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Analyse de la mortalité infanto-juvénile en Cote d'Ivoire

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par NOHOUA TRAORE
Université de Cocody-Abidjan - DEA en économie du développement 2010
  

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CHAPITRE III : LES DETERMINANTS DE LA MORTALITE INFANTO-JUVENILE

Ce chapitre traite des études antérieures sur les déterminants de la mortalité des enfants de moins de cinq dans la première section et la seconde section est consacrée à la méthode d'analyse de ces facteurs explicatifs.

Section 1 : LES FACTEURS EXPLICATIFS DE LA MORTALITE INFANTILE

Le parcours de la littérature nous a permis de découvrir une panoplie de facteurs pouvant expliquer ce phénomène. Ce sont entre autres le sexe de l'enfant, le statut vaccinal, le mode d'allaitement, les soins prénataux, l'intervalle inter génésique, l'éducation de la mère, la religion et l'ethnie.

Ces déterminants sont regroupés en trois groupes : les facteurs socio-économiques, les facteurs biodémographiques de la mère et de l'enfant et les facteurs culturels.

1-1 Les facteurs socio-économiques

· Le revenu

Le niveau de vie du ménage est un déterminant de la santé. En particulier, l'activité génératrice de revenu de la mère est une variable très importante, car elle a un impact sur la mortalité des enfants. En effet, avec des revenus permettant d'assurer les besoins de base, cela diminue les risques de maladie et partant influe sur la mortalité.

Généralement les enfants des mères ayant un revenu assez élevé sont souvent bien nourris. Akoto et Tabutin (1989) ; Noumbissi (1993) ; Mosley (1985) notent dans les mêmes ordres d'idée que l'occupation de la mère peut influencer la mortalité des enfants à travers l'alimentation des jeunes enfants (allaitement, sevrage) ou l'attention et les soins qui leur sont accordés.

· Les soins prénataux

Dans plusieurs sociétés d'Asie du Sud, la belle mère joue un rôle considérable dans la naissance d'un enfant et les soins prénataux de la belle fille, surtout dans les jeunes couples. En effet, si la belle famille doit donner naissance à son enfant à la maison avec l'aide d'un membre de la famille, ou en ayant recours à une accoucheuse traditionnelle, ou encore par le

biais d'une structure de soins, cela dépend de la croyance de la belle mère qui doit nécessairement donner son avis (Piet-Pelon, Rob et Khan, 1999).

Les soins prénataux permettent la recherche de tares héréditaires susceptibles d'être transmises à l'enfant. La recherche du taux d'immunité acquise par la mère (tétanos, rubéole, toxoplasmose, maladies infectieuses ou parasitaires (malaria), ainsi que l'existence de pathologies maternelles (dont le diabète, cardiopathies, etc.) qui pourraient mettre la vie de la mère, du foetus ou du nouveau-né en danger.

Pour une bonne santé de l'enfant, les soins prénataux doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu'à l'accouchement. L'OMS recommande quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. La surveillance prénatale a pour objet de suivre régulièrement la croissance et le développement du foetus, de prévoir les difficultés qui pourraient surgir au moment de l'accouchement et de dépister les anomalies qui peuvent mettre en danger la santé du foetus et / ou de la mère. Malgré, l'intérêt que revêt l'utilisation de ces soins, leur usage laisse à désirer.


· Éducation de la mère

S'il est vrai que « l'ignorance tue plus vite que la maladie » il va s'en dire que la mise en oeuvre de moyens pouvant favoriser l'adoption de comportements favorables à la bonne santé des enfants mérite d'être encouragée.

L'un des premiers moyens possibles est sans doute le savoir, surtout celui de la mère. Dans la littérature, on constate qu'il existe un lien étroit entre la mortalité des enfants et le niveau d'instruction des mères qui se traduit par un effet positif de cette dernière variable sur la santé des enfants. Non seulement, le niveau d'instruction permet de connaître ce qui, scientifiquement, est bon pour la santé, mais il est aussi un moyen d'accéder au pouvoir et aux ressources nécessaires à la mise en oeuvre des actions préservatrices ou récupératrices de la santé.

L'instruction des mères a été reconnue par les démographes comme l'un des facteurs primordiaux de la baisse de la mortalité infantile dans les pays en développement (Behm et Primarite, 1978 ; Caldurell, 1979 ; Caldurell et Mc Donald, 1981 cités par Caselli et al, 2002)5.

5 Virdaou Tao (2005)

· Le statut vaccinal

La vaccination permet d'éviter certaines maladies meurtrières ou décès liés à ces maladies. Conformément aux recommandations de l'OMS, un enfant est complètement vacciné lorsqu'il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole et trois doses de vaccin contre la polio et le DTCOQ (protection contre la diphtérie, tétanos et coqueluche). Tous ces vaccins doivent être administrés avant l'âge d'un an.

Le Programme Etendu de Vaccination (PEV) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se concentre sur six maladies infantiles courantes qui peuvent être prévenues par la vaccination: diphtérie, coqueluche et tétanos (DPT), rougeole, polio et tuberculose (BCG). La couverture complète de vaccination des enfants âgés de 12 à 23 mois varie énormément entre les 29 pays d'Afrique subsaharienne ayant fait l'objet d'une enquête, allant de 11% seulement au Tchad, à 78% en Zambie.

· Mode d'allaitement

Les pratiques d'alimentation constituent des facteurs de l'état de santé de l'enfant et qui à son tour affecte la morbidité et la mortalité des enfants. En ce sens, les chercheurs s'accordent à reconnaître que le lait maternel constitue, à bien des égards, un aliment irremplaçable pour le nouveau-né jusqu'à 6 mois. En effet, le lait maternel transmet les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants pendant les premiers mois d'existence. En outre, la qualité hygiénique du lait maternel est une condition préalable. Le lait maternel permet également d'éviter les déficiences nutritionnelles et de limiter la prévalence de certaines maladies telles que la diarrhée et la pneumonie.

Pour Akoto et Hill (1988), c'est un facteur crucial pour la santé des enfants âgés de 0 à 6 mois, surtout dans les pays pauvres où les aliments pouvant remplacer le lait maternel sont souvent chers et inappropriés, tant du point de vue hygiénique que nutritif. En Côte d'Ivoire, la durée moyenne d'allaitement était de 20 mois en 1994, de 18,2 mois au Cameroun en 1991 alors qu'elle était de 25,9 mois au Rwanda en 1992.

L'OMS et l'UNICEF, dans l'une de leurs recommandations, suggèrent que les enfants soient nourris exclusivement au sein jusqu'à 6 mois. Or, les statistiques montrent que 2% seulement des enfants de 0 à 3 mois sont nourris comme le recommandent l'OMS et l'UNICEF ; alors que 56% reçoivent de l'eau en plus du lait maternel et 41% d'autres types de liquides ou aliments en plus du lait maternel. Ainsi les 1% des enfants sont non allaités au sein. L'allaitement au sein par son intensité et par sa fréquence, prolonge l'infécondité postpartum, par conséquent, affecte l'intervalle entre les naissances, et influe sur le niveau de fécondité.

La bonne alimentation de l'enfant et l'allaitement maternel en particulier dépendent en grande partie des facteurs nutritionnels de la mère. En ce qui concerne l'alimentation de complément, l'OMS souligne qu'à partir de 6 mois, le lait maternel ne suffit plus pour assurer la bonne croissance possible de l'enfant, d'où la nécessité d'introduire à cet âge des aliments solides de complément dans l'alimentation de ce dernier. L'alimentation de complément des enfants au delà de six mois doit comprendre des farines, les légumes, les oeufs, les viandes, les fruits, etc., lorsque l'alimentation de complément est pauvre, l'enfant est exposé à des risques élevés d'infections qui peuvent être mortelles. Les enfants mal nourris ou sous nourris (selon les indices anthropométriques) sont en situation de faiblesse physique qui favorise les infections qui, à leur tour, influent sur les risques de décéder.

1-2 Les facteurs biodémographiques de la mère et de l'enfant

· Le sexe de l'enfant

La relation entre mortalité et sexe de l'enfant a été démontrée dans plusieurs études effectuées sur les pays du sud du Sahara où cette variable revêt la même importance. Une étude au Tchad montre que l'on observe une surmortalité masculine durant la petite enfance c'est à-dire de (0-1 ans) dont les raisons sont d'ordre physiologique.

Selon le rapport de la Banque Mondiale sur les politiques de développement 2003, si les différences de mortalité entre sexe sont en bonne partie une question biologique, ce scénario dépendrait de la structure chromosomique particulière des garçons et du développement plus lent de leurs poumons, dû aux effets de la testostérone.

Akoto (1991) a noté que les garçons sont plus vulnérables à la naissance, alors qu'une fois les premiers mois franchis, leur résistance aux agressions extérieures dépend en grande partie du comportement social à l'égard des garçons et des filles.

Nadajarah (1983), cité par Venkatacharya en 1986 affirme que cette différence de mortalité selon le sexe est en faveur des garçons dans certains pays d'Asie du Sud (Bangladesh) où l'on accorde une préférence aux enfants mâles pour l'allaitement et les soins de santé.

· Intervalle inter génésique

Dans la littérature, il a été montré une association entre l'intervalle entre deux enfants nés vivants et la mortalité de ceux-ci : plus l'intervalle est court (moins de deux ans) plus élevé est le risque de décéder de l'un ou de l'autre enfant. L'étude de Hobcraft (1984 cité par

Barbieri (1989) a montré qu'un enfant né moins de deux ans après la naissance précédente court un risque de décéder de 52% plus élevé que celui plus de deux ans après la naissance précédente, si l'enfant issu de cette dernière vit encore.

Akoto et Hill (1989) soulignent que l'effet d'un intervalle intergénésique court est le plus important durant la période néonatale. Ainsi, plus les naissances se rapprochent moins est de bonne qualité le lait maternel, notamment sous l'effet d'épuisement physique de la mère. Le rapprochement des naissances peut entrainer une déficience physiologique de la mère et a un impact sur le poids du nouveau-né.

1-3 Les facteurs culturels

· La religion

Pour Akoto (1991), la religion est un facteur de conditionnement social qui peut influencer sur la mortalité. «D'une manière générale au sein d'une même population, l'appartenance à des groupes religieux différents peut entrainer de différence de mortalité ».

Mudubu (1996) souligne qu'en Afrique noire, de façon générale, la religion est une variable qui sert à approcher d'autres variables telles que l'instruction, la profession. Cette thèse a été soutenue par Akoto (op cite) qui a pris l'exemple des études au Cameroun et au Sénégal, ces études ont montré que l'effet de la religion sur la mortalité a disparu complètement en introduisant les caractéristiques socio-économiques de leur mère.

· L'ethnie

En ce qui concerne l'ethnie, pour Akoto (1985), l'ethnie est une variable opérationnelle de la culture. Elle influence la mortalité des enfants par les modèles culturels (organisations sociales, environnement, etc.), les normes, les idées, les croyances et attitudes qui sont véhiculés par les membres de la société. La culture influence la mortalité à travers la perception de la maladie. La définition et le symptôme de la maladie des enfants que donnent les parents conditionnent la rapidité du recours au système de soin et donc la survie de l'enfant. En effet, l'ethnie agit à travers les croyances, les perceptions, les attitudes, les valeurs relatives au modèle culturel de référence.

Certaines études d'Akoto et Tabutin,(op cite) ont montré que les obstacles liées à l'attachement aux valeurs traditionnelles peuvent être surmontés grâce aux effets bénéfiques de la modernisation, de l'instruction, de l'urbanisation et de l'amélioration des conditions de vie des populations.

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