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Analyse des déterminants de l'adoption des technologies de conservation des eaux et des sols au Burkina Faso

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par Janvier Kini
Université de Ouagadougou - DEA 2007
  

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3.2.3. Validité économique des coefficients

Adéquation d'ensemble du modèle

Dans le cas des modèles à variables dépendantes discrètes ou limitées, l'adéquation du
modèle est indiquée par l'indice du ratio de vraisemblance aussi appelé le R2 de Mac Fadden.

Son expression est donnée par R2 = 1 -

L 1

L0

avec L1 la vraisemblance du modèle avec

variables de valeur -90,7843 et L0 la vraisemblance du modèle sans variables de valeur - 199,4597. L'adéquation d'un modèle permet de rendre compte de la pertinence du modèle spécifié et estimé. L'indice du ratio de vraisemblance donne donc le pourcentage de la variation de la variable dépendante du fait de la présence des variables explicatives. Dans ce sens, R2 = 0,5448 signifie que 54,48% des variations de la probabilité d'adopter un nombre donné de technologies CES sont expliquées par l'ensemble des variables explicatives incluses dans le logit multinomial. Etant donné ce type de modèle, l'on peut dire que le modèle spécifié est adéquat dans son ensemble.

Le test de vraisemblance du modèle est également utilisé pour mesurer l'adéquation
d'ensemble du modèle. Le principe de ce test est basé sur le test de l'hypothèse que la « moins
double log vraisemblance » est nulle (Ho : -2LL = 0). La démarche consiste à tester

l'hypothèse que la différence entre la -2LL du modèle sans variable et la -2LL du modèle à tester est nulle. En calculant la différence des « moins double log vraisemblance » entre ces deux modèles, l'on obtient que la valeur calculée vaut 217,3507 tandis que la valeur théorique est de 20,01 lue sur la table de la loi de Chi2 avec 8 degrés de liberté au seuil de 1%. La valeur calculée étant supérieure à la valeur théorique à ce seuil, l'on rejette alors l'hypothèse de nullité de la différence entre les deux -2LL. En conclusion, le modèle est donc adéquat dans son ensemble

Significativité statistique des coefficients du modèle

La méthode utilisée pour tester la significativité individuelle des coefficients du modèle consiste à comparer la valeur de la probabilité de significativité de chaque coefficient au seuil de significativité retenu. Ce seuil est fixé à 1%, 5% et 10% respectivement pour les coefficients très significatifs, moyennement significatifs et significatifs à la limite.

Pour la probabilité que les ménages adoptent une seule technologie CES, les coefficients des variables cout et taille sont significatifs respectivement au seuil de 1% et de 10%. Les coefficients des autres variables ne sont significatifs à ces seuils.

Concernant la probabilité d'adopter deux technologies, les coefficients des variables cout, superficie sont significatifs à 1% alors que le coefficient de escompt est significatif à 5%. Quant à la probabilité que les ménages adoptent trois technologies CES, les coefficients des variables cout et taille sont significatifs respectivement au seuil de 1% et de 10%.

Enfin, les coefficients de la variable cout et de utilite sont significatifs respectivement au seuil de 1% et de 10% pour la probabilité que les ménages adoptent quatre technologies. Par contre la probabilité que le ménages adoptent cinq mesures CES, seul le coefficient de cout est significatif au seul de 1%.

Interprétation économique des coefficients

L'intérêt de cette partie porte sur les variables pour lesquelles les coefficients sont statistiquement significatifs. De plus, il s'agit de prendre en compte les signes des différents coefficients des variables ainsi que de leurs effets marginaux. Rappelons que les coefficients estimés du modèle ne sont pas directement interprétables, ils servent plutôt à donner orientation sur la nature de la relation entre la variable expliquée et la variable explicative en question. Seuls les effets marginaux du modèle estimé sont interprétés en se référant aux

coefficients de la modalité de référence, celle de la non adoption. Il faut également souligner que l'analyse se mène en se référant à la moyenne de l'échantillon. En d'autres termes, c'est l'impact de la variation de chaque variable sur le comportement du ménage moyen qui est analysé.

Remarquons que pour l'adoption d'une seule technologie CES, le coefficient de la taille du ménage est négatif de même que son effet marginal. Cela signifie que la taille des ménages a un effet individuel négatif sur la probabilité d'adopter une seule technique toutes choses égales par ailleurs. Autrement dit, lorsque la taille du ménage augmente d'une personne supplémentaire, la probabilité que ce ménage adopte une seule technique baisse de 0,0027 points. Ce résultat s'explique par le fait que l'arrivée d'un nouveau membre dans le ménage accroît la consommation globale du ménage. Celui-ci doit accroître sa production afin de répondre à ce besoin additionnel. Le ménage serait alors peu incité à rester sur l'utilisation d'une seule technique si celle-ci ne lui permet pas d'atteindre son nouvel objectif d'accroître sa production. Ce résultat est conforme à la théorie décrite plus haut.

La variable cout a également un coefficient de signe négatif de même que son effet marginal. Autrement dit, le coût d'adoption des CES a un effet négatif sur la probabilité que les ménages adoptent une seule technologie sur son exploitation. Ainsi, lorsque ce coût s'accroît de 1%, toutes choses égales par ailleurs, la probabilité que les ménages continuent à adopter une technique de conservation des eaux et des sols baisse de 0,0345point. Cela s'explique par le fait que la seule technique utilisée par le ménage peut être déjà coûteuse comme le zaï dont la réalisation sur un seul hectare a un coût estimé à 723 000 Fcfa (Rijks et al, 1997). Si ce coût doit encore s'accroître, il est clair que certains ménages seront peu motivés à adopter cette technique.

En considérant l'adoption de deux techniques CES, les coefficients des variables cout, superficie et escompt sont respectivement négatif, positif et négatif. Leurs effets marginaux sont également de même signe et significatifs à 1% pour la variable cout, 10% pour la variable superficie et 5% pour la variable escompt. Ainsi, lorsque le coût d'adoption s'accroît de 1%, la probabilité qu'un ménage adopte une combinaison à deux techniques CES baisse de 0,3603 point toutes choses égales par ailleurs en comparaison avec la situation de non adoption des CES. Ce résultat confirme l'hypothèse sur le signe du coût d'adoption par rapport à l'adoption des CES. En effet, dans l'estimation de ce coût, l'effort physique et financier est pris en compte. Plus ce coût est élevé, moins les ménages seront à mesure d'adopter deux techniques coûteuses.

Concernant la superficie aménagée, lorsqu'elle augmente d'un hectare, la probabilité que les ménages adoptent deux techniques s'accroît de 0,0081 point en considérant les autres facteurs constants et par rapport à la situation de non adoption. L'on peut expliquer ce résultat par le fait que le gain d'un nouvel espace non aménagé de terre augmente la chance que les ménages adoptent la combinaison de deux techniques toutes choses égales par ailleurs. En effet, dans la zone d'étude où la disponibilité en terre est rare, tout espace additionnel acquis par un ménage serait automatiquement mis sous mesures CES en vue de prétendre à un rendement de l'activité de production.

Quant aux rendements escomptés, si les ménages escomptent que ceux-ci vont s'accroître de 1% par rapport la situation où ils utilisent aucune technique CES, la probabilité d'adopter deux techniques CES baissent de 0,2737 points cétéris paribus. En effet, si les ménages espèrent plus en la technologie adoptée des rendements satisfaisant à ses attentes, ces ménages seront peu motivés à utiliser une combinaison de deux techniques sur leur exploitation.

Pour l'adoption de la combinaison à trois technologies, le coefficient de la variable cout et celui de la variable taille sont positifs de même que leurs effets marginaux. Ainsi, lorsque le coût d'adoption de ces techniques augmente de 1%, la probabilité que les ménages adoptent cette combinaison s'accroît de 0,1466 points tous les autres facteurs restants constants.

Ce résultat va en contradiction avec le signe théorique attendu de l'effet de cette variable sur la probabilité d'adopter un certain nombre de techniques. En effet, cela paraît paradoxal que les ménages adoptent davantage de techniques CES alors que leurs coûts de mise en oeuvre augmentent. Cependant, l'on peut comprendre ce fait lorsqu'on relâche une des hypothèses fondamentales du modèle. Cette hypothèse stipule que dans le plateau central, l'adoption des techniques de conservation des eaux et des sols est individuelle. Selon cette hypothèse, la mise en oeuvre des cordons pierreux et des autres techniques est effectuée par le ménage luimême.

Or, une des remarques importantes est que dans les localités qui ont été retenues pour la collecte des données de l'enquête, le point commun à celles-ci est qu'elles sont toutes situées sur les bassins versants (PS-CES/AGF). Ainsi, lors de l'enquête, l'on a remarqué notamment dans la province du Passoré que les paysans sont organisés en groupement villageois créant de la sorte un système d'entraide mutuelle entre eux. Ceci leur permet d'effectuer des travaux difficiles à réaliser individuellement comme la casse des pierres en vue de l'obtention des moellons pour la mise en oeuvre des cordons pierreux. De plus, des projets de développement existent dans la zone à l'instar du programme de développement rural durable (PDRD) qui

apporte une assistance technique et matérielle au groupement de paysans. L'assistance matérielle concerne la fourniture des groupements en matériel de casse des moellons, de camions de transport des moellons. L'ensemble de cette aide diminue les coûts réels d'adoption au niveau des ménages qui peuvent alors adopter des combinaisons avec un plus grand nombre de technologies. De ce fait, sous l'effet de l'action collective la probabilité que les ménages adoptent trois techniques augmente lorsque les coûts d'adoption s'accroissent. Remarquons aussi que 39,56% des ménages, soit 53 sur un effectif de 134, des deux provinces adoptent trois techniques CES.

Pour l'adoption de quatre et de cinq techniques, seul le coût d'adoption a un coefficient significatif à 1% et son effet marginal est négatif et significatif à 1% dans le cas de la combinaison à quatre techniques et non significatif dans le cas de la combinaison à cinq techniques. L'accroissement du coût d'adoption des mesures CES de 1% entraîne donc toutes choses égales par ailleurs une baisse de la probabilité que les ménages utilisent cinq techniques sur leur exploitation. De même, la perception de l'utilité des techniques CES a un coefficient positif ainsi que son effet marginal. L'on peut dire que lorsque le ménage perçoit un passage du degré d'utilité de la technologie du niveau faible au niveau moyen ou du moyen au élevé, la probabilité d'adopter une combinaison de quatre technologies augmente de 0,0347 point toutes choses égales par ailleurs. L'explication possible à ce résultat est que plus le ménage voit en la technologie le stimulateur de sa productivité, il sera mieux motiver à vouloir se l'approprier. Ce résultat est conforme à celui obtenu par Davis (1986). Noter que cette dernière combinaison de technique CES est faiblement adoptée (0,75% de l'effectif total) par les ménages qui ont été interviewés du fait du manque de l'indisponibilité en terre dans la région.

A travers cette analyse des impacts des différentes variables explicatives sur la variable dépendante, il serait important de connaître les implications sous-tendues par ces résultats.

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery