WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Déménager pour échapper à  la dépendance automobile

( Télécharger le fichier original )
par Maxime WEIL
Université de Bourgogne (Dijon) - Master 1 - Transports, mobilités, environnement, climat 2010
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

1.3.2 Les autres facteurs de la dépendance automobile

Outre la dépendance créée par le besoin d'accéder à des services de plus en plus rares et/ou lointains, les ménages périurbains, et donc surtout les plus modestes et les non motorisés, il existe également une dépendance automobile liée à l'accès au travail, d'autant que la mobilité est largement conditionnée par cette activité. En effet, la distance de déplacement d'un actif un jour de semaine équivalant en moyenne à deux fois celle d'un inactif (Crague, Massot, 2004). Dans le périurbain, nous avons vu que les ménages cherchent à utiliser les avantages de la voiture pour quitter les zones denses et obtenir des surfaces de logement suffisantes en périphérie des villes (Orfeuil, 2000). Dans un premier temps, les emplois restaient concentrés dans les centres urbains, et demeuraient donc relativement accessibles. Or, aujourd'hui, les entreprises intègrent les capacités à se déplacer de leurs clients comme de leurs employés et adoptent des localisations de plus en plus périphériques (Wenglenski, 2006). Si, pour les ménages aisés, dont l'accès à l'automobile est relativement facile, cela ne pose pas de problèmes (d'autant que ces localisations sont plus ou moins dictées par leur comportement), cela va nécessairement créer des difficultés pour les ménages modestes et non-motorisés. Des difficultés accentués par le fait que les entreprises concernées par les emplois les moins qualifiés, dont la main-d'oeuvre n'est pas considérée comme stratégique, sont les plus à même de recourir à ces localisations périphériques (Wenglenski, 2006). Dans ce cas encore, cette tendance va progressivement condamner à l'exclusion de ceux qui n'appartiennent pas au « club » décrit par Dupuy, et la voiture va désormais constituer une norme sociale. En effet, dans ce cas, la possession d'une automobile ne va plus seulement être une conséquence du niveau de vie, mais une condition pour accéder à un certain niveau de vie, via un emploi. Ainsi, on peut d'ores et déjà observer une certaines ségrégation entre les catégories sociales, selon leur accès à l'emploi en région parisienne:

Tableau 3: Distances moyennes aux différentes catégories sociales (en km à vol d'oiseau, en 1999)

 

Distance* moyenne des emplois** à Paris

Distance* moyenne des résidences** à Paris

Distance* moyenne de toutes les résidences** à tous les emplois**

Cadres

11

13

18

Prof. intermédiaires

14

17

23

Employés

13

17

24

Ouvriers

17

19

28

* Distance à vol d'oiseau entre centroïdes des communes et arrondissements

** Emplois et résidences relatifs à la catégorie sociale considérée

Source: Recensement national de 1999 (Wenglenski, 2006)

Il est assez évident de constater que ce sont les classes les plus modestes qui sont les plus touchées par l'accroissement des distances domicile-travail, quand bien même ce sont elles qui ont le plus de difficultés s'équiper et à entretenir une voiture. La dépendance vis-à-vis de ce mode de transport est donc bien réelle, et risque de contraindre ces ménages à envisager un déménagement pour se rapprocher de leurs lieux de travail et d'achat.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo