WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le symbole de la paix dans le processus de démocratisation des régimes monolithiques d'Afrique noire. Le cas du Cameroun

( Télécharger le fichier original )
par Fridolin Martial FOKOU
Ecole normale supérieure de l'Université de Yaoundé I - Diplôme de professeur de l'enseignement secondaire général 2ème grade 2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

INTRODUCTION GENERALE

En Décembre 1990, le président Américain Georges Bush annonçait au monde la volonté des USA d'assurer la paix et la stabilité partout dans le monde. Ceci passait par la promotion des régimes de démocraties libérales. Si ces mesures ont connues leurs « années de gloires » avec le phénomène de la fin des régimes monolithiques d'Afrique noire, il faut dire que les années n'ont pas suivi les exploits escomptés. En effet, le 19 Décembre 2000, la Côte d'Ivoire, un exemple de démocratie jusque reconnu sombre dans le « chaos ». En Mars 2003, La République Centrafricaine est en proie à de nouveau tumulte dont les répercutions se sont fait sentir au Cameroun. Toutes ces considérations nous ont amené à nous interroger la fonctionnalité et la régularité du diptyque « démocratie et paix »dans ce que Zartman a appelé les  fauled States1(*).

Ainsi, le fonctionnement de la démocratie camerounaise se fait, depuis 1990, sur un double prisme à la fois interne et externe. Se faisant, elle coïncide avec les idéaux de la fin du XXème siècle, l'évolution politique du Cameroun a, après les années de braise, retrouver peu à peu une stabilité. C'est donc la volonté de ressortir les tenants et les aboutissants de cette situation qui nous poussé à définir le thème de recherche intitulé « Le symbole de la paix dans le processus de démocratisation des « régimes monolithiques » d'Afrique noire : le cas du Cameroun (1982-2006). Approche historique ».

Cette partie du continent a été présenté comme le talon d'Achille en matière d'avancée démocratique. En outre, le choix du Cameroun obéit à une logique d'identification et d'identisation. Ceci apparait d'autant plus pertinent que Zacharie serge Nyanid2(*) écrivait à l'ouverture de sa thèse que son choix d'éviter le Cameroun dans son étude,

Participe non de faire dans la langue de bois que dans le fait que malgré les entorses relatives qu'on pourrait constater ça et là dans ce pays, il demeure un îlot de paix où jusqu'alors aucune dérive démocraticide n'a été observée .

« Ilot de paix », voilà justement le terreau dans lequel notre travail ambitionne de se déployer. Ceci pour ressortir les tenants et les aboutissants de cette réalité.

Intérêt de la recherche 

Ce sujet révèle des intérêts à plus d'un titre. Et puisque « la pensée d'un auteur, un mouvement scientifique ou encore une science sont en rapport avec le milieu social qui les suscite» selon Saint-Arnaud3(*), sur un plan beaucoup plus subjectif, le désir de traiter ce thème relève tout d'abord de notre formation d'historien désireux d'apporter sa contribution à la rédaction et à la compréhension de l'histoire de son pays. Ensuite, nous avons été marqués par l'unité d'enseignement portant sur « la résolution des conflits et la promotion de la paix » de master I à l'université de Yaoundé I. Nous nous sommes alors rendu compte que les Relations internationales avaient subi de profondes modifications après 1990. Ainsi, au Cameroun comme partout en Afrique, la légitimation politique passe désormais non seulement par l'ouverture démocratique, mais aussi par la préservation de la paix et d la stabilité. Ilo est donc important pour nous de ressortir l'influence de la communauté internationale sur les choix politiques, stratégiques et gouvernementaux du Cameroun.

Sur un autre plan plutôt objectif, notre intérêt relève de ce que le monde de l'après 1990 est celui d'un capitalisme triomphant. En situant notre travail quelques années avant ces bouleversements, nous avions aussi la volonté de mettre en évidence la réponse du Cameroun par rapport aux nouvelles dynamiques de la communauté internationale que sont la stabilité et la démocratie. Ainsi donc, le Cameroun pourrait constituer un espace-leader en ce sens qu'il peut et doit servir d'exemple pour les autre pays d'Afrique noire dans ce vaste contexte qu'est la mondialisation.

Cadre théorique de la recherche 

La recherche historique est un long canevas mêlant à la fois discussions aussi bien d'époques que d'écoles. De fait, l'histoire a toujours été considérée comme « une science du passé »4(*) en ce sens qu'elle est sensée s'occuper des périodes révolus. Mais progressivement, la conception historique connut des changements et des évolutions non seulement sur l'objet de la discipline, mais aussi sur le concept de « périodicité ». Resté latente pendant les périodes antiques et moyenâgeuses, elles prirent de l'ampleur au début du XXème siècle avec la fondation de l'école des Annales dont les travaux influencèrent la science historique. Désormais, l'histoire quitte le champ de l'évènementiel pour recouvrir celui de « la globalité et de la totalité »5(*). Ainsi, écrit Fernand Braudel, « l'histoire se trouve aujourd'hui, devant des responsabilités redoutables, mais aussi exaltantes. Sans doute parce qu'elle n'a jamais cessé, dans son être et dans ses changements, de dépendre des conditions sociales concrètes. L'histoire est fille de son temps »6(*). C'est donc dire qu'avec l'école des Annales, c'est non seulement un pan de l'histoire qui se ferme, mais c'est aussi une nouvelle ère qui s'ouvre car désormais, « tout est objet de l'histoire » au sens de Marc Bloc. Aucun domaine n'échappe désormais à l'entendement historique. Mais, un problème demeure à savoir celui de la périodicité.

En effet, la perspective évènementielle et annaliste de l'histoire considère toujours qu'il doit avoir un fossé entre la période des faits et leur moment d'étude. En un mot, « le temps de l'histoire doit être différent du temps de l'historien »7(*).Il faut dire cette conception de l'histoire a été très répandue dans la plupart des Etats francophones d'Afrique. Mais cette approche apparait de plus en plus comme une incongruité. Ceux d'autant plus que ce modèle a connu des réaménagements dont on tarde encore à s'en apprivoiser sous les tropiques. Or, à l'heure de la cybernétique, pourquoi rester dans ce que René Rémond a appelé la « proto-histoire »8(*). C'est sous ce prisme que voit le jour la perspective de la nouvelle histoire avec des auteurs comme Emmanuel Leroy Ladurie, René Rémond... rejoignant ainsi certains auteurs antiques comme Voltaire qui établissait un rapprochement étroit entre l'objet étudié et le temps d'étude. C'est ainsi que sonne le glas de l'approche classique de l'histoire mettant en relief la possibilité d'une histoire immédiate dont la consécration est manifeste au début des années 1990 et qui constitue aujourd'hui tout un champ de la recherche historique9(*).

L'histoire immédiate appréhende désormais les faits actuels comme relevant de l'analyse historique. Le reproche à eux fait par les annalistes est relative à la temporalité car dit Fernand Braudel l'histoire s'évalue et s'appréhende sous le prisme de ce qu'il appelle « la longue durée » qui catégorise les évènements entre « évènements-monstre » et donc propre à l'histoire et les « phénomènes de surface » qui relève beaucoup plus du journalisme.

Le mot est lancé et les historiens de l'histoire immédiate sont assimilés aux journalistes car traitant des faits présents et actuels comme des journalistes sans toute considération sur la durée des faits étudiés. Or, abordant cette problématique du « présent » en histoire, Corneille y répondait déjà dans ses mémoires lorsqu'il écrivait que « considérer l'histoire comme une science relevant de l'étude du passé, c'est bien omettre que toute étude se fonde d'abord sur la réalité vécu par les hommes du présent »10(*). C'est donc dire qu'il n'existe pas de passé sans présent tout comme le présent ne prend du sens et de la compréhension que par rapport à l'intériorisation du passé. Cela donne donc au présent une consonance relativiste. Alors, qu'est-ce donc que le présent ? Pour Marc Bloch, « le présent est cet instant qui meurt aussitôt né »11(*). C'est dire que tout instant passé est considéré comme relevant du domaine de l'histoire. Comme l'a donc écrit, Henri Irénée Marrou, «  tout ce qui a été dit hier, tout ce qui é été dit il y a une heure, tout ce qui a été dit il y a une minute fait partir du passé »12(*) et donc peut être étudié.

Tout compte fait, la querelle des époques et des écoles ne pourrait contribuée qu'à affaiblir la science historique plus globalement. Si le problème de l'histoire immédiate est celui du risque de faire du journalisme, il faut tout suite dire que ce qui distingue l'historien du journaliste c'est « l'effort de mise en perspective historique » qui caractérise l'historien. Cet effort de mise en perspective donne à l'historien de l'histoire immédiate l'obligation de faire preuve de la pluri-disciplinarité qui occupe ainsi une place de choix dans ses investigations.

C'est donc dans toutes ces considérations d'ensemble qu'ambitionne de s'inscrire le présent travail non pas pour battre en brèche la conception classique de l'histoire, mais pour montrer tout simplement que l'histoire peut et doit désormais être analysé selon de nouveaux postulats afin de faire de cette discipline « la mère des sciences » au sens d'Hérodote. L'histoire se doit de s'accommoder à l'évolution du temps à la fois au sens historique qu'au sens classique du terme13(*). C'est donc seulement ainsi que la science historique prendra plus d'échos dans les sociétés d'Afrique francophone globalement et du Cameroun spécifiquement.

Cadre conceptuel de la recherche 

Comme l'écrit Emile Durkheim, « les mots de la langue usuelle comme les concepts qui les expriment sont toujours ambigus et le savant qui les exploiterait tel qu'il les reçoit de l'usage sans leur faire subir d'autres élaborations s'exposerait aux plus graves confusions »14(*). Ainsi poursuit-il,

 Toute investigation scientifique porte sur un groupe déterminé de phénomènes qui répondent à une même définition [...] La première démarche du chercheur [...] doit être de définir les choses dont il traite afin que l'on sache de quoi il est question [...] C'est la première et la plus indispensable condition de toute preuve et de toute vérification15(*).

Ainsi donc, il convient dans le cadre de ce travail, pour éviter toute confusion, de définir les concepts clés de notre recherche. Le premier de ces concepts c'est le concept de démocratisation. De prime abord, il faut préciser que démocratisation ne veut pas dire démocratie même si le concept de « démocratisation est une excroissance de celui de démocratie dans la mesure où il implique une action tendant à l'instauration des normes, pratiques et valeurs d'un système démocratique »16(*). Dans cette logique, il convient de s'appesantir un instant sur le concept de démocratie car son éclaircissement permet une meilleure compréhension de celui de démocratisation. De fait, l'examen de la notion de démocratie exige un « passage obligé par l'histoire et l'évolution des mentalités, des institutions, des mutations sociales et économiques, qui met à jour peu à peu l'avènement d'un régime politique autre que la monarchie et la tyrannie... »17(*). Comme on peut le constater, la démocratie n'est pas seulement une manière d'être des institutions, elle est plus encore peut-être une exigence morale. Or, cette exigence n'est pas définissable dans l'abstrait, car son contenu est déterminé à la fois par l'insatisfaction que procure une situation présente et par l'image de ce que serait un ordre politico-social meilleur18(*).

Démocratisation s'entend donc selon le dictionnaire Larousse comme « l'action de démocratiser ». Au plan strictement interne, elle s'entend comme « le processus d'établissement et de reconstruction d'un régime de libertés appréciés tant au niveau de son enracinement durable que de son authenticité en matière de respect de la volonté populaire et des Droits de l'Homme »19(*). Passer donc d'une conception interne à une conception globale, amène à considérer ce concept comme,

Une quête inachevée, qui s'appréhende sous la perspective d'un processus par lequel les règles et les procédures de la citoyenneté sont soient élargies afin d'englober les individus qui n'en bénéficiaient pas, ou encore étendues pour recouvrir les domaines et les institutions qui précédemment étaient fermés à la participation des citoyens20(*).

Dans cette logique, Georg Sorensen21(*) élabore trois modèles de démocratisation à savoir les démocratisations faibles et non consolidées, les démocratisations confrontées aux problèmes socio-économiques et les organisations et mobilisations populaires pour la démocratie. Le premier modèle s'observe dans les pays politiquement et économiquement non viables. Ce sont des démocratisations dites « néo-patrimoniales » marquées par l'omniprésence du « chef ». Le Cameroun comme la plupart des pays d'Afrique noire obéit à ce premier modèle de démocratisation.

Coïncidant donc avec les idéaux de la fin de la guerre froide, la démocratisation s'entend donc comme,

Le développement d'une culture démocratique précise, exigeante, évolutive, à la fois originale pour le peuple qui la génère et s'y reconnait, et pourtant universelles par leurs valeurs et principes qu'elle inculture [...] : Droits de l'Homme et des peuples. Le principe de fonctionnement est le dialogue systématiquement institutionnalisé supposant la reconnaissance de multiples pôles d'autorités [...] et par conséquent la distinction des pouvoirs coordonnés [...] Il y a démocratisation lorsqu' un progrès dans la distinction et la coordination des pouvoirs est réalisé. Une démocratisation est donc une double dynamique de pluralisation et de cohérence22(*).

Le second concept est celui de la paix. La paix, voilà un concept dont la consonance et la signification posent un certains nombre de problèmes. En effet, s'il est des termes dont la définition pose problème, le concept de paix fait partie de ces termes. De fait, tout comme il est impossible de penser à la vie sans penser à la mort, il est difficile de concevoir la paix sans la guerre, la stabilité sans le conflit, le repos sans le tumulte. Ainsi donc, pour comprendre le concept de paix, il faut élucider celui de guerre car comme le dit Proudhon, « la guerre a pour elle le fait, c'est-à-dire une possession de six milles (6000) ans, tandis que la paix est toujours à l'état de projet et de perspective »23(*). Alors, Thierry de Montbrial et Jean Klein continue en déclarant que :

La guerre a sur la paix l'avantage de la visibilité [...] Le fait qu'on en donne souvent une réponse négative (absence de guerre ou intervalle entre deux guerres) ne plaide pas en faveur d'un repérage chronologique, mais souligne aussi combien il est difficile de donner à la paix un visage autre que banal et sans relief24(*).

Comprise alors comme « l'état de concorde, d'accord entre les membres d'un groupe, d'une nation » selon le Petit Larousse, « la paix désigne un état positif de concorde, d'harmonie, de sérénité et n'est donc pas qu'une simple absence de guerre »25(*).Elle est un bel idéal qu'on cependant difficilement cerner, mesurer ou localiser. En effet, « la paix pose des problèmes bien plus complexes que la guerre, celle-ci peut être totale, la paix ne l'est jamais »26(*). La charte des nations Unies, acte fondateur du nouvel ordre mondial après 1945 fait du respect et du maintien de la paix le premier de ses objectifs27(*).

C'est dire que la paix a donc désormais son statut, de plus en plus précis et détaillé. Ainsi, le projet de paix perpétuel d'Emmanuel Kant, remis au gout du jour après 1009 assimile le maintien de la paix à la pratique de la démocratie. Alors, le concept de paix a une signification polysémique et polymorphe car il signifie à la fois un état d'esprit (paix intérieure) et un comportement. En tant que comportement, il peut s'agir du comportement d'un individu ou d'un Etat. Dans le cas d'un Etat, la paix est alors assimilable à la stabilité. Il est donc important de considérer dans ce travail, de manière interchangeable, les concepts de paix et de Stabilité.

La stabilité, étymologiquement « caractère de ce qui est stable », pour un Etat est une conjonction à la fois des données structurelles et du comportement de ceux qui constituent au sens de Luc Sindjoun, « le marché gouvernant ». Le maintien de la paix c'est donc le maintien de la stabilité. Et ceci n'est possible que si l'ensemble des acteurs de la société internationale appréhendent et apprécient une même logique de comportement. Ainsi, la convergence vers l'unilatéralisme de la pensée est induite par la promotion des valeurs démocratiques de plus en plus véhiculées sur la scène internationale. C'est ainsi que le concept de la paix prend des allures de mondialisation au point où l'on pense désormais à « mondialiser la paix ». Mondialiser la paix suppose donc prôner des valeurs de démocraties car « les démocraties tendent à former une communauté de sécurité informelle reposant sur leur caractéristiques domestiques et au sein de la quelle le recours à la violence et à la guerre seront pour l'essentiel exclu »28(*).

Ainsi, l'un des faits majeurs de la fin du XXème siècle est « l'émergence de la mondialisation comme paradigme quasi-central de l'évolution des Relations Inter-étatiques »29(*). Cette dernière est dès lors présentée comme une « occurrence irrésistible, un évènement implacable, un phénomène d'ordre quasi-naturel, qui déferlerait sur nos sociétés comme une forte pluie dont on ne peut attendre à la fois des effets fertilisants et quelques dégâts matériels »30(*). C'est donc dans toutes ces considérations conceptuelles qu'il faudra comprendre certains concepts utilisés dans le cadre de ce travail.

De plus, l'expression important dont il est nécessaire de clarifier est celui de « régimes monolithiques ». De fait, définir l'expression de régimes monolithiques revient à clarifier celui de régime. En effet, un régime se définit étymologiquement vient du latin regimen qui signifie « direction », « c'est une règle observée dans le mode de vie »31(*). C'est le mode de fonctionnement d'une organisation politique, économique et sociale d'un Etat32(*). Le terme monolithique quand à lui est un adjectif qui signifie « d'un seul bloc où il n'y a pas de tendances ». Ainsi, un régime monolithique est un régime au sein duquel le fonctionnement politique, économique et social suit un seul et même direction. Cela veut dire que ce type de régime est basé sur la volonté d'un seul homme. Ils furent institués en Afrique au lendemain des indépendances basé sur le règne de ceux que l'on a appelé « les pères d'indépendances »33(*) dont les régimes étaient basés sur l'institution d'un parti unique, « un parti unifié », comme ils l'appelaient à cette période, l'embrigadement de la parole, le bannissement des opposants politiques.

Ainsi, les évènements de 1990 constituent donc à cet égard un changement radical dans le mode de gouvernance où désormais, le jeu politique est favorisé par l'organisation d'élections démocratiques. C'est ainsi que les anciennes dictatures d'Afrique noire ont été, malgré elles, contrainte à s'ouvrir aux nouvelle dynamiques mises en place par l'accroissement du phénomène de la mondialisation. C'est donc dans cette logique qu'il faut entendre l'expression de régimes monolithiques dans le cadre de ce travail.

Cadre Spatio-temporelle de la recherche

Tout travail de recherche, tout raisonnement scientifique obéit au diptyque espace-temps. Et ceci est d'autant plus important que l'histoire a justement pour vocation de « reconstituer ce qui s'est passé ». Ainsi, la réalisation de ce travail prend en compte un découpage à la fois spatial et temporel.

