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Construire une démocratie consociative en afrique subsaharienne. cas de la république démocratique du congo

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par David NZENZE
Université de Kinshasa (RDCongo) - Licence en Sciences Politiques et Administratives 2015
  

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Section 5. Le dialogue et le compromis

Dans une vraie démocratie, le dialogue est au coeur de toute action politique car, il permet d'abord d'établir les vrais problèmes qui opposent le « tu » et le « je », et ensuite de dégager un compromis salutaire. Et ce dernier n'est pas uniquement une pratique souhaitable dans le domaine politique, mais aussi un principe essentiel du mode de vie démocratique98(*). Autrement dit, comme disait THOMAS LUHAKA LOSENJOLA : «  le dialogue constitue un meilleur lubrifiant politique pour régler tous les problèmes » de la communauté afin d'aboutir au compromis qui exprimerait la volonté de tous. Dans le même ordre d'idées, LOBHO LWA DJUGUDJUGU, définit la démocratie comme étant le moyen politique par lequel sont résolues les contradictions sociales dans le respect de droits reconnus à chaque citoyen99(*). Et il est à signaler que les contradictions faisant partie de l'existence humaine, il y a toujours plusieurs manières de les résoudre selon la culture de la collectivité100(*).

En effet, dans la démocratie traditionnelle, consensuelle, un libre débat était garanti entre les gens de la communauté. Seulement, après l'arbre à palabres, un consensus se dégage entre les groupements sociaux. Et l'unanimité était ainsi faite en dépit de la diversité des points de vue et non pas envers et contre les idées minoritaires. C'est la principale raison pour laquelle dans ces sociétés traditionnelles, la critique n'était pas tout à fait tolérée après l'arbre à palabres ; le sujet ayant déjà fait l'objet de discussions ouvertes. Un tel acte était considéré comme une trahison. Ce qui justifierait l'absence d'une opposition organisée à l'européenne dans les traditions africaines101(*).

Ainsi, concrètement, nous proposons aux africains ceci : au lieu d'appeler à chaque fois la « communauté internationale » à leur secours suite aux problèmes qui relèvent de la compétence nationale (élaboration d'une nouvelle constitution, révision constitutionnelle, choix d'un régime politique, choix d'une forme d'Etat, choix d'un mode de scrutin, crise postélectorale, formation d'un gouvernement, toute résolution qui engage la Nation), ils devraient convoquer la communauté nationale au tour d'une table afin de les résoudre car, tout n'est pas à internationaliser.

 

Section 6.Suffrage indirect

Les élections organisées au suffrage universel direct rencontrent beaucoup d'obstacles en Afrique subsaharienne, parmi lesquels : le financement, l'analphabétisme et l'insuffisance des infrastructures.

§1. Les élections et le financement

En fait, les économies africaines sont généralement sous-développées, en ce sens, elles n'arrivent pas à satisfaire correctement les besoins fondamentaux de la population (eau, électricité, santé, éducation et sécurité), et dans ce registre, il faut ajouter le fameux problème des élections au suffrage universel direct qui divise souvent les classes politiques africaines, suite à son caractère complexe et compliqué.

En effet, pour organiser des bonnes élections (libres, démocratiques et transparentes) au suffrage universel direct, il faudrait disposer des moyens (surtout financier) adéquats. Dans ces conditions, la plupart des pays africains ne sont pas en mesure d'assurer de telles dépenses, ils éprouvent des difficultés énormes pour organiser ces élections dans le délai prévu par la loi et dans un climat apaisé comme ça se passe sous d'autres cieux. Prenons le cas de la RDC, le coût de cycle électoral a été estimé à 1,2 milliards USD.

Par conséquent, ces élections sont plus financées par les bailleurs de fonds (l'U.E, la France, le Canada, le Royaume-Uni, etc.). Et ces derniers, recourent au principe selon lequel « la main qui donne c'est celle qui domine ». On a, en effet, remarqué que des élections financées par l'occident en 2006, ont été l'occasion pour l'Union Européenne d'afficher une attitude d'arrogance sévère, énervante et humiliante qui rappelle la lourde dette politique et morale désormais contractée par le Congo(RDC). Sans l'aide internationale occidentale, fait-on savoir avec une violence langagière sans fards, les élections n'auraient pas été organisées et, pire, KABILA JOSEPH n'aurait pas été Président de la République. Ainsi l'aide financière accordée par l'Occident intéressée et conditionnée, rend l'Afrique subsaharienne et la RD Congo presque esclave102(*).

* 98 HALLOWELL, J., Les fondements de la démocratie : Nouveaux horizons, Les éditions inter-nationales, Paris, 1970, p.47.

* 99 LOBHO LWA DJUGUDJUGU cité par MUKWALA DINZILA, Troisième république au Zaïre, Bibliothèque de scribe, Kinshasa, 1997, p.132.

* 100 LABANA, L.A., Le conflit : Stratégies, prévention, gestion et modes de résolution, Chaire Unesco, Kinshasa, 2007, p.34.

* 101 DANIOUÉ, R., op. cit., p.151.

* 102 NGOMA-BINDA, P., « Elections en RD Congo 2006 et 2011. Bref regard comparatif et prospectif », in Congo-Afrique n°462 février 2012, p.123.

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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore