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Déterminants de l'épargne domestique dans l'UEMOA

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par Yaovi AZANLEKO
Université de Lomé Togo - Master en économie de Développement 2012
  

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2.2.2. Principaux résultats de l'estimation de modèle

Les résultats portent sur l'estimation du modèle empirique par la méthode des GMM en système après l'implémentation du test d'hétéroscédasticité qui a permis de choisir les GMM aux dépens des IV.

En effet, nous avons d'abord eu recours au test d'hétéroscédasticité de Breusch-Pagan et Cook-Weisberg (Annexe 2). Ce test a pour hypothèse nulle H0 : la variance des erreurs est une constante (absence d'hétéroscédasticité). Les résultats du test se trouvant à l'Annexe 2 donnent une probabilité Prob>Chi2 = 0.0091. Par conséquent l'hypothèse nulle d'absence d'hétéroscédasticité est fortement rejetée et c'est l'hypothèse alternative qui est acceptée, celle de la présence d'hétéroscédasticité. Dans ce cas, il convient d'utiliser l'estimateur GMM plutôt que l'estimateur IV.

Puisque le GMM en différence est moins efficient que le GMM en système, c'est donc de l'estimateur GMM en système dont nous nous servons dans nos différentes régressions.

Après la spécification de l'estimateur, nous avons procédé à l'estimation du modèle en trois régressions (Annexe 3).

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Tableau 4 : Estimateur GMM en Système

Variable dépendante : Taux d'épargne domestique (tepd)

Régression I

Régression II

Régression III

tepd (-1)

0.8584 (0.000) ***

0 .7946 (0.000) ***

0.7922 (0.000) ***

d_lpibt

24.8309 (0.015) **

 

27.1592 (0.004) ***

intd

0.09926 (0.198)

 

-0.1941 (0.377)

infl

0.0033 (0.971)

 

-0.2804 (0.221)

d_credint

0.3178 (0.037) **

 

0.2979 (0.020) **

d_crinpr

-0.5071 (0.017) **

 

-0.4489 (0.025) **

young

 

2.4780 (0.273)

6.02769 (0.040) **

old

 

-52.6958 (0.190)

-59.0829 (0.133)

esp

 

-0.04096 (0.335)

-0.10115 (0.144)

urb

 

0.0968 (0.071) *

0.1331 (0.019) **

pol

0.1377 (0.115)

0.2584 (0.124)

0.3619 (0.002) ***

uem94

0.44011 (0.335)

0.27008 (0.644)

-0.1815 (0.735)

Sargan

Prob > chi2 = 0.935

Prob > chi2 = 0.915

Prob > chi2 = 0.836

AR(2)

Pr > z = 0.240

Pr > z = 0.196

Pr > z = 0.234

Significativité globale du modèle

F(8, 7) = 16.15 Prob>F = 0.001

F(7, 7) = 185.62

Prob>F = 0.0000

F(12, 7) = 31.88

Prob > F = 0.000

Nombre d'observations

245

245

245

( ) ***, ( ) ** et ( ) * indiquent respectivement la significativité à 1%, 5% et 10% Source : Nos données dans STATA 11

La Régression I a estimé les variables macroéconomiques pouvant expliquées la performance d'épargne dans l'UEMOA. Il ressort que le PIB réel par tête, le crédit intérieur et le crédit au secteur privé ont des effets significatifs sur l'épargne domestique. Dans la Régression II, qui n'a prise en compte que les variables démographiques, mis à part le taux d'épargne domestique retardé, seul le taux d'urbanisation s'est révélé significatif. Puisque les constituants macroéconomiques, démographiques et politiques peuvent interagir les uns sur

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les autres, nous sommes passés à la Régression III qui a pris en compte toutes ces catégories de variables. Les résultats de cette régression sont consignés dans la dernière colonne du Tableau 4 ci-dessus.

En plus des trois variables macroéconomiques (d_lpibt, d_credint, d_crinpr) et de la variable institutionnelle (pol) déjà significatives dans la Régression I, s'ajoutent dans la Régression III le ratio de dépendance de moins de 15 ans (young) et le taux d'urbanisation (urb).

L'épargne domestique dans la zone UEMOA est positivement liée au PIB réel par tête, au volume du crédit bancaire aux économies, à la stabilité politique, au ratio de dépendance des moins de 15 ans et au taux d'urbanisation. Elle est par contre négativement liée au crédit du secteur privé.

Le coefficient du taux d'épargne domestique retardé est resté positif et fortement significatif dans toutes les régressions. Cela est le signe d'une évolution inertielle du taux d'épargne domestique dans les pays de l'UEMOA. Le comportement d'épargne est donc persistant dans ces pays une fois qu'il est acquis.

Toutes les régressions effectuées dans cette étude montrent que le PIB réel par tête est fortement significatif et a un effet bien positif sur la croissance du taux d'épargne. Ce résultat est en adéquation avec l'analyse keynésienne de la fonction d'épargne selon laquelle une augmentation progressive du revenu des agents réduit leur propension marginale à consommer et par conséquent augmente la propension marginale à épargner. Le coefficient de d_lpibt indique que la variation positive d'un point du revenu réel par tête permet à l'épargne domestique de connaître une évolution à la hausse de 27.1594 de points. Cette preuve empirique vient confirmer celles auxquelles ont abouti des études précédentes dont celles de Bosworth (1993), Carrol et Weil (1994) et de Edwards (1996). Elle corrobore l'hypothèse selon laquelle il existe un »cercle vertueux» allant d'une croissance rapide à des taux d'épargne élevés.

Le coefficient du crédit intérieur fourni par le secteur bancaire (d_credint) est significativement positif. Nos résultats indique la hausse du crédit bancaire de 10 points de pourcentage se traduit par une hausse du taux d'épargne domestique de 2,98 points. Ceci en appelle au rôle essentiel des intermédiaires financiers que sont notamment les banques classiques, les institutions financières semi-formelles (les institutions de microfinance) du système financier décentralisé (SFD) et les marchés financiers. A l'opposer du coefficient du crédit bancaire, celui du crédit au secteur privé est significativement négatif dans les deux

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régressions. Ceci est la preuve que les contraintes liées à l'emprunt ou au crédit du secteur privé agissent négativement sur la performance d'épargne des agents économiques. Ce résultat conforte l'idée que le secteur bancaire formel n'accompagne pas véritablement les initiatives du secteur privé.

Nos résultats confirment alors les preuves empiriques présentés par Schmidt-Hebbel et al (1994), et par Jappeli et Pagano (1996) qui ont trouvé, à l'aide de différents échantillons, que les contraintes sur l'emprunt affectaient négativement l'épargne privée. Il est important de préciser que ce résultat peut porter à discussion dans la mesure où le taux du crédit fourni au secteur privé peut ne pas refléter sa vraie valeur surtout dans le cas des pays en développement où le secteur informel représente une part importante du secteur privé. En plus, seul le crédit du système bancaire classique est pris en compte alors que le rôle des institutions financières informelles ou semi-formelles dans les activités du secteur privé, surtout celles des petites et moyennes entreprises, est d'une importance non négligeable. La raison est la non disponibilité des données relatives aux crédits des institutions du système financier décentralisé sur une longue durée.

Le coefficient du taux d'intérêt, bien que non significatif, est négatif dans les deux régressions du tableau 5. Ce résultat est cohérent avec les résultats obtenus dans beaucoup de travaux de recherche dont celui de Edwards (1996). Et comme l'a trouvé Giovannini (1985) à partir d'un échantillon de pays en développement analysés en coupes transversales, la réponse de l'épargne à la variation du taux d'intérêt réel n'est pas significativement différente de zéro. De même Schmidt-Hebbel, Webb, et Corsetti (1992) n'ont trouvé aucun effet net du taux d'intérêt sur l'épargne. Aussi, le coefficient du taux d'inflation s'est révélé négatif mais non significatif dans ces deux régressions. Ces deux derniers résultats laissent présager que, quand bien même négatifs dans toutes les régressions, les décisions d'épargne dans la zone UEMOA ne sont pas nécessairement fonction de la stabilité macroéconomique (l'inflation) et de la rémunération de l'épargne (le taux d'intérêt).

Ces résultats vérifient notre première hypothèse de recherche qui stipule que les variables macroéconomiques influencent différemment, et selon leur nature, les performances d'épargne dans l'UEMOA.

Le coefficient de l'indice des libertés politiques utilisé comme proxy de stabilité politique est statistiquement significatif au seuil de 5%. Son coefficient indique qu'une amélioration du score de un point augmenterait le taux d'épargne de 0.36%. Ce résultat permet d'affirmer

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qu'un environnement politique plus stable est propice à l'épargne dans la mesure où il donne confiance aux acteurs économiques à faire des investissements dont une partie des revenus pourrait être consacrée à l'épargne. Ceci vient en appui dans une certaine mesure à la conclusion de l'étude de Nissanke et Aryeetey (1998) qui indiquait que les variables structurelles et institutionnelles sont très importantes dans la mobilisation de l'épargne publique et privée des pays de l'Afrique sub-saharienne.

Deux de nos quatre variables démographiques sont significatifs au seuil de 5%. Il s'agit du ratio de dépendance des personnes âgée de moins de 15 ans (young) et le taux d'urbanisation (urb). Le ratio de dépendance des jeunes gens (young) a un effet positif sur l'épargne domestique. Ce résultat contraste avec l'hypothèse de cycle de vie et contredit un certain nombre de preuves empiriques, mais n'est pas vide de sens. Les pays africains sont marqués par l'extrême jeunesse des populations. Pour les pays de l'UEMOA et sur notre période d'étude, près de 46% de la population a moins de 15 ans et dans le même temps près de 70% de la population vie en milieu rural. Ces facteurs font que les jeunes sont fortement sollicités dans les activités agricoles étant donné que la plupart des pays de la sous région sont essentiellement agricoles. Très tôt, les jeunes participent donc à la création de la richesse nationale même bien avant l'âge adulte ; ce qui peut laisser paraître cet effet positif sur le taux d'épargne domestique. Il faut chercher à juguler cet effet car à long terme il peut devenir négatif et constitué une entorse à la croissance économique de ces pays.

Cependant et conformément à l'hypothèse de cycle de vie, le ratio de dépendance des personnes âgées (old) agit négativement sur le comportement d'épargne quoi que dans nos estimations les coefficients de cette variable ne sont pas significatifs. Ce résultat se rapproche de celui de Nissanke et Areyeetey (1998) qui trouvaient tout à fait normal l'effet négatif du ratio de dépendance sur l'épargne privée mais affirment que la relation entre ces deux variables est encore loin d'être solide. L'espérance de vie à la naissance a également un effet négatif, comme on peut s'attendre, sur le taux d'épargne domestique ; seulement que l'effet n'est pas significatif.

Le taux d'urbanisation s'est révélé comme une variable agissant positivement sur l'épargne domestique des pays de la zone bien. En moyenne 28.56% seulement des populations de la zone UEMOA vivent en milieu urbain sur la période d'étude. L'accroissement du taux d'urbanisation permet aux populations de disposer davantage des méthodes conventionnelles d'épargne grâce à l'accessibilité aux services financiers plutôt que d'avoir recours aux formes d'épargne non monétaire telles que les bijoux de valeur et les biens réels.

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Ces derniers résultats nous amènent à reconnaître que notre deuxième hypothèse de recherche n'est pas totalement vérifiée ce qui es d'ailleurs prévisible.

Implications de politiques économiques

Les principaux enseignements que nous dégageons des résultats obtenus peuvent être résumés comme suit :

- Le PIB réel par tête représente une variable d'influence importante de l'épargne
domestique dans les pays de l'Union. En conséquence, toute politique visant à promouvoir l'épargne intérieure aurait des effets limités si elle ne vise pas d'abord à accroître les revenus des habitants.

- Le crédit intérieur bancaire et les contraintes au crédit du secteur privé méritent une

attention particulière de la part des pouvoirs politiques. Il revient aux institutions financières publiques comme privées, formelles, informelles ou semi-formelles de jouer chacun pleinement sa partition. Les banques classiques se doivent de rendre moins couteux l'accès au crédit en rendant plus flexibles les conditions et modalités d'emprunt. L'activité des systèmes financiers décentralisés doit être encouragée en la rendant beaucoup plus professionnelle.

Les institutions de microfinances, qui prennent en charge la couche de la population (la plus importante d'ailleurs) exclut du système financier classique en leur accordant non seulement des crédits à des conditions d'accès moins coûteuses, mais aussi d'autres produits financiers, doivent être consolidées dans leurs activités. Notons tout de même que les taux d'intérêt souvent élevés sur les crédits pratiqués par ces institutions ne sont toujours pas de nature à optimiser leurs prestations surtout celle de permettre aux couches les plus défavorisées de pouvoir entreprendre des activités productives et génératrices revenu même si on peut comprendre que se sont les intérêts sur les crédits accordés qui permettent d'assurer une partie du salaire du personnel de ces institutions et de rémunérer l'épargne.

Certes, le rôle de l'épargne intérieure est à présent unanimement reconnu comme essentiel dans le développement économique. Mais l'organisation des organes de sa collecte et de sa redistribution demeure un chantier inachevé. En effet, les systèmes financiers formels sont des intermédiaires financiers surs, mais leurs actions sont limitées pour promouvoir le

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développement. Quant aux systèmes financiers décentralisés qui font le choix de la mobilisation de l'épargne intérieure, dont la dimension plus globale et le caractère professionnel permettent une accumulation de l'épargne ainsi qu'une allocation plus efficace et plus large des crédits, les parts qu'ils consacrent au financement des investissements des micro-entreprises limitent les perspectives de développement. L'épargne intérieure est donc un élément majeur du développement, à condition que les institutions d'épargne et de crédit ne restent pas neutres ou indifférents, et assument pleinement leur rôle dans le financement de l'économie.

- Le ratio de dépendance est également un facteur déterminant dans le comportement

d'épargne des populations de la zone UEMOA. Mais étant donné que la plupart des pays africains ne sont pas encore arrivés à la fin de leur transition démographique et que le taux de croissance démographique reste encore élevé, seule une politique de création d'emploi par les pouvoirs publics pourrait réduire le taux de dépendance et permettre l'accumulation du capital sans pour au tant s'inquiéter des désépargnes pendant les périodes de retraite.

- Un environnement politique stable fait régner la confiance au sein des populations qui

sont plus à même de prendre des initiatives d'épargner. Les crises politiques ne sont donc pas favorables à l'épargne domestique et par à la croissance économique.

- Les situations d'instabilité macroéconomique ou d'inflation grandissante créent un

climat d'incertitude en favorisant les dépenses de consommation ; ce qui réduit du coût la part du revenu disponible pour l'épargne. Cet effet négatif n'est certes pas significatif dans cette étude mais, nous estimons que pour garantir un niveau d'épargne domestique élevé, il convient de maintenir toujours l'inflation un niveau raisonnable.

- Le taux d'intérêt réel a un effet non significatif sur l'épargne domestique des pays de la zone. Ce qui sous tend que la décision d'épargne n'est pas fondamentalement basée sur les intérêts que va produire l'argent épargné. Une baisse ou une hausse de ce taux n'aura pas forcément un effet significatif sur l'épargne domestique. Mais il tout à normal de rémunérer le sacrifice de privation à la consommation d'une partie de son revenu dans sa juste mesure.

La mise en oeuvre de ces mesures ne peut avoir d'effet réel que si elle est opérée de façon collégiale.

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard