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L'OTAN face aux nouveaux défis sécuritaires de l'après guerre froide

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par Erick-Levi Libende mibolu
Université Cardinal Malula (U.C.M) - Licencé en Relations Internationales,Option: Politique Internationale 2009
  

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Section 2. LA DENOMINATION, LE BUT ET LE SIEGE DE L'OTAN

- L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), en français ; - North Atlantic Treaty Organization (NATO), en Anglais.

L'OTAN avait comme but et vocation initiale d'assurer la défense et la sécurité de l'Europe face a l'Union Soviétique après la deuxième Guerre mondiale.

Grâce à ses moyens logistiques, l'OTAN a su, durant la Guerre froide, « garder les Américains a l'intérieur, les Russes a l'extérieur et les Allemands sous tutelle »29 comme le souhaitait son ancien Secrétaire Général Hastings Lionel Ismay (du 04 Avril 1952 au 16 mai 1957).

Le siège de l'OTAN fut d'abord a Paris en France (1949-1966). Le Président Charles DE GAULLE décida du retrait de son pays du commandement militaire intégré de l'OTAN, suite au refus par les Etats-Unis d'Amérique de voir le Général DE GAULLE lancer un programme de création d'une force de dissuasion nucléaire française, afin de s'autonomiser de ses alliés, sur le plan de la détention de l'arme nucléaire. Ainsi désormais, le Siège de l'OTAN est Situé a Bruxelles (Belgique) depuis 1966 jusqu'à ce jour.

Section 3. L'ACTION DE L'OTAN DANS LA GUERRE FROIDE 3.1. Les missions dévolues au Traité (1949)

Avec l'OTAN, les Américains rompaient avec leur tradition d'isolement (selon le Président Monroe), et entraient dans une alliance permanente avec le continent Européen. Les Européens ont tout fait pour amener les Américains à participer à leur défense et même si le Traité les laissait libres en théorie, en pratique, en cas d'attaque d'un des membres, les Etats-Unis n'auraient pas d'autre solution que d'entrer en guerre.

28 Charte des NU, http//www.onu.int/

29 Hastings Lionel Ismel, cité par Daniele GANSER, Les Armées secrètes de l'OTAN, Réseau Stay Behind,

opération Gladio et terrorisme en Europe, Ed. Demi-lune, Paris, 2007.

14Citation originale : « Keep the Americans in, the Russians out and the Germans down ».

L'OTAN veut une paix active et encourage la coopération de ses membres dans tous les domaines : économique, social, culturel et non seulement militaire (art. 2). Le but de l'Alliance Nord Atlantique ne serait pas simplement négatif, elle créerait un contrecourant dynamique s'opposant au communisme, car on y trouve, dès le préambule des idées de liberté, de démocratie et de bien être.

Les Soviétiques s'opposaient au Traité, l'accusant d'être « un instrument de l'impérialisme américain ». Le Traité reposait en effet sur les principes que les Américains ont tenté d'imposer après la guerre. Principe de libre échange économique issu de la conférence de Bretton Woods (voir art. 2 sur la collaboration économique). Le Traité allait finalement être l'élément qui a réellement soudé le bloc occidental. Sur demande des Américains, l'OTAN ne visait pas un adversaire en particulier. Il n'avait pas pour but de provoquer les Soviétiques.

Conformément à la charte des Nations Unies, et notamment à son Art. 51, les pays de l'Alliance s'en remettaient à la décision du Conseil de Sécurité (Art. 5 et 7) lors de tout règlement des différends. Le Traité réaffirme sa subordination a l'ONU et le rôle important de celle-ci dans les relations internationales (Art. 1).30

3.2. L'extension de l'OTAN (1949-1991)

Situé à Londres puis à Paris à partir de 1952, le siège de l'Alliance atlantique occupait initialement des locaux temporaires au Palais de Chaillot (Paris), avant d'être transféré à Porte Dauphine, avec l'inauguration du « Palais de l'OTAN » (actuelle université Paris Dauphine) en 1959.

Les Etats-Unis ont déployé de nombreuses forces terrestres en Europe pendant toute la durée de la guerre froide, à savoir :

* La 7ème armée ou USAREUR a dirigé ces forces divisées entre le Vème corps et les
VIIème corps, ce dernier ayant été désactivé en 1991 après la guerre du Golfe ;

* Dès septembre 1954, alors que Staline puis Khrouchtchev ont formulé la doctrine de la « coexistence pacifique », fondée sur « l'équilibre de la terreur », le Pentagone réplique en stockant des armes nucléaires au Royaume-Uni, avant d'en stoker dans l'ensemble du territoire européen au début des années 1960. Plusieurs armées européennes eurent à leur disposition des ogives nucléaires « sans double clé ~ équipés de dispositif de sécurité et d'armement.

* La dissuasion nucléaire, fondée essentiellement sur les armes nucléaires des EtatsUnis basées en Europe de l'ouest et en Turquie, était en effet un axe dominant de la stratégie atlantique face a l'importante force conventionnelle du bloc de l'Est.

* Parallèlement, l'Alliance s'étendait a d'autres Etats ; elle est rejointe par la Grèce et la Turquie (1952), la République fédérale d'Allemagne (RFA) en 1955 et l'Espagne de l'après Franco (1982), bien que cette dernière collaborait précédemment avec l'OTAN, de façon informelle.

30 Charte des NU, http://www.onu.int/

3.3. Une chronologie de la guerre froide 3.3.1. Les débuts et causes

Après la seconde guerre mondiale, les relations entre les Américains et les Soviétiques de dégradèrent. L'URSS affirmait vouloir garantir sa sécurité en s'entourant de pays alliés le long de ses frontières. L'Armée Rouge (Ancienne armée de l'URSS) ne se retirait pas des pays qu'elle avait libérés du Nazisme Hitlérien et, contrairement aux engagements pris à la conférence de Yalta, elle n'y organisait pas d'élections libres. Une (( guerre ~ d'un nouveau genre oppose les Etats-Unis a l'expansionnisme soviétique, et la guerre des influences concernait rapidement le tiers monde, stabilisé par un équilibre nucléaire, dit (( l'équilibre de la terreur ~ dès 1949, année oü l'URSS possède a son tour la bombe nucléaire.

3.3.2. Les causes immédiates

Joseph STALINE cherchait a mettre l'URSS a l'abri d'une nouvelle attaque par la création d'un « glacis » territorial et idéologique, c.-à-.d d'un espace protecteur qui éloignait la menace des frontières soviétiques :

* En repoussant plus a l'Ouest les frontières de l'URSS par l'annexion des pays baltes et d'une partie de la Pologne, alors que les territoires allemands situés à l'Est de l'Oder et de la Neisse de Görlitz étaient placés sous administration polonaise (partage effectué lors de la conférence de Postdam) ;

* En imposant des gouvernements prosoviétiques dans les pays d'Europe centrale et orientale occupés par l'Armée rouge (a l'exception de l'Autriche), pays qui deviendront plus tard (( des démocratiques populaires ». Le coup de Prague en Tchécoslovaquie, une des rares réelles démocraties d'avant-guerre en Europe de l'Est, fut l'expression la plus visible pour l'ouest de cette politique et fut perçu comme la manifestation de la volonté hégémonique de l'URSS.

Avant même la fin des hostilités avec l'Allemagne, l'URSS avait établi sa domination dans les territoires libérés par l'Armée rouge :

* L'arrestation de Seize (16) dirigeants de l'armée secrète polonaise ; formellement conviés à Moscou pour des entretiens politiques les deux principaux leaders de la résistance polonaise mourraient en prison quelques mois plus tard. Le gouvernement polonais en exil à Londres, abandonné par les occidentaux, se voit dénié peu à peu de toute responsabilité et le comité de Dublin, formé par les soviétiques, prend le contrôle des pays ;

* L'attribution de la province tchécoslovaque de la Ruthénie subcarpatique à

l'Ukraine, procurait a l'union soviétique une frontière commune avec la Hongrie ; * L'installation au pouvoir des partis communistes tant a Bucarest qu'à Sofia, et

l'élimination de toute autre formation politique ;

* La mise en place à Vienne (Autriche), sans consulter les occidentaux, d'un gouvernement provisoire prosoviétique dont le chef avait approuvé l'Anschluss en 1938 ;

* enfin, le Maréchal TITO, établi à Belgrade (capitale de l'ex-Yougoslavie), refusait, contrairement à ce que Kremlin avait promis aux alliés, de laisser le Roi Pierre II (de l'ex-Yougoslavie) rentrer de son exil.

De plus en plus inquiet de ces violations répétées de la charte de l'Atlantique et de la Déclaration sur l'Europe libérée de Yalta, Winston CHURCHILL s'alarmait dans un télégramme du 12 mai 1945 au Président TRUMAN des Etats-Unis d'Amérique de risquer de voir les forces soviétiques s'avancer jusqu'aux rives de l'Atlantique et utiliser déjà l'expression « Rideau de fer p31, qui deviendra célèbre.

En mars 1946, dans un discours retentissant, il dénonçait ouvertement cette mainmise soviétique sur l'Europe centrale et orientale. « De Stettin dans la baltique à Trieste dans l'Adriatique, un rideau de fer est tombé sur le continent... Les partis communistes, qui étaient très faibles dans tous ces Etats de l'Est de l'Europe ont obtenu un pouvoir qui dépassait de beaucoup leur importance et ils cherchaient partout à exercer un contrôle totalitaire. Des gouvernements policiers s'installaient un peu partout, au point qu'à l'exception de la Tchécoslovaquie, il n'y avait pas de vraie démocratie p avait souligné W. CHURCHILL.

En Allemagne, dans leur zone d'occupation, les Soviétiques menaient avec vigueur, la dénazification décidée à la conférence de Potsdam. Plus de 120.000 personnes sont internées dans des « camps spéciaux p qui ont existé jusqu'en 1950.

