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Stabilisation des sols gonflants

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par Djoudi A. Krim NEDJAHI A.RAOUF
Université SOUK AHRAS - Master en Géotechnique 2015
  

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2.1.3. Choix du type de chaux :

Pour le traitement des sols, toutes les chaux pulvérulentes, qu'elles soient vives ou éteintes conviennent. Toutefois, s'il est nécessaire d'assécher le sol pour se rapprocher des conditions optimales de réemploi, le choix de l'utilisateur s'orientera vers la chaux vive qui permet de diminuer la teneur en eau du sol.

Si l'on travaille dans des zones «sensibles», l'utilisateur s'orientera vers la chaux à émission de poussière réduite ou le lait de chaux) et/ou adaptera les méthodes de travail.

2.1.4. Réactions chaux - sol argileux :

Le mécanisme du traitement des sols avec la chaux est basé sur plusieurs réactions.

a. Echange cationique :

Dans le sol argileux, les argiles ainsi que les matières organiques ont la propriété de pouvoir échanger une partie de leurs cations constitutifs « échangeables » ou « Adsorbés à la surface » et de fixer l'ion calcium. Pour les argiles, cette réaction dépend de :

- l'aptitude des argiles à échanger ces cations inter-lamellaires (nature de l'argile) distingué par la capacité d'échange cationique CEC. Cette capacité est variable selon le type d'argile : pour la Kaolinite la CEC est entre 0,05 et 0,1 meq/g, pour l'illite la CEC est entre 0,2 et 0,5 meq/g et pour la montmorillonite la CEC est de l'ordre de 1 meq/g. Les faibles valeurs de CEC signifient que l'argile ne fixe les cations que sur les zones latérales des feuillets alors que dans les montmorillonites les cations sont captés sur leurs faces externes et internes (Cabane ; 2004).

- la nature du cation compensateur. En effet, la capacité des argiles à libérer (ou changer) leurs cations dépend de la valence et de la masse atomique du cation présent dans la solution, selon l'ordre croissant suivant :

Li+ < Na+ < H+ < K+ < Mg2+ < Ca2+ < Al+3

La capacité d'échange cationique correspond aux échanges :

- des cations inter-foliaires. Ces échanges concernent plus particulièrement les argiles TOT (smectite, vermiculite, ...). La substitution des cations inter-foliaires est d'autant plus facile que les cations ont une charge plus faible et sont de petite taille (Diamond et Kinter : 1965, Eades et Grim : 1966), Cabrera et Nwakanma : 1979, Locat et al : 1996, Khattab : 2002, Cabane : 2004). - des cations de bordure. Sur les bordures d'un cristal, les charges ne sont plus équilibrées.

Il apparaît alors des liaisons Si-OH et Al-OH. Ces liaisons sont déstabilisées en milieu Basique et constituent alors une source supplémentaire de sites de fixation pour les cations de calcium (Cabane : 2004).

Lorsque la chaux est ajoutée aux sols argileux, en présence de l'eau, l'échange cationique commence à avoir lieu immédiatement après le mélange. En effet, la dissolution de la chaux dans un sol argileux hydraté libère des cations du calcium Ca2+ et des hydroxyles (OH)-. Les cations de calcium sont instantanément absorbés et intercalés dans l'espace interfoliaire de l'argile (structure TOT) et remplacent les différents cations inter-foliaires existants. Cette échange induit des forces attractives entre les feuillets d'argile et réduit la double couche d'eau diffuse (Arabi et Wild : 1989). Cela mène à un changement de la structure des feuillets argileux et entraîne des modifications immédiates des propriétés des sols traités. Cette réaction instantanée se poursuit avec l'addition de la chaux jusqu'à la saturation complète des argiles en calcium. La quantité de calcium (et donc de chaux) nécessaire pour aboutir la saturation parfaite est fonction de la nature Des argiles et du cation existant dans l'espace interfoliaire. Les auteurs parlent de la notion « lime fixation point, Lime Consommation Optimale et Initial Lime Consommation » pour désigner la nécessité d'adapter la proportion de chaux en fonction de la teneur en argile (Hill et Davidsan : 1960, Clara et Handy : 1963, Eades et Grim : 1966, Locat et al : 1990, McKalister et Petry : 1992, Bel : 1996). Plusieurs méthodes ont été développées pour déterminer cette quantité réduite de chaux, basées sur les modifications apportées à court terme aux propriétés des sols traités tels que la plasticité, le pH, le gonflement et la viscosité. Bell (1996) a indiqué que la quantité optimale qui correspond à une modification « optimale » des propriétés des sols à court terme se situe entre 1 à 3% de chaux vive. McCalister et Petry (1992) ont montré que la quantité de chaux qui correspond à l'échange cationique est de 3% pour un sol argileux provenant des États-Unis contenant de la montmorillonite et de la kaolinite.

b. CHAPITRE 2 STABILISATION DES ARGILES

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CHAPITRE 2 STABILISATION DES ARGILES

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CHAPITRE 2 STABILISATION DES ARGILES

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Floculation - Agglomération :

En conséquence de l'échange cationique, l'intercalation des cations de calcium entre les feuilles argileux modifie la densité de la charge électrique superficielle dans les particules d'argiles et donc la structure de la double couche d'eau dont l'extension diminue (Diamond et Kinter : 1965, Bel : 1996, Khattab : 2002, Cabane : 2004). La charge négative portée en surface des particules d'argiles et l'intensité des forces de répulsion sont réduites ; ceci conduit les particules d'argiles à se rapprocher les unes aux autres pour former des flocs {Locat et al : 1990, Locat et al : 1996). On observe alors une diminution du volume apparent des particules et une contraction du sol. Les flocs formés sont insensibles au lavage (McCalister et Petry : 1992), mais deviennent plus stables avec le temps. Cette floculation - agglomération change la texture de l'argile et améliore la consistance des sols argileux traités.

c. Réaction pouzzolanique :

Une fois que l'affinité de sol est satisfaite par les cations Ca2+, une autre réaction, appelée réaction pouzzolanique, se déclenche entre la chaux et les couches tétraédrique et octaédrique des feuillets argileux et le calcium, en particulier sur les bords des particules d'argile. A noter que les cations de calcium fixés dans l'espace interfoliaire de la fraction argileuse ne participent pas à la réaction pouzzolanique (Hill et Davidsan : 1960, Clara et Handy : 1963, Bel : 1996).

En effet, la dissolution de la chaux dans l'eau du sol (libération des cations Ca2+ et anions OH-) permet la saturation de la solution en calcium avec une élévation de pH. En milieu basique et saturé en cation de calcium, les argiles sont attaquées. En conséquence, elles libèrent l'alumine et la silice qui réagissent avec le calcium en présence d'eau et les hydroxyles provenant de la chaux pour former des hydrates calciques similaires à ceux des ciments ; hydrate de silicate Calcique (CSH), hydrate d'aluminate calcique (CAH) et hydrate alumino-silicate calcique (CASH) Eades et Grim (1960), Clara et Handy (1963), Diamond et Kinter (1965), Ormsby et Kinter (1973), Cabrera et Nwakenma (1979), Arabi et Wild (1986), Wild et al. (1986), Basma et Tancer (1990), Locat et al. (1990), Bell (1996), Locat et al. (1996), Rajasekaran et Rao (1997), Khattab (2002)}. Ces hydrates tapissent la surface des particules du sol et en cristallisant, agissent comme des liens entre les particules du sol. Cette réaction consomme donc les argiles et aboutit à la formation de nouveaux minéraux aux propriétés liantes. Les différentes argiles (kaolinite, illite et smectite) ne réagissent ni avec la même cinétique ni de la même « manière » avec la chaux (Eades et Grim : 1960, le Roux : 1969).

Cette réaction est conditionnée par la saturation initiale de la solution (eau de mélange) en chaux (Clara et Handy : 1963, Eades et Grim : 1966, Bel : 1996, Locat et al : 1996). Un test basé sur la mesure du pH permet d'évaluer la teneur en chaux nécessaire pour que ces réactions puissent avoir lieu. Le seuil de pH correspondant à la saturation de solution en chaux est environ

12,4 (Eades et Grim : 1966). La solubilité de l'aluminate octaédrique et du silicate tétraédrique des minéraux argileux est très élevée à cette valeur. La quantité de chaux permettant d'obtenir cette valeur de pH est connue sous le nom de «lime fixation point«. De plus, la quantité de chaux ajoutée au traitement doit être adaptée à la teneur des argiles dans le sol (Cabane : 2004).

Cette réaction pouzzolanique a une cinétique lente qui nécessite, à température Ordinaire, plusieurs mois avant que ses effets puissent être appréciés (Arabi et Wild : 1989, GTS : 2000, Rao et Shivananda : 2005-b). Cependant, la cinétique dépend de plusieurs facteurs dont la température de maturation et la teneur en eau des sols traités. En dessous de 5°C, la cinétique est ralentie alors qu'elle s'accélère avec l'augmentation de la température (Arabi et Wild : 1986, Bel : 1996, GTS : 2000, Beordman et al : 2001, Rao et Shiva anda : 2005-b, Cabane : 2004). Une humidité relativement importante favorise la réaction pouzzolanique par la mobilité des ions et la formation des minéraux uniforme dans une surface plus ou moins étendue autours des gains de chaux (Locat et al : 1990, Bel : 1996).

La quantité de chaux permettant d'obtenir une amélioration optimale des propriétés hydromécaniques et une durabilité des propriétés recherchées avec le temps est appelée « lime stabilisation optimale« (Ormsby et Kinter : 1973, Locat et al : 1990, 1997, Bel : 1996).

d. Carbonatation :

La carbonatation (formation de la calcite) de la chaux est une conséquence de la réaction produite entre la chaux et le CO2 de l'air. Cette réaction pourrait avoir lieu pendant la maturation Des sols traités. Cependant, elle n'est pas recherchée lors du traitement des sols. Dans le cas du développement de cette réaction, les cristaux de calcite ainsi formés ont une propriété liante très Médiocre et perturbent la stabilisation des sols car leur développement inhibe la réaction pouzzolanique (Diamond et Kinter : 1965, Khattab : 2002, Cabane : 2004). Ainsi, cette réaction provoque une réduction de la résistance finale à cause de la consommation d'une partie de la chaux disponible pour la réaction pouzzolanique. Bien que la calcite formée peut renforcer légèrement le sol pendant la première période, cette réaction ne peut pas être considérée comme une amélioration à long terme (Goldberg et Klein : 1952).

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius