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Problèmes et difficultés rencontrés par l'étudiant universitaire libyen dans l'apprentissage du français.

( Télécharger le fichier original )
par Bachir AL-KHATTABI
Faculté des Lettres de Sabrata - Master en français 2007
  

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Dr MOHAMED SELLAM

UNIVERSITE DU SEPT AVRIL

Faculté des Lettres de Sabrata

L'Etudiant libyen et le français

Rapport sur l'enseignement du français en Libye

ANNée Universitaire

2008/2009

Avant-propos

Il m'est agreeable de presenter au Président de l'Université du 7 Avril

Unj Rapport sur l'enseignement du français en Libye

Auquel j'ai consacré plus de deux ans de travail et de réflexion

Dans ce rapport,j'ai cru nécessaire de mettre l'accent d'abord sur les insuffisances et les les lacunes qui se trouvaient à l »origine des problèmes dont patis l'enseignement du français e dans le pays

Puis dans un secdond temps,j'ai procédé à mettre en place le remède approprié sans pour autant affirmer de façon catégorique que ce remède produira des effets poszitifs à court terme

Car il s'agissait au fond de tout un systàme à revoir et à réformer

Chapitre Premier

Quel rôle du français en Libye ?

Introduction :l'impact de la langue étrangère sur la vie de la société.

Développement :

Le Japon avait adopté l'anglais comme langue seconde et,par cette adoption,le pays a réussi le miracle du 20e siècle;l'Allemagne,après sa destruction totale juste vers la fin de la seconde guerre mondiale,n'est pas loin derrière le Japon,après avoir adopté la même langue dans ses relations avec le monde....

Heine1(*) avait dit à un certain moment de sa vie:"la langue est l'âme du peuple."'c'est vrai dans une certaine mesure ,car si la langue maternelle est toujours présente dans notre être,elle coule dans nos veines,elle n'est pas toujours apte à nous permettre d'avoir des contacts avec les autres sociétés,soit par la faute de l'autre qui ne connaît pas notre langue,soit par la nôtre qui ne connaissons pas la sienne

La langue est véhiculaire des sciences technologiques et des informations elle a une fonction peut-être plus importante,c'est de rapprocher les peuples entre eux,d'établir des contacts authentiques entre les gens de pays et de cultures différents

Les pays anglophones se sont réunis en une communauté solidaire que l'on appelle le Commonwealth de même que les pays francophones

Or la langue rapproche les pays,les unit en des aspirations communes,les affranchit de leurs préjugés réciproques et crée entre eux des liens de fraternité et de concorde...

Dès lors, on peut affirmer,sans nous tromper,que plus on connait la langue de l'autre,plus on comprend le sens de la vérité des choses et de là,on se forme,on conçoit une idée,une vision réelle du monde qui nous entoure

Aucun peuple ne peut vivre à l'écart des autres peuples et aucun peuple n'accepte d'être isolé délibérément des autres peuples,car le monde d'aujourd'hui,avec l'essor économique,et l'expansion vertigineuse de l'univers informatique,est condamné malgré tout à vivre en une communauté étroitement liée par des intérêts réciproques et un avenir commun

Et ce qui unit ces peuples,ce qui contribue à les faire vivre perpétuellement dans la paix et la compréhension totale,c'est- évidemment la langue,que ce soit l'anglais ou le français,(pour ne parler que de ces deux langues qui occupaient depuis des siècles l'avant de la scène internationale une langue susceptible de leur assurer une assise de compréhension mutuelle et un rapprochement durable

D'autre part,tout pays possède sa propre langue,qu'elle soit sous sa forme dialectale ou non,mais cela ne suffit pas pour entrer dans le giron de la communauté internationale..Il lui fallait dès lors une autre langue connue par la majorité des peuples et toute langue dégénère pour devenir,au fil des siècles,plus simples et plus conforme à l'esprit des nouvelles générations

L'arabe par exemple n'était pas ce qu'il est de nos jours:il a subi de multiples transformations ,mais il a gardé sa structure propre ,une structure logique et rationnelle...

Il en est de même de la langue française,dont les textes du Moyen Age,ne rien d'autres ,non seulement pour nous mais pour les français eux-mêmes,que des textes en langue étrangère

La société libyenne est une société fermée;oui,on peut le clamer hautement,sans risque de nous tromper:dans mes longues randonnées à travers le pays,avec mes pelotons de touristes,je me suis rendu compte de cette réalité pénible,les touristes que j'accompagnais ne venaient pas d'un seul pays,mais ils venaient de plusieurs pays européens,aux cultures et langues différentes,mais dans la situation où nous étions,une seule langue nous unit et on se comprenait à merveille grâce la langue française,à laquelle revient le mérite d'avoir établi entre nous un pont solide

Outre cela,dans mes randonnées aux sites archéologiques qui parsemaient notre cher pays ,nous avions rencontré des hauts responsables ,des villageois,des employés de toutes catégories,mais aucun n'a été capable de se faire comprendre ni en anglais ni en français et nous soulignons cet état de choses avec fidélité,car plus on connaît une langue étrangère,plus on est ouvert,et nos facultés de compréhension deviennent plus souples et s' adaptent plus aisément aux manières de penser des autres....

Le français est-il nécessaire en Libye ? N'est-il pas introduit de façon accidentelle dans les Universités libyennes ,sans planification ,sans préparation ,et même sans cadre compétent pour mener à bien cette mission?

Toute société,pour pouvoir survivre,a besoin d'une ou de plusieurs langues étrangères,en particulier pour être en contact avec le monde extérieur...

Or,la Libye dans un premier pas avait adopté l'anglais ,comme langue de communication, et de relation avec le monde ,mais cette langue,au fil des ans,a failli disparaître de presque tous les milieux de la société,même des milieux universitaires où son apprentissage restait à l'état primaire ...donc l'anglais ,pour dire vrai,n'est plus de mise dans notre société:il accusait un recul que l'on peut qualifier à juste titre d'inacceptable....

Dès lors,après avoir constaté que nous ne pouvons pas vivre sans communication avec l'extérieur,on a cru bon de revenir à cette langue et à son enseignement dans nos facultés..

Puisque,tout progrès est subordonné à l'usage d'une langue reconnue comme dominante par la communauté internationale

Parallèlement à la mise en place de l'anglais,des mesures furent prises de revenir à la langue française et de lui accorder une petite place au sein des Facultés..

Pour enseigner le français en Libye,il aurait fallu s'assurer d'abord une infrastructure solide et bien organisée et ce qui est regrettable,c'est que cette infrastructure administrative et pédagogique n'existait pas au moment où l'on a décidé d'instituer le français en tant que langue inscrite dans les programmes didactiques des langues dans les facultés

De plus il manquait également un cadre enseignant qualifié et c'est là le point essentiel,puisque sans ce cadre compétent,il a été et il serait à plus forte raison impossible ,en quelque domaine que ce soit,d'assurer une formation adéquate à des étudiants qui eux aussi posaient des problèmes majeurs...

Il aurait été logique dans ce cas de planifier,de préparer de manière rationnelle cette instauration ou cette restauration du français dans nos institutions universitaires,de concevoir les programmes appropriés,de former des enseignants capables de mener cette mission dans de bonnes conditions et aussi de préparer les apprenants à cette langue difficile,d'équiper les départements avec les matériels didactiques adéquats....../

-une société où la langue étrangère est bannie est une société fermée sur elle-même et demeure par conséquent marginale

Donc le français n'est pas seulement nécessaire mais fondamental en Libye

Comme il l'est d'ailleurs dans tous les pays du monde...

En ce sens que le français n'est pas une langue favorisant l'acculturation et le dépaysement mais il est avant tout un outil de travail et de progrès au même titre que la langue maternelle,surtout dans ce monde où l'expansion de l'informatique ne cesse de s'élargir chaque jour....

Outre cela,le français,en tant que langue vivante,susceptible de s'adapter à toutes les situations ,porteuse d'une culture et d'une civilisation glorieuses,une telle langue ne peut être que trop bénéfique pour être introduite dans notre système d'enseignement et en particulier pour les générations futures,qui seront appelées à user de cette langue au même titre que leur propre langue...

Ainsi,de nos jours,avec le développement incessant des sciences universelles et de l'essor de la technologie sous toutes ses formes,le français est devenu un impératif que l'on ne doit pas négliger ,mais au contraire,il doit être pris en considération dans le contexte d'une société en pleine évolution...

Les jeunes sont assoiffés de culture et de savoir sous tous ses aspects même les plus complexes,et pour pouvoir satisfaire leurs besoins,et accéder à tout ce qui est inconnu,il leur faudrait une langue simple,souple et facile et c'est ce que notre enseignement doit prendre en charge pour réaliser les aspirations de ces jeunes et satisfaire leurs besoins en matière de savoir-vivre et de savoir -faire,deux concepts qui font de l'homme civilisé et tout cela ne se matérialise dans la réalité que par la connaissance d'une langue authentiquement vivante ,en l'occurrence le français...

Il y a un problème qu'il est de notre devoir de souligner dans ce mémoire,c'est que nous avons été confronté à des cas difficiles à comprendre,car comment se fait-il que,des cadres,oui des cadres titulaires d'un "Master"dans leurs propres spécialités2(*)

Sans connaître le moindre mot d'une langue étrangère et malgré cette lacune déplorable,ce grave handicap,ces cadres avaient demandé de poursuivre leurs études à l'étranger '(en Europe et aux E-U) aux frais de l'Etat libyen et leurs demandes furent acceptées sans restrictions...Il y en a qui sont partis pour la France et pour la Belgique,d'autres ont déjà regagné le Royaume- Uni...

Une question qui se pose spontanément ,c'est que comment ces gens-là vont-ils poursuivre leurs études dans ces pays?Alors qu'ils ne possèdent pas le moindre mot ni en français ni en anglais?

Pire encore!ils ignoraient même les lettres de l'alphabet dans l'une et l'autre langue!N'est-ce pas là un problème grave et complexe?N'est-ce pas là aussi une farce ou une comédie fabriquées de toutes piéces pour obtenir une bourse d'études3(*) sans raison apparente? Oui une vraie farce à la fois ridicule et mesquine!

Et nous nous demandons,c''est notre droit de nous demander,comment ces gens vont-ils écrire leurs thèses?

Alors que nous,oui nous autres libyens,nous avons passé des années et des années à travailler le français ,plus de quarante ans passés à creuser cette langue,à nous étourdir sur des phrases,à nous peiner obstinément sur des tournures complexes pour pouvoir les digérer,à piocher dans la douleur sur des textes pour parvenir à les décrypter...Oui quarante années d'études pour savoir écrire une phrase correcte et bâtir soit disant un petit texte logique et cohérent....

Chapitre Deuxième

critique des méthodes

utilisées pour l'apprentissage du français.

Introduction :l'apport des méthodes didactiques du FLE

Développement

Les ouvrages destinés à l'enseignement du FLE, que ce soit ceux publiés sous l'égide de C.R.E.D.I.F ou même ceux de l'Alliance Française,ces ouvrages ne sont pas faits pour des étudiants libyens :il est regrettable de le dire ,car ces livres ne sont faits au

début que pour des européens...

Il ne faut pas croire que nous cherchions à induire en erreur ceux qui les utilisent de nos jours dans nos facultés :il suffit d'y regarder de plus près ,d'y jeter un coup d'oeil même rapide, pour vous rendre compte que ces manuels ne sont rien d'autres qu'un moyen de vulgarisation ,de propagation de la culture et de la civilisation françaises sous couvert dee l'enseignement de la langue..

On y constate trop d'images,trop de gravures souvent stériles

Comment peut-on apprendre le français à un étudiant libyen ,une langue qui lui est complètement étrangère et dont il ne connait même pas l'alphabet,il serait de bon ton d'abord de le sensibiliser à cette langue,de lui expliquer les mécanismes complexes qui y sont inhérents,de lui dire que cette langue n'est pas aussi facile qu'on le croyait et que pour l'apprendre il faudrait faire preuve de patience et de tenacité.Or aucun des ouvrages actuellement en cours d'utilisation ne faisait état des caractéristiques de la la langue française..

Les méthodes pédagogiques sont stériles et n'aident pas l'étudiant à appréhender de façon consciente les rudiments de la langue ,au contraire elles ne font que lui rendre la tache plus difficile et l'apprentissage de la langue plus inaccessible,ce qui l'oblige le plus souvent à abandonner tout et à chercher une autre discipline que le français.....

Les manuels actuellement utilisés par les enseignants sont-ils faits pour des étudiants libyens ?

N'est-il pas urgent de mettre en place une réforme générale des méthodes didactiques actuelles ?

Il est vrai que si cette situation persiste,l'étudiant sera la victime ,puisqu'il est désorienté,complètement désappointé et il a l'impression d'être tiraillé entre ces ouvrages qui ne lui rapportent rien et ces méthodes stériles qui ne parviennent pas à lui inculquer le bagage linguistique souhaitable.../

Donc il reste à envisager une nouvelle réforme de tous les matériels éducatifs,à commencer par les manuels et les méthodes que l'on exploite à tort et à travers ,sans récolter des résultats plausibles4(*)..

Tout est à revoir,même le système d'inscription des étudiants qu'il fallait mettre en contact avec la langue dès leur plus bas âge et non pas à un âge relativement avancè,qui demeure pour eux ,un vrai obstacle à leur progrès.

Il n'est pas moins vrai que,pour entreprendre une réforme de notre enseignement du français,il faudrait mobiliser des potentialités considérables..

Oui cette réforme ne pourra jamais se faire sans l'intervention directe de l'Etat,puisque tout revient à l'Etat à assumer ce rôle fondamental pour assurer à cette réforme la réussite escomptée..

Le problème est là,clair,évident et visible et personne n'ose affirmer qu'il n'y a pas de problème,sans être taxé d'hypocrite et de naïf./

Une réforme générale des manuels et du système de la didactique des langues, demeure une nécessité absolue , sans quoi l'on continuera à patauger dans ce marécage de connaissances stériles et vaines

Toutes les méthodes ne valent pas pour toutes les disciplines,comme toute pédagogie d'une langue ne peut pas être valable pour toutes les languesChaque langue a sa méthode spécifique,On enseigne pas le français en tant que langue étrangère ,comme on enseigne sa langue maternelle..

Toutes les langues ne se ressemblent pas et une différence considérable nous empêche de les comparer ou de les étudier de la même manière et selon la même conception pédagogique..

Il ressort de là que nous devons prendre en considération ces différences intrinsèques.. et de ne pas croire que toutes les langues se valent5(*)...

ó A dire vrai,il parait que l'étudiant libyen est plus apte à assimiler l'anglais que le français...

Ce fait est dû d'abord à une certaine tradition attachée à la politique du pays ,puis l'étudiant libyen se trouvait constamment en contact avec la société, et de là en contact réel avec cette langue,en raison des conditions économiques créées par le développement des institutions de l'Etat...

Quel contenu textuel,linguistique,culturel,répondant aux besoins de nos étudiants ?

Pour écrire ce mémoire,nous avons pris la décision de voir de plus près ce que l'on faisait dans les départements de français...

Ainsi nous avions fait des visites fréquentes dans ces départements pour nous rendre compte de la réalité des choses et de plus pour ne pas nous écarter de l'objectivité,de la fidélité de notre travail,que nous avons voulu être un reflet de la vérité,de l'intégrité du chercheur6(*)...

Or après examen des modules exploités dans ces cours du FLE ,nous avons eu le regret de relever des lacunes et des erreurs de planification commises par ceux qui avaient mis en place ces modules

Voyons les modeules destinés à la première année

:Modules principaux

2hÇPhonétique

Expression orale 2h

Expression écrite 2h

Lecture 2h

Grammaire 4h

Cours intensifs 6h

Modules non -principaux

Langue arabe 2h

Culture politique 2h

Anglais 2h

Psychologie 2h

Histoire de civilisation 2h

1.

Si l'on examine de plus près ces modules

On s'aperçoit d'emblée que les modules de français sont presque à égalité avec ceux consacrés exclusivement à la culture générale,alors que le programme de français,comme il est d'usage dans les pays arabophones,ne devait comporter que l'anglais qui est une langue indispensable pour les francisants...Les autres modules ne sont guère indispensables à ce stade de leur apprentissage,puisque,d'après les informations que nous avions recueillies à ce sujet,les étudiants les avaient déjà acquis dans les cours élémentaires ou secondaires...Pour être plus précis,à part peut être la psychologie,les autres modules sont dans ce contexte de caractére itératifs dans ....

Mais ce qui est vraiment étrange à plus d'un titre,c'est qu'on eenseignait le fr'ançais,comme si les étudiants parlaient déjà la langue,comme s'ils étaient des français ou des citoyens francophones..Puisque nous avons consulté des brochures où l'on a dû consigner les modules d'apprentissage pour les élèves français et francophones et nous avons trouvé que les modules sont presque similaires,à part la phonétique remplacée par le terme exact phonologie7(*)....

On oubliait que nous avions affaire à des étudiants qui ne connaissaient pas un seul mot de français,disons plutôt qu'ils en ignoraient l'alphabet 8(*) et c'est là le défaut de la cuirasse,c'est là l'erreur où sombrait notre système d'enseignement du FLE

On enseignait la phonétique,l'expression écrite ou la grammaire à des jeunes gens qui ne savaient pas encore ni lire ni écrire...N'est -ce pas là une mesquinerie?Une drôle de comédie au contenu dérisoire et vain?

On ne devait enseigner ces modules-là qu'à des gens qui connaissaient déjà la langue ou à la rigueur ,qui avaient un certain bagage linguistique acquis antérieurement.....

Voyons encore les modules destinés à la 2eme année...

:Modules principaux

Lecture dirigée 2h

Phonétique 2h

Cours intensifs 6h

Orthographe 2h

Grammaire 4h

Expression orale 2h

Expression écrite 2h

Modules non-principaux

Arabe 2h

Culture islamique 2h

Culture politique 2h

Anglais 2h

Généralement,comme on a pu se rendre compte,presque les mêmes titres des modules sont inscrits dans le programme de la deuxième année..

Avec quelque différence près,:on a dû supprimer la psychologie et l'histoire de civilisation;mais on y a ajouté la culture islamique..

Le problème c'est que l'étudiant est toujours confronté à des difficultés insurmontables,d'abord peut-on savoir lire et lire correctement ,tout en étant capable de mobiliser les procédés d'articulation phonique des éléments de la phrase?

Savoir prononcer les mots ,savoir les écrire selon les régles de la graphie et de l'orthographe et savoir s'en servir dans des situations variées..cela nécessite beaucoup de temps et d'efforts,mais ,dans l'état où il est,l'étudiant se trouvait acculé à entretenir l'illusion qu'il savait tout,alors qu'il ne sait rien,lorsqu'il s'aperçoit de fait qu'il était incapable de déchiffrer le moindre mot dans son contexte

Dès lors,au bout de deux ans d'études,l'étudiant est-il parvenu au stade de la traduction ?de savoir décrypter un texte en français et de faire des méthodes de recherche...?

Voyons à présent les modules proposés pour la 3eme année.

Nombre d'heures

:Modules principaux

2 heures

Compréhension

4 heures

grammaire

4 heures

Traduction

2 heures

Phonétique

2 heures

Expression orale

2 heures

redaction

4 heures

Littérature française

2 heures

Méthodes de recherche

 

:Modules non-principaux

2 heures

Culture politique

2 heures

anglais

Comme on le voit,les modules non-principaux diminuent progressivement:c'est une mesure qui s'inscrit dans le cadre d'une politique rationnelle,d'autant plus que c'est toujours l'étudiant qui profite de cette diminution graduelle des modules qui auraient pu être autant d' entraves à son apprentissage du français:qui reste pour lui l'objectif principal de ses préoccupations ...

Nous ne voulions pas répéter ce que nous avions dit au sujet de ces modules et de leurs contenus:Nous signalons seulement que la plupart de ces modules ne sont pas faits pour des apprenants ayant fait seulement deux ans d'étude de français et que leur application n'est qu'une erreur .....

Voici maintenant les modules réservés à la 4eme année:

Nombre d'heures

:Modules principaux

2 heures

Littérature africaine

4 heures

Traduction

4 heures

Grammaire

2 heures

Redaction

2 heures

Méthodologie

2 heures

Linguistique

2 heures

Phonétique

 

:Modules non-principaux

2 heures

Culture politique

2 heures

Anglais

Dans le programme de la quatrième année,on a dû inclure un nouveau module intitulé "Littérature africaine" ainsi qu'un autre module non moins étrange ,il s'agit bien de la "linguistique"

L'étudiant a déjà fait trois ans d'étude de français et se trouve à présent confronté à d'autres modules difficiles à comprendre et à se familiariser avec les modalités de leur contenu,qui exigeraient une bonne connaissance en français...

Or il n'est pas possible à un étudiant encore au stade de ses premiers pas en français,d'aborder avec assurance ces modules,qui sont faits,dans d'autres pays que la Libye,pour un étudiant qui a fait pas moins de 16 ans d'apprentissage de la langue ."Tout enseignement,déclarait une pédagogue du temps moderne9(*)doit procéder par progression et par dosage"une telle affirmation suppose un vrai réalisme didactique et au vu du tabhleau des modules enseignés dans nos Facultés,on voit bien dans tout cela qu'il y bien plus de l'utopie que du sérieux...

Ainsi,par une belle journée de printemps,nous avons débarqué dans une des classes où l'on enseignait un de ces modules inscrits au programme..

En vérité,pour dire franchement ce que nous avions vu et constaté,relève à la fois du comique et de la tragédie:le texte proposé aux étudiants était en effet un texte touffu et long,parsemés de termes impossibles pour l'étudiant libyen d'en déchiffrer même les syllabes10(*)

C'est alors que nous nous étions rendus compte qu'aucun de ces étudiants n'était capable de lire correctement la plus petite phrase de ce texte Le Professeur n'avait fait tout au long de la séance qu'à traduire le texte mot à mot de telle sorte que le texte était devenu comme une fourmilière...En d'autres termes,la traduction se faisait dès le début du texte et se continuait sur ce rythme indéfinément..

Quant au module que l'on appelle "méthodologie",le professeur proposait des règles et des méthodes,des critères,de la manière la plus simple possible ,que l'étudiant reproduisait le plus souvent incorrectement sur son cahier,pour les apprendre par coeur,pour qu'il puisse lors de la séance fatidique de l'examen ,les rendre intégralement sans en rien comprendre et la correction consistait tout simplement à corriger les fautes que l'étudiant avait commises en transcrivant le cours écrit au tableau..

Dès lors,nous avons bien compris où était le mal dans notre système de la didactique des langues..

Pour la plupart,les modules proposés à l'étudiant sont des modules difficiles à assimiler,en raison bien entendu de l'absence effective d'un bagage linguistique antérieur "Pour enseigner,il est impératif de connaitre à fond et le niveau de votre étudiant et ses besoins11(*)".

Il est probable que ces modules étaient suggérées par des enseignants qui n'avaient aucune connaissance du niveau de l'étudiant encore moins de ses besoins linguistiques...

En tout cas,nous sommes convaincus qu'ils les ont proposés en supposant que l'étudiant possédait déjà suffisamment de connaissances en français...

Ainsi,devant ce fardeau,cet obstacle infranchissable,l'étudiant se sentait démotivé,désappointé,découragé et incapable de se comporter en étudiant normal dans tout cet arsenal de matières rigides et indigestes12(*)

Chapitre Troisième

La place de l'étudiant dans le contexte socio-culturel

Introduction :quel rôle de l'étudiant dans notre système d'enseignement ?

Le rôle de l'étudiant?Mais quel rôle peut-on attribuer à l'étudiant?En classe lorsqu'il assiste au cours?A l'intérieur de la Faculté ,lorsqu'il est dans un moment de recréation ou de relâche?Dans ses relations avec ses professeurs et ses camarades étudiants ?Au sein de la société ,lorsqu'il est en contact avec le monde?Dans ses rapports avec ses parents et ses proches?

On doit connaitre l'étudiant dans tous ses aspects13(*):que ce soit en sa qualité d'étudiant ou que ce soit en sa qualité de citoyen,que l'on prépare,que l'on forme pour être l'homme de demain..

L'étudiant -et c'est regrettable de le dire-jouait un rôle quasiment passif dans tous les domaines ..il montre trop d'indifférence à l'égard de tout ce qui se passe autour de lui...Il est négligent,même dans ses manières de se comporter avec ses documents:il vient le plus souvent à la Faculté en touriste,rien que pour assister au cours et marquer sa présence et la tête est toujours ailleurs...Il ne s'intéresse guère à l'étude,mais vise avant tout à obtenir l'attestation pour en faire étalage à ses proches et pour leur prouver que c'est grâce à ses efforts qu'il l'a obtenue

Son rôle en classe est un rôle passif:il ne s'occupe la plupart du temps quà des choses qui n'ont aucun rapport avec ses études...Pendant le cours,il se montre distrait,et pense peut être à ses affaires ou à ses activités en dehors de la Faculté...

En un mot14(*),l'étudiant n'a pas de rôle proprement dit et si jamais il en a,ce n'est qu'un rôle où n'intervient pas la question d'étude et du travail intellectuel....

Il n'a aucune idée sur les matières qu'on lui enseigne.....Pire encore,il est là,assis tranquillement à sa table,n'ayant rien,ni stylo ni livre,ni cahier:tout ce qu'il a,ce n'est qu'un portable ,qu'il ne cesse de manipuler,de tripoter tout au long de la séance du cours

Voilà le rôle de l'étudiant dans nos facultés15(*)..!

Outre cela,la Faculté est devenue presque un lieu de rencontre de tous les amoureux...Nous disons cela sans regret..car les jeunes gens n'ont pas d'autres lieux que la Faculté.....Il leur est impossible de se voir et de se connaître que la Faculté: ce phénomène n'existe pas seulement en Libye,mais dans toutes les Universités de la planète..Donc nous ne devons pas avoir honte de le dire hautement,car c'est un avantage plutôt qu'un désavantage,dicté par l'évolution de notre société...

Et d'autre part,la Faculté en tant qu'institution nationale ne peut que se soumettre à ce phénomène...Et dans tout cela,ce qui nous intéresse,c'est l'étudiant qui est le point central de notre recherche..Mais cela risquerait à la longue de le détourner de l'essentiel ,à savoir ses études....

Nous ne pouvons pas généraliser;peut-être cela arriverait pour les uns ,mais non pas pour les autres,pour lesquels ces rencontres ne peuvent être que bénéfiques,un moyen d'encouragement,de stimulation pour travailler davantage et réussir dans la vie.../

- l'étudiant d'aujourd'hui est le responsable de demain

Une telle assertion suppose en effet une logique fondamentale ,en ce sens que l'étudiant doit être bien instruit,bien cultivé,bien éduqué:il doit en un mot avoir du savoir-vivre et du savoir-faire;il doit penser et réfléchir avec rectitude;il doit en outre s'exprimer de façon correcte et donner son point de vue en toute sincérité et pour parvienne à réaliser de telles performances,l'étudiant a besoin d'être formé selon les principes de la raison et du bon sens...

Car c'est sur lui que la société construirait son avenir et assurerait sa prospérité et son bonheur,puisqu'il sera un facteur essentiel dans la construction de la société de demain;car plus vous le formez ,vous lui assurez le bagage culturel et l'instruction indispensable,plus il sera apte à assumer les tâches futures que vous lui assignerez:l'étudiant est comme cette plante ,si vous l'entretenez constamment,si vous lui donnez tout ce qui est nécessaire à sa croissance,si vous la protégez contre le froid en hiver et la chaleur en été,elle vous produira de bons fruits et...de l'ombre.

Mais,par contre,si vous la négligez,si vous n'y faites pas attention,si vous ne l'entourez pas de la sollicitude nécessaire,elle risquera de se flétrir,de se faner,de se dessecher et de mourir...

Or,se charger de l'instruction et de la formation d'un étudiant n'est pas chose aisée16(*):Il convient d'avoir une prise de conscience solide et inébranlable;une capacité intellectuelle à toute épreuve et plus encore,il faut avoir une expérience incontestable dans ce domaine,car former un étudiant aujourd'hui,c'est s'assurer de la pérennité de l'homme et de l'intégrité d'une société saine et ouverte..

L'étudiant est encore un enfant aux yeux de la loi comme de la société ou même aux yeux de son professeur...

Et l'enfant est facile à être modelé,comme une pâte d'argile;vous pouvez lui donner la forme que vous désirez....Ainsi de l'étudiant qui se prépare à devenir l'homme de demain ,efficace,franc,dynamique,et dévoué et profondément conscient de la situation où son destin l'avait mis....

Pour tout dire,former un étudiant n'est pas seulement lui inculquer une somme de connaissances,c'est aussi et avant tout ,lui apprendre comment il pourra exploiter judicieusement ces connaissances et de les mettre au service de la société et de ne pas dévier de la voie qu'on lui avait tracée dès le début de sa formation...

L'étudiant ne peut agir que selon les principes qu'on lui inculquera ,ce sont en effet des règles,des codes et des normes qu'il appliquera ,lorsqu'il sera entré dans la vie active..../

Comment forger la personnalité de l'étudiant et lui insuffler le sens de la responsabilité ?

Il est possible dire qu'il y a trois facteurs principaux qui interviennent dans la formation de la personnalité chez l'étudiant

i-l'environnement familial

ii-l'envirennement social

iii-l'environnement universitaire

Ces facteurs sont de nature à forger de façon déterminante la personnalité de l'étudiant où qu'il soit en Libye ou ailleurs:

Ainsi l'environnement familial joue un rôle de premier plan dans la formation de la personnalité chez l'étudiant:les sentiments d'affection et d'amour,l'éclosion de nobles idées,le développement de ses facultés intellectuelles,surtout au stade de l'enfance,sont l'oeuvre de la famille....Ce que peut faire le milieu familial,aucun autre milieu n'est capable de le faire...

Or,plus ce milieu est stable,où la cohésion règne entre ses membres,plus l'enfant se développe de manière parfaite et impeccable,soit sur le plan mental,soit sur le plan physique...Mais si ce milieu vient à se désagréger,à se troubler à l'issue de quelques conjonctures,l'étudiant se déboussole,se désoriente et ne se trouve plus et de là,il perd tout équilibre au niveau de son individualité ....et ce fait regrettable se répercutera sur son comportement et dégrade à coup sûr sa propre personnalité17(*)...

Le milieu social s'empare de l'étudiant,accapare toutes ses attentions et ne lui laisse plus le moyen d'agir selon la raison et le bon sens....Ce milieu le détournera de tout ce qui est honnête et bon et le pousse parfois malgré lui à penétrer dans un univers auquel il n'était pas préparé18(*)..

C'est pourquoi nous pouvons affirmer par expérience que le milieu social ne contribue qu'à dégrader le caractère honnête de l'étudiant et l'amène malgré lui à vouloir satisfaire des besoins dont il ignorait l'origine...

Or plus ses besoins matériels s'accroissent ,avec ou sans raison,plus il cherche les moyens de les satisfaire,même aux dépens de l'intégrité de ses principes..

Le milieu social est le réceptacle des besoins;c'est le creuset où se déclenchent les désirs et la tentation de les satisfaire19(*)...

Le milieu universitaire lui permettra de réaliser une nouvelle perspective d'avenir...Une vision globale des choses de la vie et le mettra en présence d'une réalité crue,sans retouches,enfin une nouvelle conception du sens de la vie..car c'est dans le milieu universitaire qu'il acquiert le vrai sens du bonheur et de l'existence humaine..

Il comprendra que c'est par le savoir,la culture ,la formation intellectuelle ,qu'il sera un véritable homme,capable de commander à son devenir,maître de son destin,sans crainte de chuter ou de faire marche arrière....

Or la question est là:la personnalité s'acquiert chez l'étudiant par ses contacts avec son milieu universitaire,d'abord avec ses camarades,puis en deuxième position avec ses professeurs .....

Comment connaître psychologiquement l'étudiant et lui assurer une formation linguistique satisfaisante ?

Comment connaître psychologiquement notre étudiant?Voilà une question qui se pose à nous dans son ampleur!Sous quel côté faut-il le connaître?du côté intellectuel et pratique?du côté moral et sentimental ou du côté matériel?

Nous sommes vraiment embarrassés pour connaître cet être humain -souvent énigmatique-qui évolue tout au long de la semaine autour de nous!

En tout cas,sur le plan intellectuel et pratique,on peut déceler aisément ses points forts comme ses points faibles..Il ne nous est cependant pas un énigme de ce côté-là,au contraire,il est là comme un miroir à travers lequel nous pouvons entrevoir tout ce qui l'anime et le fait mouvoir..c'est-à-dire les mécanismes psychiques de son être:nous pouvons savoir s'il est intelligent ou s'il ne l'est pas;s'il se comporte selon les régles de la bonne conduite ou non;s'il pense et parle avec rectitude ou par contre il s'exprime avec incohérence,n'ayant pas la faculté de se faire comprendre ...

Ainsi,tout ce côté-là,nous pouvons facilement le connaître,sans la moindre difficulté:il suffit pour cela d'avoir un peu plus de patience et de sagacité..

Tandis que le côté moral ou sentimental,qui s'avère à certains égards difficile à connaître,en raison probablement de sa tendance à vouloir se confiner dans le secret le plus absolu autour de ce point crucial,demeure pour nous du moins un côté mystérieux..Mais il ne nous sera pas moins possible à la longue de dévoiler quelques aspects inconnus de ce côté-ci,bien qu'il ne nous soit pas permis d'entrer dans la vie privée de l'étudiant..Mais quand il s'agit de vouloir connaître tout sur l'étudiant et que cet engagement se fera dans son intérêt exclusif ,rien ne nous empêchera dès lors de le faire sans crainte d'être taxé de curieux ou de quelqu'un qui voulait s'immiscer sans raison dans ce qui touche à sa vie privée ...

Il existe un autre aspect de la question ,peut-être plus important apparemment,c'est le côté matériel:Nous sommes déterminés à dire la vérité dans ce contexte,pour la crédibilité de notre travail et l'intégrité de notre conscience: si l'étudiant -surtout celui issu d'une famille pauvre -vivait dans le besoin comme c'est le cas actuellement ..s'il ne trouvait même pas de quoi se procurer les ouvrages indispensables pour ses études ..s'il se sentait démuni même du nécessaire,dans sa vie en tant qu'étudiant,surgiraient alors les problèmes,des problèmes variés et insurmontables,qui se repercuteraient forcément -non pas seulement sur son état psychologique - mais sur ses études et l'empêcheraient de faire le moindre progrès20(*)....

La satisfaction de ses besoins matériels est impérative:il n'appartient à personne de le nier.

Puisque, comment peut-on acquérir des connaissances et se préparer pour être le responsable de demain alors qu'on est accablé sous le fardeau des problèmes de caractère matériel...Alors,il ne sera plus possible tant qu'il est dans cette situation inconcevable,de mesurer ses capacités et ses aptitudes d'assimilation qui restent dans tous les cas subordonnés à la satisfaction de ses besoins matériels..

Plus ses besoins sont satisfaits,plus il se trouvera dans de bonnes conditions de travail et pourra dans ce cas s'affirmer et prouver ses capacités en donnant de bons résultats...

De plus, pour lui faire inculquer un bagage linguistique adéquat,il faudra l'engager à évoluer dans un bain linguistique,à la mesure de ses aptitudes intellectuelles....Cette imprégnation,ou si l'on veut,cette initiation est fondamentale, pour lui permettre de s'ouvrir à ces nouvelles connaissances et s'engager avec assurance à les assimiler avec plus de sérieux et d'application..ce qui lui permettra de conquérir de haute main une personnalité sûre et ferme,et vivre à l'aise dans son contexte socio-culturel

Conclusion :la place de l'étudiant dans le contexte socio-culturel

Le problème pour l'étudiant ,du moins dans l'état actuel des choses,n'est pas l'absence d'infrastructures culturels, susceptibles de le rappocher de ses camarades,de créer en lui le sentiment de solidarité et de concorde,mais son problème,c'est qu'il ne se sentait pas préparer à assumer son destin,à entrevoir de plus en plus clairement les horizons de son avenir et à tenter de matérialiser ses désirs dans des actions concrètes....

En un mot l'étudiant libyen,celui qui est conscient et mûr , ne se sentait pas tout à fait satisfait de sa formation ,de son éducation et de sa préparation pour entrer dans la vie active..

Il n'est pas appelé à participer de façon directe à la prise de décision touchant particulièrement son avenir et on s'occupait à décider à sa place sans se soucier le moins du monde de ses besoins et de ses aspirations...

Surtout sur le plan culturel:il n'est pas intégré dans des clubs ou des cénacles,qui n'existaient d'ailleurs pas ni dans les facultés ni non plus dans les villes

C'est aussi dans ces lieux culturels qu'il est capable de s'affirmer et de bâtir sa propre personnalité.....

D'autre part,les excursions qui sont nécessaires pour l'étudiant,surtout à ce stade de sa vie de jeune adulte ,faisaient défaut.....Les excursions,soit à l'extérieur de la ville,dans des régions lointaines,pour mieux connaitre le milieu où il vit,soit dans les pays voisins ,pour voir d'autres peuples et apprécier leurs traditions et leurs manières de vivre,ce qui lui permettra de comprendre mieux le sens de la vie...et à travers lesquelles il pourra construire son identité../

De plus,jamais il n'est appelé à faire des voyages à l'étranger,aux frais de l'Etat:cette lacune demeurera pour lui comme un handicap,un obstacle évident à son développement et à son évolution sociale..

Pour pouvoir se comprendre soi-même,il convient d'abord d'essayer de comprendre les autres:c'est une assertion réelle et ne peut se préter au doute..

En ce sens que nos manières de vivre,de penser ou même de nous conduire envers les autres:ce sont en réalité des normes que nous ont transmises ceux qui nous entourent et dont nous avons hérité l'essence de façon indirecte de nos ancètres....

En d'autres termes,notre comportement social et culturel n'est pas inné en nous,mais il nous a été insufflé par d'autres:c'est une contamination,saine ou malsaine,selon la nature de notre comportement et la dimension de notre conduite dans la société...../

Chapitre quatrième

limites des capacités de l'étudiant libyen dans l'assimilation d'une langue étrangère tel que le français .

Introduction :L'étudiant libyen et le français

La Libye,contrairement aux autres pays magrébins,n'a pas connu le colonialisme français,mais elle a subi pour une durée plus ou moins courte,l'impérialisme anglais et par conséquent,le français,en tant que langue réputée à l'échelle internationale,n'a fait son apparition dans le pays,que dans des circonstances historiques rares,alors que l'anglais,avec son influence quasi permanente,s'est propagé progressivement,dans les milieux cultivés,mais de façon timide au sein de la société pour ensuite subir une rupture ,suivi d'une disparition quasi-totale entre la période 1980-1998

Tandis que le français,tout au long de cette période,n'a jamais fait son apparition et pire encore,l'apprentissage du français ou même de l'anglais fut suspendu dans les écoles étatiques et même dans les Universités libyennes..

Souvent,de nos jours,nos compatriotes voyaient d'un bon oeil le colonialisme français,de préférence au colonialisme anglais,qu'ils jugeaient grossier et brutal, beaucoup moins raffiné,moins poli, que le colonialisme français,en particulier sur le plan linguistique..

Ils jugeaient encore-et c'est leur point de vue et non pas le nôtre-que le colonialisme français est plus évolué,plus civilisé,et plus souple,à telle enseigne qu'il a laissé des traces indélébiles dans les sociétés qui l'avaient connu..

Alors que le colonialisme anglais ,porteur de la langue de Shakespeare,n'a rien fait pour les sociétés auxquelles il s'était imposé

Nous croyons en nous-même que c'est un point de vue personnel et nous sommes en droit de le juger comme tel,sans nous engager dans un débat stérile..entre les avantages du colonialisme français et les inconvénients du colonialisme anglais,puisque,dans tous les cas,ils ne sont rien d'autres que des moyens pour commander les nations faibles et démunies...

La société libyenne,outre qu'elle n'a pas connu le colonialisme français, elle a connu par contre du moins de manière éphémère ,le colonialisme anglais ,mais en revanche,elle fut en contact direct avec un autre colonialisme ,peut-être pire que le colonialisme anglais,nous voudrions dire le colonialisme italien...C'était pendant l'ère mussolinienne ..c'était l'époque du sang,du feu et de la mort..C'était en effet l'époque où l'homme ne valait pas plus qu'une mouche  pour ce régime fasciste!!!

Ainsi notre pays avait connu le colonialisme et ne l'avait connu que dans les pires moments de son histoire..

La décolonisation avait eu lieu dans le sang et rien que par le sang que notre pays est parvenu--après de durs combats -à reconquérir sa dignité de peuple libre et indépendant

Mais avec le départ des italiens,l'italien,en tant que langue,a disparu ;il s'est évaporé comme de l'éther,puisque le peuple libyen avait vécu en marge de cette civilisation et n'a pas pu s'y intégrer,peut-être par mépris pour les colons italiens ou peut-être encore par xénophobie et même dans les écoles,on ne s'est pas intéressé à l'étude de l'italien21(*)..

Mais en revanche,de nos jours,on s'intéresse à apprendre le français qui a dû être restauré au niveau des Universités

Or le problème qui subsiste, c'est que le français n'est pas aussi aisé à connaître que l'italien ou l'espagnol..

Le français est une langue cartésienne,c'est-à-dire qu'elle est fondée essentiellement sur la logique et la raison..et par conséquent ,son apprentissage nécessite beaucoup d'efforts, de patience et de volonté qu'il n'est pas facile pour la plupart des étudiants libyens de posséder intrinsèquement des qualités aussi éminentes

En plus de sa base de structure linéaire ,le français dresse devant l'étudiant libyen un handicap irréductible,c'est la prononciation,la diction,la prosodie,c'est l'élocution22(*),autant de barrières qui empêchent l'étudiant ,du moins dans la situation actuelle,de connaître la langue et de savoir s'en servir dans des situations de communication appropriées

Le français est généralement doté de plus de lettres qui ne se prononcent pas à l'intérieur ou à la fin des mots que des lettres sui se prononcent..

Et par ce fait,l'étudiant libyen est confronté à des difficultés incontournables... !

D'un autre côté,nous avions constaté,lors de nos multiples fréquentations avec des apprenants,que ces derniers avaient tendance confondre la prononciation entre les lettres en anglais et celles qui sont en français :et ils ne sont pas encore capables de discerner la prononciation anglaise de la prononciation française :il est certain que cet état de choses est dû en premier lieu à sa scolarité en secondaire,où on leur avait appris les rudiments d'anglais et ce qui est pire,c'est que ces interférences ont persisté jusqu'à leur quatrième année,c'est-à-dire l'année où l'étudiant allait bientôt quitter la faculté diplômé d'une Licence en français !

Cette survivance caractéristique persistera peut-être pour longtemps et l'étudiant ne parviendra à s'en défaire que lorsqu'il connaîtra de manière quasi parfaite la langue....

Nous avons conclu,après avoir été témoin de ce fait étrange,qu'effectivement toute langue doit être apprise à un âge prématuré et non pas,comme on le fait actuellement,à un âge où il n'est plus possible à l'apprenant d'acquérir quoi que ce soit.. !

La plupart de ces problèmes sont naturels,surtout au niveau de la prononciation:

Soit à Bagdad ou même à Tripoli,les étudiants arabophones butent à des difficultés parfois insurmontables..on est le plus souvent frappé - pour ne pas dire excédé- de rencontrer des interférences ridicules et absurdes au niveau de la prononciation surtout de quelques voyelles

Néanmoins,le plus grand nombre d'étudiants parviennent ,grâce à leurs efforts et à leur persévérance,à surmonter de telles difficultés et à aplanir tous les problèmes inhérents à leur nature physiologique..

Une langue comme le français est une langue difficile;nous connaissons des français cultivés et de grande renommée qui reconnaissent franchement leur incapacité à maîtriser l'orthographe ou la syntaxe du français

Qu'en serait-il alors des étudiants arabophones qui sont tout à fait étrangers à cette langue et encore moins à la culture et à la civilisation qui y sont attachées.

Par conséquent l'apprentissage d'une langue comme le français mérite à juste titre d'être encouragé et par suite d'être soutenu par des mesures appropriées susceptibles d'en promouvoir le perfectionnement et la consolidation parmi la masse des étudiants23(*) ..

L'étudiant libyen est-il apte à réaliser des performances en français ?

Tout être humain est doué d'une intelligence,d'une énergie physique latente,des facultés motrices susceptibles de le faire mouvoir et d'agir au moment opportun,des désirs ou pour mieux dire des ambitions cachées dans les replis de son cerveau,et qui cherchent à s'extérioriser ,à se matérialiser dans la réalité concrète et ne peuvent le faire qu'à condition de leur aplanir le terrain,de leur ouvrir la voie pour se libérer et prendre l'essor vers la lumière...

Ainsi l'étudiant libyen ne pourra jamais faire de progrès qu'en l'entourant de la sollicitude et du soin dont il a besoin :nous le disons dans ce mémoire et nous osons le répéter indéfinément ;aucun progrès en quelque domaine que ce soit , ne se réalisera jamais sans planification,sans préparation et sans mobiliser les efforts nécessaires, joints aux potentialités matérielles ,sur lesquels s'appuiera le processus en vue d'assurer les progrès escomptés..

Partant de ce point de vue,nous pouvons induire que,pour permettre à l'étudiant d'acquérir la compétence nécessaire en matière linguistique,il est indispensable -et c'est une condition sine qua non-de le sensibiliser au bienfait du travail et de l'effort,de le préparer à prendre conscience de son avenir..

Mais de nos jours,cette planification,cette préparation adéquate,faisait gravement défaut,puisque,au niveau de l'infrastructure universitaire,on ne voyait rien qui puisse nous faire croire que l'étudiant est à l'aise et qu'il travaille dans des conditions favorables et idéales Pour lui permettre de faire le progrès auquel nous aspirons..

Ainsi,pour appuyer notre bonne foi de ce que nous avons avancé dans ce mémoire,et pour conserver notre intégrité en tant que chercheur fidèle,fidèle à notre travail et fidèle à notre conscience,nous avons visité ,il y a quelque temps ,les départements de français (à Sabrata et à Zawiya) et nous nous sommes rendus compte tout de suite de l'insuffisance -à tous les niveaux-qui régnait dans ces départements..

Il manquait des salles de cours 24(*),des tables enduites de poussière gisaient par terre,dans un état lamentable,la plupart sont disloquées ,brisées en morceaux, ;les murs mêmes ne sont pas épargnés :des inscriptions étranges y étaient griffonnées, :nous nous sommes aussitôt enquis à ce sujet :on nous a affirmé que des étudiants ,quelque temps avant l'examen,pénétraient subrepticement dans les salles et transcrivaient leurs cours sur les parois murales,pour le recopier ensuite sur la copie d'examen

Nous étions ahuris d'entendre de tels propos incroyables mais vrais...

Dès lors,nous nous sommes posés sur-le-champ la question :pourquoi l'étudiant est-il amené à se plier à ce procédé malhonnête et qui n'est rien d'autre qu'une tentative de tricherie et de fraude ?

Nous tenterons de répondre à cette question dans le cours de ce mémoire ..

Mais pour le moment,expliquons les causes profondes de ces barbouillages étranges,de ces griffonnages qui ne furent pas d'ailleurs le produit gratuit d'une attitude malhonnête et irresponsable ..

Ces griffonnages ont des causes enracinées profondément dans notre système d'enseignement du FLE !Comment ?Nous allons avancer succinctement quelques détails sans hypocrisie et en toute intégrité :Ces barbouillages -et en référence à de nombreuses enquêtes entreprises depuis que nous avons opté pour le sujet de ce mémoire -ne sont que les indices irréfutables que la stratégie mise en place pour la didactique des langues est vouée à l'échec.La preuve matérielle ? Nous l'avons sous les yeux !

C'est une preuve concrète,authentique et qui nous conduit à poser une fois de plus,cette question :pourquoi l'étudiant est-il amené à frauder dans ses examens ?Ce sont les méthodes elles-mêmes qu'il fallait incriminer,ce sont les équipements didactiques,dont nous avions fait précédemment un tableau critique,c'est encore l'absence de cadres enseignants compétents et pour le dire avec plus de franchise ,c'est aussi la difficulté de la matière à enseigner--que l'étudiant libyen n'arrive et n'arrivera jamais à appréhender et à connaître de manière acceptable ,que lorsqu'on procédera à une réforme globale de la politique relative à la didactique du FLE

Si l'étudiant se sentait obligé de frauder,c'est parce qu'il n'a pas été préparé dès l'enseignement primaire ou secondaire à accepter,à digérer cette langue

Alors de quelle compétence linguistique peut-on parler dans une pareille situation ?

Et quel genre de performances l'étudiant sera-t-il capables de réaliser ?

Les supports didactiques surtout pour l'expression orale et écrite tout comme les méthodes sont multiples et innombrables et dans ce contexte aussi,il serait bon de faire notre choix et le choix le plus plausible,à notre avis,demeure en toutes circonstances,en particulier dans les pays arabes,comme c'est notre cas,un écran et appareil cinématographique avec des sketches,des saynètes,et des séquences éducatives pour permettre à l'étudiant de se familiariser avec le langage courant et la bonne prononciation..

La plupart des méthodes didactiques du FLE sont conçues et établies par le CREDIF ou par l'alliance Française qui propage à travers le monde la revue bien connue intitulée le francais dans le monde25(*)

On ne peut pas le nier,cette revue a largement contribué à la vulgarisation de la la langue française à travers le monde,mais toutes les méthodes suggérées sont faites pour des formateurs français,ou européens.Pire encore ces méthodes ignorent les spécificités et les aptitudes mentales des étudiants arabophones dont les tendances psychologiques et les capacités d'assimilation diffèrent de beaucoup de celles de leurs collègues européens

Il est vrai que,pour enseigner le FLE à des étudiants non-francophones,il faudrait acquérir des méthodes spécifiques qui ont fait leur valeur et qui sont autant d'instruments qui permettront aux étudiants d'accéder à cette langue,qui leur est par ailleurs étrangère et d'en connaître les secrets afin de parvenir à l'assimiler et de là à la maitriser..de manière satisfaisante..

De tout temps,nous avons été amené,en raison bien évidemment de la mission d'enseignant qui nous a été échue,à promouvoir et à perfectionner ces méthodes pour les adapter à l'esprit et à la mentalité des étudiants arabophones.

On n'enseigne pas le français et l'arabe avec la même méthode ,il serait logique dans ce contexte de songer aux spécificités de chaque langue et de chaque apprenant,l'on se rend compte aussitôt que tout est différent et que,pour assurer un enseignement adéquant et rigoureux ,il serait de bon ton d'adapter,d'acclimater ces moyens de communication au milieu estudiantin dont on a la charge,autrement l'on risquerait de tomber dans la routine et la stérilité..

Comment créer chez l'étudiant libyen la motivation et la persévérance ?

Lorsque l'on examine de très près notre étudiant,l'on s'aperçoit d'emblée qu'il lui manque l'esprit d'initiative ,qu'il est en quelque sorte un peu indolent ,désinvolte et généralement de nature passive ,ce qui veut dire qu'il est la plupart du temps occupé à quelque chose qui n'a aucun rapport avec ses études ,qu'il ne participe pas au moment du cours,qu'il est là pour recevoir passivement et parfois dans une indifférence morbide des leçons dont il ne laisse pas de traces mais qui s'envolent comme de l'air...

Cet état de choses,personnellement,nous l'avons connu,puisque,nous avons cotoyé de très près l'étudiant ,dès sa première année jusqu'à l'étape finale de ses études et nous avons conclu qu'il a tendance à consommer plus qu'il ne produit,cela est peut-être dû à son âge qui frisait pas moins de vingt deux ans

Mais une des raisons essentielles de cet état d'apathie ou de cette indolence quasi perpétuelle que nous avons constatée chez l'étudiant de la présente génération,remonte à son enfance où l'on n' a pas pris tout ce qui est nécessaire en vue de lui insuffler ce qu'on appelle généralement du »punch »,de l'audace et de l'énergie..

De plus il est très susceptible,se démoralise facilement,et se décourage à la moindre anicroche...

Il ne possède pas la résistance de ses ancêtres,réputés par leur bravoure et leur courage,surtout en face du danger et les situations difficiles...

Pour notre étudiant,un rien le décourage et le met au désespoir,tue en lui toute volonté de résistance et de fermeté...

Nous revenons toujours à son enfance et en particulier à la période de sa première scolarité...

On peut dire,d'après nos propres recherches à ce sujet,que cette phase,qui est généralement déterminante pour la formation de la personnalité de l'étudiant,fut gravement négligée..Et dans ce cas,il ne nous est pas possible de blâmer les parents,car la plupart étaient des analphabètes,et par conséquent ils n'étaient pas aptes à assurer à leur progéniture une éducation morale et culturelle solide

Mais ce que nous osons blâmer sans réticence,c'est le système scolaire,ce sont en l'occurrence les éducateurs ,les pédagogues,et les instituteurs 26(*) qui n'ont pas pris soin à ce stade de la formation intellectuelle,psychologique et morale de l'étudiant

C'est à ce monde là que nous devons adresser nos reproches sévères pour avoir failli à leur devoir le plus élémentaire,à savoir,former l'esprit de l'enfant,galvaniser son énergie naissante,lui inculquer les principes de justice , de l'amour du travail et l'attachement indéfectible au devoir bien accompli

En effet,c'est à partir de cette phase,qu'il fallait inculquer chez l'étudiant,le sens de la motivation et de la persévérance

On aurait pu lui apprendre comment affronter de face les difficultés ,comment surmonter

Les obstacles qu'il allait rencontrer dans sa vie d'adulte ;comment s'intéresser à la culture ,à acquérir constamment de nouvelles connaissances pour meubler son esprit,pour se montrer en homme civilisé,ayant du savoir -faire et du savoir-vivre,pour ne pas perdre tout crédit aux yeux des autres...

Or toute motivation,tout amour du travail,toute persévérance et tout achement au devoir,tout cela ne peut se réaliser ,qu'à partir de l'enfance ,puisque,une fois que l'étudiant n'est plus un enfant,comme il prétendait être,notre tâche sera quasi impossible pour concrétiser en lui ces impératifs fondamentaux...

Nous affirmons cela en connaissance de cause,car l'étudiant n'est plus effectivement cet enfant nous avons eu entre les mains et que nous pouvions diriger à notre guise

Maintenant,nous sommes en face d'un jeune homme ,dont la taille dépasse parfois la nôtre et nous ne pouvons rien saisir et qui nous échappe comme de l'eau entre nos doigts.

Le milieu social et l' étudiant libyen.

Quand on parle de l'américain,du japonais ou encore de l'européen,c'est toujours avec respect et une profonde considération.. !

Ce respect,cette considération ne vont pas en vérité à l'individu en tant que tel,mais au type de société où vit cet individu..

Or le milieu social est le moule où se forme l'individu à tous les niveaux :on parle de l'américain ce n'est pas comme on parle du somalien :chacun de ces individus vit dans un milieu différent :l'un,nous voudrions dire l'américain,vit dans un milieu prospère,riche,généralement cultivé,et en état de progrès constant,où l'aisance matérielle est un phénomène naturel,ancré dans le sein de ce milieu ,que rien ne trouble ou entame sa stabilité..

Par contre,le somalien ou n'importe quel africain du temps moderne,vit dans un milieu inculte et où le progrès matériel et intellectuel est quasiment nul..

Ce qui nous conduit à affirmer que le milieu social est généralement le creuset où se concrétise ,se réalise et se consacre la primauté de l'individu.. !

Il en est de même du milieu où vit actuellement l'étudiant libyen...

Si le milieu avait connu ,à un certain moment,la prospérité matérielle,un certain développement de la culture intellectuelle,ce n'est plus le même cas aujourd'hui,après plus de trente ans d'embargo et d'hostilités étrangères,des complots ourdis dans l'ombre par des ennemis du peuple libyen...

Comme corollaire à cette crise,le milieu social est devenu ,de nos jours, plus matérialiste,tout en demeurant presque fermé à tout ce qui est culture et savoir27(*)..

C'est un milieu pétri de piété-en apparence-la piété est sa nourriture intellectuelle,le fondement réel de son organisation et de son fonctionnement ,d'autant plus que nous devenons sceptique au sujet de cet attachement exclusif à la piété :ce n'est que la façade d'un édifice dont on ignore au juste ce qui se mijote à l'intérieur..

C'est la raison pour laquelle notre milieu est demeuré à l'état statique ,sans évolution réelle,un milieu où le dynamisme ,l'amour du progrès ,de la technologie moderne,s'en trouvait quasiment exclus....

Il y a des moments où l'on a même mis en doute le progrès de l'informatique,allant jusqu'à dire que c'est un moyen d'aliénation,d'impérialisme culturel..

Nous affirmons donc que,plus le milieu social est instruit,ouvert,cultivé,plus l'étudiant se trouve plus à l'aise,affine ses facultés ,s'attache naturellement à l'amour du progrès et à l'affirmation de sa personnalité..

En un mot,un milieu social instruit,éclairé,c'est le berceau où se réalise ,se développe l'esprit de l'étudiant ;tandis qu'un milieu où règne l'indigence intellectuelle ,où domine le fanatisme religieux et l'attachement exclusif à la matière,ce milieu ne produit qu'un étudiant faible,lâche,sans volonté,analphabète et fermé à tout progrès..

Ainsi,pour aller un peu plus loin dans notre analyse de la question,nous disons que, dans tout milieu social,on trouve deux pôles :le temporel et le spirituel

.Or il ne doit jamais y avoir un déséquilibre entre ces deux pôles et si jamais ce déséquilibre venait à se produire, le milieu social se dégraderait ,se perturberait et ne retrouverait plus sa stabilité naturelle..

Le temporel relève de la matière alors que le spirituel relève de l'intelligence et entre les deux phénomènes ,on doit s'assurer un équilibre fondamental pour pouvoir donner à ce milieu social sa raison d'être...

Conclusion :dispositions et limites des possibilités

C'est alors que le milieu social,les méthodes d'apprentissage,l'absence de volonté chez l'étudiant ,due en premier lieu à une mauvaise éducation dès l'enfance ,les caractéristiques inhérentes à la langue française,en tant qu'instrument peu malléable,tout cela constitue autant de problèmes majeurs pour l'étudiant libyen,...

Tout étudiant,de quelque niveau qu'il soit,doit avoir de la passion pour telle ou telle matière,il peut avoir du goût pour la matière qu'il étudie :donc le comportement de l'étudiant vis-à-vis de la matière qu'il apprend est fondamental

EN CE sens qu'on ne peut pas ou qu'on ne doit pas imposer de force une telle ou telle matière à l'étudiant  :dès lors le choix de ce dernier dans ce cas doit être pris en compte si nous voulons que l'oeuvre que nous entreprenons réussisse et donne ses fruits..

Un tel étudiant peut avoir du penchant pour une telle matière ,mais il ne peut pas,comme il est naturel d'ailleurs,d'avoir du goût pour une autre qu'il répugne,parce qu'il sent qu'elle n'est pas faite pour lui et c'est son droit,étant donné qu'il est parvenu déjà à une maturité d'esprit relative qui lui permet de juger,de refuser ou d'accepter

Or plus il s'attache à cette matière ,plus il y réussit sans aucun doute...

..

On a vu beaucoup d'étudiants qui n'ont aucun goût pour le français,si bien que leur niveau en cette matière est resté nul ;d'autres,par contre,qui ont montré presque de la passion pour cette matière,malgré les quelques difficultés dont nous avions fait état plus haut,sont parvenus à un niveau acceptable ::nous ne pouvons pas dire qu'ils sont désormais capables de s'exprimer correctement dans cette langue ou de l'écrire selon les règles inviolables de la grammaire,mais ils sont devenus capables en tout cas à déchiffrer un texte simple et à en connaître le sens...c'est le but d'ailleurs de notre enseignement actuel du FLE ,car,en raison des conditions didactique de cette discipline,il est impossible d'aller au-delà de ce niveau !

Donc tout dépend du goût ou du penchant que l'étudiant peut avoir pour la matière choisie !

Sans oublier par ailleurs le type ou la nature de la discipline choisie :parce que la discipline de géographie ou d'histoire ou encore la discipline d'arabe :ce sont des disciplines à première vue plus faciles,plus commodes et plus aisées à digérer ,à approfondir que la discipline de français ou même d'anglais...

Or le type de la discipline,son étendue,sa complexité,son caractère neuf pour l'apprenant.. :tout cela peut constituer un motif pour son rejet de la part de l'étudiant..

Dans tout projet d'étude,que ce soit le français,ou toute autre discipline ,ce qui est impératif à plus d'un titre,c'est l'amour pour cette matière,c'est le goût que l'on peut avoir pour elle ,qui permettra à l'étudiant de faire du progrès..

ET de plus l'étudiant ne peut faire preuve de bonne volonté vis-à-vis de la matière qu'il étudie que,lorsqu'il s'aperçoit qu'il a du goût pour elle,qu'il l'aime pour de bon et qu'il aspire à y réussir à tout prix.. !

Donc c'est ce goût qui est essentiel pour l'étudiant :mais comment peut-il savoir qu'il éprouve du goût pour cette matière ?et c'est ce qui nous oblige à faire un retour vers sa première éducation..c'est qu'il a eu dans le passé un certain attachement ,une passion latente, pour cette matière qu'il rêvait d'apprendre et cette propension,pour parler psychologiquement, n'est qu'un écho qui remonte du passé de l'étudiant28(*) ..

Ce qui fait que,pour dire vrai,tout travail doit avoir comme origine un germe d'amour ,qui le justifie,le développe et le projette à la réalité..

Ainsi l'apprenant du français ne peut accomplir du progrès dans cette matière que lorsqu'il a vraiment de l'amour pour cette langue ;sans cet amour,sans ce goût inné,il ne pourra jamais faite le moindre pas en avant29(*)..

Mais s'il s'aperçoit qu'il est prêt à avoir du goût pour cette matière et que,par conséquent,il pourra faire des progrès tout en considérant que son avenir y est subordonné,il se livre à cette activité sans hésitaton.

Chapitre cinquième

Le manque du personnel enseignant qualifié en Libye.

Introduction :Enseigner est un art................... ?

Certes l'enseignement est un métier difficile et c'est effectivement pour cette raison qu'on ne cherche pad à embrasser cette carrière...

Oui,c'est un métier difficile,qui requiert beaucoup de patience,d'efforts et de persévérance ,mais aussi une vue large,une culture à toute épreuve,et ce qui est fondamental,une vocation innée et réelle,sans laquelle il serait impossible de se plier aux exigences complexes et multiples de ce métier..

De plus,pour enseigner ,il fallait se préparer à cette tâche...il ne suffit pas d'avoir des diplômes,c'est une condition nécessaire mais non suffisante,il faut mettre la pain à la pâte et apprendre la pratique du métier,tout comme le forgeron ou le menuisier..

Or,apprendre à apprendre suppose un art ,une pratique,une expérience,une vision du monde et de la réalité..

Nous l'avons dit,le métier d'enseigner est un métier difficile qui requiert,en plus du savoir théorique,une largeur d'esprit,de l'audace,jointe à une fermeté inébranlable... !

Et pour enseigne le FLE ,à des jeunes gens encore débutants dans cet univers complexe,il importerait de regarder la réalité en face,d'affronter les problèmes qui ne manqueraient pas de surgir,des problèmes psychologiques,des problèmes matériels et des problèmes de communication avec l'apprenant qu'on vous confiera..

De plus,pour bien assumer notre devoir,il nous importe de posséder à fond les mécanismes de notre outil,à savoir la langue,d'en connaître les secrets les plus latents,sans oublier cette tolérance d'esprit que l'on ne rencontre de nos jours que chez les hommes sages et pondérés..

Cette tolérance d'esprit,qui nous épargne toute forme de colère,de nervosité,qui nous pousse au contraire à la sérénité et à l'acceptation de l'apprenant tel qu'il est,sans que nous soyons obligés de rouspéter contre lui,en cas de faute ou de négligence...

Ainsi pour enseigner en toute quiétude,sans crainte d'insuccès ou de faillite dans notre action,il est fondamental de connaître la langue ,d'être intelligent et perspicace,avoir la souplesse d'esprit et la faculté de tolérance,savoir s'adapter aux mouvances des circonstances imprévisibles et conjoncturelles

Et toutes ces qualités relèvent en fait d'un certain art,un art qui ne s'acquiert que par l'expérience et le dévouement pour le métier que nous assumons au sein de la société pour former les futures générations.. dont nous sommes responsables comme un père qui veille à ses enfants..

Car l'avenir de la nation est entre les mains des enseignants,toutes catégories confondues, sans exception,l'instituteur des écoles primaires comme les professeurs d'Université :

Tout le monde est responsable de l'avenir du pays

Quelle formation pour l'enseignant du FLE libyen (enquête sur le terrain)

A-t-on formé des enseignants du Fle en Libye ?

Durant les quatre dernières décennies,on ne s'est pas intéressé à l'étude du français et ce,en raison bien entendu des considérations politiques et culturelles....Or,le français ,e, tant qu'outil de communication ,est resté totalement méconnu,que ce soit au niveau de la société,comme du milieu universitaire ou même politique...

Ce n'est que tout récemment ,comme chacun sait,que l'Etat a entrepris d'introduire cette langue ,parallèlement à d'autres langues non moins importantes,dans le système d'enseignement..

L'introduction du français au niveau universitaire a été une surprise,une vraie surprise pour tout le monde...car elle a eu lieu dans un moment où l'on manquait de tout ,même de l'infrastructure appropriée,du matériel didactique et surtout des enseignants formés et préparés à cette tâche , ce qui fait que,tout au long des années écoulées,on a dû faire appel à des enseignants étrangers30(*) pour s'associer aux enseignants libyens dont le nombre était par ailleurs extrêmement réduit31(*)...

Il y a eu un retour aux anciens enseignants du français en Libye

Dès lors on a fait appel au service des enseignants des années soixante-dix dont il ne restait plus qu'une minorité :le plus grand nombre étant dècédés ,d'autres avaient déjà atteint l'âge de la retraite...

Les anciens actuels sont déçus d'abord à cause du manque flagrant de manuels didactiques répondant aux besoins spécifiques des étudiants libyens qui venaient pour la première fois à la Faculté sans avoir aucun antécédent linguistique,ensuite à cause de l'absence effective des équipements audio-visuels ,qui sont très indispensables pour permettre à l'étudiant d'accéder à la connaissance de la langue sur des bases pédagogiques réelles...

Tout cela ne contribue qu'à rendre la situation de la didactique de la langue plus embarrassante

De plus,pour pouvoir enseigner le FLE ,pour assurer la réalisation des objectifs fixés,il fallait penser à la formation des enseignants spécialistes,puisque,un tel enseignement ne peut être accompli par n'importe quel titulaire d'un «  Master » ou même d'un doctorat ,au contraire,c'est un enseignement qui possède ses propres spécificités,ses méthodes propres et ses caractéristiques inhérentes à sa nature intrinsèque et à ses objectifs et pour lequel il fallait disposer des enseignants exclusivement formés à cette mission32(*).... mener à bonnes fins cette mission ,s'il n'est pas préparé d'avance à cette

Un libyen titulaire d'un »Master » ou d'un doctorat ne pourra jamais tâche,s'il n'est pas initié méthodiquement aux mécanismes d'apprentissage relatifs au FLE,qui se caractérise par des stratégies et des techniques différentes de tout autre enseignement linguistique..

Dès lors, on peut dire que la plupart des enseignants actuellement en exercice,ont besoin d'être recyclés,d'être formés sur des bases réelles,et en fonction des modalités de l'enseignement du FLE

Enseigner le FLE,ce n'est pas comme on enseigne sa langue maternelle,c'est tout différent et on ne peut confondre les deux types d'enseignement ,puisque chacun d'eux jouit des spécificités particulières ,inhérentes à sa nature..

Or,il y a des méthodes,comme il y a des démarches,que l'on doit acquérir et posséder à fond,pour pouvoir enseigner le FLE

Mais si les enseignants ont besoin d'être recyclés pour connaître davantage les secrets de leur métier,et c'est l'affaire de l'Etat de s'atteler à cette tâche primordiale,les enseignants,qu'ils de la discipline de français ou ceux des autres disciplines,n'ont jamais failli à leur devoir33(*)

Nous parlons de l'étudiant,c'est le centre de nos préoccupations et le but final de notre recherche,mais avec l'étudiant,nous devons parler aussi des enseignants,puisque ce sont eux qui le formeront,qui lui insuffleront sa raison d'être . et en conséquence,nous ne devons pas passer sous silence le dévouement et le sacrifice de ces enseignants qui travaillent dans l'ombre,qui donnent beaucoup et reçoivent peu....

.

Jusque-là nous n'avons pas parlé des enseignants qui sont les vrais pionniers du savoir et la base sur laquelle s'édifiera l'avenir de notre pays et de ce fait,si nous n'en parlions pas,nous aurions commis une erreur impardonnable et pour éviter de tomber dans cette erreur,nous devons dire tout ce que nous savons et tout ce que nous avons recueilli de sources sûres

Il est vrai que la plupart des enseignants du français ou d'autres disciplines,ont besoin d'être recyclés,pour être mis à jour et pour ne pas être en butte à des reproches souvent injustifiés Il est grand temps alors de les encadrer dans des séminaires appropriés,qui leur permettra de maîtriser les techniques et les méthodes didactiques modernes......

Depuis quelque temps, certains Congressistes n'ont pas cessé de critiquer parfois d'une manière acerbe et virulente le corps enseignant. De telles critiques fabriquées d'ailleurs de toutes pièces, cachant en quelque sorte un sentiment de déboires et de culpabilité, car le seul responsable du recul du niveau des étudiants , c'est en premier lieu le système éducationnel, la réforme didactique était fondée sur de graves erreurs, surtout du point de vue méthodologie et ce qui est encore pire, ce sont les programmes en cours dont le contenu est tout à fait vide de sens, dénué de toute valeur éducationnelle, susceptible d'assurer le niveau escompté.

Des parents -et nous nous excusons de le dire avec franchise dans ce mémoire -ne connaissant rien du monde de l'éducation, abandonnant leurs enfants à eux-mêmes, sans contrôle ni surveillance, affichant une indifférence totale quant à leur éducation civique et morale, et en un mot, n'exerçant aucune autorité effective, ces parents,disons-nous,osent aujourd'hui élever le ton en s'immisçant délibérément dans les affaires des enseignants, leur imputant à priori la responsabilité de l'insuccès de leur progéniture, comme si les enseignants devaient seuls en subir les conséquences. Nous ne parlons pas de tous les parents, loin de là, nous ne parlons que de quelques uns qui, voyant peut être leurs espoirs s'évanouir à la suite de cette baisse de niveau, nourrissait à l'égard des enseignants des sentiments hostiles et antipathiques.

La presse tripolitaine, saisie par l'événement, n'a pas cessé d'en donner écho ces derniers temps, répercutant ainsi des informations fallacieuses, qui sont dues plutôt à des arrières pensées malveillantes, voulant par là souiller les enseignants libyens qui déploient toujours des efforts surhumains pour élever le niveau intellectuel et culturel de la nouvelle génération.

Ce n'est pas tout, la déception suscitée à la suite du faible niveau de nos étudiants étant oubliée, la presse, soutenue d'ailleurs par certains parents mal en point, s'en prenait aux cours particuliers les qualifiant comme futiles du moins d'une utilité absolument douteuse.

Nous n'avons pas à juger de l'inanité ou du sérieux de ces cours, mais ce qui nous a indigné, c'est le comportement inadmissible des auteurs de ces articles qui, non contents de réduire à néant la valeur de l'enseignement dispensé aux étudiants, n'hésitaient pas à s'attaquer ouvertement aux enseignants les accusant d'exercer des pressions sur les étudiants pour se rallier à leurs cours particuliers moyennant un prix parfois exorbitant et abusif. Pire encore, leur accusation ne s'arrêtait pas là, puisqu'ils sont allés plus loin, disant que les étudiants qui auraient accepté ces cours, seront privilégiés dans l'attribution des notes, pour faire croire aux parents que les espoirs placés en leur progéniture ne seront pas déçus.

La critique est légitime, nous dirions même légale, c'est un droit pour ne pas dire un devoir; mais on exige une critique saine, constructive, apte à dépister les erreurs et d'y remédier. Cependant ce que nous avons lu n'est pas du tout de la critique, c'est un fatras de mensonges et d'allégations malveillantes.

Tout citoyen, de quelque rang social ou professionnel qu'il soit,est pour la liberté de l'écriture, une écriture véridique, authentique, ayant pour but fondamental de clarifier les problèmes posés et non pas cette anarchie où l'on voit même des écrits anonymes s'attaquant à la plus noble profession qui ait jamais été.

Il y a tout juste trois ou quatre jours, nous avons lu une lettre dans un journal hebdomadaire émanant d'un responsable au sein du Congrès Populaire. Non seulement nous n'étions pas d'accord avec le contenu de cette lettre, mais encore nous n'avons pas pu nous empêcher d'en être révolté, car au lieu de faire voir en tant qu'homme de métier et expert par dessus le marché en la matière que "les cours particuliers" sont utiles pour des jeunes qui ont toujours besoin d'être encadrés et surveillés de très près et que les enseignants loin d'être cupides comme on nous a laissé entendre, sont des hommes qui avec un traitement aussi mesquin dans une société où l'inflation commençait à grimper de façon évidente, ont accepté malgré tout d'assumer leur mission avec une abnégation absolue, l'auteur de cette lettre n'a fait que susciter le doute dans les esprits, puisqu'il a osé qualifier ces "cours" d'une nouvelle forme de "corruption", un "Abus" ou même "une aberration", s'insurgeant contre certains enseignants qui écorchent selon lui leurs étudiants.

Ce n'est pas en s'installant au sommet de la hiérarchie, qu'on parvient à connaître les problèmes inhérents à la mission d'enseignants, il fallait descendre jusqu'en bas pour y voir plus clair.

Cette myopie, nous voulons dire cette étroitesse d'esprit qui ne voit dans l'éducateur qu'un homme qui donne peu mais qui reçoit beaucoup, est une injustice flagrante, déjà installé dans la mentalité de l'homme de la rue qui,inapte à se faire une idée claire de la carrière d'enseignant, se laisse volontiers endoctriner par une mass-média souvent fallacieuse .

La dimension des services rendus à la nation par le corps enseignant actuel ne saurait être jugée et établie avec l'équité que l'on désire, tant au niveau social qu'intellectuel, les enseignants malgré les nombreux obstacles qu'ils rencontrent dans l'exercice de leur mission contribuent de manière efficace et déterminante au progrès du pays. Ce sont eux qui forment les hommes de demain et ce sont eux qui veillent constamment à l'essor et à la survie de cette chère Libye. Ils travaillent dans l'ombre, ne s'attendant pas à recevoir des privilèges et des prérogatives: leur seule ambition est de promouvoir davantage le niveau de l'enseignement au sein de notre pays. Ils se livrent ainsi à un combat sans merci, affrontant avec bravoure l'hostilité des uns et la méchanceté des autres. Seuls, ils sont dans la lice, combattant l'immoralisme, l'anarchisme et le laxisme phénomènes qui commencent d'ores et déjà à miner notre société, du fait de la crise morale et civique que traverse notre pays.

Ainsi pouvait- on concevoir un métier plus pénible et plus épuisant?

On ne s'arrête pas là, songez à cet instituteur qui, acceptant volontiers l'exil dans des régions lointaines, souvent confinées dans des montagnes arides, mène une vie d'un déraciné en terre étrangère, végète parfois parmi les bestiaux sans jamais oser protester, car il a confiance en l'avenir de son pays! Songez encore à ces enseignants qui, du matin au soir, luttent pour inciter les jeunes à suivre le chemin du savoir et du progrès, bravant ainsi l'indifférence la plus impitoyable qui ait jamais été.

Ainsi en dépit de leur situation matérielle qui se dégrade de jour en jour, en dépit de la dévalorisation ou pour mieux dire de la dépréciation évidente du statut de l'enseignant dans notre pays et encore en dépit de ces multiples calomnies qui fusent de toutes parts, les enseignants ne sont pas prêts à réagir, ils se résignent en revanche à servir imperturbablement leur pays et exercer leur mission sans se plaindre. Car, pour eux, le temps n'est pas pour les jérémiades ou les doléances qui ne débouchent en fait sur rien, mais le temps est au travail, au sacrifice pour autrui et à la promotion intellectuelle de la population universitaire. C'est pourquoi les enseignants ont consenti de bon gré à percevoir des appointements mesquins et de végéter dans l'indigence, puisque leur but, ce n'est pas du tout l'accumulation de la richesse, mais promouvoir le progrès intellectuel et concrétiser les objectifs de la nation en cette matière.

Mais de quelle fortune, de quelle richesse parliez-vous? Dans notre pays ,il n'y a pas, à notre connaissance , de fonctionnaires plus pauvres que les enseignants qui, malgré leur sérieux et leur dévouement dont ils n'ont jamais cessé de faire preuve, gagnent à peine de quoi ne pas mourir de faim. Le plus économe d'entre eux, celui qui se frustre de tout, acceptant de vivre dans la nécessité en sacrifiant ainsi de satisfaire à ses besoins même les plus urgents, celui là même ne parvient pas à amasser toute sa vie durant l'argent nécessaire à l'achat d'une voiture d'occasion, pour ne pas dire un abri pour ses vieux jours, car cela appartient au domaine de l'impossible.

C'est en effet cette misère matérielle, qui a fait que les enseignants tombent au bas de l'échelle, ne bénéficiant presque plus de l'estime d'autrui, privés parfois de leurs droits les plus légitimes,

écrasés sous le poids d'une responsabilité de dimension nationale, que dis-je.

tout l'avenir du pays est entre leurs mains et malgré cela, ils sont acculés a la résignation et à la persévérance, sachant en cela que l'intérêt du pays mérite tout sacrifice, sans tergiversations.

Comment alors réhabiliter l'enseignant dans sa hiérarchie sociale naturelle? L'opinion publique savait déjà que la situation matérielle de l'enseignant est des plus critiques, par rapport au gain de ceux qui pourtant de même niveau d'instruction sinon moindre, touchent mensuellement; elle n'en savait pas moins également que l'enseignant en général ne bénéficie plus de la sollicitude d'autrefois et que la carrière d'enseignant se situe désormais au bas de la hiérarchie professionnelle, en ce sens qu'un simple ouvrier, qui n'a jamais trimé ni veillé durant des nuits blanches, gagne actuellement presque autant qu'un enseignant: c'est ainsi que l'on constate de nos jours que la valeur de la personne se mesure en fonction du gain accompli, et, en conséquence, toute réhabilitation éventuelle de l'enseignant est subordonnées en premier lieu à la révision relative à l'octroi des salaires, en vue d'établir un équilibre juste et équitable entre les différentes catégories professionnelles, aux fins de rendre justice au corps enseignant et de lui restituer les considérations dont il a été spolié depuis des décennies.

Pourquoi y a-t-il un manque chronique en cadre enseignant du FLE (enquête et statistique)

Du moment qu'il n'y a pas eu de planification ni de stratégie appropriée pour la formation de futurs enseignants ,encore moins une politique éducationnelle rationnelle,en vue de préparer les enseignants du français,pourquoi donc se plaint-on de ce manque que l'on constate aujourd'hui dans les milieux universitaires ?

L'étudiant libyen arrête ses études avec la Licence et rares ceux qui les poursuivent au-delà !!en raison d'abord des restrictions administratives qui exigeraient de l'étudiant une mention souvent inaccessible,ensuite les mesures de sélection qui se faisaient souvent sans équité ni tolérance...De plus il faudrait avoir une fortune,être assez riche pour pouvoir entamer des études au-delà de la Licence à ses propres frais et obtenir un diplôme supérieur permettant l'accès à l'enseignement dans les instituts ou les facultés..

Or cet état de choses a provoqué ce manque que l'on essaie aujourd'hui de combler par tous les moyens ,par ceux qui ne possédaient pas les diplômes requis par la loi...

D'après la dernière estimation,faite par le Comité populaire de l'Enseignement Supérieur,il manquait vingt mille enseignants,pour combler les vacances survenues dans le corps enseignant dans tout le pays et pour réduire l'acuité de ce manque colossal,on a dû faire appel au service des enseignants du secondaire dans différentes disciplines ,auxquels on a dû joindre des enseignants venant d'au-delà des frontières..

Mais si l'on a trouvé dès lors une solution passagère dans certaines disciplines , il n'en a pas été de même dans le cas actuel pour le français,qui pâtit toujours par ce manque permanent :

Il n'y a pas,à notre connaissance,d'enseignants du français :un petit nombre,comme nous l'avions déjà souligné,réparti dans différentes facultés et qui ne représentaient pas cinq pour cent de la totalité requise :voilà la vérité toute crue !

De plus,il convient de souligner dans ce mémoire,les inconvénients ou pour mieux dire la perte de temps à enseigner le français à des jeunes gens pour lesquels cette langue est loin de répondre à leurs besoins essentiels ou de satisfaire leurs désirs..

la plupart,pour ne pas dire la majorité, se fatiguent ,se découragent devant l'énormité de la besogne

Car leur àge ne leur permettra plus d'apprendre une langue qui est faite en réalité-et selon toute logique-en raison de leur âge-pour des enfants qui disposent en revanche de beaucoup de temps et de liberté..

C'est une des difficultés que l'on doit souligner ici en toute objectivité.. :les étudiants actuels ,ayant déjà presque plus de vingt ans,ne sont pas prêts à accepter l' orientation vers cette discipline qu'il trouve d'ailleurs difficile et peu malléable..

la dialectique :apprendre à enseigner le FLE ?

Conclusion :comment planifier et organiser un séminaire des enseignants du FLE ?

En Europe et même dans le monde,l'enseignement du FLE,occupe une place de premier plan,grâce aux efforts des institutions étatiques tels que le CREDIF ou la fameuse revue Le Français Dans le Monde

Ce souci,ou pour mieux dire,cet intérêt,que l'on portait expressément à la didactique du FLE,n'était pas dû à des circonstances historiques ou à des sentiments nationalistes passagers,c'était dû avant tout à une vision, de portée importante,à savoir,la volonté de conquérir le monde par le biais de la propagation de la langue :

Ce n'est pas un moyen de tendance impérialiste ou d'aliénation des esprits,au contraire,c'est un moyen utilisé pour répandre une certaine culture et un certain savoir ,d'autant plus que notre monde semble être ouvert et par conséquent prêt à accueillir toute forme de culture,pourvu qu'elle ait une histoire et un passé plein de gloire et d'actions humanitaires inoubliables..

C'est le cas du français,puisque nous parlons de cette langue que nous aimons et que nous aimerons jusqu'au dernier souffle de notre vie,parce qu'elle a contribué davantage à nous faire connaître notre propre identité et notre propre langue34(*)

Or les enseignants libyens du FLE doivent connaître cela,ils doivent être sensibilisés à ce phénomène culturel sans parti pris ni préjugés..

C'est une nécessité impérieuse que de les mettre en face de cette réalité :car enseigner le FLE par plaisir ou l'enseigner parce qu'il est en dernier ressort notre gagne-pain,cela ne contribue en aucune manière à faire naître en eux l'amour de cette langue,puisque sans ce sentiment réel et honnête,l'enseignant du FLE,n'évoluera pas et restera par conséquent dans un état de marasme permanent..

Et pour insuffler ce sentiment chez nos collègues,il est indispensable,sinon vital,de les intégrer dans des séminaires périodiques..

Ces séminaires leur permettront certainement à être à jour,de savoir tout ce qui se produit dans le domaine du FLE,de s'initier à des nouvelles découvertes méthodologiques,et de se familiariser avec tous les ouvrages récents qui traiteraient de la question de la didactique du FLE à travers le monde...

Ainsi,l'organisation des séminaires demeure pour nous une question vitale ,une initiative fondamentale pour la réalisation des objectifs de notre enseignement du français.. !

Chapitre Sixième

La crise actuelle de l'enseignement du français en Libye.

Introduction :le niveau actuel des étudiants diplômés de nos facultés.(au vu d'une enquête personnelle menée à ce sujet)

Chapitre sixième Introduction

L'enseignement du FLE en Libye bute à de nombreux obstacles35(*)...

D'abord l'étudiant n'est pas préparé pour faire face à ce nouveau « phénomène culturel » :Son orientation vers cette discipline n'était guère judicieuse et implique une erreur que l'on aurait pu éviter ,si l'on avait pris des mesures adéquates pour préparer l'étudiant à l'acquisition réelle de cette langue...

Or lorsque vous passez tout votre temps à faire une expérience quelconque et qu'au cours de cette expérience vous avez essayé par tous les moyens d'aplanir les difficultés rencontrées et de résoudre les problèmes qui surgissaient de temps à autre et qu'à l'issue de cette longue et difficile expérience ,vous procéderez à récolter les résultats ...

Or si ces résultats s'avèrent à plus forte raison négatifs et ne répondent en aucune manière à vos ambitions et à votre attente :que feriez -vous dans ce cas ?

C'est effectivement le problème actuel des étudiants diplômés de français de nos facultés. !

Il suffit d'examiner un ou plusieurs des meilleurs étudiants fraîchement sortis de la Faculté et de l'entretenir en français simple pour savoir s'il possédait les rudiments de la langue (il n'est pas nécessaire de vous engager dans une interrogation pointue pour déceler les points faibles et les points forts de cet étudiant)mais un petit entretien ou une tentative d'entretien suffit pour vous rendre à l'évidence que les résultats de l'enseignement du FLE en libye ne sont pas concluants et que les diplômés d'une Licence ne sont rien d'autres que des étudiants qui donnent l'impression qu'ils n'ont jamais fait d'étude en français...

Nous affirmons cela en connaissance de cause :ce n'est pas une affirmation gratuite,loin de là,c'est à la suite d'une longue et difficile enquête,jointe à de multiples fréquentations de la prétendue élite des diplômes des années précédentes que nous avons abouti à cette affirmation catégorique36(*)

Ainsi quand on passe quatre années d'étude de français,quand on perd beaucoup de temps et d'argent pour réaliser un certain objectif ,à savoir un niveau satisfaisant en français,quand on se creuse constamment la tête pour persévérer sans défaillance dans le chemin qu'on s'est tracé et lorsqu'enfin l'on s'aperçoit une fois arrivé au bout du chemin ,qu'on ne s'est pas avancé ,comme si l'on n'avait pas fait un pas en avant ,cela vous démoralise,vous décourage et vous met dans une situation peu enviable...

C'est ce qui est passé avec les étudiants,grâce auxquels nous avons procédé à cette investigation pour sonder leur niveau en français dans le but de savoir s'ils avaient profité du système de l'enseignement du FLE...

Dans tous les cas,pour savoir si votre système produit de bons résultats,vous n'avez pas besoin d'aller plus loin,il importe tout simplement d'interroger nos étudiants diplômés -et les meilleurs d'entre eux-c'est-à-dire ceux qui furent dotés de la fameuse mention « très bien ou excellent »,et vous allez avoir de très bonnes surprises :le meilleur de tous ces diplômés n'est pas capable de savoir lire correctement la plus simple phrase et d'en comprendre le sens...

Alors au vu de tels résultats,pourquoi ne s'afflige-t-on pas ?Nous avons enquêté auprès de ces étudiants et nous avons insisté à ce qu'ils aient la complaisance et l'affabilité de se montrer dans leur naturel,c'est-à-dire sans fard,sans faiblesse et sans complexe

Nous avons voulu qu'ils se montrent tels qu'ils sont sans mystification ni mensonge :ce qui nous a permis de dégager objectivement une telle conclusion décourageante mais ce n'en est pas moins un stimulant dynamique pour revoir notre stratégie et la bâtir sur des bases plus réalistes37(*)

Ces étudiants se sont montrés en effet dans leur vérité,ils se sont même soumis de bonne grâce à notre interrogation :il y en avait même qui ne savent pas encore ce que c'est une conjonction ,une préposition ou même un adverbe :bien plus,nous leur avons proposé une phrase et nous leur avons demandé de la démembrer en fonction de ses principaux constituants :nul n'a pu répondre à cette question !

L'enseignement du FLE a-t-il réussi en Libye ?

D'abord,posons la question :y a-t-il vraiment un enseignement du FLE en Libye ?Pour parler franchement,il n'y en a pas au sens propre du terme,du moins dans l'état actuel des choses !!

C'est la vérité,et en notre qualité de chercheur,comme nous l'avons dit plus d'une fois,nous devons être fidèle à l'objet de notre recherche,à la vérité,et à notre conscience38(*)...

Ouvrir un département de français dans une faculté,cela ne veut pas dire que ce département fonctionne de manière normale ;mais c'est pour montrer qu'il y a un département de français et qu'on enseigne cette langue et que l'enseignement de cette langue se fait selon les modalités reconnues

D'ailleurs l'ouverture d'un département de français ne se fait pas selon les réglements hiérarchiques ...une décision verbale ,prise à l'improviste,suite à un coup de tête inattendu,peut avoir force de loi et dès demain le d épartement entre en fonction ,comme on peut par ailleurs le fermer de la même manière..39(*)

Et dans cet ordre d'idées ,de nombreux départements furent fermés comme ils étaient ouverts,sans qu'il eût de plainte ou de protestation de qui que ce fût...

Pourquoi ces départements ferment-ils leur porte... ?Vraisemblablement il y a eu une cause,une cause évidente,qui a déterminé en effet la fermeture de ces départements :d'abord le nombre réduit d'étudiants inscrits dans les départements de français,et ces étudiants ne sont pas inscrits en fonction de leur goût personnel,mais ils y sont poussés de force,parce qu'on ne leur trouve pas de place dans les autres départements 40(*),ensuite les méthodes d'enseignement mises en place ainsi que les manuels qui n'étaient pas faits pour l'étudiant libyen

Lorsqu'on écoute l'intervention tenue, il y a peu de jours par un responsable de l'enseignement, on se rend compte d'emblée que la teneur intégrale est centrée exclusivement sur la réforme touchant l'administration et les modalités de contrôle et d'inspection sans faire état de façon évidente du contenu des programmes encore moins de la méthodologie actuellement en vigueur dans les centres d'enseignement.

Ce qui surprend davantage, c'est le fait de n'avoir pas souligné les efforts déployés par les corps enseignants en vue d'améliorer progressivement et de façon constante le niveau de l'enseignement en Libye.

Il serait juste d'affirmer ici en toute franchise que les sacrifices consentis de bon gré par les enseignants de lIBYE dépassent de loin le cadre du patriotisme.

Ainsi, modifier la structure administrative actuelle, faire un retour à la centralisation, phénomène déjà démodé et archaïque, renforcer l'appareil d'inspection et de contrôle, ce serait en toute évidence mettre en doute et l'intégrité des enseignants et la bonne volonté du personnel administratif.

Toute réforme, selon moi, doit s'insérer dans un cadre plus vaste, plus réel, à savoir le contenu de l'enseignement et la méthodologie par le biais de laquelle un tel enseignement peut avoir accès en toute aisance à l'esprit de l'étudiant.

D'un autre côté, élever le niveau des connaissances, améliorer la qualité de l'enseignement, inciter le monde universitaire à une prise de conscience plus authentique de son identité et de sa personnalité propre, former des hommes de demain capables d'affronter avec courage les problèmes de la vie, tout cela ne se réalise pas en effet au moyen d'une réorganisation systématique de l'appareil administratif mais par une réforme radicale des programmes en vigueur, c'est à dire de la matière que l'on insuffle à l'étudiant, qui, au fil des ans, le transforme et le modèle, selon qu'elle ait été bonne ou mauvaise.

Pourquoi, à la dernière session, le taux de réussite était-il si faible, dans la plupart des facultés? Cet échec était-il dû exclusivement à la mauvaise volonté des enseignants? Ne serait-il pas mieux de chercher les causes ailleurs? Car, comment pouvait-on accuser à la légère des gens qui ont donné tout pour rendre la Libye ce qu'elle est ce nos jours: un symbole de fierté et de progrès particulièrement aux yeux du tiers-monde?

Pour mieux comprendre les raisons de cet échec, il serait bon de sonder le milieu social de l'étudiant, ou pour mieux dire, la société dans laquelle évolue l'étudiant. Ce dernier, pour une raison ou pour une autre, est devenu difficile, moins malléable qu'autrefois, si bien que la mission de l'enseignant s'avère de plus en plus pénible.

D'ailleurs pourquoi parle-t-on d'échec alors qu'il s'agissait en réalité d'une sélection établie selon des critères rigoureux et rigides, que des conditions de planification ou de gestion avait dictés et rendus nécessaires?

Pour dire vrai, l'étudiant, loin de penser que son avenir est subordonné aux études qu'il accomplit, croit que, se fiant au régime libéral actuel, le travail seul lui ouvrira les portes du succès et de l'argent, qu'aucune étude, quelque importante qu'elle soit, ne pouvait réalise. Pour lui, les perspectives d'avenir sont vagues, presque bouchées, ainsi une seule solution s'offre à lui, c'est d'embrasser une carrière quelconque et en attendant que les circonstances lui permettent de réaliser cet objectif, il se rend à la faculté et fait semblant de s'intéresser aux études, tout simplement pour ne pas susciter le courroux de ses parents.

C'est pour cette raison que l'on constate des désaffections,des abandons de la part des étudiants. Ils sont devenus si rétifs, si récalcitrante qu'il n'est plus possible pour nous, enseignants de ce début du nouveau siècle, de leur faire connaître leur devoir et d'ouvrir pour eux les portes de l'espérance.

Ce n'est pas tout, on remarque un relâchement total de l'autorité parentale. La vertu ,les principes moraux, le respect d'autrui, la bienséance, le civisme, la discipline, tout cela ce sont des notions qui n'ont plus d'existence dans l'univers universitaire. On triche sans vergogne, on fait montre d'une paresse qui provoque le dégoût ,d'un manque total de volonté et malgré cette attitude totalement négative, on réclame éperdument ou plutôt on "exige" de force une bonne note.

La famille est désorganisée. Plus de remède pour cela. Nous vivons dans une société qui fait l'éloge de la matière à un degré tel qu'il serait impossible de distinguer le vrai du faux.

Donc il n'y a pas lieu de s'alarmer sur les conséquences de cet effondrement social et moral, car tout a été prévisible, en particulier son incidence néfaste sur le niveau de l'enseignement.

On se demande souvent pourquoi l'étudiant libyen trouve beaucoup de difficultés pour se familiariser avec le français .Certes, le français est une langue étrangère, et on doit l'apprendre comme telle, c'est à dire, que l'on n'est pas obligé d'en maîtriser tous les mécanismes, et que l'on se borne tout simplement à en connaître rien que ce qui est usuel dans le monde des relations humaines.

Autrefois, on enseignait le français comme presque une langue de civilisation et de communication mais aujourd'hui et après son retour dans les facultés qui remonte déjà à plusieurs années, cette langue ne fait plus déjà l'objet d'étude approfondie.

, Appris aux étudiants selon une méthode quasi factice et mécanique, délaissé résolument par le libyen qui n'y voit qu'un moyen d'aliénation et d'effacement d'identité, oublié totalement par la plupart de pionniers des années soixante -dix qui ne l'utilisent plus jamais depuis cette époque, le français en Libye est tombé en désuétude et on l'a placé pour de bon aux oubliettes.

Des ouvrages en français, il n'y en a pas :aucune librairie aujourd'hui,et nous disons cela en connaissance de cause,n'est prête à vous offrir des manuels en français encore moins dans d'autres langues,même les bouquinistes qui ont fait le délice de notre enfance ont disparu pour être remplacé par des vendeurs de la camelote et d'autres colifichets inutiles.

Aujourd'hui l'on se met à apprendre le français, on l'apprendra comme une langue morte, qui n'intéresse personne et que personne n'utilise, que ce soit dans la vie pratique ou civile, voilà ce qui a principalement motivé cette négligence de la part des étudiants , une réforme pour l'enseignement de cette discipline , demeurera insuffisante même si l'on augmente les heures de cours, et en révisant globalement le système,si l'on ne prend pas dès à présent la décision de l'introduire au niveau du primaire ou du secondaire ,initiative qui, j'en suis certain, apportera ses fruits dans les années qui viennent....

Au vu de tout cela,de quelle réussite parle-t-on ?

Les étudiants ayant déjà obtenu une licence ne sont rien d'autres que des jeunes qui cherchent encore leur voie,puisqu'ils ne peuvent rien faire avec ce diplôme,qui n'implique aucune qualification réelle,ce n'est qu'un document propre à être conserver aux archives et rien de plus... !

Au bout de quatre années d'étude de français,on ne peut même pas acquérir les rudiments de la langue,on est encore au stade du balbutiement ,on marche encore à quatre pattes comme les bébés

Alors partant de cette réalité pénible,peut-on avouer qu'il y a effectivement un enseignement du FLE en Libye ?

La société libyenne est-elle préparée à accepter ce nouveau « phénomène culturel » ?

En raison des considérations historiques,le français n'est pas encore de mise dans la société libyenne ;cette langue,contrairement à l'anglais, n'a pas s'insérer dans la vie des gens -et à un certain moment de l'histoire de la Libye,le français et tout ce qui est étranger à la tradition arabo-musulmane fut mis à l'index et écarté séance tenante de la masse populaire

C'était la révolution culturelle avec ses faits et ses méfaits :et à l'instar des chinois41(*),il y eut un gigantesque holocauste sur la place publique où tous les ouvrages étrangers ,qu'ils aient été écrits en français ou dans d'autres langues,furent incinérés et réduits en cendres

Depuis lors,on a toujours peur d'être contaminé par tout ce qui n'est pas arabo-musulmane ,à tel point qu'on s'éloigne délibérément de tout ce qui est étranger

Cette peur quasi viscérale s'est perpétuée depuis ce temps-là

Or aujourd'hui on a presque tendance à regretter ce geste et on estime même que les livres qui furent brûlés étaient une perte non pour la génération de ce temps-là mais aussi pour les générations futures,car il n'est plus possible de compenser cette perte et de reconstituer ce trésor de l'esprit humain,qui aurait pu être exploité judicieusement dans l'intérêt de la culture et de l'instruction du peuple...

Ainsi,comme conséquence de cet acte regrettable,la société semblait profondément affectée dans sa constitution,en tant que cellule monolithique fragile et sensible dans sa constitution physique tout comme un être humain qu'on peut émouvoir ou toucher

Ce qui fait que ,le français,en même temps que les autres langues d'ailleurs,sont restées méconnues dans la société

De nos jours,comme nous l'avons montré plus d'une fois, rares ceux qui connaissent le français ou qui le parlent ;;

Nous avons vu cela lors de nos nombreuses visites à l'extérieur et à l'intérieur du pays.. !

Jamais nous n'avons pu trouver quelqu'un qui s'exprime en français même passablement..

Cet état de choses nous oblige à dire qu'il serait difficile à cette société du moins dans les circonstances présentes d'accepter une telle langue et à travers cette langue,toute une culture et toute une civilisation..

En réalité,et pour parler avec plus de franchise,l'anglais a trouvé son chemin dans le pays :maintenant cette langue est utilisée presque par la plupart des jeunes gens dans leurs activités professionnelles et en particulier pour accéder à l'internet et à l'univers de l'informatique42(*)

Pourquoi alors ne serait-il pas de même pour le français,puisqu'elle est une langue de culture et de civilisation ?

Il est possible de même de s'en servir pour réaliser des objectifs d'ordre économique ou culturel....Il est sans conteste que l'évolution du monde de l'informatique contraindra notre société à accueillir sans réticence la propagation de cette langue sans y opposer ni des obstacles politiques ni des considérations idéologiques..

C'est l'économie,c'est l'amour du savoir,c'est encore par nécessité qu'on se sentira obligé au bout du compte à s'ouvrir à cette langue et à l'inscrire dans le cadre d'un enseignement scolaire à l'échelle nationale...43(*)

Présentement on peut voir que le plus grand nombre des libyens commençaient à s'ébahir ,à exprimer leur admiration pour cette langue et à exprimer leurs désirs de vouloir l'apprendre non pas pour avoir un diplôme,mais tout au moins pour leur formation personnelle

En réalité,nous avons connu et vécu de très près une telle situation, ce qui nous permettra de dire que le français trouvera bientôt sa bonne place dans la société44(*)

le français finira-t-il par s'imposer

Il faut beaucoup de temps pour que le français trouve sa vraie place dans la société libyenne ! et ce n'est pas le facteur temps qui intervient dans le processus de consécration du français dans le pays

D'autres facteurs -et ils sont fort nombreux- peuvent intervenir dans ce processus ,sans lesquels le français resterait tpujours méconnu et totalement ignoré..

Il faut qu'il y ait en premier lieu un accueil favorable par la masse du peuple et une réelle disposition, à se familiariser avec cette langue ;il faut également apprivoiser progressivement et par étapes,les esprits rétifs qui pourraient être un obstacle à la réalisation de l'objectif prévu45(*)...

Ainsi,l'acceptation du peuple,la persuation des gens réticents,la mobilisation des esprits favorables à l'installation du français dans le pays :tout cela,ce n'est qu'une phase dans cette oeuvre gigantesque..

Car l'étape réelle,fondamentale et essentielle,c'est la mise en place des institutions étatiques (écoles ou facultés) chargées d'enseigner cette langue à la présente génération..et comme nous l'avons dit,le temps fera ensuite son oeuvre,puisqu'il faut au moins deux générations successives pour que le français s'installe-de manière timide certes-maisz il n'en aurait pas moins trouvé une assise authentique à partir de laquelle il pourra se propager à travers tout le pays..

Or cette incursion inattendue dans une société de tendance traditionnelle et à plus forte raison,fermée,pourra troubler les uns ,mais n'empêchera pas toutefois contenter les autres

Les uns pourraient y voir une atteinte à la langue nationale,en l'occurrence l'arabe,peut-être l'avènement d'une rivalité entre les deux langues,chose qui s'avèreraa impossible, puisque l'arabe demeure et demeurera toujours la langue officielle,dont il est difficile de se passer..

Le français est d'abord une langue de culture et cette culture aux aspects multiples doit être connue et appréciée dans ses grandes dimensions,ce qui permettra à la masse cultivée d'établir un pont entre les deux cultures :la culture française et la culture arabo-musulmane,c'est ce qui a permis au Guide de la Révolution de tirer la conclusion :une conclusion juste et profonde lorsqu'il s'est penché -lors de sa dernière visite en France-sur les valeurs d'ordre humanitaire contenues dans la culture française..

Cette visite inoubliable a permis au peuple libyen de connaître les caractéristiques de cette culture ,d'en appréhender les mécanismes cachés,mais aussi,et c'est ça ce qui est essentiel,de saisir la portée de la langue française en tant qu'outil de communication et de savoir,de s'intéresser à l'entendre à travers l'audio_visuel et d'essayer d'en comprendre le sens

On ne doit pas oublier que cette visite a déjà permis la prise des mesures adéquates pour le renforcement et la consolidation de la didactique des langues et spécialement le français...

Lorsqu'on écoute l'intervention tenue, il y a peu de jours par un responsable de l'enseignement, on se rend compte d'emblée que la teneur intégrale est centrée exclusivement sur la réforme touchant l'administration et les modalités de contrôle et d'inspection sans faire état de façon évidente du contenu des programmes encore moins de la méthodologie actuellement en vigueur dans les centres d'enseignement.

Ce qui surprend davantage, c'est le fait de n'avoir pas souligné les efforts déployés par les corps enseignants en vue d'améliorer progressivement et de façon constante le niveau de l'enseignement en Libye.

Il serait juste d'affirmer ici en toute franchise que les sacrifices consentis de bon gré par les enseignants de lIBYE dépassent de loin le cadre du patriotisme.

Ainsi, modifier la structure administrative actuelle, faire un retour à la centralisation, phénomène déjà démodé et archaïque, renforcer l'appareil d'inspection et de contrôle, ce serait en toute évidence mettre en doute et l'intégrité des enseignants et la bonne volonté du personnel administratif.

Toute réforme, selon moi, doit s'insérer dans un cadre plus vaste, plus réel, à savoir le contenu de l'enseignement et la méthodologie par le biais de laquelle un tel enseignement peut avoir accès en toute aisance à l'esprit de l'étudiant.

D'un autre côté, élever le niveau des connaissances, améliorer la qualité de l'enseignement, inciter le monde universitaire à une prise de conscience plus authentique de son identité et de sa personnalité propre, former des hommes de demain capables d'affronter avec courage les problèmes de la vie, tout cela ne se réalise pas en effet au moyen d'une réorganisation systématique de l'appareil administratif mais par une réforme radicale des programmes en vigueur, c'est à dire de la matière que l'on insuffle à l'étudiant, qui, au fil des ans, le transforme et le modèle, selon qu'elle ait été bonne ou mauvaise.

Pourquoi, à la dernière session, le taux de réussite était-il si faible, dans la plupart des facultés? Cet échec était-il dû exclusivement à la mauvaise volonté des enseignants? Ne serait-il pas mieux de chercher les causes ailleurs? Car, comment pouvait-on accuser à la légère des gens qui ont donné tout pour rendre la Libye ce qu'elle est ce nos jours: un symbole de fierté et de progrès particulièrement aux yeux du tiers-monde?

Pour mieux comprendre les raisons de cet échec, il serait bon de sonder le milieu social de l'étudiant, ou pour mieux dire, la société dans laquelle évolue l'étudiant. Ce dernier, pour une raison ou pour une autre, est devenu difficile, moins malléable qu'autrefois, si bien que la mission de l'enseignant s'avère de plus en plus pénible.

D'ailleurs pourquoi parle-t-on d'échec alors qu'il s'agissait en réalité d'une sélection établie selon des critères rigoureux et rigides, que des conditions de planification ou de gestion avait dictés et rendus nécessaires?

Pour dire vrai, l'étudiant, loin de penser que son avenir est subordonné aux études qu'il accomplit, croit que, se fiant au régime libéral actuel, le travail seul lui ouvrira les portes du succès et de l'argent, qu'aucune étude, quelque importante qu'elle soit, ne pouvait réalise. Pour lui, les perspectives d'avenir sont vagues, presque bouchées, ainsi une seule solution s'offre à lui, c'est d'embrasser une carrière quelconque et en attendant que les circonstances lui permettent de réaliser cet objectif, il se rend à la faculté et fait semblant de s'intéresser aux études, tout simplement pour ne pas susciter le courroux de ses parents.

C'est pour cette raison que l'on constate des désaffections,des abandons de la part des étudiants. Ils sont devenus si rétifs, si récalcitrante qu'il n'est plus possible pour nous, enseignants de ce début du nouveau siècle, de leur faire connaître leur devoir et d'ouvrir pour eux les portes de l'espérance.

Ce n'est pas tout, on remarque un relâchement total de l'autorité parentale. La vertu ,les principes moraux, le respect d'autrui, la bienséance, le civisme, la discipline, tout cela ce sont des notions qui n'ont plus d'existence dans l'univers universitaire. On triche sans vergogne, on fait montre d'une paresse qui provoque le dégoût ,d'un manque total de volonté et malgré cette attitude totalement négative, on réclame éperdument ou plutôt on "exige" de force une bonne note.

La famille est désorganisée. Plus de remède pour cela. Nous vivons dans une société qui fait l'éloge de la matière à un degré tel qu'il serait impossible de distinguer le vrai du faux.

Donc il n'y a pas lieu de s'alarmer sur les conséquences de cet effondrement social et moral, car tout a été prévisible, en particulier son incidence néfaste sur le niveau de l'enseignement.

On se demande souvent pourquoi l'étudiant libyen trouve beaucoup de difficultés pour se familiariser avec le français .Certes, le français est une langue étrangère, et on doit l'apprendre comme telle, c'est à dire, que l'on n'est pas obligé d'en maîtriser tous les mécanismes, et que l'on se borne tout simplement à en connaître rien que ce qui est usuel dans le monde des relations humaines.

Autrefois, on enseignait le français comme presque une langue de civilisation et de communication mais aujourd'hui et après son retour dans les facultés qui remonte déjà à plusieurs années, cette langue ne fait plus déjà l'objet d'étude approfondie.

, Appris aux étudiants selon une méthode quasi factice et mécanique, délaissé résolument par le libyen qui n'y voit qu'un moyen d'aliénation et d'effacement d'identité, oublié totalement par la plupart de pionniers des années soixante -dix qui ne l'utilisent plus jamais depuis cette époque, le français en Libye est tombé en désuétude et on l'a placé pour de bon aux oubliettes.

Des ouvrages en français, il n'y en a pas :aucune librairie aujourd'hui,et nous disons cela en connaissance de cause,n'est prête à vous offrir des manuels en français encore moins dans d'autres langues,même les bouquinistes qui ont fait le délice de notre enfance ont disparu pour être remplacé par des vendeurs de la camelote et d'autres colifichets inutiles.

Aujourd'hui l'on se met à apprendre le français, on l'apprendra comme une langue morte, qui n'intéresse personne et que personne n'utilise, que ce soit dans la vie pratique ou civile, voilà ce qui a principalement motivé cette négligence de la part des étudiants , une réforme pour l'enseignement de cette discipline , demeurera insuffisante même si l'on augmente les heures de cours, et en révisant globalement le système,si l'on ne prend pas dès à présent la décision de l'introduire au niveau du primaire ou du secondaire ,initiative qui, nous en sommes certain, apportera ses fruits dans les années qui viennent....

Conclusion :Peut-on introduire le FLE dans les collèges et les lycées libyens ?

Une langue,quelle qu'elle soit,c'est une culture,une civilisation séculaire,une longue histoire,avec ses hauts et ses bas,véhiculant des événements de caractère politique,socio-économique et idéologique,sur tous les plans ...C'est en effet une histoire où se montre dans toute sa grandeur et sa faiblesse,le combat de l'homme pour sa survie..

Et quand on parle de la langue française,un kaléidoscope d'images enchevêtrées et complexes envahit notre tête,traverse tel qu'un éclair fugace notre esprit et aussitôt, nous nous sentons comme pris dans un univers culturel,civilisationnel et historique ,qui nous renvoie vers un passé révolu mais encore vivant dans notre monde actuel46(*)...

Dès lors,pour apprendre une telle la ngue,ce n'est pas au bout de trois ou quatre ans,on n'apprend pas à la légère et au bout d'un temps assez court,une langue véhiculaire des composantes humaines ,des humanités universelles et séculaires...

Ce sera une tentative absurde ,vouée d'avance à l'échec !

Aussi,l'apprentissage du français doit-il se faire à un âge où l'étudiant se sent plus apte à l'assimiler, pour pouvoir s'en servir au moment voulu, :un enfant de six ans est plus capable à apprendre une langue qu'un enfant de douze ans47(*)

Parce que le premier est doué d'un esprit encore vierge tout s'imprime aisément,tandis que le second ,en raison de son âge,trouverait des difficultés éventuelles dans l'assimilation de cette langue :ces difficultés peuvent être cernées et circonscrites en deux points principaux :un enfant de douze ans peut avoir des problèmes d'ordre psychologiques,des troubles caractériels,qui l'empêchent de se concentrer exclusivement sur l'objectif envisagé,à savoir l'apprentissage de la langue ;il peut également ne plus avoir cette ingénuité, cette disposition spontanée ,cette candeur et en fin cette naîveté ,autant de facteurs que l'enfant de six ans peut mettre en valeur sans le savoir pour réaliser des performances dans l'acquisition de la langue

Mais que l'enfant de douze ans ne peut pas posséder de façon déterminante48(*)..

Dès lors,l'introduction du français dans les écoles primaires et les lycées est devenu désormais un impératif ,une nécessité de caractère national49(*)..

Des mesures doivent être prises dans ce sens -et on doit procéder comme c'est l'usage par étapes

Car on ne pourra jamais réaliser une telle entreprise d'un seul coup-- :il importe donc de commencer par une ville ou à plus forte raison,une région,comme celle du sud du pays, comprenant Zouara,Sabrata et les autres villes avoisinnantes.dans chaque ville,on instituera une classe de français où l'enfant accédera progressivement à la connaissance de cette langue..

Pour les cadres enseignants,on doit faire appel à des instituteurs de français ou des instituteurs bilingues venant du Grand Magreb(Tunisie,Algérie,Maroc) pour une durée de cinq ans puis,après à l'issue de cette période,ces mêmes instituteurs seront officiellement mutés dans une autre région du pays pour accomplir la même mission :dans ce contexte' et dans l'intérêt général,nous recommandons le renouvellement du contingent du personnel enseignant venant des mêmes pays et ce,pour tirer le meilleur parti des potentialités existantes au niveau du Grand Magreb arabe...

Il faudrait s'assurer une préparation des programmes au contenu réaliste et souple avec une planification rigoureuse des objectifs

Car tout enseignement et en particulier du FLE,doit prévoir un programme délimité,progressif,doté d'une souplesse et d'un esprit réaliste adapté au niveau,à l'environnement et à la nature des futurs apprenants50(*) ...

L'élaboration de ce programme doit se réaliser en fonction des grandes lignes établies par des spécialistes libyens,en particulier les quelques didacticiens chevronnés actuellement en exercice ou même mis en retraite51(*)...

Ces propositions doivent être prises en considération si l'on veut vraiment que les objectifs relatifs à l'enseignement du FLE se réalisent et donnent leurs fruits

Nous avons démontré -preuve à l'appui-tout au long de ce mémoire que l'enseignement du FLE dans son état actuel laisse à désirer et depuis son installation dans les facultés ,cet enseignement n'a pas donné des résultats concluants ou positifs,à en juger par le niveau des diplômés dont nous avions déjà fait état dans les chapitres précédents ...

Par anticipation,nous sommes convaincus dès à présent,que la conclusion que nous allons tirer de cette recherche ne sera pas optimiste et que l'enseignement actuel du FLE a besoin effectivement d'une réforme radicale... !

Chapitre septième

Pour une ouverture réelle sur le monde :le passage d'une société quasi hermétique à une société ouverte.

Introduction :La société libyenne et l'hermétisme culturel

Quelles sont au juste les spécificités de la société conservatrice ?

D'abord,posons ouvertement la question suivante,qu'est-ce qu'une société conservatrice ?

Est-ce une société renfermée sur elle-même ?

Est-ce une société qui obéit volontairement à des règles de vie tout à fait particulières,

Est-ce une société qui applique une sorte de mode de vie qui n'est pas conforme à la nature des choses ?

Ou encore une société qui ne reconnaît d'autres lois que les siennes propres qui sont généralement d'obédience religieuse ou idéologique ?

Ce n'est pas tout cela,loin de là,une société conservatrice ,c'est une société ,fondée sur de caractéristiques essentiellement spirituelles et psychiques ,semble se suffire à elle-même

pénétrée du respect,de la vénération pour la puissance divine,d'oû elle tire toute légitimité et toute justice et même sa raison d'exister

Elle croit ne vive que pour cet objectif

La société conservatrice ne peut étendre sa vie ou son pouvoir d'exister au-delà de certaines limites :l'espace oû elle évolue s'en trouverait comme délimiter par des frontières que nul ne franchira

Et à l'intérieur de cet espace étroit semble se mouvoir suivant des actions et réactions constantes diverses de tendances idéologiques réligieues philosophiques ou politiques

La famille reste toujours une composante fondamentale de la société,qu'elle soit conservatrice ou ouverte,qu'elle soit de type tribal ou même patriarcal

La tribu est une petite société étroitement solidaire,liée par une manière de vivre et de penser uniforme,la tribu est une entité autonome presque totalement indépendante :elle constitue à elle seule une famille,mais une famille plus large et plus nombreuse que la famille proprement dite...

Or la société libyenne est à l'origine d'un certain nombre de tribus disséminés çà et là à travers le grand territoire libyen...mais en tout cas demeure de caractère et de nature homogène

Puisque tout idée d'hétérogénéité de la société libyenne est à écarter d'office,

la société dans sa nature composite est homogène ;car elle est nantie d'une seule identité individuelle ,en l'occurrence, la race libyenne fondée sur une seule doctrine religieuse

Par contre,notre société ,comme par ailleurs toute autre société est composée de couches sociales différentes..Il existe des frontières évidentes entre ces différentes stratifications sociales :ce n'est pas seulement au niveau matériel qu'on mesure ces différences,c'est aussi au niveau culturel :il y a des couches qui sont favorisées à la fois sur le plan matériel et culturel..

Il y en a d'autres qui restent par la nature des choses défavorisées à la fois sur le plan culturel comme sur le plan matériel

Ce qui est évident ,c'est que le traditionalisme se trouve toujours ancré dans les couches les plus défavorisées ce qui nous conduit à poser cette question cruciale : le traditionalisme est-il un avantage ou un désavantage pour le progrès social ?

Nous touchons maintenant au fond du problème :le traditionalisme est -il un obstacle à l'ouverture sur le monde ?le traditionalisme empêche-t-il la société d'évoluer ,d'accepter cette nouvelle forme de culture ,à savoir l'usage du feançais à côté de l'arabe ?

C'est vrai que c'est un problème difficile,puisque cela nécessite d'abord une réforme au niveau des mentalités en vue de faire prévaloir la portée de la culture française

1-Quelle place et quelle influence pour le français dans la société ?

Le français face à d'autres langues :si l'on juge le français en tant que de communication et de culture,l'on trouve qu'il est plus maniable,plus souple que toutes les autres langues de la planète !

Opposé à l'anglais,langue de commerce,de finance et d'industrie,le français est une langue qui se plie aisément à toutes les situations de communication ,épousant toutes les formes de pensée

Il est vrai que l'anglais est riche ;il est trop riche et même plus riche que le français ou que l'arabe,en raison bien entendu de la prolifération d'innombrables expressions issues de toutes les couches sociales d'une diversité extraordinaire ,soit aux Etats-Unis,soit dans les nombreux pays anglophones

Cet état de choses a permis à l'anglais d'occuper une place quasi privilégiée à l'échelle mondiale et dans les instances internationales

Alors que le français,lui aussi,enrichi incessamment par les pays francophones,qui sont en réalité moins développés que les pays anglophones,est resté quand même un instrument de communication verbale privilégié des sociétés bourgeoises et galantes ou de la vie mondaine...

Dès lors,on considère le français comme une langue moderne susceptible de favoriser le développement du savoir -vivre chez l'apprenant

Effectivement ,de nos jours,le français demeure la meilleure langue de la galanterie,de la mondanité et du savoir-vivre...

Nous avons déjà signalé que,grâce au développement des Salons au cours des siècles passés,le français avait pris son essor à travers l'Europe..

Ces Salons furent alors fréquentés par les écrivains les plus célèbres de France et c'est grâce à eux que le français a évolué de façon considérable et a franchi toutes les frontières des pays considérés comme fermés

De plus,on voit que dans les pays arabophones,les couches sociales supérieures (high society) enseignaient de façon particulière le français à leurs enfants...

Et quand on parle de cette langue,c'est pour dire le plus souvent qu'elle est réservée à la hiérarchie sociale dirigeante...

De nos jours,parler le français,cela ne relève absolument plus du snobisme,au contraire,on trouve cela tout à fait normal et qui s'insère de plus dans le cadre des conventions sociales tacites ...

Les pays francophones usaient exclusivement de cette langue dans leurs tractations commerciales et culturelles,en faisant apparemment fi de leurs propres langues,qu'ils jugeaient pour de bon comme insuffisantes ou incompréhensibles pour l'autre partenaire....

C'est pour dire que le français n'est pas seulement une langue ,elle est aussi et demeure toujours comme telle, une langue de savoir vivre et de relations entre les gens de la même société ou des sociétés différentes

Le français est une dynamique linguistique évolutive...

Actuellement,le libyen apprend le français dans le cadre d'une vision particulière

C'est ou bien pour décrocher un diplôme quelconque,ou bien pour entreprendre un voyage en Europe

Au cours de nos visites à des centres d'enseignement du français,(en dehors du système officiel),nous avons remarqué que l'on enseignait le français dans le but de préparer les apprenants à être de futurs touristes :le centre d'intérêt est toujours axé sur des thèmes courants tels que au restaurant (demander le menu ;choisir votre dessert,opter pour telle ou telle boisson ;payer l'addition ;donner un pourboire au garçon en lui disant merci avec un sourire artificiel)

Cet exemple illustre pleinement d'autres thèmes qui tournaient autour du même centre d'intérêt 

Le français n'a pas seulement pour fonction de matérialiser des thèmes de ce genre ;le français a une fonction plus noble,plus humaine

En plus de ses aspects multiples de la communication (cela s'insère dans le cadre de la pragmatique que le système d'enseignement actuel semble ne pas connaître) ;ses nombreuses tendances conversationnelles

Il est un autre point que nous devons souligner ici :c'est la société libyenne,le multimédia et le français  :

Ainsi un des moyens sûrs et efficaces ,comme chacun sait,pour apprendre une langue étrangère est probablement l'utilisation intensive du multimédia !

Toutes les méthodes d'apprentissage modernes d'ailleurs s'appuient essentiellement sur les mécanismes du multimédia pour transmettre aux apprenants un savoir programmé,rigoureusement élaboré et solidement charpenté52(*)...

L'efficacité du multimédia dans l'apprentissage du français est indubitable 

Donc il importe à nos institutions scolaires et universitaires de recourir au multimédia pour élargir les horizons intellectuels de nos jeunes étudiants et de moderniser du même coup le système éducationnel qui est devenu au fil des ans caduc,désuet ,impropre pour assurer le progrès souhaité dans le domaine de l'éducation et du savoir53(*):

-Le français est un outil de communication.

Le français est un outil de communication aux multiples aspects

Tous les pédagogues,les didacticiens et le monde des experts en matière d'éducation peuvent confirmer ce point de vue

Le français n'est pas seulement,comme nous l'avons souligné,une langue des sentiments et du savoir-vivre,c'est aussi et avant tout une langue de communication ,susceptible de mobiliser tout un arsenal d'expressions et de termes épousant toutes les circonstances et les situations d'échange verbal....

C'est pourquoi toutes les nations de la planète éprouvent du goût pour cette langue dont Rivarol dans son ouvrage fondamental intitulé »l'universalité de la langue française » avait largement état ,en s'appuyant sur des réalités concrètes,décrivant avec une sincérité à toute épreuve,l'expansion de cette langue à travers l'Europe et le monde

Grâce à sa souplesse et à sa fluidité qui ne se trouvaient-à part peut -être l'anglais-dans aucune autre langue de la planète

Depuis le retour de notre pays au sein de la communauté internationale,des visiteurs de presque toutes les nationalités commençaient déjà à affluer vers notre pays....

Or,ces visiteurs,venus des quatre coins de la planète,étaient des promoteurs des projets culturels,économiques ou sociaux,et pour faire comprendre leurs projets,ils étaient armés d'une seule langue,car une seule langue suffirait pour cela,à savoir le français..

Tous ces visiteurs potentiels étaient de haut rang,c'est-à-dire qu'ils occupaient des dignités de la haute hiérarchie dans leur Etat respectif

Ces personnalités qui n'étaient pas des français,mais qui parlaient le français d'une manière impeccable,ont eu besoin d'un interlocuteur valable,c'est-à-dire une personnalité libyenne de même rang qu'eux et qui s'exprimait impeccablement en français

C'est à ce point que nous devons nous arrêter,car c'est là le défaut de la cuirasse,puisque cette personnalité dont on a besoin d'urgence n'était pas là ;elle était absente ou pour dire franchement elle n'existait pas....On l'avait beau chercher,elle n'était nulle part !

Et ces visiteurs étrangers ,qui sont des investisseurs potentiels,venus pour servir notre pays,sont retournés bredouille,c'est-à-dire sans que les projets envisagés n'aient vu le jour

C'étaient en fait des projets morts-nés

Dans ce cas,à qui incombe la faute ?

Est-ce à notre système éducatif ?est-ce à notre Etat,qui ne semblait pas avoir tenu compte de la coopération entre les nations ?ou est-ce à nous-mêmes ,paisibles citoyens libyens,vivant le présent sans songer à l'avenir ?

En vérité,pour parler à coeur ouvert,le système éducatif,l'Etat,c'est nous et par conséquent nous sommes tous responsables devant cet état de fait,de cette lacune ou même pourquoi pas ?de cette catastrophe,de ce désarroi que nous supportons avec résignation mais aussi avec beaucoup de regrets...

Or apprendre le français non pas pour être de futurs touristes,mais pour utilisateur potentiel de cette langue dans toutes les circonstance

La plupart du temps on insiste de manière exceptionnelle sur l'enseignement de l'oral

Il est vrai néanmoins que l'oral est un pilier essentiel dans l'apprentissage d'une langue54(*)

Surtout au stade préliminaire de cet apprentissage ,mais nous pouvons souligner que cela n'est pas suffisant pour donner à l'apprenant le bagage linguistique nécessaire pour pouvoir l'utiliser à bon escient

Or la graphie,comme la phonie,demeure une nécessité absolue dans tout apprentissage d'une langue, et en particulier le français,dont l'orthographe semblait être ,au fil du temps,la bête noire de tous les français eux-mêmes :pour eux,nous voudrions dire les français,celui qui maîtrise l'orthographe,rien que l'orthographe,est capable dès lors de maîtriser la langue55(*)..

C'est en connaissance de cause que nous affirmons cela :l'écriture doit occuper une place fondamentale dans notre système d'enseignement ....c'est un point capital qu'il ne faut jamais méconnaïtre ou ignorer

Nous osons dire cela, parce que au cours de nos visites dans les départements de français,nous nous sommes rendus compte que les enseignants privilégient l'oral d'une manière quasi exclusive,sans prendre en considération l'importance de l'écrit,surtout à cette phase d'apprentissage

D'autre p)art,si l'élocution est très indispensable dans tout type d'apprentissage ,il n'en demeure moins que l'écrit ,lui aussi,est très nécessaire,car l'écrit,dans notre système d'enseignement actuel demeure lacunaire ,insuffisant,inefficace et inopérant

Nous reparlerons de ce problème avec plus de détails dans le chapitre suivant

-Tout progrès ,de quelle que nature qu'il soit,est subordonné à l'usage des langues étrangères.

Le français est-il nécessaire dans notre pays? Le français, de nos jours,s'avère de plus en plus nécessaire à la marche de la vie sociale, économique et politique de notre pays. Contrairement à ces esprits malades qui ne voient dans cette langue qu'un moyen d'acculturation ou d'effacement d'identité, le français,en dépit des moyens matériels insuffisants, occupe de nos jours une place quasi privilégiée dans nos institutions d'enseignement, puisqu'on se rend compte que le français n'est pas seulement véhiculaire de la technologie et d'autres disciplines scientifiques, d'ailleurs d'importance vitale pour notre évolution vers les progrès modernes,n'en demeure pas moins un outil indispensable dans nos relations quotidiennes. Sa nécessité demeure donc plus que primordiale et son apprentissage pour les générations présentes et à venir est déjà au centre des préoccupations des autorités officielles.

Au niveau des organisations à vocation économique et même culturelle, le français constitue un instrument impératif, voire bénéfique pour l'établissement des rapports humains à l'intérieur et à l'extérieur de ces secteurs productifs. C'est pourquoi l'on ne saurait s'en passer sans tomber dans une espèce de marasme économique réel.

Depuis qu'on a pris la décision de procéder officiellement à une réforme de l'enseignement de cette langue, en vue de la relancer sur des bases moins traditionnelles et plus pratiques, selon la conception des anciens responsables de l'éducation, le français a commencé dès lors à prendre du recul dans le pays, les méthodes d'apprentissage accusent des lacunes, se révèlent trop arides, moins souples, moins malléables que par le passé, une telle rigidité rebute en quelque sorte nos jeunes qui le trouvent très fastidieux, voire difficile à assimiler, ce qui les pousse à ne plus y donner une grande importance, en dépit de leur attachement pour cette langue56(*)...

Toutefois,le français ne demeure pas pour nous le seul outil indispensable pour nos rapports avec le monde extérieur. D'autres langues vivantes sont également très nécessaires. Où en est-on alors de leur enseignement? Sont-elles appréciées par la génération présente? Est-on parvenu à les assimiler et à en connaître les secrets? Certes si l'Etat attache une importance quasi particulière à l'étude des langues vivantes dans les institutions scolaires et universitaires, le public qui est directement concerné, répugne à s'y appliquer et voit dans les langues étrangères une forme d'aliénation des esprits. C'est pourquoi l'étude des langues est restée jusqu'à nos jours au stade préliminaire et n'a guère avancé,ce qui a pour effet de torpiller systématiquement les objectifs de l'Etat en ce domaine.Le français,tout comme l'anglais d'ailleurs,n'a pu être maîtrisé par la génération universitaire actuelle, pourtant l'on constate de nos jours que ces deux langues sont les plus répandues de par le monde, aussi bien sur le plan technologique, commercial que littéraire. Il demeure cependant impératif de se pencher sur ce problème et d'y voir ce qui entrave la vulgarisation libre et spontanée de ces langues parmi la masse universitaire et scolaire. Rares sont ceux qui maîtrisent effectivement l'anglais ou le français et l'on rencontre même des docteurs dans ces deux disciplines qui sont loin d'en avoir une maîtrise parfaite.

Les langues étrangères que nous sommes désormais condamnés à connaître, ne sont pas une forme d'impérialisme culturel, encore moins des facteurs d'effacement d'identité, au contraire, elles sont nécessaires dans la mesure où elles nous permettront d'avoir accès à l'univers technologique, social, économique des pays qui avaient franchi d'énormes étapes dans la voie du progrès humain, c'est là l'objectif essentiel de la connaissance des langues. Autrement l'on serait réduit à consommer passivement tout ce que pouvait créer le monde occidental sans qu'on puisse avoir la moindre idée du progrès accompli jusqu'à nos jours. D'où il résulte que l'enseignement des langues demeure nécessaire et impératif, si l'on veut que nous ne perdions pas l'espoir dans le progrès et la prospérité à tous les niveaux57(*).

D'autre part, on se rend compte de nos jours que le français a déjà perdu sa vitalité et son influence et qu'il est en effet en régression radicale.

Savons-nous pourquoi cette langue est en agonie, en dépit de la place importante qu'elle occupe dans les programmes? Comme nous l'avons déjà affirmé précédemment, le français a déjà perdu son pouvoir sur les esprits. Le milieu socioculturel ne favorise pas la floraison de la culture et de la langue françaises. Le système éducationnel, qui se penche exclusivement vers l'arabisation intégrale, n'offre pas à l'élève la nourriture suffisante en matière de français. Outre l'absence totale des manuels sur le marché, l'abandon quasi général de cette langue se manifeste à tous les niveaux.

Par ailleurs, les étudiants même , avec lesquels nous avons rencontré beaucoup de difficultés pour les amener à maîtriser les mécanismes de cette discipline, en raison évidemment de l'environnement social qui ne s'y prête guère avec aisance, s'y montrent rétifs, parfois même récalcitrants, refusant obstinément tout contact immédiat avec cette langue,qu'ils jugent incommode et non conforme à leur goût. De même que les cadres moyens et supérieurs, qui sont censés d'ailleurs être en contact avec le progrès et la modernisation, répugnent à apprendre le français qui s'avère, selon eux, impénétrable et difficile à acquérir58(*).

A vrai dire, le français dans notre pays, c'est la débâcle, c'est la fin, la preuve en est que personne ne s' intéresse à cette langue, même le public scolaire dans sa plus grande majorité, comme nous l'avons réitéré plus d'une fois, n'y attache guère d'importance. De ce fait, l'enseignement essuie un échec sérieux, car l'opposition qu'il affronte est des plus farouches D'ailleurs il n'y a pas eu lieu de s'inquiéter la dessus, puisque le destin de cette langue était prévisible depuis la dernière décennie, depuis qu'on a lancé la campagne pour l'arabisation radicale et la mise à bas toute forme de culture étrangère. Alors comment remédier à cette régression? Pour rétablir le français dans la place qu'il occupait au sein de la génération précédente, au moins au niveau du public scolaire, il convient impérativement de le restaurer au niveau des examens et concours nationaux pour les futurs boursiers d'Etat à l'étranger de l'y inscrire comme une langue obligatoire, au même titre que les autres matières fondamentales. Car il ne suffit pas aux yeux de la population scolaire de lui attribuer une importance particulière par rapport aux autres matières, mais de lui réserver une place authentique dans l'ensemble des programmes en lui conférant alors un caractère obligatoire. C'est à ce moment que l'étudiant naturellement attiré par des considérations relevant exclusivement de la notation prendra du goût pour l'étude du français, et s'y consacrera avec sérieux et beaucoup de volonté, parce qu'il s'y sentira désormais motivé.

Oui, l'engouement de l'étudiant, son attachement irréductible, sa soif du savoir, vont toujours vers les matières qui lui procurent le plus de notes possibles aux examens.

C'est une vérité indéniable et tout le monde s'accorde sur ce point. Ce n'est pas tout, la restauration du français aux examens et concours permettra d'emblée de stimuler parmi le grand public une sorte de motivation spontanée, un penchant irrésistible vers la connaissance et la maîtrise de cette discipline. Ce qui aboutit en fin de compte à une généralisation bénéfique de l'enseignement du français et à sa propagation à toutes les classes de la société.

Restent alors la production et la vulgarisation des manuels, instruments irremplaçables qui favorisent la réalisation de cet objectif primordial. Les manuels importés, bien qu'ils soient loin de répondre aux critères du milieu socioculturel de l'étudiant, pêchent encore par des lacunes déplorables, touchant plus particulièrement notre civilisation et nos traditions séculaires,car jamais ils ne font allusion de loin ou de près à notre culture ,encore moins à la culture arabo-musulmane, ces manuels sont d'un apport en tout cas indéniable pour la maîtrise de la langue et la connaissance de ses secrets, sans parler des considérations historiques et civilisationnelles qui par ailleurs très indispensables pour l'élargissement de nos horizons culturels.

C'est ainsi que pour reconstruire notre système didactique sur des bases consistantes, il est impératif de revoir la méthodologie actuellement en vigueur et d'y apporter les améliorations nécessaires, en particulier au niveau de l'apprentissage grammatical, de reconsidérer le contenu intégral des programmes, d'en faire table rase et d'en établir d'autres plus authentiques et plus riches, susceptibles de stimuler la création et d'aiguiser la réflexion des étudiants59(*).

Il est également grand temps de se pencher sur le problème des enseignants en insufflant en eux la volonté de faire plus d'effort en vue de réaliser davantage de progrès dans leurs domaines respectifs de consolider leur culture générale, d'enrichir amplement leurs connaissances en matière de la langue qu'ils enseignent. D'ailleurs sont-ils au courant de la vie intellectuelle du pays? Réagissent-ils aux manifestations culturelles périodiques? S'intéressent ils à la connaissance des progrès accomplis dans le domaine du savoir humain? Sont-ils disposés à donner de l'importance aux idées nouvelles et d'en discuter en conséquence?

Certes, de nos jours, rares sont les enseignants qui consacrent leurs loisirs à élargir leurs horizons intellectuels en se passionnant pour tout ce qui se publie dans l'univers des connaissances humaines. Ainsi l'absence de curiosité, le manque de passion pour les idées nouvelles, l'indifférence à tout ce qui se publie dans notre société, engendrent à coup sûr une rechute au niveau des connaissances, en déterminant inéluctablement la baisse de la rentabilité et de la compétence. L'indifférence,pour ne pas dire le mépris,avec lequel l'on gratifie souvent les nouvelles publications est une preuve irréfutable. Car la majorité de ce beau monde se réfugie parfois dans une espèce de ladrerie quasi étrange, lorsqu'il s'agit de l'acquisition des ouvrages d'esprit, où ils auraient pu à juste titre recueillir ce qui est nécessaire à leur métier tout en enrichissant leur bagage intellectuel, mais par malheur, on lésine, l'on se montre d'une avarice plus que bizarre quant à l'acquisition de ces instruments indispensables à notre carrière, peut être soit par absence de ressources suffisantes soit parce que le prix,à leurs yeux,en était extrêmement exorbitant.

Toutefois, il appartient à ces timoniers de l'avenir, à ces artisans du monde de demain, à ces sculpteurs d'hommes, de s'intéresser un peu plus davantage à leur formation intellectuelle, de s'y livrer sans répit, car le monde évolue sans cesse et tout est en mouvement et si l'on s'obstinait à ne pas évoluer, l'on se priverait de la joie du progrès et du bonheur de la réussite.

Comment pouvez vous alors avoir une prise de conscience réelle de l'importance de votre noble mission? Il s'agit évidemment d'être ouvert, d'être à jour et de connaître les problèmes cruciaux de l'heure, d'affermir votre volonté dans le progrès sous tous ses aspects et de ne pas se borner au culte des choses futiles, dont vous ne récolterez rien, et qui sont pour vous autant de perte de temps, de ce temps que vous devriez d'ailleurs exploiter dans ce qui est profitable.

Certes votre mission est très pénible, puisque vous avez affaire à des étudiants parfois terribles, difficiles, souvent imperméables à la culture et au savoir. Il n'appartient cependant qu'à vous de les rendre plus malléables, plus aptes à comprendre les choses de la vie et d'être à même d'assimiler ce qu'on leur inculque, pour devenir plus tard de vrais citoyens. C'est une besogne difficile certes,mais vous devez accepter tous les problèmes qu'elle soulève, problèmes que vous ne devrez pas manquer d' affronter avec courage et détermination.

Or vous ne pouvez jamais faire face à ces problèmes que lorsque vous y êtes préparé, soit par votre longue expérience dans le domaine et par votre culture soit par votre ingéniosité de vouloir s'en sortir par les moyens disponibles. Mais la majorité des collègues,au moindre petit obstacle, se laissent abattre en abandonnant tout au hasard. Cette faiblesse qui est due en effet à une démoralisation quasi totale, ne pourra que contribuer davantage au désarroi et au désespoir dont on est déjà accablé, conséquence des circonstances matérielles insurmontables.

Il convient donc de se faire une idée nette de la mission que la société vous confie et de procéder à un examen autocritique, afin de mettre en évidence les points faibles, tant au niveau de vos connaissances intellectuelles que de votre personnalité et d'y remédier, ce qui vous permettra alors de concevoir aisément une vision globale de l'importance de votre carrière.

S'attacher à élargir le champ de notre savoir, mettre en relief les lacunes que nous traînons avec nous tout au long de notre vie passée, combler ces lacunes grâce à une étude assidue et sérieuse, réaliser des progrès adéquats et ingénieusement conformes à notre aspiration, voilà en fait ce qui contribue à nous faire sortir de l'impasse où nous végétons.

Alors y aura-t-il bientôt une nouvelle renaissance du français? Une langue, comme le français, ne peut s'acquérir que par des efforts permanents, une action authentiquement concrète, issue d'une motivation profonds et réelle, sans oublier le goût psychologique qui n'en contribue pas moins à rendre cette tâche plus aisée et plus réalisable. Une formation solide des jeunes en cette discipline, nécessite en effet une planification rigoureuse des programmes, une large vulgarisation des manuels conçus selon des critères socio-économiques inhérents à notre société et non pas en référence à des réalités sociales qui n'ont aucun rapport avec le milieu de l'étudiant.

L'étude de la langue ne se borne pas, comme on a tendance à le faire jusqu'à nos jours, à l'exploitation d'un lexique figé, en oubliant délibérément de souligner les principes qui sont à la base de la structure de la langue: c'est là l'erreur fondamentale dans laquelle s'enlise l' enseignement de la grammaire, qui prend d'ailleurs sa source dans une réforme entreprise par le C. R E. D. I. F dont tous les travaux en ce sens n'ont pas par ailleurs abouti à des résultats probants.

On peut dire sans nous tromper que la grammaire fut délaissée par notre enseignement, ce qui a provoqué comme conséquence logique de cet abandon une régression lamentable au niveau des connaissances en cette langue. Les étudiants, quel que soit leur niveau, lisent mal le français; ils sont incapables de le comprendre et de s'en servir pour s'exprimer, butant constamment à des difficultés grammaticales et lexicales. La baisse du niveau est un phénomène connu parmi le public universitaire. C'est alors qu'une réforme radicale en ce domaine doit être entreprise en vue de remédier à cet état de choses, en restaurant la langue, qui est un outil usuel dans notre enseignement, ce qui assure l'élévation du niveau des connaissances et d'être à même de répondre à l'évolution du monde moderne.

Conclusion 

:Le français dans le monde

-Quelles sont les caractéristiques du FLE ?

On enseigne le français comme une langue maternelle......

On enseigne le français comme une langue seconde et on enseigne le français comme une langue étrangère....

Et entre les trois systèmes d'enseignement la différence est considérable..

Puisque naturellement chaque type d'enseignement possède son programme et ses propres méthodes et il existe dans ce cas des frontières entre les programmes..des frontières connues et qu'on ne peut pas franchir sans raison apparente

Le français,langue maternelle,s'enseigne selon des méthodes et des démarches connues par l'enseignant de la matière et auxquelles il a été préparé pendant des années pour acquérir la compétence indispensable qui lui permettra de se charger de cette mission..

Le français,langue seconde seconde,s'enseignait au moyen d'autres méthodes ,avec un autre programme dont le contenu diffère de beaucoup du progra mme du français,langue maternelle60(*)

Mais le français langue étrangère ne s'inspire ni de l'un ni de l'autre programme :il possède un statut particulier ;un programme que l'on appelle « le français fondamental 61(*)» et qui se destine uniquement aux apprenants des pays européens dont la civilisation et la culture s'apparentent plus ou moins avec évidence à la civilisation et à la culture françaises

Or les pays arabophones et parmi eux notre pays,ne sont qu'un prolongement de ce type d'enseignement :c'est une sorte d'intrusion évidente,une tentative d'appliquer le FLE, tel qu'il est ,sans réforme,sans procédures d'adaptation,aux pays arabophones...

C'est pourquoi nous avons affirmé,à maintes reprises,notre position à l'égard des manuels inscrits actuellement dans les programmes d'enseignement du FLE et nous n'avons pas manqué de nous opposer fermement au contenu souvent d'une platitude et d'une niaiserie insupportables..

Comment promouvoir l'enseignement du FLE :c'est la question cruciale !

Poser une telle question ,c'est s'arroger en fait d'un pouvoir qui ne nous appartient pas,puisque cela incombe en premier lieu à des instances universitaires d'améliorer,de renforcer le système actuellement en vigueur..

Mais ,en tout cas, cela ne nous empêche pas toutefois de contribuer pour notre part ,en tant que chercheur spécialiste en la matière,d'apporter notre pierre à l'édifice et d'essayer dans la mesure du possible de relever les lacunes ,les insuffisances et d'y remédier..

D'abord,comme nous l'avons souligné maintes fois,les programmes du FLE en Libye ou tout au moins les manuels que les collègues enseignants utilisaient dans leurs cours,ne sont pas faits pour l'apprenant libyen ,qui se caractérise en effet par une culture,une mentalité et un esprit profondément différents de ceux de l'apprenant européen..

Il importe donc de concevoir et de mettre en place des programmes conformes à l'esprit de l'étudiant libyen,des programmes qu'il pourra ,dans la phase préliminaire de son étude de la langue,,de digérer et d'assimiler en toute aisance

De plus pour parvenir à la concrétisation de cet objectif fondamental,l'étudiant libyen a besoin des pédagogues ,des didacticiens spécialistes et non pas des docteurs qui sont souvent incapables de connaître les besoins de l'étudiant et aussi ,ce qui est encore plus grave,les techniques et les méthodes de l'enseignement du FLE62(*)

Nous affirmons cela en connaissance de cause :c'est d'ailleurs la conclusion que nous avons tirée de nos multiples investigations et des nombreuses recherches faites avant de procéder à la mise au point de ce mémoire,qui reflète,non seulement la réalité crue de la didactique du FLE en Libye,mais aussi se présente comme un projet applicable en vue de l'amélioration de la situation de l'enseignement en Libye...

Chapitre huitième

Comment nous concevons la didactique du français .......

Introduction :

-Comment adapter l'enseignement du FLE à l'esprit et au niveau de l'étudiant.

Nous avons avancé plus d'une fois que l'objet principal du présent mémoire demeure toujours l'étudiant :il est le centre et le pivot de nos recherches et de nos réflexions

Ainsi pour examiner de plus près le niveau de notre étudiant ,sonder l'étendue de ses connaissances particulièrement en matière linguistique,pour mieux connaître ses dispositions et ses compétences,nous avons pris le parti d'entreprendre une visite impromptue au département de français de Sabrata63(*)

C'était la période cruciale des examens du partiel

D'abord nous avons cru nécessaire de faire deux visites simultanées à la fois au département de Sabrata et au département de Zawiya

Mais les dates des partiels ne se concordent pas ,ce qui nous a déterminé à nous suffire d'une seule visite à Sabrata

Pour juger du niveau de l'étudiant,comme toujours nous braquons nos regards sur l'étudiant de la quatrième année :c'est la dernière étape des études pour l'étudiant

Et c'est encore cette étape qui se présente comme le critère plausible pour juger du niveau de l'étudiant

Et pour cela,nous devons opter pour un seul module,le plus essentiel,et qui pèse de tout sen poids dans la balance par rapport aux autres modules,à savoir le module auquel on a dû coller la fameuse dénomination de « littérature française »

Ainsi,après de multiples contacts et des démarches à droite et à gauche,nous avons enfin pu nous procurer le sujet d'examen partiel relatif à ce module

L'enseignant est un égyptien ,venu ,d'après ce qu'on nous a dit, dans le cadre de prestation de services (mais il parait qu'il n'a jamais enseigné le français) c'est une contradiction aberrante,car les enseignants recrutés par voie de prestation devaient avoir une expérience d'au moins cinq ans accomplis de service dans l'enseignement,mais cela n'est rien par rapport à l'essentiel,nous voudrions dire sa compétence linguistique qui nous a paru complètement nulle

Ainsi , connaissant à peine le français dans ses éléments les plus simples et le parlait qu'en français du petit nègre,cet enseignant semble être une grave erreur du système de recrutement

Revenons à présent au sujet du partiel proposé par ce soi-disant enseignant pour la quatrième année

Rien ne nous interdit de reproduire in -extenso les questions et telles qu'elles sont ,puisque lui-même les a transcrites textuellement d'un vieux livre d'histoire de la littérature française dont il se servait pour faire ses prétendus cours...(des collègues libyens lui ont dit maintes fois que ce n'est pas comme ça qu'on enseigne la littérature et qu'il fallait choisir un texte long (un roman au texte très simple,une pièce de théâtre contemporain,un récit contenant des idées universelles)à proposer aux étudiants et à étudier par étapes :mais il n'a pas voulu les entendre)

Littérature française

1-Quels sont les traits caractéristiques de la littérature au 18e siècle ?

2-Quels les concepts fondamentaux de Montesquieu ?

3-Les Lettres Persanes est une oeuvre principale (Sic)de Montesquieu.Analysez

Posez de telles questions à des étudiants dont le meilleur d'entre eux n'est pas capable de produire la plus simple phrase,cela relève de la mystification,du trompe-l'oeil,c'est jeter de la poudre aux yeux ,c'est en un mot un acte d'hypocrisie pour faire croire que l'on enseigne la littérature et que tout va à merveille...!

Personnellement,nous n'arrivons pas à croire à une telle mesquinerie :l'enseignant semble être dans le ^pôle nord tandis que les étudiants dans le pôle sud et ces deux extrêmes ne se touchent jamais, puisqu'ils sont très éloignés l'un de l'autre !

Vous vous demandez comment il enseigne : eh,bien,son procédé est très simple :il reproduit un paragraphe sur le tableau,puis il invite les étudiants à l'apprendre par coeur sans que ces derniers puissent comprendre le sens du moindre mot et la question d'examen portera directement sur ce paragraphe ,ce qui fait que dans ce cas,l'étudiant n'aura de peine qu'à recopier en vrac le paragraphe supposé appris et la correction consiste tout simplement à repérer les fautes d'orthographe,comme s'il s'agissait d'une auto-dictée.. !

Voilà comment on enseigne le français à nos étudiants !

C'est là un procédé à la fois dérisoire et révoltant !

De même que pour la troisième année :c'est encore pire,car nous connaissons ces étudiants pour les avoir examinés de plus près ,c'est le groupe le plus faible que nous n'ayons jamais vu dans une carrière de plus de trente ans... !le meilleur d'entre eux n'est pas capable de conjuguer le verbe « aller » au présent

Voyons à présent les questions proposées par l'enseignant :

1-Qu'est-ce que la littérature ?

2-Quels sont les traits caractéristiques de la littérature française du 17e siècle ?

3-Parlez de la vie de Pierre Corneille et ses pièces principales « sic »

Oh !Oh !mon Dieu !Voilà qui est bien :on est à l'apogée de l'enseignement du français,il ne reste plus rien à apprendre !

Au vu de tout cela,à qui incombe la faute ?

-est-ce à la matière qui est en soi assez difficile et peu assimilable ?

-est-ce à l'enseignant qui est incapable de comprendre ses étudiants,ni à déterminer les limites de leur niveau,ni à avoir la moindre idée sur leurs besoins ?

-est-ce au système même qu'il faut incriminer avec vigueur ?

-est-ce à l'étudiant qui semble ne rien saisir de ce qu'on lui apprend ?

Alors qu'on nous permette de dire notre point de vue :tant qu'il n'y aura pas d'enseignants compétents,capables d'éclairer,d'orienter les étudiants dans la bonne voie,l'enseignement du français continuera à patauger dans des problèmes et des difficultés infinis !

Elaboration et confection des cours sur mesure (dans les 2 premières années d'apprentissage)

Il est difficile pour un enseignant incompétent d'imaginer l'égarement et le désarroi psychologique et mental de l'étudiant face à tout un panorama hétéroclite de faits historiques,culturels et civilisationnels,avec un tas de faits divers les plus étranges,contenus dans ces manuels destinés à la première année....

Si l'on demandait à cette occasion au meilleur étudiant de vous dire son impression sur ce type de programme,il vous répondrait immédiatement qu'il n'y avait rien compris...

Or il n'est question dans ces manuels que des faits divers de la vie quotidienne des français.Des images et des gravures remplissent la plus grande partie de ces manuels :des images inexploitables surtout pour un étudiant qui venait de faire ses premiers pas dans l'apprentissage du français ;...En plus de cela,des racontars ou des potins sur la vie privée des personnalités françaises ne touchant ni de près ni de loin l'étudiant libyen...

Ainsi sans vouloir trop dramatiser les lacunes ou l'absence d'intérêt de ces manuels,un bon enseignant ,intelligent et perspicace,pourra aisément les exploiter dans l'intérêt de ses étudiants :il pourra écarter tout ce qui n'est pas fait pour les étudiants rt centrer ses efforts sur ce qui peut-être utile en mettant en valeur les notions universelles et les thèmes jugés d'une importance capitale ,en particulier au niveau linguistique,que ce soit sur le plan grammatical,orthographique ou d'expression libre64(*)

Mais cet enseignant doit posséder une compétence réelle, dans le domaine de la pédagogie ;du goût dans le choix des notions à faire acquérir aux étudiants,une bonne faculté de manipulation des thèmes contenus dans les manuels,pour pouvoir mettre en relief l'essentiel et l'utile ,qu'il présentera à ses étudiants avec une démarche souple et ouverte (c'est comme si on mettait sous ses yeux un cageot plein de pommes de diverses qualités,et on l'invitait à faire son choix des meilleures pommes !)

Comment élaborer un cours destiné à la première année ?

Nous touchons maintenant à un point capital :pour élaborer un cours ,il faudrait d'abord connaître le niveau des étudiants ;classer , délimiter ,définir leurs besoins en vue de les satisfaire pleinement,sonder leurs dispositions psychologiques,leurs facultés d'acquisition ,pour pouvoir proportionner les connaissances par doses appropriées

En première et en deuxième année ,le niveau est bien connu ,puisque l'enseignant aura affaire à des étudiants encore débutants en matière d'apprentissage du français

Il est important dans ce cas de procéder par progression méthodique ,c'est l'une des conditions essentielles pour atteindre l'objectif fondamental ;avec au préalable le souci de planifier les connaissances à faire acquérir aux apprenants :un cours qui ne prévoit pas de progression dans la démarche d'apprentissage ,est un cours qui n'arrivera jamais à réaliser l'objectif escompté,à savoir permettre à l'étudiant d'acquérir autant que possible les connaissances préliminaires de la langue..

Donc élaborer un cours,revient à mettre au point tout un dispositif de connaissances par paliers ...c'est-à-dire en procédant par degrés ,par dosages réguliers et proportionnels ,tout en recourant en même temps à des méthodes par récurrence,puisque la répétition est la meilleure méthode ,à notre sens,pour inculquer à l'apprenant les connaissances programmées,car plus on lui répète du déjà acquis, plus il parvient aisément à le remémorer dans les situations adéquates

Or la répétition dans tout apprentissage est un moyen fondamental :les connaissance sont comme une recette culinaire ,on y trouve de tout pour former un bon repas susceptible de provoquer l'appétit chez celui qui a faim !

Et ce n'est que les mécanismes de la répétition qui digèrent,macèrent et diluent les connaissances diverses et isolées,pour les ériger en un système homogène :un peu de grammaire,avec un peu de vocabulaire, le tout soutenu par des règles d'orthographe,constitue en fin de compte un système65(*) que l'apprenant aura la possibilité d'exploiter avec compétence dans des circonstances déterminées...

Nous insistons là-dessus une élaboration progressive du cours ,du simple au complexe,peut faire sortir l'apprenant de l'impasse,où il se serait enlisé ,si cette progression venait à faire défaut...

D'ailleurs tout se fait par progression ,par méthode appropriée :c'est la logique fondamentale dans tout système d'enseignement !

Un cours de grammaire,comme un cours d'orthographe,ou un cours de vocabulaire,tout doit être fait par étapes et rien que par étapes pour donner sens au cours proposé et pour assurer au processus didactique son efficience et sa rigueur rationnelle....

De plus,un tel procédé,s'il était mené de façon correcte et sûre,empêcherait forcément l'apprenant de se désorienter,de s'égarer dans un ensemble de connaissance touffues et indigestes66(*).....:

-Comment stimuler l'élocution chez l'étudiant

Typologie des difficultés rencontrées par l'étudiant libyen et comment remédier à ces difficultés

Tout au cours de ce mémoire, nous avons eu l'occasion de mettre amplement l'accent sur ces difficultés,mais nous n'avons pas délimité leurs importances dans le développement de la compétence linguistique chez l'étudiant

Or des difficultés considérables subsistent au niveau de l'élocution,et en particulier la diction ,qui est en tout cas un phénomène relatif,puisque un étudiant originaire d'un pays arabe ne peut avoir l'accent d'un français ou même d'un étudiant originaire d'un pays européen ;de même qu' un français ne peut avoir le même accent qu'un allemand ou un espagnol

A ce niveau,tout est donc relatif et nul n'osera dire le contraire !

L'accent est très important dans l'apprentissage d'une langue !

Les lettres de l'alphabet français ne se prononcent pas de la même manière dans un contexte approprié comme elles sont isolées,séparées de leur contexte...

La diction naturelle et réelle d'une lettre s'effectue généralement à l'intérieur d'une chaine vocale et c'est encore ce procédé qui détermine la prononciation ,puisque isolée de son environnement contextuel ,la lettre ,en tant qu'unité minimale,n'a aucune valeur sémantique,mais dotée de caractéristiques phoniques importantes

Le phonème,le monème et même le morphème :leur pronciation adéquate se réalise dans leur contexte propre !

Et l'étudiant ,tant qu'il n'a pas été initié dès les premiers jours d'apprentissage aux caractéristiques immédiates de la prononciation correcte et parfaite des lettres de l'alphabet ,il n'arrivera jamais à acquérir la compétence de lecture nécessaire67(*) !

Nous avons déjà noté chez l' étudiant libyen une soi-disant survivance de la prononciation anglaise des voyelles /A/U/B/P/I

Des difficultés majeures subsistent encore au niveau de ces voyelles (les étudiants de la quatrième année ne sont pas encore parvenus à se défaire de la prononciation anglaise,c'est une vraie aberration que nous regrettons amèrement)

C'est à cause de cela que la plupart des étudiants en quatrième année sont encore incapables

de savoir lire correctement la moindre petite phrase 68(*)

la prononciation des consonnes dans un contexte particulier ne semble pas de prime abord poser des difficultés réelles pour l'étudiant  et ce,ce n'est que dans le contexte ,car les consonnes isolés,eux aussi,peuvent poser des difficultés à la majorité des étudiants...

Voilà en gros,des problèmes liés à la prononciation et à l'accent de façon générale..comme des problèmes liés à l'absence de capacité de savoir lire les mots et d'en ponctuer les syllabes avec précision69(*)...

Donc ,il est indispensable d'insister de façon particulière ,dès la première période d'initiation à la langue-sur l'aspect phonique des lettres

En plus des difficultés de prononciation que l'on repère aisément chez l'étudiant ,on trouve d'autres difficultés -et elles sont nombreuses- c'est la difficulté de mémoriser le sens des mots censés acquis et de savoir s'en servir au moment voulu :il parait que la mémoire de l'étudiant ou pour dire plus techniquement,ses facultés mnémotechniques sont loin de vouloir se plier aux conditions d'acquisition de la langue... :l'étudiant essaie de savoir par le moyen du dictionnaire le sens de chaque mot du contexte ;mais malheureusement,un instant plus tard ,il ne se rappelle plus rien de ce qu'il a appris...

Dès lors,on se permet de se poser la question :l'étudiant libyen peut-il évoluer linguistiquement... ?

Il est vrai que le français est une langue difficile,parce qu'elle cartésienne et logique et dont l'acquisition nécessite beaucoup d'efforts et de persévérance70(*)

L'étudiant libyen dans son état actuel bute en effet à beaucoup d'obstacles matériels,psychologiques et linguistiques :l'âge à partir duquel il commence à apprendre le français ne lui permettra jamais de parvenir à connaître même superficiellement les éléments fondamentaux de cette langue..

Nous avons déjà posé une des conditions essentielles à l'acquisition du français pour l'étudiant libyen,c'est de lui permettre d'accéder à l'apprentissage de cette langue dès l'âge réglementaire,en l'occurrence,à six ou sept ans :c'est l'âge idéal pour connaître une langue.Oui,c'est l'âge où l'on ne demande rien à l'enfant,si ce n'est d'être sérieux en classe,de travailler avec ses camarades pour l'initier à la compétition et de s'occuper de ses devoirs

C'est aussi l'âge où l'enfant dispose de beaucoup de temps et il lui est loisible dès lors d'en perdre sans que personne ne puisse lui en tenir compte..

Mais ,d'un autre côté, commencer à apprendre le français à un âge où l'on ne pense plus à ça,cela relève de l'utopie,car l'étudiant libyen,déjà âgé de vingt à vingt cinq ans ne pense plus qu'à satisfaire ses besoins matériels71(*)...

Quant à ses besoins intellectuels,il pourra s'en méfier sans qu'il soit passible de blâmes de récriminations.. !

Donc on peut induire que,jamais l'étudiant-et nous osons le dire en toute franchise-quelle que soit son intelligence et quels que soient ses dons naturels ,ne parviendra à connaître la langue que lorsqu'on l'y initiera à un âge prématuré,à partir duquel il aura la possibilité de se familiariser graduellement avec la prononciation,les éléments de l'orthographe,les mécanismes complexes de la syntaxe et acquérir une réserve de vocabulaires diversifiés appropriés qu'il saura habilement manier dans des situations éventuelles72(*)- L'oral et l'écrit :deux piliers du système de l'enseignement du FLE.

Dans le domaine du FLE,ou du FLS,ou même FLM,il y a toujours une pédagogie de l'écrit..

Cette discipline n'est pas aussi qu'on le croit :c'est une discipline qui requiert beaucoup de talent et de compétences linguistiques

L'enseignement de l'écrit se fera par étapes :on a devant nous un étudiant possédant déjà un certain bagage (vocabulaire,connaissance plus ou moins superficielle des règles de la grammaire ,capacité d'établir des liens logiques entre les phrases,et ce point seul nécessite en soi plusieurs années d'apprentissage et de pratique)

Et ce n'est pas tout,il reste encore le plus essentiel,c'est d'avoir des idées ;il est quasi difficile ,sinon impossible,pour la plupart des étudiants--nous aurions pu dire tous les étudiants-d'avoir des idées à exploiter de manière correcte dans un contexte donné...

L'enseignement de l'écrit reste donc tributaire à beaucoup de facteurs..

Nous en reparlerons tout à l'heure.

Pour le moment disons plutôt en toute franchise qu'il serait totalement absurde d'aborder la question de l'écrit sans de mûres préparations préalables.

Pour vous engager dans la phase consacrée à l'écrit proprement dit,il faudrait d'abord aplanir le terrain,mobiliser les efforts et les compétences linguistiques,possibilité de présentations des images se rapportant au thème ,ériger l'élocution sous forme d'une conversation entre les apprenants,avoir recours à des phrases très simples mais rigoureusement structurées,créer une animation où chacun des apprenants sentira qu'il est un partenaire potentiel dans la conversation ,enfin créer une ambiance propre à permettre à l'apprenant de réaliser le devoir d'écrit qu'on exigerait de lui..

L'oral servira de tremplin à l'écrit :c'est à ce point que nous voulions arriver.

La phase de l'oral est fondamental pour réaliser le travail de l'écrit...

D'abprd,pour mener à bien le cours ,il convient de songer à vous fixer un thème déterminé oun un centre d'intérêt particulier

Par exemple « un voyage pour une journée »

Seul le mot voyage éveille dans l'esprit de l'apprenant beaucoup de choses,beaucoup d'événements,d'incidents divers-mais ce qui lui manquerait ,c'est cet ensemble de moyens linguistiques que l'enseignant doit mettre à sa portée par progression et de manière successive...

Les accessoires du voyage

le nécessaire de toilette

_Une brosse à dents/une dentifrice

-un rasoir électrique ou des jetables

-une serviette éponge

-du savon/du shampoing/un gant

-se laver les dents

-au réveil/au petit matin

-se raser chaque matin

-se laver le visage

-s'essuyer/ses laver/se baigner

-se peigner /se parfumer

Les vêtements de rechange

-un pantalon avec sa ceinture/une chemise/des chaussettes

-un veston/un pull-over

-un tricot d'intérieur

-un pyjama

-avoir une grosse valise

-se déshabiller pour se couche

-se vêtir d'un pyjama

-se réveiller au petit matin

-se baigner et s'habiller

-faire une promenade en ville

-

Moyens pour voyager

-prendre le bus (les compagnons de voyage de tous les âges et de toutes les couches sociales)

-prendre le train (il n'y en a pas en Libye)

-partir en taxi /partir en voiture de location

 

Pour passer la nuit

-descendre à l'hôtel /à l'auberge/chez un particulier

-prendre son repas au restaurant de l'hôtel

-prendre son repas dans un restaurant de la ville

_

Passer la nuit à l'hôtel

A présent,comme on le voit,sans être tout à fait exhaustive,la liste contient presque la plupart des mots et expressions pour être inculqués à l'apprenant de manière parfaite (au niveau de la structure comme de la signification) en vue de lui permettre de s'engager dans la productions des phrases appropriées se rapportant aux situations virtuelles relatives au voyage proposé

Cette phase d'élocution,comme il est d'usage,doit être animé par l'enseignant avec talent et compétence,pour mettre sur la bonne voie l'apprenant qui s'en écarte ou qui bute à des difficultés de prononciation ou d'enchaînement des situations événementielles..

Ainsi une fois la phase relative à l'oral est finie,on entame la séance consacrée au travail de l'écrit.,qui est la phase finale de la leçon.

C'est en effet la phase la plus difficile ,car elle doit faire appel à plusieurs règles logiques applicables dans toute forme de travail écrit..

D'abord,apprendre à l'apprendre comment établir,en fonction des moyens linguistiques acquis durant la phase d'exploitation orale,un plan pour pouvoir bâtir un texte logique et compréhensible :...Et tout plan doit comporter généralement trois parties principales,à savoir ::l'introduction où il suggère l'idée centrale du sujet qu'il se propose de développer

Puis ce qu'on appelle communément le corps du sujet ou le développement global de l'idée et il doit terminer le tout par une conclusion où cours de laquelle il rappelle ce qu'il a dit précédemment..

Or pour l'introduction,l'apprenant fait son choix de ce qui est valable des moyens linguistiques déjà utilisés au cours de la phase orale et les insère de façon méthodique dans cette introduction..

Puis en deuxième temps, il doit se souvenir de toute une panoplie de mots et d'expressions ,se rapportant directement au développement du sujet proposé :cela nécessite en réalité le recours à une mobilisation massive des moyens d'expressions disponibles déjà acquis au cours de la phase orale et pour la conclusion,l'apprenant doit être capable de récapituler en peu de mots tout ce qu'il a écrit dans le développement...

Il va sans dire que l'apprenant,malgré son âge relativement avancé,ne possède pas d'idées :les facultés de son imagination sont stériles et ne produisent rien et pour lui permettre d'avoir des idées et les moyens linguistiques essentiels pour les développer dans un contexte donné,il faut commencer la production écrite par la production orale73(*)..

Or si nous avons tenu à souligner ce point significatif,à savoir :le statut de l'oral et le statut de l'écrit dans le cadre du FLE,c'est que, au cours de nos multiples visites dans les départements de français nous avons remarqué non sans étonnement que les emplois de temps (établis pour toutes les années) assignent le module de l'oral à un enseignant et le module de l'écrit à un autre enseignant ..

Ce qui fait que chaque module est confié à un enseignant différent ,alors que la logique nous dicte d'attribuer les deux modules au même enseignant ,pour que l'oral et l'écrit soient sur la même ligne ,puisque l'un est tributaire de l'autre.. :comme deux vases communicants..

Dès lors,séparer les deux modules,c'est commettre une grave erreur pédagogique :car l'un ne peut avoir sa raison d'être sans l'autre et l'un succède à l'autre,dans une démarche rigoureusement établie et érigée en principe :l'oral prépare l'écrit et l'écrit est le corollaire de l'oral.

De plus,adopter une telle initiative,c'est s'assurer à son enseignement de l'oral et de l'écrit un succès indubitable.../

CONCLUSION Générale 

:Quel avenir pour l'enseignement du FLE. ... ?

Comment l'enseignement du FLE peut-il être en période de transition ?

Enseigner le FLE,c'est enseigner les rudiments de la langue,c'est-à-dire le langage familier,le langage le plus simple possible, ou pour mieux dire le catéchisme du français..

Ce qui veut dire que le français,à ce stade-là,n'est pas du tout le français qu'on lit dans la Presse ou le français qu'on lit dans les grands textes littéraires :c'est pour dire autrement ,le FLE est tout simplement le français rudimentaire

Or le FLE n'est qu'une petite étape dans l'enseignement de la langue de Molière,de Voltaire et de Victor Hugo

Une étape nécessaire et indispensable d'ailleurs dans le long parcours qui reste à accomplir pour arriver enfin à la consécration de l'enseignement du français en profondeur..

Dans tous les pays européens non-francophones,l'on enseigne le FLE,non pas au niveau universitaire,mais on l'enseigne dans le cadre de l'analphabétisme,ou encore pour des objectifs d'initiation au français familier dans un but de communication verbale

Donc le FLE ne peut dépasser le cadre des limites de la pragmatique où le français ne peut être valide que dans sa dimension pratique,en l'occurrence, l'échange verbal

C'est probablement dans ce contexte que l'on doit enseigner le FLE en vue de se préparer à l'étape suivante qui consacre le véritable enseignement du français...

Quelles conditions doit-on remplir pour instaurer l'enseignement d'une langue ,que ce soit le français ou l'anglais.. ?

Ouvrir un département de français dans une institution universitaire,cela ne veut pas dire que tout est fini et que le département peut fonctionner dans des conditions normales ..

Loin de là, c'est un jugement erroné,ce sont en fait des considérations qui n'ont aucun fondement réel,,puisque avant de procéder à l'ouverture d'un département,on doit songer d'abord à s'assurer que l'on disposait d'un cadre pédagogique valable et suffisant ;s'assurer que des programmes sont rigoureusement établis à cet effet et peuvent désormais être mis à la disposition des enseignants ;s'assurer que des manuels se référant étroitement aux contenus des programmes et répondant parfaitement aux besoins des étudiants ;donner à ces derniers une préparation préliminaire en vue de les sensibiliser à l'apprentissage de la nouvelle langue ;former des enseignants capables de mener la mission à bonne fin

Si l'on ne remplit pas ces conditions préalables,ouvrir un département ne sera qu'un jeu d'enfant,c'est-à-dire une décision sans lendemain et qui ne portera pas le fruit escompté....

Surtout le cadre enseignant compétent et valable,c'est sur lui que l'on bâtira le département,c'est de lui seul que l'on doit attendre les résultats de cet enseignement,car lui seul sera responsable de la réussite ou de l'échec du fonctionnement du département...

Tant qu'on ne disposera pas de cadre enseignant ,nanti d'une expérience pédagogique suffisante ,rien ne réussira :beaucoup de difficultés s'accumulent et beaucoup de problèmes surgissent pour entraver la marche du département et la victime dans tout cela,c'est «évidemment l'étudiant....

Alors comment préparer l'étudiant à l'apprentissage du français et lui faciliter l'accès à cette langue ?

Il n'est pas besoin d'aller trop loin pour chercher une réponse à cette question :le problème réside en tout et pour tout dans le fait d'initier l'étudiant à l'apprentissage de cette langue à un âge normal,c'est-à-dire entre 6 et 7 ans ou à plus forte raison à l'âge de 12 ans (c'est l'âge où il accède à l'enseignement moyen ou secondaire)..

Dès lors,grâce à ces mesures salutaires,on pourra aisément épargner au l'étudiant les difficultés et les problèmes dans lesquels il se serait inévitablement enlisé,si on commençait à lui apprendre cette langue à un âge avancé..

Donc le problème est là,clair et évident et la solution à ce problème est à la portée de la main,sans qu'on soit obligé de la chercher ailleurs !

Les étudiants actuellement diplômés de nos départements de français ne sont aptes ni pour être des cadres,ni pour enseigner,ni non plus pour poursuivre leurs études :ils ne servent à rien d'autres qu'à être des employés de bureau au même titre que ceux qui n'avaient jamais fait d'études universitaires. !/

* 1-Heine est un poéte allemand aussi important qu'un Goete ou un Schiller il &tait né en 1797 et mort vers 1856

* 2La plupart ayant obtenu un "Master"en sciences Humaines (Psychologie,Géographie,Histoire ou même Arabe

* 3Tous ceux qui désiraient partir à l'étranger sous prétexte de faire des études n'ont eu qu'un seul et unique objectif :c'est obtenir une bourse et devenir riche :c'est la réalité crue et évidente.-

* 4-On peut consulter à cet égard le remarquable ouvrage de J.Marc Defays "le français langue étrangère et seconde:enseignement et apprentissage "288 p.Mardaga/Sprimont/Belgique .L'auteur y décrit la didactique des langues en référence à la linguistique,la psychopédagogie et l'approche culturelle,tout en rendant compte de l'importance de la communication,l'interculturel et l'apprentissage.../

* 5-Il convient de signaler à ce sujet le colloque organisé par l'ACEDLE qui portait comme titre "la didactique des langues dans l'espace francophone':unité et diversité"Ce colloque avait eu lieu à Grenoble le 5-6 Les actes de ce colloque furent publiés sous la direction de L.Dabène,D.Coste.D.Bailly Octobre 2000// 232p.

* 6-Dans tous les cas,ce que nous allons dire,ce n'est qu'un point de vue personnel,mais fondé sur l'expérience et la vérité...

* 7-Voir à ce sujet le livre "la langue des apprentissages:premiers pas dans le français à l'école/" de J.P.Collégia &D.Leroy CNDP/Paris 2004 (les cahiers de Ville Ecole Intégration) pp 40--66

* 8-Ce qui est paradoxal,c'est qu'il y a des étudiants même en 4e année (année couronnant une période de 4 ans d'étude de français)n'arrivaient pas encore à prononcer correctement les lettres de l'alphabet français...

* 9-Il s'agissait de Verdelhan B.Michèle .dans son fameux livre "le français de scolarisation:pour une didactique réaliste" pp120. Puf .Paris 2002.

* 10-C'était un cours de littérature de littérature française..Le texte était celui de Montesquieu..un extrait de bl'Esprit des Lois"

* 11-Verdelhan B.Michèle in "le français de scolarisation:pour une didactique réaliste" Puf /Paris 2002 p.120

* 12-Il y a eu toujours beaucoup d'absences parmi les étudiants francisants :les motifs sont clairs et les remèdes sont à portée de la main/Nous en reparlerons en détails dans les chapitres suivants.

* 13-Tous les ouvrages didactiques que nous avons épluchés n'ont jamais fait état de l'étudiant et de son rôle dans le contexte socio-culturel:on traitait l'étudiant tout simplement comme un réceptacle passif d'un certain savoir et rien de plus.N'est-ce pas que c'est étrange?

* 14-Ce que nous avançons là,nous ne le disons pas gratuitement,nous le disons par expérience et tout enseignant,peut le confirmer.....

* 15-Il est vrai toutefois que ce ne sont pas tous les étudiants qui campent ce rôle négatif et qu'il y a parmi eux de très bons éléments et que les cas que nous avons décrits sont des cas exceptionnels,mais qui ne s'adaptent pas moins à la majorité de nos étudiants....!

* 16-Voir à ce sujet l'excellent livre de Knoerr H. et Weinberg A. intitulé "La leçon zéro ou comment enseigner à apprendre" Revue de l'Acla 1997. pp 60 et suivantes.

* 17-C'est en connaissance de cause que nous affirmons cela:tout étudiant dont l'équilibre intellectuel est sain ,cela est dû en premier lieu à la stabilité du foyer familial:la plupart des psychologues sont d'accord sur cette conception.

* 18+Le milieu social est un milieu difficile et complexe:c'est un milieu qui peut transformer le mal en bien et le bien en mal,et où l'étudiant,en dépit de son niveau intellectuel,ne peut plus résister à la tentation et se laisse conduire selon les lois de ce milieu....

* 19-Il va sans dire que l'étudiant passe plus de temps dans le milieu social que dans le milieu familial ou universitaire:de nombreux sociologues du temps moderne ont souligné ce point dans leurs ouvrages.

* 20-Il convient de noter ici que,avant de commencer à écrire ce mémoire,nous avons fait des visites dans la plupart des facultés et nous avons recueilli sur le terrain beaucoup d'informations sur l'étudiant,qui nous ont permis de déduire que ce dernier,dans l'état actuel des choses,vivait dans la nécessité...Absence d'infrastructures pour son encadrement en dehors des cours;pas de restaurants universitaires;pas de bourses...C'est pénible de le dire,mais c'est la vérité.

* 21 La langue italienne n'était connue à cette époque que par ceux qui occupaient des postes dans l'Administration italienne ou bien ceux qui s'étaient ralliés au colonialisme et ils étaient peu nombreux ,probablement par obligations professionnelles ou même pour affairisme,souvent louche et peu scrupuleux.

* 22 Consulter à ce sujet l'article intéressant de Roger Godard intitulé « les simulations globales :le village « Dialogue et Culture n°45 2003

* 23 C'est un point essentiel :nous ne manquerons pas de la traiter à fond dans les chapitres suivants.

* 24 -Plusieurs départements ( environ 9 départements)se partageaient pas plus d'une vingtaine de salles et il y a eu parfois des conflits,des frictions entre ces départements à cause des salles...

* 25 -Ce magazine de réputation internationale a été pour nous une source intarissable d'informations et de renseignements divers qui nous ont permis d'élaborer la plus grande partie de ce mémoire :les articles intéressants qui y sont contenus sont porteurs d'une vision pédagogique fondamentale.

* 26 Nous ne devons pas omettre de rappeler que nous aurons l'occasion de parler en général du corps enseignant libyen ,à l'égard duquel nous nous montrerons plus juste et plus équitable..

* 27 Depuis quelque temps nous avions assisté à un fait étrange :Le portail de la faculté des lettres de Sabrata se trouvait constamment saturé par l'encombrement des voitures et le va-et-vient des piétons.Or la Direction de la Faculté avait pris des mesures pour ouvrir une petite porte réservée aux étudiants du côté nord de la faculté.Quelques habitants du quartier du côté où fut ouverte cette porte se sont coalisés pour demander la fermeture de cette porte et la direction a obéi à leurs exigences

* 28 Voir à ce sujet l'ouvrage de Freud pp.123 et suivantes « l'enseignement de la Psychanalyse dans les Universités » c'est une ancienne édition qui remonte à 1919 ,aujourd'hui épuisée On ne sait pas toutefois s'il y a eu d'autres éditions en Europe depuis cette date.

* 29 Ce n'est pas du dogmatisme de notre part,mais c'est par expérience qu nous affirmons cela,en raison de notre longue carrière dans le domaine...

* 30 La plupart des enseignants étrangers,pour ne pas dire tous,étaient des arabophones qui ne possédaient pas le bagage linguistique et culturel suffisant pour être des enseignants du français

* 31 -Leur nombre se comptait sur les doigts de la main :à peine une dizaine d'enseignants qualifiés ,d'après nos investigations personnelles,puisqu'on n'a pas pu avoir une statistique officielle à ce sujet...

* 32 Pour pouvoir assurer un enseignement adéquat du LFE,il importe de soumettre les enseignants actuels à un recyclage ou un séminaire organisé sous l'égide des formateurs spécialistes français... !

* 33 -Nous aurons l'occasion de leur rendre un vibrant hommage dans les chapitres suivants :nous leur exprimerons notre reconnaissance et notre gratitude,d'avoir accompli des efforts parfois surhumains,en dépit des conditions de travail souvent pénibles,pour ne pas faillir à leur devoir ;

* 34 Du moins c'est notre propre sentiment ;c'est la leçon que nous avons pu tirer de notre expérience personnelle,suite à des contacts perpétuels avec cette langue.Peut-être d'autres personnes refuseront-elles carrément une telle affirmation,c'est leur droit.Mais pour nous,nous disons que nous avons bien pesé nos propos en avançant une telle conclusion.

* 35 Nous avons déjà cerné ces obstacles dans les pages précédentes .Nous avons essayé d'en analyser les causes mais cela ne nous empêche pas pourtant de dire qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce contexte/

Nous rappelons que la Suisse s'est intéressée aussi à l'enseignement du français pour les apprenants non-francophones venus des différents points du globe .Nous avons consulté à ce sujet une publication intitulée « Promotion de la réussite scolaire et de l'égalité des chances en éducation.Assurer la qualité dans des classes et des écoles hétérogènes sur les plans linguistique social et culturel » CDIP/Berne 2001 67 p. C'est une brochure qui a le mérite d'avoir mis l'accent de façon objective sur les difficultés -et elles sont multiples -que rencontre l'apprenant non-francophone dans son apprentissage du français.

* 36 -Nous précisons que notre enquête avait porté sur une fraction d'étudiants :l'interrogation s'est déroulée en présence de tous les diplômés :on a commencé par un petit entretien sur un sujet très usuel,relatif à la vie quotidienne,de petites questions de langue et d'orthographe :à l'issue de cette interrogation ,les résultats n'étaient pas seulement très décevants,mais déplorables. !

* 37 Il existe une étude excellente traitant de la question de la contradiction entre le système éducatif et les résultats.

Cette étude ou plutôt cet ensemble d'études,puisqu'elle était le travail collectif de quelques experts en la matière,avait pour titre « le français langue seconde :apprentissage et curriculum » publiée sous la direction de Pierre Martinez Maisonneuve et Larose/Paris 2002 161 p ;

* 38 L'ouvrage de Michel -Patrick de Miras intitulé « La classe d'initiation au français pour enfants non-francophones (CLIN )» L'Harmattan/Paris 2202 178 p. avait remarquablement défini les structures qui permettront la mise en place d'un enseignement réel du FLE,surtout dans la seconde partie où l'on assistait à la conception du projet,son développement progressif,l'élaboration rationnelle des objectifs,et la réalisation .. !

* 39 -l'exemple le plus frappant et qui illustre nos propos,c'est le département de français de la Faculté de Zouara,qui fut fermé à la suite d'une décision hâtive,sous prétexte qu'il n'y a pas eu d'enseignants ou que les étudiants qui s'inscrivaient dans la discipline de français se faisaient rares.....

* 40 Un grave paradoxe :c'est que,dans la plupart des facultés,plus le département d'anglais s'agrandit ,s'élargit et se développe,avec un nombre d'étudiants important ,plus le département de français s'affaiblit en perdant tout prestige,et le nombre d'étudiants s'amenuisaient au fur et à mesure....

* 41 La révolution chinoise ,conduite par Mao-tsétoung,pour préserver la race chinoise contre toute contamination occidentale et au nom du nationalisme chinois, ,n'avait rien de trouver de mieux de mettre au feu les monuments de l'Esprit Humain

* 42 -Il aurait été possible à l'étudiant d'exploiter ses connaissances en informatique pour apprendre le français :voir à ce sujet le livre de J.Crinon et C.Gautellier intitulé « apprendre avec le multimédia et IUnternet » 2001 Retz/Paris 220 p ou encore ce fascicule sous forme de fiches usuelles :Activités de français sur internet » Paris/Clé International :deux livres d'excellente qualité pour l'apprentissage du français .

* 43 Une approche synthétique que nous avons jugée très intéressante dans ce contexte est en effet le n°133 de la revue « Etudes de linguistique appliquée »mars 2004 ayant pour titre :français langue étrangère !un enjeu politique social culturel et éthique » C'est un article fondateur . !

* 44 -en vérité cette assertion n'est pas gratuite ;elle est fondée sur une analyse suggestive faite par B.Madelin,M.Britten et Ch.Deprez au cours de leur rencontre publiée sous le titre « Les langues dans la Ville »

In Profession Banlieue, 2003 , 130 p  Les faits apportés dans cette publication permettent de conclure que le français,en tant que langue évolutive,trouvera sa voie dans la société ,même à vocation conservatrice.

* 45 Se reporter à l'enquête faite sous l'égide DIFPIEL/Lycée Louis Querbes,2004,enregistrée dans un CD intitulée « s'enrichir de la différence pour mieux vivre »Cet outil est indispensable' pour partir d'un consensus authentique en vue d'asseoir une nouvelle culture dans la masse popula&ire..

* 46 Sur cette question,se référer à l'article collectif de G.Zarate,Ch Puren,et D.Boissat intitulé l'interculturel :dossier » publié dans Les langues Modernes ,2002,N°3 p14-60

On pourra également consulter avec fruit l'ouvrage M.Verhoeven une pédagogue belge spécialisée dans les questions culturelles .Son ouvrage est intitulé « Ecole et diversité culturelle :regards croisés sur l'expérience des jeunes.. » Académie de Louvain/Belgique 2002,109 p.

* 47 Voir dans ce contexte la brochure Migrations Etudes 2001 où l'on trouve un article intéressant écrit par Claudine Tusoni intitulé « les jeunes primo-arrivants âgés de quinze ans et plus.. »Cet article est axé particulièrement sur les obstacles rencontrés par les apprenants dans leur apprentissage du français.

* 48 La question fut l'objet d'une analyse exhaustive dans un rapport écrit collectivement par B.Py,M.Matthey,et L. Gajo ce rapport portait comme titre « L »école les copains la famille :les apprentissages linguistiques des enfants..... »Aarau/Suisse 1997..20 p.

* 49 Nous avons cru nécessaire de répéter cette proposition qui devient pour nous une obsession tenace difficile de s'en défaire... !

Nous aurons encore l'occasion d'en parler avec plus de détails dans l'espoir de parvenir à convaincre les autorités de cette nécessité absolue et c'est d'ailleurs un des objectifs de ce mémoire.. !

* 50 Voir dans ce contexte l'ouvrage de M.Ahmed qui a pour titre « langues et identité :les jeunes magrébins de l'immigration » SIDES,2003,210 p. c'est un livre qui traite de manière parfaite la question des besoins des apprenants du français en tenant compte des conditions sociales et psychosociales de ces apprenants.... !

* 51 Pour pouvoir mettre au point un programme réaliste,comme nous l'espérons,il convient de se reporter au contenu diversifié des interventions du Colloque qui avait eu lieu à Poitiers en janvier 2000 les actes de ce colloque furent réunis et publiés par M.Marquillo Larruy sous le titre « questions d'épistémologie en didactique du français »Université de Poitiers 2001

* 52 Consulter à ce sujet le mémoire de recherche intitulé utiliser internet dans les activités pédagogiques en classe de FLE de B.de CrèveCoeur Universit& Paris 3 Sorbonne nouvelle voir aussi la revue Médialog n°37 en particulier l'article ayant pour titre Vers l'espace langues multimédia publiée par A.Cazade et A.Mounory (2000)

* 53 -l'ouvrage de M.Barbot et C.Camarri Autonomie et apprentissage ,l'innovation dans la formation ,Paris,Puf 1999,trace les stratégies de ce renouvellement

* 54 Voir à ce sujet l'ouvrage conçu sous forme de fichiers de D.Collin,M.Delforge,intitulé « d'une langue à l'autre :fichiers d'activités de français » Labor/Bruxelles/Belgique 1996 59p on peut consulter dans le même contexte le livre JM.Care et F.Debyser « Simulations Globales » CIEP/Sevres/France 1995 c'est un ouvrage très riche et s'appuie essentiellement sur l'expression orale,suivant une méthodologie appropriée...

* 55 Un des meilleurs livres qui traitaient de la question reste pour nous celui de A.Braun et G.Forges intitulé « écrire en français au primaire » De Boeck Université/Bruxelles/Belgique 1997 129 p

* 56 Consulter dans ce contexte l'article de valeur de H.Knoerr et A.Wieinberg ayant pour titre « la leçon zéro ou comment enseigner à apprendre » Revue de L'ACLA 1997 n°2

* 57 Se référer à l'ouvrage de C.Marcus intitulé « Français langue seconde :lectures pour les collèges » CRDP/Grenoble/France Delagrave/Paris,1999,227 p. Enseignement de la langue et dialogue entre les cultures :c'est le fruit des résultats des expériences faites par des enseignants avisés.

* 58 Un des meilleurs articles qui traitent du problème de l'interférence linguistique ,c'est celui BIER Bernard ayant pour titre suggestif « pratiques langagières urbaines :enjeux identitaires enjeux cognitifs » Vei Enjeux,Septembre 2002, n°130

* 59

* 60 Voir à cet effet l'article de Davin-Chnane intitulé « le français langue seconde en France langue de scolarisation et d'intégration » in Dialogues et Cultures 2003,N°48 p.89-95 C'est un bon article qui met l'accent sur la démarcation existant entres les différentes composantes linguistiques .A lire avec fruit.

* 61 Se reporter au « dictionnaire pratique de didactique du FLE » de J.P.Robert Qphrys/Paris 2002 176 p c'est un des meilleurs livres qui traitent de la problématique avec perspicacité et beaucoup d'intelligence.

* 62 Nous devons rappeler ici que les enseignants du FLE en Europe ne sont pas des Docteurs Es-Lettres,mais ils sont des spécialistes dans le domaine de l'enseignement du FLE.Même,celui qui nous a dispensés des cours du FLE,lors de notre séjour en France ,il y plusieurs années de cela,n'était pas Docteur,mais spécialiste dans son domaine,ce qui nous a permis d'appréhender aisément les mécanismes de la langue.

* 63 Nous tenons à préciser que nos visites ne se sont pas limitées seulement au département de français de Sabrata :nous avons visité également celui de Zawiya ,comme celui de AL-Fateh ,sans avoir oublié celui de Garyounes...De nombreuses visites ont été entreprises dans ces départements et les renseignements que nous avons recueillis sur le terrain nous ont permis d'être plus objectif dans la réalisation de ce mémoire...

* 64 Voir dans ce contexte l'excellent manuel de Francis YAICHE « photos-Expressions » Hachette /FLE/Vanves/France ,2002,128 p. C'est le seul manuel susceptible,à notre sens, d'être exploité en classe !

* 65 F.Debyser dans son fameux livre « L'immeuble » Hachette FLE/Vanves/France 1996 95p. avait conçu un projet similaire capable de mobiliser les diverses connaissances linguistiques en vue de construire une représentation globale issue de la réalité....

* 66 On peut recueillir à bon escient des instructions et des conseils pédagogiques sur ce point dans l'ouvrage de G.Vigner intitulé « Enseigner le français comme langue seconde » Clé Internationl/Paris,2001,128 p. en particulier dans la seconde partie de l'ouvrage.

* 67 Le plus étrange -et nous l'avons constaté nous-mêmes dans le cadre notre recherche-l'étudiant ,s'il arrive en quelque sorte à déchiffrer une petite phrase dans sa globalité linéaire,il est incapable,en revanche,de lire les lettres isolées de leur contexte :il les prononce comme si elles appartenaient à l'alphabet anglais.Pourquoi ?Parce que,dans le Secondaire,les cours d'anglais commençaient d'abord par initier l'étudiant aux lettres de l'alphabet ,qu'il apprenait par coeur et cet état de choses s'est transposé dans le cours de français...parce qu'on lui avait pas dit qu'il y a beaucoup de différence entre la prononciation de l'alphabet français et l'alphabet anglais.. !

* 68 Dernièrement,en passant par hasard dans les couloirs de la Faculté de Lettres de Sabrata,nous avons rencontré une étudiante portant un gros bouquin :ce qui a attiré notre attention,c'était le titre « Histoire de la Littérature Française au 19e siècle. » Par curiosité,nous lui avons demandé en français ce qu'elle allait faire avec ce livre ;elle ne nous a pas compris ;aussitôt ,nous lui avons posé la même question en arabe ;elle nous a répondu que c'était pour faire son projet de recherche proposé par son professeur de littérature :dès cet instant,nous lui avons demandé de nous lire le titre :elle a essayé,mais elle n'y est pas parvenu :.immédiatement ,nous lui avons demandé de nous lire le nom de l'auteur :c'était le mutisme total !

* 69 Un livre d'excellente qualité intitulé « cinéma et chanson :pour enseigner le français autrement.. »CRDP/Toulouse/France 1999,217 p permettra ,grâce à la compétence de l'enseignant,de faire sortir l'étudiant de cette impasse.

* 70 Nous avons été témoin d'un cas réel-parmi des milliers d'autres-imaginez un enseignant libyen ayant passé plus de trente cinq ans -apprenant et pratiquant le français-pour vous dire au bout du compte en toute franchise qu'il est encore au stade des rudiments de cette langue !

* 71 -personnellement,en ma qualité de chercheur libyen,et ancien étudiant dans les mêmes conditions,nous déclarons franchement que nous avons eu de la chance d'avoir commencé à connaître le français à l'âge de 9 ou 10 ans,grâce à notre belle-soeur,d'origine tunisienne,qui avait la bonté de nous initier pas à pas à la connaissance de cette langue,qu'elle nous avait fait aimer d'une manière exclusive... !

* 72 -un outil pédagogique indispensable ,c'est le livre de Michèle Verdelhan-Bourgade intitulé « le français de scolarisation :pour une didactique réaliste »PUF/Paris 2002,257 p.

* 73 Nous n'affirmons pas cela à la légère,mais par expérience :Voir dans ce sens le livre de M.MOH. « la didactique de la production écrite en français langue seconde » Didier Erudition/Pari 1908 167 p.






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