42.000 détenus y seraient morts de privations et de sévices.32 Cette politique d'épuration allait de pair avec la nomination de cadres communistes aux postes-clés de l'Administration, de la police et de la justice ; plusieurs milliers d'agents ayant travaillé sous le IIIe Reich étaient « recyclés ~ par les nouveaux services de sécurité d'Allemagne de l'Est ou maintenus dans l'Administration33 et, de nombreux fonctionnaires de l'ancien régime, ont servi le nouveau pouvoir jusqu'aux années 1960.

Les alliés occidentaux, en revanche, ont misé davantage sur une « rééducation p (umerziehung en Allemand) du peuple allemand34, car avec un succès très limité, en novembre 1946, d'après un sondage en zone américaine, 37 % d'allemands estimaient que « l'extermination des Juifs, des Polonais et d'autres non Aryens était indispensable à la survie du peuple allemand p, et en 1952, 25 % des Allemands de l'ouest admettaient avoir « une opinion favorable p sur A. HITLER, donc une rééducation s'avérait être très importante.

3.3.3. L'Opposition idéologique

Le destin secret de la providence à tenir un jour dans leurs mains les destinés de la moitié du monde avait prédit Alexis de TOCQUEVILLE35, prédiction qui disait dès le 19e

31 Rideau de fer : Séparation politique, économique, militaire et stratégique de l'Europe en deux blocs idéologiques (Est-Ouest), démarcation visible entre les pays de l'OTAN a l'Ouest et ceux du pacte de Varsovie a l'Est, Principe mis en place par Winston CHURCHILL.

32 A. Heinrich WINKLER., Histoire de l'Allemagne, XIXe-XX siècle, Ed. Fayard, Paris, 2000. p. 565.

33 Christine OCKRENT et Alexandre de MARENCHES, Le secret des Princes, Ed. Stock, 1986, p. 86.

34 Tony JUDT., Postwar - A History of Europe since 1945, Ed. Pimlico, 2005. p. 58.

35 Alexis TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique, 1er livre, 1935.

siècle, les Etats-Unis et la Russie impériale avaient tous deux vocation à devenir un empire à l'échelle mondiale et qu'ils s'opposaient pour la domination globale dès qu'ils entreraient en contact. La destinée manifeste des Etats-Unis d'un coté, la volonté d'expansion de la Russie de l'autre, entrainaient la rivalité des deux principaux Etats impérialistes.

Les deux systèmes socioéconomiques sont différents, voire opposés sur plusieurs points :

 

Système du bloc de l'Est

Système du bloc de l'Ouest

Politique

Régime dit de « démocratie populaire »*

Régime dit de « démocratie libérale »

Société

Officiellement, société sans

classe dominante**, en réalité une société dotée d'une nomenklatura privilégiée.

Importance de la bourgeoisie

Economie

Planification centralisée (plans quinquennaux)

Economie capitaliste reposant sur

l'initiative individuelle et le libre
marché.

Conception du

progrès

La progression de la société

entraîne le progrès des
individus dans leur ensemble.

La progression personnelle de

l'individu entraîne le progrès de la
société.

Conception de

l'individu

L'individu est soumis aux

objectifs politiques fixés par le parti qui réforme la société.

La liberté individuelle est le moteur de la société de l'économie.

*En réalité dictature d'un parti unique. Certains pays de l'Est (comme la Pologne)

disposaient de plusieurs partis politiques mais tous ont été sous le diktat d'un parti inféodé a l'URSS.

**Dès 1918 jusqu'à l'adoption de la constitution de 1936 l'URSS définissait officiellement comme « dictature du prolétariat » avec les ouvriers comme classe dominante.

N.B : La mise en place des blocs et la question des armes nucléaires au centre de la guerre froide se situaient les questions nucléaires, que nous évoquions au début de ce chapitre. Visiblement, grâce à leur capacité de destruction inégalée, étaient en grande partie responsables de l'absence de conflit a grande échelle entre les deux blocs, ce qu'on appelle « l'équilibre de la terreur » par la dissuasion, une peur du nouveau conflit mondial sous peine de la « destruction mutuelle assurée » (DMA), à partir du moment où les super puissances avaient admis que l'usage des armes nucléaires devaient être restreint, au maximum l'admission faite au moment de la guerre de Corée par exemple. Ainsi, la menace de ce conflit nucléaire aura désamorcé la fameuse crise des missiles de Cuba, ainsi que la crise du canal de Suez. Limitant les conflits aux théâtres régionaux ou locaux.

La formation des blocs s'explique en partie par l'arme nucléaire que les EtatsUnis possèdent, mais pas l'URSS (qui l'aura bientôt cependant : la bombe A RDS-1 qui avait explosé en 1949). Chaque Etat se range donc sous la protection de l'une ou l'autre des superpuissances ; c'est le « parapluie nucléaire ». Le ralliement des Etats se faisait par une série de pactes ; c'est la « pactomanie », expliquant la rapide mise en place des blocs durant

la guerre froide. Un bloc se définit donc comme un ensemble de pays sous le parapluie nucléaire d'une superpuissance.

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