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Contribution de l'éducation inclusive a l'intégration des personnes vivants avec handicap

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par Beata NYIRAHABIMANA
ULK - Licence en sociologie 2011
  

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1.2.3.4. Participation sociale des personnes handicapées

Aujourd'hui, l'insertion de la personne handicapée paraît systématiquement subordonnée à l'acquisition d'une autonomie. Mais n'oublierait-on pas trop souvent que celle-ci ne dépend pas uniquement des compétences de l'acteur mais également de l'aménagement de son environnement ? Autrement dit, ne faudrait-il pas que la société s'adapte beaucoup plus qu'elle ne le fait plutôt que d'exiger des handicapés qu'ils s'adaptent par force à elle ? Alors, pour créer les conditions d'une authentique participation sociale des handicapés, il s'agirait d'instaurer leur véritable accessibilité spatiale et physique, professionnelle, culturelle et sociale à la communauté.

Les idéologies de « thérapie et de travail social communautaires » des années soixante-dix ont véhiculé une vision utopique, relevant d'un humanisme naïf, qui voyait dans la communauté environnante un milieu naturel de partenaires bienveillants, capable d'intégrer la personne stigmatisée. Or, dans une société où précisément les liens se délitent, où l'insécurité et l'isolement augmentent, une personne ne disposant pas de réseaux et de capacités à en constituer risque vite de se retrouver dans la marginalisation55(*).

Revenir en haut de l'encadréLes personnes handicapées ont besoin, elles aussi, de se retrouver avec d'autres personnes handicapées. La confrontation à la « différence », autre concept phare des années soixante-dix, n'est pas toujours source d'enrichissement, mais aussi de conflits graves. Les personnes handicapées risquent donc de se retrouver défavorisées parmi les défavorisées, acculées par une « intégration forcée » à un statut de la pauvreté extrême.

L'insertion, moins ambitieuse que l'intégration - puisqu'elle signifie littéralement « glisser entre » -, était essentiellement appréhendée sous l'angle professionnel et domestique. L'insertion est un concept normatif, en cela que ses exigences partent de la société ordinaire et s'appliquent à des personnes à besoins spécifiques. Une grande part de ces personnes, n'étant pas en mesure de satisfaire à ces exigences, se trouvait de fait condamnée à l'institutionnalisation massive... !

Pour penser participation sociale et inclusion, il convient de reconsidérer un concept qui s'est trouvé au centre de toute la doctrine traditionnelle. En effet, l'insertion sociale apparaissait subordonnée à celle de l'autonomie de la personne. Le terme d'autonomie fut probablement l'un des termes les plus usités et les plus galvaudés de notre secteur médico-social. L'éducation et la rééducation apparaissaient alors comme les voies royales pour obtenir cette indispensable autonomie. Afin de créer la condition d'une véritable participation sociale, il s'agit d'instaurer une véritable accessibilité spatiale et physique, mais aussi professionnelle, culturelle et sociale.

Cela dit, la participation sociale ne peut se résumer à l'accessibilité matérielle ou institutionnelle, qui n'en constitue qu'une condition. Elle nécessite également de mettre l'accent sur une connaissance des modes de communication et de relation : se présenter, être parmi les autres, engager et gérer une conversation, constituent des variétés de compétences essentielles qui ne sont pas suffisamment appréhendées, prises en compte et enseignées.

La participation sociale peut être représentée schématiquement comme une série de cercles concentriques, elle concerne pareillement tout un chacun, quelles que soient ses spécificités. Le premier cercle de notre participation concerne nos parents, c'est-à-dire ceux avec lesquels nous avons des liens de dépendance biologique et affective forts, auxquels s'ajoutent des amis et partenaires, puis les cercles suivants concernent toutes les possibilités de participation dans divers domaines, professionnel, culturel, économique, médiatique, jusqu'aux possibilités de reconnaissance publique. Ces cercles traversent des champs différents tels que ceux de l'accessibilité spatiale et institutionnelle, des soins, du développement relationnel et des modes d'expression, ou encore de la représentation.

En somme, la participation sociale des personnes en situation de handicap nécessite l'articulation de trois niveaux. Le premier s'intéresse au choix politique de non discrimination, choix devant s'inscrire dans les déclarations, les lois et les fonctionnements institutionnels et professionnels du pays. Le second insiste sur l'action positive visant à agir sur l'environnement afin de le rendre accessible ou négociable. Le dernier concerne l'instauration d'un mode d'accompagnement professionnel veillant au respect des droits des personnes, visant à assurer des prestations complémentaires indispensables, améliorant chaque fois que possible les compétences de la personne ou les interfaces entre celle-ci et son environnement

* 55 LEMAY, M., Les groupes des jeunes inadaptés, PUF, Paris 1961, p. 330.

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