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L'héritage leibnizien dans la cosmologie d'A.N. Whitehead

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par Siham EL Fettahi
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - Master de Philosophie 2011
  

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3.2 Système de Leibniz : un monde ficelé, en développement (préformationnisme)

1. L'univers est ce Tout constitué de parties (unité dans la multiplicité).

2. Les parties ultimes sont des unités substantielles indivisibles de nature spirituelle. Le monde est composé d'une infinité de monades, d'atomes formels de nature psychique.

3. Les monades sont closes, « sans portes ni fenêtres ». Le monde est constitué à partir de ces univers miniatures clos, individuels et autonomes qui se développent et interagissent de manière interne.

4. Dieu est celui qui par son concours harmonise, accommode les monades entre elles et assure leur communication afin qu'elles forment l'univers avec de multiples perspectives.

Les monades sont les substances concrètes, les éléments des choses. Elles sont immatérielles et hors du temps et de l'espace, elles ne périssent ni ne débute, elles existent par fulguration et sont toutes distinctes (principe des indiscernables). Les relations internes régissent les monades, elles fonctionnent par une activité de développement interne, elles sont isolées mais interdépendantes.

L'activité de ces monades est la perception (représentation intérieure des choses externes) et l'appétition (passage d'une perception à l'autre, mouvement interne). Ces monades sont des entéléchies, ces monades peuvent subsister sans le monde extérieur. Mais pour qu'il y ait changement, les parties s'agencent pour faire avancer le monde, c'est l'entre-expression des monades par l'intermédiaire de l'harmonie préétablie : étant donné que tout est perception du même univers, quand la perception d'une monade change, les autres monades sont affectées intérieurement et par leurs propres lois, par ce changement, elles s'accommodent.

Dès lors, le dynamisme du monde présuppose le concours de Dieu qui comme un chef d'orchestre unifie les perceptions par le mécanisme de l'harmonie préétablie.

Il y a une hiérarchie des monades et la catégorisation des divers degrés de monades rend compte de ce que le monde contient (plus une monade a des perceptions claires, plus elle est active et parfaite) :

- Les objets et le végétal : monades nues, peu de perceptions et peu de désirs.

- Les animaux : monades âmes, perception avec mémoire, sentiment et attention.

- Les hommes, anges et génies : monades esprits, aperception (conscience) et raison.

L'union de l'âme et du corps est un accord entre monades, accord entre la monade ''moi'' active et l'assemblage de monades passives, le corps. Le vinculum substantielle est ce qui lie et donne une forme, il constitue l'individu.

FIGURE 3 : Schémas 

UNIVERS INFINI PREFORME, EN DEPLOIEMENT

Point de vue 2

Point de vue 3

Point de vue 4

Point de vue 1

LEGENDE :

= monade close et isolée (l'univers en est constitué d'une infinité)

Individu MARIE

Individu le chat

MARIE =

Monade esprit active

Monades passives (agrégat)

Vinculum substantielle

CHAT = ===

Monade âme active

Monades passives (agrégat)

Vinculum substantielle

DIEU orchestre cet univers.

Le monde de Leibniz est un monde infini, préformé qui n'a plus qu'à être déballé pour se développer de manière déterminée. Le monde leibnizien est un idéalisme mécanisé car il est composé d'automates sauf que leur nature est psychique. Effectivement, Leibniz n'a eu de cesse de chercher à comprendre Dieu, de rendre compte des raisons et de la manière par lesquelles il produit le monde et cela la conduit à inventer un système préfabriqué dans lequel Dieu a ficelé le meilleur des mondes possibles, un monde dans lequel tout est joué d'avance, un monde où plus rien ne peut entrer, un monde qui ne demande plus qu'à se déployer sous le regard divin.

A l'inverse de Whitehead, chez Leibniz, il n y a pas l'idée d'adaptation, de lutte pour plus de perfection car pour le philosophe allemand, tout est en germe et ce qui se déroule n'est que le développement de ce germe initial, c'est ce principe conducteur, le préformationnisme qui fait que Leibniz décrit un univers en déploiement, le développement n'est que épanouissement, ce qui est en puissance se débarrasse de son enveloppe pour s'épanouir. Il n y a rien d'inédit qui vient s'ajouter à ce qui a été prévu par Dieu, tout est déjà prédéterminé car tout est planifié par avance par Dieu.

A priori, la cosmologie de Whitehead semble s'opposer à celle de Leibniz. En effet, Whitehead nous présente une vision de l'univers très éloignée de celle de son inspirateur, c'est une conception en phase avec la science moderne (la théorie de l'évolution, les théories de la relativité, la mécanique quantique) qui ont injecté l'incertitude et les probabilités dans nos conceptions et se sont mis à décrire un univers en évolution, qui avance par tâtonnements, par essais. La divergence de point de vue avec Leibniz s'explique donc en partie par la différence de contexte, la doctrine de Leibniz s'insère dans un contexte dans lequel le mécanisme classique prédomine (Galilée, Descartes, Huygens, Newton), l'univers est conçu comme une machine réglée par des lois naturelles déterminées.

Néanmoins, Leibniz se démarque de ses contemporains, il appréhende l'univers de manière innovante et c'est ce qui fait que la métaphysique leibnizienne qui a inspiré Whitehead contient des principes utiles pour conceptualiser la physique quantique.

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