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Efficience de la mémoire de travail chez des écoliers burundais entendant et non entendant: etude comparative

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par Reginas NDAYIRAGIJE
Université du Burundi - Licence( Bac+4) 2011
  

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CHAPITRE I. ELUCIDATION DES CONCEPTS CLES

La démarche habituelle dans toute recherche scientifique consistant à commencer par l'élucidation des concepts clés répond à un but précis à savoir celui de choisir les bonnes clés d'entrée dans l'investigation sur le sujet choisi. En effet, l'identification des significations utiles des mots clés évite par la suite au chercheur de naviguer à vue, de se perdre dans des tâtonnements à n'en point finir à l'instar d'un touriste sans boussole dans une jungle qui lui est complètement inconnue.

Les concepts que nous avons jugés clés à notre étude et qui nécessitaient d'être clarifiés sont respectivement la mémoire, la mémoire de travail, l'handicap, la surdité et la surdité totale.

I.1. La mémoire

La mémoire peut être définie comme étant la capacité de l'être vivant à garder les traces des événements passés. Le mot dérive du latin « memoria » tiré du verbe « memorare » signifiant rappeler. Sillamy (1980, p.729) s'inscrit dans la mouvance de cette conception latine quand il affirme que la mémoire renvoie à la capacité de conservation des informations du passé avec capacité de les rappeler ou de les utiliser. Et il ajoute : « Elle est d'une importance indiscutable car d'elle dépendent l'accoutumance, l'habitude et l'éducation » (ibid.).

Il serait erroné, cependant, de partir de cette signification étymologique pour conclure sans réserve qu'il s'agit là d'une fonction simple. La fonction a des mystères qui échappent à l'irréflexion du vulgaire et sous une apparente simplicité se cachent les apories d'importants problèmes (Filloux, 1967, p.5). Sa complexité repose sur deux éléments. Premièrement, elle est loin d'être une photographie fidèle de ce qui a été vu, senti, touché, entendu, bref vécu. Il résulte de la mémoire une structuration de l'information et des règles qui régissent la manipulation et la transformation de cette information (Bartz, 1979, p.1). Ce constat est aussi partagé par Michaux (1974, p.16) quand il définit la mémoire comme une fonction générale du système nerveux dont la base est la propriété qu'ont des éléments de conserver une modification reçue et de former des associations. Michaux (ibid.) poursuit que la mémoire implique les activités comme la fixation

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de certains états, leur reproduction et leur localisation dans le temps mais, cette dernière étant facultative parce qu'elle se trouve être un attribut de la mémoire achevée. De là, nous comprenons que le travail de la mémoire n'est pas mécanique mais réorganisateur. Deuxièmement, elle implique plusieurs autres activités tributaires du processus de développement. C'est du moins l'avis défendu par Lieury (1975, p.251) quand il dit que la mémoire est l'ensemble des processus biologiques et psychologiques qui permettent, selon le degré de développement phylogénétique (espèce animal) ou ontogénétique (le niveau de développement de l'enfant), plusieurs catégories de comportements - la recognition sensori-- motrice, action et imitation différée, souvenir image ou conduite de récit - dont la fonction commune est la conservation des informations (perceptions ou actions).

De toutes ces définitions retrouvées, nous avons retenu, en définitive, que la fonction de la mémoire ou la faculté mnésique se résume en deux verbes d'action clés à savoir : capter (retenir) et restituer (sa finalité ultime). Nous notons que cette finalité de la mémoire requiert une certaine réorganisation par le sujet. Cela veut dire que la mémoire imprime à ses objets quelques modifications. Ce postulat est d'autant plus vrai que ces modifications s'appliquent non seulement sur le cas précis de la mémoire individuelle mais aussi sur celle collective (voir Halbwachs, 1975, p.289). Cependant, bien que cette mise au point mette en exergue une certaine unanimité entre auteurs, nous constatons l'absence d'une convergence de vues quant aux formes de la mémoire. Par exemple, une théorie de Delay (1950) appréhendant la mémoire en termes d'hiérarchies distingue trois formes de mémoire : la mémoire sensori--motrice (celle des sensations et mouvements), la mémoire sociale se matérialisant par le développement des catégories logiques, et la mémoire autistique apparaissant dès l'age de trois ans et exploitant le matériel emprunté aux sensations vécues dans la prime enfance. D'autres classifications se fondent soit sur les processus psychiques mis en oeuvre dans la mémorisation (mémoire spontanée, mémoire volontaire), soit sur les organes de sens impliqués dans l'activité mnésique (mémoire visuelle, auditive, gustative, tactile,...), soit sur le moment de l'évocation (mémoire immédiate, mémoire à court terme ou mémoire de travail, mémoire à long terme).

expérimentale requise par notre sujet d'investigation scientifique. Aussi, faut-il souligner que la forme de mémoire qui nous intéresse plus particulièrement est celle de la mémoire à court terme connue aussi sous le nom de mémoire de travail car se prêtant mieux à la méthode expérimentale que nous avons mise à contribution pour mener notre étude. Or, la méthode expérimentale requiert des mesures, ce qui n'est possible qu'avec la mémoire de travail. Cette expression de mémoire de travail également rangée parmi les termes clés de notre étude mérite, à son tour, d'être clarifiée.

I.2. La mémoire de travail

La mémoire de travail ou la mémoire à court terme (Matlin, 2001, p.166) est aussi appelée « mémoire primaire » (Fontaine, 1999, p.134) ou « mémoire immédiate » (Colin, 1979, p.47). C'est à elle que nous faisons recours de façon permanente. Le nombre d'items susceptible d'être mémorisé (empan mnésique) varie entre 5 et 7 éléments (Michaux, 1974, p.47). Tel est aussi l'avis de Miller (1956) à travers sa formule de 7#177;2 (Matlin, 2001, p.168). Bien que ces chiffres sur la capacité de la mémoire à court terme soient avancés comme tels, il est à noter qu'elle ne possède pas une capacité fixe et rigide car dépendante aussi bien des caractéristiques de la tâche que des différences individuelles (Matlin, 2001, p.172).

Dans le cadre de notre recherche, nous avons considéré la mémoire de travail comme cette capacité de reproduire les stimulations auxquelles l'individu humain a été soumis après que ces dernières aient disparu de son champ perceptuel depuis un temps relativement court compte tenu de la quantité et de la longueur des items faisant objet de notre expérimentation.

En plus, dans cette abondante terminologie (mémoire de travail, mémoire à court terme, mémoire primaire, mémoire immédiate), nous avons opté pour l'usage du concept de mémoire de travail car faisant référence au complexe travail de la mémoire qui ne se réduit pas au simple stockage. En plus de ce concept de mémoire de travail, un autre concept clé qu'il s'avère indispensable de clarifier est celui d'handicap.

I.3. L'handicap

Il n'est pas très aisé de définir le concept du handicap dans la mesure où il en existe plusieurs formes de handicaps : handicaps mentaux, handicaps sensoriels, handicaps moteurs, handicaps survenant à la suite de maladies chroniques, etc. Cependant, il reste possible de chercher leur(s) dénominateur(s) commun(s). Dans tous les cas, nous estimons que la notion de handicap renvoie à un dysfonctionnement d'un organe ou d'une fonction limitant ainsi sa jouissance effective.

Plusieurs sources s'accordent pour reconnaître que ce vocable est d'origine anglaise mais les versions diffèrent quant à sa genèse (voir par exemple Tremblay, 1987 ; Geaudreau et Canavaro, 1990). Au départ, il désignait une pratique sportive consistant à tenir d'une main une tasse de café pendant qu'on joue au tennis avec un challenger de talents modestes (Ndayisaba et De Grandmont, 1999, p.60). Cela permettait ainsi de redistribuer les cartes car l'adversaire le plus fort était mis dans une situation d'inconfort. Il est donc évident que le handicap décrivait une situation d'infériorité nécessitant une compensation, une mesure correctrice. Autrement dit, la notion d'handicap insinue l'idée d'infériorité en termes d'aptitudes. Telle est aussi à peu près la conception de Lafon (1973) à la seule différence qu'elle s'applique aux enfants. Sa conception fait référence à la notion de retard par rapport aux autres enfants de méme age réel. L'handicap, vu sous cet angle, ne se percevrait donc que par comparaison et deviendrait relatif. En face de cette considération normative, il se dresse aussi des approches du handicap qui se basent sur ses répercussions sur le plan social. L'handicap est en fait un désavantage social résultant d'une déficience ou d'une incapacité qui limite ou interdit forcément l'accomplissement d'un rôle attendu de la personne qui en est atteinte, par son milieu (voir Naniwe, 1995). De cette définition, il apparaît clairement que l'handicap porte une connotation sociale. Nous sommes même tenté de nous demander si l'handicap (méme s'il présente dans la plupart des cas des manifestations physiques incontestables) n'est pas beaucoup plus une création de la société plutôt qu'une donnée absolue. Notre interrogation se fonde sur le constat que les implications sociales de l'handicap pèsent parfois plus lourd sur la personne atteinte d'handicap que son handicap lui-même. La notion d'handicap est relative aux normes d'usage, au niveau de développement et aux capacités de tolérance du groupe auquel appartient la personne handicapée (Doron et Parot, 1991, p.324).

Après cette clarification du concept d'handicap en général, nous pouvons cette fois-ci envisager la définition de la surdité en tant qu'une de ses formes.

I.4. La surdité

Le mot surdité dérive du latin « surdus ». Il désigne l'état d'une personne qui perçoit vaguement les stimuli auditifs ou qui en est carrément insensible. Pour Robert (1971, p.35), est sourd celui qui perçoit insuffisamment les sons ou ne les perçoit pas du tout. La surdité est aussi définie comme étant une diminution de la sensibilité de l'oreille (Gribenski, 1957, p.75). La notion de diminution nous fait penser à une comparaison par rapport à une période antérieure. Partant de cette observation, nous déduisons que la surdité n'a rien d'absolu car la diminution dont il est fait mention n'est pas une norme. C'est pour cette raison que Trannoy (1971) propose une définition beaucoup plus objective fondée sur des indices chiffrés et chiffrables. Le sourd est celui dont le déficit auditif est inférieur à 65 décibels (voir Trannoy, 1971, p.13). Nous notons que la forme la plus sévère des autres formes de surdité est celle connue sous le nom de surdité totale.

I.5. La surdité totale

La notion de surdité totale se rapporte à la privation totale de la faculté d'entendre. Elle est attestée par un déficit auditif supérieur à 65 décibels (Trannoy, 1971, p.13). Cependant, cette conception ne fait pas unanimité au sein des spécialistes de la surdité. La qualification de la surdité totale varie d'un pays à l'autre et elle tend à différer selon qu'on a en vue l'éducation du sujet, le choix d'un emploi ou l'octroi d'une indemnité (Wall, 1955, p.255). Nous comprenons donc par là que c'est la finalité en ligne de mire qui conditionne l'approche définitionnelle.

Dans le cas précis de notre étude, nous avons considéré comme écolier non entendant tout écolier dont l'insensibilité aux stimuli auditifs est avérée, en faisant abstraction des différentes formes de surdité. Ce choix repose sur le fait que nous avons voulu réaliser notre recherche dans un cadre scolaire. Or, lorsqu'elle est légère, une surdité peut passer inaperçue au sein de la famille, mais peut entraver sérieusement la scolarisation d'un sujet (Ndayisaba et De Grandmont, 1999, p.143). Etant donné que la mémorisation est une condition de la sauvegarde des apprentissages scolaires, nous pouvons présumer que tout ce qui est préjudiciable à la mémoire a de fortes probabilités de l'être à la scolarisation.

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