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Contribution à  l'amélioration de la gestion des stocks de médicaments: cas du dépôt de la pharmacie IB de l'hopital général de Grand Yoff (HOGGY)

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par Cheikh Mouhamed Tidiane POUYE
Centre Africain d'études Supérieures en Gestion (CESAG) -  Master 2 Professionnel en Science de gestion-option gestion des projets 2010
  

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INTRODUCTION

Les pays en développement vivent une situation sanitaire de plus en plus précaire et ont pendant longtemps souffert et souffrent encore des prestations de santé de piètre qualité. Si des facteurs d'ordre géographique, environnemental et économique (sécheresses ou inondations, faibles revenus économiques, surpopulation, chute des cours des produits à l'exportation, crise financière mondiale...) expliquent en partie cet état de fait, d'autres raisons interviennent, impliquant la responsabilité des gouvernements mais aussi des gestionnaires des structures de santé.

Le Sénégal, à l'instar de bon nombre de pays Africains, avait inscrit dans sa constitution le droit fondamental à la santé. C'est ainsi que la totalité du financement de la santé était à l'entière charge de l'état Sénégalais qui allouait une part importante du budget national au secteur de la santé pour assurer la gratuité des soins aux populations. Dès les années 1970, il s'est avéré que nos Etats n'avaient pas les moyens économiques pour appliquer cette politique de gratuité des soins. Ce qui a engendré beaucoup de difficultés parmi lesquels on peut noter :

 

un manque chronique de médicaments ;

une dégradation des structures sanitaires ;

un personnel insuffisant, non qualifié et de plus en plus démotivé ; et finalement une très mauvaise image de marque du système de soins dans les communautés.

En conséquence, les patients se tournent vers les structures privées (donc chères et abordables uniquement pour les plus aisés), les guérisseurs traditionnels et les marchands ambulants, qui fournissent des médicaments pas chers mais de qualité douteuse.

Pour remédier à cette situation presque catastrophique, des mesures ont été initiées pour rendre les soins accessibles mais avec un effort de participation des populations au financement de la santé.

C'est ainsi que le concept de médicaments essentiels est apparu dans les années 1970 et a été adopté par l'OMS en 1977. Les médicaments essentiels sont ceux qui satisfont aux besoins de la majorité de la population. À Alma Ata en 1978, le consensus s'est fait sur leur prise en compte dans les composantes des Soins de Santé Primaires. En 1987, l'Initiative de Bamako est venue renforcer leur place de choix dans tout système de santé. L'Initiative de Bamako a pour objectifs, entre autres, la promotion de la participation communautaire à l'effort de santé et le renforcement des mécanismes de gestion, de fourniture et d'utilisation des médicaments essentiels.

Malgré toutes ces mesures, la situation sanitaire du Sénégal reste difficile et même intenable dans les hôpitaux qui, finalement manquent de tout. Dés lors, il s'est avéré urgent de mettre en place une nouvelle politique de santé et du médicament capable d'assurer aux hôpitaux, la transparence, et l'autonomie dans la gestion.

C'est ainsi que, le 12 février 1998, l'Assemblée Nationale du Sénégal adopta la loi portant réforme hospitalière. « Le but de cette réforme est d'améliorer les performances des hôpitaux sur le plan de la gestion et de la qualité des soins. La réforme confère aux EPS une grande autonomie encadrée par un conseil d'administration et contrôlée par des mécanismes qui sont équivalents à ceux utilisés dans les établissements publiques ».

Aujourd'hui, douze (12) années après la réforme hospitalière, l'Hôpital Général de Grand Yoff (HOGGY), comme la plupart des établissements publics de santé (EPS) du Sénégal, continue toujours de rencontrer des dysfonctionnements.

Cette situation serait inhérente à plusieurs facteurs parmi lesquels, entre autres, on peut citer :

L'insuffisance des subventions de l'Etat. En effet, durant ces quatre dernières années, les subventions que l'Etat du Sénégal a allouées à HOGGY s'élèvent à 1 300 000 000 F CFA par an ;

Le plan Sésame qui consiste en une prise en charge intégrale des frais médicaux des personnes âgées de plus de 60 ans par l'état. Ce plan est intervenu en septembre 2006 ;

Les charges salariales élevées ;

Les tarifs imposés par l'Etat qui ne couvrent pas les coûts réels des prestations de

soin ;

L'insuffisance de recouvrement des créances : les cas d'urgence sans prise en charge (les particuliers qui payent à leur frais) ne payent presque jamais ; l'Etat qui est un gros client paie souvent dans un délai très long.

Tous ces facteurs participent à une rareté chronique des ressources et à un déficit de trésorerie permanant. L'HOGGY, d'année en année, accumule les dettes qui atteignent cinq milliards (5 000 000 000) en fin 2008. Ce qui installe la méfiance dans le camp des fournisseurs qui diminuent, voire arrêtent toute livraison à l'hôpital. Il s'en suit des ruptures d'approvisionnement en produits essentiels (y compris médicaments et dispositifs médicaux) pour le fonctionnement des services.

C'est dans cet environnement aussi difficile que nous nous proposons d'apporter notre part de réflexion à la recherche de solution pour une amélioration du système d'approvisionnement et de gestion des stocks en médicaments de l'Hôpital Général de Grand Yoff, qui, somme toute, reste une figure de proue du système de santé du Sénégal.

1- Problématique

Le Sénégal, à l'instar des autres pays en voie de développement, a souscrit à l'initiative de Bamako et s'est engagé, à travers sa Politique Pharmaceutique Nationale, à garantir la disponibilité et l'accessibilité des médicaments essentiels à toute la population, ainsi que la bonne qualité des produits pharmaceutiques.

Ainsi, pour aider les EPS à s'autofinancer tout en assurant des soins de qualité y compris la dispensation des médicaments essentiels génériques, il est mis en place des dépôts de vente de médicaments communément appelés pharmacies IB.

En effet, les médicaments essentiels génériques vendus dans les pharmacies IB sont de 30 à 50% moins chers que les spécialités pharmaceutiques équivalentes vendues dans les officines privées et ils sont en plus immédiatement disponibles dans la structure sanitaire. Ces dépôts, de par les bénéfices provenant de la vente des médicaments, contribuent significativement aux recettes de l'hôpital.

Ce qui pose la double problématique du financement de la santé et l'accessibilité aussi bien financière que géographique des médicaments essentiels.

Ces dernières années, force est de constater que les ruptures de stocks sont longues et de plus en plus fréquentes et par voie de conséquence les recettes découlant des ventes de médicaments s'amenuisent progressivement comme peau de chagrin.

Parmi les nombreuses raisons des ruptures de médicaments évoquées figurent le désintéressement notoire des médecins vis-à-vis des médicaments génériques et de la pharmacie IB ; la non disponibilité des produits au niveau de la pharmacie nationale d'approvisionnement ; la méfiance grandissante des fournisseurs qui hésitent à livrer des médicaments à un hôpital criblé de dette, la non maîtrise des procédures de gestion des stocks par les gestionnaires de la pharmacie. Toutes choses qui participent au dysfonctionnement du système d'approvisionnement et de gestion des médicaments.

Le but de notre travail de recherche consistera à étudier :

+ Les attitudes et pratiques des prescripteurs face aux médicaments essentiels de la pharmacie IB de l'HOGGY,

+ La sélection visant à assurer la disponibilité des médicaments les plus

fréquemment prescrits à l'HOGGY et enfin

+ Le système de gestion des stocks mis en place pour maintenir le stock à des niveaux tel qu'il ne produise que peu ou pas de rupture de stocks.

C'est dire que nous occulterons, sciemment, les problèmes chroniques d'approvisionnement imputable dans une large mesure aux difficultés financières de l'établissement.

Au terme de notre travail, nous nous proposons de faire un diagnostic plus précis des problèmes posés plus haut afin de formuler des suggestions pour que d'une part la gestion des médicaments essentiels soit améliorée pour une meilleur qualité des soins et que d'autre part les recettes générées par la vente des médicaments soient beaucoup plus importantes, apportant du coup, une bouffée d'oxygène à la tension de trésorerie de l'HOGGY.

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