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théâtre et théâtralité dans les Enfants du paradis

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par Fabienne DESEEZ
Université Nanterre PAris X - Maîtrise d'arts du spectacle mention études théâtrales 2002
  

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I. Le théâtre de tous les théâtres : Le

boulevard du Crime.

I.1. La naissance du boulevard du Crime

Dans son ouvrage, Les théâtres du Boulevards du Crime, Henri Beaulieu nous explique qu'à l'origine, le boulevard du Temple est un fossé creusé en 1536 derrière l'enclos du Temple. Sa fonction est de protéger Paris des invasions. Devant ce fossé, il y a un terre-plein sur lequel, un siècle plus tard, on plante quatre rangées d'arbres.

Au XVIIIème siècle les habitants du Marais, aiment s'y promener, pour changer des rues tortueuses et étroites qui bordent leurs habitations.

Les forains et les bateleurs y installent leurs baraques pendant la fermeture des grandes foires périodiques.

Jusqu'à la Révolution Française, le Boulevard du Temple est une foire continuelle où se côtoient toutes les couches de la société confondues : gens du monde, femmes galantes et gens du peuples.

A partir de midi, la parade se donne sur une estrade
surélevée, ou sur un balcon. Des danseurs de corde et des

comédiens aboyeurs rameutent le public de passants à l'intérieur du théâtre.

Après la Révolution de 1789, les théâtres jouissent d'une grande liberté. Le décret de 1791 autorise : Tout citoyen à élever un théâtre public et à y faire représenter des pièces de tous les genres. On assiste alors à une véritable floraison des théâtres et salles de spectacles, dont la grande majorité se trouve rive droite.

En 18O7, sous le Premier Empire, Napoléon veut protéger l'élite du théâtre, notamment, La Comédie Française, l'ancien théâtre de Richelieu.

Le théâtre, divertissement principal d'une population française, dont plus du tiers est illettré, laisse imaginer les craintes des pouvoirs en place.

Aussi Napoléon supprime de nombreuses salles et lieux. Il

subventionne huit théâtres qu'il considère dignes de ce nom : La Comédie française, Le Vaudeville, La Gaîté, l'Ambigu, les Variétés, l'Opéra Comique, L'Opéra, L'Odéon.

Sous la Restauration, on assiste à la réouverture de nombreuses salles, dites secondaires, fermées par Napoléon. Le Boulevard du Temple retrouve sa physionomie post- révolutionnaire. Le lieu où le théâtre règne en maître à Paris, est, sans conteste, le Boulevard du Temple, surnommé le boulevard du Crime, allusion aux mélodrames qui y sont

joués chaque soir. Ces spectacles ont pour personnages principaux des malfaiteurs, fictifs où réels. Ils mettent en scène leurs crimes crapuleux, à la grande joie des spectateurs.

Situé dans un quartier populaire, le Boulevard du Temple propose pas moins d'une dizaine de salles côte à côte sur 500 mètres. Parmi eux, le théâtre de Madame Saqui, les Funambules, l'Ambigu-Comique, théâtres vivant exclusivement de leurs recettes. La rue est l'antichambre du lieu théâtre. Elle tient lieu de publicité. Les saltimbanques attirent les passants dans leur théâtre en faisant des parades.

C'est dans cette atmosphère de liberté d'expression fêtée par l'omniprésence du théâtre, que Marcel Carné et Jacques Prévert plantent leurs décors.

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