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Inventaire de la biodiversité ligneuse de la foret de Chabare/Tessaoua

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par Salissou RABO ISSAKA
Université Abdou Moumouni de Niamey/Niger - Matrise ès Sciences Agronomiques 2009
  

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INVENTAIRE DE LA BIODIVERSITE LIGNEUSE DE LA FORET DE CHABARE/TESSAOUA

RABO ISSAKA Salissou

Tel : 96057032 E-mail : sraboissaka@yahoo.fr

RESUME

Cette étude intitulée « Inventaire de la biodiversité ligneuse de la forêt de Chabaré », a permis de dégager des pistes d'intervention pouvant assurer sa gestion participative et durable.

Pour conduire à bien cette étude, il a été adopté une méthode qui a consisté d'abord à mener une enquête ethnobotanique auprès des populations riveraines et à faire l'inventaire des espèces ligneuses existantes sur le terrain.

L'enquête menée auprès des populations, a permis d'inventorier dix huit (18) espèces ligneuses disparues de la forêt de Chabaré et neuf (9) en voie de l'être. Il ressort également de cette enquête, que les facteurs de dégradation de la biodiversité ligneuse sont les activités néfastes de l'homme notamment la coupe abusive et anarchique des arbres et les effets climatiques dont la sécheresse, l'insuffisance et l'irrégularité des pluies.

L'inventaire des ligneux a permis de recenser vingt huit (28) espèces ligneuses réparties en douze (12) familles avec une densité moyenne de 289 pieds/ha dont les Mimosacées demeurent dominants (75,18%).

Mots-clés: Biodiversité ligneuse, Facteurs de dégradation, Gestion participative.

ABSTRACT

This study entitled "Biodiversity Inventory of woody forest Chabare" helped raise areas of intervention can ensure its sustainable and participatory management.
To drive out this study, it has been adopted a method that involved first conducting an ethnobotanical survey among local residents and taking inventory of woody species existing on the ground.

The survey population, has an inventory of eighteen (18) of woody species missing the forest

Chabare and nine (9) by way of being. It is also clear from this survey, the factors of degradation of biodiversity timber activities are harmful to man, particularly the excessive cutting of trees and anarchic and climatic effects including drought, low and erratic rainfall.

The inventory of timber has identified twenty-eight (28) of woody species in twelve (12) families with an average density of 289 plants/ha which Mimosaceae remain dominant (75.18%).
Keywords: Biodiversity woody, degradation factors, participatory management

INTRODUCTION

Le Niger, pays sahélien est confronté depuis des décennies à la dégradation de ses ressources naturelles notamment la flore et la végétation. Les causes de ce phénomène de dégradation sont dues à plusieurs facteurs parmi lesquels, la sécheresse et la pression anthropique. Cette situation s'est accentuée à partir des sécheresses des années 1970 et 1980 avec comme conséquences, le développement du phénomène de désertification (Larwanou, 2005).

Les sécheresses répétées et les déficits alimentaires chroniques fréquemment enregistrés ont entraîné les populations à une exploitation abusive et anarchique des ressources forestières. La raréfaction progressive des ressources naturelles que l'on constate aujourd'hui traduit un profond déséquilibre entre le milieu naturel et les conditions de son exploitation. Cette évolution est particulièrement critique en ce qui concerne le couvert ligneux, car sa disparition entraîne une série de conséquences majeures, en particulier, l'érosion du sol (Yamba, 1993). Le Niger ayant signé et ratifié la Convention sur la Diversité Biologique tenue au Brésil en juin 1992, se donne le devoir de préserver, de gérer et de conserver ce potentiel biologique relativement riche et varié dans une perspective durable.

Malgré tous les efforts de conservation, la biodiversité végétale au Niger est en état de forte dégradation (Ibro Adamou et Assoumane Garba, 2009). La forêt de Chabaré n'échappe pas à la dégradation de sa phytodiversité, qui subit actuellement un certain nombre de contraintes préjudiciables à son existence. Afin d'atténuer cette tendance à la dégradation, des actions méritent d'être menées. La présente étude intitulée : « Inventaire de la biodiversité ligneuse de la forêt de Chabaré », s'inscrit dans ce cadre.

L'objectif général de cette étude est de « Faire l'inventaire de la biodiversité ligneuse de la forêt de Chabaré afin de dégager les pistes d'intervention pouvant assurer sa gestion participative et durable ».

A cela s'ajoutent des objectifs spécifiques, à savoir :

· Inventorier la végétation ligneuse existante;

· Inventorier la végétation ligneuse disparue et ou menacée de disparition;

· Identifier les facteurs de dégradation de la biodiversité ligneuse;

· Proposer une piste d'intervention.

Matériels et méthode

Matériels

L'inventaire de la biodiversité ligneuse de la forêt de Chabaré a nécessité l'utilisation des matériels suivants : dont entre autres un questionnaire destiné aux agriculteurs et éleveurs; une boussole pour l'orientation des transects; des jalons pour délimiter les transects; un GPS pour prendre les coordonnées géographiques des placettes; et un appareil photo pour la prise des vues.

Méthodes

Cette étude a été appréhendée en deux (2) phases :

Phase d'enquête ethnobotanique : Deux villages et deux tribus (Chabaré, Zountou, Hardo Dan Koullou et Hardo Maty) ont été touchés par cette enquête. Le choix de ces villages /tribus s'est fait en fonction de leur proximité de la forêt. A Chabaré, 10 agriculteurs et 10 éleveurs ont été enquêtés, à Zountou, 20 agriculteurs et pour chacune des deux tribus, 10 éleveurs. La méthode d'enquête ethnobotanique appliquée est l'enquête individuelle.

Phase d'inventaire des ligneux : Des transects ont été réalisés sur l'ensemble de la forêt, distants de 400m avec une orientation Sud-Nord. Sur chaque transect, des placettes de 0,1 ha (50m x 20m) équidistantes de 500m ont été délimitées. A l'intérieur de chaque placette, il a été procédé au comptage des espèces ligneuses. Par ailleurs, pour mieux connaître la diversité spécifique de cette forêt, toutes les espèces ligneuses situées hors placettes ont été recensées. Au total, 10 transects et 41 placettes ont été réalisés.

Deux logiciels ont été utilisés pour l'analyse des données collectées : Excel et SPSS. En effet, le logiciel Excel a servi à la saisie des données et l'analyse statistique est faite par le logiciel SPSS.

Résultats et discussion

Diversité floristique

L'inventaire de la biodiversité ligneuse a donné 21 espèces ligneuses réparties en 11 familles comme l'indique le tableau ci-dessous.

Tableau 1: Effectifs et contributions spécifiques des espèces ligneuses inventoriées

Espèces

Familles

Effectifs

Contributions Spécifiques

Acacia senegal

Mimosacées

838

70,72

Boscia senegalensis

Capparacées

121

10,21

Guiera senegalensis

Combrétacées

87

7,35

Cassia singueana

Césalpiniacées

27

2,28

Maerua crassifolia

Capparacées

22

1,86

Sclerocarya birrea

Anacardiacées

19

1,61

Feretia apodanthera

Rubiacées

14

1,19

Acacia nilotica

Mimosacées

13

1,10

Combretum micranthum

Combrétacées

12

1,02

Euphorbia balsamifera

Euphorbiacées

9

0,76

Grewia villosa

Tiliacées

7

0,59

Piliostigma reticulatum

Césalpiniacées

7

0,59

Ziziphus mauritiana

Rhamnacées

1

0,08

Leptadenia pyrotechnica

Asclépiadacées

1

0,08

Acacia raddiana

Mimosacées

1

0,08

Cadaba farinosa

Capparacées

1

0,08

Acacia ataxacantha

Mimosacées

1

0,08

Faidherbia albida

Mimosacées

1

0,08

Balanites aegyptiaca

Balanitacées

1

0,08

Grewia bicolor

Tiliacées

1

0,08

Prosopis juliflora

Mimosacées

1

0,08

Total : 21

11

1185

100,00

Densité/ha

289

 
 

L'analyse de ce tableau montre que les Mimosacées et les Capparacées sont représentés par plusieurs espèces, alors que les autres familles ne sont représentées que par deux ou une seule espèce chacune. En effet, les Mimosacées sont représentés par six (6) espèces soit une contribution spécifique de 75,18% dont 70,72% pour Acacia senegal. Les Capparacées sont représentés par (3) espèces soit une contribution spécifique de 12,91% dont 10,21% pour

Boscia senegalensis, les Combrétacées avec deux (2) espèces soit une contribution spécifique de 8,37% dont 7,35% pour Guiera senegalensis.

Les autres familles sont : les Césalpiniacées (2) espèces, Tiliacées (2), Anacardiacées (1), Rubiacées (1), Euphorbiacées (1), Rhamnacées (1), Asclépiadacées (1) et Balanitacées (1).

Ces espèces ligneuses inventoriées ont une densité moyenne de 289 pieds/ha dont 204 pieds/ha pour Acacia senegal, 30 pieds/ha pour Boscia senegalensis et 21 pieds/ha pour Guiera senegalensis.

Par ailleurs, sept (7) autres espèces ligneuses sont recensées hors placettes qui sont réparties en cinq (5) familles. Il s'agit de : Césalpiniacées avec deux (2) espèces, Mimosacées (2), Anacardiacées, Burséracées et Combrétacées avec chacune une seule espèce.

La forêt de Chabaré est une formation arbustive à dominance d'Acacia Senegal, Boscia senegalensis et Guiera senegalensis. Ces trois espèces colonisent tous les milieux, car prolifèrent aussi bien dans les dépressions que sur les glacis. Cela prouve qu'elles ont une grande aptitude écologique leur permettant de s'adapter à tous les milieux. En effet, Boscia senegalenis et Guiera senegalensis ont un grand pouvoir de régénération. Quant à Acacia senegal, elle provient en grande majorité de la plantation. En plus, d'après Arbonnier (2000), Boscia senegalensis se développe sur les stations sèches, sols rocheux, latéritiques, sableux, sols compacts sablo-argileux et sur les termitières. L'espèce Guiera senegalensis se développe sur sols sableux, lessivés ou épuisés, jachères, stations arides. Elle est aussi un indicateur du surpâturage. Quant à Acacia senegal, elle est une espèce très résistante à la sécheresse avec 8 à 11 mois sans pluie.

Espèces ligneuses disparues

Les résultats d'enquête au niveau des paysans ont permis d'identifier les espèces disparues ainsi que les causes de leur disparition comme le montre le tableau ci-dessous.

Tableau 2 : Les espèces ligneuses disparues

L'analyse de ce tableau fait ressortir dix huit (18) espèces ligneuses disparues de la forêt de Chabaré. Ces essences sont confirmées disparues parce qu'une confrontation a été faite entre les informations fournies par les populations et la situation actuelle sur le terrain.

On constate que les espèces telles que Boswellia odorata, Detarium microcarpum, Grewia mollis, Acacia macrostachya, Prosopis africana, Cassia sieberiana, Bombax costatum,

Boscia salicifolia et Combretum nigricans sont les plus citées par les paysans. Cela s'expliquerait sans nul doute par les multiples rôles que jouent ces espèces dans la vie quotidienne de cette population, de sorte que leur disparition se remarque facilement.

L'analyse des facteurs de disparition de ces espèces ligneuses fait ressortir que la sécheresse, l'insuffisance et l'irrégularité des pluies, la surexploitation par la coupe et prélèvement des écorces, la sénescence des arbres constituent les principales causes. A cela viennent s'ajouter le surpâturage et l'attaque des termites.

Ces résultats confirment ceux obtenus par PGRN (1999), la forêt de Chabaré est sujette à toutes formes de pressions : surcharge du bétail (bétail local et surtout celui des pasteurs transhumants), extension des terres de cultures, coupe abusive du bois, occupation illégale par les populations, etc.

Espèces ligneuses menacées de disparition

Selon les paysans, une espèce en voie de disparition est une espèce qui, jadis existait en abondance dans la forêt mais dont l'effectif est très réduit actuellement.

Le tableau ci-dessous présente les essences menacées ainsi que les raisons de menace.

Tableau 3 : Les espèces ligneuses en voie de disparition

Espèces

Familles

Fréquence de citation

Raisons de menace

sécheresse

Coupe

Commiphora africana

Burséracées

13

++

+

Sclerocarya birrea

Anacardiacées

5

+

++

Grewia villosa

Tiliacées

4

++

+

Faidherbia albida

Mimosacées

3

+

++

Albizia chevalieri

Mimosacées

3

+

++

Combretum micranthum

Combrétacées

3

++

+

Grewia bicolor

Tiliacées

3

++

+

Lannea microcarpa

Anacardiacées

3

+

++

Tamarindus indica

Césalpiniacées

1

+

++

Total: 9

6

38

 
 

Il ressort de ce tableau que neuf (9) espèces ligneuses sont en voie de disparition.

Les plus citées sont : Commiphora africana, Sclerocarya birrea et Grewia villosa.

Il faut souligner que la situation est plus préoccupante pour les deux premières essences.

Les autres espèces menacées sont : Faidherbia albida, Albizia chevalieri, Combretum micranthum, etc.

Les raisons de cette menace demeurent toujours la sécheresse, la faible pluviosité, la surexploitation (coupe et prélèvement d'écorce) et l'attaque parasitaire.

Facteurs de dégradation de la biodiversité ligneuse

D'une manière générale, les facteurs de dégradation de la biodiversité ligneuse se résument en deux catégories : les facteurs climatiques et les facteurs anthropiques.

Dans chaque village et/ou tribu enquêté, les paysans citent la sécheresse, surtout celle de 1984 et l'insuffisance des pluies parmi les facteurs de dégradation de beaucoup d'espèces ligneuses forestières. En effet, plusieurs cycles de famines et de disettes ont marqué les populations de cette zone, avec pour conséquence une ruée vers les ressources forestières pour la survie des hommes et des animaux, et ont contribué à une baisse sensible des ressources naturelles. Ainsi, lorsque les gens sont contraints d'y aller en grand nombre pour ramasser des vivres et du combustible, cela a des conséquences sur la destruction de la forêt (Afrique Renouveau, 2008).

Quant aux facteurs anthropiques, on retiendra essentiellement la surexploitation des ressources forestières par la coupe abusive et anarchique du bois pour divers usages et le surpâturage. En effet, l'émondage incontrôlé et répété compromet souvent la survie de certaines plantes qui périssent après ce traitement. En plus, le prélèvement de certains organes des plantes constitue une menace grave pour la pérennité de certaines essences forestières et peut aboutir à leur épuisement. D'après Ali (1997), la récolte des feuilles par la coupe des branches feuilles ne reste pas sans conséquence sur l'aspect structural des arbres. Ainsi, si l'ébranchage est intensif, il peut entraîner la baisse de la production fruitière de l'arbre, ce qui se répercute sur la disponibilité en semences. De même l'exploitation du bois énergie est citée parmi les causes de dégradation des essences forestières à Maradi et à Tessaoua en particulier.

Ainsi, d'après Larwanou (2005), l'utilisation du bois comme source d'énergie est fortement corrélée à la dégradation des espèces surtout si l'espèce ligneuse donne de charbon de bonne qualité. La ressource forestière a été fortement dégradée dans cette zone par les défrichements d'une population agricole ancienne, mettant en oeuvre dès les années 1950 une stratégie d'extension des cultures. En plus, les prélèvements de bois de consommation rurale (10.775 tonnes) dépassent largement la possibilité forestière (1.671 tonnes) (SEED-CIRAD, 1993). Encore, d'après PGRN (1999), les besoins annuels en bois énergie sont estimés à 1.272 tonnes pour les 4.356 habitants riverains sans compter les prélèvements au profit de la ville de Tessaoua et de la région de Zinder. Ce volume théorique de bois de chauffe dépasse largement la capacité de cette forêt, surtout si l'on tient compte de son état de dégradation.

Proposition d'amélioration

Pour agir sur les facteurs de la dégradation de la biodiversité ligneuse, de nombreuses mesures doivent être prises, afin de conserver, de pérenniser et d'assurer une meilleure exploitée de cette richesse floristique. Dans le contexte actuel du pays et compte tenu du niveau de vie de la population locale, toute action visant l'interdiction de l'exploitation des ligneux par la population de Chabaré va se vouer à l'échec. Ainsi au regard de ce qui précède, un effort supplémentaire doit être consenti par les différents acteurs à savoir : l'Etat, les institutions internationales et les populations locales afin d'appuyer ces dernières qui dépendent en grande partie de ces espèces pour leur survie. C'est pourquoi, il est indispensable de :

Sensibiliser la population du danger que présente la disparition des arbres pour leur vie et leur environnement et au-delà pour toute la nation ;

Impliquer la population à la prise de décisions et à l'élaboration des programmes d'activités;

Intensifier la formation des populations aux techniques de coupe et de prélèvement d'écorce;

Renforcer la surveillance à travers des patrouilles des agents forestiers et la mise en place d'un comité local de gestion. Ce comité se chargera de la commercialisation du bois et veillera à ce que certaines espèces ne soient pas exploitées. Il doit être composé des représentants des villages et tribus membres de la grappe de Chabaré et muni d'un règlement intérieur élaboré et adapté par les populations cibles elles-mêmes;

Planter et entretenir les espèces ligneuses à usages multiples;

Créer des marchés ruraux pour limiter et rationaliser l'exploitation commerciale du bois ;

Amorcer le système de contact des cultures pour réduire la concurrence des plantes adventices et permettre une bonne infiltration d'eau et la germination des graines. A ce titre, les exploitants doivent respecter scrupuleusement les closes du contrat.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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