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Rwanda, un génocide colonial, politique et médiatique

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par Mathieu OLIVIER
Université Paris 1 - La Sorbonne - Master de Relations Internationales et Action à là¢â‚¬â„¢Etranger 2013
  

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La consolidation du pouvoir

Et cette mobilisation des masses se transformera au fil des années comme un véritable appel à la haine face à l'envahisseur Tutsi et à ses complices de l'intérieur, comme on le verra quand cette étude abordera spécifiquement la période du génocide, c'est à dire, à partir d'avril 1994.

Au début des années soixante, les partis modérés sont ainsi éliminés par le régime Hutu radical en place qui se consolide ainsi. Ce n'est qu'en 1973 que celui-ci va tomber, après le coup d'état de Juvénal Habyarimana, Hutu radical lui aussi, et qui va utiliser les mêmes techniques de peur pour conserver son poste.

Ces manoeuvres des deux régimes ont eu des conséquences extrêmement importantes qui expliquent en partie la possibilité de la mise en place du génocide en 1994.

« Si, en 1959, les paysans faisaient toujours la différence entre les Tutsi banyiginya et les autres catégories de Tutsi, le racisme restant réservé aux élites éduquées par les Européens, il n'en allait plus de même en 1994 : vieille de plus de soixante ans, la mention Hutu, Tutsi, Twa, sur la carte d'identité avait pris de la force. »1(*)8

On le comprend aisément, du fait de la faible espérance de vie, les personnes ayant connu la société précoloniale étaient mortes. Personne ne pouvait plus expliquer ce qu'était un Tutsi. L'amalgame des Tutsi s'avérait donc d'autant plus facile. Et le pouvoir en place l'avait bien compris. A partir du moment où on assimilait les Tutsi nobles qui avaient dirigé certains royaumes et les autres Tutsi, l'ennemi intérieur et le bouc émissaire étaient trouvés.

Dans les années 90, il suffisait donc d'assimiler tous les Tutsi aux rebelles du FPR, qui cherchait à reprendre le pays - bien que le FPR ne soit pas en intégralité Tutsi -. « Ils ne pouvaient être que la cinquième colonne du FPR. »

Et cette vision va s'ancrer dans la population, au fil des années. Jean Hatzfeld livre ainsi, dans son ouvrage référence, « Une saison de machettes », le témoignage d'un simple acteur du génocide, nommé Jean-Baptiste. Celui-ci est éloquent et fait preuve de l'ancrage du clivage Hutu/Tutsi.

« Un Hutu pouvait bien se choisir un ami Tutsi, cheminer et partager la boisson avec lui, il ne devait toutefois pas se confier. Pour le Hutu, le Tutsi pouvait être un dissimulateur en n'importe quelle occasion. Il apparaissait gentil dans sa manière et serviable de caractère, mais il cultivait malice cachée. Il devait être une cause naturelle de méfiance. »1(*)9

II

-

* 18 Dominique Franche, Généalogie du génocide rwandais, Editions Flibuste, 2004, p 58

* 19 Jean Hatzfeld, Une saison de machettes, Editions Points, 2003

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