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Les comportements des élèves du lycée technique de Ouagadougou face au dépistage VIH volontaire

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par Pascal Louis Germain COMPAORE
Université de Ouagadougou - Maà®trise de sociologie 2006
  

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III-2-2- La faible connaissance des procédures de la prise en charge associative

. Quant aux mécanismes associatifs, ils dépendent de la nature même de

l'association. Ainsi, les associations, qui ont principalement pour activité la prise en charge psychosociale, jouent le rôle d'informateur en regroupant et en référant les membres séropositifs et malades répertoriés aux structures de prise en charge médicale dites les «files actives » ; elles se contentent donc de l'éducation thérapeutique et de l'appui à l'observance et n'assurent pas elles-mêmes le suivi médical comme l'atteste Emile :

« Il y a des associations qui n'ont pas de médecins mais qui réfèrent leurs malades dans les hôpitaux et après ils les récupèrent pour faire le suivi. Donc, tout le groupe de parole se fait au niveau de l'association et le suivi médical se fait dans les hôpitaux . C'est là que les associations jouent leur rôle : on met les gens en confiance, on les rassemble, on leur donne l'information et on leur dit d'aller dans tel lieu qu'il y a des médicaments. Donc, l'association fait son travail d'accompagnement psychosocial, de suivi alimentaire et maintenant pour le suivi médical on leur dit « allez-y dans telle structure ». » Emile (médecin chargé de prise en charge médicale dans une association)

Pour les associations de prise en charge médicale proprement dite, elles sont en convention avec le Ministère de la Santé et offrent en leur sein, à coût social, l'ensemble des modalités de la prise en charge médicale tout en intégrant des activités psychosociales.

Si les associations apparaissent comme une issue plus favorable parce qu'elles intègrent les dimensions psychosociale et médicale, des difficultés se posent néanmoins, notamment l'accès effectif à la prise en charge. En effet, il arrive que des patients répertoriés après un test positif ne bénéficient pas de cette opportunité à cause de certaines contraintes structurelles propres à l'organisation :

« Cette possibilité [la prise en charge effective de toutes les PVVIH répertoriées] est limitée parce que nous avons plus de 1500 personnes inscrites mais nous n'avons que 200 qui prennent des ARV. Avec les perspectives qu'on a pour 2005, on va peut-être atteindre 500 personnes mais pour le moment nous sommes limités et à cause de cette limite nous sommes obligés de sélectionner nos patients. » Emile (médecin chargé de prise en charge médicale dans une association)

Bien qu'en tout état de cause également, le constat demeure que l'information sur les mécanismes associatifs ne ressortent pas des discours. Cette situation peut de prime abord s'expliquer par des rapports distants entre les associations et les élèves comme le montre ces déclarations :

« J'en connais pas. J'entends seulement parler qu'il y a des associations sinon je ne connais pas une association. » Marcel (20 ans, catholique, 1ère G2, adhérent)

« Selon ce que j'ai entendu, d'après les gens, il y a des associations qui distribuent des ARV mais franchement je n'ai aucun nom ni la localité d'un d'eux. » Syprien (20 ans, catholique, terminale topographie, adhérent)

L'information sur les mécanismes public et associatif de la prise en charge médicale peut tout simplement se résumer en une situation donnée par ce propos :

« Ce que je sais des traitements ! J'entends seulement parler de traitements juste pour calmer, pour ralentir mais vraiment je ne sais pas par quelle acrobatie il faut passer pour avoir ces traitements. » Salam (22 ans, musulman, 2ème année topographie, adhérent)

Cette situation de méconnaissance des recours de gestion (les structures et les mécanismes) de la séropositivité, présente chez tous les enquêtés, engendre en eux un état d'égarement bien traduit par des expressions tels que :'comment j'allais me débrouiller', `comment j'allais faire'. La gestion des aspects sociaux liés à l'infection ainsi que la gestion médicale de l'infection elle-même demeurent des questions posées et sans solutions pour les élèves. C'est ce même constat que résume bien Ahmed (président du cercle de relais sida au LTO) : «...quand on est positif, comment on va se comporter, comment on va être pris en charge, tout ça, c'est des équations que les enfants se posent. Ça fait qu'ils ont une peur de la chose [le dépistage]i

Tous nos interviewés connaissent l'existence de la prise en charge. Ils savent également que c'est dans une structure sanitaire publique ou une association de lutte contre le SIDA que peut se trouver cette prise en charge. Mais, comment y accéder ? Même si l'accès effectif à la prise en charge connaît des limites qui méritent d'être élucidées (mais ceci n'est pas l'objet de notre étude) la question demeure posée.

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