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Identification et conception d'un projet de développement intégré autour de la mise en valeur des bas-fonds en zone tropicale humide : cas des bas-fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun)

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par Tobias ENGUENE
Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement (Fondation 2iE) - Ouagadougou au Burkina Faso - Master 2 2010
  

sommaire suivant

IDENTIFICATION ET CONCEPTION D'UN PROJET DE

DEVELOPPEMENT INTEGRE AUTOUR DE LA MISE EN
VALEUR DES BAS FONDS EN ZONE TROPICALE HUMIDE :

LA CEINTURE PERI-

CAS DES BAS FONDS DE URBAINE DE

YAOUNDE (CAMEROUN)

MEMOIRE POUR L'OBTEN TION DE MASTER 2
EN
INNOVATIONS, DEVELOPPEMENT ET SOCIETES

Présenté et soutenu publiquement le 12 octobre 2010

Par
Tobias ENGUENE

Travaux dirigés par :

Ramani TRAORE Isaac N. MOUSSINGA

Enseignant permanent au 2iE Directeur du CODEV (Yaoundé/Cameroun)

Jury d'évaluation du mémoire :

Président : Abdoulaye DIARRA

Membres et correcteurs : Bruno Barbier

Abibou CISS Ramani TRAORE

Année académique 2009/2010

Fondation 2iE - Rue de la science, 01 BP 594 Ouagadougou - Burkina Faso
Tél. : (00226) 50 49 28 00 - Fax (00226) 50 49 28 01

Web : www.2ie-edu.org E-mail : 2ie@2ie-edu.org

DEDICACE

A leur honneur, qu'il me soit permis de dédier ce mémoire à tous ceux-là qui de près ou de loin, d'un passé lointain ou rapproché, ont favorisé d'une manière ou d'une autre la réalisation du présent mémoire de fin d'études relatif à l'obtention d'un Master 2 Spécialisé en Innovations, Développement et Sociétés.

Il s'agit tout particulièrement, d'une part :

· De mon épouse chérie et bien aimée ALIMA Marthe Bernadette.

· De mes enfants bien aimés :

- BEYALA ENGUENE Audrey Justine ;

- ENGUENE Romuald Kevin ;

- ATEBA ENGUENE Gontran Christian ;

- ONGOLO Antoine Emmanuel ;

- ALIMA ENGUENE Martial Hyacinthe ;

- ABENA Divine Clémence Clara.

· De tous mes frères et soeurs.

Et d'autre part, ceux qui ont quitté cette terre ; je pense particulièrement :

· A ma mère ABENA NGOLO Barbare ; femme très charitable que tu étais, tu as quitté précocement le monde des humains sans toutefois qu'on puisse savoir pourquoi : paix à ton âme.

· A mon père ATEBA Pius ; homme dévoué que tu étais et soucieux du devenir de ta progé-
niture, puisse dieu tout puissant faire que la terre de nos ancêtres te soit légère à jamais.

Bien aussi, à tous mes amis sincères.

REMERCIEMENTS

La rédaction d'un mémoire de fin d'études, à l'Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement (2iE) de Ouagadougou au Burkina Faso, est une exigence académique qui fait suite à la formation reçue pendant au moins six mois de cours théoriques et pratiques. Cette rédaction requiert sans doute d'énormes ressources humaines, intellectuelles et matérielles qu'il faille mettre ensemble pour arriver à un résultat appréciable.

La collecte des informations s'est faite au travers des connaissances propres de l'étudiant, des éléments de cours reçus, de l'exploration de l'information documentaire sur le sujet, des échanges avec les autres personnes susceptibles de mettre leur background à notre profit. Il serait donc injuste de ne pas citer ici certains de ces acteurs importants, à défaut d'avoir une liste exhaustive. A cet égard, mes remerciements les plus sincères vont à l'endroit :

- Du coordinateur de la FOAD, Monsieur TOFANGUI KONE, pour son suivi et son enca-

drement sans faille qui sont susceptibles de favoriser notre épanouissement ;

- Des tuteurs des différents modules d'enseignement, lesquels ont su guidé notre apprentis-

sage à travers les échanges synchrones ou asynchrones dans la plate-forme ;

- De Monsieur Isaac N. MOUSSINGA, Directeur du CODEV qui a accepté de m'accueillir

dans sa structure ;

- De Monsieur OWONA MESSI Janvier Clément, Professeur des Ecoles Normales

d'Instituteurs et Inspecteur Pédagogique dans la Région de l'Extrême Nord au Cameroun ; - De Monsieur RAMANI TRAORE, pour s'être porté garant de m'encadrer en vue de la
rédaction du présent mémoire ;

- De tous les étudiants de la première promotion en Master 2 en Innovations, Développe-

ment et Sociétés du 2iE, pour leur sincérité et la bonne collaboration entretenue tout au long de la session.

Puisse, cette occasion me permette aussi de remercier le Dieu tout puissant qui, en tout temps, a su me conférer l'inspiration des anges gardiens de son royaume.

LISTE DES ABREVIATIONS

CAD : Comité d'Aide au Développement de l'OCDE

CAMCCUL : Cameroon Cooperative Credit Union League

CBF CIRAD

CODEV CVECA DSRP FOAD GIC/GIE GRET ISS

MC2

: Consortium Bas fonds

: Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le

Développement

: Cabinet Conseil en Développement

: Caisse Villageoise d'Epargne et de Crédit Autogérée

: Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

: Formation Ouverte et à Distance

: Groupe d'Intérêt Commun/Economique

: Groupe de Recherche et d'Echanges Technologiques

: Interviews Semi-Structurées

: Mutuelle Communautaire de Croissance

MINADER : Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural

MINEPAT : Ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Ter-

ritoire

OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economiques

OMD OPA SMIG UFP UNC

: Objectifs du Millénaire pour le Développement

: Organisation Professionnelle Agricole

: Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti : Unité Familiale de Production

: Unité Nationale de Coordination CBF

2iE : Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Moyenne mensuelle de pluviométrie et de température 17

Tableau 2 : Particularité des méthodes de recherche conventionnelles et de la MARP 24

Tableau 3 : Distribution des exploitants enquêtés par niveau d'éducation 30

Tableau 4 : Distribution des exploitants enquêtés suivant leur statut 31

Tableau 5 : Présentation des résultats des principales spéculations rencontrées

(plateaux et bas fonds) dans au moins 4 villages des bas fonds où les 34

enquêtes ont été menées

Tableau 6 : Catégorisation des effets pour l'analyse des intérêts des parties prenantes 35

Tableau 7 : Dépositaires d'enjeux identifiés au cours des ateliers participatifs

de planification 36

Tableau 8 : Information sur la participation des dépositaires d'enjeux 39

Tableau 9 : Résultats de l'approfondissement des problèmes posés par les communautés

de la zone d'étude 40

Tableau 10 : Principe de remplissage du cadre logique 48

Tableau 11 : Cadre logique du projet 49

Tableau 12 : Capacité d'influence des dépositaires d'enjeux du projet 52

Tableau 13 : Niveau de participation des dépositaires d'enjeux 53

Tableau 14 : Intérêt et enjeux des parties prenantes primaires 54

Tableau 15 : Caractéristiques de la pauvreté dans la zone de l'étude 55

Tableau 16 : Coûts et bénéfices sociaux pour la mise en exploitation des bas fonds

de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé 56

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Profil simplifié et stylise d'un bas fond 7

Figure 2 : Situation géographique de la zone d'étude 16

Figure 3 : Courbe ombrothermique de Yaoundé (Cameroun) 17

Figure 4 : Motivations sociales des exploitants enquêtés pour l'activité sur les bas fonds 27 Figure 5 : Motivations économiques des exploitants enquêtés pour l'activité

sur les bas fonds 28

Figure 6 : Revenus mensuels estimés par les exploitants des périmètres enquêtés 29

Figure 7 : Distribution par sexe des exploitants enquêtés 29

Figure 8 : Distribution des exploitants enquêtés par classe d'âge 30

Figure 9 : Autres activités économiques importantes auxquelles se greffe l'activité de mise

en valeur des bas fonds 31

Figure 10 : Echelle d'influence et d'importance des dépositaires d'enjeux identifiés 38

Figure 11 : Diagramme des problèmes 44

Figure 12 : Diagramme des objectifs 45

Figure 13 : Diagramme pour analyse des objectifs 46

Figure 14 : Diagramme finalisé des objectifs 47

Figure 15 : Visualisation de la structure et du cadre du projet 61

SOMMAIRE

Dédicaces i

Remerciements ii

Liste des abréviations iii

Liste des tableaux iv

Liste des figures v

I-

 

INTRODUCTION GENERALE

1.1. Contexte du travail

1.2. Présentation des concepts clés

1.2.1. Projet et projet de développement

1.2.2. Développement et développement intégré 1.2.3. Bas fond : définition, atout et intérêt

4

4

5

5

6

 

1.3.

Revue de la littérature

8

 
 

1.3.1. Les travaux essentiels du Consortium Bas fonds

8

 
 

1.3.2. Les publications du GRET

9

 
 

1.3.3. Les communications du CIRAD

10

 

1.4.

Démarche suivie

11

 
 

1.4.1. Exploration de l'information existante

11

 
 

1.4.2. Collecte de données de terrain

11

 
 

1.4.3. exploitation des données de terrain

11

 

1.5.

Contenu et organisation du mémoire

12

II-

OBJECTIFS ET CADRE DU TRAVAIL

13

 

2.1.

Enjeux et problématique des bas fonds

13

 

2.2.

Objectifs du travail

14

 
 

2.2.1. Objectif global du travail

14

 
 

2.2.2. Objectifs spécifiques du travail

14

 

2.3.

Contexte physique de la zone d'étude

15

 
 

2.3.1. Situation géographique de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé

15

 
 

2.3.2. Contexte climatique

16

 
 

2.3.3. Sols, végétation, hydrogéologie, hydrographie et relief

17

 

2.4.

Contexte socio-économique de la zone d'étude : données essentielles

19

 
 

2.4.1. Contexte général de développement au Cameroun

19

2

2.4.2. Contexte de développement particulier à la zone d'étude 20

2.4.3. Analyse des moyens d'existence des communautés et des ménages de 21

la zone d'étude

III- METHODE ET OUTILS DE COLLECTE DES DONNEES 23

3.1. Généralités : origine, justification et évolution 23

3.2. Particularités sur la méthode et les outils de l'étude 24

3.2.1. Revue des données secondaires et sources d'information 25

3.2.2. Interviews semi-structurées (ISS) 25

3.2.3. Outils de la dynamique spatiale temporelle et organisationnelle utilisés 25

pour les enquêtes de terrain

3.3. Enquête approfondie sur quatre bas fonds : choix des sites, technique 26

d'enquête et échantillonnage

IV- RESULTATS DE L'ENQUETE SUR LES BAS FONDS ET DISCUSSIONS 27

4.1. Motivations sociales des exploitants pour l'activité sur les bas fonds 27

4.2. Motivations économiques des exploitants pour l'activité sur les bas fonds 28

4.3. Répartition socio-démographique des exploitants enquêtés dans les bas fonds 29

4.3.1. Distribution des exploitants enquêtés par sexe 29

4.3.2. Distribution des exploitants enquêtés par classe d'âge 29

4.3.3. Niveau d'éducation des exploitants enquêtés 30

4.3.4. Statut matrimonial des exploitants enquêtés 30

4.4. Autres activités économiques auxquelles se greffe la mise en valeur des bas 31

fonds

4.5. Conclusion partielle 32

V- IDENTIFICATION DU PROJET AUTOUR DE LA MISE EN VALEUR DES BAS FONDS 33

5.1. Caractérisation de reconnaissance des bas fonds de la zone d'étude 33

5.2. Identification et analyse des dépositaires d'enjeux (parties prenantes) 34

5.2.1. Identification et intérêts stratégiques des dépositaires d'enjeux 35

5.2.2. Influence et importance des dépositaires d'enjeux identifiés 37

5.2.3. Identification de la participation des dépositaires d'enjeux 39

5.3. Analyse de la situation 39

5.4. Priorité de développement des parties prenantes 41

VI- CONCEPTION DU PROJET AUTOUR DE LA MISE EN VALEUR DES BAS FONDS 42

6.1. Analyse des problèmes, des objectifs et des stratégies 42

6.1.1. Généralités : matériel et/ou méthode de construction 42

6.1.2. Diagrammes des problèmes, des objectifs et des stratégies 43

6.2. Elaboration du cadre logique 47

6.3. Calendrier indicatif des activités 51

VII- VALIDATION ET FORMULATION DU PROJET AUTOUR DE LA MISE EN VALEUR DES 52
BAS FONDS

7.1. Validation du projet 52

7.1.1. Validation sociale du projet 52

7.1.2. Validation économique du projet 55

7.2. Formulation du projet 57

7.2.1. Contexte, justification et cohérence avec la stratégie sectorielle de lutte

contre la pauvreté au Cameroun 57

7.2.2. Contenu du projet 58

7.2.3. Composantes et activités du projet 59

7.2.4. Bénéficiaires du projet 64

7.2.5. Coût global et plan de financement du projet 64

7.2.6. Organisation et gouvernance du projet 65

7.2.7. Calendrier des activités au démarrage 66

VIII- CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES 67

IX- BIBLIOGRAPHIE/SITES INTERNET 69

X- ANNEXES 71

Annexe 1 : Carte du Cameroun et situation de Yaoundé 72

Annexe 2 : Fiche d'enquête rapide sur les bas fonds 73

Annexe 3 : Revue photographique des bas fonds visités 75

Annexe 4 : Niveau de caractérisation de bas fonds 76

Annexe 5 : Calendrier agricole de la zone d'étude 77

RESUME/SUMMARY 82

Annexe 6 : Plan de financement détaillé du projet 78

I. INTRODUCTION GENERALE

1.1- Contexte du travail

A cause d'un flux important des populations rurales vers les zones urbaines, le nombre de personnes vivant dans la ville de Yaoundé a connu une augmentation exponentielle de 1970 (juste après la période des indépendances) à nos jours. Cet exode rural qui dépouille les campagnes de la majorité de ses forces vives et actives entraîne plutôt une pression démographique en ville, avec comme corollaire l'augmentation des besoins en nourriture, ou de manière précise, le nombre de bouches à nourrir par des chefs de familles qui, dans la plupart des cas, vivent déjà dans des conditions très précaires.

Pour lever les contraintes comme celle-ci-dessus évoquée, le DSRP (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté, Avril 2003) décline sept (7) grands axes principaux de stratégies dont un seul va en droite ligne avec notre travail, à savoir : « le renforcement de la croissance par la diversification de l'économie ». A travers cet axe, le Gouvernement Camerounais prévoit, pour le secteur rural, l'appuie des opérateurs afin de favoriser la production agricole, assurer des revenus et la sécurité alimentaire aux populations. Gage du premier objectif du millénaire pour le développement (OMD).

En restant dans le cadrage des objectifs de la dernière génération du DSRP (2003), la présente étude devrait contribuer à identifier et à concevoir un projet de développement qui vise l'appui à la modernisation de l'appareil de production, grâce à la mise en valeur de bas fonds dans les zones rurales de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé. En fait, il s'agit concrètement du montage d'un projet autour de la valorisation (agricole ou halieutique) de ces zones considérées depuis longtemps comme marginales. Quant à la valorisation même, elle est simplement basée sur l'amélioration du fonctionnement hydraulique et/ou hydrologique du bas fond, une meilleure organisation des exploitants, la diversification agricole et une intensification des productions susceptibles d'inonder les marchés de la périphérie et par ricochet ceux de la ville de Yaoundé (Cameroun), afin d'y renforcer durablement la sécurité alimentaire à toutes les couches des populations.

1.2- Présentation des concepts clés

Les concepts clés sont ceux qui, tirés du thème, sont susceptibles de sous-tendre notre travail ; nous avons retenu principalement trois à savoir : « projet/projet de développement », « développement/développement intégré » et « bas fond ». Dans le souci d'harmoniser la compréhension de ces concepts dans le cadre du présent travail, il est nécessaire de donner leur définition contextuelle.

1.2.1. Projet et projet de développement

Nous définissons « un projet » comme une focalisation d'actions, projetées sur l'avenir, visant à répondre à un problème identifié ou à une perspective d'amélioration d'une situation donnée, actions planifiées de manière à mobiliser, sur une période précise, des moyens matériels, financiers et humains, selon une organisation logique de leur mise en oeuvre. S'agissant d'atteindre un objectif et d'obtenir un produit dans un temps fixé, le projet doit faire l'objet d'un suivi périodique et d'une évaluation pour s'assurer de son succès. Un projet a une naissance avec la préparation des actions, une vie avec leur déroulement et une mort avec le terme du projet.

Combiné avec le concept de développement, on obtient un nouveau concept « projet de développement » qui prend un sens littéral plus ou moins différent. Pour les auteurs PHILIPPE LAVIGNE DELVILLE, BROUILLET A.S. et LEVY M. (2007), un projet de développement est une intervention dans les systèmes sociaux et politiques dynamiques ; il apporte des ressources matérielles, techniques, mais aussi intellectuelles, politiques, symboliques, à différents groupes d'acteurs, qui vont s'en saisir ou tenter de s'en saisir, pour modifier et améliorer leur situation, ou au contraire neutraliser les effets potentiels de l'opération.

1.2.2. Développement et développement intégréLa définition du concept de « développement » est très diversifiée et se heurte parfois à des versions quelque peu divergentes.

Mais d'une façon générale, on peut définir le développement comme étant « un processus politique, social et économique cohérents et harmonieux engendrant un état de vie, d'être et de pensées favorables à l'amélioration durable et désirée des conditions de vie ; et tout ceci se caractérisant et s'appréciant par rapport à des références communément admises »

OAKLEY ET GARFORTH (1986) cité par HAMMANI (1997), estiment que le développement évoque une certaine forme d'actions, ou d'interventions propres à influencer sur le processus général de transformation sociale. C'est un concept dynamique qui suppose que l'on modifie les données d'une situation antérieure ou que l'on s'en éloigne. Ils ajoutent que le processus de développement peut prendre des formes variées et tendre vers toutes sortes d'objectifs sociaux désirables.

5

C'est dans le même sens et dans le contexte de conception de projet de développement rural que BOUKHARI (1997) In B. YODA (2004) estime que : « le développement est un changement de l'environnement (aménagement et équipement) et de CAP (connaissances, attitudes et pratiques) » (HAFID 2003).

On perçoit par ces différentes approches qu'il n'existe pas de définition universelle communément admise qui puisse réellement cerner tous les aspects de ce concept qui se veut davantage dynamique et relatif à un contexte.

En effet, l'on voit de plus en plus des attributs qui se greffent au développement afin de l'adapter aux différentes réalités contextuelles. Nous faisons allusion à des concepts comme le développement durable, le développement participatif, le développement rural, ou développement intégré. C'est ce dernier concept qui concerne notre travail.

Parlant du « développement intégré » évoqué ci-dessus, MORIZE (1992) avance que « c'est un développement logique et rationnel, visant dans un but de croissance, tous les aspects qui dépendent les uns des autres, de manière à n'oublier aucune des conditions nécessaires à ce développement ». Le développement intégré est ainsi perçu comme une vision globale et systémique dans les approches, contrairement à l'approche sectorielle.

Pour une zone géographique donnée, le développement intégré peut être considéré comme une approche particulière qui consiste à prendre en compte toutes les causes d'un problème dans une réponse complète susceptible de lever les contraintes socio-économiques y afférentes. Cela nécessite sans doute une conjugaison de plusieurs actions d'appui et non pas seulement à apporter une réponse sectorielle à un problème en rapport avec les conditions de vie de l'homme dans son contexte social.

1.2.3. Bas fond : définition, atout et intérêt

Selon le Consortium bas fonds (CBF1), les « bas fonds » sont les parties supérieures des systèmes de cours d'eau, dans lesquelles il n'y a plus ou très peu de processus de sédimentation alluviale. Ils couvrent toute l'étendue de vallée, c'est-à-dire, les fonds de vallée qui peuvent être submergés pendant une partie de l'année, leurs franges hydromorphes et les pentes et croutes de plateau contigües, formant la zone qui alimente en eau les fonds de vallée par ruissellement et suintement.

Les bas fonds qui se distinguent généralement des marais qui, faute d'exutoire, sont engorgés en permanence, couvrent environ 190 millions d'hectares en Afrique subsahararienne, ce qui représente environ 8% des terres. Seule une petite fraction de ces bas fonds, probablement moins de 15%, est exploitée actuellement, essentiellement dans les zones subhumides et humides. Les rendements y sont souvent faibles et leur mise en valeur est limitée par les contraintes suivantes (Jamin et al., 1996) :

- manque de gestion appropriée de l'eau ;

- problèmes d'adventices ;

- variétés mal adaptées aux conditions pédoclimatiques et à la demande du marché ;

1 Consortium Bas fonds (CBF) est une structure de recherche basée en Côte d'Ivoire.

- pénibilité du travail et insuffisance de main d'oeuvre ;

- problème de commercialisation lié à l'état des pistes de desserte ;

- système foncier non clarifié ;

- accès limité aux marchés d'intrants et des produits agricoles.

Figure 1 : Profil simplifié et stylise d'un bas fond

Source : Consortium Bas Fond (CBF)

Toutefois, les bas fonds constituent un atout agricole et hydrologique important au niveau local et national et peuvent contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté. De ce point de vue, PHILIPPE LAVIGNE DELVILLE et al (1996) affirment que ces fonds de vallées sont considérés comme des milieux fertiles, qui peuvent, moyennant un aménagement approprié, et de fois sans mouvement des terres de surface en grande masse, porter des cultures permanentes ou abriter des étangs piscicoles.

En ce qui concerne l'intérêt pour la culture des bas fonds, il y a lieu de noter qu'il s'inscrit dans le jeu dynamique d'allocation du travail en fonction des objectifs de la reproduction économique familiale. Il met certainement en jeu l'ensemble du système économique de l'exploitation. L'analyse des dynamiques agraires, d'un côté, celle de l'économie familiale de l'autre (calendriers de travail, de trésorerie, alimentaires ; Leplaideur, 1992), fournissent deux guides complémentaires pour comprendre les logiques économiques des paysans et la place qu'ils accordent au bas fond.

NGUEGANG P. et al. (2005, acte de conférence de la Délégation Régionale du CIRAD à Yaoundé au Cameroun), en conclusion d'une étude portant sur la mise en valeur des bas fonds à Yaoundé et environs, affirme que l'activité dans les bas fonds est dynamique ; c'est une activité compétitive qui offre des perspectives d'emplois pour nombre de jeunes et de femmes de la ville. Les revenus tirés de cette activité permettent aux exploitants des marécages de faire face aux besoins

d'éducation, de santé et même de nutrition de l'unité familiale. Bien développée, cette activité peut s'intégrer dans une dynamique de lutte contre la pauvreté.

Cependant, le constat pour l'Afrique Centrale, et particulièrement au Cameroun, c'est que les bas fonds sont généralement peu ou pas exploités ; certains voient en ces espaces plutôt une réponse à la pression foncière croissante sur les terres pluviales et bien plus une contribution à la production de surplus alimentaire. Les pratiques paysannes de mise en valeur des bas fonds s'inscrivent sans doute dans un système de production diversifiée qui, sauf exception, sont centrés sur les cultures pluviales, et répondent à des objectifs économiques qui ne passent pas forcément par l'intensification.

1.3- Revue de la littérature

Pour un travail scientifique donné, il est difficile de passer en revue l'ensemble des recherches déjà menées sur le sujet. A cet effet, dans le souci de situer le sujet dans le contexte actuel de la recherche nationale ou internationale, nous avons essayé de rassembler quelques informations disponibles sur ledit sujet (bibliographie, communications orales, etc.), de façon à avoir certains éléments utiles dans la construction et l'organisation des idées. Il faut noter que cela ne saurait être exhaustif.

1.3.1. Les travaux essentiels du Consortium Bas Fonds

Le Consortium Bas Fonds (CBF) pour la mise en valeur durable des écosystèmes de bas fonds est une activité éco-régionale à l'échelle du système, soutenue par le GCRAI pour l'Afrique subsaharienne et présidée par le Centre du Riz pour l'Afrique (ADRAO), en collaboration avec les instituts nationaux et internationaux oeuvrant à améliorer la productivité et la viabilité des systèmes d'exploitation des sols des bas fonds. C'est une plate-forme de coopération régionale pour la promotion d'un développement durable des bas fonds, mettant à contribution le partenariat de diverses institutions pour former une masse critique, planifier et mettre en oeuvre conjointement un programme intégré de recherche visant des objectifs communs.

Les principaux centres d'intérêt sur lesquels se reposent l'essentiel des travaux de recherche de cette structure sont les suivants :

- Caractérisation des dynamiques de mise en valeur des bas fonds ; quatre axes de recherche

ont été développés pour ce thème à savoir (i) dynamique de l'occupation du sol dans les bas fonds, (ii) fonctionnement hydrologique des bas fonds, (iii) évolution de la fertilité du sol dans les bas fonds et (iv) évolution de la biodiversité dans les bas fonds.

- Mise au point et évaluation des technologies pour des systèmes de production améliorés et

pour la gestion des ressources naturelles. Les recherches conduites pour ce thème visent
principalement à élaborer des systèmes peu coûteux de gestion des sols et de l'eau pour les

bas fonds, intensifier les systèmes rizicoles de bas fonds, intégrer la pisciculture dans les bas fonds, intégrer l'élevage dans les bas fonds, diversifier les cultures dans les bas fonds.

- Aspects socio-économiques et politiques pour l'amélioration des systèmes de production
dans les bas fonds. Les deux volets principaux ci-dessous sont identifiés :

· Marchés : Commercialisation et marché des intrants ;

· Influence des politiques sur le développement des bas fonds.

- Méthodes de diffusion et de mesures d'impact des technologies pour la mise en valeur des

bas fonds. Pour cette raison, il a été mis en place avec la contribution des Unités Nationales de Coordination (UNC) du CBF telles que le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Guinée, le Mali, le Nigeria, la Sierra Léone et le Togo, un système d'information (WAIVIS) sur les bas fonds en Afrique de l'Ouest. Cet outil capitalise des bases de données exclusives sur les agro-écosystèmes de bas fonds en Afrique de l'Ouest. Ces données ont été collectées dans le cadre des projets du Consortium Bas Fonds (CBF) entre 1995 et 2001.

De nombreuses publications de cette structure sont des bulletins d'information, les actes d'ateliers et les rapports d'activités ; ces publications ont constitué indubitablement la base principale pour la revue de la littérature relative au sujet.

1.3.2. Les publications du GRET

Le GRET est une association professionnelle de solidarité et de coopération internationale. Elle travaille, en Afrique, en Asie, en Amérique latine, mais aussi en Europe, pour contribuer à un développement durable et solidaire et lutter contre la pauvreté et les inégalités structurelles. Ses actions visent à accroître les revenus des populations rurales et urbaines, réduire leur vulnérabilité, améliorer leur accès à des infrastructures et des services de qualité, développer leur capacité à faire entendre leur voix.

Cette association a publié plusieurs ouvrages dans différents domaines scientifiques. Dans le cadre de notre sujet, nous avons tablé sur les deux ouvrages ci-dessous qui ont le plus retenu notre attention :

- NICOLAS CAMPHUIS, PHILIPPE LAVIGNE DELVILLE, 1996 : Aménager les bas

fonds dans les pays du Sahel - Guide d'appui à la maîtrise d'ouvrage locale.

- PHILIPPE LAVIGNE DELVILLE, LUC BOUCHER, 1998 : Les bas fonds en Afrique

tropicale humide - Guide de diagnostic et d'intervention.

Fondés sur les acquis les plus récents des intervenants de développement et de la recherche, ces
manuels proposent une démarche d'intervention en aménagement de bas fonds, en réponse à des
demandes locales. Les points qui y sont généralement abordés concernent les types d'aménage-

ment et leur impact potentiel, le fonctionnement du bas fond, le diagnostic concerté sur les modes d'exploitation, la définition négociée des finalités et de la démarche de l'intervention, l'évaluation économique des ouvrages, le diagnostic hydrologique du bas fond, les règles de conception, de dimensionnement et de construction des principaux types d'ouvrages.

1.3.3. Les communications du CIRAD

Le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) est un établissement public à caractère industriel et commercial français créé en 1984 et spécialisé dans la recherche agronomique appliquée aux régions chaudes. C'est un organisme scientifique dont la mission est de contribuer au développement durable des pays tropicaux et subtropicaux. Les différents travaux de recherche sont réalisés dans des centres qui lui sont propres, et au sein de structures nationales de recherche agronomique des pays partenaires.

On recense une quantité importante de communications qui présentent surtout le contexte d'aménagement des bas fonds en zone subtropicale : situation, problèmes rencontrés, enjeux socio-économiques (notamment la place de la riziculture et le travail des femmes). Les pratiques, les innovations, les expériences régionales sont décrites. Les intervenants institutionnels sont évoqués (organisations locales, gouvernementales...).

AHMADI N. et TEME B., (1998. Colloques : CIRAD Montpellier), à travers les actes du séminaire portant sur l'aménagement et la mise en valeur des bas fonds au Mali : bilan et perspectives nationales, intérêt pour la zone de savane ouest-africaine, retracent les actions conduites ces dernières années, dans les zones de bas fonds, par les institutions de recherche du Mali et d'Afrique de l'Ouest (Ier, consortium bas fonds...), par d'autres acteurs au développement, par les bureaux d'études privés et les organisations paysannes, en collaboration avec le CIRAD. Ils apportent des réponses à certaines questions posées par le développement des bas fonds comme la valorisation des cultures (riz, pomme de terre, fruits...), la conduite de l'élevage (abreuvement), les relations avec les autres filières agricoles, etc. Un référentiel important de recommandations techniques et d'aide à la décision est disponible aujourd'hui. Ils établissent que les bas fonds peuvent jouer un grand rôle pour l'intégration du monde rural à l'économie de marché, pour la structuration et la professionnalisation des opérateurs. L'évolution des politiques des pouvoirs publics, des filières de production, des expériences de développement et des acquis de la recherche montrent à suffisance la nécessité de poursuivre les efforts en mettant l'accent sur le conseil agricole et l'organisation des filières de production. Ce séminaire a permis un dialogue approfondi entre chercheurs, acteurs au développement et décideurs, dressant un bilan des expériences et des acquis en matière d'aménagement et de mise en valeur des bas fonds au Mali. Les atouts et les freins à leur

développement ont été examinés, afin de réunir les éléments nécessaires à l'élaboration d'une nouvelle stratégie d'action.

1.4- Démarche suivie

Les travaux se sont déroulés en trois étapes primordiales à savoir : l'exploration de l'information existante, la collecte des données de terrain et l'exploitation desdites données.

1.4.1. Exploration de l'information existante

L'exploration de l'information existante s'est réalisée en trois phases à savoir :

- Première phase : elle concerne la consultation des personnes compétentes dans le domaine

en question, et facilement atteignables, ainsi que la recherche sur internet ;

- Deuxième phase : il s'agit de l'organisation des discussions et des entretiens avec des insti-

tutions en charge de l'agriculture, de l'aménagement du territoire ainsi que des projets ayant oeuvré ou oeuvrant dans le domaine concerné ;

- Troisième phase : elle concerne concrètement la recherche et l'exploitation de la documen-

tation dans le domaine de notre travail ; à partir de quelques articles récents, bien ciblés, nous avons obtenu également de bonnes références additionnelles dans la bibliographie citée. Pour éviter d'être débordé par les informations, nous avons procédé à une sélection selon des critères liés aux objectifs du travail et à l'analyse de la documentation retenue pour tenter de donner un sens aux multiples informations collectées.

1.4.2. Collecte des données de terrain

La collecte des données de terrain s'est fondée sur une démarche participative :

- Principes et démarche des enquêtes ou du diagnostic rapide ;

- Approches participatives, avec tous leurs outils, visant à promouvoir la participation des

communautés locales dans le processus de recherche et de développement, dans la gestion des choses qui les concernent directement ;

- Des interviews semi-structurées.

1.4.3. Exploitation des données de terrain

Cette étape a consisté à utiliser les données de terrain pour :

- Caractériser de manière générale les bas fonds de la zone d'étude ;

- Formaliser l'analyse de la situation et définir de manière participative les priorités de déve-

loppement des parties prenantes ;

- Formuler la conception d'un projet autour de la mise en valeur des bas fonds dans la zone

péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun), y compris la définition de son contenu.

12

1.5- Contenu et organisation du mémoire

Le présent mémoire est consacré à l'identification et à la conception d'un projet de développement intégré autour de la mise en valeur des bas fonds en zone tropicale humide : cas des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun).

Outre l'introduction (point I) qui comprend de manière générale : le contexte du travail, la présentation des concepts clés, revue de la littérature et la démarche suivie, le présent mémoire s'articule autour de sept autres principaux points que sont notamment :

- Le point II intitulé « objectifs et cadre du travail » présente les enjeux et la problématique

des bas fonds, les objectifs et les contextes physique et socio-économique de la zone d'étude.

- Le point III quant à lui présente la méthode et les outils de collecte des données, ainsi que

la technique d'enquête rapide sur un échantillon de quatre bas fonds de la zone d'étude.

- Le point IV concerne la présentation à la fois des résultats de l'enquête ci-dessus évoquée et les discussions qui en découlent. Cette partie permet d'apporter une réponse à la problématique posée au point II et de décider ou non de l'identification et de la conception du projet autour de l'aménagement des bas fonds.

- Les données collectées et exploitées ont permis, au point V et au point VI de passer respec-

tivement à l'identification et à la conception d'un projet autour de la mise en valeur des bas fonds de la zone péri-urbaine de Yaoundé, au Cameroun.

- Le point VII concerne la validation et la formulation du projet. La validation consiste à

construire une discussion objective et critique en vue d'approuver la conception du projet en termes de faisabilité sociale et économique. Cet examen qui permet d'affiner la conception, débouche à la formulation du projet.

- Le point VIII intitulé « conclusion et perspectives » permet de faire simplement ressortir

l'essentiel du mémoire et d'ouvrir les perspectives de notre travail.

* * *
* *
*

II. OBJECTIFS ET CADRE DU TRAVAIL

2.1. Enjeux et problématique des bas fonds

Les bas fonds sont des écosystèmes complexes et hétérogènes, présentant parfois de fortes contraintes culturales souvent considérées à tort, par certains paysans, comme des lieux répulsifs, malsains et sièges des génies. C'est pour cette raison que ces espaces sont longtemps restés sans intérêt agricole pour la majorité de ces paysans.

En effet, du fait de la forte croissance démographique observée ces derniers temps et corrélativement la forte croissance de la demande en nourriture, le changement des systèmes agraires et des modes d'exploitation du milieu s'impose progressivement de lui-même en vue de constituer des zones d'extension des cultures dans des terroirs en saturation. Ainsi, depuis une décennie environ, on constate que l'exploitation des bas fonds dans la zone urbaine et péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun) est en pleine expansion et bien également dans l'arrière pays, ceci dans le souci de répondre "aux besoins sociaux du moment" des différents usagers, en fonction de leurs logiques économiques et de l'ensemble des activités et des ressources dont ils disposent.

D'un point de vue général, le besoin d'exploitation des bas fonds vise la diversification des types d'écosystèmes2 mis en valeur et l'élargissement de la gamme des possibilités à mieux jouer le jeu de la complémentarité des parcelles au sein d'un système traditionnel de production. Au regard des conclusions des nombreuses recherches menées dans le domaine, on remarque par ailleurs que, pour les bas fonds :

- Des systèmes de culture spécifiques (riz inondé, maraîchage, des bananiers et mêmes des

fruitiers) peuvent être mis en place et avec des bons rendements ;

- Le maraîchage de contre-saison apporte des revenus supplémentaires aux ménages ;

- La mise en culture des bas fonds étale le calendrier agricole, et complète ainsi en milieu

paysan les "creux" du calendrier de trésorerie qui se pose très souvent avec acuité ;

- Les calendriers de culture en zones exondées et en bas fonds sont décalés, ce qui limite les

pointes de travail, et permet de mieux gérer le calendrier des contraintes de travail ;

- Les conditions hydriques offrent une plus grande souplesse qui permet de décaler le cycle

de la culture de bas fonds en fonction de la pointe de la demande sur le marché.

Le développement des points de vue ci-dessus évoqués nous amène à poser la problématique sui-
vante : « Comment la diversification des types d'écosystèmes par la mise en valeur des bas fonds
de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé peut y constituer un atout indéniable dans la lutte

2

Le processus de diversification agricole est perçue à travers trois unités d'analyse complémentaires à savoir (i) les filières = réponse volontaire à l'instabilité financière des marchés, (ii) l'espace = introduction d'une autre manière de gérer l'espace agricole, à tous les niveaux qui le composent et (iii) l'exploitation agricole = réponse d'un acteur à une nouvelle situation économique (Eric Malézieux, Paule Moustier - CIRAD, 2005)

contre la pauvreté et le renforcement de la sécurité alimentaire ? Autrement dit, en quoi est-ce que cette mise en valeur peut-elle être une activité économique qui offre des perspectives d'emplois pour de nombreux jeunes en chômage et enquête d'un emploi formel ? »

2.2. Objectifs du travail

Au regard du contexte du présent travail (voir paragraphe 1.1. en introduction) et de la problématique ainsi posée, la pertinence d'une étude autour de la mise en valeur des bas fonds se justifie au travers de la vision de la politique agricole nationale au Cameroun, laquelle est orientée vers :

- la recherche de la sécurité alimentaire ;

- la préservation des ressources naturelles pour une garantie de durabilité ;

- l'amélioration de la qualité et des quantités à l'exportation ;

- la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des revenus des paysans.

Ainsi, les objectifs de notre travail qui sont une émanation de cette vision de la politique agricole sont ci-dessous définis.

2.2.1. Objectif global

L'objectif global du présent travail vise à faire :

- D'une part, une collecte et une analyse des données socio-économiques sur la zone de

l'étude afin d'avoir une meilleure connaissance des besoins prioritaires des populations cibles, du potentiel agricole pour les cultures de bas fonds et de montrer que lorsque les contraintes hydrauliques sont fortes et l'enjeu économique le justifie, une meilleure maîtrise de l'eau bien assurée par des aménagements en respect des logiques paysannes, peut avoir un impact significatif sur la productivité (agricole et/ou halieutique) desdits bas fonds en zone tropicale humide, de manière à offrir une dynamique de lutte contre la pauvreté tout en renforçant en même temps la sécurité alimentaire ;

- Et d'autre part, la formulation fine d'un projet d'appui susceptible de promouvoir

l'amélioration de la productivité et de la viabilité des systèmes d'exploitation des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun), y compris les infrastructures socioéconomiques connexes.

2.2.2. Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques, définis selon les points de vue non seulement de la sécurité alimentaire mais aussi de la lutte contre la pauvreté, sont les suivants :

- Explorer le potentiel d'intensification et de diversification des écosystèmes mis en valeur

par l'aménagement des fonds de vallées de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun) ;

- Elargir la gamme des possibilités de survie des ménages pauvres au travers de cette diversi-

fication ;

15

- Exposer les intérêts ou mieux les enjeux potentiels des bas fonds dans le contexte d'une

alternance d'activités génératrices de revenus susceptibles de concourir à la sécurisation économique des ménages qui réussissent à faire face aux périodes de soudure grâce à la possibilité de pouvoir étaler les périodes de revenus ;

- Mettre en évidence les effets, ou mieux les enjeux, de l'aménagement des bas fonds sur les

bénéficiaires du point de vue social, économique et environnemental ;

- Proposer un projet de développement basé sur la mise en valeur des bas fonds, y compris le

renforcement des infrastructures économiques connexes telles que : les hangars de marché,

les magasins de stockage ainsi que les pistes rurales desservant les sites ainsi aménagés.

2.3. Contexte physique

2.3.1. Situation géographique de la ceinture périurbaine de YaoundéLa zone d'étude dont le centre est le département du Mfoundi, avec comme chef lieu la capitale

Yaoundé dans la Région du Centre, est géographiquement délimitée par les départements de la Lékié située entre le Nord-ouest et l'Ouest, de la Mefou et Afamba située entre le Nord-est et le Sud-est et la Mefou Akono située entre l'Ouest et le Sud de la ville de Yaoundé. Le découpage de cette zone en municipalités se présente comme suit :

- Le département de la Lékié compte neuf (9) communes dont : Ebebda, Elig-Mfomo, Evo-

doula, Monatélé, Batchenga, Obala, Okola, Lobo et Sa'a.

- Le département de la Mefou et Akono comprend quatre (4) communes dont : Akono, Bi-

kok, Mbankomo et Ngoumou.

- Le département de la Mefou et Afamba est découpé en huit (8) communes dont : Afan-

loum, Awaé, Edzendouan, Esse, Mfou, Nkolafamba, Olanguina et Soa.

- Le département du Mfoundi est découpé en sept (7) communes de Yaoundé I à Yaoundé

VII. Cependant, Yaoundé ville n'est pas concerné étant donné l'urbanisation anarchique à l'intérieur de la ville qui entraine l'occupation des bas fonds jadis cultivés pour le maraichage.

Figure 2 : Situation géographique de la zone d'étude

Sources : Institut national de la statistique (Cameroun) - Annuaire statistique du Cameroun 2004

2.3.2. Contexte climatique

On rencontre généralement au Cameroun deux grands domaines climatiques à savoir le domaine tropical et le domaine équatorial. C'est ce dernier domaine qu'on trouve dans la ceinture périurbaine de Yaoundé (Cameroun) qui constitue notre zone d'étude. De type guinéen, ce climat se caractérise par des précipitations abondantes dont la moyenne se situe entre 1500 et 2000 mm/an, des températures élevées et stables dont les moyennes mensuelles varient entre 22 et 25°C et une végétation se dégradant au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur. Théoriquement, Il est découpé en quatre saisons bien tranchées à savoir (i) une petite saison de pluies (Assomblo'ô en langue locale) de près de quatre (4) mois, allant de mars à juin, (ii) une petite saison sèche (Oyo'ôn en langue locale) de deux (2) mois environ, allant de juillet à août, (iii) une grande saison de pluies (Akap) de trois (3) mois, allant de septembre à novembre et (iv) une grande saison sèche (Isep en langue locale) de trois (3) mois, s'étalant de décembre à février. La figure 3, ci-dessous, présente la courbe ombrothermique de Yaoundé (Cameroun).

Concrètement, avec le phénomène de changements climatiques observé tous ces derniers temps, on constate que la saison sèche a tendance à s'allonger au détriment de la saison de pluies ; en plus, le découpage du climat en quatre (4) saisons n'est plus tellement bien tranché. Selon le rapport du PNUD sur les changements climatiques de 2008, la température annuelle moyenne au Cameroun a augmenté de 0,7°C de 1960 à 2007 tandis que les précipitations annuelles moyennes

350

300

250

200

150

100

50

0

Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.

P [mm] C [° C]

du Cameroun ont diminué d'environ 2,9 mm chaque mois (soit 2,2%) et par décennie depuis 1960.

Tableau 1 : Moyennes mensuelles de pluviométrie et de température

Mois Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. Total

1747

23,33

22 63 146 182 204 151 56 174 202 300 127 120

24 25 24 24 24 23 22 22 23 23 22 24

P [mm]

C [° C]

Figure 3 : Courbe ombrothermique de Yaoundé (Cameroun)

2.3.3. Sols, végétation, hydrogéologie, hydrographie et relief

a) Sols et végétation

La structure des sols observés dans la zone peut être très variable ; ces sols sont caractérisés par les trois unités pédologiques suivantes :

- Les sols peu évolués : se rencontrent surtout sur les massifs ou les talwegs à forte pente et ne

présentent qu'une mince couche humifère de quelques centimètres.

- Les sols hydromorphes : se rencontrent surtout dans les bas fonds et vallées. On distingue :

· les sols hydromorphes organiques qu'on retrouve principalement à proximité des lits des grands cours d'eau et certains bas fonds étendus. Leur horizon supérieur est riche en matières organiques mais présente une faible capacité d'échange cationique (CEC). Ils ont un potentiel certain pour les cultures de rente ainsi que les cultures vivrières et requièrent un aménagement important (drainage et amendements minéraux) pour être exploités ;

· et les sols hydromorphes minéraux qui occupent par contre les petites vallées. Avec une structure généralement grossière, sableuse et graveleuse, ces sols font l'objet d'une intense activité agricole (maraîchage, cultures vivrières).

- Les sols ferralitiques : occupent environ 80% de la zone forestière humide (ROBAIN, 1993) ; ces sols sont plus souvent acides et de couleur :


· Soit rouge, avec une bonne structure qui convient aux cultures arbustives ainsi qu'aux

cultures vivrières ;


· Ou jaune, présentant des horizons plus sableux en surface et une structure massive au-

dessous. Dans ce cas, ils ont une faible teneur en éléments nutritifs, et nécessitent

l'apport de fertilisants dans le cadre d'une intensification des systèmes de cultures. Faiblement et moyennement désaturés, les sols ferralitiques ont généralement un potentiel de fertilité bien meilleur pour une agriculture intensive.

L'ensemble des formations végétales de la zone d'étude appartient au domaine de forêt dense caractéristique d'une zone équatoriale humide. Les peuplements dans les bas fonds sont généralement constitués des raphiales jouant un rôle important dans l'artisanat local et d'une végétation herbacée constituée des espèces très variées.

b) Hydrogéologie

L'hydrogéologie de la région est caractérisée par l'existence d'un aquifère discontinu de fissures ou de fractures, contenu dans le socle ancien. Il est surmonté par un aquifère des altérites, continu, exploitable et exploité par des puits. L'aquifère des altérites est le premier qu'on rencontre sous la surface du sol, entre 10 à 15 mètres de profondeur. Alimenté directement par les précipitations, il est contenu dans les massifs latéritiques qui surplombent les bas fonds de la région. La nappe a une forme générale en dômes dans les collines et coule des zones de plateau vers les bas fonds qu'elle alimente et où elle affleure. Les bas fonds où affleurent et coulent les nappes restent généralement humides toute l'année, du fait que le niveau statique de la nappe sur les plateaux reste toujours supérieur à celui dans les bas fonds. En coulant dans les bas fonds vers les côtes les plus basses, elle constitue les sources des cours d'eau de la région et le début du chevelu hydrographique.

c) Hydrographie

La zone du projet est située sur une ligne de partage des eaux entre les deux grands bassins hydrogéographiques des fleuves Sanaga et Nyong. C'est un réseau qui constitue un ensemble de chenaux drainant les nappes souterraines et les eaux de surface vers l'exutoire du bassin versant. Les ruisseaux, les rivières, les lacs, les étangs et les cours d'eau importants coulent toute l'année, en saison sèche comme en saison de pluies. Le réseau hydrographique a disséqué intensément les formations latéritiques des plateaux donnant un paysage en plusieurs collines et plateaux que séparent les vallées dont les fonds en « U » forment le plus souvent des bas fonds faisant objet du présent travail. La densité moyenne de drainage (longueur des drains par unité de surface) est

2

d'environ 2,5 km/km.

d) Relief

La zone d'étude appartient au plateau qui occupe la majeure partie du Cameroun méridional. Son

relief est caractérisé par une altitude moyenne de près de 650 m et une succession de collines culminant vers 800 m d'altitude, que dominent par endroits des mornes rocheux de 1100 m à 1300 m (Mbam Minkom : 1295 m, Nkolodom : 1221 m, Mont Eloumden : 1159 m, etc...) séparés par des vallées des cours d'eau ou élargies en cuvettes marécageuses (bas fonds). Ces reliefs sont couverts par un manteau latéritique dont les faciès varient de haut en bas.

2.4. Contexte socio-économique de la zone d'étude : données essentielles

2.4.1. Contexte général de développement au Cameroun

Le développement économique du Cameroun d'une manière générale, repose principalement, comme la plupart des pays en développement, sur le secteur primaire. En 2005, les statistiques sur les terres cultivées et les productions vivrières obtenues étaient les suivantes : la production de céréales a été de 1,5 million de tonnes pour 1,1 millions d'hectares cultivés ; celle des tubercules de 2 millions de tonnes pour 0,7 millions d'hectares et celle des légumineuses de 0,5 millions de tonnes pour 0,6 millions d'hectares cultivés. Ces cultures ont connu en termes de production un taux d'accroissement constant de 1% depuis 2001, aux dépens de cultures de rente qui ont subi au cours de cette période la baisse des cours mondiaux. Les productions agricoles vivrières (maïs, manioc, banane plantain, macabo, riz, mil, sorgho et arachide, etc.) et de rente (cacao, café, coton, caoutchouc, banane, ananas, etc.) font de l'agriculture camerounaise la plus riche d'Afrique Centrale. Le secteur agricole emploie près de 70% de la population active et représente 40% des recettes d'exportation. Il reste une part importante de l'économie camerounaise (20% du PIB).

La population de ce pays est estimée en 2008 à 18 millions d'habitants. En janvier 2010, elle était estimée à 19 406 100 habitants. Selon les résultats du dernier recensement, le Cameroun compte toujours un peu plus de femmes (50,6%) que d'hommes (49,4%). La moitié de la population a moins de 17,7 ans et le poids démographique des moins de 15 ans se situe à 43,6%. Les personnes âgées de plus de 60 ans ne représentent que 5,5 % de la population totale.

La croissance urbaine, mal maîtrisée (occupation anarchique de l'espace, mauvais état des voiries, problèmes d'environnement urbain,...), constitue un frein à la croissance et entraine une détérioration des secteurs de base tels que la santé et l'éducation, fragilisant ainsi le capital humain. Le taux d'urbanisation est passé de 37,8 % en 1987 à 47,2 % en 1997 (MINEFI, 1997) et le Plan National pour la Gestion de l'environnement (PNGE) projetait qu'en 2010 deux camerounais sur trois vivront dans la ville. Une des conséquences de cette urbanisation galopante est la demande élevée des denrées alimentaires.

La croissance anémique et la hausse des prix de quelques produits de base sont à l'origine des
tensions sociales et surtout des revendications de février 2008. Malgré une démographie urbaine

en constante croissance, une majorité (de 55 à 65% selon les estimations) de la population demeure en zone rurale.

Les progrès à accomplir au Cameroun restent immenses et sont urgents lorsque l'on sait que les pauvres constituent encore plus de 50% de la population. Les économistes s'accordent sur le fait qu'il est nécessaire pour les pouvoirs publics de bâtir un modèle de développement économique capable de créer la richesse, la valeur ajoutée, de résorber le chômage et de réduire les inégalités : une économie à visage humain capable d'assurer l'équité, de sauvegarder l'environnement et de protéger les droits des générations futures.

2.4.2. Contexte de développement particulier à la zone d'étude

Du constat fait lors de notre diagnostic et de la synthèse d'un certain nombre des études sociologiques faites dans la zone du projet, il ressort que bien que celle-ci soit la plus grande pourvoyeuse de la capitale Yaoundé (Cameroun), tant en produits agricoles que pastoraux, est caractérisée principalement par :

- Une insuffisance de certaines infrastructures économiques telles que les marchés (hangars) périodiques, des magasins communautaires, etc...;

- Un enclavement dû à un réseau routier déficient et en état de dégradation avancée, et rendant difficile l'accessibilité aux sites de productions ;

- La baisse de la fertilité des sols en raison d'une part, de leur surexploitation sans apports
d'intrants, et d'autre part, de la densité élevée (moyenne de 90 hab/km2) de la population ;

- La faiblesse des revenus monétaires ne permettant pas aux populations d'avoir accès aux services tels que la santé, l'éducation, l'eau potable, etc., et de participer à la réalisation et à l'entretien des équipements de base ;

- La dégradation du pouvoir d'achat des paysans, laquelle est exacerbée par l'accroissement régulier des prix des produits manufacturés, face à la détérioration constante des revenus tirés des activités agricoles ;

- La carence des structures de crédit adaptées aux besoins socio-économiques des populations.

Toutefois, on note quand même les quelques atouts suivants pour cette zone :

- Une demande urbaine importante et croissante en produits agricoles ;

- La présence de nombreux GIC dynamiques, mêmes si leurs activités restent limitées par faute de moyens financiers ;

- Une émergence de la mise en valeur des bas fonds en matière de production agricole et halieutique ;

- Un dynamisme notable de jeunes exploitants et des groupements féminins s'adonnant à l'agriculture vivrière et aux petits métiers ;

- L'existence d'un réseau faible mais opérationnel d'établissements de micro-finance, bien que l'insuffisance de ressources financières constitue la principale contrainte à leur développement ;

- La présence de nombreuses Associations et ONG (interfaces) susceptibles d'apporter des ap-

puis aux producteurs et aux communautés locales ainsi que des fournisseurs d'intrants ;

- La présence d'institutions de recherche disposant de référentiels technico-économiques adap-

tés aux différents types d'exploitation dans la zone d'étude, etc...

2.4.3. Analyse des moyens d'existence des communautés et des ménages de la zone d'étude

Yaoundé, capitale politique du Cameroun, comptait en 1997 1,1 million d'habitants pour une densité de population de plus de 4.400 habitants au km2 (MINEFI, 1997). Aujourd'hui, elle abrite une population estimée à 1.729.800 habitants, soit une densité moyenne de 5.691 habitants au km2. La poussée démographique y est forte avec un taux de croissance annuelle estimé à 6,8 %. La population de la ville de Yaoundé est cosmopolite, composée d'hommes et de femmes issues des différentes ethnies du pays ; cependant, dans la zone d'étude on rencontre un grand groupe socioculturel autochtone, à savoir les « Betis » ; ce grand groupe se compose de trois groupes ethniques dont les « manguissa (minoritaires) », les « étons » et les « ewondo (majoritaires) ».

Selon l'avis des ménages (2003, Consultations participatives en vue de d'élaboration du DSRP), la pauvreté est avant tout le manque de ressources matérielles ou financières pour satisfaire les besoins essentiels des individus ; au nombre de ces besoins figurent naturellement l'alimentation, le logement, les soins de santé, l'éducation, l'approvisionnement en eau potable, etc. Pour le PNUD (1998, Rapport sur le Développement Humain portant sur la Pauvreté au Cameroun), la pauvreté est présentée comme un phénomène complexe qui désigne généralement une insuffisance de ressources et une privation de possibilités de choix et d'opportunités qui offriraient aux individus des conditions de vie décentes. Ainsi, pour mieux apprécier les moyens d'existence des ménages face à la pauvreté ambiante, il est nécessaire d'exposer le contexte dans lequel vivent respectivement les communautés et les ménages aussi bien en ville qu'en milieu rural, dans la zone d'étude.

a) Situation des ménages vivant en milieu urbain

D'une manière générale, les effets de la crise économique et les restrictions budgétaires dans le secteur public (PARROT : 1998) ont favorisé le chômage qui est allé galopant ces dernières années ; la situation ici se traduit par l'explosion du secteur informel qui est une voie incontournable de survie pour des ménages sans emploi formel. Ce chômage atteint aujourd'hui près de 35 % des jeunes, notamment des diplômés des grandes écoles et de l'enseignement supérieur. Il est à noter

22

que les activités lucratives des secteurs formels et informels semblent être plus ou moins en saturation, avec comme conséquence l'augmentation des ménages ou des individus pauvres.

On note de manière globale que 30 % des populations de la ville de Yaoundé sont menacées et l'insécurité alimentaire en affecte 28 %. L'indice de la pauvreté en milieu urbain de Yaoundé est estimé à 21,4 % (PNUD : 1999 In NGUEGANG 2003). Concrètement, pour survivre ou améliorer leurs conditions de vie, certains ménages sont obligés de s'engager dans des activités génératrices de revenus tels que la vente de bois, les petits commerces au bord de la route, la pratique de l'agriculture (maraîchage), de l'élevage et de la floriculture dans les bas fonds marécageux ou sur tout espace disponible dans le périmètre urbain. Les marécages jouent ainsi un rôle vital où la population pauvre de la capitale politique du Cameroun trouve son compte car leur exploitation crée des emplois tout en fournissant des produits alimentaires à une population urbaine qui vit dans la majorité des cas dans des conditions précaires. Selon les statistiques fournies par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), un hectare de marécage peut créer une valeur de la production annuelle de 14 000 dollars, soit 7 millions de francs CFA, beaucoup plus que les forêts tropicales et les champs de cultures vivrières ou fruitières.

b) Situation des ménages vivant en milieu rural

Selon les projections, un peu plus de la moitié de la population totale du pays vit en zone rurale et survit généralement grâce aux activités agricoles, pastorales ou forestières telles que la pratique de la chasse, de la pêche, de la cueillette et de la vente du bois. L'analyse du profil de la pauvreté montre que la pauvreté au Cameroun est d'abord un phénomène rural où on compte près de 55% de pauvres.

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III. METHODE ET OUTILS DE COLLECTE DE DONNEES

3.1. Généralités : Origine, justification et évolution

Le constat fait par les experts était que les efforts de développement consentis en faveur des pays en voie de développement enregistraient beaucoup d'échecs. Des évaluations menées par le Comité d'Aide au Développement (CAD) de l'OCDE, à la fin des années 80, indiquaient qu'une part importante des projets de développement aboutissait à des résultats médiocres (CE : 2001). La Banque Mondiale ajoute que la moitié des projets de développement rural qu'elle a financés en Afrique sub-saharienne, se sont soldés par un échec pur et simple (ZANA : 2003).

Globalement, les raisons de ces échecs sont imputables aux anciennes méthodes classiques de préparation de projets de développement ; ces derniers étaient conçus, exécutés puis évalués par les experts en développement sans réelle consultation des populations concernées, ou mieux des parties prenantes, d'où leur inadéquation à certaines réalités culturelles, sociales, économiques, environnementales, etc. La considération théorique de ces méthodes reposait sur le fait que l'élaboration des projets ou des programmes de développement relevait uniquement de la responsabilité régalienne de l'Etat dit développeur. L'instrument d'intervention était alors le plan à travers lequel l'État devrait agir pour améliorer les conditions de vie des populations. A cet effet, les décisions prises, de haut en bas, étaient unilatérales et les paysans étaient plutôt spectateurs au lieu d'être des acteurs principaux de leur développement. L'Etat ou les institutions financières estimaient en plus que l'implication des populations devrait être coûteuse et demanderait en plus beaucoup de temps. La formulation et l'exécution du projet ou du programme étaient alors confiées aux techniciens ou aux experts, et les objectifs étaient la diffusion de nouvelles technologies susceptibles de contribuer à l'amélioration des conditions de vie sus citées. Le paysan de son côté, avait l'obligation de s'adapter à la logique du technicien et non le contraire. Ainsi, les techniques de vulgarisation avaient une approche plutôt diffusionniste et les techniques d'évaluation très formalistes avec tous les impacts négatifs incombant à cent pour cent aux bénéficiaires.

Suite à ces multiples échecs enregistrés dans la conception et la mise en oeuvre des projets ou des programmes de développement, de nouvelles méthodes dites participatives, rapides et interactives ont été développées vers le début des années 70. En ces années 70, plusieurs chercheurs hésitaient d'écrire ou de rapporter leurs études. Ils craignaient alors de perdre leur crédibilité, dans la mesure où toute étude qui n'était pas basée sur des données statistiques classiques, était considérée comme non scientifique et donc pas digne de foi. CHAMBERS et CONWAY (1980) ont été les premiers à braver cette « peur », et ont publié et soutenu leurs expériences sur ces méthodes informelles de recherche. Ils restent en tout état de cause les pionniers de cette démarche.

A partir des années 80, les principes et la rigueur des méthodes de recherche sont devenus évidents et acceptés par beaucoup de chercheurs. Pour ces méthodes, la collecte des données, leur organisation et leur analyse est faite par la population elle-même, animée si nécessaire par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs. Ainsi, les populations rurales maîtrisent mieux l'information, identifient eux-mêmes les priorités et sont susceptibles de mettre en oeuvre et de pérenniser les actions de développement engagées pour elles.

3.2. Particularités sur la méthode et les outils de l'étude

Du point de vue théorique, il existe plusieurs méthodes participatives ; parmi toutes ces méthodes, notre dévolu s'est porté sur la MARP (Méthode Accélérée de Recherche Participative ou Rural Rapid Appraisal, en anglais). Cette méthode permet aux intervenants extérieurs d'obtenir des informations des villageois, pour ensuite les utiliser dans l'analyse de la situation rurale. Elle apparait alors comme une méthode « extractive » qui soutire les savoirs indigènes pour aider les intervenants extérieurs dans leur analyse. Notre choix se justifie (voir tableau ci-dessous) par ce qui suit :

- le temps, les moyens financiers et humains limités ne devraient pas nous permettre d'entreprendre des études par des méthodes conventionnelles ;

- Les enquêtes conventionnelles pourraient ne pas poser les questions clés ou obtenir les don-

nées clés (qualitatives).

Tableau 2 : Particularités des méthodes de recherche conventionnelles et de la MARP

TECHNIQUES EMPLOYEES

METHODES
CONVENTIONNELLES

MARP

Analyse statistique

Largement utilisée

Très peu ou pas du tout Usage de triangulation

Questionnaire formel

Souvent utilisé

Usage d'un guide d'enquête

Interview

Usage d'un questionnaire ou pas du tout

Largement utilisé sous forme d'ISS

Données qualitatives et diagrammes

Moins importantes que les don- nées quantitatives

Aussi important que les données quantitatives

Echantillonnage

Échantillon représentatif ou obli- gatoire

Échantillons raisonnés. Représentativité pas toujours nécessaire

Données secondaires

Utilisées

Utilisées

Discussion de groupe

Formelle et structurée

Semi structurée, brainstorming

25

3.2.1. Revue des données secondaires et sources d'information

Avant la descente sur le terrain, un travail préalable a consisté à réunir le maximum de données secondaires qui existent dans la zone de notre étude. Ces données nous ont permis :

- d'avoir une vue générale sur le milieu (ressources, problèmes, opportunités, expériences pas-

sées...) ;

- d'améliorer la structuration et d'ébaucher la réflexion en rapport avec notre travail ;

- de concevoir un premier draft de la fiche d'enquête qui a été validée par la suite sur le terrain.

3.2.2. Interviews semi-structurées (ISS)

Ces interviews ont concerné des personnes individuelles, des groupes des exploitants ou des organisations professionnelles agricoles (OPA) oeuvrant dans la zone concernée.

Particulièrement, nous avons collecté les données auprès :

- des responsables des ministères de tutelle comme le MINADER (Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural) et le MINEPAT (Ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire) ;

- les autorités de l'administration déconcentrée des ministères de tutelle au niveau de la région

du Centre, des départements et des arrondissements concernés ;

- les exécutifs communaux de la zone d'étude ;

- les responsables des projets ayant pignon sur rue dans la zone d'étude et aussi ceux ayant

comme volet d'activité aménagement des bas fonds ;

- des producteurs et productrices opérant ou non dans les bas fonds, étant membre ou non des OPA de la zone d'étude.

3.2.3. Outils de la dynamique spatiale, temporelle et organisationnelle utilisés pour les enquêtes de terrain

Les investigations ont été menées auprès des exploitants des bas fonds déjà exploités, les paysans ayant dans leur contré un ou plusieurs bas fonds aménageables(s) et manifestant l'envie ou non de l'exploiter à but agricole ou halieutique, les GIC/GIE ou des OPA. Elles ont durées près de trois (3) mois, allant d'avril à juin 2010. Les outils utilisés sont : (i) la carte des ressources (villages d'Akak dans la Commune de Soa, en zone péri-urbaine et d'Emana dans la Commune de Yaoundé 1er en zone urbaine), (ii) les cartes des ressources autour des bas fonds ci-dessus désignés, (iii) deux transects dans deux sites en zone rurale de notre zone d'étude, (iv) le calendrier agricole de la zone d'étude, (v) le diagramme de Venn au niveau communal.

3.3. Enquête approfondie sur quatre bas fonds : choix des sites, technique d'enquête et échan-

tillonnage

Afin de trouver les éléments de réponses à la problématique posée au paragraphe 2.1 du présent travail, à savoir « Comment la diversification des types d'écosystèmes par la mise en valeur des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé peut constituer un atout indéniable dans la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la sécurité alimentaire ? Autrement dit, en quoi est-ce que cette mise en valeur peut-elle être une activité économique qui offre des perspectives d'emplois pour de nombreux jeunes en chômage et enquête d'un emploi formel ? », nous avons réalisé une enquête approfondie au niveau de certains bas fonds, choisis surtout parmi ceux où les investigations mentionnées au paragraphe 3.2.3) ont été réalisées.

Concrètement, nous retenons pour cette enquête que quatre (04) unités d'enquête ont été choisies par sondage aléatoire sur un ensemble de bas fonds constituant notre échantillon dans la zone d'étude. Il s'agit particulièrement des bas fonds d'Akak I et d'Ebang dans la Commune de SOA et, de Nkozoa et d'Olembe dans la Commune de YAOUNDE 1er. Compte tenu de certaines contraintes liées principalement à la logistique mobilisée, le mode de choix de ces unités d'enquête a été fonction de :

- la mise en culture effective du bas fond lors de la réalisation de l'étude ;

- la proximité de la ville de Yaoundé ;

- l'accessibilité au site où doit se dérouler l'enquête.

La technique de l'entretien3 a été retenue pour mener l'enquête sur le terrain. C'est ainsi qu'un ensemble de questions préformées4 a été conçu autour de quatre rubriques (motivations sociales et économiques des exploitants pour l'activité sur les bas fonds, répartition socio-démographique des exploitants des bas fonds enquêtés et autres activités économiques auxquelles se greffe la mise en valeur des bas fonds) essentielles comportant chacune un certain nombre de variables enquêtées. En effet, le questionnaire a été administré à près de 58 exploitants répartis dans les quatre unités d'enquête définies précédemment. Avant de l'administrer, le questionnaire a été validé au niveau de chacun des quatre bas fonds retenus, auprès d'un exploitant dit « personne de contact » capable de lire, d'écrire et de s'exprimer en langue française. Chaque personne de contact a eu pour tâche, au niveau de son unité d'enquête, d'administrer le questionnaire aux autres exploitants, en tenant obligatoirement compte de la non proximité des parcelles enquêtées. Deux semaines après la distribution de ce questionnaire, nous l'avons récupéré pour analyse et interprétation. Les résultats de l'enquête sont consignés au chapitre IV du présent mémoire.

3 L'entretien est un rapport oral entre deux personnes ayant pour but la transmission d'informations.

4 Les questions préformées sont une sorte de compromis entre les questions fermées et les questions ouvertes : les réponses n'étant ni fermées, ni libres, mais en quelque sorte préparées.

IV. RESULTATS DE L'ENQUETE RAPIDE SUR LES BAS FONDS ET DISCUSSIONS

En rappel, nous faisons savoir que les résultats du questionnaire administré aux enquêtés se rap-portent aux rubriques essentielles suivantes :

- Les motivations sociales et économiques des exploitants pour l'activité sur les bas fonds ; - La répartition socio-démographique des exploitants des bas fonds enquêtés,

- Les autres activités économiques auxquelles se greffe la mise en valeur des bas fonds.

4.1. Motivations sociales des exploitants pour l'activité sur les bas fonds

En se référant aux données de la figure 4 ci-dessous, il ya lieu de penser que la raison essentielle qui pousse les communautés rurales ou péri-urbaines à se lancer dans la mise en valeur des bas fonds n'est pas tellement le souci de la diversification des écosystèmes mis en culture, car 74,14% des exploitants enquêtés restent sans réponse à la question. Par contre, au regard des résultats obtenus des enquêtes, il apparaît que les motivations sociales fondamentales qui soustendent l'engouement pour la mise en valeur de ces espaces jadis considérés comme incultes sont respectivement :

- Besoin d'élargir la gamme de possibilités de survie de l'unité familiale de production

(UFP) : 100% des exploitants enquêtés sont favorable à cette considération ;

- Besoin de combattre le chômage dont le taux va croissant : 98,28% des enquêtés sont fa-

vorables à la question ;

Figure 4 : Motivations sociales des exploitants enquêtés pour l'activité sur les bas
fonds

Diversifiersifier les écosystèmes mis en culture par
les paysans

25,86%

Elargir la gamme de possibilités de survie de l'UFP

100,00%

Combattre le chômage

98,28%

Diminuer la pauvreté

96,55%

0,00% 20,00% 40,00% 60,00% 80,00% 100,00% 120,00%

% Réponses

Source : Enquête approfondie sur les bas-fonds

27

- Besoin de diminuer l'incidence de la pauvreté : 96,55% des enquêtés pensent que les revenus qui proviennent de cette activité permettent de renforcer au mieux la survie de l'UFP.

Opportunité économique en terme d'activité génératrice
de revenus au sein de l'UPF

Satisfaire, par l'offre des denrées alimentaires, la
demande en nourriture de la ville de Yaoundé et autres

Niveau intéressant de revenus générés par l'activité au
sein de l'UFP

Diminuer la probabilité d'occurrence des "creux" du
calendrier de trésorerie au cour de l'année

Figure 5 : Motivations économiques des exploitants enquêtés pour l'activité sur
les bas fonds

90,00% 91,00% 92,00% 93,00% 94,00% 95,00% 96,00% 97,00% 98,00% 99,00%

93,10%

% Réponses

94,83%

96,55%

98,28%

4.2. Motivations économiques des exploitants pour l'activité sur les bas fonds

Au regard des résultats de la figure 5 ci-dessous, il ya lieu de dire que les motivations économiques qui poussent les communautés rurales ou péri-urbaines à se lancer dans la mise en valeur des bas fonds sont essentiellement :

- Besoin de diminuer la probabilité d'occurrence des « creux » du calendrier de trésorerie au cours de l'année : 98,28% des exploitants enquêtés ;

- Niveau intéressant de revenus (voir figure 6) générés par l'activité au sein du l'UFP : 96,55% des enquêtés sont favorables à la question ;

- Besoin de satisfaire, par l'offre des denrées alimentaires, la demande en nourriture de la

ville de Yaoundé et autre : 94,83% des enquêtés sont favorables à la question ;

- Opportunité économique en termes d'activité génératrice des revenus au sein de l'UFP :

94,83% des enquêtés sont favorables à la question.

Source : Enquête approfondie sur les bas-fonds

Concernant les revenus tirés de la mise en valeur des bas fonds, nous retenons ce qui suit :

- Les mois de plus grandes ventes, au cours de l'année, sont respectivement ceux de novembre, de décembre et de janvier ; cette période correspond à la grande saison sèche conformément au découpage saisonnier fait au paragraphe 2.3.2- du présent mémoire. Il s'agit donc des cultures de contre-saison ;

- La valeur moyenne arithmétique des ventes mensuelles au cours des ces mois est de 58 879 F.CFA ;

- Les valeurs maximales et minimales estimées par les exploitants enquêtés sont respectivement de 100 000 F.CFA/mois et de 25 000 F.CFA/mois ; la valeur modale est de 50 000 F.CFA/mois (score de 9/58).

[75 000 à 100 000 F.CFA]

[25 000 à 50 000 F.CFA[

[50 000 à 75 000 F.CFA[

Figure 6 : Revenus mensuels estimés par les exploitants
des périmètres enquêtés

0,00% 5,00% 10,00%15,00%20,00%25,00%30,00%35,00%40,00%45,00%

% Réponses

25,86%

32,76%

41,38%

Remarque :

Au regard de la figure 6 ci-contre, on re-marque que 25,86% des exploitants

enquêtés déclarent avoir un revenu compris entre 75 000 et 100

000 F.CFA/mois,

41,38% entre 50 000 et 75

000

F.CFA/mois et 32,76%

entre

25 000 et 50 000 F.CFA/mois.

Source : Enquête approfondie sur les bas-fonds

4.3. Répartition socio- démographique des exploitants des périmètres enquêtés 4.3.1. Distribution des exploitants enquêtés par sexe

Exploitant homme

Figure 7 : Ditribution par sexe des
exploitants enquêtés

45%

Exploitant femme

55%

Dans les périmètres où nous avons mené les enquêtes, il ressort de la figure 7 ci-contre que 55% des exploitants sont des hommes alors que 45% sont des femmes. Il y a lieu de

upenser que les hommes s'intéressent bea

coup plus à l'activité de mise en valeur des bas fonds que les femmes, simplement parce

onc supposés

qu'ils sont chefs de famille, d

n-

être plus sollicités pour répondre aux co traintes d'existence de l'UFP.

Source : Enquête approfondie sur les bas-fonds

4.3.2.

Distribution des exploitants enquêtés par classe d'âge

Pour mieux apprécier la distribution des exploitants enquêtés suivant leur âge (voir figure 8 cidessous) :

, nous avons considéré trois classes. Il ressort de l'analyse du dépouillement ce qui suit

- 13,56%

des exploitants enquêtés ont un âge compris entre 1 5 et 30 ans (classe 1). Cette classe est moins représentative dans les bas fonds mis en culture

; cette situation peut se

e-

justifier par le fait que cette classe correspond à la tranche d'âge qu'on retrouve dans le s

condaire et l'enseignement supérieur. L'intérêt de ce groupe est porté ailleurs ; - 79,66%

des exploitants enquêtés ont un âge compris entre 30 et 50 ans (classe 2). Cette

tranche d'âge est la plus représentative dans les bas fonds mis en culture car elle correspond à l'âge pour lequel on se donne la contrainte sociale de fonder une famille et de répondre par la suite aux exigences de survie de celle-ci ;

- 6,78% des exploitants enquêtés ont un âge compris entre 50 ans et plus (classe 3). Cette classe est aussi la moins représentative, comme la classe 1. Cela peut se justifier par le fait qu'à cet âge, on n'a plus assez de force pour se livrer aux activités demandant un peut plus d'énergie.

Classe 3 : [50 ans et plus [

Classe 2 : [30 - 50 ans[

Classe 1 : [15 - 30 ans[

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00% 80,00% 90,00%

Figure 8 : Distribution des enquêtés par classe d'âge

6,78%

13,56%

% Personnes

79,66%

Source : Enquête approfondie sur les bas-fonds

4.3.3. Niveau d'éducation des exploitants enquêtés

Au regard du tableau de distribution des exploitants enquêtés par niveau d'éducation ci-dessous, il y a lieu de constater que la plus grande majorité (74,14%) a eu à faire au moins l'école primaire et que près de 25,86% ont atteint au plus le niveau secondaire. Personne parmi eux n'est illettré ou n'a eu à faire l'enseignement supérieur.

Tableau 3 : Distribution des exploitants enquêtés par niveau d'éducation

Désignation

Jamais été à
l'école

Niveau pri-
maire

Niveau secon-
daire

Niveau uni-
versitaire

Total

Homme

0

20

12

0

32

Femme

0

23

3

0

26

Total

0

43

15

0

58

%

0,00%

74,14%

25,86%

0,00%

100,00%

4.3.4. Statut matrimonial des exploitants enquêtés

Au regard du tableau de distribution des exploitants enquêtés suivant leur statut matrimonial, cidessous, il y a lieu de constater que l'on rencontre 89,66% de femmes ou des hommes mariés dans les bas fonds mis en exploitation et près de 10,34% de célibataires ou des divorcés.

Tableau 4 : Distribution des exploitants enquêtés suivant leur statut matrimonial

Désignation Marié Célibataire/Divorcé Total

Homme

31

1

32

Femme

21

5

26

Total

52

6

58

Pourcentage (%)

89,66%

10,34%

100,00%

4.4. Autres activités économiques auxquelles se greffe la mise en valeur des bas fonds

Les autres activités économiques auxquelles se greffe la mise en valeur des bas fonds sont, de façon respective et par ordre d'importance :

v' la cacaoculture et les cultures vivrières : 44,83% des répondants. La cacaoculture est la

principale culture de rente et les cultures vivrières principales dont se nourrissent les popu-

lations de la zone d'étude sont l'arachide, le manioc, l'igname, le plantain et le macabo ;
v' l'élevage à petite (principalement les élevages de poulets locaux, porcin et caprin) ou à

grande échelle (poulet de chair) : 34,48% des répondants ;

v' les petites activités lucratives informelles (couture, petit commerce et autres petits métiers informels) : 22,41% des répondants ;

1' l'emploi formel : 8,62% des répondants ;

v' la pêche artisanale : 6,90% des répondants ;

v' et la petite chasse : 1,72% des répondants.

Petites activités lucratives informelles : couture, petit
commerce, autres petits métiers informels, etc...

Figure 9 : Autres activités économiques importantes auxquelles se greffe la mise en
valeur des bas fonds

Autres (cacaoculture, cultures vivrières)

Elevage (à petite ou grande échelle)

Pêche (artisanale)

Emploi formel

Petite chasse

0,00% 5,00% 10,00% 15,00% 20,00% 25,00% 30,00% 35,00% 40,00% 45,00% 50,00%

% Réponses

1,72%

6,90%

8,62%

22,41%

34,48%

44,83%

31

Source : Enquête approfondie sur les bas-fonds

4.5. Conclusion partielle

Les bas fonds au Cameroun, jadis considérés comme des lieux répulsifs, malsains et sièges des génies deviennent petit à petit des espaces agricoles attractifs pour les paysans. Les deux points de vue développés ci-dessous nous permettent de soutenir ces propos.

(i) Point de vue social

Loin de répondre uniquement à une simple diversification des types d'écosystèmes mis en valeur par des paysans, l'exploitation des bas fonds répond beaucoup plus aux besoins des communautés rurales ou péri-urbaines d'élargir la gamme de possibilités de survie de l'UFP, de combattre le chômage dont le taux va croissant et de diminuer certainement l'incidence et l'impact de la pauvreté. Cette activité offre sans doute une possibilité de complémentarité des parcelles au sein des systèmes traditionnels de production où dominent :

- la cacaoculture qui est la principale culture de rente dans la zone de l'étude et, - les cultures vivrières qui répondent aux besoins alimentaires des ménages.

(ii) Point de vue économique

Du point de vue économique, nous constatons grâce aux résultats obtenus que les communautés rurales ou péri-urbaines s'intéressent de plus en plus à la mise en valeur des bas fonds parce que cette activité apparaît aujourd'hui comme une bonne opportunité économique en termes d'activité génératrice de revenus au sein de l'UFP et contribue à compléter sans ambages, en milieu paysan, les "creux" du calendrier de trésorerie, lesquels se posent très souvent avec acuité quand surtout les revenus provenant de l'exploitation cacaoyère sont épuisés. Ces revenus renforcent d'une manière ou d'une autre la propensité du ménage à répondre aux besoins d'existence de l'UFP.

Des deux points de vue ci-dessus exposés, nous concluons que la mise en valeur des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé est un moyen parmi tant d'autres qui permettrait aux communautés rurales ou péri-urbaines de lutter contre la pauvreté et contribue sans doute au renforcement de la sécurité alimentaire grâce au fait qu'elle est susceptible de satisfaire, par l'offre des denrées alimentaires, la demande en nourriture de la ville de Yaoundé et ses environs. En terme de rentabilité, l'intensification de l'activité pourrait offrir des perspectives d'emplois pour de nombreux jeunes, si on s'en tient au fait que la tranche d'âge qui y est la plus représentative est celle comprise entre 30 et 50 ans.

Au regard de tout ce qui précède, il apparaît opportun d'identifier et de concevoir un projet de développement intégré autour de l'aménagement des bas fonds de la zone péri-urbaine de Yaoundé. C'est un projet qui est en fait supposé prendre en compte toutes les causes du problème principal posé afin d'y apporter une réponse complète capable de lever intégralement les contraintes socio-économiques y corrélatives.

V. IDENTIFICATION DU PROJET

5.1. Caractérisation de reconnaissance des bas fonds de la zone d'étude

Les bas fonds sont des espaces écologiques qui présentent des caractéristiques très variables en fonction de leur fonctionnement hydraulique, leurs spécificités hydrologiques, leur morphopédologie, leur topographie et aussi de la zone agro-écologique où ils se trouvent. Dans ce cas, comment peut-on décider des sites, potentiellement aménageables, où travailler avec les agriculteurs pour générer des technologies et les évaluer ? A cet égard, la solution pour optimiser les ressources consiste à travailler sur des sites, qui peuvent être identifiés grâce à la caractérisation qui permet d'inventorier les caractéristiques des communautés et régions agricoles afin de déterminer les similarités proches et lointaines de même que les différences.

Pour le Consortium Bas Fonds (CBF), la caractérisation est l'élément clé pour comprendre la dynamique du système et identifier les technologies développées ailleurs qui sont, ou pourraient être, adoptées par les bénéficiaires ou adaptées à un site spécifique. Si le site ciblé est similaire à un autre site où des technologies ont déjà fait leurs preuves, celles-ci amélioreront très probablement la production agricole dans la zone ciblée. Lorsque les technologies appropriées font défaut, la caractérisation génère toutes les informations nécessaires pour développer des technologies qui auront raison des contraintes dominantes. Toutefois, lorsque nous décidons de caractériser, ne fusse qu'un champ, de nombreuses mesures sont à prendre, tant physiques, telles que la température journalière, les flux des éléments nutritifs et de l'eau, que socio-économiques à savoir la disponibilité en intrants et produits phytosanitaires, le revenu de l'exploitant, la proximité des marchés ou des lieux d'échange. Il est ainsi évident que recueillir toutes ces informations, prendrait beaucoup de temps et est de toute façon irréalisable. Pour cette raison, le Consortium a identifié une « collection de données minimum » (cf. tableau en annexe 3).

33

Les données essentielles pour caractériser les bas fonds sont regroupées par type à savoir : agronomique, socio-économique, climatologique, géologique et/ou géomorphologique, pédologique, hydrologique et/ou hydraulique, faunique et végétal. L'importance ou le volume des données à collecter par type de caractérisation dépend du niveau à savoir : (i) reconnaissance, (ii) semidétaillé ou (iii) détaillé. Les deux derniers niveaux sont importants pour l'établissement des avants projets sommaires ou détaillés dans le cadre d'aménagement des bas fonds. Seule la caractérisation de reconnaissance nous concerne dans le cadre du présent travail. Au regard des données déjà renseignées dans les autres parties (cf. contextes physique et socio-économique de la zone d'étude), nous nous limiterons à l'établissement de la liste des principales cultures exploitées tant sur les plateaux que sur les bas fonds.

Pour connaître les principales cultures pratiquées dans la zone d'étude, nous avons mené une enquête auprès de quatre (4) villages où les bas fonds sont exploités. Les résultats de cette enquête sont consignés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 5 : Présentation des résultats des principales spéculations rencontrées (plateaux et bas fonds) dans au moins 5 villages où les bas fonds sont exploités

Catégorie Type Local Scientifique

Culture Nom de la spéculation

Importance de
la superficie
mise en cul-

ture

Cultures maraîchères

 

Condiments

Basilic Basella alba

Céleri

Poireau Allium cepa

Persil

Piment Capsicum annuum

4

4

4

4

4
3

Tomate Lycopersicum esculentum

 

Cucurbitacée et

Concombre Cucumis sativus

5

 

autres

Courgette

5

 
 

Laitue Lactuca sativa

5

 

Légumes

Ndolet Vernonia

3

 

feuilles

Zo'ôm Solanum nigrum

3

 
 

Folon

2

 
 

Gombo Hibiscus esculentus

2

 
 

Tegue

3

 

Céréales

Maïs Zea maïs

3

Cultures vivrières

Féculents

Macabo

3

 
 

Manioc Manihot esculentus

2

 
 

Igname Dioscorea spp

2

 
 

Patate douce Ipomea patata

3

 

Légumineuse et

Arachide Arachis hypogea

2

 

autres

Haricot

4

 
 

Césame Cesamum indicum

5

Cultures pérennes

 

Cacaoyer Theobroma cacao

Caféier Coffea

1

4

 
 

Banane Musa spp

3

 
 

Citrus

5

Arbres fruitiers

 

Prunier

5

 
 

Manguier Manguifera indica

5

Horticulture

 

Espèces non spécifiées

5

Sources : Enquête de terrain (Remarque : l'échelle va de 1= fort à 5=faible et passant par moyen=3)

Construit de manière participative et en correspondance avec les contraintes agro écologiques de la zone d'étude, le calendrier cultural de ces différentes cultures se trouve en annexe 3 du présent document. Il faut noter que cette agriculture souffre d'un manque d'encadrement.

