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Les pistes de réforme du système monétaire et financier international depuis la crise

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par Maxime Gasser
Université Pierre Mendès-France Grenoble - Master 1 2010
  

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Les pistes de réforme du système monétaire et

financier international depuis la crise

Juin 2010
Maxime GASSER
Mémoire de Master 1 Economie internationale et globalisation (EIG)
Séminaire Intégrations Internationale et Régionale
Année universitaire 2009-2010
Sous la direction de J.-F. Ponsot et du second rapporteur A. Chanel

UFR Economie, Stratégies, Entreprises
1241, rue des résidences BP 47 38040 Grenoble Cedex 9

Avant-Propos

L'UFR Economie, Stratégies, Entreprise, de l'Université Pierre Mendès-France n'entend donner aucune approbation aux opinions émises dans les mémoires des candidats au Master ; ces opinions doivent être considérées propres à leur auteur.

Le mémoire est un essai d'application des méthodes et outils acquis au cours de la formation. Il ne saurait donc être considéré comme un travail acheté auquel de qualité qui l'engagerait.

Ce travail est considéré à priori comme un document confidentiel qui ne saurait être considéré qu'avec le double accord de son auteur et de l'organisme de stage.

Remerciements

Je tiens à remercier en premier lieu mon directeur de mémoire Jean-François Ponsot pour ses conseils avisés, ainsi que le second rapporteur Armand Chanel pour sa contribution précipitée et pour l'ensemble de cette année de préparation au Capes. Je remercie également mon fidèle camarade Sylvain, et j'ai une pensée particulière envers ma moitié parisienne pour son soutien permanent et ses relectures attentives.

Sommaire

INTRODUCTION GENERALE 6

I.REFORMER LE SYSTEME FINANCIER INTERNATIONAL 10

1.Réformer le secteur bancaire 11

2.Construire la stabilité du système financier international 22

3.L'impulsion par le changement institutionnel 36

II.LA REFONTE DU SYSTEME MONETAIRE INTERNATIONAL 41

1.Remplacer le dollar : la création d'une monnaie supranationale 43

2.Une alternative à la devise-clé internationale : le polycentrisme monétaire 57

3.La réforme du SMI par les initiatives régionales 60

CONCLUSION GENERALE 69

1.Les travaux du G20 pour stabiliser la finance 69

2.Les actions politiques des principaux pays responsables de la crise 73

Conclusion 78

Bibliographie 80

Table des matières 88

Annexes 91

« Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise » Jean Monnet (1888-1979), Mémoires, Fayard (1976).

INTRODUCTION GENERALE

L

es conséquences de la crise financière et économique actuelle amènent à reconsidérer les principales structures économiques, au premier rang desquelles le Système Monétaire et

Financier International. Structure et conjoncture aboutissent à la même conclusion : de profondes réformes sont indispensables. La récession que connaît la plupart des pays impose de lourds ajustements, dont les aboutissements sont encore peu prévisibles. La débâcle sur les marchés financiers de l'automne 2008 a laissé place à une déflation mondiale, se traduisant par une hausse généralisée du chômage et une diminution du commerce international. Enfin, après une timide reprise en 2009, la perturbation s'est prolongée par une crise de l'Etat. Les niveaux d'endettements publics ont parfois atteint un seuil critique de solvabilité, entrainant des plans de restriction budgétaire et pour certains une crise de la dette souveraine.

Ces résultats ont plusieurs implications. D'une part la crise est née de la finance internationale et trouve une partie de ses fondements dans les dérèglements des marchés financiers, dénoncés par certains bien avant la crise. Ainsi Aglietta & Berrebi (2007), Minsky (1986) mais également Keynes (1936) ont établis respectivement la montée des déséquilibres mondiaux, l'instabilité financière et la nécessaire régulation des marchés. Envisager une réforme des marchés financiers est donc cruciale et remise à l'ordre du jour par la crise.

D'autre part, ces impératifs ne concernent pas uniquement la finance internationale. Sa stabilisation est rendue nécessaire pour réactiver la croissance mondiale et permettre aux pays en développement de poursuivre leur rattrapage ; l'objectif doit être de supprimer les instabilités, quelles qu'elles soient. En effet, la « seconde globalisation » à l'oeuvre depuis le milieu des années 1970 s'est traduite par un régime de croissance dont la principale caractéristique est l'instabilité (Aglietta & Le Cacheux, 2007). Les désordres financiers n'en sont qu'une composante. Ils

s'accompagnent de déséquilibres monétaires et économiques. L'enjeu est donc de supprimer les causes de la crise actuelle, et de tendre vers un régime de croissance « viable ». Cela nous permet d'envisager qu'une réforme de la finance, bien que cruciale, doit être accompagnée par une réforme des relations monétaires.

En outre, il convient de préciser que le régime de croissance actuel, bien qu'ayant permis cette mondialisation des échanges, s'est accompagné d'une montée de l'instabilité financière. La globalisation financière est le processus d'intégration à l'échelle internationale des marchés financiers, et c'est à ce titre un des piliers de la mondialisation. Ce marché mondial des capitaux est à l'oeuvre principalement depuis le début des 1980 et l'avènement des « 3D »1 (voir Tableau n°1, p. 12). La libéralisation financière revêt plusieurs aspects : marché unique des capitaux, suppression des barrières géographiques, transactions continuelles. Les « 3D » ont été grandement favorisés par l'apparition des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC). Les marchés financiers ont dès lors connus une forte expansion.

Selon Mathieu & Sterdyniak (2009, pp. 13-74), la globalisation financière a multiplié les possibilités, permettant une fluidité des investissements, et une allocation des capitaux efficace. Cela a fortement impulsé la croissance économique mondiale, de l'ordre de 3,90 % par an entre 1990 et 2007. Cette expansion a notamment permis aux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) de passer de pays en développement à pays émergents, et aux pays développés de maintenir leur avance. L'ensemble de l'économie globale a donc connue une dynamique sans précèdent. Mais le revers de la médaille est que cette dynamique est ponctuée de crises financières, dont celle des subprimes en est un exemple majeur. Les marchés sont « myopes, instables, moutonniers et cyclothymiques », et la spéculation, bien que nécessaire, peut se révéler contre-productive. La globalisation financière pose donc des problèmes de stabilité et de prévisibilité, ce qui nuit fortement aux informations et donc à l'Hypothèse d'Efficience du Marché (HEM), soutenue par E. Fama (1965). Les marchés sont loin d'être parfaits, et la finance comportementale a amplement contribué à montrer l'instabilité des choix et leur caractère hautement psychologique2.

Mais les flux financiers sont indivisibles des flux monétaires : chaque titre, option, produit dérivé... est libellé dans une devise, entrainant des mouvements de capitaux considérables. Les marchés financiers « déterminent les taux de change, les taux d'intérêt, les cours boursiers et les conditions de financement des entreprises et des ménages » (Mathieu & Sterdyniak, 2009, p. 14).

1 Désintermediation, décloisonnement, dérèglementation. Les « 3D » sont les piliers de la globalisation financière. Le terme provient de H. Bourguinat (1992).

2 Pour en savoir plus, voir Kahneman & Tversky (1979).

Les phases successives de bulles puis krachs boursiers ont donc de lourdes conséquences sur la sphère monétaire, et participe au renforcement des déséquilibres globaux (en matière d'épargne, de réserves en devises, de balance des paiements). Cela est amplifié par les distorsions macroéconomiques, comme par exemple la relation ambivalente Etats-Unis / Chine, que nous étudierons. La crise actuelle apparaît dès lors comme le reflet de profondes instabilités. Il est nécessaire de réaffirmer le contrôle des marchés, et de prémunir l'économie mondiale des crises récurrentes. Mais cette ambition doit être approfondie par un cadre monétaire stable. Comme nous le verrons, le Système Monétaire Actuel (SMI) se caractérise pas une forte hétérogénéité des positions et par une forte instabilité. En outre il demeure une « hégémonie du dollar » (Aglietta, 2006), dont l'hypothétique sortie se révèle délicate et comporte un biais déflationniste pour l'économie mondiale. Ainsi, les flux monétaires nécessite une régulation, et l'interconnexion des monnaies doit être optimisée, afin d'avoir un cadre monétaire qui assure une croissance économique sans crises. La conclusion est univoque : les aspects monétaires sont complémentaires de la réforme du capitalisme financier et dès lors seule une action sur les deux variables pourrait être efficace.

Après avoir vu pourquoi, il est nécessaire se demander comment. C'est l'objet de ce mémoire. Il s'agit de présenter les pistes de réforme du SMFI envisageables, principalement les points de vue d'économistes. Comme cadrage temporel, nous prendrons les pistes de réforme émises depuis le déclenchement de la crise (2007). Ces réformes sont d'une part les propositions concrètes et directement applicables, nous le verrons notamment dans le secteur bancaire, avec les règlementations et les lois financières. D'autre part, ce sont les réformes à visée globale, comme la promotion des investisseurs de long terme ou les évolutions souhaitables des monnaies dans le SMI. Nous tenterons de faire une dichotomie entre la sphère monétaire et la sphère financière, cependant les variables sont interconnectées et interdépendantes. Enfin, bien que la littérature sur la question soit prolifique depuis que la crise a éclaté, il convient de différencier les réformes envisageables et envisagées. Nous verrons donc où en sont les ambitions des principaux acteurs de la crise, et notamment les négociations du G20.

Notre problématique sera donc la suivante : quelles peuvent être les évolutions souhaitables du Système Monétaire et Financier International ? Quelles réformes ou rénovations doivent être appliquées ? Quelles sont les conditions préalables à la mise en place de ces solutions ? Et quand est-il aujourd'hui de l'application concrète des réformes : les domaines monétaires et financiers bénéficient-ils de la même attention ?

Pour cela, les principales réformes du secteur financier seront abordées dans la Partie I, en

montrant les transformations nécessaires du secteur bancaire, et notamment le renforcement du cadre prudentiel (macro et micro). Puis nous avancerons la possible transition vers les investisseurs de long-terme et enfin le changement institutionnel. Dans la Partie II, nous établirons les réformes du Système Monétaire International, en montrant les problèmes du SMI actuel, puis l'idée de la monnaie supranationale. Il conviendra ensuite d'argumenter la probabilité d'aller vers un polycentrisme monétaire, et enfin nous verrons les initiatives. Pour finir, nous verrons en conclusion quelles sont les résolutions du G20, et les politiques de réforme mises en place jusqu'à présent.

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