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Investissement public et croissance économique au Cameroun

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par Jean Florentin DJIENGOUE
ISSEA - Ingénieur d'application de la statistique 2008
  

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CHAPITRE III : REVUE DES ÉTUDES APPLIQUÉES

Pour rendre compte du caractère productif des investissements publics, plusieurs approches ont été utilisées, chacune d'elles essayant de résoudre les problèmes posés par les précédentes. Partant d'une fonction de production de type COBB DOUGLAS, on recense dans la littérature les méthodes basées sur les fonctions de coût, sur la diffusion spatiale des infrastructures.

III.1 L'APPROCHE PRIMALE OU LA FONCTION DE PRODUCTION ÉLARGIE

En parallèle aux analyses théoriques, plusieurs études empiriques ont été initiées dans les années 1980 dont la plus célèbre fut la série d'études controversées de ASCHAUER (1989a, 1989b et 1990). Dans sa spécification canonique, ASCHAUER (1989a) a ajouté un flux de services productifs du capital gouvernemental () au modèle néoclassique :

(13) .

Il emploi une fonction de production du type COBB-DOUGLAS et utilise les données de séries chronologiques agrégées nationales américaines pour examiner la relation entre investissement en infrastructures publiques et la production du secteur privé. Il arrive à la conclusion selon laquelle l'infrastructure de base constituée des rues, des routes, des aéroports, des systèmes de transport en commun, des réseaux d'égout et d'aqueduc, etc. avait le plus grand pouvoir explicatif de la productivité et que le ralentissement de la productivité survenu après 1973 peut être attribué en grande partie au ralentissement observé dans les investissements publics. ASCHAUER (1989b) soulève la question du déplacement de l'investissement privé par l'investissement public.

À la suite des travaux de ASCHAUER, d'autres chercheurs ont entrepris des études pour confirmer ou réfuter son estimation des répercussions des dépenses publiques d'investissement sur la productivité. MUNNEL, A. (1990) fait partie des auteurs à avoir appuyé les constatations de ASCHAUER. Pour résoudre le problème posé dans la spécification de ASCHAUER42(*), elle utilise plutôt des séries chronologiques groupées (données de panel), elle désagrège aussi l'infrastructure publique en infrastructure de base (route, réseaux d'adduction d'eau et d'égouts) et en « autres infrastructures » et examine séparément l'incidence de ces deux types d'infrastructures. À l'issue de son analyse, elle trouve que l'élasticité de la production par rapport au capital public est de l'ordre de 0.31 légèrement inférieur au résultat de ASCHAUER (1989b). Plusieurs études empiriques basées sur une fonction de type Cobb Douglas ont donc été réalisées pour rendre compte du caractère productif de l'investissement public ; STURM (1998) a présenté un tableau de synthèse (voir annexe II) de ces études.

En Afrique, à la fin des années 1990, plusieurs études ont été lancées, afin d'analyser les effets des investissements publics sur la croissance.

Deux « équipes » des Universités de Rabat-Agdal et de Marrakech ont étudié les effets des investissements publics au Maroc, elles ont procédé de façons différentes et ont abouti, de ce fait, à des résultats différents. AMRANI, OULHAJ et HAMMES (2004)43(*) de l'équipe de Rabat-Agdal ont testé la relation entre les dépenses publiques d'investissement et la croissance économique au Maroc entre 1970 et 2004 à travers les ratios des dépenses publiques totales d'investissement rapportées au PIB, les dépenses publiques d'investissement par secteur rapportées au PIB et les dépenses publiques totales par secteur rapportées au PIB. Ils arrivent à la conclusion selon laquelle, empiriquement, seul l'investissement public dans le secteur de la santé semble porteur de croissance.

La seconde équipe, de Marrakech, après une présentation descriptive des dépenses publiques d'investissement entre 1970 et 2003, précise que le choix de la période d'étude et des variables à introduire dans le cadre du modèle économétrique mis en oeuvre a été limité par la disponibilité des données pour ces dépenses publiques réparties par catégories. Donc, en tenant compte de ces difficultés, les auteurs présentent un modèle qui fait intervenir le taux de croissance économique () mesuré comme étant le taux de croissance du PIB en termes réel, les dépenses publiques par catégories () (dépenses publiques d'investissement, d'éducation, de santé, de transport et communication et de défense nationale) par rapport au PIB, les taxes sur les revenus par rapport au PIB (), l'investissement privé par rapport au PIB (), le niveau initial de développement () mesuré par le PIB par tête en logarithmes, l'indicateur social de capital humain (), mesuré par le taux de scolarisation au primaire et au secondaire et l'indicateur social de santé () mesuré par l'espérance de vie en logarithmes. Le modèle suivant a été testé pour la période de 1970 à 2003 :

(14)

Les auteurs à l'issue de cette analyse concluent que seules les dépenses d'investissement dans les entreprises publiques, les dépenses publiques d'éducation et les dépenses de défense nationale sont positivement associées (ou reliées) à la croissance économique au Maroc tout au long de la période d'étude. Des dépenses publiques de santé ne sont pas statistiquement significatives, contrairement aux résultats de l'équipe de Rabat-Agdal.

ABDELKAFI et GABSI (2005)44(*) ont montré l'existence d'un lien significatif entre l'éducation et la croissance économique en Tunisie entre 1970 et 2001. Une étude similaire a été réalisée en Égypte sur la période allant de 1950 à 2003 par DUARTE, M. et PEDROSA. Ils intègrent dans leur modèle le produit global, la consommation privée, l'investissement public et la consommation publique et arrivent à la conclusion selon laquelle l'élasticité du capital humain relativement aux dépenses de l'État est de 33,7% dans l'estimation par la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO). Cette valeur est très élevée et traduit donc la grande importance des dépenses de l'État pour l'augmentation du stock du capital humain en Égypte.

Au Niger, une étude basée sur une équation de croissance (inspirée de BARRO et SALA-1-MARTIN(1995)), intégrant les investissements publics a été estimée par la méthode des moindres carrés ordinaires dans le cadre d'un modèle à correction d'erreur. Cette étude a eu pour objet d'évaluer l'impact des investissements publics sur la croissance sur la période 1975-2004. HAMIDOU HAMA (2005) montre ainsi qu'à court terme les investissements publics ont un effet positif mais non significatif sur la croissance économique. A long terme, la relation entre les investissements publics et la croissance a tendance à se dégrader, confirmant que les investissements publics se concentrent dans des projets de réhabilitation ou d'entretien dans le monde rural. Ce résultat selon l'auteur suggère également que les investissements publics ne sont pas orientés vers l'accumulation du capital nécessaire à la croissance économique, et confirme en partie les études menées sur la question au Niger. L'étude a également montré que l'ouverture a un impact négatif mais non significatif sur la croissance économique, que le développement financier agit positivement sur la croissance.

Bien que la majorité des études citées plus haut semblent supporter l'idée selon laquelle les investissements des administrations publiques ont un effet positif sur la croissance, certaines ne trouvent aucun effet positif (voir annexe II). Ces résultats controversés ont eu pour principale explication l'approche méthodologique utilisée. Pour résoudre le problème associé à l'approche par fonction de production basée sur les séries temporelles, les chercheurs ont utilisé une approche Vecteur Autorégressif (VAR). Parmi ceux-ci, NAVEED NAQVI (2003) postule un modèle de BARRO (1990) au cas du Pakistan entre 1965 et 2000. Dans sa spécification il utilise un modèle basé sur une fonction de production de type COBB-DOUGLAS et dans lequel il introduit le capital public, il obtient ainsi le modèle suivant :

(15) , où

Le facteur représente le résidu de SOLOW (progrès technique exogène). Dans son introduction, NAVEED NAQVI (2003) présente également le caractère exogène (MANKIW et al (1992)) et endogène (ARROW (1962) et ROMER (1987)) du facteur qui est le progrès technique. Étant donné qu'il peut y avoir une externalité positive ou négative du capital public, il ne fait aucune restriction au modèle et travaille avec les données ramenées par unité de travailleurs.

L'équation précédente peu donc s'écrire :

(16) avec

En se ramenant au logarithme, on obtient :

(17)  , avec

NAVEED NAQVI (2003) montre que si le progrès technique est endogène (externalité produit par le capital) alors, le facteur B peu s'écrire de la façon suivante :

(18)

et indiquent respectivement l'externalité liée au capital privé et public respectivement et est le « paramètre de décalage » (changement), le facteur technologique pourra donc être déterminé à travers le modèle suivant :

(19)

où on a respectivement : et , est l'erreur.

Par ailleurs, si le progrès technique est exogène, comme soutenu par SOLOW (1957) et MANKIW (1992), alors

(19)

et le modèle à estimer devient :

(20)

Après avoir montré que les différentes variables sont cointegrées au seuil de 5 %, Il arrive aux résultats selon lesquels les élasticités à long terme du capital public et privé diffèrent suivant les hypothèses sur l'évolution du facteur technologique. Il montre également que l'élasticité du capital privé varie entre 0.25 et 0.29, l'élasticité du capital public à son tour se situe entre 0.23 et 0.49. Ceci implique donc que pour le cas du Pakistan, le capital public est aussi productif que le capital privé. Par ailleurs, l'analyse des chocs montre qu'un choc exogène sur le capital privé prend beaucoup de temps pour disparaître qu'un choc équivalent sur le capital public. Plusieurs études ont donc été menées utilisant l'approche VAR45(*).

Comme on peut le constater (voir annexe II), ces études empiriques ne sont pas encore assez claires sur l'effet de l'investissement public sur la croissance. Les résultats diffèrent selon la méthodologie utilisée, la région ou le pays d'étude.

En marge des études basées sur une fonction de production, plusieurs autres méthodes ont été utilisées pour rendre compte du caractère productif de l'investissement public. Plus récemment, des chercheurs ont tenté une approche par la fonction de coût en faisant valoir que la fonction de coût est préférable à la fonction de production pour les avantages qu'elle présente sur le plan conceptuel et pour des raisons économétriques (BANGQIAO, J. 2001.). Nous présenterons à cet effet brièvement cette approche et les principales études menées dans ce cadre.

III.2 L'APPROCHE DUALE ET L'ESTIMATION DES FONCTIONS DE COÛTS ET DE DEMANDE DE FACTEURS

L'approche duale comme il est précisé plus haut, se fixe pour objectif de palier aux difficultés présentées dans l'approche primale. Ainsi, du point de vue économétrique, l'approche par la fonction de coût permet d'éviter le problème de la multicolinéarité qui pourrait produire des coefficients estimés biaisés du fait que la multicolinéarité pose habituellement un peu plus de problèmes lorsqu'il s'agit de quantité d'intrants que lorsqu'il s'agit de prix des facteurs. Le problème de la causalité, difficile à surmonter dans l'approche par la fonction de production, ne se pose pas dans les approches par la fonction de coût, parce que ce sont les prix des intrants et non pas leurs quantités qui sont exogènes. De même, l'utilisation d'une fonction de coût nous permet d'imposer une homogénéité linéaire aux prix dans nos modèles. L'imposition de telles restrictions, si elles sont raisonnables, équivaut à utiliser des renseignements additionnels quand on fait une estimation et réduit donc la variance des estimateurs. Malheureusement, l'imposition d'une homogénéité linéaire à la fonction de production équivaut à supposer des rendements d'échelle constants (BANGQIAO J., 2001).

L'approche duale présente la formalisation micro-économique du lien entre croissance et infrastructures qui passe par l'amélioration de la rentabilité des facteurs de production et de l'investissement. Elle est fondée sur la dualité entre fonction de production et fonction de coût, à savoir que la structure de la production peut être entièrement représentée par une fonction de coût restreinte. A partir d'une fonction de production augmentée au capital public et connaissant le coût des facteurs de production, l'approche duale consiste à déduire du programme de minimisation du coût des entreprises une fonction de coût unitaire. Cette fonction permet d'identifier l'élasticité des infrastructures en termes de réduction des coûts de production et de déduire une fonction de demande de facteurs (VEGANZONES, M.A. 2000.).

Formellement, Pour examiner les effets de l'infrastructure publique sur le coût de production dans le secteur privé, une fonction de coût traditionnelle peut être modifiée de manière à inclure le service de l'infrastructure publique. La forme générale de la fonction de coût devient alors :

(21)

est le coût total ; , le vecteur des prix des intrants privés (habituellement travail, capital privé, matières premières, etc.); , la quantité d'extrant; , une mesure du changement technique; et , le service de l'infrastructure publique. La valeur fictive () ou avantages marginaux du capital public peut être obtenue en prenant la négative de la dérivée partielle de la fonction de coût par rapport au capital public (BANGQIAO, J. 2001.).

Du point de vue de l'entreprise, comme les services d'infrastructures publiques sont fournis de l'extérieur >0 signifie que les entreprises profitent des hausses du service de l'infrastructure publique. Toutefois, d'un point de vue social, l'investissement dans l'infrastructure n'est clairement pas gratuit. Par conséquent, le taux de rendement social du capital d'infrastructure publique doit être mesuré par soustraction de ce qu'on appelle le coût social d'utilisation du capital public, , de la valeur fictive , ce qui donne :

(22)

Les études qui mettent en oeuvre l'approche duale prennent des formes relativement variées (VEGANZONES, M.A. 2000). Si la plupart d'entre elles adoptent une fonction de production de type translog, elles portent aussi bien sur des données agrégées, que sectorielles et régionales. Elles ne concernent que peu les pays en développement du fait sûrement d'un manque de données encore plus flagrant que dans le cas des autres approches (données de prix des facteurs notamment). Enfin, les indicateurs d'infrastructures sont la plupart du temps des indicateurs agrégés de capital public, parfois réduits au coeur d'infrastructures, ce qui illustre encore la robustesse de cette approche, moins dépendante donc de la qualité de l'indicateur d'infrastructures choisi (VEGANZONES, M.A. 2000.). Un grand nombre d'études ont été présentées par VEGANZONES, M.A. (2000) et BANGQIAO, J. (2001).

Ces études, pour la plupart utilisent les données américaines, on peut citer entre autres celles menées par KEELER et YING (1988) portant sur les avantages des investissements réalisés dans l'infrastructure routière dans le cadre de l'aide fédérale sur les coûts de l'industrie américaine du transport par camion. À l'aide de données se rapportant à neuf régions de 1950 à 1973, ils constatent que le capital investi dans l'infrastructure routière a amélioré sensiblement la productivité de l'industrie du camionnage. Les avantages des investissements routiers représentés par les économies réalisées au plan du coût des camions sont très importants, couvrant à eux seuls presque le tiers des coûts en capital du réseau routier bénéficiant de l'aide fédérale entre 1950 et 1973.

BANGQIAO, J. (2001) présente également l'étude réalisée par MORRISON et SCHWARTZ (1996). Ceux-ci utilisent une fonction de coûts variables pour examiner le rôle de l'infrastructure dans la performance de l'industrie manufacturière au niveau des États. La mesure du capital public utilisée dans cette étude inclut les routes, les réseaux d'adduction d'eau et les égouts. L'estimation est faite par région à l'aide de données annuelles sur les prix et les quantités des extrants et des intrants dans les secteurs manufacturiers des 48 États de 1970 à 1987. Les résultats montrent que la valeur fictive excède zéro dans tous les États et dans toutes les périodes, ce qui indique un produit marginal positif du capital d'infrastructure pour les entreprises qui, toutefois, tend à être plus petit et à avoir une plus faible tendance à la hausse que celui du capital privé. Cela semble indiquer, dans les industries manufacturières, un rendement plus élevé du capital privé et une diminution de la valeur relative du capital public par rapport au capital privé dans le temps. Les chiffres obtenus pour la valeur fictive laissent supposer qu'un investissement de 1 dollar dans l'infrastructure fait économiser environ 0,16 dollar sur les coûts dans la plupart des régions en un an. Toutefois, le taux de rendement social sera positif ou négatif selon le coût social d'utilisation utilisé.

Ainsi, en plus d'avoir fourni des résultats empiriques plus convaincants du rôle des infrastructures dans la dynamique économique des pays (VEGANZONES (2000)), l'approche duale s'est révélée riche d'enseignements sur les mécanismes de transmission de cet effet. Une limite de cette approche se situe, néanmoins, dans le type de données nécessaire à son élaboration46(*), notamment pour les pays en développement dans lequel cet outil serait d'une grande utilité.

Il existe une autre méthode d'évaluation de l'impact du capital public sur la croissance, il s'agit de l'évaluation des effets de diffusion spatiale des infrastructures sur lequel nous marquerons un point d'arrêt.

III.3 L'ÉVALUATION DES EFFETS DE DIFFUSION SPATIALE DES INFRASTRUCTURES

VEGANZONES, M.A. (2000) dans « revue des études sur la relation entre les investissements dans l'infrastructure des transports et la croissance économique » a identifié plusieurs études qui évaluent la diffusion spatiale des infrastructures publiques, nous nous limiterons ici à deux d'entre elles.

Le modèle fondateur de CHUA (1993) met en évidence la diffusion des externalités spatiales à travers le capital physique et humain des pays (régions) voisin(e)s. En effet, CHUA (1993) a soutenu l'idée que les pays peuvent bénéficier de l'intensification des activités économiques de leurs voisins proches. Ces bénéfices proviendraient de la fourniture accrue des connaissances techniques, des compétences managériales, de travail qualifié, et de capital. Il valide son modèle sur plusieurs échantillons de pays. Un résultat intéressant de ces estimations réside, en outre, dans le fait que ces effets de diffusion réduisent beaucoup la significativité des variables indicatrices pour l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine. Cette situation met clairement en évidence selon l'auteur, l'existence, dans la croissance et la convergence des pays, de dynamiques régionales peu développées et mal expliquées jusque là.

Une autre approche indirecte de cet effet de diffusion spatiale a été entreprise par NAGARAJ et al. (1999) sur les États de l'Inde. Les auteurs valident sur données de panel, en suivant un schéma de convergence conditionnelle, le rôle des infrastructures comme facteur de différences de performances économiques des États. Ils mettent cependant parallèlement en évidence un effet de diffusion de la croissance entre États voisins. Or, cette croissance dépend du niveau d'équipement en infrastructures de chaque État, ce résultat permet de montrer, par transitivité, le rôle de ces équipements dans la diffusion spatiale de la croissance.

III.4 L'APPROCHE EN TERMES DE CONVERGENCE CONDITIONNELLE

Le test de convergence du produit par tête a fait l'objet de nombreux travaux initiés par BAUMOL (1986) et BARRO (1991). L'approche en termes de convergence conditionnelle cherche à évaluer dans quelle mesure l'effort d'investissent public relatif d'un pays contribue à son rythme de croissance par rapport à d'autres pays. Les résultats disponibles sur ce point sont modestes (HENIN, P.Y. et HURLIN, C. 1999.). Néanmoins, nous pouvons présenter une étude menée dans les pays en développement. KHAN et KUMAR (1997) testent, sur un échantillon de 95 pays en développement, une équation de convergence conditionnelle intégrant, parmi diverses variables de contrôle, le taux d'investissements privés et publics. Les coefficients estimés sont significativement positifs, l'impact de l'investissement privé étant approximativement le double de celui de l'investissement public sur la période globale (1970-1990) ou sur la décennie (1980-1990). Au contraire, de la décennie 1970-1980, les coefficients estimés sont très proches de l'ordre de 0.21. Les auteurs concluent donc à un affaiblissement de l'efficacité de l'investissement public

L'investissement public est donc une source importante de croissance comme le précisé MEADE (1952) et plus tard les études théoriques et empiriques. Face à cette multitude d'études qui ont été menées en Europe et au États-Unis et dans certains pays en voie de développement, il y a lieu de savoir quelle est la contribution du secteur public à la formation du produit global au Cameroun. Pour atteindre cet objectif, il est essentiel pour nous de présenter le contexte économique au Cameroun entre 1977 et 2005 et la situation des principaux agrégats liés à notre étude.

Deuxième partie :

APPROCHE EMPIRIQUE

« Quand vous êtes capable de mesurer ce dont vous parlez et de les exprimer par des nombres, vous savez quelque chose à ce sujet ; quand vous êtes incapable de le mesurer et quand vous ne pouvez pas l'exprimer par des nombres, la connaissance que vous en avez est bien maigre et peu satisfaisante : elle peut constituer l'amorce d'une véritable connaissance, mais votre pensée n'a encore fait qu'à peine un pas vers le stade de la science... »47(*)

Lord KELVIN

* 42 Les analyses d'ASCHAUER étaient faites sous l'hypothèse de stationnarité des variables.

* 43 Cité par BERTHOMIEU, C. et BONETTO, F. (2004)

* 44 Cité par BERTHOMIEU, C. et BONETTO, F. (2004).

* 45 Voir le deuxième tableau de l'annexe II

* 46 Les données nécessaires ne sont pas toujours disponibles.

* 47 Citez par SAMUELSON (1969)

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