre inconscient irrationnel et main- tentant voilà qu'on découvre le psychisme animalson accès au social, au langage et au symbole. »20

Malgré ces blessures narcissiques, ces avancées épistémologiqueslHomme ne cesse de vouloir se découvrir et mettre en avant son particularisme qui fait de lui un être d'exception.

3.4.3 La place de la femme

Ce que nous voulons montrer est la manière dont le discours scientifique, lorsqu'il parle de l'évolution de l'Homme, puise dans les faits objectivement naturels et glisse parfois vers des arguments quieux, sont culturels. Dans le discours artistique et ence qui concerne la sexuation, le postulat est le suivantL'Homme est anatomiquement plus fort que la femme car ayant une masse musculaireplus dévelopée que l'on peut qualifier de donnée naturelle objective. Pour autant, les représentations glissent vers quelque chose de beaucoup plus culturalisé du type la femme s'occupe des enfants et est eaclusivement reliée à la sphère de la maternité pendant que lhomme chasse . Et ce sans doute où le féminisme a échoué ou plutôt s'est mal fait comprendrecest quil ne sagit pas de remettre en cause les différences naturelles qui subsistent entre lhomme et la femme seule la femme peut accoucher, seul l'homme peut produire du sperme etc) mais de remettre en cause les postulats culturels qui scindent univers masculin et univers féminin du type le monde appartient à l'homme et le foyer à la femme. On est à ce moment dans les expressions figées, dans un imaginaire social dont le mode de fonctionnement est le stéréotype. A ce propos, Boris Cyrulnik nous livre lanecdote

20 ?? ??t, p 16.

« Chaque année, dans mon séminaire pour jeunes psychiatres, un étudiant soutient l'idée que « chacune de nos cellules possède un programme génétique différent, XX pour les femmesXY pour les hommes. Toutes les constantes biologiques diffèrent selon le sexeaucun métabolisme nest superposable, le dimorphisme sexuel est un des plus flagrants des espèces vivantes »Chaque année, il provoque l'hostilité d'une étudiante qui lui répond que « cest le capitalisme qui donne aux femmes l'envie du pénis »parce que « ce sexe a été valorisé par ce système économique pour mieux rentabiliser les hommes et asservir les femmes ». Ces deux raisonnements ne s'excluent pas.Ce nest pas parce qu'une culture asservit les femmes quil faut en conclure que les différences de nature n'existent pas»21

Or réequilibrer les différences culturelles entre hommes et femmes ne peut s'effecteur dans un premier temps, qu'au travers de la LangueAutrement dit si lon veut que la femme est sa place dans la société, encore faut-il quelle lest en Langue22.

Nadeije Laneyrie-Dagen, historienne en Artsnous explique23 que la Renaissance redécouvre l'Antiquité qu'elle considère comme un ge dorAussi, leshumanistes de 'époque ne peuvent faire d'exception sur la représentation du corps, tellement présent, notamment dans la statuaire :

« Les canons imitent autant que faire se peut ceux de lAntiquité, car on pense qu'autrefois les corps étaient plus beaux. Les artistesde laRenaissance essaient donc de retrouver les proportions idéales dans la statuairedesAnciens ou dans les textes qui en parlent (Vitruve) Etils sen inspirent. Cet équilibre formel correspond également à la représentation morale que lon se fait de la décence et de la convenance. La Renaissance a dautant mieux adopté les idées de l'Antiquité qu'elle pouvait les adapter à la morale chrétienne. Léonard, Raphaël... ont peint les corps dans des poses retenues, ainsi que les visages. Car le visage, lui aussi, doit obéir aux lois des proportions et de la symétrie. Dans le cas contraire, il est considéré comme laidOr la beauté physique est à cette époque, indice de beauté morale. »

Ainsi, le corps tel qu'il est mis en avant par le discours scientifique est celui, emprunté au discours artistique et religieux, idéalisé que nous a légué laRenaissance enrevisitant es mythes de l'Antiquité. Or ce corpscest avant tout celui de lhomme. Nadeije LaneyrieDagen préçise :

« L'idéal de la beauté est indéniablement masculinCest ce que ne cessent de montrer les traités d'anatomie, qui prennent pour modèle le corps de l'homme. »

21, p 90.

22Nous pensons notamment àlimportanteexploration proposée par AnneeMarie Houdebinetes collègues concernant la féminisation des noms de métierssVoirLa féminisation des noms de métiers en français et dans d'autres langues, Paris Editions L'Harmattant, 998.

23Voir l'entretien de l'Express visiblesur Internet à'adresse

http ://www.lexpressfr/mag/tentations/dossier/beaute/dossierrasp ida=3998998p=1

En outre, aux alentours de 1400, le peintre Cennino Cennini décritdans le Livre de l'art, les proportions idéales du corps masculinEt il ajoute« Celles de la femme, je n'en parlerai pas, car elle n'a aucune mesure parfaite»

L'idée de l'infériorité du corps féminin sera longue à disparaître ettrouve sa justification dans le discours religieux. Au début du XVIIe siècle, Rubens affirme dans a Théorie de la figure humaine : « l'homme seul en la personne d'Adam a été créé àlimage de Dieu formée à partir de la côte d'Adam, Eve nest quun reflet imparfait du projet divin, une sorte de sous-produit ». Or, nous l'avons constaté à travers létude de notre corpus, e corps de l'Homme c'est le corps de l'hommesuivi de tous les insus culturels qui rallie e sexe masculin à l'univers sémantique du terme évolution. La femme reste, dans la représentation de l'évolution par le discours scientifique et artistique, cantonnéeàdes schèmes stéréotypiques non valorisés et non valorisants. Lon peut même parler de forme topique c'est-à-dire « croyances présentées comme communes à une certaine collectivité »24. Effectivement, l'image de la femme dans notre corpus souffre dêtre dépendante des divers lieua communs évoqués plus haut : <maternité>, <foyer><faiblesse> etc.

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery