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Itinéraires thérapeutiques en cas de maladies des enfants de moins de 15 ans dans l'aire sanitaire de Bomborokuy province de la Kossi (Burkina Faso).

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par Symphorien TRAORE
OUAGADOUGOU - Maitrise 2009
  

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CONCLUSION GENERALE

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Au terme de notre étude sur les itinéraires thérapeutiques en cas de maladie des enfants de moins de quinze ans dans l'aire sanitaire de Bomborokuy, il convient de rappeler l'objectif général qui sous-tend cette étude à savoir « analyser les choix de recours thérapeutiques envisagés dans la prise en charge de la maladie des enfants ».

A l'apparition d'un épisode morbide, le malade ou les parents recherchent les voies et moyens pour recouvrer sa santé. L'offre de soins, dont il dispose, est constitué de la thérapie traditionnelle (exercée par les phytothérapeutes ou tradipraticiens encore appelés guérisseurs), de la consultation dans les formations sanitaires modernes (infirmiers, médecins) et de l'automédication.

Des résultats de nos analyses, il ressort que les mères, pour soigner leurs enfants, empruntent des itinéraires thérapeutiques complexes et variés. La majorité des malades se sont limités au premier recours pour cause de guérison. Les deuxième et troisième recours ont été atteints par peu de patients.

L'utilisation des services de santé modernes semble être priorisée dans le choix des soins, suivi de près par l'automédication. La confiance accordée aux structures de soins modernes du fait de l'efficacité de ses traitements, conduisant le plus souvent à la guérison, est le motif principal de recours à ce type de soins. L'accessibilité facile, le coût abordable des produits, favorisent l'usage de l'automédication. Le manque de moyens financiers est une des raisons principales de la sous-utilisation des formations sanitaires modernes, les coûts de prestation et d'achat de médicaments étant jugés souvent élevés.

L'hypothèse selon laquelle l'absence de moyens financiers dans les ménages favorise le traitement des enfants par automédication est confirmée. Le recours est très rarement fait aux tradithérapeutes et c'est surtout pour les maladies jugées d'origines douteuses ou « provoquées ».

De l'analyse du degré de satisfaction thérapeutique selon les recours aux soins, l'étude révèle que les dispensateurs de soins n'ont qu'un contrôle marginal sur la demande de services et sur les itinéraires thérapeutiques de leurs patients. Ils n'ont pas la capacité de « fidéliser » leurs malades tout au long de l'épisode morbide. De ce fait, le recours à un tel type de soins donné n'est pas exclusif : on passe alternativement d'une structure moderne à une structure traditionnelle, si la médecine moderne (ou traditionnelle) ne parvient pas rapidement à un résultat, on ira dans l'autre secteur, quitte à faire des allers-retours.

Ainsi, généralement les mères des enfants malades qui ont commencé par le traitement moderne dans une formation sanitaire, changent de recours et pratiquent surtout l'automédication aussi bien au second recours comme au troisième.

Lorsqu'il y a échec thérapeutique pour les mères qui ont débuté par l'automédication, le recours aux soins modernes apparaît comme l'ultime solution au second recours. Toutefois

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elles reviennent sur l'automédication comme mode de traitement en cas de persistance du mal.

Nous pouvons dire que l'hypothèse correspondant qui stipulait que le recours à un système de soins ne se fait qu'avec la gravité de la maladie de l'enfant est confirmée.

Bien que progrès sanitaire et développement économique soient étroitement liés, l'amélioration de la santé des individus dans les pays à faible revenu, ne peut attendre leur décollage économique, d'autant que l'aspect financier n'est pas le seul déterminant de l'accès aux soins.

« Tout a de l'importance. L'habitat, les comportements des individus, le rang social, les habitudes alimentaires, les équipements collectifs ou la situation géographique, au même titre que le niveau culturel, les comportements des individus (malades et médecins) ou les choix des sociétés » PICHERAL, (1984).

Ainsi, pour faire face aux limites d'accès aux soins de santé et améliorer l'état de santé des populations en général et celui des enfants en particulier, nous proposons quelques recommandations.

La représentation de la maladie et les structures sociales sont des facteurs importants dont tout programme de santé doit tenir compte. Cela permet de savoir comment orienter les campagnes d'éducation et de sensibilisation afin d'aider les populations à consulter le plus tôt possible les centres de soins modernes et de permettre aux mères de reconnaître les cas de gravité de la maladie.

Certes, les campagnes d'éducation sanitaire pour être efficaces doivent s'adresser aux femmes qui s'occupent quotidiennement des enfants, mais Il est important qu'elles concernent un public très large afin que les messages d'éducation sanitaire aient un impact. Il est nécessaire d'impliquer non seulement les pères qui ont généralement le pouvoir de décision et une autonomie financière mais aussi les enfants sur la prévention des maladies.

Ainsi, l'hypothèse selon laquelle la décision du recours thérapeutique est une prérogative masculine est confirmée.

La qualité, notamment des soins, en est un facteur tout aussi important. Pour ce faire, il faut améliorer cette qualité à travers la dotation du centre de soins modernes de Bomborokuy en matériel (lits, matelas, ambulance, médicaments,...). Le personnel soignant du secteur moderne comme du secteur traditionnel doit être formé, recyclé afin de faire un diagnostic juste de la maladie, toute chose qui améliore l'efficacité du traitement et diminue les échecs thérapeutiques.

Au-delà de la formation du personnel soignant, sa motivation est le moyen pour l'inciter à travailler davantage et devrait faire l'objet d'attention.

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L'établissement d'un climat de confiance entre soignants et soignés est un gage de réussite et conditionne le retour du patient même si les premiers soins semblent se révéler inefficaces. Pour ce faire, le soignant doit savoir rassurer, dialoguer et écouter, au-delà d'une trop stricte démarche clinique, les difficultés sociales auxquelles les patients et leurs familles sont confrontés. Les échanges langagiers, l'inquiétude et l'observation de son corps, l'attention portée au malade sont des dimensions essentielles de la relation de soins.

La collaboration entre les services de soins modernes et traditionnels doit être encouragée car ils sont complémentaires. Il est avéré que certaines pathologies sont mieux traitées par la médecine traditionnelle que celle dite moderne. Il est même souhaitable de créer des centres intégrés de soins où les malades peuvent choisir le type de soins (traditionnel ou moderne) qu'ils jugent adapté à leur maladie mais aussi à leurs moyens financiers. Ainsi, la médecine traditionnelle peut contribuer à réduire le coût des dépenses de santé. Toutefois, les mutuelles de santé constituent une des solutions les plus appropriées pour réduire considérablement le coût des soins de santé, à condition que la gestion de ces mutuelles se fasse dans les règles de l'art. Par ce biais, les populations ayant accès aux soins à moindre coût, seront moins enclines à utiliser l'automédication, voire les médicaments de la rue.

Il est connu que les principales causes de mortalité chez les enfants sont les maladies parasitaires (en particulier le paludisme), les diarrhées, les affections des voies respiratoires, et la malnutrition. Ces maladies sont intimement liées aux facteurs du milieu et il existe souvent des liens de causes à effets entre ces facteurs et les maladies. Liens qui, s'ils sont bien compris, peuvent permettre de réduire les risques de maladies en mettant en oeuvre des stratégies de prévention efficace.

Les actions préventives doivent reposer sur une modification de divers comportements sociaux, allant de l'hygiène aux pratiques alimentaires suffisantes, saines et diversifiées.

La sensibilisation de la population sur les soins préventifs surtout la pratique de l'hygiène (corporelle, alimentaire, environnementale) devrait être de mise car nous « consommons » la quasi-totalité de nos maladies.

La méconnaissance des causes de la maladie par les populations a de fortes conséquences sur leurs comportements aussi bien vis-à-vis des choix thérapeutiques que de l'impact possible des mesures de prévention. En effet, « un malade qui est convaincu qu'il s'agit d'un sort dont il est victime, même s'il en a les moyens, même si le service de santé est à proximité de son domicile ne s'y rendra pas, il ira chercher la solution à sa maladie ailleurs » (YONKEU, 2006). D'où la nécessité de l'appropriation des causes de la maladie par les populations.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo