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L'humour, inné ou acquis. Vers une formation des manipulateurs en électroradiologie médicale ?

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par Etienne CORDIER
Institut Supérieur Technologique Montplaisir - DTS Imagerie médicale et radiologie thérapeutique 2016
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SOMMAIRE

INTRODUCTION 6

PARTIE I. CADRE THÉORIQUE 9

CHAPITRE 1. LE SOIN OU L'HISTOIRE D'UNE RELATION 9

CHAPITRE 2. L'HUMOUR COMME MODE DE COMMUNICATION 21

CHAPITRE 3. L'EMPLOI DE L'HUMOUR DANS LE TRAVAIL DU MER 35

PARTIE II. CADRE EMPIRIQUE 42

CHAPITRE 1. RECHERCHE EXPLORATOIRE 42

CHAPITRE 2. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHÈSES 44

CHAPITRE 3. MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE 45

PARTIE III. RÉSULTATS 50

CHAPITRE 1. ANALYSE DES DONNÉES QUANTITATIVES 50

CHAPITRE 2. ANALYSE DES DONNÉES QUALITATIVES 61

PARTIE IV. DISCUSSION 70

CHAPITRE 1. MISE À L'ÉPREUVE DES HYPOTHÈSES 70

CHAPITRE 2. LES LIMITES DE L'ÉTUDE 78

CONCLUSION 80

BIBLIOGRAPHIE 82

LISTE DES TABLEAUX 88

LISTE DES FIGURES 89

TABLE DES MATIÈRES 90

TABLE DES ANNEXES 93

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ETIENNE CORDIER - Promotion 2013/2016

INTRODUCTION

P

ourquoi rions-nous ? Quelle signification soulève l'action de rire ou de faire rire ? Peut-être est-ce pour affirmer notre existence dans le réel. Ou bien pour obtenir la reconnaissance de soi-même à travers le lien social qui s'établit lorsque nous partageons un moment de jovialité avec autrui. Quelque soit la réponse - chacun disposant de sa propre interprétation - le rire est indiscutablement une preuve tangible de vie.

Une belle vie, c'est une vie heureuse, une vie joyeuse, une vie rieuse. Or, quel meilleur lieu d'expression de notre profonde humanitude que l'atmosphère aseptisée de l'hôpital ? Si nous avons tendance à assimiler les établissements médicaux à la maladie, voire même à la mort, nous en oublierions presque qu'ils constituent la représentation d'une ode à la vie.

Continuer à vivre, poursuivre sa vie comme autrefois, n'est-ce pas là l'objectif que se fixe tout soignant à l'égard de son patient ? Mais affirmer son humanité dans un environnement stérile, sans apparence de personnalité, n'est pas chose aisée. D'autant plus lorsque la technique représente une part importante du métier où nous, manipulateurs en électroradiologie médicale, sommes constamment confrontés.

L'exercice de style nous impose de citer une situation d'appel à notre mémoire, une situation qui nous a profondément marquée. Il me faut donc introduire l'évènement qui m'a conduit à traiter de ce thème plutôt qu'un autre. Quelle composition difficile de mentionner l'unique accroche qui m'a acheminé vers l'humour ! En réalité, je ne peux en évoquer une seule. De nature plutôt joyeuse, j'ai à coeur d'utiliser régulièrement l'humour dans ma relation avec le patient. Du simple sourire de bienvenue, aux éclats de rires à la suite d'une blague potache initiée par le patient lui-même, l'humour se présente sous de multiples aspects.

Au cours de cette troisième année d'études, je me souviens d'une patiente âgée de 55 ans, adressée en service de remnographie en vue de réaliser une IRM hépatique. Un précédent examen remnographique effectué un an plus tôt, avait mis en évidence une cirrhose hépatique sans complication. Cependant, quelque temps après, une échographie de contrôle avait découvert une lésion focale au niveau du lobe droit. L'examen prescrit vise à identifier la nature précise de cette lésion.

Lorsque j'ai accueilli la patiente en cabine, celle-ci m'a directement interpellé quant à son appréhension à faire l'examen. En effet, lors de son IRM précédente elle ne se sentait pas suffisamment informée au cours des séquences d'acquisition. Les manipulateurs en charge de l'examen lui avaient reproché de ne pas tenir l'apnée lors des séquences dynamiques ; on l'avait « grondée » m'avait-elle dit en souriant. Après coup, on l'informa que c'était en fait dû à un problème de casque qui ne fonctionnait pas, d'où la raison d'une mauvaise communication et d'une incompréhension entre soignant et soigné. J'ai donc tenté de la rassurer en lui disant que nous lui

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parlerions davantage mais qu'il fallait malgré tout bouger le moins possible au risque de rendre les images ininterprétables et donc d'allonger la durée d'examen.

Afin de l'apaiser, j'ai ajouté sur un ton humoristique : « Sinon nous vous gronderons une seconde fois ! La punition sera plus sévère, je peux vous l'assurer ! ». La patiente s'est mise à rigoler puis s'est immédiatement tranquillisée. Je lui ai également demandé de simuler une apnée afin de voir si elle était capable de la tenir. Étant donné qu'elle y parvenait sans difficultés, je l'ai mise en confiance en lui expliquant que ce ne serait pas plus difficile que cela : « promis, juré ! » ai-je lancé.

À la fin de l'examen, lorsque le médecin lui a fait part de son compte-rendu, la patiente s'est dite très satisfaite de sa prise en charge, et que le « jeune homme » reste toujours aussi souriant. Ce petit compliment qui m'était adressé m'a fait énormément plaisir ! Dans ces moments-là, on se rend compte qu'il suffit de peu pour égayer la journée d'un patient et par la même occasion, apporter de l'agrément à notre propre quotidien parfois morose.

Lors de l'explication du déroulement de l'examen j'ai donc tenu à utiliser l'humour comme moyen de communication. Il s'agissait de faire rire la patiente afin de minimiser son anxiété, et d'aplanir cet effet de hiérarchie entre un soignant tout-puissant et un soigné subissant qu'elle semblait ressentir en usant du terme « gronder ». À mon sens, l'humour m'a rendu plus accessible et m'a permis d'instaurer une certaine complicité avec la patiente. Ainsi, cette dernière a pu se détacher de ses émotions négatives - le stress - susceptibles d'entraver la bonne réalisation de l'examen, pour se focaliser sur des émotions positives - la plaisanterie en l'occurrence.

En un court instant, le soigné doit donc faire part de ses peurs, de ses angoisses, de ses problèmes, et parfois même confier certains aspects de sa vie intime à une personne qui lui est inconnue. Dans un tel contexte, pratiquer l'humour constitue un moyen empathique pour le soignant de se livrer tout autant, en personnalisant le soin à son image.

L'humour délivre, désamorce, lie, rapproche, et permet de partager et d'échanger des centaines d'émotions et de perceptions sous une forme comique, non dénuée de sous-entendus et de pensées implicites. Adopter une attitude humoristique s'apparente à dépasser les frontières d'une démarche soignante protocolaire, formaliste et exempte du moindre sentiment.

Cependant, tous les individus ne pratiquent pas l'humour, ou du moins, tous ne disposent pas de la même approche humoristique. Ce qui sera susceptible de prêter à rire chez une personne, ne le sera peut-être pas chez une autre. Voilà toute la complexité de l'humour. Un cocktail d'émotions à manier avec discernement, malgré son apparence simplette et ingénue.

Est-il possible d'apprendre l'humour ? Un tel apprentissage ne permettrait-il pas d'améliorer la prise en charge thérapeutique actuelle du patient ? Cela ne serait-il pas l'occasion de rendre les soins techniques dispensés plus humains ? Éduquer à l'humour n'encouragerait-il pas les manipulateurs à se perfectionner et à privilégier le relationnel dans leur pratique ? En d'autres termes, cela ne constituerait-il pas un moyen pour les soignants de devenir davantage... soignants ?

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Néanmoins, la mise en place d'une formation à l'humour ne s'impose pas d'emblée. S'il semble évident que nous naissons tous avec des aptitudes préexistantes en termes de personnalité, notre culture, notre origine sociale et notre expérience de vie, s'avèrent également capables de modeler nos attitudes et comportements.

Une formation à l'humour ne permettrait-il pas d'agir sur notre façon d'appréhender certaines situations que nous affrontons ? Peut-être serions-nous alors plus enclins à user de l'humour au cours de notre pratique professionnelle ? Au final, apprendre à rire de bon coeur ne représenterait-il pas un bénéfice de vie à la fois du côté des patients mais aussi des soignants ?

Nous en venons à poser la problématique suivante :

L'humour, inné ou acquis : vers une formation des manipulateurs en électroradiologie médicale ?

Nous tenterons d'apporter une réponse à cette singulière question, après avoir préalablement répondu à nos deux hypothèses de recherche. Notre première hypothèse est la suivante : « l'humour, par ses bienfaits physiques et psychologiques, permet d'instaurer une relation de confiance entre soignant et soigné ». La seconde hypothèse admet quant à elle que « les manipulateurs en électroradiologie médicale, diplômés et futurs diplômés, sont favorables à l'apprentissage de l'humour dans leur pratique soignante ».

Nous décomposerons notre travail de fin d'études en quatre parties principales. Dans un premier temps, le cadre théorique abordera les concepts clés nécessaires à la bonne compréhension de notre étude. Dans un deuxième temps, le cadre empirique décrira notre méthodologie de recherche. Puis, la troisième partie exposera les résultats obtenus lors de nos enquêtes effectuées auprès des soignants et des étudiants manipulateurs. Enfin, le dernier point mettra à l'épreuve nos deux hypothèses générales, pour en dégager la pertinence d'une possible formation à l'humour et sa portée réelle dans la perspective d'une amélioration significative des pratiques soignantes contemporaines.

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