WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Impact du Changement Climatique sur les Systèmes de production au Niger (Afrique de l'Ouest)

( Télécharger le fichier original )
par Amadou Mahamadou Laouali
Université Abdou Moumouni de Niamey au Niger - DESS 2004
  

Disponible en mode multipage

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

UNI VERSITE ABDOU MOUMOUNI FACULTE D'AGRONOMIE

Centre Régional d'Enseignement Spécialisé en Agriculture (CRESA)

CRESA DE NIAMEY UNIVERSITE DE PRETORIA

Mémoire de fin d'études pour l'obtention
du Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DES S).

Option : Protection de l'environnement et Amélioration des systèmes agraires

sahéliens

IMPACT DE LA VARIABILITE CLIMATIQUE SUR LES SYSTEMES DE PRODUCTION AU NIGER : CAS DES ZONES DE GAYA ET D'AGUIE

THEME :

Présenté par AMADOU Mahamadou Laouali le 15 mars 2004

Directeurs de mémoire :

Dr ALI Mahamadou Agro-économiste

Dr ADAMOU M. .Moustapha Hydrologue Maître de stage :

Dr MAI MOUSSA Katiella , Agro-écologiste

Jury :

Président : Pr AMBOUTA Karimou : Maître de Conférences

Membres : Dr ALI Mahamadou : Maître Assistant

Dr ADAMOU Moustapha : Assistant

Dr MAI MOUSSA Katiella : Maître Assistant

BP: 10960 Niamey (NIGER) Tél: 002272073 39 42 Email: laouali@gmail.com

Promotion 2002-2004

DEDICACE i

Remerciements ii

SIGLES ET ABREVIATIONS iii

Tableaux et Figures iv

Annexes v

Résumé vi

Abstract vii

Introduction 1

I . Le cadre géographique 4

II . Le milieu biophysique 4

II . 1 Le climat 4

II . 2 Géomorphologie 5

II . 3 Le sol 6

II . 4 Hydrographie 6

II . 5 La flore et la végétation 7

II . 6 La Faune 8

III . Le milieu socio-économique 8

III . 1 Population 8

III . 2 L'agriculture 9

III . 3 L'élevage 10

II1 . 4 Le commerce 11

III . 5 Autres activités 11

III . 6 La Position géographique des villages d'étude 12

CHAPITRE 2 : APPROCHE METHODOLOGIQUE 15

I . Cadre conceptuel 15

I . 1 Cadre Institutionnel 15

I . 2 Problématique générale 18

I . 3 Définitions des concepts utilisés 21

I . 4 Caractéristiques écologiques de trois cultures utilisées 22

I . 5 Cadre de travail 24

II . Cadre Méthodologique 24

II . 1 L'approche biophysique 24

II . 1 . 1 Formulation des Scénarii 24

II . 1 . 2 Description des modèles 25

II . 1 . 3 Les données d'entrée du modèle 25

II . 1 . 4 Les données de sortie du modèle 26

II . 2 L'approche socio-économique 27

II . 2 . 1 Valorisation de l'information existante 29

II . 2. 2 zonage et Elaboration du questionnaire 29

II . 2 . 3 Réalisation des enquêtes 30

II . 2 . 3 . 1 Justification sur le choix des villages d'étude 31

II . 2 . 3 . 2 Difficultés rencontrées 31

II . 2 . 4 Typologie des exploitations agricoles 32

II . 2 . 5 Caractérisation du fonctionnement des systèmes de production 33

CHAPITRE 3 : RESULTATS ET DISCUSSION 34

I . Effets de la variabilité climatique sur les rendements de mil, de sorgho et de niébé 34

I . 1 Le mil 34

I . 2 Le sorgho 36

I . 3 Le niébé 38

II . Influence de la variabilité climatique sur la disponibilité en eau du sol 41

II . 1 Le mil 41

II . 2 Le sorgho 43

II . 3 Le niébé 44

Conclusion partielle 45

III . L'analyse socio-économique 46

III . 1 Les systèmes de production 46

III . 1 . 1 Les facteurs de production 46

III . 1 . 1 . 1 Les sols et le mode d'accès à la terre 47

III . 1 . 1 . 2 la main d'oeuvre 48

III . 1 . 1 . 3 Les intrants et les équipements agricoles 48

III . 1 . 2 Les systèmes de culture 49

III . 1 . 2 . 1 Les éléments du système 49

III . 1 . 2 . 2 Les systèmes de culture pratiqués 50

III . 1 . 2 . 3 Les calendriers culturaux 52

III . 1 . 2 . 4 Le fonctionnement des systèmes de culture 53

III . 2 Typologie des exploitations agricoles 57

III . 2 . 1 . Corrélations pour variables appariées 58

III . 2 . 2 Définition des axes 60

III . 2 . 3 Regroupement des exploitations 60

III . 2 . 3 . 1 Terroir de Bana 60

III . 2 . 3 . 2 Terroir de Zabon Mousso 63

III . 2 . 4 L'analyse des performances économiques des exploitations 64

III . 3 Adaptation des systèmes productifs agricoles à la variabilité climatique 67

III . 3 . 1 Les constats sur la variabilité climatique 67

III . 3 . 2 Les stratégies d'adaptation 68

III . 3 . 3 les contraintes principales à l'adoption des stratégies nécessaires 69

Conclusion partielle 70

Conclusion générale et Suggestions 71

Références bibliographiques 74

DEDICACE

A toute ma famille

A tous mes amis (es)

A tous ceux qui ont contribué à ma formation.

Remerciements

A la fin de ce travail, nous tenons à remercier très sincèrement le Centre Régional d'Enseignement Spécialisé en Agriculture (CRESA) et tous ceux qui de près ou de loin ont amené leur contribution pour la réalisation de cette étude.

Nous tenons d'abord à remercier l'équipe des enseignants chercheurs qui à supervisé ce travail. Elle est composée de:

Dr ALI Mahamadou à la Faculté d'Agronomie ;

Dr ADAMOU M. Moustapha à la Faculté d'Agronomie ;

Dr MAI MOUSSA Katiella à la Faculté des Sciences.

Qu'ils trouvent ici notre profonde gratitude pour la supervision, les conseils et surtout les conditions favorables qu'ils nous ont créées pour le bon déroulement des activités de cette étude. A travers cette équipe, nous remercions également le projet FEM/Banque Mondiale et le CEEPA qui sont à la base de la réalisation de cette étude.

Nos remerciements vont aussi aux coordonnateurs (Monsieur Bouda et Monsieur Guero) ainsi qu'aux différentes équipes techniques du projet PADEL à Gaya et du projet PAIIP à Aguié pour nous avoir assisté techniquement pour la démarche d'introduction dans les terroirs d'étude.

Nous ne saurions terminé ces quelques lignes sans pour autant remercier les différents comités de gestion de terroir ainsi que les vaillantes populations des terroirs de Zabon Mousso (Aguié) et de Bana (Gaya).

Enfin, merci au Chef de canton de Bana ( le vieux ZAKARI Yaou Namata ), à son chef du village et particulièrement à son fils Abdoulkarim pour leur esprit d'hospitalité.

SIGLES ET ABREVIATIONS

ASV : Agro-systèmes villageois

CEEPA : Centre for Environnemental Economics and Policy in Africa

CES/DRS : Conservation des Eaux et des Sols et Défense et Restauration des Sols CRESA : Centre Régional d'Enseignement Spécialisé en Agriculture

CWR : Crop Water Requirements

DHS : Déficit d'Humidité du Sol

ET : Evapotranspiration

FAO : Food and Agriculture Organisation

FEM : Fond pour l'Environnement Mondial

GIEC : Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat

GFDLLO : Geophysical Fluid Dynamics Laboratory

HadCM2 : Hadley Centre Unified Model 2 Transient

HCR: Humidité à la Capacité de Rétention

INRAN : institut National des Recherches Agronomiques du Niger

MAGICC : Model for Assessement of Greenhouse-gas Induced Climat Change MFE : Ministère des Finances et de l'Economie

OMM : Organisation Météorologique Mondiale

ONAHA : Office National des Aménagements Hydro-Agricoles

PADEL : Projet d'Appui au Développement Local

PAF : Projet d'Aménagement des Forêts

PAIGLR : Programme d'Appui aux Initiatives de Gestion Locale des Rôneraies PAIIP : Projet d'Appui aux Initiatives et Innovations Paysannes

PADEM : Programme Africain d'enquêtes auprès des ménages

PDRAA : Projet de Développement Rural de l'Arrondissement d'Aguié QTP : Quantité Totale des Pluies

RGP/H : Recensement Général de la Population et de l'habitat

RFU : Réserve Facilement Utilisable

RU : Réserve Utile

SAA : Service d'Arrondissement d'Aguié

SCENGEN : SCEnario GENerator

Tableaux et Figures

Tableau 1: Les types des sols des zones d'étude 26

Tableau 2: Dates des semis et de récolte ainsi que le cycle de végétation des cultures 26

Tableau 3: Paramètres de rendement de mil (Aguié) 35

Tableau 4: Paramètres de rendement de mil (Gaya) .. 35

Tableau 5: Estimation de la baisse de rendement de mil (Aguié) . 36

Tableau 6: Paramètres de rendement de sorgho (Aguié) 37

Tableau 7: Paramètres de rendement de sorgho (Gaya) 37

Tableau 8: Estimation de la baisse de rendement de sorgho (Aguié) 38

Tableau 9: Paramètres de rendement de niébé (Aguié) . 39

Tableau 10: Paramètres de rendement de niébé (Gaya) 40

Tableau 11: Estimation de baisse de rendement de niébé (Aguié et Gaya) 40

Tableau 12: Calendrier cultural de mil (Aguié et Gaya) 53

Tableau 13: Calendrier cultural de sorgho (Aguié et Gaya) .. 53

Tableau 14: Calendrier cultural de niébé (Aguié et Gaya) 54

Tableau 15: Evolution du prix des produits de récolte .. 58

Tableau 16: Quelques contraintes et solutions proposées par les producteurs .. 58

Tableau 17: Corrélation pour variables appariées (terroir de Bana) .. 59

Tableau 18: Corrélation pour variables appariées (terroir de Z.mousso) .. 59

Tableau 20: Rendements moyens des cultures pour les deux terroirs 60

Tableau 21: Résultats moyens des cultures des exploitations du terroir de Bana . 66

Tableau 22: Résultats moyens des cultures des exploitations du terroir de Z. Mousso 66

Tableau 23: Constats des producteurs sur la variabilité climatique 68

Figure 1: Evolution des pluviométries des stations de Gaya et de Gazaoua 5

Figure 2: Situation du canton de Bana 13

Figure 3: Localisation du village de Zabon mousso ... 14

Figure 4: Localisation des zones d'étude 20

Figure 5: Démarche pratique pour l'identification et l'étude des systèmes agraires .. 28

Figure 6: l'évolution de déficit d'humidité du sol pour la culture de mil 42

Figure 7: l'évolution de déficit d'humidité du sol pour la culture de sorgho .. 44

Figure 8 : l'évolution de déficit d'humidité du sol pour la culture de Niébé .. 45

Figure 9: Champ de case à Z.mousso 51

Figure 10: Regroupement des exploitations du terroir de Bana . 63

Figure 11: Regroupement des exploitations du terroir de Z.mousso .. 63

Annexes

Annexe 1 : Coûts d'investissement des terroirs d'étude Annexe 2 : Corrélations pour variables appariées (Gaya) Annexe 3 : Corrélations pour variables appariées (Aguié) Annexe 4 : Statistiques pour échantillons appariés (Gaya) Annexe 5 : Statistiques pour échantillons appariés (Aguié)

Résumé

Ce travail dont le thème est "Impact de la variabilité climatique sur les systèmes de production à Bana (GAYA) et à Zabon Mousso (AGUIE)" est une étude comparative entre deux zones agro-écologiques différentes du Niger : La zone de Gaya dans la région de Dosso et la zone d'Aguié dans la région de Maradi.

Deux approches ont été utilisées pour la réalisation de cette étude : l'une sur les aspects biophysiques et l'autre sur les aspects socio-économiques.

L'étude des aspects biophysiques s'est faite à travers l'utilisation du modèle CROPWAT pour l'estimation de la disponibilité en eau du sol de mil, de sorgho et de niébé et les effets de cette disponibilité en eau sur les rendements de ces cultures. Deux scénarii ont été développés : une période de référence et l'horizon 2025.

Quand à l'étude socio-économique, elle s'est basée sur l'analyse du fonctionnement des systèmes productifs agricoles de ces deux zones à travers un diagnostic à l'échelle de l'exploitation.

L'analyse des résultats du modèle présage une diminution de la disponibilité en eau du sol dans la zone d'Aguié pour les cultures pluviales au vu de l'augmentation du déficit d'humidité du sol (DHS) à l'horizon 2025 comparativement aux résultats enregistrés pour la période dite de référence. Par contre, une légère amélioration des conditions déjà meilleures par rapport au reste du pays est prévue pour la zone de Gaya; A cet effet, aucune baisse de rendement n'est prévue pour les céréales dans cette zone; néanmoins, on note une faible réduction du rendement du niébé.

L'analyse socio-économique révèle l'existence d'une grande diversité d'exploitation dans chaque zone avec des performances économiques relativement différentes. A Zabon Mousso, le type d'exploitation majoritaire enregistre un faible revenu contrairement au terroir de Bana où le type d'exploitation majoritaire enregistre un revenu relativement bon.

Mots clés: Variabilité climatique, systèmes de production, AGUIE, GAYA, Typologie des exploitations agricoles.

Abstract

"Impact of climate variability on production systems at Bana (GAYA) and Zabon Mousso (AGUIE)" is an comparative research between two different agro-ecological zones of Niger : Gaya in Dosso area and Aguié in Maradi area.

Two approaches have been used in order to implement this research: biophysical approach and socio-economical approach.

Biophysical approach has been done through Cropwat model use for assessment of soil water availability of main crops as millet, sorghum and cowpeas and the effects of this water availability on these crops yield from area and with climate variation on the 2025 horizon.

Socio-economic approach is based on the functioning analysis of crop systems of these two areas through farming diagno sis.

The model results analysis portended soil moisture reduction for millet, sorghum and cowpeas in Aguié area. It was because of the soil moisture deficit increase on the 2025 horizon comparatively to the recorded results of reference period. On the other hand, this model presage light soil moisture improvement already better for Gaya area. That's why there is no yield decrease for millet and sorghum. Nevertheless there is low yield decrease for cowpeas.

The socio-economic analysis reveals large diversity farming existence in each zone with different economic performances. In Zabon Mousso soil, majority farm have a low income contrary to Bana soil where majority farm have relatively good income.

Key words : Climate variability, Crop systems, AGUIE, GAYA, Farms typology.

Introduction

Les transformations du milieu tant physique que social affectent avec une grande ampleur les pays en voie de développement et tout particulièrement la zone sahélienne. Ces transformations environnementales, considérées au sens large et la modification de la structure démographique ou des systèmes culturels affectent directement ou indirectement les processus de production agricole. Or dans ces pays qui comptent 85% de leur population dans le secteur rural, s'intéresser aux transformations des pratiques agricoles et des systèmes d'exploitation répond à l'urgence de la situation. La plupart des communautés agricoles connaissent déjà un état de crise se manifestant par la raréfaction croissante des terres de cultures, la baisse des rendements agricoles, bref l'insécurité alimentaire (Baechler, 1995).

Le Niger, situé au coeur de la zone sahélienne, n'est pas en marge de cette situation. Ce pays est marqué ces dernières décennies par une mutation importante qui touche les systèmes sociaux, le régime foncier, les systèmes de production etc. Une des conséquences de cette mutation est le changement des stratégies pour s'adapter aux conditions climatiques actuelles. A l'ordre de celles-ci, l'abandon des semis à sec et précoces, l'introduction de variétés de cultures moins exigeantes, la généralisation de cultures de contre saison (Zakari, 1997).

En effet, la dégradation accélérée des ressources naturelles, supports essentiels des productions du pays, est liée à une péjoration climatique générale, aiguisée par les sécheresses successives et les actions de l'homme. L'agriculture est essentiellement de type extensif et se mène sur des sols qui, dans l'ensemble offrent des rendements assez aléatoires en rapport avec les conditions climatiques notamment le régime pluviométrique.

Des nombreuses études ont clairement établi une importante variabilité inter-annuelle et intra-annuelle de cette pluviométrie se manifestant ainsi par une tendance à l'aridification de l'ensemble des zones agro-écologiques du pays. A titre d'exemple, Niamey qui, sur la période 1951- 1980 était dans la zone soudanienne , se trouve en zone sahélienne sur l'intervalle 1968-1993 (Osseini, 1996). D'autre part, en comparant les cartes des courbes isohyètes de la décennie 1960- 1969 et celle de la décennie 1980-1989, on a constaté un déplacement important des courbes isohyètes du nord vers le sud. La courbe isohyète 500 mm qui était au nord de Dogondoutchi pendant la première décennie, se trouve au sud de Dosso pendant la seconde. Les lignes isohyètes 800, 850 et 900 mm ont complètement disparu de la région (Daddy, 1995).

Ces modifications de la pluviosité concernent aussi sa structure et sa nature: la fréquence des jours de pluie diminue, le maximum décadaire est plus précoce sur fin Juillet début Août au lieu de mi à fin Août, les orages brefs et torrentiels se généralisent au détriment des averses longues et peu

intenses. A ceux-ci s'ajoute une variation des caractéristiques de la saison agricole comme le début, la fin et la longueur de la saison des pluies (Daddy, 1995).

Tous ces éléments induisent un risque climatique majeur pour le déroulement de la campagne agricole donc pour l'économie et les populations. Pour atténuer ces effets et répondre aux préoccupations de développement durable dans un secteur socio-économique comme l'agriculture, il est de nos jours et dans nos conditions plus que nécessaire de fournir et d'utiliser les informations météorologiques et climatiques en intégration avec d'autres informations socio-économiques.

Le projet "Climat régional, Eau et Agriculture: Impact sur les systèmes agroécologiques en Afrique et mesures d'adaptation" s'inscrit dans ce cadre. Ce projet de recherche régionale sur les Changements Climatiques sur financement de la banque mondiale et le fond pour l'environnement mondial (FEM) concerne onze pays dont le Niger. Il s'agit de : Burkina Fasso, Cameroun, Egypte, Ethiopie, Ghana, Kenya, Niger, Sénégal, Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe.

Les objectifs poursuivis à travers ce projet sont principalement :

- la conduite des analyses économiques sur les études d'impacts et d'adaptation des systèmes agro-écologiques face aux changements climatiques au niveau national, puis sur l'ensemble des pays concernés par ce projet;

- la prise en compte des ressources en eau dans ces analyses;

- l'amélioration des capacités d'expertise des pays membres;

- le développement des échanges entre les pays à travers les équipes participant à ce projet.

Le thème de recherche de l'équipe nigérienne (composée d'enseignants chercheurs) "Impact des Changements Climatiques sur les systèmes de production au Niger" vise à apporter une contribution à la recherche des solutions à la problématique liée au climat. Dans le cadre de ce mémoire, ce thème se limite à l'étude de l'impact de la variabilité climatique sur les systèmes de production à Bana (Gaya) et à Zabon Mousso (Aguié). Cette étude vise comme objectif général, l'étude de vulnérabilité des systèmes productifs agricoles du Niger à travers une étude comparative de deux zones agro-écologiques différentes face aux tendances connues sur le plan socio- économique et climatique: la zone de Gaya (région de Dosso) et la zone d'Aguié (région de Maradi). Pour y parvenir, deux objectifs spécifiques ont été envisagés :

- l'étude de la disponibilité en eau du mil, du sorgho et du niébé face à la variabilité climatique;

- l'étude de l'impact de la variabilité climatique sur les aspects socio-économiques des exploitations agricoles dans les zones étudiées.

Le présent document s'articule autour des trois principales parties :

Une première partie consacrée à la présentation des zones étudiées ainsi que la position
géographique des villages correspondants; une deuxième partie consacrée au cadre institutionnel, à

la problématique générale, aux définitions des concepts utilisés et au cadre méthodologique et enfin une troisième partie où sont présentés les résultats et la discussion.

CHAPITRE PREMIER : GENERALITES SUR LES ZONES D'ETUDE

I . Le cadre géographique

Gaya est l'un des cinq départements que compte la région de Dosso. Il est situé à l'extrême Sud entre 11°42' et 12°56'de latitude Nord et 3°6' et 3°51' de longitude Est. Il couvre une superficie de 4044 km2 soit 3.2% de l'étendue totale du pays et est limité au Nord-Est par le département de Dogon Doutchi, au Nord-Ouest par le département de Dosso, à l'Est et au Sud-Est par la République Fédérale du Nigeria, au Sud-Ouest par la République du Bénin. Le département compte six cantons: Dioundiou, Kara kara, Yélou, Zabori, Bana et Gaya.

Quant au département d'Aguié, il est situé dans la partie sud de la région de Maradi. Il est limité au Nord par le département de Mayahi, à l'Est par celui de Tessaoua, au sud par la République Fédérale du Nigeria et à l'Ouest par le département de Madarounfa et Guidan Roumdji. Aguié est le département le moins vaste de cette région avec une superficie estimée à 2800 Km2.

II . Le milieu biophysique

II . 1 Le climat

Le climat est du type Nord-soudanien pour la zone de Gaya et sahélien pour la zone d'Aguié. Il se subdivise en deux saisons: l'une sèche allant de Novembre à Avril, et l'autre pluvieuse allant de Mai à Octobre pour Gaya. La saison pluvieuse qui débute en Juin dure 4 à 5 mois à Aguié.

La moyenne annuelle des précipitations enregistrées à la station de Gaya au cours des trente dernières années (1961-1991) était de 797 mm avec un nombre moyen annuel des jours pluvieux de 62. Cette moyenne est de 815 mm/an pour la période 1973-2003.

La station d'Aguié est de création récente, la série disponible est de 1981 à 2003; d'où le recours à la série historique de la station de Gazaoua qui est un poste administratif situé à quinze kilomètres (15 km) à l'Est d'Aguié. La moyenne annuelle des précipitations (1973-2003) enregistrées au niveau de cette station est de 450 mm.

Ces deux stations donnent la même évolution des pluviométries (figure 1) sur les trente dernières années. Cette situation pluviométrique se caractérise par une forte variabilité inter- annuelle avec des années de sécheresse beaucoup plus prononcées en 1983, 1984 et 1987.

Les températures moyennes minimales enregistrées à la station de Gaya de 1970-1997 nous donnent 18.64° pour janvier, mois le plus froid et 27.18° pour avril considéré comme le mois le plus chaud. Quant au maxima pour la même période, janvier enregistre une moyenne de température de 33.14° et avril 40.31°.

Le mois d'août au cours duquel tombe plus du tiers des précipitations annuelles, enregistre 28.81° (Dambo, 2001).

La température la plus basse de la zone d'Aguié est en moyenne de 10°c avec des moyennes maximales variant de 27 à 29°c (Moussa, 2000).

1400

1200

1000

400

200

600

800

0

Années

Gaya Gazaoua

Source : Direction de la météorologie nationale

Figure 1 : Evolution des pluviométries des stations de Gaya et Gazaoua de 1973 à 2003.

II . 2 Géomorphologie

Le relief de la zone de Gaya est caractérisé par trois niveaux:

- un plateau gréseux dont le pendage dans la partie orientale du Dallol est Nord-Est, sud-ouest (0.2%). Ce plateau est généralement recouvert d'une cuirasse ferrugineuse du continental terminal avec des placages sableux d'origine éolienne. Il est limité par des falaises plus ou moins raides, entaillées par les affluents fossiles du fleuve Niger que sont les Dallols Maouri et Fogha (Dambo, 2001).

- un niveau intermédiaire constitué de terrasses sableuses;

- une plaine alluviale faiblement inondée à prédominance sableuse d'axe Nord-Sud à faible pente.

Contrairement à Gaya, le modelé général de la zone d'Aguié correspond à un bas plateau recouvert par un manteau sableux à épaisseur variable et formant un système dunaire plus ou moins aplati, fixé par une végétation steppique (Ratnaud, 2001 cité par Lamine 2002).

II . 3 Le sol

On distingue quatre grands types de sols correspondant aux différentes formes du relief de

Gaya:

- Les sols de plateaux généralement peu profonds et graveleux qui reposent sur le grès du continental terminal, les plaques cuirassées y affleurent par endroit ;

- Les sols de terrasses situés au pied du talus des plateaux et en bordure des dallols constitués essentiellement par des sables argileux ;

- Les sols des dallols d'origine alluviale appartenant pour la plupart au groupe des sols ferrugineux tropicaux qui sont, selon les cas, sablo-limoneux ou sablo-argileux ;

- Les sols des lits des anciennes rivières, des cuvettes, bas-fonds et de la vallée du fleuve sont hydromorphes, de couleur grise, et plus riches que les précédents en matière organique (Parkans, 1969 cité par Lamine 1997)

Dans la zone d'Aguié les principaux types de sols rencontrés sont :

- les sols dunaires peu différenciés ou Jigawa à texture sableuse, perméables avec une capacité de rétention en eau très basse, faciles à travailler, mais de faible fertilité ;

- les sols ferrugineux tropicaux lessivés ou Géza à texture limoneuse avec une faible teneur en matières organiques. Ils sont compacts, peu perméables et difficiles à travailler, du fait de leur teneur en argile. Ce sont des sols caractérisés par le phénomène de prise en masse à la dessiccation et une tendance à l'induration ;

- les sols de bas-fonds : ils sont localisés dans la vallée des Goulbis et les dépressions inter dunaires. Ce sont des sols à hydromorphie temporaire formés d'alluvions argilo-sableux à texture variable et cohérents à sec (Ibro, 1997 cité par Lamine, 2002).

II . 4 Hydrographie

Le département de Gaya est arrosé par le fleuve Niger sur plus de 100 km et traversé par ses affluents fossiles sur près de 150 km du nord au sud (Dallols Maouri et Fogha). Le long de ces dallols s'aligne un chapelet des mares permanentes et semi- permanentes qui sont alimentées par les importantes précipitations qu'enregistre le département. Les eaux du sous- sol sont aussi abondantes car le département dispose de sept systèmes aquifères dont les plus utilisés par les populations sont la nappe phréatique du Dallol Maouri (profondeur 30 cm) et les nappes alluviales des dallols (Maouri et Fogha) et du fleuve (Géoconseil, 1998 cité par Dambo, 2001).

Le potentiel en eau de surface du département d'Aguié est limité à 16 mares et aux écoulements saisonniers des affluents du Goulbin Kaba (Fadama et Mayfarou) qui ont leur

confluence en aval immédiat de Gazaoua (figure 3). Les mares ont des capacités de stockage très faibles et leur durée de vie ne dépasse pas 4 mois après la saison des pluies.

Trois aquifères constituent les eaux souterraines d'Aguié : l'aquifère du socle précambrien de la partie sud-ouest du département avec une profondeur moyenne de 40 m; l'aquifère du continental hamadien qui couvre la quasi- totalité du département, avec une profondeur d'environ 60 m, et enfin l'aquifère des alluvions récentes pour lequel on distingue la nappe du Goulbin Maï Farou et Goulbin Fadama avec une profondeur de 7 à 12 m (CRESA , 2002 cité par Lamine, 2002).

II . 5 La flore et la végétation

La végétation de la zone de Gaya est caractérisée par une savane arbustive constituée essentiellement des combretacées localisées surtout sur les plateaux latéritiques.

La rôneraie du Dallol Maouri, l'un des plus importants peuplement de rôniers de l'Afrique de l'ouest fait partie de ces ressources ligneuses.

Cette végétation est répartie en trois groupements (Lawali, 1992) :

- Le groupement des plateaux latéritiques: c'est le domaine des savanes arbustives dominées par les espèces suivantes : Anogeissus leocarpus, Combretum micrantum, Bombax costatum , Acacia macrostachya, Feretia apodenthera, Pterocarpus erinaceus, Loudetia togoensis, Thephrosia purpurea, Combretum glutinosum, Combretum nigricans, etc;

- Le groupement des dunes stabilisées: il est constitué par des savanes arbustives et

arborées où l'on rencontre des espèces telles que : Vitex doniana, Detarium microcarpum, Prosopis africana, Sclerocaria birrea, Balanites aegyptiaca, Vitelaria paradoxa , Ziziphus moritiana, Monechma ciliathum, Zornia glochitiata, Guiera senegalensis, etc;

- Le groupement des vallées: c'est le domaine des savanes boisées et des forêts claires.

On rencontre entre autres les espèces suivantes : Daniella olivera, Celtis integrifolia, Ficus spp, Diospyros mespiliformis, Vitex doniana, Hyphaene thebaïca, Parinari macrophylla, Borassus aethi opium, Acacia pennata, etc.

La végétation de la zone d'Aguié se limite aux espèces telles que: Sclerocaria birrea, Commiphora africana, Guiera senegalensis, Combretum migrantum, Acacia albida, Piliostigma reticulum, Anona senegalensis et des pieds isolés de Vitex doniana et Combretum glutinosum. A ces espaces s'ajoutent près de 65 000 ha de régénération naturelle de ces différentes espèces (Yacouba 2000).

Le tapis herbacé de cette zone est trop bas et peu varié. Il est constitué de Eragrostis tremula, Cenchrus biflorus, Brachiaria disticophylla, Alysicarpus ovalifolius, et Mytracarpus

scaber et connaît ces dernières années une extension démesurée du Sida cordifolia et de Zornia glochidiata.

Le département de Gaya compte trois (3) forêts classées totalisant 14277.5 ha.

Il s'agit des forêts classées de Bana (751.5 ha), de Gorou bassounga ( 8832 ha) et de Foga beri (4694 ha).

Le département d'Aguié possède également trois forêts classées (Dan Kada Dogo, Dan Gago et Bakabé) d'une superficie totale de 14330 ha au classement.

Comme pour le reste du pays, ces forêts connaissent des problèmes de dégradation continue des ressources résultant de la forte concentration des populations dans les zones favorables à favorables (comme les Dallols) et d'un défrichement abusif sur les plateaux comme la coupe et la vente de bois vert et l'extension des terres de cultures (service de l'Environnement de Gaya, 2003). Les forêts classées de la zone d'Aguié sont actuellement claires et dégradées à cause de la disparition progressive des certaines espèces ligneuses (due à la surexploitation), de l'apparition d'herbacées indésirables comme Sida cordifolia et de l'occupation clandestine.

II . 6 La Faune

Il n'existe pas des statistiques fiables sur la faune. Cependant on note une réduction drastique des effectifs accompagnée de la disparition de la majorité des espèces .

La faune sauvage de Gaya réside essentiellement dans la forêt classée de Goroubassounga et dans certains massifs près du fleuve. Dans cette forêt, les oiseaux sont en grand nombre ensuite viennent les reptiles et les rongeurs. On y trouve également des espèces comme Lepus capensis, Camus aureus, Numida melagris, etc (Idé, 2003).

A Aguié, les ressources fauniques sont actuellement rares, résultat de la destruction de leur niche écologique à cause de la pression anthropique et des aléas climatiques. Les reliques rencontrées sont constituées de Papio cynocephalus, Erythrocebus patas, Canis zerda, Lepus capensis, Felis sylvestris, Xerus erytropus, Atelerix albiventris, Ratus sp, Varanus niloticus et divers autres types de reptiles et d'oiseaux (Lamine, 2003).

III . Le milieu socio-économique

III . 1 Population

Le département de Gaya a une population de 247127 habitants (MFE, 2001). C'est la zone la plus peuplée de la région de Dosso avec une densité de 63 habitants au km2. La répartition par sexe donne 49,9% pour les femmes contre 50,1% pour les hommes (Dambo, 2001). La population

est composée essentiellement des Tchanga et des Maouri au Nord -Est et au Nord ; des Djerma et des Dendi au Sud- Ouest et au Sud et des Peulhs répartis dans tout le département (service du plan Gaya, 2003). Le département de Gaya compte six cantons pour plus de 214 villages. Ces cantons sont: Gaya, Yélou, Dioundiou, Bana, Karakara et Zabori.

Selon les résultats provisoires du recensement général de la population MFE, 2001, le département d'Aguié compte 273926 habitants dont 133485 hommes et 140441 femmes soit un rapport de masculinité de 95 hommes pour 100 femmes. La densité est de 91.3 habitants au km2 (service plan Aguié, 2003). La population est essentiellement composée des Haoussa, des Peulhs, des touareg, etc. Le département est subdivisé en deux cantons, Aguié et Gangara, avec 183 villages et 37 tribus Peulhs composant deux groupements (Hawandawaki et Baoudéta).

III . 2 L'agriculture

La zone de Gaya est la mieux arrosée du Niger (580 mm au Nord et 700 mm au Sud), ce qui explique sa richesse en ressources naturelles. La superficie cultivable est estimée à 290780 ha. La superficie emblavée est passée de 60015 ha en 1983 à 91116 ha en 2001 (service de l'Agriculture de Gaya, 2003).

Les principales cultures de la zone de Gaya se répartissent en 3 groupes : les cultures pluviales, l'arboriculture et les cultures irriguées et de décrue .

Le mil, le sorgho, le niébé, l'arachide, le voandzou et le fonio constituent l'essentiel des cultures pluviales et occupent la quasi totalité des terres cultivées. Les rendements moyens du mil, du sorgho et du niébé sur 20 ans (1983-2002) sont respectivement de 600 kg/ha, 600 kg/ha et de 100 kg/ha (service d'Agriculture de Gaya, 2003).

Les cultures irriguées se font dans les aménagements hydro-agricoles de Gaya, Tara, et Gattawani Dollé avec comme principales spéculations le riz, la canne à sucre, l'oignon, la patate douce etc.

Les cultures de décrue se pratiquent dans les vallées des Dallols Maouri et Fogha, aux abords du fleuve, des mares et des forages artésiens .

L'arboriculture se pratique le long du fleuve Niger et dans les Dallols à travers la production de mangues , de citrons, de goyaves, de tangelos, etc.

La zone d'Aguié, avec une pluviométrie variant de 400 à 600 mm a un potentiel en terres cultivables de 255726 ha. Le nombre total des exploitations est estimé à 28473 en 1997. L'exploitation moyenne comprend huit actifs et dispose d'environ 4.5 ha de terres cultivables soit 0.6 ha par actif. Cette situation devient de plus en plus critique du fait de l'accroissement de la

population (service de Plan Aguié, 2003). Dans cette zone, les principales spéculations sont le mil, le sorgho, le niébé, l'arachide et le souchet. Les rendements moyens sur 16 ans (1987-2002) est de 400 kg/ha pour le mil, 200 kg/ha pour le sorgho, 100 kg/ha pour le niébé et 350 kg/ha pour l'arachide ( service de l'Agriculture d'Aguié, 2003).

III . 3 L'élevage

D'une manière générale, l'élevage est la seconde activité après l'agriculture au Niger. Ce secteur regroupe l'élevage du gros bétail (bovins, asins, équins et camelins), le petit bétail (ovins, caprins) et la volaille (poulets, pintades, canards, pigeons).

D'une manière générale, le système de conduite du troupeau de la zone de Gaya comprend le système extensif, le système semi- extensif et le système intensif (service d'élevage de Gaya, 2003).

Ce dernier repose essentiellement sur l'embouche. Dans ce système, l'animal est en stabulation fixe et bénéficie des aliments de base ou de concentrés, de l'eau et des soins particuliers. Ce type d'élevage est essentiellement destiné à la vente et concerne les bovins, les ovins et les caprins.

Le système semi-extensif est celui dont les animaux sont en divagation libre dans la nature le matin et reviennent le soir. A l'heure du retour, ils reçoivent un complément alimentaire. Les vaches laitières, les reproductrices et les animaux de traits sont les plus favorisés.

Le système extensif comprend trois variables que sont la petite transhumance, la moyenne transhumance et la transhumance transfrontalière.

La zone ne dispose pas des aires de parcours proprement dites, mais quelques endroits offrent quand même cette possibilité; il s'agit des parties de forêts classées, le sommet de plateaux, et les bordures du fleuve Niger. On y trouve également dans la zone quelques puits pastoraux, des couloirs de passage balisés et des mares.

L'élevage est pratiqué par la majorité de la population d'Aguié. Contrairement à la zone de Gaya, cette activité évolue dans un contexte peu favorable à cause de la faible disponibilité de terres de pâture, des difficultés d'alimentation et d'embrèvement des animaux (due au manque des mares et à la profondeur des puits), des épizooties etc. L'alimentation de base en saison sèche se limite essentiellement aux résidus de cultures (tiges de mil et sorgho, fanes d'arachides et du niébé) et aux fourrages aériens.

Une partie du cheptel (les animaux de trait, d'embouche) est gardée au village pendant toute l'année est l'autre partie transhume en hivernage dans les zones pastorales du Nord. Ces animaux ne reviennent qu'après les récoltes pour profiter des résidus de cultures .

II1 . 4 Le commerce

Les deux frontières internationales (Nigeria et Bénin) de la zone de Gaya jouent un rôle important sur le plan économique et social. Les exportations de la zone en direction de ces pays portent surtout sur la gomme arabique, le kapock, le sel, le niébé, le voandzou, l'oignon, la canne à sucre, le bétail et les cuirs et peaux. Les importations concernent entre autre les tissus et pagnes, le tabac, les céréales, l'igname, les produits manufacturés, la cola et les hydrocarbures .

Cependant la proximité des marchés importants de ces pays voisins (Kamba au Nigeria et Malanville au Bénin) constitue un frein aux activités commerciales à Gaya, car les habitants préfèrent s'approvisionner eux mêmes au niveau de ces marchés.

Les principaux marchés de la zone d'Aguié se localisent à Tchadoua, Aguié, Gazaoua et Dankama au Nigeria où se concentre l'essentiel des activités commerciales.

Les transactions commerciales portent surtout sur les produits agro-sylvo -pastoraux et artisanaux. D'autres produits comme le sel, le sucre, le savon, le pétrole lampant, des intrants agricoles et zootechniques et la pharmacopée sont aussi commercialisés.

III . 5 Autres activités

Dans la zone de Gaya, en dehors des activités principales, la pêche, l'apiculture et l'artisanat viennent occuper les populations et génèrent énormément des revenus.

Ainsi, la pêche se pratique le long du fleuve sur 106 km, dans les Dallols et les mares. Cette activité concerne environ 2000 pêcheurs du Niger, du Nigeria et du Bénin répartis dans 33 campements de Sorko (pêcheurs professionnels). En 1996 la production a été estimée à 25,6 tonnes de poissons frais dont 13,5 tonnes commercialisés et 12 tonnes auto consommés (Idé , 2003).

Les espèces rencontrées sont entre autres celles des Familles des Mormyridae, des Mochocidae, des Chlaridae (Service de l'environnement , 2002).

L'apiculture connaît aujourd'hui un essor important avec l'appui technique du projet PADEL. La présence des espèces de plantes mellifères ( Vitellaria paradoxa et Anogeissus léocarpus ) a joué un rôle capital dans le développement de cette activité (Service de l'Environnement ,2002).

L'artisanat est beaucoup plus développé dans les villages avec essentiellement des forgerons fabriquant des outils aratoires (Hilaires, Daba, Machettes, Faucille), des potiers, etc.

L'abondance des rôneraies a permis l'apparition d'une catégorie d'artisans utilisant le pétiole du rônier pour la fabrication des fauteuils, des canapés, des tables et des lits. Ces articles en sous

produits de rôniers trouvent une clientèle qui vient souvent de l'extérieur du département (Géoconseil, 1994, cité par Idé, 2003).

A Aguié, l'essentiel des activités socio-économiques se limite à l'agriculture, l'élevage et le commerce. L'artisanat est l'un des secteurs pourvoyeurs des populations en biens et services notamment pour le travail agricole (hiler, daba...), les équipements domestiques et autres articles de prestige.

III . 6 La Position géographique des villages d'étude

Deux villages ont été choisis pour la réalisation de ce travail : le village de Bana dans la zone de Gaya et le village de Zabon Mousso dans la zone d'Aguié.

Bana est l'un des six cantons qui composent le département de Gaya (Figure 2). Il se situe à 30 km au Nord-Est du chef lieu de département et est limité à l'Est par le Nigeria, à l'Ouest par Tanda, au Nord par le canton de Yelou et au Sud par Gaya et le Nigeria.

Le village de Zabon Mousso se situe à 7°33'44" de longitude Est et 13°33'35" de latitude Nord (figure 3). D'une manière générale, les conditions climatiques, édaphiques et socio- économiques de ces villages correspondent à celles des zones présentées.

CHAPITRE 2 : APPROCHE METHODOLOGIQUE I . Cadre conceptuel

I . 1 Cadre Institutionnel

Au cours des deux dernières décennies, la communauté internationale a commencé à prendre conscience du fait qu'il ne saurait y avoir de société ou d'économie équilibrée dans un monde affligé par une telle pauvreté et une telle dégradation de l'environnement (Michael, 1993).

Notre biosphère aujourd'hui, change très vite, plus vite semble- t- il que la normale, la normale étant la période qui précédait le développement des activités humaines. Ces changements concernent tous les cycles essentiels : celui de l'eau , ceux des principaux constituants de l'atmosphère (carbone, azote, ozone ...). Ces changements concernent aussi les ressources dites renouvelables qui ont de plus en plus de difficultés à se renouveler au rythme de leur utilisation et de leur dégradation par les activités humaines (OMM, 1995).

Ainsi, le caractère global des changements climatiques rend impérative la coopération la plus étroite possible entre tous les pays et leur engagement actif pour rechercher des solutions appropriées à l'échelon mondial (Maria, 2000). Pour y parvenir, la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED) a adopté en 1992 la convention cadre sur les changements climatiques. Cette convention est un traité contraignant qui constitue un cadre pour la lutte au niveau international contre les causes et les effets des changements climatiques. Elle se propose de développer un partenariat planétaire en vue d'atténuer les causes et les effets néfastes des changements climatiques .

La genèse du sommet de Rio de Janeiro remonte à 1972, année où 113 nations se réunirent à Stockholm (Suède) dans le cadre de la conférence des nations Unies sur l'environnement, la première grande assemblée internationale consacrée à ce thème.

Onze ans plus tard (1983), l'ONU créa la commission mondiale pour l'environnement et le développement. Quatre années plus tard, celle-ci lançait dans son rapport intitulé « Notre Avenir à tous » une mise en garde à l'humanité, en soulignant que sauf à réviser en profondeur, nos modes d'existence et de développement, nous nous exposions à des souffrances humaines inacceptables et à une dégradation dramatique et irréversible de l'environnement. La commission Brundtland, du nom de sa présidente, soulignait que l'économie mondiale doit répondre aux besoins et aspirations légitimes des peuples, mais que la croissance est tributaire des limites écologiques de la planète. C'est dire que cette commission appelait à une ère nouvelle placée sous le signe d'un développement économique respectueux de l'environnement qui puisse satisfaire les nécessités des générations présentes et futures.

En 1987, les Nations Unies convoquèrent la conférence sur l'environnement et le développement, afin de définir le concept de développement durable et les exigences qu'il comporte. Deux années durant, des experts du monde entier élaborent des difficiles accords sur le chemin de Rio. Et c'est en 1992 que la conférence des nations Unies sur l'environnement et le développement aussi appelée Sommet planète Terre ou Sommet de la Terre s'était tenue à Rio de Janeiro. A l'issu de cette conférence, on est parvenu à une entente sur deux conventions internationales, deux déclarations de principes et un plan directeur en faveur du développement durable pour le XXIè siècle intitulé programme "Action 21". Dans ce programme sont décrites les nombreuses activités (lutte contre la dégradation des sols, de l'air et de l'eau; préservation des forêts et de la diversité biologique; etc.) que doivent entreprendre les gouvernements, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales et le secteur privé (OMM, 1995).

D'autre part, le rapport du groupe d'experts intergouvernementaux sur les changements climatiques a abouti à la signature et à l'adoption de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en Juin 1992 par 154 pays réunis à Rio de Janeiro (Micheal; 1992). L'objectif de cette convention selon les termes de l'article 2 est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique (PNUE. 2002).

La convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est appuyée par le protocole de Kyoto à l'échelle mondiale. Ce protocole, adopté à l'unanimité à la troisième session de la conférence des parties en décembre 1997 partage les préoccupations et les principes stipulés dans la convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et y apporte une amélioration en ajoutant des nouveaux engagements qui sont plus contraignants, plus complexes et plus détaillés que ceux de la convention (Maria 2000).

Les pays signataires s'engagent à tenir compte, des changements climatiques dans les domaines tels que l'agriculture, l'élevage, la gestion des ressources ainsi que les activités dans les zones côtières . En ratifiant la convention, les pays s'engagent aussi à partager les expériences en matière des technologies et à coopérer en vue de réduire les émissions des gaz à effet de serre notamment dans les secteurs de l'agriculture, l'élevage, la foresterie, la gestion des déchets et du transport qui produisent la quasi - totalité des émissions de gaz à effet de serre imputables aux activités humaines.

Du 26 août au 4 septembre 2002 s'est déroulé à Johannesburg (en Afrique du Sud) le Sommet mondial sur le développement durable. Ce Sommet visait à examiner les progrès accomplis par les pays depuis dix ans au regard du programme "Action 21" qui reste valable. Les deux

principaux documents qui ont fait l'objet de négociation par les 191 pays sont la déclaration de Johannesburg sur le développement durable et le plan de mise en oeuvre.

Les gouvernements ont convenu de prendre des engagements dans cinq domaines prioritaires : l'eau et l'assainissement, l'agriculture et la biodiversité, l'énergie, la santé, et la gestion des écosystèmes. Ces engagements ont été étayés par des annonces gouvernementales au sujet de programmes et par des projets de partenariat.

Dans ce contexte global, la mise en oeuvre de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques est la preuve de la volonté commune des parties contractantes pour parer au danger des effets néfastes et aux impacts potentiels des changements climatiques.

C'est ainsi que le Niger de concert avec les autres nations du monde a adopté la convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Elle fut signée et ratifiée le 25 Juillet 1995. Suite à cette ratification, le Niger a obtenu du fonds pour l'environnement mondial (FEM) des fonds pour l'élaboration de sa communication nationale initiale conformément aux dispositions de l'article 12* dans le cadre de la mise en oeuvre de la convention (projet changements climatiques, 1999).

Cette étude a concerné tous les secteurs socio-économiques ainsi que plusieurs volets pour les inventaires de gaz à effet de serre et les études de vulnérabilité et adaptation aux Changements Climatiques. Ce sont : Energie, Agriculture et Elevage, Changement d'affectation des Terres et Foresterie , Ressources en Eau, Pêche et Faune, Zones Humides et Santé (Projet Changements Climatiques, 1999).

* : Chacun des pays développés Parties et chacune des autres Parties inscrites à l'annexe 1 présentera sa communication initiale dans les six mois qui suivront l'entrée en vigueur de la convention à son égard. Chacune des Parties qui ne figurent pas sur cette liste présentera sa communication initiale dans le trois ans de l'entrée en vigueur de la convention à son égard ou de la mise à disponibilité des ressources financières conformément à l'article 4, paragraphe 3. Les Parties qui sont au nombre des pays les moins avancés seront libres du choix de la date de leur communication initiale. Par la suite, la fréquence des communications de toutes les Parties sera fixée par la Conférence des Parties, qui tiendra compte des différences d'échéance indiquées dans le présent paragraphe.

I . 2 Problématique générale

Le climat est l'un des éléments les plus dynamiques et le plus complexes du cadre physique. Ses modifications, parfois brutales comparativement aux autres éléments du milieu provoquent des déséquilibres importants, influençant de ce fait tous les aspects du développement socio- économique des pays sahéliens (Bokonon, 1997).

Le Niger est l'un des ces pays sahéliens qui se trouve dans la zone tropicale aride et semi- aride. Il compte parmi les pays les plus pauvres du monde.

Ses maigres ressources naturelles ( sol, eau, végétation) subissent les conséquences néfastes des sécheresses répétées, de la désertification et de la pression démographique. Cependant, l'importance majeure de la pluviométrie parmi les composantes climatiques mérite une mention particulière dans l'analyse des divers systèmes de production.

Ainsi depuis 1968, le pays a connu plusieurs années de déficit pluviométrique (1968, de 1971 à 1974, 1984, 1987, 1989, 1990, 1993, 1995 et 1996) qui se sont traduites par des périodes de sécheresses chroniques avec comme conséquence la réduction de la production agricole (Projet Changements climatiques, 1999).

Par ailleurs, les terres cultivables estimées en 1965 à 25% de la superficie totale du pays, ne représentent plus aujourd'hui que 12% seulement en raison du déplacement vers le Sud de l'isohyète 300 mm (Mamoudou, 1999).

Dans les conditions de systèmes extensifs comme pour la plupart des zones agricoles au Niger, l'eau et l'utilisation de sols sont des facteurs étroitement liés. Dans cette perspective, on pense que la connaissance de conséquences hydrologiques des changements d'utilisation de sols sur les ressources en eau est une condition préalable à la compréhension de l'impact des changements climatiques (Thornes, 1990).

En outre, plus de 85% de la population nigérienne est rural avec un niveau de vie très bas. Ainsi, selon l'enquête de PADEM, 63% de la population est pauvre (revenu annuel de 50000 à 75000 francs CFA/an/personne) dont 34% sont extrêmement pauvres ( moins de 50000 francs/an/personne); Direction de la statistique, 1994.

La population nigérienne estimée à 2876000 habitants en 1960 et 8758227 habitants en 1988 est d'environ 10790352 habitants en 2001 avec un taux d'accroissement moyen de 3.1% (MFE, 2001).

En terme de perspectives, on estime qu'en l'an 2025, cette population sera de l'ordre de 17920521 habitants dont 15081234 de ruraux et 2839287 d'urbains (Projet Changements Climatiques, 1999).

C'est dire que même en l'absence de la variabilité climatique, l'agriculture nigérienne devra faire face à des défis socio-économiques sérieux dans les prochaines décennies.

Il y a alors lieu de s'inquiéter sur l'avenir des populations dans un pays où la capacité de réaction technologique aux sécheresses et inondations est moins avancée, et où les principaux facteurs physiques (sols, climat) affectant la production sont de moins en moins adaptés à l'agriculture. C'est pourquoi une adaptation des systèmes de production alimentaire et une gestion rationnelle des ressources en eau constitue une stratégie nécessaire et urgente.

Il faut aussi rappeler que la population du Niger est inégalement repartie car 97.4% vivent sur moins de tiers (1/3) de la superficie du pays dans la bande Sud agricole (MFE, 2001). Cette forte concentration humaine, conjuguée à la pauvreté de la population et à l'aridité du climat ont pour effet d'accroître la pression sur les ressources et les écosystèmes (Ousseini, 2002).

Ainsi, dans le cadre de la préservation des ressources naturelles pour une gestion rationnelle de l'environnement, le projet "Climat régional, Eau et Agriculture: Impact sur les systèmes agroécologiques en Afrique et mesures d'adaptation" qui est un projet régional mène une étude d'impact sur les systèmes agro-écologiques en Afrique.

Pour des raisons liées au temps nécessaire pour élaborer ce mémoire, cette étude bien qu'elle a un caractère national, se limite à deux zones agro-écologiques différentes situées sur la bande sud : Aguié au centre Sud du pays et Gaya au Sud Ouest (Figure 4). Ces deux zones appartiennent à la zone tropicale sèche, mais présentent des différences sensibles sur le plan physique et climatologique. Le choix de ces zones est porté sur des facteurs physiques comme l'eau, le sol pour l'utilisation des activités agricoles

La zone de Gaya se situe dans le secteur soudano-sahelien caractérisé par des précipitations dont les moyennes annuelles varient entre 500 et 900 mm. La faible profondeur de la nappe phréatique, affleurante par endroit (dans les Dallols) et le fleuve, donne à cette zone d'importantes potentialités agricoles et pastorales qui en font une région convoitée (Lawali, 1992).

En revanche, Aguié s'étend dans le domaine sahélien marqué par des précipitations ne dépassant guère 600 mm par an. La nappe phréatique se trouve à une grande profondeur. L'accès à l'eau est difficile car les mares ont des capacités de stockage très faibles et leur durée de vie ne dépasse pas quatre mois après la saison des pluies (Lamine, 2002).

La variabilité climatique de ces zones liée aux ressources en eau et aux conditions climatiques est un point important à prendre en considération dans cette étude d'impact, surtout quand il s'agit des risques climatiques associés à la répartition spatiale de la production agricole.

I . 3 Définitions des concepts utilisés

· Systèmes de production

- L'exploitation est considérée comme la collectivité humaine réunissant ses efforts sur les grands champs à la condition que leur produit soit affecté à l'alimentation collective des membres participant au travail et leurs dépendants inactifs (Ancey, 1975 cité par Billaz et al., 1981).

- Le terroir est l'ensemble des parcelles homogènes caractérisées par une même structure et une
même dynamique écologique, ainsi que par un même aménagement agricole (Jouve, 1984).

- Un système de culture est l'exploitation d'un espace agricole par un ensemble de parcelles faisant l'objet d'une organisation spatio-temporelle homogène se traduisant par un même type de succession culturale (Jouve, 1984).

- Un système de production peut être défini comme une combinaison spécifique de systèmes de culture et d'élevage, combinaison décidée au niveau de la famille en fonction des parcelles accessibles et de leur localisation, compte tenu du matériel disponible (outils, moyens de transports, bâtiments d'élevage ou de stockage, etc.) de la force de travail familial ou mobilisable moyennant rémunération, des opportunités de crédit et de vente sur les marchés ( Hubert et al., 2002).

- Un système agraire est l'association des productions et des techniques mises en oeuvre par une société rurale pour exploiter son espace, gérer ses ressources et satisfaire ses besoins

( Jouve, 1992).

- Le système productif agricole est l'ensemble des éléments qui concourent à la constitution des flux des produits agricoles. Nous utilisons dans ce document cette expression pour faire allusion au système visant essentiellement la production végétale, mais pouvant comprendre des activités d'élevage en tant qu'occupation secondaire.

· Changements Climatiques

- L'évapotranspiration potentielle (ETP) est la quantité d'eau évaporée par un couvert végétal bas, continu et homogène, dont l'alimentation en eau n'est pas limitante et qui n'est soumis à aucune limitation d'ordre nutritionnel, physiologique ou pathologique.

- L'efficience d'utilisation de l'eau est la quantité de biomasse par millimètre d'eau consommée par hectare. C'est un véritable indicateur de la réponse d'une culture à l'eau.

- Un scénario est une description cohérente intérieurement constante et plausible d'un état futur éventuel. Les scénarios des changements climatiques peuvent être obtenus soit à partir des

modèles de circulation générale de l'atmosphère et de l'océan, soit par utilisation des données climatiques des années antérieures comme analogues au climat futur (Projet Changements Climatique, 1999).

Ainsi ce scénario analogique s'appuyant sur des périodes passées permet de déterminer à partir d'analyse systémique la vulnérabilité de l'élément cible face aux tendances connues sur le plan socio-économique et environnemental.

- Un scénario de changements climatiques est défini comme un ensemble physiquement consistant de changement de variables météorologiques basées sur des projections généralement acceptées de niveaux de dioxyde de carbone et autres gaz en traces (FAO, 1997).

- La vulnérabilité est le degré auquel une unité d'exposition est perturbée ou compromise par suite des effets climatiques, les facteurs socio-économiques et les facteurs physiques étant importants dans la détermination de la vulnérabilité. Elle dépend non seulement de la sensibilité de l'unité, mais également de sa capacité à s'adapter aux nouvelles conditions climatiques.

- L'adaptation concerne les parades aux effets ou aux incidences des changements climatiques. Elle exprime le degré auquel des ajustements sont possibles aux changements du climat actuels ou projetés. L'adaptation peut être spontanée ou planifiée, elle peut intervenir en réponse ou en anticipation à des changements probables.

- Un changement climatique correspond à un changement du "temps moyen" observé dans une région donnée. Et le temps moyen comprend tous les éléments que nous associons habituellement au temps, à savoir la température, les caractéristiques des vents et les précipitations.

La Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques dans son article premier, définit les "Changements Climatiques" comme des changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l'atmosphère mondiale et qui viennent s'ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes comparables.

I . 4 Caractéristiques écologiques de trois cultures utilisées

- Le Mil (Pennisetum glaucum (L.) R. Br.)

C'est une céréale typiquement d'Afrique et probablement originaire des savanes Ouest- africaines. Les variétés les plus adaptées, au climat de type sahelo-soudanien, ont un cycle de reproduction de 75 à 100 jours. Le mil est moins exigeant que le sorgho dans le choix du sol. Il s'adapte aux sols éclairés, aux températures comprises entre 35° et 45°c, aux fortes radiations.

Il tolère les sols acides et la sécheresse. Il utilise en moyenne 330 mm d'eau (Kassam et Kowal, 1975 cité par Maï. Moussa, 1996).

Les précipitations de 400 mm au cours de la saison des pluies créent des conditions nécessaires à la formation des rendements suffisants. Certaines variétés hâtives cultivées au Niger sont capables de former leur rendement à condition de recevoir au moins 200 mm d'eau en août et 300 mm au cours de toute la saison pluvieuse.

Les variétés tardives forment des rendements élevés à 400-800 mm de précipitations au cours de trois à quatre mois de végétation (Bezpaly, 1984).

- Le sorgho (Sorghum bicolor L. MOENCH.)

Le sorgho a été d'abord domestiqué en Ethiopie puis transporté en Afrique de l'Ouest où il peuple surtout les savanes Nord-guinéennes, entre les isohyètes 600 et 1000 mm. Son cycle de reproduction, dans cette zone est de 120 à 135 jours. Dans des conditions de bonne fertilité et d'humidité, 110 à 120 jours suffisent pour avoir un bon rendement. Il tolère la chaleur moins que le mil. La meilleure température pour la germination des graines est de 27-35 °C. Il préfère les sols lourds, souvent argileux et est adapté aux pH compris entre 5 et 8.5 (Maï. Moussa, 1996).

Le sorgho est très résistant à la sécheresse grâce aux racines fortement développées.

Pour la germination il exige un volume d'eau égal à 25% du poids des graines. Le minimum hydrique nécessaire à la production du rendement du sorgho est de 400 mm des pluies. Les variétés hâtives réussissent mieux dans les terres légères sableuses (Bezpaly, 1984)

- Le niébé ( Vigna unguiculata L. (Walp))

Le niébé est une plante des régions tropicales et subtropicales. Pour un développement normal il exige beaucoup de chaleur et une luminosité intense. Le niébé est une plante thermophile, la température optimale pour la germination des graines est de 25°C. Le niébé est très sensible à la luminosité solaire. Si la lumière n'est pas suffisante, la période végétative dure plus longtemps, surtout en saison des pluies. Le niébé résiste bien à la sécheresse de l'air, mais supporte mal l'humidité insuffisante ou excessive du sol. Il est très résistant à la salinité du sol (Bezpaly, 1984).

I . 5 Cadre de travail

Deux zones agro-écologiques sont concernées par cette étude. Des enquêtes socio- économiques et des entretiens avec les autorités coutumières et les services techniques ont été conduits. Des données climatiques et sectorielles ont été également collectées. Ces informations ainsi collectées nous permettent de réaliser une étude d'impact de la variabilité climatique sur l'agriculture des zones concernées.

L'ensemble du travail est conduit en trois étapes essentielles :

- la collecte des données;

- l'exploitation informatique et l'analyse statistique des données;

- l'analyse socio-économique.

II . Cadre Méthodologique

Nous avons utilisé deux approches pour atteindre l'objectif de ce travail : l'approche biophysique et l'approche socio-économique.

II . 1 L'approche biophysique

II . 1 . 1 Formulation des Scénarii - Méthode utilisée

L'approche méthodologique retenue fait appel à la modélisation statistique dans laquelle le paramètre sectoriel est le prédictand, les paramètres climatiques étant les préducteurs, en vue d'établir des relations sous de modèles linéaires.

L'objectif est d'évaluer autant que possible les interactions physiques, entre le climat et l'unité d'exposition choisie (l'unité d'exposition étant ici le secteur agricole). On cherche donc à établir des modèles empiriques statistiques reposant sur les liens statistiques établis entre les conditions climatiques et l'unité d'exposition.

- Choix des scénarii

Le logiciel Magic/Scengen mis au point par le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) est l'un des outils essentiels dans cette approche.

A cet effet les données thermiques et pluviométriques de la normale 1961-1990 seront injectées dans ce modèle. Ce qui permettra d'avoir une évolution de la pluviométrie et de la température comparée à un état moyen analogue aux événements extrêmes passés et de déterminer les températures et les pluies à l'horizon 2025.

Le choix de l'horizon 2025 se base sur la disponibilité des projections démographiques pour le Niger à cette période (Projet Changements Climatiques, 1999).

D'autres parts le modèle Cropwat sera utilisé pour l'estimation de la disponibilité en eau des cultures. Et dans le cadre de l'utilisation de ce modèle, les paramètres climatiques utilisés comme prédicteurs sont essentiellement la température, les précipitations, et l'évapotranspiration. Pour la prédiction climatique, ce modèle utilise les données de sortie du modèle MAGICC, couplé au logiciel SCENGEN pour la région concernée.

Les rendements des cultures principales (mil, sorgho et niébé ), les précipitations et la longueur de la saison culturale seront retenus comme prédictands.

II . 1 . 2 Description des modèles

· Le modèle Cropwat

CROPWAT 4.3 est un logiciel élaboré par un groupe d'experts de la FAO pour:

- le calcul de l'évapotranspiration de référence, des besoins en eau des cultures, des besoins d'irrigation et de l'alimentation en eau d'un périmètre;

- la mise au point des pilotages d'irrigation en diverses conditions de gestion;

- l'estimation des rendements des cultures pluviales et des effets des sécheresses

(Clarke et al., 1998).

· Le modèle Magicc/Scengen

La version de MAGICC/SCENGEN qui a été utilisée comme modèle (Hadley Centre Unified Model 2 Transient, UK ou HadCM2 et Geophysical Fluid Dynamics Laboratory, USA ou GFDLLO) fournit uniquement les précipitations, la nébulosité et la température moyenne sous abri, sur des degrés 5°x 5°(555 Km x 555 Km environ), comme données de sortie pour les régions de Maradi et de Gaya. La période 1961-1990 a été utilisée comme scénario de base et IS92A (Reference Scenario) comme scénario de changements climatiques à l'horizon 2025.

II . 1 . 3 Les données d'entrée du modèle

Pour l'évaluation des besoins en eau des cultures (CWR), le modèle exige des données sur le climat, la culture et le sol. C'est pourquoi, la collecte a concerné des données météorologiques fournies par la direction de la météorologie nationale et des données sur le sol fournies par l'INRAN (Labosol).

· Les données suivantes ont été utilisées pour la période de référence :

-, l'évapotranspiration journalière obtenue à partir de l'évapotranspiration moyenne mensuelle de la période de référence 1978-1998 pour la région de Gaya et 1978-2002 pour la région d'Aguié;

-, la pluviométrie moyenne mensuelle de la normale 1961-1990 pour les deux zones d'étude;

-, le type de sol.

A Aguié, les sols sont de type ferrugineux tropical lessivé de texture sableuse. A Gaya, on trouve des sols à texture sablo-argileuse, limoneuse et limono- argileuse. L'humidité à la capacité de rétention (Hcr) des ces sols est consignée dans le tableau ci-après.

Tableau 1 : l'humidité à la capacité de rétention du sols des zones d'étude

Localité Aguié Gaya

Texture du sol Sableuse Sablo-argileuse Limoneuse Limono-argileuse

Hcr (%) 9 13 22 27

Source : INRAN (Labosol), Niamey 2003 -, les données sur les cultures,

En ce qui concerne le coefficient cultural, le programme étant déjà doté d'un certain nombre des cultures, seulement les dates du semis et la durée du cycle des cultures ont été utilisées. Le tableau ci-dessous nous donne le relevé de cette situation pour les deux régions.

Tableau 2 : Dates de semis et de récolte ainsi que le cycle de végétation retenus pour le mil, le sorgho et le niébé des zones de Gaya et Aguié.

Culture

Date de semis

Date de récolte

Durée du cycle (jour)

 

Gaya

Aguié

Gaya

Aguié

Gaya

Aguié

Mil

10 mai

15 juin

10 sept

15 sept

120

90

Sorgho

30 mai

30 juin

20 oct

15 oct

140

105

Niébé

30 mai

30 juin

20 oct

10 oct

140

100

 

Source : FAO, 1992


· Pour la projection à l'horizon 2025, en plus de ces données sur les cultures et le sol, nous avons utilisé la pluviométrie et la température fournies par le modèle Magic/Scengen pour les régions de Maradi et de Gaya à l'horizon 2025. L'évapotranspiration de 2025 a été obtenue en utilisant la formule de PENMAN avec pour entrée entre autre la température de la période correspondante. Une fois que toutes ces données sont saisies, Cropwat 4 Windows donne automatiquement les résultats sous forme de tables et des graphiques. Les résultats peuvent être obtenus à n'importe quel pas de temps: Journalière, décadaire ou mensuelle.

II . 1 . 4 Les données de sortie du modèle

Les résultats ainsi obtenus sont traduits sous la forme d'un certain nombre des paramètres de rendement estimés pour chaque culture. Il s'agit entre autres de :

- La Réserve Utile ou RU (mm); c'est la quantité d'eau maximale prélevable par les racines sur une épaisseur de sol donnée; elle correspond à la quantité d'eau totale retenue dans le sol utilisable par les plantes;

- La Réserve Facilement Utilisable ou RFU (mm), c'est la quantité d'eau facilement utilisable par la plante ; elle est toujours inférieure à la réserve utile et est égale à 2/3 de celle-ci ;

- Les valeurs moyennes du coefficient cultural;

C'est un paramètre qu'il est important de connaître dans le but d'évaluation de la quantité d'eau qu'une culture est susceptible de consommer.

- L'évapotranspiration réelle de culture ou Etc (mm/période), c'est l'évapotranspiration d'un couvert végétal dans des conditions réelles données;

- L'évapotranspiration maximale ou Etm (mm/période), c'est l'évapotranspiration de cette culture à un stade de développement particulier dans un climat donné;

- le rapport de l'évapotranspiration réelle de culture sur l'évapotranspiration maximale des culture noté Etc/Etm (%);

- la quantité totale de pluie tombée ou QTP (mm/période)

- la pluie efficace ou PE (mm/période), c'est la quantité de pluie tombée qui s'infiltre dans le sol ; - le déficit d'humidité du sol ou DHS (mm), c'est le besoin en eau non satisfait de la plante qui peut être apporté si possible;

- la réduction estimée de rendements due à l'effort des cultures ( quand le rapport Etc/Etm tombe en dessous de 100%).

Tous ces paramètres sont consignés sous forme d'un tableau pour chaque culture pour les deux périodes choisies et par zone agro-écologique.

II . 2 L 'approche socio-économique

Notre approche pour l'étude des systèmes de production s'apparente à la démarche pratique mise au point par JOUVE (1984) pour l'identification et l'étude des systèmes agraires dans le département de Maradi. Celle-ci comprend principalement cinq étapes comme proposé sur la figure 5.

 
 
 

1 ère Etape

 

Valorisation de l'information

 

2 ème Etape

3 ème Etape

Choix des facteurs déterminant L'exploitation de l'espace

Recueil de l'information Sur l'ensemble de la région

Prézonage de la région

Choix raisonné d'un échantillon de sites d'enquête (villages)

Réalisation des enquêtes et observations de terrain

Choix des thèmes d'enquête pour l'étude des agrosystèmes villageois (ASV)

Tests et ajustement du questionnaire

Elaboration du questionnaire

Choix du niveau d'enquête

 

Analyse et interprétation des résultats Mise en évidence des pratiques communes Elaboration d'une typologie des

agro-systèmes villageois

 
 
 
 
 
 
 
 

4 ème Etape

 

Analyse du fonctionnement des ASV Identification du ou des systèmes agraires

 
 
 

5 ème Etape

Caractérisation du fonctionnement et de la dynamique du ou des systèmes agraires

 

Extension géographique du ou des systèmes agraires

 

Identification des thèmes d'intervention prioritaires Recherche Développement

 

figure 5: Démarche pratique pour l'identification et l'étude des systèmes agraires (JOUVE, 1984)

II . 2 . 1 Valorisation de l'information existante

C'est une étape qui a consisté à l'étude documentaire relative aux zones d'étude en vue de mieux cerner la thématique de ce mémoire. Il faut dire que cette étape est la première dans l'organisation de ce travail et elle nous a permis de rassembler des informations relatives à la géographie, l'agriculture, la vie socio-économique, ...

Le CRESA à travers ses relations de collaboration avec le projet PADEL (Projet d'Appui au Développement Local) de Gaya et le PAIIP (Projet d'Appui aux Initiatives et Innovations Paysannes) d'Aguié nous a créée un cadre favorable à la réalisation des missions d'enquêtes.

Les enquêtes ont été effectuées selon le calendrier ci-après :

- du 05-08-2003 au 25-08-2003 pour la zone de Gaya ;

- du 06-09-2003 au 26-09-2003 pour la zone d'Aguié.

II . 2. 2 zonage et Elaboration du questionnaire

Cette étude concerne deux zones agro-écologiques différentes : la zone de Gaya et la zone d'Aguié. Le choix de ces zones se rapporte sur un certain nombre des critères relatifs aux conditions socio-économiques, et au milieu physique. Ainsi, les éléments suivants ont été pris en considération:

- le climat à travers essentiellement la pluviométrie, facteur limitant la production agricole dans nos conditions;

- le paysage: relief, topographie, sol;

- le peuplement humain: densité de la population;

- la disponibilité en terres de culture puisqu'il s'agit des zones essentiellement agricoles ; - la possibilité d'avoir des données climatiques et sectorielles sur une grande période.

Pour l'élaboration du guide d'enquête nous avons utilisé un questionnaire standard préparé par FES, Yale University (USA) et le CEEPA, Université de Pretoria (Afrique du Sud) distribué à tous les pays concernés par ce projet de Changements Climatiques (Annexe 1).

Les informations collectées à travers ce questionnaire sont reparties en sept sections :

- une section consacrée à la taille du ménage, l'âge, le sexe,.. .des membres de l'exploitation ; - une section consacrée à l'emploi ou l'occupation du chef de l'exploitation ;

- une section consacrée au nombre à la superficie des champs que possède l'exploitation ainsi que le statut foncier et le système de gestion de l'exploitation ;

- une section qui donne des informations sur le type des cultures pratiquées, la production par champ et par culture, ainsi que son utilisation, l'équipement agricole, les intrants, ainsi que les animaux de l'exploitation ;

- une section qui informe sur les différentes relations de l'exploitation avec les services techniques d'encadrement ;

- une section qui informe sur la contribution des revenus agricoles dans la formation du revenu total de l'exploitation ainsi que les différentes subventions agricoles dont elle bénéficie ;

- et enfin une section sur les variations à court et long terme du climat ainsi que les stratégies d'adaptation.

Ce questionnaire a fait l'objet d'un test dans l'arrondissement de Kollo, ce qui a permis de déterminer le temps moyen de l'entretien (trois heures en moyenne) ainsi que les difficultés liées à son utilisation.

II . 2 . 3 Réalisation des enquêtes

Après l'étape consacrée à l'étude documentaire relative aux deux zones, nous avons exécuté les missions conformément au calendrier établi.

Sur le terrain, nous avons démarré les activités par des entretiens avec les autorités compétentes pour les tenir informer de la réalisation l'étude. Ensuite à travers les entretiens avec les services techniques tels que le service de plan, la direction de la météorologie nationale, l'ONAHA, le service de l'agriculture ; nous avons collecté des données sur les paramètres climatiques et sectoriels pour la période d'observation disponible dans la zone. Il s'agit entre autres de rendements et de la production des principales cultures selon la zone ; des superficies exploitées, des pluviométries et des types du sol. Cette évolution se situe de 1983 à 2002 pour la zone de Gaya et de 1987 à 2002 pour la zone d'Aguié.

Le cadre du travail ainsi que les objectifs poursuivis sont présentés aux responsables de ces deux projets et leurs équipes techniques afin de nous aider à effectuer un choix judicieux des villages à enquêter. C'est ainsi que le choix a concerné le village de Bana pour la zone de Gaya et celui de Zabon Mousso pour la zone d'Aguié.

II . 2 . 3 . 1 Justification sur le choix des villages d'étude

Le choix de village de Bana se justifie non seulement par le Dallol qui offre une zone humide autour de laquelle se pratiquent beaucoup d'activités agricoles mais aussi par la langue parlée dans le terroir (Haoussa) et l'intervention de PADEL dans ce terroir pour nous faciliter l'introduction dans le terroir ainsi que la collecte des informations. Ce choix est aussi guidé par l'existence d'une station de recherche à 7 km du terroir (INRAN de Bengou) dans l'objectif d'avoir des données de la localité sur des séries historiques importantes.

Le village de Zabon Mousso se situe au centre du département d'Aguié; de ce fait il subit moins l'effet de la variabilité pluviométrique dans l'espace très marquée dans la zone. Ce village est un site d'intervention de PAIIP et il était avancé en terme de campagne agricole lors du déroulement des enquêtes. Dans ce village, on rencontre beaucoup de paysans qui sont scolarisés et expérimentés en matière de travail d'enquête.

En ce qui concerne l'organisation de la collecte des données socio-économiques, il faut souligner que l'enquête repose sur un échantillon tournant de 30 exploitations par village compte tenu du volume de questionnaire. Cette collecte est étalée sur une période de deux semaines par village également. Nous nous sommes intéressés à deux types d'exploitation (grande exploitation et petite exploitation) dont la pré-typologie a été réalisée en présence des chefs des villages et des membres de comités de gestion de terroir. Les critères ayant servi à la réalisation de cette pré- typologie sont essentiellement la taille du ménage, le nombre et l'importance des champs de l'exploitation. Et enfin nous avons procédé à un échantillonnage selon la méthode de choix raisonné. L'échantillon total est couvert par la somme des échantillons de chaque type d'exploitation. Ces derniers sont obtenus en faisant le produit du nombre de chaque type d'exploitation par l'échantillon total sur le nombre total des exploitations.

Un véhicule a été mis à notre disposition pour notre acheminement aux villages ainsi que pour le retour à la fin des enquêtes.

Il faut souligner au passage que comme tout travail de terrain, ces enquêtes n'ont pas été réalisées sans difficultés.

II . 2 . 3 . 2 Difficultés rencontrées

Au démarrage de ces enquêtes, malgré la formation reçue, nous avons rencontré énormément des difficultés pour nous adapter à ce questionnaire. Mais par la suite, l'expérience nous a permis de tirer un certain nombre d'enseignement sur la conduite de ces enquêtes et de mettre sur pieds un "code de conduite" permettant de faire face aux multiples difficultés.

les contraintes rencontrées sont de deux ordres :

- les contraintes d'ordre climatique dues essentiellement à la période choisie pour la réalisation de cette enquête.

Comme d'ailleurs dans tout le pays , cette période correspond à celle pendant laquelle les paysans ont un calendrier surchargé. Cette indisponibilité des paysans nous a contraint à des entretiens nocturnes dont le nombre ne dépasse jamais deux enquêtés par nuit.

Il faut enfin noter les interruptions des interviews à cause des pluies matinales et de fin des soirées.

- les contraintes d'ordre technique.

Il s'agit entre autres :

* Du volume du questionnaire qui fatigue les enquêtés ; ce qui explique la lassitude des paysans dont certains même nous fuient pour éviter d'être retenus pendant plusieurs heures;

* Du refus de certains enquêtés de répondre à certaines questions essentielles tels que les superficies et les rendements (cas de trois enquêtés de village de Bana), d'où l'obligation donc pour nous de les remplacer par d'autres paysans;

* De l'état du questionnaire qui est standard pour tous les pays pilotes du projet. Cela a causé énormément des difficultés pour l'adaptation de certaines questions à nos réalités ;

c'est le cas des cultures qui ont un cycle de végétation de 6 mois à 1 ans qui ne répond pas aux différentes saisons agricoles telles qu'elles sont établies dans le questionnaire ;

Il y a également la quantification des certaines productions et semences telles que les boutures de canne à sucre, de patate douce et de manioc ;

* Des événements sociaux intervenus au village : un cas de décès d'un enfant et de suicide d'une femme dans un puits intervenus le même jour (vendredi 12 septembre 2003) dans le village de Zabon Mousso lors du déroulement de l'enquête.

II . 2 . 4 Typologie des exploitations agricoles

Elle est établie à partir des données d'enquête dont l'analyse a permis de mettre en évidence les points communs et de dégager la diversité des modes d'exploitation du milieu et partant de là donc de juger l'existence d'un ou de plusieurs systèmes de production. A cet effet, les résultats du logiciel SPSS (diagramme de dispersion et les corrélations appariées) ainsi qu'un certain nombre de critères rigoureusement sélectionnés et considérés comme discriminants ont servi de base à cette typologie.

II . 2 . 5 Caractérisation du fonctionnement des systèmes de production

C'est la dernière étape de notre travail, elle a consisté après traitement des données

recueillies sur le terrain, à une analyse et interprétation des résultats obtenus. Ce qui a permis de caractériser les systèmes productifs agricoles des terroirs d'étude afin d'aboutir à une extension au niveau zonal.

CHAPITRE 3 : RESULTATS ET DISCUSSION

Conformément aux approches utilisées pour aborder ce travail, les résultats seront présentés en deux parties. Une première partie qui présente les effets de la variabilité climatique sur les rendements de mil, de sorgho et de niébé de façon comparée entre les deux zones et une deuxième partie sur l'analyse socio-économique. Cette dernière est faite sur la base d'une typologie des exploitations de zones correspondantes.

I . Effets de la variabilité climatique sur les rendements de mil, de sorgho et de niébé

Les résultats ainsi obtenus donnent la situation de l'humidité du sol, ainsi que

l'évapotranspiration sur deux périodes.
- la période de référence (Ref);

- la période de projection (2025).

I . 1 Le mil

L'examen de l'évolution des différents paramètres de rendement (RU, RFU, QTP, PE, Etc, Etc/Etm, DHS) de mil de ces deux zones montre une situation similaire pour les deux périodes (Tableau 3 et 4).

Dans la zone de Gaya, la réserve utile augmente rapidement et atteint son maximum dès la deuxième décade de mois de juin. Au même moment, la réserve facilement utilisable se stabilise à 84 mm.

Dans la zone d'Aguié, la réserve utile qui était de 30 mm à la date de semis, atteint les 100 mm à la troisième décade du mois de juillet où elle se stabilise jusqu'à la fin de la saison. Il en est de même pour la réserve facilement utilisable qui est passée de 15 à 60 mm .

Par ailleurs, durant toute la durée de la saison, l'évapotranspiration culturale de la zone de Gaya garde des valeurs assez régulières, dont le maximum n'a jamais atteint 6 mm/décade. Pour la période de référence, le déficit en eau se manifeste par des valeurs légèrement supérieures à celles de la réserve facilement utilisable. La baisse de rendement enregistrée à cet effet est de 0.1%. Pour l'horizon 2025, la tendance est à l'amélioration et le modèle ne prévoit aucune baisse de rendement liée au déficit en eau pour cette culture.

A Aguié, la pluie efficace s'améliore par rapport à la quantité totale tombée tout au long de l'avancement de la campagne jusqu'en début de la deuxième décade du mois d'août où l'essentiel de la pluie tombée s'infiltre dans le sol.

L'évapotranspiration (Etc), qui à l'installation des cultures était de 1.9 mm/décade pour l'année de référence et de 2.1 mm/décade pour l'horizon 2025, atteint son maximum (5-6

mm/décade) vers la deuxième décade du mois d'août avant de décroître à des valeurs très faibles. Cette évolution va de paire avec celle de l'évapotranspiration maximale puisque le rapport Etc/Etm était resté constant (100%) jusqu'à la première décade de mois d'août où il décroît.

Avec la même évolution que l'évapotranspiration culturale jusqu'en fin juillet, le déficit en eau augmente considérablement et prend des valeurs nettement supérieures par rapport à la réserve facilement utilisable en fin de campagne.

Tableau 3 : Paramètres de rendement de mil (Aguié)

Date

RU
(mm)

RFU
(mm)

QTP
(mm)/dcd

PE
(mm)/dcd

Etc
(mm)/dcd

Etc/Etm
(%)

DHS
(mm)

 

2025

Réf

2025

réf

2025

réf

2025

Réf 2025

 

réf

2025

Réf

2025

15/6

30

30

15

15

00

00

00

00

1.9

2.1

100

100

1.9

2.1

24/6

46.2

46.2

23.9

23.9

48.6

33.1

15.3

16.9

1.9

2.1

100

100

1.9

2.1

4/7

64.2

64.2

34.5

34.5

55.4

42.7

18.8

20.5

1.9

2

100

100

1.9

2

14/7

82.2

82.2

45.9

45.9

62.1

51.2

24.8

26.6

3.2

3.4

100

100

3.2

3.4

24/7

100

100

57.8

57.8

68.1

57.3

38.2

40

4.5

4.8

100

100

4.5

5.3

3/8

100

100

59.8

59.8

72.3

59.5

40

40

5.8

6

100

100

16.7

20

13/8

100

100

60

60

73.9

57.2

40

40

5.7

5.8

99.4

97.8

33.5

37.9

23/8

100

100

60

60

71.7

49.9

40

40

5.5

5.7

91.1

86.7

44.5

47.7

2/9

100

100

60

60

64.9

38.3

40

38.3

5.5

5.5

81.7

77.7

49.4

52.9

12/9

100

100

60

60

53.5

24.2

40

24.2

5.4

5

76.9

71.6

51

68

22/9

100

100

60

60

38.1

10.6

38.1

10.6

5.3

2.6

75.4

47.9

53.2

83.3

2/10

100

100

63.3

63.3

20.5

1.4

20.5

1.4

3.9

0.7

77.5

26.3

68.4

94.2

12/10

100

100

66.7

 

4.6

 

4.6

 

1.4

 

61

 

84.3

 
 
 

total

 
 

633.7

 

360.2

 

454.4

 

85.3

 
 
 

Tableau 4 : paramètres de rendement de mil (Gaya)

 
 
 
 
 
 
 
 
 

RU

RFU

QTP

PE

Etc

 

Etc/Etm

 

DHS

 

Date

(mm)

(mm)

(mm)/dcd

(mm)/dcd

(mm)/dcd

 

(%)

 

(mm)

 
 

Réf

2025

Réf

2025

réf

2025

Réf

2025

Réf

2025

réf

2025

Réf

2025

10/5

42

42

21

21

00

00

00

00

2

2

100

100

6.2

6.2

15/5

54.6

54.6

27.8

27.8

26.1

25.4

7.7

7.7

1.9

1.9

100

100

1.9

1.9

25/5

79.8

79.8

42.3

42.3

31.5

30.9

18.9

18.7

1.8

1.8

100

100

1.8

1.8

4/6

105

105

57.8

57.8

36.8

36.4

20.2

19.8

2.6

2.5

100

100

2.6

2.5

14/6

130

130

74.2

74.2

42.3

42.2

31.6

30.5

3.8

3.7

100

100

3.8

3.7

24/6

140

140

82.6

82.6

48.3

48.6

40

40

4.9

4.7

100

100

8.3

6.1

4/7

140

140

84

84

54.6

55.4

40

40

5.2

5

100

100

20.8

15.9

14/7

140

140

84

84

60.8

62.1

40

40

5

4.8

100

100

32

24.4

24/7

140

140

84

84

66.4

68.1

40

40

4.9

4.6

100

100

41.2

31.3

3/8

140

140

84

84

70.4

72.3

40

40

4.7

4.5

100

100

48.9

37

13/8

140

140

84

84

71.8

73.9

40

40

4.6

4.5

99.6

100

55.1

42

23/8

140

140

86.8

86.8

69.5

71.7

40

40

3.9

3.9

99.2

100

58

44.7

2/9

140

140

91.5

91.5

62.8

64.9

40

40

2.8

2.8

100

100

50.8

37.7

12/9

140

140

96.1

96.1

51.6

53.5

40

40

1.8

1.8

100

100

33

20.5

 
 

total

 
 

693

705

438

437

479

465

99.9

100

 
 
 

Ce déficit, important vers la fin de la campagne dans la zone d'Aguié, est intervenu à la fin du cycle de la plante; ce qui a entraîné une baisse totale de rendement de l'ordre de 14.7% pour la période de référence (tableau 5).

Tableau 5 : Estimation de la baisse de rendement de mil avec variabilité climatique à Aguié

Phase du cycle Réduction de rendement (%)

Période de référence Horizon 2025

Phase initiale 0.0 0.0

Mi- saison 0.0 00

Arrière-saison 18.6 28.9

Maturité 29.2 66.7

Réduction totale sur le rendement 14.7 27.4

Le modèle donne une situation beaucoup plus inquiétante pour l'horizon 2025 avec une estimation de baisse de rendement de l'ordre de 27.4%.

Il faut dire que les sols de la zone d'Aguié étant sableux, (avec une teneur faible en éléments fins), l'essentiel de l'humidité facilement utilisable, bien qu'importante se trouve à une profondeur qui va au delà de la zone explorée par les racines. Et avec le ralentissement des pluies en fin de campagne, le déficit augmente considérablement au stade de la maturation de la plante; stade à partir duquel le modèle prévoyait déjà une baisse de l'ordre de 66.7%.

D'autre part, le cumul de la pluie efficace a été de 360.2 mm pour l'année de référence, ce qui couvre de 10 mm donc le besoin hydrique minimal de mil (350 mm) dont le cycle n'excède pas 90 jours (Zakari, 1997). Néanmoins, on a enregistré une baisse de rendement de l'ordre de 14.7% pour la zone d'Aguié et de 0.1% pour la zone de Gaya où le cumul de la pluie efficace est supérieur à 430 mm. Ce qui présage une faible efficience de l'eau pour cette espèce. Parlant de cet indicateur de la réponse de mil à l'eau, Adamou (1994) affirmait que le calcul du bilan hydrique sur l'ensemble du cycle du mil, a montré que 40% du cumul pluviométrique en 1991 et 46% de ce cumul en 1992, n'ont pas été utilisés par la culture, ce qui confirme la faible efficience d'utilisation de l'eau de pluie par le mil cultivé en champ paysan des régions sahéliennes.

En outre, une étude conduite par Klaij et Vachaud (1992) cité par Adamou en 1994 a montré qu'en condition de basse fertilité l'eau n'est pas le premier facteur limitant la production du mil. Selon toujours cet auteur, les résultats de Payne et Vachaud révèlent que l'eau de pluie n'est pas utilisée de façon efficiente en condition de faible fertilité telle que celle rencontrée dans les champs de mil paysans au Niger.

I . 2 Le sorgho

D'une manière générale, à Gaya les deux périodes présentent les mêmes caractéristiques pour l'ensemble des paramètres étudiés, avec une tendance à l'amélioration pour l'horizon 2025

( Tableau 7).

Les réserves d'humidité sont assez importantes dans le sol de cette culture, l'évapotranspiration toujours en deçà de 5 mm/décade et le déficit hydrique relativement faible. Par conséquent, aucune baisse de rendement n'est prévue pour l'horizon 2025.

Pour la zone d'Aguié, la réserve utile (RU) et la réserve facilement utilisable (RFU) augmentent rapidement, prennent des valeurs maximales et se stabilisent dès la deuxième décade du mois d'août (Tableau 6).

Tableau 6 : paramètres de rendement de sorgho (Aguié)

date

RU (mm)

 

RFU (mm)

 

QTP (mm)/dcd

PE (mm)/dcd

Etc (mm)/dcd

Etc/Etm (%)

 

DHS (mm)

 
 

Réf

2025

Réf

2025

Réf

2025

réf

2025

Réf

2025

réf

2025

réf

2025

30/6

30

30

18

18

00

00

00

00

1.9

2

100

100

1.9

2

4/7

38

38

22.5

22.5

55.4

42.7

5.6

6.1

1.9

2

100

100

1.9

2

14/7

58

58

33.3

33.3

62.1

51.2

18.4

19.8

1.8

1.9

100

100

1.8

1.9

24/7

78

78

43.4

43.4

68.1

57.3

19.1

20.3

2.4

2.5

100

100

2.4

2.5

3/8

98

98

52.7

52.7

72.3

59.5

28.6

30

3.5

3.6

100

100

3.5

3.6

13/8

100

100

52

52

73.9

57.2

39.5

40

4.5

4.7

100

100

4.5

5.6

23/8

100

100

50

50

71.7

49.9

40

40

5.5

5.7

100

100

15.4

17.9

2/9

100

100

50

50

64.9

38.3

40

38.3

5.5

5.5

97.4

95.9

29

33.3

12/9

100

100

50

50

53.5

24.2

40

24.2

5.4

5.4

89.7

85.7

37.5

56.2

22/9

100

100

50

50

38.1

10.6

38.1

10.6

5.3

2.8

82.8

57.3

43.7

76.6

2/10

100

100

50

50

20.5

1.4

20.5

1.4

4.4

1.1

75.2

29.9

62.9

91.2

12/10

100

 

60

 

4.6

 

4.6

 

2

 

53.5

 

84.2

 
 
 

total

 
 

585

392

294

231

395

333

78.2

64.1

 
 
 

Tableau 7 : paramètres de rendement de sorgho (Gaya)

Date

RU
(mm)

RFU
(mm)

QTP
(mm)/dcd

PE
(mm)/dcd

Etc
(mm)/dcd

Etc/Etm
(%)

DHS
(mm)

 

Réf

2025

Réf

2025

réf

2025

Réf

2025

réf

2025

réf

2025

Réf

2025

30/5

54

54

32.4

32.4

00

00

00

00

1.8

1.8

100

100

7.2

7.2

4/6

72

72

42.5

42.5

36.8

36.4

7.2

7

1.8

1.7

100

100

1.8

1.7

14/6

108

108

61.9

61.9

42.3

42.2

17.4

16.8

1.7

1.6

100

100

1.7

1.6

24/6

144

144

79.9

79.9

48.3

48.6

18.4

17.5

2.3

2.2

100

100

2.3

2.2

4/7

180

180

96.5

96.5

54.6

55.4

27.2

25.9

3.2

3.1

100

100

3.2

3.1

14/7

180

180

93.3

93.3

60.8

62.1

36.4

34.5

4.1

3.9

100

100

4.1

3.9

24/7

180

180

90

90

66.4

68.1

40

40

4.9

4.6

100

100

9.8

7.4

3/8

180

180

90

90

70.4

72.3

40

40

4.7

4.5

100

100

17.5

13.1

13/8

180

180

90

90

71.8

73.9

40

40

4.6

4.5

100

100

23.9

18.2

23/8

180

180

90

90

69.5

71.7

40

40

4.5

4.5

100

100

29.3

23

2/9

180

180

91.8

91.8

62.8

64.9

40

40

4.4

4.5

100

100

34.1

28.1

12/9

180

180

110

110

51.6

53.3

40

40

3.7

3.9

100

100

34.3

29.4

22/9

180

180

128

128

36.5

38.1

36.5

38.1

3.1

3.3

100

100

31.4

26.6

 
 

total

 
 

672

687

383

380

441

435

100

100

 
 
 

La pluie efficace faible en début de campagne prend des valeurs aussi importantes que la pluie totale vers la troisième décade du mois d'août. Aussi, avec la même évolution, l'évapotranspiration culturale 2025 est légèrement supérieure à celle de la période de référence.

Le rapport Etc/Etm qui était constant dès le début de l'installation des cultures, a commencé à diminuer dès la première décade du mois de septembre, période à laquelle le déficit d'humidité du sol DHS prend des valeurs aussi importantes que celles de la réserve facilement utilisable.

Tableau 8 : Estimation de la baisse de rendement de sorgho avec variabilité climatique à Aguié

Phase du cycle Réduction de rendement (%)

Période de référence Horizon 2025

Phase initiale 00 00

Mi- saison 00 00

Arrière-saison 7.5 17.8

Maturité 13.3 18.6

Réduction totale de rendement 19.6 32.3

Le déficit d'humidité du sol enregistré au cours la période de référence pour la culture de sorgho dans la zone d'Aguié s'est traduit par une baisse de rendement de l'ordre de 19.6%. Et la tendance est à la hausse pour l'estimation à l'horizon 2025 avec une prévision de baisse de rendement de 32.3%. Ceci se justifie quand on sait que suite à la diminution de la disponibilité en eau prévue par le modèle dans cette la zone, une pluie efficace de 230 mm est insuffisante pour couvrir le besoin hydrique minimal d'une céréale aussi exigeante en eau qu'est le sorgho.

I . 3 Le niébé

A l'instar des autres cultures de la zone de Gaya, les paramètres de rendement du niébé présentent les mêmes caractéristiques pour les deux périodes étudiées. Il faut aussi dire que la situation est assez proche de celle de mil avec lequel ils sont le plus souvent associés.

Le rapport Etc/Etm baisse légèrement du niveau optimal (100%). Au même moment, le déficit d'humidité du sol prend des valeurs qui augmentent légèrement sans atteindre celles de la réserve facilement utilisable (Tableau 10).

A Aguié, avec l'installation des pluies, la réserve utile (RU) et de la réserve facilement utilisable (RFU) s'améliorent durant toute la période de la campagne. La réserve utile qui, à la date de semis était de 30 mm, atteint les 100 mm dans la troisième décade du mois d'août; période pendant laquelle la réserve facilement utilisable se stabilise à 45 mm (Tableau 9).

En début de campagne, à chaque pluie tombée, la pluie efficace (PE) correspond à environ la moitié de la pluie totale (QTP). Cette pluie efficace augmente jusqu'en première décade du mois de septembre où l'essentiel de la pluie totale tombée s'infiltre dans le sol.

L'évapotranspiration culturale, faible à l'installation des cultures, augmente simultanément avec l'évapotranspiration maximale ( Etc/Etm = 100 %). Elle atteint ses valeurs maximales

(6 mm/décade) en août avant de descendre à des valeurs très faibles en fin de campagne. Ce qui se traduit par une décroissance du rapport Etc/Etm. Ainsi quand pour une culture, l'apport d'eau ne satisfait pas ses besoins, on a Etc qui décroît plus vite que Etm; dans ces conditions, la culture subit un manque d'eau pouvant compromettre sa croissance et en conséquence son rendement.

Le déficit d'humidité du sol (DHS), faible en début de campagne, évolue au rythme de l'évapotranspiration culturale. A partir de la deuxième décade du mois d'août, ce déficit devient croissant et fréquent jusqu'en fin de campagne où il atteint des valeurs qui sont très élevées par rapport à la réserve facilement utilisable.

Le déficit en eau était très faible et inférieur à la réserve facilement utilisable pendant toute la période correspondant au début du cycle de la plante et une bonne partie de sa phase végétative (dernière décade du mois d'août). Ce déficit s'équilibre avec la RFU et augmente considérablement jusqu'à la fin du cycle de la plante (arrière saison et maturité). Ce déficit en eau intervient alors pendant les deux dernières phases essentielles du cycle de la plante.

Tableau 9 : Les paramètres du rendement de niébé ('Aguié).

Date

RU
(mm)

RFU
(mm)

QTP
(mm)/dcd

PE
(mm)/dcd

Etc
(mm)/dcd

Etc/Etm
(%)

DHS
(mm)

 

2025

Réf.

2025

Réf.

2025

Réf.

2025

Réf.

2025

Réf.

2025

Réf.

2025

30/6

30

30

13.5

13.5

00

00

00

00

2.5

2.7

100

100

2.5

2.7

4/7

35.6

35.6

16

16

55.4

42.7

7.5

8.1

2.5

2.7

100

100

2.5

2.7

14/7

49.6

49.6

22.3

22.3

62.1

51.2

24.4

26.1

2.4

2.6

99.9

99.2

2.4

2.6

24/7

63.6

63.6

28.6

28.6

68.1

57.3

25.4

27

3.1

3.3

100

100

3.1

3.3

3/8

77.6

77.6

34.9

34.9

72.3

59.5

37.3

39

4.5

4.7

100

99.9

4.5

4.7

13/8

91.6

91.6

41.2

41.2

73.9

57.2

40

40

5.8

6

99

98.4

16.1

17.8

23/8

100

100

45

45

71.7

49.9

40

40

6.4

6.5

92.2

90.4

34.1

36.3

2/9

100

100

45

45

64.9

38.3

40

38.3

6.3

6.4

78.4

75.9

43.6

46.8

12/9

100

100

45

45

53.5

24.2

40

24.2

6.2

4.8

69.7

63.7

47

62.9

22/9

100

100

45

45

38.1

10.6

38.1

10.6

6.1

2.6

66.5

43.6

49.8

79.4

2/10

10

100

48.8

48.8

20.5

1.4

20.5

1.4

3.8

0.9

62.4

24

65.3

92.2

12/10

100

 

56.3

 

4.6

 

4.6

 

1.4

 

52.4

 

80.8

 
 
 

total

 
 

585

392.3

318

254.8

406

355

79.4

67.6

 
 
 

Tableau 10 : paramètres de rendement de niébé (Gaya )

Date

RU
(mm)

RFU
(mm)

QTP
(mm)/dcd

PE
(mm)/dcd

Etc
(mm)/dcd

Etc/Etm
(%)

DHS
(mm)

 

Réf

2025

Réf

2025

réf

2025

Réf

2025

réf

2025

réf

2025

Réf

2025

30/5

42

42

18.9

18.9

00

00

00

00

2.4

2.4

100

100

6.6

6.6

4/6

51.8

51.8

23.3

23.3

36.8

36.4

9.6

9.3

2.4

2.3

100

100

2.4

2.3

14/6

71.4

71.4

32.1

32.1

42.3

42.2

23.2

22.4

2.3

2.2

100

100

2.3

2.2

24/6

91

91

41

41

48.3

48.6

24.4

23.3

3

2.9

100

100

3

2.9

4/7

111

111

49.8

49.8

54.6

55.4

35.4

33.6

4.2

4

100

100

4.2

4

14/7

130

130

58.6

58.6

60.8

62.1

40

40

5.3

5

100

100

12.1

9.4

24/7

140

140

63

63

66.4

68.1

40

40

5.6

5.3

100

100

28.1

22.6

3/8

140

140

63

63

70.4

72.3

40

40

5.4

5.2

98.4

99.8

42

35

13/8

140

140

63

63

71.8

73.9

40

40

5.3

5.2

93.3

96.9

51.8

45.2

23/8

140

140

63

63

69.5

71.7

40

40

5.2

5.2

87.7

92.1

57.6

52.7

2/9

140

140

69.3

69.3

62.8

64.9

40

40

4.1

4.1

85.8

89.5

58.6

55.8

12/9

140

140

79.8

79.8

51.6

53.5

40

40

2.3

2.4

98.3

99.2

48.8

47.1

 
 

total

 
 

635

649

373

369

431

426

96

97.5

 
 
 

Le tableau ci-après nous donne l'estimation de la baisse de rendement de niébé engendré par le déficit selon la zone, la période et le stade phénologique de la plante. Il donne également une estimation de réduction totale de rendement selon la zone.

Tableau 11 : Estimation de la baisse du rendement de niébé avec variabilité climatique à Aguié et Gaya

Phase du cycle Réduction de rendement (%)

Période de réf. Horizon 2025

Aguié Gaya Aguié Gaya

Phase initiale 0 00 0 00

Mi- saison 0.2 00 0.4 00

Arrière- saison 26.5 5.5 40 2.9

Maturité 20 3.9 34.7 3

Réduction totale sur le rendement 23.7 4.6 37.3 2.9

Dans la zone de Gaya, les faibles valeurs de la réserve facilement utilisable n'ont pas été sans conséquence sur le rendement du niébé. Mais la tendance est à l'amélioration puisque la baisse de rendement prévue à l'horizon 2025 (2.9%) est relativement inférieure à celle de la période de référence (4.6%).

Dans la zone d'Aguié le déficit hydrique constaté pour les deux périodes et pendant les deux premières phases du cycle n'influence en rien le rendement de cette culture. Cette dernière est beaucoup plus exigeante en eau pendant les deux dernières phases de son cycle où le déficit constaté au cours de ces phases provoquerait une baisse de rendement de l'ordre de 40% à l'arrière saison (floraison) et de 34.7% pour la phase de maturation (à la formation des produits surtout). La baisse de rendement enregistrée pour l'année de référence est de 23.7% et le modèle prévoit une réduction de l'ordre de 37.3%.

Le cumul de la pluie efficace qui était de 3 17.8 mm sera de 254.8 mm à l'horizon 2025. Ce qui est insuffisant pour couvrir le besoin en eau de cette culture. Puisqu'il ne satisfait pas le besoin hydrique minimal (300 mm ) d'un niébé de 90 jours (Zakari, 1997).

Aussi, faudrait-il rappeler que quand un déficit hydrique survient à un moment déterminé de la période végétative d'une culture, le rendement répondra à ce déficit de façon extrêmement variable selon la sensibilité de la culture au moment considéré. Ce qui explique la baisse de rendement constaté sur certaines cultures dans des zones suffisamment arrosées (cas de la légère réduction de rendement du niébé (2.9%) prévue à Gaya). D'ailleurs, c'est pourquoi les paysans s'adonnent à des pratiques consistant à développer deux ou plusieurs cultures sur le même lot de terrain et dans la même période. En plus de ces avantages, les associations culturales visent une plus grande production du système et surtout une plus grande stabilité dans la production (Bacci, 1992).

Impact de la variabilité climatique sur les systèmes de production à Bana (GAYA) et à Zabon Mousso (AGUIE)

II . Influence de la variabilité climatique sur la disponibilité en eau du sol

Les graphiques ci-après traduisent l'évolution du déficit d'humidité du sol (DHS) pour les cultures de mil, de sorgho et de niébé sur les deux périodes :

- l'année de référence dont la courbe est représentée en trait plein;

- l'horizon 2025 dont la courbe est représentée par des traits en pointillé.

II . 1 Le mil

1 00

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0

2025

P .ref

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 12 13

temps (décade)

mil aguié

m il gaya

70

60

50

40

30

20

10

0

P .ref

2025

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14

temps (décade)

Figure 6 : L'évolution de déficit d'humidité du sol (SMD) pour la culture de mil, à l'échelle décadaire dans les zones d'Aguié et da Gaya.

L'évolution du déficit humidité du sol de ces deux graphiques peut être subdivisée en trois parties :

- une partie caractérisée par des déficits assez faibles dont les valeurs n'excèdent jamais celles de

l'évapotranspiration culturale. Cette partie correspond au début du cycle de la culture (phase

initiale);

- une partie correspondant à la phase végétative de la culture avec une évolution croissante des déficits en eau. A ce stade de développement végétatif (mi-saison et arrière saison), le modèle prévoit pour l'horizon 2025 une augmentation semblable mais légèrement supérieure à celle de la période de référence pour la zone d'Aguié.

Par contre, à ce stade, ce déficit est prévu à la baisse pour la zone de Gaya;

- une partie qui correspond à la fin du cycle de la culture notamment le stade de floraison et de la formation du produit (la maturation). Cette partie est caractérisée par des déficits très élevés. Ses valeurs sont nettement élevées par rapport à la réserve facilement utilisable pour la zone d'Aguié. Le déficit (2025) serait beaucoup plus important expliquant ainsi la réduction de la baisse de rendement (27.4%) prévue à cette période. A Gaya par contre, aucune baisse de rendement n'est prévue pour cette culture. Dans cette zone, le déficit (2025) inférieur à celui enregistré pour la période de référence, atteint son maximum et tombe à des valeurs faibles sans atteindre celles de la réserve facilement utilisable et la fin du cycle de la plante.

II . 2 Le sorgho

40

35

30

25

20

15

10

5

0

P.ref

2025

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13

temps (décade)

sorgho gaya

100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0

2025

P.ref

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

temps (décade)

sorgho aguié

Figure 7 : L'évolution de déficit d'humidité du sol (SMD) pour la culture de sorgho à l'échelle décadaire dans les zones d'Aguié et de Gaya.

Pour la culture de sorgho, on retrouve aussi la même évolution du déficit que précédemment : - une partie avec des déficits relativement faibles;

- une partie où les déficits augmentent considérablement avec les mêmes tendances entre les zones et entre les périodes que précédemment;

- une partie caractérisée par des déficits élevés surtout pour la zone d'Aguié. Le déficit (2025) de cette zone relativement plus élevé jusqu'à la fin de du cycle de la culture explique la baisse de rendement (32%) prévue.

Pour la zone de Gaya, la courbe de déficit (2025) reste en dessous de celle de la période de référence qui, elle même est sans influence sur le rendement de sorgho.

II . 3 Le niébé

100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0

2025

P .ref

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

temps (décade)

niébé aguié

70

60

50

40

30

20

10

0

P.ref

2025

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

temps (décade)

niébé gaya

Figure 8 : L'évolution de déficit d'humidité du sol (SMD) pour la culture de niébé à l'échelle décadaire dans les zones d'Aguié et de Gaya.

L'évolution de déficit en eau du sol pour la culture de niébé se repartit également en trois parties :

- une partie où le déficit évolue très lentement avec des valeurs faibles et égales à celles de l'évapotranspiration culturale;

- une partie au cours de laquelle, le déficit en eau prend des valeurs importantes sans atteindre la réserve facilement utilisable. Contrairement à la zone d'Aguié, le modèle prévoit à ce stade pour l'horizon 2025 une amélioration de la disponibilité en eau pour la zone de Gaya puisque le déficit en eau (2025) est légèrement en dessous de celui de la période de référence (ref);

- une partie correspondant à la fin du cycle des cultures où le déficit en eau gardent des valeurs très élevées jusqu'à la fin du cycle de la plante pour la zone d'Aguié. ce qui explique la baisse de rendement enregistrée (23.7%) et celle prévue (37.3%) dans cette zone. A Gaya, le modèle prévoit une situation similaire à celle de la période de référence pour le niébé avec une tendance à l'amélioration.

Conclusion partielle

L'analyse des résultats sur ces aspects biophysiques fait ressortir une tendance à la diminution de la disponibilité en eau de l'ensemble des cultures (mil, sorgho, niébé) pour la zone d'Aguié à l'horizon 2025. Pendant cette période, le modèle prévoit pour les mêmes cultures, l'amélioration des conditions hydriques et une situation moins inquiétante pour la zone de Gaya.

La situation de la zone d'Aguié s'explique non seulement par la nature de sol de la zone mais aussi par le degré de tolérance des espèces cultivées comme le mil vis à vis de la sécheresse. Aussi, l'effet de manque d'eau sur la croissance et le rendement est fonction de l'espèce et de la variété cultivée d'une part, de l'importance du déficit hydrique et du moment auquel il se produit d'autre part.

Aussi, le calcul des besoins en eau des cultures de saison de pluie ainsi utilisé, découle de l'examen de la réponse des rendements à l'eau. Il est évident qu'on ne peut considérer cette réponse des rendements à l'eau indépendamment des autres facteurs agronomiques tels que les engrais, la densité des semis ainsi que la protection des cultures car de ces facteurs dépend aussi la mesure dans laquelle le rendement réel approche le rendement maximum.

Ce travail, loin d'être exhaustif est élargi sur une étude de caractérisation des systèmes de production de ces zones.

III . L'analyse socio-économique

III . 1 Les systèmes de production

La répartition dans l'espace des différents systèmes de culture de ces zones est fonction des conditions d'entretien des cultures, de la fertilité des sols et surtout de la nature des sols. Ainsi, pour l'ensemble des villages étudiés, on rencontre tout autour et même dans les habitations, des champs de cases avec des espèces cultivées très diversifiées (Gombo, Oseille, Maïs, Mil, Sorgho, Sésame,...). La gamme des espèces cultivées dans ces champs est beaucoup plus importante dans la région d'Aguié surtout chez les agro-éleveurs.

Dans cette zone, les systèmes les plus souvent rencontrés sont les systèmes associatifs mil-soghoniébé, mil-sorgho-arachide, mil-souchet et sorgho-souchet sur des sols sableux (Jigawa) avec des rotations multiples. Les systèmes associatifs sorgho-arachide, mil-arachide ou mil-niébé se rencontrent aussi sur les sols limoneux (Geza).

Dans la zone de Gaya, les systèmes associatifs mil-sorgho-niébé se pratiquent généralement sur les terrasses avec le mil et le sorgho tardifs en culture pure sur les champs lointains. Sur les sols des Dallols se pratiquent la culture du sorgho, du riz pluvial, de la canne à sucre, etc.

En ce qui concerne la production animale, il faut dire que pour les deux zones étudiées, l'élevage semble être limité par les disponibilités en jachères et en parcours et particulièrement par les ressources en eau pour la zone d'Aguié. Ce qui conduit le plus souvent à des gestions individuelles des animaux pour faire du fumier dans les concessions afin de pallier la réduction des jachères.

III . 1 . 1 Les facteurs de production

D'après les enquêtes, la surface moyenne cultivée par exploitation dans le terroir de Bana est deux fois plus importante que celle de Zabon Mousso (12,3 ha contre 6,3 ha). Ce qui traduit le manque de terres cultivables qui caractérise les exploitations de la zone d'Aguié.

A Zabon Mousso, les exploitations ont deux types des champs :

- le champ du chef de l'exploitation ou "Gandou" ;

- les champs des membres de l'exploitation (femmes et enfants mariés qui ne sont pas encore détachés de l'exploitation) ou "Gamana".

Tous les chefs de Gamana et les autres membres de l'exploitation sont tenus de travailler sur le Gandou dans la semaine selon une période déterminée par le chef de l'exploitation : quatre jours par semaine de travail sur le Gandou le plus souvent; et les trois autres jours leur reviennent pour travailler sur leur lopin de terre.

En fin de campagne, le chef donne une part équitable de la production de Gandou (selon la capacité de l'exploitation) aux différents chefs de Gamana. Selon une autre version, le produit du Gandou qui est géré par le chef d'exploitation est distribué en trois parties : l'une aux Gamana, l'autre placée dans le grenier de réserve et enfin la troisième revient au chef pour ses échanges avec l'extérieur (Raynaut et al, 1988).

III . 1 . 1 . 1 Les sols et le mode d'accès à la terre

L'ensemble du département d'Aguié se situe dans une zone à dominance de sols sableux dunaires avec des taux d'argile inférieur à 2% (SAA, 2003). Dans cette zone, le mode d'accès à la terre le plus fréquent est surtout l'héritage et l'achat ; mais il existe aussi le prêt et la mise en gage. A Zabon Mousso, il est facile d'accéder à la terre agricole par l'achat, d'ailleurs c'est pourquoi les producteurs connaissent parfaitement le prix de la parcelle d'un hectare (100000 à 150000 f CFA). Ce qui contribue à l'aggravation du problème d'insuffisance des terres agricoles dans une zone déjà densément peuplée (91.3 habitants au km2). L'augmentation de la population dans cette zone a conduit au morcellement des parcelles et à la diminution de la taille de l'exploitation. Ainsi une exploitation moyenne comprend huit (8) habitants et dispose ainsi d'environ 4.5 hectares (ha) de terres cultivables soit 0.6 hectare par personne (SAA Aguié, 1997). Cela se confirme par nos enquêtes. Ainsi, l'exploitation moyenne comprend dix (10) personnes et dispose de 6.3 hectares à Aguié et de 12.3 hectares à Gaya de superficies cultivables soit respectivement 0.63 et 1.23 hectares par personne.

Dans le terroir de Bana, l'essentiel des activités agricoles se pratique sur la plaine constituée d'une succession de glacis, de terrasses et de bas-fonds. Pour l'ensemble des personnes enquêtées, le mode d'accès à la terre est l'héritage (90%) suivi du prêt et de don. Dans ce terroir, il est difficile d'accéder à la terre par l'achat. Néanmoins, les enquêtes révèlent des cas de location ou "talmey" à raison de 20 000F l'hectare pour une campagne. Les producteurs affirment qu'ils n'ont pas encore commencer à vendre la terre dans leur terroir; c'est pourquoi, il leur serait difficile de déterminer un prix à la terre agricole.

III . 1 . 1 . 2 la main d'oeuvre

La capacité d'une exploitation dépend de la composition démographique de l'exploitation qui donne la force de travail de cette unité de production. Cette force de travail de l'exploitation dépend elle- même de l'âge et du sexe de ses membres ( Ali, 1993).

Nos enquêtes ont révélé une forte utilisation de la main d'oeuvre familiale dans tous les deux villages enquêtés, et cela, faute des moyens financiers chez certaines exploitations d'une part et de manque de la main d'oeuvre salariale selon la période d'autre part.

En dehors de cette main d'oeuvre familiale, il existe des formes d'entraide dans tous les deux villages. Celles-ci se limitent essentiellement au travail collectif ou "Gayya" sur certaines opérations culturales telles que le sarclage et la récolte. Ce travail est comme son nom l'indique collectif et "gratuit" car le bénéficiaire est seulement tenu d'assurer la ration des travailleurs.

A Bana, une autre forme de main d'oeuvre salariée amène les jeunes à s'organiser en groupe et travaillent sur les exploitations à fin d'épargner leur argent. Ceci servira lors de la fête de ramadan à payer un boeuf, et l'égorger pour se partager la viande.

III . 1 . 1 . 3 Les intrants et les équipements agricoles

Les intrants agricoles sont des consommations intermédiaires composés essentiellement des engrais minéraux, des pesticides et de fumier. Bien que les producteurs sont conscients de l'importance de l'utilisation des engrais minéraux et des pesticides, l'insuffisance des moyens financiers et la rareté de ces produits limitent leur utilisation surtout chez les exploitations à faible revenu. Pour l'ensemble des exploitants enquêtés à Bana, le rendement du niébé est intimement fonction de l'utilisation des pesticides. Cela se justifie par la forte corrélation obtenue (0.965) entre la production du niébé et l'utilisation des pesticides et surtout par le très faible rendement de niébé (20 kg/ha) obtenu par les exploitations du type 1 qui sont des exploitations qui n'utilisent pas du tout des pesticides. Pour les habitants de ce terroir, la proximité du Nigeria facilite quelques fois l'accessibilité aux engrais minéraux à moindre coût, mais dont la qualité laisse à désirer.

En dehors de matériel aratoire (la houe, la daba, le coupe-coupe, la faucille,...) la majorité des exploitations du terroir de Bana (soit 80% selon les enquêtes) utilise l'attelage grâce à l'appui du projet PAIGLR depuis 1995. Cet appui a concerné l'octroi des crédits agricoles aux producteurs (1 charrette + 1 charrue + 160 000 FCFA pour l'achat de deux boeufs de trait ).

Les engrais minéraux et surtout les pesticides y sont également très peu utilisés dans le terroir de Zabon Mousso. L'utilisation de pesticide par la majorité des producteurs de ce terroir se limite aux produits en poudre, mélangés avec les semences lors du semis. Et selon leur constat, ce

pesticide jouerait un rôle de fertilisant puisqu'il permet une bonne germination et un bon démarrage des cultures.

L'équipement agricole est essentiellement constitué des matériels aratoires. Les matériels de culture modernes sont faiblement utilisés compte tenu de la nature des terres qui ne sont pas difficiles à travailler et de l'insuffisance des moyens pour s'en approvisionner. Dans ce terroir, 47% des exploitants utilisent l'attelage. C'est pourquoi, il existe des charrettes utilisées pour le transport de l'eau, des produits de récolte... et des semoirs essentiellement pour la culture du souchet. Dans ce terroir, les gros utilisateurs de l'engrais (NPK ou golden) sont surtout les exploitants qui produisent du souchet.

III . 1 . 2 Les systèmes de culture

III . 1 . 2 . 1 Les éléments du système

Dans le terroir de Zabon Mousso, comme d'ailleurs dans toute la zone d'Aguié, les cultures pratiquées sont essentiellement le mil, le sorgho, le maïs, le niébé, l'arachide, et le souchet. Il existe également d'autres cultures comme le voandzou, le sésame, l'oseille, le gombo, etc.

Le souchet est faiblement produit dans ce terroir bien qu'il soit rentable du fait de son exigence en travail et surtout en engrais.

Il faut dire que dans ce terroir, il existe une large gamme de variétés pour les cultures principales dont les variétés améliorées vulgarisées par le projet. Il s'agit entre autre de :

- Mil tardif : "Maïwa"," Zongo"," Zanfarwa", "Wiyan" "bijini"... ;

- Mil précoce : "Dan gombey", CT6, PK5... ;

- Sorgho précoce : "El bazanga", "Mota", "El malam barmou", "Aban acouya", "Maï jimirin chira"... ;

- Sorgho tardif : "El mandi", "Makaho", "Tantagarya"... ;

- Niébé précoce: "Dan kabo", "dan tchana", "dakanta ouban zawara", "Dan baârey", "Dan illa", KBX, "Jan wakey", "Maï jimirin darpa"...;

- Niébé tardif: "Sa babba sata", "Kachéni maï gari", "Dan dam"... ;

Le maintien d'une telle gamme des variétés constitue pour les agriculteurs un moyen d'adaptation aux sols pour des variations du climat (Jouve, 1984).

Il n'existe pratiquement pas des cultures de contre saison dans ce terroir du fait des manques de terres qui y sont adaptées et surtout des ressources en eau.

A Bana, en plus des principales cultures (comme le mil précoce ou "guero" ou "dan bagagi" ou "bundin biri"ou "bahaouché"; le mil tardif ou "maïwa"; le sorgho ou "malley" ou "el kokoba" ou

"fara fara" ou "maloka"; le niébé ou "gnagaou"; etc.), il se pratique énormément des cultures irriguées ou non en contre saison. On note parmi celles-ci la canne à sucre, le manioc, la patate douce, le riz, le maïs, le gombo... En dehors de quelques céréales, l'essentiel des produits issus des cultures de contre saison est commercialisé tantôt sur le marché, tantôt sur les champs.

D'autres cultures comme le gombo, l'oseille, le sésame qui génèrent aussi des revenus sont également produites en pluvial.

III . 1 . 2 . 2 Les systèmes de culture pratiqués

Les systèmes de culture de Gaya et d'Aguié se basent essentiellement sur les principales cultures du pays. Ces systèmes se caractérisent par l'importance des cultures pluviales vivrières que sont le mil, le sorgho et le niébé et de ce point de vue, il rend possible une étude comparative dans ces deux localités. C'est pourquoi, dans le cadre de ce travail, nous allons nous intéresser essentiellement à ces trois cultures de ces deux terroirs. Les autres cultures viennent en terme des stratégies d'adaptation aux milieux.

Dans le terroir de Zabon Mousso comme d'ailleurs dans toute la zone d'Aguié, la gestion des aléas climatiques et l'insuffisance des espaces agricoles (due à la forte pression démographique et à la vente des terres agricoles) a entraîné la disparition de la jachère et impose au même moment plusieurs types d'association culturale :

- Mil +Sorgho +Niébé ;

- Arachide +Sorgho ou Arachide + Mil ;

- Souchet +Sorgho ou Souchet + Mil ;

- Maïs ou Sorgho + sésame + Oseille + Gombo... essentiellement au niveau des champs de case généralement très fertiles.

Figure 9 : Champ de cases d'un agro-éleveur à ZABON MOUSSO

On y rencontre également l'arachide ou le souchet produit sans association.

Dans le terroir de Bana, avec l'installation de la saison des pluies, les terres des bas-fond sont généralement inondées, et avec elles, une grande partie d'espace (sols lourds ) devient inexploitable. Ce phénomène conduit même de fois à la perte de certaines cultures irriguées comme la canne à sucre et le manioc qui ne sont pas encore récoltés. C'est pourquoi l'essentiel des cultures sous pluies se pratiquent sur les sols dunaires des plaines ou "Faska" en langue locale. De ces cultures, le mil tardif ou "Maïwa" est le plus souvent cultivé en pur du fait de son tallage envahissant qui n'est pas favorable à l'association. Le riz pluvial est aussi cultivé en pur dans les dépressions de "Faska" souvent riche en limon.

III . 1 . 2 . 3 Les calendriers culturaux

Tableau 12 : Calendrier cultural de mil

Avril

Mai

Juin

Juil.

Août

Sept.

Octo.

Nbre

Défrich.

Semis à sec

Semis

1er sarclage

2è sarclage

Récolte

3è sarclage

Récolte

Tableau 13 : Calendrier cultural de sorgho

Avril

Défrich.

Semis à sec

Semis

1er sarclage

2è sarclage

Récolte

3è sarclage

Récolte

Mai

Juin

Juil.

Août

Sept.

Octo.

Nbre

Tableau 14 : Calendrier cultural de niébé

Avril

Mai

Juin

Juil.

Août

Sept.

Octo.

Nbre

 

Défrich.

 

Semis

 
 
 
 
 
 

Terroir de Zabon Mousso Terroir de Bana

Compte tenu des caprices des pluies dans nos conditions, ces calendriers restent approximatifs. Le retard des premières pluies qui déterminent les semis amène les paysans à procéder à un ou plusieurs semis à sec dans la zone d'Aguié. La régularité des pluies influence également ces calendriers culturaux.

Compte tenu aussi de la durée et de l'importance des pluies dans la zone de Gaya, les producteurs ne s'intéressent pas du tout aux variétés précoces du sorgho et du niébé, car leur récolte intervient à un moment où ils sont très occupés et où l'humidité est très forte; d'où alors le risque de pourriture des produits à récolter.

III . 1 . 2 . 4 Le fonctionnement des systèmes de culture

La description des systèmes de culture de ces deux terroirs fait ressortir une diversité dans les techniques utilisées pour le fonctionnement de ces systèmes.

La toposéquence et la nature des terres agricoles sont des éléments importants qui déterminent les techniques adoptées dans l'exécution des toutes les opérations culturales des zones ainsi étudiées.

l'itinéraire technique

Dans le terroir de Zabon Mousso, les travaux de préparation des champs se limitent aux défrichements, aux apports de fumier, de compost et de glumes et glumelles. Avec l'appui des projets comme le PDRAA, le PAF SALAMA et l'UNICEF, on note depuis une quinzaine d'année, l'introduction des nouvelles techniques de restauration de la couverture ligneuse quasiment détruite par la sécheresse de 1973 et 1984 (Lamine, 2002). Parmi celles-ci, la protection de la régénération naturelle qui consiste à laisser un défrichement amélioré.

Après une pluie utile, les semis se font simultanément à cause des risques liés aux fluctuations inter- annuelles des pluies. Le sarclage à la hilaire permet de travailler des grandes superficies en un temps record. Compte tenu des variations climatiques et des changements des précipitations, les producteurs s'intéressent de plus en plus aux variétés précoces qu'aux variétés tardives.

La récolte de céréales se fait généralement sur pieds, après quoi les tiges sont coupées pour améliorer l'aération des cultures encore sur place comme le niébé et le sorgho tardif.

A Bana, la nature des terres de culture exige pas mal d'opérations culturales seulement pour la préparation des sols :

- Le défrichement : Ce travail concerne tous les types de terrain. Il concerne surtout les espèces telles que Guiera senegalensis, Andropogon gayanus, les touffes d'Hyphaene ainsi que les souches de tiges de céréales ;

- Le labour : Il concerne surtout les sols lourds difficiles à travailler comme la Fadama ;

- Le brûlis : selon la culture à installer, les producteurs procèdent au brûlis des souches ;

- Le buttage, le billonnage et le planage : ces Opérations concernent les cultures de décrue.

Le semis se fait le plus souvent sur billon pour la plupart des exploitations du terroir. Il faut noter que la majorité des exploitations dispose d'un attelage. Cela fut l'oeuvre du projet PAIGLR (Programme d'Appui aux Initiatives de Gestion Locale des Rôneraies) depuis 1995 qui a offert des crédits agricoles dans le terroir(1 charrette +1 charrue +160 000F pour les 2 animaux de traction). Cette innovation a amené dans le terroir un changement dans la façon de semer. Avec cette technique, désormais le semis se fait sur la parcelle labourée après une pluie efficace.

L'association concerne essentiellement le mil, le sorgho, et le niébé. Il faut rappeler que les producteurs utilisent :

- des variétés précoces ayant un cycle de végétation de trois(3) à quatre(4) mois, comme le mil précoce ou "guero" et le sorgho précoce ou "malley" rarement utilisé ;

- et des variétés tardives dont le cycle est de six (6) à sept (7) mois. C'est le cas de mil tardif

ou "maïwa", du sorgho tardif comme "el kokoba", "farafara" et "maloka" et du niébé également.

Cette association des espèces dont le cycle de végétation diffère impose un itinéraire technique bien particulier. Ainsi, le semis de mil précoce et le sorgho tardif se fait simultanément et sur la même parcelle avec le mil plus dense que le sorgho. Un mois après, le semis de niébé intervient (début Août), alors que le premier sarclage (ou sabra ou bien jiddacourssou quand c'est un semis sur billon) a d'ores et déjà été effectué. Le deuxième sarclage intervient quand le niébé est à la ramification, alors que le mil précoce est à la maturité. Et c'est à cette période que débute la chasse aux oiseaux qui s'attaquent à ce mil. Le troisième sarclage ou sassariya intervient après la récolte du mil précoce. Ce sarclage consiste à retourner les tiges du mil précoce qui sont coupées en vue d'améliorer la fertilité du champ et l'aération pour les autres cultures associées non récoltées.

Après la récolte du sorgho, le niébé tardif à la maturation souffrent énormément des attaques des insectes; c'est pourquoi, il faut nécessairement traiter pour produire du niébé. Il faut noter que le maïwa et le sorgho ne souffrent pas des attaques des oiseaux. Selon les producteurs, les graines de ces céréales leur provoquent des maladies comme la diarrhée.

la gestion de la fertilité

La pratique de la jachère relève de l'histoire dans le terroir de Bana. L'abandon de cette pratique s'explique par la pression démographique, l'éclatement des familles et par voie de conséquence l'insuffisance d'espace agricole. Conscients du problème de pauvreté des sols, les producteurs utilisent quelques pratiques pour y remédier. Il s'agit entre autre de l'apport du fumier organique, du parcage des animaux et des engrais minéraux.

La rotation des cultures n'est plus respectée depuis que la culture cotonnière a été abandonnée. En effet, cette dernière étant trop exigeante en intrant comme l'engrais et le pesticide, les producteurs tenaient compte de la fertilité des parcelles où elle a été exploitée pour l'intégrer dans la gestion de leur système. Néanmoins, on note une succession non régulière des cultures imposée par la pauvreté des sols.

Les producteurs du terroir de Zabon Mousso utilisent quant à eux plusieurs pratiques en vue d'améliorer ou de conserver la fertilité de leur champ à un niveau acceptable. Il s'agit entre autre de :

- la rotation des cultures (souchet - mil associé - arachide - souchet);

- l'apport du fumier, de compost et des débris ménagers ;

- l'apport des glumes et glumelles ;

- la restitution à travers les résidus des cultures ;

- le parcage des animaux moyennant quelques mesures de mil.

Pour l'ensemble des pratiques utilisées, deux sont jugées très intéressantes par les producteurs et sont aussi bien maîtrisées dans le terroir : il s'agit de la rotation des cultures et de l'utilisation de compost.

· La rotation des cultures

L'ensemble des producteurs enquêtés affirment qu'ils connaissent bien l'importance de la pratique et qu'ils l'utilisent. La culture de souchet joue un rôle très déterminant dans le fonctionnement du système de cette pratique, à cause de sa consommation très importante en engrais (400 kg de NPK par hectare). Ce qui explique son emplacement en tête de rotation après cinq ans en moyenne, avec l'arachide en troisième année et les autres années un système d'association mil-sorgho-niébé.

· Le compostage

La préparation du compost initiée par le PDRAA est devenue actuellement une solution incontournable dans le terroir face aux problèmes d'approvisionnement en engrais.

La disponibilité des différents éléments de préparation comme les déjections animales sèches, le purin, les débris ménagers, la cendre et les glumes et glumelles a beaucoup facilité l'assimilation de cette technique. Le melange est constitué près de l'enclos des animaux ou aux alentours des concessions et dure presque dix mois (de juin à mars). Le transport au champ intervient après une décomposition favorisée par l'eau de pluies.

la commercialisation

En fin de campagne à Bana, on note une commercialisation des produits agricoles surtout du niébé dont la conservation cause énormément des difficultés. Ces produits sont soit vendus aux spéculateurs pour des petites quantités, soit vendus aux grossistes à Gaya (30 km) ou à Kamba ( au Nigeria) à 30 km de village de Bana.

Cette commercialisation se traduit dans le terroir de Zabon Mousso par une forte mobilisation des intermédiaires locaux (ou dan katcharé) qui prennent de l'argent auprès des grossistes pour payer les produits agricoles (le plus souvent par mesure) dans le village. Les produits vendus à des prix très dérisoires reviennent très chers aux villageois quelques mois après. L'évolution du prix des produits de récolte est donnée par le tableau ci-après.

Impact de la variabilité climatique sur les systèmes de production à Bana (GAYA) et à Zabon Mousso (AGUIE) Tableau 15: Evolution du prix des produits de récolte (2002-2003)

Produit par sac de 100 kg Prix selon la période (francs CFA)

Récolte Soudure

z.mousso Bana z.mousso Bana

Mil

7

000-8

000

8000

17

000-20

000

15000

Sorgho

6

000-7

000

7000

12

000-17

000

15000

Niébé

8

000-10 000

10000-15000

20

000-25

000

30000

 

Quelques contraintes et solutions au fonctionnement des systèmes de culture

Les producteurs de ces deux zones ont énuméré un certain nombre des contraintes et des solutions au bon fonctionnement des systèmes.

Tableau 16: Quelques contraintes et solutions proposées par les producteurs

Contraintes Solutions

· Pression démographique et
· Recours à l'intensification

surexploitation

· Pauvreté des sols et manque de jachère
· Apport du fumier, Parcage et plusieurs pratiques d'amélioration de fertilité (rotation, compostage, ...)

· Ennemis des cultures (chenilles, insectes, oiseaux, striga)

· Rareté et coût élevé des engrais et des pesticides

· Associations culturales, surveillance des champs contre les oiseaux, utilisation des pesticides et utilisation de la fumée de poison contre les insectes

· Approvisionnement et réduction du coût d'engrais et de pesticide

· Manque d'encadrement
· Appel aux projets pour information et
formation des organisations paysannes

· Variabilité inter- annuelle des
· utilisation des variétés précoces

précipitations
· cultures de décrue

· Insuffisance des matériels agricoles
· Crédits agricoles

· Manque des moyens financiers pour

l'embouche

· Vente des terres agricoles

· Conflits agriculteurs- éleveurs
· Renforcement des Commissions foncières

III . 2 Typologie des exploitations agricoles

Des corrélations entre les productions et les facteurs de production ont été établies afin d'aboutir à un regroupement des exploitations agricoles de chaque terroir.

III . 2 . 1 . Corrélations pour variables appariées

Le tableau 17 donne les corrélations de différentes productions entre elles d'une part et entre les productions et les différents facteurs de productions d'autre part. Ces corrélations sont hautement significatives (**) entre les productions du mil (prodm), du sorgho (prods) et du niébé (prodn). Ce qui veut dire que le niveau de la production d'une culture dans une exploitation va de paire avec celle des autres cultures. On note également des très fortes corrélations (**) des variables comme l'utilisation d'engrais (Engr), la superficie totale (Sup.to.) et l'utilisation des pesticides (Pest.) sur l'ensemble de productions . Ces corrélations sont aussi respectivement significatives (*), non significatives, non significatives et négatives entre les trois productions et la fumure organique, l'unité d'attelage et la main d'oeuvre salariée.

Tableau 17 : Corrélations pour variables appariées (terroir de Bana)

 

Pro.m

Pro.s

Pro.n

Engr.

Sup.to.

Tra.sal Pest.

Ua.

Fum.org

Pro.m

1.000

0.747**

0.871**

0.877**

0.822**

-0.078

0.879**

0.072

0.673*

Pro.s

0.747**

1.000

0.804**

0.802**

0.876**

-0.175

0.751**

0.363

0.604*

Pro.n

0.871**

0.804**

1.000

0.942**

0.902**

-0.109

0.965**

0.018

0.522*

 

** : hautement significatif * : significatif.

Comme pour le terroir de Bana, les productions de l'ensemble de ces trois cultures de Zabon Mousso sont fortement corrélées (**) entre elles (tableau 18). Pour l'ensemble des variables utilisées, seule la superficie prend des corrélations hautement significatives avec les productions. Cependant l'engrais, le pesticide et la fumure organique donnent des faibles corrélations. Ce qui confirme la faible utilisation de ces facteurs dans les systèmes de culture comme l'on révélé les enquêtes. En effet la production agricole dans ce terroir est plutôt dépendante donc de la superficie et surtout des multiples pratiques de gestion de la fertilité (rotation des cultures, apport de compost, apport de glumes et glumelles, etc.) qui ne sont malheureusement pas quantifiées dans cette étude.

Tableau 18 : corrélations pour variables appariées (terroir de z. mousso)

 

Pro.m

Pro.s

Pro.n

Engr.

Sup.to.

Trail

Pest.

Ua.

Fum.org

Pro.m

1.000

0.775**

0.816**

0.598*

0.891**

0.057

0.679*

0.095

0.462

Pro.s

0.775**

1.000

0.803**

0.428

0.748**

0.089

0.631*

-0.013

0.391

Pro.n

0.816**

0.803**

1.000

0.343

0.822**

0.089

0.516*

-0.182

0.237

 

Les moyennes et les écart types de productions et de la superficie totale de deux terroirs sont consignés dans le tableau 19. L'écart type de l'ensemble des variables utilisées à ce niveau est très élevé. Ce qui présage l'existence d'une forte variabilité entre les exploitations d'un terroir d'une part et entre les exploitations par zone agroécologique d'autre part.

Tableau 19 : Moyenne et écart-type des productions par exploitation de deux terroirs

 
 

Moyenne

Ecart-type

 
 

Bana

Z. Mousso

Bana

Z. Mousso

Prodm (kg)

174

94

162.2

73.13

Prods (kg)

83

22

117.9

16.78

Prodn (kg)

53

18

83.30

18.84

Sup.to (ha)

0.41

0.21

0.62

0.13

 

Afin de mieux analyser la pertinence de l'utilisation des ces différents facteurs (engrais, pesticides, fumier), la production de chaque culture et de chaque terroir a été ramenée à l'unité de surface. Ainsi le rendement moyen par culture et par terroir fait également ressortir la même variabilité entre les deux zones agro-écologiques (tableau 20).

Tableau 20 : rendement moyen des cultures

Cultures Rendement moyen (kg/ha)

Bana Z. Mousso

Mil 425 448

Sorgho 203 105

Niébé 129 86

Les résultats obtenus sur les systèmes de culture mettent en évidence une forte diversité. On note une grande variabilité dans leur conduite. Les producteurs d'une manière générale n'ont pas accès aux mêmes ressources productives; ils ne pratiquent pas tous les mêmes rotations (dans la zone d'Aguié), ils n'utilisent pas tous les mêmes doses d'engrais (chez les producteurs qui en utilisent), ils n'obtiennent pas tous les mêmes rendements par voie de conséquence. Les rendements moyens du niébé et du sorgho à Bana sont nettement supérieurs à ceux du terroir de Zabon Mousso (129 kg/ha et 203 kg/ha contre 86 kg/ha et 105 kg/ha respectivement). Cela s'explique non seulement par la nature du sol, mais aussi et surtout par les conditions climatiques qui sont contraignantes dans la zone d'Aguié.

Par contre le rendement moyen du mil à Zabon Mousso (448 kg/ha) est légèrement supérieur à celui du terroir de Bana (425 kg/ha). Cela est la preuve du degré de tolérance climatique de cette espèce, comme nous l'avons souligné plus haut, mais surtout de l'effet des diverses pratiques d'amélioration de la fertilité dans la zone.

Eu égard à cette variabilité intra et inter - zones agro-écologiques, l'on ne pouvait étudier le fonctionnement de ces exploitations de façon homogène puisqu'elles présentent des disparités. C'est pourquoi, une typologie des exploitations de chaque terroir a été dressée afin d'aboutir à des classes assez homogènes.

III . 2 . 2 Définition des axes

Ainsi à l'issu de ces corrélations, trois axes explicatifs ont été définis:

- l'axe 1 pour la production du mil (prodm), cet axe donne des informations sur le niveau de production du mil d'une exploitation;

- l'axe 2 pour la production du niébé (prodn), c'est l'axe qui informe sur le niveau de production du niébé;

- l'axe 3 pour la production du sorgho (prods).

Le diagramme de dispersion obtenu nous donne une représentation tridimensionnelle formée par l'ensemble de ces trois axes (prodm, prodn, prods). Ce plan, au delà du niveau de production, (le degré de signification des corrélations le permet) donne également des informations sur le niveau d'utilisation des différents facteurs de production d'une exploitation.

III . 2 . 3 Regroupement des exploitations

Selon la dispersion des échantillons sur le plan explicatif ou plan factoriel de ce diagramme, les exploitations se regroupent en trois ou quatre classes selon que l'on soit à Bana ou à Zabon Mousso (figures 10 et 11). Ce regroupement permet d'apprécier les performances économiques par type d'exploitation. Ainsi, pour une description de la situation économique de ces différents types d'exploitation, un tableau a été dressé pour chaque terroir pour l'estimation des résultats moyens des cultures ( Tableaux 21 et 22).

III . 2 . 3 . 1 Terroir de Bana

? les exploitations du type 1

Elles représentent 26.67% des exploitations du terroir.

Elles sont de faible production agricole (leur production est en deçà de la moyenne par terroir), mais un rendement à l'hectare intéressant pour les céréales (478 kg/ha pour le mil et 319 kg/ha pour le sorgho). Elles sont caractérisées par une faible assise foncière avec des petites superficies (6 hectares) par rapport à la moyenne par terroir et une utilisation très faible voire même inexistante d'engrais et de pesticides. Il s'agit des exploitations où la force de travail familiale est largement suffisante pour couvrir le besoin en travail de l'exploitation.

? les exploitations du type 2

Elles représentent aussi 26.67% des exploitations du terroir.

Elles sont de production agricole acceptable par rapport aux exploitations du premier type. Elles enregistrent un très bon rendement en mil (670 kg/ha) et un rendement moyen en niébé (104

kg/ha). Ces exploitations sont caractérisées par une utilisation moyenne d'engrais (11125 francs CFA) et de pesticides (13125 francs CFA) soit l'équivalent d'un sac de 50 kg d'engrais et de quatre (4) litres de pesticides. Elles apportent également du fumier au champ avec le moyen de transport dont elle dispose.

Leur superficie (6.7 hectares) est suffisante pour un rendement relativement bon, mais la pluviométrie et leur niveau d'utilisation d'intrants déterminent beaucoup leur production.

6

les exploitations du type 3

Elles représentent 46.66% des exploitations du terroir de Bana.

Elles sont de forte production agricole puisque les productions de toutes les trois cultures sont supérieures aux moyennes par terroir. En effet, leur production moyenne par exploitation est de 470.7 kg pour le mil, 274 kg pour le sorgho et 208 kg pour le niébé. Elles ont également une très bonne assise foncière (18.8 hectares). Elles ont un bon rendement à l'hectare pour le sorgho (203 kg/ha) et le niébé (154 kg/ha), mais faible pour le mil (349 kg/ha).

Il faut dire que leur production est toujours excédentaire même en cas de faible pluviométrie puisqu'elles disposent suffisamment des terres. Mise à part leur assise foncière, ces exploitations disposent d'au moins une unité d'attelage par exploitation. Elles apportent suffisamment du fumier au champ et font le parcage pendant la saison sèche quand les animaux reviennent du nord moyennant quelques mesures de céréales lorsque les animaux ne sont pas la propriété de l'exploitation.

Ces exploitations dépensent 46896 francs pour l'engrais et 45000 francs pour les pesticides. Ces valeurs correspondent à l'équivalent de 200 kg d'engrais et de treize (13) litres de pesticides. Et c'est surtout cette utilisation de pesticides qui leur permet d'asseoir leur production en niébé. Leur force de travail familial est souvent insuffisante pour couvrir le besoin en travail de l'exploitation.

III . 2 . 3 . 2 Terroir de Zabon Mousso

? les exploitations du type 1

Ces exploitations représentent 26.67% du terroir de Z. Mousso.

Elles sont caractérisées par une très faible production agricole comparativement à la moyenne par terroir et un rendement à l'hectare très faible également (310 kg/ha, 98 kg/ha et 35 kg/ha respectivement pour le mil, le sorgho et le niébé). Elles n'utilisent quasiment pas du tout des engrais et des pesticides.

Les exploitations de ce type représentent pour l'essentiel des familles nucléaires dont la force de travail du seul chef d'exploitation suffit pour travailler leur lopin de terre.

? les exploitations de type 2

Ce type d'exploitation est majoritaire dans le terroir (40%). Les productions moyennes par exploitation de mil, de sorgho et de niébé donnent respectivement 171.8 kg, 47.6 kg et 35.6 kg. Ces valeurs sont légèrement au dessus des productions moyennes du terroir (tableau 19). L'utilisation d'engrais ( 58 kg) est relativement insuffisante et est compensée par un transport de fumier sur les animaux. La force de travail est essentiellement familiale. Elles ont une faible assise foncière (4.4 hectares) et enregistrent des rendements relativement moyens pour l'ensemble des cultures (468.5 kg/ha, 130 kg/ha et 97 kg/ha respectivement pour le mil, le sorgho et le niébé).

? les exploitations du type 3

Elles représentent 20% du terroir .

Les productions moyennes par exploitation de mil (508 kg) et de sorgho (116 kg) dépassent aussi les productions moyennes du terroir. Il en est de même pour le rendement de ces cultures (516 kg/ha pour le mil et 118 kg/ha pour le niébé). Elles disposent de 5.91 hectares de surface cultivable et disposent quelques fois d'unité d'attelage.

Elles dépensent 35833 francs pour l'utilisation d'engrais soit 180 kg. Cette utilisation d'engrais est renforcée un apport de fumier et de compost.

? les exploitations du type 4

Ces exploitations représentent 13.33% du terroir.

Les productions moyennes par exploitation de mil, de sorgho et de niébé sont largement supérieures aux moyennes du terroir. Elles sont respectivement de 1886.75 kg, 413.7 kg et de 405.6

kg. Elles ont une très bonne assise foncière (14.75 hectares). Ces exploitations consomment près de dix (10) sacs de 50 kg d'engrais soit 95000 francs CFA.

Ces exploitations utilisent également la main d'oeuvre salariée pour compléter la force de travail familial.

Elles disposent d'unité d'attelage, et apportent suffisamment de fumier et du compost au champ. Il s'agit des exploitations excédentaires et dont les revenus leur permettent d'acheter des terres agricoles.

III . 2 . 4 L'analyse des performances économiques des exploitations

Dans le terroir de Bana, bien que les types d'exploitation soient différents du point de vue des performances économiques, il n'existe pratiquement pas des différences importantes sur le revenu net de l'exploitation à l'hectare (Tableau 21). Ceci s'explique par les différences de rendement selon la culture et selon le type d'exploitation. Ainsi, les revenus nets à l'hectare sont surtout liés au rendement de niébé (154 kg/ha) au niveau des exploitations du type 1, au très bon rendement de mil (670 kg/ha) chez les exploitations du type 2 et aux bons rendements de mil (478 kg/ha) et de sorgho (319 kg/ha) chez les exploitations du type 1. Ce dernier type d'exploitation a moins de 20 kg de niébé à l'hectare compte tenu de sa faible capacité d'investissement pour les pesticides.

De ce fait, au vu des investissements faits (coûts directs et indirects) et des valeurs de la production à l'hectare, l'exploitation du type 2 (ET2) semble économiquement la plus performante dans le terroir de Bana (Annexe 2).

Par contre dans le terroir de Zabon Mousso, un seul type d'exploitation (ET4) enregistre un revenu de 104170 francs à l'hectare, malheureusement il ne représente que 13% du terroir. Les autres types d'exploitation ont des revenus faibles par rapport à celles du terroir de Bana. Le type d'exploitation le plus important du terroir ( ET2, 40%) n'a qu'un revenu net à l'hectare de moins de 10000 francs.

Aussi, faudrait-il rappeler que les scénarii des changements climatiques développés dans l'approche biophysique pour estimer les baisses de rendement de mil, de sorgho et de niébé ont conclu à une décroissance de la disponibilité en eau et à une réduction générale des rendements de ces cultures dans la zone d'Aguié.

A cet égard, les producteurs dont déjà les ressources financières sont limitées, et dont les systèmes
d'exploitation ont peu d'opportunités technologiques adaptatives disponibles pour limiter ou inverser
un changement néfaste du climat, peuvent subir des perturbations importantes et une perte

financière pour des modifications relativement petites de rendement et de la productivité de ces cultures.

Tableau 21 : Résultats moyens des cultures pour les trois types d'exploitation

Type d'exploitation

 

ET1

 
 

ET2

 
 

ET3

 

Culture

Mil

Sorgho

Niébé

Mil

Sorgho

Niébé

Mil

Sorgho

Niébé

Production par culture (kg)

3020.31

2015.6

125

4493.7

656.25

700

6590.2

3837.5

2914.29

Prix du Kg de produit (CFA)

150

150

300

150

150

300

150

150

300

Valeur de laproduction/culture (CFA)

453047

302344

37500

674054

98438

210000

988527

575625

874286

Valeur de la production à l'hectare (CFA)

71770

47896

5941

100605

14692

31343

52422

30526

46364

Valeur de la production de l'exploitation (CFA)

 

792888

 
 

982488

 
 

2438436

 

Coûts directs (CFA)

 

61572

 
 

58797

 
 

135850

 

Revenu brut de l'exploitation (CFA)

 

731316

 
 

923691

 
 

2302586

 

Coûts indirects (CFA)

 

147940

 
 

289312

 
 

479400

 

Revenu net de l'exploitation (CFA)

 

583376

 
 

634379

 
 

1823186

 

Superficie totale (ha)

 

6.3 125

 
 

6.7

 
 

18.857

 

Revenu net de l'exploitation à l'hectare (CFA)

 

92416

 
 

94683

 
 

96685

 
 

Tableau 22 : Résultats moyens des cultures pour les quatre types d'exploitation

Type d'exploitation

 

ET1

 
 

ET2

 
 

ET3

 
 

ET4

 

Culture

Mil

Sorgho

Niébé

Mil

Sorgho

Niébé

Mil

Sorgho

Niébé

Mil

Sorgho

Niébé

Production par culture (kg)

1252.12

397.25

142

2061.42

571.5

427.5

3048.5

429

697.5

7547

1654.75

1622.5

Prix du Kg de produit (CFA)

150

150

250

150

150

250

150

150

250

150

150

250

Valeur de la production/culture (CFA)

187818

59587.5

35500

309150

85725

106875

457275

64350

174375

1132050

248210

405625

Valeur de la production à l'hectare (CFA)

46490

14749

8787

70261

19483

24290

77370

10880

29505

76750

16830

27500

valeur de la production de l'exploitation(CFA)

 

282905

 
 

501750

 
 

696000

 
 

1785885

 

coûts directs (CFA)

 

16305

 
 

30240

 
 

53375

 
 

135900

 

Revenu brut de l'exploitation (CFA)

 

266600

 
 

471510

 
 

642625

 
 

1649985

 

coûts indirects (CFA)

 

180560

 
 

438240

 
 

248625

 
 

113440

 

Revenu net de l'exploitation(CFA)

 

86040

 
 

32270

 
 

394000

 
 

1536550

 

Superficie totale (ha)

 

4.04

 
 

4.4

 
 

5.91

 
 

14.75

 

Revenu net de l'exploitation à l'hectare (CFA)

 

21297

 
 

7335

 
 

66660

 
 

104170

 
 

Conclusion partielle

La zone d'Aguié dans son ensemble se trouve sur un bas plateau recouvert par un manteau sableux à épaisseur variable et formant un système dunaire plus ou moins aplati, fixé par une végétation steppique (Raynaud, 2001 cité par lamine 2002).

Ces conditions du milieu seulement favorables au système agricole pluvial, limitent les populations de cette zone dans les activités agricoles. En effet, les améliorations sont les moins spectaculaires pour ce système agricole du fait du bas prix des produits agricoles qui ne permettent pas d'acheter des intrants. La productivité reste alors faible. Cette agriculture, pour l'instant se pratique d'une manière extensive sur des sols généralement pauvres. Elle est très dépendante des précipitations. Dans ces conditions, un paysan qui ne dispose que des terres sèches ne peut espérer qu'une seule récolte par an puisque les précipitations dans le Sahel se concentrent généralement sur une période unique de quatre à cinq mois.

En revanche s'il peut également cultiver une zone humide (ou une plaine d'inondation) comme c'est le cas à Gaya, la disponibilité en terre, le risque d'échec et le problème de sécurité alimentaire peuvent être étalés sur une période plus longue.

Ceci est un des avantages de cette zone du dallol où les populations locales tirent profit de la montée et de la descente du plan d'eau dans les plaines d'inondation. les cultures pratiquées concernent généralement la canne à sucre, le manioc, la patate douce, le maïs, le riz, etc.

Ces cultures, même si elles sont exigeantes en travail surtout, génèrent énormément des revenus et de ce fait, complètent le déficit céréalier des exploitations. Il faut aussi dire que ces cultures de décrue ne sont pas exigeantes en ce qui concerne les consommations intermédiaires puisque la fertilité se renouvelle grâce aux apports des inondations et par conséquent, entraîne des faibles coûts de production. Les techniques employées sont à la fois simples et connues des populations locales. Les coûts d'investissement sont faibles. Néanmoins, il s'opère une spéculation dans le terroir pendant la période de récolte qui ne permet pas aux producteurs de tirer le profit escompté.

III . 3 Adaptation des systèmes productifs agricoles à la

variabilité climatique

Face aux multiples constats que font les producteurs sur la variabilité climatique, des stratégies sont développées afin de s'y adapter. Cependant, il existe un certain nombre des contraintes qui freinent le bon développement de ces stratégies.

III . 3 . 1 Les constats sur la variabilité climatique

Il s'agit des constats faits par les producteurs sur certains événements récents ou lointains qui les ont marqués et dont la cause est attribuée aux longs changements des températures ou des précipitations moyennes ou même de certaines variations climatiques telles que le retard de l'installation de la saison des pluies ou une fin précoce de celle-ci et des dégâts causés par les inondations. Ces constats, résumés dans le tableau 23 concernent leurs champs sur lesquels ils ont travaillé des années durant.

Tableau 23 : Constats des producteurs sur la variabilité climatique

Zabon Mousso Bana

· la fonte de semis et la pourriture des grains semés ;

· la lenteur de croissance des cultures qui finissent par se fragiliser ;

· les brûlures, les jaunissement et le nanisme sur les cultures ;

· la réduction du nombre de tallage et la production des épis stériles ;

· le fanage des feuilles du niébé à la
ramification et de la fonte des ses fleurs ;

· la germination et la pourriture des grains des épis en fin de campagne.

· la fonte des semis et la pourriture des grains semés ;

· la multiplication des ennemis des cultures tels que le striga, les insectes ;

· la fin précoce des précipitations qui entraîne la production des épis mal développés ;

· des inondations qui envahissent les bas- fonds où se cultivent la canne à sucre, le manioc, la patate douce et le riz ;

· la disparition des certaines espèces végétales et animales.

 
 
 

La majorité des producteurs de terroir de Bana affirment que ces deux dernières années on assiste quand même à une amélioration du point de vue conditions climatiques contrairement aux années passées où ils ont connu des répétitions de poches de sécheresse, soit en début, au milieu ou en fin de campagne.

En ce qui concerne les changements de temps, les habitants de cette zone affirment que dans le passé, "après une pluie, persiste un froid excessif ", mais que de nos jours, "après une pluie, il est même possible de dormir dehors". Ce constat exprime une certaine augmentation des températures moyennes durant les dernières décennies. Et cette augmentation est d'autant plus importante que même après la pluie, les températures ne descendent pas à des très faibles valeurs.

Les mêmes producteurs disaient, qu'ils se rappellent encore quand ils étaient jeunes, "deux à trois grains suffisent pour semer un poquet" mais que aujourd'hui, "il faut plus de sept grains pour semer un poquet". Ils expliquent que la moitié de grains semés pourrit à cause de la chaleur.

En ce qui concerne les ennemis des cultures, ils disent que dans le passé, "ils n'ont pas besoins de pesticides pour garantir une bonne production" mais qu'aujourd'hui "sans pesticide, on ne peut pas produire du niébé". Et ils attribuent la multiplication des ennemis des cultures (Striga et Insectes) en partie à l'augmentation de la chaleur donc des températures.

III . 3 . 2 Les stratégies d'adaptation

Les stratégies concernent non seulement les actions menées pour faire face aux effets de temps en terme de fluctuations de température, de précipitations et de vent dans les saisons et entre les saisons, mais également aux différents ajustements que font les producteurs sur leurs champs pour pallier à ces changements. Ainsi, ils ont retenu :

- le remplacement des variétés traditionnellement cultivées par des variétés à cycle court. Il faut dire qu'à Gaya, excepté le mil précoce "Guero", les producteurs s'intéressent très peu aux variétés précoces puisque la pluviométrie ne limite pas encore l'utilisation des variétés tardives. Mais dans la zone d'Aguié, on note une plus grande importance accordée aux variétés précoces;

- l'abandon d'un certain nombre des cultures plus exigeantes en eau comme le maïs dans la zone d'Aguié et la pratique des cultures de contre saison dans la zone de Gaya comme la canne à sucre, la patate, le maïs, le riz, etc;

- le semis dès la première pluie dans le souci de profiter au mieux des premières pluies utiles et le labour précoce pour que l'humidité que conservent les mottes puissent profiter aux jeunes plants en cas de sécheresse;

- divers types d'association culturale ainsi que l'entretien des champs avec des pratiques comme le paillage, l'apport des glumes et glumelles dans la zone d'Aguié et la réalisation des "tassa" avec apport des glumes et glumelles à Gaya;

- défrichement amélioré comme technique de régénération naturelle initiée par le PDRAA à Aguié;

- les travaux de CES/DRS avec le projet PADEL à Gaya;

- l'entretien des arbres et le reboisement par des espèces comme Acacia senegal, Prosopis sp, , Andropogon gayanus Hyphaene thebaïka, Acacia albida, Azaridachta indica, Borassis aethiopum, Adansonia digitata dans les champs afin de protéger les cultures contre les effets de vent (soulèvement de sable, forte vitesse...)

- les manifestations rituelles qui se pratiquent en cas de sécheresses en vue de faire tomber la pluie.

III . 3 . 3 les contraintes principales à l'adoption des stratégies nécessaires

La principale contrainte à l'adoption des stratégies face à la variabilité climatique est la pluviométrie à travers son irrégularité et son retard dans la zone de Gaya et par son insuffisance et sa forte variabilité spatio-temporelle dans la zone d'Aguié.

Les producteurs de l'ensemble de deux zones ont souligné que la pauvreté de personnes est également une contrainte importante à l'adoption des stratégies nécessaires. Celle-ci est imputable aux faibles revenus des exploitations qui ne permet pas de faire des ajustements nécessaires.

Il y a également l'exploitation non contrôlée des régénérations d'espèces végétales surtout par les femmes dans la zone d'Aguié, l'insuffisance d'encadrement et la non continuité des travaux initiés par les projets puisque les comités de gestion n'arrivent toujours pas à être à la hauteur de cette tâche.

Enfin, il faut noter la dégradation des terres agricoles et l'insuffisance des variétés précoces.

Conclusion partielle

Nos enquêtes ont révélé des stratégies et/ou des pratiques paysannes d'adaptation face aux risques climatiques entrant dans la logique de ne pas dépendre d'une seule activité agricole, lorsque les résultats de celle-ci sont aléatoires en raison des facteurs que l'on ne maîtrise pas.

Dans le terroir de Bana, les producteurs se focalisent beaucoup plus sur les cultures de décrue puisque les conditions du milieu les permettent. Dans ce terroir, malgré l'intervention des projets de développement (PAIGLR, PADEL), il est facile de constater que les producteurs ne développent pas suffisamment des stratégies spécifiques pour l'adaptation aux aléas climatiques.

Par ailleurs, il faut dire que, même en cas d'une mauvaise campagne pluviométrique cette zone arrive quand même à enregistrer un cumul pluviométrique permettant aux variétés hâtives cultivées de boucler leur cycle. Aussi, Gaya est l'une des zones du Niger où les écosystèmes ne sont pas suffisamment dégradés.

Par contre dans le terroir de Zabon Mousso, des aléas comme le retard des pluies qui intervient tous les trois à cinq ans selon les paysans; les poches de sécheresse qui interviennent tous les deux ans sur cinq et les vents (en début, au milieu et en fin de campagne), ont amené les producteurs à adapter des stratégies en vue de minimiser les risques. Au titre de celles-ci, entre autres le semis à sec, l'utilisation des variétés précoces, le paillage et la protection de la régénération naturelle. Ces pratiques concourent à réduire les risques encourus au cours d'une campagne et même à améliorer le rendement. Ce qui explique en partie le rendement moyen de mil à l'hectare obtenu dans ce terroir qui est légèrement supérieur à celui de terroir de Bana. Parlant donc des stratégies d'adaptation aux changements climatiques Darwin et al. ( FAO, 1997) soulignent dans ses propos qu'en considérant seulement l'ajustement au niveau de l'exploitation agricole, (sans modification du prix et sans expansion de la production agricole sur des nouvelles superficies), les agriculteurs pourraient compenser entre 70 et 120% des pertes initiales.

Conclusion générale et Suggestions

Il serait prétentieux pour nous de pouvoir déterminer tous les impacts de la variabilité climatique sur l'agriculture. Mais l'étude nous a permis de mettre en évidence un certain nombre de caractéristiques liées aux systèmes productifs agricoles de ces deux zones agroécologiques dont les différences concernent presque tous les facteurs du milieu.

La zone de Gaya la plus arrosée du pays n'a jamais enregistré un cumul pluviométrique annuel en dessous de 500 mm durant les deux dernières décennies. Ce qui satisfait le besoin hydrique de la majorité des espèces végétales utilisées en culture pluviale. C'est pourquoi, en plus des variétés hâtives, les producteurs continuent à utiliser leurs variétés productives tardives localement adaptées.

La zone d'Aguié enregistre également une pluviométrie relativement importante par rapport au reste du pays. Mais la forte variabilité spatio-temporelle de précipitations et la pauvreté des sols ont amené les producteurs de la zone à développer avec l'appui de certains projets de développement, des expertises sur leurs systèmes de production en vue de s'adapter aux conditions nouvelles. C'est pourquoi, l'on constate une utilisation de plus en plus importante des variétés précoces au profit de celles locales tardives.

Eu égard à la prédiction climatique à l'horizon 2025, aucune baisse de rendement n'est prévue pour les céréales dans la zone de Gaya. Et pourtant, outre la problématique de pauvreté de sols et de dégradation de conditions climatiques qui sont des réalités comme l'ont révélées nos enquêtes, on sait aujourd'hui que le glissement des zones climatiques vers le sud est aussi une réalité au Sahel (Daddy, 1995).

Par contre une réduction de rendement est prévue pour toutes les cultures dans la zone d'Aguié. Dans cette zone, les exploitations à forte production agricole sont peu nombreuses. Cette situation, accentuée par le manque d'activités agricoles pendant la saison sèche entraîne la grande majorité de la population dans une paupérisation sans précédent.

Tout ceci fait que les producteurs cèdent devant les tentations des spéculations des produits agricoles et la vente des terres agricoles dans une zone déjà densément peuplée.

Toutefois, les systèmes de production dans nos conditions dépendent totalement des conditions météorologiques et climatiques. Malgré de nombreux travaux sur ces questions, il y a une incertitude considérable à propos de l'impact potentiel de la variabilité climatique sur les modes d'exploitation agricole. C'est ainsi qu'aujourd'hui, comme les ont soulignés beaucoup des travaux ( FAO, 1997), on connaît mal comment, quand, où et avec quelle ampleur se produira les Changements Climatiques.

L'insuffisance de ce travail se situe non seulement à travers l'utilisation d'un seul village par zone pour la réalisation des enquêtes mais également à travers les modèles utilisés pour la prédiction climatique :

- Ainsi, les échelles de temps des changements climatiques sont d'habitude si longues du fait de la complexité et de l'incertitude scientifique qui entoure cette question (FAO, 1997). De ce fait, l'horizon temporel des simulations que nous avons utilisé devrait être de plusieurs décennies (50 à 100 ans) au lieu de 25 ans, afin de parvenir à distinguer sans ambiguïté l'efficacité des résultats du modèle;

- Aussi, les limitations dans les techniques de modélisations spécialement à l'échelle locale viennent aggraver cette incertitude puisque les données de sortie pour notre région fournies par le modèle Magic/Scengen sont issues des simulations à l'échelle régionale. Or si on tient compte de la très grande variabilité spatiale et temporelle d'un paramètre climatique comme la pluviométrie dans notre région, cette résolution risquerait d'être assez grossière.

En tout état de cause, la précision des résultats dépendra du degré de confiance des prédictions du climat local, mais ce n'est pas pour autant qu'on tiendra pas compte des informations à l'échelle régionale et même globale, ne serait ce que pour la viabilité et le succès économique de l'agriculture chez soi.

En ce qui concerne les mesures d'adaptations, beaucoup des stratégies soulignées seraient bénéfiques quel que soit la variabilité climatique. Les objectifs de ces stratégies varient considérablement entre les zones et parmi les producteurs. Les conditions climatiques actuelles et les climats probables futurs varient aussi. C'est pourquoi l'incertitude scientifique qui entoure la question des changements climatiques ne sera pas levée de si tôt.

Dans tout les cas, que les scénarii d'impact des changements climatiques se matérialisent en fin de compte ou pas, cela dépendra de la manière avec laquelle les régimes de précipitations se modifient et de l'ampleur de la hausse de température et de sa distribution spatio-temporelle (Fakri et al, 1997).

En plus, que les changements climatiques aient lieu ou pas, améliorer la faculté de reprise de la production alimentaire et minimiser les risques contre la variabilité sont essentiels s'il faut que l'agriculture relève les défis d'assurer la sécurité alimentaire, de promouvoir l'emploi rural dans notre pays et de protéger les ressources naturelles et l'environnement.

Eu égard à tout ce qui précède, nous suggérons ce qui suit :

- des nouvelles pratiques agricoles et la réforme des calendriers agricoles traditionnels en tenant compte du régime des pluies et du dérèglement des saisons dus aux changements climatiques;

- un choix de variétés cultivées (céréales et légumineuses) à cycle court et adaptées au sol et au climat par utilisation des semences sélectionnées;

- une optimisation de la relation sol-végétation-climat en développant des recherches multidisciplinaires et une meilleure connaissance de la relation entre le bilan hydrique du sol et l'évolution climatique;

- une amélioration du matériel génétique permettant d'atténuer l'impact des changements climatiques sur la production céréalière et mise au point des nouvelles espèces;

- des systèmes d'information complets permettant aux producteurs de connaître à l'avance les conditions climatiques afin de pouvoir réduire les risques liés aux changements climatiques;

- des systèmes de surveillance et d'alerte rapide; améliorer et développer l'enseignement et la formation et favoriser la prise de conscience au niveau du public;

- un renforcement des activités de préservation, notamment par les systèmes de banques de gènes in situ, afin d'éviter la perte imminente d'une part importante de l'ensemble des ressources génétiques;

- un recensement de la diversité génétique, au moins au niveau des espèces et si cela est possible, au niveau des gènes, en tenant compte des caractéristiques phénotypiques et génotypiques;

- la mise au point des nouvelles approches pour la conservation des écosystèmes, en tenant compte des nouvelles tendances en matière de gestion des écosystèmes, notamment l'intégration de la conservation et du développement rural;

- "l'intensification durable" c'est à dire utiliser des techniques respectueuses de l'environnement pour intensifier la production agricole.

Références bibliographiques

ALASSANE, A., Octobre 1983. Unité expérimentale des cultures irriguées (UECI) de Lossa (au Niger) : Besoins en eau des cultures et efficience de l'irrigation.

Mémoire de stage, Institut de Recherche Agronomiques Tropicales (IRAT) Montpellier.

ALI, M., Novembre 1993. Irrigation et développement agricole: Les périmètres irrigués rizicoles de la vallée du fleuve Niger (Niger). Thèse de doctorat, Université de Montpellier I.

ADAMOU, M., Décembre 1994. Analyse et Modélisation de l'Evaporation- Transpiration d'une culture de mil en Région aride sahélienne. Thèse de Doctorat troisième cycle, Université de Paris-sud, U.F.R. Scientifique d'ORSAY.

BACCI, L., G. Maracchi, et B. Senni, Juillet 1992. Les stratégies agrométéorologiques pour les pays sahéliens.

BAECHLER, A., Décembre 1995. "Analyse dynamique des agro-systèmes et mise en perspective des innovations paysannes: itinéraires d'une recherche interdisciplinaire". P 39-53. Annales de l'Université Abdou Moumouni de Niamey

BAECHLER, A., Décembre 1995. "Recherches sahéliennes: Analyse d'un monde en mutation", P 5-15. Annales de l'Université Abdou Moumouni de Niamey

BEZPALY, I. 1984. Les plantes cultivées en Afrique occidentale. Editions MIR. MOSCOU, 277 pages.

BILLAZ, R. et Y. Diawara, 1981. Enquêtes en Milieu Rural Sahélien.

BOKONON-GANTA, 1997. Méthodes pour comprendre et mesurer les pratiques agraires en milieu tropical et leurs transformations : "savoirs Endogènes et Climatologie Essai d'Approche Méthodologique", P43-5 1.

CHAIBOU, A., octobre 1999. Contribution à l'étude du système agraire de l'arrondissement de Dogondoutchi (Niger). Mémoire pour l'obtention du Diplôme d'Agronomie Tropicale, CNEARC Montpellier.

DADDY, G., 1995. Science et Changement planétaires : "Situation géographique et climatique au Niger", Sécheresse 1995, 6 : 257-63.

DAMBO, L., 2001.Atlas de l'arrondissement de Gaya (Tome 1)

Mémoire de maîtrise géographie. Niamey, Faculté des lettres, Université Abdou Moumouni.

DEREK, C., M. Smith et K. El-Askari, October 1998. CropWat for Windows Version 4.2.0013: User Guide

Direction de la Statistique et des Comptes Nationaux, Novembre 1994. Enquêtes sur le budget au Niger : Profil de la pauvreté. 50 pages

DUCHAUFOUR, Ph. 1983. Pédogenèse et classification, PEDOLOGIE, 2è édition. MASSON, Paris.

FAKRI, B. et W. Sombroek, FAO-1997. Changement du climat et Production agricole Rome et Polytechnica, Paris, 406 pages.

HAROUNA, A., Juin 2002. Etude des pratiques et stratégies paysannes de gestion de la fertilité des sols et des risques climatiques de l'arrondissement d'Aguié : Cas du terroir villageois de Guidan Tanyo. Mémoire ITA, 59 pages.

HUBERT, C., M. Brochet, Z. Ouattara et B. Véronique, Avril, 2002. Démarche d'étude des systèmes de production de la région de korhogo-koulokakaha_gbonzoro en côte d'ivoire

Les Editions du Gret. 87 pages.

IDE, M., Mai 2003. La participation communautaire aux actions de développement: Les formes et les contraintes cas du PADEL/GAYA, Mémoire de fin de cycle, CRESA de Niamey.

JOSETTE, M. et L. H. Sprey, 1982. Evaluation permanente du développement agricole

JOUVE, P., Juin 1992. Le diagnostic du milieu rural de la région à la parcelle "Approche systémique des modes d'exploitation agricole du milieu", CNEARC/CIRAD.

JOUVE, P., 1984. Typologie des Agro-systèmes villageois du Département de Maradi (Niger). Proposition pour un programme de Recherche- développement.

80 pages. Avenue du Val de Montferrand - B.P. 5035.

KADADE, A., 1999. Système de production et gestion de la fertilité des sols dans la rôneraie de gaya (cas du terroir de Bana). Mémoire de stage, Centre Régional d'Enseignement Spécialisé en Agriculture (CRESA de Niamey (Niger)).

LAMINE S., 1997. Contribution à l'élaboration d'un plan d'aménagement de la forêt classée de Bana, Mémoire d'ITA, Faculté d'Agronomie.

LAMINE, S., 2002. Analyse des relations inter- Villages dans la région d'Aguié (Maradi). Mémoire de fin d'études, CRESA de Niamey

LAWALI, A., 1992 . Etudes des systèmes agroforestiers sous rôniers (Borassus aethiopum) dans la région de Gaya au Niger, Mémoire ENGREF, Montpellier, 109 pages

LUC-MARIE. C.G., Communication Nationale Initiale du Bénin sur les Changements Climatiques. unfcc.mt/ource/docs/natc/benn c1 f.pdf

MAI MOUSSA, K. A., fevrier 1996. Environnement de Faidherbia albida. Caractérisation, exploitation et perspectives d'optimisation dans les zones soudano-saheliennes de l'Afrique de l'Ouest. Thèse de troisième cycle: Ecologie tropicale, Université de Cocody (Côte d'ivoire).

MAI MOUSSA, K. , 1999. Note de sensibilisation du public sur la vulnérabilité et l'adaptation du secteur foresterie aux changements et variabilité climatiques »

Niamey, 6 pages.

MAMOUDOU, M., Juillet 1999. Rapport sur l'étude de vulnérabilité et adaptation aux changements climatiques : Secteur Foresterie. 18 pages

MARIA, N.S., septembre 2000. United Nations Convention on Climat Change (UNFCCC) http : / www.inwent-fz.de/coursematerial/K65/1 0-changements climatique s.pdf

MICHAEL, K., 1992. Version pour le grand public de l'Agenda 21 et des autres accords de Rio. Sommet de la terre 1992, 70 pages.

Ministère des Finances et de l'Economie, 2001. Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGP/H). Résultats Provisoires.

OMM, 1995. Après le sommet de la terre : L'OMM et le suivi de la CNUED.

OSSEINI, I., Juin 1996. Environnement du Niger : Les sécheresses au Niger: Clichés et Réalités, P17-29.

OUSSEINI, M., Novembre 2002. Etude de vulnérabilité et adaptation aux changements climatiques : Secteur agriculture, 15 pages.

PADEL/Gaya, Juin 2001. Restructuration du plan de gestion du terroir de Bana. 17 pages.

Cabinet du Premier ministre, Février 1997 Rapport de Consultation Nationale au Niger, .Processus Rio+5, Bilan de 5 ans d'Action. Version finale. www.ecouncil.ac.cr/rio/national/reports/africa/niger.htm-39k

PNUE, Septembre 2002. Changements Climatiques : Fiches informatives, 30 pages

Projet Changements Climatiques, 1999. Document de synthèse des inventaires de Gaz à effet de Serre et des études de vulnérabilité et adaptation aux changements climatiques, Niamey, 94 pages

RAYNAUT, C., Koechlin, J., Brasset, P., Cheung, C., Stigliano, M., janvier, 1988.

Le développement Rural de la Région au village : Analyser et comprendre la diversité. Bordeaux, 174 pages.

SAKY, S.R., Mars 2002. Etude des pratiques et gestion de la fertilité des sols et des risques climatiques dans la région d'Aguié (Maradi): Cas du village de Zabon mousso

Mémoire de fin d'études, Ingénieur des techniques agricoles, Faculté d'Agronomie.

SALEY, K., Février 2002. Etude des pratiques et des stratégies paysannes en matières de gestion de la fertilité des sols et des risques climatiques dans l'arrondissement d'Aguié (Maradi): Cas des villages de Elgueza et de Zabon Mousso, Mémoire de fin d'études, CRESA de Niamey

THORNES, J., 1990.: "L'émergence de nouveaux paysages : l'utilisation des sols, réponse non- linéaire au forçage climatique, THEMES GENERAUX MEDITERRANEE" P31 -37

YACOUBA, M., 2000. Analyse de la participation populaire dans la gestion durable de la régénération naturelle. 47 pages.

ZAKARI, S.B., Décembre 1997. Méthodes pour comprendre et mesurer les pratiques agraires en milieu tropical et leurs transformations. Travaux de recherches de l'institut de Géographie Université de Lausanne (IGUL n°16) P55-P71






Extinction Rebellion







Changeons ce systeme injuste, Soyez votre propre syndic



"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote