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L'abstentionnisme électoral au mali depuis l'avènement du multipartisme en 1992.


par Madou NIMAGA
Université Cheickh Anta DIOP de Dakar - DEA en Science politique 2006
  

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Paragraphe 3 : L'engrenage de la violence politique.

L'apathie des citoyens vis-à-vis de la chose politique en général et des élections en particulier s'explique dans une certaine mesure par la peur de la violence politique.

L'histoire politique du Mali de l'indépendance en 1960 à l'avènement de la IIIème République s'est caractérisée par nombre de faits et d'évènements politiques qui ont contribué à créer chez nombre des citoyens une certaine méfiance à l'égard de la politique.

Si au moment de la proclamation de l'indépendance du Mali en 1960, les deux grands partis (l'US-RDA et le PSP) qui s'opposaient à cette époque ont pu taire leur divergence pour proclamer l'indépendance, les rivalités partisanes n'ont pas tardé à se manifester de nouveau sur la scène politique jusqu'à ce que le pays s'est retrouvé dans une situation de parti unique de fait.

Pendant la première république, le pays a été installé dans un cycle de règlement de compte politique avec ses corollaires de persécutions d'opposants politiques et de restriction des libertés fondamentales des citoyens.

La milice armée du régime de l'US-RDA au pouvoir exerçait de véritables pressions psychologiques sur les populations en vue de leur allégeance au régime.

A en croire à cette personne de troisième âge interrogée qui nous a déclaré que : «  La politique a mal débuté au Mali à cause de l'affrontement implacable entre l'US-ADA et le PSP et les dérives autoritaires du parti au pouvoir... ».

Ces propos, nous montrent très clairement, combien la répression politique caractérisait la vie politique malienne sous la Ieme République.

En dépit de l'option économique de type socialiste du Régime, le centralisme démocratique du Parti a largement contribué à une sorte d'apathie politique et de l'impopularité du pouvoir qui aboutit à son renversement le 19 Novembre 1968.

Au moment où le peuple se réjouissait de la chute du régime socialiste du RDA, les putschistes de 1968 ont de leur côté durci davantage la répression politique plus que leurs prédécesseurs, en instaurant un régime militaire pur et dur et un parti unique de droit (UDPM). Juste après le coup d'Etat, les militaires du CMLN qui s'étaient engagés de rendre le pourvoir aux civils au bout d'une brève transition de quelques mois, ont finalement dirigé le pays pendant plus de deux décennies. Les vingt années de règne de main de fer du Général Moussa Traoré ont été caractérisés par une gestion autoritaire du pouvoir avec ses corollaires d'arrestations, de détentions arbitraires d'opposants voire d'assassinats sommaires des personnes soupçonnées de tentatives de coup d'Etat.

On peut souligner ici que les très forts taux de participation électorale observés sous la IIème république s'expliquent surtout par le totalitarisme du parti unique constitutionnel (UDPM).

Dans une telle situation politique, le citoyen n'a pas beaucoup de marge de manoeuvre soit, il vote pour le parti unique soit, il s'abstient avec tous les inconvénients que cela peut engendrer.

C'est dans ce contexte qu'ont eu lieu les évènements de Mars 1991 où le peuple Malien a décidé de passer à l'action en se révoltant contre le régime en place.

Cette insurrection populaire fut donc réprimée jusque dans le sang avec une centaine de mort et de blessés. C'est ainsi qu'une partie de l'armée décide de déposer le Régime de l'UDPM le 26 Mars 1991.

Dans ces évènements le peuple malien a payé une lourde tribu pour l'avènement de la démocratie pluraliste au Mali.

De là surgit naturellement la question de savoir pourquoi une partie importante de l'électorat continue de s'abstenir continuellement aux élections dans un contexte de libéralisme politique garanties et après avoir tant revendiqué la démocratie ?

Cette interrogation peut sous-entendre une autre : Est-ce à dire que l'espace politique nationale n'est pas jusque là à l'abri d'actes de violence à caractère politique ?

Toutefois avec le passage à la démocratie multipartite en 1992, il faut reconnaître que certaines formes de violences à caractère politique ont connu une baisse exponentielle.

Cependant, force est de constater que l'espace politique en Africain, de façon générale, est caractérisé par une extrême fragilité comme en témoignent les exemples du Kenya et du Zimbabwe où les violences post-électorales avaient occasionné des centaines de morts en fin 2007. C'est aussi, le cas du Zimbabwe où les affrontements post-électoraux entre les partisans de la majorité et ceux de l'opposition ont occasionné d'importantes pertes en vie humaines en juin 2008. Ici, il faut souligner que les liens entre violence politique et participation électorale restent évidents et résident au fait que le citoyen perçoit négativement la politique, en général, comme un champ de violence où les hommes politiques sont susceptible de recourir à n'importe quel moment pour le pouvoir ou pour régler des comptes politiques. Il n'est pas rare de voir en Afrique des hommes politiques appelés leurs militants à descendre dans les rues en dehors de toute légalité.

L'observation de la politique en Afrique permet de voir qu'il existe une certaine insuffisance de culture démocratique aussi bien chez certaines élites dirigeantes que chez une partie considérable de la population.

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