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UNI VERSITE ABDOU MOUMOUNI FACULTE
D'AGRONOMIE
Centre
Régional d'Enseignement
Spécialisé en Agriculture
(CRESA)

CRESA DE NIAMEY UNIVERSITE DE PRETORIA
Mémoire de fin d'études pour l'obtention du
Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DES
S).
Option : Protection de l'environnement et
Amélioration des systèmes agraires
sahéliens

IMPACT DE LA VARIABILITE CLIMATIQUE SUR LES SYSTEMES
DE PRODUCTION AU NIGER : CAS DES ZONES DE GAYA ET D'AGUIE
THEME :
Présenté par AMADOU Mahamadou
Laouali le 15 mars 2004
Directeurs de mémoire :
Dr ALI Mahamadou Agro-économiste
Dr ADAMOU M. .Moustapha Hydrologue Maître
de stage :
Dr MAI MOUSSA Katiella , Agro-écologiste
Jury :
Président : Pr AMBOUTA Karimou : Maître de
Conférences
Membres : Dr ALI Mahamadou : Maître
Assistant
Dr ADAMOU Moustapha : Assistant
Dr MAI MOUSSA Katiella : Maître
Assistant

BP: 10960 Niamey (NIGER) Tél: 002272073 39 42
Email:
laouali@gmail.com
Promotion 2002-2004
DEDICACE i
Remerciements ii
SIGLES ET ABREVIATIONS iii
Tableaux et Figures iv
Annexes v
Résumé vi
Abstract vii
Introduction 1
I . Le cadre géographique 4
II . Le milieu biophysique 4
II . 1 Le climat 4
II . 2 Géomorphologie 5
II . 3 Le sol 6
II . 4 Hydrographie 6
II . 5 La flore et la végétation 7
II . 6 La Faune 8
III . Le milieu socio-économique 8
III . 1 Population 8
III . 2 L'agriculture 9
III . 3 L'élevage 10
II1 . 4 Le commerce 11
III . 5 Autres activités 11
III . 6 La Position géographique des villages
d'étude 12
CHAPITRE 2 : APPROCHE METHODOLOGIQUE 15
I . Cadre conceptuel 15
I . 1 Cadre Institutionnel 15
I . 2 Problématique générale 18
I . 3 Définitions des concepts utilisés 21
I . 4 Caractéristiques écologiques de trois
cultures utilisées 22
I . 5 Cadre de travail 24
II . Cadre Méthodologique 24
II . 1 L'approche biophysique 24
II . 1 . 1 Formulation des Scénarii 24
II . 1 . 2 Description des modèles 25
II . 1 . 3 Les données d'entrée du
modèle 25
II . 1 . 4 Les données de sortie du modèle 26
II . 2 L'approche socio-économique 27
II . 2 . 1 Valorisation de l'information existante 29
II . 2. 2 zonage et Elaboration du questionnaire 29
II . 2 . 3 Réalisation des enquêtes 30
II . 2 . 3 . 1 Justification sur le choix des villages
d'étude 31
II . 2 . 3 . 2 Difficultés rencontrées 31
II . 2 . 4 Typologie des exploitations agricoles 32
II . 2 . 5 Caractérisation du fonctionnement des
systèmes de production 33
CHAPITRE 3 : RESULTATS ET DISCUSSION 34
I . Effets de la variabilité climatique sur les rendements
de mil, de sorgho et de niébé 34
I . 1 Le mil 34
I . 2 Le sorgho 36
I . 3 Le niébé 38
II . Influence de la variabilité climatique sur la
disponibilité en eau du sol 41
II . 1 Le mil 41
II . 2 Le sorgho 43
II . 3 Le niébé 44
Conclusion partielle 45
III . L'analyse socio-économique 46
III . 1 Les systèmes de production 46
III . 1 . 1 Les facteurs de production 46
III . 1 . 1 . 1 Les sols et le mode d'accès à la
terre 47
III . 1 . 1 . 2 la main d'oeuvre 48
III . 1 . 1 . 3 Les intrants et les équipements agricoles
48
III . 1 . 2 Les systèmes de culture 49
III . 1 . 2 . 1 Les éléments du système
49
III . 1 . 2 . 2 Les systèmes de culture pratiqués
50
III . 1 . 2 . 3 Les calendriers culturaux 52
III . 1 . 2 . 4 Le fonctionnement des systèmes de culture
53
III . 2 Typologie des exploitations agricoles 57
III . 2 . 1 . Corrélations pour variables appariées
58
III . 2 . 2 Définition des axes 60
III . 2 . 3 Regroupement des exploitations 60
III . 2 . 3 . 1 Terroir de Bana 60
III . 2 . 3 . 2 Terroir de Zabon Mousso 63
III . 2 . 4 L'analyse des performances économiques des
exploitations 64
III . 3 Adaptation des systèmes productifs agricoles
à la variabilité climatique 67
III . 3 . 1 Les constats sur la variabilité climatique
67
III . 3 . 2 Les stratégies d'adaptation 68
III . 3 . 3 les contraintes principales à l'adoption des
stratégies nécessaires 69
Conclusion partielle 70
Conclusion générale et Suggestions 71
Références bibliographiques 74
DEDICACE
A toute ma famille
A tous mes amis (es)
A tous ceux qui ont contribué à ma formation.
Remerciements
A la fin de ce travail, nous tenons à remercier
très sincèrement le Centre Régional d'Enseignement
Spécialisé en Agriculture (CRESA) et tous ceux qui de près
ou de loin ont amené leur contribution pour la réalisation de
cette étude.
Nous tenons d'abord à remercier l'équipe des
enseignants chercheurs qui à supervisé ce travail. Elle est
composée de:
Dr ALI Mahamadou à la Faculté d'Agronomie ;
Dr ADAMOU M. Moustapha à la Faculté d'Agronomie
;
Dr MAI MOUSSA Katiella à la Faculté des
Sciences.
Qu'ils trouvent ici notre profonde gratitude pour la
supervision, les conseils et surtout les conditions favorables qu'ils nous ont
créées pour le bon déroulement des activités de
cette étude. A travers cette équipe, nous remercions
également le projet FEM/Banque Mondiale et le CEEPA qui sont à la
base de la réalisation de cette étude.
Nos remerciements vont aussi aux coordonnateurs (Monsieur
Bouda et Monsieur Guero) ainsi qu'aux différentes équipes
techniques du projet PADEL à Gaya et du projet PAIIP à
Aguié pour nous avoir assisté techniquement pour la
démarche d'introduction dans les terroirs d'étude.
Nous ne saurions terminé ces quelques lignes sans pour
autant remercier les différents comités de gestion de terroir
ainsi que les vaillantes populations des terroirs de Zabon Mousso
(Aguié) et de Bana (Gaya).
Enfin, merci au Chef de canton de Bana ( le vieux ZAKARI Yaou
Namata ), à son chef du village et particulièrement à son
fils Abdoulkarim pour leur esprit d'hospitalité.
SIGLES ET ABREVIATIONS
ASV : Agro-systèmes villageois
CEEPA : Centre for Environnemental Economics and Policy in
Africa
CES/DRS : Conservation des Eaux et des Sols et Défense et
Restauration des Sols CRESA : Centre Régional d'Enseignement
Spécialisé en Agriculture
CWR : Crop Water Requirements
DHS : Déficit d'Humidité du Sol
ET : Evapotranspiration
FAO : Food and Agriculture Organisation
FEM : Fond pour l'Environnement Mondial
GIEC : Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat
GFDLLO : Geophysical Fluid Dynamics Laboratory
HadCM2 : Hadley Centre Unified Model 2 Transient
HCR: Humidité à la Capacité de
Rétention
INRAN : institut National des Recherches Agronomiques du Niger
MAGICC : Model for Assessement of Greenhouse-gas Induced Climat
Change MFE : Ministère des Finances et de l'Economie
OMM : Organisation Météorologique Mondiale
ONAHA : Office National des Aménagements
Hydro-Agricoles
PADEL : Projet d'Appui au Développement Local
PAF : Projet d'Aménagement des Forêts
PAIGLR : Programme d'Appui aux Initiatives de Gestion Locale des
Rôneraies PAIIP : Projet d'Appui aux Initiatives et Innovations
Paysannes
PADEM : Programme Africain d'enquêtes auprès des
ménages
PDRAA : Projet de Développement Rural de l'Arrondissement
d'Aguié QTP : Quantité Totale des Pluies
RGP/H : Recensement Général de la Population et de
l'habitat
RFU : Réserve Facilement Utilisable
RU : Réserve Utile
SAA : Service d'Arrondissement d'Aguié
SCENGEN : SCEnario GENerator
Tableaux et Figures
Tableau 1: Les types des sols des zones
d'étude 26
Tableau 2: Dates des semis et de récolte
ainsi que le cycle de végétation des cultures 26
Tableau 3: Paramètres de rendement de mil
(Aguié) 35
Tableau 4: Paramètres de rendement de mil
(Gaya) .. 35
Tableau 5: Estimation de la baisse de rendement
de mil (Aguié) . 36
Tableau 6: Paramètres de rendement de
sorgho (Aguié) 37
Tableau 7: Paramètres de rendement de
sorgho (Gaya) 37
Tableau 8: Estimation de la baisse de rendement
de sorgho (Aguié) 38
Tableau 9: Paramètres de rendement de
niébé (Aguié) . 39
Tableau 10: Paramètres de rendement de
niébé (Gaya) 40
Tableau 11: Estimation de baisse de rendement de
niébé (Aguié et Gaya) 40
Tableau 12: Calendrier cultural de mil
(Aguié et Gaya) 53
Tableau 13: Calendrier cultural de sorgho
(Aguié et Gaya) .. 53
Tableau 14: Calendrier cultural de
niébé (Aguié et Gaya) 54
Tableau 15: Evolution du prix des produits de
récolte .. 58
Tableau 16: Quelques contraintes et solutions
proposées par les producteurs .. 58
Tableau 17: Corrélation pour variables
appariées (terroir de Bana) .. 59
Tableau 18: Corrélation pour variables
appariées (terroir de Z.mousso) .. 59
Tableau 20: Rendements moyens des cultures pour
les deux terroirs 60
Tableau 21: Résultats moyens des cultures
des exploitations du terroir de Bana . 66
Tableau 22: Résultats moyens des cultures
des exploitations du terroir de Z. Mousso 66
Tableau 23: Constats des producteurs sur la
variabilité climatique 68
Figure 1: Evolution des pluviométries des
stations de Gaya et de Gazaoua 5
Figure 2: Situation du canton de Bana 13
Figure 3: Localisation du village de Zabon
mousso ... 14
Figure 4: Localisation des zones d'étude
20
Figure 5: Démarche pratique pour
l'identification et l'étude des systèmes agraires .. 28
Figure 6: l'évolution de déficit
d'humidité du sol pour la culture de mil 42
Figure 7: l'évolution de déficit
d'humidité du sol pour la culture de sorgho .. 44
Figure 8 : l'évolution de déficit
d'humidité du sol pour la culture de Niébé .. 45
Figure 9: Champ de case à Z.mousso 51
Figure 10: Regroupement des exploitations du
terroir de Bana . 63
Figure 11: Regroupement des exploitations du
terroir de Z.mousso .. 63
Annexes
Annexe 1 : Coûts d'investissement des terroirs
d'étude Annexe 2 : Corrélations pour variables appariées
(Gaya) Annexe 3 : Corrélations pour variables appariées
(Aguié) Annexe 4 : Statistiques pour échantillons appariés
(Gaya) Annexe 5 : Statistiques pour échantillons appariés
(Aguié)
Résumé
Ce travail dont le thème est "Impact de la
variabilité climatique sur les systèmes de production à
Bana (GAYA) et à Zabon Mousso (AGUIE)" est une étude comparative
entre deux zones agro-écologiques différentes du Niger : La zone
de Gaya dans la région de Dosso et la zone d'Aguié dans la
région de Maradi.
Deux approches ont été utilisées pour la
réalisation de cette étude : l'une sur les aspects biophysiques
et l'autre sur les aspects socio-économiques.
L'étude des aspects biophysiques s'est faite à
travers l'utilisation du modèle CROPWAT pour l'estimation de la
disponibilité en eau du sol de mil, de sorgho et de niébé
et les effets de cette disponibilité en eau sur les rendements de ces
cultures. Deux scénarii ont été développés :
une période de référence et l'horizon 2025.
Quand à l'étude socio-économique, elle
s'est basée sur l'analyse du fonctionnement des systèmes
productifs agricoles de ces deux zones à travers un diagnostic à
l'échelle de l'exploitation.
L'analyse des résultats du modèle présage
une diminution de la disponibilité en eau du sol dans la zone
d'Aguié pour les cultures pluviales au vu de l'augmentation du
déficit d'humidité du sol (DHS) à l'horizon 2025
comparativement aux résultats enregistrés pour la période
dite de référence. Par contre, une légère
amélioration des conditions déjà meilleures par rapport au
reste du pays est prévue pour la zone de Gaya; A cet effet, aucune
baisse de rendement n'est prévue pour les céréales dans
cette zone; néanmoins, on note une faible réduction du rendement
du niébé.
L'analyse socio-économique révèle
l'existence d'une grande diversité d'exploitation dans chaque zone avec
des performances économiques relativement différentes. A Zabon
Mousso, le type d'exploitation majoritaire enregistre un faible revenu
contrairement au terroir de Bana où le type d'exploitation majoritaire
enregistre un revenu relativement bon.
Mots clés: Variabilité climatique,
systèmes de production, AGUIE, GAYA, Typologie des exploitations
agricoles.
Abstract
"Impact of climate variability on production systems at Bana
(GAYA) and Zabon Mousso (AGUIE)" is an comparative research between two
different agro-ecological zones of Niger : Gaya in Dosso area and Aguié
in Maradi area.
Two approaches have been used in order to implement this
research: biophysical approach and socio-economical approach.
Biophysical approach has been done through Cropwat model use
for assessment of soil water availability of main crops as millet, sorghum and
cowpeas and the effects of this water availability on these crops yield from
area and with climate variation on the 2025 horizon.
Socio-economic approach is based on the functioning analysis
of crop systems of these two areas through farming diagno sis.
The model results analysis portended soil moisture reduction
for millet, sorghum and cowpeas in Aguié area. It was because of the
soil moisture deficit increase on the 2025 horizon comparatively to the
recorded results of reference period. On the other hand, this model presage
light soil moisture improvement already better for Gaya area. That's why there
is no yield decrease for millet and sorghum. Nevertheless there is low yield
decrease for cowpeas.
The socio-economic analysis reveals large diversity farming
existence in each zone with different economic performances. In Zabon Mousso
soil, majority farm have a low income contrary to Bana soil where majority farm
have relatively good income.
Key words : Climate variability, Crop systems,
AGUIE, GAYA, Farms typology.
Introduction
Les transformations du milieu tant physique que social
affectent avec une grande ampleur les pays en voie de développement et
tout particulièrement la zone sahélienne. Ces transformations
environnementales, considérées au sens large et la modification
de la structure démographique ou des systèmes culturels affectent
directement ou indirectement les processus de production agricole. Or dans ces
pays qui comptent 85% de leur population dans le secteur rural,
s'intéresser aux transformations des pratiques agricoles et des
systèmes d'exploitation répond à l'urgence de la
situation. La plupart des communautés agricoles connaissent
déjà un état de crise se manifestant par la
raréfaction croissante des terres de cultures, la baisse des rendements
agricoles, bref l'insécurité alimentaire (Baechler, 1995).
Le Niger, situé au coeur de la zone sahélienne,
n'est pas en marge de cette situation. Ce pays est marqué ces
dernières décennies par une mutation importante qui touche les
systèmes sociaux, le régime foncier, les systèmes de
production etc. Une des conséquences de cette mutation est le changement
des stratégies pour s'adapter aux conditions climatiques actuelles. A
l'ordre de celles-ci, l'abandon des semis à sec et précoces,
l'introduction de variétés de cultures moins exigeantes, la
généralisation de cultures de contre saison (Zakari, 1997).
En effet, la dégradation accélérée
des ressources naturelles, supports essentiels des productions du pays, est
liée à une péjoration climatique générale,
aiguisée par les sécheresses successives et les actions de
l'homme. L'agriculture est essentiellement de type extensif et se mène
sur des sols qui, dans l'ensemble offrent des rendements assez
aléatoires en rapport avec les conditions climatiques notamment le
régime pluviométrique.
Des nombreuses études ont clairement établi une
importante variabilité inter-annuelle et intra-annuelle de cette
pluviométrie se manifestant ainsi par une tendance à
l'aridification de l'ensemble des zones agro-écologiques du pays. A
titre d'exemple, Niamey qui, sur la période 1951- 1980 était dans
la zone soudanienne , se trouve en zone sahélienne sur l'intervalle
1968-1993 (Osseini, 1996). D'autre part, en comparant les cartes des courbes
isohyètes de la décennie 1960- 1969 et celle de la
décennie 1980-1989, on a constaté un déplacement important
des courbes isohyètes du nord vers le sud. La courbe isohyète 500
mm qui était au nord de Dogondoutchi pendant la première
décennie, se trouve au sud de Dosso pendant la seconde. Les lignes
isohyètes 800, 850 et 900 mm ont complètement disparu de la
région (Daddy, 1995).
Ces modifications de la pluviosité concernent aussi sa
structure et sa nature: la fréquence des jours de pluie diminue, le
maximum décadaire est plus précoce sur fin Juillet début
Août au lieu de mi à fin Août, les orages brefs et
torrentiels se généralisent au détriment des averses
longues et peu
intenses. A ceux-ci s'ajoute une variation des
caractéristiques de la saison agricole comme le début, la fin et
la longueur de la saison des pluies (Daddy, 1995).
Tous ces éléments induisent un risque climatique
majeur pour le déroulement de la campagne agricole donc pour
l'économie et les populations. Pour atténuer ces effets et
répondre aux préoccupations de développement durable dans
un secteur socio-économique comme l'agriculture, il est de nos jours et
dans nos conditions plus que nécessaire de fournir et d'utiliser les
informations météorologiques et climatiques en intégration
avec d'autres informations socio-économiques.
Le projet "Climat régional, Eau et Agriculture:
Impact sur les systèmes agroécologiques en Afrique et mesures
d'adaptation" s'inscrit dans ce cadre. Ce projet de recherche
régionale sur les Changements Climatiques sur
financement de la banque mondiale et le fond pour l'environnement mondial (FEM)
concerne onze pays dont le Niger. Il s'agit de : Burkina Fasso, Cameroun,
Egypte, Ethiopie, Ghana, Kenya, Niger, Sénégal, Afrique du Sud,
Zambie et Zimbabwe.
Les objectifs poursuivis à travers ce projet sont
principalement :
- la conduite des analyses économiques sur les
études d'impacts et d'adaptation des systèmes
agro-écologiques face aux changements climatiques au niveau national,
puis sur l'ensemble des pays concernés par ce projet;
- la prise en compte des ressources en eau dans ces analyses;
- l'amélioration des capacités d'expertise des pays
membres;
- le développement des échanges entre les pays
à travers les équipes participant à ce projet.
Le thème de recherche de l'équipe
nigérienne (composée d'enseignants chercheurs) "Impact
des Changements Climatiques sur les systèmes de production au
Niger" vise à apporter une contribution à la recherche
des solutions à la problématique liée au climat. Dans le
cadre de ce mémoire, ce thème se limite à l'étude
de l'impact de la variabilité climatique sur les systèmes
de production à Bana (Gaya) et à Zabon Mousso
(Aguié). Cette étude vise comme objectif
général, l'étude de vulnérabilité des
systèmes productifs agricoles du Niger à travers une étude
comparative de deux zones agro-écologiques différentes face aux
tendances connues sur le plan socio- économique et climatique: la zone
de Gaya (région de Dosso) et la zone d'Aguié (région de
Maradi). Pour y parvenir, deux objectifs spécifiques ont
été envisagés :
- l'étude de la disponibilité en eau du mil, du
sorgho et du niébé face à la variabilité
climatique;
- l'étude de l'impact de la variabilité climatique
sur les aspects socio-économiques des exploitations agricoles dans les
zones étudiées.
Le présent document s'articule autour des trois
principales parties :
Une première partie consacrée à la
présentation des zones étudiées ainsi que la
position géographique des villages correspondants; une
deuxième partie consacrée au cadre institutionnel, à
la problématique générale, aux
définitions des concepts utilisés et au cadre
méthodologique et enfin une troisième partie où sont
présentés les résultats et la discussion.
CHAPITRE PREMIER : GENERALITES SUR LES ZONES D'ETUDE
I . Le cadre géographique
Gaya est l'un des cinq départements que compte la
région de Dosso. Il est situé à l'extrême Sud entre
11°42' et 12°56'de latitude Nord et 3°6' et 3°51' de
longitude Est. Il couvre une superficie de 4044 km2 soit 3.2% de
l'étendue totale du pays et est limité au Nord-Est par le
département de Dogon Doutchi, au Nord-Ouest par le département de
Dosso, à l'Est et au Sud-Est par la République
Fédérale du Nigeria, au Sud-Ouest par la République du
Bénin. Le département compte six cantons: Dioundiou, Kara kara,
Yélou, Zabori, Bana et Gaya.
Quant au département d'Aguié, il est
situé dans la partie sud de la région de Maradi. Il est
limité au Nord par le département de Mayahi, à l'Est par
celui de Tessaoua, au sud par la République Fédérale du
Nigeria et à l'Ouest par le département de Madarounfa et Guidan
Roumdji. Aguié est le département le moins vaste de cette
région avec une superficie estimée à 2800
Km2.
II . Le milieu biophysique
II . 1 Le climat
Le climat est du type Nord-soudanien pour la zone de Gaya et
sahélien pour la zone d'Aguié. Il se subdivise en deux saisons:
l'une sèche allant de Novembre à Avril, et l'autre pluvieuse
allant de Mai à Octobre pour Gaya. La saison pluvieuse qui débute
en Juin dure 4 à 5 mois à Aguié.
La moyenne annuelle des précipitations
enregistrées à la station de Gaya au cours des trente
dernières années (1961-1991) était de 797 mm avec un
nombre moyen annuel des jours pluvieux de 62. Cette moyenne est de 815 mm/an
pour la période 1973-2003.
La station d'Aguié est de création
récente, la série disponible est de 1981 à 2003;
d'où le recours à la série historique de la station de
Gazaoua qui est un poste administratif situé à quinze
kilomètres (15 km) à l'Est d'Aguié. La moyenne annuelle
des précipitations (1973-2003) enregistrées au niveau de cette
station est de 450 mm.
Ces deux stations donnent la même évolution des
pluviométries (figure 1) sur les trente dernières années.
Cette situation pluviométrique se caractérise par une forte
variabilité inter- annuelle avec des années de sécheresse
beaucoup plus prononcées en 1983, 1984 et 1987.
Les températures moyennes minimales enregistrées
à la station de Gaya de 1970-1997 nous donnent 18.64° pour janvier,
mois le plus froid et 27.18° pour avril considéré comme le
mois le plus chaud. Quant au maxima pour la même période, janvier
enregistre une moyenne de température de 33.14° et avril
40.31°.
Le mois d'août au cours duquel tombe plus du tiers des
précipitations annuelles, enregistre 28.81° (Dambo, 2001).
La température la plus basse de la zone d'Aguié est
en moyenne de 10°c avec des moyennes maximales variant de 27 à
29°c (Moussa, 2000).

1400
1200
1000
400
200
600
800
0
Années
Gaya Gazaoua
Source : Direction de la météorologie
nationale
Figure 1 : Evolution des pluviométries des stations de
Gaya et Gazaoua de 1973 à 2003.
II . 2 Géomorphologie
Le relief de la zone de Gaya est caractérisé par
trois niveaux:
- un plateau gréseux dont le pendage dans la partie
orientale du Dallol est Nord-Est, sud-ouest (0.2%). Ce plateau est
généralement recouvert d'une cuirasse ferrugineuse du continental
terminal avec des placages sableux d'origine éolienne. Il est
limité par des falaises plus ou moins raides, entaillées par les
affluents fossiles du fleuve Niger que sont les Dallols Maouri et Fogha (Dambo,
2001).
- un niveau intermédiaire constitué de terrasses
sableuses;
- une plaine alluviale faiblement inondée à
prédominance sableuse d'axe Nord-Sud à faible pente.
Contrairement à Gaya, le modelé
général de la zone d'Aguié correspond à un bas
plateau recouvert par un manteau sableux à épaisseur variable et
formant un système dunaire plus ou moins aplati, fixé par une
végétation steppique (Ratnaud, 2001 cité par Lamine
2002).
II . 3 Le sol
On distingue quatre grands types de sols correspondant aux
différentes formes du relief de
Gaya:
- Les sols de plateaux généralement peu profonds et
graveleux qui reposent sur le grès du continental terminal, les plaques
cuirassées y affleurent par endroit ;
- Les sols de terrasses situés au pied du talus des
plateaux et en bordure des dallols constitués essentiellement par des
sables argileux ;
- Les sols des dallols d'origine alluviale appartenant pour la
plupart au groupe des sols ferrugineux tropicaux qui sont, selon les cas,
sablo-limoneux ou sablo-argileux ;
- Les sols des lits des anciennes rivières, des
cuvettes, bas-fonds et de la vallée du fleuve sont hydromorphes, de
couleur grise, et plus riches que les précédents en
matière organique (Parkans, 1969 cité par Lamine 1997)
Dans la zone d'Aguié les principaux types de sols
rencontrés sont :
- les sols dunaires peu différenciés ou Jigawa
à texture sableuse, perméables avec une capacité de
rétention en eau très basse, faciles à travailler, mais de
faible fertilité ;
- les sols ferrugineux tropicaux lessivés ou
Géza à texture limoneuse avec une faible teneur en
matières organiques. Ils sont compacts, peu perméables et
difficiles à travailler, du fait de leur teneur en argile. Ce sont des
sols caractérisés par le phénomène de prise en
masse à la dessiccation et une tendance à l'induration ;
- les sols de bas-fonds : ils sont localisés dans la
vallée des Goulbis et les dépressions inter dunaires. Ce sont des
sols à hydromorphie temporaire formés d'alluvions argilo-sableux
à texture variable et cohérents à sec (Ibro, 1997
cité par Lamine, 2002).
II . 4 Hydrographie
Le département de Gaya est arrosé par le fleuve
Niger sur plus de 100 km et traversé par ses affluents fossiles sur
près de 150 km du nord au sud (Dallols Maouri et Fogha). Le long de ces
dallols s'aligne un chapelet des mares permanentes et semi- permanentes qui
sont alimentées par les importantes précipitations qu'enregistre
le département. Les eaux du sous- sol sont aussi abondantes car le
département dispose de sept systèmes aquifères dont les
plus utilisés par les populations sont la nappe phréatique du
Dallol Maouri (profondeur 30 cm) et les nappes alluviales des dallols (Maouri
et Fogha) et du fleuve (Géoconseil, 1998 cité par Dambo,
2001).
Le potentiel en eau de surface du département
d'Aguié est limité à 16 mares et aux écoulements
saisonniers des affluents du Goulbin Kaba (Fadama et Mayfarou) qui ont leur
confluence en aval immédiat de Gazaoua (figure 3). Les
mares ont des capacités de stockage très faibles et leur
durée de vie ne dépasse pas 4 mois après la saison des
pluies.
Trois aquifères constituent les eaux souterraines
d'Aguié : l'aquifère du socle précambrien de la partie
sud-ouest du département avec une profondeur moyenne de 40 m;
l'aquifère du continental hamadien qui couvre la quasi- totalité
du département, avec une profondeur d'environ 60 m, et enfin
l'aquifère des alluvions récentes pour lequel on distingue la
nappe du Goulbin Maï Farou et Goulbin Fadama avec une profondeur de 7
à 12 m (CRESA , 2002 cité par Lamine, 2002).
II . 5 La flore et la végétation
La végétation de la zone de Gaya est
caractérisée par une savane arbustive constituée
essentiellement des combretacées localisées surtout sur les
plateaux latéritiques.
La rôneraie du Dallol Maouri, l'un des plus importants
peuplement de rôniers de l'Afrique de l'ouest fait partie de ces
ressources ligneuses.
Cette végétation est répartie en trois
groupements (Lawali, 1992) :
- Le groupement des plateaux latéritiques: c'est le
domaine des savanes arbustives dominées par les espèces suivantes
: Anogeissus leocarpus, Combretum micrantum, Bombax costatum , Acacia
macrostachya, Feretia apodenthera, Pterocarpus erinaceus, Loudetia togoensis,
Thephrosia purpurea, Combretum glutinosum, Combretum nigricans, etc;
- Le groupement des dunes stabilisées: il est
constitué par des savanes arbustives et
arborées où l'on rencontre des espèces
telles que : Vitex doniana, Detarium microcarpum, Prosopis africana,
Sclerocaria birrea, Balanites aegyptiaca, Vitelaria paradoxa , Ziziphus
moritiana, Monechma ciliathum, Zornia glochitiata, Guiera senegalensis,
etc;
- Le groupement des vallées: c'est le domaine des savanes
boisées et des forêts claires.
On rencontre entre autres les espèces suivantes :
Daniella olivera, Celtis integrifolia, Ficus spp, Diospyros mespiliformis,
Vitex doniana, Hyphaene thebaïca, Parinari macrophylla, Borassus aethi
opium, Acacia pennata, etc.
La végétation de la zone d'Aguié se
limite aux espèces telles que: Sclerocaria birrea,
Commiphora africana, Guiera senegalensis, Combretum
migrantum, Acacia albida, Piliostigma reticulum, Anona
senegalensis et des pieds isolés de Vitex doniana et
Combretum glutinosum. A ces espaces s'ajoutent près de 65 000 ha de
régénération naturelle de ces différentes
espèces (Yacouba 2000).
Le tapis herbacé de cette zone est trop bas et peu
varié. Il est constitué de Eragrostis tremula,
Cenchrus biflorus, Brachiaria disticophylla, Alysicarpus
ovalifolius, et Mytracarpus
scaber et connaît ces dernières
années une extension démesurée du Sida cordifolia
et de Zornia glochidiata.
Le département de Gaya compte trois (3) forêts
classées totalisant 14277.5 ha.
Il s'agit des forêts classées de Bana (751.5 ha), de
Gorou bassounga ( 8832 ha) et de Foga beri (4694 ha).
Le département d'Aguié possède
également trois forêts classées (Dan Kada Dogo, Dan Gago et
Bakabé) d'une superficie totale de 14330 ha au classement.
Comme pour le reste du pays, ces forêts connaissent des
problèmes de dégradation continue des ressources résultant
de la forte concentration des populations dans les zones favorables à
favorables (comme les Dallols) et d'un défrichement abusif sur les
plateaux comme la coupe et la vente de bois vert et l'extension des terres de
cultures (service de l'Environnement de Gaya, 2003). Les
forêts classées de la zone d'Aguié sont actuellement
claires et dégradées à cause de la disparition progressive
des certaines espèces ligneuses (due à la surexploitation), de
l'apparition d'herbacées indésirables comme Sida
cordifolia et de l'occupation clandestine.
II . 6 La Faune
Il n'existe pas des statistiques fiables sur la faune. Cependant
on note une réduction drastique des effectifs accompagnée de la
disparition de la majorité des espèces .
La faune sauvage de Gaya réside essentiellement dans la
forêt classée de Goroubassounga et dans certains massifs
près du fleuve. Dans cette forêt, les oiseaux sont en grand nombre
ensuite viennent les reptiles et les rongeurs. On y trouve également des
espèces comme Lepus capensis, Camus aureus, Numida
melagris, etc (Idé, 2003).
A Aguié, les ressources fauniques sont actuellement
rares, résultat de la destruction de leur niche écologique
à cause de la pression anthropique et des aléas climatiques. Les
reliques rencontrées sont constituées de Papio cynocephalus,
Erythrocebus patas, Canis zerda, Lepus capensis, Felis sylvestris, Xerus
erytropus, Atelerix albiventris, Ratus sp, Varanus niloticus et divers
autres types de reptiles et d'oiseaux (Lamine, 2003).
III . Le milieu socio-économique
III . 1 Population
Le département de Gaya a une population de 247127
habitants (MFE, 2001). C'est la zone la plus peuplée de la région
de Dosso avec une densité de 63 habitants au km2. La
répartition par sexe donne 49,9% pour les femmes contre 50,1% pour les
hommes (Dambo, 2001). La population
est composée essentiellement des Tchanga et des Maouri
au Nord -Est et au Nord ; des Djerma et des Dendi au Sud- Ouest et au Sud et
des Peulhs répartis dans tout le département (service du plan
Gaya, 2003). Le département de Gaya compte six cantons pour plus de 214
villages. Ces cantons sont: Gaya, Yélou, Dioundiou, Bana, Karakara et
Zabori.
Selon les résultats provisoires du recensement
général de la population MFE, 2001, le département
d'Aguié compte 273926 habitants dont 133485 hommes et 140441 femmes soit
un rapport de masculinité de 95 hommes pour 100 femmes. La
densité est de 91.3 habitants au km2 (service plan
Aguié, 2003). La population est essentiellement composée des
Haoussa, des Peulhs, des touareg, etc. Le département est
subdivisé en deux cantons, Aguié et Gangara, avec 183 villages et
37 tribus Peulhs composant deux groupements (Hawandawaki et
Baoudéta).
III . 2 L'agriculture
La zone de Gaya est la mieux arrosée du Niger (580 mm
au Nord et 700 mm au Sud), ce qui explique sa richesse en ressources
naturelles. La superficie cultivable est estimée à 290780 ha. La
superficie emblavée est passée de 60015 ha en 1983 à 91116
ha en 2001 (service de l'Agriculture de Gaya, 2003).
Les principales cultures de la zone de Gaya se
répartissent en 3 groupes : les cultures pluviales, l'arboriculture et
les cultures irriguées et de décrue .
Le mil, le sorgho, le niébé, l'arachide, le
voandzou et le fonio constituent l'essentiel des cultures pluviales et occupent
la quasi totalité des terres cultivées. Les rendements moyens du
mil, du sorgho et du niébé sur 20 ans (1983-2002) sont
respectivement de 600 kg/ha, 600 kg/ha et de 100 kg/ha (service d'Agriculture
de Gaya, 2003).
Les cultures irriguées se font dans les
aménagements hydro-agricoles de Gaya, Tara, et Gattawani Dollé
avec comme principales spéculations le riz, la canne à sucre,
l'oignon, la patate douce etc.
Les cultures de décrue se pratiquent dans les
vallées des Dallols Maouri et Fogha, aux abords du fleuve, des mares et
des forages artésiens .
L'arboriculture se pratique le long du fleuve Niger et dans
les Dallols à travers la production de mangues , de citrons, de goyaves,
de tangelos, etc.
La zone d'Aguié, avec une pluviométrie variant
de 400 à 600 mm a un potentiel en terres cultivables de 255726 ha. Le
nombre total des exploitations est estimé à 28473 en 1997.
L'exploitation moyenne comprend huit actifs et dispose d'environ 4.5 ha de
terres cultivables soit 0.6 ha par actif. Cette situation devient de plus en
plus critique du fait de l'accroissement de la
population (service de Plan Aguié, 2003). Dans cette
zone, les principales spéculations sont le mil, le sorgho, le
niébé, l'arachide et le souchet. Les rendements moyens sur 16 ans
(1987-2002) est de 400 kg/ha pour le mil, 200 kg/ha pour le sorgho, 100 kg/ha
pour le niébé et 350 kg/ha pour l'arachide ( service de
l'Agriculture d'Aguié, 2003).
III . 3 L'élevage
D'une manière générale, l'élevage
est la seconde activité après l'agriculture au Niger. Ce secteur
regroupe l'élevage du gros bétail (bovins, asins, équins
et camelins), le petit bétail (ovins, caprins) et la volaille (poulets,
pintades, canards, pigeons).
D'une manière générale, le système
de conduite du troupeau de la zone de Gaya comprend le système extensif,
le système semi- extensif et le système intensif (service
d'élevage de Gaya, 2003).
Ce dernier repose essentiellement sur l'embouche. Dans ce
système, l'animal est en stabulation fixe et bénéficie des
aliments de base ou de concentrés, de l'eau et des soins particuliers.
Ce type d'élevage est essentiellement destiné à la vente
et concerne les bovins, les ovins et les caprins.
Le système semi-extensif est celui dont les animaux
sont en divagation libre dans la nature le matin et reviennent le soir. A
l'heure du retour, ils reçoivent un complément alimentaire. Les
vaches laitières, les reproductrices et les animaux de traits sont les
plus favorisés.
Le système extensif comprend trois variables que sont
la petite transhumance, la moyenne transhumance et la transhumance
transfrontalière.
La zone ne dispose pas des aires de parcours proprement dites,
mais quelques endroits offrent quand même cette possibilité; il
s'agit des parties de forêts classées, le sommet de plateaux, et
les bordures du fleuve Niger. On y trouve également dans la zone
quelques puits pastoraux, des couloirs de passage balisés et des
mares.
L'élevage est pratiqué par la majorité de
la population d'Aguié. Contrairement à la zone de Gaya, cette
activité évolue dans un contexte peu favorable à cause de
la faible disponibilité de terres de pâture, des
difficultés d'alimentation et d'embrèvement des animaux (due au
manque des mares et à la profondeur des puits), des épizooties
etc. L'alimentation de base en saison sèche se limite essentiellement
aux résidus de cultures (tiges de mil et sorgho, fanes d'arachides et du
niébé) et aux fourrages aériens.
Une partie du cheptel (les animaux de trait, d'embouche) est
gardée au village pendant toute l'année est l'autre partie
transhume en hivernage dans les zones pastorales du Nord. Ces animaux ne
reviennent qu'après les récoltes pour profiter des résidus
de cultures .
II1 . 4 Le commerce
Les deux frontières internationales (Nigeria et
Bénin) de la zone de Gaya jouent un rôle important sur le plan
économique et social. Les exportations de la zone en direction de ces
pays portent surtout sur la gomme arabique, le kapock, le sel, le
niébé, le voandzou, l'oignon, la canne à sucre, le
bétail et les cuirs et peaux. Les importations concernent entre autre
les tissus et pagnes, le tabac, les céréales, l'igname, les
produits manufacturés, la cola et les hydrocarbures .
Cependant la proximité des marchés importants de
ces pays voisins (Kamba au Nigeria et Malanville au Bénin) constitue un
frein aux activités commerciales à Gaya, car les habitants
préfèrent s'approvisionner eux mêmes au niveau de ces
marchés.
Les principaux marchés de la zone d'Aguié se
localisent à Tchadoua, Aguié, Gazaoua et Dankama au Nigeria
où se concentre l'essentiel des activités commerciales.
Les transactions commerciales portent surtout sur les produits
agro-sylvo -pastoraux et artisanaux. D'autres produits comme le sel, le sucre,
le savon, le pétrole lampant, des intrants agricoles et zootechniques et
la pharmacopée sont aussi commercialisés.
III . 5 Autres activités
Dans la zone de Gaya, en dehors des activités principales,
la pêche, l'apiculture et l'artisanat viennent occuper les populations et
génèrent énormément des revenus.
Ainsi, la pêche se pratique le long du fleuve sur 106
km, dans les Dallols et les mares. Cette activité concerne environ 2000
pêcheurs du Niger, du Nigeria et du Bénin répartis dans 33
campements de Sorko (pêcheurs professionnels). En 1996 la production a
été estimée à 25,6 tonnes de poissons frais dont
13,5 tonnes commercialisés et 12 tonnes auto consommés
(Idé , 2003).
Les espèces rencontrées sont entre autres celles
des Familles des Mormyridae, des Mochocidae, des
Chlaridae (Service de l'environnement , 2002).
L'apiculture connaît aujourd'hui un essor important avec
l'appui technique du projet PADEL. La présence des espèces de
plantes mellifères ( Vitellaria paradoxa et Anogeissus
léocarpus ) a joué un rôle capital dans le
développement de cette activité (Service de l'Environnement
,2002).
L'artisanat est beaucoup plus développé dans les
villages avec essentiellement des forgerons fabriquant des outils aratoires
(Hilaires, Daba, Machettes, Faucille), des potiers, etc.
L'abondance des rôneraies a permis l'apparition d'une
catégorie d'artisans utilisant le pétiole du rônier pour la
fabrication des fauteuils, des canapés, des tables et des lits. Ces
articles en sous
produits de rôniers trouvent une clientèle qui
vient souvent de l'extérieur du département (Géoconseil,
1994, cité par Idé, 2003).
A Aguié, l'essentiel des activités
socio-économiques se limite à l'agriculture, l'élevage et
le commerce. L'artisanat est l'un des secteurs pourvoyeurs des populations en
biens et services notamment pour le travail agricole (hiler, daba...), les
équipements domestiques et autres articles de prestige.
III . 6 La Position géographique des villages
d'étude
Deux villages ont été choisis pour la
réalisation de ce travail : le village de Bana dans la zone de Gaya et
le village de Zabon Mousso dans la zone d'Aguié.
Bana est l'un des six cantons qui composent le
département de Gaya (Figure 2). Il se situe à 30 km au Nord-Est
du chef lieu de département et est limité à l'Est par le
Nigeria, à l'Ouest par Tanda, au Nord par le canton de Yelou et au Sud
par Gaya et le Nigeria.
Le village de Zabon Mousso se situe à 7°33'44" de
longitude Est et 13°33'35" de latitude Nord (figure 3). D'une
manière générale, les conditions climatiques,
édaphiques et socio- économiques de ces villages correspondent
à celles des zones présentées.


CHAPITRE 2 : APPROCHE METHODOLOGIQUE I . Cadre conceptuel
I . 1 Cadre Institutionnel
Au cours des deux dernières décennies, la
communauté internationale a commencé à prendre conscience
du fait qu'il ne saurait y avoir de société ou d'économie
équilibrée dans un monde affligé par une telle
pauvreté et une telle dégradation de l'environnement (Michael,
1993).
Notre biosphère aujourd'hui, change très vite,
plus vite semble- t- il que la normale, la normale étant la
période qui précédait le développement des
activités humaines. Ces changements concernent tous les cycles
essentiels : celui de l'eau , ceux des principaux constituants de
l'atmosphère (carbone, azote, ozone ...). Ces changements concernent
aussi les ressources dites renouvelables qui ont de plus en plus de
difficultés à se renouveler au rythme de leur utilisation et de
leur dégradation par les activités humaines (OMM, 1995).
Ainsi, le caractère global des changements climatiques
rend impérative la coopération la plus étroite possible
entre tous les pays et leur engagement actif pour rechercher des solutions
appropriées à l'échelon mondial (Maria, 2000). Pour y
parvenir, la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le
Développement (CNUED) a adopté en 1992 la convention cadre sur
les changements climatiques. Cette convention est un traité contraignant
qui constitue un cadre pour la lutte au niveau international contre les causes
et les effets des changements climatiques. Elle se propose de développer
un partenariat planétaire en vue d'atténuer les causes et les
effets néfastes des changements climatiques .
La genèse du sommet de Rio de Janeiro remonte à
1972, année où 113 nations se réunirent à Stockholm
(Suède) dans le cadre de la conférence des nations Unies sur
l'environnement, la première grande assemblée internationale
consacrée à ce thème.
Onze ans plus tard (1983), l'ONU créa la commission
mondiale pour l'environnement et le développement. Quatre années
plus tard, celle-ci lançait dans son rapport intitulé «
Notre Avenir à tous » une mise en garde à l'humanité,
en soulignant que sauf à réviser en profondeur, nos modes
d'existence et de développement, nous nous exposions à des
souffrances humaines inacceptables et à une dégradation
dramatique et irréversible de l'environnement. La commission Brundtland,
du nom de sa présidente, soulignait que l'économie mondiale doit
répondre aux besoins et aspirations légitimes des peuples, mais
que la croissance est tributaire des limites écologiques de la
planète. C'est dire que cette commission appelait à une
ère nouvelle placée sous le signe d'un développement
économique respectueux de l'environnement qui puisse satisfaire les
nécessités des générations présentes et
futures.
En 1987, les Nations Unies convoquèrent la
conférence sur l'environnement et le développement, afin de
définir le concept de développement durable et les exigences
qu'il comporte. Deux années durant, des experts du monde entier
élaborent des difficiles accords sur le chemin de Rio. Et c'est en 1992
que la conférence des nations Unies sur l'environnement et le
développement aussi appelée Sommet planète Terre ou Sommet
de la Terre s'était tenue à Rio de Janeiro. A l'issu de cette
conférence, on est parvenu à une entente sur deux conventions
internationales, deux déclarations de principes et un plan directeur en
faveur du développement durable pour le XXIè
siècle intitulé programme "Action 21". Dans ce programme sont
décrites les nombreuses activités (lutte contre la
dégradation des sols, de l'air et de l'eau; préservation des
forêts et de la diversité biologique; etc.) que doivent
entreprendre les gouvernements, les organisations internationales, les
organisations non gouvernementales et le secteur privé (OMM, 1995).
D'autre part, le rapport du groupe d'experts
intergouvernementaux sur les changements climatiques a abouti à
la signature et à l'adoption de la convention cadre des Nations Unies
sur les changements climatiques en Juin 1992 par 154 pays réunis
à Rio de Janeiro (Micheal; 1992). L'objectif de cette
convention selon les termes de l'article 2 est de stabiliser les concentrations
de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui
empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système
climatique (PNUE. 2002).
La convention Cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques est appuyée par le protocole de Kyoto à
l'échelle mondiale. Ce protocole, adopté à
l'unanimité à la troisième session de la conférence
des parties en décembre 1997 partage les préoccupations et les
principes stipulés dans la convention Cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques et y apporte une amélioration en ajoutant des
nouveaux engagements qui sont plus contraignants, plus complexes et plus
détaillés que ceux de la convention (Maria 2000).
Les pays signataires s'engagent à tenir compte, des
changements climatiques dans les domaines tels que l'agriculture,
l'élevage, la gestion des ressources ainsi que les activités dans
les zones côtières . En ratifiant la convention, les pays
s'engagent aussi à partager les expériences en matière des
technologies et à coopérer en vue de réduire les
émissions des gaz à effet de serre notamment dans les secteurs de
l'agriculture, l'élevage, la foresterie, la gestion des déchets
et du transport qui produisent la quasi - totalité des émissions
de gaz à effet de serre imputables aux activités humaines.
Du 26 août au 4 septembre 2002 s'est
déroulé à Johannesburg (en Afrique du Sud) le Sommet
mondial sur le développement durable. Ce Sommet visait à examiner
les progrès accomplis par les pays depuis dix ans au regard du programme
"Action 21" qui reste valable. Les deux
principaux documents qui ont fait l'objet de
négociation par les 191 pays sont la déclaration de Johannesburg
sur le développement durable et le plan de mise en oeuvre.
Les gouvernements ont convenu de prendre des engagements dans
cinq domaines prioritaires : l'eau et l'assainissement, l'agriculture et la
biodiversité, l'énergie, la santé, et la gestion des
écosystèmes. Ces engagements ont été
étayés par des annonces gouvernementales au sujet de programmes
et par des projets de partenariat.
Dans ce contexte global, la mise en oeuvre de la Convention
Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques est la preuve de la
volonté commune des parties contractantes pour parer au danger des
effets néfastes et aux impacts potentiels des changements
climatiques.
C'est ainsi que le Niger de concert avec les autres nations du
monde a adopté la convention Cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques. Elle fut signée et ratifiée le 25 Juillet 1995.
Suite à cette ratification, le Niger a obtenu du fonds pour
l'environnement mondial (FEM) des fonds pour l'élaboration de sa
communication nationale initiale conformément aux dispositions de
l'article 12* dans le cadre de la mise en oeuvre de la convention (projet
changements climatiques, 1999).
Cette étude a concerné tous les secteurs
socio-économiques ainsi que plusieurs volets pour les inventaires de gaz
à effet de serre et les études de vulnérabilité et
adaptation aux Changements Climatiques. Ce sont : Energie, Agriculture et
Elevage, Changement d'affectation des Terres et Foresterie , Ressources en Eau,
Pêche et Faune, Zones Humides et Santé (Projet Changements
Climatiques, 1999).
* : Chacun des pays développés Parties et
chacune des autres Parties inscrites à l'annexe 1 présentera sa
communication initiale dans les six mois qui suivront l'entrée en
vigueur de la convention à son égard. Chacune des Parties qui ne
figurent pas sur cette liste présentera sa communication initiale dans
le trois ans de l'entrée en vigueur de la convention à son
égard ou de la mise à disponibilité des ressources
financières conformément à l'article 4, paragraphe 3.
Les Parties qui sont au nombre des pays les moins avancés seront
libres du choix de la date de leur communication initiale. Par la
suite, la fréquence des communications de toutes les Parties sera
fixée par la Conférence des Parties, qui tiendra compte des
différences d'échéance indiquées dans le
présent paragraphe.
I . 2 Problématique générale
Le climat est l'un des éléments les plus
dynamiques et le plus complexes du cadre physique. Ses modifications, parfois
brutales comparativement aux autres éléments du milieu provoquent
des déséquilibres importants, influençant de ce fait tous
les aspects du développement socio- économique des pays
sahéliens (Bokonon, 1997).
Le Niger est l'un des ces pays sahéliens qui se trouve
dans la zone tropicale aride et semi- aride. Il compte parmi les pays les plus
pauvres du monde.
Ses maigres ressources naturelles ( sol, eau,
végétation) subissent les conséquences néfastes des
sécheresses répétées, de la désertification
et de la pression démographique. Cependant, l'importance majeure de la
pluviométrie parmi les composantes climatiques mérite une mention
particulière dans l'analyse des divers systèmes de production.
Ainsi depuis 1968, le pays a connu plusieurs années de
déficit pluviométrique (1968, de 1971 à 1974, 1984, 1987,
1989, 1990, 1993, 1995 et 1996) qui se sont traduites par des périodes
de sécheresses chroniques avec comme conséquence la
réduction de la production agricole (Projet Changements climatiques,
1999).
Par ailleurs, les terres cultivables estimées en 1965
à 25% de la superficie totale du pays, ne représentent plus
aujourd'hui que 12% seulement en raison du déplacement vers le Sud de
l'isohyète 300 mm (Mamoudou, 1999).
Dans les conditions de systèmes extensifs comme pour la
plupart des zones agricoles au Niger, l'eau et l'utilisation de sols sont des
facteurs étroitement liés. Dans cette perspective, on pense que
la connaissance de conséquences hydrologiques des changements
d'utilisation de sols sur les ressources en eau est une condition
préalable à la compréhension de l'impact des changements
climatiques (Thornes, 1990).
En outre, plus de 85% de la population nigérienne est
rural avec un niveau de vie très bas. Ainsi, selon l'enquête de
PADEM, 63% de la population est pauvre (revenu annuel de 50000 à 75000
francs CFA/an/personne) dont 34% sont extrêmement pauvres ( moins de
50000 francs/an/personne); Direction de la statistique, 1994.
La population nigérienne estimée à
2876000 habitants en 1960 et 8758227 habitants en 1988 est d'environ 10790352
habitants en 2001 avec un taux d'accroissement moyen de 3.1% (MFE, 2001).
En terme de perspectives, on estime qu'en l'an 2025, cette
population sera de l'ordre de 17920521 habitants dont 15081234 de ruraux et
2839287 d'urbains (Projet Changements Climatiques, 1999).
C'est dire que même en l'absence de la
variabilité climatique, l'agriculture nigérienne devra faire face
à des défis socio-économiques sérieux dans les
prochaines décennies.
Il y a alors lieu de s'inquiéter sur l'avenir des
populations dans un pays où la capacité de réaction
technologique aux sécheresses et inondations est moins avancée,
et où les principaux facteurs physiques (sols, climat) affectant la
production sont de moins en moins adaptés à l'agriculture. C'est
pourquoi une adaptation des systèmes de production alimentaire et une
gestion rationnelle des ressources en eau constitue une stratégie
nécessaire et urgente.
Il faut aussi rappeler que la population du Niger est
inégalement repartie car 97.4% vivent sur moins de tiers (1/3) de la
superficie du pays dans la bande Sud agricole (MFE, 2001). Cette forte
concentration humaine, conjuguée à la pauvreté de la
population et à l'aridité du climat ont pour effet
d'accroître la pression sur les ressources et les
écosystèmes (Ousseini, 2002).
Ainsi, dans le cadre de la préservation des ressources
naturelles pour une gestion rationnelle de l'environnement, le projet "Climat
régional, Eau et Agriculture: Impact sur les systèmes
agroécologiques en Afrique et mesures d'adaptation" qui est un projet
régional mène une étude d'impact sur les systèmes
agro-écologiques en Afrique.
Pour des raisons liées au temps nécessaire pour
élaborer ce mémoire, cette étude bien qu'elle a un
caractère national, se limite à deux zones
agro-écologiques différentes situées sur la bande sud :
Aguié au centre Sud du pays et Gaya au Sud Ouest (Figure 4). Ces deux
zones appartiennent à la zone tropicale sèche, mais
présentent des différences sensibles sur le plan physique et
climatologique. Le choix de ces zones est porté sur des facteurs
physiques comme l'eau, le sol pour l'utilisation des activités
agricoles
La zone de Gaya se situe dans le secteur soudano-sahelien
caractérisé par des précipitations dont les moyennes
annuelles varient entre 500 et 900 mm. La faible profondeur de la nappe
phréatique, affleurante par endroit (dans les Dallols) et le fleuve,
donne à cette zone d'importantes potentialités agricoles et
pastorales qui en font une région convoitée (Lawali, 1992).
En revanche, Aguié s'étend dans le domaine
sahélien marqué par des précipitations ne dépassant
guère 600 mm par an. La nappe phréatique se trouve à une
grande profondeur. L'accès à l'eau est difficile car les mares
ont des capacités de stockage très faibles et leur durée
de vie ne dépasse pas quatre mois après la saison des pluies
(Lamine, 2002).
La variabilité climatique de ces zones liée aux
ressources en eau et aux conditions climatiques est un point important à
prendre en considération dans cette étude d'impact, surtout quand
il s'agit des risques climatiques associés à la
répartition spatiale de la production agricole.

I . 3 Définitions des concepts utilisés
· Systèmes de production
- L'exploitation est
considérée comme la collectivité humaine réunissant
ses efforts sur les grands champs à la condition que leur produit soit
affecté à l'alimentation collective des membres participant au
travail et leurs dépendants inactifs (Ancey, 1975 cité par Billaz
et al., 1981).
- Le terroir est l'ensemble des parcelles
homogènes caractérisées par une même structure et
une même dynamique écologique, ainsi que par un même
aménagement agricole (Jouve, 1984).
- Un système de culture est
l'exploitation d'un espace agricole par un ensemble de parcelles faisant
l'objet d'une organisation spatio-temporelle homogène se traduisant par
un même type de succession culturale (Jouve, 1984).
- Un système de production peut
être défini comme une combinaison spécifique de
systèmes de culture et d'élevage, combinaison
décidée au niveau de la famille en fonction des parcelles
accessibles et de leur localisation, compte tenu du matériel disponible
(outils, moyens de transports, bâtiments d'élevage ou de stockage,
etc.) de la force de travail familial ou mobilisable moyennant
rémunération, des opportunités de crédit et de
vente sur les marchés ( Hubert et al., 2002).
- Un système agraire est
l'association des productions et des techniques mises en oeuvre par une
société rurale pour exploiter son espace, gérer ses
ressources et satisfaire ses besoins
( Jouve, 1992).
- Le système productif agricole est
l'ensemble des éléments qui concourent à la constitution
des flux des produits agricoles. Nous utilisons dans ce document cette
expression pour faire allusion au système visant essentiellement la
production végétale, mais pouvant comprendre des activités
d'élevage en tant qu'occupation secondaire.
· Changements Climatiques
- L'évapotranspiration potentielle
(ETP) est la quantité d'eau évaporée par un couvert
végétal bas, continu et homogène, dont l'alimentation en
eau n'est pas limitante et qui n'est soumis à aucune limitation d'ordre
nutritionnel, physiologique ou pathologique.
- L'efficience d'utilisation de l'eau est la
quantité de biomasse par millimètre d'eau consommée par
hectare. C'est un véritable indicateur de la réponse d'une
culture à l'eau.
- Un scénario est une description
cohérente intérieurement constante et plausible d'un état
futur éventuel. Les scénarios des changements climatiques peuvent
être obtenus soit à partir des
modèles de circulation générale de
l'atmosphère et de l'océan, soit par utilisation des
données climatiques des années antérieures comme analogues
au climat futur (Projet Changements Climatique, 1999).
Ainsi ce scénario analogique s'appuyant sur des
périodes passées permet de déterminer à partir
d'analyse systémique la vulnérabilité de
l'élément cible face aux tendances connues sur le plan
socio-économique et environnemental.
- Un scénario de changements
climatiques est défini comme un ensemble physiquement
consistant de changement de variables météorologiques
basées sur des projections généralement acceptées
de niveaux de dioxyde de carbone et autres gaz en traces (FAO, 1997).
- La vulnérabilité est le
degré auquel une unité d'exposition est perturbée ou
compromise par suite des effets climatiques, les facteurs
socio-économiques et les facteurs physiques étant importants dans
la détermination de la vulnérabilité. Elle dépend
non seulement de la sensibilité de l'unité, mais également
de sa capacité à s'adapter aux nouvelles conditions
climatiques.
- L'adaptation concerne les parades aux
effets ou aux incidences des changements climatiques. Elle exprime le
degré auquel des ajustements sont possibles aux changements du climat
actuels ou projetés. L'adaptation peut être spontanée ou
planifiée, elle peut intervenir en réponse ou en anticipation
à des changements probables.
- Un changement climatique correspond
à un changement du "temps moyen" observé dans une région
donnée. Et le temps moyen comprend tous les éléments que
nous associons habituellement au temps, à savoir la température,
les caractéristiques des vents et les précipitations.
La Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques dans son article premier, définit les "Changements
Climatiques" comme des changements de climat qui sont attribués
directement ou indirectement à une activité humaine
altérant la composition de l'atmosphère mondiale et qui viennent
s'ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au
cours de périodes comparables.
I . 4 Caractéristiques écologiques de trois
cultures utilisées
- Le Mil (Pennisetum glaucum (L.) R.
Br.)
C'est une céréale typiquement d'Afrique et
probablement originaire des savanes Ouest- africaines. Les
variétés les plus adaptées, au climat de type
sahelo-soudanien, ont un cycle de reproduction de 75 à 100 jours. Le mil
est moins exigeant que le sorgho dans le choix du sol. Il s'adapte aux sols
éclairés, aux températures comprises entre 35° et
45°c, aux fortes radiations.
Il tolère les sols acides et la sécheresse. Il
utilise en moyenne 330 mm d'eau (Kassam et Kowal, 1975 cité par
Maï. Moussa, 1996).
Les précipitations de 400 mm au cours de la saison des
pluies créent des conditions nécessaires à la formation
des rendements suffisants. Certaines variétés hâtives
cultivées au Niger sont capables de former leur rendement à
condition de recevoir au moins 200 mm d'eau en août et 300 mm au cours de
toute la saison pluvieuse.
Les variétés tardives forment des rendements
élevés à 400-800 mm de précipitations au cours de
trois à quatre mois de végétation (Bezpaly, 1984).
- Le sorgho (Sorghum bicolor L.
MOENCH.)
Le sorgho a été d'abord domestiqué en
Ethiopie puis transporté en Afrique de l'Ouest où il peuple
surtout les savanes Nord-guinéennes, entre les isohyètes 600 et
1000 mm. Son cycle de reproduction, dans cette zone est de 120 à 135
jours. Dans des conditions de bonne fertilité et d'humidité, 110
à 120 jours suffisent pour avoir un bon rendement. Il tolère la
chaleur moins que le mil. La meilleure température pour la germination
des graines est de 27-35 °C. Il préfère les sols lourds,
souvent argileux et est adapté aux pH compris entre 5 et 8.5 (Maï.
Moussa, 1996).
Le sorgho est très résistant à la
sécheresse grâce aux racines fortement
développées.
Pour la germination il exige un volume d'eau égal
à 25% du poids des graines. Le minimum hydrique nécessaire
à la production du rendement du sorgho est de 400 mm des pluies. Les
variétés hâtives réussissent mieux dans les terres
légères sableuses (Bezpaly, 1984)
- Le niébé ( Vigna
unguiculata L. (Walp))
Le niébé est une plante des régions
tropicales et subtropicales. Pour un développement normal il exige
beaucoup de chaleur et une luminosité intense. Le niébé
est une plante thermophile, la température optimale pour la germination
des graines est de 25°C. Le niébé est très sensible
à la luminosité solaire. Si la lumière n'est pas
suffisante, la période végétative dure plus longtemps,
surtout en saison des pluies. Le niébé résiste bien
à la sécheresse de l'air, mais supporte mal l'humidité
insuffisante ou excessive du sol. Il est très résistant à
la salinité du sol (Bezpaly, 1984).
I . 5 Cadre de travail
Deux zones agro-écologiques sont concernées par
cette étude. Des enquêtes socio- économiques et des
entretiens avec les autorités coutumières et les services
techniques ont été conduits. Des données climatiques et
sectorielles ont été également collectées. Ces
informations ainsi collectées nous permettent de réaliser une
étude d'impact de la variabilité climatique sur l'agriculture des
zones concernées.
L'ensemble du travail est conduit en trois étapes
essentielles :
- la collecte des données;
- l'exploitation informatique et l'analyse statistique des
données;
- l'analyse socio-économique.
II . Cadre Méthodologique
Nous avons utilisé deux approches pour atteindre
l'objectif de ce travail : l'approche biophysique et l'approche
socio-économique.
II . 1 L'approche biophysique
II . 1 . 1 Formulation des Scénarii -
Méthode utilisée
L'approche méthodologique retenue fait appel à
la modélisation statistique dans laquelle le paramètre sectoriel
est le prédictand, les paramètres climatiques étant les
préducteurs, en vue d'établir des relations sous de
modèles linéaires.
L'objectif est d'évaluer autant que possible les
interactions physiques, entre le climat et l'unité d'exposition choisie
(l'unité d'exposition étant ici le secteur agricole). On cherche
donc à établir des modèles empiriques statistiques
reposant sur les liens statistiques établis entre les conditions
climatiques et l'unité d'exposition.
- Choix des scénarii
Le logiciel Magic/Scengen mis au point par le Groupe
intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) est l'un des outils
essentiels dans cette approche.
A cet effet les données thermiques et
pluviométriques de la normale 1961-1990 seront injectées dans ce
modèle. Ce qui permettra d'avoir une évolution de la
pluviométrie et de la température comparée à un
état moyen analogue aux événements extrêmes
passés et de déterminer les températures et les pluies
à l'horizon 2025.
Le choix de l'horizon 2025 se base sur la disponibilité
des projections démographiques pour le Niger à cette
période (Projet Changements Climatiques, 1999).
D'autres parts le modèle Cropwat sera utilisé
pour l'estimation de la disponibilité en eau des cultures. Et dans le
cadre de l'utilisation de ce modèle, les paramètres climatiques
utilisés comme prédicteurs sont essentiellement la
température, les précipitations, et l'évapotranspiration.
Pour la prédiction climatique, ce modèle utilise les
données de sortie du modèle MAGICC, couplé au logiciel
SCENGEN pour la région concernée.
Les rendements des cultures principales (mil, sorgho et
niébé ), les précipitations et la longueur de la saison
culturale seront retenus comme prédictands.
II . 1 . 2 Description des modèles
· Le modèle Cropwat
CROPWAT 4.3 est un logiciel élaboré par un groupe
d'experts de la FAO pour:
- le calcul de l'évapotranspiration de
référence, des besoins en eau des cultures, des besoins
d'irrigation et de l'alimentation en eau d'un périmètre;
- la mise au point des pilotages d'irrigation en diverses
conditions de gestion;
- l'estimation des rendements des cultures pluviales et des
effets des sécheresses
(Clarke et al., 1998).
· Le modèle Magicc/Scengen
La version de MAGICC/SCENGEN qui a été
utilisée comme modèle (Hadley Centre Unified Model 2 Transient,
UK ou HadCM2 et Geophysical Fluid Dynamics Laboratory, USA ou GFDLLO) fournit
uniquement les précipitations, la nébulosité et la
température moyenne sous abri, sur des degrés 5°x
5°(555 Km x 555 Km environ), comme données de sortie pour les
régions de Maradi et de Gaya. La période 1961-1990 a
été utilisée comme scénario de base et IS92A
(Reference Scenario) comme scénario de changements climatiques à
l'horizon 2025.
II . 1 . 3 Les données d'entrée du
modèle
Pour l'évaluation des besoins en eau des cultures
(CWR), le modèle exige des données sur le climat, la culture et
le sol. C'est pourquoi, la collecte a concerné des données
météorologiques fournies par la direction de la
météorologie nationale et des données sur le sol fournies
par l'INRAN (Labosol).
· Les données suivantes ont été
utilisées pour la période de référence :
-, l'évapotranspiration journalière obtenue
à partir de l'évapotranspiration moyenne mensuelle de la
période de référence 1978-1998 pour la région de
Gaya et 1978-2002 pour la région d'Aguié;
-, la pluviométrie moyenne mensuelle de la normale
1961-1990 pour les deux zones d'étude;
-, le type de sol.
A Aguié, les sols sont de type ferrugineux tropical
lessivé de texture sableuse. A Gaya, on trouve des sols à texture
sablo-argileuse, limoneuse et limono- argileuse. L'humidité à la
capacité de rétention (Hcr) des ces sols est consignée
dans le tableau ci-après.
Tableau 1 : l'humidité
à la capacité de rétention du sols des zones
d'étude
Localité Aguié Gaya
Texture du sol Sableuse Sablo-argileuse Limoneuse
Limono-argileuse
Hcr (%) 9 13 22 27
Source : INRAN (Labosol), Niamey 2003 -, les
données sur les cultures,
En ce qui concerne le coefficient cultural, le programme
étant déjà doté d'un certain nombre des cultures,
seulement les dates du semis et la durée du cycle des cultures ont
été utilisées. Le tableau ci-dessous nous donne le
relevé de cette situation pour les deux régions.
Tableau 2 : Dates de semis et de
récolte ainsi que le cycle de végétation retenus pour le
mil, le sorgho et le niébé des zones de Gaya et
Aguié.
Culture
|
Date de semis
|
Date de récolte
|
Durée du cycle (jour)
|
|
Gaya
|
Aguié
|
Gaya
|
Aguié
|
Gaya
|
Aguié
|
Mil
|
10 mai
|
15 juin
|
10 sept
|
15 sept
|
120
|
90
|
Sorgho
|
30 mai
|
30 juin
|
20 oct
|
15 oct
|
140
|
105
|
Niébé
|
30 mai
|
30 juin
|
20 oct
|
10 oct
|
140
|
100
|
|
Source : FAO, 1992
· Pour la projection à l'horizon 2025, en
plus de ces données sur les cultures et le sol, nous avons
utilisé la pluviométrie et la température fournies par le
modèle Magic/Scengen pour les régions de Maradi et de Gaya
à l'horizon 2025. L'évapotranspiration de 2025 a
été obtenue en utilisant la formule de PENMAN avec pour
entrée entre autre la température de la période
correspondante. Une fois que toutes ces données sont saisies, Cropwat 4
Windows donne automatiquement les résultats sous forme de tables et des
graphiques. Les résultats peuvent être obtenus à n'importe
quel pas de temps: Journalière, décadaire ou mensuelle.
II . 1 . 4 Les données de sortie du
modèle
Les résultats ainsi obtenus sont traduits sous la forme
d'un certain nombre des paramètres de rendement estimés pour
chaque culture. Il s'agit entre autres de :
- La Réserve Utile ou RU (mm); c'est la
quantité d'eau maximale prélevable par les racines sur une
épaisseur de sol donnée; elle correspond à la
quantité d'eau totale retenue dans le sol utilisable par les plantes;
- La Réserve Facilement Utilisable ou RFU (mm), c'est la
quantité d'eau facilement utilisable par la plante ; elle est toujours
inférieure à la réserve utile et est égale à
2/3 de celle-ci ;
- Les valeurs moyennes du coefficient cultural;
C'est un paramètre qu'il est important de connaître
dans le but d'évaluation de la quantité d'eau qu'une culture est
susceptible de consommer.
- L'évapotranspiration réelle de culture ou Etc
(mm/période), c'est l'évapotranspiration d'un couvert
végétal dans des conditions réelles données;
- L'évapotranspiration maximale ou Etm
(mm/période), c'est l'évapotranspiration de cette culture
à un stade de développement particulier dans un climat
donné;
- le rapport de l'évapotranspiration réelle de
culture sur l'évapotranspiration maximale des culture noté
Etc/Etm (%);
- la quantité totale de pluie tombée ou QTP
(mm/période)
- la pluie efficace ou PE (mm/période), c'est la
quantité de pluie tombée qui s'infiltre dans le sol ; - le
déficit d'humidité du sol ou DHS (mm), c'est le besoin en eau non
satisfait de la plante qui peut être apporté si possible;
- la réduction estimée de rendements due à
l'effort des cultures ( quand le rapport Etc/Etm tombe en dessous de 100%).
Tous ces paramètres sont consignés sous forme d'un
tableau pour chaque culture pour les deux périodes choisies et par zone
agro-écologique.
II . 2 L 'approche socio-économique
Notre approche pour l'étude des systèmes de
production s'apparente à la démarche pratique mise au point par
JOUVE (1984) pour l'identification et l'étude des systèmes
agraires dans le département de Maradi. Celle-ci comprend principalement
cinq étapes comme proposé sur la figure 5.
|
|
|
1 ère Etape
|
|
Valorisation de l'information
|
|

2 ème Etape
3 ème Etape
Choix des facteurs déterminant L'exploitation de
l'espace
Recueil de l'information Sur l'ensemble de la région
Prézonage de la région
Choix raisonné d'un échantillon de sites
d'enquête (villages)
Réalisation des enquêtes et observations de
terrain
Choix des thèmes d'enquête pour l'étude des
agrosystèmes villageois (ASV)
Tests et ajustement du questionnaire
Elaboration du questionnaire
Choix du niveau d'enquête
|
Analyse et interprétation des résultats Mise en
évidence des pratiques communes Elaboration d'une typologie des
agro-systèmes villageois
|
|
|
|
|
|
|
|
|
4 ème Etape
|
|
Analyse du fonctionnement des ASV Identification du ou
des systèmes agraires
|
|
|
|
5 ème Etape
|
Caractérisation du fonctionnement et de la
dynamique du ou des systèmes agraires
|
|
Extension géographique du ou des systèmes
agraires
|
|
Identification des thèmes d'intervention prioritaires
Recherche Développement
|
|
figure 5: Démarche pratique pour
l'identification et l'étude des systèmes agraires (JOUVE,
1984)
II . 2 . 1 Valorisation de l'information
existante
C'est une étape qui a consisté à
l'étude documentaire relative aux zones d'étude en vue de mieux
cerner la thématique de ce mémoire. Il faut dire que cette
étape est la première dans l'organisation de ce travail et elle
nous a permis de rassembler des informations relatives à la
géographie, l'agriculture, la vie socio-économique, ...
Le CRESA à travers ses relations de collaboration avec
le projet PADEL (Projet d'Appui au Développement Local) de Gaya et le
PAIIP (Projet d'Appui aux Initiatives et Innovations Paysannes) d'Aguié
nous a créée un cadre favorable à la réalisation
des missions d'enquêtes.
Les enquêtes ont été effectuées selon
le calendrier ci-après :
- du 05-08-2003 au 25-08-2003 pour la zone de Gaya ;
- du 06-09-2003 au 26-09-2003 pour la zone d'Aguié.
II . 2. 2 zonage et Elaboration du
questionnaire
Cette étude concerne deux zones
agro-écologiques différentes : la zone de Gaya et la zone
d'Aguié. Le choix de ces zones se rapporte sur un certain nombre des
critères relatifs aux conditions socio-économiques, et au milieu
physique. Ainsi, les éléments suivants ont été pris
en considération:
- le climat à travers essentiellement la
pluviométrie, facteur limitant la production agricole dans nos
conditions;
- le paysage: relief, topographie, sol;
- le peuplement humain: densité de la population;
- la disponibilité en terres de culture puisqu'il s'agit
des zones essentiellement agricoles ; - la possibilité d'avoir des
données climatiques et sectorielles sur une grande période.
Pour l'élaboration du guide d'enquête nous avons
utilisé un questionnaire standard préparé par FES, Yale
University (USA) et le CEEPA, Université de Pretoria (Afrique du Sud)
distribué à tous les pays concernés par ce projet de
Changements Climatiques (Annexe 1).
Les informations collectées à travers ce
questionnaire sont reparties en sept sections :
- une section consacrée à la taille du
ménage, l'âge, le sexe,.. .des membres de l'exploitation ; - une
section consacrée à l'emploi ou l'occupation du chef de
l'exploitation ;
- une section consacrée au nombre à la superficie
des champs que possède l'exploitation ainsi que le statut foncier et le
système de gestion de l'exploitation ;
- une section qui donne des informations sur le type des
cultures pratiquées, la production par champ et par culture, ainsi que
son utilisation, l'équipement agricole, les intrants, ainsi que les
animaux de l'exploitation ;
- une section qui informe sur les différentes
relations de l'exploitation avec les services techniques d'encadrement ;
- une section qui informe sur la contribution des revenus
agricoles dans la formation du revenu total de l'exploitation ainsi que les
différentes subventions agricoles dont elle bénéficie ;
- et enfin une section sur les variations à court et
long terme du climat ainsi que les stratégies d'adaptation.
Ce questionnaire a fait l'objet d'un test dans
l'arrondissement de Kollo, ce qui a permis de déterminer le temps moyen
de l'entretien (trois heures en moyenne) ainsi que les difficultés
liées à son utilisation.
II . 2 . 3 Réalisation des
enquêtes
Après l'étape consacrée à
l'étude documentaire relative aux deux zones, nous avons
exécuté les missions conformément au calendrier
établi.
Sur le terrain, nous avons démarré les
activités par des entretiens avec les autorités
compétentes pour les tenir informer de la réalisation
l'étude. Ensuite à travers les entretiens avec les services
techniques tels que le service de plan, la direction de la
météorologie nationale, l'ONAHA, le service de l'agriculture ;
nous avons collecté des données sur les paramètres
climatiques et sectoriels pour la période d'observation disponible dans
la zone. Il s'agit entre autres de rendements et de la production des
principales cultures selon la zone ; des superficies exploitées, des
pluviométries et des types du sol. Cette évolution se situe de
1983 à 2002 pour la zone de Gaya et de 1987 à 2002 pour la zone
d'Aguié.
Le cadre du travail ainsi que les objectifs poursuivis sont
présentés aux responsables de ces deux projets et leurs
équipes techniques afin de nous aider à effectuer un choix
judicieux des villages à enquêter. C'est ainsi que le choix a
concerné le village de Bana pour la zone de Gaya et celui de Zabon
Mousso pour la zone d'Aguié.
II . 2 . 3 . 1 Justification sur le choix des villages
d'étude
Le choix de village de Bana se justifie non seulement par le
Dallol qui offre une zone humide autour de laquelle se pratiquent beaucoup
d'activités agricoles mais aussi par la langue parlée dans le
terroir (Haoussa) et l'intervention de PADEL dans ce terroir pour nous
faciliter l'introduction dans le terroir ainsi que la collecte des
informations. Ce choix est aussi guidé par l'existence d'une station de
recherche à 7 km du terroir (INRAN de Bengou) dans l'objectif d'avoir
des données de la localité sur des séries historiques
importantes.
Le village de Zabon Mousso se situe au centre du
département d'Aguié; de ce fait il subit moins l'effet de la
variabilité pluviométrique dans l'espace très
marquée dans la zone. Ce village est un site d'intervention de PAIIP et
il était avancé en terme de campagne agricole lors du
déroulement des enquêtes. Dans ce village, on rencontre beaucoup
de paysans qui sont scolarisés et expérimentés en
matière de travail d'enquête.
En ce qui concerne l'organisation de la collecte des
données socio-économiques, il faut souligner que l'enquête
repose sur un échantillon tournant de 30 exploitations par village
compte tenu du volume de questionnaire. Cette collecte est étalée
sur une période de deux semaines par village également. Nous nous
sommes intéressés à deux types d'exploitation (grande
exploitation et petite exploitation) dont la pré-typologie a
été réalisée en présence des chefs des
villages et des membres de comités de gestion de terroir. Les
critères ayant servi à la réalisation de cette pré-
typologie sont essentiellement la taille du ménage, le nombre et
l'importance des champs de l'exploitation. Et enfin nous avons
procédé à un échantillonnage selon la
méthode de choix raisonné. L'échantillon total est couvert
par la somme des échantillons de chaque type d'exploitation. Ces
derniers sont obtenus en faisant le produit du nombre de chaque type
d'exploitation par l'échantillon total sur le nombre total des
exploitations.
Un véhicule a été mis à notre
disposition pour notre acheminement aux villages ainsi que pour le retour
à la fin des enquêtes.
Il faut souligner au passage que comme tout travail de
terrain, ces enquêtes n'ont pas été réalisées
sans difficultés.
II . 2 . 3 . 2 Difficultés rencontrées
Au démarrage de ces enquêtes, malgré la
formation reçue, nous avons rencontré énormément
des difficultés pour nous adapter à ce questionnaire. Mais par la
suite, l'expérience nous a permis de tirer un certain nombre
d'enseignement sur la conduite de ces enquêtes et de mettre sur pieds un
"code de conduite" permettant de faire face aux multiples
difficultés.
les contraintes rencontrées sont de deux ordres :
- les contraintes d'ordre climatique dues
essentiellement à la période choisie pour la réalisation
de cette enquête.
Comme d'ailleurs dans tout le pays , cette période
correspond à celle pendant laquelle les paysans ont un calendrier
surchargé. Cette indisponibilité des paysans nous a contraint
à des entretiens nocturnes dont le nombre ne dépasse jamais deux
enquêtés par nuit.
Il faut enfin noter les interruptions des interviews à
cause des pluies matinales et de fin des soirées.
- les contraintes d'ordre technique.
Il s'agit entre autres :
* Du volume du questionnaire qui fatigue les
enquêtés ; ce qui explique la lassitude des paysans dont certains
même nous fuient pour éviter d'être retenus pendant
plusieurs heures;
* Du refus de certains enquêtés de
répondre à certaines questions essentielles tels que les
superficies et les rendements (cas de trois enquêtés de village de
Bana), d'où l'obligation donc pour nous de les remplacer par d'autres
paysans;
* De l'état du questionnaire qui est standard pour tous
les pays pilotes du projet. Cela a causé énormément des
difficultés pour l'adaptation de certaines questions à nos
réalités ;
c'est le cas des cultures qui ont un cycle de
végétation de 6 mois à 1 ans qui ne répond pas aux
différentes saisons agricoles telles qu'elles sont établies dans
le questionnaire ;
Il y a également la quantification des certaines
productions et semences telles que les boutures de canne à sucre, de
patate douce et de manioc ;
* Des événements sociaux intervenus au village
: un cas de décès d'un enfant et de suicide d'une femme dans un
puits intervenus le même jour (vendredi 12 septembre 2003) dans le
village de Zabon Mousso lors du déroulement de l'enquête.
II . 2 . 4 Typologie des exploitations
agricoles
Elle est établie à partir des données
d'enquête dont l'analyse a permis de mettre en évidence les points
communs et de dégager la diversité des modes d'exploitation du
milieu et partant de là donc de juger l'existence d'un ou de plusieurs
systèmes de production. A cet effet, les résultats du logiciel
SPSS (diagramme de dispersion et les corrélations appariées)
ainsi qu'un certain nombre de critères rigoureusement
sélectionnés et considérés comme discriminants ont
servi de base à cette typologie.
II . 2 . 5 Caractérisation du fonctionnement des
systèmes de production
C'est la dernière étape de notre travail, elle a
consisté après traitement des données
recueillies sur le terrain, à une analyse et
interprétation des résultats obtenus. Ce qui a permis de
caractériser les systèmes productifs agricoles des terroirs
d'étude afin d'aboutir à une extension au niveau zonal.
CHAPITRE 3 : RESULTATS ET DISCUSSION
Conformément aux approches utilisées pour
aborder ce travail, les résultats seront présentés en deux
parties. Une première partie qui présente les effets de la
variabilité climatique sur les rendements de mil, de sorgho et de
niébé de façon comparée entre les deux zones et une
deuxième partie sur l'analyse socio-économique. Cette
dernière est faite sur la base d'une typologie des exploitations de
zones correspondantes.
I . Effets de la variabilité climatique sur les
rendements de mil, de sorgho et de niébé
Les résultats ainsi obtenus donnent la situation de
l'humidité du sol, ainsi que
l'évapotranspiration sur deux périodes. - la
période de référence (Ref);
- la période de projection (2025).
I . 1 Le mil
L'examen de l'évolution des différents
paramètres de rendement (RU, RFU, QTP, PE, Etc, Etc/Etm, DHS) de mil de
ces deux zones montre une situation similaire pour les deux périodes
(Tableau 3 et 4).
Dans la zone de Gaya, la réserve utile augmente
rapidement et atteint son maximum dès la deuxième décade
de mois de juin. Au même moment, la réserve facilement utilisable
se stabilise à 84 mm.
Dans la zone d'Aguié, la réserve utile qui
était de 30 mm à la date de semis, atteint les 100 mm à la
troisième décade du mois de juillet où elle se stabilise
jusqu'à la fin de la saison. Il en est de même pour la
réserve facilement utilisable qui est passée de 15 à 60 mm
.
Par ailleurs, durant toute la durée de la saison,
l'évapotranspiration culturale de la zone de Gaya garde des valeurs
assez régulières, dont le maximum n'a jamais atteint 6
mm/décade. Pour la période de référence, le
déficit en eau se manifeste par des valeurs légèrement
supérieures à celles de la réserve facilement utilisable.
La baisse de rendement enregistrée à cet effet est de 0.1%. Pour
l'horizon 2025, la tendance est à l'amélioration et le
modèle ne prévoit aucune baisse de rendement liée au
déficit en eau pour cette culture.
A Aguié, la pluie efficace s'améliore par
rapport à la quantité totale tombée tout au long de
l'avancement de la campagne jusqu'en début de la deuxième
décade du mois d'août où l'essentiel de la pluie
tombée s'infiltre dans le sol.
L'évapotranspiration (Etc), qui à
l'installation des cultures était de 1.9 mm/décade pour
l'année de référence et de 2.1 mm/décade pour
l'horizon 2025, atteint son maximum (5-6
mm/décade) vers la deuxième décade du
mois d'août avant de décroître à des valeurs
très faibles. Cette évolution va de paire avec celle de
l'évapotranspiration maximale puisque le rapport Etc/Etm était
resté constant (100%) jusqu'à la première décade de
mois d'août où il décroît.
Avec la même évolution que
l'évapotranspiration culturale jusqu'en fin juillet, le déficit
en eau augmente considérablement et prend des valeurs nettement
supérieures par rapport à la réserve facilement utilisable
en fin de campagne.
Tableau 3 : Paramètres de
rendement de mil (Aguié)
Date
|
RU (mm)
|
RFU (mm)
|
QTP (mm)/dcd
|
PE (mm)/dcd
|
Etc (mm)/dcd
|
Etc/Etm (%)
|
DHS (mm)
|
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf 2025
|
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
15/6
|
30
|
30
|
15
|
15
|
00
|
00
|
00
|
00
|
1.9
|
2.1
|
100
|
100
|
1.9
|
2.1
|
24/6
|
46.2
|
46.2
|
23.9
|
23.9
|
48.6
|
33.1
|
15.3
|
16.9
|
1.9
|
2.1
|
100
|
100
|
1.9
|
2.1
|
4/7
|
64.2
|
64.2
|
34.5
|
34.5
|
55.4
|
42.7
|
18.8
|
20.5
|
1.9
|
2
|
100
|
100
|
1.9
|
2
|
14/7
|
82.2
|
82.2
|
45.9
|
45.9
|
62.1
|
51.2
|
24.8
|
26.6
|
3.2
|
3.4
|
100
|
100
|
3.2
|
3.4
|
24/7
|
100
|
100
|
57.8
|
57.8
|
68.1
|
57.3
|
38.2
|
40
|
4.5
|
4.8
|
100
|
100
|
4.5
|
5.3
|
3/8
|
100
|
100
|
59.8
|
59.8
|
72.3
|
59.5
|
40
|
40
|
5.8
|
6
|
100
|
100
|
16.7
|
20
|
13/8
|
100
|
100
|
60
|
60
|
73.9
|
57.2
|
40
|
40
|
5.7
|
5.8
|
99.4
|
97.8
|
33.5
|
37.9
|
23/8
|
100
|
100
|
60
|
60
|
71.7
|
49.9
|
40
|
40
|
5.5
|
5.7
|
91.1
|
86.7
|
44.5
|
47.7
|
2/9
|
100
|
100
|
60
|
60
|
64.9
|
38.3
|
40
|
38.3
|
5.5
|
5.5
|
81.7
|
77.7
|
49.4
|
52.9
|
12/9
|
100
|
100
|
60
|
60
|
53.5
|
24.2
|
40
|
24.2
|
5.4
|
5
|
76.9
|
71.6
|
51
|
68
|
22/9
|
100
|
100
|
60
|
60
|
38.1
|
10.6
|
38.1
|
10.6
|
5.3
|
2.6
|
75.4
|
47.9
|
53.2
|
83.3
|
2/10
|
100
|
100
|
63.3
|
63.3
|
20.5
|
1.4
|
20.5
|
1.4
|
3.9
|
0.7
|
77.5
|
26.3
|
68.4
|
94.2
|
12/10
|
100
|
100
|
66.7
|
|
4.6
|
|
4.6
|
|
1.4
|
|
61
|
|
84.3
|
|
|
|
total
|
|
|
633.7
|
|
360.2
|
|
454.4
|
|
85.3
|
|
|
|
Tableau 4 : paramètres de
rendement de mil (Gaya)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
RU
|
RFU
|
QTP
|
PE
|
Etc
|
|
Etc/Etm
|
|
DHS
|
|
Date
|
(mm)
|
(mm)
|
(mm)/dcd
|
(mm)/dcd
|
(mm)/dcd
|
|
(%)
|
|
(mm)
|
|
|
Réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
10/5
|
42
|
42
|
21
|
21
|
00
|
00
|
00
|
00
|
2
|
2
|
100
|
100
|
6.2
|
6.2
|
15/5
|
54.6
|
54.6
|
27.8
|
27.8
|
26.1
|
25.4
|
7.7
|
7.7
|
1.9
|
1.9
|
100
|
100
|
1.9
|
1.9
|
25/5
|
79.8
|
79.8
|
42.3
|
42.3
|
31.5
|
30.9
|
18.9
|
18.7
|
1.8
|
1.8
|
100
|
100
|
1.8
|
1.8
|
4/6
|
105
|
105
|
57.8
|
57.8
|
36.8
|
36.4
|
20.2
|
19.8
|
2.6
|
2.5
|
100
|
100
|
2.6
|
2.5
|
14/6
|
130
|
130
|
74.2
|
74.2
|
42.3
|
42.2
|
31.6
|
30.5
|
3.8
|
3.7
|
100
|
100
|
3.8
|
3.7
|
24/6
|
140
|
140
|
82.6
|
82.6
|
48.3
|
48.6
|
40
|
40
|
4.9
|
4.7
|
100
|
100
|
8.3
|
6.1
|
4/7
|
140
|
140
|
84
|
84
|
54.6
|
55.4
|
40
|
40
|
5.2
|
5
|
100
|
100
|
20.8
|
15.9
|
14/7
|
140
|
140
|
84
|
84
|
60.8
|
62.1
|
40
|
40
|
5
|
4.8
|
100
|
100
|
32
|
24.4
|
24/7
|
140
|
140
|
84
|
84
|
66.4
|
68.1
|
40
|
40
|
4.9
|
4.6
|
100
|
100
|
41.2
|
31.3
|
3/8
|
140
|
140
|
84
|
84
|
70.4
|
72.3
|
40
|
40
|
4.7
|
4.5
|
100
|
100
|
48.9
|
37
|
13/8
|
140
|
140
|
84
|
84
|
71.8
|
73.9
|
40
|
40
|
4.6
|
4.5
|
99.6
|
100
|
55.1
|
42
|
23/8
|
140
|
140
|
86.8
|
86.8
|
69.5
|
71.7
|
40
|
40
|
3.9
|
3.9
|
99.2
|
100
|
58
|
44.7
|
2/9
|
140
|
140
|
91.5
|
91.5
|
62.8
|
64.9
|
40
|
40
|
2.8
|
2.8
|
100
|
100
|
50.8
|
37.7
|
12/9
|
140
|
140
|
96.1
|
96.1
|
51.6
|
53.5
|
40
|
40
|
1.8
|
1.8
|
100
|
100
|
33
|
20.5
|
|
|
total
|
|
|
693
|
705
|
438
|
437
|
479
|
465
|
99.9
|
100
|
|
|
|
Ce déficit, important vers la fin de la campagne dans
la zone d'Aguié, est intervenu à la fin du cycle de la plante; ce
qui a entraîné une baisse totale de rendement de l'ordre de 14.7%
pour la période de référence (tableau 5).
Tableau 5 : Estimation de la
baisse de rendement de mil avec variabilité climatique à
Aguié
Phase du cycle Réduction de rendement
(%)
Période de référence Horizon 2025
Phase initiale 0.0 0.0
Mi- saison 0.0 00
Arrière-saison 18.6 28.9
Maturité 29.2 66.7
Réduction totale sur le rendement 14.7
27.4
Le modèle donne une situation beaucoup plus
inquiétante pour l'horizon 2025 avec une estimation de baisse de
rendement de l'ordre de 27.4%.
Il faut dire que les sols de la zone d'Aguié
étant sableux, (avec une teneur faible en éléments fins),
l'essentiel de l'humidité facilement utilisable, bien qu'importante se
trouve à une profondeur qui va au delà de la zone explorée
par les racines. Et avec le ralentissement des pluies en fin de campagne, le
déficit augmente considérablement au stade de la maturation de la
plante; stade à partir duquel le modèle prévoyait
déjà une baisse de l'ordre de 66.7%.
D'autre part, le cumul de la pluie efficace a
été de 360.2 mm pour l'année de référence,
ce qui couvre de 10 mm donc le besoin hydrique minimal de mil (350 mm) dont le
cycle n'excède pas 90 jours (Zakari, 1997). Néanmoins, on a
enregistré une baisse de rendement de l'ordre de 14.7% pour la zone
d'Aguié et de 0.1% pour la zone de Gaya où le cumul de la pluie
efficace est supérieur à 430 mm. Ce qui présage une faible
efficience de l'eau pour cette espèce. Parlant de cet indicateur de la
réponse de mil à l'eau, Adamou (1994) affirmait que le calcul du
bilan hydrique sur l'ensemble du cycle du mil, a montré que 40% du cumul
pluviométrique en 1991 et 46% de ce cumul en 1992, n'ont pas
été utilisés par la culture, ce qui confirme la faible
efficience d'utilisation de l'eau de pluie par le mil cultivé en champ
paysan des régions sahéliennes.
En outre, une étude conduite par Klaij et Vachaud
(1992) cité par Adamou en 1994 a montré qu'en condition de basse
fertilité l'eau n'est pas le premier facteur limitant la production du
mil. Selon toujours cet auteur, les résultats de Payne et Vachaud
révèlent que l'eau de pluie n'est pas utilisée de
façon efficiente en condition de faible fertilité telle que celle
rencontrée dans les champs de mil paysans au Niger.
I . 2 Le sorgho
D'une manière générale, à Gaya les
deux périodes présentent les mêmes caractéristiques
pour l'ensemble des paramètres étudiés, avec une tendance
à l'amélioration pour l'horizon 2025
( Tableau 7).
Les réserves d'humidité sont assez importantes
dans le sol de cette culture, l'évapotranspiration toujours en
deçà de 5 mm/décade et le déficit hydrique
relativement faible. Par conséquent, aucune baisse de rendement n'est
prévue pour l'horizon 2025.
Pour la zone d'Aguié, la réserve utile (RU) et
la réserve facilement utilisable (RFU) augmentent rapidement, prennent
des valeurs maximales et se stabilisent dès la deuxième
décade du mois d'août (Tableau 6).
Tableau 6 : paramètres de
rendement de sorgho (Aguié)
date
|
RU (mm)
|
|
RFU (mm)
|
|
QTP (mm)/dcd
|
PE (mm)/dcd
|
Etc (mm)/dcd
|
Etc/Etm (%)
|
|
DHS (mm)
|
|
|
Réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
30/6
|
30
|
30
|
18
|
18
|
00
|
00
|
00
|
00
|
1.9
|
2
|
100
|
100
|
1.9
|
2
|
4/7
|
38
|
38
|
22.5
|
22.5
|
55.4
|
42.7
|
5.6
|
6.1
|
1.9
|
2
|
100
|
100
|
1.9
|
2
|
14/7
|
58
|
58
|
33.3
|
33.3
|
62.1
|
51.2
|
18.4
|
19.8
|
1.8
|
1.9
|
100
|
100
|
1.8
|
1.9
|
24/7
|
78
|
78
|
43.4
|
43.4
|
68.1
|
57.3
|
19.1
|
20.3
|
2.4
|
2.5
|
100
|
100
|
2.4
|
2.5
|
3/8
|
98
|
98
|
52.7
|
52.7
|
72.3
|
59.5
|
28.6
|
30
|
3.5
|
3.6
|
100
|
100
|
3.5
|
3.6
|
13/8
|
100
|
100
|
52
|
52
|
73.9
|
57.2
|
39.5
|
40
|
4.5
|
4.7
|
100
|
100
|
4.5
|
5.6
|
23/8
|
100
|
100
|
50
|
50
|
71.7
|
49.9
|
40
|
40
|
5.5
|
5.7
|
100
|
100
|
15.4
|
17.9
|
2/9
|
100
|
100
|
50
|
50
|
64.9
|
38.3
|
40
|
38.3
|
5.5
|
5.5
|
97.4
|
95.9
|
29
|
33.3
|
12/9
|
100
|
100
|
50
|
50
|
53.5
|
24.2
|
40
|
24.2
|
5.4
|
5.4
|
89.7
|
85.7
|
37.5
|
56.2
|
22/9
|
100
|
100
|
50
|
50
|
38.1
|
10.6
|
38.1
|
10.6
|
5.3
|
2.8
|
82.8
|
57.3
|
43.7
|
76.6
|
2/10
|
100
|
100
|
50
|
50
|
20.5
|
1.4
|
20.5
|
1.4
|
4.4
|
1.1
|
75.2
|
29.9
|
62.9
|
91.2
|
12/10
|
100
|
|
60
|
|
4.6
|
|
4.6
|
|
2
|
|
53.5
|
|
84.2
|
|
|
|
total
|
|
|
585
|
392
|
294
|
231
|
395
|
333
|
78.2
|
64.1
|
|
|
|
Tableau 7 : paramètres de
rendement de sorgho (Gaya)
Date
|
RU (mm)
|
RFU (mm)
|
QTP (mm)/dcd
|
PE (mm)/dcd
|
Etc (mm)/dcd
|
Etc/Etm (%)
|
DHS (mm)
|
|
Réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
30/5
|
54
|
54
|
32.4
|
32.4
|
00
|
00
|
00
|
00
|
1.8
|
1.8
|
100
|
100
|
7.2
|
7.2
|
4/6
|
72
|
72
|
42.5
|
42.5
|
36.8
|
36.4
|
7.2
|
7
|
1.8
|
1.7
|
100
|
100
|
1.8
|
1.7
|
14/6
|
108
|
108
|
61.9
|
61.9
|
42.3
|
42.2
|
17.4
|
16.8
|
1.7
|
1.6
|
100
|
100
|
1.7
|
1.6
|
24/6
|
144
|
144
|
79.9
|
79.9
|
48.3
|
48.6
|
18.4
|
17.5
|
2.3
|
2.2
|
100
|
100
|
2.3
|
2.2
|
4/7
|
180
|
180
|
96.5
|
96.5
|
54.6
|
55.4
|
27.2
|
25.9
|
3.2
|
3.1
|
100
|
100
|
3.2
|
3.1
|
14/7
|
180
|
180
|
93.3
|
93.3
|
60.8
|
62.1
|
36.4
|
34.5
|
4.1
|
3.9
|
100
|
100
|
4.1
|
3.9
|
24/7
|
180
|
180
|
90
|
90
|
66.4
|
68.1
|
40
|
40
|
4.9
|
4.6
|
100
|
100
|
9.8
|
7.4
|
3/8
|
180
|
180
|
90
|
90
|
70.4
|
72.3
|
40
|
40
|
4.7
|
4.5
|
100
|
100
|
17.5
|
13.1
|
13/8
|
180
|
180
|
90
|
90
|
71.8
|
73.9
|
40
|
40
|
4.6
|
4.5
|
100
|
100
|
23.9
|
18.2
|
23/8
|
180
|
180
|
90
|
90
|
69.5
|
71.7
|
40
|
40
|
4.5
|
4.5
|
100
|
100
|
29.3
|
23
|
2/9
|
180
|
180
|
91.8
|
91.8
|
62.8
|
64.9
|
40
|
40
|
4.4
|
4.5
|
100
|
100
|
34.1
|
28.1
|
12/9
|
180
|
180
|
110
|
110
|
51.6
|
53.3
|
40
|
40
|
3.7
|
3.9
|
100
|
100
|
34.3
|
29.4
|
22/9
|
180
|
180
|
128
|
128
|
36.5
|
38.1
|
36.5
|
38.1
|
3.1
|
3.3
|
100
|
100
|
31.4
|
26.6
|
|
|
total
|
|
|
672
|
687
|
383
|
380
|
441
|
435
|
100
|
100
|
|
|
|
La pluie efficace faible en début de campagne prend
des valeurs aussi importantes que la pluie totale vers la troisième
décade du mois d'août. Aussi, avec la même évolution,
l'évapotranspiration culturale 2025 est légèrement
supérieure à celle de la période de
référence.
Le rapport Etc/Etm qui était constant dès le
début de l'installation des cultures, a commencé à
diminuer dès la première décade du mois de septembre,
période à laquelle le déficit d'humidité du sol DHS
prend des valeurs aussi importantes que celles de la réserve facilement
utilisable.
Tableau 8 : Estimation de la
baisse de rendement de sorgho avec variabilité climatique à
Aguié
Phase du cycle Réduction de rendement
(%)
Période de référence Horizon 2025
Phase initiale 00 00
Mi- saison 00 00
Arrière-saison 7.5 17.8
Maturité 13.3 18.6
Réduction totale de rendement 19.6
32.3
Le déficit d'humidité du sol enregistré
au cours la période de référence pour la culture de sorgho
dans la zone d'Aguié s'est traduit par une baisse de rendement de
l'ordre de 19.6%. Et la tendance est à la hausse pour l'estimation
à l'horizon 2025 avec une prévision de baisse de rendement de
32.3%. Ceci se justifie quand on sait que suite à la diminution de la
disponibilité en eau prévue par le modèle dans cette la
zone, une pluie efficace de 230 mm est insuffisante pour couvrir le besoin
hydrique minimal d'une céréale aussi exigeante en eau qu'est le
sorgho.
I . 3 Le niébé
A l'instar des autres cultures de la zone de Gaya, les
paramètres de rendement du niébé présentent les
mêmes caractéristiques pour les deux périodes
étudiées. Il faut aussi dire que la situation est assez proche de
celle de mil avec lequel ils sont le plus souvent associés.
Le rapport Etc/Etm baisse légèrement du niveau
optimal (100%). Au même moment, le déficit d'humidité du
sol prend des valeurs qui augmentent légèrement sans atteindre
celles de la réserve facilement utilisable (Tableau 10).
A Aguié, avec l'installation des pluies, la
réserve utile (RU) et de la réserve facilement utilisable (RFU)
s'améliorent durant toute la période de la campagne. La
réserve utile qui, à la date de semis était de 30 mm,
atteint les 100 mm dans la troisième décade du mois d'août;
période pendant laquelle la réserve facilement utilisable se
stabilise à 45 mm (Tableau 9).
En début de campagne, à chaque pluie
tombée, la pluie efficace (PE) correspond à environ la
moitié de la pluie totale (QTP). Cette pluie efficace augmente jusqu'en
première décade du mois de septembre où l'essentiel de la
pluie totale tombée s'infiltre dans le sol.
L'évapotranspiration culturale, faible à
l'installation des cultures, augmente simultanément avec
l'évapotranspiration maximale ( Etc/Etm = 100 %). Elle atteint ses
valeurs maximales
(6 mm/décade) en août avant de descendre
à des valeurs très faibles en fin de campagne. Ce qui se traduit
par une décroissance du rapport Etc/Etm. Ainsi quand pour une culture,
l'apport d'eau ne satisfait pas ses besoins, on a Etc qui décroît
plus vite que Etm; dans ces conditions, la culture subit un manque d'eau
pouvant compromettre sa croissance et en conséquence son rendement.
Le déficit d'humidité du sol (DHS), faible en
début de campagne, évolue au rythme de
l'évapotranspiration culturale. A partir de la deuxième
décade du mois d'août, ce déficit devient croissant et
fréquent jusqu'en fin de campagne où il atteint des valeurs qui
sont très élevées par rapport à la réserve
facilement utilisable.
Le déficit en eau était très faible et
inférieur à la réserve facilement utilisable pendant toute
la période correspondant au début du cycle de la plante et une
bonne partie de sa phase végétative (dernière
décade du mois d'août). Ce déficit s'équilibre avec
la RFU et augmente considérablement jusqu'à la fin du cycle de la
plante (arrière saison et maturité). Ce déficit en eau
intervient alors pendant les deux dernières phases essentielles du cycle
de la plante.
Tableau 9 : Les paramètres
du rendement de niébé ('Aguié).
Date
|
RU (mm)
|
RFU (mm)
|
QTP (mm)/dcd
|
PE (mm)/dcd
|
Etc (mm)/dcd
|
Etc/Etm (%)
|
DHS (mm)
|
|
2025
|
Réf.
|
2025
|
Réf.
|
2025
|
Réf.
|
2025
|
Réf.
|
2025
|
Réf.
|
2025
|
Réf.
|
2025
|
30/6
|
30
|
30
|
13.5
|
13.5
|
00
|
00
|
00
|
00
|
2.5
|
2.7
|
100
|
100
|
2.5
|
2.7
|
4/7
|
35.6
|
35.6
|
16
|
16
|
55.4
|
42.7
|
7.5
|
8.1
|
2.5
|
2.7
|
100
|
100
|
2.5
|
2.7
|
14/7
|
49.6
|
49.6
|
22.3
|
22.3
|
62.1
|
51.2
|
24.4
|
26.1
|
2.4
|
2.6
|
99.9
|
99.2
|
2.4
|
2.6
|
24/7
|
63.6
|
63.6
|
28.6
|
28.6
|
68.1
|
57.3
|
25.4
|
27
|
3.1
|
3.3
|
100
|
100
|
3.1
|
3.3
|
3/8
|
77.6
|
77.6
|
34.9
|
34.9
|
72.3
|
59.5
|
37.3
|
39
|
4.5
|
4.7
|
100
|
99.9
|
4.5
|
4.7
|
13/8
|
91.6
|
91.6
|
41.2
|
41.2
|
73.9
|
57.2
|
40
|
40
|
5.8
|
6
|
99
|
98.4
|
16.1
|
17.8
|
23/8
|
100
|
100
|
45
|
45
|
71.7
|
49.9
|
40
|
40
|
6.4
|
6.5
|
92.2
|
90.4
|
34.1
|
36.3
|
2/9
|
100
|
100
|
45
|
45
|
64.9
|
38.3
|
40
|
38.3
|
6.3
|
6.4
|
78.4
|
75.9
|
43.6
|
46.8
|
12/9
|
100
|
100
|
45
|
45
|
53.5
|
24.2
|
40
|
24.2
|
6.2
|
4.8
|
69.7
|
63.7
|
47
|
62.9
|
22/9
|
100
|
100
|
45
|
45
|
38.1
|
10.6
|
38.1
|
10.6
|
6.1
|
2.6
|
66.5
|
43.6
|
49.8
|
79.4
|
2/10
|
10
|
100
|
48.8
|
48.8
|
20.5
|
1.4
|
20.5
|
1.4
|
3.8
|
0.9
|
62.4
|
24
|
65.3
|
92.2
|
12/10
|
100
|
|
56.3
|
|
4.6
|
|
4.6
|
|
1.4
|
|
52.4
|
|
80.8
|
|
|
|
total
|
|
|
585
|
392.3
|
318
|
254.8
|
406
|
355
|
79.4
|
67.6
|
|
|
|
Tableau 10 : paramètres de
rendement de niébé (Gaya )
Date
|
RU (mm)
|
RFU (mm)
|
QTP (mm)/dcd
|
PE (mm)/dcd
|
Etc (mm)/dcd
|
Etc/Etm (%)
|
DHS (mm)
|
|
Réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
réf
|
2025
|
Réf
|
2025
|
30/5
|
42
|
42
|
18.9
|
18.9
|
00
|
00
|
00
|
00
|
2.4
|
2.4
|
100
|
100
|
6.6
|
6.6
|
4/6
|
51.8
|
51.8
|
23.3
|
23.3
|
36.8
|
36.4
|
9.6
|
9.3
|
2.4
|
2.3
|
100
|
100
|
2.4
|
2.3
|
14/6
|
71.4
|
71.4
|
32.1
|
32.1
|
42.3
|
42.2
|
23.2
|
22.4
|
2.3
|
2.2
|
100
|
100
|
2.3
|
2.2
|
24/6
|
91
|
91
|
41
|
41
|
48.3
|
48.6
|
24.4
|
23.3
|
3
|
2.9
|
100
|
100
|
3
|
2.9
|
4/7
|
111
|
111
|
49.8
|
49.8
|
54.6
|
55.4
|
35.4
|
33.6
|
4.2
|
4
|
100
|
100
|
4.2
|
4
|
14/7
|
130
|
130
|
58.6
|
58.6
|
60.8
|
62.1
|
40
|
40
|
5.3
|
5
|
100
|
100
|
12.1
|
9.4
|
24/7
|
140
|
140
|
63
|
63
|
66.4
|
68.1
|
40
|
40
|
5.6
|
5.3
|
100
|
100
|
28.1
|
22.6
|
3/8
|
140
|
140
|
63
|
63
|
70.4
|
72.3
|
40
|
40
|
5.4
|
5.2
|
98.4
|
99.8
|
42
|
35
|
13/8
|
140
|
140
|
63
|
63
|
71.8
|
73.9
|
40
|
40
|
5.3
|
5.2
|
93.3
|
96.9
|
51.8
|
45.2
|
23/8
|
140
|
140
|
63
|
63
|
69.5
|
71.7
|
40
|
40
|
5.2
|
5.2
|
87.7
|
92.1
|
57.6
|
52.7
|
2/9
|
140
|
140
|
69.3
|
69.3
|
62.8
|
64.9
|
40
|
40
|
4.1
|
4.1
|
85.8
|
89.5
|
58.6
|
55.8
|
12/9
|
140
|
140
|
79.8
|
79.8
|
51.6
|
53.5
|
40
|
40
|
2.3
|
2.4
|
98.3
|
99.2
|
48.8
|
47.1
|
|
|
total
|
|
|
635
|
649
|
373
|
369
|
431
|
426
|
96
|
97.5
|
|
|
|
Le tableau ci-après nous donne l'estimation de la
baisse de rendement de niébé engendré par le
déficit selon la zone, la période et le stade phénologique
de la plante. Il donne également une estimation de réduction
totale de rendement selon la zone.
Tableau 11 : Estimation de la
baisse du rendement de niébé avec variabilité climatique
à Aguié et Gaya
Phase du cycle Réduction de rendement
(%)
Période de réf. Horizon 2025
Aguié Gaya Aguié Gaya
Phase initiale 0 00 0 00
Mi- saison 0.2 00 0.4 00
Arrière- saison 26.5 5.5 40 2.9
Maturité 20 3.9 34.7 3
Réduction totale sur le rendement 23.7 4.6 37.3
2.9
Dans la zone de Gaya, les faibles valeurs de la
réserve facilement utilisable n'ont pas été sans
conséquence sur le rendement du niébé. Mais la tendance
est à l'amélioration puisque la baisse de rendement prévue
à l'horizon 2025 (2.9%) est relativement inférieure à
celle de la période de référence (4.6%).
Dans la zone d'Aguié le déficit hydrique
constaté pour les deux périodes et pendant les deux
premières phases du cycle n'influence en rien le rendement de cette
culture. Cette dernière est beaucoup plus exigeante en eau pendant les
deux dernières phases de son cycle où le déficit
constaté au cours de ces phases provoquerait une baisse de rendement de
l'ordre de 40% à l'arrière saison (floraison) et de 34.7% pour la
phase de maturation (à la formation des produits surtout). La baisse de
rendement enregistrée pour l'année de référence est
de 23.7% et le modèle prévoit une réduction de l'ordre de
37.3%.
Le cumul de la pluie efficace qui était de 3 17.8 mm
sera de 254.8 mm à l'horizon 2025. Ce qui est insuffisant pour couvrir
le besoin en eau de cette culture. Puisqu'il ne satisfait pas le besoin
hydrique minimal (300 mm ) d'un niébé de 90 jours (Zakari,
1997).
Aussi, faudrait-il rappeler que quand un déficit
hydrique survient à un moment déterminé de la
période végétative d'une culture, le rendement
répondra à ce déficit de façon extrêmement
variable selon la sensibilité de la culture au moment
considéré. Ce qui explique la baisse de rendement constaté
sur certaines cultures dans des zones suffisamment arrosées (cas de la
légère réduction de rendement du niébé
(2.9%) prévue à Gaya). D'ailleurs, c'est pourquoi les paysans
s'adonnent à des pratiques consistant à développer deux ou
plusieurs cultures sur le même lot de terrain et dans la même
période. En plus de ces avantages, les associations culturales visent
une plus grande production du système et surtout une plus grande
stabilité dans la production (Bacci, 1992).
Impact de la variabilité climatique sur les
systèmes de production à Bana (GAYA) et à Zabon Mousso
(AGUIE)
II . Influence de la variabilité climatique sur la
disponibilité en eau du sol
Les graphiques ci-après traduisent l'évolution du
déficit d'humidité du sol (DHS) pour les cultures de mil, de
sorgho et de niébé sur les deux périodes :
- l'année de référence dont la courbe est
représentée en trait plein;
- l'horizon 2025 dont la courbe est représentée par
des traits en pointillé.
II . 1 Le mil

1 00
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
2025
P .ref
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 12 13
temps (décade)
mil aguié
m il gaya
70
60
50
40
30
20
10
0
P .ref
2025
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
temps (décade)
Figure 6 : L'évolution de
déficit d'humidité du sol (SMD) pour la culture de mil, à
l'échelle décadaire dans les zones d'Aguié et da
Gaya.
L'évolution du déficit humidité du sol de
ces deux graphiques peut être subdivisée en trois parties :
- une partie caractérisée par des déficits
assez faibles dont les valeurs n'excèdent jamais celles de
l'évapotranspiration culturale. Cette partie correspond
au début du cycle de la culture (phase
initiale);
- une partie correspondant à la phase
végétative de la culture avec une évolution croissante des
déficits en eau. A ce stade de développement
végétatif (mi-saison et arrière saison), le modèle
prévoit pour l'horizon 2025 une augmentation semblable mais
légèrement supérieure à celle de la période
de référence pour la zone d'Aguié.
Par contre, à ce stade, ce déficit est
prévu à la baisse pour la zone de Gaya;
- une partie qui correspond à la fin du cycle de la
culture notamment le stade de floraison et de la formation du produit (la
maturation). Cette partie est caractérisée par des
déficits très élevés. Ses valeurs sont nettement
élevées par rapport à la réserve facilement
utilisable pour la zone d'Aguié. Le déficit (2025) serait
beaucoup plus important expliquant ainsi la réduction de la baisse de
rendement (27.4%) prévue à cette période. A Gaya par
contre, aucune baisse de rendement n'est prévue pour cette culture. Dans
cette zone, le déficit (2025) inférieur à celui
enregistré pour la période de référence, atteint
son maximum et tombe à des valeurs faibles sans atteindre celles de la
réserve facilement utilisable et la fin du cycle de la plante.
II . 2 Le sorgho

40
35
30
25
20
15
10
5
0
P.ref
2025
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
temps (décade)
sorgho gaya
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
2025
P.ref
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
temps (décade)
sorgho aguié
Figure 7 : L'évolution de
déficit d'humidité du sol (SMD) pour la culture de sorgho
à l'échelle décadaire dans les zones d'Aguié et de
Gaya.
Pour la culture de sorgho, on retrouve aussi la même
évolution du déficit que précédemment : - une
partie avec des déficits relativement faibles;
- une partie où les déficits augmentent
considérablement avec les mêmes tendances entre les zones et entre
les périodes que précédemment;
- une partie caractérisée par des
déficits élevés surtout pour la zone d'Aguié. Le
déficit (2025) de cette zone relativement plus élevé
jusqu'à la fin de du cycle de la culture explique la baisse de rendement
(32%) prévue.
Pour la zone de Gaya, la courbe de déficit (2025) reste
en dessous de celle de la période de référence qui, elle
même est sans influence sur le rendement de sorgho.
II . 3 Le niébé

100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
2025
P .ref
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
temps (décade)
niébé aguié
70
60
50
40
30
20
10
0
P.ref
2025
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
temps (décade)
niébé gaya
Figure 8 : L'évolution de déficit
d'humidité du sol (SMD) pour la culture de niébé à
l'échelle décadaire dans les zones d'Aguié et de
Gaya.
L'évolution de déficit en eau du sol pour la
culture de niébé se repartit également en trois parties
:
- une partie où le déficit évolue
très lentement avec des valeurs faibles et égales à celles
de l'évapotranspiration culturale;
- une partie au cours de laquelle, le déficit en eau
prend des valeurs importantes sans atteindre la réserve facilement
utilisable. Contrairement à la zone d'Aguié, le modèle
prévoit à ce stade pour l'horizon 2025 une amélioration de
la disponibilité en eau pour la zone de Gaya puisque le déficit
en eau (2025) est légèrement en dessous de celui de la
période de référence (ref);
- une partie correspondant à la fin du cycle des
cultures où le déficit en eau gardent des valeurs très
élevées jusqu'à la fin du cycle de la plante pour la zone
d'Aguié. ce qui explique la baisse de rendement enregistrée
(23.7%) et celle prévue (37.3%) dans cette zone. A Gaya, le
modèle prévoit une situation similaire à celle de la
période de référence pour le niébé avec une
tendance à l'amélioration.
Conclusion partielle
L'analyse des résultats sur ces aspects biophysiques
fait ressortir une tendance à la diminution de la disponibilité
en eau de l'ensemble des cultures (mil, sorgho, niébé) pour la
zone d'Aguié à l'horizon 2025. Pendant cette période, le
modèle prévoit pour les mêmes cultures,
l'amélioration des conditions hydriques et une situation moins
inquiétante pour la zone de Gaya.
La situation de la zone d'Aguié s'explique non
seulement par la nature de sol de la zone mais aussi par le degré de
tolérance des espèces cultivées comme le mil vis à
vis de la sécheresse. Aussi, l'effet de manque d'eau sur la croissance
et le rendement est fonction de l'espèce et de la variété
cultivée d'une part, de l'importance du déficit hydrique et du
moment auquel il se produit d'autre part.
Aussi, le calcul des besoins en eau des cultures de saison de
pluie ainsi utilisé, découle de l'examen de la réponse des
rendements à l'eau. Il est évident qu'on ne peut
considérer cette réponse des rendements à l'eau
indépendamment des autres facteurs agronomiques tels que les engrais, la
densité des semis ainsi que la protection des cultures car de ces
facteurs dépend aussi la mesure dans laquelle le rendement réel
approche le rendement maximum.
Ce travail, loin d'être exhaustif est élargi sur
une étude de caractérisation des systèmes de production de
ces zones.
III . L'analyse socio-économique
III . 1 Les systèmes de production
La répartition dans l'espace des différents
systèmes de culture de ces zones est fonction des conditions d'entretien
des cultures, de la fertilité des sols et surtout de la nature des sols.
Ainsi, pour l'ensemble des villages étudiés, on rencontre tout
autour et même dans les habitations, des champs de cases avec des
espèces cultivées très diversifiées (Gombo,
Oseille, Maïs, Mil, Sorgho, Sésame,...). La gamme des
espèces cultivées dans ces champs est beaucoup plus importante
dans la région d'Aguié surtout chez les agro-éleveurs.
Dans cette zone, les systèmes les plus souvent
rencontrés sont les systèmes associatifs
mil-soghoniébé, mil-sorgho-arachide, mil-souchet et
sorgho-souchet sur des sols sableux (Jigawa) avec des rotations multiples. Les
systèmes associatifs sorgho-arachide, mil-arachide ou
mil-niébé se rencontrent aussi sur les sols limoneux (Geza).
Dans la zone de Gaya, les systèmes associatifs
mil-sorgho-niébé se pratiquent généralement sur les
terrasses avec le mil et le sorgho tardifs en culture pure sur les champs
lointains. Sur les sols des Dallols se pratiquent la culture du sorgho, du riz
pluvial, de la canne à sucre, etc.
En ce qui concerne la production animale, il faut dire que
pour les deux zones étudiées, l'élevage semble être
limité par les disponibilités en jachères et en parcours
et particulièrement par les ressources en eau pour la zone
d'Aguié. Ce qui conduit le plus souvent à des gestions
individuelles des animaux pour faire du fumier dans les concessions afin de
pallier la réduction des jachères.
III . 1 . 1 Les facteurs de production
D'après les enquêtes, la surface moyenne
cultivée par exploitation dans le terroir de Bana est deux fois plus
importante que celle de Zabon Mousso (12,3 ha contre 6,3 ha). Ce qui traduit le
manque de terres cultivables qui caractérise les exploitations de la
zone d'Aguié.
A Zabon Mousso, les exploitations ont deux types des champs :
- le champ du chef de l'exploitation ou "Gandou" ;
- les champs des membres de l'exploitation (femmes et enfants
mariés qui ne sont pas encore détachés de l'exploitation)
ou "Gamana".
Tous les chefs de Gamana et les autres membres de
l'exploitation sont tenus de travailler sur le Gandou dans la semaine selon une
période déterminée par le chef de l'exploitation : quatre
jours par semaine de travail sur le Gandou le plus souvent; et les trois autres
jours leur reviennent pour travailler sur leur lopin de terre.
En fin de campagne, le chef donne une part équitable
de la production de Gandou (selon la capacité de l'exploitation) aux
différents chefs de Gamana. Selon une autre version, le produit du
Gandou qui est géré par le chef d'exploitation est
distribué en trois parties : l'une aux Gamana, l'autre placée
dans le grenier de réserve et enfin la troisième revient au chef
pour ses échanges avec l'extérieur (Raynaut et al,
1988).
III . 1 . 1 . 1 Les sols et le mode d'accès à la
terre
L'ensemble du département d'Aguié se situe dans
une zone à dominance de sols sableux dunaires avec des taux d'argile
inférieur à 2% (SAA, 2003). Dans cette zone, le mode
d'accès à la terre le plus fréquent est surtout
l'héritage et l'achat ; mais il existe aussi le prêt et la mise en
gage. A Zabon Mousso, il est facile d'accéder à la terre agricole
par l'achat, d'ailleurs c'est pourquoi les producteurs connaissent parfaitement
le prix de la parcelle d'un hectare (100000 à 150000 f CFA). Ce qui
contribue à l'aggravation du problème d'insuffisance des terres
agricoles dans une zone déjà densément peuplée
(91.3 habitants au km2). L'augmentation de la population dans cette
zone a conduit au morcellement des parcelles et à la diminution de la
taille de l'exploitation. Ainsi une exploitation moyenne comprend huit (8)
habitants et dispose ainsi d'environ 4.5 hectares (ha) de terres cultivables
soit 0.6 hectare par personne (SAA Aguié, 1997). Cela se confirme par
nos enquêtes. Ainsi, l'exploitation moyenne comprend dix (10) personnes
et dispose de 6.3 hectares à Aguié et de 12.3 hectares à
Gaya de superficies cultivables soit respectivement 0.63 et 1.23 hectares par
personne.
Dans le terroir de Bana, l'essentiel des activités
agricoles se pratique sur la plaine constituée d'une succession de
glacis, de terrasses et de bas-fonds. Pour l'ensemble des personnes
enquêtées, le mode d'accès à la terre est
l'héritage (90%) suivi du prêt et de don. Dans ce terroir, il est
difficile d'accéder à la terre par l'achat. Néanmoins, les
enquêtes révèlent des cas de location ou "talmey" à
raison de 20 000F l'hectare pour une campagne. Les producteurs affirment qu'ils
n'ont pas encore commencer à vendre la terre dans leur terroir; c'est
pourquoi, il leur serait difficile de déterminer un prix à la
terre agricole.
III . 1 . 1 . 2 la main d'oeuvre
La capacité d'une exploitation dépend de la
composition démographique de l'exploitation qui donne la force de
travail de cette unité de production. Cette force de travail de
l'exploitation dépend elle- même de l'âge et du sexe de ses
membres ( Ali, 1993).
Nos enquêtes ont révélé une forte
utilisation de la main d'oeuvre familiale dans tous les deux villages
enquêtés, et cela, faute des moyens financiers chez certaines
exploitations d'une part et de manque de la main d'oeuvre salariale selon la
période d'autre part.
En dehors de cette main d'oeuvre familiale, il existe des
formes d'entraide dans tous les deux villages. Celles-ci se limitent
essentiellement au travail collectif ou "Gayya" sur certaines opérations
culturales telles que le sarclage et la récolte. Ce travail est comme
son nom l'indique collectif et "gratuit" car le bénéficiaire est
seulement tenu d'assurer la ration des travailleurs.
A Bana, une autre forme de main d'oeuvre salariée
amène les jeunes à s'organiser en groupe et travaillent sur les
exploitations à fin d'épargner leur argent. Ceci servira lors de
la fête de ramadan à payer un boeuf, et l'égorger pour se
partager la viande.
III . 1 . 1 . 3 Les intrants et les équipements
agricoles
Les intrants agricoles sont des consommations
intermédiaires composés essentiellement des engrais
minéraux, des pesticides et de fumier. Bien que les producteurs sont
conscients de l'importance de l'utilisation des engrais minéraux et des
pesticides, l'insuffisance des moyens financiers et la rareté de ces
produits limitent leur utilisation surtout chez les exploitations à
faible revenu. Pour l'ensemble des exploitants enquêtés à
Bana, le rendement du niébé est intimement fonction de
l'utilisation des pesticides. Cela se justifie par la forte corrélation
obtenue (0.965) entre la production du niébé et l'utilisation des
pesticides et surtout par le très faible rendement de
niébé (20 kg/ha) obtenu par les exploitations du type 1 qui sont
des exploitations qui n'utilisent pas du tout des pesticides. Pour les
habitants de ce terroir, la proximité du Nigeria facilite quelques fois
l'accessibilité aux engrais minéraux à moindre coût,
mais dont la qualité laisse à désirer.
En dehors de matériel aratoire (la houe, la daba, le
coupe-coupe, la faucille,...) la majorité des exploitations du terroir
de Bana (soit 80% selon les enquêtes) utilise l'attelage grâce
à l'appui du projet PAIGLR depuis 1995. Cet appui a concerné
l'octroi des crédits agricoles aux producteurs (1 charrette + 1 charrue
+ 160 000 FCFA pour l'achat de deux boeufs de trait ).
Les engrais minéraux et surtout les pesticides y sont
également très peu utilisés dans le terroir de Zabon
Mousso. L'utilisation de pesticide par la majorité des producteurs de ce
terroir se limite aux produits en poudre, mélangés avec les
semences lors du semis. Et selon leur constat, ce
pesticide jouerait un rôle de fertilisant puisqu'il
permet une bonne germination et un bon démarrage des cultures.
L'équipement agricole est essentiellement
constitué des matériels aratoires. Les matériels de
culture modernes sont faiblement utilisés compte tenu de la nature des
terres qui ne sont pas difficiles à travailler et de l'insuffisance des
moyens pour s'en approvisionner. Dans ce terroir, 47% des exploitants utilisent
l'attelage. C'est pourquoi, il existe des charrettes utilisées pour le
transport de l'eau, des produits de récolte... et des semoirs
essentiellement pour la culture du souchet. Dans ce terroir, les gros
utilisateurs de l'engrais (NPK ou golden) sont surtout les exploitants qui
produisent du souchet.
III . 1 . 2 Les systèmes de culture
III . 1 . 2 . 1 Les éléments du système
Dans le terroir de Zabon Mousso, comme d'ailleurs dans toute
la zone d'Aguié, les cultures pratiquées sont essentiellement le
mil, le sorgho, le maïs, le niébé, l'arachide, et le
souchet. Il existe également d'autres cultures comme le voandzou, le
sésame, l'oseille, le gombo, etc.
Le souchet est faiblement produit dans ce terroir bien qu'il
soit rentable du fait de son exigence en travail et surtout en engrais.
Il faut dire que dans ce terroir, il existe une large gamme de
variétés pour les cultures principales dont les
variétés améliorées vulgarisées par le
projet. Il s'agit entre autre de :
- Mil tardif : "Maïwa"," Zongo"," Zanfarwa", "Wiyan"
"bijini"... ;
- Mil précoce : "Dan gombey", CT6, PK5... ;
- Sorgho précoce : "El bazanga", "Mota", "El malam
barmou", "Aban acouya", "Maï jimirin chira"... ;
- Sorgho tardif : "El mandi", "Makaho", "Tantagarya"... ;
- Niébé précoce: "Dan kabo", "dan tchana",
"dakanta ouban zawara", "Dan baârey", "Dan illa", KBX, "Jan wakey",
"Maï jimirin darpa"...;
- Niébé tardif: "Sa babba sata", "Kachéni
maï gari", "Dan dam"... ;
Le maintien d'une telle gamme des variétés
constitue pour les agriculteurs un moyen d'adaptation aux sols pour des
variations du climat (Jouve, 1984).
Il n'existe pratiquement pas des cultures de contre saison dans
ce terroir du fait des manques de terres qui y sont adaptées et surtout
des ressources en eau.
A Bana, en plus des principales cultures (comme le mil
précoce ou "guero" ou "dan bagagi" ou "bundin biri"ou
"bahaouché"; le mil tardif ou "maïwa"; le sorgho ou "malley" ou "el
kokoba" ou
"fara fara" ou "maloka"; le niébé ou "gnagaou";
etc.), il se pratique énormément des cultures irriguées ou
non en contre saison. On note parmi celles-ci la canne à sucre, le
manioc, la patate douce, le riz, le maïs, le gombo... En dehors de
quelques céréales, l'essentiel des produits issus des cultures de
contre saison est commercialisé tantôt sur le marché,
tantôt sur les champs.
D'autres cultures comme le gombo, l'oseille, le sésame
qui génèrent aussi des revenus sont également produites en
pluvial.
III . 1 . 2 . 2 Les systèmes de culture
pratiqués
Les systèmes de culture de Gaya et d'Aguié se
basent essentiellement sur les principales cultures du pays. Ces
systèmes se caractérisent par l'importance des cultures pluviales
vivrières que sont le mil, le sorgho et le niébé et de ce
point de vue, il rend possible une étude comparative dans ces deux
localités. C'est pourquoi, dans le cadre de ce travail, nous allons nous
intéresser essentiellement à ces trois cultures de ces deux
terroirs. Les autres cultures viennent en terme des stratégies
d'adaptation aux milieux.
Dans le terroir de Zabon Mousso comme d'ailleurs dans toute
la zone d'Aguié, la gestion des aléas climatiques et
l'insuffisance des espaces agricoles (due à la forte pression
démographique et à la vente des terres agricoles) a
entraîné la disparition de la jachère et impose au
même moment plusieurs types d'association culturale :
- Mil +Sorgho +Niébé ;
- Arachide +Sorgho ou Arachide + Mil ;
- Souchet +Sorgho ou Souchet + Mil ;
- Maïs ou Sorgho + sésame + Oseille + Gombo...
essentiellement au niveau des champs de case généralement
très fertiles.

Figure 9 : Champ de cases d'un agro-éleveur à
ZABON MOUSSO
On y rencontre également l'arachide ou le souchet
produit sans association.
Dans le terroir de Bana, avec l'installation de la saison des
pluies, les terres des bas-fond sont généralement
inondées, et avec elles, une grande partie d'espace (sols lourds )
devient inexploitable. Ce phénomène conduit même de fois
à la perte de certaines cultures irriguées comme la canne
à sucre et le manioc qui ne sont pas encore récoltés.
C'est pourquoi l'essentiel des cultures sous pluies se pratiquent sur les sols
dunaires des plaines ou "Faska" en langue locale. De ces cultures, le mil
tardif ou "Maïwa" est le plus souvent cultivé en pur du fait de son
tallage envahissant qui n'est pas favorable à l'association. Le riz
pluvial est aussi cultivé en pur dans les dépressions de "Faska"
souvent riche en limon.
III . 1 . 2 . 3 Les calendriers culturaux
Tableau 12 : Calendrier cultural
de mil
Avril
Mai
Juin
Juil.
Août
Sept.
Octo.
Nbre

Défrich.
Semis à sec
Semis
1er sarclage
2è sarclage
Récolte
3è sarclage
Récolte
Tableau 13 : Calendrier cultural
de sorgho
Avril

Défrich.
Semis à sec
Semis
1er sarclage
2è sarclage
Récolte
3è sarclage
Récolte
Mai
Juin
Juil.
Août
Sept.
Octo.
Nbre
Tableau 14 : Calendrier cultural
de niébé
Avril
Mai
|
Juin
|
Juil.
|
Août
|
Sept.
|
Octo.
|
Nbre
|
|
Terroir de Zabon Mousso Terroir de Bana
Compte tenu des caprices des pluies dans nos conditions, ces
calendriers restent approximatifs. Le retard des premières pluies qui
déterminent les semis amène les paysans à procéder
à un ou plusieurs semis à sec dans la zone d'Aguié. La
régularité des pluies influence également ces calendriers
culturaux.
Compte tenu aussi de la durée et de l'importance des
pluies dans la zone de Gaya, les producteurs ne s'intéressent pas du
tout aux variétés précoces du sorgho et du
niébé, car leur récolte intervient à un moment
où ils sont très occupés et où l'humidité
est très forte; d'où alors le risque de pourriture des produits
à récolter.
III . 1 . 2 . 4 Le fonctionnement des systèmes de
culture
La description des systèmes de culture de ces deux
terroirs fait ressortir une diversité dans les techniques
utilisées pour le fonctionnement de ces systèmes.
La toposéquence et la nature des terres agricoles sont
des éléments importants qui déterminent les techniques
adoptées dans l'exécution des toutes les opérations
culturales des zones ainsi étudiées.
l'itinéraire technique
Dans le terroir de Zabon Mousso, les travaux de
préparation des champs se limitent aux défrichements, aux apports
de fumier, de compost et de glumes et glumelles. Avec l'appui des projets comme
le PDRAA, le PAF SALAMA et l'UNICEF, on note depuis une quinzaine
d'année, l'introduction des nouvelles techniques de restauration de la
couverture ligneuse quasiment détruite par la sécheresse de 1973
et 1984 (Lamine, 2002). Parmi celles-ci, la protection de la
régénération naturelle qui consiste à laisser un
défrichement amélioré.
Après une pluie utile, les semis se font
simultanément à cause des risques liés aux fluctuations
inter- annuelles des pluies. Le sarclage à la hilaire permet de
travailler des grandes superficies en un temps record. Compte tenu des
variations climatiques et des changements des précipitations, les
producteurs s'intéressent de plus en plus aux variétés
précoces qu'aux variétés tardives.
La récolte de céréales se fait
généralement sur pieds, après quoi les tiges sont
coupées pour améliorer l'aération des cultures encore sur
place comme le niébé et le sorgho tardif.
A Bana, la nature des terres de culture exige pas mal
d'opérations culturales seulement pour la préparation des sols
:
- Le défrichement : Ce travail concerne tous les types
de terrain. Il concerne surtout les espèces telles que Guiera
senegalensis, Andropogon gayanus, les touffes d'Hyphaene ainsi
que les souches de tiges de céréales ;
- Le labour : Il concerne surtout les sols lourds difficiles
à travailler comme la Fadama ;
- Le brûlis : selon la culture à installer, les
producteurs procèdent au brûlis des souches ;
- Le buttage, le billonnage et le planage : ces Opérations
concernent les cultures de décrue.
Le semis se fait le plus souvent sur billon pour la plupart
des exploitations du terroir. Il faut noter que la majorité des
exploitations dispose d'un attelage. Cela fut l'oeuvre du projet PAIGLR
(Programme d'Appui aux Initiatives de Gestion Locale des Rôneraies)
depuis 1995 qui a offert des crédits agricoles dans le terroir(1
charrette +1 charrue +160 000F pour les 2 animaux de traction). Cette
innovation a amené dans le terroir un changement dans la façon de
semer. Avec cette technique, désormais le semis se fait sur la parcelle
labourée après une pluie efficace.
L'association concerne essentiellement le mil, le sorgho, et le
niébé. Il faut rappeler que les producteurs utilisent :
- des variétés précoces ayant un cycle de
végétation de trois(3) à quatre(4) mois, comme le mil
précoce ou "guero" et le sorgho précoce ou "malley" rarement
utilisé ;
- et des variétés tardives dont le cycle est de
six (6) à sept (7) mois. C'est le cas de mil tardif
ou "maïwa", du sorgho tardif comme "el kokoba", "farafara"
et "maloka" et du niébé également.
Cette association des espèces dont le cycle de
végétation diffère impose un itinéraire technique
bien particulier. Ainsi, le semis de mil précoce et le sorgho tardif se
fait simultanément et sur la même parcelle avec le mil plus dense
que le sorgho. Un mois après, le semis de niébé intervient
(début Août), alors que le premier sarclage (ou sabra ou bien
jiddacourssou quand c'est un semis sur billon) a d'ores et déjà
été effectué. Le deuxième sarclage intervient quand
le niébé est à la ramification, alors que le mil
précoce est à la maturité. Et c'est à cette
période que débute la chasse aux oiseaux qui s'attaquent à
ce mil. Le troisième sarclage ou sassariya intervient après la
récolte du mil précoce. Ce sarclage consiste à retourner
les tiges du mil précoce qui sont coupées en vue
d'améliorer la fertilité du champ et l'aération pour les
autres cultures associées non récoltées.
Après la récolte du sorgho, le
niébé tardif à la maturation souffrent
énormément des attaques des insectes; c'est pourquoi, il faut
nécessairement traiter pour produire du niébé. Il faut
noter que le maïwa et le sorgho ne souffrent pas des attaques des oiseaux.
Selon les producteurs, les graines de ces céréales leur
provoquent des maladies comme la diarrhée.
la gestion de la fertilité
La pratique de la jachère relève de l'histoire
dans le terroir de Bana. L'abandon de cette pratique s'explique par la pression
démographique, l'éclatement des familles et par voie de
conséquence l'insuffisance d'espace agricole. Conscients du
problème de pauvreté des sols, les producteurs utilisent quelques
pratiques pour y remédier. Il s'agit entre autre de l'apport du fumier
organique, du parcage des animaux et des engrais minéraux.
La rotation des cultures n'est plus respectée depuis
que la culture cotonnière a été abandonnée. En
effet, cette dernière étant trop exigeante en intrant comme
l'engrais et le pesticide, les producteurs tenaient compte de la
fertilité des parcelles où elle a été
exploitée pour l'intégrer dans la gestion de leur système.
Néanmoins, on note une succession non régulière des
cultures imposée par la pauvreté des sols.
Les producteurs du terroir de Zabon Mousso utilisent quant
à eux plusieurs pratiques en vue d'améliorer ou de conserver la
fertilité de leur champ à un niveau acceptable. Il s'agit entre
autre de :
- la rotation des cultures (souchet - mil associé -
arachide - souchet);
- l'apport du fumier, de compost et des débris
ménagers ;
- l'apport des glumes et glumelles ;
- la restitution à travers les résidus des
cultures ;
- le parcage des animaux moyennant quelques mesures de mil.
Pour l'ensemble des pratiques utilisées, deux sont
jugées très intéressantes par les producteurs et sont
aussi bien maîtrisées dans le terroir : il s'agit de la rotation
des cultures et de l'utilisation de compost.
· La rotation des cultures
L'ensemble des producteurs enquêtés affirment
qu'ils connaissent bien l'importance de la pratique et qu'ils l'utilisent. La
culture de souchet joue un rôle très déterminant dans le
fonctionnement du système de cette pratique, à cause de sa
consommation très importante en engrais (400 kg de NPK par hectare). Ce
qui explique son emplacement en tête de rotation après cinq ans en
moyenne, avec l'arachide en troisième année et les autres
années un système d'association
mil-sorgho-niébé.
· Le compostage
La préparation du compost initiée par le PDRAA
est devenue actuellement une solution incontournable dans le terroir face aux
problèmes d'approvisionnement en engrais.
La disponibilité des différents
éléments de préparation comme les déjections
animales sèches, le purin, les débris ménagers, la cendre
et les glumes et glumelles a beaucoup facilité l'assimilation de cette
technique. Le melange est constitué près de l'enclos des animaux
ou aux alentours des concessions et dure presque dix mois (de juin à
mars). Le transport au champ intervient après une décomposition
favorisée par l'eau de pluies.
la commercialisation
En fin de campagne à Bana, on note une
commercialisation des produits agricoles surtout du niébé dont la
conservation cause énormément des difficultés. Ces
produits sont soit vendus aux spéculateurs pour des petites
quantités, soit vendus aux grossistes à Gaya (30 km) ou à
Kamba ( au Nigeria) à 30 km de village de Bana.
Cette commercialisation se traduit dans le terroir de Zabon
Mousso par une forte mobilisation des intermédiaires locaux (ou dan
katcharé) qui prennent de l'argent auprès des grossistes pour
payer les produits agricoles (le plus souvent par mesure) dans le village. Les
produits vendus à des prix très dérisoires reviennent
très chers aux villageois quelques mois après. L'évolution
du prix des produits de récolte est donnée par le tableau
ci-après.
Impact de la variabilité climatique sur les
systèmes de production à Bana (GAYA) et à Zabon Mousso
(AGUIE) Tableau 15: Evolution du prix des
produits de récolte (2002-2003)
Produit par sac de 100 kg Prix selon la période (francs
CFA)
Récolte Soudure
z.mousso Bana z.mousso Bana
Mil
|
7
|
000-8
|
000
|
8000
|
17
|
000-20
|
000
|
15000
|
Sorgho
|
6
|
000-7
|
000
|
7000
|
12
|
000-17
|
000
|
15000
|
Niébé
|
8
|
000-10 000
|
10000-15000
|
20
|
000-25
|
000
|
30000
|
|
Quelques contraintes et solutions au fonctionnement des
systèmes de culture
Les producteurs de ces deux zones ont
énuméré un certain nombre des contraintes et des solutions
au bon fonctionnement des systèmes.
Tableau 16: Quelques contraintes
et solutions proposées par les producteurs
Contraintes Solutions
· Pression démographique et · Recours
à l'intensification
surexploitation
· Pauvreté des sols et manque de jachère
· Apport du fumier, Parcage et plusieurs pratiques
d'amélioration de fertilité (rotation, compostage, ...)
· Ennemis des cultures (chenilles, insectes, oiseaux,
striga)
· Rareté et coût élevé des
engrais et des pesticides
· Associations culturales, surveillance des champs
contre les oiseaux, utilisation des pesticides et utilisation de la
fumée de poison contre les insectes
· Approvisionnement et réduction du coût
d'engrais et de pesticide
· Manque d'encadrement · Appel aux projets pour
information et formation des organisations paysannes
· Variabilité inter- annuelle des ·
utilisation des variétés précoces
précipitations · cultures de décrue
· Insuffisance des matériels agricoles ·
Crédits agricoles
· Manque des moyens financiers pour
l'embouche
· Vente des terres agricoles
· Conflits agriculteurs- éleveurs ·
Renforcement des Commissions foncières
III . 2 Typologie des exploitations agricoles
Des corrélations entre les productions et les facteurs de
production ont été établies afin d'aboutir à un
regroupement des exploitations agricoles de chaque terroir.
III . 2 . 1 . Corrélations pour variables
appariées
Le tableau 17 donne les corrélations de
différentes productions entre elles d'une part et entre les productions
et les différents facteurs de productions d'autre part. Ces
corrélations sont hautement significatives (**) entre les productions du
mil (prodm), du sorgho (prods) et du niébé (prodn). Ce qui veut
dire que le niveau de la production d'une culture dans une exploitation va de
paire avec celle des autres cultures. On note également des très
fortes corrélations (**) des variables comme l'utilisation d'engrais
(Engr), la superficie totale (Sup.to.) et l'utilisation des pesticides (Pest.)
sur l'ensemble de productions . Ces corrélations sont aussi
respectivement significatives (*), non significatives, non significatives et
négatives entre les trois productions et la fumure organique,
l'unité d'attelage et la main d'oeuvre salariée.
Tableau 17 : Corrélations
pour variables appariées (terroir de Bana)
|
Pro.m
|
Pro.s
|
Pro.n
|
Engr.
|
Sup.to.
|
Tra.sal Pest.
|
Ua.
|
Fum.org
|
Pro.m
|
1.000
|
0.747**
|
0.871**
|
0.877**
|
0.822**
|
-0.078
|
0.879**
|
0.072
|
0.673*
|
Pro.s
|
0.747**
|
1.000
|
0.804**
|
0.802**
|
0.876**
|
-0.175
|
0.751**
|
0.363
|
0.604*
|
Pro.n
|
0.871**
|
0.804**
|
1.000
|
0.942**
|
0.902**
|
-0.109
|
0.965**
|
0.018
|
0.522*
|
|
** : hautement significatif * : significatif.
Comme pour le terroir de Bana, les productions de l'ensemble
de ces trois cultures de Zabon Mousso sont fortement corrélées
(**) entre elles (tableau 18). Pour l'ensemble des variables utilisées,
seule la superficie prend des corrélations hautement significatives avec
les productions. Cependant l'engrais, le pesticide et la fumure organique
donnent des faibles corrélations. Ce qui confirme la faible utilisation
de ces facteurs dans les systèmes de culture comme l'on
révélé les enquêtes. En effet la production agricole
dans ce terroir est plutôt dépendante donc de la superficie et
surtout des multiples pratiques de gestion de la fertilité (rotation des
cultures, apport de compost, apport de glumes et glumelles, etc.) qui ne sont
malheureusement pas quantifiées dans cette étude.
Tableau 18 : corrélations
pour variables appariées (terroir de z. mousso)
|
Pro.m
|
Pro.s
|
Pro.n
|
Engr.
|
Sup.to.
|
Trail
|
Pest.
|
Ua.
|
Fum.org
|
Pro.m
|
1.000
|
0.775**
|
0.816**
|
0.598*
|
0.891**
|
0.057
|
0.679*
|
0.095
|
0.462
|
Pro.s
|
0.775**
|
1.000
|
0.803**
|
0.428
|
0.748**
|
0.089
|
0.631*
|
-0.013
|
0.391
|
Pro.n
|
0.816**
|
0.803**
|
1.000
|
0.343
|
0.822**
|
0.089
|
0.516*
|
-0.182
|
0.237
|
|
Les moyennes et les écart types de productions et de
la superficie totale de deux terroirs sont consignés dans le tableau 19.
L'écart type de l'ensemble des variables utilisées à ce
niveau est très élevé. Ce qui présage l'existence
d'une forte variabilité entre les exploitations d'un terroir d'une part
et entre les exploitations par zone agroécologique d'autre part.
Tableau 19 : Moyenne et
écart-type des productions par exploitation de deux terroirs
|
|
Moyenne
|
Ecart-type
|
|
|
Bana
|
Z. Mousso
|
Bana
|
Z. Mousso
|
Prodm (kg)
|
174
|
94
|
162.2
|
73.13
|
Prods (kg)
|
83
|
22
|
117.9
|
16.78
|
Prodn (kg)
|
53
|
18
|
83.30
|
18.84
|
Sup.to (ha)
|
0.41
|
0.21
|
0.62
|
0.13
|
|
Afin de mieux analyser la pertinence de l'utilisation des ces
différents facteurs (engrais, pesticides, fumier), la production de
chaque culture et de chaque terroir a été ramenée à
l'unité de surface. Ainsi le rendement moyen par culture et par terroir
fait également ressortir la même variabilité entre les deux
zones agro-écologiques (tableau 20).
Tableau 20 : rendement moyen des
cultures
Cultures Rendement moyen (kg/ha)
Bana Z. Mousso
Mil 425 448
Sorgho 203 105
Niébé 129 86
Les résultats obtenus sur les systèmes de
culture mettent en évidence une forte diversité. On note une
grande variabilité dans leur conduite. Les producteurs d'une
manière générale n'ont pas accès aux mêmes
ressources productives; ils ne pratiquent pas tous les mêmes rotations
(dans la zone d'Aguié), ils n'utilisent pas tous les mêmes doses
d'engrais (chez les producteurs qui en utilisent), ils n'obtiennent pas tous
les mêmes rendements par voie de conséquence. Les rendements
moyens du niébé et du sorgho à Bana sont nettement
supérieurs à ceux du terroir de Zabon Mousso (129 kg/ha et 203
kg/ha contre 86 kg/ha et 105 kg/ha respectivement). Cela s'explique non
seulement par la nature du sol, mais aussi et surtout par les conditions
climatiques qui sont contraignantes dans la zone d'Aguié.
Par contre le rendement moyen du mil à Zabon Mousso
(448 kg/ha) est légèrement supérieur à celui du
terroir de Bana (425 kg/ha). Cela est la preuve du degré de
tolérance climatique de cette espèce, comme nous l'avons
souligné plus haut, mais surtout de l'effet des diverses pratiques
d'amélioration de la fertilité dans la zone.
Eu égard à cette variabilité intra et
inter - zones agro-écologiques, l'on ne pouvait étudier le
fonctionnement de ces exploitations de façon homogène
puisqu'elles présentent des disparités. C'est pourquoi, une
typologie des exploitations de chaque terroir a été
dressée afin d'aboutir à des classes assez homogènes.
III . 2 . 2 Définition des axes
Ainsi à l'issu de ces corrélations, trois axes
explicatifs ont été définis:
- l'axe 1 pour la production du mil (prodm), cet axe donne des
informations sur le niveau de production du mil d'une exploitation;
- l'axe 2 pour la production du niébé (prodn),
c'est l'axe qui informe sur le niveau de production du niébé;
- l'axe 3 pour la production du sorgho (prods).
Le diagramme de dispersion obtenu nous donne une
représentation tridimensionnelle formée par l'ensemble de ces
trois axes (prodm, prodn, prods). Ce plan, au delà du niveau de
production, (le degré de signification des corrélations le
permet) donne également des informations sur le niveau d'utilisation des
différents facteurs de production d'une exploitation.
III . 2 . 3 Regroupement des exploitations
Selon la dispersion des échantillons sur le plan
explicatif ou plan factoriel de ce diagramme, les exploitations se regroupent
en trois ou quatre classes selon que l'on soit à Bana ou à Zabon
Mousso (figures 10 et 11). Ce regroupement permet d'apprécier les
performances économiques par type d'exploitation. Ainsi, pour une
description de la situation économique de ces différents types
d'exploitation, un tableau a été dressé pour chaque
terroir pour l'estimation des résultats moyens des cultures ( Tableaux
21 et 22).
III . 2 . 3 . 1 Terroir de Bana
? les exploitations du type 1
Elles représentent 26.67% des exploitations du
terroir.
Elles sont de faible production agricole (leur production est
en deçà de la moyenne par terroir), mais un rendement à
l'hectare intéressant pour les céréales (478 kg/ha pour le
mil et 319 kg/ha pour le sorgho). Elles sont caractérisées par
une faible assise foncière avec des petites superficies (6 hectares) par
rapport à la moyenne par terroir et une utilisation très faible
voire même inexistante d'engrais et de pesticides. Il s'agit des
exploitations où la force de travail familiale est largement suffisante
pour couvrir le besoin en travail de l'exploitation.
? les exploitations du type 2
Elles représentent aussi 26.67% des exploitations du
terroir.
Elles sont de production agricole acceptable par rapport aux
exploitations du premier type. Elles enregistrent un très bon rendement
en mil (670 kg/ha) et un rendement moyen en niébé (104
kg/ha). Ces exploitations sont caractérisées
par une utilisation moyenne d'engrais (11125 francs CFA) et de pesticides
(13125 francs CFA) soit l'équivalent d'un sac de 50 kg d'engrais et de
quatre (4) litres de pesticides. Elles apportent également du fumier au
champ avec le moyen de transport dont elle dispose.
Leur superficie (6.7 hectares) est suffisante pour un rendement
relativement bon, mais la pluviométrie et leur niveau d'utilisation
d'intrants déterminent beaucoup leur production.
6
les exploitations du type 3
Elles représentent 46.66% des exploitations du terroir de
Bana.
Elles sont de forte production agricole puisque les
productions de toutes les trois cultures sont supérieures aux moyennes
par terroir. En effet, leur production moyenne par exploitation est de 470.7 kg
pour le mil, 274 kg pour le sorgho et 208 kg pour le niébé. Elles
ont également une très bonne assise foncière (18.8
hectares). Elles ont un bon rendement à l'hectare pour le sorgho (203
kg/ha) et le niébé (154 kg/ha), mais faible pour le mil (349
kg/ha).
Il faut dire que leur production est toujours
excédentaire même en cas de faible pluviométrie
puisqu'elles disposent suffisamment des terres. Mise à part leur assise
foncière, ces exploitations disposent d'au moins une unité
d'attelage par exploitation. Elles apportent suffisamment du fumier au champ et
font le parcage pendant la saison sèche quand les animaux reviennent du
nord moyennant quelques mesures de céréales lorsque les animaux
ne sont pas la propriété de l'exploitation.
Ces exploitations dépensent 46896 francs pour
l'engrais et 45000 francs pour les pesticides. Ces valeurs correspondent
à l'équivalent de 200 kg d'engrais et de treize (13) litres de
pesticides. Et c'est surtout cette utilisation de pesticides qui leur permet
d'asseoir leur production en niébé. Leur force de travail
familial est souvent insuffisante pour couvrir le besoin en travail de
l'exploitation.



III . 2 . 3 . 2 Terroir de Zabon Mousso
? les exploitations du type 1
Ces exploitations représentent 26.67% du terroir de Z.
Mousso.
Elles sont caractérisées par une très
faible production agricole comparativement à la moyenne par terroir et
un rendement à l'hectare très faible également (310 kg/ha,
98 kg/ha et 35 kg/ha respectivement pour le mil, le sorgho et le
niébé). Elles n'utilisent quasiment pas du tout des engrais et
des pesticides.
Les exploitations de ce type représentent pour
l'essentiel des familles nucléaires dont la force de travail du seul
chef d'exploitation suffit pour travailler leur lopin de terre.
? les exploitations de type 2
Ce type d'exploitation est majoritaire dans le terroir (40%).
Les productions moyennes par exploitation de mil, de sorgho et de
niébé donnent respectivement 171.8 kg, 47.6 kg et 35.6 kg. Ces
valeurs sont légèrement au dessus des productions moyennes du
terroir (tableau 19). L'utilisation d'engrais ( 58 kg) est relativement
insuffisante et est compensée par un transport de fumier sur les
animaux. La force de travail est essentiellement familiale. Elles ont une
faible assise foncière (4.4 hectares) et enregistrent des rendements
relativement moyens pour l'ensemble des cultures (468.5 kg/ha, 130 kg/ha et 97
kg/ha respectivement pour le mil, le sorgho et le niébé).
? les exploitations du type 3
Elles représentent 20% du terroir .
Les productions moyennes par exploitation de mil (508 kg) et
de sorgho (116 kg) dépassent aussi les productions moyennes du terroir.
Il en est de même pour le rendement de ces cultures (516 kg/ha pour le
mil et 118 kg/ha pour le niébé). Elles disposent de 5.91 hectares
de surface cultivable et disposent quelques fois d'unité d'attelage.
Elles dépensent 35833 francs pour l'utilisation d'engrais
soit 180 kg. Cette utilisation d'engrais est renforcée un apport de
fumier et de compost.
? les exploitations du type 4
Ces exploitations représentent 13.33% du terroir.
Les productions moyennes par exploitation de mil, de sorgho et
de niébé sont largement supérieures aux moyennes du
terroir. Elles sont respectivement de 1886.75 kg, 413.7 kg et de 405.6
kg. Elles ont une très bonne assise foncière
(14.75 hectares). Ces exploitations consomment près de dix (10) sacs de
50 kg d'engrais soit 95000 francs CFA.
Ces exploitations utilisent également la main d'oeuvre
salariée pour compléter la force de travail familial.
Elles disposent d'unité d'attelage, et apportent
suffisamment de fumier et du compost au champ. Il s'agit des exploitations
excédentaires et dont les revenus leur permettent d'acheter des terres
agricoles.
III . 2 . 4 L'analyse des performances
économiques des exploitations
Dans le terroir de Bana, bien que les types d'exploitation
soient différents du point de vue des performances économiques,
il n'existe pratiquement pas des différences importantes sur le revenu
net de l'exploitation à l'hectare (Tableau 21). Ceci s'explique par les
différences de rendement selon la culture et selon le type
d'exploitation. Ainsi, les revenus nets à l'hectare sont surtout
liés au rendement de niébé (154 kg/ha) au niveau des
exploitations du type 1, au très bon rendement de mil (670 kg/ha) chez
les exploitations du type 2 et aux bons rendements de mil (478 kg/ha) et de
sorgho (319 kg/ha) chez les exploitations du type 1. Ce dernier type
d'exploitation a moins de 20 kg de niébé à l'hectare
compte tenu de sa faible capacité d'investissement pour les
pesticides.
De ce fait, au vu des investissements faits (coûts
directs et indirects) et des valeurs de la production à l'hectare,
l'exploitation du type 2 (ET2) semble économiquement la plus performante
dans le terroir de Bana (Annexe 2).
Par contre dans le terroir de Zabon Mousso, un seul type
d'exploitation (ET4) enregistre un revenu de 104170 francs à l'hectare,
malheureusement il ne représente que 13% du terroir. Les autres types
d'exploitation ont des revenus faibles par rapport à celles du terroir
de Bana. Le type d'exploitation le plus important du terroir ( ET2, 40%) n'a
qu'un revenu net à l'hectare de moins de 10000 francs.
Aussi, faudrait-il rappeler que les scénarii des
changements climatiques développés dans l'approche biophysique
pour estimer les baisses de rendement de mil, de sorgho et de
niébé ont conclu à une décroissance de la
disponibilité en eau et à une réduction
générale des rendements de ces cultures dans la zone
d'Aguié.
A cet égard, les producteurs dont déjà
les ressources financières sont limitées, et dont les
systèmes d'exploitation ont peu d'opportunités technologiques
adaptatives disponibles pour limiter ou inverser un changement
néfaste du climat, peuvent subir des perturbations importantes et une
perte
financière pour des modifications relativement petites
de rendement et de la productivité de ces cultures.
Tableau 21 : Résultats
moyens des cultures pour les trois types d'exploitation
Type d'exploitation
|
|
ET1
|
|
|
ET2
|
|
|
ET3
|
|
Culture
|
Mil
|
Sorgho
|
Niébé
|
Mil
|
Sorgho
|
Niébé
|
Mil
|
Sorgho
|
Niébé
|
Production par culture (kg)
|
3020.31
|
2015.6
|
125
|
4493.7
|
656.25
|
700
|
6590.2
|
3837.5
|
2914.29
|
Prix du Kg de produit (CFA)
|
150
|
150
|
300
|
150
|
150
|
300
|
150
|
150
|
300
|
Valeur de laproduction/culture (CFA)
|
453047
|
302344
|
37500
|
674054
|
98438
|
210000
|
988527
|
575625
|
874286
|
Valeur de la production à l'hectare (CFA)
|
71770
|
47896
|
5941
|
100605
|
14692
|
31343
|
52422
|
30526
|
46364
|
Valeur de la production de l'exploitation (CFA)
|
|
792888
|
|
|
982488
|
|
|
2438436
|
|
Coûts directs (CFA)
|
|
61572
|
|
|
58797
|
|
|
135850
|
|
Revenu brut de l'exploitation (CFA)
|
|
731316
|
|
|
923691
|
|
|
2302586
|
|
Coûts indirects (CFA)
|
|
147940
|
|
|
289312
|
|
|
479400
|
|
Revenu net de l'exploitation (CFA)
|
|
583376
|
|
|
634379
|
|
|
1823186
|
|
Superficie totale (ha)
|
|
6.3 125
|
|
|
6.7
|
|
|
18.857
|
|
Revenu net de l'exploitation à l'hectare (CFA)
|
|
92416
|
|
|
94683
|
|
|
96685
|
|
|
Tableau 22 : Résultats
moyens des cultures pour les quatre types d'exploitation
Type d'exploitation
|
|
ET1
|
|
|
ET2
|
|
|
ET3
|
|
|
ET4
|
|
Culture
|
Mil
|
Sorgho
|
Niébé
|
Mil
|
Sorgho
|
Niébé
|
Mil
|
Sorgho
|
Niébé
|
Mil
|
Sorgho
|
Niébé
|
Production par culture (kg)
|
1252.12
|
397.25
|
142
|
2061.42
|
571.5
|
427.5
|
3048.5
|
429
|
697.5
|
7547
|
1654.75
|
1622.5
|
Prix du Kg de produit (CFA)
|
150
|
150
|
250
|
150
|
150
|
250
|
150
|
150
|
250
|
150
|
150
|
250
|
Valeur de la production/culture (CFA)
|
187818
|
59587.5
|
35500
|
309150
|
85725
|
106875
|
457275
|
64350
|
174375
|
1132050
|
248210
|
405625
|
Valeur de la production à l'hectare (CFA)
|
46490
|
14749
|
8787
|
70261
|
19483
|
24290
|
77370
|
10880
|
29505
|
76750
|
16830
|
27500
|
valeur de la production de l'exploitation(CFA)
|
|
282905
|
|
|
501750
|
|
|
696000
|
|
|
1785885
|
|
coûts directs (CFA)
|
|
16305
|
|
|
30240
|
|
|
53375
|
|
|
135900
|
|
Revenu brut de l'exploitation (CFA)
|
|
266600
|
|
|
471510
|
|
|
642625
|
|
|
1649985
|
|
coûts indirects (CFA)
|
|
180560
|
|
|
438240
|
|
|
248625
|
|
|
113440
|
|
Revenu net de l'exploitation(CFA)
|
|
86040
|
|
|
32270
|
|
|
394000
|
|
|
1536550
|
|
Superficie totale (ha)
|
|
4.04
|
|
|
4.4
|
|
|
5.91
|
|
|
14.75
|
|
Revenu net de l'exploitation à l'hectare (CFA)
|
|
21297
|
|
|
7335
|
|
|
66660
|
|
|
104170
|
|
|
Conclusion partielle
La zone d'Aguié dans son ensemble se trouve sur un bas
plateau recouvert par un manteau sableux à épaisseur variable et
formant un système dunaire plus ou moins aplati, fixé par une
végétation steppique (Raynaud, 2001 cité par lamine
2002).
Ces conditions du milieu seulement favorables au
système agricole pluvial, limitent les populations de cette zone dans
les activités agricoles. En effet, les améliorations sont les
moins spectaculaires pour ce système agricole du fait du bas prix des
produits agricoles qui ne permettent pas d'acheter des intrants. La
productivité reste alors faible. Cette agriculture, pour l'instant se
pratique d'une manière extensive sur des sols généralement
pauvres. Elle est très dépendante des précipitations. Dans
ces conditions, un paysan qui ne dispose que des terres sèches ne peut
espérer qu'une seule récolte par an puisque les
précipitations dans le Sahel se concentrent généralement
sur une période unique de quatre à cinq mois.
En revanche s'il peut également cultiver une zone
humide (ou une plaine d'inondation) comme c'est le cas à Gaya, la
disponibilité en terre, le risque d'échec et le problème
de sécurité alimentaire peuvent être étalés
sur une période plus longue.
Ceci est un des avantages de cette zone du dallol où
les populations locales tirent profit de la montée et de la descente du
plan d'eau dans les plaines d'inondation. les cultures pratiquées
concernent généralement la canne à sucre, le manioc, la
patate douce, le maïs, le riz, etc.
Ces cultures, même si elles sont exigeantes en travail
surtout, génèrent énormément des revenus et de ce
fait, complètent le déficit céréalier des
exploitations. Il faut aussi dire que ces cultures de décrue ne sont pas
exigeantes en ce qui concerne les consommations intermédiaires puisque
la fertilité se renouvelle grâce aux apports des inondations et
par conséquent, entraîne des faibles coûts de production.
Les techniques employées sont à la fois simples et connues des
populations locales. Les coûts d'investissement sont faibles.
Néanmoins, il s'opère une spéculation dans le terroir
pendant la période de récolte qui ne permet pas aux producteurs
de tirer le profit escompté.
III . 3 Adaptation des systèmes productifs agricoles
à la
variabilité climatique
Face aux multiples constats que font les producteurs sur la
variabilité climatique, des stratégies sont
développées afin de s'y adapter. Cependant, il existe un certain
nombre des contraintes qui freinent le bon développement de ces
stratégies.
III . 3 . 1 Les constats sur la variabilité
climatique
Il s'agit des constats faits par les producteurs sur certains
événements récents ou lointains qui les ont marqués
et dont la cause est attribuée aux longs changements des
températures ou des précipitations moyennes ou même de
certaines variations climatiques telles que le retard de l'installation de la
saison des pluies ou une fin précoce de celle-ci et des
dégâts causés par les inondations. Ces constats,
résumés dans le tableau 23 concernent leurs champs sur lesquels
ils ont travaillé des années durant.
Tableau 23 : Constats des
producteurs sur la variabilité climatique
Zabon Mousso Bana
|
· la fonte de semis et la pourriture des grains
semés ;
· la lenteur de croissance des cultures qui finissent par
se fragiliser ;
· les brûlures, les jaunissement et le nanisme sur
les cultures ;
· la réduction du nombre de tallage et la production
des épis stériles ;
· le fanage des feuilles du niébé à
la ramification et de la fonte des ses fleurs ;
· la germination et la pourriture des grains des
épis en fin de campagne.
|
· la fonte des semis et la pourriture des grains
semés ;
· la multiplication des ennemis des cultures tels que le
striga, les insectes ;
· la fin précoce des précipitations qui
entraîne la production des épis mal développés ;
· des inondations qui envahissent les bas- fonds
où se cultivent la canne à sucre, le manioc, la patate douce et
le riz ;
· la disparition des certaines espèces
végétales et animales.
|
|
|
|
La majorité des producteurs de terroir de Bana
affirment que ces deux dernières années on assiste quand
même à une amélioration du point de vue conditions
climatiques contrairement aux années passées où ils ont
connu des répétitions de poches de sécheresse, soit en
début, au milieu ou en fin de campagne.
En ce qui concerne les changements de temps, les habitants de
cette zone affirment que dans le passé, "après une pluie,
persiste un froid excessif ", mais que de nos jours, "après une pluie,
il est même possible de dormir dehors". Ce constat exprime une certaine
augmentation des températures moyennes durant les dernières
décennies. Et cette augmentation est d'autant plus importante que
même après la pluie, les températures ne descendent pas
à des très faibles valeurs.
Les mêmes producteurs disaient, qu'ils se rappellent
encore quand ils étaient jeunes, "deux à trois grains suffisent
pour semer un poquet" mais que aujourd'hui, "il faut plus de sept grains pour
semer un poquet". Ils expliquent que la moitié de grains semés
pourrit à cause de la chaleur.
En ce qui concerne les ennemis des cultures, ils disent que
dans le passé, "ils n'ont pas besoins de pesticides pour garantir une
bonne production" mais qu'aujourd'hui "sans pesticide, on ne peut pas produire
du niébé". Et ils attribuent la multiplication des ennemis des
cultures (Striga et Insectes) en partie à l'augmentation de la chaleur
donc des températures.
III . 3 . 2 Les stratégies
d'adaptation
Les stratégies concernent non seulement les actions
menées pour faire face aux effets de temps en terme de fluctuations de
température, de précipitations et de vent dans les saisons et
entre les saisons, mais également aux différents ajustements que
font les producteurs sur leurs champs pour pallier à ces changements.
Ainsi, ils ont retenu :
- le remplacement des variétés
traditionnellement cultivées par des variétés à
cycle court. Il faut dire qu'à Gaya, excepté le mil
précoce "Guero", les producteurs s'intéressent très peu
aux variétés précoces puisque la pluviométrie ne
limite pas encore l'utilisation des variétés tardives. Mais dans
la zone d'Aguié, on note une plus grande importance accordée aux
variétés précoces;
- l'abandon d'un certain nombre des cultures plus exigeantes
en eau comme le maïs dans la zone d'Aguié et la pratique des
cultures de contre saison dans la zone de Gaya comme la canne à sucre,
la patate, le maïs, le riz, etc;
- le semis dès la première pluie dans le souci
de profiter au mieux des premières pluies utiles et le labour
précoce pour que l'humidité que conservent les mottes puissent
profiter aux jeunes plants en cas de sécheresse;
- divers types d'association culturale ainsi que l'entretien
des champs avec des pratiques comme le paillage, l'apport des glumes et
glumelles dans la zone d'Aguié et la réalisation des "tassa" avec
apport des glumes et glumelles à Gaya;
- défrichement amélioré comme technique
de régénération naturelle initiée par le PDRAA
à Aguié;
- les travaux de CES/DRS avec le projet PADEL à Gaya;
- l'entretien des arbres et le reboisement par des
espèces comme Acacia senegal, Prosopis sp, ,
Andropogon gayanus Hyphaene thebaïka, Acacia albida,
Azaridachta indica, Borassis aethiopum, Adansonia digitata
dans les champs afin de protéger les cultures contre les effets de
vent (soulèvement de sable, forte vitesse...)
- les manifestations rituelles qui se pratiquent en cas de
sécheresses en vue de faire tomber la pluie.
III . 3 . 3 les contraintes principales à
l'adoption des stratégies nécessaires
La principale contrainte à l'adoption des
stratégies face à la variabilité climatique est la
pluviométrie à travers son irrégularité et son
retard dans la zone de Gaya et par son insuffisance et sa forte
variabilité spatio-temporelle dans la zone d'Aguié.
Les producteurs de l'ensemble de deux zones ont
souligné que la pauvreté de personnes est également une
contrainte importante à l'adoption des stratégies
nécessaires. Celle-ci est imputable aux faibles revenus des
exploitations qui ne permet pas de faire des ajustements nécessaires.
Il y a également l'exploitation non
contrôlée des régénérations d'espèces
végétales surtout par les femmes dans la zone d'Aguié,
l'insuffisance d'encadrement et la non continuité des travaux
initiés par les projets puisque les comités de gestion n'arrivent
toujours pas à être à la hauteur de cette tâche.
Enfin, il faut noter la dégradation des terres agricoles
et l'insuffisance des variétés précoces.
Conclusion partielle
Nos enquêtes ont révélé des
stratégies et/ou des pratiques paysannes d'adaptation face aux risques
climatiques entrant dans la logique de ne pas dépendre d'une seule
activité agricole, lorsque les résultats de celle-ci sont
aléatoires en raison des facteurs que l'on ne maîtrise pas.
Dans le terroir de Bana, les producteurs se focalisent
beaucoup plus sur les cultures de décrue puisque les conditions du
milieu les permettent. Dans ce terroir, malgré l'intervention des
projets de développement (PAIGLR, PADEL), il est facile de constater que
les producteurs ne développent pas suffisamment des stratégies
spécifiques pour l'adaptation aux aléas climatiques.
Par ailleurs, il faut dire que, même en cas d'une
mauvaise campagne pluviométrique cette zone arrive quand même
à enregistrer un cumul pluviométrique permettant aux
variétés hâtives cultivées de boucler leur cycle.
Aussi, Gaya est l'une des zones du Niger où les
écosystèmes ne sont pas suffisamment dégradés.
Par contre dans le terroir de Zabon Mousso, des aléas
comme le retard des pluies qui intervient tous les trois à cinq ans
selon les paysans; les poches de sécheresse qui interviennent tous les
deux ans sur cinq et les vents (en début, au milieu et en fin de
campagne), ont amené les producteurs à adapter des
stratégies en vue de minimiser les risques. Au titre de celles-ci, entre
autres le semis à sec, l'utilisation des variétés
précoces, le paillage et la protection de la
régénération naturelle. Ces pratiques concourent à
réduire les risques encourus au cours d'une campagne et même
à améliorer le rendement. Ce qui explique en partie le rendement
moyen de mil à l'hectare obtenu dans ce terroir qui est
légèrement supérieur à celui de terroir de Bana.
Parlant donc des stratégies d'adaptation aux changements climatiques
Darwin et al. ( FAO, 1997) soulignent dans ses propos qu'en
considérant seulement l'ajustement au niveau de l'exploitation agricole,
(sans modification du prix et sans expansion de la production agricole sur des
nouvelles superficies), les agriculteurs pourraient compenser entre 70 et 120%
des pertes initiales.
Conclusion générale et Suggestions
Il serait prétentieux pour nous de pouvoir
déterminer tous les impacts de la variabilité climatique sur
l'agriculture. Mais l'étude nous a permis de mettre en évidence
un certain nombre de caractéristiques liées aux systèmes
productifs agricoles de ces deux zones agroécologiques dont les
différences concernent presque tous les facteurs du milieu.
La zone de Gaya la plus arrosée du pays n'a jamais
enregistré un cumul pluviométrique annuel en dessous de 500 mm
durant les deux dernières décennies. Ce qui satisfait le besoin
hydrique de la majorité des espèces végétales
utilisées en culture pluviale. C'est pourquoi, en plus des
variétés hâtives, les producteurs continuent à
utiliser leurs variétés productives tardives localement
adaptées.
La zone d'Aguié enregistre également une
pluviométrie relativement importante par rapport au reste du pays. Mais
la forte variabilité spatio-temporelle de précipitations et la
pauvreté des sols ont amené les producteurs de la zone à
développer avec l'appui de certains projets de développement, des
expertises sur leurs systèmes de production en vue de s'adapter aux
conditions nouvelles. C'est pourquoi, l'on constate une utilisation de plus en
plus importante des variétés précoces au profit de celles
locales tardives.
Eu égard à la prédiction climatique
à l'horizon 2025, aucune baisse de rendement n'est prévue pour
les céréales dans la zone de Gaya. Et pourtant, outre la
problématique de pauvreté de sols et de dégradation de
conditions climatiques qui sont des réalités comme l'ont
révélées nos enquêtes, on sait aujourd'hui que le
glissement des zones climatiques vers le sud est aussi une
réalité au Sahel (Daddy, 1995).
Par contre une réduction de rendement est prévue
pour toutes les cultures dans la zone d'Aguié. Dans cette zone, les
exploitations à forte production agricole sont peu nombreuses. Cette
situation, accentuée par le manque d'activités agricoles pendant
la saison sèche entraîne la grande majorité de la
population dans une paupérisation sans précédent.
Tout ceci fait que les producteurs cèdent devant les
tentations des spéculations des produits agricoles et la vente des
terres agricoles dans une zone déjà densément
peuplée.
Toutefois, les systèmes de production dans nos
conditions dépendent totalement des conditions
météorologiques et climatiques. Malgré de nombreux travaux
sur ces questions, il y a une incertitude considérable à propos
de l'impact potentiel de la variabilité climatique sur les modes
d'exploitation agricole. C'est ainsi qu'aujourd'hui, comme les ont
soulignés beaucoup des travaux ( FAO, 1997), on connaît mal
comment, quand, où et avec quelle ampleur se produira les Changements
Climatiques.
L'insuffisance de ce travail se situe non seulement à
travers l'utilisation d'un seul village par zone pour la réalisation des
enquêtes mais également à travers les modèles
utilisés pour la prédiction climatique :
- Ainsi, les échelles de temps des changements
climatiques sont d'habitude si longues du fait de la complexité et de
l'incertitude scientifique qui entoure cette question (FAO, 1997). De ce fait,
l'horizon temporel des simulations que nous avons utilisé devrait
être de plusieurs décennies (50 à 100 ans) au lieu de 25
ans, afin de parvenir à distinguer sans ambiguïté
l'efficacité des résultats du modèle;
- Aussi, les limitations dans les techniques de
modélisations spécialement à l'échelle locale
viennent aggraver cette incertitude puisque les données de sortie pour
notre région fournies par le modèle Magic/Scengen sont issues des
simulations à l'échelle régionale. Or si on tient compte
de la très grande variabilité spatiale et temporelle d'un
paramètre climatique comme la pluviométrie dans notre
région, cette résolution risquerait d'être assez
grossière.
En tout état de cause, la précision des
résultats dépendra du degré de confiance des
prédictions du climat local, mais ce n'est pas pour autant qu'on tiendra
pas compte des informations à l'échelle régionale et
même globale, ne serait ce que pour la viabilité et le
succès économique de l'agriculture chez soi.
En ce qui concerne les mesures d'adaptations, beaucoup des
stratégies soulignées seraient bénéfiques quel que
soit la variabilité climatique. Les objectifs de ces stratégies
varient considérablement entre les zones et parmi les producteurs. Les
conditions climatiques actuelles et les climats probables futurs varient aussi.
C'est pourquoi l'incertitude scientifique qui entoure la question des
changements climatiques ne sera pas levée de si tôt.
Dans tout les cas, que les scénarii d'impact des
changements climatiques se matérialisent en fin de compte ou pas, cela
dépendra de la manière avec laquelle les régimes de
précipitations se modifient et de l'ampleur de la hausse de
température et de sa distribution spatio-temporelle (Fakri et al,
1997).
En plus, que les changements climatiques aient lieu ou pas,
améliorer la faculté de reprise de la production alimentaire et
minimiser les risques contre la variabilité sont essentiels s'il faut
que l'agriculture relève les défis d'assurer la
sécurité alimentaire, de promouvoir l'emploi rural dans notre
pays et de protéger les ressources naturelles et l'environnement.
Eu égard à tout ce qui précède, nous
suggérons ce qui suit :
- des nouvelles pratiques agricoles et la réforme des
calendriers agricoles traditionnels en tenant compte du régime des
pluies et du dérèglement des saisons dus aux changements
climatiques;
- un choix de variétés cultivées
(céréales et légumineuses) à cycle court et
adaptées au sol et au climat par utilisation des semences
sélectionnées;
- une optimisation de la relation
sol-végétation-climat en développant des recherches
multidisciplinaires et une meilleure connaissance de la relation entre le bilan
hydrique du sol et l'évolution climatique;
- une amélioration du matériel
génétique permettant d'atténuer l'impact des changements
climatiques sur la production céréalière et mise au point
des nouvelles espèces;
- des systèmes d'information complets permettant aux
producteurs de connaître à l'avance les conditions climatiques
afin de pouvoir réduire les risques liés aux changements
climatiques;
- des systèmes de surveillance et d'alerte rapide;
améliorer et développer l'enseignement et la formation et
favoriser la prise de conscience au niveau du public;
- un renforcement des activités de préservation,
notamment par les systèmes de banques de gènes in situ, afin
d'éviter la perte imminente d'une part importante de l'ensemble des
ressources génétiques;
- un recensement de la diversité
génétique, au moins au niveau des espèces et si cela est
possible, au niveau des gènes, en tenant compte des
caractéristiques phénotypiques et génotypiques;
- la mise au point des nouvelles approches pour la
conservation des écosystèmes, en tenant compte des nouvelles
tendances en matière de gestion des écosystèmes, notamment
l'intégration de la conservation et du développement rural;
- "l'intensification durable" c'est à dire utiliser des
techniques respectueuses de l'environnement pour intensifier la production
agricole.
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