5.2. Identification et analyse des dépositaires d'enjeux (parties prenantes)

Par définition, un dépositaire d'enjeux est toute personne qui a un intérêt dans un projet réalisé par
une organisation ou qui s'en préoccupe. Afin d'optimaliser les bénéfices sociaux et institutionnels
du projet et de limiter ses impacts négatifs, l'analyse des parties prenantes nous a permis

d'identifier de manière participative toute partie susceptible d'être affectée, de façon négative ou positive, par le projet et la manière dont celle-ci en est affectée. En l'occurrence, il a été organisé deux ateliers participatifs de planification dans la zone de Yaoundé et dans la zone de Soa où il existe des bas fonds aménagés par les populations elles-mêmes. Ces ateliers ont regroupé les représentants des parties prenantes, avec une représentation équilibrée des intérêts des femmes et des hommes exploitants ou non des bas fonds.

5.2.1. Identification et intérêts stratégiques des dépositaires d'enjeux

Au cours des ateliers participatifs de planification, il a été distingué trois types principaux des dépositaires d'enjeux, à savoir :

- Les dépositaires d'enjeux primaires qui sont ceux qui n'ont que peu d'opinions pour imprimer un changement à leur situation ; vulnérables, ils sont en principe la raison d'être du projet à concevoir ;

- Les dépositaires d'enjeux secondaires qui comprennent toutes les autres personnes et institutions ayant un intérêt pour le projet. Ce sont les moyens grâce auxquels les objectifs du projet peuvent être atteints ;

- Les dépositaires d'enjeux clés qui sont incontournables pour le processus de changement.

La liste des dépositaires d'enjeux, identifiés par brainstorming, a été établie et validée par les participants et consignée dans un tableau. Une fois identifiés, nous avons procédé à l'analyse :

- des intérêts des dépositaires d'enjeux par rapport au projet et à ses objectifs ;

- des effets et ou des influences (voir tableau 4 de catégorisation ci-dessous) probables du

projet sur les intérêts de chaque dépositaire d'enjeux ;

- de la priorité que le projet devrait accorder à chaque dépositaire d'enjeux dans la satisfaction de ses intérêts ; à cet effet, une échelle allant de 1 à 5 a été utilisée et où 1 représente la priorité la plus urgente ;

- du rôle et de la responsabilité que devrait jouer chaque dépositaire d'enjeux pour l'atteinte des objectifs du projet.

Tableau 6 : Catégorisation des effets pour l'analyse des intérêts des parties prenantes

CATEGORIE D'EFFET

 

SIGNIFICATION

+

Effet positif

L'intérêt a un effet positif sur le projet mais n'a pas une relation spécifique avec des objectifs du projet

-

Effet négatif

L'intérêt a un effet négatif et agit à l'encontre des objectifs du projet

+/-

Effet positif ou négatif

L'intérêt peut avoir un effet positif ou négatif tout dépendant des conditions internes ou externes au projet

Syn.

Synergie

Les intérêts se soutiennent entre les parties prenantes et les instances du projet

Occ.

Occasionnel

Il existe un potentiel pour développer la synergie

?

Effet incertain

L'intérêt a un effet probable mais qu'il est difficile de prévoir

Nous faisons savoir que les résultats de l'analyse des parties prenantes sont consignés dans le ta-

bleau ci-dessous.

(1)

DEPOSITAIRES D'ENJEUX

(2)

INTERETS

(3)

EFFETS/INFLUENCES
PROBABLES DU PROJET

(4)

PRIORITE

(5)

ROLES/RESPONSABILITES

PRIMAIRES

Exploitants (actifs ou
potentiels)
des bas
fonds/Ménages

Revendeuses
(appelées au Cameroun
« Bayam sellam »)

Consommateurs de la
ville de Yaoundé
(Cameroun)

Transporteurs ruraux
(conducteurs des taxi-
brousse)

- Sécurité d'emploi agri- cole informel

- Renforcement et sécurité pour le revenu mensuel par équivalent adulte

- Viabilité de l'outil de production

Très grande variabilité des produits dans les marchés de collecte ou bord champ

Accessibilité facile dans les zones d'exploitation des bas fonds

Coût de transport accep- table

Assurance d'avoir les den- rées alimentaires en quanti- té et en qualité, en toute saison dans les marchés locaux

- Clientèle en augmenta- tion

- Circulation aisée pour accéder aux bas fonds

+
+/-

+/-
+/-

- Retards dans la mise à disposition de la contribution

- Manque d'engagement et abandon des bas fonds aménagés

Extension de l'exploitation des bas fonds

Abondance des denrées alimentaires dans les marchés locaux

Diminution des prix des denrées agricoles dans les marchés locaux

Disponibilité en tout temps et diminution des prix des denrées agricoles dans les

marchés locaux

- Recettes journalières en augmen- tation

- Coût d'entretien des véhicules en baisse

1

2

2
2

- Participation aux travaux

- Structuration en organisations de producteurs capables d'entretenir les aménagements, de gérer efficacement l'eau ainsi que les autres facteurs de production

Agent économique qui établit le contact entre la demande (consommateurs) et l'offre (fournisseurs ou exploitants des bas fonds)

Assurer la consommation des produits des bas

fonds

Rendre disponibles les denrées agricoles dans les marchés locaux

SECONDAIRES

- Conserver les droits de
propriété sur les terres

- Garder les terres pour les générations futures de la progéniture

- Améliorer les revenus des membres

- Accès des producteurs aux intrants

niveau des ventes des produits proposés aux ex- ploitants des bas fonds

Améliorer les ventes du petit outillage agricole

Réaliser les objectifs du projet

- Variabilité de l'assiette
de prélèvement des taxes
- Amélioration des recettes

 

Accaparement des terres aménagées

Pérennisation des ouvrages

Encouragement ou découragement des fournisseurs

Encouragement ou découragement des fournisseurs

Cadrage des actions du projet

Réticence pour la réalisation du projet

1

3

4

4

2

3

Cession des terres des bas fonds à aménager

Appuis institutionnels aux exploitants

Distribution des produits phytosanitaires et petits outillage agricoles

Distribution des produits artisanaux

Appuis divers et orientation de l'action gouvernementale

- Identification et choix des bas fonds

- Information et mobili-

Propriétaires fonciers au niveau des bas fonds

Syn.

Organisations Profes-
sionnelles Agricoles
(Coopératives, Fédéra-
tions ou unions des
GIC, GIC, etc.)

Occ.

Fournisseurs des pro-Bon duits phytosanitaires et

petits outillages agri-

coles

?

Artisans locaux fabri-
cant le petit outillage
agricole

?

Services déconcentrés
MINADER et
MINEPAT

Syn.

Communes concernées

Syn.

Tableau 7 : Dépositaires d'enjeux identifiés au cours des ateliers participatifs de planification

(1)

DEPOSITAIRES D'ENJEUX

(2)

INTERETS

(3)

EFFETS/INFLUENCES
PROBABLES DU PROJET

(4)

PRIORITE

(5)

ROLES/RESPONSABILITES

Chambres
d'Agriculture/Commer
ce

Instituts de recherche

Services déconcentrés
des Ministères de la
Santé/ Environnement

de la commune

- Maîtrise du cadre institu- tionnel sur les périmètres aménagés

Renforcer le cadre solidaire des producteurs

- Développement de la recherche opérationnelle

- Assurance de la qualité de la santé publique dans les aménagements

- Respect des normes environnementales

Occ.
Occ.

Syn.

Organisation de la profession

Mise à disposition des variétés culturales adaptées aux conditions morpho- pédoclimatiques et à haut rendement

Respect des déci-
sions sectorielles

5

4

3

sation des riverains

pour leur participation - Elaboration des droits

d'accès et d'utilisation

des terres aménagées Assurer la représentation des intérêts des agriculteurs/des milieux

d'affaires dans le domaine du commerce

Publication et vulgarisation des résultats de la recherche

Définir le cadre normatif des aménagements en matière de santé publique et d'environnement

CLES (INCONTOURNABLES)

Syndicats inter- professionnels

Ministères de tutelle
(MINADER et
MINEPAT)

Bailleurs de fonds

- Plaidoyer sur les droits et les intérêts des produc- teurs

- Appuis institutionnels

- Réalisation des objectifs - Appuis institutionnels

- Pérennisation des acquis - Efficience et efficacité

dans l'exécution du projet

- Réalisation des objectifs - Efficience et efficacité

dans l'exécution du projet - Pérennisation des acquis

-

+
+

- Représentation

des producteurs
- Renforcement des

capacités des ex-

ploitants

- Respect des décisions sectorielles

- Cadrage des actions gouver- nementales

Mise en cohérence des appuis à apporter avec la politique gouvernementale

5

2
2

Défense des droits des producteurs

Exécution des politiques gouvernementales respectivement en matière agricole et aménagement du territoire

Utilisation efficiente et efficace des financements octroyés

5.2.2. Influence et importance des dépositaires d'enjeux identifiés

Au cours de la phase d'identification participative, il a été constaté que certains dépositaires d'enjeux pourraient avoir plus d'influence/importance que d'autres sur le projet. Alors que certains seraient en position d'influencer le projet pour qu'il réussisse, il pourrait y en avoir d'autres qui se sentent menacés par ce projet. A cet effet, une réflexion a été menée dans le but de cerner la façon d'approcher ceux dont les intérêts sont affectés de manière négative, ceci pour éviter les conflits et l'échec éventuel du projet.

- L'influence est le pouvoir dont les dépositaires d'enjeux sont susceptibles d'avoir sur le pro-

jet.

- L'importance est la priorité accordée par le projet à la satisfaction des besoins et des intérêts

de chaque dépositaire d'enjeux.

La figure 4 a été remplie en collaboration avec les populations. Elle montre l'influence et l'importance des dépositaires d'enjeux identifiés pour le projet.

Figure 10 : Echelle d'influence et d'importance des dépositaires d'enjeux identifiés

DEPOSITAIRES D'ENJEUX PRIMAIRES

1 Exploitants (actifs ou potentiels) des bas fonds/Ménages

FAIBLE IMPORTANCE

D

7

11 10

8

A

5

1

2

3

13

4

B

C

14

6

15

12

9

16

FAIBLE INFLUENCE

2 Revendeuses (vulgairement appelées Bayam Sellam)

3 Consommateurs de la ville de Yaoundé (Cameroun)

4 Transporteurs ruraux (conducteurs des taxi-brousse)

DEPOSITAIRES D'ENJEUX SECONDAIRES

5 Propriétaires fonciers au niveau des bas fonds

6 OPA (Coopératives, Fédérations ou unions des GIC, GIC)/ONG

7 Fournisseurs des produits phytosanitaires et petit matériel agricole

8 Artisans locaux fabricant le petit outillage agricole

9 Services déconcentrés MINADER et MINEPAT

10 Communes concernées

11 Chambres d'Agriculture et de Commerce

12 Instituts de recherche

13 Services déconcentrés/MINSANTE & MINEF

DEPOSITAIRES D'ENJEUX CLES

14 Syndicats inter-professionnels

15 Ministères de tutelle (MINADER et MINEPAT)

16 Bailleurs de Fonds

Retenons que le classement selon l'échelle d'influence/importance a été fait par les participants aux différents ateliers tenus à Yaoundé et à Soa. Nous y avons déduit lme commentaire suivant :

- Case A : Désigne les dépositaires d'enjeux ayant une grande importance pour le projet mais qui ont peu d'influence. Dans cette catégorie on classe tous les dépositaires d'enjeux primaires, y compris les propriétaires fonciers au niveau des bas fonds.

- Case B : Désigne les dépositaires d'enjeux ayant une grande importance pour le projet et qui peuvent également influencer son succès. Il a été retenu de commun accord qu'il est important de développer de bonnes relations de travail avec eux pour assurer un appui adéquat pour le projet. Il s'agit des syndicats professionnels, des ministères de tutelle (MINADER et MINEPAT) et les bailleurs de fonds.

- Case C : Désigne les dépositaires d'enjeux ayant une forte influence et qui peuvent affecter l'impact du projet mais dont les intérêts ne constituent pas la cible du projet. Etant donné que les relations avec ces dépositaires d'enjeux sont importantes, il est nécessaire de les suivre soigneusement afin d'éviter les problèmes qu'ils pourraient causer au projet. Il s'agit des OPA/ONG, des Instituts de recherche et des services déconcentrés MINADER et MINEPAT.

- Case D : Désigne les dépositaires d'enjeux revêtant une faible priorité mais qui pourraient exiger un suivi et une évaluation limités pour vérifier qu'ils ne représentent pas maintenant une forte priorité. Dans cette catégorie on peut classer les artisans locaux fabricant le petit outillage agricole, les Communes concernées, les Chambre d'Agriculture et de Commerce, Services déconcentrés MINSANTE et MINEF, les fournisseurs des produits phytosanitaires et petit matériel agricole et les services déconcentrés du Ministère de la Santé.

39

5.2.3. Identification de la participation des dépositaires des enjeux

La stratégie de participation des parties prenantes a été déterminée au cours des débats, en plénière. Il a été indiqué à quel stade du cycle de projet (identification, planification, mise en oeuvre et suivi-évaluation) les différentes parties prenantes doivent être impliquées et selon quelle intensité. Pour que les diverses parties prenantes puissent prendre une part de contrôle sur le processus de décision, il convient de déterminer si l'on utilise la fourniture d'information, la concertation ou la prise conjointe de décision et enfin le transfert de pouvoir. Les résultats sont consignés dans le tableau suivant.

Tableau 9 : Informations sur la participation des dépositaires d'enjeux

 

TYPE DE PARTICIPATION

Information

Consultation

Partenariat

Contrôle

ETAPE DANS LE PROJET

Identification

 

Les bénéficiaires primaires Les bénéficiaires secon- daires

Les Ministères de tutelle

Bénéficiaires primaires Bureau d'études

 

Conception

Les Ministères de tutelle

Le Bailleur de fonds

Les bénéficiaires primaires Les bénéficiaires secon- daires

Les bénéficiaires secondaires Les bureaux d'études

Les Ministères de tutelle

Le personnel du projet

Exécution et suivi

Les Ministères de tutelle

Bailleur de fonds

 

Les bénéficiaires secondaires Les bureaux d'études

Les Ministères de tutelle

Le personnel du projet

Revue

Les Ministères de tutelle

Le Bailleur de fonds

 

Les bénéficiaires primaires, secondaires et tertiaires

Le personnel et les

gens extérieurs au
projet

Evaluation

Les Ministères de tutelle

Le Bailleur de fonds

 

Les bénéficiaires primaires,

secondaires et tertiaires

Le personnel et les gens extérieurs au projet

5.3. Analyse de la situation des parties prenantes

Il est à noter que l'analyse de la situation des parties prenantes a déjà été amorcée au chapitre 2 (cf. contexte socio-économique de la zone d'étude). Dans ce paragraphe, il nous revient simplement à présenter les besoins, les contraintes et les ressources nécessaires.

Au cours des multiples consultations participatives, les parties prenantes ont fait prévaloir un certains nombre de problèmes auxquels ils sont confrontés ; les principaux qui ont été approfondis (voir tableau 6) au cours des ateliers participatifs sont les suivants :

1. L'insuffisance des sources de revenus pour les ménages ;

2. Les structures de micro-finances faiblement implantées dans la zone d'étude ;

3. Insuffisance et/ou mauvais état des infrastructures à vocation économique (pistes rurales desservant les principaux bassins de distribution, magasins de stockage, hangars de marché, etc...) de la zone d'étude.

PROBLEMES POSES PAR LES
COMMUNAUTES DE LA ZONE
D'ETUDE

CAUSES

CONSEQUENCES

FORCES/POSSIBILITES DE
RESOLUTION

FACTEURS/RESSOURCES
INDISPENSABLES

1. Insuffisance des sources de revenus pour les mé- nages

- motivation insuffisante en matière de création d'emplois à cause de la grande envie de beaucoup de jeunes à servir dans les bureaux de l'administration publique

- esprit entrepreneurial plus ou moins em- bryonnaire chez les jeunes chercheurs d'emplois qui veulent avoir l'argent tout de suite

- activités lucratives des secteurs formels et
informels plus ou moins en saturation

- stagnation des systèmes agraires et de
mode d'exploitation du milieu rural

- explosion démographique - etc...

- faiblesse de la gamme des possibilités de survie des ménages

- augmentation du taux de chômage

- existence des creux du calendrier de trésorerie pendant les périodes mortes

- augmentation de la demande en nourriture

- forte propensité à se lancer dans de petites activités génératrices de revenus (vente de bois, petit commerce au bord de la route, agriculture, élevage, floriculture, etc...)

- dynamisme des jeunes exploitants et des groupements féminins

- disponibilité des terres des bas fonds

- disponibilité de la main d'oeuvre familiale

2. Structures de micro- finances faiblement im- plantées dans la zone d'étude

- faiblesse des revenus monétaires, laquelle affecte le niveau d'épargne domestique au niveau des ménages

- faible culture de l'épargne et de crédit au niveau de l'UFP

- dégradation du pouvoir d'achat des mé- nages

- etc...

- impossibilité d'accès au

crédit rural

- incapacité de promouvoir les initiatives à la base afin d'améliorer la situation so- cio-économique des commu- nautés

- existence de la réglementation du secteur de la micro-finance dans la sous région CEMAC (en vigueur depuis 2005)

- publication des règlements (normes prudentielles) COBAC (avril, 2007)

- existence de trois réseaux (CAMCCUL, MC2 et CVECA) des EMF qui opèrent au Cameroun

- outil de promotion des activités économiques au sein des communautés

3. Insuffisance et/ou mau- vais états des infrastruc- tures à vocation écono- mique (pistes rurales des- servant les principaux bassins de production agricole, magasins com- munautaires, hangars de marché, etc...)

- dotation insuffisante, au niveau du budget d'investissement public (BIP), pour la mise en place des infrastructures à voca- tion économique

- faiblesse de la politique gouvernementale en matière de développement des infras- tructures

- etc...

- faible distribution des marchés de collecte

- inexistence des espaces de collecte pour ventes groupées des récoltes

- difficultés d'accès aux bas- sins de production

- existence de beaucoup de routes secondaires dans la zone de projet

- dynamisme économique des populations

- prédisposition à se prendre en charge au sein des communautés

- volonté des groupes à se lancer dans le développement communautaire

 

Tableau 9 : Résultats de l'approfondissement des problèmes posés par les communautés de la zone d'étude

41

5.4. Priorité de développement des parties prenantes

De l'avis des participants aux différents ateliers participatifs, il ressort que l'amélioration des conditions de vie est une priorité. Dans les discussions, les préoccupations des uns et des autres sont en priorité les suivantes :

- L'élargissement de la gamme des possibilités de survie des ménages pauvres au travers

d'une intensification et d'une diversification des écosystèmes mis en valeur, grâce à l'aménagement des bas fonds qui sont susceptibles d'offrir une alternative en terme d'emplois ou d'activités génératrices de revenus ;

- Le renforcement des capacités des communautés dans le domaine de la gestion des revenus

agricoles ;

- Le renforcement des infrastructures à vocation économique, de la zone d'étude, par la créa-

tion des marchés périodiques, y compris la construction des magasins communautaires pour
le stockage et où on peut organiser des ventes groupées de la production, l'amélioration de
l'état des pistes de dessertes des grands bassins de production agricole dans la zone d'étude ;

- La mise sur pied de centres spécialisés en termes de production des alevins et/ou de conseils
agricoles et de distribution tant des intrants agricoles que des produits phytosanitaires.

En résumé, de toutes les préoccupations prioritaires ci-dessus, il a été déduit l'idée maîtresse qui sous-tend la nécessité du projet à concevoir :

Promouvoir la mise en exploitation des bas fonds en vue :

(i) d'améliorer durablement les conditions de vie,

(ii) et de renforcer non seulement la lutte contre la pauvreté mais aussi la sécurité alimentaire des communautés bénéficiaires, dans le strict respect des contraintes de la gestion durable des ressources naturelles.

Cette idée est née des enjeux et des potentialités (cf. chapitre 2) que présente la mise en valeur des bas fonds qui sont susceptibles de :

- créer les emplois pour nombre de chômeurs ;

- améliorer le seuil de pauvreté par équivalent adulte, lequel est de 22 454 F.CFA par mois ;

- répondre à la demande urbaine en produits alimentaires et horticoles.

* * *
* *
*

VI. CONCEPTION DU PROJET

6.1. Analyse des problèmes, des objectifs et des stratégies

6.1.1. Généralités : matériel et/ou méthode de construction

a) Diagramme des problèmes

Par l'analyse des problèmes, nous avons aidé les dépositaires d'enjeux primaires à identifier les causes et les effets des problèmes qu'ils affrontent. Cette analyse qui a été effectuée dans le cadre d'un travail de groupe, avec différents groupes de dépositaires d'enjeux (groupes cibles5) dans le souci de voir comment leur point de vue varie.

Le matériel utilisé se compose de cartes de papiers, du papier conférence, des crayons simples et à bille, des punaises et d'un tableau pour affichage des résultats (cartes mobiles portant chacune la proposition du problème formulé).

La méthode repose sur le brainstorming. Toutes les propositions sont d'abord reçues et consignées sur une liste que les groupes cibles considèrent comme prioritaires ; ensuite, nous procédons ensemble à l'élimination de celles qui sont soit redondantes, soit répétitives et aidons à reformuler celles qui sont mal formulées.

Au cours des consultations participatives, les parties prenantes ont énoncé trois (3) principaux problèmes auxquels ils sont confrontés (voir paragraphe 4.3). L'approfondissement des relations de causes à effets a permis de choisir le problème central grâce à ces trois problèmes. Une fois le problème central choisi, les participants tentent ensemble d'établir les relations de causes à effets au dit problème central ; les problèmes qui paraissent être les causes directes sont placés en des-sous et ceux paraissant être les effets ou les conséquences sont placés au-dessus de ce problème central, sur le papier conférence qui a été affiché sur un tableau. Une fois terminé cet exercice, les problèmes sont reliés en traçant sur le papier les flèches montrant et clarifiant la relation de causes-effets. Le résultat de ce travail est visualisé sur le diagramme appelé « diagramme ou arbre des problèmes » qui résume la situation négative actuelle des communautés concernées.

b) Diagramme des objectifs

L'arbre des objectifs permet de décrire la situation à laquelle on souhaite parvenir une fois les problèmes résolus ; il décrit la situation désirée dans le futur. Le principe réside dans la conversion des « situations négatives » de l'arbre des problèmes en des « situations positives ». En procédant à la vérification de la logique moyens-finalités de l'arbre, on peut réviser certaines formulations, effacer ou ajouter de nouveaux objectifs.

5 La composition du groupe est déterminante pour assurer la qualité de résultats. Il est crucial de disposer d'un bon facilitateur et d'inclure dans le groupe les représentants des parties prenantes ayant une bonne connaissance de la situation. Il faut noter que le groupe ne doit pas inclure plus d'une vingtaine de personnes afin de permettre une bonne discussion.

c) Analyse des stratégies

C'est l'étape ultime avant de passer à la construction du cadre logique. Au cours des processus d'analyse des parties prenantes, des problèmes et des objectifs, il a été discuté des différentes voies possibles pour traiter les problèmes et sur leur priorisation. Ainsi, nous avons proposé aux participants une série de critères sur lesquels ils se sont accordés pour évaluer l'intérêt des différentes options d'intervention du projet. Parmi ces critères, il y a :

- Une contribution attendue à des objectifs politiques clés, comme la réduction de la pauvreté ou l'intégration économique ;

- Le bénéfice apporté à des groupes cibles comme les femmes et les hommes, les jeunes et les vieux, etc.

- La complémentarité avec d'autres programmes ou projets en cours ou clôturés ;

- Les implications en termes d'investissement et de coûts opérationnels, et la capacité des acteurs locaux à faire face aux coûts récurrents ;

- Le rapport entre les bénéfices du projet et les coûts financiers et économiques ; - La contribution au renforcement des capacités institutionnelles ;

- La faisabilité technique.

L'utilisation de ces critères nous a permis de déterminer ce qu'il faut ou ce que l'on peut inclure dans le champ du projet et ce que l'on ne doit pas ou ce que l'on ne peut pas y inclure.

La figure 8 montre la stratégie qui a été choisie dans le cas de notre projet. Le choix a été fait de centrer la stratégie sur le développement des structures de micro-finances, d'accroître les espaces culturaux par l'aménagement des bas fonds et de renforcer les infrastructures économiques de la zone d'étude. Il a été décidé d'abandonner les idées suivantes :

- Le développement des activités lucratives des secteurs formels et informels ; cet objectif étant déjà pris en compte dans la stratégie pour la croissance et l'emploi développée par le gouvernement camerounais ;

- La maîtrise de la démographie et de l'urbanisation qui sont prises en compte par d'autres actions sectorielles ;

- L'amélioration du temps de jachère ; c'est un aspect qui relève de la technique culturale. 6.1.2. Diagrammes des problèmes6 (voir figures 5, 6 et 7), des objectifs et des stratégies

6

Principes et recommandations pour vérifier la cohérence du diagramme des problèmes :

- Vérifier que l'arbre est logique en croisant les lectures : de bas en haut et de haut en bas ; de chaque cause à tous ses effets et inversement ;

- Vérifier que le graphe est complet, sans présenter de répétitions ;

- Vérifier que les liens directs de cause à effet sont clairs et évidents ; s'ils ne le sont pas, reformuler les éléments, intercaler des problèmes

intermédiaires, ou remettre la relation en question ;

- Vérifier que les liens indirects n'expriment pas de contradiction logique ;

- Partager la réflexion avec les partenaires et avec des personnes ne connaissant pas la situation. Chaque fois qu'une explication supplémentaire est nécessaire pour la compréhension de l'arbre, demandez-vous s'il ne faut pas ajouter des causes (rendre explicites les causes implicites) ou corriger le graphe.

Figure 11 : Diagramme des problèmes

Structures de micro-finances
faiblement implantées

Faible taux d'épargne au

niveau des ménages

Mauvaise gestion des
revenus domestiques

Revenu mensuel par équivalent

adulte inférieur au SMIG

Activités lucratives des secteurs for-
mels et informels plus ou moins en
saturation

Emplois extra-agricoles
mal rémunérés

Insuffisance des sources de revenus et
faible capacité financière des ménages

Forte pression démogra-
phique et urbanisation
rapide

Niveau de pauvreté accru et mauvaises
conditions de vie des ménages

Services spécialisés en conseils
agricoles et en distribution
d'intrants inexistants ou inopérants

Espaces culturaux
plus ou moins saturés

Fertilité des sols
réduits et ren-
dements agri-
coles bas

Temps de jachère
trop courts

Pistes de desserte des
bassins de production
mal entretenues

Dotation insuffisante
au niveau du budget
d'investissement
public (BIP)

Insécurité alimentaire accrue

Insuffisance et mauvais état des
infrastructures économiques

pour beaucoup de ménages

Faible distribu-
tion des marchés

de collecte

Insuffisance des infrastruc-
tures de collecte et de stoc-
kage des produits agricoles

Inexistence des
espaces pour
ventes groupées

des récoltes

44

Figure 12 : Diagramme des objectifs

Structures de micro-finances
implantées dans plusieurs
villages fonctionnent bien

Taux augmenté d'épargne au

Gestion des revenus do-
mestiques bien assurée

niveau des ménages

Revenu mensuel par équivalent adulte

amélioré et est supérieur au SMIG

Activités lucratives des secteurs
formels et informels sont en plein
essor

Offre d'emplois extra-
agricoles améliorée

Sources de revenus diversifiées et capaci-
té financière des ménages améliorée

Niveau de pauvreté en baisse palpable et meilleures condi-
tions de vie assurées pour bon nombre de ménages

Services spécialisés en conseil agricole
mis en place, fonctionnent et assurent la
distribution des intrants

Evolution démogra-
phique et urbanisation
maîtrisées

Ecosystème cultu-
raux diversifiés

Fertilité des sols et
rendements agri-
coles améliorés

Temps de jachère
réduits

Dotation améliorée au
niveau du budget
d'investissement
public (BIP)

Pistes de desserte des
bassins de production
bien entretenues

Sécurité alimentaire assurée pour

Nombre et état des infrastructures
économiques améliorés

beaucoup de ménages

truits dans bon
nombre de
communautés

collecte cons-

Marchés de

Infrastructures de collecte et
de stockage des produits
agricoles bien développées

Espaces pour
ventes groupées

des récoltes construits dans bon nombre de communautés

Figure 13 : Diagramme pour analyse des objectifs

Structures de micro-finances
implantées dans plusieurs
villages fonctionnent bien

Taux augmenté d'épargne au
niveau des acteurs écono-
miques

Gestion des revenus domes-
tiques bien assurée

Revenu mensuel par équivalent-adulte

amélioré et est supérieur au SMIG

Activités lucratives des secteurs
formels et informels sont en plein
essor

Offre d'emplois extra agricoles améliorée

Sources de revenus diversifiées et capaci-
té financière des ménages améliorée

Niveau de pauvreté en baisse palpable et meilleures condi-
tions de vie assurées pour bon nombre de ménages

Evolution démogra-
phique et urbanisation
maîtrisées

Services spécialisés en conseil agri-
cole mis en place, fonctionnent et
assurent la distribution des intrants

Ecosystème cultu-
raux diversifiés

Fertilité des sols et
rendements agri-
coles améliorés

Temps de jachère
augmenté

Dotation améliorée au
profit de l'entretien
des pistes de desserte
des bassins de pro-
duction

Pistes de desserte des
bassins de production
bien entretenues

Sécurité alimentaire assurée pour

Nombre et état des infrastructures
économiques améliorés

beaucoup de ménages

Marchés de

collecte et
hangars cons-
truits dans bon
nombre de

Infrastructures de collecte et
de stockage des produits
agricoles bien développées

Magasins pour ventes groupées des récoltes construits dans bon

nombre de
communautés 4

Sécurité alimentaire assurée pour

beaucoup de ménages

47

6.2. Elaboration du cadre logique

Au regard de l'analyse des stratégies faite au point 5.1.1 c), nous présentons ici l'arbre finalisé des objectifs.

Figure 14 : Diagramme finalisé des objectifs

La matrice du cadre logique est un tableau à double entrée qui décrit le projet et sa logique interne. Il est rempli à partir de l'arbre finalisé des objectifs, dans l'ordre ci-dessous.

Tableau 10 : Principe de remplissage du cadre logique

LOGIQUE D'INTERVENTION

INDICATEURS

SOURCES DE
VERIFICATION

HYPOTHESES IMPLICITES

Objectif(s) 1

global(aux)

8

9

 

Objectif spécifique 2

10

11

5

Résultats 3

12

13

6

Activités 4

 
 

7

(1) Les objectifs globaux : « (1) Contribuer à l'amélioration du revenu mensuel par équivalent-adulte et (2) Renforcer durablement la sécurité alimentaire pour bon nombre de ménages »

(2) L'objectif spécifique : il doit être exprimé en termes de bénéfices à améliorer ou à accroître pour les bénéficiaires directs du projet. Il est ainsi énoncé : « Améliorer le niveau et les conditions de vie de bon nombre de ménages »

(3) Les résultats : Ils doivent être exprimés en termes de « services » ou « produits tangibles ». Ainsi, nous avons principalement :

R1 : Structures de micro-finances, implantées dans plusieurs villages, fonctionnent effi-

cacement et les capacités des acteurs économiques et OPA renforcées.

R2 : Sources de revenus diversifiées et capacité financière des ménages améliorée.

R3 : Nombre et état des infrastructures économiques améliorés.

R4 : La gestion du projet est assurée et s'appuie sur un cadre opérationnel de suivi et de communication.

(4) Les activités : De manière générale, elles doivent être exprimées par un verbe d'action à l'infinitif et attachées chacune à un résultat donné.

Tableau 11 : Cadre logique du projet

LOGIQUE D'INTERVENTION

INDICATEURS7 OBJECTIVEMENT
VERIFIABLES

SOURCES DE VERIFICATION

HYPOTHESES

But8

Diminuer à long terme l'incidence et l'impact de la pauvreté au sein des communautés

Dans la zone du projet :

- l'incidence de la pauvreté diminue d'au

moins de 5%

- l'intensité9 de la pauvreté diminue d'au

moins 2%

- Enquête par sondage sur

les ménages

- Suivi participatif de

l'impact du projet

- Données statistiques

- Libre circulation des biens et des hommes

assurées par l'Etat

- Contextes politique, économique et envi-

ronnemental appropriés

Objectifs globaux
de l'action

(1) Contribuer à l'amélioration du revenu men-
suel par équivalent-adulte

(2) Renforcer durablement la sécurité alimentaire
pour bon nombre de ménages

- Le revenu mensuel par équivalent adulte

est au moins supérieur au SMIG

- Tous les ménages ont les possibilités de

manger au moins à leur faim

- Rapports d'activités et/ou

de suivi

- Enquêtes et statistiques

- Les bénéficiaires sont favorables aux

actions ainsi que les options du développement de leur communauté

- Les exécutifs communaux portent les

actions de développement des communautés de leur circonscription administrative

Objectif spéci-
fique de l'action

Améliorer le niveau et les conditions de vie de bon nombre de ménages dans la zone du projet

- Niveau de revenus des ménages pauvres

- Au moins 2 ménages pauvres sur 3 dispo-

sent d'une épargne et ont accès aux crédits

Résultats

R1 : Structures de micro-finances implantées

dans plusieurs villages fonctionnent effica- cement et la capacité des acteurs écono- mique améliorée

R2 : Sources de revenus diversifiées et capacité

financière des ménages améliorée

R3 : Nombre et état des infrastructures écono-

miques améliorés

- Au moins 10 bâtiments EMF sont cons-

truits et équipés

- Montant de l'épargne domestique des

ménages

- Au moins 500 ha de bas fonds sont amé-

nagés

- Au moins 150 ha d'étangs piscicoles sont

aménagés

- Au moins 250 km de pistes sont réhabili-

tées

- Au moins 40 hangars de marchés et 40

magasins communautaires sont construits

- Enquêtes

- Rapports

- Enquêtes

- Rapports d'activités

- Rapports d'évaluation

- Adhésion des bénéficiaires

- Facilités d'obtention de crédit

- Adhésion des bénéficiaires et clarification

des droits fonciers

- Maîtrise des circuits de distribution des

produits

- Professionnalisme des prestataires

- Participation des bénéficiaires

Adhésion/collaboration des exécutifs communaux

R4 : La gestion du projet est assurée et s'appuie

sur un cadre de suivi opérationnel

- Le SIG est mis en place

- Le cadre de communication est mis en

place

- Les équipements sont acquis pour le

compte du projet

- Budgets

- Mémoires de dépense et

tous autres extrants pal- pables

- Professionnalisme du personnel de l'unité

de gestion du projet

7 Les indicateurs doivent être SMART, c'est-à-dire, (i) Spécifiques à l'objectif qu'ils sont censés mesurer : les indicateurs doivent être indépendants ; chacun doit mesurer un objectif et un seul, (ii) Mesurables quantitativement ou qualitativement, (iii) Accessibles à un coût acceptable, (iv) en Rapport avec l'information souhaitée et (v) définis dans le Temps : on doit savoir quand l'objectif pourra être atteint (Source : Indaba-Académia. Construire un projet de développement - CD009F01).

8 Le but ici n'est pas spécifique au projet ; il s'intègre dans le cadre de la stratégie générale du Cameroun en matière de réduction de la pauvreté.

9 L'intensité (ou l'impact) de la pauvreté est l'indicateur qui mesure le gap moyen de revenu par rapport au seuil de pauvreté. Il est en moyenne de 12,8% au Cameroun (ECAM II)

ACTIVITES ATTACHEES A CHAQUE RESULTAT

 

MOYENS

COUTS (F.CFA)

 

RISQUES

 
 

1-

Activités du projet

 
 
 
 

A1.1 : Construire et rendre fonctionnel les struc-

 

· Aménagement des bas fonds

1 030 000 000

 
 
 

tures de micro-finance dans la zone d'étude.

 

· Réalisation des infrastructures à but économique

2 127 000 000

 
 

R1

de min iplant illage en et 1 ars ea


·ee

 
 

· Actions de visibilité, suivi/contrôle des travaux

130 000 000

 
 
 

A1.2 : Mener les actions de formation et d'appui-

 

· Appui - Conseils agricoles

275 000 000

 
 
 

conseils en faveur des acteurs écono- miques (GIC, OPA, etc...)

 

· Actions de suivi - évaluation et com- munication

220 000 000

 
 
 
 
 

Total 1 « activités du projet »

3 782 000 000

 
 
 

Equipement du projet

 
 
 
 
 
 

A2.1 : Diversifier les écosystèmes culturaux par

 

· Equipement en matériel roulant et di-

125 000 000

 
 

revenus et capaci es menag

l'aménagement des bas fonds.

A2.2 : Faciliter l'accès aux intrants agricoles et pro duits phytosanitaires.

 

vers

· Equipements informatiques et autres équipement de bureau

100 000 000

~

Non mobilisation à temps du personnel au démarrage

 
 
 

Total 2 « équipement du projet »

225 000 000

 
 
 

A2.3 : Promouvoir la mise en place et rendre fonc-

3-

Frais de fonctionnement du projet

 

I

Incompétence du personnel engagé

 

tionnel les services spécialisés en conseils
et informations agricoles, et distribution

 

· Frais du personnel

· Charges locatives et fonctionnement

1 584 000 000

162 000 000

~

Non adhésion des groupes cibles

 

des intrants.

 

de l'unité de gestion du projet

 

I

Non clarification des droits fonciers

 

A3.1 : Renforcer les infrastructures de collecte et

 

· Fonctionnement du matériel roulant

228 500 000

 
 
 
 

de stockage, et promouvoir les ventes grou- pées.

 

Total 3 « frais de fonctionnement »

1 974 500 000

~

Troubles sociaux dans la zone

t3

et
stn
qu(

 
 

Coût total avant imprévus

5 981 500 000

 
 
 
 
 

Imprévus (5%)

299 075 000

 
 
 

A3.2 : Réhabiliter des pistes de dessertes existant et ouvrir de nouvelles autres.

 

Coût total du projet

6 280 575 000

 
 

R4

La gestion du projet est assuree et

s'appuie sur un

cadre de suivi operationnel

A4.1 : Formuler et mettre en place du dispositif de suivi-évaluation.

 
 
 
 
 

A4.2 : Mettre en place un cadre opérationnel de communication et d'échange des acteurs économiques et des exploitants agricoles.

 
 
 
 
 
 
 

CONDITIONS

I

Collaboration des administrations déconcentrées des ministères de tutelle

 
 

PREALABLES

I

Politique sectorielle clairement définie

50

6.3. Calendrier indicatif des activités

Résultat et activité indica-
tive

Responsabilité

Année 1

Année 2

Année 3

Année 4

Année 5

T1 T2 T3 T4

T1 T2 T3 T4

T1 T2 T3 T4

T1 T2 T3 T4

T1 T2 T3 T4

1

STRUCTURES DE MICRO-FINANCES IMPLANTEES DANS PLUSIEURS VILLAGES FONCTIONNENT EFFICACEMENT ET LA CAPACITE DES ACTEURS ECONOMIQUE AMELIOREE

1.1

Construire et rendre fonction- nel les structures de micro- finance dans la zone de projet

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

1.2

Mener les actions de forma-Personnel tion et d'appui-conseils en

faveur des acteurs écono- miques (GIC, OPA, etc...)

du

projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

2

SOURCES DE REVENUS DIVERSIFIEES ET CAPACITE FINANCIERE DES MENAGES AMELIOREE

2.1

Diversifier les écosystèmes culturaux par l'aménagement des bas fonds

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

2.2

Faciliter l'accès aux intrants agricoles et produits phytosa- nitaires

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

2.3

Promouvoir la mise en place et rendre fonctionnel les services spécialisés en con- seils agricoles et distribution des intrants

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

3

NOMBRE ET ETAT DES INFRASTRUCTURES ECONOMIQUES AMELIORES

3.1

Renforcer les infrastructures de collecte et de stockage, et promouvoir les ventes grou- pées

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

3.2

Réhabiliter des pistes de dessertes existant et ouvrir de nouvelles autres

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

4

LA GESTION DU PROJET EST ASSUREE ET S'APPUIE SUR UN CADRE DE SUIVI OPERATIONNEL

4.1

Formuler et mettre en place du dispositif de suivi- évaluation

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

4.2

Mettre en place un cadre opérationnel de communica- tion et d'échange des acteurs économiques et des exploi- tants agricoles

Personnel du
projet et con-
tractants

 
 
 
 
 

VII. VALIDATION ET FORMULATION DU PROJET

7.1. Validation du projet

L'étape de validation de projet est un processus qui permet d'approuver sa conception en termes de faisabilité sociale et de faisabilité économique. En cette occurrence, il faut passer en revue toutes les informations recueillies lors des étapes de cette conception.

7.1.1. Validation sociale du projet

Le schéma de validation sociale proposé dans le guide technique de gestion de cycle de projet, permet de passer en revue les impacts éventuels du projet sur les individus, les ménages et la communauté en fonction de leurs capacités à participer, liées le plus souvent à de question de genre et de niveau de vie. Le processus s'appuie concrètement sur l'appréciation (i) de la capacité d'influence des dépositaires d'enjeux du projet, (ii) des niveaux de participation des différents dépositaires d'enjeux au projet, (iii) des intérêts et des enjeux des dépositaires d'enjeux au projet et (iv) des disparités socio-économiques entre dépositaires d'enjeux et leurs effets.

a) Capacité d'influence de chacun des dépositaires d'enjeux sur le projet

La visualisation de la capacité d'influence de chaque dépositaire d'enjeux permet d'apprécier comment celui-ci peut influer ou non sur le déroulement et l'atteinte des objectifs d'un projet. L'un des principes de la validation sociale consiste à proposer les activités susceptibles de permettre aux dépositaires d'enjeux influents de soutenir le projet, de développer un esprit collaboratif avec les autres et de contribuer à l'élargissement du champ de pouvoir des défavorisés qui constituent le groupe cible du projet.

Parties prenantes

Faible capacité d'influence

Forte capacité d'influence

Dépositaires d'enjeux primaires

- Exploitants (actifs ou potentiels) des bas fonds/Ménages

- Revendeuses (appelées au Cameroun « Bayam sellam »)

- Consommateurs de la ville de Yaoundé (Cameroun)

- Transporteurs ruraux (conducteurs des taxi- brousse)

Dépositaires d'enjeux secondaires

- Propriétaires fonciers au niveau des bas fonds

- Fournisseurs des produits phytosanitaires et petits outillages agricoles

- Artisans locaux fabricant le petit outillage agricole

- Communes concernées

- Chambres d'Agriculture/Commerce

- Services déconcentrés des Ministères de la Santé/ Environnement

- Organisations Professionnelles Agricoles (Coopératives, Fédérations ou unions des GIC, GIC, etc.)

- Services déconcentrés MINADER et MINEPAT

- Instituts de recherche

Tableau 12 : Capacité d'influence des dépositaires d'enjeux du projet

Parties prenantes

Forte capacité d'influence

Faible capacité d'influence

Dépositaires d'enjeux clés

- Syndicats inter-professionnels

- Ministères de tutelle (MINADER et MINEPAT)

- Bailleurs de fonds

Etape de cycle
de projet

Information

Type de participation Consultation Collaboration

Contrôle

Identification

- Ministères de tutelle

(MINADER et MINEPAT)

- Ministères de tutelle - Exploitants (actifs ou

potentiels) des bas

fonds et des ménages - Revendeuses des pro-

duits agricoles

- Consommateurs de la
ville de Yaoundé

- Transporteurs ruraux (taxi brousse)

- Propriétaires fonciers au

niveau des bas fonds - OPA

- Fournisseurs des produits

agricoles

- Services déconcentrés

des ministères concernés - Communes concernées

- Bailleur de fonds

Conception

- Ministères de tutelle

(MINADER et MINEPAT)

- Exploitants (actifs ou

potentiels) des bas

fonds et des ménages - Revendeuses des pro-

duits agricoles

- Consommateurs de la
ville de Yaoundé

- Transporteurs ruraux (taxi brousse)

- Propriétaires fonciers au

niveau des bas fonds

- Fournisseurs des produits

phytosanitaires et petits

outillages agricoles

- Artisans locaux fabricant

le petit outillage agricole

- Communes concernées

- Chambres

d'Agriculture/Commerce

- Services déconcentrés
des Ministères de la San-

té/ Environnement

- Bailleur de fonds

Mise en oeuvre

- Ministères de tutelle

(MINADER et MINEPAT)

 

- Exploitants (actifs ou potentiels) des bas fonds et des ménages

- Revendeuses des produits agricoles

- Consommateurs de la ville de Yaoundé

- Transporteurs ruraux (taxi brousse)

- Unité opérationnelle de gestion du projet

Il y a lieu de constater que le contrôle du projet est en grande partie entre les mains des dépositaires d'enjeux clés et certains dépositaires d'enjeux secondaires. Les dépositaires d'enjeux primaires sont en position de faiblesse. Cette situation doit être corrigée progressivement au cours de la mise en oeuvre du projet. Ainsi, il est souhaitable qu'il soit revu le niveau de participation de ces dépositaires d'enjeux.

b) Niveau de participation des parties prenantes au projet

Pour la réussite du projet, tous les dépositaires d'enjeux doivent participer depuis l'étape de l'identification jusqu'à celle du suivi. Il existe 4 niveaux de participation (information, consultation, collaboration et contrôle) qui permettent de garantir l'implication totale des dépositaires d'enjeux, chacun en fonction de son rôle et de son mandat.

Tableau 13 : Niveau de participation des dépositaires d'enjeux

Evaluation

- Entité extérieure à l'unité opérationnelle de gestion du projet

- Ministères de tutelle (MINADER et MINEPAT)

- Syndicats inter-
professionnels

- Ministères de tutelle (MINADER et MINEPAT)

- Bailleurs de fonds

Contrôle

Information

Consultation

Collaboration

Suivi

- Unité opérationnelle de gestion du projet

- Entité extérieure à l'unité opérationnelle de gestion du projet

- Ministères de tutelle (MINADER et MINEPAT)

Type de participation

Etape de cycle
de projet

Pour garantir le succès du projet, il faudra :

- associer les dépositaires d'enjeux primaires à toutes les étapes du projet afin de renforcer leur pouvoir ;

- informer régulièrement les dépositaires d'enjeux clés et les consulter pendant les étapes d'identification et de conception du projet ;

- instaurer la collaboration entre les dépositaires d'enjeux clés avec ceux primaires pendant les étapes de mise en oeuvre du projet et son suivi, sous le contrôle de l'unité de gestion du projet ;

- vérifier régulièrement l'état de collaboration entre les ministères de tutelle et le bailleur de fonds.

c) Intérêts et enjeux des dépositaires d'enjeux primaires au projet

Il est à noter que certains intérêts ne peuvent être satisfaits à l'immédiat par le projet lui-même ; il faut attendre à longs terme. Il est donc important d'informer et de sensibiliser tous les dépositaires d'enjeux sur les résultats immédiats et long terme du projet, sur leurs responsabilités et sur leur appropriation du projet pour saisir et valoriser toutes les potentialités.

Parties prenantes

Intérêts et enjeux

Satisfaction par le projet

Revendeuses

(appelées au Cameroun « Bayam sellam »)

- Très grande variabilité des produits dans les marchés de collecte ou bords champs

- Accès facilité aux revendeuses - Réduction du coût de transport

- Augmentation de la quantité des marchandises à proposer dans les marchés locaux

- Routes utilisables en toute saison

- Amélioration de la marge bénéficiaire des revendeuses

54

- Opportunités d'emplois agricoles informels - Renforcement et sécurité pour le revenu mensuel par équivalent adulte

- Viabilité et durabilité de l'outil de production - Développement de nouvelles compétences dans l'exploitation des bas fonds

- Accès aux intrants et aux appuis conseils

- Amélioration des emplois agricoles informels - Amélioration du revenu des ménages

- Diminution des périodes de soudure et étalement des périodes de revenus

- Amélioration de la situation de l'outil de production

Exploitants (actifs ou potentiels) des bas fonds et les ménages

Tableau 14 : Intérêt et enjeux des parties prenantes primaires

Transporteurs ruraux (conducteurs des taxi- brousse)

- Clientèle en augmentation

- Circulation aisée pour accéder aux bas fonds - Frais de réparation et d'entretien réduits

- Certitude d'arriver à destination

- Amélioration des recettes journalières

- Amélioration de la qualité des pistes de desserte de bassins de production

Parties prenantes

Intérêts et enjeux

Satisfaction par le projet

- Assurance d'avoir les denrées alimentaires en quantité et en qualité, en toute saison dans les marchés locaux

- Prix acceptables des denrées alimentaires

- Augmentation de la quantité des denrées alimentaires dans les marchés locaux

- Diminution des prix des denrées alimentaires dans les marchés locaux

Consommateurs de la ville de Yaoundé (Cameroun)

d) Disparités socio-économiques des dépositaires d'enjeux et leurs effets

Avec la presque saturation du secteur formel, les ménages pauvres se tournent vers le secteur informel qui connaît une forte explosion de petits métiers tels la cordonnerie, le lavage de voitures, l'agriculture péri-urbaine, la pratique de l'horticulture dans les bas fonds, etc. Par rapport au seuil de pauvreté évalué à 232 547 F.CFA/an (soit 637,11 F.CFA/jr) et par équivalent adulte, 48,2% des populations de la zone d'étude vivent en dessous de ce seuil. On note une grande disparité entre la zone urbaine et la zone rurale ; l'incidence de la pauvreté est respectivement de 51,4% en zone rurale contre 13,3% en zone urbaine (ECAM II).

Tableau 15 : Caractéristiques de la pauvreté dans la zone de l'étude

Désignation

Caractéristiques

Exclus/ues de(s) :

Vulnérabilité

Communauté

- Insuffisance en termes de distribution d'infrastructures à vocation économique (marchés, magasins communautaires, etc.)

- Dégradation avancée des routes

- Carence des structures de crédit adaptées aux besoins socio-économiques des communautés

- Faible esprit communautaire

- Processus de développe-
ment de leur milieu

- Activités génératrices de revenus

- Faible niveau de revenu - Dégradation des conditions de vie

- Baisse de fertilité des sols

Ménages

- Incapacité à pourvoir aux besoins du ménage

- Faible niveau d'instruction du chef de ménage

- Logements précaires

- Emplois du secteur formel - Plans d'épargne

- Système éducatif

- Précarité des conditions
d'existence des mé-

nages

- Déperdition scolaire des enfants

Individus

- Incapacité d'avoir chaque jour la somme de 637 F.CFA pour la survie

- Incapacité à pourvoir aux besoins so-ciaux de base (santé, éducation, loge- ment, etc...)

- Chômage accentué

- Faible niveau d'instruction

- Femmes chefs de famille et personnes âgées

- Services sociaux

- Processus de décision du ménage

- Malnutrition et sous alimentation

- Dégradation du pouvoir d'achat

- Santé précaire

- Marginalisation

- Tabagisme et alcoo-
lisme accentués

7.1.2. Validation économique du projet

La validation économique consiste à analyser le degré de rentabilité du projet en termes d'amélioration sociale de la communauté : c'est une analyse des coûts et des bénéfices sociaux (ACB) qui facilite les décisions d'investissement et permet de donner une idée sur la valeur économique du projet. Elle mesure les bénéfices et les coûts non monétaires permettant ainsi de reflé-

ter la dimension économique dans une perspective sociale, susceptible de déterminer l'attrait relatif à l'investissement.

Dans le cadre de notre travail, nous allons nous articuler sur 3 points à savoir :

- identification des coûts et des bénéfices sociaux ;

- analyse coûts-avantages sociaux ;

- mesure de l'impact, viabilité/durabilité du projet.

a) Identification des coûts et des bénéfices sociaux

Les coûts et les bénéfices privés ont été distingués des coûts et bénéfices sociaux engendrés par la mise en exploitation des bas fonds de la ceinture péri-urbaine Yaoundé.

Tableau 16 : Coûts et bénéfices sociaux pour la mise en exploitation des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé

Coûts privés

Bénéfices privés

 

- Actions d'animation, de mobilisation et de sensibilisation des communautés bénéficiaires

- Coûts inhérents à tous les travaux

- Actions de structuration des bénéficiaires en organisations professionnelles

- Actions d'appuis conseils

- Fonds garantis pour intrants agricoles

 

- Pendant les travaux :

I retombées économiques au niveau de la main d'oeuvre et des entrepreneurs titulaires des travaux ;

I impôts payés par les entreprises titulaires des travaux ; I développement du petit commerce autour des sites des travaux.

- Après les travaux :

I Mise à disposition et viabilité de l'outil de production pour les exploitants individuels ;

I Accessibilité facile dans les bassins de production ; I Amélioration des recettes journalières

I Entretien réduit des véhicules

I Augmentation des recettes des revendeuses

 

Coûts sociaux

Bénéfices sociaux

 

- Etalement du calendrier agricole avec décalage pour les cultures des bas fonds et celles en zones exondées, entraînant une charge de travail supplémentaire dans les ménages

- Pénibilité du travail dans les bas fonds

- Développement exagéré des adventices dans les parcelles des bas fonds

 

- Accès aux capitaux et aux crédits

- Opportunité de lutte contre la pauvreté

- Renforcement de la sécurité alimentaire

- Elargissement de la gamme des possibilités de survie des ménages

- Amélioration des revenus des ménages

- Non existence des creux de trésorerie tout au long de l'année - Création d'emplois informels pour de jeunes en chômage

- Satisfaction de la demande urbaine en produits agricoles

b) Analyse de coûts-avantages sociaux

Il s'agit de l'estimation systématique de tous les coûts et avantages d'un projet, lesquels présentent de l'intérêt pour les communautés bénéficiaires. Elle prend en compte, à la fois, les externalités techniques et les externalités pécuniaires, dans la mesure où ces dernières ne consistent pas simplement en une redistribution de revenus.

Nous notons qu'il est difficile de quantifier les coûts sociaux du présent projet ; néanmoins, nous pouvons spécifier quelques avantages sociaux du projet à savoir :

- L'incidence de la pauvreté baisse en deçà de 51,4% en zone rurale et de 13,3% en zone urbaine ;

- Le revenu par équivalent adulte, de près de 60% de chefs de ménages pauvres, est nettement supérieur à valeur minimale du seuil de pauvreté.

c) Mesure de l'impact, viabilité/durabilité du projet

Le bénéfice social le plus significatif sera l'amélioration du revenu par équivalent adulte en dépit de la charge de travail supplémentaire des ménages, laquelle est due surtout à l'étalement du calendrier agricole du fait de l'exploitation des bas fonds.

La viabilité relève à la fois de la gouvernance, de la mise en oeuvre et du financement. Une planification rigoureuse est essentielle : il importe de faire des choix stratégiques, de prévoir les principales étapes de mise en oeuvre et les ressources financières nécessaires, d'établir un processus d'évaluation et enfin, prévoir des solutions de rechange pour parer aux imprévus.

7.2. Formulation du projet

7.2.1. Contexte, justification et cohérence avec la stratégie sectorielle de lutte contre la pauvreté au Cameroun

L'urbanisation croissante avec comme corollaire l'étalement urbain au détriment de l'espace rural péri-urbain et la poussée démographique ont induit une modification de la demande sociale à l'égard des espaces ruraux cultivables ; après avoir été principalement considérés comme espaces de production agricole, ils sont aujourd'hui considérés comme des espaces de ressources naturelles, de résidence et de loisirs. La question de l'équilibre entre les usages agricoles et les autres usages de l'espace rural est ainsi devenue une question centrale des enjeux et des potentialités (cf. chapitre II) que présente l'aménagement des bas-fonds qui peuvent répondre à un triple rôle :

- créer les emplois pour nombre de chômeurs ;

- améliorer le seuil de pauvreté par équivalent-adulte qui est actuellement de 22 454 F.CFA

par mois (Source : ECAM III, 2007) ;

- satisfaire, en termes d'offre, à la demande des produits alimentaires des populations ur-

baines en proie à la précarité des conditions d'existence.

Au regard de ce qui précède, nous retenons que la mise au point des stratégies de gestion de ces

écosystèmes dans la ceinture péri-urbaine de Yaoundé vise à accroître non seulement l'accès des producteurs à la terre mais aussi les productions en qualité et en quantité afin de renforcer durablement la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté ( NGUEGANG. et al., 2005).

Ainsi, monté autour de la mise en valeur des bas fonds de la ceinture périurbaine de Yaoundé, le projet aura une durée de 60 mois dont 6 mois pour la préparation de la mise en oeuvre effective des activités sur le terrain - 6 mois pour la liquidation et la clôture du projet - et 48 mois de mise en oeuvre sur le terrain. Ce projet qui s'appuiera essentiellement sur l'approche participative pour la réalisation de ses activités, devra concerner quatre des circonscriptions départementales de la Région du Centre, dont la Lékié qui compte 9 communes, la Mefou et Akono qui compte 4 communes, la Mefou et Afamba qui compte 8 communes et le Mfoundi qui compte 7 Communes ; soit au total de 28 communes touchées par le projet, lesquelles s'étalent sur une superficie de près de 7 949 km2 pour une population estimée à plus de 3 000 000 d'habitants.

Le projet s'inscrit dans le cadre de création des programmes prioritaires spécifiques d'appui au développement et aux organisations professionnelles agricoles. En cette occurrence, le Gouvernement a développé une stratégie intégrée du secteur rural qui s'inscrit dans la logique d'appui sans participation directe à la production. Cette stratégie vise à améliorer la productivité et les rendements dans l'agriculture et favoriser la croissance de la production et même de la productivité agricole. Il s'agit de l'amélioration des conditions de vie des communautés au travers du développement rural intégré.

7.2.2. Contenu du projet

a) But et titre du projet

Le but (ou finalité) du projet est de « Diminuer à long terme l'incidence et l'impact de la pauvreté au sein des communautés bénéficiaires ».

Le titre du projet est : « Projet de Développement des Ecosystèmes Bas Fonds (PDEBF) de Yaoundé ».

b) Objectifs globaux du projet

Les objectifs globaux sont les suivants :

Objectif global 1 : « Contribuer à l'amélioration du revenu mensuel par équivalent-adulte, dans la zone de projet »

Objectif global 2 : « Renforcer durablement la sécurité alimentaire pour bon nombre de ménages de la zone de projet »

c) Objectif spécifique du projet

L'objectif spécifique du projet est la résultante des différentes propositions issues des ateliers tenus avec les différentes parties prenantes. Il est ainsi énuméré : « Améliorer le niveau et les conditions de vie de bon nombre de ménages »

d) Résultats attendus du projet

R1 : Structures de micro-finances, implantées dans plusieurs villages, fonctionnent efficacement et les capacités des acteurs économiques et OPA renforcées.

R2 : Sources de revenus diversifiées et capacité financière des ménages améliorée.

R3 : Nombre et état des infrastructures économiques améliorés.

R4 : La gestion du projet est assurée et s'appuie sur un cadre opérationnel de suivi et de communication.

e) Hypothèses et risques

Les hypothèses qui sont les éléments externes pour la réussite du présent projet sont :

- Libre circulation des biens et des hommes assurées par l'Etat ;

- Contextes politique, économique et environnemental appropriés ;

- Les bénéficiaires sont favorables aux actions ainsi que les options du développement de leur

communauté ;

- Les exécutifs communaux portent les actions de développement des communautés de leur

circonscription administrative ;

- Facilités d'obtention de crédit rural ;

- Adhésion des bénéficiaires et non clarification des droits fonciers ;

- Maîtrise des circuits de distribution des produits ;

- Professionnalisme des prestataires ;

- Participation des bénéficiaires ;

- Adhésion/collaboration des exécutifs communaux ;

- Professionnalisme du personnel de l'unité de gestion du projet.

D'une manière générale, l'unité de gestion du projet devra disposer d'assez bonne compétence, d'autonomie et de flexibilité opérationnelle pour assurer l'ajustement continu des actions à mettre en oeuvre. Toutefois, le projet pourra faire face à plusieurs risques, comme résumés ci-dessous :

- Non mobilisation à temps du personnel d'exécution au démarrage ;

- Incompétence du personnel engagé ;

- Non adhésion des groupes cibles ;

- Non clarification des droits fonciers ;

- Troubles sociaux dans la zone de projet.

7.2.3. Composantes et activités du projet

Le projet conçu autour de la mise en valeur des bas fonds de la ceinture périurbaine de Yaoundé a trois (3) principales composantes qui sont les suivantes :

1) La composante « Aménagements et Infrastructures économiques » : Elle concerne prioritairement l'intensification et la diversification de type d'écosystèmes mis en valeur à travers

60

l'aménagement des bas fonds. Concrètement, il s'agira d'inventorier et d'identifier les bas fonds potentiellement aménageables, et de caractériser ces derniers, dans la zone du projet, en vue d'une valorisation agricole et/ou halieutique. Les travaux d'aménagement sommaire devront également inclure les dessertes ainsi que le renforcement des autres infrastructures économiques connexes.

La consolidation des infrastructures économiques concerne surtout :

· la création des points de collecte ou de marchés périodiques qui sont les lieux par excellence d'échange où les revendeuses (ou Bayam sellam) viennent s'approvisionner pour le compte des marchés de la ville de Yaoundé ;

· le renforcement de l'offre de services financiers de proximité grâce à la construction des établissements de micro-finances (EMF) dans la zone du projet ; ces EMF devraient permettre à la population à faible revenu, mais disposant d'un certain nombre d'objectifs sociaux désirables (ou de micro-projets), de développer des initiatives à la base en vue d'améliorer leur situation socio-économique ;

· la construction des hangars de marchés et des magasins de regroupement de productions où des ventes groupées peuvent être organisées.

2) La composante « Appuis et conseils agricoles » qui :

· apportera un appui en terme d'animation, de sensibilisation, d'encadrement, de recherche développement, de vulgarisation agricole et de commercialisation, et des conseils en terme de crédit rural important pour supporter les activités rurales ;

· devra renforcer les capacités des acteurs économiques ou des leaders communautaires en gestion, mobilisation des ressources et maintenance des infrastructures construites en réponse au souci du projet à assurer la pérennisation de ses réalisations ;

· apportera un appui pour la mise en place des structures spécialisées en conseils agricoles et production des alevins.

3) La composante « gestion, suivi-évaluation et communication » avec notamment le finan-

cement des enquêtes :

· systématiques sur des impacts du projet non seulement sur les ménages mais aussi sur les différents acteurs économiques engagés dans le système d'exploitation des bas fonds, dans la zone du projet ;

· qualitatives et quantitatives sur l'évolution de la dynamique du profil de pauvreté dans la zone de projet.

Structures de micro-finances implantées dans plusieurs villages fonctionnent efficacement et les capacités des acteurs économiques et OPA renforcées.

Figure 15 : Visualisation de la structure et du cadre du projet

Coordonnateur du projet, Unité de gestion du projet, Animation/sensibilisation, Recherche, Vulgarisation, Enquêtes, Etudes, Formations, Transports, Construction et autres
activités de mise en oeuvre du projet

Aménagements et Infras-
tructures économiques

Contribuer à l'amélioration du
revenu mensuel par équivalent-
adulte, dans la zone de projet

Améliorer le niveau et les conditions
d'existence de bon nombre de ménages

Diminuer à long terme l'incidence et
l'impact de la pauvreté au sein des
communautés bénéficiaires

Appuis et conseils
agricoles

Renforcer durablement la sécurité
alimentaire pour bon nombre de
ménages de la zone de projet

Gestion, suivi-évaluation
et communication

Les activités dans les lignes qui suivent et lesquelles sont spécifiques à chacune des composantes ci-dessus, sont rattachées aux quatre (4) résultats énoncés plus haut.

Activités liées au 1er résultat :

Activité 1.1 : Construire et rendre fonctionnel les structures de micro-finance dans la zone de projet

Les principales actions à mener sont :

1. recensement des mutuelles d'épargne et de crédits existant dans la zone de projet ;

2. établissement d'une plate-forme de concertation avec celles-ci et identifier de manière participative des zones nécessitant l'implantation d'un établissement de micro-finance ;

3. vulgarisation auprès des acteurs économiques de l'importance des micro-finances dans la

structure de l'économie rurale ;

But (ou finalité) du
projet

Objectif spécifique

Composantes

Moyens

Objectifs globaux

4. sensibilisation/animation sur l'approche retenue pour l'exécution des travaux et établissement participative de la fiche de contribution des bénéficiaires ;

5. préparation du DAO, publication de l'appel d'offres et choix des prestataires ;

6. assurance de la maîtrise d'oeuvre des marchés engagés.

Les structures de micro-finances à mettre en place doivent non seulement mobiliser l'épargne des ménages, des OPA et d'autres acteurs économiques, mais aussi assurer sa redistribution au travers d'un réseau supervisé par le projet.

Activité 1.2 : Mener les actions de formation et d'appui-conseils en faveur des acteurs économiques (GIC, OPA, etc...)

Les principales actions à mener sont :

1. identification des besoins en formation des OPA et des acteurs économiques oeuvrant dans le domaine du développement rural, dans la zone du projet ;

2. développement d'un réseau pour appui/conseil dans le domaine de la gestion financière des OPA ;

3. renforcement des capacités des acteurs économiques et des OPA dans le domaine de la gestion de la chose publique.

Activités liées au 2ème résultat :

 

Sources de revenus diversifiées et capacité financière des ménages améliorée.

Activité 2.1 : Diversifier les écosystèmes culturaux par l'aménagement des bas fonds

1. Exécution des enquêtes pour identification des bas fonds dans la zone de projet ;

2. Choix des bas fonds aménageables, selon le type d'aménagement (but piscicole ou agricole) et leur caractérisation détaillée en collaboration avec les bénéficiaires ;

3. Sensibilisation/animation sur l'approche retenue pour l'exécution des travaux et établissement participative de la fiche de contribution des bénéficiaires ;

4. Préparation des DAO, publication des appels d'offres et choix des adjudicataires ;

5. Maîtrises d'ouvrage et d'oeuvre sous le suivi et le contrôle participatifs des bénéficiaires. Activité 2.2 : Promouvoir la mise en place et rendre fonctionnel les services spécialisés en

conseils et informations agricoles, distribution d'intrants et alevinage Les principales actions à mener sur le terrain sont :

1. identification des jeunes diplômés volontaires pour la mise en place d'un groupe d'intérêt économique (GIE), formés dans le domaine de la production rurale ;

2.

renforcement des capacités des jeunes ainsi identifiés dans les domaines entrepreneurial et autres ;

3. appui desdits jeunes pour qu'ils s'organisent en GIE ;

4. appui des jeunes pour la création d'au moins deux centres pilotes en prestations de services (CPPS), spécialisés en conseils, information et distribution d'intrants d'un centre pilote en production et distribution d'alevins (CPPDA) dans la zone de projet ;

5. mobilisation du fonds de roulement (investissement, fonctionnement, équipement et intrants) nécessaire au démarrage des activités du CPPS et du CPPDA ;

6. définition d'un cadre de gestion administrative et financière du CPPS et du CPPDA. Activité 2.3 : Faciliter l'accès aux intrants agricoles et produits phytosanitaires Les principales actions à mener sur le terrain sont :

1. création et mise à jour permanente du répertoire des exploitants des bas fonds ;

2. établissement d'un état des besoins des exploitants des bas fonds en intrants agricoles, produits phytosanitaires ou alevins ;

3. mise en place d'un fonds garantie auprès des établissements de micro-finances appuyés par le projet, afin de préfinancer l'acquisition des intrants agricoles et produits phytosanitaires des exploitants au sein des OPA.

Activités liées au 3ème résultat :

 

Nombre et état des infrastructures économiques améliorés.

Activité 3.1 : Renforcer les infrastructures de collecte et de stockage, et promouvoir les ventes groupées

1. conduite d'une enquête en vue d'établir l'état des besoins en infrastructures économiques dans la zone de projet, en cohérence avec les plans locaux de développement des communes concernées ;

2. programmation de la réalisation des infrastructures susceptible de combler au moins 50% des besoins dans la zone de projet ;

3. sensibilisation/animation sur l'approche retenue pour l'exécution des travaux et établissement participative de la fiche de contribution des bénéficiaires ;

4. Préparation des DAO, publication des appels d'offres et choix des adjudicataires ;

5. Maîtrises d'ouvrage et d'oeuvre sous le suivi et le contrôle participatifs des bénéficiaires ;

6. Appuyer les actions de commercialisation.

Activité 3.2 : Réhabiliter des pistes de dessertes existant et ouvrir de nouvelles autres Les principales actions à mener sont :

1. Préparation de la mise en oeuvre des réalisations de l'activité ;

2. sensibilisation/animation sur l'approche retenue pour l'exécution des travaux et établissement participative de la fiche de contribution des bénéficiaires ;

3.

Préparation DAO, publication appel d'offres et choix prestataires ;

64

4. Maîtrises d'ouvrage et d'oeuvre sous le suivi et le contrôle participatifs des bénéficiaires. Activités liées au 4ème résultat :

 

La gestion du projet est assurée et s'appuie sur un cadre opérationnel de suivi et de communication.

Activité 4.1 : Concevoir et mettre en place le dispositif de suivi-évaluation du projet Les principales actions à mener sont :

1. concevoir et mettre en place une base de données dans le cadre de suivi évaluation ;

2. mettre en place un SIG et former le personnel à l'exploitation ;

3. assurer régulièrement la collecte de données et la mise à jour de la base ainsi que du SIG. Activité 4.2 : Mettre en place un cadre opérationnel de communication et d'échange des acteurs économiques et des exploitants agricoles

1. promouvoir la création d'une radio rurale pour informer le monde rural de la zone de pro-jet et même au-delà ;

2. alimentation quotidienne de certaines émissions de la radio avec des informations sur les productions des périmètres ;

3. création, au niveau de la radio, d'un espace d'échange pour le partage d'expérience dans le monde rural ;

4. réalisation régulière des reporting susceptibles de documenter les archives de la capitalisation du projet.

7.2.4. Bénéficiaires du projet

Le programme doit profiter aux populations des 24 communes qui constituent la zone du projet. Les bénéficiaires directs seront surtout les populations des villages riverains des bas fonds aménagés ainsi que les groupements ou associations dynamiques qui s'investissent dans le développement des productions agro-pastorales. Le projet devra promouvoir l'accès des genres aux ressources des bas fonds. C'est ainsi qu'une attention particulière sera portée aux groupes défavorisés et vulnérables afin qu'ils puissent être intégrés dans la dynamique (Femmes, jeunes ruraux, sous-employés au chômage, personnes de bonne volonté n'ayant pas accès aux terres fertiles, ...). Ces groupes cibles attendent du projet la diminution à long terme de l'incidence et de l'impact de la pauvreté en leur sein.

7.2.5. Coût global et plan de financement du projet

Les principales rubriques d'allocation des ressources (voir détails en annexe 4) sont les suivantes :

CHAPITRE 1 : ACTIVITES DU PROJET

 
 
 

1.1

Aménagement des bas fonds

 

1 030 000 000

F.CFA

1.2

Réalisation des infrastructures à but économique

 

2 127 000 000

F.CFA

1.3

Actions de visibilité, suivi/contrôle des travaux

 

130 000 000

F.CFA

1.4

Appui - Conseils agricoles

 

275 000 000

F.CFA

1.5

Actions de suivi - évaluation et communication

Total chapitre 1

2 : EQUIPEMENTS DU PROJET

3

220 000 000

782 000 000

F.CFA F.CFA

 

CHAPITRE

2.1

Equipement en matériel roulant et divers

 

125 000 000

F.CFA

2.2

Equipements informatiques et autres équipement de bureau
Total chapitre 2

3 : FRAIS DE FONCTIONNEMENT DU PROJET

 

100 000 000

225 000 000

F.CFA F.CFA

 

CHAPITRE

3.1

Frais du personnel

 

1 584 000 000

F.CFA

3.2

Charges locatives et fonctionnement de l'unité de gestion du pro

 

162 000 000

F.CFA

3.3

Fonctionnement du matériel roulant

Total chapitre 3 Coût avant imprévu

1

228 500 000 974 500 000 5 981 500 000

F.CFA F.CFA F.CFA

 
 
 

Imprévus (5%)

299 075 000 F.CFA

 
 
 
 

Coût global du projet 6 280 575 000 F.CFA

 
 
 
 
 

Le coût global du projet est de « six milliards deux cent quatre-vingt millions cinq cent soixante quinze mille » francs CFA répartis comme suit :

1) Financement du projet à hauteur de 92,10% par le bailleur de fonds, soit un montant de 5 761 665 000 F.CFA.

2) Financement du projet à hauteur de 6,41% par les fonds de la contrepartie du MINADER, soit un montant de 400 700 000 F.CFA provenant des fonds PPTE.

3) Financement du projet à hauteur de 1,49% par les bénéficiaires, soit un montant de 93 500 000 F .CFA.

7.2.6. Organisation et gouvernance du projet

La structure organisationnelle générale à mettre en place pour le projet est la suivante : Bailleur de fonds :

Le bailleur de fonds du PDEBF - Yaoundé est devra être une ONG, une banque de développement ou une structure de coopération en république du Cameroun.

Maître d'ouvrage :

La maîtrise d'ouvrage du PDEBF - Yaoundé est assurée par le Ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire (MINEPAT).

Maître d'oeuvre :

La tutelle technique du PDEBF - Yaoundé est assurée par le Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MINADER).

Représentant du Maître d'oeuvre :

Le représentant du Maître d'oeuvre est la Direction des Etudes, des Programmes et de la Coopération du MINADER.

Comité de Pilotage.

C'est une instance d'orientation et de supervision, créée par décision du Maître d'ouvrage qui supervise la stratégie et les modalités d'intervention des différentes actions et propose le cas échéant, une réorientation des activités. Il est responsable de l'approbation et du contrôle de l'exécution des devis programmes (budgets). Elle devra regrouper, au moins deux fois par an, les principaux intervenants dans le suivi de la mise en oeuvre du projet à savoir les représentants de toutes les parties prenantes primaires et secondaires.

Agence d'exécution :

C'est la structure qui sera en charge de la réalisation du projet en régie. Elle sera créée par décision du Maître d'ouvrage. Placée sous la supervision d'un comité de pilotage, elle bénéficiera pour la réalisation des missions qui lui sont confiées, d'une délégation de pouvoirs sur les plans administratifs, techniques ainsi que de gestion, de la part du Maître d'ouvrage.

La responsabilité de l'unité de gestion incombera à un coordonnateur qui assurera la gestion des moyens matériels, financiers et humains ainsi que les modalités pratiques de mise en oeuvre des stratégies convenues pour les actions du projet. Il sera assisté par un responsable administratif et financier (comptable) et par un staff technique approprié

7.2.7. Calendrier des activités au démarrage du projet

Experts

 
 
 

Mo

Cp

Co

Ca

R

R

 
 
 

S

R

A

 

S

R

R

 
 

R

A

R

S

R

A

R

S

R

A

R

S

R

R

R

S

R

R

A

 

Désignation

Mois
(période d'établissement ou de démarrage)
0 1 2 3 4 5 6

 

Activités

0

 

Phase préparatoire

 
 

0.1

Mise en place comité de pilotage du projet

 
 

0.2

Recrutement personnel cadre

1

 

Etablissement de l'unité de gestion du projet

 
 

1.1

Bureaux et équipements

 
 

1.2

Recrutement personnel auxiliaire

 

2

 

Actions d'information, d'animation et de sensibilisation sur l'approche du projet

 
 

2.1

Atelier d'information générale

 
 

2.2

Campagne d'animation et de sensibilisation

 
 

2.3

Inventaire des infrastructures à vocation économiques et des bas fonds

 

3

 

Mise en place d'un cadre opérationnel de suiviévaluation et de communication

 
 

3.1

Cadre de suivi évaluation

 
 

3.2

Cadre opérationnel de communication

 

Légende : Mo = Maître d'ouvrage ; Cp = Chef de projet ; Co = Comptable ; Ca = cadres d'appui

R = Responsable ; A = Assistance et S = Suivi

VIII. CONCLUSIONS GENERALE ET PERSPECTIVES

Le thème de notre mémoire de fin d'études porte sur : « Identification et conception d'un projet de développement intégré autour de la mise en valeur des bas fonds en zone tropicale humide : cas des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun) ». L'objectif global du travail a consisté :

- D'une part, à collecter et à analyser les données socio-économiques en rapport avec la mise

en oeuvre des bas fonds sur la zone de l'étude afin d'avoir une meilleure connaissance des besoins prioritaires des populations cibles, du potentiel agricole pour les cultures de bas fonds et de montrer que lorsque l'enjeu économique le justifie, une meilleure maîtrise de l'eau bien assurée par des aménagements en respect des logiques paysannes, peut avoir un impact significatif sur la productivité (agricole et/ou halieutique) desdits bas fonds en zone tropicale humide, de manière à offrir une dynamique de lutte contre la pauvreté tout en renforçant en même temps la sécurité alimentaire dans les villes desservies ;

- Et d'autre part, à faire une formulation fine d'un projet d'appui susceptible de promouvoir

l'amélioration de la productivité et de la viabilité des systèmes d'exploitation des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé (Cameroun).

Pour mener à bien ce travail, nous avons opté pour une démarche méthodologique fondée sur l'exploration de l'information existante et la collecte de données sur le terrain grâce aux interviews et aux enquêtes. Il est à noter que la collecte de données s'est faite grâce à la méthode accélérée de recherche participative (MARP) qui vise à promouvoir la participation des communautés locales dans le processus de recherche et de développement, dans la gestion des choses qui les concerne directement.

A l'issue du traitement des données ainsi collectées, nous avons obtenu des résultats qui nous ont permis de comprendre que de nos jours, la forte croissance démographique qui induit l'occupation de l'espace et entraîne les fortes demandes en nourriture en ville impose également un changement des systèmes agraires et des modes d'exploitation du milieu en vue de palier "aux besoins sociaux du moment". En réponse à la nécessité pour la diversification des types d'écosystèmes mis en valeur, il est proposé la mise en valeur des bas fonds qui sont des espaces écologiques présentant des caractéristiques favorables à l'agriculture en fonction de leur fonctionnement hydraulique, leurs spécificités hydrologiques, leur morpho-pédologie, leur topographie et aussi de la zone agroécologique où ils se trouvent. Cette opportunité offre :

- l'élargissement de la gamme des possibilités à mieux jouer le jeu de la complémentarité des parcelles, entre les terres exondées et celles des bas fonds, au sein d'un système traditionnel

de production dominé par la cacaoculture et les cultures vivrières qui constituent la base alimentaire des populations de la zone d'étude ;

- une alternative d'activités génératrices de revenus susceptibles de concourir à la sécurisation économique des ménages qui doivent réussir à faire face aux périodes de soudure grâce à la possibilité de pouvoir étaler les périodes de revenus au cours de l'année.

Concrètement, il a été conçu, validé et formulé un projet autour de la mise en valeur des bas fonds de la ceinture péri-urbaine de Yaoundé ; ce projet de développement intégré devra réaliser, sur une période de 60 mois, un ensemble de trois composantes s'appuyant sur (i) les aménagements et le développement des infrastructures à vocation économique, (ii) les actions d'appuis et conseils agricoles et (iii) les actions de gestion, de suivi-évaluation et communication, en vue de :

1- contribuer à l'amélioration du revenu mensuel par équivalent-adulte, dans la zone de projet ;

2- renforcer durablement la sécurité alimentaire pour bon nombre de ménages, dans la zone d'intervention du projet.

L'exécution du projet a pour finalité :

- de créer les emplois pour nombre de chômeurs ;

- d'améliorer le seuil de pauvreté par équivalent-adulte qui est actuellement de 22 454 F.CFA par mois (Source : ECAM III, 2007) ;

- de satisfaire, en termes d'offre, à la demande des produits alimentaires des populations urbaines

en proie à la précarité des conditions d'existence.

68

* * *
* *
*

Pour finir, nous faisons savoir que le présent mémoire est le fruit d'un travail qui permet de scruter les horizons d'une nouvelle activité, à savoir l'exploitation des bas fonds ; c'est une activité dynamique et compétitive qui offre des perspectives d'emplois pour nombre de jeunes motivés. Les revenus tirés de cette activité devraient permettre aux exploitants des marécages de faire face aux besoins d'éducation, de santé et même de nutrition de l'unité familiale. Bien développée, cette activité peut s'intégrer dans une dynamique de lutte contre la pauvreté et contribuer efficacement au renforcement de la sécurité alimentaire dans les pays en développement. C'est une activité qui est appelée à se développer autour des grandes villes du Cameroun où les demandes en nourriture sont croissantes du fait de l'urbanisation galopante, la seule contrainte étant la spécificité agroécologique de chaque zone.

Ouvrages et articles

Ahmadi N. (ed.), Teme Bino (1998), Aménagement et mise en valeur des bas fonds au Mali. Bilan et perspectives nationales, intérêt pour la zone de savane Ouest-africaine : Actes. Montpellier : CIRAD, 498 p. (Colloques : CIRAD)

Blackman Rachel (2005), Ressources pour des organismes offrant des opportunités pour transformer et partager (ROOTS) : Gestion du Cycle de Projet, 77 p.

Bishop Clare (FAO, 2002), Programme d'Analyse Socio-Economique selon le Genre (ASEG) : Guide technique Gestion du cycle de projet, 89 p.

Commission Européenne (2001), Manuel : Gestion du Cycle de Projet, 43 p.

Fournier Jacques et Durand Jean-Maurice, Le diagnostic des bas fonds Soudano-Sahéliens, Guide méthodologique et technique.

Indaba-network Academia, Boîte à outils : Construire un projet de développement, 18 p. - CD009F01

Ledant J.P. (HDE) et A. Leroi (ADG), 2005 - L'approche cadre logique dans l'identification de projets de développement : Comment y intégrer l'environnement ?, 48, p.

Nguegang P. et al (2005), Mise en valeur des bas fonds à Yaoundé : Système de production, savoir-faire traditionnel et potentialités d'une agriculture urbaine et périurbaine en développement - Acte de conférence de la Délégation Régionale du CIRAD à Yaoundé au Cameroun.

Lavigne Delville Philippe (GRET), Les bas fonds en Afrique tropicale humide : guide de diagnostic et d'intervention, Collection LE POINT SUR, 415 p..

Lavigne Delville Philippe et Boucher L. (1995), Dynamiques paysannes de mise en valeur des bas fonds en zones humides d'Afrique de l'Ouest ; Communication au colloque "Quel avenir pour les rizicultures de l'Afrique de l'Ouest?" CIRAD-CA/REGARDS, Bordeaux, 4-7 avril 1995.

Lavigne Delville Philippe (GRET), Boucher L. (AFVP) et Vida L. (1996), « Les bas fonds en Afrique tropicale humide : stratégies paysannes, contraintes agronomiques et aménagements » in Pichot et al eds. Fertilité du milieu et stratégie paysannes sous les tropiques humides, actes du séminaire international, CIRAD, pp. 148-161.

Westphal E. et al. (1981), L'agriculture autochtone au Cameroun : les techniques culturales, les séquences de culture, les plantes alimentaires et leur consommation, 175 p.

69

* * *
* *
*

Yoda B. (2004), Gestion participative des projets de développement rural : Outils et Méthodes d'intervention - Mémoire de 3ème Cycle en Agronomie, ENA, Meknes.

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Sites internet

- www.gret.org/ressource/pdf/bas fond_afrique_strat_paysanne.pdf

- www.gret.org

- www.cirad.fr

- http://www.fao.org/sd/SDA_fr.htm

- http://www.warda.org/cbf-ivc/publications.htm - http://www.warda.org/cbf-ivc/

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Centre_divisions.png

- http://www.fao.org/Participation/frech_website/content/sector_doc/PNDT.french_2004.doc - http://www.gtz.de/

- http://www.baobab-ct.org/manuals/ppo_a3.pdf - http://www.worldbank.org/wbi/sourcebook

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Annexe 1 : Carte du Cameroun et situation de Yaoundé

Annexe 2 : Fiche d'enquête rapide sur les bas fonds Annexe 3 : Revue photographique des bas fonds visités Annexe 4 : Niveau de caractérisation de bas fonds Annexe 5 : Calendrier agricole de la zone d'étude Annexe 6 : Plan de financement détaillé du projet

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Sources : Institut national de la statistique (Cameroun) - Annuaire statistique du Cameroun 2004

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