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Exploration d'un passé et d'une culture à  travers l'étude de ça tire sous le sahel de Frédéric Titinga Pacere (étude déconstructive)

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par K. Landry Guy Gabriel YAMEOGO
Université de Ouagadougou - DEA 2008
  

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UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU

Unité de Formation et de Recherche en Lettres, Art et Communication

Département de Lettres Modernes (DEA)

Mémoire de Sémiotique

CA TIRE SOUS LE SAHEL :

Exploration du passé et de la culture moaga

Dirigé par Présenté par

Louis MILLOGO K. Landry Guy Gabriel

Professeur YAMEOGO

Etudiant

Année académique 2006-2007

THEME :

Ca TIRE SOUS LE SAHEL :

Exploration du passé et de la culture moaga.

DEDICACE

Nous dédions ce travail à celui qui nous a donné la vie et s'est montré pleinement responsable de notre éducation.

REMERCIEMENTS

Au Professeur Louis MILLOGO qui a accepté nous assister,

à maître PACERE T. Frédéric, homme de culture, de lettres et de droit qui a bien voulu nous donner son temps précieux pour éclairer nos lanternes,

aux parents, amis, collègues et connaissances qui nous ont galvanisé,

nous exprimons à tout un chacun notre gratitude.

EPIGRAPHE

« Si la termitière vit

Qu'elle ajoute

De la terre à la terre »

Devise de Me PACERE

SOMMAIRE

Pages

INTRODUCTION .............................................................. ;....................07

PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DE LA THEORIE DE LA DECONSTRUCTION, DE L'AUTEUR ET DE SON OEUVRE...... .......................12

Chapitre I : De la déconstruction........................................................ ..........13

Chapitre II : Présentation de l'auteur et de l'oeuvre........................ ...................17

DEUXIEME PARTIE : EXPLORATION D'UN PASSE ET D'UNE CULTURE.....26

Chapitre I : Sociétés traditionnelles dénaturées..................................................27

Chapitre II : Ancrage culturel africain............................................................63

CONCLUSION ........................................................................................74

BIBLIOGRAPHIE..................... .................................................................77

INTRODUCTION

Le continent africain traverse des difficultés multiples sur les plans économique, social et politique qui le maintiennent dans un sous-développement chronique. Plus de la moitié des pays africains appartiennent au groupe des pays les moins avancés. Certaines réalités tristes aggravent davantage la crise ou la progression du sous-développement.

Au plan social, le continent se heurte à de graves problèmes d'identité, de fracture sociale, de justice et de dégradation des valeurs traditionnelles qui sont à la source de la plupart des problèmes de sous-développement.

Mais ce qui a meurtri l'Afrique au plus profond d'elle-même, c'est, sans conteste, l'impact brutal de la colonisation qui, dès le XIX siècle, a mis en présence sans aucun ménagement deux civilisations fort différentes. La civilisation européenne constituait le modèle auquel il fallait se conformer de gré ou de force, tandis que la civilisation africaine était jour après jour dévalorisée.

De nombreuses oeuvres littéraires africaines ont pour thème les mutations de la société africaine. Certains écrivains vont même jusqu'à opposer un premier état de cette société où elle vit en conformité avec ses propres règles et ses traditions en jouissant d'un équilibre et d'une harmonie remarquable, à un second état où elle est ébranlée par l'immixtion étrangère, perturbée par l'imposition d'idées et d'institutions nouvelles.

C'est dans ce sillage que s'inscrit le recueil de poèmes Ça tire sous le sahel (1976) de Me Frédéric Titinga PACERE qui pose des questions terribles sur la métamorphose des sociétés africaines. Cette métamorphose doit faire réfléchir plus d'un car elle concerne la déchéance de nos sociétés qui sont sans repères, sans valeurs.

L'oeuvre invite au sursaut car s'ouvrir au monde ne veut pas dire tourner le dos au lieu d'où on part. La nécessité d'une renaissance sociale, culturelle, politique et économique se présente à certaines sociétés africaines comme une condition sine qua non à leur épanouissement.

C'est dans cette optique que l'étude du recueil de PACERE permettra de parler d'une littérature africaine engagée qui s'efforce de dessiner la physionomie socio - culturelle des sociétés africaines et de préconiser le retour aux sources. L'intérêt de l'étude réside dans le fait qu'elle interpelle à une prise de conscience de la décadence des sociétés africaines et qu'il est temps de partir des paradigmes essentiels de nos cultures pour nous développer.

La société, nous la définissons comme étant un ensemble d'individus vivant au sein d'une unité et dont la satisfaction des besoins passe par des activités diverses et la cohésion par le respect de certaines règles qui lui sont propres. Lorsqu'il y a intégration d'éléments exogènes à son système de fonctionnement au détriment d'éléments indigènes, elle s'étiole et meurt.

Les sociétés africaines retiendront exclusivement notre attention, car il s'agit d'elles dont il est question dans notre corpus. Elles ont connu, à travers des siècles, des avatars et il est indispensable d'en parler. Une déchéance morale, psychologique et même physique l'emporte sur la grandeur morale et psychologique qui permettait de les reconnaître si nous reculons dans le temps.

C'est cette opposition binaire déroutante que nous mettrons en relief grâce à une étude déconstructive. Nous nous inspirons du philosophe français DERRIDA pour montrer que si l'on parle de déchéance des sociétés africaines, cela présuppose une grandeur d'antan. Autant nous devrions avoir conscience de l'ébranlement des sociétés traditionnelles, autant nous devrions garder en mémoire les moments radieux de ces sociétés, alors authentiques.

L'ambition de l'étude est de rechercher les présuppositions qui doivent être reconnues par le récepteur de l'énoncé. C'est la condition qui rend le message accessible et acceptable.

On appelle présupposition ce qui est inclus dans un énoncé sans être exprimé explicitement. Les présuppositions semblent non seulement rendre compte du passé d'un peuple mais aussi de l'attachement inconditionnel à ce passé qui fait la fierté du poète.

Quant au concept de « déchéance », il désigne l'incapacité des sociétés africaines à reconquérir leur liberté, leurs valeurs et leur identité après leur contact avec la culture de la civilisation occidentale. Elles ont été incapables de faire la synthèse des deux cultures et civilisations de sorte à donner naissance à de nouvelles sociétés africaines multiculturelles. Cette déchéance se traduit aussi par leur incapacité à retrouver en elles-mêmes des ressources propres pour se développer.

A l'opposé, la « grandeur » des sociétés africaines représente tout ce qui fait leur fierté au niveau individuel, collectif et universel. Ce sont les différentes valeurs morales, culturelles et sociales qu'on leur reconnaît et qui leur sont propres. Toutes ces valeurs orientent l'action des individus en société en leur fixant des buts, des idéaux et donc des moyens de juger leurs actes. Le poète est beaucoup marqué par la dégradation des sociétés africaines de sorte qu'il oublie de parler de leur grandeur.

Notre but étant de montrer que l'auteur laisse au lecteur le soin de deviner le passé radieux des sociétés africaines, il serait intéressant après un aperçu général de l'oeuvre et de la théorie de la déconstruction, de mettre un accent particulier sur les présuppositions de la grandeur qui apparaissent implicitement à partir de la déchéance dépeinte. Et pour y arriver, nous aurons recours à une étude alternée des deux concepts pour rendre la compréhension plus aisée. Ainsi, c'est en nous référant aux indicateurs de la déchéance des sociétés que nous évoquerons les éléments de grandeur des sociétés africaines traditionnelles. Nous terminerons par une étude succincte de la littérarité des poèmes. Le poète dispose d'un héritage culturel qui lui permet de s'exprimer de façon originale.

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