L'espace d'étude considéré ici est le Cameroun, pays situé en Afrique centrale au fond du golfe de guinée, constitué d'une multitude d'ethnie et gouverné par l'interaction de plusieurs climats. Cet état de chose fait de lui le microcosme de l'Afrique. De fait, avec une population estimée à 19406100 habitants, le Cameroun est un pays considérable et à considérer non seulement dans la logique des puissances en Afrique centrale qu'en Afrique en général.

La délimitation chronologique quant à elle se déploie dans le cadre temporel dont les extrémités sont 1982 et 2006. La première extrémité marque la date de la passation de pouvoir au Cameroun entre les présidents Ahmadou Ahidjo et Paul Biya. « Transition pacifique » a-t-on considérer au soir du 06 Novembre 1982.

La seconde extrémité à savoir 2006, marque un double évènement au Cameroun, l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvre Très Endetté (IPPTE) et la signature du décret de loi portant création d'Election's Cameroun (ELECAM). Il s'agira donc essentiellement de mettre en évidence le fonctionnement du duopole démocratisation et paix dans l'espace-temps considéré.

Revue de la littérature 

Yves Alexandre Chouala34(*) écrivait que « toute construction scientifique est une immense combinatoire, une reformulation et une création nouvelle à partir du déjà là» et Jean Pierre Frangnière35(*) de dire que :

On est rarement le premier à aborder une question, ou plus précisément, le champ thématique que l'on entreprend a déjà été balisé par des études voisines ou « cousines », ou bien il se réfère à des termes fondamentaux sur lesquels les bibliothèques entières ont été écrites.

Ainsi donc, il est nécessaire de faire l'inventaire des travaux relatifs à la thématique de la démocratisation au Cameroun. Que se soit « la revue de la littérature »36(*) pour les uns ou « l'état de la question »37(*) pour les autres, c'est un exercice important car il jette les bases de l'orientation ou la réorientation même de la thématique choisie. Ainsi donc, la démocratisation au Cameroun a fait l'objet d'une immense littérature. Nous avons entre autre Hugues François Onana38(*), Zacharie Ngniman39(*) et Valentin Ndi Mbarga40(*). A la différence des deux premiers qui font simplement l'assemblage d'évènements historiques relatifs à la période de démocratisation au Cameroun, Valentin Ndi Mbarga y apporte des analyses importantes notamment sur l'impact de la conjoncture internationale sur le processus de transition démocratique au Cameroun. Néanmoins, son analyse fait la part belle à l'exagération de l'élément ethnique dans le choc des idées au Cameroun.

Moukoko Priso41(*) y apporte une analyse supplémentaire et complémentaire en y mettant en exergue le rôle de l'opposition Camerounaise dans l'ouverture démocratique au Cameroun. Mais, on y relève une confusion entre l'histoire politique du Cameroun et celle du «parti nationaliste » l'Union des Populations du Cameroun (UPC).

En outre, Zacharie Ngniman42(*) dans un autre ouvrage y fait un bilan de l'évolution démocratique au Cameroun. Pour lui, la démocratisation ne saurait être une donnée figée mais bien un construit qui devra chaque subir des aménagements. Mais, pour Ngniman, cette construction est imputable seulement au parti au pouvoir d'où le risque pour lui de faire l'hagiographie du parti au pouvoir le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Or, la démocratisation d'un Etat est une interaction gouvernement-opposition. De plus, il n'insiste pas sur l'élément de la paix ou mieux de la stabilité dans la construction de cette architecture.

Fabien Eboussi Boulaga43(*) à travers son ouvrage met en évidence tous les mécanismes ayant entouré le processus démocratique au Cameroun. Pour lui l'ouverture démocratique au Cameroun est antérieure à ce qu'il est convenu d'appeler «  le vent de démocratisation venu de l'Est ». C'est pourquoi il divise la période camerounaise de démocratisation en deux ; ce qu'il appelle « la démocratisation du parti unique » et la « démocratisation à l'heure du pluralisme politique ». Ainsi, conclut-il le processus démocratique au Cameroun est encore à cheval entre l'acquis et le souhaitable d'où le terme de « démocratie de transit ». Néanmoins, son analyse bien qu'intéressante ne prend pas en compte tout l'aménagement démocratique au Cameroun car son ouvrage se limite aux évènements couvrant la période allant de 1982 à 1997.

A contrario, Francine Bitee44(*) y poursuit son raisonnement jusqu'en 2004. Son ouvrage constitue peut être la dernière parution sur la question de la démocratisation au Cameroun. Au demeurant, elle y omet d'inclure cette évolution dans la dynamique globale de la mondialisation. Ceci lui a empêché de comprendre et de justifier un certains nombre d'actes et de décisions posés par le gouvernement Camerounais.

Zacharie Ngniman45(*), bien qu'érigeant la paix en «impératif absolu» au Cameroun, la limite à la seule dimension locale. Or, l'unipolarisation implique nécessairement une mondialisation de la paix comme l'a bien montré Denis Arielle46(*).

Au titre des travaux de recherche, on peut mettre en évidence Martin Dieudonné Ebolo47(*) et Kenedy Fonju Njuafack48(*) qui mettent en évidence l'action des facteurs extérieurs dans la démocratisation du Cameroun. Néanmoins, le reproche que nous pouvons leurs faire est d'omettre l'influence du facteur paix dans cette transition. Or, comme nous pouvons le relever, le paradigme Camerounais doit s'appréhender avec les « inputs» inhérents à la situation camerounaise. Ainsi donc, les connivences et les convergences qui existent entre démocratisation et paix à « l'ère de la pensée unique» sont mises de coté.

Si Renner-Mamer-Lie Onana49(*) insiste pour sa part sur la dynamique de la transition démocratique en Afrique subsaharienne depuis la fin de la « situation coloniale », Zacharie Serges Nyanid50(*) y montre qu'à l'ère de l'unipolarisation du monde, la diplomatie y joue un rôle important dans les changements de régimes en Afrique noire. Ce qui pousse de facto les gouvernements africains à s'arrimer à cette nouvelle donne. Il y présente l'expérience camerounaise de cette appropriation.

Problématique de la recherche 

Tout travail de recherche passe incontestablement par la présentation d'une problématique centrale, car « elle peut être considérée comme l'intermédiaire entre la forme et le contenu de la connaissance scientifique»51(*) . Madeleine Grawitz52(*) dira qu'« elle correspond à un besoin de cohérence logique, met en oeuvre un ensemble de problème qui oriente la recherche et un corps de concepts qui, directement ou indirectement débouchent sur des hypothèses rendant compte d'un contenu riche de conflit». A l'entendement donc, « la problématique c'est l'ensemble construit, autour d'une question principale, des hypothèses de recherche et des lignes d'analyses qui permettront de traiter le sujet choisi»53(*). Ainsi donc dans ce travail il s'énonce comme suit :

L'accession à l'indépendance de la plupart des Etats africains en 1960 marque le début d'une vie politique mouvementée dans la plupart de ces pays. Celles-ci sont d'autant plus mouvementées que les modes d'accession à la souveraineté internationale diffère d'un pays à un autre54(*). Le système politique adopté par la plupart de ces pays fut identique à savoir le régime de parti unique. La raison avancée ici et là étant d'éviter « le prêt-à-porter institutionnel »55(*). Le Cameroun employant donc cette voie ne peut échapper à cette conjoncture africaine et avec elle le poids des évènements mondiaux marqués par la bipolarisation du monde. Le crédo du choix camerounais fut ainsi tempérer par la recherche d'une stabilité quasi certaine. Cette aventure franchit un cap important à la faveur du changement de régime intervenu à la tête de l'Etat camerounais. « Le Renouveau » pose donc au Cameroun un double enjeu, celui du maintien de la paix et de la promotion de la démocratisation du système politique jusque là en vigueur. Ceci allait le confronter à une double dynamique : le maintien de la paix et l'arrimage à l'évolution internationale marquée par la fin de la bipolarité et l'avènement de l'unipolarité du monde où les principes démocratiques sont érigés en mode de gouvernance universelle permettant l'émulation de « l'ordre mondial».

Dans cet écheveau et cet éventail de logique globale, l'Afrique noire, et le Cameroun, furent entrainés dans ce labyrinthe. Les réactions des uns et des autres allaient être consécutives à leurs modes de fonctionnement intrinsèque. Ainsi donc, le Cameroun allie stabilité et démocratisation afin de construire un environnement politique de plus en plus compréhensif et compréhensible faisant de lui une « entité unique » dans sa sous région conférant à ce dernier des attributs d'identification et d'identisation dans un contexte global de la, mondialisation où rien ne se fait désormais en marge de la compréhension internationale.

Alors, quels rapports pouvons-nous établir entre la démocratie et la paix dans la scène politique camerounaise ?

Quelle contenance peut-on et doit-on donner à la paix telle qu'appréhender sur la scène politique camerounaise ?

Tel sera le cadre d'analyse à partir duquel nous allons mettre en évidence la manifestation de la démocratisation dans le contexte camerounais.

Objectif de la recherche 

« Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice », écrit Louis Segond56(*). Ainsi, le choix de ce thème est guidé par le désir de mettre en relief le parallèle qui existe entre la démocratisation et la paix. Il est donc important de faire comprendre aux politiciens africains que les instabilités politiques ne peuvent et ne doivent plus être le lot quotidien des pays africains. Car, en l'absence de la paix, ce sont les conditions d'un sous développement qui s'installe.

D'un autre coté, ce travail poursuit un tout autre objectif, celui de faire comprendre aux politiciens africains en général et camerounais en particulier que « la paix est un bien avec lequel il faut continuer de composer » En effet, les conditions de développement de la paix mettent en exergue la formation d'un environnement démocratique. Ce qui suppose tout aussi l'organisation d'élections libres et transparentes, la lutte contre les fléaux sociaux...Car, au XXIème, la cause d'un conflit n'est plus seulement le refus d'accepter le verdict d'une élection présidentielle, mais bien les conditions sociales de vie des populations dans un pays donné. En l'absence de ces mesures d'amélioration des conditions de vies des populations, c'est un corps social qui se met en branle. C'est pourquoi les pays qui, comme le Cameroun, connaissent des conditions de « stabilité » doivent se rendre compte qu'à l'évidence la paix n'est pas seulement absence de guerre, mais aussi trouble de l'harmonie sociale.

En outre, il est aussi important de faire savoir à la nouvelle génération, et la plus jeune destinée à prendre la relève, que les idéaux de la paix doivent être pérenniser en se basant sur des éléments palpables et concrets permettant d'en mesurer le degré d'évolution du Cameroun.

Méthodologie et technique de collecte des données

La dialectique de la démocratisation et de la paix en tant que dynamique de recomposition de l'ordre politique au Cameroun soulève de grandes questions épistémologiques. En tant que phénomène ou dynamique en cours, le dialogue démocratisation-paix est un objet fluide qui refuse à s'enfermer dans le monisme analytique. D'où la nécessité d'une analyse pluridisciplinaire car « le but de la science est une connaissance et une compréhension meilleure de tout ce qui existe »57(*).

De fait, la méthode s'entend comme « l'ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre, les vérifie »58(*). Elle est aussi « le fondement de la scientificité de toute recherche et constitue l'ensemble des opérations matérielles permettant au chercheur de transcender les obstacles qui jonchent le parcours conduisant à la vérité »59(*). Ainsi, Madeleine Grawitz renchérit :

Dans une recherche, la nature même des informations qu'il convient de recueillir pour atteindre l'objectif, commande les moyens employés pour le faire. On ne chasse pas les papillons avec les hameçons en admettant que l'on puisse attraper parfois, des papillons avec un filet à papillons. Il est donc indispensable d'approprier l'outil à la recherche60(*).

De prime abord, l'on pourrait considérer que la thématique que nous ambitionnons de traiter est plus du domaine de la science politique que de l'histoire. Mais, il n'en est rien car dit le Professeur Dieudonné Oyono, « l'approche historique est la pierre angulaire de l'étude de la politique internationale »61(*). C'est pourquoi notre méthode est un combinatoire de la méthode empirico-inductive fait de la constatation des faits suivi de l'analyse.

Nous emprunterons aussi à la démarche comparativiste qui consiste en « un rapprochement raisonné d'objets de nature analogue afin de mieux identifier les caractéristiques »62(*). Ainsi, à travers cette méthode, il s'agira pour nous de confronter le modèle camerounais à d'autres modèles qui ont cours en Afrique en général et en Afrique centrale en particulier afin de mieux saisir la spécificité camerounaise.

La démarche systémique ne sera pas en reste dans ce travail. Cette démarche est « interactionniste en ce sens qu'elle met l'accent sur les interactions entre les membres d'un système ainsi les échanges entre le système et son environnement »63(*).

Pour mieux élucider cette dynamique, nous avons utilisés des sources de premières mains parmi lesquelles nous pouvons citer les sources d'archives constituées essentiellement des journaux recueillis aux Archives Nationales de Yaoundé (ANY), principalement ceux qui couvrent notre période d'étude64(*). Ces recueils de journaux nous ont ensuite permis d'avoir une idée sur l'évolution du processus de démocratisation du Cameroun.

A coté de ces journaux, nous nous sommes également servis des recueils de lois et de décret trouves aux Archives de L'Assemblée Nationale (AN) du Cameroun. Ces lois nous ont permis de comprendre et d'appréhender l'ensemble des actions prises par le gouvernement du Cameroun pour apaiser la situation critique des années 1990. Cela nous a dès lors permis de mieux évaluer à travers ces lois le symbole de la paix qui a en ces occasions jouer un rôle important. A titre illustratif, ,nous pouvons citer la loi sur l'amnistie général à l'issue des évènements de 1991, la loi portant réhabilitation de certaines figures historiques du Cameroun, bref toutes les lois adoptées lors de la session de l'Assemblée nationale en 1990, baptisé « lois de la session des libertés ». Nous avons également consulté la bibliothèque de l'AN où nous sommes entrés en possession de certains ouvrages comme ceux de Zacharie Ngniman sur la démocratie et la paix.

En outre, nous avons ensuite eu recours aux sources orales que nous avions recueillis auprès de certaines personnalités politiques camerounaises ayant vécu les évènements ou faisant parti de la scène politique camerounaise. A ce titre, nous pouvons mentionner notre voyage à Ebolowa pour rencontrer Abel Eyinga avec qui nous des entretiens fructueux65(*). C'est ainsi que nous avons rencontrés certaines personnalités de l'opposition camerounaise afin de d'appréhender leurs point de vue. C'est dans cette logique que nous avons effectué un voyage à Bafoussam et à Bamenda afin de rencontrer certains leaders de partis politiques sans oublier ceux rencontrer à Yaoundé avec qui nous avons eu des échanges fructueux.

Nous avons aussi rencontrés certains universitaires comme le Professeur Charly Gabriel Mbock avec qui nous avons eu des discussions très fructueuses. Il nous a permis d'avoir une autre idée de notre sujet de recherche.

En ce qui concerne la conduite des discussions, nous pouvons dire que nous avons plus largement eu recours à un guide d'entretien car nous avons eu des contacts directs. Ce guide d'entretien nous a permis d'orienter nos discussions avec nos informateurs.

De plus, les sources de secondes mains n'ont pas été en reste dans la réalisation de ce travail. De ce fait, ils sont constitués d'ouvrages, de mémoires et de thèses que nous avons recueillies dans différents centres de recherches. Nous avons tout d'abord consultés la bibliothèque centrale de l'Université de Yaoundé I où nous avons trouvé des ouvrages sur l'ouverture démocratique du Cameroun, surtout ceux qui traite de l'apport de l'extérieur sur cette ouverture. A ce titre nous pouvons citer l'ouvrage de Charly Gabriel Mbock intitulé Cameroun, l'intention démocratique. Nous avons également eu recours aux ouvrages de la bibliothèque de l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) où nous avons trouvés la plupart de nos ouvrages traitant du Cameroun comme celui de Fabien Eboussi Boulaga qui nous a été très précieux dans la réalisation de ce travail. Nous avons en outre eu accès aux ouvrages et mémoires de Relations Internationales notamment les mémoires de Martin Dieudonné Ebolo, de Zacharie Serges Nyanid et autre.

Mentionnons aussi ici la bibliothèque de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH) de l'université de Yaoundé I où nous sommes entré en possession de nombreux mémoires et thèses non seulement en Histoire, mais aussi des autres disciplines comme la sociologie, la Philosophie ou encore l'Anthropologie. Nous pouvons citer entre autre les mémoires d'histoire de collince Gueguim Zébazé, de Timothée Bodo Messina, de Laurent Aimé Perez Amougou Mbida ou encore de la thèse Kenedy Fonju Njuafack. Nous pouvons également citer la thèse de sociologie de Jacqueline Biyegue Noa et le mémoire de Diplôme d'Etude Approfondie (DEA) de philosophie de Christian Loajembe.

C'est le lieu aussi de mentionner la bibliothèque de l'Institut Français du Cameroun-Yaoundé (IFC-Y), ancien Centre Culturel Français (CCF), où nous avons trouvé des documents sur la fin du régime communiste d'Union Soviétique utilisé pour la réalisation d'une partie de travail. Nous pouvons à ce titre mentionner l'ouvrage de Joseph Heffer, Jean Sapir ou encore de Marc Ferro sur la démocratisation du bloc de l'Est.

Nous ne saurons finir sans mentionner la Bibliothèque de la Fondation Paul Ango Ela (FPAE) où nous avons trouvés d'énormes documents sur la démocratisation du Cameroun, mais aussi sur les fléaux sociaux comme la corruption ou encore la pauvreté et la faim. Nous pouvons à ce titre citer l'ouvrage de Didier Boukongou ou encore celui de Pierre Titi Nwel, d'Alain Didier Olinga, mais aussi la thèse de Mathias Eric Owona Nguini. Tous ces ouvrages ont ainsi contribué dans une large mesure à la réalisation de ce travail.

Toutefois, ce travail a butté face à de nombreuses difficultés parmi lesquelles on peut énumérer les difficultés d'accès aux sources orales dont la plupart de nos informateurs, ceux qui ont bien voulu nous parler, ont choisi garder l'anonymat en raison disent-ils de l'actualité de notre sujet. En outre, l'autre blocage non moins important est le refus à nous opposé par certains centres de recherche, ce qui a fragilisé un peu notre travail. Nous devons aussi mentionner ici le fait que la période de notre étude a coïncidé avec une période où les ANY venaient de connaitre un coup de vols. Ce qui a freiné et ralenti un tout petit peu l'avancée de notre travail. Car, après une période de fermeture, les ANY, lorsqu'elles ont rouvertes les portes ne donnaient aux chercheurs que des journaux et non des dossiers proprement dites.

Néanmoins, ces difficultés ne nous ont pas empêchés de mener notre travail à bout car malgré tous ces désagréments, nous avons pu réaliser le travail et le peaufiner.

Plan du travail

Ainsi, pour mieux rendre cette réalité compréhensive et compréhensible, nous avons fait un plan constitué de deux parties ayant chacune deux chapitres. La première partie met en évidence l'évolution politique du Cameroun entre les deux extrémités de l'évènement-monstre de 1990. La première extrémité s'attèle à rendre de la dynamique opérée au Cameroun depuis la passation de pouvoir de 1982. Cette passation a portée les germes de la transition démocratique au Cameroun. Le ver étant déjà dans le fruit, les évènements d'Europe de l'Est ont précipité le Cameroun dans la marre de l'agitation démocratique. Tandis que le second chapitre met en évidence les tenants et les aboutissants de la transition démocratique au Cameroun avec notamment l'organisation du premier scrutin pluraliste de l'après 1990. Nous y verrons qu'en ces occasions, des dérives ont pu être constatées de part et d'autre des protagonistes de la lutte démocratique.

La seconde partie qui porte sur l'extension de la transition démocratique ce qui suppose l'implémentation de la démocratisation. Ici, le troisième chapitre met en évidence le fin de siècle difficile tel que constater au Cameroun avec notamment la construction de « l'hégémonie de pacification », ce qui a contribué à jeter du bémol sur l'idéal de paix prôné par le pays. Alors que le dernier chapitre y met en exergue ce que nous avons appelé des mesures imposées qui ont contribué quelques fois en l'absence de volonté de l'Etat à prendre un certain nombre d'initiatives comme par exemple les mesures de lutte contre la pauvreté et les détournements de fonds publics, ceci aussi permit de réaliser un certain nombre d'aménagement institutionnelle afin d'assurer un espace démocratique de plus en plus viable et fiable.

* 1 Cela signifie « Etats Faibles », Cf. W. Zartman, La faillite de l'Etat, Paris, LGDJ, 1999.

* 2 Z.-S. Nyanid, « Crise de la démocratisation et démocratisation de crise : essai sur la problématique de l'universalisation du modèle de démocratie libérale en Afrique subsaharienne post- guerre froide», thèse de doctorat 3e cycle, Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC)/Université de Yaoundé II (UYII), 2002, p.13.

* 3 P. Saint-Arnaud, William Grammar Summer et les débuts de la sociologie américaine, Québec, Presse de l'Université de Laval, 1984, p.10.

* 4 Ch. Langlois et Ch. Seignobos, Introduction aux études historiques, 1897, cité par F. Braudel, Ecrits sur l'histoire, Paris, Flammarion, 1969.

* 5 F. Braudel, Ecrits sur l'histoire, Paris, Flammarion, 1969, p. 3.

* 6 Ibid., p. 15.

* 7 F. Dosse, L'histoire ou le temps réfléchi, Paris, Hatier, 1999, p.34.

* 8 La proto-histoire c'est cette histoire qui reste cantonné sur les principes basiques de la science historique oubliant par là que la science évolue avec son temps.

* 9 J.-F. Soulet, L'histoire immédiate. Historiographie, Sources et Méthodes, Paris, Armand Colin, 2009.

* 10 Corneille, Mémoires, cité par J-F Soulet, L'histoire immédiate...p. 67.

* 11 J-F. Soulet, L'histoire immédiate...p. 87.

* 12 H.-I. Marrou, De la connaissance historique, Cité par J. Pycke, La critique Historique, Bruxelles, Bruylant, 2000, p. 59.

* 13 Cf. à ce propos l'article de Z. Laïdi, « le temps mondiale », M-C. Smouts, Les nouvelles Relations Internationales. Théories et pratiques, Paris, Presse de science Pô, 1999.

* 14 E. Durkheim, Le suicide, Paris, PUF, 1930, p.1.

* 15 E. Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, 1981, p. 35.

* 16 M.-D. Ebolo, « L'implication des puissances étrangères dans le processus de démocratisation... », p. 10.

* 17 A. Baudart, Qu'est ce que la démocratie ?, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 2005, p.7.

* 18 Encyclopédia Universalis, t. 5, p. 408.

* 19 G. Hermet, Le passage à la démocratie, Paris, Presse de la Fondation Nationale de Science Politique, 1996, p. 14.

* 20 R.-M.-L. Onana, « Les transitions politiques en Afrique... », p. 3.

* 21 G. Sorensen, Democracy and democratization, Boulders- San Francisco- Oxford, West - view press, 1993, pp. 47-51.

* 22 P. Meyerbisch, « démocratisation : genèse de nouvelles distinctions démocratiques de pouvoirs », C.-A.-O. Huythan et A. Fenet (dir.), Mutations internationales et évolutions des normes, Paris, PUF, 1998, p. 178.

* 23 Proudhon, La guerre et la paix, Cité par T. De Montbrial et J. Klein (dir.), Dictionnaire de stratégie, Paris, PUF, 2000, p.403.

* 24 T. De Montbrial et J. Klein (dir.), Dictionnaire de stratégie, Paris, PUF, 2000, p. 408.

* 25 J. Ricot, Leçons sur la paix, Paris, PUF, 2002, p. 1.

* 26 Ph. Bretton et J.-P. Chaudet, La coexistence pacifique, Paris, Armand Colin, 1995, p. 5.

* 27 Cf. Chapitre VII de la charte des nations Unies.

* 28 J.-F. Thibault, « Réflexions sur la démocratie, la mondialisation et les Relations Internationales », Associations transnationales, Avril, 1999, p. 174, consulté sur http:// www.google.fr/démocratie et paix /, le 12 Novembre 2011, 18h50.

* 29 J.-S. Oyono Oyono, « La diplomatie camerounaise face aux défis de la mondialisation », thèse de doctorat 3ème cycle en Relations Internationales, IRIC/UYII, 1999, p. 22.

* 30 A. Minkoa She, « L'Afrique face aux défis de l'Etat de droit et des Droits de l'Homme à l'ère de la mondialisation », Actes du colloque sur l'Afrique face aux défis de la mondialisation, Vol. II, Minrex-NU-Cameroun, 2000, p. 69.

* 31 Petit Larousse Illustré, Paris, 1987, p. 857.

* 32 A. Heymann-Doat, Les régimes politiques, Paris, La Découverte, 1998, p. 34.

* 33 M.-C. Diop et M. Diouf, Les figures du politiques en Afrique. Des pouvoirs Hérités aux pouvoirs élus, paris, Karthala, 1999, p.45.

* 34 Y.-A. Chouala, « désordre et ordre dans l'Afrique  centrale actuelle : démocratisation, conflictualisation et transition géostratégique régionale», thèse de doctorat 3e cycle, IRIC/UYII, 1999, p. 39.

* 35 J.-P. Frangnière, Comment réussir un mémoire ?, Paris, Dunod, 1986, p. 75.

* 36 M. Beaud, L'Art de la thèse. Comment préparer et rédiger un mémoire de master, une thèse de doctorat ou tout autre travail universitaire à l'ère du net, Paris, La découverte, 5e Ed., 2006, p. 43.

* 37 R. Quivy et L.-V. Campenhoudt, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Dunod, 1995.

* 38 H.-F. Onana, Les transitions démocratiques en Afrique : le cas du Cameroun, Ydé, CEPER, 1994.

* 39 Z. Ngniman, Cameroun, la démocratie emballée, Ydé, Clé, 1993.

* 40 V. Ndi Mbarga, Ruptures et continuités au Cameroun, Paris, L'Harmattan, 1993.

* 41 Moukoko Priso, Cameroun/Kamerun, la transition dans l'impasse, Paris, L'Harmattan, 1994.

* 42 Z. Ngniman, Les chemins de la démocratie. Un pari perpétuel, Ydé, Edi' Action, 2003.

* 43 F. Eboussi Boulaga, La démocratie de transit au Cameroun, Paris, L'harmattan, 1997.

* 44 F. Bitee, La transition démocratique au Cameroun de 1990 à 2004, Paris, L'harmattan, 2004.

* 45 Z. Ngniman, La paix au Cameroun, un impératif absolu, Ydé, Clé, 2003.

* 46 D. Arielle, Mondialiser la paix, Paris, La dispute, 2000.

* 47 M.-D. Ebolo, « l'implication des puissances étrangères dans le processus de démocratisation au Cameroun : l'expérience française et américaine (1990-1997)», thèse de doctorat 3e cycle, IRIC/UYII, 1997.

* 48 K. Fonju Njuafack, «The influence of the Unites States of America in the democratization process in central Africa: the case study of Cameroon and Chad», these de doctorat 3e cycle en Histoire, UYI, 2005.

* 49 R.-M.-L. Onana, « la problématique de la transition démocratique en Afrique noire post-coloniale», thèse de doctorat 3e cycle, IRIC/UYII, 1992.

* 50 Z.-S. Nyanid, « la diplomatie à l'épreuve de la démocratisation du régime politique camerounais», Mémoire de DESS en Relations Internationales, IRIC, 2001.

* 51E.-T. Biloa Tang, « La politique étrangère du Cameroun à l'ère de la transition vers le «le nouvel ordre mondial» (1990-2001). Une analyse sous le prisme des politiques publiques », thèse de doctorat 3e cycle, IRIC/UYII, 2002, p.11.

* 52 M. Grawitz, Méthode de recherche en sciences sociales, Paris, Dalloz, 9e éd., 1993, p. 4.

* 53 M. Beaud, L'art de la thèse. Comment préparer et rédiger un mémoire de master, une thèse de doctorat ou tout travail universitaire à l'ère du Net, Paris, La découverte, 5e éd., 2006, p. 55.

* 54 Pour rappel, il faut dire que les pays africains ont connu des fortunes diverses dans leurs différents modes d'accession à l'indépendance. De manière caricaturale, il faut faire le distinguo entre l'Afrique du nord et l'Afrique noire car les moyens de pressions furent différents dans ces deux parties du continent. Si l'Afrique noire a connu une « décolonisation en douceur », ce ne fut pas le cas de l'Afrique du nord. Et même, dans cette Afrique noire, l'on note des luttes d'indépendance dans des pays comme le Cameroun. Cf. Hélène d'Almeida Topor, L'Afrique au XXe siècle, sur cette question. Ce qui faut dire c'est que le mode d'accession à l'indépendance allait influencer la vie politique dans ces différents pays.

* 55 J. Ki-Zerbo, Histoire de l'Afrique noire d'hier à demain, Paris, Présence africaine, 1973, p.686.

* 56 L. Segond, La sainte Bible, 2Timothée 3 :16, éd. Alliance Biblique Universelle, p. 212, cité par L.-M. Kouna Metala, Les opérations de maintien de la paix de l'ONU et la condition du militaire, Yaoundé, PUY, 2006.

* 57 V. Kourganoff, La recherche scientifique, Paris, PUF, 1958, p. 40, cité par J. P. Frangnière, comment réussir un mémoire...p.79.

* 58 M. Grawitz, Méthode de recherche en sciences sociales...p. 3.

* 59 G. Bachelard, La formation de l'esprit scientifique. Contribution à la psychanalyse de la connaissance objective, Paris, Librairie philosophique F. Vrin, 11ème éd., 1980, pp.14-22.

* 60 M. Grawitz, Méthode des sciences sociales..., p.6.

* 61 D. Oyono, « L'apport de l'histoire à l'enseignement des Relations Internationales », Revue camerounaise de Relations Internationales, Décembre 1982, p. 113.

* 62 Ph. Lagroye, Sociologie politique, Paris, Presse de l'école nationale de science politique et Dalloz, 1997, p. 142.

* 63 Y.-A. Chouala, « désordre et ordre dans l'Afrique Centrale actuelle... », p. 63. Cf. à cet égard D. Easton, l'analyse du système politique, Paris, PFNSP, 1996.

* 64 Il faut dire qu'en raison de l'actualité de notre thème, nous n'avions pas trouvé des informations concernant notre période dans la rubrique Affaires Politiques et Administratives (APA) des ANY.

* 65 Il faut dire ici que ce voyage a été possible grâce au groupe citoyen pour la préservation de la mémoire de Mongo Béti qui, faisant un déplacement à Ebolowa pour rencontrer Abel Eyinga, parrain de l'évènement, nous a permis de les accompagner. C'est ainsi que nous avons pu rencontrer le rencontrer et qui à cette occasion était en compagnie de Fabien Eboussi Boulaga avec qui avons également énormément échangés.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand