WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Gestion des lamantins des lacs de Lere : entre conservation des ressources naturelles et survie de la population.


par HONORE BEAKGOUBE
CREFELD, Université de Sarh-Tchad - Master 2 en Environnement et Developpement Communautaire  2011
  

précédent sommaire suivant

Hypothèses de recherche

· La non implication des populations riveraines aux actions de conservation et de sauvegarde des lamantins entraîne un sentiment de spoliation.

· La pauvreté et la corruption qui gangrènent le pays font que les lois anti-braconnage ne sont pas ou peu appliquées.

· En fin l'extinction des lamantins peut conduire à un déséquilibre de l'écosystème aquatique.

B CADRE METHODOLOGIQUE

Ce sous chapitre est consacré à la circonscription du champ d'étude, à la présentation de la méthode d'analyse et des techniques de collectes de données.

I.1. Présentation du champ d'étude

Dans la présentation du champ d'étude, il sera dégagé le profil historique du terrain d'étude, sa situation géographique et sociologique.

I. 1.1. Aperçu historique

Localité située au Sud-ouest du Tchad, dans la région du Mayo-Kebbi Ouest, la Préfecture des Lacs-Léré a vu entre le XIVème et XVIIème siècle l'installation de l'ethnie Moundang constituant le noyau ancien de son peuplement. Actuellement, les Moundang partagent leurs terres avec les peuls ou foulbés, musulmans arrivés du Nigeria au XIXème siècle ainsi que des groupes minoritaires tels que les Haoussa, peuple pêcheur originaire du Nigeria et quelques pasteurs transhumants que sont les Mbororos en provenance du Niger.

Structuré autour d'un pouvoir central représenté par le Gong, chef suprême, le peuple moundang est un peuple très conservateur des valeurs de la tradition malgré l'omniprésence du christianisme et d'autres confessions religieuses. Au pays moundang, la gestion des ressources naturelles est placée sous l'égide du Gong qui délègue ses pouvoirs à ses ministres (les lakali) qui appartiennent aux différents clans que compose l'ethnie moundang. Chaque clan doit veiller à la bonne gestion des ressources ou du département qui lui est confié. Par exemple, la gestion des plans d'eau et des ressources halieutiques est confiée aux « Pah Bii » (chef de bord). En effet l'eau et les ressources qu'elle génère appartiennent exclusivement au clan « Theuré ». Les Theuré ont la responsabilité d'administrer les eaux et les ressources halieutiques contrairement aux « Gouworé » qui s'occupent de la gestion des terres, les «  Ban-Seuh » de la défense du territoire etc.

I.1.2. Situation géographique

La préfecture des Lacs Léré comme son nom l'indique englobe les lacs de Léré et de Tréné. Elle s'étend sur environ 70 km d'Est en Ouest, et sur 40 km du Nord au Sud. Les lacs de Léré et de Tréné, alimentés par la rivière le Mayo-Kebbi, couvrent une superficie d'environ 46,7 km2 et regorgent de potentialités halieutiques et pastorales énormes. Ils constituent la base vitale des populations riveraines et de leurs bétails grâce à la diversité d'espèces de poissons, de mammifères aquatiques et de zones pastorales à forte potentialité fourragère. Ce patrimoine naturel fait l'objet d'une convoitise et d'intense attractivité des pasteurs transhumants. Les crocodiles, les pythons et tortues d'eau sont également observés dans ses lacs.

Carte 2 : Situation de la zone d'étude

Photo7: squelette du lamantin (cliché Béakgoubé à travers l'Internet)

Source : Passinring Kedeu, 2006

Situés entre la latitude 9°35 et 9°41 Nord et les longitudes 14°06 et 14°19 Est, les lacs de Léré et Tréné reposent dans une cuvette tectonique d'âge post-mésozoïque. C'est une cuvette à fond plat et aux versants dissymétriques et d'une altitude moyenne de 233 mètres. La cuvette qui retient le lac de Léré est séparée au niveau de Lao par le cône de déjection de EL Ouaya ; c'est à dire qu'on peut envisager que les deux lacs n'en faisait qu'un seul et que, progressivement le cône de El Ouaya a scindé ce plan d'eau en deux 7(*).

La région est parcourue par un réseau hydrographique dense dont le Mayo-Kebbi constitue les cours d'eau majeur. Affluent de la Bénoué, le Mayo- Kebbi traverse les lacs de Léré et de Tréné en son centre. Le relief, peu prononcé, correspond à celui d'une vaste paléo pénéplaine faisant figure de la bordure rocheuse de la grande cuvette tchadienne8(*). Il s'agit là du socle granitique à roches métamorphiques et granitiques recouverts au crétacé par des sédiments marins et fluviatiles par une transgression venue de l'Ouest par la Bénoué.

Carte 03 : système d'alimentation des lacs de Léré

Source : Passinring Kedeu, 2006

* 7 Passinring KEDEU ; 2006 - Milieux naturels et paysages du Bassin versant des lacs de Léré, Thèse de Doctorat de Géographie, Université d'Aix -Marseille I, p.99

* 8 Dagou PABOUNG et al ; Pêche dans les lacs Fitri et Léré : Techniques de capture, conservation des produits et enjeux de protection, MEGA-TCHAD 2002, p24

précédent sommaire suivant