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L'impact du maraichage dans la dégradation des ressources naturelles dans les niayes de la bordure du lac Tanma

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par Ndiaye Moussa Dieng
Université Cheikh Anta Diop - Maitrise 2008
  

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Chapitre II :

LA DYNAMIQUE DU MARAICHAGE DANS LA BORDURE

DU LAC TANMA

I. LA CONFIGURATION DU SITE DE PRODUCTION

La bordure du lac Tanma est un important site de production pour l'activité maraichère. On entend par bordure l'ensemble des villages qui encerclent le lac Tanma. Cependant cette entité géographique n'est pas totalement homogène d'un point de vue écologique. Deux ensembles s'opposent de part et d'autre du cordon lacustre. Ce qui donne une rive gauche et une rive droite. Cette opposition traduit des réalités hydrographiques, géomorphologiques et pédologiques différentes.

+ La partie située entre le lac et la mer est caractérisée par le système dunaire du Quaternaire. Cette partie est la rive gauche du lac. Elle correspond bien à l'appellation Niayes qui traduit le système dunaire et les dépressions internes.

+ La partie située entre le lac et les reliefs qui le surplombent à savoir le plateau de Thiès et massif de Ndiass. Cette partie est caractérisée par le réseau de marigots temporaires qui aliment le lac en saison pluvieuse. (Voir figure N 6)

1. La rive gauche ou le domaine des dépressions interdunaires

C'est la partie située à l'Ouest du lac Tanma intégrant les dunes et les dépressions internes. Elle correspond à une bande de prés de 7 km. C'est dans cette partie que se localise le plus grand nombre de villages.

Au plan géomorphologique, nous avons une prédominance des dunes rouges et des dunes jaunes qui laissent entre elles un couloir dépressionnaire à nappe peu profonde. Le maraîchage se pratique dans les cuvettes interdunaires. La profondeur de la nappe se situe entre 3 et 4 mètres. Cependant, cette profondeur varie suivant une extension Nord-Sud. La nappe devient de plus en plus profonde au fur et à mesure que l'on va vers le sud de l'étranglement. Ce qui fait que dans les secteurs de Ndame Lo, elle peut atteindre 10 mètres. Pour accéder à l'eau les maraîchers creusent des céanes. Ces céanes sont aujourd'hui de plus

en plus remplacées par des puits cimentés plus résistants surtout dans les parties situées plus au sud où l'eau de la nappe est moins accessible.

Au plan pédologique, on y rencontre des sols hydromorphes avec une variété de colorations due à leur engorgement temporaire ou permanent. Ce sont des sols Dior humides et riches en humus

2. La rive droite ou domaine des marigots temporaires et lacs asséchés

C'est la partie située à l'Est du la Tanma. Ce sont les lits d'anciens réseaux hydrographiques asséchés par la dégradation climatique. C'est une partie intégrale du bassin du lac. En période de bonne pluviométrie, elle constitue le dernier lieu de transit des eaux de ruissellement avant qu'elles n'atteignent le lit du lac. Avec les nombreuses ramifications de marigots, elle donne une sorte de delta intérieur. (voir carte N°6)

La péjoration des conditions hydrologiques fait que le lit du lac s'amincit de plus en plus en cédant la place à des vallées fossiles. Elle devient ainsi un vaste espace vestige d'une ancienne vallée. Ces lacs et marigots asséchés sont cependant, mis en valeur par les maraîchers selon un système d'exploitation spécifique

Au plan géomorphologique, cette partie s'individualise par rapport au système dunaire auquel elle est souvent apparentée. Ici les mares temporaires et les marigots découpent une surface plus ou moins plate et légèrement inclinée vers le lac qui est un réceptacle des eaux de ruissellement.

Au plan pédologique, la nature des sols la différencie de l'autre coté du lac. Ici, les sols ne sont pas des sables dunaires mais des sols plus ou moins argileux. Ce sont des sols deck ou deck dior moins poreux, moins filtrants et plus cohésifs.

Contrairement à la rive située sur le système dunaire, la nappe phréatique dans cette rive n'est pas affleurante. Sa profondeur se situe actuellement autour de 12 à 14 mètres. Mais cette nappe offre une bonne capillarité lorsqu'elle est atteinte par les puits.

II. LE SYSTEME DE PRODUCTION 1. Typologie des exploitations

On rencontre différends types d'exploitations dans cette zone. On peut faire deux types de
classifications: une classification en fonction de la taille et une classification en fonction des

équipements utilisés pour accéder à l'eau. En d'autres, termes on a une classification fondée sur le système d'irrigation et une classification fondée sur le domaine agricole.

a) La classification selon la taille

L'agriculture dans ce secteur donne une configuration très diversifiée sur le plan de la taille des exploitations. En fonction de ce critère trois types d'exploitations sont identifiées:

Les petites exploitations de types familiales et traditionnels, les exploitations moyennes et les grandes entreprises agricoles de type moderne.

a-1) Les petites exploitations de types familiales et traditionnels

Elles sont de petite taille variant entre 0,2 et 0,5 ha, et pourtant elles assurent l'essentiel de la production maraichère. Ceci est le fait de leur importance en nombre. Elles se retrouvent un peu partout dans le site aussi bien dans la bordure Est que dans la bordure Ouest. La faiblesse des surfaces de cultures s'explique en grande partie par la faiblesse des revenus de ces types de producteurs Cette situation oblige certains producteurs à recourir exclusivement à la main d'oeuvre familiale. Le personnel est souvent composé d'un chef de ménage et de ses enfants. Il peut arriver que le propriétaire du champ paie les services d'un travailleur saisonnier appelé ici « Sourga ». Ils travaillent suivant un mode de partage bien défini. Le plus souvent le travailleur saisonnier dispose d'une parcelle dont il partage la production avec le propriétaire du champ. Il peut arriver qu'on lui paie un salaire mensuel ou journalier. Leur moyen d'accès à l'eau est le puits cimenté ou la céanes.

a-2) Les exploitations moyennes

Leurs tailles varient entre 0,5 et 20 ha. Elles sont souvent l'oeuvre des exploitants individuels fonctionnant sur la base de location de terre ou métayage. Le personnel peut être composé de 5 à plus de 10 personnes suivant la surface dont dispose l'exploitant. Ils utilisent des motopompes branchées aux puits et céanes, des lances d'arrosage ou des forages. Certaines d'entre elles sont branchées sur le réseau de la SDE

a-3) Les grandes entreprises agricoles de types modernes

Ces exploitations revêtent un caractère individuel ou associatif. Ce sont des entreprises agricoles dotées de gros moyens. La taille de l'exploitation peut atteindre plusieurs dizaines d'ha. Elles sont très répandues dans la bordure Ouest du lac. Elles utilisent un outillage moderne.

b) La classification en fonction du niveau d'équipement

Les moyens financiers des exploitants déterminent les types d'équipement dont ils disposent. Les exploitations se différencient selon le système d'alimentation en eau et du niveau d'investissement technique. Au moment où certaines exploitations ne disposent que de moyens techniques très rudimentaires, d'autres sont en mesure de recourir aux techniques modernes d'irrigation. Ce qui fait que ces derniers peuvent exploiter de grandes surfaces alors que les autres restent confinés dans des lopins de terre à faible production. Il existe une catégorie intermédiaire qui procède à des locations temporaires du matériel des grandes exploitations voisines. La classification selon la technique d'accès et d'utilisation de l'eau nous permet de déterminer 4 catégories.

b. 1 ) Les exploitations utilisant l'exhaure et la distribution manuelle

Ce type d'exploitation est le mode le plus courant et le plus traditionnelle. C'est pourquoi il est très rependu dans le site surtout dans la partie située sur la frange littorale. Dans cette zone où la nappe phréatique est affleurante avec une profondeur qui dépasse rarement 3 mètres, il suffit de creuser un puits ou une céanes pour accéder a l'eau. L'eau est tirée du puits manuellement. L'équipement est composé d'une corde, de deux seaux pour tirer l'eau et d'un petit bassin pour recueillir l'eau puisée. (Voir figures N° 20 et 21). La distribution est aussi manuelle. Le maraîcher fait la navette entre la parcelle et le bassin. Au cas où les parcelles sont éloignées ils mettent en place un réseau de bassins branchés entre eux et disséminés dans le champ. Ce type d'exploitation est plus répandu dans les Nord et Ouest du lac, là où la nappe est plus affleurante. Cette partie concerne les villages de Mbidieume, Thieudeme, Thor, Keur Mbir Ndao Kémaye etc.

Photo 6 : Maraîcher puisant de l'eau Photo 7 : Puits et équipement d'exhaure

Photo M. D. NDIAYE) le 02 SEP 2009

b. 2 ) Les exploitations utilisant l'exhaure motorisée et la distribution manuelle

Ce sont des exploitations traditionnelles qui ont un peu évolué en intégrant l'exhaure motorisée. En effet le pénible travail de tirer l'eau manuellement combiné à une nappe de plus en plus profonde oblige les maraîchers à recourir à cet outillage. Elle est composée d'une motopompe que l'on branche à un puits ou une céane. L'eau est recueillie dans des bassins avant d'être transportée manuellement vers les parcelles. Ce type d'exploitation est très répandu dans les secteurs où la nappe est peu profonde surtout dans la partie Sud et la partie Est du lac. (Keur Matar Gueye, Mbissao, Ndieuguene et Fouloume).

Photo 8 : Motopompe servant à tirer de l'eau du puits Photo M. D. Ndiaye 03 SEP 2009

b. 3 ) Les exploitations utilisant l'exhaure motorisée et l'irrigation par aspersion

Ce sont des exploitations moyennes de types semi modernes. En plus d'une motopompe ces exploitants disposent d'une distribution par des asperseurs. Ce mode d'arrosage est plus efficace que la technique manuelle. Ceci leur permet d'exploiter de grandes surfaces. Cependant, l'irrigation par aspersion n'est pas très économique en termes d'utilisation de l'eau. Aujourd'hui cette technique est de plus en plus remplacée par le système goutte à goutte qui gaspille moins d'eau. Au cours de notre visite de terrain nous avons notés beaucoup d'installations de goutte-à-goutte dans des exploitations de types moyennes.

b .4 ) Les exploitations utilisant l'exhaure motorisée et l'irrigation par goutte-à-goutte

C'est le fait des entreprises agroindustrielles. Elles sont très présentes dans la zone surtout dans les secteurs Sud et Ouest du lac. La plus part d'entre elles sont dotées de forages qui fonctionnent à base d'électricité fournie par la SENELEC comme c'est le cas des périmètres de la SEPAM à Keur Matar Gueye, des périmètres de Serigne Mansour SY à Mancou etc. D'autres sont branchées sur le réseau de la SDE. Le système goutte-à-goutte leur permet d'exploiter de grands domaines agricoles. Contrairement aux autres exploitants ces domaines ont les moyens de payer les services de personnels qualifiés dans les techniques agricoles ou de la maintenance du matériel d'exhaure et d'irrigation.

Photo 9 Systèmes d'irrigation par goutte-à-goutte dans une exploitation de type moyenne (Photo M. D. NDIAYE) 04 SEP 2009

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery