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Les infrastructures de transport à  Fada N'Gourma

( Télécharger le fichier original )
par Simon ZOUGMORE
Université de Ouagadougou - Maîtrise en Géographie 2009
  

Disponible en mode multipage

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REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier Monsieur Stanislas M.M BAMAS d'avoir accepté de diriger nos travaux. Malgré ses occupations et son programme chargé, il a accepté de suivre de près notre travail. Ses encouragements nous ont permis de garder le moral haut pour mener notre travail jusqu'au bout en dépit des multiples difficultés rencontrées au cours de nos recherches. Monsieur recevez ici, l'expression de notre profonde gratitude.

Nous remercions également :

- Les responsables de la Cellule d'Appui à la Gestion Communale (CAGEC) pour leur appui financier, en particulier Monsieur BAYILI Paul

- Le personnel de l'EPCD de Fada N'Gourma, en particulier Monsieur TRAORE Abdoul Karim.

- Les chefs de gare des sociétés de transport, les transporteurs individuels et le syndicat des transporteurs routiers de voyageurs de la ville de Fada N'Gourma pour leur bonne collaboration.

- Monsieur KOCTY Moumini, maire de la commune de Fada N'Gourma

- Monsieur MOYENGA Abdoulaye, 1er adjoint au maire

- Monsieur LANKOANDE Celestin, chef de service domanial de la mairie

- Monsieur GNOUMOU Raymond, commandant de la police municipale

- Monsieur IDANI Boniface, Directeur général de l'ENEP de Fada N'Gourma.

Qu'ils reçoivent tous ici l'expression de notre profonde gratitude

SIGLES ET ABREVIATIONS

BIB : Banque Internationale du Burkina

CAGEC : Cellule d'Appui à la Gestion Communale

CAT : Comité d'Appui Technique

CCVA : Centre de Contrôle des Véhicules Automobiles

CTUO : Comité des Transports Urbains de Ouagadougou

DEA : Diplôme d'Etudes Approfondies

DGR : Direction Générale des Routes

DGTTM : Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes

ENAM : Ecole Nationale d'Administration et de la Magistrature

EPCD : Etablissement Public Communal pour le Développement

FADEC : Fond d'Appui au Développement Communal

FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine

FONCIAS : Foncière des Assurances

GA : Générale des Assurances

GIE : Groupement d'Intérêt Economique

GNF : Groupe Forum National

HK : Hama Koita

INSD : Institut National de la Statistique et de la Démographie

ISTEED : Institut des Sciences et des Techniques de l'Equipement et de

l'Environnement pour le Développement 

MIHU : Ministère des Infrastructures, de l'Habitat et de l'Urbanisme

ONATEL : Office Nationale des Télécommunications

ONEA : Office National de l'Eau et de l'Assainissement

ONG : Organisation Non Gouvernementale

OTRAF : Organisation des Transporteurs du Faso

PDC : Programme de Développement Communal

PETROFA : Pétrolière du Faso

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

RN : Route Nationale

RR : Route Régionale

SA : Société Anonyme

SARL : Société Anonyme à Responsabilité Limitée

SNTRV : Société Nigérienne  de Transport Routier de Voyageurs

SNTRV-B : Syndicat National des Transporteurs Routiers de Voyageurs du Burkina

SOCOMA : Société Cotonnière du Gourma

SOGEBAF : Société Générale Bamogo et Frères

SONABEL : Société Nationale Burkinabé d'Electricité

SONAR : Société Nationale d'Assurance et de Réassurance

STV : Sonef Transport Voyageurs

SOTRAO : Société de Transport Alpha Omega

STK : Société de Transport Kombelempagré

STMB : Société de Transport Mixte Bangrin

TCV : Transport Confort Voyageurs

TSR : Transport Sana Rasmané

UAB : Union des Assurances du Burkina Faso

UFR : Unité de Formation et de Recherche

UFR/SH : Unité de Formation et de Recherche en Sciences Humaines

UO : Université de Ouagadougou

ZST : Zoundi Sibiri Transport

TABLE DES MATIERES

DEDICACE I

REMERCIEMENTS II

SIGLES ET ABREVIATIONS III

TABLE DES MATIERES V

LISTE DES TABLEAUX VIII

LISTE DES CLICHES IX

LISTE DES FIGURES IX

LISTE DES CARTES X

INTRODUCTION GENERALE 1

1- Introduction 2

2- Problématique 3

3- Les hypothèses de recherche 6

4- Les objectifs de l'étude 6

5- Méthodologie 7

5-1 La revue de la littérature 7

5-2 Les données cartographiques et photographiques 9

5-3 Les données statistiques 9

5-4 L'échantillonnage 10

5-4-1 L'échantillonnage spatial 10

5-4-2 L'échantillonnage démographique 10

5-5 Les travaux de terrain 10

5-6 Le traitement des données 11

5-7 Les difficultés rencontrées 12

PREMIERE PARTIE : CONTEXTE URBAIN ET TRANSPORT ROUTIER DE VOYAGEURS A FADA N'GOURMA 13

CHAPITRE 1 : LE CONTEXTE URBAIN DE FADA N'GOURMA 16

1.1 Evolution démographique 17

1.2 La croissance spatiale 19

1.3 L'organisation de l'espace urbain de Fada N'Gourma 24

1.4 Perspectives de développement de l'espace communal de Fada N'Gourma 27

CHAPITRE 2 : LES TRANSPORTS ROUTIERS DE VOYAGEURS A FADA N'GOURMA 30

2.1 Le cadre institutionnel et réglementaire 30

2.1-1 L'organisation institutionnelle des transports routiers 30

2.1-2 La réglementation des transports routiers de voyageurs 32

2.1-3 Les entraves à la réglementation des transports routiers de voyageurs 33

2.2- les acteurs du secteur des transports 34

2.2-1 Les transporteurs individuels 34

2.2-2 Les sociétés de transport 34

2.2-3 Les organisations syndicales 35

2.3 L'offre de transport interurbain de voyageurs 36

2.3-1 Les infrastructures de transport 36

2.3-1-1 Le réseau routier de la région de l'Est 36

2.3-1-2 Les gares routières 38

2.3-2 Les équipements connexes 39

2.3-2-1 Les garages 39

2.3-2-2 Les stations services 39

2.3-2-3 Les postes de péages 39

2.3-3 Le parc de véhicules de transport routier 40

2.3-3-1 L'évolution du parc automobile de Fada N'Gourma 40

2.3-3-2 Le trafic des véhicules de transport de voyageurs 40

2.3-3-3 La capacité et l'âge des véhicules 43

2.4 La demande de transport routier de voyageurs 45

Conclusion partielle 51

DEUXIEME PARTIE : LE STATIONNEMENT DES VEHICULES DE TRANSPORT ROUTIER DE VOYAGEURS A FADA N'GOURMA 52

CHAPITRE 3 : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES GARES ROUTIERES DE FADA N'GOURMA 54

3.1 La localisation des gares routières dans l'espace urbain 54

3.2 Organisation et fonctionnement des gares routières à Fada N'Gourma 60

3.2-1 Organisation et fonctionnement de la gare routière publique 60

3.2-2 Organisation et fonctionnement des gares routières privées 63

3.2-2-1 Les gares routières des sociétés de transport 63

3.2-2-2 Organisation et fonctionnement des gares routières informelles 67

CHAPITRE 4 : L'IMPACT SOCIO-ECONOMIQUE DES GARES ROUTIERES DE FADA N'GOURMA 72

4.1 Les emplois générés par les gares routières 72

4.1-1 Les emplois directs 72

4.1-1-1 Les chauffeurs 72

4.1-1-2 Les apprentis chauffeurs 73

4.1-1-3 Le convoyeur 74

4.1-1-4 Les coxeurs 74

4.1-1-5 Les chargeurs 74

4.1-1-6 Les caissiers 75

4.1-2 Les emplois indirects 75

4.2 Les retombées financières 78

4.2-1 Les recettes pour les transporteurs 78

4.2-2 Les recettes pour la commune de Fada N'Gourma 79

4.2-2-1 La taxe de stationnement 80

4.2-2-2 La patente 84

4.2-3 Les recettes pour l'Etat 84

4.2-3-1 La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) 84

4.2-3-2 Le péage 86

4.3 Les problèmes engendrés par les gares routières 87

4.3-1 La congestion du centre ville 88

4.3-2 L'impact sur la population riveraine 88

4.4 Perspectives 89

4.4-1 Le projet de construction d'une nouvelle gare routière 89

4.4-2 Proposition des transporteurs et du bureau syndical 90

4.4-3 La perception des usagers et riverains. 92

Conclusion partielle 94

CONCLUSION GENERALE 95

BIBLIOGRAPHIE 97

ANNEXES 105

LISTE DES TABLEAUX

Tableau n°1 : Evolution des lotissements de la ville de Fada N'Gourma de

1959 à 2005..............................................................22

Tableau n°2 : Synthèse des longueurs par classe et par type de route

de le région de l'Est(en Km)........................................37

Tableau n°3 : Situation du parc de véhicules de transport de voyageurs

des sociétés de transport en mars 2007.........................44

Tableau n°4 : Répartition du nombre de voyageurs selon la destination...47

Tableau n°5 : Type d'infrastructures par sociétés de transport................64

Tableau n°6 : Le nombre de départ quotidien assurés par les sociétés

de transport..............................................................65

Tableau n°7: Les localités desservies par les gares routières des sociétés

de transport..............................................................66

Tableau n°8 : Estimation des recettes journalières du dimanche 1er avril

2007 de la société STMB.............................................79

Tableau n°9 : Estimation de la taxe de stationnement par société de

transport..................................................................83

Tableau n°10 : Récapitulatif sur les recettes générées par la TVA..........86

Tableau n°11 : Estimation des montants payés par les transporteurs

aux postes de péages de Fada N'Gourma......................87

LISTE DES CLICHES

Cliché n°1 : Stationnement anarchique aux monuments des morts.........56

Cliché n°2 : Stationnement anarchique aux alentours du marché

Central.......................................................................57

Cliché n°3 : La gare routière publique...............................................60

Cliché n°4 : La gare routière de Komyanga................................................68

LISTE DES FIGURES

Figure n°1 : Evolution de la population de Fada N'Gourma de 1975 à

2006..........................................................................17

Figure n°2 : Synthèse du comptage de trafic du mercredi 03 octobre 2007

(Entrées et sorties).......................................................41

Figure n°3 : Synthèse du comptage de trafic du samedi 06 octobre 2007

(Entrées et sorties)......................................................42

Figure n°4 : Répartition des passagers selon le motif de déplacement

(Entrées et sorties)........................................................46

Figure n°5 : Flux de passagers (départ et arrivée) par gare routière

dans la journée du mercredi 03 octobre 2007......................48

Figure n°6 : Flux de passagers (départ et arrivée) par gare routière dans

la journée du samedi 06 octobre 2007...............................49

Figure n°7 : Répartition des activités à l'intérieur et à l'extérieur de la Gare

routière publique ........................................................77

Tableau n°8 : Evolution du recouvrement de la taxe de stationnement à

Fada N'Gourma de 1997 à 2006....................................80

Tableau n°9 : Evolution des taux de recouvrement de la taxe de

stationnement à Fada N'Gourma de 1997 à 2006.............81

LISTE DES CARTES

Carte n°1 : Localisation de la zone d'étude.........................................15

Carte n°2 : Organisation spatiale de la ville de Fada N'Gourma..............26

Carte n°3 : Répartition spatiale des gares routières de transport de

voyageurs dans la ville de Fada N'Gourma..........................59

Carte n°4 : Desserte des localités à partir de Fada N'Gourma................70

INTRODUCTION GENERALE

1- Introduction

Un des faits marquants de l'histoire contemporaine est la forte poussée urbaine dans les pays en voie de développement. Ce phénomène d'urbanisation bien que récent en Afrique subsaharienne, s'est développé à un rythme extrêmement rapide au cours de ces quatre dernières décennies. En 40 ans le taux d'urbanisation en Afrique subsaharienne a quasiment triplé : de 12% en 1960, ce taux est passé à plus de 30% en 2003 (Population Référence Bureau).

Cette croissance urbaine très rapide est liée à la fois à la poursuite de la croissance démographique naturelle de la population déjà urbanisée, à un exode rural massif et soutenu, et à l'absorption par l'extension des périmètres urbains de petits centres ruraux périphériques.

Le Burkina Faso ne fait pas exception à cette règle. Cependant il a connu une urbanisation lente et modérée aux cours des dernières décennies du XXe siècle. Le taux d'urbanisation est passé respectivement de 3,7% en 1975 à 12,7% en 1985 et 15,5% en 1996 (INSD). Selon les projections de l'INSD, il passera à 24% d'ici 2010. Le pays a connu également un accroissement du nombre de villes. En 1975, le Burkina Faso ne comptait que cinq villes ; ce nombre est passé à vingt six en 1996 puis à quarante neuf en 2006. Le développement urbain pose des problèmes sociaux et économiques parce qu'il s'opère plus rapidement que la capacité à créer des infrastructures pour y faire face.

L'armature urbaine du Burkina Faso s'articule autour des villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso qui concentrent à elles seules plus de 60% des citadins. Le reste de la population urbaine est réparti dans les autres villes. Ensuite viennent les villes moyennes comme Ouahigouya, Koudougou, Banfora, Fada N'Gourma etc. En effet la quasi totalité des centres urbains du Burkina Faso ont acquis le statut de ville assez récemment suite à la réalisation d'équipements collectifs par l'Etat dans le cadre de la politique de développement de centres urbains secondaires.

2- Problématique

Fada N'Gourma est une ville moyenne qui connaît des problèmes urbains dont l'habitat, l'assainissement, le transport etc. Ces problèmes se posent aujourd'hui acuité en raison de la croissance rapide de la ville et l'incapacité des pouvoirs publics à mettre à la disposition des populations des infrastructures et des services urbains adéquats.

Les problèmes liés aux transports concernent toutes les villes du tiers monde, mais ils sont plus aigus dans les villes d'Afrique subsaharienne. En effet les transports jouent un rôle important dans le développement économique et social des villes dans la mesure où ils assurent la mobilité des biens et des personnes. Dès lors, les transports routiers constituent un facteur indispensable au développement économique et social de la ville de Fada N'Gourma.

En matière de transport routier, le bitumage et la réhabilitation des principaux axes routiers ont considérablement amélioré les liaisons entre les différentes capitales régionales du Burkina Faso et ont entraîné une croissance importante des flux de trafic interrégionaux tant en matière de transport de marchandises que de personnes. Le développement rapide des transports routiers interurbains et internationaux s'est accompagné de la création de quelques gares routières privées (de voyageurs) constituées généralement de simple terrain vague pour le débarquement et l'embarquement de passagers. Installées pour la plupart sur des sites inappropriés (terrains à usage d'habitation, donc de petite superficie) les gares routières privées de par leur nature n'incitent pas à un aménagement adéquat (aire de stationnement des véhicules en attente, aire de manoeuvre des véhicules en partance, espace d'attente pour les passagers, toilettes etc.). Concernant les gares routières publiques existantes, elles sont caractérisées par leur d'aménagement sommaire et manquent cruellement de commodités pour les voyageurs. Les gares routières publiques sont d'ailleurs délaissées par beaucoup de transporteurs qui, pour éviter les contraintes liées à leur usage (paiement de taxes, système du tour de rôle pour l'embarquement des passagers) se sont installés aux abords des immeubles d'habitation et des stations services créant ainsi un désordre, entraînant des difficultés dans le recouvrement des taxes de stationnement et de maîtrise des flux. Le spectacle qu'offre le centre des villes du Burkina est celui de villes encombrées. L'implantation des gares routières n'obéit qu'à la seule volonté des promoteurs de sociétés de transport de disposer d'un lieu d'embarquement des passagers.

Fada N'Gourma, chef lieu de la province du Gourma et capitale régionale de l'Est, est situé à deux cent vingt (220) kilomètres à l'Est de Ouagadougou, au carrefour de deux axes routiers internationaux dont l'un vers le Niger et l'autre vers le Bénin.

Dans la région de l'Est, la ville de Fada N'Gourma constitue l'agglomération urbaine la mieux structurée. Elle joue le rôle de pôle de développement. De la ville de Fada N'Gourma partent ou aboutissent des flux de personnes et de biens en direction et en provenance des autres centres urbains du pays. Le bitumage de l'axe Ouagadougou-Fada N'Gourma a considérablement amélioré les échanges. Plusieurs raisons sont à l'origine du déplacement des hommes à destination et en partance de Fada N'Gourma, parmi lesquelles on peut citer les démarches administratives, les raisons sanitaires, les déplacements d'affaire ou pour des raisons sociales. Notons cependant que les déplacements des citadins de Fada N'Gourma vers les campagnes obéissent à des raisons diverses telles que les décès, les funérailles, les propagandes politiques notamment en période électorale etc.

L'accroissement des besoins de transport des personnes à destination et en provenance de Fada N'Gourma a engendré l'apparition d'une multitude de sociétés privées et d'unités artisanales de transport interurbain, donc de gares routières de voyageurs caractérisées par leur prolifération anarchique et leur aménagement sommaire. Aujourd'hui, la prolifération anarchique de ces gares routières de voyageurs en centre ville échappe au contrôle des pouvoirs publics. Cette situation renforce l'effet d'engorgement de la circulation aux abords des gares routières et le développement des activités commerciales connexes sur la chaussée, porteuse de risque d'accident. On constate également une baisse de la qualité de service car les chargements s'effectuent dans des conditions parfois inconfortables pour les usagers. Enfin les abords de routes et les postes de péages servent également de point d'embarquement des passagers.

Ce constat suscite des interrogations d'une grande importance pour la recherche :

- quelles sont les attitudes ou les comportements des transporteurs vis à vis des gares routières ?

- pourquoi tant de gares routières dans une ville moyenne comme Fada N'Gourma ?

- quelle est l'impact socio-économique du transport routier de voyageurs ?

L'intérêt que nous portons à toutes ces questions a guidé le choix de notre thème « les infrastructures de transport à Fada N'Gourma : le cas des gares routières ». Cette recherche se propose d'apporter des éléments de réponse à ces interrogations et de contribuer de ce fait à l'amélioration du secteur des transports routiers de voyageurs à Fada N'Gourma.

3- Les hypothèses de recherche

L'hypothèse principale de notre recherche s'appuie sur l'idée selon laquelle les gares routières organisent l'espace autour de Fada N'Gourma.

De cette hypothèse principale découlent deux hypothèses secondaires :

- les gares routières de Fada N'Gourma sont situées en centre ville ;

- les gares routières sont les points de convergence et de divergence des flux de voyageurs ;

- le transport routier de personnes a des retombées économiques et sociales pour la ville de Fada N'Gourma.

4- Les objectifs de l'étude

L'objectif principal de notre étude est d'analyser l'organisation de l'espace à partir des gares routières de la ville de Fada N'Gourma.

De cet objectif général, découlent deux objectifs secondaires :

- localiser les gares routières de Fada N'Gourma ;

- analyser les flux de personnes dans les gares routières de voyageurs ;

- analyser les retombées socio-économiques du transport routier de voyageurs.

5- Méthodologie

Notre démarche méthodologique comporte quatre phases : la revue de la littérature, les données cartographiques et photographiques, la collecte des données statistiques et les enquêtes de terrain.

5-1 La revue de la littérature

Elle a consisté à rechercher la documentation sur les infrastructures de transport dans les pays en développement et plus particulièrement au Burkina Faso. Cette revue de la littérature a porté sur les ouvrages généraux, les mémoires de maîtrise, les thèses de doctorat, les articles de journaux, les rapports d'études dans les centres de documentation du Centre d'Information et de Recherche pour le Développement (CIRD), la Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes (DGTTM), la Bibliothèque Universitaire Centrale (BUC) et de l'Ecole Nationale de l'Administration et de la Magistrature (ENAM).

L'examen de la bibliographie montre que plusieurs auteurs se sont déjà intéressés aux infrastructures de transport notamment les gares routières.

MAIDADI S. (2002) à partir des études réalisées à Douala (Cameroun) et à Dakar (Sénégal) montre les différents types de gares routières en Afrique subsaharienne. Il distingue de façon globale les gares publiques et les gares privées. L'auteur donne une explication à la prolifération anarchique des gares privées et posent les problèmes qu'elles engendrent.

ACLOQUE E. (1994) décrit l'organisation des gares routières de voyageurs à Ouagadougou. Le développement du transport routier de voyageurs s'est accompagné de la prolifération anarchique des gares routières privées en centre ville. Selon son étude cette situation créée d'énormes difficultés qui échappent le plus souvent au contrôle des pouvoirs publics. Pour résoudre en partie ce problème relatif à la prolifération anarchique des gares routières privées, l'auteur propose le regroupement des transporteurs sur un site unique.

OUEDRAOGO O. (2008) dans le même sens a analysé l'organisation des gares routières de Bobo-Dioulasso. Outre l'aspect organisationnel, l'auteur aborde l'impact socio-économique du transport routier de voyageurs. Il apporte une contribution à la recherche de solutions aux problèmes engendrés par les gares routières en proposant une délocalisation de ces infrastructures en périphérie.

Parallèlement à l'organisation des gares routières, d'autres études ont porté sur le transport routier de voyageurs. C'est le cas de BAMAS S. (1996), qui, à travers son étude sur le Burkina montre que l'extraordinaire développement du transport routier de personnes a eu pour effet une amélioration de la qualité du parc roulant, et un désenclavement interne et externe du pays.

OUEDRAOGO M. (2007) analyse l'organisation de l'espace national par les transports interurbains de voyageurs à partir de Ouagadougou. En effet, l'amélioration du réseau routier qui relie Ouagadougou aux autres villes du Burkina a entraîné une meilleure fluidité des flux de personnes. L'auteur aborde les infrastructures de transport et les effets induits du développement des transports routiers de voyageurs.

Cette recherche documentaire nous a permis de mieux appréhender notre thème mais aussi les concepts liés au transport en général et aux gares routières en particulier. Toutefois, très peu d'études ont analysé l'organisation de l'espace par les gares routières de voyageurs.

5-2 Les données cartographiques et photographiques

Quelques cartes thématiques nous ont servi pour l'analyse. Ces cartes ont été réalisées avec le logiciel Arview GIS 3.2a. Il s'agit des cartes illustratives sur la localisation de la zone d'étude, l'organisation spatiale de la ville de Fada N'Gourma, la répartition spatiale des gares routières de voyageurs dans la ville de Fada N'Gourma et la desserte des localités à partir de Fada N'Gourma.

Certaines planches photographiques jugées pertinentes nous ont permis d'illustrer le stationnement anarchique en centre ville, la gare routière publique et la gare de Komyanga.

5-3 Les données statistiques

D'une manière générale, le chiffre présente souvent un caractère rassurant. Il est un support de l'analyse scientifique. C'est fort de cela que nous avons cherché auprès de la mairie de Fada N'Gourma, la Direction Générale des Routes (DGR) et la Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes (DGTTM) les informations statistiques nécessaires à la rédaction de notre mémoire. Il s'agit entre autres des statistiques relatives :

- aux recettes générées par les taxes payées par les transporteurs ;

- aux transporteurs routiers de voyageurs de Fada N'Gourma ;

- au parc automobile destiné au transport routier de voyageurs ;

- au réseau routier de la région de l'Est.

5-4 L'échantillonnage

5-4-1 L'échantillonnage spatial

Notre zone d'étude est la ville de Fada N'Gourma, chef-lieu de la province du Gourma et capitale de la région de l'Est. A la faveur du projet «villes moyennes», elle a bénéficié de l'appui financier de la coopération suisse. Fada N'Gourma, joue le rôle de pôle de développement régional. De plus, elle est située au carrefour de deux axes routiers internationaux (vers le Niger et le Bénin). Enfin, la ville Fada N'Gourma est un point de convergence et de divergence des grands flux régionaux, nationaux et même internationaux de voyageurs.

5-4-2 L'échantillonnage démographique

Les transporteurs, les usagers et les riverains des gares routières constituent la population cible de notre étude. Dans l'impossibilité d'interroger toute la population cible l'échantillon a porté sur 430 personnes dont la répartition se présente comme suit :

- 350 usagers de transport public interurbain ;

- 50 transporteurs routiers de voyageurs (entreprises et particuliers)

sur un total de 60 transporteurs ;

- 30 riverains dont 10 de la gare routière publique, 10 pour les gares des sociétés de transport et 10 pour les gares informelles ;

Nous estimons que cet échantillon n'est pas négligeable pour couvrir les grandes diversités reflétant la réalité des gares routières ;

5-5 Les travaux de terrain

Les enquêtes de terrain ont été réalisées auprès des populations concernées directement ou indirectement par la question de transport routier de voyageurs. Cette orientation forte découle du fait que l'amélioration des équipements urbains doit nécessairement contribuer à un mieux être du public qui en bénéficiera, tout en améliorant la structuration de la trame urbaine.

Dans un premier temps nous avons réalisé des enquêtes auprès de cinquante (50) transporteurs, trois cents cinquante (350) usagers et de trente (30) riverains des gares routières de voyageurs.

La deuxième phase a consisté en une série d'entretiens. Il s'agit des entretiens avec le maire de la commune de Fada N'Gourma, le commandant de la police municipale, les services de recouvrement, le responsable des conducteurs de taxi, le syndicat des transporteurs routiers de voyageurs et les responsables des différentes gares routières. Les transporteurs individuels se sont exprimés par la voix des représentants syndicaux ou des délégués désignés dans les différents points de chargements informels.

D'une manière générale les enquêtes de terrain nous ont permis de recueillir des informations sur le fonctionnement des gares routières, leurs caractéristiques socio-démographiques et économiques, les destinations desservies à partir de la ville de Fada N'Gourma, les flux de passagers et la répartition du marché des transports entre les entreprises structurées et les transporteurs individuels.

5-6 Le traitement des données

Au terme des enquêtes de terrain nous avons adopté deux types de traitement des données :

- un traitement manuel pour les données issues des entretiens avec le maire de la commune de Fada N'Gourma, le responsable des conducteurs de taxi, l'organisation syndicale, les riverains, les responsables des différentes gares routières et le commandant de la police municipale.

- les données quantitatives issues des enquêtes auprès des passagers ont été traitées à l'informatique.

5-7 Les difficultés rencontrées

Si dans l'ensemble l'étude s'est bien déroulée, notons cependant que quelques difficultés ont entaché sa réalisation:

- la réticence des transporteurs à nous fournir certaines informations notamment les données financières. Ces derniers pensent que nos enquêtes ont un but fiscal. Ce qui nous a conduit à faire des estimations sur les recettes fiscales générées sur la base de nos résultats d'enquêtes ;

- de plus, nous avons l'inexistence de certaines données, une situation liée à l'absence de certaines archives dans l'administration publique.

Malgré ces difficultés et à la lumière des éléments obtenus nous sommes parvenus à rédiger notre mémoire qui s'articule autour de deux grandes parties : La première partie aborde le contexte urbain de Fada N'Gourma et le secteur du transport routier de voyageurs, et la deuxième porte sur le stationnement des véhicules de transport routier de voyageurs à Fada N'Gourma. Chaque partie est composée de deux chapitres.

PREMIERE PARTIE : CONTEXTE URBAIN ET TRANSPORT ROUTIER DE VOYAGEURS A FADA N'GOURMA

La ville de Fada N'Gourma est située à 220 kilomètres à l'Est de Ouagadougou, au carrefour de deux axes routiers internationaux dont l'un vers le Niger et l'autre vers le Bénin. Elle est à la fois chef-lieu de la province du Gourma et chef-lieu de la région de l'Est. La province du Gourma est limitée au Nord par les provinces de la Gnagna, et de la Komandjari, au sud par les provinces de la Kompienga, de Koulpelogo et du Boulgou, à l'Est par la province du Kouritenga et à l'Ouest par la province de la Tapoa.

Les besoins de transport exprimés à partir de Fada N'Gourma en direction des différentes villes du Burkina et des pays limitrophes (Togo, Bénin et Niger) ont engendré la création de nombreuses sociétés de transport, augmentant du coup l'offre de transport routier de voyageurs.

Cette première partie de notre mémoire comprend deux chapitres. Le premier aborde le contexte urbain de Fada N'Gourma, le second porte sur les transports routiers de voyageurs.

CHAPITRE 1 : LE CONTEXTE URBAIN DE FADA N'GOURMA

Au Burkina Faso, pendant des décennies, toutes les politiques d'investissement urbain ont privilégié les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso au détriment des autres villes. Face à un tel constat, le Burkina Faso a opté depuis 1992 pour une politique de décentralisation qui confère aux collectivités territoriales des pouvoirs de décisions pour l'élaboration de plans nécessaires à leur développement. C'est dans ce cadre que le programme villes moyennes à été lancé par le gouvernement burkinabé, dont l'objectif majeur est de mettre l'accent sur le développement des villes moyennes (Tenkodogo, Dori, Kaya, Pô, Ouahigouya, Koudougou et Fada N'Gourma, etc.). Dans chaque localité, le financement des actions de développement est confié à une coopération bilatérale. C'est ainsi que la coopération suisse finance les programmes des villes de Ouahigouya, Koudougou et Fada N'Gourma.

Le programme `'ville moyenne de Fada N'Gourma'' a été lancé en mai 1997. L'un de ses objectifs majeurs est de permettre la mise en oeuvre d'un processus de développement adapté aux spécificités économiques et humaines de la ville avec des investissements rentables sur le plan social.

Dans ce chapitre notre analyse porte sur l'évolution démographique, la croissance spatiale, l'organisation de l'espace et les perspectives de développement de l'espace communal.

1.1 Evolution démographique

D'une source à une autre, les données démographiques sur la ville de Fada N'Gourma varient quelque peu. Le constat qui se dégage de toutes les sources de documentation est que la ville a connu une évolution démographique remarquable.

Figure n°1: Evolution de la population de Fada N'Gourma de 1975 à

2006

Source : Institut National de la Statistique et de la Démographie (2008) : Résultats

définitifs du Recensement Général de la Population et de l'Habitat 2006

Au premier recensement de l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) en 1975, la population de la ville de Fada N'Gourma était de 13 067 habitants. Elle passera à 20 857 habitants en 1985 puis 29 254 habitants en 19961(*). Cette croissance s'est maintenue pour atteindre 41 785 habitants en 20062(*). Ainsi, en une trentaine d'années

(1975 à 2006), la population a quasiment triplé passant de 13 067 à 41 785 habitants).

La croissance rapide de la population de Fada N'Gourma est liée à deux facteurs essentiels : le croît naturel et l'exode rural.

De 1996 à 2006, le croît naturel de Fada N'Gourma a évolué à un rythme de 3,4% par an. Cette croissance est supérieure au taux national estimé à 3,1% par an pour la même période3(*). Ainsi nous pouvons déduire que la population de Fada N'Gourma croît plus vite que celle du pays. Cette croissance régulière est maintenue grâce à un taux de natalité de 52,3% et une espérance de vie de 56,3 ans4(*). L'amélioration des conditions de vie et les programmes élargis de vaccination contre la méningite et la poliomyélite entraînant une régression de la mortalité infantile expliquent en partie l'augmentation du croît naturel de la ville de Fada N'Gourma.

L'exode rural est lié aux conditions climatiques défavorables auxquelles s'ajoute l'échec de politique de développement rural et le besoin d'activités rémunératrices. Dans la région de l'Est, la ville de Fada N'Gourma polarise tous les autres centres urbains. De ce fait, elle constitue un pôle d'attraction pour la plupart des jeunes ruraux. Plusieurs localités constituent des zones pourvoyeuses de main d'oeuvre pour la ville de Fada N'Gourma. Dans la province du Gourma la majorité des migrants viennent des communes rurales de Diabo, Yamba, Matiacoali, Diapangou et de Tibga. Sur le plan régional, la ville est alimentée par les communes rurales de Bilanga, Mani, Kantchari, Tansarga, Mani, Koalla, Piéla, Pantiaga, Namounou, etc. mais aussi par les communes urbaines de Diapaga, Gayéri, Bogandé et Pama. Enfin certains migrants proviennent de la frange orientale du plateau central (provinces du Kouritenga, Ganzourgou et du Namentenga). Les migrants sont la plupart des jeunes de 15 à 39 ans en quête d'emplois rémunérateurs. Ils s'installent en général dans les secteurs périphériques ou en zone non lotie. Une fois en ville ces jeunes ruraux se retrouvent en grande partie dans le secteur informel où ils mènent des activités diverses.

Cette croissance démographique s'accompagne d'une extension spatiale de la ville. Cette situation échappe le plus souvent au contrôle des autorités municipales et pose des problèmes de gestion urbaine dans la mesure où le phénomène d'urbanisation n'a pas été suivi de réalisations d'infrastructures conséquentes.

1.2 La croissance spatiale

L'analyse diachronique des séries de lotissement dont Fada N'Gourma a fait l'objet entre 1959 et 2005, permet d'apprécier sa dynamique spatiale en une quarantaine d'année d'urbanisation. Cette dynamique urbaine, ayant abouti à la morphologie actuelle, s'est articulée autour de la route nationale n°4 (RN4) et du barrage qui traverse la ville.

La route nationale n°4 (Ouagadougou-Niamey)  traverse la ville de Fada N'Gourma d'Ouest en Est sur une longueur de huit (8) kilomètres et se distingue comme l'artère principale de la ville. Elle constitue l'ossature de l'aménagement urbain de Fada N'Gourma car c'est autour d'elle que la ville s'est économiquement, administrativement et spatialement développée.

Le barrage sépare la ville en deux entités spatiales. Au Nord de celui-ci, nous avons la « ville traditionnelle » regroupant les secteurs 6, 7, 8 et 9. Au sud, la « ville moderne » qui comprend les secteurs 1, 2, 3, 4, 5, 10 et 11.

Le premier lotissement de la ville de Fada N'Gourma date de 1959. Ce lotissement antérieur aux indépendances montre que le tissu urbain a eu comme point de départ les quartiers Bardiégou, Barranquilla, Tiédano, Djabnabado, Madali et Koapandi. Ces quartiers correspondent respectivement de nos jours aux secteurs 1, 2, 3, 4, 5 et 10. C'est à cette même période qu'eut lieu le tracé des grandes voies de la ville.

La création de cette zone a été suivie par le lotissement du quartier Folbado (secteur 11) en 1974. Quatre ans plus tard, la ville s'étendait encore avec le lotissement du quartier Gomorrhé (secteur 7) dans la partie nord du barrage, avant la mise en oeuvre du Schéma de Développement et d'Aménagement Urbain (SDAU). Les lotissements de 1974 et 1978 ont permis de freiner momentanément le développement de l'habitat spontané en intégrant les populations dans un tissu urbain partiellement aménagé et totalement maîtrisé par les autorités locales. Les réalisations effectuées jusqu'à la fin des années 1970 contribueront à donner à Fada N'Gourma sa morphologie actuelle.

A partir de 1980, la ville s'étale sans que les politiques d'urbanisme ne puissent contenir son extension. La rareté des lotissements contribuera à la mise en place de zones non loties où se développe un habitat spontané. Il faudra attendre jusqu'en 1991 pour voir le lotissement d'une trame d'accueil dans la partie Est du secteur 1. Ce lotissement était destiné aux victimes de l'inondation survenue en 1989. La population du secteur 1 n'en a que très peu profité et le lotissement n'a pas permis de résoudre le problème de la vaste zone d'habitat spontanée qui s'était développée dans ce secteur plus précisément au nord du Centre « Mariam juali ». Pour résoudre en partie ce problème relatif à la prolifération anarchique de l'habitat spontané, les quartiers Tikouti (secteur 8) et Bassoundi (secteur 9) furent lotis en 1996. Ce fût la plus grande opération de lotissement de la ville depuis 1959.

Le processus d'urbanisation de Fada N'Gourma atteint son paroxysme entre 1996 et 2005. Au cours de cette période 23 963 parcelles ont été dégagées soit une production moyenne de 2 663 parcelles par an. Ces lotissements à grandes échelles réalisées ces dix dernières années ont considérablement augmenté la taille de la ville. Le tableau suivant montre l'évolution des différentes opérations de lotissements de la ville de Fada N'Gourma de 1959 à 2005.

Tableau n°1: Evolution des lotissements de la ville de Fada N'Gourma

de 1959 à 2005

Années

Secteurs

Nombre de parcelles dégagées

1959

1-2-3-4-5-10

807

1974

11

479

1978

7

799

1991

1

683

1996

8-9

3071

1998

11(extension)

1795

3

2960

2002

6 nord5(*)

-

2003

1(extension)

-

2

4800

2004

6 nord

3504

2005

1(extension)

4595

6 sud

3238

Source : Belembaogo Marie Bertrand (1992) : Commune de Fada N'Gourma : recueil de données urbaines. Ministère de l'habitat, du logement et de l'urbanisme. Projet PNUD/Habitat BKF/90/006, 48p.

- Entretien avec Mr Lankoandé Célestin, chef de service domanial de la mairie de Fada N'Gourma.

Le style d'habitat horizontal caractéristique de la ville et la spéculation foncière sont les principales causes de l'extension démesurée de l'espace urbain.

L'élément fondamental qui caractérise la ville de Fada N'Gourma est le mode de construction à « l'horizontal » c'est-à-dire que l'essentiel de l'habitat est constitué de maisons basses surtout pour les maisons d'habitation. Le développement de l'habitat de type « horizontal » repose sur l'acquisition d'une parcelle et la construction progressive de maisons essentiellement basses. Le style de construction en hauteur n'est pas encore développé à Fada N'Gourma du fait de l'insuffisance des ressources financières des habitants. Cependant; force est reconnaître que le type de construction à l'horizontal est très consommateur d'espace. Un autre phénomène qui explique l'extension anarchique de l'espace urbain serait le développement de l'habitat spontané dans les quartiers périphériques. Qu'il s'agit de lotissement de parcelles, de la production de logements ou de la fourniture des services de base, les pouvoirs publics n'arrivent pas à satisfaire les citadins. L'impossibilité pour les autorités municipales à répondre à la demande pressante et permanente de logement favorise le développement de quartiers d'habitats spontanés autour de la ville lotie. Ce sont ces zones qui accueillent la majeure partie des nouveaux migrants et les néo-citadins exclus des quartiers lotis compte tenu de leurs faibles revenus.

La spéculation foncière contribue aussi à l'extension de la ville de Fada N'Gourma. Si dans le passé la terre n'avait qu'une valeur symbolique, elle est devenue de nos jours source de richesse. Le principe consiste à s'acquérir une parcelle lors du lotissement et le revendre quelques années après à un prix élevé. Une partie de cette somme servira à acheter un lopin de terre en périphérie dans l'espoir d'un lotissement. « il n'y avait aucun conflit foncier dans le Gulmu avant l'arrivée des étrangers (Mossi, Peul, Haoussa ...). Mais aujourd'hui les habitants du Gulmu se sentent souvent floués entre autres par les mossis : ceux-ci achètent en effet des parcelles pour les revendre alors que la tradition même interdit au Gourmantché le commerce de la terre6(*)».

1.3 L'organisation de l'espace urbain de Fada N'Gourma

La ville de Fada N'Gourma est subdivisée en onze secteurs depuis 1984. Le mode d'occupation de l'espace urbain par les populations donne une certaine structuration de la ville. Globalement trois sous-ensembles constituent l'espace urbain de Fada N'Gourma. Il s'agit de la zone administrative, de la zone commerciale et de la zone résidentielle.

La zone administrative est localisée au carrefour des secteurs 2, 4 et 10. Elle regroupe rassemble la mairie, le haut commissariat, le gouvernorat, la préfecture, les directions régionales des ministères, les agences locales de l'ONEA, de l'ONATEL, de la SOCOMA (Société Cotonnière du Gourma), les sièges des associations et les ONG.

La zone commerciale est située à la jonction des secteurs 4 et 10, et le long de la route nationale n°4. Cette zone se distingue comme le centre économique de la ville. En effet, on y retrouve le marché central, la gare routière publique, les gares des sociétés de transport (STMB, Rakieta, EZAF et STK), les stations services, les restaurants et les institutions financières autour desquelles se déroulent des activités connexes. Ces équipements constituent des pôles générateurs de flux notamment le marché central et les gares routières. La localisation des gares routières en centre ville contraint les populations des quartiers périphériques à parcourir de longues distances pour rejoindre ces infrastructures routières7(*).

La zone résidentielle couvre le reste de l'espace urbain. Cette zone est subdivisée en trois sous-zones8(*) :

- une sous-zone d'habitat traditionnel composé des secteurs 3, 6 et 9. Les maisons y sont généralement construites en banco, couvertes de chaume ou de tôles sur des parcelles non clôturées et sous équipées. Le

mode de vie y est fortement rural ;

- une sous-zone de bas standing regroupant les secteurs 1, 7, 11 et des aires non loties en périphérie urbaine. Le principal matériau de construction est le banco ;

- une sous-zone d'habitat de moyen standing, il s'agit des secteurs 2, 4, 8 et 10. Les constructions sont généralement en matériaux définitifs (ciment, tôle, porte métallique etc.)

Carte n°2 : Organisation spatiale de la ville de Fada N'Gourma

1.4 Perspectives de développement de l'espace communal de Fada N'Gourma

Le Schéma de Développement et d'Aménagement Urbain (SDAU) de Fada N'Gourma réalisé en 1978 avait pour objectif d'orienter le développement de la ville sur une vingtaine d'années (horizon 1998). Ce SDAU ne semble plus répondre aux besoins des autorités municipales car il pas été réactualisé.

Consciente qu'aucune ville ne peut se développer de façon harmonieuse sans un plan cohérent de développement et de gestion, l'équipe municipale a mis en place un plan de développement communal participatif. Il s'agit d'un outil de planification qui a pour but de fixer des objectifs de développement à atteindre dans une perspective de dix (10) ans au moins pour la commune de Fada N'Gourma (2004-2014). Le plan de développement de la commune a été élaboré de façon concertée avec la participation de tous les acteurs. Il est surtout l'expression des populations à la base sur le devenir de la commune à court et à moyen terme.

Les lotissements à grande échelle menés ces dix dernières années ont permis de réorganiser l'espace urbain de Fada N'Gourma et de loger de nombreux ménages sans toutefois parvenir à éliminer radicalement le développement de l'habitat spontané. Pour résorber l'extension anarchique de l'espace urbain et répondre aux besoins des populations en logement, les autorités municipales ont décidé de lotir à court terme le secteur 1 (partie sud-ouest), le secteur 3 (quartier Zaossé) et une partie du secteur 6. Si des efforts sont entrepris par les pouvoirs publics pour l'aménagement de l'espace urbain, force est de reconnaître que les attributions de parcelles ne se font pas immédiatement. A titre d'exemple, le secteur 9 a été loti depuis 1996 mais ce n'est qu'en 2002 que les attributions de parcelle ont commencé.

La ville de Fada N'Gourma croît plus vite qu'elle s'équipe. Cette situation s'explique par les faibles ressources des pouvoirs publics, responsables des travaux d'infrastructures et des équipements collectifs. Le Plan de développement Communal prévoit l'aménagement de la route reliant le secteur 9 au centre ville et l'ouverture des voies des secteurs (1, 3, 5, 6 et 7) nouvellement lotis. Ce qui conduira à un désenclavement de ces différents secteurs.

Face à la faible couverture des infrastructures de base, les autorités municipales envisagent une extension des réseaux actuels de l'ONEA et de la SONABEL dans tous les secteurs de la ville de Fada N'Gourma. Ces extensions se feront grâce à l'alimentation en eau potable à partir du barrage de Tanjari et au renforcement de la capacité de la centrale électrique (750 à 850 KVa).

La mise en place d'un système de gestion des ordures ménagères et la réalisation de 15 kilomètres de caniveaux prévus par le Plan de Développement Communal (PDC) contribuera à une amélioration du cadre de vie des populations au sein de la commune. La réalisation de caniveaux concerne les secteurs 3; 4; 5; 7; 10 et 11. A l'heure actuelle, les rues de ces secteurs sont constamment inondées en saison des pluies entravant ainsi la circulation à l'intérieur de ces secteurs.

En matière d'infrastructure de transport, le Plan de Développement Communal (PDC) prévoit la construction d'une gare routière publique au secteur 11 à proximité de la route nationale n°4 (vers Niamey). La superficie de cette gare routière est estimée à 37 805 m2. En effet, le site retenu (37 805 m2) est largement suffisant pour accueillir la future gare routière de voyageurs de Fada N'Gourma. La gare routière existante ne semble plus répondre à l'évolution actuelle du transport routier de voyageurs d'autant plus que les services qui y sont rendus sont en inadéquation avec les attentes d'une clientèle de plus en plus exigeante. La délocalisation de la gare actuelle en périphérie permettra d'offrir un meilleur cadre organisé pour l'accueil et l'embarquement des passagers et de décongestionner le centre ville. Cette situation conduira ainsi à une baisse des flux de circulation et une diminution de la forte concentration d'activités diverses en centre ville.

CHAPITRE 2 : LES TRANSPORTS ROUTIERS DE VOYAGEURS A FADA N'GOURMA

Dans ce chapitre, nous aborderons le cadre institutionnel et réglementaire dans lequel évoluent les transports routiers de voyageurs. Ensuite nous présenterons les différents acteurs intervenant dans ce domaine. Enfin nous ferons une analyse de l'offre et de la demande de transport routier de voyageurs.

2.1 Le cadre institutionnel et réglementaire

2.1-1 L'organisation institutionnelle des transports routiers

Le secteur des transports relève bien évidemment du Ministère des transports qui a pour mission d'organiser, de réglementer, de développer et de dynamiser le secteur afin d'en faire un puissant soutien au développement économique, social et culturel du pays. Il est chargé ainsi d'assurer le désenclavement interne et externe du pays par voie terrestre et aérienne, d'améliorer la fluidité du trafic et la sécurité dans les transports tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

Dans le secteur du transport routier de voyageurs à Fada N'Gourma, les services public et privés les plus directement impliqués sont : la Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes (DGTTM), le Centre de Contrôle de Véhicules Automobiles (CCVA), les sociétés d'assurances et la mairie de Fada N'Gourma.

La Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes (DGTTM) est l'une des directions centrales du Ministères des transports. Elle est régie par le Décret n°2006/414/PRES/PM/MT du 11 septembre 2006. Cet arrêté porte sur ses attributions, son organisation et son fonctionnement. D'une manière générale, elle réglemente, planifie et contrôle la mise en oeuvre de la politique du département en matière de transports terrestres, maritimes et fluviaux9(*).

En ce qui concerne le cas spécifique du transport routier de voyageurs, la DGTTM est chargée de délivrer les titres de transport tel que la carte de transport, la carte grise et le permis de conduire. La carte de transport est un document administratif qui atteste que l'individu qui le possède exerce la profession de transport routier de voyageurs. Quant à la carte grise; elle contient des informations sur les caractéristiques du véhicule à savoir le nombre de places assises; le poids du véhicule à vide, l'immatriculation, la charge utile, le poids total en charge et la date de la première mise en circulation du véhicule. Enfin le permis de conduire s'obtient à l'issue d'un examen visant à déterminer si le candidat est apte ou non, à conduire seul et à assurer qu'il ne représente aucun danger pour les passagers.

Le Centre de Contrôle de Véhicules Automobiles (CCVA) est un établissement public à caractère industriel et commercial, crée en 1986. Il a pour mission d'assurer un contrôle technique du matériel roulant afin de garantir le maximum de sécurité aux usagers.

Les sociétés d'assurances «assurent» les véhicules de transport routier de voyageurs. Elles contribuent ainsi à rassurer les transporteurs quant aux risques financiers et matériels qu'ils encourent. Les principales sociétés d'assurances (UAB, GA, FONCIAS, SONAR etc.) sont implantées à Ouagadougou.

En matière de transport routier de voyageurs, la mairie de Fada N'Gourma intervient dans le prélèvement des taxes liées à l'activité de transport. Le recouvrement de la taxe de stationnement est assuré par la police municipale.

2.1-2 La réglementation des transports routiers de voyageurs

Au plan national, le secteur des transports est régi par l'ordonnance du 16 septembre 1966 ainsi que le décret d'application de la même date. Ce décret a réglementé les activités de transport par voitures de place ou de taxis collectifs, de transport de personnes par voiture de louage ou taxis ordinaires, de transport mixte et de transport de marchandises.

Aujourd'hui le texte de base en matière d'organisation du transport routier est celui portant réorganisation du secteur des transports en l'occurrence la Zatu n°AN IV-023/CNR/TRANS du 06 février 1987. Cette réglementation impose des conditions que tout candidat à la profession de transporteur doit remplir. En ce qui concerne le cas spécifique des transports routiers de voyageurs, ces conditions s'appliquent aux entreprises individuelles et aux sociétés de transport.

Pour les entreprises individuelles, les personnes physiques qui veulent exercer la profession de transporteur routier de voyageurs doivent remplir les conditions suivantes :

- être seul ;

- avoir un capital social d'un montant minimum de 200.000 FCFA ;

- se constituer en entreprise ou établissement de droit burkinabé ;

- établir le siège social au Burkina Faso ;

- avoir un minimum de structure de fonctionnement qui sont les services chargés des problèmes administratifs, financiers, techniques ou logistiques.

Quant aux sociétés de transport, les personnes morales désirant exercer la profession doivent remplir les conditions suivantes :

- avoir un capital social de 2.000.000 FCFA pour les Sociétés Anonymes à Responsabilité Limitée (SARL) et 10.000.000 FCFA pour les Sociétés Anonymes (SA), ainsi que les Groupements d'intérêt Economique (GIE) ;

- être deux (2) associés pour les SARL, sept pour les SA et les GIE 

- avoir un minimum de structures de fonctionnement qui sont pour les SARL, un service chargé des problèmes administratifs, financiers, un service technique ou logistique. Pour les SA et les GIE, un service administratif et financier, un service contentieux, un service technique ou logistique ;

- établir le siège de sa société ou de son GIE au Burkina Faso ;

- se conformer au système comptable en vigueur au Burkina Faso ;

- présenter une attestation fiscale.

2.1-3 Les entraves à la réglementation des transports routiers de voyageurs

La principale entrave à la réglementation est la non application des textes qui régissent la profession. Aussi, un candidat à la profession de transporteur disposant d'un véhicule, d'un carnet de visite technique en règle et d'une police assurance se voit systématiquement délivré une autorisation de la fonction. Les autres détails, à savoir le montant minimum du capital social, la possession de structures de fonctionnement ne sont pas pris en compte. Cette pratique encourage l'émiettement du secteur et cultive la médiocrité dans l'organisation et la gestion du secteur des transports routiers. A titre d'exemple, en 2002 plus de 90% des transporteurs étaient des transporteurs individuels10(*). Ils ne disposaient pas plus de deux (2) véhicules et géraient l'activité de manière artisanale.

2.2- les acteurs du secteur des transports

Trois types d'acteurs animent le domaine du transport routier de voyageurs à Fada N'Gourma : les transporteurs individuels, les sociétés de transport et les organisations syndicales.

2.2-1 Les transporteurs individuels

Le transporteur11(*) est « celui qui possède un véhicule et qui est titulaire d'une autorisation d'exploitation de ce véhicule, dont le nom est inscrit au registre des transports de personnes et qui exerce effectivement l'activité de transport ». Il ne dispose généralement que d'un seul véhicule usagé en état de marche aléatoire et de petite capacité. Les transporteurs individuels ne tiennent aucune comptabilité et ne maîtrisent pas leurs coûts d'exploitation.

Le nombre des transporteurs individuels12(*) de la ville de Fada N'Gourma était estimé à 54 en 2007. Les résultats de notre enquête terrain ont montré que 26% des transporteurs conduisent leur véhicule. Seul 74% d'entre eux ont confié la conduite de leur véhicule à une tierce personne (chauffeur).

2.2-2 Les sociétés de transport

Elles se distinguent des transporteurs individuels par leur organisation, la qualité du parc roulant, leur mode de gestion et par la qualité de leur prestation. A Fada N'Gourma, les besoins de transport exprimés en direction des différentes villes du Burkina et des pays limitrophes (Niger et Bénin) ont engendré la création de nombreuses

sociétés de transport (STMB, Rakiéta, STK, EZAF et laagande). Parmi ces cinq (5) sociétés de transport, STMB est la seule société assurant une liaison internationale vers Niamey (Niger).

Fada N'Gourma, par sa position de ville carrefour, constitue un passage obligé (ville de transit) pour les sociétés de transport assurant une liaison internationale notamment vers le Niger et le Bénin et vice versa. Les sociétés en transit (ZST, TSR, TCV, SOGEBAF, Kilmandjaro, SNTRV et HK) stationnent généralement à la gare routière publique aux abords de la route pour le débarquement et l'embarquement des passagers.

2.2-3 Les organisations syndicales

Il existe deux (2) organisations syndicales dans le secteur du transport routier à Fada N'Gourma : l'Organisation des Transporteurs du Faso (OTRAF) et le Syndicat National des Transporteurs Routiers de Voyageurs (SNTRV-B). Cependant, le SNTRV-B est la seule organisation syndicale présente dans le sous-secteur de transport routier de voyageurs parce que l'OTRAF intervient uniquement dans le transport de marchandise.

Le bureau régional de l'Est du SNTRV-B a été créé en 1999. Il s'agit d'un regroupement de transporteurs ayant un statut formel exerçant exclusivement dans le sous-secteur des transports routiers de voyageurs. A sa création, le SNTRV-B s'est fixé comme objectifs la défense des intérêts matériels et moraux de ses membres, d'entreprendre et de coordonner toute action visant à l'amélioration des conditions de travail dans les transports publics routiers dans le strict respect de la législation en vigueur. Le bureau régional de l'Est du SNTRV-B compte environ 160 membres13(*).

Le syndicat constitue un cadre de dialogue avec la majorité des transporteurs et aide le plus souvent à la résolution des éventuels conflits qui pourraient survenir entre transporteurs d'une part, entre transporteurs et voyageurs d'autre part. Il est l'interlocuteur privilégié de l'administration publique. Les principales revendications du syndicat sont : la baisse des taxes et impôts communaux, la collecte de la taxe de stationnement etc.

2.3 L'offre de transport interurbain de voyageurs

Le développement des transports routiers de voyageurs ces dernières années s'est accompagné de la mise en place d'infrastructures de transport. Même si dans l'ensemble ces infrastructures routières présentent des insuffisances, force est de reconnaître qu'elles participent à l'amélioration du transport routier de voyageurs. Cette amélioration combinée aux besoins de transport sans cesse croissant exprimés en direction des différentes villes du pays a engendré la création de nombreuses sociétés de transport, augmentant du coup l'offre de transport routier de voyageurs.

2.3-1 Les infrastructures de transport

2.3-1-1 Le réseau routier de la région de l'Est

Pour un pays enclavé, il est vital de posséder un réseau routier bien organisé et praticable pour faciliter la mobilité des biens et des personnes. Conscient de ce handicap, le Burkina Faso a très vite entrepris des efforts pour son désenclavement tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays par une politique routière conséquente.

Le réseau routier14(*) de la région de l'Est est passé de 1 279,33 kilomètres en 2001 à 1 844,019 kilomètres en 2004. Le tableau suivant montre le type de routes par classes de la région.

Tableau n°2 : Synthèse des longueurs par classe et par type de route

de le région de l'Est (en Km)

CLASSE

TYPE

Routes Nationales

(RN)

Routes

Régionales

(RR)

Routes Départementales

(RD)

Totaux

par type

Routes bitumées

411.502

0.000

0.000

411.502

Routes en terre ordinaires

265.693

59.127

0.000

324.820

Pistes améliorées de type A

33.873

175.048

325.270

534.191

Pistes améliorées de type B

52.400

21.603

146.200

220.203

Pistes ordinaires

196.769

114.034

42.500

353.303

Totaux par classes

960.237

369.812

513.970

1844.019

Source : Direction générale des routes (2004): Répertoire général du réseau routier national.

Le réseau routier de la région de l'Est a une longueur totale de 1844,019 km dont 441,502 Km de routes bitumées, 324,820km de routes en terre ordinaire, 534,191 Km de pistes améliorées de types A, 220,203 km de pistes améliorées de types B et 353,303 km de pistes ordinaires. Parmi ces routes, seules les routes bitumées et les routes en terre ordinaire sont utilisables en toute saison et supportent l'essentiel du trafic routier. Les pistes améliorées et ordinaires sont difficilement praticables pendant la saison hivernale. Ces routes, très défectueuses et peu praticables pendant la saison des pluies sont pourtant les plus nombreuses, ce qui augmente les risques liés à l'activité de transport dans la région. Cela se traduit par des accidents.

Le mauvais état du réseau routier influe sur les tarifs de transport. Selon les conducteurs (95%) exploitant les axes non bitumés, l'état défectueux des routes contribue au renchérissement du tarif de transport. A titre d'exemple, pour une même localité desservie, le tarif de transport diffère selon la période de l'année. En effet pour le tronçon Fada N'Gourma-Komyanga le tarif est de 1000 FCFA en saison sèche contre 1500 FCFA en saison pluvieuse. Cette situation est due au fait que la route est difficilement praticable en saison des pluies.

L'analyse du réseau routier de la région de l'Est montre que celui-ci présente des insuffisances tant quantitatives que qualitatives en dépit des efforts entrepris depuis l'indépendance. Les principales liaisons concernent les centres urbains.

2.3-1-2 Les gares routières

Les gares routières selon la définition de RODIERE15(*) sont des « installations dont l'objet est de faciliter l'usage des services de transport public voyageurs, desservant une localité. La gare est publique lorsqu'elle peut être utilisée par toute entreprise desservant une localité. Par contre, elle est privée lorsqu'elle n'est utilisée que par une seule entreprise ». La gare routière est un élément essentiel dans l'organisation et le fonctionnement du transport routier de voyageurs parce ce que c'est le lieu de rencontre entre l'offre et la demande de transport. Dans la ville de Fada N'Gourma nous avons recensé huit (8) gares routières dont une gare publique et sept (7) gares privées.

2.3-2 Les équipements connexes

2.3-2-1 Les garages

Les garages sont des équipements destinés à l'entretien et/ ou à la réparation du parc roulant des transports routiers de voyageurs. Il existe environ une dizaine de garages à Fada N'Gourma. Ces garages sont fréquentés en majeure partie par les transporteurs individuels. Les sociétés organisées disposent de leurs propres garages privés. C'est le cas des sociétés STMB, Rakieta, Laangandé.

2.3-2-2 Les stations services

Les véhicules de transport routiers de voyageurs consomment une grande quantité de carburant. Ils constituent la meilleure clientèle des stations services. A titre d'exemple, l'autocar de 70 places consomme en moyenne 30 litres de gasoil aux 100 kilomètres16(*), soit environ 66 litres de gasoil pour le trajet Fada N'Gourma- Ouagadougou. Il existe cinq stations services à Fada N'Gourma dont trois stations TOTAL, une station SHELL et une station PETROFA.

2.3-2-3 Les postes de péages

Les postes de péages sont des équipements mis en place par l'Etat pour la perception de taxe routier. Cette taxe est appelée « péage routier » et est obligatoire pour tout véhicule à destination ou en provenance de Fada N'Gourma. Des cinq principaux axes de la ville de Fada N'Gourma, seuls les axes Fada N'Gourma-Ouagadougou et Fada N'Gourma-Kantchari disposent de poste de péages.

2.3-3 Le parc de véhicules de transport routier

2.3-3-1 L'évolution du parc automobile de Fada N'Gourma

Les débuts du transport17(*) routier de voyageurs à Fada N'Gourma remontent au temps des colonies. A cette époque, la Transafricaine, une société française, assurait la liaison Ouagadougou-Niamey en passant par Fada N'Gourma deux fois par semaine. Après les indépendances, la liaison Fada N'Gourma-Ouagadougou était assurée par des taxis brousses et de camions dix tonnes qui faisaient le transport mixte. Les taxis brousses étaient constitués de véhicules Peugeot 404 bâchés d'une capacité de 12 places et des véhicules Saviem SG2 d'une capacité de 23 places. Cette situation a perduré jusqu'au début des années 1990 où l'on a assisté à l'importation et à la mise en circulation d'autocars et de minicars par des sociétés de transport mieux structurées. La mise en service des autocars et minicars a entraîné une régression progressive des taxis brousses.

2.3-3-2 Le trafic des véhicules de transport de voyageurs

Afin d'obtenir une situation aussi réelle que possible du trafic des véhicules de transport de voyageurs, deux(2) comptages de trafic ont été réalisés par un groupe de consultants18(*) dans le cadre du projet de construction de la nouvelle gare routière publique. Les comptages de trafic ont été réalisés de 6h à 22h sur les cinq principaux axes qui sont : Fada N'Gourma-Ouagadougou (RN4), Fada N'Gourma-Kantchari (RN4), Fada N'Gourma-Pama (RN18), Fada N'Gourma-Piéla (RN18) et Fada N'Gourma -Komyanga (RR6).

Les comptages de trafic réalisé le mercredi 03 octobre 2007 montre une prédominance des véhicules de transport informel (bâchés, Dina etc.) :

Figure n°2 : Synthèse du comptage de trafic du mercredi 03 octobre

2007 (Entrées et sorties)

Source : BAMAS S et alii, (2007) : Projet de construction de la gare routière de Fada N'Gourma. Rapport définitif, 85p+ annexes.

Les véhicules de transport informel représentent environ 47% du trafic total, les véhicules poids lourds (camions remorques et dix tonnes) 43% et les véhicules de transports modernes (autocars et minicars) 10%. Sur les cinq axes qui relient Fada N'Gourma aux principales villes du pays, l'axe Fada N'Gourma/Ouagadougou est le plus fréquenté avec 326 véhicules soit 42% du trafic total. Ensuite suivent respectivement l'axe Fada N'Gourma/Kantchari avec 26% et l'axe Fada N'Gourma/Pama 23%. Enfin les axes Fada N'Gourma/Piéla avec 3% et Fada N'Gourma/ Komyanga 6%. La faiblesse du trafic sur ces axes est liée à leur mauvais état.

La figure suivante montre les résultas des comptages de trafic réalisés le samedi 06 octobre 2007.

Figure n°3 : Synthèse du comptage de trafic du samedi 06 octobre

2007 (Entrées et sorties)

Source : BAMAS S et alii, (2007) : Projet de construction de la gare routière de Fada N'Gourma. Rapport définitif, 85p+ annexes.

Le trafic routier du samedi 06 octobre 2007 est dominé par des véhicules de types bâchés, 504, Toyota Dina représentant 44,85%. Les véhicules poids lourds représentent 43% du trafic total contre 11,7% pour les autocars et les minicars.

L'analyse du trafic routier à partir de la ville de Fada N'Gourma montre une prédominance des véhicules de transport informel. Cependant il est important de savoir que les véhicules de transport informel effectuent le plus souvent de courte distance. De plus, un nombre relativement important de transporteurs individuels en provenance ou en partance de des localités de Pouytenga, Pama, Kompienga et Kantchari transit à Fada N'Gourma.

La ville de Fada N'Gourma enregistre quotidiennement environ 392 véhicules entrants et 377 véhicules sortants. D'une manière générale, le trafic routier en direction des villes secondaires est relativement faible comparativement aux flux en direction de la capitale.

2.3-3-3 La capacité et l'âge des véhicules

L'apparition des nouvelles sociétés de transport ces dix dernières années a profondément modifié le paysage de l'offre de transport de voyageurs. L'offre de transport se compose ainsi de deux catégories de véhicules : les véhicules de petites capacités (9 à 22 places), et les autocars de moyenne (30 à 55 places) et de grande (60 places et plus) capacité.

Les véhicules de petites capacités sont utilisés pour le transport artisanal de courte distance. Selon les informations recueillies lors de nos enquêtes de terrain, le parc des transporteurs individuels de la ville de Fada N'Gourma est constituée de 3 véhicules de 9 places (504 familiales), 4 véhicules de 12 places (404 bâchés) et de 63 véhicules de type Toyota Dina (17 places). Il apparaît ici clairement que le parc est caractérisé par une diversité de véhicules de petites capacités (9 à 17 places) et de marques différentes avec une prédominance des véhicules de 17 places (Toyota Dina). Par ailleurs notons que les véhicules utilisés par les transporteurs individuels pour le transport de personnes sont rarement des véhicules neufs. Ce sont généralement des véhicules d'occasions que l'on affecte au transport. Selon la Direction Générale des Transports Terrestres et Maritimes (DGTTM) les véhicules ont un âge compris entre 16 et 20 ans.

Les autocars de moyenne et grande capacité constituent le parc roulant des sociétés de transport. Ces autocars assurent les liaisons de longues distances. En 2001, le parc de véhicules des sociétés de transport était estimé à cinq (5) véhicules pour une capacité offerte de 252 places19(*). En 2007, le parc se présentait comme suit :

Tableau n°3 : Situation du parc de véhicules de transport de

voyageurs des sociétés de transport en mars 2007

Sociétés de

transport

18 places

22 places

32 places

35 places

55 places

60 places

70 places

Total

Capacités offertes

STMB

 
 
 

1

 
 

4

5

315

RAKIETA

 
 
 

1

 
 

2

3

175

STK

3

 

2

 

1

 
 

6

173

Laangande

 

1

 
 
 

4

 

5

262

EZAF

 
 
 

2

 
 
 

2

70

Total

3

1

2

4

1

4

6

21

995

Source: enquête de terrain réalisée avril et octobre 2007 par ZOUGMORE Simon

La capacité offerte par les sociétés de transport est passée de 252 places en 2001 à 995 places offertes en 2007, soit un taux d'accroissement de 74,67%. Cette situation s'explique par l'apparition de nouvelles sociétés (RAKIETA, STK, Laangandé et EZAF) et du renouvellement du parc de la société STMB. Les véhicules utilisés par les entreprises structurées sont achetés à l'état neuf à l'exception des sociétés de transport STK et Laangande dont la totalité du parc est constitué de véhicules d'occasions.

2.4 La demande de transport routier de voyageurs

Notons d'abord que ce soit auprès des administrations ou des opérateurs privés, les informations sur la demande de transport de voyageurs n'existent pas. Ainsi l'analyse de la demande que nous allons faire à cette étape de notre étude s'appuie sur les résultats de nos enquêtes de terrain et de la recherche documentaire.

Les besoins de transport naissent en effet de besoins d'activités choisies ou subies par l'individu selon sa position sociale. La demande est également inhérente à la répartition spatiale de la population.

L'enquête que nous avons menée auprès des trois cent cinquante (350) usagers des gares routières de Fada N'Gourma a permis de connaître leurs caractéristiques socio-démographiques.

La majorité des voyageurs (95%) a un âge compris entre 20 et 60 ans. Ainsi, nous pouvons dire que les déplacements sont effectués en majeure partie par des personnes adultes. De plus, la population enquêtée est à majorité masculine (74%). Les femmes sont faiblement représentées (26%). Cet écart peut s'expliquer par le fait que chez les femmes, le rôle `'traditionnel''  de mère limite les déplacements.

Les besoins de mobilité exprimés en destination ou en provenance de Fada N'Gourma sont variés. Parmi les motifs de déplacements, les plus courants sont les raisons de famille, les activités de commerce, les démarches administratives, les raisons de santé et la recherche d'emploi.

Figure n°4 : Répartition des passagers selon le motif de

déplacement

Source : enquête de terrain réalisée du 22 mars au 15 avril 2007 par ZOUGMORE Simon

Sur les cinq motifs de déplacements, les voyages pour raison de famille occupent la première place (68%). Ensuite 15% des usagers se déplacent pour des motifs liés aux activités de commerce. En effet beaucoup de commerçants se déplacent pour acheter leurs marchandises auprès des grossistes. A titre d'exemple, la majorité des commerçants du marché central de Fada N'Gourma partent s'approvisionner à Ouagadougou. Cette situation montre que le commerce est une activité génératrice de déplacement. Enfin les motifs d'ordre administratifs représentent 8,86% des enquêtés. Il s'agit essentiellement des fonctionnaires qui sont venus à Fada N'Gourma pour percevoir leurs salaires ou pour poursuivre leurs dossiers.

L'analyse des motifs de voyage conduit logiquement à se demander vers quelle destination voyagent les passagers.

Tableau n°4: Répartition du nombre de voyageurs selon la destination

 

Régional

National

International

Effectifs

180

158

12

Pourcentage (%)

51, 43

45,14

3,43

Source : enquête de terrain réalisée du 22 mars au 15 avril 2007 par ZOUGMORE Simon

Le tableau ci-dessus montre que 51,43% des voyageurs ont pour destination les localités de la région de l'Est, traduisant ainsi l'importance des relations entre Fada N'Gourma et son arrière pays. Les destinations vers les autres localités du Burkina représentent 45,14% des usagers. Parmi ces localités, la ville Ouagadougou constitue la principale destination. Sur l'ensemble des cent quatre-vingt (180) usagers enquêtés dans les gares routières des sociétés de transport, 66% ont pour destination finale Ouagadougou. Ce flux important en destination de la ville de Ouagadougou peut s'expliquer par le fait qu'elle constitue un véritable pôle d'attraction et de concentration d'activités diverses. Enfin 3,4% des voyageurs ont pour destination le Niger; le Togo et le Bénin. Ainsi nous pouvons dire sans risque de nous tromper que la position géographique de Fada N'Gourma favorise des flux de passagers en direction de plusieurs pays limitrophes (Togo, Bénin, Niger et le Ghana). La ville de Fada N'Gourma (ville carrefour) constitue un passage obligé pour certains usagers. Des 350 usagers enquêtés dans les gares routières, 20% soit 75 voyageurs sont de passage à Fada N'Gourma.

En ce qui concerne les fréquences de déplacements, les voyages mensuels (40%) et les voyages annuels (40%) occupent la première place. Les voyages hebdomadaires et occasionnels représentent respectivement 16% et 4%.

Dans l'optique de mieux appréhender les flux de voyageurs à destination ou en provenance de Fada N'Gourma des comptages ont été réalisés dans le cadre du projet de construction de la nouvelle gare routière. Le graphique suivant montre les résultats du comptage de passagers par gare routière du mercredi 03 octobre 2007.

Figure n°5 : Flux de passagers (départ et arrivée) par gare routière

dans la journée du mercredi 03 octobre 2007

Source : BAMAS S. et alii., (2007) : Projet de construction de la gare routière de Fada

N'Gourma. Rapport définitif, 85p+ annexes.

Le nombre total de voyageurs toutes origines et destinations confondues à Fada N'Gourma est de 1899 passagers (925 départ et 974 arrivées). La gare routière publique occupe la première place avec 655 personnes transportées, soit 34,50% du nombre total de voyageurs. A la différence des autres gares de la ville, cette gare est fréquentée à la fois par les transporteurs de Fada N'Gourma et les transporteurs en transit (sociétés de transport et transporteurs individuels). Cette situation contribue à accroître les flux de personnes dans la gare.

La gare routière de STMB occupe le second rang. La société a transporté 605 personnes soit 31,86% du flux total de voyageurs (arrivés et départ). La société STMB se distingue des autres sociétés de la ville de Fada N'Gourma par la qualité des prestations de service.

Le nombre de passagers le plus faible a été enregistré à la gare d'EZAF, 4 personnes soit 0,21% du nombre total de voyageurs.

Dans la journée du samedi 06 octobre 2007, le nombre de passagers transportés a évolué comme suit :

Figure n°6 : Flux de passagers (départ et arrivée) par gare routière

. dans la journée du samedi 06 octobre 2007

Source : BAMAS S. et alii, (2007) : Projet de construction de la gare routière de Fada N'Gourma. Rapport définitif, 85p+ annexes.

Pour la journée du samedi 06 octobre 2007, c'est la société STMB qui détient la plus grande part du marché de voyageurs avec 31%. Quant aux transporteurs de la gare publique et la société Rakieta leur part est respectivement de 28,84% et 13,12%.

Sur la base de ces résultats (comptages du mercredi 03 et samedi 06 octobre 2007), le nombre total de voyageurs toutes destinations et origines confondues à Fada N'Gourma peut être estimé à environ 1900 passagers par jour. Des propos des transporteurs de la ville, les dimanches (jour du marché central et du marché à bétail), les périodes des fêtes et de congés constituent les périodes de forte affluence.

Conclusion partielle

La croissance rapide de la population de Fada N'Gourma s'explique par le croît naturel et l'exode rural. Cette croissance démographique s'est accompagnée d'une extension spatiale de la ville. De 1959 à 2005, les pouvoirs publics ont réalisé dix opérations de lotissements sans toutes fois parvenir à contenir l'extension anarchique de l'espace urbain. Le style d'habitat horizontal caractéristique de la ville et la spéculation foncière sont les principales causes de cette extension démesurée.

Afin d'asseoir un plan cohérent de développement et de gestion de la ville, la municipalité s'est dotée d'un Plan de Développement Communal (PDC). Le Plan de Développement Communal fixe les grands axes de développement de la commune à atteindre dans une perspective de dix ans (2004-2014). En matière d'infrastructure de transport, les autorités municipales envisagent la construction d'une nouvelle gare routière publique.

Fada N'Gourma, par sa position de ville carrefour, a besoin de disposer de bonnes liaisons avec les autres centres urbains pour promouvoir son développement économique. Malheureusement, le réseau routier est quantitativement et qualitativement insuffisant.

Les besoins de transports exprimés en direction des différentes villes du Burkina et des pays limitrophes à partir de Fada N'Gourma ont engendré la création de nombreuses sociétés de transport. De la ville de Fada N'Gourma partent et aboutissent des flux de personnes en direction et en provenance des autres villes du pays. Les gares routières constituent les principaux centres de ces flux de voyageurs.

La création des gares routières répond au souci des transporteurs de disposer d'un espace de stationnement pour l'embarquement et le débarquement des passagers.

DEUXIEME PARTIE : LE STATIONNEMENT DES VEHICULES DE TRANSPORT ROUTIER DE VOYAGEURS A FADA N'GOURMA

La libéralisation du secteur de transport et l'amélioration du réseau routier ont permis le développement du transport routier de voyageurs. Ce développement s'est accompagné de la création de gares routières de voyageurs disséminés dans l'espace urbain de Fada N'Gourma.

Le secteur du transport routier de voyageurs génère à la fois des ressources financières importantes et des emplois. Malgré ces retombées positives, ce secteur engendre des problèmes.

Nous aborderons dans cette partie l'organisation et le fonctionnement des gares routières de Fada N'Gourma puis l'impact socio-économique des gares routières de voyageurs.

CHAPITRE 3 : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES GARES ROUTIERES DE FADA N'GOURMA

3.1 La localisation des gares routières dans l'espace urbain

Le développement du transport de personnes et de marchandises à destination et en provenance de Fada N'Gourma a engendré l'apparition d'une multitude de sociétés de transport et d'unités artisanales de transport interurbain. Ce développement s'est accompagné d'aménagement sommaire des points de stationnement appelés gares routières.

Les gares routières constituent les lieux où le voyageur peut trouver un moyen de transport qu'il empruntera pour son voyage. En octobre 2007, nous avons recensé à Fada N'Gourma huit (8) gares routières dont sept (7) gares routières privées et une gare routière publique.

La gare routière de la société STMB est située au secteur 10 à proximité du marché central (partie Est). A son arrivée à Fada N'Gourma en 1997, la STMB était installée à la gare routière publique. Mais par la suite, un conflit est survenu entre la société et les responsables du syndicat des transporteurs routiers de voyageurs précipitant le départ de la société de la gare publique. Ainsi depuis le 31 décembre 2000, le bâtiment qui abritait les locaux de la BIB, près du marché central a été transformé en gare privée par la STMB. La gare routière de la société RAKIETA est localisée au secteur 10, jouxtant le marché central (partie Nord). Cette société occupe les anciens locaux de la société ZST.

Les gares routières des sociétés de transport Laangandé, STK et EZAF sont localisées respectivement aux secteurs 1, 10 et 2 de la ville de Fada N'Gourma.

Les gares de Piéla et de Komyanga sont les gares informelles dans lesquels on trouve des véhicules desservant les axes Fada N'Gourma-Piéla, Fada N'Gourma-Gayéri et Fada N'Gourma-Komyanga. La gare routière de Piéla est située au secteur 7 sur la route de Bogandé. Quant à la gare de Komyanga, elle est localisée au secteur 2 le long de l'axe Fada N'Gourma-Komyanga, à proximité du lycée Diaba Lompo et de l'école primaire Untaani. Il s'agit d'une occupation anarchique de l'espace public en ce sens que les responsables de ces gares (Piéla et Komyanga) n'ont pas reçu l'autorisation de la mairie pour s'y installer d'où l'appellation de gares informelles.

La gare routière publique est située au secteur 10 non loin du marché central et est limitée au nord par un camp militaire, au sud par la route nationale n°4, à l'Est par une route secondaire et à l'Ouest par une station service. La superficie de la gare est estimée à 2 856 m2. Il convient de rappeler que cet espace appelé de nos jours gare routière publique était simplement un point d'arrêt pour la transafricaine, une société française qui assurait la liaison Ouagadougou-Niamey via Fada N'Gourma avant les indépendances. Après la cessation des activités de cette société, les transporteurs de la ville ont eu l'aval du préfet à l'époque pour occuper cet espace. Ainsi, c'est au fur et à mesure de l'évolution du transport routier que ce point d'arrêt s'est transformé en gare routière publique.

En plus de la gare routière publique, l'offre de stationnement des véhicules de transport de voyageurs de la ville de Fada N'Gourma s'étend sur l'espace dénommé « la place du monument des morts » en face de la mairie.

Cliché n°1: Stationnement anarchique aux « monuments des morts »

Source : Prise de vue réalisée en mai 2008 par ZOUGMORE Simon

La « place du monument des morts » est l'espace de stationnement anarchique le plus vaste de la ville de Fada N'Gourma. Cet espace est utilisé par les véhicules poids lourds en transit ou en livraison de marchandises aux commerçants du marché central. Il sert également de d'aire de stationnement aux transporteurs routiers de voyageurs en transit (transporteurs individuels et sociétés étrangères de transport). Selon le maire de la commune de Fada N'Gourma, cette situation est liée à l'absence d'une zone de stationnement aménagé dans la ville.

Cliché n°2: Stationnement anarchique aux alentours du marché

central de Fada N'Gourma

Source : Prise de vue réalisée en mai 2008 par ZOUGMORE Simon

Sur cette image, les véhicules de transports de voyageurs sont en attente d'embarquement. Les transporteurs individuels gravitent autour du marché à la recherche de la clientèle. Cette situation créée des difficultés de circulation aux alentours de cette infrastructure et augmente les risques d'accidents.

Les abords du marché à bétail servent également espace de stationnement anarchique. Le marché à bétail de Fada N'Gourma se tient exclusivement les dimanches. Le stationnement anarchique à proximité de cette infrastructure est lié à la présence des camions remorques qui transportent le bétail et les véhicules de transport routier de voyageurs. Ces derniers sont à la recherche d'éventuels clients et transportent souvent quelques petits ruminants. Dans la journée du 11 mai 2008 nous avons pu observer une vingtaine de véhicules « dina » stationnés autour du marché à bétail.

Parmi les huit (8) gares routières de Fada N'Gourma, seules les gares de Piéla et de la société Laangandé sont situées hors du centre ville. Le reste des gares routières sont localisées dans la zone commerciale et administrative. En effet la position géographique des gares routières semble suivre une certaine logique spatiale : les transporteurs implantent généralement leurs gares routières de voyageurs aux abords du marché central ou sur les grandes artères de la ville notamment la route nationale n°4. La carte suivante montre la répartition spatiale des gares routières dans l'espace urbain de Fada N'Gourma.

Carte n°3 : Répartition spatiale des gares routières de voyageurs dans la ville Fada N'Gourma

3.2 Organisation et fonctionnement des gares routières à Fada N'Gourma

3.2-1 Organisation et fonctionnement de la gare routière publique

La gare routière publique est fréquentée par les transporteurs individuels et les sociétés de transport en transit. Cet équipement public est exclusivement sous la gestion du Syndicat National des Transporteurs Routiers de Voyageurs du Burkina (SNTRV-B). La mairie de Fada N'Gourma est propriétaire du terrain mais aucun contrat ne la lie au syndicat des transporteurs pour son exploitation.

Après plus de soixante (60) ans d'existence, la gare publique présente toujours des insuffisances d'équipements. Le cliché suivant nous donne une idée sur le type et le niveau d'aménagement de la gare publique.

Cliché n°3 : La gare routière publique

Source : Prise de vue réalisée en mai 2008 par ZOUGMORE Simon

C'est un aménagement assez sommaire marqué par une absence de clôture. Il n'existe aucune délimitation physique entre les aires de stationnement et les voies internes. Les véhicules sont stationnés généralement de manière anarchique. A cela s'ajoute la circulation dans l'enceinte de la gare de nombreux charretiers, des deux roues etc. La gare routière ne dispose pas de latrines, magasin de stockage, éclairage public et de parking. Néanmoins nous avons recensé deux hangars qui servent de bureau aux responsables de la gare en charge de la gestion.

Le personnel de la gare est composé du chef de la gare, des chefs de lignes et des billettistes. Le chef de gare est le premier responsable et représentant du syndicat. Il coordonne toutes les activités dans la gare. Quant au chef de ligne, son rôle est de veiller au chargement des différents véhicules exploitant la même ligne. Dix (10) principales lignes sont desservies à partir de la gare routière publique. Ces dix (10) lignes desservent les localités de Koupèla, Kompienga, Kantchari, Diapaga, Natiaboali-Nagré, Diabo, Nassougou, Tawalbougou, Niamey (Niger) et Tanguiéta (Bénin). Pour l'exploitation d'une ligne, tout transporteur de la gare doit verser une somme forfaitaire de deux mille (2000) francs au chef de ligne concernée. Ainsi, le transporteur peut exploiter la ligne concernée pour une durée indéterminée. Ce règlement s'applique à toutes les gares gérer par le syndicat. Le billettiste est le responsable chargé de percevoir l'argent des usagers auxquels ils délivrent le ticket de voyage.

Le mode de fonctionnement de la gare publique est le système de ??tour de rôle». Il s'agit d'un système d'embarquement qui se fait par consensus sur la seule base de l'ordre d'arrivée des transporteurs en gare. C'est le chef de ligne qui organise les départs des véhicules. Il dispose d'un tableau où chaque conducteur exploitant la ligne inscrit le numéro d'immatriculation de son véhicule. Système ancien né de l'esprit de solidarité entre les transporteurs, l'embarquement par «tour de rôle» a été vivement critiqué par plusieurs transporteurs qui se trouvaient lésés. Ce système limite la concurrence et pénalise les transporteurs qui ont un véhicule en bon état donc plus attractifs. Le système de ??tour de rôle» ne s'applique pas aux transporteurs en transit à la gare publique. Ces derniers marquent juste un bref arrêt au bord de la route pour débarquer un ou deux passagers.

A la gare routière publique comme dans la plupart des autres gares (à l'exception des gares des sociétés de transport) de la ville de Fada Gourma, les chauffeurs se contentent de ranger leurs véhicules sur la plate-forme de chargement et les coxeurs se chargent de la recherche des passagers. Les coxeurs ameutent les clients en leur disant que le véhicule est sur le point de partir. Mais les départs ne se font pas à des heures fixes car les véhicules ne partent qu'une fois remplis. Une telle situation implique des durées indéterminées de stationnement et exige du passager beaucoup de patience. L'usager peut ainsi passer toute une matinée à attendre le départ du véhicule.

L'étroitesse du hall d'attente oblige la majorité des passagers à s'installer à l'intérieur du véhicule avant le départ. Lorsque le nombre de passagers est suffisant pour le départ, le billettiste rend compte au chauffeur du montant total des recettes. Avant le départ, le chauffeur paie le « billet de sortie » et les prestations du billettiste. La somme versée en contre partie des prestations du billettiste varie en fonction de la localité desservie. A titre d'exemple, le billettiste perçoit 5 000 FCFA par chargement et par véhicule pour les transporteurs assurant une liaison internationale notamment vers Niamey (Niger). Quant au « billet de sortie », il coûte 300 FCFA et est obligatoire pour tous les véhicules de transport de voyageurs qui fréquentent les gares gérées par le syndicat.

La gare routière publique assure en moyenne une vingtaine de départ par jour. Les principales destinations à partir de la gare publique sont Ouagadougou, Kompienga, Kantchari, Diapaga, Natiaboali-Nagré, Diabo, Nassougou, Tawalbougou, Niamey (Niger) et Tanguiéta (Bénin). La gare publique assure plus la desserte régionale que la desserte nationale et internationale. Cependant il faut reconnaître qu'il est difficile de trouver un véhicule pour voyager vers certaines localités de la région de l'Est comme Bani, Lihoura, Monpinga, Tindangou, Madaga etc. Ces localités sont desservies exclusivement les jours de marchés, soit tous les trois jours.

Les contraintes liées à la fréquentation de la gare routière publique (système de tour de rôle, paiement des taxes) ont poussé certains transporteurs à construire leurs propres gares routières d'où la prolifération des gares routières privées.

3.2-2 Organisation et fonctionnement des gares routières privées

3.2-2-1 Les gares routières des sociétés de transport

Les gares routières des sociétés de transport se distinguent des autres gares de la ville de Fada N'Gourma par leur organisation et leur fonctionnement. Installées pour la plupart sur des terrains à usage d'habitations, donc de petites superficies, ces gares routières sont plus ou moins aménagées. Le tableau suivant nous donne une idée des infrastructures existantes dans les gares routières des sociétés de transport.

Tableau n°5 : Types d'infrastructures par sociétés de transport

Sociétés de transport

Type d'infrastructures

Salle ou hall d'attente

Magasin

Restaurant

Kiosque/

buvette

Télécentre

Parking

Toilettes

WC

STMB

x

x

-

-

x

x

x

x

RAKIETA

x

x

-

-

x

x

-

-

Laangandé

x

x

-

-

-

-

x

x

STK

x

x

-

-

-

-

-

-

EZAF

x

-

-

-

-

-

-

-

Source : enquête de terrain réalisée en avril et octobre 2007 par ZOUGMORE Simon

A la lecture du tableau n°5, on constate que seules les gares des sociétés STMB et Laangandé disposent de toilettes et de latrines. Ces infrastructures mal entretenues, sont implantées dans un angle de la parcelle abritant la gare routière. Les parkings présents dans les gares des sociétés STMB et RAKIETA n'ont fait l'objet d'aucun aménagement. Il s'agit de simple espace réservé au stationnement de deux roues.

Outre ces infrastructures, les gares routières des sociétés de transport disposent d'une billetterie, un service bagage et un service courrier. Le ticket de transport délivré par le billettiste a une validité allant de soixante douze (72) heures à un (1) mois selon la société de transport.

Le service des bagages a pour rôle d'assurer l'organisation du chargement des bagages des passagers. Pour les usagers qui voyagent avec leur engin à deux (2) roues, les frais de transport varient en fonction de la distance. A titre d'exemple les frais de transport d'un engin à deux roues (vélomoteur ou cyclomoteur) de Fada N'Gourma à Koupéla (80km) coûte 500 FCFA contre 1000 FCFA pour le trajet Fada N'Gourma-Ouagadougou (220 km). Enfin le service courrier est chargé de l'expédition et de la réception des courriers. L'expédition d'un courrier coûte 1500 FCFA dans la quasi-totalité des sociétés de transport de la ville de Fada N'Gourma.

Les gares routières privées ont une organisation interne dans l'utilisation de leur espace. On y trouve un espace commun qui sert d'aire de stationnement des véhicules en attente et d'aire de manoeuvres des véhicules en partance. D'une manière générale, les bâtiments localisés à l'intérieur des gares routières privées abritent un magasin, les guichets pour la vente des titres de transport, le service courrier, le service des bagages et un local pour les employés de la société.

A la différence des autres gares où le passager à la possibilité de s'installer à l'intérieur du véhicule avant le départ, au niveau des gares des sociétés de transport l'embarquement des passagers se fait par appel suivant l'ordre d'enregistrement un quart d'heure avant le départ. Les sociétés de transport de Fada N'Gourma assurent vingt (20) départs par jour.

Tableau n°6 : Le nombre de départs quotidiens assurés par les

sociétés de transport

Gares routières

Heures de départs

Nombre de départs

STMB

7h30, 10h, 13h30, 16h, 18h

5

RAKIETA

7h, 9h30, 13h, 18h

4

Laangandé

11h, 13h, 13h30, 14h

4

STK

7h30, 10h, 11h30, 15h30

4

EZAF

6h 30, 12h30, 17h30

3

Source : enquête de terrain réalisée en avril et octobre 2007 par ZOUGMORE Simon

Contrairement à ce que l'on observe dans les autres gares (publique et informelles) de la ville où le départ n'intervient que si le véhicule a fait le plein de passagers, dans les gares routières des sociétés de transport on assiste à un respect des horaires de départ. Cette situation à l'avantage d'éviter les pertes de temps.

Le point commun des sociétés de transport de la ville de Fada N'Gourma est leur ponctualité. La qualité des services offerts par les sociétés de transport est largement appréciée par les usagers. En effet, le choix des usagers pour les sociétés de transport est plus lié à la ponctualité (97,77%) que le confort (76,11%) et la rapidité (73,83%). L'introduction de ces éléments traduit l'amélioration de la qualité des services de transport. Elle révèle la recherche du professionnalisme dans laquelle se sont engagées les sociétés de transport.

Les sociétés de transport de la ville de Fada N'Gourma transporte en moyenne 1140 passagers par jour. Le tableau suivant montre les principales destinations de ces voyageurs.

Tableau n°7: Les localités desservies par les gares routières des

sociétés de transport

Gares routières

Régionale

Nationale

Internationale

STMB

Diapaga,

Kantchari

Ouagadougou, Koupèla, Zorgho, Tenkodogo,

Niamey,

RAKIETA

-

Koupèla, Zorgho, Mogtedo, Ouagadougou

-

Laangandé 

Kantchari,Diapaga,

Bogandé, Gayéri

Ouagadougou

-

STK

Nadiagou, Padjari,

Pama, Kompienga

Koupèla, Zorgho, Mogtedo, Ouagadougou

-

EZAF

-

Koupèla, Zorgho, Mogtedo, Ouagadougou

-

Source : enquête de terrain réalisée en avril et octobre par ZOUGMORE Simon2007

Toutes les sociétés de transport desservent la ville de Ouagadougou. Sur cet axe, la concurrence très prononcée entre les différents opérateurs de transport a contribué à l'amélioration significative de la qualité de service au profit des passagers. Les sociétés de transport STMB, Laangandé et STK desservent non seulement la ville de Ouagadougou mais aussi certaines localités de la région de l'Est (Kantchari, Bogandé, Pama etc.). Parmi les cinq sociétés de transport, STMB est la seule société qui assure une liaison internationale vers Niamey au Niger.

3.2-2-2 Organisation et fonctionnement des gares routières informelles

Les gares de Komyanga et de Piéla constituent les principales gares informelles de la ville de Fada N'Gourma. Installées sur des sites inappropriés aux abords des routes, ces gares routières se caractérisent par l'absence d'infrastructures.

La gare routière de Komyanga est localisée au secteur 2, le long de l'axe Fada-N'Gourma/Komyanga. Elle ne dispose pas de toilettes, magasin de stockage, et d'un hangar d'attente. Les passagers s'installent soit dans le véhicule ou à tout autre endroit qui peut servir d'abri. Le personnel de la gare est réduit au strict minimum (le chef de gare et le responsable de la ligne). La collecte et la gestion des recettes sont assurées par le chef de ligne. C'est la seule gare de la ville où le passager a la possibilité de discuter du tarif de transport. Ainsi pour une même destination, il arrive parfois que des passagers paient des tarifs différents.

Cliché n°4 : La gare routière de Komyanga

Source : Prise de vue réalisée en mai 2008 par ZOUGMORE Simon

Il apparaît ici clairement que la gare routière de Komyanga ne dispose pas d'un hall d'attente, de magasin, de latines etc. Les passagers s'installent à l'intérieur du véhicule ou sous les arbres. Les véhicules stationnent le long de la route pour l'embarquement et le débarquement des passagers. Cette situation est de nature à entraîner des difficultés de circulation pour les élèves du Lycée Diaba Lompo et l'école primaire Untaani20(*) (porte ouverte) lors des heures de rentées et sorties des cours. De plus, les bruits engendrés par les véhicules (le ronflement des moteurs, les klaxons etc.) de cette gare constituent des nuisances considérables pour les élèves pendant les heures de cours.

Les transporteurs de la gare de Komyanga embarquent par «tour de rôle». La gare assure en moyenne cinq (5) départs par jour. L'enquête que nous avons réalisée dans cette gare a révélé une grande affluence des véhicules de transport voyageurs les dimanches (jour du marché central et du marché à bétail). Cette situation s'explique par la présence des véhicules en provenance du Togo. Ces véhicules transportent exclusivement les commerçants des localités de Senkansé et Dapaongo. La gare routière de Komyanga dessert les localités de Kouaré, Sanga, Komyanga, Ouargaye, Salambaoré, Senkansé et Dapaongo.

Contrairement à la gare de Komyanga, la gare routière de Piéla dispose d'un hangar d'attente, d'une table, deux (2) chaises qui servent de bureaux aux responsables du syndicat et de deux (2) bancs en fer. Le personnel de la gare est composé d'un chef de gare, deux (2) chefs de lignes et d'un billettiste. Les lignes Fada N'Gourma-Piéla et Fada N'Gourma-Bogandé constituent les principales lignes de cette gare.

La gare de Piéla a le même mode de fonctionnement que la gare de Komyanga à savoir le système de tour de rôle. Cette gare est également fréquentée par les camions dix (10) tonnes. Ces derniers pratiquent le transport mixte (marchandises et passagers). Les camions dix (10) tonnes desservent les localités situées au dèla de Gayéri comme Hamba, Nasssourou. La gare de Piéla dessert uniquement les localités de la région de l'Est (Yamba, Piéla, Gayéri, Bogandé, Mani etc.).

La carte suivante montre les principales localités desservies à par la ville de Fada N'Gourma.

Carte n°4 : Desserte des localités à partir de Fada N'Gourma

Le réseau de transport à partir de Fada N'Gourma est en forme d'étoile à cinq (5) branches; chaque branche étant un axe (l'axe Fada N'Gourma-Niamey, l'axe Fada N'Gourma-komyanga etc.). Même si la route n'est pas le premier facteur de mobilité des populations, elle facilite cet état de chose et lui donne une ampleur spectaculaire. De Fada N'Gourma, les routes nationales assurent les liaisons avec les autres chefs-lieux de provinces de la région de l'Est, l'espace national et les pays limitrophes (Niger et Bénin). Les routes régionales et départementales distribuent le trafic venant des routes nationales, et assurent les déplacements intérieurs (départements et villages). Cette distribution du trafic n'est rien d'autre qu'une organisation de l'espace par les gares routières de la ville de Fada N'Gourma.

Les localités de la région de l'Est sont les plus desservies par les transporteurs individuels de la ville de Fada N'Gourma. En effet, environ soixante (60) localités de la région de l'Est sont desservies à partir de Fada N'Gourma. Cette situation montre le niveau de désenclavement interne de la région de l'Est

  Le type et le niveau d'aménagement des gares routières montre le caractère encore artisanal du secteur des transports routiers de voyageurs de la ville de Fada N'Gourma. Bien que des insuffisances demeurent, les gares routières génèrent des retombées socio-économiques considérables, objet du quatrième chapitre de notre étude.

CHAPITRE 4 : L'IMPACT SOCIO-ECONOMIQUE DES GARES ROUTIERES DE FADA N'GOURMA

Ce chapitre aborde les emplois générés par les gares routières de Fada N'Gourma puis les retombées financières qui en découlent. Ensuite, les problèmes engendrés par la prolifération anarchique des gares routières. Enfin, il sera question de proposer des solutions pour une bonne organisation des transports routiers de voyageurs.

4.1 Les emplois générés par les gares routières

L'une des principales retombées sociales du développement du secteur des transports routiers de voyageurs est la création d'emplois. L'activité de transport offre deux types d'emplois : les emplois directs et les emplois indirects.

4.1-1 Les emplois directs

Les principaux emplois directs générés par le transport routier de voyageurs regroupent les chauffeurs, les apprentis chauffeurs, les convoyeurs, les coxeurs, les chargeurs et les caissiers.

4.1-1-1 Les chauffeurs

La conduite est l'une des premiers emplois que génère le transport routier de voyageurs. Chaque véhicule automobile mis en exploitation emploi au minimum un (1) conducteur. Le parc automobile de transport voyageurs de la ville de Fada N'Gourma est estimé à quatre vingt onze (91) véhicules21(*). Nous pouvons dire sans risque de nous tromper qu'il existe autant de chauffeurs (91) que de véhicules en exploitation.

Le chauffeur reçoit en contre partie de ses prestations un salaire. Ce salaire peut être mensuel ou journalier. Nos enquêtes de terrain ont révélé que 58% des chauffeurs perçoivent un salaire compris entre 15 000 FCFA et 40 000 FCFA. Ce revenu mensuel varie en fonction de la distance. A titre d'exemple, les conducteurs des véhicules de type 504 familiale desservant les localités situées dans un rayon de 45 kilomètres (Nagré, Komyanga etc.) autour de Fada N'Gourma ont un salaire compris entre 15 000 FCFA et 25 000 FCFA alors que ceux assurant une liaison internationale ont un salaire compris entre 25 000 et  40 000 FCFA. A cela s'ajoute une somme forfaitaire de 2 000 FCFA par voyage au titre des frais de restauration22(*). Ensuite 8% des conducteurs ont un salaire journalier. Ces derniers sont payés sur la base des recettes journalières (soit 10% de la recette). Enfin 34% des chauffeurs sont payés par voyage. Leur revenu varie entre 1 500 FCFA et 2 000 FCFA.

4.1-1-2 Les apprentis chauffeurs

L'apprenti chauffeur est le suppléant du chauffeur. Son rôle est d'assister le chauffeur dans l'entretien du véhicule et de charger les bagages au point d'embarquement, et de les débarquer une fois à destination. Chaque transporteur individuel emploie au minimum un (1) apprenti chauffeur. Leur nombre est estimé à soixante dix (70) pour la ville de Fada N'Gourma23(*). A la différence du chauffeur, l'apprenti chauffeur est rémunéré par voyage. Cette rémunération varie entre 1 000 FCFA et 2 000 FCFA en fonction de la localité desservie.

4.1-1-3 Le convoyeur

Le convoyeur peut être défini comme le représentant spécial du transporteur24(*). Il est chargé de percevoir le tarif de transport auprès des passagers, d'assurer la bonne exécution du voyage, notamment en résolvant les difficultés qui peuvent se poser au cours du voyage. Généralement, seules les entreprises structurées recrutent des convoyeurs mais il arrive souvent qu'on les retrouve au niveau des transporteurs individuels. C'est le cas de certains transporteurs de la gare de Piéla. Les convoyeurs sont en moyenne cinq (5) par société, soit un total de vingt un (21) pour l'ensemble des sociétés de transport.

4.1-1-4 Les coxeurs

Les coxeurs exercent leur activité dans les gares informelles et à la gare publique. Dans ces gares routières, les chauffeurs se contentent de ranger leurs véhicules sur la plate forme de chargement et laissent aux coxeurs la recherche de la clientèle. Ils perçoivent en contre partie de leur activité une petite rémunération du chauffeur. Cette rémunération est fonction de la localité desservie. Le coxeur perçoit 10% du tarif de voyage sur chaque passager apporté, ayant pour destination l'espace régional ou national et 1 000 FCFA pour les voyageurs qui se rendent à Niamey au Niger. On peut estimer à environ une quinzaine le nombre de coxeurs.

4.1-1-5 Les chargeurs

La création des sociétés de transport ces dernières années s'est accompagnée d'une amélioration de la qualité des prestations au bénéfice des passagers. La concurrence que se livre les entreprises structurées

donne une grande importance à l'organisation du chargement, souci majeur des voyageurs qui veulent voir arriver leurs bagages en bon état. Les sociétés Rakiéta et Laangande emploient chacune trois (3) chargeurs, les sociétés STMB, STK et EZF emploient respectivement six (6), deux (2), et un (1) chargeurs.

4.1-1-6 Les caissiers

La collecte et la gestion des recettes de l'activité de transport sont assurées par les caissiers ou les caissières. Ces derniers reçoivent l'argent des clients auxquels ils délivrent des tickets de voyage. Les sociétés de transport de Fada N'Gourma emploient six (6) caissiers et/ou caissières.

Au total, le secteur de transport routier de voyageurs de la ville de Fada N'Gourma génère environ deux cents (200) emplois directs.

4.1-2 Les emplois indirects

Ce sont les emplois connexes au transport routier de voyageurs. Il s'agit surtout de l'entretien et/ou la réparation des véhicules, la vente de carburant et les petits commerces.

Dans le souci de maintenir leur parc en bon état, certaines sociétés de transport ont créé des garages privés. C'est le cas des sociétés STMB, Rakiéta et Laangande. Les garages de ces sociétés emploient en moyenne 8 à 10 personnes.

La vente de carburant est un secteur complémentaire à l'activité de transport de voyageurs. Cette complémentarité est liée au fait que les véhicules de transport ont besoin de carburant pour circuler. Les cinq stations service de la ville de Fada N'Gourma emploient environ une trentaine de personnes.

Dans les gares routières de Fada N'Gourma, outre l'activité de transport on y retrouve des activités connexes diverses comme les restaurants, les kiosques, les télécentres etc. La figure suivante montre la répartition spatiale des activités connexes de la gare routière publique.

Figure n°7 : Répartition spatiale des activités à l'intérieur et à

l'extérieur de la gare routière publique de Fada N'Gourma

Source : BAMAS S et alii, (2007) : Projet de construction de la gare routière de Fada

N'Gourma. Rapport définitif, 85p+ annexes.

L'impact de la gare routière publique sur le développement des activités commerciales est remarquable. Nous avons dénombré quarante sept (47) points d'activités dont dix-neuf (19) à l'intérieur de la gare et vingt sept (27) à l'extérieur. Ces points d'activités sont constitués de restaurants, kiosques, télécentres, boutiques, etc. Les activités commerciales tendent, de par leur ampleur, à supplanter celle de transport de voyageurs. De plus, à l'arrivée des véhicules dans la gare publique, on assiste à une transformation des alentours en un véritable marché éphémère.

4.2 Les retombées financières

Le transport routier de voyageurs génère d'énormes ressources financières pour les transporteurs, la commune de Fada N'Gourma et l'Etat.

4.2-1 Les recettes pour les transporteurs

Il est difficile d'estimer les ressources financières que cette activité rapporte aux transporteurs individuels dans la mesure où ils ne tiennent pas de comptabilité. Parmi les cinq sociétés de transport de Fada N'Gourma, nous avons choisi la société STMB. Ce choix se justifie par son rôle important dans le transport de voyageurs : la société STMB transporte en moyenne 600 personnes par jour, soit 55% du nombre total des voyageurs qui transitent dans les gares routières des sociétés de transport de la ville.

La société STMB assure cinq (5) départs par jour à partir de Fada N'Gourma vers la ville de Ouagadougou. Les recettes sont estimées sur la base du taux de remplissage25(*). A titre d'exemple, pour le départ de 7h30mn, l'autocar de 70 places a un taux de remplissage de 86% correspondant à 60 places occupées. Chaque passager achète son ticket de voyage à 3 000 FCFA. Pour les 60 passagers, les recettes s'élèvent à 180 000 FCFA. Les recettes journalières de la société STMB se présentent comme suit :

Tableau n°8 : Estimation des recettes journalières du dimanche 1er

avril 2007de la société STMB

Destination

Heures de départ

Capacités des véhicules

Tarif du voyage en FCFA

Taux de remplissage

Recette journalière

en FCFA

Ouagadougou

7h30

70

3000 F

86%

180 000 F

10h

35

3000 F

100%

99 000 F

13h30

35

3000 F

57%

60 000 F

16h

35

3000 F

29%

30 000 F

18h

80

3000 F

100%

234 000 F

Recette totale journalière dans le sens Fada N'Gourma-Ouagadougou

646 000 F

Source : enquête de terrain réalisée en avril 2007 par ZOUGMORE Simon

La recette journalière de la société STMB peut être estimée à 646 000 FCFA par jour, soit 459 900 000 FCFA par an (365 jours). La réticence du responsable de la société STMB à nous fournir les données sur les recettes réelles perçues, ne nous permet pas de conclure sur une éventuelle coïncidence entre nos estimations et ce que la société perçoit réellement. Néanmoins cette estimation montre que le transport routier de voyageurs génère d'énormes revenus pour les transporteurs.

4.2-2 Les recettes pour la commune de Fada N'Gourma

La taxe de stationnement et la patente constituent les principales ressources de la commune de Fada N'Gourma dans le secteur du transport routier de voyageurs.

4.2-2-1 La taxe de stationnement

Cette taxe est payée par les transporteurs routiers (voyageurs et marchandises) dont l'activité de transport a pour origine ou destination la commune de Fada N'Gourma. Les transporteurs en transit qui stationnent à Fada N'Gourma payent également cette taxe. Selon le responsable en charge du recouvrement de la taxe de stationnement « la tarification est de 500 FCFA pour les véhicules dont la capacité est inférieure ou égale à 35 places et de 1000 FCFA pour les véhicules de plus de 35 places. En ce qui concerne les véhicules de transport de marchandises la taxe est de 1 000 FCFA ». La collecte de la taxe de stationnement est actuellement assurée par la police municipale de Fada N'Gourma. La figure suivante montre l'évolution de la taxe de stationnement de 1997 à 2006 dans la commune de Fada N'Gourma.

Figue n°8 : Evolution du recouvrement de la taxe de stationnement à

Fada N'Gourma de 1997 à 2006

Source : Données statistiques du service comptable de la mairie de Fada N'Gourma

On constate bien que les recettes de la taxe de stationnement sont passées de 2 501 500 FCFA en 1997 à 616 000 FCFA en 1999. De 1999 à 2003, les recettes ont évolué considérablement. Elles passent de 616 000 FCFA en 1999 à 5 000 000 FCFA en 2003. Il est important de savoir que de 1999 à 2003 le recouvrement de la taxe était assuré par le syndicat des transporteurs. En 2004, la mairie décide de confier la collecte de la taxe de stationnement à la police municipale. Pour les responsables municipales, le syndicat des transporteurs ne déclarait pas toutes les recettes. Cependant, force est de reconnaître que depuis 2004 la tendance générale des recettes est à la baisse. Néanmoins nous pouvons dire que la taxe de stationnement génère des revenus importants pour la mairie de Fada N'Gourma. En effet, les recettes relatives à la taxe de stationnement sont utilisées par la mairie pour les dépenses de fonctionnement.

De 1997 à 2006, les taux de recouvrement de la taxe de stationnement ont évolué comme suit :

Figure n°9 : Evolution des taux de recouvrement de la taxe de

stationnement de 1997 à 2006

Source : Données statistiques du service comptable de la mairie de Fada N'Gourma

Le taux de recouvrement est passé de 50,03% en 1997 à 8,80% en 1999 puis à 136,07 en 2001, avant de chuter à 70% en 2002. A la date du 31 décembre 2006, le taux était estimé à 54,20%. Cette évolution en dents de scie montre qu'il existe des difficultés dans la collecte de la taxe. Selon le responsable en charge du recouvrement «la réticence des transporteurs, le manque de moyens matériels, humains et financiers sont les principales causes de cette importante évasion fiscale». La police municipale dispose d'une seule moto comme moyen de transport pour assurer la collecte de la taxe.  Les policiers chargés du recouvrement de la taxe de stationnement font la navette entre les différentes gares routières (à l'exception des gares des sociétés de transport) et les points de stationnement anarchique pour la perception de la taxe. Ces policiers reçoivent l'argent directement des chauffeurs de véhicules stationnés auxquels ils délivrent un ticket de stationnement. Ce mode de recouvrement présente des défaillances dans la mesure où les départs et les arrivées dans les gares routières ne se font pas à des heures fixes. De ce fait les transporteurs en transit à la gare publique échappent le plus souvent au paiement de cette taxe.

D'une manière générale, les difficultés de collecte de la taxe de stationnement sont liées à la prolifération des gares routières et surtout aux stationnements anarchiques des véhicules. En effet, la distance qui sépare les différents espaces de stationnement constitue un handicap pour les policiers. Pour résoudre en partie les difficultés liées à la collecte de la taxe de stationnement, nous proposons que la taxe soit perçue à la sortie de la ville ou au poste de péage.

Concernant les sociétés de transport, les recettes relatives à la taxe de stationnement peuvent être estimées sur la base du parc automobile. L'ensemble du parc des sociétés de transport de la ville de Fada N'Gourma est de 21 véhicules26(*). La taxe de stationnement est 500 FCFA pour les minicars et de 1000 FCFA pour les autocars. Ainsi la taxe de stationnement par société de transport se présent comme suit :

Tableau n°9: Estimation de la taxe de stationnement par société

de transport.

Société de transport

Montant de la taxe par jour en FCFA

Montant de la taxe par mois en FCFA

Montant de taxe par an en FCFA

STMB

4 500

135 000

1 620 000

Rakieta

2 500

75 000

900 000

Laangande

4 500

135 000

1 620 000

STK

3 500

105 000

1 260 000

EZAF

1 000

30 000

365 000

Total

16 000

480 000

5 765 000

Source : enquête de terrain réalisée en octobre 2007 par ZOUGMORE Simon

Les cinq (5) sociétés de transport de la commune de Fada N'Gourma paient au titre de la taxe de stationnement 16 000 FCFA par jour, soit environ 5 765 000 FCFA par an. Mais il faut reconnaître que les entreprises structurées ne paient pas les montants réels qu'ils doivent à la mairie. C'est le cas de la société STMB qui paie actuellement un forfait de 90 000 FCFA par mois. Or, normalement cette société devrait payer 135 000 FCFA par mois, soit un manque à gagner de 45 000 FCFA par mois pour la municipalité. Cet écart s'explique par le fait que ce sont les sociétés de transport qui déclare elles même leur parc automobile. Pour un parc automobile de cinq véhicules, la société STMB a déclaré trois véhicules. Cette situation a pour conséquence une importante évasion fiscale, ce qui du reste explique la faiblesse des recettes liée à la taxe de stationnement.

4.2-2-2 La patente

La collecte de la patente est assurée par la direction régionale des impôts pour le compte de la commune de Fada N'Gourma. Chaque entreprise27(*) supporte annuellement une taxe de 6 000 CFA par véhicule et une taxe variable de 500 FCFA par place occupée (celle du conducteur non comprise). Pour l'ensemble de leur parc (21véhicules), les entreprises structurées paient théoriquement 126 000 FCFA par an au titre de la patente. De plus, la taxe variable est de 487 000 FCFA pour les 974 places offertes par les sociétés de transport. En somme, les recettes relatives à la patente payée par les sociétés de transport s'élève à 613 000 FCFA par an.

4.2-3 Les recettes pour l'Etat

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et le péage constituent les principales recettes de l'Etat dans le secteur du transport routier de voyageurs.

4.2-3-1 La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)

Tout transporteur est soumis au Régime du Réel Simplifié d'Imposition lorsque son chiffre d'affaire annuel est compris entre 15 et 25 millions de francs. Il est en revanche soumis au Régime du Réel Normal d'Imposition lorsque son chiffre d'affaire annuel est supérieur à 25 millions de francs.

Tout transporteur (personne physique ou morale) dont le chiffre d'affaire est inférieur à 15 millions est assujetti à la contribution du secteur informel et par conséquent ne facture pas la TVA à ses clients28(*). La société de transport joue le rôle d'intermédiaire entre l'Etat et l'usager. Le calcul de la TVA se présente comme suit :

Le prix de transport hors taxe est égal au prix sans TVA.

Le prix du ticket avec TVA entre Fada N'Gourma et Ouagadougou est de 3 000 FCFA.

Prix du ticket avec TVA= prix Hors Taxe + 18% du prix Hors Taxe

3 000 FCFA = prix Hors taxe (1+ 0,18)

Prix hors taxe = 3 000/1,18

Prix hors taxe = 2542,47 FCFA

Le prix de transport hors taxe (sans TVA) entre Ouagadougou et Fada N'Gourma est de 2542,47 FCFA.

La TVA est la différence du prix de transport avec TVA et du prix hors Taxe (sans TVA)

3 000 F - 2542,47 F = 457,53 FCFA

L'Etat perçoit au titre de la TVA 457,53 FCFA sur chaque ticket vendu par les sociétés de transport.

Dans la ville de Fada N'Gourma, les sociétés STMB, Rakiéta et Laangandé constituent les entreprises structurées qui facturent la TVA à leurs clients.

La société STMB transporte en moyenne 596 personnes par jour. Elle paie au titre de la TVA 272 687 FCFA29(*) par jour, soit 98 167 636 FCFA par an.

La société Rakieta transporte en moyenne 256 personnes par jour. Le montant journalier de la TVA est de 117 127 FCFA, soit 42 165 964 FCFA par an.

Quant à la société de transport Laangandé, elle transporte 154 passagers par jour. Elle paie au titre de la TVA 70 459 FCFA par jour, soit 25 365 463 par an.

Tableau n°10: Récapitulatif sur les recettes générées par la TVA

Sociétés de transport

Montant de la TVA par jour

Montant de la TVA par mois

Montant de la TVA par an

STMB

272 687

8 180 636

98 167 636

Rakieta

117 127

3 513 830

42 165 964

Laangandé

70 459

2 113 788

25 365 463

Total

460 273

13 808 190

165 698 280

Source : nos estimations

Si ces sociétés reversaient régulièrement leur TVA, l'Etat devrait percevoir environ 460 273 FCFA par jour, soit 165 698 280 FCFA par an. La TVA génère des ressources financières importantes pour l'Etat. En effet, les recettes relatives à la TVA sont utilisées par l'Etat pour les dépenses publiques.

4.2-3-2 Le péage

Le péage est obligatoire pour tout véhicule de transport en provenance ou à destination de Fada N'Gourma. Parmi les cinq principaux axes de la ville de Fada N'Gourma, seuls deux (2) axes disposent de poste de péage. Il s'agit de l'axe Fada N'Gourma-Ouagadougou (RN4) et de l'axe Fada N'Gourma-Kantchari (prolongement de la RN4). La tarification30(*) en vigueur du péage est de 300 FCFA pour les véhicules dont la capacité est inférieure ou égale à 20 places, 500 FCFA pour les véhicules de 21 à 30 places et de 1 000 FCFA pour les véhicules de plus de 30 places.

Selon les comptages31(*) de trafic, l'estimation des frais de péage se présentent comme suit :

Tableau n°11 : Estimation des montants payés par les transporteurs aux postes de péages de Fada N'Gourma

Transporteurs

Nombre de véhicules enregistrés

Montant péage par jour

Montant

péage

par mois

Montant

péage

par an

Sociétés de

transport

61

61 00032(*)

1 830 000

22 265 000

Transporteurs individuels

218

65 400

1 962 000

23 544 000

Total

279

126 400

3 792 000

45 809 000

Source : nos estimations

Au titre des frais de péage, les sociétés de transport paient 72 000FCFA par jour, soit 25 920 000 FCFA par an. Pour les transporteurs individuels, le montant est de 65 400 FCFA par jour, soit 23 544 000 FCFA par an. En somme, l'Etat devrait percevoir 137 000 FCFA par jour, soit

environ 49 464 000 FCFA par an.

Le transport routier de voyageurs génère des revenus considérables. Cependant, les gares routières de voyageurs de par leur implantation anarchique pose des problèmes pour la ville de Fada N'Gourma.

4.3 Les problèmes engendrés par les gares routières

Les problèmes engendrés par la prolifération des gares routières se traduisent par la congestion du centre ville et des nuisances considérables pour la population riveraine.

4.3-1 La congestion du centre ville

Le centre ville de Fada N'Gourma regroupe un nombre assez important d'équipements administratifs, scolaires et commerciaux. Pour ces raisons, le centre ville attire les populations des différents quartiers pour des obligations professionnels, scolaires, etc. L'implantation anarchique des gares routières dans cette zone contribue à accroître la forte congestion humaine. A titre d'exemple, environ 1600 passagers transit par jour dans les gares routières du centre ville. De plus, les difficultés de circulation à proximité des gares routières sont courantes. Cette situation est liée aux entrées et sorties permanents des véhicules et surtout au stationnement anarchique des véhicules. Enfin nous avons l'encombrement de la chaussée par le petit commerce induit par l'activité de transport.

Cette articulation entre commerce et gares routières renforce l'effet d'engorgement de la circulation aux abords de ces infrastructures, conçus souvent pour la seule activité de transport. Cela se traduit rapidement par une grande exiguïté des sites, un encombrement des lieux et une occupation anarchique de l'espace public.

4.3-2 L'impact sur la population riveraine

Les gares routières constituent des lieux de nuisance pour leur environnement immédiat. Les bruits engendrés par les klaxons des véhicules, les ronflements matinaux des moteurs et les arrivées tardives des autocars sont les désagréments causés par les gares actuels à la population riveraine. Selon nos enquêtes de terrain, 80% des riverains trouvent que la proximité des gares privées de leur maison d'habitation a modifié leurs habitudes quotidiennes (réveil matinal, impossible de dormir à midi etc.). La poussière engendrée par les mouvements des véhicules et la pollution sont source de maladie. Enfin nous avons les vols liés à la présence des délinquants dans les gares routières.

4.4 Perspectives

4.4-1 Le projet de construction d'une nouvelle gare routière

Les perspectives de développement du transport routier de voyageurs doivent présenter une vision du développement du transport intégrée à l'aménagement urbain pour contribuer à faire de la ville de Fada N'Gourma une cité attrayante. C'est pour cette raison que le projet de construction d'une nouvelle gare routière est perçu par les différents acteurs comme un facteur de développement de la ville.

Nos travaux de recherche, appuyées par la Cellule d'Appui à la Gestion Communale (CAGEC) s'inscrivent dans le cadre du projet de construction de la nouvelle gare routière. Les résultas de nos recherches devront permettre au comité de pilotage, constitué à cet effet, de disposer d'informations pertinentes relatives à l'état actuel des gares routières.

Pour la construction de la nouvelle gare routière, la municipalité met à disposition un site localisé en bordure de la route nationale n°4 en direction de Niamey, précisément dans l'espace constitué de la section BN du lot 45 au secteur 11. La superficie du site de la future gare routière est estimée à 35 807 m². La cérémonie officielle du lancement des travaux de la nouvelle gare a eu lieu le 20 juin 2008.

La construction de cette infrastructure permettra un désengorgement du centre ville. Cette situation conduira ainsi à une baisse des flux de circulation et à une diminution de la forte concentration d'activités diverses au centre ville. De plus, la réalisation de la nouvelle gare permettra d'asseoir une bonne organisation et un meilleur contrôle des transporteurs. Enfin, elle facilitera la perception des taxes dues par les transporteurs.

Lors de nos enquêtes de terrain, nous avons recueilli les opinions des transporteurs, du syndicat des transporteurs routiers de voyageurs, des usagers et des riverains sur le projet de construction de la nouvelle gare routière et des solutions qu'ils préconisent.

4.4-2 Proposition des transporteurs et du bureau syndical

Selon les résultats de nos enquêtes de terrain, 86% des transporteurs proposent le regroupement de tous les acteurs de transport de voyageurs sur un site unique. Pour eux, cette gare unique permettra une meilleure organisation du secteur de transport routier de voyageurs. Le projet de construction de la future gare est soutenu par les transporteurs et le Syndicat des Transporteurs Routiers de Voyageurs (SNTRV-B). En effet, le site de la future gare proposé par la mairie a fait l'objet d'une assemblée générale des acteurs du secteur, à l'issue de laquelle une position commune se serait dégagée, en faveur du site retenu33(*). Les transporteurs estiment que la délocalisation de toutes les gares en périphérie permettra un décongestionnement du centre ville. Cette situation conduira à une fluidité de la circulation urbaine et à une diminution de la forte concentration d'activités diverses au centre ville. De plus, la concurrence sera véritablement saine entre les transporteurs individuels. Enfin cette nouvelle gare routière entraînera l'apparition d'un nouveau pôle de développement.

Pour le responsable des conducteurs de taxi, la localisation de la future gare routière en périphérie contribuera au développement des transports collectifs par taxi. A l'heure actuelle on note seulement l'existence de dix (10) taxis pour l'ensemble de la ville de Fada N'Gourma.

En terme d'infrastructures, une telle gare demande d'importants équipements d'accueil. Les besoins des transporteurs individuels se résument à une salle d'hébergement, des lieux de restauration, des cabines téléphoniques, des latrines, un garage etc. Quant aux entreprises structurées, elles souhaitent en plus de ces équipements, disposer d'aires de stationnement de grande superficie (400m²) délimitées et indiquer avec des panneaux.

Cependant, le site retenu pour la construction de la future gare routière présente des inconvénients. Par sa position géographique en périphérie de la ville, la nouvelle gare routière risque d'être délaissée par les transporteurs au profit du centre ville. Cette situation conduira à long terme à la situation actuelle. Pour 14% des transporteurs, la gare routière doit être réalisée en centre ville. Mais dans le contexte actuel, il est impossible de construire une gare routière en centre ville car le plan de lotissement n'a pas prévu suffisamment d'espace.

L'absence d'éclairage public lié à la position excentrée actuelle du site de la gare est un facteur d'insécurité pour les transporteurs et les passagers. Cette insécurité est également redoutée par les riverains de la future gare routière.

Enfin le responsable de la mosquée sunnite du secteur 11 craint que la nouvelle gare routière, vue sa proximité avec la mosquée, ne soit source de vacarme et empêche les fidèles musulmans de prier dans la quiétude.

4.4-3 La perception des usagers et riverains.

Le projet de construction d'une nouvelle gare publique est bien accueilli par les usagers. Sur l'ensemble des 350 usagers enquêtés, 83% se sont prononcés en faveur du regroupement de toutes les gares sur un même site. Pour eux, cette situation conduira à une diminution de la forte congestion en centre ville. Le regroupement des transporteurs offrira la possibilité au voyageur de choisir sa compagnie en fonction de la qualité de service rendu et des horaires de départ. Ce qui, du reste, réduira les temps d'attente et la dépendance des usagers par rapport aux transporteurs individuels. De plus, une gare unique pour tous les transporteurs permet de réduire la distance d'une gare à une autre surtout pour les voyageurs en transit.

Les riverains estiment que le regroupement des transporteurs sur un site unique leur permettra de vivre dans une certaine quiétude.

Les équipements et les infrastructures les plus souhaités par les usagers se résument à des lieux de restauration, des magasins, des latrines, des parkings, des salles d'attente équipées de postes téléviseurs, des boutiques etc. En somme l'usager doit trouver sur place tout ce dont il a besoin pour son voyage.

S'il est bien vrai que les usagers sont favorables au regroupement des transporteurs, force est reconnaître que le site retenu pour abriter la future gare routière présente des inconvénients. Des 350 usagers enquêtés, 25% n'apprécient pas la position géographique de la future gare routière pour diverses raisons. Mais la raison principale est la distance que doivent parcourir désormais les usagers des secteurs 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 pour rejoindre la nouvelle gare. Cette inquiétude est liée au fait qu'à Fada N'Gourma l'accès aux transports collectifs par taxi reste hors de portée pour la majorité de la population. La solution qui convient aux besoins réels des usagers est l'implantation de la gare routière en centre ville. Cependant, il est impossible de trouver une grande superficie en centre ville pour accueillir tous les transporteurs de Fada N'Gourma.

D'une manière générale la construction de la nouvelle gare routière de voyageurs répond aux besoins des différents acteurs. Le projet de la nouvelle gare est perçu comme une opportunité pour une meilleure organisation du secteur de transport routier de voyageurs et un facteur de développement. En effet, la gare routière est un élément essentiel dans l'organisation et le fonctionnement du transport routier.

Conclusion partielle

L'extraordinaire développement des transports routiers de voyageurs à Fada N'Gourma s'est accompagné de la mise en place d'infrastructures routières (gares routières de voyageurs) conséquentes. Les contraintes liées à la fréquentation de la gare publique (système de tour de rôle, billet de sortie etc.) ont poussé certains transporteurs à aménager leur propre gare d'où la prolifération des gares privées, contribuant ainsi à une amélioration de la qualité des prestations et des services. A l'heure actuelle les gares routières situées en centre ville sont devenues les principaux points de chargement et de déchargement des passagers. De plus, certains transporteurs effectuent leur chargement aux abords de la voie publique. Le cas extrême reste les points de chargement des transporteurs clandestins. Ils apparaissent et disparaissent au gré des tracasseries policières et de l'hostilité du syndicat. Cependant, l'implantation anarchique des gares routières engendre des problèmes pour la ville de Fada N'Gourma.

Pour une gestion rationnelle du secteur, les autorités municipales envisagent la délocalisation de toutes les gares routières en périphérie. Le regroupement des transporteurs (individuels et entreprises structurés) permettra de résoudre les problèmes observés et surtout d'offrir un meilleur cadre pour l'organisation des gares routières de voyageurs.

CONCLUSION GENERALE

On peut retenir de ces travaux de recherche que la croissance urbaine de Fada N'Gourma s'est accompagnée d'une extension spatiale. Cette situation échappe au contrôle des autorités municipales et pose des problèmes de gestion urbaine.

Le développement du transport routier de voyageurs à Fada N'Gourma ces dernières années a entraîné l'apparition d'une multitude de transporteurs individuels et de sociétés de transport. D'une manière générale, l'offre de transport dans la ville de Fada N'Gourma a connu une évolution sans cesse grandissante. La mise en service des autocars et minicars relativement en bon état a eu pour conséquence la régression des taxis brousse. De plus, la forte concurrence entre les différentes sociétés de transport a contribué à l'amélioration significative de la qualité des prestations au bénéfice des usagers.

L'accroissement des besoins de transport des personnes à destination ou en provenance de Fada N'Gourma s'est accompagnée de la création de gares routières. En dépit de l'existence d'une gare routière publique, certains transporteurs ont crée leur propre gare routière engendrant l'installation anarchique des gares routières à travers la ville. De nos jours, il existe huit (8) gares routières dont une gare routière publique et sept (7) gares privées. Ces infrastructures routières sont localisées aux alentours du marché central et sur les grands axes de la ville. En effet, à l'exception des gares de Piéla et de la société Laangandé, toutes les gares de la ville de Fada N'Gourma sont situées en centre ville.

De la ville de Fada N'Gourma partent et aboutissent des flux de voyageurs. Les gares routières situées en centre ville sont les principaux points d'embarquement et de débarquement des passagers. Le nombre total de voyageurs en transit dans ces gares routières est estimé à 1900 passagers par jour. En effet, la gare routière est un élément essentiel dans l'organisation et le fonctionnement du transport routier de voyageurs. Les principales destinations desservies à partir de la ville de Fada N'Gourma sont les localités de la région de l'Est, la ville de Ouagadougou et certains pays limitrophes (Niger et Bénin). Ainsi nous pouvons dire sans risque de nous tromper que les gares routières organisent l'espace autour de Fada N'Gourma.

Le transport routier de personnes a des retombées économiques et sociales. Au plan social, ce secteur est pourvoyeur d'emplois. Les sociétés de transport de la ville de Fada N'Gourma emploient environ soixante (60) personnes. Chaque employé a en charge au moins cinq (5) personnes34(*). De ce fait le transport routier de voyageurs contribue à lutter contre la pauvreté parce qu'il donne l'opportunité à une multitude d'individus d'avoir des moyens de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Au plan économique, ce secteur génère d'importantes ressources financières pour les transporteurs, la commune de Fada N'Gourma et l'Etat.

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ANNEXES

* 1INSD : Recensement Général de la population et de l'habitat 1996

* 2I0NSD (2008) : Résultats définitifs du Recensement Général de la Population et de l'Habitat 2006

* 3INSD (2008) : Résultats définitifs du Recensement Général de la population et de l'habitat 2006

* 4 Direction régionale de l'Institut National de la Statistique et de la Démographie de l'Est

* 5Pour les secteurs 6 (partie nord) et 1(extension) les lotissements ont débuté respectivement en 2002 et 20 03, et se sont achevés en 2004 pour le secteurs 6 et 2005 pour le secteur 1. D'où le manque de données statistiques sur ces secteurs en 2002 et 2003

* 6Belembaogo Marie Bertrand (1992) : Commune de Fada N'Gourma : recueil de données urbaines. Ministère de l'habitat, du logement et de l'urbanisme. Projet PNUD/Habitat BKF/90/006, 48p.

* 7 Il s'agit des gares routières

* 8BAMAS S et alii (2007) : Projet de construction de la gare routière de Fada N'Gourma. Rapport définitif, 84p+annexes

* 9OUEDRAOGO M. (2007) : Le transport interurbain de voyageurs à partir de Ouagadougou. Mémoire de maîtrise, département de géographie, Université de Ouagadougou, 104p+années.

* 10CATRAM CONSULTANTS (2002) : Etude d'amélioration des performances des acteurs du secteur des transports routiers. Rapport final, 140 p.

* 11 WARE M. (1991) : Les transports de personnes par la route au Burkina Faso. Mémoire de fin de cycle, ENAM, 125 p.

* 12 BAMAS S. (2006) : Recueil des données statistiques des transports. Rapport d'étude pour le compte du PDSS/INSD, 228 p.

* 13 Entretien avec le secrétaire général du bureau régional de l'Est

* 14 Direction générale des routes (2004): Répertoire général du réseau routier national.

* 15RODIIERE R (1975) : Droit des transports terrestres et aériens. Paris, Dalloz, p.34

* 16Entretien avec Touré S, chauffeur de la société de transport Rakieta

* 17NANA K. (2001) : Plan stratégique de développement de la commune de Fada : gouvernance locale et développement. Mémoire de fin de cycle, EAMAU, Lomé, 63p.

* 18BAMAS S. et alii (2007) : Projet de construction de la gare routière de Fada N'Gourma. Rapport définitif, 85p+ annexes.

* 19NANA K. (2001) : Plan stratégique de développement de la commune de Fada : gouvernance locale et développement. Mémoire de fin de cycle, EAMAU, Lomé

* 20 Les trois (3) enfants à vélo sur le cliché sont des élèves de cette école

* 21 Enquête de terrain réalisé du 22 mars au 15 avril et en octobre 2007 par ZOUGMORE Simon

* 22Seuls les conducteurs assurant une desserte internationale bénéficie des frais de restauration

* 23 Enquête de terrain réalisé du 22 mars au 15 avril par ZOUGMORE Simon

* 24WARE M. (1991) : Les transports de personnes par la route au Burkina Faso. Mémoire de fin de cycle, ENAM

* 25 Le taux de remplissage est le rapport entre le nombre de passagers et le nombre de place du véhicule

* 26Confère tableau n°3 p.43 pour la répartition du parc automobile par société de transport

* 27Code général des impôts du Burkina Faso : articles 245 et 246

* 28 Code général des impôts du Burkina Faso : Articles 16 et 23

* 29 596 x 457,53 FCFA= 272 687 FCFA

* 30 Direction générale du trésor et de la comptabilité publique/ Service central de suivi du péage.

* 31Les résultats du comptage sont consignés en annexe

* 32 61 x 1 000 FCFA= 61 000 FCFA

* 33 Entretien avec le secrétaire général du bureau régional du SNTRV-B

* 34 INSD (2008) : Résultats définitifs du RGPH de 2006, 49 p.






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