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Rôle de l'état dans la reduction de la pauvreté à  Madagascar

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par Michel Mélodie RAKOTONIRINA
Université TOAMASINA Madagascar - Master I 2014
  

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I-1. Définitions et outils de la politique économique

Par définition, la politique économique c'est pour l'Etat la recherche de ce qu'il considère comme l'optimum économique de la Nation et la mise en oeuvre des moyens nécessaires pour y parvenir (Jan Tinbergen)1. L'étude des conséquences économiques de ces interventions est généralement dénommée l'économie politique. Elle représente une vaste branche de la science économique, en particulier dans les domaines de macroéconomie, de l'économie de développement et de la taxation optimale2. Yves Meny et J. Claude Thoenig ont proposé dans leur ouvrage « Politiques Publiques, 1989 » qu'« une politique publique se présente sous la forme d'un programme d'action gouvernementale dans un secteur de la société ou un espace géographique »3.

1 Jan TINBERGEN (1903-1994), Prix Nobel d'économie en 1969

2 Gatien HORACE et Césaire MBIMA (2012-2013), Cours de Politique économique de 4eme année économie à l'Université de Toamasina.

3 Y. MENY, J-C. THOENIG, Politiques Publiques, Paris, PUF, 1989 cité in : P. MULLER, « Les politiques publiques », PUF, mai 2006 [1990], p. 22.

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D'une façon plus générale, nous distinguons les politiques conjoncturelles des politiques structurelles. Les politiques conjoncturelles est une politique à court-terme, qui ont pour objectif de favoriser la stabilité de l'économie afin d'assurer une croissance régulière. Les politiques structurelles ont une action à long terme. Elles modifient en profondeur les structures de l'économie. Les différents instruments à utiliser par l'Etat sont :

- politique monétaire : taux d'intérêts (pour la relance, baisse des taux, pour la rigueur, hausse des taux)

- politique budgétaire : dépenses publiques, investissements publics, grands travaux.

- politique fiscale : nous utiliserons les impôts.

- politique sociale : nous utiliserons les revenus de transferts.

- politique de revenus : SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance), indexation des salaires sur les prix.

Nous allons voir alors succinctement ces différentes politiques et les contextes dans lesquelles elles étaient appliquées afin d'en déceler les raisons de leurs échecs.

I-2. Manifestations des politiques économiques appliquées à Madagascar

Après l'indépendance du pays en 1960, la tendance économique est tournée vers le néocolonialisme. La majorité des secteurs clés de l'économie est encore sous le contrôle de la France. Le soulèvement populaire de 1972 a permis aux dirigeants malgaches de prendre en main tous les secteurs clés de l'économie.

De 1975 à 1991, le régime en place a élaboré une politique d'investissement à outrance en vue d'accélérer le processus de développement et de réduire la pauvreté. Cependant, cette politique d'investissement n'a pas donné les résultats attendus. Au contraire, cette politique a occasionné d'énormes dettes pour le pays.

La période 1997-2001 a été marquée par une certaine stabilité et l'économie commence à redémarrer mais avec des retombées sociales faibles. Les mesures prises comprennent : l'abaissement des barrières douanières; la suppression des exonérations fiscales; la mise en place de nombreuses restrictions budgétaires et de contrôle des dépenses budgétaires; la privatisation; l'élimination des activités quasi-budgétaires de la Banque Centrale, etc.

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Ces mesures ont permis de rétablir les grands équilibres économiques, tant au niveau des finances publiques qu'au niveau des échanges extérieurs et de la monnaie. Le taux d'inflation est passé de 14 % en 1999 à 8 % en 2001, le taux d'intérêt de 17 % à 12 %, (EPM, 2002) les taux de change se sont stabilisés. L'investissement direct étranger est passé de 10 millions de dollars US en 1996 à 120 millions en 2001. Le taux d'investissement privé passe à 7 % du PIB en 2001, contre 4 % en 1997. Le taux de croissance moyen de l'économie est de 4,5 %.

En termes réels, le poids de l'agriculture dans le PIB était de 17,5 % (48,5 % du secteur primaire) en 1990 contre 15,3 % (44,5 % du secteur primaire) en 2001. Cette situation est due à la combinaison de deux facteurs : un faible taux de croissance de l'agriculture (2 % de croissance en moyenne par an de 1997 à 2000, à prix constants, EPM, 2002), contre une croissance beaucoup plus soutenue des autres branches telles que la sylviculture (9,8 % en moyenne).

La politique de relance effectuer en 2002 nous a permis d'avoir une taux de croissance du PIB de 9,8% en 2003. La Politique de Population, la politique sanitaire, et la politique éducative, a été adoptée par l'Assemblée Nationale en collaboration du Ministère de la Population.

En 2006, toute cette politique avait été reprise par le MAP. Cette nouvelle relance consiste à réduire le taux de l'accroissement démographique tout en augmentant la capacité productive de la population. Cela soit en augmentant la mortalité soit en diminuant la naissance. Alors que la politique sanitaire est basée sur la stratégie des soins de santé primaire. Enfin la politique éducative se manifeste par exemple par une incitation d'accès à l'éducation (le quitte scolaire, le coût de l'éducation...).

Toute cette politique nous a permis d'avoir un taux de croissances fortes entre 2006 et 2010 (de 5% en 2006 à 7,1% en 2008). Dès lors la réduction de la pauvreté à travers le développement humain (en 2006 l'IDH est 0,535 alors qu'en 2008, elle est 0,571). Mais, cet effort a été freiné par la crise socioéconomique du pays en 2009 ; sur laquelle le partenariat avec le bailleur de fond pour le financement du politique économique semble disparu. De ce fait le déficit persiste et l'Etat n'arrive plus à financer leur politique économique.

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Graphique n°8. Evolution des recettes, des dépenses publiques et du solde global

(en pourcentage du FIB) de 2005 à 2012

Source : Ministère des Finances et du Budget (MFB) / Direction Générale du Trésor, 2010.

L'ampleur du déficit a été réduite de 2005 à 2008 en raison de la hausse constante du total des recettes. Depuis 2009, la même tendance a été observée mais, au prix d'une forte réduction des dépenses d'investissement due à la suspension des aides financières internationales.

Actuellement une croissance économique de 3,0 %1 est prévue pour l'année 2014. Cette croissance sera tirée par la politique de redynamisation des activités de production, et sera soutenue principalement par la bonne tenue des branches agriculture, élevage et pêche, l'amélioration des exportations de produits miniers, ainsi que la performance des secteurs télécommunications, banque, tourisme et transports.

Nous constatons que cette croissance peut être réalisable, vu les décollages que le pays reprenne récemment. Mais, nous nous intéressons de plus sur la répartition du fruit de cette croissance au niveau des ménages pauvres car, actuellement, la pauvreté s'enflamme davantage. Notre prévision tend à affirmer que cette légère augmentation du taux de croissance économique n'aura pas une influence sur l'incidence de la pauvreté des malgaches. C'est ce que nous appelons : « croissance sans développement ».

Depuis fort longtemps, Madagascar a déployé des efforts considérables pour redresser l'économie. Mais, les résultats sont « remis quasiment à zéro » en raison des crises postélectorales. Donc, les bonnes performances économiques nécessitent une stabilité politique. Puisque les crises cachaient en vérité un malaise (fluctuation) et une tension sociale profonde car elles reposaient sur la pauvreté de la majorité des malgaches.

1 Projet de lois portant la loi de finances 2014, p. 5.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand