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Variabilité et tendances pluviométriques dans le nord-ouest de la Centrafrique: enjeux environnementaux


par Bertrand DOUKPOLO
Université d'Abomey-Calavi - DEA 2007
  

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CHAPITRE PREMIER : CADRE DE L'ETUDE, DONNÉES ET MÉTHODES

I. PRÉSENTATION DE LA ZONE D'ÉTUDE

1. Aspects physiques

Avec une superficie de 167.800 Km², le Nord-Ouest centrafricain occupe l'espace de la Nana Mambéré, de la Mambéré Kadéi, de l'Ouham-Pendé, de l'Ouham et de l'Ombella-M'Poko. Il s'étend entre 14° 25' et 19° 00' de longitude Est, et 3°45' et 8° 35' de latitude Nord (Fig.2). Une telle position géographique le place dans une zone écologiquement soudano-guinéenne, à cheval sur les écosystèmes forestiers et soudaniens. Cet espace jouit d'un climat subéquatorial au sud, couvert par la forêt équatoriale. Le climat devient plus sec et le nombre de jours des pluies s'amenuise au fur et à mesure que l'on progresse vers le Nord (Fig. 3). Avec l'allongement de la durée de la saison sèche, la végétation se dégrade progressivement, passant d'une forêt caducifoliée en zone soudanienne à une savane sèche dans la région de Kabo (Fig. 4).

Fig. 2 : Localisation du Nord-Ouest centrafricain

Fig. 3 : Hauteurs pluviométriques annuels en Centrafrique

Fig. 4 : Domaines phytogéographiques, parcs et réserves en Centrafrique

Trois grandes unités topographiques constituent le paysage géomorphologique : d'abord, les massifs de Bakoré (Nord de la Pendé) et du Yadé (prolongement de l'Adamaoua camerounais), culminent dans le Mont Ngaoui à 1410 m, ensuite, le plateau de Carnot enfin les plaines alluvionnaires.

Les sols du Nord-Ouest de la Centrafrique sous climat subéquatorial et tropical sont anciens puisque les formes du relief (mont, collines, butes témoins) sont émergées depuis plusieurs millions d'années (Lang et Malibangar, 1998). Par conséquent, ils sont évolués, ayant subi une altération biogéochimique sous climats chauds et pluvieux. On retrouve différents types de sols qui évoluent selon leur degré d'induration (Fig. 6), ce sont : les sols ferrallitiques et psammitiques moyennement à fortement désaturés, rouge ocre et bien drainés sur les grès diamantifères de Carnot.

Les sols bruns eutrophiques et les lithosols de formations jeunes d'érosion diverses se retrouvent sur le massif du Yadé, dans les localités de Bouar et de la Pendé, ils sont de plus en plus soumis à un fort lessivage dû au relief et aux activités agropastorales. Les sols alluvionnaires s'étendent de la plaine lagunaire de l'Ouham jusqu'à la Grande et Moyenne Sido au nord.

Des formes topographiques (surfaces quasi planes) introduisent des variantes et de fortes différences en modifiant l'écoulement de l'eau. L'exemple le plus remarquable est celui des fonds inondables de Bocaranga et de Koui, où le sol est périodiquement augmenté d'alluvions fraîches qui restent fort humides en période de basses eaux.

Le réseau hydrographique (Fig. 5) est dominé par deux principaux bassins, celui du Tchad au nord et celui du Congo au sud. Les principaux cours d'eau sont : la Nana, la Pendé, l'Ouham, la Gribingui, la grande et moyenne Sido, tous affluents du Chari ; la Mbaéré, puissant affluent de la Lobaye sur la rive droite, se jette dans la grande rivière Oubangui sur les seuils rocheux de Zinga; enfin la Sangha formée par la réunion de Kadéi et la Mambéré à Nola, a une importante fonction commerciale puisque navigable 10 mois sur 12 à la hauteur de Salo, elle dessert la région en produits pétroliers et favorise les échanges commerciaux avec les deux Congo au sud.

La dorsale oubanguienne partage nettement les deux grands bassins versants : Chari au nord avec plusieurs cours d'eau réguliers et intermittents, et celui de l'Oubangui au sud qui ne reçoit que deux importantes rivières, la Lobaye en amont et la Sangha en aval, navigables pendant la période de hautes eaux de juin à octobre.

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