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Analyse des donnees d'intensification de la sylviculture pour la reconstitution des parcelles de teck (tectona grandis l. f. verbenaceae) apres coupe rase : cas des forêts classees de Seguie et de Mopri

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par Doyoumon Siaka OUATTARA
Institut National Polytechnique Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro - Diplôme d Agronomie Approfondie (DAA) option Eaux et Forêts 2009
  

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3.2. DISCUSSION

Les résultats obtenus après l'analyse du nombre total de rejets par comptage sont relatifs à l'évolution des sujets ainsi qu'à leur qualité d'ancrage. Du comptage 1 au comptage 2, les rejets sont encore petits, donc moins sensibles au vent et à la compétition sur la souche. Au comptage 3, avec la compétition sur la souche, certains rejets, moins lignifiés vont subir la pression des autres, ce qui influencera parfois la qualité de l'ancrage (Figure 9).

Rejet issu d'un bon ancrage

Rejets issus d'un mauvais ancrage

Figure 9 : Souche à 5 cm de coupe portant des sujets suivant la qualité d'ancrage des rejets

Ainsi, avec l'action du vent, les rejets qui ne disposent pas d'un bon ancrage tomberont plus facilement pour laisser ceux qui le sont (Figure 10).

Zone d'ancrage précédente

Rejet tombé

Figure 10 : Rejet tombé suite à un mauvais ancrage sur une souche à 15 cm de niveau de coupe

Cette assertion est partagée par AMONKOU (1998) qui, dans le cadre de ses travaux a montré qu'en marge de l'action du vent et des termites, certains rejets à port arbustif moins rigide, sont tordus ou arqués à la suite des contraintes mécaniques exercées par les tiges voisines les plus lignifiées.

A 5 cm et 10 cm de niveau de coupe, les souches donnent plus de rejets, d'où les moyennes respectives de 7 et 6 rejets par souche. L'observation du nombre élevé de souches sans rejets au comptage 3 est liée à un phénomène extérieur (destruction de souche). Les souches de 5 cm et 10 cm de niveau de coupe présentent pour la plupart des rejets qui partent facilement du collet et sont généralement bien ancrés dans le sol. Selon AKE (2005), pour garantir un bon ancrage des rejets de Teck, il faut couper l'arbre à une hauteur d'au plus 10 cm au-dessus du sol. Cet avis est partagé par SORO (2007), qui à travers une étude à Korhogo sur la régénération de Acacia auriculiformis A. Cunn. Ex Benth. (Mimosaceae) à partir des souches, a montré que la capacité de régénération du peuplement, après un recépage, était fonction de la hauteur de coupe.

Toutes les souches n'ont pas la même capacité de donner des rejets après l'abattage, certaines souches peuvent développer de part et d'autre (collet, milieu et dessus de la souche) plusieurs rejets (Figure 11).

Figure 11 : Souche à 5 cm de coupe portant 15 rejets

Zones de bourgeonnement

Figure 12 : Souche vivante à 15 cm de coupe avec trois (3) zones de bourgeonnement

Ainsi, les souches les plus actives vont rejeter plus vite et les autres tardivement car elles disposent encore de zones de bourgeonnement (Figure 12).

Ces souches, pourraient donner des rejets aux prochains comptages. Les souches mortes, en faible densité, proviennent généralement d'un dépérissement préalable de l'arbre sur pied qui s'est accru après la coupe. Ce cas n'est pas forcément lié à la hauteur de coupe, il est présent dans presque toutes les hauteurs de coupe.

Dans l'ensemble, les différences observées entre circonférences, surfaces terrières au niveau du type de plant et de la campagne d'inventaire s'expliquent par une différence de croissance entre les rejets de souche et les semis naturels malgré la forte proportion de ces derniers. Les rejets présentent les meilleurs paramètres dendrométriques sur le site de Séguié, car, ils profitent encore du système racinaire des souches qui explorent de grands horizons dans le sol relativement aux semis naturels. Cette observation est partagée par AMONKOU (1998) qui confirme que durant les premiers mois après la coupe, les rejets de souches de Teck sont de loin, plus dynamiques sur le plan de la croissance que les tiges issues de pépinières. Quant au traitement, les écarts initiaux qui existaient entre les placettes de chaque sous-essai depuis leur mise en place, n'ont pas encore été modifiés, surtout que les deux (2) campagnes d'inventaire ne sont espacées que de six (6) mois. C'est la raison pour laquelle des différences ont été relevées au niveau de la conduite de densité. Quant au sous-essai de sélection des rejets, l'effet traitement n'est pas encore perceptible. En effet, il semblerait qu'il existe en fonction des espèces un âge minimum au-delà duquel la densité peut influencer la croissance du peuplement. Selon MASSON (2000), l'effet de densité, dans un peuplement régulier de pin sylvestre (Pinus sylvestris) sur l'accroissement en hauteur et en diamètre, n'apparaît qu'à partir de trois ans. Cet avis est partagé par VILA et al. (2001) qui, en étudiant des peuplements réguliers de Pin sylvestre en régénération, ont distingué également un seuil d'âge minimal en dessous duquel ils n'ont observé aucune (ou très peu de) différence entre l'accroissement en hauteur des arbres.

Les accroissements moyens de circonférence obtenus en CRM nous indiquent que le peuplement est encore dans sa phase évolutive. En effet, la densité joue un rôle sur la croissance des plantes, en agissant sur la compétition entre les arbres d'un même peuplement. Selon Voui Bi (2008), lorsque les arbres poussent en peuplement, une compétition s'engage entre ceux-ci pour l'accès aux ressources nécessaires à leur croissance (lumière, eau et substances nutritives). Par conséquent, la croissance du houppier et du tronc pour l'accès à la lumière et celle des racines pour l'accès aux substances nutritives est contrôlée par cette densité du peuplement (ZOBEL et VAN, 1989). Cette assertion est également partagée par ALTEYRA (2005) qui, dans ses travaux a montré que le houppier est le moteur de croissance de l'arbre et que tous les traitements qui tendraient à modifier sa taille auraient donc pour conséquence de modifier la croissance et la qualité du bois. Dans une plantation de Teck âgée de cinq (5) ans sur une station d'indice de productivité (Ip = 7) la norme de la surface terrière est de 15 m²/ha (CTFT, 1989), ce qui n'est pas le cas dans toutes les placettes en CRM.

Il faut noter que cette évolution n'ait été influencée par aucun phénomène, car Voui Bi (2008) dans son étude a relevé une surface terrière d'environ 11,65 m²/ha sur un peuplement (1000 tiges par hectare) âgé de 5 ans à la FC de Téné. Toutefois, cet accroissement n'est pas suffisant pour induire une intervention sylvicole.

La densité n'a pas eu d'effets sur la vie des plants, d'où l'observation d'un bon état sanitaire des plants de Teck. On a noté un bon état sanitaire dans toutes les placettes quel que soit l'essai, de même que la densité mise en place. Les résultats obtenus sont semblables à ceux de Voui dans son étude menée en 2008 sur un peuplement de Teck dans la forêt classée de Téné. Il a constaté que les proportions d'arbres sains variaient entre 82,33 % et 93,21 %. DUPUY et al, avaient déjà observé en 1999, la bonne santé du Teck ivoirien en affirmant que « l'état de santé du Teck en provenance de la Côte d'Ivoire est satisfaisant puisqu'il y a 85 % de survivants, parmi lesquels on note la présence de 90 % d'arbres sains ». Cependant, cette assertion reste peu valable aujourd'hui avec la présence de certaines souches ne portant pas de rejets. Cela serait dû à la mortalité de ces souches suite à un dépérissement provoqué par un champignon, Fomes lignosus découvert pour la première fois en 1972 par le CTFT (1989). AKE (2005), affirme dans son étude que l'ampleur du champignon Fomes lignosus a été constatée en 2002 sur le site de Séguié.

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