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Stratégies alternatives de mobilisation des ressources pour le financement de l'économie béninoise: une analyse en équilibre général calculable

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par Anatole GOUNDAN
Ecole nationale de la statistique et d'analyse économique Sénégal - Ingénieur statisticien économiste 2012
  

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CHAPITRE 4

ANALYSE DES RÉSULTATS DES

SIMULATIONS

42

Ce chapitre vise l'interprétation des résultats des différentes simulations. L'objectif de ces simulations est d'augmenter les ressources financières mobilisées (intérieures ou extérieures) afin d'en identifier les impacts. Trois principales simulations sont faites. La première fait l'hypothèse d'une augmentation de 15% des ressources extérieures. Afin de mieux cerner l'impact de cette hausse, trois situations sont étudiées. Dans un premier temps, la ressource mobilisée est est utilisée pour financer les investissements dans le respect de la configuration de la MCS 2007 ; la deuxième option consiste à financer exclusivement les investissements privés, et enfin la dernière politique suppose le financement des investissements publics avec les ressources mobilisées. La deuxième simulation et la troisième envisagent des mesures fiscales : une augmentation de 20% des taxes sur la valeur ajoutée (deuxième simulation) et une hausse de 25% des taxes sur le revenu des ménages. Dans la suite, les analyses seront faites en termes de variation entre la situation après le choc et la trajectoire de référence. La trajectoire est référence ou encore scénario de base est le comportement de l'économie en l'absence de tout choc ou de toute modification de politiques économiques. Pour un modèle d'équilibre général dynamique, un certain nombre d'hypothèses sont faites sur la situation de référence. En ce concerne notre étude, on suppose une croissance économique égale à celle de la population (3%). Ce qui permet de maintenir le revenu tête. Afin de maintenir le niveau des dépenses publiques par tête, on considère aussi qu'elles croissent dans la même proportion que la population.

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4.1 Impact d'une hausse des ressources extérieures

Une augmentation des ressources extérieures dans l'économie influe sur la plupart des grandeurs macroéconomiques et aussi sur le bien-être des ménages. Une étude comparée de trois possibilités d'orientation de ces ressources est faite dans cette section. Les trois orientations étudiées sont (i) une allocation optimale des ressources par le libre jeu du marché (cette politique sera notée SIM1A), (ii) une augmentation des investissements privés (SIM1B) et (iii) un accroissement des investissements de l'Etat. Dans les trois, la totalité des ressources mobilisées est utilisée.

Toute augmentation des investissements engendre inéluctablement un accroissement du produit intérieur brut (PIB) mais cet accroissement pourrait dépendre de la nature de l'investissement (privé ou public) et des secteurs financés. Le graphique suivant montre l'impact des trois politiques sur le PIB de référence.

Graphique 4.1: Variation du PIB

2 4 6 8 10

1.80 1.85 1.90 1.95 2.00

SIM1A
SIM1B
SIM1C

Période

Source :Résultats des simulations

Lorsqu'on utilise les moyens mobilisés pour financer l'économie béninoise suivant le schéma d'investissement de l'année de base (SIM1A), l'écart à la situation de référence est plus important que pour les deux autres politiques. En effet, bien que toutes les courbes de ce graphique soient croissantes, on sent une nette différence dans le temps (position relative des différentes courbes). On note également un meilleur accroissement du PIB si toutes les ressources mobilisées sont utilisées pour financer les investissements privés plutôt que les investissements publics. Ceci pourrait s'expliquer par le fait qu'en général

les entreprises privées opèrent des choix d'investissement souvent plus efficaces que les pouvoirs publics qui ne poursuivent pas le même objectif de profit que les premières. Mais qu'en est-il de la production des différentes branches et de la création de richesses?

D'abord, remarquons que la croissance du PIB enregistrée est due essentiellement à quatre branches de production : le secteur de la construction, la pêche, la sylviculture et les activités extractives. Pour les trois politiques simulées, la tendance est la même : la pêche et la sylviculture ont enregistré une croissance assez marginale (moins de 0.3%) tandis qu'on a une augmentation de la production du secteur de la construction de 6,85% en moyenne et de 2,81% pour les activités extractives. On note aussi un rattrapage du niveau de production de référence au niveau de certains secteurs tels que l'élevage, l'eau, la santé, les autres industries, les autres services et le secteur des transports. Le secteur de l'élevage et celui de l'eau ont mis deux années pour rattraper l'écart, tandis que le secteur de la santé et celui des autres industries ont pris trois années et le secteur services et la branche des transports ont pris respectivement quatre et sept années (voir annexe). Ce retard de croissance constaté dans ces secteurs peut être dû au fait que certains secteurs réagissent moins vite aux investissements que d'autres secteurs c'est-à-dire qu'on ne remarque l'impact d'un nouvel investissement qu'au bout d'un certain nombre d'années. Globalement, la première année de ces politiques, seuls quatre secteurs ont eu un accroissement de leurs produits mais sept ans après on en compte dix sur les dix-neuf que compte l'économie. Quant à la valeur ajoutée, le graphique suivant donne son évolution dans les trois cas.

Graphique 4.2: Évolution de la VA

2 4 6 8 10

-0.4 -0.2 0.0 0.2 0.4 0.6

SIM1A
SIM1B
SIM1C

Période

Source :Résultats des simulations

44

La première année de la mise en ?uvre des politiques simulées, la valeur ajoutée a baissé

45

par rapport à la situation de référence de 0,4% quelle que soit la politique cette année; mais la dynamique est différenciée selon le choix de politique. Le rattrapage de la valeur ajoutée de la situation de référence s'est fait après quatre ans de mise en ?uvre de la troisième politique (SIM1C), cinq ans pour la deuxième (SIM1B) et sept ans pour la première. Ce qui pourrait amener à conclure que l'investissement public permet de créer plus de richesses.

Une autre grandeur importante est le revenu des agents dont la variation suite aux différentes politiques est consignée dans le tableau suivant.

Tableau 4.1: Variation du revenu des agents (%)

Période

Firmes

Gouvernement

Ménages

 

SIM1A

SIM1B

SIM1C

SIM1A

SIM1B

SIM1C

SIM1A

SIM1B

SIM1C

1

1.165

1.165

1.165

2.088

2.088

2.088

1.796

1.796

1.796

2

1.308

1.289

1.252

2.152

2.141

2.121

1.810

1.802

1.786

3

1.446

1.407

1.336

2.213

2.191

2.152

1.823

1.807

1.777

4

1.577

1.519

1.415

2.271

2.239

2.182

1.836

1.812

1.769

5

1.702

1.625

1.491

2.327

2.285

2.211

1.849

1.816

1.761

6

1.822

1.726

1.562

2.381

2.328

2.238

1.861

1.820

1.754

7

1.937

1.822

1.631

2.432

2.368

2.264

1.872

1.824

1.748

8

2.047

1.913

1.696

2.481

2.407

2.290

1.884

1.828

1.743

9

2.152

2.000

1.759

2.527

2.444

2.314

1.894

1.831

1.738

10

2.252

2.082

1.818

2.572

2.479

2.337

1.905

1.834

1.733

Source :Résultats de nos simulations

L'augmentation des ressources pour le financement de l'économie accroît le revenu de tous les agents économiques en particulier le gouvernement qui enregistre une augmentation de plus de 2% dans les trois cas. Quant aux ménages, on constate que la variation (en %) du revenu change très peu d'une catégorie à une autre (entre 1,7% et 1,9%). En ce qui concerne les firmes, elles connaissent un gain de revenu supérieur dans la première situation.

Cette politique engendre une hausse du niveau général des prix de 1,22% la première année. Malgré le maintien de la hausse de ces ressources sur toute la période, l'écart de prix à la situation de référence diminue progressivement. Toutefois, la dynamique dépend de la politique menée. En effet, la diminution de cet écart varie assez rapidement dans les deux premières situations que dans la troisième.

Les revenus des ménages ont connu une hausse sensible(1,8% en moyenne) de même que l'indice des prix à la consommation, ce qui amène à s'interroger sur la variation du bien-être des ménages. Pour ce faire, nous recourons à la variation équivalente pour chaque type de ménages.

46

Pour les trois politiques simulées et sur toute la période, la variation équivalente est positive pour tous les ménages : ce qui permet de conclure que les ménages ont eu un gain de bien-être. Le bien-être de tous les ménages est croissant pour les simulations SIM1A et SIM1B tandis que pour la simulation SIM1C, le bien-être de certains ménages est décroissant. C'est le cas des ménages inactifs, des ménages non agricoles, des salariés du public, ceux du privé formel et ceux du secteur informel. Or, la plupart de ces ménages sont concentrés dans les villes. On peut donc dire que la troisième situation profitent plus aux ménages ruraux.

Au terme de cette analyse, on retient que la première hypothèse est vérifiée. En effet, la mobilisation supplémentaire des ressources extérieures pour financer les investissements accroît, sur toute la période, le PIB. Cette hausse est plus accentuée lorsque cet investissement respecte la structure de l'économie béninoise en 2007 (MCS 2007). Ces politiques occasionnent une hausse du niveau général des prix de plus de 1% sur la période. Le revenu de tous les agents augmente relativement à la situation de référence. On remarque que ces politiques sont assez favorables aux ménages en ce sens qu'elles entraînent une amélioration de leur bien-être. Mais comme on le constate la troisième politique (hausse des investissements publics) est moins favorable aux ménages urbains que les autres politiques.

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"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote