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Rôle de l'état dans la reduction de la pauvreté à  Madagascar

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par Michel Mélodie RAKOTONIRINA
Université TOAMASINA Madagascar - Master I 2014
  

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CHAPITRE II. EFFETS DE CES POLITIQUES SUR LES PAUVRES

Les politiques publiques ont réussi, si elles ont des impacts positifs sur la vie de la population, l'économie et les autres domaines où elles ont été conçues. Il est certain que tous ces moyens déployés par l'Etat pour réduire la pauvreté à Madagascar a un impact sur la vie quotidienne des ménages Malgache. Comme notre étude a pour objectif de déterminer l'intervention efficace de l'Etat, il serait intéressant de voir l'effet de ses actions sur la pauvreté. Dans ce chapitre, nous allons parler des effets de cette différente politique dans les domaines économiques et sociaux (nutritions, éducation, santé).

SECTION I. CONSEQUENCES ECONOMIQUES

Après l'indépendance, l'Etat Malgache a mis en oeuvre des politiques axées sur le développement durable et solidaire. Il s'est engagé dès la première moitié des années 80 sur la voie de l'ajustement structurel. Le redressement de l'économie ne cesse de s'intensifier via le DSRP (vers le début des années 2000) et le MAP (jusqu'en 2008).

Dans cette section, nous allons voir les impacts économiques de ces différentes politiques et programmes, pour cela, nous nous intéressons, d'une part, sur la croissance économique et le revenu par habitant et d'autre part, sur l'inflation et l'investissement direct étranger et pour terminer sur les effets au niveau du développement humain.

I-1. Effet de ces différentes politiques publiques sur la croissance et le revenu par habitant

Madagascar est un pays où l'économie est en fluctuation permanente. La croissance économique dans ce pays n'est pas soutenue. Les efforts ne sont pas poursuivis. Sur la période de 2003-2006, même si les objectifs fixés dans le DSRP ne sont pas du tout atteints, Madagascar a affiché une croissance importante avec un accroissement annuel moyen du PIB de 5 %, supérieur à l'accroissement de la population sur la même période (2,8 %). Le taux de croissance économique réel est à peu près de 10 % en 2003. Madagascar a connu une croissance économique soutenue de 5,7 % pour la période de 2005 à 2008 (INSTAT, 2010).

Il faut souligner que la performance des réformes économiques réalisées durant cette période a été appréciée et soutenue par la Communauté internationale, notamment l'atteinte du point d'achèvement en novembre 2004 au titre de l'IPPTE et l'éligibilité au titre de l'Initiative d'Allégement de la Dette Multilatérale.

86

Cette performance a été le résultat des efforts consentis dans le développement des infrastructures, l'intensification des activités productrices, la promotion des investissements privés, le développement des secteurs porteurs notamment le tourisme, l'amélioration de l'environnement favorable au développement économique et dans les politiques de désenclavement entamées par la réhabilitation ou l'amélioration des nouveaux axes routiers. Cet effort avait consenti une amélioration tangible du revenu par tête des ménages malgaches.

Graphique n°12. Variation du niveau de revenu moyen (par habitant) de 2005 à 2012

250

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

550

510

492 477

niveau de revenu moyen

296

316

409

451 448

500

450

400

350

300

Source : Institut National de la Statistique (INSTAT).

Le revenu moyen par habitant a une légère augmentation depuis 2004 jusqu'en 2008 (296 en 2004 et 510 en 2008). En somme, le DSRP et le MAP ont un effet positif sur la croissance économique, mais cette croissance économique n'était pas stable. Si l'accent est mis sur le développement, il est observé qu'il n'y avait pas de développement à cause de la non-répartition équitable des richesses créées.

Les richesses de la nation sont entre les mains d'une minorité des malgaches à cause de l'inégalité sociale et économique très élevée. En matière d'inégalité, le coefficient de concentration de Gini est de 0,475 pour Madagascar1.

I-2. Effet des politiques publiques sur l'inflation et l'investissement direct étranger

L'inflation traduit une hausse généralisée des prix résultant d'une rupture d'équilibre. Elle doit être distinguée de l'augmentation du coût de la vie qui mesure la variation des dépenses (donc du revenu) requises pour procurer une satisfaction équivalente à celle de la période passée. Le panier de biens servant à l'estimation de l'IPC est fixe ; ce qui n'est pas le cas pour l'indice du coût de la vie.

1 Dwight H. PERKINS., Steven RADELET et David L. LINDAUER (2ème tirage 2011), Economie du développement, traduction de la 6ème édition américaine par Bruno Baron-Renault, 3ème édition, Ouvertures Economiques, de boeck, p. 235.

87

Pour évaluer le taux d'inflation, nous utiliserons l'indice des prix à la consommation. Cette mesure n'est pas complète, le phénomène inflationniste couvrant un champ plus large que celui de la consommation des ménages.

L'inflation du pays connaît une baisse régulière passant de 18,3 % en 2005 à 10,6 % en 2006 et 10,3 % en 2007, selon les estimations du FMI. Cette performance est due à la politique monétaire et à l'appui budgétaire du FMI et de la Banque mondiale à cette époque.

Graphique n°13. Evolution du taux d'inflation 2005-2012 (en pourcentage)

20

18,4

15

10,8 10,3

9,2 9 9,3 9,5

10

5,8

5

0

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Evolution du taux d'inflation

Source : Institut National de la Statistique (INSTAT), 2013.

L'inflation est maîtrisée grâce à la pratique des prix subventionnés pour le carburant et quelques produits de première nécessité (PPN), notamment le riz1. La diminution de prix en 2012 est consécutive à la faiblesse de la demande engendrée par la réduction des revenus des ménages et l'aggravation de la pauvreté.

Après un premier triplement en 2006, le flux d'IDE entrant à Madagascar a triplé à nouveau en 2007 pour atteindre 13,6 % du PIB, une performance presque exclusivement imputable aux activités extractives, devenues le principal moteur de la croissance. En deux années, Madagascar s'est hissé au 10ème rang des pays récipiendaires de l'IDE sur le continent africain, et au 4ème rang pour la partie sub-saharienne.

1 Voir les travaux de :

- H. David-Benz, A. Diallo, F. Lançon, V. Meuriot, P. Rasolofo, L. Temple, A. Wane, (2010). L'imparfaite transmission des prix mondiaux aux marchés agricoles d'Afrique subsaharienne, CIRAD, FARM.

- J.-E. Bidou, I. Droy, P. Rasolofo, (2007), Origine et développement de la crise du riz de 2004 à Madagascar : la gouvernance en question. In : Brot J., Callens S., Gerardin H. Catastrophe et gouvernance. Fernelmont : EME, pp. 47-66. (Proximités - Sociologie).

- H. David-Benz, P. Rasolofo, L. Tsisalovanina, (2009), Les prix du riz à Madagascar : crise et résilience du marché. Actes de l'atelier national sur la recherche et le développement du riz pluvial à Madagascar, FOFIFA, CIRAD, Université d'Antananarivo, URP SCRiD, 14-15 oct. 2009.

- I. Droy, P. Rasolofo, (2001), Entre cyclone et marchés mondiaux, la vulnérabilité des ménages de la côté Est de Madagascar, Séminaire La pauvreté à Madagascar : Etat des lieux, facteurs explicatifs et politiques de réduction, Antananarivo, 4-7 février.

88

Ces performances ne doivent pas masquer la faiblesse du stock qui rappelle l'amplitude du retard à combler pour se repositionner dans le jeu mondial. Cette performance est due au politique de libéralisation du marché extérieur déclarer dans le cadre du DSRP et du MAP.

Le pays figure encore très loin au classement avec 0,46 % du stock de l'Afrique, sachant que ce continent abrite seulement 2,6 % du stock mondial. L'analyse qualitative du flux soulève plusieurs interrogations liées à une baisse du flux d'IDE hors secteur minier, et à l'absence de grands groupes transnationaux dans certaines infrastructures (énergie, eau, santé). Nous supposons que ce constat est dû par le conditionnement des bailleurs de fond dans l'ajustement structurel et surtout dans l'élaboration du DSRP et du MAP.

Graphique n°14. Evolution des (IDE) de 2005-2012 (en millions de DTS)

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

 
 

881

823

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

499

508

 
 

488

487

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

150

 
 
 
 

58

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Evolution des Investissement Directs Etrangers

1000

900

800

700

600

500

400

300

200

100

0

Source : Banque Centrale de Madagascar, 2013.

La valeur des importations est liée à l'évolution des Investissements Directs Etrangers (IDE). Depuis 2009, les IDE diminuent mais une reprise se constate en 2010. La suspension des privilèges commerciaux de l'African Growth And Opportunity Act (AGOA) a handicapé les exportations de textiles vers le marché américain. En 2012, la valeur des exportations des biens et services connaît une augmentation due à la réorganisation de quelques filières de production de rente (girofle, café, litchi, vanille) et de l'exploitation minière.

Les nouveaux investissements miniers (Soalala, Mainland, etc.) expliquent la stabilité des IDE au cours des années suivantes. En matière de développement macroéconomique, les effets du PAS sont désastreux, ceux du DSRP et du MAP ont des effets plus satisfaisants mais la crise politique a rendu le pays dans une situation de dépression.

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