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Jeux, enjeux et contraintes des grandes puissances au cours du printemps arabe. Le cas des membres du CSNU.

( Télécharger le fichier original )
par Ange Joachim MENZEPO
Université de Dschang-Cameroun - Master en Sciences politiques 2015
  

Disponible en mode multipage

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UNITE DE FORMATION DOCTORALE

DROIT ET SCIENCE POLITIQUE

JEUX, ENJEUX ET CONTRAINTES DES GRANDES PUISSANCES AU COURS DU PRINTEMPS ARABE : LE CAS DES MEMBRES DU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU

DEPARTEMENT DE SCIENCE POLITIQUE

THESE

Présentée et soutenue publiquement en vue de l'obtention

Du Master en Science Politique

Par :

MENZEPO Ange Joachim

(Maîtrise en Science Politique)

Sous la direction du:

Dr POKAM Hilaire de Prince

Maître de Conférences en Relations Internationales

AVRIL 2015

AVERTISSEMENT

L'Université de Dschang n'entend donner aucune approbation ni improbation aux idées et opinions émises dans cette thèse. Elles doivent être considérées comme propres à leur auteur.

CARTE DU MAGHREB.

Source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartes, consulté le 23 avril 2014

DEDICACE

Je dédie ce travail à :

Mon frère cadet Monsieur MENZEPO PAFI Joël Mausole. Qu'il trouve ici l'expression de ma profonde reconnaissance.

REMERCIEMENTS

Ce travail de recherche n'aurait pas pu prendre corps sans le concours de plusieurs personnes. Qu'il me plaise donc d'exprimer ma gratitude et mes remerciements à tous ceux qui ont apporté leur contribution à son aboutissement.

Je remercie en premier lieu le Docteur POKAM Hilaire De Prince, Maître de Conférences en Relations Internationales, qui a accepté de diriger ce travail.

J'exprime également ma reconnaissance à tous mes enseignants du Département de Science Politique : le Professeur TCHOUPIE André, les Docteurs MOYE BONGYU Godwin, AMELI Valentine, NGUEKEU DONGMO Pierre, DOUNKENG ZELE Champlain, KEUTCHEU Joseph, Monsieur FOULLA DAMNA Apollinaire, pour leur bienveillant encadrement.

Que soient aussi remerciés Monsieur TAMEGUI Christel-Dior et Mademoiselle DJENGUE EPANDA NKANDA Madeleine qui ont bien voulu lire ce travail.

Par leur soutien moral et matériel, ainsi que par leur amour, les membres de ma famille n'ont pas été moins importants. Je pense particulièrement à :

Mon père Monsieur MENZEPO Emmanuel, ma mère Madame YOYAN YIEWO Louise épouse MENZEPO, ma tante KOUETANG YIEWO Yvette,

Mes frères et soeurs MENZEPO Yacinthe God-love, MENZEPO PAFI Joël Mausole et MENZEPO Emmanuella Merveille,

Ma fille MENZEPO TEPEBOP Yohânan Joyce.

J'exprime également ma gratitude aux fidèles de la paroisse E.E.C. de Dschang-Ville. Je dis merci aux Révérends TAYO Pierre et KAMLA KWETCHE Pierre Bruno.

Au risque d'oublier certains, je souhaite que les jeunes du mouvement U.C.J.G. ainsi que ceux de la coordination de la Jeunesse de la paroisse de Dschang-ville, trouvent ici l'expression de ma profonde reconnaissance pour leurs interrogations sur l'avancement de la rédaction, interrogations qui m'ont donné de savoir que ce travail comptait pour plusieurs.

Je voudrais également saluer l'assistance de Roméo NGUEUFEU du C.G.M.

Je pense également à NJEUYONG MBIAKEU Josépha, ma fiancée qui a supporté plusieurs de mes désagréments (verbal et même en terme de disponibilité) pour m'encourager.

Je n'oublie pas mes amis et camarades de promotion. Il s'agit de : DOUANLA Cyrille, YETIEP Donald, BANZEU Perrin, MINGUEU FANMOE Eric, ESACK Terence, Arnold Billy FOKOU, TAGNE Troie Thiery, TANGWA Stephanus, NSAHLAI Asheri et AYIKA NJIALE Aurore Pamela.

Je n'oublie pas les personnes qui, de près ou de loin, m'ont toujours exprimé leur soutien. Il s'agit de MBAMEN YIMGA Minette, TAMO Wilfred, KEUSSI Franck, SIMO LEALE Adrielle, SIMEU NJOMENI Larissa épouse TAGNE, SOH Marc, SONWA T. Eric, EJANI Leonard KULU, TONKWA Epiphanie, NYA Mikael Sonia, NGUEFOUET Wilfried, FOUTEPOUO Estelle, TOWA William, GUIADEM Linda.

SIGLES ET ABREVIATIONS

AFP : Agence Française de Presse

Al. : et autres (s'agissant d'un ouvrage rédigé par plusieurs auteurs)

BCAH : Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies.

CF2R : Centre Français de Recherche sur le Renseignement

CFSA : Conseil Supérieur des Forces Armées

CIA : Central Intelligence Agency

CIRET-AVT : Centre International de Recherches et d'Etudes sur le Terrorisme & l'Aide aux Victimes du Terrorisme

CNT : Conseil National de Transition

CSNU : Conseil de Sécurité des Nations Unies

Dir : Sous la Direction de...

E3 : Europe Three

Edit. : Edition

FMI : Fonds Monétaire International

FSJP : Faculté des Sciences Juridiques et Politiques

G8 : Groupe des 8 pays les plus industrialisés au monde

GIR : Groupes d'Intervention Régionaux

IFRI : Institut Français des Relations Internationales

INSEE : Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques

IRIC : Institut des Relations Internationales du Cameroun

IRIS : Institut de Relations Internationales et Stratégiques

IRSEM : Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire

JOL : Journaliste On Line

NDR : Note De Recherche

NTIC : Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication

OCRTIS : Office Central de Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants

OFCE : Observatoire Français des Conjonctures Economiques

ONG : Organisation Non Gouvernementale

ONS : Office National des Statistiques

ONU : Organisation des Nations Unies

Op. Cit : Opuscule précité

OTAN : Organisation du Traité de l'Atlantique Nord

P. : Page

PIB : Produit Intérieur Brut

PSDC : Politique de Sécurité et de Défense Commune

PUA : Presses Universitaires d'Afrique

PUF: Presses Universitaires de France

R2P : Responsabilité de Protéger

RFI : Radio France International

UA : Union Africaine

UE : Union Européenne

Vol. : Volume

RESUME

Ce travail de recherche vise à explorer les processus de construction de l'intervention des grandes puissances au cours du printemps arabe. Il vise également à examiner les enjeux de cette intervention et à présenter les contraintes qui entravent leurs actions et interactions.

En effet, le mois de décembre 2010 a sonné le glas d'une série de manifestations propulsées par le « dégagisme » né en Tunisie et suivi en Egypte puis en Libye et dans d'autres contrées du monde arabe. Les grandes puissances regroupées en deux catégories, à savoir les puissances très actives et les puissances moins actives ont mis sur pied plusieurs stratégies, individuelles ou collectives, afin de construire leurs intérêts tout en prenant position contre les dirigeants en place dans les pays en crise avec la poursuite d'objectifs manifestement en rapport avec la R2P. Tout au long de leurs actions et interactions, elles se butent à plusieurs contraintes qui amenuisent l'efficacité de leurs interventions respectives.

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................1

PREMIERE PARTIE : LES JEUX DIVERSIFIES DES GRANDES PUISSANCES....31

CHAPITRE I : LES JEUX INDIVIDUELS DES GRANDES PUISSANCES ............34

SECTION I :Les jeux similaires.............................................................................35

SECTION II :Les jeux dissemblables........................................................................61

CHAPITRE II: LES JEUX COLLECTIFS DES GRANDES PUISSANCES ............73

SECTION I : Les grandes puissances à l'oeuvre dans les cadres multilatéraux..............................................................................................74

SECTION II : Les interactions des grandes puissances dans des cadres bilatéraux.................................................................................................100

DEUXIEME PARTIE : LES ENJEUX ET CONTRAINTES STRUCTURANT LES ACTIONS ET INTERACTIONS DES GRANDES PUISSANCES..........................................................................................115

CHAPITRE III : UNE INTERVENTION SOUS-TENDUE PAR DES MULTIPLES ENJEUX.................................................................................................117

SECTION I : Les enjeux manifestes..................................................................118

SECTION II : Les enjeux latents.....................................................................132

CHAPITRE IV : DES JEUX SOUMIS A PLUSIEURS CONTRAINTES................160

SECTION I : Les contraintes inhérentes aux grandes puissances................................160

SECTION II : Les contraintes extérieures aux grandes puissances........................................178

CONCLUSION GENERALE .....................................................................212

BIBLIOGRAPHIE....................................................................................216

ANNEXES...............................................................................................240

TABLE DES MATIERES...........................................................................260

INTRODUCTION GENERALE

Un problème social a éclaté à la face du monde à l'orée 2011 en Afrique du Nord. Cette partie du continent est restée sourde et muette depuis longtemps, à l'abri des perturbations que connait le reste de l'Afrique1(*). Le monde arabe, resté longtemps à l'abri du changement, se retrouve en pleine mutation et les éléments internes et externes, régionaux et extra-régionaux se heurtent les uns aux autres pour alimenter les bouleversements actuels2(*). Le mécontentement y a été renchéri par un coût de vie sans cesse croissant. La longévité des dirigeants3(*) a fini par exacerber les populations. Selon Samir AMIN dans un entretien accordé à l'hebdomadaire La Nation, les peuples de cette partie du globe « n'ont plus peur »4(*). En effet, vivant sous des régimes tyranniques, des régimes policiers, ceux-ci se sont toujours tus, se résiliant à penser qu'ils ne peuvent rien faire, passant ainsi sous silence les différentes violations de leurs droits humains. Toute activité ayant un cycle allant de sa genèse à son apocalypse, en 2010, la fin du silence des peuples nord-africains sonne.

Tout commence le 17 décembre 2010. Un jeune tunisien, Mohamed BOUAZIZI s'immole par le feu devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid5(*). Ce fait qui n'est pas inédit6(*), puisqu'il n'est pas le premier dans cette région du globe, va être le germe d'une crise. Celle-ci ne se limitera pas à la Tunisie, puisque par un effet de mimétisme ou de contagion, elle embrasera l'Egypte puis la Libye et d'autres pays arabes. Très vite, ce mouvement sera baptisé « printemps arabe ». Il est assimilé à d'autres événements qui lui sont antérieurs : on peut citer à titre indicatif, le « printemps des peuples » de 1848 auquel il a été comparé ou encore le « printemps algérien » de 1988.

Le mouvement est guidé par plusieurs objectifs dont le départ des dirigeants de ces pays, l'avènement de la démocratie et l'amélioration des conditions de vie pour ne citer que ceux là. En Tunisie, après quelques semaines de résistance, le Président Ben ALI quitte le pouvoir et s'enfuit. En Egypte, la place Tahrir est envahie pendant plusieurs jours par les populations. Elle devient le symbole du mouvement dit de libération de l'Egypte. Suite à quelques pressions internes, le Président Hosni MOUBARAK apporte quelques réformes. La place Tahrir ne désemplit cependant pas et les populations de plus en plus nombreuses finiront par obtenir, grâce à la passivité des forces de l'armée qui ont refusé d'utiliser les armes, la démission de MOUBARAK.

A Benghazi, la rébellion éclate fin février 2011. Dans cette région, le 17 février 2011 avait été décrété « jour de la colère », 48 heures après l'arrestation d'un avocat et militant des droits de l'Homme. Pour endiguer ce soulèvement, le régime de KADHAFI a frappé selon la promesse des « rivières de sang » faite par Seif El ISLAM, le fils du guide libyen. Il s'en suit une guerre qui durera au-delà des prévisions. Celle-ci verra à partir de mi-mars 2011, la participation des grandes puissances dont l'action de lobbying de la France a abouti à l'adoption de la résolution 1973 à l'ONU, résolution qui visait à aller protéger les civils contre les frappes du colonel KADHAFI en Libye. Les P37(*) (la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis) seront très actifs dans la mise en oeuvre de cette résolution, pour laquelle les actions seront menées sous la bannière de l'OTAN. La Chine et la Russie face à cette situation sont plutôt réservées. Ces deux puissances se sont abstenues lors du vote de la résolution et seront très peu actives par la suite.

Qu'est ce qui peut expliquer cette attitude chez les Grandes puissances ? Comment et pourquoi sont-elles intervenues au cours du printemps arabe ? Pourquoi ont-elles eu des attitudes différentes ? Ces questions nous ont amené à nous interroger sur le(s) jeu(x) et les enjeux des grandes puissances au cours du printemps arabe en Afrique du Nord. C'est d'ailleurs dans cette veine que nous avons formulé notre sujet ainsi qu'il suit : « jeux et enjeux des grandes puissances au cours du printemps arabe ».

Avant de poursuivre notre étude, nous nous attèlerons à construire conceptuellement notre sujet et à justifier notre choix des acteurs (I), puis, nous allons faire une revue de la littérature (II), nous relèverons ensuite l'intérêt de notre étude (III). Enfin, après avoir énoncé notre problématique (IV), nous préciserons la démarche que nous avons adoptée (V) et nous formulerons notre hypothèse de travail (VI).

I. CONSTRUCTION CONCEPTUELLE DU SUJET ET JUSTIFICATION DU CHOIX DES ACTEURS.

Afin de donner une réalité à son étude, le chercheur doit construire son objet. C'est sans doute l'une des clés cardinales de toute recherche scientifique. Notre sujet est constitué des concepts suivants : jeu, enjeu, grandes puissances et « printemps arabe ». Après avoir apporté des précisions sur le sens des concepts qui le constituent (A), nous présenterons les raisons qui nous ont poussées à choisir des acteurs précis pour notre étude (B).

A. Construction conceptuelle du sujet

Emile DURKHEIM énonce que le savant doit d'abord définir les choses dont il traite afin que l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question8(*).

Pour Madeleine GRAWITZ, « le concept n'est pas seulement une aide pour percevoir mais une façon de concevoir »9(*). Il a deux fonctions : organiser et guider. Lorsqu'il organise, le concept « exerce un premier tri au milieu du flot d'impressions qui assaillent le chercheur »10(*). Dans sa seconde fonction, le concept « guide la recherche en lui procurant au départ un point de vue »11(*). Il s'agit donc d'une construction-sélection12(*). C'est pourquoi il est important de s'accorder sur les sens que nous avons retenus pour les concepts qui constituent notre sujet. Ceci en effectuant le tri parmi les multiples sens de ceux-ci.

Nous allons nous attarder sur les concepts jeu et enjeu (1) puis grande puissance (2) et enfin printemps arabe (3).

1- Jeu et enjeu

Le jeu est défini selon Michel CROZIER et Erhard FRIEDBERG comme « le moyen essentiel de l'action organisée, le procédé par lequel les participants structurent leurs relations de pouvoir tout en conservant une marge de liberté »13(*). Cette définition met en exergue les relations de pouvoir au sein desquelles les acteurs ont des comportements actifs, offensifs et défensifs14(*). Elle nous donne de relever que dans une situation de jeu, soit l'acteur est très actif, soit il est moins actif. Elle met en lumière les stratégies des acteurs que nous avons mobilisés.

Le jeu est aussi l'interaction stratégique entre deux entités. Selon Anatol RAPOPORT15(*), « c'est une situation dont l'objet est de gagner au moindre coût, donc sans guerre ». Cette définition est d'un apport certain pour notre étude en ceci qu'elle nous permet de nous interroger sur la question de savoir si les attitudes des grandes puissances ont toujours été guerrières. C'est, du moins, ce que nous révèle l'aspect « gain au moindre coût » mentionné par A. RAPOPORT. Elle nous renseigne également sur quelques théories qui sont, à coup sûr intéressantes pour notre analyse, notamment l'interactionnisme et le réalisme, théories sur lesquelles nous allons revenir.

J. ROJOT appréhende le jeu comme « un ensemble de stratégies rationnelles des acteurs, (à caractère de rationalité limitée) »16(*).

Pour notre étude le jeu est considéré comme les stratégies défensives ou offensives mises en oeuvre par les acteurs en interaction, afin de gagner, au moindre coût, si possible, sans guerre.

Quant à l'enjeu, « c'est ce que chaque acteur cherche à obtenir dans le noeud de relations créées à l'occasion d'une situation organisationnelle »17(*).

L'enjeu est assimilé aux objectifs, « ce que vise l'acteur dans la situation immédiate »18(*). Ils sont très largement les opportunités que l'acteur découvre dans la situation, ces opportunités sont elles mêmes fonction de la capacité de l'acteur à les découvrir à l'état latent, à assumer et soutenir les risques associés à chaque stratégie et à établir des relations avec d'autres et donc des relations d'interdépendance. Les objectifs sont fonction du contexte mais sont aussi construits au fur et à mesure que la situation organisationnelle évolue.

Pour ce travail, nous considérons l'enjeu comme l'ensemble des objectifs visés par les grandes puissances dans le cours de leurs interventions.

2- Grande puissance.

Le terme grande puissance est généralement attribué aux pays qui, au travers d'un certains nombre de facteurs (l'économie, la politique étrangère, la force militaire, la qualité du gouvernement...), ont un rayonnement et une influence au niveau mondial. Il découle de la notion de puissance, « catégorie centrale des Relations Internationales en général et du réalisme en particulier »19(*).

Comme le reconnait Kenneth WALTZ, « bien que la puissance soit un concept clé dans la théorie réaliste, sa définition précise reste un sujet de controverse »20(*). Il en va de même pour ce qui est de la notion de grande puissance car au fil de l'évolution de l'histoire mondiale, nous constatons que le nombre de pays ayant une influence sur le monde varie et même, qu'il n'y a pas de constance sur ces pays, ceci au gré de la polarité21(*). Ceci nous amène, dans le cadre de notre étude, à nous limiter aux grandes puissances vues comme l'ensemble des Etats dotés du droit de véto au conseil de sécurité de l'ONU. Cette restriction définitionnelle étant relative aux acteurs que nous avons retenus22(*).

3- Le printemps arabe.

L'expression printemps arabe, prend son envol avec les révoltes qui suivent l'immolation par le feu de M. BOUAZIZI en Tunisie. Ce concept est chargé d'acceptions. La construction du concept « printemps arabe » nécessite dès lors l'adoption de l'approche inductive23(*) qui produit des « concepts opératoires isolés »24(*).

De prime abord, le « printemps arabe » est perçu comme un ensemble de contestations populaires d'ampleur et d'intensité très variables qui se produisent dans de nombreux pays du monde arabe à partir de décembre 2010. Ces mouvements révolutionnaires sont aussi qualifiés de révolutions arabes.

Ensuite, de l'exploitation des travaux d'autres auteurs, nous retenons selon Eric DENECE, que le printemps arabe est l'ensemble « des mouvements de contestation populaire incarnant les aspirations démocratiques et le ras-le-bol des citoyens à l'égard des régimes tyranniques, corrompus et népotiques qui les gouvernaient »25(*). Ces mouvements ont pris forme depuis le milieu de l'hiver 2011 en Afrique du Nord puis au Proche et au Moyen-Orient.

Pour Michel CAMAU, le « printemps arabe » désigne « un processus d'émulation protestataire sans précédent dans le monde arabe »26(*).

Selon Dilek SARMIS, le printemps arabe renvoie aux « changements politiques qui ont touché le Maghreb et le Moyen-Orient depuis l'année 2011 »27(*).

Nous considérons, dans notre étude, le « printemps arabe » comme la construction nominative que la communauté internationale28(*) a donné aux soulèvements des peuples dans le monde arabe, soulèvements qui visaient à obtenir des changements des politiques et du politique dans leurs Etats respectifs.

In fine, après cette conceptualisation, nous entendons par « jeux, enjeux et contraintes des grandes puissances au cours du printemps arabe : le cas des membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies », l'ensemble des stratégies mises en oeuvre par les Etats dotés du droit de véto au Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) ainsi que ce qu'ils cherchaient à obtenir au cours des soulèvements des peuples dans le monde arabe, plus précisément en Afrique du Nord, sans oublier ce qui les empêche d'y arriver.

Les concepts que nous avons mobilisés nous donnent des indications sur l'espace, sur les axes de notre étude ainsi que sur les acteurs concernés mais ils sont muets quant-à un apport explicatif de leur choix. C'est pourquoi, une fois les précisions données sur les concepts, il est judicieux pour nous de justifier pourquoi nous avons choisi des acteurs précis.

B. Justification du choix des acteurs.

Nous pensons qu'un évènement politique de la dimension d'une crise ne saurait se dérouler sans acteurs. Ce sont ces derniers qui, par leurs multiples interactions, font et/ou défont l'évènement. Dans le cadre de notre étude, nous avons des acteurs qui ont, « créé » 29(*) l'évènement et des acteurs qui l'ont « amplifié »30(*).

Nous avons choisi de bâtir notre étude autour de la Libye, de la Tunisie et de l'Egypte d'une part comme pays au sein desquels le printemps arabe se déroule et autour de la France, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Chine d'autre part comme pays ayant « amplifié » l'évènement.

Nous avons suivi les conseils de Gaston BACHELARD qui préconisait déjà de se méfier de « la fausse doctrine du général » qui a longtemps « ralenti les progrès de la connaissance scientifique »31(*). Toutefois, il convient de relever que le choix de ces acteurs n'a pas été fait arbitrairement ou encore au hasard. Car, pour paraphraser Raymond QUIVY et Luc Van CAMPENHOUDT32(*), comme avec le chercheur de pétrole, ce n'est pas en forant n'importe où qu'on trouve ce qu'on cherche. Nous présentons ici les éléments qui justifient le fait que notre choix soit porté sur les acteurs sus mentionnés : d'abord les raisons du choix des pays à étudier (1) et ensuite celles du choix des grandes puissances (2).

1- Les raisons du choix des pays à étudier.

La Tunisie, la Libye et l'Egypte sont des pays situés sur le continent africain, à l'opposé d'autres pays secoués par le printemps arabe (Syrie, Bahreïn ...). La singularité des évènements connus consécutivement par ces pays se présente comme un facteur réel d'érudition.

En effet, excepté les luttes pour les indépendances des années 1960 en Afrique, de mémoire, aucun phénomène social n'avait embrasé autant de pays de façon simultanée comme l'a fait le printemps arabe qui a allure de précédent dans cette région de l'Afrique.

Suivant les conseils de G. BACHELARD, nous avons fait un tri. La Tunisie, l'Egypte et la Libye ne sont pas les seuls pays de l'Afrique du Nord. Leur choix n'est cependant pas arbitraire car il convient de relever que l'Algérie aussi a connu des mouvements au cours de la même période, de même que le Maroc. Toutefois, une analyse de la crise permet de dégager deux tendances lourdes : d'une part, l'Algérie et le Maroc n'ont pas connu de bouleversement à leurs têtes, d'autre part, à la tête de la Tunisie, de l'Egypte et de la Libye, les dirigeants ont été renversés, ce qui est un élément de similitude qui nous amène à nous intéresser au processus ayant abouti à ces résultats, notamment les renversements des dirigeants en place.

Notre curiosité a également été aiguisée par le fait suivant lequel l'ampleur du conflit n'a pas été le même dans les trois pays que nous avons choisis. Nous avons eu, en Tunisie, des manifestations plus ou moins pacifiques ayant abouti à la fuite de Ben ALI ; en Egypte, un sit-in prolongé qui a conduit à la démission de Hosni MOUBARAK et une guerre se concluant, en Libye, par la mort de Mouammar KADHAFI. Toute chose qui nous amène à nous poser la question du pourquoi de ces divergences et même du comment y est-on arrivé.

Lorsqu'on sait que « pour comprendre le pourquoi, il faut analyser le comment »33(*), une observation permet de constater que les grandes puissances ont contribué à la construction du printemps arabe. Celle-ci, aiguisant notre curiosité, nous a poussé à nous résoudre à les étudier dans leur ensemble.

2- Les raisons du choix des grandes puissances.

La Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont tous nantis du droit de véto au CSNU. Cette réalité s'impose à nous afin de permettre le compte-rendu des jeux et des enjeux des grandes puissances au cours du printemps arabe. Car le choix de quelques unes de ces puissances seulement, pour quelques motifs que ce soit, serait parcellaire dans le processus d'analyse de l'intervention des grandes puissances.

On note d'entrée de jeu que ces puissances se subdivisent en deux catégories, les puissances très actives et les puissances moins actives. Cet aspect se présente comme un élément intéressant pour notre étude car il faut comprendre pourquoi il existe une telle disparité dans les attitudes des grandes puissances et plus encore démontrer cet état de disparité.

Ensuite, il faut relever que certains des Etats en crise ont développé des relations tous azimuts avec les grandes puissances, ce qui a créé une sorte d' « extraversion étatique »34(*). Une juxtaposition du phénomène décrié par FOGUE TEDOM35(*), au sujet de l'Afrique noire, sur les pays que nous étudions, permet de relever, par exemple, que l'Egypte dépend beaucoup des Etats-Unis dans sa politique de sécurité par le financement de son armée par les derniers cités36(*). Dès lors il est intéressant d'apprécier l'attitude des anciens partenaires.

Aussi, la conception traditionnelle des Relations Internationales est « verticale » et « boréocentrique »37(*). Elle consacre aux grandes puissances de l'hémisphère Nord, Grande-Bretagne et Etats-Unis38(*), particulièrement, une sorte de « destin de luciole », c'est-à-dire la spécificité d'émettre de la lumière à tous les stades de leur développement. Pierre BUHLER abonde dans le même sens lorsqu'il constate que les « communautés épistémiques » étasuniennes déterminent les formes, les concepts, les modes de diffusion du savoir, sans même parler de sa langue véhiculaire, l'anglais, qui impose une hégémonie non seulement formelle, mais aussi méthodologique, aux conséquences lourdes sur l'élaboration et l'expression de la pensée39(*). Le printemps arabe, se présentant comme des mouvements de revendications de la démocratie, nous savons que la démocratie est une valeur occidentale diffusée par la pensée de ces puissances. Il est utile d'analyser comment elles se sont saisies de cette fenêtre d'opportunités.

D'un autre point de vue, la Chine et la Russie ont une tradition réfractaire aux interventions étrangères. A titre illustratif, la Chine prêche pour « l'harmonie du monde »40(*). A l'aune du printemps arabe, ce comportement a-t-il été respecté ? Y a-t-il eu évolution dans la pensée stratégique russe ou chinoise ? Y a-t-il eu des changements de paradigmes dans le comportement de la Chine et de la Russie ? Ce sont là des questions qui ont habité notre esprit, poussant notre réflexion vers la quête de plus amples connaissances.

Tous ces constats et questions nous ont donné de mener une étude bâtie autour de ces différents acteurs afin de mieux comprendre pourquoi il n'y a pas eu une uniformité de réalité dans tous les cas que nous avons retenus. Bref nous avons noté l'existence d'un jeu à plusieurs variantes et aussi l'existence de plusieurs enjeux.

Avant une analyse plus profonde du sujet, il convient de faire une revue de la littérature.

II. REVUE DE LA LITTERATURE

Plusieurs auteurs se sont intéressés au printemps arabe, rédigeant sur le sujet des livres, des articles. Au regard de nos lectures et en analysant de près les ouvrages, l'on constate que les auteurs n'abordent que partiellement ou alors pas du tout certains aspects du sujet. Notre étude n'étant pas pionnière dans ce domaine, elle a été enrichie par des travaux de certains auteurs. Toutefois, ces travaux ne cadrent pas toujours avec nos préoccupations.

Pour preuve, l'ouvrage de Jean Emmanuel PONDI41(*)qui aborde la question. Ce livre traite de l'avenir de l'Union Africaine au lendemain de la mort du colonel libyen KADHAFI. A la question du « printemps arabe » et de ses objectifs, il laisse transparaitre comme enjeu la fragilisation, par les grandes puissances, du projet panafricaniste que portait le colonel KADHAFI. Il révèle la diversité de sons de cloche perçus après la mort du colonel : si elle fait l'objet d'une joie pour les Français, les Anglais et les Américains, les Russes affichent une position ambigüe. Il n'évoque pas la Chine. Il n'apporte aucune information sur les jeux des grandes puissances tout comme il se limite à analyser la crise libyenne sous l'angle de ses répercussions sur l'Afrique. Nous nous proposons de rechercher la réaction de la Chine. Aussi, nous examinerons les jeux des autres grandes puissances.

Claude MONIQUET42(*), nous rapporte que pendant plusieurs années, la France et les Etats-Unis ont soutenu la Tunisie et entretenu de bonnes relations avec l'Egypte qui quelques fois leur a apporté son soutien dans certaines causes43(*). Pendant la révolution ces puissances ont abandonné leurs amis d'hier. Par cette révélation, C. MONIQUET permet de se rendre compte de ce que les intérêts de ces pays avaient changé. Il fait aussi remarquer que la démocratie ne se décrète pas. Ce faisant, il nous renseigne sur ce qui se présente comme l'alibi avancé par les grandes puissances pour attaquer la Libye : le besoin de démocratiser le pays. Claude MONIQUET ne précise pas quel était l'enjeu réel des grandes puissances puisqu'il estime que la démocratie qu'elles ont évoquée ne se décrète pas. Nous entendons révéler cet enjeu ou mieux, ces enjeux.

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Bernard LUGAN44(*) élargit son étude du printemps arabe sur le sol africain à des pays comme l'Algérie, le Maroc où les renversements des dirigeants n'ont pas eu lieu. Il parle du printemps arabe comme d'un échec à la hauteur des emballements émotionnels qu'il a suscité. Ce faisant, il nous permet de nous rendre compte de la diversité de conduites qu'a connues ce conflit en fonction des Etats. Si c'était une révolution en Tunisie ou en Egypte, c'était plutôt selon cet auteur une guerre en Libye. Dans son ouvrage, B. LUGAN nous permet aussi de relever que l'expression « printemps arabe » est un baptême journalistique. Cet apport nous amène à étudier comment s'est construit le printemps arabe et surtout quel a été l'apport des grandes puissances dans ce processus.

L'ouvrage45(*) dirigé par Eric DENECE décortique les phases de préparation de ce que l'on a appelé « les révolutions arabes », analyse le contexte politique, sociologique, idéologique qui les a mises en action, montre comment une mise en condition de l'opinion internationale les a favorisées. Il décrypte le rôle majeur joué en amont ( puis pendant et  après) par les vrais décideurs de ce qui se révèle être une illusion « de démocratie »: les Etats-Unis (et leur petit chien de garde franco-anglais) avec  l'Europe et l'OTAN  interposées, et les Etats wahhabites du « Golfe » , l'Arabie Saoudite et le Qatar, véritables bras armés de la poussée islamique dont la visée est la constitution d'un arc sunnite dirigé par eux, avec l'onction des Etats-Unis dont la volonté de maîtriser les flux pétroliers et de gaz trouve là son accomplissement... D'autant que leur stratégie implicite de « containment » de la Russie et de la Chine se voit confortée par cette mise en chaos islamique de l'Afrique (du Nord comme du sud Sahara) et du Moyen Orient. Cet ouvrage s'attache successivement à étudier et à déconstruire les événements ayant eu lieu au Maghreb et au Proche-Orient, à mettre en lumière le rôle essentiel des acteurs extérieurs à ces révolutions, acteurs dont les actions ont été déterminante. Il évalue les conséquences du printemps arabe, lesquelles ne semblent pas à la hauteur des espérances suscitées. Les auteurs de cet ouvrage dénoncent la pensée dominante qui tend à faire du « printemps arabe » un événement spontané. Ceux-ci nous attestent que le printemps arabe n'a pas été conduit uniquement par les populations des Etats concernés. Ils nous révèlent l'existence d'acteurs multiples des relations internationales dont des (Etats et ONG). L'ouvrage nous renseigne sur quelques enjeux. Toutefois, il a le péché de ne faire la part belle qu'aux Etats-Unis. Nous entendons aller au-delà de cette étude en nous intéressant à la France, à la Grande-Bretagne, à la Russie et à la Chine. Il nous invite aussi à nous intéresser aux autres acteurs des Relations Internationales.

Samir AMIN46(*) analyse les dangers de récupération du printemps arabe. Il prend pour exemple l'instrumentalisation de l'islam politique par les puissances occidentales. Il apporte des éléments sur l'histoire des peuples arabes, ce qui permet de mieux comprendre ce qui est arrivé. Pour lui s'il y a un gain majeur, c'est que les peuples n'ont plus peur. Il nous permet de constater que ces mouvements ont une importance sur le plan politique mais sont très limités sur les plans social et économique. Le point d'interrogation qu'il accole à l'expression printemps des peuples (un printemps des peuples ?) dans le titre de l'ouvrage nous renseigne sur l'état d'esprit de cet auteur. Pour lui, ce n'est pas un printemps arabe mais plutôt un « automne du capitalisme ». Par ce regard, Samir AMIN nous donne de constater que le printemps arabe profite aux grandes puissances qui ont des monopoles, qui contrôlent à peu près tout. Ils monopolisent un capital qui est à l'origine de plusieurs phénomènes dont la financiarisation47(*), la destruction48(*), l'intolérance49(*). Samir AMIN nous révèle que les principaux pays attaqués (Libye, Syrie, Irak...) ne sont pas les principales cibles. S'il laisse entrevoir l'existence d'une main cachée qui guiderait les mouvements en Egypte et en Tunisie, puisqu'il ne traite pas de la Libye dans son ouvrage, il ne la dévoile pas, encore moins les cibles principales. Notre travail consistera à dévoiler cette main cachée en mettant en exergue son jeu. De même, nous allons nous atteler à révéler les principales cibles.

Naoufel BRAHIMI El MILI50(*) affirme que « parler de printemps arabe peut être un contresens car on pourrait parler plutôt de nos jours51(*) d'un grand hiver tant la rupture se conjugue avec le maintien du vieux système »52(*). Il nous présente l'apport médiatique de la chaine de télévision Al-Jazeera qui « a su générer un mythe fondateur » de la démocratie en Tunisie à partir du récit de l'immolation de Mohamed BOUAZIZI. Par là, nous confirmons la thèse de la construction médiatique du printemps arabe sur laquelle nous allons revenir en analysant le jeu des grandes puissances. N. BRAHIMI EL MILI révèle également l'identité des protagonistes restés dans l'ombre : les Américains qui voient dans ces événements l'occasion d'actualiser le projet néocolonisateur du grand Moyen-Orient qatari ou saoudien dont les enjeux gaziers, notamment, priment sur l'instauration d'un régime démocratique. Naoufel BRAHIMI EL MILI porte à notre connaissance que l'instauration de la démocratie n'était qu'un alibi. Ne faisant que mention des Etats-Unis comme protagonistes tapis dans l'ombre, son étude est limitée en ceci que nous savons clairement que les Etats-Unis n'ont pas agi seuls. Les attaques en Libye ont été menées par une coalition. Il ne fait pas mention des autres puissances. Dans notre étude, nous entendons démêler l'écheveau sur les jeux et les enjeux de la France, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Chine et des Etats-Unis.

Pierre HASSNER53(*), écrit parlant de la France qu'elle a eu une expérience plus prometteuse en Libye où officiellement les grandes puissances ont renoncé à la présence au sol. Il précise que le combat a duré et le résultat n'a été obtenu « fort heureusement qu'en ne se tenant pas à la lettre de la résolution onusienne mais en aidant activement les rebelles »54(*). Il nous apporte dans la conduite de notre recherche un élément certain : la violation par la France et les autres d'une résolution de l'ONU. Ici on se demande bien comment et pourquoi un Etat peut résolument décider d'aider des rebelles en allant, avec ses alliés, jusqu'à la violation d'une résolution de l'ONU, ce que P. HASSNER ne nous dit pas et que nous nous évertuerons à étudier. Aussi cet auteur ne nous renseigne pas assez sur la raison pour laquelle l'action de la France en Libye est qualifiée de plus prometteuse. Nous entendons analyser cette action et même l'étendre au-delà de la Libye afin de mieux comprendre son propos.

De son côté, Benjamin ROEHRIG55(*), indique qu'il y a eu beaucoup de tractations à l'ONU, surtout de la part de la France, pour obtenir le vote de la résolution 1973. Il fait également état de l'envie de la France de garder l'initiative du dossier libyen. Toutefois, il n'en donne pas les raisons et même la nature des tractations. Il écrit que « la France s'est beaucoup investie dans le dossier libyen »56(*). Si cet article a un apport indéniable, il est limité en ceci qu'il ne fait pas état de l'action des autres puissances. Nous entendons le compléter en analysant le comportement des autres grandes puissances pendant le vote de cette résolution et même, au-delà du vote de la résolution, pendant le cours de la crise.

Dans la revue « Moyen-Orient », Mark N. KATZ57(*) rapporte que pour les cas de la Tunisie et de l'Egypte, la Russie a unanimement salué la chute des chefs d'Etat BEN ALI et Hosni MOUBARAK insistant sur l'importance d'une Egypte « forte et démocratique »58(*). Pour le cas de la Libye, la position de la Russie est différente ; il y a même une contradiction dans les propos du Président MEDVEDEV et du Premier Ministre POUTINE, MEDVEDEV qualifiant d'inexcusable la considération qu'a POUTINE de l'action en Libye : « croisade ». Plus tard, le Kremlin rejoint dans leurs positions Washington, Paris et Londres. MEDVEDEV déclare le 27 mai 2011 à Deauville que « KADHAFI doit partir ». Par ce récit, KATZ porte à notre connaissance que la Russie a eu deux faces dans son appréciation de ce conflit suivant que la crise était tunisienne ou égyptienne d'un coté ou libyenne de l'autre. La dispute entre le président MEDVEDEV et le premier ministre POUTINE au sujet du cas de la Libye révèle l'existence d'intérêts divergents entre ces deux dirigeants russes. Si l'apport de M. N. KATZ laisse transparaître cette réalité, il ne nous en dit pas plus. Le revirement quasi brusque et sous fond de tension interne de la Russie n'est pas justifié dans cet article. Nous nous proposons de laisser à découvrir plus sur les intérêts de ces acteurs.

Mettons un terme à cette revue de la littérature en évoquant la revue « Moyen -Orient »12 octobre-décembre 2011, où Moncef DJAZIRI59(*) écrit qu'après le début du mouvement né à BENGHAZI60(*) en février, beaucoup ont parlé d'un risque imminent de massacre des opposants61(*), prétexte justifiant l'intervention militaire de la France et de la Grande-Bretagne puis de l'OTAN. Ces interventions ont évolué vers une guerre d'appui aux rebelles de BENGHAZI dans le but de mettre un terme au régime de KADHAFI et instaurer la démocratie. Moncef DJAZIRI écrit « cette guerre pour la démocratie cache des enjeux économique, géostratégique et politique dont la prise en compte est indispensable pour expliquer pourquoi cette guerre »62(*). Avec ces écrits de Moncef DJAZIRI qui nous offre là une sérieuse piste de réflexion sur laquelle nous allons nous engager, il est désormais clair que les grandes puissances ne sont pas allées dans le conflit arabe en touristes. Cet apport de M. DJAZIRI est néanmoins limité en ceci que par rapport à notre étude, d'une part il se limite à réfléchir uniquement sur la crise libyenne. D'autre part, il ne révèle pas les enjeux dont il parle. Nous nous proposons de mettre en lumière les enjeux qui expliquent l'intervention des grandes puissances au cours du printemps arabe ; intervention tant en Libye qu'en Tunisie et en Egypte.

En somme, nous nous rendons compte que les écrits que nous avons explorés n'évoquent pas la Chine, pays dont nous ne manquerons pas d'analyser l'action afin de rendre compte des jeux et des enjeux des cinq grandes puissances au cours du printemps arabe. Aussi les ouvrages ne traitent pas exclusivement des cas des pays que nous avons choisis. De même, aucun ouvrage n'évoque à la fois les cinq grandes puissances. Nous nous incrustons dans l'univers de la recherche fondamentale sur ce sujet et nous nous penchons davantage sur  les grandes puissances et « le printemps arabe », dans un souci de rendre compte des jeux et des enjeux de celles-ci au cours du printemps arabe. Nous nous proposons ainsi suivant les propos de SCHOPENHAUER de « ne point contempler ce que nul n'a encore contemplé mais de méditer comme personne n'a encore médité sur ce que tout le monde a devant les yeux »63(*).

Cette revue de la littérature nous a permis de noter que notre sujet présente quelques intérêts.

III. INTERET DE L'ETUDE

La portée d'une oeuvre scientifique est d'apporter une contribution à la compréhension du phénomène social dont elle s'est assignée la mission d'étudier64(*). Car, comme le dit BOURDIEU, le propre du scientifique est de « savoir ce qu'il ne sait pas »65(*). Ainsi, la présente analyse des jeux et des enjeux des grandes puissances au cours du printemps arabe offre sur le plan heuristique un intérêt sur plusieurs plans : d'abord personnel, puis académique et scientifique.

- Intérêt personnel

Ce travail est pour nous un important exercice intellectuel, pratique et formatif qui permet d'établir une comparaison entre les connaissances théoriques que nous avons reçues et la réalité de la recherche sur le terrain. Il nous permet d'associer empirisme et aporisme.

- Intérêt académique et scientifique

Ce travail s'inscrit avant tout dans le cadre de la recherche fondamentale. Il émane de la curiosité du chercheur néophyte que nous sommes de donner une compréhension plus affinée du printemps arabe. Car ce qui fait la valeur des travaux de recherche, c'est leur capacité de « permettre une compréhension toujours plus affinée du phénomène qu'ils étudient »66(*). Alors que le printemps arabe continue de faire la une de l'actualité internationale avec de nombreux rebondissements, ce travail entend enrichir ceux qui l'ont précédé.

Pour y arriver, nous nous proposons de décrire et d'expliquer l'intervention des grandes puissances au cours du printemps arabe. Ceci en répondant aux questions comment et pourquoi cette intervention. Nous avons choisi cette approche parce qu'elle n'est que relativement abordée dans les écrits consacrés au printemps arabe. Pour s'en convaincre, nous avons fait une revue de la littérature67(*) qui nous a amené à formuler une problématique.

IV. LA PROBLEMATIQUE

Selon Pierre BOURDIEU, Jean Claude CHAMBODERON et Jean Claude PASSERON, «  un objet de recherche si partiel et si parcellaire soit-il ne peut être défini et construit qu'en fonction d'une problématique théorique permettant de soumettre à une interrogation systématique les aspects de la réalité mis en relation par la question posée »68(*).

Pour Madeleine GRAWITZ, la problématique est l'intermédiaire entre la logique formelle et la recherche concernant le contenu. Elle « répond à un besoin de cohérence logique, met en oeuvre un ensemble de problèmes qui orientent la recherche et un corps de concepts qui directement ou indirectement débouchent sur des hypothèses rendant compte d'un contenu riche de conflits »69(*).

Les travaux que nous avons exploités et même des observations que nous avons faites nous présentent quelques aspects de l'intervention des grandes puissances au cours du printemps arabe, notamment les soutiens multiformes aux manifestants. Ils apportent quelques révélations sur les objectifs poursuivis : protection des civils, instauration de la démocratie. Ces révélations nous amène dans le cadre de notre étude à formuler notre problématique de la manière suivante : Comment les grandes puissances participent-elles au printemps arabe et quels sont les enjeux qui structurent leurs actions et interactions?

Pour apporter une réponse à la question que nous nous sommes posés, nous avons adopté une démarche spécifique.

V. DEMARCHE ADOPTEE

Toute recherche aspirant à se faire une place parmi les plus importantes et novatrices dans son domaine scientifique passe forcément par une démarche cohérente que doit rigoureusement observer le chercheur. Pour rendre intelligible l'intervention des grandes puissances au cours du printemps arabe, nous avons convoqué d'une part des techniques de collectes et d'analyse des données (A) et d'autre part des théories (B).

A. La collecte et l'analyse de données.

Pour mener à bien sa recherche, le chercheur doit s'appuyer sur des techniques70(*). Nombreuses et variées, elles ne s'excluent pas les unes les autres ; le chercheur doit pouvoir choisir parmi les multiples techniques existantes celles qui lui conviennent afin d'aboutir à la réalisation des objectifs qu'il s'est fixé. Il doit faire son cocktail de techniques.

Nous présenterons d'abord les techniques de collectes de données (1), ensuite les techniques d'analyse (2).

1- La collecte de données

Les informations que nous avons recueillies dans le cadre de notre travail l'ont été grâce à la recherche documentaire.

Le choix de l'utilisation de la technique documentaire est justifié selon Madeleine GRAWITZ parce qu'elle permet au chercheur d'analyser les réalités se trouvant dans les documents afin de compléter ce que l'on découvre sur le terrain.

D'après M. GRAWITZ, utiliser les techniques documentaires revient à examiner diverses sources documentaires : documentation écrite, documentation visuelle ou audiovisuelle, aussi les techniques d'étude de ces documents71(*). En ceci que le document a l'avantage d'être objectif puisqu'il est le même pour tous et ne change pas72(*), au cours de notre travail, nous avons consulté des documents écrits (a), électroniques (b) et muets (c).

a- La collecte de données à travers les documents écrits

Les sources documentaires écrites auxquelles nous avons fait recours durant notre recherche sont :

- Les journaux et magazines73(*), les revues74(*) scientifiques portant notamment sur le printemps arabe.

- Les ouvrages de divers auteurs portant sur le printemps arabe75(*), les méthodes de recherche et théories76(*).

b- La collecte de données à travers les documents électroniques.

Parmi les différentes sources électroniques existantes telles le cinéma, la radio, la télévision, internet, nous avons exploité durant notre étude internet, la radio et la télévision.

Internet se présente de nos jours comme un instrument dont l'importance est de plus en plus croissante en matière de recherche en sciences sociales. Dans le cas spécifique des Relations Internationales, ce type de documents comporte une masse impressionnante de données. Pour notre travail, nous y avons trouvé des articles en ligne77(*), des ouvrages78(*).

Avec la radio et la télévision, nous avons suivi des émissions79(*) au cours desquelles des débats, des exposés ont été conduits afin de permettre de mieux comprendre le printemps arabe.

c- La collecte de données à travers les documents muets.

Les documents muets sont des objets inanimés qu'on exploite afin de donner une interprétation à un phénomène80(*). Dans le cadre de notre travail, nous avons exploité les photos.

Une fois les données recueillies il nous incombait de les analyser grâce à une technique précise.

2- L'analyse des données.

Pour analyser nos données, nous avons recouru à l'analyse du contenu qui est une technique de recherche pour la description objective, systématique et quantitative du contenu manifeste des communications, ayant pour but de les interpréter81(*). Il faut analyser les données pour pouvoir y extraire des éléments utiles pour bâtir sa thèse. Cette technique consiste à traiter méthodiquement des informations qui présentent un degré de profondeur et de complexité, sources de renseignements qui permettent au chercheur de construire une connaissance82(*). Cette technique, nous l'avons orientée sur les documents collectés.

En plus des techniques, nous avons fait recours à des théories et méthode pour mieux comprendre les jeux et les enjeux des Grandes Puissances au cours du printemps arabe.

B.L'usage des théories

Les théories permettent d'analyser les données que nous avons collectées. Elles rendent possible l'explication des faits sociaux. Il convient de souligner que le terme théorie vient du grec « théorien », qui veut dire « observer avec émerveillement ce qui se passe pour le décrire, l'identifier et le comprendre »83(*). De nos jours, une théorie est généralement considérée comme « une boite à outils grâce à laquelle l'analyste pourrait proposer une compréhension des relations internationales (...) »84(*). Elle permet de rendre compte des faits sociopolitiques à partir d'un modèle prédéfini. Raymond ARON définit la théorie comme « une connaissance contemplative [...] de l'ordre essentiel du monde »85(*). Selon Hans MORGENTHAU, elle aide à vérifier les faits, à les expliquer et à leur donner une signification et une rationalité86(*).

Une seule théorie ne saurait suffire pour rendre compte d'un fait de façon sérieuse. D'ailleurs, Kenneth WALTZ pose que « dans la sphère supra-étatique, aucune théorie ne peut prétendre rendre compte de façon exhaustive des faits internationaux »87(*). Afin de donner à voir sur les jeux et enjeux des grandes puissances au cours du printemps arabe, nous avons utilisé trois théories à savoir, le constructivisme (1), l'interactionnisme (2) et le réalisme (3).

1- Le constructivisme

Le constructivisme est l'une des approches les plus récentes parmi les théories de l'intégration en Relations Internationales contemporaines. En effet c'est au cours des années 1980 et 1990 que l'on observe son essor avec la fin du monde bipolaire sous l'impulsion des chercheurs comme Nicholas ONUF88(*), Friedrich KRATOCHWIL89(*) John RUGGIE90(*), ou encore Alexander WENDT91(*).

Depuis le début des années 1990 donc, la discipline des Relations Internationales a connu une nouvelle approche : le constructivisme92(*). « Sous l'impulsion de la sociologie, de la philosophie et de l'anthropologie, les chercheurs ont reconnu l'importance de la construction sociale de la réalité internationale et se sont émancipés des approches du réalisme et du libéralisme qui dominent la discipline à ses débuts »93(*).

Par constructivisme, il faut entendre cette intuition fondamentale qu'en relations internationales, « les idées, les identités, et les intérêts des acteurs sont socialement construits »94(*).

Dans la perspective constructiviste considérée par certains comme « le nouveau paradigme dominant des relations internationales »95(*), les réalités sociales sont appréhendées comme des constructions historiques et quotidiennes des acteurs individuels et collectifs96(*). Il va s'en dire que rien n'est donné définitivement.

Avec Dario BATTISTELLA97(*), pour le constructivisme, la réalité sociale existe et un chercheur peut l'étudier. Cette réalité n'est ni objective (déjà donnée là), ni subjective (fonction du discours légitimateur) mais intersubjective (elle est ce que les croyances partagées des acteurs en font) autrement dit, dans le cas de notre étude, le printemps arabe est ce que les croyances partagées des grandes puissances en font.

Le constructivisme place la culture au centre de toute analyse98(*). Pour scruter cette construction sociale de la « réalité », les tenants de ce courant mettent en relief les trois postulats99(*) ci-après:

- l'environnement dans lequel les acteurs agissent est autant social que matériel ;

- ce cadre permet aux acteurs de déterminer leurs intérêts ; lesquels intérêts se réfèrent à ce que les acteurs veulent et présupposent des identités100(*) ;

- la perception que les acteurs ont des valeurs et des normes change au gré des circonstances historiques particulières et avec le temps.

Dans l'approche moderne du constructivisme connue autour d'Alexander WENDT, les identités sont « des représentations et des attentes spécifiques de rôle définies de manière rationnelles en fonction de principes de valeurs, de normes »101(*).

Les types d'identités qu'il distingue sont les identités corporative, de type, de rôle et collective. Elles sont à l'origine de la constitution des intérêts nationaux102(*). Le constructivisme permet d'étudier la construction sociale des intérêts. Il faut relever que la construction d'une identité est systématiquement rapportée à des conditions objectives et des intérêts politiques. Il y a construction des identités collectives à travers les alignements et les conflits des acteurs individuelles.

Pour Peter KATZENSTEIN, les environnements culturels ont un impact non seulement sur les incitations à l'origine des différents comportements des Etats, mais ils affectent le caractère fondamental des Etats, ce que nous appelons leur identité103(*). Ainsi, les différentes cultures des grandes puissances ont eu des incitations diverses sur leurs comportements au cours du printemps arabe.

De même, « les intérêts et les idées des acteurs sociaux sont construits par les identités que ces derniers partagent, par la culture dans laquelle ils sont ancrés plutôt qu'ils ne s'imposent une fois pour toutes à tout un chacun d'entre eux indépendamment des interactions avec les autres »104(*). Ceci est l'élément qui illustre à suffisance des revirements de situation au cours du printemps arabe dans les actions des grandes puissances.

C'est cette logique qui a justifié le choix du constructivisme, entre et autre, comme théorie pour l'analyse des jeux et des enjeux des grandes puissances au cours du printemps arabe. Car, comme le rappelle N. ONUF, le constructivisme est d'abord « une façon d'étudier les relations sociales, n'importe quelles relations sociales »105(*). Le printemps arabe nous en donne une opportunité. En définitive, le constructivisme nous permettra de montrer que :

- Le printemps arabe n'est pas une réalité donnée. C'est un phénomène qui a été construit à partir des perceptions que s'en sont faites les grandes puissances et en fonction de leurs différentes identités, afin de satisfaire certains intérêts.

- Les identités ont des incidences sur les jeux des acteurs. Les identités et les intérêts des acteurs qui ne sont pas donnés sont construits par les idées qu'ils partagent. Ainsi, en fonction de leurs diverses cultures et de leurs environnements différents, les grandes puissances n'ont pas eu la même incitation pour leur intervention au cours du printemps arabe. Leurs jeux sont établis en fonction des idées qu'elles partagent. Certaines grandes puissances, eu égard à leurs intérêts se sont mises ensemble afin de les voir advenir. Dans ce sillage, les alliances ne se sont pas réalisées sur la base du néant.

- Les agents ont, par leurs discours et pratiques, transcendé certains ensembles de pratiques et normes établies au lieu de les reproduire car le constructivisme nait de l'idée selon laquelle « pour penser le changement en relations internationales,(...), il faut dépasser les paradigmes néo-réalistes et post-

- positivistes »106(*), d'où la pertinence de cette théorie en opposition à celles qui excluent le changement de leur champ d'étude107(*).

Le constructivisme n'est pas la seule théorie que nous avons mobilisée, l'interactionnisme l'a aussi été.

2- L'interactionnisme.

« Le regard interactionniste considère le monde comme une entité processuelle en composition et recomposition continues à travers les interactions entre acteurs. L'analyse interactionniste porte prioritairement sur les points de vue des acteurs et plus encore sur les croisements de ces points de vue qui procèdent de la négociation des significations et des normativités. Pour autant l'interactionnisme ne saurait être considéré comme une doctrine »108(*).

La matrice intellectuelle mais aussi sociale et institutionnelle de l'interactionnisme se situe à l'université de Chicago109(*). Sous le prisme de la tradition de Chicago, la recherche s'attache à étudier les phénomènes sociaux sous l'angle des interactions qui lient les acteurs au quotidien et s'intéresse aux significations qu'ils engagent dans leurs interactions. L'explication interactionniste présuppose l'inconditionnalité de l'acteur, état qui lui permet de décider ou de choisir en toute liberté. L'interactionnisme se divise en deux branches : l'interaction stratégique (a) et l'interaction symbolique (b).

a- L'interaction stratégique

L'interaction stratégique se caractérise par une action manifeste, explicite. C'est « une situation dans laquelle chaque acteur se comporte stratégiquement dans la perspective d'atteindre son ou ses objectifs en présence d'autres acteurs qui se comportent exactement de la même manière »110(*). Jacques ROJOT111(*) soutient que l'analyse stratégique permet de rendre compte du comportement des acteurs, de leurs interactions et de l'orientation de celles-ci. C'est en ceci que nous avons analysé le comportement des grandes puissances au cours du printemps arabe.

Fruit du travail de Michel CROZIER, les concepts de base de l'interaction stratégique sont l'acteur, les objectifs, les ressources, les contraintes, les stratégies.

- L'acteur : c'est celui qui agit, porte ou dirige l'action. Il n'agit pas dans le vide. C'est dans l'organisation que se déploient ses multiples actions. L'organisation ici n'est pas un donné naturel mais un construit social. Rien n'est prédéterminé, il y a une sorte de jeu d'interdépendance entre les acteurs, des associations interdépendantes112(*).

- Les objectifs : ce sont les buts poursuivis par les acteurs. Il n'y a pas d'acte gratuit. Le comportement est toujours orienté vers un but. Les objectifs peuvent être diffus, pas clairement définis, fonction du contexte, construits en fonction de l'évolution de la situation. Ils peuvent être explicites mais ils peuvent être aussi latents. Les objectifs sont fonction du contexte mais sont aussi construits au fur et à mesure que la situation organisationnelle évolue113(*).

- Les ressources : elles représentent ce dont l'acteur a intérêt à se servir. Elles peuvent être en l'acteur (ses capacités intellectuelles) ou extérieur à l'acteur (des moyens logistiques).

- Les contraintes : ce sont des éléments qui se dressent contre l'acteur et auxquels il doit faire face.

- Les stratégies : définies comme « le fondement inféré ex post des régularités de comportement observées empiriquement », elles sont élaborées par l'acteur en fonction des ressources et des contraintes. Elles peuvent être offensives ou défensives. Aussi, elles se révèlent à l'observation et à travers la régularité des comportements114(*).

b- L'interaction symbolique

L'interaction symbolique se veut plus discrète que l'interaction stratégique. C'est une « activité par laquelle les êtres humains interprètent leurs comportements réciproque et agissent sur la base des significations conférées par cette interprétation »115(*).

Pour Jacques ROJOT116(*), dans les interactions entre l'individu et l'environnement, il ya des choses mais aussi des symboles, signes arbitraires, conventionnels, façonnés collectivement par les individus qui les utilisent. Une catégorie essentielle en est le langage117(*). « Les individus agissent envers les objets sur la base de la signification que ces objets ont pour eux »118(*). Ceci revient à dire que si un acteur ne comprend pas un objet, il ne posera aucun acte. « Le langage constitue un répertoire d'objet disponible et permet aussi d'en créer de nouveaux. Il est donc reproducteur mais aussi créateur de la réalité »119(*).

La mobilisation de l'interactionnisme a été utile à plus d'un titre :

Premièrement, cette théorie nous a permis de comprendre que les acteurs notamment les grandes puissances qui interviennent au cours du printemps arabe s'inscrivent dans un jeu d'échanges gagnant. Car, ils agissent dans un contexte d'interdépendance stratégique où ils sont des acteurs stratégiques, c'est-à-dire « des acteurs empiriques dont les comportements sont l'expression d'intentions, de réflexions, d'anticipations et de calculs et ne sont en aucun cas entièrement explicables par des éléments antérieurs »120(*). Ceci implique que ces acteurs ont des agissements stratégiques que nous allons saisir à partir des jeux de relations dans lesquels ils sont parties prenantes.

Deuxièmement, compte tenu de ce que l'intervention des grandes puissances, à travers leurs jeux n'est ni une structure formelle, ni une structure informelle, mais un réseau de pouvoir de négociations permanentes où chacun joue sa participation en échange de conduites conformes à ses intérêts de la part des autres acteurs121(*), l'interactionnisme nous permet de mettre en exergue les acteurs qui se sont servis des Organisations Internationales pour construire leurs intérêts.

Troisièmement, eu égard au fait que les interventions des grandes puissances ne sont pas totalement fermées, c'est-à-dire qu'elles sont un ensemble qui s'inscrit au sein du système international; parler des jeux des grandes puissances implique nécessairement le rôle des autres acteurs des Relations Internationales avec lesquels elles ont été en interaction à travers l'élargissement du champ de leur interdépendance.

Ces acteurs étant des Etats, il est presque redondant, au vu de la théorie réaliste, de dire qu'ils ne poursuivaient que leurs intérêts. Ceci nous a conduits à mobiliser le réalisme.

3- Le réalisme.

Le réalisme se présente comme le paradigme dominant en relations internationales depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. L'une des quatre propositions principales qui fait sa « richesse »122(*) sinon sa « sagesse »123(*) est que les Etats incarnés dans le chef du pouvoir exécutif sont des acteurs rationnels qui cherchent à maximiser leur intérêt national défini en termes de puissance eu égard aux contraintes du système international124(*).

Le réalisme repose sur plusieurs principes125(*) qui ne sont pas tous repris par ceux qui se réclament de ce courant de pensée. Les traits saillants de cette théorie sont :

1- Les acteurs les plus importants de la politique internationale sont des entités politiquement organisées : les Etats.

2- Les acteurs coexistent dans l'anarchie internationale126(*). La guerre et la menace de guerre dominent donc les relations internationales. Pour Raymond ARON, partout, l'ombre de la guerre plane sur les décisions des gouvernants. D'autre part, les Etats ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour protéger leurs intérêts, appliquer les accords, maintenir l'ordre et assurer en définitive leur sécurité.

3- Les Etats s'efforcent de maximiser ou bien leur sécurité ou bien leur puissance. Il n'ya pas consensus au sein du réalisme sur la préférence fondamentale, sur l'objectif premier des Etats dans la politique internationale. Pour Robert GILPIN, Kenneth WALTZ, Stephen KRASNER ou Raymond ARON, les Etats cherchent avant tout à survivre, ils adoptent un réalisme défensif, ils maximisent leur sécurité. Pour d'autres penseurs réalistes, comme Hans MORGENTHAU, John MEARSHEIMER et Fareed ZAKARIA, les Etats maximisent leur puissance, non leur sécurité : ils optent pour un réalisme offensif. En ce qui concerne MORGENTHAU, l'intérêt défini en termes de puissance est l'élément qui motive dans les relations internationales. La sécurité est rare et pour l'obtenir, les Etats s'engagent dans une vive compétition, ils adoptent des stratégies offensives qui conduisent à des conflits, à des guerres.

4- Le système international, et notamment la distribution de la puissance entre les Etats, affecte profondément l'action des dirigeants politiques. La puissance et sa distribution sont donc des variables clés pour les réalistes. Pour certains d'entre eux, les caractéristiques internes des Etats méritent d'être prises en considérations quand on étudie leurs conduites extérieures.

5- Les dirigeants politiques adoptent le plus souvent des politiques instrumentales et rationnelles pour obtenir la puissance ou la sécurité. Toutefois cette rationalité n'implique pas nécessairement le succès.

6- La force armée, la menace de son emploi comme sa mise en oeuvre, est utile dans les relations internationales.

In fine, le premier postulat nous permet de comprendre la décision d'aller en guerre contre KADHAFI telle que prise par certaines grandes puissances. Il nous permettra de démontrer qu'en toute chose, les actions des grandes puissances sont dirigées par la réalité de l'anarchie du système internationale.

Aussi, le réalisme nous permettra de démontrer qu'au-delà de la personne des chefs du pouvoir exécutif des grandes puissances, les stratégies mises en oeuvre ont pour but de garantir l'intérêt national.

Ensuite, Il importe de relever que la théorie réaliste a connu une évolution avec l'apparition d'un tournant dit « néoclassique » donnant naissance au réalisme offensif. Développé par Randal SCHWELLER et Fareed ZAKARIA en réaction au réalisme défensif dont ils critiquaient les conclusions, le réalisme offensif se réfère à l'hypothèse suivant laquelle « les structures de la politique internationale conditionnent les Nations les plus puissantes à assurer des responsabilités élargies, ce qui les conduit donc à mener des diplomaties expansionnistes »127(*). Cette réalité nous permet de comprendre l'engagement des grandes puissances aux côtés des civils et des manifestants dans les pays en crise. Ces actions s'inscrivent dans le sillage de ces responsabilités, c'est également ce que nous allons démontrer.

Enfin, par ses principes, le réalisme est une théorie qui révèle que dans les relations internationales, l'action des acteurs est dirigée par des intérêts, tout y est enjeu (offensif ou défensif). Ainsi, il nous permettra de montrer que les grandes puissances sont intervenues au cours du printemps arabe afin d'assurer leur sécurité, asseoir leur puissance, pérenniser leur hégémonie et aussi acquérir de nouvelles parts dans l'économie mondiale.

Nos positions théoriques et méthodologique ayant été affinées, il est pertinent pour nous de formuler notre hypothèse de travail. Car, l'organisation d'une recherche autour d'hypothèse(s) de travail constitue le meilleur moyen de la mener avec ordre et rigueur128(*).

VI. HYPOTHESE DE TRAVAIL.

L'hypothèse peut être considérée comme une réponse anticipée que le chercheur formule à sa question spécifique de recherche. M. GRAWITZ la considère comme « une proposition de réponse à la question posée »129(*). Elle procure à la recherche un fil conducteur130(*). Le chercheur qui la formule dit en fait : « Je pense que c'est dans cette direction là qu'il faut chercher, que cette piste sera la plus féconde »131(*).

Les différents ouvrages que nous avons consultés abordent certes la question du printemps arabe, mais ils ne s'attardent ni à décrire amplement les jeux des grandes puissances, ni à révéler explicitement leurs enjeux.

C'est pourquoi, au regard de notre problématique qui consiste à déterminer les jeux et les enjeux des grandes puissances au cours du printemps arabe, notre hypothèse est la suivante : au cours du printemps arabe, les grandes puissances agissent par des jeux diversifiés soutendus par des enjeux manifestes et latents. Leurs actions et interactions sont cependant soumises à de nombreuses contraintes qui compromettent en partie l'efficacité des enjeux poursuivis.

Cette hypothèse nous conduit à bâtir notre travail autour de deux parties :

PREMIERE PARTIE : LES JEUX DIVERSIFIES DES GRANDES PUISSANCES.

DEUXIEME PARTIE : LES ENJEUX ET CONTRAINTES STRUCTURANT LES ACTIONS ET INTERACTIONS DES GRANDES PUISSANCES.

PREMIERE PARTIE :

LES JEUX DIVERSIFIES DES GRANDES PUISSANCES 

Le printemps arabe a vu la participation de plusieurs acteurs dont les grandes puissances en Libye, Tunisie et Egypte. Elles ont développé plusieurs stratégies et se sont illustrées par une pluralité d'actions qui ont mis en exergue plusieurs configurations de jeux. Par configuration, il faut entendre « la figure globale toujours changeante que forment les joueurs. Elle inclut non seulement leur intellect mais toute leur personne, les actions et les relations réciproques»132(*). Elles sont plurielles dans le cas des jeux des grandes puissances au cours du printemps arabe.

La configuration est en permanence reconstruite par les actions et les interactions des joueurs. On ne joue pas n'importe où, encore moins n'importe comment, avec n'importe qui et surtout pas n'importe quand, on attend quelques fois, stratégiquement. Il y a tantôt concurrence, tantôt interdépendance entre les acteurs. Concurrence et interdépendance se présentent dès lors comme des facteurs déterminants les jeux des acteurs. Ceci est d'autant plus intéressant que « lorsqu'on étudie les hommes, on peut concentrer les feux des projecteurs tantôt sur les individus, tantôt sur les configurations que forment entre eux plusieurs hommes »133(*). Quoique N. ELIAS parle, ici des individus, ce propos peut être appliqué aux Etats. Dès lors, nous pouvons dire que lorsqu'on étudie les Etats, on peut concentrer les feux des projecteurs tantôt sur leurs actions individuelles, tantôt sur les configurations que forment entre eux plusieurs Etats. Ces configurations sont déterminées par la concurrence qui les amène à jouer en solo et l'interdépendance qui les amène à jouer en duo, trio, quatuor et même en des nombres plus importants encore.

Ainsi, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Chine et la Russie ont fait leurs entrées sur la scène arabe notamment en Tunisie, Egypte et Libye. Il est opportun de relever que ces puissances ne jouent pas de la même façon et surtout pas à tous leurs coups, chacune a sa stratégie : quelques fois, animées par la concurrence, dans une perspective d'unilatéralité, elles jouent en solo s'inscrivant dans une stratégie d'influence134(*), d'autres fois, animées par l'interdépendance, dans une perspective de multilatéralité ou de bilatéralité, elles jouent en collège, ce qui a laissé découvrir des jeux individuels (chapitre I) et des jeux collectifs (chapitre II).

CHAPITRE I

LES JEUX INDIVIDUELS DES GRANDES PUISSANCES

Les grandes puissances ont décidé, pour certaines, de corriger leurs erreurs du passé135(*) puisque l'Afrique du Nord n'est pas le premier laboratoire des interventions de celles-ci à travers la planète136(*). Pour d'autres, la routine a été le mot d'ordre c'est-à dire refaire ce qu'on a toujours fait à l'instar de la Russie qui reste dans sa posture non interventionniste137(*). Elles ont ajusté leurs positions, affiné leurs coups afin de récolter le meilleur résultat possible. Elles ont fait fi de la souveraineté des Etats en question dans le printemps arabe. Ce qui est la preuve que la souveraineté des Etats n'a jamais été acquise comme s'interroge Bertrand BADIE138(*). Pour y parvenir, dans un élan de concurrence, elles posent des actions individuelles. C'est ce qui est qualifié de jeux individuels.

Chaque grande puissance voudrait être reconnue comme ayant joué un rôle déterminant, voire incontournable, dans le dénouement de la crise arabe en cours. C'est ainsi qu'une pluralité de jeux a pu être observée. Si certaines grandes puissances ont été très actives, d'autres ont décidé d'être moins actives en raison de leurs principes d'actions sur la scène internationale. Cependant, ces grandes puissances se révèlent par des jeux similaires (section I). Cela n'est néanmoins pas le cas pour tous les jeux, on en a qui sont dissemblables (section II).

SECTION I : LES JEUX SIMILAIRES.

Que ce soit pour les puissances très actives (paragraphe I), ou pour les puissances moins actives (paragraphe II), on observe des jeux similaires. Par jeux similaires, nous entendons les actions identiques mises en oeuvre par plusieurs puissances. Il s'agit par exemple des pressions sur les dirigeants, des encouragements et appuis multiformes aux rebelles.

PARAGRAPHE I : LES ACTIONS DES PUISSANCES TRES ACTIVES

Au rang des puissances très actives, nous avons la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis. Ces puissances sont caractérisées par leurs soutiens explicites aux revendications des peuples en Tunisie, en Egypte et en Libye. Leurs actions tournent autour des pressions sur les dirigeants en place (A) et des appuis multiformes aux rebelles139(*) (B). Ceci dans une perspective unilatérale140(*) de maximisation de leurs puissances141(*), dans la poursuite de multiples enjeux qui modèlent leurs différents jeux.

A. Les pressions sur les dirigeants.

Par des discours et d'autres formes d'actions (1), les grandes puissances ont apporté leurs soutiens aux rebelles. Elles ont également dans le cas de la Libye, établi avec les rebelles des relations diplomatiques (2).

1- Discours et autres actions de pression sur les régimes de Ben ALI, Hosni MOUBARAK et Mouammar KADHAFI.

Nous présenterons la construction des pressions par les discours (a) puis les autres formes de pressions (b).

a- La construction discursive des pressions.

Le constructivisme place la culture au centre de toute analyse142(*). Les grandes puissances, notamment la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, sont reconnues universellement, selon les principes143(*) qu'elles ont elles mêmes établis, comme étant des démocraties. Cette culture démocratique les a poussées à soutenir les revendications de démocratisation faites dans le monde arabe puisque quand les manifestations commencent à Tunis, au Caire ou encore à Benghazi, les dirigeants, à savoir Ben ALI, Hosni MOUBARAK et Mouammar KADHAFI sont hostiles à toute idée de quitter le pouvoir. Elles se sont inscrites dans une perspective d'identités, « représentations et attentes spécifiques de rôle, définies de manière relationnelles en fonction de principes, de valeurs et de normes »144(*), la démocratie étant perçue comme une valeur chez les P3. Ces démocraties occidentales ont décidé de changer le destin de ces pays. Elles profitent des mouvements sociaux pour inviter les gouvernants de ces régimes à partir145(*).

Dès lors, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, décidant de saisir cette fenêtre d'opportunités146(*) n'ont pas hésité à faire valoir leur puissance.

Les pressions des Etats-Unis

Une pensée s'impose depuis les années 1990 aux Etats-Unis. Selon celle-ci, « Washington n'avait pas d'autre alternative que d'exercer le leadership, sans quoi le monde pourrait devenir chaotique et la sécurité serait menacée »147(*). S'inspirant de cette réflexion, c'est donc un leadership par défaut, mais nécessaire à la sécurité du monde148(*). Ainsi, les révoltes dans le Maghreb ne pouvaient pas, dans un contexte de village planétaire prescrit par la mondialisation, laisser les Etats-Unis indifférents. Agissant dans le cadre de la mise en oeuvre du soft power - puisque les Etats-Unis sont dominants dans le monde mais « être dominant ne signifie pas être despote »149(*) - faisant reposer la puissance des Etats-Unis à la fois sur son appareil politique et administratif150(*), ils sont intervenus pour mettre la pression sur les dirigeants en place au début des manifestations afin que reviennent la paix et la sécurité. Nous présenterons respectivement les pressions exercées sur le régime de Ben ALI, H. MOUBARAK et M. KADHAFI.

- Les pressions sur le régime de Ben ALI.

En Tunisie, Barack OBAMA et Hilary CLINTON en premier, cautionnent les manifestations, invitant Ben ALI à se plier à la « volonté des peuples ». Ils mettent la pression pour arrêter toute tentative à bloquer internet151(*) et, s'empressent de féliciter les « changements » avant même que la vision sur l'aboutissement de la situation ne devienne claire152(*).

Préoccupé par les troubles de Tunis, le 7 janvier 2011, le gouvernement américain convoque l' ambassadeur Mohamed Salah TEKAYA pour inciter Tunis à respecter les libertés civiles, la liberté d'expression, en particulier sur internet, et à faire preuve de modération dans l'usage de la force contre les manifestants153(*). S'exprimant à ce sujet, un haut responsable américain affirme : « nous avons encouragé le gouvernement tunisien à faire en sorte que les libertés civiles soient garanties, notamment la liberté de rassemblement. Nous avons aussi soulevé la question de ce qui ressemble à une ingérence du gouvernement tunisien dans l'internet, particulièrement dans les comptes Facebook »154(*). Cette action dont l'intérêt a été expliqué par le propos de ce haut responsable américain a eu pour effet d'amener les autorités tunisiennes à revoir leurs positions qui tendaient à étouffer les revendications.

Ainsi, dans un élan de protection de sa souveraineté155(*), le gouvernement tunisien a également convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie en signe de résistance à l'injonction américaine. Il déclare : « nous sommes surpris par le contenu de cette déclaration faite sur la base d'informations recueillies auprès d'éléments hostiles, sans vérification ni consultation avec les autorités officielles »156(*). Et il affirme : « nous tenons, à cet égard, à souligner de nouveau, que toutes les libertés, y compris la liberté de rassemblement, sont garanties par la Constitution et la Loi en Tunisie. Les rassemblements n'ont jamais été interdits ni gênés lorsqu'ils sont pacifiques et non violents. Les évènements enregistrés ces derniers temps dans quelques régions ont pris, dans certains cas, un caractère violent, face auquel une réaction légitime s'est imposée pour préserver l'ordre public, la sécurité des citoyens et la protection des biens publics et privés »157(*).

Cet argument est valable en ceci que, la souveraineté reconnaît à l'Etat le monopole de la violence légitime pour faire face aux événements pouvant porter atteinte à son intégrité. Le pouvoir en place a redoublé d'ardeur dans sa détermination à censurer toute parole publique, il a multiplié les arrestations de jeunes blogueurs tunisiens. Prenant prétexte du nécessaire combat qu'il mène contre l'islamisme radical, il a choisi de menacer ceux qui osent exprimer leur mécontentement. La communication politique de M. ABDALLAH158(*) s'est évertuée envers l'opinion publique étrangère à présenter Ben ALI comme un bouclier contre l'islamisme radical159(*). Ses journalistes, agents véreux crient au loup : « les islamistes veulent prendre le pouvoir »160(*). Le régime de Ben ALI a ainsi choisi de faire diversion, de présenter le problème comme se trouvant ailleurs. Toutefois, le rapport de force n'est pas équilibré entre la Tunisie et les Etats-Unis. Poursuivant l'effort de pression, la secrétaire d'Etat américaine Hillary CLINTON mêle sa voix à celles des autres et appelle le gouvernement tunisien à oeuvrer à une solution pacifique pour faire cesser les troubles sociaux qui secouent le pays.

Dans une interview, elle déclare : « nous sommes inquiets quant aux troubles et à l'instabilité qui touchent la Tunisie. Nous sommes également préoccupés par la réaction du gouvernement, qui a malheureusement provoqué la mort de certains jeunes protestataires »161(*). Elle s'exprime de manière manichéenne, portant un jugement sur la situation qui prévaut en Tunisie et accusant le gouvernement dans son intervention qui cause des morts. Cette accusation vise implicitement à attirer son attention afin qu'il fasse cesser ces manoeuvres.

Ces pressions conjuguées du gouvernement des Etats-Unis ont eu pour effet de faire céder le régime de Ben ALI qui, contraint de laisser libre court à l'usage d'internet162(*) à donner aux dissidents la possibilité de s'organiser, de se rassembler et cela a conduit à son départ.

Le 14 janvier 2011 au soir, dans un communiqué diffusé par la Maison-Blanche, le président américain Barack OBAMA condamne et déplore l'usage de la violence contre les citoyens « exprimant pacifiquement leurs opinions » et « applaudit le courage et la dignité du peuple tunisien »163(*).

- Les pressions sur le régime de H. MOUBARAK

En Egypte, les pressions des Etats-Unis ont été très déterminantes pour l'issue de la crise à savoir la démission de H. MOUBARAK.

Le 28 janvier 2011, soit quelques jours après le début des revendications164(*), Robert GIGGS, chargé de la communication à la Maison Blanche annonce que les Etats-Unis entendent revoir leur aide à l'Egypte en fonction de l'évolution des évènements165(*).

Les Etats-Unis envisagent en effet augmenter ou diminuer les financements en fonction de l'avancée démocratique de cet Etat. R. GIGGS annonce que les Etats-Unis contrôlent la situation166(*). Par cette annonce, il démontre la puissance des Etats-Unis au mépris de la souveraineté du gouvernement égyptien. Au soir du 28 janvier 2011, le porte-parole de la diplomatie américaine appelle à « respecter les droits fondamentaux, à éviter la violence et à permettre les communications »167(*). Pour sa part, Hillary CLINTON appelle le gouvernement égyptien à engager de profondes réformes sociales et économiques168(*).

Dans la même veine, B. OBAMA s'entretient avec H. MOUBARAK pendant 30 minutes au téléphone. Au cours de cet entretien, il précise à son interlocuteur qu'il faut des réformes en Egypte169(*). Le président américain a ensuite fait une brève allocution depuis la Maison Blanche, après cet entretien téléphonique : « ce qui est clair et ce que j'ai indiqué au président MOUBARAK, c'est que la transition politique doit être profonde, qu'elle doit être pacifique et qu'elle doit commencer maintenant »170(*). Il a, par cette allocution, apporté des précisions sur le résultat qu'il attend des actions à mener par le président MOUBARAK.

Pour soutenir la pression sur le dirigeant égyptien, le 30 janvier 2011, s'exprimant sur CNN, H. CLINTON affirme : « nous sommes du côté, comme nous l'avons été depuis plus de 30 ans, d'une Egypte démocratique qui pourvoie des droits politiques et économiques à son peuple, qui respecte les Droits de l'Homme universels pour tous les égyptiens »171(*). Elle poursuit en ces termes « nous avons été assez clairs que nous voulons voir une transition vers la démocratie et nous voulons voir le genre de démarche qui conduise à cela »172(*). Elle a martelé, réitéré les attentes du gouvernement américain vis-à-vis du gouvernement de H. MOUBARAK. Comme pour  « répéter, répéter afin qu'il en reste toujours quelque chose »173(*).

Afin de poser les actes qui apporteraient le plus de succès, B. OBAMA décide de contacter un certain nombre de dirigeants du monde dont il requiert les jugements sur la crise égyptienne. Il s'agit notamment de Benjamin NETANYAHU (Premier Ministre israélien), de David CAMERON (Premier Ministre britannique), de Recep TAYYIP (Premier Ministre turc) et du Roi ABDOULLAH d'Arabie saoudite. Avec eux, B. OBAMA échange les points de vue et leur fait part de son opposition à la violence et de l'appel à la retenue qu'il lance au régime de H. MOUBARAK174(*).

Les manoeuvres se sont poursuivies exigeant toujours plus de réformes et immédiatement. Le responsable américain de la sécurité nationale s'adressant à Hosni MOUBARAK, l'invite à démissionner, lui disant « maintenant c'est maintenant »175(*). Le 02 février 2011, H. MOUBARAK essaye de résister à cet appel pressant à sa démission. Il annonce qu'il ne se présentera pas à l'élection présidentielle prévue en septembre de la même année. Ceci en conformité avec ce que lui a demandé B. OBAMA précise Mark LANDLER du New York Times176(*). En effet, B. OBAMA a donc décidé de  faire triompher au sein de cette relation sociale sa propre volonté, même contre des résistances.

Aussi, R. GIBBS réitère l'appel des Etats-Unis à la cessation des violences en Egypte. Précisant que le moment de la transition est arrivé, il indique : « ... le processus doit commencer maintenant »177(*) il ajoute, « plusieurs de ces changements arriveront en Egypte... il est clair que les Egyptiens ont besoin de voir des progrès et des changements immédiatement »178(*). Pour sa part, le président Barack OBAMA a réitéré son souhait de voir émerger une transition «ordonnée» et «significative» qui mène à l'avènement d'un gouvernement représentatif. « Les Egyptiens veulent la liberté, des élections libres et justes, ils veulent un gouvernement représentatif, ils veulent un gouvernement réceptif. Et nous l'avons dit, vous devez engager la transition immédiatement (...). Une transition ordonnée»179(*), a-t-il affirmé.

Ces discours laissent entendre que les Etats-Unis sont résolument engagés à promouvoir le changement en Egypte. Il dénote de la capacité des Etats-Unis d'amener le président H. MOUBARAK à faire ce qu'il n'aurait pas fait en l'absence de cette relation avec les Etats-Unis.

Barack OBAMA déclare aussi : « je pense que le président MOUBARAK tient à son pays. Il est fier, mais c'est aussi un patriote. La principale question qu'il devrait se poser maintenant est celle de savoir comment laisser derrière lui un héritage qui permette à l'Egypte de surmonter cette période de transformation. Et j'espère qu'il prendra la bonne décision »180(*). Sans le lui demander explicitement, le président B. OBAMA suggère ainsi à H. MOUBARAK une démission, il oriente son action.

Appelé par les Etats-Unis à s'effacer le plus rapidement possible de l'espace politique égyptien, Hosni MOUBARAK ne montrait aucun signe d'une volonté de démissionner181(*). Le 10 février 2011, la Maison Blanche va plus loin dans les pressions sur lui pour qu'il s'en aille alors qu'il a transmis le pouvoir à son vice-président Omar SOULEIMANE, ce qu'elle estime insuffisant. Un communiqué est libellé en ces termes : « les Egyptiens ont reçu l'assurance qu'il y aurait une transition du pouvoir, mais elle n'est pas encore acquise. Que celle-ci soit immédiate, significative et suffisante »182(*).Cette pression cadencée et sans cesse plus pressante, avec jour après jour des exigences plus grandes sera couronnée de succès avec la démission, malgré toutes les résistances, de H. MOUBARAK, un jour plus tard à savoir le 11 février 2011. Dans la même veine, avec moins de succès néanmoins, les Etats-Unis mettent la pression sur le régime de Mouammar El KADHAFI.

- Les pressions sur le régime de M. KADHAFI

Au sujet de la crise libyenne, les Etats-Unis cherchent au départ à maximiser leur puissance, ceci sans se soucier du point de vue de ses alliés et même du dirigeant libyen. Dans cet élan, les pressions commencent le 21 février 2011.

Alors que la répression a été entamée en Libye, Hillary CLINTON demande de faire « cesser ce bain de sang »183(*). Elle reprend sa déclaration deux jours plus tard et affirme que le gouvernement libyen sera tenu responsable de ses actes. Barack OBAMA décide quant à lui de rompre enfin184(*) le silence pour la première fois sur l'insurrection en Libye. Dans une courte déclaration, le 23 février 2011 il déclare que « la violence en Libye est monstrueuse et (...) doit cesser rapidement »185(*).

En juin 2011, Hilary CLINTON s'exprime en ces termes : « tous les pays du monde ont des leçons à tirer de ces mouvements démocratiques (...). Pour les dirigeants qui s'accrochent au pouvoir à tout prix, qui suppriment toute dissension, qui s'enrichissent et enrichissent leurs partisans au détriment de leur peuple. A ces dirigeants, notre message doit être on ne peut plus clair : soyez à la hauteur de cette occasion historique, montrez que vous avez l'étoffe d'un chef en vous engageant dans une voie qui honore les aspirations de votre peuple ; créez un avenir dans lequel vos jeunes auront foi, un avenir que vos jeunes défendront et qu'ils aideront à construire »186(*).

Par son discours, elle présente le sens vers lequel elle veut voir orientées les actions du régime de KADHAFI à savoir celui de la construction d'un avenir radieux pour les jeunes de son pays. Le mettant, en garde en lui précisant contre ce à quoi il s'expose en cas de refus d'obtempérer, elle poursuit : « parce que si vous ne le faites pas, si vous pensez que les libertés et les possibilités que nous qualifions d'universelles ne s'appliquent pas à votre peuple, aux hommes et aux femmes sur un pied d'égalité ou si vous ne souhaitez pas aider votre peuple à travailler et à vivre dans la dignité, vous vous trouvez à contre-courant de l'Histoire et le temps vous donnera tort »187(*). Elle présente ainsi une porte de sortie honorable à M. KADHAFI et à son régime afin que celui-ci puisse quitter le pouvoir ou tout au moins améliorer les conditions de vie de ses populations en accédant à leurs aspirations à la démocratie. Comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne a usé de pressions sur les dirigeants en place au Maghreb pendant la crise.

Les pressions de la Grande-Bretagne.

Les pressions de la Grande-Bretagne se sont faites tant en Tunisie qu'en Egypte et en Libye. Toutefois c'est en Egypte que la présence discursive est accentuée. En effet, le gouvernement britannique y demande des changements réels.

Pendant que le président Hosni MOUBARAK est encore au pouvoir, la Grande-Bretagne soutient les revendications qui ont lieu sous forme de rassemblement sur la place Tahrir. Elle exprime à H. MOUBARAK son désir de voir des changements réels, visibles et complets dans ce pays188(*). David CAMERON déclare : « je ne pense pas qu'il soit dans l'intérêt de quelqu'un que les gens soient tués comme ils le sont dans la rue en Egypte. Ainsi, j'espère que les violences vont cesser. Mais clairement, quand vous avez des gens qui ont des doléances et des problèmes, il est dans l'intérêt de tous qu'il y ait des lois et des règles fortes, une démocratie bien ficelée »189(*).

Il invite le régime à poser des actes concrets, à ne pas éluder les besoins évoqués par les populations mais plutôt à y donner une issue favorable. Il tient un propos qui présente un caractère totalitaire en ceci qu'il donne des ordres, des injonctions à propos de ce qui est bon, juste, efficace, raisonnable de faire. Il indique à MOUBARAK quelles sont ses attentes, ici, l'édification d'une démocratie.

Contrairement aux Etats-Unis, la Grande-Bretagne n'est pas très intéressée par le départ obligatoire de H. MOUBARAK. Sachant mieux que quiconque quels sont ses intérêts, elle est prudente et prend quelques distances par rapport à la position des Etats-Unis. Ceci est perceptible dans ce propos de D. CAMERON qui ajoute : « je pense que ce dont nous avons besoin c'est des réformes en Egypte. Ce que nous soutenons c'est l'évolution, la réforme, pas la révolution. Evolution et réformes pour que ceux qui ont des doléances les voient satisfaites »190(*).

William HAGUE, secrétaire d'Etat britannique aux affaires étrangères dans la même lancée, s'adressant au gouvernement égyptien le 27 janvier 2011 lui fait une injonction. Il s'est exprimé en ces termes : « vous devez répondre positivement aux demandes légitimes du peuple par des réformes et respecter les droits des peuples à la liberté de rassemblement et la liberté d'expression. Il est important de reconnaitre que les revendications du peuple sont légitimes. Et c'est très important que le gouvernement y réponde positivement »191(*).

En rupture avec l'idée de D. CAMERON, W. HAGUE va plus loin et veut plus que des réformes, il demande le « départ » de H. MOUBARAK. Il indique : « le système doit changer ». Parlant de MOUBARAK, il ajoute : « c'est le moment pour lui de partir. Nous sommes ici pour montrer notre solidarité au peuple égyptien »192(*). Aussi, la Grande-Bretagne a invité le président MOUBARAK à organiser les élections dans le pays pour ainsi marquer la fin du régime193(*). La France n'a pas été en reste dans l'exercice des pressions.

Les pressions de la France.

Les pressions exercées par la France n'ont pas épousé le même canal dans les trois pays de l'Afrique du Nord touchés par le printemps arabe. Par le discours, elle s'illustre en Egypte où elle demande l'organisation des élections et des manifestations pacifiques.

En effet, en Egypte, la France ne s'est pas montrée très intéressée par la situation en cours. Le président N. SARKOZY a vaguement demandé que des élections soient organisées194(*). Il est intervenu le 02 février 2011 après l'annonce par H. MOUBARAK195(*) de ce qu'il ne sera pas candidat à l'élection prévue en septembre de la même année.  

A la suite du discours du président MOUBARAK, N. SARKOZY réitère son souhait qu'un processus de transition concret s'engage sans tarder et permette de répondre au désir de changement et de renouvellement exprimé avec force par la population196(*).

Le chef de l'Etat a aussi appelé tous les responsables égyptiens à tout faire pour que ce processus crucial se déroule sans violence. Liée à l'Egypte par une ancienne et profonde amitié, la France renouvelle son appui aux aspirations des Egyptiens pour une société libre, démocratique et diverse. Le chef de l'Etat annonce: « nous serons aux côtés de tous ceux qui entendent conserver un caractère pacifique et exemplaire à l'expression et à la satisfaction de ces attentes légitimes »197(*).Par cette déclaration, N. SARKOZY indique que son intérêt se trouve ailleurs. Il n'est pas forcément dans le départ de H. MOUBARAK. Ce qui l'intéresse c'est la paix, l'accès aux aspirations des peuples. Et c'est ce qu'il attend du régime de MOUBARAK. Pour lui peu importe celui qui est au pouvoir.

Les discours, les interpellations n'ont pas suffi pour faire tomber les régimes contestés du Maghreb, les puissances on dû recourir à d'autres moyens.

b- Les autres formes de pression.

Il s'agit ici de révéler les moyens non discursifs par lesquels les grandes puissances sont passées pour influencer les décisions de Ben ALI et de Hosni MOUBARAK et même pour accentuer la pression sur Mouammar KADHAFI. Parmi ces moyens, nous avons d'une part des mesures difficiles prises contre Ben ALI par la France et d'autre part, les négociations avec l'armée égyptienne faites par les Etats-Unis et la prise de décisions contre KADHAFI.

La prise de mesures contre Ben ALI par la France.

La prise de mesures contre Ben ALI est une véritable volte-face198(*) pour la France. Pour appuyer le mouvement de revendications qui a cours en Tunisie, elle décide de mettre la pression sur Ben ALI en bloquant ses fonds ainsi que ceux des membres de sa famille. Pour Raphaël HADDAD199(*), face à l'escalade répressive particulièrement inquiétante, « la France doit faire entendre sa voix »200(*). Ainsi elle, qui a longtemps soutenu Ben ALI, devait faire un choix entre voir les droits de l'Homme, valeur qu'elle promeut, être bafoués ou se résoudre à intimer à Ben ALI l'ordre de faire cesser les exactions sur le peuple.

Pour s'accorder avec ses valeurs, la France annonce prendre des dispositions pour bloquer administrativement tout mouvement financier suspect concernant des avoirs tunisiens dans le pays et demande au Tracfin, chargé de la lutte contre le trafic de capitaux, d'empêcher la fuite des avoirs financiers détenus en France par le président tunisien et ses proches201(*). La France qui ne condamne pas le dénouement de la situation voudrait par ce geste, apporter son soutien au peuple tunisien et garantir de l'argent pour la reconstruction de la Tunisie.

Elle a continué à mettre la pression sur Ben ALI, en permettant que la diaspora tunisienne établie en France apporte son soutien moral aux manifestations en cours à Tunis. Elle a permis l'organisation de marche de soutien à la révolution tunisienne sur son sol202(*).

Les autres formes de pression sur H. MOUBARAK et M. KADHAFI initiées par les Etats-Unis.

Pour mettre à mal le président H. MOUBARAK, les Etats-Unis ont décidé de l'isoler. Ils opèrent deux manoeuvres : la négociation avec l'armée et la préparation du vice-président à la succession.

- La négociation avec l'armée égyptienne

Placées entre le devoir de réserve et les appels provenant des différents acteurs politiques, les forces armées en Afrique ne peuvent pas rester insensibles aux convulsions sociopolitiques. Elles n'échappent pas aux luttes politiques inhérentes au processus de construction de l'Etat.203(*) S'appuyant sur cette réalité les Etats-Unis négocient avec l'armée égyptienne la stabilité en Egypte, avec en filigrane un intérêt sur lequel nous allons revenir. Car, parlant de l'Afrique et des Etats-Unis en relation, Jennifer SEYMOUR WHITAKER écrivait : « les occasions de proposer une protection militaire ne manqueront pas de se présenter d'un bout à l'autre du continent »204(*). Elle ajoute, « en répondant à des demandes spécifiques, il faut examiner certains critères. Le pays est-il important du point de vue des intérêts américains »205(*)?

Le gouvernement américain fait peser la réalité du financement206(*) que l'armée égyptienne reçoit de lui pour lui demander de laisser libre cours aux manifestations. Cela est un succès car l'armée a refusé de tirer sur les manifestants de la place Tahrir207(*), permettant ainsi le déroulement de manifestations pacifiques. Le président B. OBAMA a d'ailleurs félicité ce comportement208(*).

- La préparation d'Omar SULEIMANE à la succession de MOUBARAK

Pour s'assurer de la démission de MOUBARAK, les Etats-Unis négocient un plan pour celle-ci avec transmission du pouvoir au vice-président Omar SULEIMANE avec le soutien de l'armée209(*). Ils préparent ce dernier à assumer l'intérim en lui assurant leur assistance210(*).

Au sujet de Mouammar KADHAFI, le Président B. OBAMA signe un décret présidentiel dans la nuit du 25 au 26 février 2011, gelant les avoirs du colonel KADHAFI, de sa famille et de ses proches aux Etats-Unis211(*). Aussi, le Sénat adopte une résolution unanime pour condamner fermement les violations systématiques des droits de l'Homme en Libye212(*). Le Président B. OBAMA entend ainsi accroître les pressions sur KADHAFI pour que cessent les exactions sur les civils. Pour davantage mettre la pression sur les dirigeants en place les grandes puissances entrent en contact avec les rebelles.

2- L'établissement de relations diplomatiques entre les insurgés et les grandes puissances.

Les grandes puissances ayant choisi leur camp, elles se sont attelées à nouer avec les rebelles des contacts diplomatiques. Ceux-ci tournent autour de la nomination d'un nouvel ambassadeur dans le cas de la France en Tunisie (a) et de la reconnaissance du CNT en Libye par la France et les autres puissances (b).

a- La nomination d'un nouvel ambassadeur en Tunisie par la France.

Le président N. SARKOZY nomme un nouvel ambassadeur à Tunis le 26 janvier 2011 en la personne de Boris BOILLON213(*). Après les critiques essuyées par l'ambassade de France à Tunis pour son manque d'anticipation face à la « révolution de jasmin », Nicolas SARKOZY décide donc de nommer l'un de ses proches, pour reprendre les affaires en main214(*).

La mission qui l'attend est celle de renouer les liens entre le peuple tunisien et la France, perçue comme ayant trop longtemps cédé à la complaisance vis-à-vis du régime Ben ALI215(*). La France ne veut pas louper le coach dans la dynamique de reconstruction de la Tunisie. Elle accompagne la Tunisie dans sa marche vers la démocratie. Elle veut être aux premières loges c'est pourquoi un homme ayant une certaine maîtrise de la région est nommé ambassadeur à Tunis avant le 07 mars 2011, date de la mise sur pied d'un gouvernement de transition après la fuite de Ben ALI.

b- La reconnaissance du CNT en Libye.

Par la reconnaissance, un Etat prend position sur une situation ou un fait qui s'est produit en dehors de lui et dont il est disposé à tenir compte216(*). Dans cet élan, le cas libyen est le plus illustratif. La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis n'ont pas hésité à prendre attache avec les autorités du CNT allant jusqu'à l'expulsion des ambassadeurs pro-KADHAFI au profit de ceux du CNT.

La reconnaissance du CNT libyen par la France.

En Libye, la France s'engage aux côtés des révolutionnaires et leur apporte son soutien. Dans une perspective de concurrence, elle met sur pied une stratégie qui lui permet de devancer les autres puissances. Elle recourt à des offensives diplomatiques217(*).

Le 10 mars, elle annonce reconnaître le Conseil National de Transition, qui réunit l'opposition au régime du colonel KADHAFI comme le seul « représentant légitime du peuple libyen »217(*). Cette reconnaissance du CNT libyen est la première en la matière. La France l'a faite de façon unilatérale, sans concertation avec ses partenaires européens218(*). Cette situation les a d'ailleurs stupéfaits219(*). Elle est la preuve que la France veut être devant toutes les autres puissances mondiales. De même, elle atteste son mépris vis-à-vis de M. KADHAFI, considéré comme interlocuteur indigne dans la crise que traverse la Libye. Pour les dirigeants du CNT, la France est leur soutien le plus important220(*) et ceci sera pris en compte dans l'octroi des marchés. Afin certainement de ne pas être délaissée lors de cette attribution, la Grande-Bretagne n'est pas indifférente.

La reconnaissance du CNT en Grande-Bretagne.

La Grande-Bretagne fait un grand geste à l'endroit du CNT libyen. Elle le reconnait comme partenaire de dialogue. Dans cet élan, elle expulse de l'ambassade libyenne à Londres les diplomates pro-KADHAFI au profit de ceux du CNT221(*), marquant ainsi son adhésion totale au combat mené par ce dernier.

Dans la foulée, le chef de la diplomatie britannique, William HAGUE, convie à Londres, le (CNT), porte-parole des insurgés, pour une conférence internationale annoncée comme décisive222(*).

La reconnaissance du CNT par les Etats-Unis.

En vue de caractériser la reconnaissance du CNT, Barack OBAMA établit des liens diplomatiques avec ses autorités. En mars 2011, il nomme un représentant auprès de cette institution223(*). Cette nomination permet à cette dernière de se sentir reconnue et investie du pouvoir légitime de parler au nom des Libyens.

Les pressions sur les dirigeants ainsi que l'établissement de relations diplomatiques avec les rebelles ont entamé les jeux des grandes puissances, elles les ont poursuivis à travers des appuis multiformes.

A- Les appuis logistiques, financiers, économiques et militaires aux rebelles.

Dans le cadre du printemps arabe, nous présenterons, les appuis logistiques (1) puis les soutiens financiers et économiques (2) et enfin militaires (3) que les grandes puissances ont apportés aux rebelles.

1- Les appuis logistiques

Les grandes puissances se sont engagées à fournir des formations (a) du matériel (b) aux rebelles (c).

a- Les offres de formation aux rebelles par les Etats-Unis : le cas des blogueurs égyptiens.

Les Etats-Unis s'illustrent par un nombre impressionnant de formations qualitatives ayant eu un apport déterminant dans la conduite du printemps arabe. Mohammad-Mahmoud OULD MOHAMEDOU224(*), citant Ron NIXON225(*), rapporte à cet effet que le New York Times présente l'action des think tanks américains, oeuvrant dans le monde arabe tels Freedom House, le National Democractic Institute et le National Endowment for Democracy, comme ayant contribué à façonner les révolutions. Nous relevons la plus saillante qui est la formation des dissidents égyptiens à l'usage de l'informatique.

Pour Ahmed BENSAADA, parlant du printemps arabe, « il est clair que ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont fait cette révolution, mais il n'en demeure pas moins que ce sont eux qui ont accompagné et encadré les principaux activistes que ce soit en Tunisie, en Egypte et  dans les autres  pays arabes à travers leur formation»226(*). Il analyse tout au long de son ouvrage227(*), qui a prêté à cet article son titre, le lien entre les dirigeants de Twitter, Facebook et Google et l'administration américaine ainsi que leurs rôles. La stratégie adoptée par les Etats-Unis a été de faciliter les mouvements au moyen de sessions de formation.

Selon Eric DENECE228(*), ces révolutions ne sont pas spontanées, car dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l' International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont créé un contexte favorable aux révolutions. Déjà, l'action des ONG américaines nourrit ce projet.

Celles-ci, financées par des fonds publics et privés américains font partie d'une politique concertée pour une implantation plus solide des Etats-Unis au Moyen-Orient et en Afrique du Nord229(*). Le gouvernement américain dépense chaque année plus d'un milliard et demi de dollars au titre des programmes liés à la promotion de la démocratie dans le monde230(*).

Dans la même veine que l'idée traduite par E. DENECE, une autre source231(*) indique que les Etats-Unis ont créé les conditions pour le printemps arabe et le suivent tout en assurant le service après vente. Un document rendu public par un think tank américain révèle que le « printemps arabe » est loin d'être un mouvement spontané de populations avides de changements politiques, mais bel et bien une reconfiguration mûrement réfléchie et orchestrée par l'administration américaine232(*). L'administration d'OBAMA assure même « le service après-vente » de « ces révolutions » qui participent à remodeler le « Grand Moyen-Orient » selon la vision américaine. Un bureau de coordonnateur spécial des transitions dans le Moyen-Orient a été créé en septembre 2011. William B. TAYLOR a été nommé à sa tête233(*). Selon le rapport du département d'Etat, le bureau du coordonnateur spécial des transitions dans le Moyen-Orient coordonne l'assistance du gouvernement américain « aux démocraties naissantes » dans la région du Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et donc en Egypte, en Tunisie et en Libye234(*). Les Etats-Unis entendent ainsi s'assurer que tout est bien fait.

De même, une synergie est née entre les acteurs publics et les acteurs privés des Etats-Unis, les uns assistés ou financés par les autres. Pour Ali FARES235(*), « les révolutions arabes ont été concoctées dans les laboratoires d'organisations américaines ». Les ONG américaines ont apporté un grand soutien aux cyber-activistes du Printemps arabe. Salem BENNAMAR236(*) le dit en s'interrogeant : « qui saurait nier enfin le soutien logistique des ONG américaines aux cyber activistes du Printemps arabe  » ?

On découvre, les cycles de formation, organisés par certaines institutions américaines, financées par le gouvernement fédéral ou par des fondations secrètes, et dont des jeunes arabes ont bénéficié, sur la thématique de « Mobilisation non violente des foules à travers internet et les réseaux sociaux ». Le géant américain de l'informatique, Google, a fourni les codes secrets nécessaires pour contourner le blocage d'internet en Egypte où le symbole de la mobilisation n'est autre que Wael GHONIM, loin d'être un simple activiste mais aussi et surtout le représentant de Google au Moyen-Orient. Il aurait pu être licencié, ce qui n'a pas été le cas, preuve que Google, s'il fallait encore le prouver, soutient les revendications. Notons que internet a été un moteur de rassemblement très puissant d'où le nom de baptême donné à ces révolutions par certains auteurs à savoir : « révolutions 2.0 »237(*).

Ces soutiens internationaux en particulier l'alliance américaine ont contribué au succès de la révolution égyptienne. Khamis et Vaughn estiment, par exemple, que les NTIC ont été pour beaucoup dans la réussite du soulèvement du 25 janvier 2011238(*). Les cyber-activistes dont la plupart a été, formée aux Etats-Unis ou dans les universités américaines du Caire, ont réussi, par leur publication sur internet, à former la position officielle des Etats-Unis la faisant basculer en faveur des manifestants au détriment du pouvoir en place. C'est du moins ce que pense Marc LYNCH pour qui ce soutien diplomatique aux manifestants est l'exemple le plus spectaculaire de l'effet des nouveaux médias sur les changements politiques dans la région239(*). Egalement, au service des dissidents on a l'action d'un homme, Alec ROSS240(*) qui est qualifié de « l'homme qui twitte les révolutions ». Son action confirme, si besoin était, l'assistance cybernétique apportée par le gouvernement américain aux dissidents arabes241(*).

b- La fourniture du matériel de guerre aux insurgés par la France et les Etats-Unis.

La France s'est attelée à aider les insurgés libyens en leur fournissant du matériel de guerre. Après avoir reconnu le CNT qui la considère comme son soutien le plus important, la France, pour faciliter la tâche aux rebelles, sous couvert de fret humanitaire, fournit des canons de 105 mm et des batteries antiaériennes à ceux-ci. Cette fourniture s'est accomplie en réalisation d'une promesse du président SARKOZY242(*).

De leur côté, les Etats-Unis se sont engagés à fournir pour 25 millions de dollars d'équipements « non létaux » aux rebelles libyens (uniformes, tentes, etc.). C'est ce qui ressort d'une lettre envoyée au Congrès par le Président B. OBAMA243(*). Cette fourniture d'équipements devait certainement permettre aux rebelles de mieux se camoufler.

2- Les soutiens financiers et économiques.

Les soutiens financiers et économiques ont été apportés par le Grande-Bretagne (a) et les Etats-Unis (b).

a- Le soutien financier de la Grande-Bretagne pour le développement du système judiciaire.

En visite en Tunisie, William HAGUE, saluant la volonté de liberté du peuple a annoncé la création d'un partenariat, « the Arab Partnership Initiative », débloquant des fonds à hauteur de £5 millions pour aider la région à développer son système judiciaire, la liberté d'expression et la démocratisation des institutions244(*).

b- Le soutien économique des Etats-Unis.

Les Etats-Unis, par la voix de leur président lors de son discours du 19 mai 2011 sur les printemps arabes annonçaient un changement subtil dans l'orientation de la politique étrangère américaine à l'égard du Moyen-Orient. Les Etats-Unis allaient désormais cesser de tenter d'imposer la démocratie par le haut, constatant l'échec de la politique de « changement de régime » en Irak, afin de soutenir les mouvements citoyens qui exigent des réformes démocratiques245(*). Considérant que les mouvements populaires à la base des révoltes en Tunisie et en Egypte avaient été amorcés par des citoyens ordinaires, le président annonçait une série de mesures économiques bilatérales et multilatérales, qui ont rapidement reçu le sobriquet de « Plan Marshall pour le Moyen-Orient », pour tenter d'aider économiquement ces pays246(*). Ce plan d'aide internationale est composé d'initiatives de stabilisation économique, de développement d'entrepreneuriat privé et de libre-échange. L'objectif de Washington étant d'assister ces transitions et permettre l'émergence de cette démocratie en l'aidant à se doter de bases plus solides247(*).

Ensuite, les Etats-Unis allaient offrir des mesures pour aider l'Egypte à réduire sa dette extérieure afin d'encourager la transition vers la démocratie. Pour ce faire, le président américain s'engageait à alléger la dette égyptienne envers les Etats-Unis d'un milliard de dollars248(*). L'administration américaine a en effet décidé d'effacer un milliard de dollars de la dette égyptienne, dont l'ardoise totale vis-à-vis de Washington s'élève à 3 milliards. Elle a également apporté son soutien à un prêt de 4,8 milliards de dollars, en cours de négociation avec le Fonds Monétaire International. L'objectif officiel pour Washington étant de «favoriser la transition démocratique»249(*).

Il ressort aussi des constats que les Etats-Unis comptent travailler avec la Banque Européenne pour le Développement et la Reconstruction pour fournir le même type de soutien aux transitions démocratiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que celui qui avait été offert pour les pays d'Europe de l'Est250(*).

Les P3 ne se sont pas arrêtées là, elles sont allées jusqu'à l'assistance tactique.

3- Les appuis militaires.

Les appuis militaires ont été déterminants dans l'issue du printemps arabe. En Libye, les puissances ont été d'une assistance indéniable, voire décisive, pour la chute du guide libyen Mouammar KADHAFI. La France (a), les Etats-Unis (b) et la Grande-Bretagne (c) n'ont pas manqué l'occasion de se rapprocher des insurgés, ceci indépendamment de leurs actions sous la bannière de l'OTAN.

a- Les appuis militaires de la France.

La France a soutenu les insurgés libyens s'engageant avant l'harmonisation des actions sous le couvert de l'OTAN dans une opération militaire dénommée « opération Harmattan »251(*). Elle se révèle par une forte présence au sol de ses militaires252(*). A cet effet, « il a fallu prendre des libertés avec la loi internationale »253(*), estime Nicolas SARKOZY. Cette prise de liberté n'est pas surprenante lorsqu'on sait que, « les acteurs d'un conflit transgressent toujours les règles du jeu »254(*). Concrètement sur le terrain, cette présence permet un soutien à la coordination des actions des insurgés.

Après le vote de la résolution 1973, quand le commandement des opérations est remis à l'OTAN, la France décide de coordonner les opérations des insurgés. L'Elysée promet le 20 avril 2011 d'apporter un réconfort aérien aux rebelles et annonce l'envoi des conseillers militaires auprès d'eux255(*). Cette promesse a été concrétisée par l'envoi des officiers de liaison chargés d'aider les combattants à coordonner leurs opérations et même de plusieurs instructeurs devant prodiguer des conseils d'ordre technique et logistique aux insurgés. Aussi, au cours de la crise libyenne, on note « l'envie de la France de garder l'initiative du dossier »256(*)surtout que les Etats-Unis ont commencé à préparer une intervention militaire fin février 2011.

La France est totalement engagée aux côtés des rebelles d'autant plus que M. KADHAFI oppose une véritable résistance. Malgré la pluie de missiles et de bombes, le système KADHAFI n'est pas tombé comme le fruit annoncé257(*). Pourtant, la France prédisait que les rebelles avanceraient rapidement jusqu'à Syrte, la ville natale du Guide, et que tout cela contraindrait KADHAFI à partir très vite258(*). Il avait galvanisé les siens en leur lançant : « même si vous n'entendez pas ma voix, poursuivez la résistance »259(*). Pour se garantir les services de ses sympathisants, Mouammar KADHAFI leur a promis des récompenses afin que perdure la résistance. «Les plus jolies filles», telle est la promesse qu'il leur a faite, s'ils continuent le combat260(*). Fort de toute cette résistance la France ne se soucie point du coût de cet engagement. Son Ministre de la défense précise à cet effet: « (...) ça coûtera beaucoup moins cher que le déshonneur de voir un peuple se faire massacrer »261(*).

Ainsi, des conseillers militaires français, dont le nombre a été évalué par l'état-major des armées à «quelques dizaines», se sont trouvés en Libye. Ceux-ci « assurant la liaison pour les affaires militaires avec le CNT»262(*), a indiqué le porte-parole de l'état-major français. Les Etats-Unis ont tenu à se manifester aussi.

b- Les appuis militaires des Etats-Unis aux insurgés libyens.

Un rapport du CIRET-AVT et du CF2R263(*) révèle que le président OBAMA a signé en avril 2011 un mémorandum secret permettant de conduire des opérations clandestines en Libye. Ces opérations ont été menées par la CIA pour rentrer en contact avec les insurgés et guider les frappes. Les Etats-Unis n'ont par ailleurs pas exclu de possibles livraisons d'armes aux rebelles263(*).

Avant même que la résolution 1973 ne soit votée, les Etats-Unis positionnent des forces navales et aériennes autour de la Libye264(*). Le 28 février 2011, ils annoncent le déploiement d'un groupe aéronaval comprenant le USS Enterprise et le USS Kearsarge265(*) au large des côtes libyennes au moment où les puissances occidentales envisagent la possibilité d'une intervention militaire contre le régime de KADHAFI. Ils finissent par lancer l'opération « Odissey Dawn »266(*) qu'ils abandonneront au profit de l'opération que conduira l'OTAN.

Les Etats-Unis ont également envoyé un citoyen américain qui a coordonné les opérations des rebelles depuis Benghazi. Il s'agit du Général HAFTAR, un refugié libyen aux Etats-Unis qui a obtenu la citoyenneté américaine267(*). Il a été nommé dès son arrivée à Benghazi en mars 2011, chef des forces terrestres par le CNT et a participé activement à la guerre contre les forces de KADHAFI. Dans les jours qui précédèrent son départ pour Benghazi, il avait été contacté par l'ambassadeur américain en Libye, Gene CRETZ qui séjournait à Washington depuis janvier ainsi que par des agents de la CIA268(*).

c- L'aide aux renseignements apportée par la Grande-Bretagne aux insurgés libyens.

La Grande-Bretagne a dépêché des agents sur le terrain afin que ceux-ci rapportent des informations sur les positions des troupes du colonel KADHAFI269(*). Il importe de relever que quelques fois ces opérations ont mal tourné. C'est ainsi que huit personnes envoyées pour ce service ont été arrêtées et interrogées par les rebelles avant que le gouvernement britannique n'intervienne pour ordonner leur extraction par hélicoptère270(*).

Si les puissances très actives ont mené des actions qui sont similaires, il en est de même pour les moins actives.

PARAGRAPHE II : LES ACTIONS DES PUISSANCES MOINS ACTIVES

La culture politique des Etats construit l'itinéraire de leurs actions. Dans leur posture anti-interventionnistes271(*), la Russie et la Chine s'attèlent à rechercher la paix en Libye. Ces puissances optent pour la médiation, pour la négociation de la paix. Puisque la Chine comme la Russie n'ont pas pu faire éviter les conflits et précisément la guerre civile libyenne, au lieu de s'y engager en faveur de l'une ou l'autre partie comme les puissances très actives, elles appellent au règlement pacifique. Dans cette optique, on relève l'appel au pacifisme (A) et l'établissement de contacts diplomatiques (B).

A. L'appel au pacifisme en Libye.

Le pacifisme s'entend comme l'attitude d'individus ou de groupes rejetant la guerre en affirmant qu'une solution négociée est toujours préférable et possible272(*). Ce procédé de résolution des conflits s'inscrit dans la dynamique de l'anarchie kantienne273(*), élément d'identité qui construit les agissements des acteurs étatiques sur la scène internationale.

La Chine qui a des liens d'amitié avec la Libye, reconnaît qu'il y sévit un climat pas du tout propice au bon vivre. Ce faisant, elle appelle à la négociation entre les différentes parties au conflit pour régler ce dernier par des moyens pacifiques. Cette approche se situe dans le sillage des discours, style et stratégie diplomatiques de la Chine qui prône, à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières, « l'harmonie », le compromis et la résolution pacifique des différends274(*). Elle demande que soient respectées la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la Libye275(*).

La Chine est contre la guerre, et surtout contre une intervention étrangère mais elle ne fait rien pour que son désir soit respecté et surtout exécuté puisque, comme on le verra dans le chapitre2, elle n'a pas utilisé son droit de véto pour faire échec à l'adoption de la résolution 1973. Elle recommande la recherche de solutions politiques.

Aussi, puisqu'elle ne soutient aucune des parties, elle adresse une protestation solennelle au régime de KADHAFI au cours des combats du mois de février 2011276(*). Une manière de faire pression sur lui afin que cessent les exactions sur les populations. Malgré cette protestation, la presse chinoise, soutenue par les dirigeants du pays ne manque pas de vivement critiquer l'intervention occidentale qui est dans le sens du soutien à une des parties au conflit.

En Russie, le son de cloche est le même. La Russie a condamné l'usage de la force militaire par les forces de KADHAFI contre les civils libyens en février 2011277(*). Elle appelle à un respect inconditionnel de la souveraineté des Etats.

Pour atteindre cet objectif qu'est la pacification, ces puissances établissent des contacts diplomatiques avec les parties au conflit libyen.

B. L'établissement des contacts diplomatiques avec les différentes parties au conflit en Libye.

Que ce soit la Chine (1) ou la Russie (2), chacune de ces puissances est entrée en contact avec les deux parties au conflit libyen. Ce qui fait toute la différence avec l'approche des premières puissances citées qui ont mis de côté le régime de KADHAFI, s'attelant à n'établir des contacts qu'avec les rebelles au travers du CNT. Les Russes comme les Chinois n'ont pas oublié la qualité des relations qui les lient à Mouammar KADHAFI. C'est ce qui les a poussés à opter pour une médiation afin que le conflit s'achève dans l'intérêt de tous.

1- Les rencontres entre diplomates chinois et parties au conflit libyen.

Dans sa recherche de solutions pacifiques, les autorités chinoises entrent en contact avec les deux parties en vue dans la crise libyenne278(*). Une approche qui confirme leur action qui vise à ne prendre parti pour aucun des belligérants. Dans cet élan, deux rencontres ont lieu entre des diplomates chinois et des responsables du CNT, l'organe politique de la rébellion en Libye, reconnu désormais comme « interlocuteur légitime » par une douzaine de pays non compris la Chine qui en juin 2011 croit encore en KADHAFI. C'est ainsi que Abdelati al-OBEIDI, ministre libyen des Affaires étrangères, est reçu début juin en Chine279(*). Le dirigeant rebelle libyen Mahmoud JIBRIL, est aussi reçu à Pékin où le CNT est finalement reconnu comme une « force politique majeure » et « partenaire de dialogue important »280(*). A cet effet, Pékin établit une présence diplomatique à Benghazi,281(*) fief de la rébellion.

2- La médiation et la visite russe en Libye.

La Russie s'est jointe le 27 mai 2011 aux dirigeants occidentaux pour exhorter KADHAFI à quitter le pouvoir, et elle a offert sa médiation à cet effet282(*). Ce changement d'attitude de Moscou, qui avait précédemment critiqué les bombardements de l'OTAN en Libye, vient conforter l'alliance. Le président russe Dimitri MEDVEDEV a par la suite affirmé que KADHAFI, qui s'est emparé du pouvoir en 1969 à la faveur d'un coup d'Etat, n'était plus considéré comme le dirigeant de la Libye par la communauté internationale283(*). Il a ajouté qu'il envoyait un émissaire en Libye pour entamer des discussions, sans cependant présenter de plan précis pour un départ du colonel KADHAFI284(*)

En effet, la Russie préconise les solutions négociées. La négociation étant entendue comme : « un processus conjoint de prise de décision en situation de conflit et d'incertitude dans laquelle des positions divergentes se combinent pour arriver à un résultat commun »285(*). C'est ainsi que Mikhaïl MARGUELOV, président de la commission des affaires étrangères du conseil de la fédération de Russie, a été délégué en Juin 2011 en Libye et s'est employé par des contacts avec les dirigeants libyens pour trouver une solution à la crise286(*). Dans sa tentative, il butte devant le refus des rebelles qui ne veulent plus un compromis encore moins le départ volontaire de KADHAFI car appuyé par les alliés le combat est désormais celui de renverser KADHAFI par les armes287(*). Ayant manqué cette tentative, la Russie reconnaît le CNT le 1er septembre 2011. Elle est le 73e Etat à le faire288(*).

Quoique les grandes puissances aient mené des actions qui soient similaires, en fonction de l'intensité de leurs activités, toutes leurs actions ne le sont cependant pas.

SECTION II : LES JEUX DISSEMBLABLES

Les jeux dissemblables sont la marque de ce que les grandes puissances agissent par concurrence. La similitude de leurs actions n'est qu'une coïncidence, chacune aurait souhaité être seule à poser tous les actes afin de bénéficier seule des retombées du printemps arabe. Ces actions sont spécifiques aux puissances en fonction de leur engagement selon qu'elles sont très actives (paragraphe 1) ou moins actives (paragraphe 2).

PARAGRAPHE I : LES CONDUITES SPECIFIQUES DES GRANDES PUISSANCES TRES ACTIVES

Les conduites spécifiques des grandes puissances très actives ne sont pas très nombreuses. Elles s'articulent autour des actions pour le changement par l'apport de soutiens aux rebelles (A) et des actions allant dans le sens du maintien en poste des dirigeants en place (B).

A. Les actions visant le changement par le soutien aux rebelles

Des actions propres à chaque puissance caractéristiques de leur image et visant le changement par le soutien aux rebelles ont été posées par la Grande-Bretagne (1) et les Etats-Unis (2).

1- Les jeux spécifiques de la Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne, au travers de ses autorités, a effectué une visite en Tunisie et en Egypte (a) et appelé à la mobilisation internationale pour une intervention en Libye (b).

a- Les visites des autorités anglaises en Tunisie et en Egypte : signe de l'approbation des manifestations.

Comme dans toute politique étrangère, les images et les perceptions jouent un rôle dans la façon dont les décideurs définissent l'intérêt national et choisissent les stratégies. Les autorités britanniques se sont précipitées afin d'être les premiers à se rendre en Egypte et en Tunisie au cours de la crise, exprimant ainsi leur sympathie aux peuples tunisien et égyptien. Les hauts responsables du gouvernement britannique David CAMERON et William HAGUE ont été les premiers membres de gouvernements étrangers à se rendre dans ces pays après la chute de Ben ALI et d'Hosni MOUBARAK289(*) mais avant toute traçabilité sur les transitions.

On a assisté là à une véritable course contre la montre dans un esprit de concurrence, pour mieux se positionner. Nous y reviendrons dans la deuxième partie de notre étude. La diplomatie britannique a tenu à être la première à se rendre dans ces pays afin certainement de contrôler le processus de consolidation des acquis du printemps arabe. Les autorités anglaises n'ont pas attendu que les gouvernements de transition soient mis en place. Le ministre des Affaires étrangères britannique, William HAGUE s'est rendu en Tunisie le 11 février 2011, tandis que David CAMERON était en Egypte le 21 février 2011 pour rencontrer le premier ministre Ahmed SHAFIK, grillant ainsi la priorité à sa compatriote, la Haute représentante pour les affaires étrangères de l'Union Européenne, Catherine ASHTON, qui est arrivée en visite au Caire le 22 février 2011290(*).

Par cette attitude unilatérale, la Grande-Bretagne a pris de cours tous ses partenaires européens et même internationaux. C'est au cours de cette visite, qu'afin de marquer leur appui aux manifestants, William HAGUE a apporté la contribution britannique au soutien des révolutions en annonçant la création du partenariat « the Arab Partnership Initiative » sus évoqué. Pour la crise en Libye, la Grande-Bretagne appelle à la mobilisation internationale.

b- L'appel à la mobilisation internationale pour résoudre la crise libyenne

Sur la crise libyenne, la Grande-Bretagne appelle à une mobilisation internationale291(*). Par mobilisation292(*) internationale, nous entendons l'action de mettre la communauté internationale293(*) sur le pied de guerre. Elle indique par là sa position favorable aux revendications de la population et à la nécessité d'une intervention internationale. Elle accroît la pression militaire sur Tripoli294(*).

Londres a renoncé à son duo avec Paris et se tourne vers l'OTAN295(*) qui implique les Etats-Unis car les alliés ont des manques criants qui rendent les Etats-Unis toujours indispensables296(*). Contrairement à la France, elle est favorable à l'intervention de l'OTAN et avance des arguments qui donnent accès à son approche au détriment de celle de la France297(*). David CAMERON pense par exemple que l'OTAN est mieux équipée que toute autre structure pour assurer la coordination de cette intervention298(*). Il existe une absence d'autonomie politique et stratégique européenne vis-à-vis des Etats-Unis299(*). Le déficit en logistique militaire de la France et de la Grande-Bretagne a été à l'origine de la nécessité pour eux de se faire assister par les Etats-Unis dans la conduite des opérations en Libye au travers de l'OTAN300(*), au grand désarroi de la France qui cherchait à s'affirmer au travers de l'UE.

La Grande-Bretagne s'inscrit dans le sillage de sa perception lors de la crise de Bosnie en 1993 où contrairement à des Etats comme la France et l'Allemagne, qui souhaitaient une intervention européenne ou internationale, elle ne jurait que par l'OTAN301(*). A la tribune de l'ONU, D. CAMERON plaide pour une action collective en Libye. Il procède par l' « agir communicationnel »302(*) qui permet une intercompréhension langagière et déclenche une interaction entre les puissances. Il déclare : « la Libye et le Printemps arabe montrent que l'ONU a besoin d'une nouvelle façon de travailler. Le Printemps arabe offre une grande opportunité pour diffuser la paix, la prospérité, la démocratie et la sécurité, mais seulement si nous la saisissons »303(*). Il entend par ce discours toucher psychologiquement la communauté internationale. Il vise un impact psychologique pour une adhésion spontanée. Il poursuit son propos en invitant l'ONU à une véritable action : « l'ONU doit montrer ce que nous pouvons faire, pas seulement être unis dans la condamnation mais être unis dans l'action, agissant d'une manière qui soit à la hauteur des principes fondateurs de l'ONU et réponde aux besoins des gens partout »304(*). Par là, il indique le chemin à suivre à savoir l'action commune et concrète non limitée aux condamnations verbales.

Dans son propos, il relève aussi des limites à l'action internationale, des bornes à ne pas franchir. Il encadre l'action internationale. Ce faisant, il déclare : « nous ne devrions pas imposer des valeurs occidentales ou un modèle unique à la région »305(*). David CAMERON souligne en outre que « le processus sera différent dans chaque pays. Et ce n'est pas à nous de dicter comment les nations arabes répondent à ces défis. Ou à leur faire la leçon sur comment le faire. Mais nous avons devant nous une occasion d'apporter notre aide, et nous devons la saisir. Il y a d'importantes leçons à tirer»306(*). Selon le Premier ministre britannique, « ici à l'ONU, nous avons la responsabilité de nous dresser contre les régimes qui persécutent leur peuple »307(*). Ainsi, pour D. CAMERON, l'heure n'est plus à la réflexion (faut-il agir ou pas ?), elle est à l'action. En d'autres termes, les pays membres de l'ONU ont rendez-vous avec l'histoire et il est impératif selon le Premier Ministre britannique que ce rendez-vous soit ponctué d'un résultat positif. Il faut faire comme les Etats-Unis dont le président a choisi de mettre l'Amérique du bon côté de l'Histoire308(*), président qui encourage les dissidents égyptiens.

c- L'expression discursive de l'encouragement des dissidents égyptiens par les Etats-Unis.

Barack OBAMA a tenu plusieurs discours visant à encourager, féliciter les dissidents égyptiens. Le 11 février 2011, parlant de l'Egypte, il déclare : « cette transition doit rassembler toutes les voix car l'esprit de la protestation pacifique et la persévérance dont a fait montre le peuple égyptien peuvent être un vent puissant qui facilitera le changement »309(*). Par ce discours il entend faire passer pour modèle les manifestants égyptiens car il poursuit « les Egyptiens nous ont inspirés, et ils l'ont fait en infligeant un démenti à l'idée que la violence est le plus sûr moyen d'obtenir justice ; car en Egypte, c'est la force morale de la non-violence, non pas le terrorisme, non pas la tuerie aveugle, mais la non-violence, la force morale, qui a fait ployer l'arc de l'histoire vers la justice, une fois de plus. Et bien que les vues et les sons qui nous sont parvenus aient été entièrement égyptiens, nous ne pouvons nous empêcher d'ouïr les échos de l'histoire : ceux d'Allemands abattant un mur, d'étudiants indonésiens descendant dans la rue, de Gandhi conduisant son peuple vers la justice »310(*).

Faisant de l'histoire, OBAMA encourage les révolutionnaires égyptiens. «Depuis six mois, nous sommes témoins des changements extraordinaires qui se produisent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Place après place, ville après ville, pays après pays, les citoyens se sont dressés pour revendiquer leurs droits fondamentaux». Ces quelques lignes ont servi de préambule à un autre discours du président américain311(*). En effet, il avait déjà précisé le 10 février 2011, soit un jour avant la démission de MOUBARAK : « nous regardons l'histoire. Le peuple égyptien attend des changements irréversibles et les Etats-Unis vont le soutenir »312(*).

Le président B. OBAMA a appelé les militaires à conserver une attitude de neutralité et à poursuivre leurs efforts pour s'assurer que cette période de changement se déroule sans violence. Il s'est ensuite directement adressé aux manifestants dont il dit avoir entendu les demandes. « Je veux me montrer clair à l'égard du peuple d'Egypte et en particulier à l'égard de sa jeunesse : nous avons entendu votre voix. J'ai la conviction indéfectible que vous déterminerez votre propre destin et que vous saisirez la promesse d'un avenir meilleur pour vos enfants et vos petits-enfants »313(*). Face à l'incertitude qui règne justement autour de cet avenir, il a rappelé que les Etats-Unis se tenaient prêts à fournir toute l'aide nécessaire au peuple égyptien une fois terminée la vague de contestation actuelle, de quoi réconforter les dissidents.

Aussi, le président OBAMA a affirmé son soutien aux rebelles. Il rassure: « en fin de compte, la liberté doit être gagnée par les peuples eux-mêmes, pas imposée de l'extérieur. Mais nous pouvons et nous devons nous tenir aux côtés de ceux qui luttent »314(*).

Il est opportun de relever que les jeux des grandes puissances n'ont pas toujours été à la faveur des rebelles. La France a eu des conduites visant à maintenir le statu quo.

B. Les conduites de la France visant au maintien du statu quo en Tunisie.

La France, dans la « panique », prise par la surprise des événements de Tunisie, simplifiant l'ampleur des manifestations et minimisant l'issue a d'abord eu deux attitudes : l'appel au calme (1) et la proposition de mesures permettant à Ben ALI de rester au pouvoir (2). Aussi, les premiers commentaires des politiques français sont complaisants avec le gouvernement de Ben ALI et ce n'est qu'après un silence de 10 jours que les journaux télévisés nationaux français commencent à parler des événements en Tunisie315(*).

1- L'appel au calme

Lorsque les soulèvements qui ont suivi la mort de BOUAZIZI éclatent, la France ne s'y attend pas, et même, elle ne mesure pas réellement l'ampleur de la manifestation. Avant le départ de Ben ALI sa position est résumée à deux éléments. Le premier est porté par un élan d'apaisement : en janvier 2011, le Quai d'Orsay publie un communiqué dans lequel la France déclare que la priorité est à l'appel au calme et que les émeutes de Sidi Bouzid ne sont dans l'intérêt de personne.

2- La proposition de mesures pour permettre à Ben ALI de rester au pouvoir

La proposition de mesures pour permettre à Ben ALI de rester au pouvoir est l'objet du deuxième élément de la position de la France. Michèle ALLIOT-MARIE, ministre des Affaires étrangères, propose à l' Assemblée Nationale, le savoir-faire français en matière de contrôle des émeutes316(*) à la police tunisienne pour éviter que les manifestations se déroulent dans des conditions dangereuses pour le peuple tunisien. Devant l'Assemblée Nationale, elle s'est exprimée en ces termes : « nous proposons que le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type »317(*). La France entendait ainsi se battre avec Ben ALI pour son maintien au pouvoir, à en croire l'attitude de la ministre des affaires étrangères surnommée « ministre des affaires étranges »318(*). Cette proposition fait naître une immense polémique319(*) en France qui conduit à la démission de Michèle ALLIOT-MARIE.

Il n'y a pas que la France et les autres puissances très actives qui ont posé des actes spécifiques à elles, les puissances moins actives l'ont également fait.

PARAGRAPHE II : LES JEUX SPECIFIQUES DES PUISSANCES MOINS ACTIVES

La posture non interventionniste qui caractérise la Russie et la Chine influence leurs jeux. Nous pouvons dire que lorsqu'on n'intervient pas, très souvent on regarde, on n'est plus spectateur qu'acteur. Toutefois le spectateur fait partir du jeu, il peut encourager ou critiquer certains acteurs. C'est dans cette perspective que se situent les actions russes (A) et chinoises (B).

A. Les conduites spécifiques de la Russie.

La Russie s'est toujours révélée par un appui inconditionnel aux pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Son soutien à Bachar Al- ASSAD dans la crise syrienne en est une parfaite illustration. Les autorités russes ont été très embarrassées par le déclenchement des soulèvements arabes320(*). Dès lors elles ont décidé d'agir avec prudence.

Le gouvernement russe a été pris au dépourvu par les révoltes qui ont conduit aux renversements des régimes autoritaires, ou les ont tout au moins sévèrement menacé en Tunisie, en Egypte en Libye et dans les autres pays de cette région (Yémen, Bahreïn, Syrie). Entre actions et inactions les jeux de la Russie sont les suivants : soutien aux manifestants (1) dénonciation, mise en garde (2).

1- Le soutien aux manifestants en Tunisie et en Egypte.

Au cours des crises tunisienne et égyptienne, la Russie s'aligne sur la vision des Etats-Unis et des autres pays occidentaux notamment la France et la Grande-Bretagne. Elle soutient les réformes démocratiques dans le monde arabe. Elle voit celles-ci comme un élément du processus global de démocratisation des Etats souverains. Elle approuve les manifestations.

Assurément, le Kremlin approuve les manifestations qui conduiront aux chutes des dictatures tunisienne et égyptienne. S'exprimant le 26 janvier 2011 lors du forum économique mondial de Davos (Suisse), le président russe321(*) d'alors déclare « je me réjouis de la situation en Tunisie. C'est une grande leçon pour tous les gouvernements à travers le monde »322(*). Ce faisant, il accepte le tournant démocratique en Tunisie, il ne condamne pas cette méthode de prise du pouvoir.

La Russie accueille les événements de l'Egypte avec circonspection. Cependant, elle s'aligne une fois de plus à la vision de Washington. Elle exprime sa surprise et son inquiétude de voir les Etats-Unis lâcher MOUBARAK aussi rapidement323(*) mais ne prend pas position contre les mouvements de la place Tahrir.

La crainte de la Russie réside davantage dans le dénouement des événements de la place Tahrir que dans la possibilité du départ de Hosni MOUBARAK. Elle encourage ceux qui luttent pour des réformes. Dans une allocution officielle du président MEDVEDEV le 04 février 2011, celui-ci insiste sur la nécessité d'une résolution pacifique de la situation324(*). Il déclare : « le conflit en cours en Egypte doit se dérouler de façon à ne pas porter atteinte aux libertés individuelles »325(*).

Trois jours après le départ de MOUBARAK, la Russie ne condamne pas la chute, elle n'émet aucun avis contraire à la volonté du peuple égyptien. MEDVEDEV insiste sur l'importance d'une Egypte « forte et démocratique »326(*), preuve qu'il accepte la situation et est prêt à travailler avec le nouveau régime qui sera institué. Contrairement à la Chine, la Russie apprécie les changements de Tunisie et d'Egypte surtout qu'ils sont conduits sur le terrain par les Tunisiens et les Egyptiens. La situation en Libye offusque les dirigeants russes qui condamnent les interventionnistes.

2- La dénonciation des jeux des interventionnistes et leur mise en garde par la Russie.

« Nous soulignons une nouvelle fois que tout recours à la force de la part de la coalition en Libye doit se faire dans le strict respect de la résolution 1973 (2011). Tout débordement du champ du mandat établi par cette résolution et toute utilisation disproportionnée de la force sont inacceptables»327(*).

Par cette déclaration de M. CHURKIN, la Russie dénonce les manoeuvres des puissances interventionnistes qui tordent les dispositions de la résolution 1973 pour poursuivre d'autres objectifs. Elle se prononce contre toute tentative d'imposer la démocratie par la force. Dans un article programmatique intitulé « La Russie est un monde qui change »328(*), Vladimir POUTINE rappelle que les sympathies des citoyens russes vont à ceux qui luttent pour des réformes démocratiques, avant de critiquer avec virulence le soutien offert par la coalition occidentale à l'une des parties au conflit libyen329(*).

Il dénonce les violations de la résolution 1973 et condamne le meurtre, « même pas moyenâgeux, quasiment préhistorique, de KADHAFI », qui n'était pas mentionné dans les dispositions de la résolution 1973. Il met en garde l'Occident contre une «continuation de la déstabilisation du système de sécurité internationale dans son ensemble » qui, selon lui, ne manquera pas de se produire en cas d'ingérence militaire en Syrie sans mandat de l'ONU330(*).

Avant l'intervention de V. POUTINE, D. MEDVEDEV s'était déjà exprimé dénonçant lui aussi les agissements des occidentaux. Il avait indiqué : « Voyez la situation qui s'est créée au Proche-Orient et dans le monde arabe. (...) Il est pleinement vraisemblable que s'y produisent des événements compliqués, y compris l'accès au pouvoir de fanatiques. Cela signifierait des troubles pour des décennies et la propagation de l'extrémisme. Il faut regarder la vérité en face. Ils ont déjà, auparavant, préparé un tel scénario pour nous, et ils essaieront a fortiori de le réaliser maintenant. »331(*)

Cette analyse est reprise par le représentant russe à l'OTAN, D. ROGOZINE, qui redoute le pire pour la Libye : « Les modèles occidentaux de démocratie risquent de servir de base à la transformation de la Libye en un Etat islamiste radical régi par la Charia »332(*). La tendance de l'Occident à soutenir systématiquement les manifestations violentes et l'opposition aux régimes en place, sur la base de modèles préétablis, a été qualifiée par le chef de la diplomatie russe, S. LAVROV, de véritable « provocation politique »333(*) à l'échelle internationale. Dans le prisme russe et selon une connotation très négative, ce soutien occidental ne ferait qu'aggraver les « désordres arabes », pour reprendre l'expression titrée de J.M. CHAUVIER.334(*)

Tant bien que mal, la Russie s'est battue pour garder son identité de puissance non interventionniste, encourageant les changements de Tunisie et d'Egypte qu'elle inscrit dans la dynamique normale des peuples à l'autodétermination, aspirant à un mieux être. La Chine en a fait autant.

B. Les conduites propres de la Chine

C'est un truisme que les acteurs internationaux construisent leurs actions en fonction de la culture. La Chine ne s'attarde pas beaucoup sur la question des Droits de l'Homme. Elle est très fidèle à ses principes de Droit International au premier rang desquels le principe de non ingérence dans les affaires internes d'un Etat indépendant. Elle se manifeste par une extrême prudence et une absence d'ingérence (1), et aussi par une condamnation des actions des occidentaux (2).

1- L'extrême prudence chinoise et l'absence d'ingérence.

Pékin a peur et semble relativiser la portée des révolutions arabes, allant jusqu'à déconsidérer ce type de changement comme l'atteste le traitement des médias chinois qui ne s'attardent guère sur les revendications et les origines de ces mouvements. L'objectif étant de ne pas donner des idées aux Chinois et notamment aux séparatistes musulmans situés au Nord ouest de la Chine335(*). Ils pratiquent le silence dans sa fonction d'occultation, sorte d'exorcisme : « on n'en parle pas, donc cela n'existe pas »336(*).

Toutefois, le printemps arabe n'a pas fait émerger de nouveaux axes de politique extérieure chinoise dans la région, et n'a pas non plus amené Pékin à prendre davantage parti pour/contre certains acteurs politiques locaux comme cela a été le cas avec la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis qui ont opté pour un soutien aux rebelles. Au contraire, le principe traditionnel de non-ingérence est soutenu par certains chercheurs, notamment ceux exerçant dans des centres de recherche directement rattachés à des ministères. Par une analyse sans détour ils inspirent les conclusions gouvernementales suivantes : « les mouvements du printemps arabe ne sont pas des mouvements pour plus de démocratie, mais tout simplement pour plus de pouvoir d'achat, de meilleures conditions de vie... en un mot pour le développement économique»337(*). Donc, selon eux, le rétablissement de la stabilité, premier souhait de la Chine pour la région, pourra être assuré par n'importe quel parti (démocratique ou non, religieux ou laïc), à condition que celui-ci soit capable de mettre en place une politique de développement économique efficace.

Suivant ce raisonnement, de nombreux analystes chinois soulignent que la Chine n'a pas particulièrement cherché à protéger l'ancien président égyptien Hosni MOUBARAK , ou à faire tomber Mouammar KADHAFI et que, de manière générale, la Chine peut entretenir des relations avec les pays indépendamment du parti politique et des orientations idéologiques défendues par les dirigeants locaux. En Egypte, la Chine ne se positionne pas par rapport aux Frères musulmans, par exemple. De manière générale, les considérations politiques ou sociologiques (partis, religion) semblent avoir joué un rôle relativement mineur par rapport aux considérations économiques, à la fois dans le processus d'analyse et de prise de décisions des autorités chinoises, qui n'ont pas manqué de condamner les actions des occidentaux, depuis l'émergence du printemps arabe.

2- La condamnation des actions des occidentaux.

Lancés dans un interventionnisme à outrance, les alliés sont allés jusqu'à violer les dispositions des résolutions 1970 et 1973 contre la Libye. Dans cette perspective, la Chine déçue, se sentant trahie a violemment critiqué les actions des occidentaux338(*). Tirant les enseignements sur le printemps arabe, les autorités chinoises insistent sur « la faillite du système international de régulation des crises » et sur leur perte de confiance quant au rôle des Nations Unies339(*).

Les grandes puissances n'ont pas seulement agi en solo. Déjà, dès les années 1950, des analystes tentent d'élargir l'analyse des relations internationales à d'autres phénomènes que les rapports de puissance, tentant de remettre en cause certains postulats de l'école réaliste. C'est le cas de Karl W. DEUTSH340(*), qui dès 1957 dans, Political Community and the North Atlantic Area, affirme que « les Etats n'agissent pas uniquement en fonction de rapports et de quêtes de puissance, mais sont aussi des entités interdépendantes pouvant former des communautés de sécurité »341(*).

Le printemps arabe a donné naissance à de nouvelles alliances. Il a renforcé des alliances déjà existantes. Surtout que dans le cas de la crise libyenne, Mouammar KADHAFI se présentait comme un ennemi public commun pour la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. On a eu des alliances qui ont vu naître des actions en duo dictées par des coopérations bilatérales. Les actions à plusieurs, inspirées des coopérations multilatérales, n'ont pas été en reste. En fait de la capacité à ne pas être isolé et à agir en partenariat dépend aussi la puissance des Etats342(*).

Les événements récents semblent confirmer qu'aucun Etat n'est en mesure d'assumer seul des tâches sécuritaires, humanitaires ou militaires. C'est donc grâce à la concertation et la capacité à s'imposer dans un ensemble inter étatique tout en respectant les règles que les puissances peuvent s'affirmer, tandis que toutes les stratégies d'unilatéralisme et d'isolement semblent vouées à l'échec sur le long terme, et ne sont dès lors que des solutions de circonstance343(*). Cette démarche nous conduit à étudier les jeux collectifs des grandes puissances.

CHAPITRE II

LES JEUX COLLECTIFS DES GRANDES PUISSANCES

Le printemps arabe a secoué l'Afrique du Nord. Cependant, chacun des Etats touchés possède une histoire personnelle : une révolution en Tunisie, une révolution et un coup d'Etat militaire en Egypte, une guerre civile avec participation militaire étrangère en Libye344(*). La complexité du printemps arabe est une contrainte qui fait qu'aucune puissance ne puisse à elle seule mobiliser toutes les ressources345(*) nécessaires pour une intervention « efficace »346(*). Bien plus les spécificités des pays concernés par le printemps arabe amènent les grandes puissances à rechercher des alliés qui s'identifient régionalement aux premiers nommés.

Les acteurs se défont de la concurrence et optent dès lors pour l'interdépendance347(*) qu'oblige la réalité d'un certain nombre de contraintes348(*) auxquelles font face les grandes puissances. Force est de constater qu'une seule Nation ne peut se permettre, sous peine d'être critiquée pour son unilatéralisme, de diriger toutes les opérations sans concertation avec ses partenaires et alliés349(*). Suivant des analystes constructivistes un sentiment d'appartenance commune, un respect mutuel, une identité similaire contribuent à la coopération et à son institutionnalisation350(*). Les Etats, bien qu'égoïstes, coopèrent entre eux dans le cadre des règles qu'ils ont établies pour réguler leurs relations dans les domaines les plus divers351(*).

Fort de ces logiques, les puissances optent donc ici pour une action collective352(*). Notons qu' « il y a action collective lorsque des individus entreprennent un effort collectif basé sur des intérêts réciproques et l'attente de bénéfices mutuels »353(*). Cette définition peut être juxtaposée aux Etats. Dès lors, on dira qu'il y a action collective lorsque des Etats entreprennent un effort collectif basé sur des intérêts réciproques et l'attente de bénéfices mutuels. Le concept d'action collective renvoie à toute tentative de constitution d'un collectif, plus ou moins formalisé et institutionnalisé, par des acteurs qui cherchent à atteindre un objectif partagé, dans des contextes de coopération et de compétition avec d'autres collectifs354(*). L'action collective est donc une « action conjointe » ou une « action concertée»355(*).

Dans cette optique on a vu la France, la Grande-Bretagne, la Chine, la Russie et les Etats-Unis à l'oeuvre dans des cadres multilatéraux (section I) et même dans des cadres bilatéraux (section II).

SECTION I : LES GRANDES PUISSANCES A L'OEUVRE DANS LES CADRES MULTILATERAUX.

Les cadres multilatéraux sont les espaces qui permettent la mise en oeuvre du multilatéralisme356(*). Au cours du printemps arabe, ces espaces sont nombreux : certains préexistent avant le printemps arabe (paragraphe 1), d'autres sont créés ad hoc (paragraphe 2).

PARAGRAPHE I : LES GRANDES PUISSANCES DANS LES STRUCTURES MULTILATERALES EXISTANTES AVANT LE PRINTEMPS ARABE

Les structures existantes avant le printemps arabe dans lesquelles la multilatéralité des actions des grandes puissances a été mise en oeuvre sont l'ONU, le G8, et l'UE (A), E3 et l'OTAN (B).

A. La dynamique décisionnelle et actionnelle des grandes puissances contre le régime de KADHAFI à l'ONU, au G8 et à l'UE.

Dans le mouvement de leurs interventions au cours du printemps arabe en Libye, les grandes puissances ont pris des mesures contre le régime de KADHAFI (1). Ensuite, elles ont posé les jalons pour une intervention militaire (2).

1- Le régime de KADHAFI à l'épreuve des décisions des grandes puissances.

Afin de mettre à mal le régime de Mouammar KADHAFI, les grandes puissances prennent des sanctions collectives contre son régime (a). Elles apportent aussi un soutien collectif aux rebelles (b).

a- La prise des sanctions collectives contre le régime de KADHAFI par les grandes puissances.

Les grandes puissances ont pris des sanctions contre le régime de KADHAFI dans le cadre d'une action collective à l'ONU ayant abouti à l'adoption de la résolution 1970 et aussi à l'UE.

L'adoption à l'unanimité de la résolution 1970.

L'adoption de la résolution 1970 s'est faite le 26 février 2011à l'ONU. Interpellées par le représentant permanent adjoint de la Libye à l'ONU, Ibrahim O. A. DABBASHI qui implore le Conseil de sécurité de sauver son peuple de la folie de son dirigeant357(*), les grandes puissances ont adopté à l'unanimité la résolution sus-mentionnée.

En effet, les membres du Conseil sont saisis du document S/2011/95, qui contient le texte d'un projet de résolution présenté par l'Afrique du Sud, l'Allemagne, la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, les Etats-Unis d'Amérique, la France, le Gabon, le Liban, le Nigéria, le Portugal et la Grande-Bretagne. Il est procédé au vote à main levée. Ainsi, la Chine, la France, la Fédération de Russie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ainsi que les autres membres non permanents du conseil de CSNU votent pour. La Présidente du CSNU Madame VIOTI a dès lors proclamé le résultat du vote: 15 voix pour. Le projet de résolution est adopté à l'unanimité en tant que résolution 1970 (2011)358(*).

La réalité de la situation en Libye les y a obligées. Prenant la parole à tour de rôle, les représentants de chacune des puissances ont apprécié l'adoption de mesures visant à pousser le colonel KADHAFI à mettre fin à ses exactions sur son peuple, défendant ainsi leurs votes, preuve de l'unanimité qui a prévalu pendant l'adoption de la résolution précitée.

Ainsi, Sir Mark Lyall GRANT (Grande-Bretagne) a déclaré : « le Gouvernement britannique se félicite de l'adoption à l'unanimité de la résolution 1970 (2011)359(*) du Conseil de sécurité. Le Royaume-Uni a présenté le texte de cette résolution parce qu'il était profondément préoccupé par la situation effroyable en Libye. Les violences que nous avons pu voir, aussi bien que les nouvelles incitations du colonel KADHAFI à la violence, sont tout à fait inadmissibles et mon gouvernement les a condamnées avec la dernière vigueur »360(*).

Pour sa part, Mme RICE (Etats-Unis d'Amérique) a affirmé : « lorsque des atrocités sont commises contre des innocents, la communauté internationale doit parler d'une seule voix, et c'est ce qu'elle a fait aujourd'hui. Ce soir, agissant en vertu du Chapitre VII, le Conseil de sécurité s'est rallié pour condamner la violence, demander des comptes et adopter des sanctions sévères contre des dirigeants libyens sans états d'âme »361(*).

M. CHURKIN (Fédération de Russie) a pour sa part indiqué que : « la Fédération de Russie a appuyé la résolution 1970 (2011) du Conseil de sécurité car elle est gravement préoccupée par les événements qui se déroulent actuellement en Libye. Nous regrettons sincèrement les nombreuses pertes humaines parmi la population civile. Nous condamnons le recours à la force militaire contre les manifestants pacifiques et toutes les autres formes de violence, que nous jugeons absolument inacceptables. Nous demandons qu'il soit mis fin immédiatement à ces actes »362(*).

M. Li BAODONG (Chine) a quant à lui rapporté que : « compte tenu de la situation très particulière qui règne en Libye à l'heure actuelle, et à la lumière des préoccupations et des positions exprimées par les pays arabes et africains, la délégation chinoise a voté pour la résolution 1970 (2011), que le Conseil de sécurité vient d'adopter »363(*).

M. G. ARAUD (France) a déclaré : « face à la poursuite de la répression brutale et sanglante et aux déclarations menaçantes de la direction libyenne, le Conseil de sécurité a réitéré son exigence d'un arrêt immédiat de l'usage de la force contre la population civile. Ce texte, adopté aujourd'hui à l'unanimité, rappelle la responsabilité de chaque Etat de protéger sa population et celle de la communauté internationale d'intervenir lorsque les Etats manquent à leur devoir »364(*).

Ces diverses interventions dévoilent l'unité d'esprit qui a animé les grandes puissances au moment de l'adoption de cette résolution.

Les mesures prises contre le régime de KADHAFI ont constitué en la saisine de la Cour pénale internationale365(*), un embargo sur les armes366(*), des interdictions de voyager367(*), le gel des avoirs368(*). Des sanctions ont également été adoptées à l'UE.

L'adoption des sanctions contre les dirigeants libyens à l'UE et l'incitation de l'UE à l'action.

A l'UE, des sanctions contre les dirigeants libyens sont adoptées. Aussi, celle-ci a été appelée à plus d'actions encore.

A la demande de la France, le 28 février 2011, l'UE adopte à son tour des sanctions incluant un embargo sur les armes contre la Libye, ainsi qu'un gel des avoirs et des interdictions de visa contre le colonel Mouammar KADHAFI et 25 de ses proches. Ces sanctions seraient plus dures que celles adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies369(*). Sous l'impulsion de la France, le 8 mars 2011, les pays de l'Union Européenne se mettent d'accord pour geler les avoirs du fonds souverain et de la banque centrale libyenne370(*).

Ensuite, Face à Catherine ASHTON, Haut Représentant de l'UE qui affichait sa volonté pour l'UE de présenter une « position neutre »371(*), la France pousse l'UE à agir. Alain JUPPE, déclarait le 20 mars 2011 au cours d'une conférence de presse : « est-ce que nous nous résignons à faire que l'Union Européenne reste une ONG humanitaire? Ou est-ce que nous avons une autre ambition pour l'Union Européenne, d'en faire une puissance politique capable d'avoir des positions diplomatiques et des capacités militaires d'intervention le cas échéant? Pour moi, la réponse est très claire, c'est la deuxième hypothèse »372(*). Il met en oeuvre la puissance de la France, puissance vue sous l'angle défini par Samuel HUTTINGTON comme« la capacité d'un acteur, habituellement mais pas forcément un gouvernement, d'influencer le comportement des autres acteurs qui peuvent être ou ne pas être des gouvernements »373(*).

Cette déclaration a eu pour effet de bouger les lignes dans les rangs des membres de l'UE. Ainsi, afin de garder la face, les Etats-membres se sont finalement accordés le 21 mars 2011 pour lancer une opération de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) au caractère totalement inédit et étonnant, car elle se plaçait sous l'autorité d'un organisme de l'ONU374(*). En fait, l'UE choisissait d'agir délibérément dans le bas du spectre et elle mandatait les structures bruxelloises pour lancer un processus de planification au profit d'une opération militaire de soutien à l'aide humanitaire, sous condition qu'elle ait lieu dans un contexte impartial et permissif, autant dire infaisable. Ainsi grâce au verbe du Ministre français des Affaires Etrangères, l'UE se positionnait, pour le déclenchement de l'opération, même si ce fut sous l'autorité exclusive du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations unies (BCAH). Cette institution est d'ailleurs perçue eu égard à la forte manipulation franco-britannique comme une enceinte de légitimation et une caisse de résonance a posteriori des actions franco-britanniques375(*).En plus de l'UE, le G8 a été mis à contribution.

b- L'apport d'un soutien collectif aux rebelles par les grandes puissances au travers du G8.

Les grandes puissances apportent aussi un soutien collectif aux rebelles au travers du G8. Les pays les plus riches du monde parmi lesquels on compte les grandes puissances ont eu au cours de leur sommet de Deauville, en mai 2011, à se pencher sur la crise qui secoue le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Ce sommet s'est tenu en France. Au cours de celui-ci, il y a eu un fort engagement discursif et financier pour soutenir le printemps arabe.

L'action discursive de mobilisation des pays membres du G8 initiée par la Grande-Bretagne.

La Grande-Bretagne a pris les devants au sommet du G8. Son Premier Ministre est monté au créneau pour demander que le printemps arabe soit soutenu. Alors que seuls deux pays, la Tunisie et l'Egypte, ont entamé des transitions démocratiques, et que d'autres, comme la Libye, sont en proie à des violences, le Premier Ministre britannique David CAMERON a estimé que le G8 devait se ranger derrière la rue arabe. Il s'est exprimé en ces termes : « je veux que ce sommet débouche sur un message très simple et très clair, celui que les plus grandes puissances mondiales se sont réunies pour dire à ceux qui, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, veulent plus de démocratie, plus de liberté et plus de droits, nous sommes à vos côtés»376(*). D. CAMERON entend, par ce discours, inciter les puissances à soutenir les révolutions. Il poursuit en ces termes : « nous aiderons à la construction de votre démocratie, nous aiderons vos économies (...) nous vous aiderons par tous les moyens, parce que l'alternative à une démocratie établie c'est encore plus de l'extrémisme venimeux qui a fait tant de dégâts dans notre monde»377(*). Par cet autre pan de son discours il rassure les dissidents, les encourageant à poursuivre leur chemin dans le combat qu'ils mènent, les rassurant qu'ils ne sont pas seuls dans celui-ci.

A l'issue des travaux, une déclaration commune a été adoptée avec des termes qui marquent l'engagement indéfectible des puissances à soutenir les pays du printemps arabe. On peut lire : « nous, membres du G8, soutenons vigoureusement les aspirations des printemps arabes (...). Nous entendons la voix des citoyens, soutenons leur exigence d'égalité et appuyons leur appel légitime à la mise en place de sociétés démocratiques et ouvertes et à une modernisation économique qui profite à tous. Nous saluons particulièrement le rôle joué par les jeunes et les femmes dans ces mouvements de transformation »378(*). Ceci n'a pas été qu'un discours, à l'issue de ce sommet, les puissances, membres du G8 se sont engagées financièrement.

Le déblocage des fonds pour le soutien de la démocratie sous l'impulsion de la Grande-Bretagne.

En réponse à l'appel lancé par D. CAMERON, les huit pays les plus puissants de la planète se sont engagés à aider massivement les pays arabes qui progressent vers la démocratie. Cette aide se déclinera de plusieurs façons. Vingt millions viendront des banques multilatérales comme la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, la Banque Africaine de Développement et la Banque Européenne de Développement.

Les Etats du G8 entendent eux aussi mettre la main à la poche, quoique modestement. L'aide bilatérale des pays du G8 totalisera dix milliards, de même que celle des pays du golfe. La Grande-Bretagne a ainsi annoncé une enveloppe exceptionnelle de 175 millions de dollars379(*).

Ils ont par ailleurs mis sur pied un partenariat pour les réalisations de ces financements comme le révèle ces propos : « sur la base des objectifs que nous partageons pour l'avenir, nous avons lancé aujourd'hui le « Partenariat de Deauville » avec les peuples de la région d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, en présence des Premiers ministres de l'Egypte et de la Tunisie »380(*).

2- Les jalons pour une intervention militaire en Libye posés par les grandes puissances au sein de l'ONU.

Malgré la prise de sanctions contre le régime de KADHAFI au travers de la résolution 1970, ce dernier a persisté dans le massacre des populations de son pays. Par là, il a violé les dispositions de celle-ci381(*). Dès lors, une intervention plus sévère s'imposait.

Mue par une volonté de puissance, caractéristique du réalisme, la France décide d'agir. D'ailleurs, « toute l'histoire montre que les Nations actives dans la politique internationale sont continuellement en train de se préparer à (...) la violence organisée sous forme de guerre »382(*). Toutefois, comme Alain JUPPE l'a rappelé à plusieurs reprises, l'intervention de la France ne peut se faire sans un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies383(*). Ce faisant, à l'ONU, malgré les réticences de la Chine et de la Russie doublées de leurs abstentions (a), la France met les membres du conseil de sécurité dans son jeu et fait adopter la résolution 1973 (b).

a- Les réticences de la Russie et de la Chine doublées de leurs abstentions.

La Chine et la Russie ont marqué leurs réticences vis-à-vis d'une intervention militaire en Libye. Ce faisant, elles ont marqué leurs indifférences et se sont abstenues.

Les réticences de la Chine et de la Russie.

Lors du vote de la résolution 1973 à l'ONU, la Chine et la Russie affichent leurs réticences. Le représentant de la Chine au CSNU rapporte : «la Chine reste opposée au recours à la force dans les relations internationales. Au cours des consultations du Conseil de sécurité sur la résolution 1973 (2011), nous avons posé, avec d'autres membres du Conseil, un certain nombre de questions très précises, lesquelles, malheureusement, sont en grande partie restées sans réponse ni clarification. La Chine a de fortes réserves concernant certaines parties de la résolution»384(*).

De leur côté, les Russes font savoir : « [...] En fait, toute une série de questions soulevées par la Russie et par d'autres membres du Conseil sont restées sans réponse. Ces questions étaient concrètes et légitimes et portaient sur la façon dont la zone d'exclusion aérienne allait être appliquée, quelles seraient les règles d'engagement et quelles seraient les limites imposées à l'utilisation de la force. [...] On a vu apparaître dans le texte des dispositions susceptibles d'ouvrir la porte à une intervention militaire à grande échelle. [...] Je rappelle encore une fois que nous continuons à nous prononcer fermement en faveur de la protection de la population civile. [...] Nous sommes cependant convaincus que le moyen le plus rapide d'assurer la sécurité effective de la population civile et la stabilisation à long terme de la situation en Libye est l'instauration immédiate d'un cessez-le-feu»385(*).

En réalité, les Russes comme les Chinois n'ont pas voulu se lancer têtes baissées dans l'adoption ou le rejet d'une résolution pour une intervention militaire en Libye. C'est pourquoi ils prennent les mesures de l'ampleur de ladite intervention. Les questions qu'ils ont posées durant la session onusienne du Conseil de Sécurité justifient cette attitude. De même, les Chinois entendent préserver leur identité d'où la réaffirmation de celle-ci. Les Russes exigent que l'on exclue toute intervention au sol. Ces réclamations ont poussé la Chine comme la Russie à s'abstenir lors du vote.

L'abstention de la Chine et de la Russie.

S'agissant de la Chine, on note qu'au sein du conseil de sécurité de l'ONU, elle ne veut pas avaliser une intervention armée en Libye. Elle a fait savoir que, comme elle préside le Conseil de Sécurité, elle s'abstiendra386(*).

Le constructivisme, parlant de l'identité présente le rôle de cet élément comme déterminant dans la constitution des actions des acteurs387(*). Ainsi, liée à son identité388(*), lors du vote de la résolution 1973 du conseil des Nations Unies contre la Libye la Chine s'abstient effectivement.

Cette abstention s'analyse comme une indifférence vis-à-vis de l'idée d'une intervention internationale en Libye car ayant fait usage de son droit de véto pour ce qui est du conflit syrien, elle s'est affirmée, a pris position et aucune intervention n'a eu lieu jusqu'ici389(*). Pourtant dans le cas de la Libye, cette indifférence a donné libre cours aux actions des alliés.

Parlant de la Russie, elle se rend coupable de ce que nous appelons « un silence complice ». En effet lors du vote de la résolution 1973 du conseil de sécurité de l'ONU, la Russie s'abstient évidemment en vertu de sa culture non interventionniste sauf qu'ici, elle ne bloque pas, par le recours à son droit de véto, cette décision quoiqu'elle s'oppose à toute forme d'ingérence dans les affaires internes d'un pays souverain.

Nous considérons l'abstention de la Russie comme un laisser-faire donné aux puissances occidentales pour une intervention en Libye. A cet effet, Mark N. KATZ nous conforte dans notre idée, il écrit : « en s'abstenant, de voter la résolution 1973 du CSNU, la Russie avait autorisé sans le dire un conflit contre Tripoli »390(*). Certainement dans une posture de « passager clandestin »391(*) elle adopte une attitude qui ne la met pas en conflit avec les puissances occidentales et qui lui permet d'une certaine façon de ne pas « trahir » son allié KADHAFI. Nous pensons que la Russie a laissé faire car, considérant le conflit syrien, l'on constate qu'il n'y a pas eu d'intervention militaire externe, jusqu'ici, suite à l'usage de son droit de véto par la Russie au conseil de sécurité de l'ONU afin de faire échec à l'adoption d'une quelconque résolution visant une intervention de l'extérieur en Syrie. Deux mondes deux destins ? Ici c'est l'Afrique ? Là ce n'est pas l'Afrique ? Les intérêts ne sont certainement pas les mêmes ou encore les orientations politiques des gouvernements ne sont pas les mêmes ; surtout qu'il convient de relever qu'entre les moments des votes des résolutions sur la Libye et sur la Syrie, le locataire du Kremlin a changé. Les abstentions de la Chine et de la Russie ont permis à la France de mettre les puissances dans son jeu et de faire adopter la résolution 1973.

b- Les manoeuvres françaises pour l'adoption de la résolution 1973.

La France fait une habile exploitation d'une courte fenêtre d'opportunité favorable pour arracher le vote de la résolution 1973 au CSNU392(*). Les partisans de l'interventionnisme libéral étaient en position de responsabilité au sein du Quai d'Orsay sous le quinquennat de Nicolas SARKOZY. Cependant, il y avait parmi ses décideurs, plusieurs diplomates marqués à droite, qui étaient les représentants d'un autre paradigme : celui du néo-conservatisme393(*). Pour ceux-là, la bataille consistant à défendre l'extension universelle de la démocratie libérale était un objectif diplomatique, nécessitant une forte alliance avec les Etats-Unis394(*) pourtant un peu réticents.

La puissance, (...) résidant également dans la capacité de fixer l'ordre du jour des enceintes multilatérales telles que le Conseil de Sécurité de l'ONU395(*), la France a mis les puissances dans son jeu afin de faire adopter la résolution 1973 du CSNU.

Comme l'a écrit Nicholas SPYKMAN, « la politique est toujours conduite au son du canon »396(*). C'est la décision française sur la crise libyenne inscrite à l'ordre du jour du CSNU : aller en guerre contre KADHAFI. Toutefois, on ne va pas en guerre sans préalable. Comme le rappelle Jean Christophe NOTIN, « les guerres sont des pièces de théâtre dont le véritable premier acte se joue derrière le rideau »397(*). Il faut donc d'abord mettre en oeuvre des mécanismes avant de se lancer dans la guerre. Dans cette optique, la France a mis tout en oeuvre pour obtenir l'assentiment de la communauté internationale. Jean-Pierre FILIU398(*) écrit : « le volontarisme du président SARKOZY et l'intervention d'Alain JUPPE à New York permettent d'obtenir, le 17 mars 2011, le vote de la résolution 1973 du conseil de sécurité de l'ONU (...) »399(*).

En effet, le Président de la République a adressé, la veille du vote de la résolution 1973 que la France a initiée, une lettre personnelle aux chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres du CSNU afin de les appeler solennellement à prendre pleinement leurs responsabilités et à soutenir cette résolution alors que la population libyenne encourt de graves dangers400(*).

Les autorités françaises ne se sont pas arrêtées là. Alain JUPPE, ministre français des affaires étrangères est le seul ministre à s'être rendu à New York dans le but de convaincre, par une intervention forte au Conseil de Sécurité les pays membres du Conseil et d'obtenir les voix nécessaires à l'adoption de la résolution401(*). Il s'est exprimé en ces termes : « nous ne pouvons abandonner à leur sort des populations civiles victimes d'une brutale répression »402(*), inscrivant ainsi leur intervention dans le sens d'une guerre juste, surtout que « tous les conflits sont justes, du point de vue de leurs acteurs »403(*). La touche paternaliste, voire maternelle, qui ressort de ce propos avait certainement pour effet de jouer sur les sensibilités émotives des membres du CSNU afin d'avoir les faveurs de leurs votes.

Les Russes, exigeant que l'on exclue toute intervention au sol, Nicolas SARKOZY avait appelé Dimitri MEDVEDEV et lui avait assuré que le texte français le mentionnera explicitement404(*). Le patron du Kremlin satisfait, son représentant devait donc s'abstenir et non s'opposer par le droit de véto qui bloque automatiquement l'adoption d'une résolution au Conseil de Sécurité.

Avec les faveurs de la Grande-Bretagne et désormais des Etats-Unis405(*), le vote de la résolution n'était pas encore un acquis car la France n'était pas encore sûre d'obtenir le quota nécessaire pour que la résolution soit adoptée. Le chef de l'Etat français a donc téléphoné à Dilma ROUSSEF, la présidente du Brésil. Elle ne veut toujours pas voter oui406(*). Le Brésil s'abstiendra donc également.

Au total, les tractations de la France ont permis d'obtenir 10 votes pour et 5 abstentions. Ce qui a donné accès à la résolution 1973 du CSNU. La mobilisation de la France ne s'est pas limitée au sommet de l'Etat, même les ambassadeurs se sont mobilisés. C'est du moins ce qui ressort de ce propos d'Alain JUPPE : « c'est grâce aux efforts de la France que le vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité a été obtenu et que Benghazi a été sauvée du massacre. Nos équipes, à Paris et dans les postes diplomatiques à Benghazi, à New York et à Bruxelles, au Caire et dans le Golfe, ont été en première ligne pour constituer une coalition internationale en appui de la poignée d'hommes courageux du Conseil national de transition. Jour après jour, groupe de contact après groupe de contact, nous avons pu ouvrir pour le peuple libyen la perspective d'un avenir démocratique »407(*). L'adoption de la résolution 1973 a donné le libre cours à l'intervention militaire.

B. La mise en oeuvre de la résolution 1973 par les grandes puissances à Europe3 et à l'OTAN.

Europe3 (E3) se présente comme la base de l'action militaire franco-britannique (1). Toutefois c'est sous la bannière de l'OTAN que les opérations se sont déroulées (2).

1- E3, plateforme d'appui de la France et de la Grande-Bretagne pour inspirer l'action militaire en Libye.

E3 est une plateforme de coopération multilatérale entre la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Au cours du printemps arabe, il prend une dimension quadripartite incluant les Etats-Unis408(*). Ce format de réflexion restreint a facilité la décision d'intervenir militairement en Libye409(*). En effet s'appuyant sur cette organisation, la France et la Grande-Bretagne ont pu organiser la procédure pour l'intervention militaire en Libye. La réflexion dans ce sens a été renforcée par l'accord de novembre 2010 sur le renforcement de la coopération militaire entre la France et la Grande-Bretagne410(*) qui se sont ensuite alliées aux autres Etats pour intervenir au sein de l'OTAN.

2- L'OTAN, cadre de l'intervention militaire des grandes puissances en Libye.

L'intervention en Libye est conduite via une interprétation très extensive des dispositions de la résolution 1973 notamment celle qui  « autorise les Etats membres (...) à prendre toutes les mesures nécessaires (...) pour protéger les civils et les zones peuplées par des civils sous la menace d'attaques y compris Benghazi, tout en excluant une force étrangère d'occupation sous quelque forme que ce soit dans n'importe quelle partie du territoire libyen »411(*). Pour Didier BILLION412(*), cette résolution est faite d' « ambiguïtés volontaires ». Pour nous ce sont ces ambiguïtés qui donnent lieu à cette interprétation abusive qui débouche sur une guerre en Libye. Elle est conduite au sein de l'OTAN par les puissances alliées au rang desquelles nous avons les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne. La Chine et la Russie indifférentes lors du vote ne prennent pas part à ces opérations.

Les puissances alliées se sont illustrées de manières différentes. Les Etats-Unis ont opté pour une nouvelle forme de leadership, le « leadership from behind » (a). La France en a profité pour se construire une image de puissance guerrière (b). Pour sa part la Grande-Bretagne a apporté une modeste contribution (c). Elles ont été ensemble très actives aux côtés des rebelles.

a- Le « leadership from behind » des Etats-Unis au sein de la coalition de l'OTAN.

La notion d'identité413(*) a obligé les Etats-Unis à s'impliquer au sein de la coalition de l'OTAN, même si ce fût en retrait. Les Etats-Unis, rappelons le, ont été très réticents à l'idée d'une intervention militaire en Libye. D'ailleurs penser à cela revenait pour la personne à devoir se faire examiner cliniquement d'après R. GATES, secrétaire d'Etat américain à la défense. Il déclare en effet : « tout président américain qui se lancerait dans une nouvelle guerre terrestre au Moyen-Orient devrait se faire examiner psychologiquement »414(*). Le volontarisme du président français N. SARKOZY, l'intervention d'A. JUPPE, Ministre français des Affaires Etrangères ainsi que les manoeuvres françaises orchestrées par Bernard-Henri LEVY ont permis à H. CLINTON d'intervenir pour que le point de vue des Etats-Unis soit changé, ce qui a abouti à l'adoption de la résolution 1973. Comme le souligne D. BATTISTELLA, « lorsque les Etats-Unis agissent sur la scène internationale, (...) parce qu'ils ont des identités de type, de rôle, et collective (...), ils sont amenés à afficher une politique de promotion des droits de l'homme (...), ils sont obligés de prendre en considération les intérêts de leurs alliés de l'Alliance atlantique (...) »415(*). Ils ne pouvaient dès lors, au risque de trahir ses identités, qu'inventer un nouveau type de leadership.

Le bref rappel des circonstances de l'adoption de la résolution 1973 a pour but de montrer que depuis le déclenchement des initiatives pour une intervention militaire en Libye,  il ressort que les Etats-Unis ne se situent pas en amont des opérations menées. Ils ont essayé de remettre au goût du jour l'expérience de la Bosnie en 1993. Il s'agissait pour la Maison Blanche de trouver un moyen de laisser une plus grande initiative aux Européens416(*). Ceci atteste de ce que l'expérience passée sert à construire les actions présentes. Le cours des événements n'a pas changé cette posture. L'attitude des Etats-Unis est diversement manifeste.

D'abord, les Etats-Unis cessent leur participation aux frappes afin de les confier à l'OTAN417(*) et ne plus se consacrer qu'à des vols de reconnaissances et de brouillages. Cette action s'inscrit dans la recherche des « moyens d'appliquer une tactique minimale »418(*) car, « les Etats-Unis ne doivent a priori pas engager des troupes américaines dans les conflits africains »419(*).

Dans cette optique, ils ont retiré leurs avions de chasse dès le 1er avril 2011420(*), provoquant des réactions divergentes. Par exemple, certains auteurs pensent que la cohésion de l'OTAN a été mise en péril421(*). Cette position est un choix des Etats-Unis. Le fait que l'Amérique se retirera après quelques jours et laissera les Alliés faire le gros du travail a été précisé d'emblée. Barack OBAMA avait annoncé une participation américaine relativement limitée, en soutien davantage qu'en premier rôle, car le leadership américain dans le cas libyen est « de former les conditions permettant à la communauté internationale d'agir de concert »422(*) .

Ensuite, après le passage du commandement des opérations sous la bannière de l'OTAN, les moyens de combat américain ont été retirés423(*). Il est important de relever que cette attitude de B. OBAMA n'est pas partagée par toute la classe politique américaine. Le 31 mars 2011, quand au sénat le rapport sur l'évolution en Libye est fait, la plupart des parlementaires sont soulagés d'apprendre le retrait des moyens de combat américains, à l'exception de deux d'entre eux, les sénateurs John MC CAIN et Lindsey GRAHAM, qui avaient dès le début appelé à une implication militaire américaine en Libye aux côtés des rebelles424(*). Ils se disent « atterrés », en particulier Mc CAIN qui « ne comprend pas que les moyens américains demeurent cloués au sol alors même que la situation demeure extrêmement difficile sur le terrain pour les forces anti-Kadhafi » ; L. GRAHAM demandera même à R. GATES de « reconsidérer cette décision »425(*).

B. OBAMA a informé les parlementaires sur la Libye. Il a informé le Congrès de sa décision d'envoyer les forces militaires américaines assister les alliés européens et les partenaires arabes dans la mise en oeuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU pour empêcher une catastrophe humanitaire et contrer la menace posée à la paix internationale par la crise en Libye426(*). Il s'inscrit dans une logique définie par Jennifer S. WHITAKER, suivant laquelle, parlant des Etats-Unis, elle déclare : « nous ne pouvons restreindre notre force politique en renonçant à tout engagement militaire sur le continent »427(*). S'ils acceptent d'appuyer les Alliés dans des domaines clés comme le contrôle aérien, l'ISR et le ravitaillement en vol, les Etats-Unis retirent leur « force de frappe » d'une quarantaine d'appareils dont leur redoutable composante d'appui-feu rapproché (avions A-10 et AC-130)428(*).

Le retrait américain laisse les Européens face à leurs responsabilités et leurs capacités. Les Etats-Unis, dans leur posture en retrait, ont néanmoins continué à apporter un appui en matière de ravitaillement, communications, surveillance, ou brouillage, sans lequel, ont-ils affirmé, les avions des autres pays de l'OTAN n'auraient pu opérer429(*). Ils ont aussi décidé de l'envoi de drones armés. Selon les autorités américaines, l'OTAN pouvait bien se passer des Etats-Unis en Libye, Washington étant selon eux plus utile sur d'autres théâtres d'opération, comme le Pakistan ou l'Afghanistan430(*).

Dans la perspective constructiviste, la signification des identités évolue historiquement par la pratique et les discours, les interactions entre les Etats431(*). C'est ainsi que la posture américaine a varié tout au long de la guerre civile libyenne. Le soutien américain, indispensable au début et apparemment à la fin, a fait défaut de manière inattendue à certains moments importants de l'opération432(*). C'est ce qui explique cette autre démonstration de ce « leadership à la OBAMA »433(*) relevée dans un communiqué de J. Mc CAIN et de L. GRAHAM qui critiquent le choix du président des Etats-Unis. En effet, dans le communiqué, ils applaudissent la chute du régime de KADHAFI tout en « déplorant que ce succès ait mis si longtemps à arriver en raison du choix américain de ne pas employer toute sa puissance militaire à la tâche»434(*). L'option américaine d'opérer dans une posture d'arrière plan est nourrie par des enjeux sur lesquels nous reviendrons. Cette posture a permis à la France de se construire une image de puissance guerrière.

b- La constitution de la France comme véritable puissance militaire au sein de la coalition de l'OTAN.

Avec le constructivisme, les intérêts et les motivations des Etats ne sont pas donnés mais socialement construits par des identités435(*). Les Etats agissent selon ces identités. Aussi, l'un des éléments importants dans l'approche constructiviste repose sur la «fenêtre d'opportunités»436(*). Avec le réalisme, les Etats s'efforcent de maximiser (...) leur puissance. De même, ce sont les situations qui déterminent les motivations de l'action437(*). La France profite du leadership « from behind » voulu par les Etats-Unis pour se construire sa puissance guerrière au sein de la coalition otanienne.

En effet, sur la base de l'article 4 de la résolution 1973, la France s'est engagée à frapper les troupes de KADHAFI. Le total engagement de la France se caractérise par la primauté de son action. En effet, la France a tenu à se mettre en oeuvre la première. Ainsi, dès le 18 mars 2011 soit un jour après l'adoption de la résolution 1973, ce sont des tirs de rafales françaises qui réveillent les libyens. Pour la France, cette action est symbolique, elle représente une fierté pour elle. A. JUPPE le traduit en ces termes : « Ce sera l'honneur de la France d'avoir tout tenté pour y parvenir »438(*). Elle n'a pas lésiné sur les moyens. Elle a engagé 10 navires de guerre, dont 1 porte-avions (Charles de Gaulle), 1 BPC (Tonnerre), 6 frégates (Aconit, Chevalier Paul, Courbet, Dupleix, Georges Leygues, Jean Bart) et 1 sous-marin nucléaire d'attaque (Améthyste). 40 avions de combat (18 Rafales - dont 10 M de l'Aéronautique navale, 14 Mirages 2000, 6 Super Etendard, 2 Mirages F-1CR). 12 avions de support (6 C-135, 2 Atlantique-2, 2 E-2C, 1 E-3F, 1 C-160G). 27 hélicoptères (14 Gazelle, 4 Tigre, 3 Puma, 4 Dauphin, 2 Caracal)439(*).

Les autorités françaises, en raison de l'enlisement de l'opération, ont préconisé une intensification des bombardements y compris sur des centres de décisions militaires ou sur des dépôts logistiques jusqu'alors épargnés. Cette action pour G. LONGUET, ministre français de la défense, visait à « faire en sorte que l'on n'ait pas besoin d'équiper militairement les insurgés »440(*). Les autorités françaises sont allées jusqu'à faire fi de la résolution 1973, avec la promesse, ultérieurement tenue, de l'envoi d'un renfort aérien aux rebelles.

Cette promesse a été faite le 20 avril 2011441(*). Pour Philippe LEYMARIE, c'est choquant et il s'appesantit sur la furia française à l'encontre de KADHAFI avec qui il n'y a pas si longtemps il n'était question que de vendre des rafales. Pour lui cet interventionnisme emprunt d'humanitarisme a rencontré l'adhésion de N. SARKOZY à la recherche d'une bonne cause et d'une bonne guerre442(*) certainement pour étaler ses capacités de puissance mondiale.

A la fin du mois de juin 2011, alors que la guerre perdure et devient difficile à l'Est, la France joue la carte des tribus de Djebel Nefousa et parachute armes et matériels dans l'Ouest du pays. En juillet les rebelles appuyés par la France font une progression notoire. Ils avancent jusqu'à Zintan et Nalout. Au début du mois d'août 2011, le porte-avions français Charles-de-Gaulle quitte la zone d'opération après plus de quatre mois de missions de guerre. Le 23 août 2011, les rebelles, mieux organisés et disposant de moyens d'artillerie offerts par la France parviennent à prendre la capitale Tripoli.

Au sujet de la mort de KADHAFI, d'après le ministre de la Défense Gérard LONGUET, c'est l'aviation française qui aurait stoppé son convoi alors qu'il tentait de fuir Syrte. Lors d'une conférence de presse qu'il tenait à son ministère, Gérard LONGUET a ainsi déclaré que le convoi, composé de plusieurs dizaines de véhicules « a été stoppé dans sa progression alors qu'il cherchait à fuir Syrte, vraisemblablement pour Bani Walid, mais n'a pas été détruit par l'intervention française »443(*). Un peu plus tard, le ministre est revenu en partie sur ses déclarations en précisant qu'il y avait « au moins un avion français » dans l'unité qui a mené l'assaut aérien.

Tout l'investissement français lui a permis de révéler sa puissance militaire. Elle a démontré sa capacité stratégique (direction d'une armée en campagne, correspondant à l'art du général) 444(*) en alternant les tactiques de guerre. Le déploiement de son matériel de guerre tel que présenté plus haut, la mobilisation des éléments de son armée sous la forme de conseillers auprès des insurgés libyens ont eu pour effet pour la France de donner à voir sur l'efficacité de son savoir militaire. La France, a assuré Nicolas SARKOZY, est prête à poursuivre ses opérations militaires contre les forces militaires de Mouammar KADHAFI aussi longtemps que le CNT le jugera nécessaire. « A la minute où nos amis du CNT nous disent (...) il n'y a plus de menace du camp KADHAFI contre le peuple libyen, à cette minute-là, les opérations militaires de la coalition s'arrêtent et les soldats, les aviateurs et les marins français rentrent à la maison »445(*), a-t-il déclaré. Par cette déclaration il a affiché la détermination de la France à jouer pleinement son rôle de puissance militaire. De son côté, la Grande-Bretagne a apporté une contribution modeste aux opérations.

c- Une contribution modeste de la Grande-Bretagne aux opérations militaires de l'OTAN.

Nous qualifions de modeste la contribution de la Grande-Bretagne parce que comparée à celles de la France ou des Etats-Unis, elle est minime. La Grande-Bretagne agit à la demande des autres puissances. Aussi, elle n'entre en scène qu'après 3 mois de conflit en Libye. A l'aune du bilatéralisme dans lequel chaque Etat négocie des arrangements avec chacun de ses partenaires pris individuellement, la Grande-Bretagne s'est mise avec la France pour promouvoir l'image de guerrier de la dernière citée au moyen de la domination de l'espace aérien libyen par l'aviation franco-britannique446(*).

De même, c'est à la demande de Washington, que la Grande-Bretagne a dépêché des conseillers militaires auprès des insurgés libyens, afin d'épauler sur le terrain l'action de la CIA447(*). Ainsi, quelques dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d'officiers du Secret Intelligence Service opèrent en Libye, en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes.

Au début du mois de juin 2011 soit trois mois après le début des opérations, la Grande-Bretagne décide d'engager ses hélicoptères de combat, pour intervenir au plus près du terrain. Son Premier Ministre l'avait annoncé auparavant au sommet de Deauville en précisant que « la guerre menée en Libye entre dans une nouvelle phase, le déploiement d'hélicoptères Apache britanniques accroîtra la pression sur KADHAFI »448(*)

Les frappes des Apaches, ont justement pris pour cible des barrages des forces loyalistes sur la route entre Ras Lanouf et Brega, et ont pour but d'encourager les rebelles de l'Est à progresser449(*). « Avec un Apache, nous pouvons faire preuve d'une grande précision dans le traitement des cibles. Le radar que nous avons visé se trouvait sur la côte. Il nous empêchait d'imposer la zone d'exclusion aérienne et de venir en aide à la population. Il était difficile à bombarder en altitude, mais avec les Apaches, nous pouvons monter ou descendre, changer d'altitude, d'angle. C'est une arme très, très versatile » a affirmé un pilote anglais450(*).

Cette stratégie s'avère payante : les équipages de l'aviation légère de l'armée de terre débusquent les pick-up des forces pro-KADHAFI, dissimulés sous les arbres ou près des habitations. Mais les forces gouvernementales, qui alignent des centaines de blindés et de nombreux mercenaires, résistent. Aussi, dans la nuit du 25 au 26 août 2011, des bombardiers britanniques de l'OTAN ont pris pour cible le Quartier Général des forces Kadhafistes dans la ville ; ces frappes aériennes se sont poursuivies dans la journée du 26 août 2011451(*).

Egalement, le multilatéralisme permet aux Etats d'essayer collectivement de relever les défis452(*). Pour nous cela se présente d'ailleurs comme une exigence de l'interdépendance car l'action en synergie présente des avantages puisque les acteurs mis ensemble mobilisent plusieurs ressources. Dans cette veine, en retrait comme les Etats-Unis, dans une posture de grand guerrier comme la France ou par une contribution modeste comme la Grande-Bretagne, les alliés ont mis à mal les forces pro-KADHAFI.

En marge des particularités de comportement des alliés au sein de l'OTAN, on remarque que depuis son entrée dans le conflit libyen en mars 2011 jusqu'à la mort de Mouammar KADHAFI le 20 octobre 2011, cette institution, avec les actions de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, a participé activement à la chute du régime libyen en engageant des moyens importants pour soutenir les forces du CNT. « Les frappes de l'OTAN ont donc permis aux rebelles de s'emparer de Tripoli, et ensuite des régions de Beni Oualid et de Syrte ; et la Libye est désormais complètement  libérée »453(*).

En effet, au sol, les hommes du CNT sont en pleine euphorie454(*). Après avoir desserré la nasse qui se refermait sur Benghazi, ils avancent vers l'Ouest. Soutenus par l'aviation de la coalition, ils se croient invincibles. Ni leurs mentors, au premier rang SARKOZY, ni eux-mêmes ne sont prêts à renoncer à une victoire totale qu'ils croient à portée de main455(*). Cet appui des alliés est si fort que Thérèse DELPECH le commentant rapporte : « les frappes ont déjà dégagé l'étau qui entourait Benghazi et ouvert la route de l'Ouest. Elles désenclavent les villes assiégées et détruisent les armes lourdes. Elles favorisent aussi les défections dans l'armée régulière»456(*).

Depuis la fin du mois d'avril et pendant le mois de mai, l'OTAN bombarde les lieux forts du pouvoir kadhafiste457(*). Son action aboutit à la mort du fils de KADHAFI. En effet, le 30 avril 2011, le plus jeune fils du leader libyen Mouammar KADHAFI, Saif al-Arab KADHAFI, ainsi que trois de ses petits-enfants, sont tués au cours d'une frappe aérienne de l'OTAN458(*). Au début du mois de mai, la capitale est à nouveau soumise à des bombardements de l'OTAN459(*)ainsi que ses alentours, dont un bâtiment des services de sécurité intérieure et le siège du ministère d'inspection et de contrôle populaire, organe de lutte contre la corruption en Libye460(*) et des résidences de KADHAFI461(*). Le 20 mai 2011, l'OTAN coule huit navires de guerre appartenant aux forces loyalistes, dans les ports de Tripoli, de Khoms et de Syrte462(*). Les cadres préexistants n'ont pas suffi pour la mise en oeuvre de leurs actions par les puissances, de nouveaux cadres ont été créés.

PARAGRAPHE II : LA CREATION DES CADRES MULTILATERAUX PAR LES GRANDES PUISSANCES.

Les cadres multilatéraux tels l'ONU, l'UE, l'OTAN, le G8, E3 n'ont pas suffi à encadrer l'intervention des grandes puissances. Ce faisant, elles en ont créé d'autres. Ce sont les sommets (A) et les conférences ad hoc (B).

A. L'organisation des sommets ad hoc sur la Libye.

Les grandes puissances ont organisé plusieurs sommets afin de discuter sur la Libye. Ce sont par exemple le sommet de Paris du 19 mars 2011 et le sommet d'Abu-Dhabi du 9 juin 2011 où l'harmonisation du recours à la force en Libye et la décision de soutien financier aux rebelles ont été adoptées.

Le recours à la force s'inscrit dans la perspective réaliste suivant laquelle, « la force armée, la menace de son emploi comme sa mise en oeuvre, est utile dans les relations internationales. La puissance militaire est l'ultima ratio, souvent la forme la plus déterminante de la puissance »463(*). C'est au cours du sommet de Paris tenu le 19 mars 2011464(*) que le groupe de contact initié par la France et la Grande-Bretagne pour l'intervention en Libye a été mis sur pied. Il était opportun de résoudre la crise libyenne par tous les moyens y compris celui de la guerre. Ainsi, le 19 mars 2011, les pays concernés se réunissent à Paris pour un sommet spécial sur les éventuelles frappes contre la Jamahiriya arabe libyenne.

A l'issue du sommet de Paris tenu au palais de l'Elysée, la Belgique, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, le Qatar et le Canada annoncent leur participation à la coalition internationale. D'entrée de jeu, l' Italie accorde l'usage de ses bases militaires; puis participe pleinement à la coalition avec la France et la Grande-Bretagne. Il s'est aussi fait ressentir le besoin d'assister financièrement les rebelles.

Ainsi, le groupe de contact initié par la France et la Grande-Bretagne décident d'aider financièrement les rebelles lors du sommet d'Abu-Dhabi du 9 juin 2011. Dans l'idée de soutenir les rebelles, la réunion du groupe de contact à Abu Dhabi du 9 juin 2011 aboutit à une promesse financière de plus de 896 millions d'euros. Entre autres contributions, la France a annoncé le transfert de 290 millions d'euros appartenant à la Banque centrale libyenne qui avaient été gelés dans le cadre des sanctions contre le régime. Lors de cette réunion, la secrétaire d'Etat américaine Hillary CLINTON a déclaré que les jours du régime de KADHAFI étaient « comptés », tandis qu'elle reconnaissait l'existence du CNT comme « interlocuteur légitime »465(*).

Le 15 juillet 2011 et le 25 août de la même année, face au peu de nouvelles avancées sur le terrain du conflit, les partenaires se retrouvent à Istanbul, en présence d'Hillary CLINTON, pour aborder la question de l'issue politique au conflit466(*). Ainsi, les grandes puissances ont mis en oeuvre toutes leurs capacités pour trouver une issue à la crise en Libye. Elles ont également organisé des conférences.

B. L'organisation des conférences ad hoc.

Les grandes puissances ont organisé des conférences ad hoc sur le printemps arabe. Il s'agit chronologiquement de la conférence de Londres (1), de la tripartite France-Grande-Bretagne-Etats-Unis (2) et de la conférence des amis de la Libye (3).

1- La prise en acte de la résolution 1973 par le groupe de contact au cours de la conférence de Londres.

Par prise en acte, nous entendons le fait de constater la prise d'une décision, ici, la résolution 1973 du CSNU. Plusieurs conférences se sont tenues pour la mise en oeuvre de celle-ci à l'instar de la conférence de Londres sur la Libye467(*) tenue le 29 mars 2011. A l'issue de celle-ci, William HAGUE, ministre britannique des affaires étrangères réitère les conclusions de la résolution 1973 précisément, l'article 4 qui « autorise les Etats Membres qui ont adressé au Secrétaire général une notification à cet effet et agissent à titre national ou dans le cadre d'organismes ou d'accords régionaux et en coopération avec le Secrétaire général, à prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011), pour protéger les populations et zones civiles menacées d'attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d'une force d'occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n'importe quelle partie du territoire libyen, [...] »468(*).

Par cette posture, les participants à cette conférence prennent acte des dispositions de la résolution 1973 du CSNU et prennent des dispositions pour sa mise en oeuvre qui a été entamée le 19 mars 2011 à Paris avec la mise sur pied du groupe de contact.

2- La tripartite France-Grande-Bretagne-Etats-Unis pour l'affirmation de leur engagement militaire en Libye.

L'affirmation de l'engagement militaire franco-britannico-américain en Libye a été faite par une tribune conjointe. « Aux termes de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, notre devoir et notre mandat sont de protéger les civils. C'est ce que nous faisons. Il ne s'agit pas d'évincer KADHAFI par la force. Mais il est impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec KADHAFI. [...] Il est impensable que quelqu'un qui a voulu massacrer son propre peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen »469(*).

La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis se considèrent ainsi comme des « messies » et justifient leur action comme relevant d'un devoir, d'une obligation qui épouse les contours de la morale. S'inscrivant dans une sorte de guerre juste470(*). Ils poursuivent en ces termes : « le Conseil de sécurité des Nations Unies, dans une résolution historique, a autorisé la communauté internationale à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la population libyenne contre les attaques qu'elle subissait. En réagissant immédiatement, nos trois pays ont arrêté la progression des forces de KADHAFI. Le bain de sang dont il avait menacé les habitants de Benghazi, assiégée, a été évité [...] »471(*). Ils présentent leur action comme salutaire, décisive pour le règlement de la situation. Ils s'en réjouissent d'ailleurs et ne la regrettent nullement.

3- Le rassemblement pour un soutien à la transition en Libye au travers de la conférence des amis de la Libye du 1er septembre 2011.

Après les périodes de division entre les pays (grandes puissances et autres pays du monde dont ceux de l'UA précisément) concernant les opérations militaires en Libye, il a été question au cours de cette conférence de rassembler la communauté internationale dans un format multilatéral, l'action unilatérale ne s'avérant pas très propice en raison de la grandeur de la tâche de reconstruction. L'objectif de cette conférence, pour les initiateurs, était de soutenir les nouvelles autorités pour les aider à construire une Libye nouvelle472(*).

Cette conférence a été l'oeuvre de la France et de la Grande-Bretagne ainsi que l'a rappelé Nicolas SARKOZY : « nous avons décidé en plein accord avec David CAMERON de convoquer une grande conférence internationale pour aider la Libye libre de demain, pour bien montrer que nous passons à l'avenir»473(*). La stratégie mise sur pied par la France et la Grande-Bretagne a été de ratisser large. Il n'y a d'ailleurs pas eu que des partisans du CNT. La Chine et la Russie qui n'ont pas reconnu le Conseil National de Transition libyen y ont été représentées. Pékin a dépêché son vice-ministre des Affaires Etrangères comme observateur, et Moscou a envoyé à Paris le représentant spécial russe pour l'Afrique Mikhaïl MARGUELOV. Ces deux pays s'étaient, faut-il le rappeler, abstenus lors du vote de la résolution du CSNU qui a permis l'intervention militaire en Libye, qu'ils avaient alors largement critiquée, sans pour autant l'empêcher.

L'un des enjeux de cette rencontre pour les alliés était de débloquer au plus vite les fonds libyens gelés à l'étranger pour permettre aux nouvelles autorités d'en disposer pour la reconstruction, le paiement des salaires, et d'éviter le chaos474(*). Plusieurs pays se sont engagés à débloquer ces fonds à hauteur de 15 milliards $ contre la promesse de démocratie, de stabilité et de réconciliation que les autorités du CNT ont faite.

Cette réunion avait aussi pour enjeu de convaincre les Africains. En ceci Paris ne s'est pas privé d'avancer des arguments. Par exemple, le dégel des avoirs libyens n'enthousiasme pas beaucoup d'Etats c'est le cas de la Chine de la Russie, et même de l'Afrique du Sud, qui boudera la Conférence des amis de la Libye475(*). Aussi, les Africains pensent qu'il est précoce de reconnaitre le CNT et de lui confier l'administration de la Libye. C'est le sentiment d'Alger, qui ne l'a pas encore reconnu à cette date, contrairement aux autres voisins de la Libye comme le Tchad, l'Egypte ou encore la Tunisie. Néanmoins, Alger a dépêché pour cette conférence son chef de la diplomatie Mourad MEDELCI476(*). En face, à Paris, on pense que la phase de la transition s'est ouverte avec la victoire des insurgés à Tripoli477(*). Un des proches du président a affirmé : « sur le plan militaire, la partie est jouée »478(*).Ainsi, pour les autorités parisiennes, les forces de KADHAFI ne peuvent plus reprendre le dessus sur les insurgés soutenus par les alliés. Tout est donc plié, la transition peut dès lors être effective. Ce point de vue n'est pas partagé par l'Union Africaine, qui considère que des combats sont toujours en cours. Ainsi, les autorités françaises au cours de cette conférence pour rassurer ont déclaré, « il n'y a pas d'inquiétude face à une éventuelle dérive islamiste du CNT. Nous contrôlons la situation »479(*).

En dehors des cadres multilatéraux, les interactions des grandes puissances se sont aussi déroulées dans des cadres bilatéraux.

SECTION II : LES INTERACTIONS DES GRANDES PUISSANCES DANS DES CADRES BILATERAUX.

Les interactions des grandes puissances dans les cadres bilatéraux se sont déroulées d'une part entre elles (paragraphe 1) et d'autre part avec les autres acteurs des Relations Internationales (paragraphe 2).

PARAGRAPHE I : LES INTERACTIONS BILATERALES ENTRE LES GRANDES PUISSANCES.

Les interactions bilatérales entre grandes puissances se manifestent par des rencontres entre les chefs d'Etat et de gouvernement des dites puissances. Ces rencontres visent à mettre la pression sur les dirigeants en place (A), à proposer des solutions à la crise (B) et à apporter un réconfort aux rebelles (C).

A. Les interactions bilatérales pour mettre la pression sur les dirigeants en place.

Les grandes puissances coopèrent pour mettre la pression sur Hosni MOUBARAK en Egypte (1) et sur Mouammar KADHAFI en Libye (2).

1- Coopération bilatérale entre Etats-Unis et Grande-Bretagne pour une pression sur Hosni MOUBARAK.

Le 30 janvier 2011, après le décès de plus d'une centaine de personnes après six jours de manifestation en Egypte, le président des Etats-Unis a entretenu une conversation téléphonique avec le premier ministre britannique pour accroître les pressions sur le régime de MOUBARAK demandant un durcissement de la position de l'occident480(*). Les deux hommes d'Etat se sont accordés sur le fait qu'en Egypte, il faut que H. MOUBARAK entame un processus de réforme politique devant aboutir à la résolution des problèmes soulevés par les revendications populaires ainsi qu'à leur aspiration à un futur démocratique. Ils ont réprouvé l'usage de la violence contre les manifestants. Unanimement, les deux dirigeants se sont accordés et ont demandé que les gouvernants mettent en oeuvre les moyens permettant des manifestations pacifiques481(*). Ils ont fait valoir leur coopération bilatérale afin d'associer leur point de vue pour une synergie d'actions.

2- Actions bilatérales de pression sur Mouammar KADHAFI.

Les actions bilatérales de pression sur KADHAFI se sont faites par concertation entre les Etats-Unis et la Russie d'une part (a) et entre la France et les Etats-Unis d'autre part (b).

a- Négociation entre OBAMA et MEDVEDEV pour l'accroissement des pressions contre KADHAFI.

Les présidents russe et américain, afin d'accroître les pressions sur le régime de KADHAFI négocient pour le gel des avoirs du clan KADHAFI. Cette négociation a eu lieu à Deauville. Cette approche est tributaire du bilatéralisme dans lequel l'Etat étale sa puissance en négociant des arrangements particuliers avec chacun de ses partenaires pris individuellement482(*).

En effet, en marge du sommet du G8 de mai 2011 tenu à Deauville, un entretien a eu lieu entre les responsables russes et américains. Dimitri MEDVEDEV tenait surtout à s'assurer que son homologue ne céderait pas à la requête des alliés de s'engager davantage dans l'intervention libyenne. Le président russe a été rassuré en entendant Barack OBAMA rappeler que l'«engagement robuste» des Etats-Unis en Libye n'irait pas au-delà du renseignement sur le terrain militaire. «Nous soutenons l'intervention en apportant une aide en matière de renseignement, de communication et d'identification des cibles»483(*), a indiqué Michael McFAUL. Une manière de dire qu'un accroissement du rôle militaire des Américains en Libye n'était pas à l'ordre du jour.

En revanche, le chef de la Maison-Blanche a expliqué à son homologue russe que Washington entendait renforcer son action diplomatique sur le front libyen484(*). L'apport d'un appui à la rébellion, l'invitation faite à celle-ci d'ouvrir un bureau de représentation à Washington et la mise sous pression de KADHAFI, s'inscrivent dans cette panoplie d'actions. Barack OBAMA a ainsi insisté auprès du président russe sur la nécessité de coopérer pour faire passer les avoirs à l'étranger du Guide libyen dans les mains de l'insurrection485(*). Cette coopération devait avoir pour effet d'accroître la pression sur Mouammar KADHAFI. L'action de Barack OBAMA porte des fruits car c'est au cours de ce sommet du G8 de Deauville que Dimitri MEDVEDEV va pour la première fois demander à KADHAFI de quitter le pouvoir486(*). Des demandes ont été formulées par les Etats-Unis auprès des autorités russes pour qu'elles interviennent comme médiatrices dans le conflit libyen, afin que Mouammar KADHAFI quitte le pouvoir487(*).

b- SARKOZY et OBAMA : la décision de chasser KADHAFI.

La résolution de chasser Mouammar KADHAFI a été prise par Nicolas SARKOZY et Barack OBAMA dans une déclaration conjointe à la presse lors du Sommet du G8. « Monsieur KADHAFI doit partir [...] la réalisation du mandat de l'ONU portant sur la protection des civils libyens ne pourra pas être complétée tant que KADHAFI cible ses armes contre les populations civiles sans protection. Et nous sommes déterminés à conclure ce travail»488(*)ont-ils affirmé. Cette déclaration témoigne de la volonté franco-américaine d'afficher aux yeux de la communauté internationale la bonne santé de leur relation et la collaboration réelle existant entre ces deux puissances pour la mise en oeuvre de la résolution 1973 du CSNU. Celle-ci est davantage nécessaire lorsqu'on sait que la France a été réfractaire au fait de placer l'intervention sous la bannière de l'OTAN et que Barack OBAMA a été pendant un moment réticent quant à une résolution visant à intervenir militairement en Libye.

Le repli américain au début du mois d'avril 2011 - et ses conséquences prévisibles - a en effet donné lieu à une vive altercation entre Barack OBAMA et Nicolas SARKOZY et a fait l'objet de fortes tensions entre l'Elysée et la Maison Blanche489(*). Les deux hommes se sont durement affrontés le 28 mars 2011 lors de la visioconférence du « Quad » (à laquelle participent aussi  Angela MERKEL et David CAMERON)490(*). Nicolas SARKOZY a demandé à Barack OBAMA de revenir sur sa décision de retirer les A10 et les AC-130 de l'opération. Ce dernier, dans une attitude conservatoire a refusé, arguant du fait que la mission de l'OTAN était d'instaurer une « nofly zone », de protéger les populations civiles et de créer les conditions d'un changement politique, non de renverser KADHAFI491(*). Il a également rappelé qu'il avait prévenu ses alliés que l'engagement américain lourd serait de très courte durée. Enfin, il a promis de maintenir les dits-avions en « stand-by » et de les utiliser à nouveau si - et seulement si - les forces de Kadhafi menaçaient Benghazi492(*). Entre le début du mois de mars et le 27 avril 2011, la position du Président B. OBAMA a évolué grâce aux interactions avec les Etats alliés. La nécessité d'une déclaration commune avec le Président français Nicolas SARKOZY s'imposait comme illustration du regain de la bonne qualité de leur relation.

B. Projet de résolution et proposition d'une solution diplomatique à la crise libyenne par le couple franco-britannique.

A la genèse des manifestations en Libye, le couple franco-britannique soumet un projet de résolution au CSNU afin de limiter les dégâts et arrêter les attaques de M. KADHAFI, décidé à mâter la révolution. Celui-ci est apparu le 25 février 2011 sur la place Verte à Tripoli et a déclaré à ses partisans « préparez-vous à défendre la Libye. Nous allons nous battre et nous les vaincrons. La Libye aime KADHAFI »493(*). Pour y faire face, « Paris et Londres ont proposé au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution sur la Libye prévoyant un embargo total sur les armes, des sanctions, et une saisine de la CPI pour crime contre l'humanité »494(*). Paris et Londres ont ainsi fait valoir leur puissance par leur capacité à mettre sur agenda onusien la question des résolutions contre le régime libyen. Ces deux puissances ont ainsi fait prévaloir leur capacité à structurer leur environnement international.

Dans le cours de l'intervention placée sous la coupe de l'ONU, le couple franco-britannique a préparé une initiative pour un règlement pacifique de la crise libyenne. Après une semaine de bombardements la France et la Grande-Bretagne ont tenté d'ouvrir un nouveau chapitre. Nicolas SARKOZY et David CAMERON comptaient dévoiler avant le 29 mars 2011 les étapes d'un règlement pacifique en Libye. «Vraisemblablement avant le sommet à Londres, CAMERON et moi-même proposerons une voie commune. Ce sera une initiative franco-britannique pour bien montrer que la solution ne peut pas être que militaire, elle sera forcément une solution politique et diplomatique»495(*), a annoncé le chef de l'Etat français à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles. Cette action ou encore ambition franco-britannique vise à diversifier les approches de résolution de la crise libyenne et aussi certainement à apaiser les Etats qui se plaignent de la tournure qu'a pris l'intervention militaire en Libye à savoir la guerre civile animée par les alliés.

C. La visite de réconfort au CNT libyen effectuée par le couple franco-britannique.

Le président N. SARKOZY et le premier ministre D. CAMERON se sont rendus à Benghazi le 15 septembre 2011 afin d'apporter du réconfort aux autorités du CNT496(*). En plus de l'appel à l'unité des libyens lancé par N. SARKOZY et l'appel à se rendre lancé à KADHAFI par D. CAMERON, cette visite est aussi caractéristique d'un empressement de ces deux Etats pour la proposition de leurs services aux autorités libyennes du CNT dont le pays ravagé par la guerre civile doit être reconstruit497(*).

Au cours de cette visite, D. CAMERON a rassuré les rebelles, déclarant que « le mandat de l'OTAN se poursuivra jusqu'à ce que les civils soient protégés et le travail accompli »498(*). Il a aussi annoncé que la Grande-Bretagne assistera la Libye dans sa reconstruction499(*). Dans la même lancée, SARKOZY a pour sa part déclaré : « vous pouvez compter sur notre amitié et notre admiration. Ceux qui ont commis des crimes seront poursuivis »500(*). Lorsqu'on sait en Afrique ce que vaut un ami501(*), cette intervention du président français a assurément apporté aux insurgés le stimulus nécessaire pour aller de l'avant.

Les interactions entre grandes puissances n'ont pas suffi, il fallait tenir compte de la spécificité régionale des pays touchés par la crise d'où une coopération avec d'autres Etats. Ce qui a conduit à d'autres types d'interactions.

PARAGRAPHE II : LES INTERACTIONS BILATERALES ENTRE LES GRANDES PUISSANCES ET LES AUTRES ACTEURS DES RELATIONS INTERNATIONALES.

Les Relations Internationales sont animées par une pluralité d'acteurs502(*) : ce sont les Etats, les Organisations Internationales et les Individus. Compte tenu de la complexité du printemps arabe, des ressources supplémentaires s'imposaient aux grandes puissances. Selon Jacques ROJOT, « les ressources sont ce dont l'acteur a intérêt à se servir»503(*) pour atteindre son objectif. Aussi, il y a action collective lorsque des acteurs entreprennent un effort collectif basé sur des intérêts réciproques et l'attente de bénéfices mutuels504(*). Dans ce sillage, les interactions des grandes puissances se sont faites avec le monde arabe d'un côté (A) et l'Afrique de l'autre (B) considérées comme des ressources.

A. Les interactions avec les acteurs du monde arabe.

Par monde arabe, nous entendons les acteurs qui appartiennent à l'espace arabophone (Etats ou Organisations régionales)505(*). La Tunisie, l'Egypte et la Libye appartiennent à cet espace géographique. C'est ainsi que nous avons des interactions avec les Etats (1), avec les organisations (2) et avec un individu (3).

1- Les interactions avec les Etats du monde arabe.

Les interactions entre les grandes puissances et les Etats du monde arabe sont perceptibles dans l'aide au cadrage (a) et aussi dans les contributions financières et militaires (b).

a- L'aide au cadrage.

Le cadrage est l'ensemble des « altérations subtiles dans la définition ou présentation des problèmes de jugement ou de choix et les changements résultant de ces altérations dans les décisions subséquentes »506(*). Dans ce sillage, les auteurs du rapport sur la Libye attestent que : « le royaume saoudien et le régime de Doha ont joué un rôle décisif dès les premières heures de la rébellion, par l'intermédiaire de leurs chaines de télévision Al-Arabia et Al-Jazeera qui ont « fait » l'opinion à partir de données erronées, sinon délibérément mensongères »507(*). LYENGAR Shanto dans son ouvrage très significatif ne pouvait pas faire mieux quant à l'indexage de la télévision comme agent de construction des politiques car le Qatar, grâce à Al-Jazeera a été pour beaucoup dans la construction du printemps arabe, surtout qu'il est reconnu aux médias, les capacités co-productives des événements508(*).

Dans un interview accordé à Tunisie Secret, Naoufel Brahimi El MILI révèle que « les Américains ont été suffisamment opportunistes pour capitaliser un mécontentement généralisé et le canaliser avec l'aide du Qatar et ses trois éléments de puissance, l'argent, Al-Jazeera et la religion »509(*). Il atteste par cette déclaration de l'implication effective du Qatar dans l'essor du printemps arabe.

En effet, les méthodes et le style d'Al-Jazeera, malgré des incohérences peu éthiques, ont incontestablement aidé à l'éclosion du printemps arabe510(*). Il convient de relever que concernant son indépendance, en raison même de sa source de financement, Al-Jazeera ne semble jamais remettre en question la politique de l'Etat du Qatar511(*). Elle est donc au service de l'Etat et l'a été pendant le printemps arabe dans le cadrage des évènements.

Al-Jazeera est considérée comme la chaine des révolutions arabes512(*). Cette réalité se situe dans le sillage constructiviste où A. WENDT précise que « les acteurs agissent sur la base des significations que les objets ont pour eux et (...) que (...) les significations sont des constructions sociales »513(*).

Plusieurs auteurs affirment l'importance d'Al-Jazeera dans le processus de construction du printemps arabe et de la considération qu'ont eu les grandes puissances pour ce mouvement inédit dans le monde arabe.

Bahgat ELNADI s'exprimant à propos de l'impact d'Al-Jazeera déclare : « nous sommes restés à Paris. Nous avons pu suivre les événements, bien sûr, à travers certains contacts personnels, mais de manière continue, en temps réel, à travers Internet et la télé. Ici, coup de chapeau à Al-Jazeera, car cette chaîne d'information est allée bien au delà du journalisme. Elle a pris fait et cause pour les révolutions arabes »514(*). Adel RIFAAT poursuit : « durant les tout premiers jours de la révolution, le gouvernement égyptien avait réussi à plonger les réseaux de médias personnalisés (Internet, Facebook...) dans un état quasi-cataleptique. Al-Jazeera a pris, en quelque sorte, le relais. La communication place Tahrir s'est faite, à haute voix, à travers elle. Les révolutionnaires n'étaient plus coupés les uns des autres et ils restaient en contact avec l'ensemble de la population »515(*). Certains auteurs vont jusqu'à parler du printemps arabe comme étant une « révolution al-Jazeera »516(*), comme pour signifier la prééminence de ce média dans la perception du printemps arabe.

Al-Jazeera, en présentant les images a permis aux autres pays arabes d'apporter leur soutien aux initiatives occidentales. Ce soutien en fonction des dires des autorités occidentales s'est présenté comme étant indispensable pour les actions. Selon Bernard LUGAN, « le processus de déstabilisation de la Libye a été très largement pensé et supporté par le Qatar qui, dans un premier temps, a utilisé Al-Jazeera pour diaboliser le régime KADHAFI. Le bras armé de cet insatiable et arrogant petit émirat fut Nicolas SARKOZY qui, subverti par BHL, imposa l'intervention internationale en reprenant à son compte les mensonges d'Al-Jazeera au sujet d'une menace inventée sur les populations de Benghazi »517(*). Il ya également eu des contributions financières et militaires.

b- Les contributions financières et militaires des pays du Monde arabe.

Nous notons que l'action collective dans sa logique de rationalité des décisions à prendre impose un minimum de considérations518(*). Comme Alain JUPPE l'a rappelé à plusieurs reprises, « l'intervention de la France ne peut se faire sans un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, avec le soutien et la participation active des pays arabes. S'agissant de cette deuxième condition, plusieurs pays arabes ont assuré qu'ils participeraient à des interventions dans le cadre du mandat des Nations unies »519(*). Ceci témoigne de l'importance de l'association avec les pays arabes. Les puissances appartenant à l'Europe, à savoir France et Grande-Bretagne ont cherché et trouvé des alliances auprès de régimes dont les références dictatoriales valent largement celles de Muammar KADHAFI : l'Arabie saoudite, le Qatar et les Emirats arabes unis520(*).

De même, la déclaration suivante atteste de la réalité d'une interaction positive521(*) dans un élan de coopération entre les grandes puissances et les pays arabes. Sir LYALL GRANT affirme : « avec nos partenaires du monde arabe et de l'OTAN, nous sommes disposés à assumer nos responsabilités pour faire appliquer la résolution 1973 (2011). L'objectif principal de la résolution est clair : mettre fin à la violence, protéger les civils et permettre au peuple libyen de définir son propre avenir, libéré de la tyrannie du régime de KADHAFI»522(*). Le diplomate britannique reconnaît l'existence d'un partenariat, d'une coalition entre les pays arabes et les grandes puissances pour l'atteinte des objectifs du printemps arabe

Ainsi, le Qatar et l'Arabie Saoudite ont été parties prenantes pour attiser les révolutions arabes, aux côtés des grandes puissances, par un soutien logistique et financier grâce aux pétrodollars, aux  « gazodollars » et même aux troupes qataries au sol. Le Qatar a contribué financièrement et militairement à renverser le colonel KADHAFI523(*).

« Il n'aurait pas été possible aux révolutionnaires libyens soutenus par l'OTAN de renverser le despote, le colonel Mouammar KADHAFI, sans le cheikh HAMAD qui a garanti la prise en charge du coût de la campagne atlantique sur la Libye par les revenus du gaz qatari »524(*), affirme Bernard DICK. Des sources occidentales révèlent que les forces atlantiques qui ont participé à cette campagne n'ont dépensé aucun centime pour couvrir les frais de plus de quarante mille raids aériens dont le but était la destruction de l'armée libyenne et de plus celle de centaines d'édifices de services et de production libyens525(*)

De même, les décisions de financement prises par les grandes puissances regroupaient également les contributions des pays du monde arabe. On notera qu'au sommet d'Abu Dhabi du 9 juin 2011, pour soutenir les rebelles libyens, le Qatar s'engage à verser une somme de 69 millions d'euros526(*).

Sur le plan militaire, Pierre BATIDE, parlant du Qatar, écrit : « le petit émirat va jusqu'à l'engagement armé, aux côtés des Occidentaux, en Libye contre Mouammar Kadhafi »527(*). En effet, Le Qatar et l'Arabie Saoudite font partie du groupe de contact qui opère les bombardements sur la Libye. Outre les troupes qataries au sol, leur participation militaire est matérialisée par l'emploi de 12 avions de combat (6 Mirage 2000, 6 F-16F) utilisés par l'Arabie Saoudite et de 6 chasseurs Mirage 2000-5 et 2 avions de transport C-17, utilisés par le Qatar528(*).

Ces actions des pays arabes de concert avec les grandes puissances se situent simplement dans la mise en oeuvre des décisions du CSNU qu'ils avaient, déjà, dans le cadre des Organisations régionales sollicitées et entérinées.

2- Les interactions avec les organisations du monde arabe.

Si Français et Britanniques sont les premiers à défendre au Conseil de sécurité le principe d'une zone d'exclusion aérienne, ils sont rejoints le 12 mars 2011 par la Ligue arabe, qui dans une position sans précédent dans son histoire appelle également à protéger les civils par des zones de sécurité529(*). Il y a eu interaction entre les grandes puissances et les organisations du monde arabe. Notamment la Ligue arabe et l'Organisation de la Conférence Islamique.

Déjà désolidarisé de M. KADHAFI, Chantre du nationalisme arabe530(*) qui avait cependant irrité un certain nombre de ses voisins arabes, les Etats de la Ligue Arabe « sombrèrent dans le règlement de comptes personnels »531(*). La Ligue avait appelé le 12 mars 2011 - soit une semaine avant l'adoption de la résolution 1973 - le Conseil de Sécurité à « autoriser une zone d'exclusion aérienne » et, estimait comme les occidentaux que le colonel avait « perdu sa légitimité » et ne voulait coopérer qu'avec le CNT532(*). La Ligue Arabe adressant cette demande entrait en interaction avec les grandes puissances par un procédé discursif. Cet appel ne sera pas du bluff. Elle avait déjà suspendu la Libye de KADHAFI de ses travaux en février 2011533(*). Elle a ainsi co-agi avec les grandes puissances pour mettre la pression sur le régime du guide libyen. Au moment de manifester sa solidarité avec la voie choisie par l'Occident, à savoir l'adoption d'une résolution instaurant une no-fly zone, la Ligue ne se fera pas prier.

Le Liban, seul pays de la Ligue siégeant au Conseil de sécurité lors du vote de la résolution 1973, a voté pour celle-ci534(*). Le représentant libanais au Conseil de Sécurité s'est « réjoui que les membres du Conseil ne soient pas restés les bras croisés »535(*). Il précisait que « le Liban, qui a vécu les atrocités de la guerre, ne peut appuyer le recours à la force dans aucun pays et surtout pas en Libye, « ce pays frère », [...]. La présente résolution aura un rôle dissuasif et permettra d'éviter tout recours à la force. Il [...] faut respecter la souveraineté territoriale de la Libye et [...] parvenir à une solution pacifique ». Affirmait-il pour attester de l'adhésion de son pays.

Pour le président B. OBAMA, le soutien de la Ligue arabe et la légitimation par le Conseil de sécurité ont été les deux préalables indispensables à la participation américaine à une opération en Libye536(*).

Il faut relever que l'intransigeance de KADHAFI, qui n'était certainement pas un saint, lui a coûté cher : il a été attaqué par l'OTAN avec le soutien et la participation d'une Ligue Arabe enthousiaste537(*). Relevons aussi que l'Emir du Qatar s'est investi personnellement afin d'influencer la décision des Etats-Unis.

3- Les interactions avec l'Emir du Qatar pour un appui à la décision des Etats-Unis.

L'on se souvient de l'attitude des Etats-Unis, au moment du vote de la résolution 1973538(*). C'est avec l'aide de l'Emir du Qatar qu' avait été organisée le rendez-vous au cours duquel Hillary CLINTON, recevant un émissaire libyen, l'ex-ambassadeur de KADHAFI en Inde passé dans l'opposition, Mahmoud DJIBRIL, avait été convaincu de la nécessité de faire appuyer par son pays, les Etats-Unis, une résolution forte contre la Libye, ceci malgré la réticence du Président B. OBAMA.

Cette rencontre, organisée conjointement par Bernard Henry-LEVY et l'émir du Qatar, se révéla décisive539(*). Après leur entretien, la secrétaire d'Etat discute par vidéoconférence avec des conseillers d'OBAMA, dont l'ambassadrice Susan RICE. Elle leur dit que la rébellion est dans une situation plus désespérée qu'elle ne l'imaginait, que si rien n'est fait KADHAFI l'emportera et que l'Amérique sera montrée du doigt, comme en Bosnie et au Rwanda. Elle leur fait part aussi de sa rencontre à Paris avec l'émir du Qatar : les Etats du Golfe, lui a-t-il expliqué, sont prêts à aider les Occidentaux militairement540(*). Elle précise que la Ligue arabe a d'ailleurs, deux jours auparavant, donné son feu vert politique à une intervention541(*).

Dans le même ordre d'idée, lorsqu'on étudie les conditions de décision du président N. SARKOZY, l'on note qu'il a été soumis à l'influence de Bernard-Henri Lévy et de l'émir du Qatar, qui l'ont poussé à recevoir, à reconnaître et à soutenir le CNT542(*).

Quoique la Tunisie, l'Egypte et la Libye soient des pays appartenant à l'espace arabophone, ils sont situés sur le continent africain d'où leur participation par exemple aux joutes sportives organisées sur le continent543(*). Cette réalité a emmené les puissances à interagir avec les entités du continent.

B. Les interactions avec les Etats africains.

Sur le continent africain, les puissances mettent en oeuvre des stratégies visant la recherche du soutien des Etats. Cette recherche est visible à deux moments.

D'abord pour aboutir à la chute des dirigeants en place. Il importe de relever que « le déroulement conflictuel voit souvent une montée en généralité, une montée en puissance, une surenchère et une escalade de la violence, puis des médiations extérieures (...) prélude à une sortie de crise »544(*). Dès lors, recherchant le soutien de l'Afrique, acteur à la crise, Paris invite les chefs d'Etats africains à se désolidariser de KADHAFI545(*). Cet appel fera échos auprès de certains d'entre eux comme le président Abdoulaye WADE du Sénégal, pourtant allié de KADHAFI dans le processus de construction de l'UA546(*).

Par ailleurs, le président WADE a reçu, le 18 mai 2011, une délégation du Conseil National de Transition, rapporte le quotidien dakarois Walf Fadjri547(*). A l'issue de l'entretien, le chef de l'Etat a fait savoir que son pays reconnaît désormais le CNT. D'après le journal, Le Monde, Abdoulaye WADE considère la chute du colonel KADHAFI comme irréversible. Pourtant, le président était considéré comme un ami et un allié du dictateur de Tripoli. Ce dernier prodiguera un conseil à son ami KADHAFI, joignant sa voix à celle des alliés pour lui demander de quitter le pouvoir548(*).

Ensuite pour résoudre les problèmes liés au printemps arabe. Dans cette perspective, D. MEDVEDEV fait prévaloir l'approche de coopération bilatérale pour régler le conflit libyen. Le chef d'Etat russe comptait s'appuyer sur le président sud africain pour se faire entendre. Il lui a dit : « je voudrais discuter de la situation en Libye pour trouver des solutions pacifiques à ce problème. Je voudrais que les représentants de l'OTAN entendent de ma part et peut être de la votre notre opinion sur ce qui se passe en Libye et sur les moyens d'instaurer la paix dans ce pays »549(*). Le président MEDVEDEV a ainsi certainement pu se présenter aux yeux des dirigeants africains comme celui qui partage leur point de vue.

Toujours dans le but de résoudre les problèmes liés au printemps arabe, s'agissant du problème de sécurité post-KADHAFI, la France fait recours à l'Afrique du Sud. Le président HOLLANDE en visite officielle dans ce pays a déclaré : « (...) d'autres questions nous préoccupent : ce qui se passe en Libye, cela peut paraître encore plus loin ; puisque c'est tout au Nord de l'Afrique. Cela a des conséquences et pour l'Afrique avec diffusion du terrorisme, et pour l'Europe également avec, vous voyez ce spectacle tragique de ces réfugiés qui partent sur des rafiots avec des passeurs et qui trouvent la mort près de Malte ou près des côtes de l'Italie. Nous devons régler ces conflits. Ce qui est très important, c'est qu'entre l'Afrique du Sud et la France, nous nous trouvons en accord pour y parvenir »550(*).

En guise de conclusion à cette première partie, nous avons constaté que les actions des grandes puissances ont été dirigées par des logiques individuelles mais aussi collectives afin d'intervenir au cours du printemps arabe. Mues par la concurrence, elles ont fait prévaloir leur autorité révélatrice de leur puissance. On a pu ainsi relever l'existence de deux groupes de puissances : les puissances très actives et les puissances moins actives quoique certaines de leurs actions soient similaires et d'autres spécifiques.

Ensuite en raison de la complexité de la crise arabe, du fait des contraintes auxquelles elles ont fait face, les grandes puissances se sont appuyées sur de nombreuses stratégies dont la coopération bilatérale et même multilatérale. Ces coopérations se sont faites entre elles et avec d'autres Etats dont principalement ceux du monde arabe et de l'Afrique. Il convient cependant de relever que cette intervention et même les coopérations n'étaient pas un long fleuve tranquille. Leurs actions ou inactions, soumises à diverses contraintes, pour l'atteinte de leurs objectifs, sont tout aussi motivées par de multiples enjeux.

DEUXIEME PARTIE : LES ENJEUX ET CONTRAINTES STRUCTURANT LES ACTIONS ET INTERACTIONS DES GRANDES PUISSANCES

Dans une relation organisationnelle, chaque acteur dans le jeu est libre et veut faire prévaloir ses intérêts, gagner, satisfaire ses objectifs, défendre ses ressources. L'on se retrouve au coeur d'« une situation dans laquelle chaque acteur se comporte stratégiquement dans la perspective d'atteindre son ou ses objectifs en présence d'autres acteurs qui se comportent exactement de la même manière »551(*).

C'est dans cette logique d'interdépendance que les grandes puissances interviennent au cours du printemps arabe. Dès lors, la participation de ces acteurs internationaux dans une crise locale est sous-tendue par une diversité d'enjeux (chapitre III). Cependant, en fonction de ces enjeux, ces acteurs font face à « des éléments de fait et des données qui vont être défavorables à la progression de leurs objectifs »552(*) . Il s'agit là des contraintes auxquelles ils sont soumis (chapitre IV).

CHAPITRE III 

UNE INTERVENTION SOUS-TENDUE PAR DES MULTIPLES ENJEUX

Les grandes puissances qui interviennent au cours du printemps arabe suivant les différentes logiques (unilatéralisme, bilatéralisme ou multilatéralisme), agissent dans un contexte d'interdépendance stratégique553(*) où ils se comportent en acteurs stratégiques, c'est-à-dire « des acteurs empiriques dont les comportements sont l'expression d'intentions, de réflexions, d'anticipations et de calculs et ne sont en aucun cas entièrement explicables par des éléments antérieurs »554(*). Ce qui signifie que ceux-ci recouvrent des enjeux (spécifiques ou collectifs) qui structurent les interactions entre les acteurs. L'appréhension de ces enjeux nécessite une compréhension explicative, c'est-à-dire la détermination par interprétation de la motivation, du « sens visé » par les différents partenaires555(*) .

Pour J. ROJOT, « les acteurs ont toujours des objectifs. Il n'y a pas d'acte gratuit, le comportement de chacun dans une situation interactionnelle est toujours orienté vers des buts précis. En d'autres termes, le comportement humain est stratégique. Chacun est actif dans une direction qu'il suit vers ses propres objectifs »556(*). Autant il est vrai que J. ROJOT parle dans son texte des êtres humains qu'il est également vrai que cette affirmation peut être transposée à la réalité des Etats. Dans ce sens, on peut affirmer que le comportement des Etats est stratégique. Chaque Etat est actif dans une direction qu'il suit vers ses propres objectifs.

Ainsi, dans leurs interactions, les grandes puissances sont mues par des enjeux qui structurent leurs actions. Ces enjeux peuvent être soit manifestes (section I) soit latents (section II).

SECTION I : LES ENJEUX MANIFESTES

Selon J. ROJOT, les enjeux manifestes sont « ceux que l'acteur avance pour expliquer son action »557(*). L'intervention des grandes puissances au cours du printemps arabe révèle une diversité d'enjeux. Selon que les puissances étaient pro ou anti-intervention étrangère, elles sont guidées par des enjeux différents. Nous nous attèlerons à présenter les enjeux poursuivis par les puissances très actives (Paragraphe I) puis suivra la présentation de ceux poursuivis par les moins actives (Paragraphe II).

PARAGRAPHE I : LES ENJEUX POURSUIVIS PAR LES PUISSANCES TRES ACTIVES.

Que ce soit la France, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, les buts de leurs interventions individuelles ou collectives sont doubles : la protection des civils (A), et l'instauration de la démocratie dans le Maghreb (B).

A. La protection des civils.

La protection des civils a été mise en avant pour justifier l'intervention des grandes puissances dans le printemps arabe.

La protection des civils en Libye comme enjeu poursuivi par les grandes puissances dans ce pays relève de la quintessence même de la résolution 1973 du CSNU qui en son article 4 dispose que « le Conseil de Sécurité autorise les Etats Membres qui ont adressé au Secrétaire général une notification à cet effet et agissent à titre national ou dans le cadre d'organisme ou d'arrangements régionaux et en coopération avec le Secrétaire général à prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011), pour protéger les populations et les zones civiles menacées d'attaque en Jamahiriya arabe libyenne y compris Benghazi (...) ». Il s'agit de l'ingérence humanitaire que Charles ROUSSEAU définit comme « l'action exercée par un Etat contre un gouvernement étranger dans le but de faire cesser les traitements contraires aux lois de l'humanité qu'il applique à ses propres ressortissants »558(*).

La crainte des Occidentaux étant de se voir reprocher une non-assistance à peuple en danger, non seulement à l'heure des premières représailles contre l'opposition, mais aussi dans la suite du conflit qui peut, tant que M. KADHAFI n'a pas perdu, réellement détruire le pays et le conduire à un éclatement tribal qui l'empêcherait de pouvoir se reconstruire un jour559(*). La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis se sont appropriés cet article et l'ont abondamment réitéré dans leurs discours tout au long de la crise libyenne. C'est ainsi qu'afin de renouveler cet engagement, le premier ministre britannique D. CAMERON au cours de sa visite à Benghazi en septembre 2011 a pu rappeler que « le mandat de l'OTAN se poursuivra jusqu'à ce que les civils soient protégés et le travail accompli »560(*). Aussi, les Etats-Unis seraient, même seuls, garants de la paix dans le monde et de la prévention des conflits561(*). Cette réalité énoncée par COURMONT Barthélémy, NIQUET Valérie et NIVET Bastien nous permet de nous rendre compte de ce que cet objectif est traditionnel aux Etats-Unis.

Les présidents N. SARKOZY et B. OBAMA l'ont réaffirmé à Deauville. En marge du sommet du G8 de mai 2011, ils avaient en l'occurrence déclaré que « la réalisation du mandat de l'ONU portant sur la protection des civils libyens ne pourra pas être complétée tant que KADHAFI cible ses armes contre les populations civiles sans protection »562(*).

Aussi, lors d'une tripartite France-Grande-Bretagne-Etats-Unis, les présidents N. SARKOZY et B. OBAMA et le premier ministre D. CAMERON réaffirmant leur engagement militaire en Libye n'ont pas manqué l'occasion de répéter le mobile de celui-ci en ces termes : « aux termes de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, notre devoir et notre mandat sont de protéger les civils »563(*).

Il convient de préciser que cet objectif a été évoqué par le gouvernement français pour justifier sa forte implication dans le processus ayant abouti à l'adoption de la résolution 1973. Alain JUPPE avait alors précisé « nous ne pouvons abandonner à leur sort des populations civiles victimes d'une brutale répression »564(*) . Devant l'assemblée nationale française, cette position a été ravivée : « nous ne conduisons pas une guerre contre la Libye, mais une opération de protection des populations civiles, une opération de recours légitime à la force, placée sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies. Nos objectifs sont précis et ils sont, je veux le dire solennellement ici devant vous, strictement conformes aux paragraphes 4 et 6 de la résolution 1973»565(*).

Davantage les Etats-Unis ont placé cette intervention dans un cadre de devoir. En effet, les Etats-Unis sont des habitués de ce genre d'interventions dites de « protection » des droits humains. On les a vus au Kosovo, en Irak, en Somalie. « La liberté constitue un pilier de la société américaine »566(*) . A cet égard, les Etats -Unis pensent être le gardien du monde. Pour John Fitzgerald KENNEDY567(*), « la cause de l'humanité est la cause de l'Amérique. (...) Nous sommes responsables du maintien de la liberté dans le monde »568(*). Théodore ROOSEVELT avait déjà eu à préciser que « l'Amérique peut se voir forcée, bien qu'à contrecoeur, dans des cas flagrants d'injustice ou d'impuissance, à exercer un pouvoir de police internationale »569(*). L'intervention au cours du printemps arabe s'inscrit dans la logique de ces propos puisque, au moins officiellement, ils y sont intervenus pour protéger les libertés.

Il existe une idée de messianisme chez les Américains570(*). Cette idée se vérifie allègrement dans les propos de Woodrow WILSON lorsqu'il déclare « l'Amérique est la seule nation idéale dans le monde. (...) L'Amérique a eu l'infini privilège de respecter sa destinée et de sauver le monde. (...) Nous sommes venus pour racheter le monde en lui donnant liberté et justice. (...) Je crois que Dieu a présidé à la naissance de cette nation et que nous sommes choisis pour montrer la voie aux nations du monde dans leur marche sur les sentiers de la liberté »571(*). John Fitzgerald KENNEDY déclarait en son temps «  nous appuierons n'importe quel ami et nous nous opposerons à n'importe quel adversaire pour assurer la survivance et la victoire de la liberté »572(*).

L'intervention américaine pour cause de défense des populations civiles attaquées, afin de leur donner la liberté, est donc le fruit de leur culture. Toutes les puissances impliquées dans l'intervention en Libye n'ont pas hésité à répéter le but dans une perspective de « répétez, répétez, il en restera toujours quelque chose »573(*), ceci pour se justifier.

En Tunisie comme en Egypte d'ailleurs c'est la violation des Droits de l'Homme par les gouvernements en place au cours de la crise manifestée par une répression des manifestants qui a amené les grandes puissances à faire pression sur les dirigeants afin que celle-ci cesse. Nous pouvons par exemple rappeler l'intervention des Etats-Unis auprès de l'armée égyptienne574(*) afin que celle-ci permette des manifestations sans incidents.

Tout compte fait, la protection des civils a été l'enjeu premier de l'intervention des grandes puissances, dans le Maghreb, placé sous le signe de la R2P575(*). Toutefois, ce n'est pas l'unique.

B. L'instauration de la démocratie.

L'instauration de la démocratie est l'autre enjeu qui fédère les actions des grandes puissances tant en Libye qu'en Tunisie et en Egypte. En effet la fin de la première décennie et le début de la deuxième décennie 2000 sonnent pour les pays de l'Afrique du Nord comme les années 90 pour les pays de l'Afrique subsaharienne.

Le respect des principes démocratiques apparaît depuis la fin des années 90 comme un critère incontournable de la légitimité internationale576(*). « L'obsession de la garantie contre l'avenir, du gouvernement anticipé du futur, s'installe désormais comme référence de la plupart des discours politiques. Il ne s'agit plus de transformer le monde mais de l'assurer. Il ne s'agit plus d'imaginer l'avenir mais de le contraindre »577(*).

Avec le printemps arabe, mues par leurs cultures, leurs valeurs578(*), éléments qui guident les actions des acteurs sur la scène internationale, les grandes puissances saisissent cette fenêtre d'opportunités pour contraindre le Maghreb à la démocratie. D'ailleurs, pour paraphraser A. TOURAINE, nous pouvons affirmer que  les valeurs ne sont rien d'autre que les exigences de l'action579(*).

Aussi, l'Amérique incarne des valeurs de liberté, de démocratie et de libéralisme qui ont façonné son histoire, et font encore aujourd'hui sa fierté580(*). De plus, Robert KAGAN voit en l'Amérique un acteur incontournable des relations internationales, et n'exclut pas une forme d'unilatéralisme pour garantir le succès de valeurs démocratiques581(*). Sur ce postulat, l'intervention des Etats-Unis se voulait plus qu'impérative pour ne pas aller à l'encontre de ses valeurs.

A bien des égards, Washington affiche une volonté de s'engager dans certaines régions afin d'implanter la démocratie et d'apporter des valeurs universelles582(*). Plus encore, la notion de démocratie est souvent associée à la cohésion sociale, et apparaît comme un élément important dans l'image que véhicule la puissance583(*). Les comparaisons entre Washington et les empires coloniaux sont justifiées par l'existence d'un discours prônant la défense de valeurs universelles -mission civilisatrice hier, implantation de la démocratie aujourd'hui - et des moyens militaires importants pour les faire respecter584(*).

Centre du système international dont elles ont organisé la mondialisation, les grandes puissances (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis) occupent une même position de pouvoir et sont réunies par une même grammaire politique à prétention universaliste585(*): la démocratie. Par conséquent face à ce triomphe de la démocratie libérale, Francis FUKUYAMA déclare la fin de l'histoire586(*). C'est cette prétention à l'universalité démocratique qui justifie l'action des acteurs de la communauté internationale dans le champ politique maghrébin. Cette perspective est illustrée par un processus discursif.

En effet, la démocratie est donc devenue le « Only game in the town »587(*). Ce thème a été, aussi bien que le premier, abondamment repris dans les discours des grandes puissances.

Elles se sont, dans certains cas, exprimées comme venant simplement appuyer l'ambition de démocratisation des peuples du Maghreb. Ainsi, dans son interview à l'Express du 4 mai 2011 le président français soulignait qu'il fallait : « soutenir de toutes nos forces l'émergence de la démocratie dans les pays arabes.....La rue arabe qui s'exprime pour la démocratie et la non violence est la meilleure nouvelle pour les démocraties»588(*).

Dans le même ordre d'idées, David CAMERON, a indiqué cet enjeu et cette optique de soutien lors du sommet du G8 de Deauville de mai 2011. Il a déclaré : « je veux que ce sommet débouche sur un message très simple et très clair, celui que les plus grandes puissances mondiales se sont réunies pour dire à ceux qui, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, veulent plus de démocratie, plus de liberté et plus de droits, nous sommes à vos côtés»589(*). Il poursuit en ces termes : « nous aiderons à la construction de votre démocratie, nous aiderons vos économies (...) nous vous aiderons par tous les moyens, parce que l'alternative à une démocratie établie c'est encore plus de l'extrémisme venimeux qui a fait tant de dégâts dans notre monde»590(*).

Dans d'autres cas les dirigeants des grandes puissances présentent l'ambition d'instaurer la démocratie contre tout scepticisme. C'est ainsi qu'à la conférence des ambassadeurs de France le président SARKOZY a annoncé « (...) au Sud de la Méditerranée où la religion demeure une référence centrale, tout l'enjeu des printemps arabes est de montrer par l'exemple que l'affirmation de ces valeurs591(*) ne s'oppose en rien à l'Islam. Enraciner la démocratie, c'est bien sûr organiser des élections libres, mais c'est aussi accepter l'alternance au pouvoir ; c'est respecter les droits et les choix des individus et des minorités »592(*). Ce faisant, le président démontre « la volonté de la France d'accompagner avec détermination le mouvement des peuples vers la démocratie »593(*). Cette volonté s'inscrit dans ce que Mwayila TSHIYEMBE594(*) identifie comme fondement de la politique étrangère de la France à savoir les droits de l'homme. Dans ce sillage, il écrit « la France, c'est l'autre pays du messianisme fondé sur la primauté des droits de l'homme et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes »595(*). Il ajoute que « (...) les droits de l'homme autant que les aspirations des peuples à disposer d'eux-mêmes constituent le premier fondement universaliste de la politique étrangère de la France »596(*). La France a donc saisi l'opportunité du printemps arabe pour réaffirmer son attachement à la démocratie qui offre la possibilité aux peuples de choisir librement leurs dirigeants.

Aussi, la démocratie présente entre autres principes, la liberté d'expression. C'est dans cette veine que les autorités américaines ont fait pression sur le gouvernement tunisien afin que celui-ci rouvre l'espace internet qu'il avait fermé empêchant les populations de mener à bien leur activités d'information et de regroupement des manifestants au cours des événements de janvier 2011.

En Egypte l'acharnement est le même. Hillary CLINTON l'a fait savoir lorsqu'elle déclare  « nous sommes du côté, (...) d'une Egypte démocratique qui pourvoie des droits politiques et économiques à son peuple, qui respecte les Droits de l'Homme universels pour tous les Egyptiens. Nous voulons voir une transition vers la démocratie »597(*).

Animée par le même souci au sujet de l'Egypte que les Etats-Unis à savoir l'instauration de la démocratie, la Grande-Bretagne par la voie de son premier ministre déclare qu' « il est dans l'intérêt de tous qu'il y ait des lois et des règles fortes, une démocratie bien ficelée »598(*). La complexité de la crise libyenne leur a donné de rechercher un cadre légal et légitime pour assurer l'atteinte des deux enjeux susmentionnés. Aussi, elles ne se sont pas limitées aux discours, elles ont apporté des financements.

A coté de ces enjeux poursuivis par les puissances très actives, il y en a d'autres, poursuivis par les moins actives.

PARAGRAPHE II : LES ENJEUX DES PUISSANCES MOINS ACTIVES.

A la question visant à s'informer sur ce qui a gouverné le comportement de la Chine et de la Russie, à savoir leur non intervention, deux réponses sortent du lot. Il y a d'abord une raison de principe puisque Pékin et Moscou ont traditionnellement une position de non ingérence dans les pays étrangers (A). C'est un principe intangible pour ces deux Etats. Et puis, la Russie et la Chine, qui sont loin d'être de réelles démocraties, conçoivent toutes deux quelques inquiétudes à propos du  printemps arabe en général, qui pourrait donner des idées à leur propre population (B).

A. La protection de leur culture en politique internationale.

Les actions de la Chine comme celles de la Russie sont, sur le plan international, gouvernées par le principe de non ingérence dans les affaires internes des Etats. Ces deux puissances ont tenu à garder cette culture.

1- La protection de sa culture en politique internationale par la Russie.

Au sujet de la Russie, la non ingérence se présente comme un élément de sa culture en politique internationale, un élément de son identité. Précisons que le terme d'identité est ici employé comme un ensemble de systèmes de pensée et de méthodes d'action identifiables caractéristiques d'un acteur, dans lequel celui-ci se reconnaît et estime se distinguer d'autres acteurs599(*).

Aussi, lorsqu'on sait qu'avec le projet constructiviste, les intérêts et les motivations des Etats ne sont pas donnés mais constitués par des identités, la position de la Russie, à savoir la non intervention, n'est pas surprenante car se situant dans la logique des gouvernements prédécesseurs qui ont généralement entretenu avec les occidentaux des relations de rivalité600(*).

En effet, pour les dirigeants russes, l'intervention des grandes puissances en Libye est qualifiée « d'agression ». Cette qualification se situe dans le sillage de plusieurs précédents. A titre illustratif, en 1999, Boris ELTSINE, alors président russe, déclarait au sujet de l'intervention au Kosovo que l'action militaire de l'OTAN n'était rien d'autre qu'une agression non voilée contre la Yougoslavie souveraine. Le Ministre des affaires étrangères d'alors M. Igor IVANOV parlait quant à lui d'agression directe de l'OTAN. Il avait déclaré : « pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale un acte explicite d'agression contre un Etat souverain est commis »601(*).

Aussi, il convient de relever que dans un passé un peu plus lointain, la Russie s'est toujours opposée à des interventions militaires dans des pays étrangers en raison de son respect strict du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats souverains. De même, elle continue de tenir les engagements déjà conclus par l'URSS dont celui passé avec la Chine qui témoigne de cet état d'esprit.

En effet, la Chine et l'URSS ont signé en 1945 un traité d'amitié et d'alliance, qui stipulait que (...) les deux parties s'engageaient à agir selon les principes d'estime mutuelle et de respect de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale, ainsi que de la non-immixtion dans les affaires intérieures des deux pays602(*). C'est certainement dans le sillage de ce traité que le Russie, principale héritière de l'URSS à l'issue de la dislocation du bloc soviétique a poursuivi ses actions sur la scène internationale. D'ailleurs pour illustrer le comportement de la Russie au cours du printemps arabe par le fait de la coutume internationale, l'ancien homme politique et ministre des Affaires étrangères (1957-85) de l'Union soviétique, Andreï GROMYKO, reçut le sobriquet de M. Nyet en raison de son rejet continuel des propositions d'intervention venant de l'Occident.

Pour les dirigeants MEDVEDEV et POUTINE qui s'inscrivent dans la logique de la tradition russe, toute intervention en terre étrangère, dans un pays souverain, est à proscrire. Dans cette veine, la Russie a été en marge des pressions exercées sur les régimes de Ben ALI en Tunisie et Hosni MOUBARAK en Egypte. Elle s'est, par la suite, abstenue lors du vote de la résolution 1973 du CSNU sur la Libye. Pour eux, comme pour leurs devanciers de 1999, c'est une agression. POUTINE parle de « croisade ». Il ne cautionne pas l'intervention en Libye. Selon le délégué Russe au CSNU, M. Vitaly CHURKIN, la Russie s'est abstenue lors du vote « pour des raisons de principe »603(*), tout comme la Chine qui préserve également son principe en politique étrangère.

2- La protection de sa culture en politique internationale par la Chine.

La Chine projette une image de puissance qui sert ses intérêts604(*). Elle a protégé son identité au cours des crises du Maghreb. La presse chinoise n'a pas manqué de vivement critiquer l'intervention occidentale contre laquelle la Chine est, à en croire sa réponse lors du vote de la résolution 1973 qui n'est ni un oui ni un non « ouvert »605(*).

Assurément, la Chine est un pays dont la politique étrangère est fondée sur un certain nombre de principes. Jean-Pierre CABESTAN606(*) écrit : « la politique étrangère chinoise reste axée autour des cinq principes de la coexistence pacifique mis en avant par l'Inde puis la Chine dans les années 1950 : 1) respect mutuel de l'intégrité territoriale et de la souveraineté ; 2) non-agression mutuelle ; 3) non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures ; 4) égalité et avantages mutuels ; 5) coexistence pacifique ».

Aussi, comme déjà mentionné, la Chine a eu à signer en 1945 un traité avec l'URSS allant dans le sens de la non ingérence. De même, le gouvernement populaire de la République populaire de Chine s'engageait à entamer des pourparlers et entrer en relations diplomatiques sur la base de l'égalité de droits, des avantages réciproques et du respect mutuel du territoire et de la souveraineté nationale avec les gouvernements étrangers qui auront rompu les relations avec les réactionnaires du Kouo-Min-Tang et adopté une attitude amicale à l'égard de la République populaire de Chine607(*).

En 1953, le Premier Ministre chinois Zhou En-Laï avait énoncé les « cinq principes de coexistence pacifique que les Chinois entendaient appliquer à l'égard des pays asiatiques, africains et latino-américains indépendants ou en passe de le devenir. Ces 5 principes sont : respect mutuel de la souveraineté et de l'intégrité territoriale ; non-agression mutuelle ; non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats souverains ; égalité et réciprocité des bénéfices tirés des opérations communes ; coexistence pacifique608(*).

C'est sans aucun doute sur ces principes, si chers à la Chine, qu'elle a fondé son attitude lors du vote de la résolution 1973 au Conseil de Sécurité de l'ONU. C'est à coût sûr certainement la même réalité qui est à l'origine de son invisibilité en Tunisie et en Egypte alors que les occidentaux s'affairent à mettre la pression sur les dirigeants Ben ALI et Hosni MOUBARAK car dans sa politique, « la chine offre un partenariat stratégique fondé sur le respect sourcilleux de la non ingérence »609(*).

La protection de leurs identités n'est pas le seul mobile poursuivi par les non interventionnistes.

B. La préservation de leur sécurité interne.

Dans l'anarchie internationale, aucune autorité politique supérieure aux Etats n'est à mesure de veiller à leurs droits et à leur protection610(*). Les Etats s'efforcent de maximiser leur sécurité611(*). Ainsi, préserver leur sécurité respective est aussi un élément qui a orienté le comportement non interventionniste de la Chine (1) et de la Russie (2).

1- Les manoeuvres de protection de sa sécurité interne par la Chine.

« La sécurité peut signifier pour certains l'absence de guerre, pour d'autres, la poursuite des intérêts nationaux, la protection de valeurs fondamentales, la capacité de survie, la résistance à l'agression, l'amélioration de la qualité de vie, le renforcement des états, l'éloignement des menaces, ou l'émancipation de l'être humain »612(*). Dans le cas d'espèce, nous la considérons comme l'amélioration de la qualité de vie613(*), l'éloignement des menaces614(*), toutes choses qui sont poursuivies par la Chine.

Le Dr KUHN615(*) révèle que la Chine s'inquiète qu'en cas de conflit interne et dans certaines circonstances, les résolutions du CSNU puissent être utilisées contre elle ; ce qui est normal car il faut bien penser à soi avant d'agir. Cette réflexion la pousse à s'abstenir lors du vote de la résolution 1973 du CSNU et la suite de son action a consisté en un travail en interne afin de prévenir toute contagion.

En effet, les autorités de la Chine craignent une contagion démocratique. Elles redoutent que les événements du monde arabe ne donnent des idées aux Chinois. Les dirigeants chinois se trouvent ainsi contraints d'agir avec prudence, d'adopter une position de retrait. Pendant que les affrontements se poursuivent en Tunisie entre force de l'ordre et civils ou que les frappes alliées suivent leur cours en Libye, les autorités chinoises sont davantage préoccupées par la situation politique interne de leur pays.

Par le biais d'un éditorial du quotidien de Pékin (Beijing Ribao), elles adressent une mise en garde contre les appels à la contestation s'inspirant des mouvements d'émancipation dans les pays arabes616(*). Plusieurs messages de sensibilisation sont adressés au Chinois dont les suivants: « chacun sait que la stabilité est une bénédiction et le chaos une calamité », « ce trouble conduit à un désastre massif pour les peuples de ces pays », « Il est utile de noter qu'ici ou depuis l'étranger, certains individus nourrissant des arrière-pensées essaient de déclencher ce chaos en Chine, se servant d'internet pour fomenter des rassemblements illégaux ». Suit un appel à tous les citoyens chinois pour qu'ils  « protègent consciencieusement l'harmonie et la stabilité »617(*).

Le premier ministre chinois WEN JIABAO a, au cours de la session inaugurale de l'assemblée annuelle du Congrès national du peuple, insisté sur la stabilité sociale618(*). Il va jusqu'à s'engager à lutter contre des sources possibles de mécontentement social dont l'inflation en cours dans le pays. Il déclare devant l'assemblée « nous devons considérer la stabilisation des prix comme la priorité de notre contrôle macro-économique ».619(*) Il rassure les populations en disant : « notre développement économique a pour objectif de répondre aux besoins croissants de la population sur le plan matériel et culturel et de rendre leur vie toujours meilleure »620(*). Il ajoute « nous avons suivi de près les turbulences dans certains pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, mais il n'y a pas d'analogie entre la Chine et ces pays»621(*).

Les autorités chinoises ne s'arrêtent pas là. Afin de faire cesser toute velléité de trouble inspiré du printemps arabe, la police chinoise menace parallèlement de priver de visas des dizaines de journalistes étrangers s'ils continuent de couvrir « illégalement » les appels lancés par des sites basés à l'étranger622(*). Elles mettent tout en oeuvre pour étouffer les tentatives de contestation623(*), les tentatives de manifestations sont réprimées par les forces de l'ordre.

Les autorités chinoises se tournent également vers les médias occidentaux. Critiquant leur couverture du sujet, elles dénoncent des manipulations faites par les puissances occidentales ce qui a pour objectif de discréditer les manifestants aux yeux de la population chinoise. Pour les dirigeants chinois, « la préservation de la souveraineté nationale et la lutte contre toutes les pressions extérieures » demeure la priorité, avec la poursuite du développement économique, de la politique extérieure de puissance de la République populaire de Chine624(*).

Pékin est en effet soucieux d'éviter une crise nuisible à la poursuite du développement économique, seul fondement d'une réelle montée en puissance de la RPC à plus long terme.

Aussi, la Chine dans sa position, de préservation de sa sécurité interne, accorde de l'importance à des éléments autres que le désir démocratique des peuples arabes. Elle offre une autre grille de lecture, elle met l'accent sur les risques de chaos plus que sur la transition démocratique elle-même625(*).

La classe non dirigeante chinoise n'est pas en reste en ce qui concerne l'attitude que doit adopter la Chine. Marqués par les enseignements de la Révolution culturelle et plus encore par les événements de juin 1989 (place Tiananmen), ceux qui appartiennent à la génération des 60-70 ans évoquent tous cette référence pour insister sur le fait que la Chine ne peut se permettre une nouvelle vague d'instabilité interne. Le printemps arabe  rappelle ainsi à cette génération le devoir de la Chine de se concentrer sur ses nombreux problèmes intérieurs et d'environnement proche, avant de s'atteler à jouer un rôle de puissance globale qu'elle n'est pas prête à exercer626(*).

Pékin tire des leçons de ces événements en réaffirmant avec force ses priorités de développement intérieur. Pour lutter contre la corruption qui est décriée dans la société chinoise et qui est un des moteurs des crises arabes, la Chine n'hésite pas à prononcer des peines exemplaires627(*). Et même pour barrer la voie à toute revendication de départ du pouvoir, les autorités chinoises brandissent avec fierté la limitation des mandats du chef de l'Etat628(*). Pour preuve elle a un nouveau Chef à sa tête en la personne de Xi JINPING, moins de trois ans après la mort de KADHAFI et la chute du troisième régime menacé par le printemps arabe629(*).

Pour Pékin, les crises de la région Afrique du Nord-Proche-Orient sont toutes interconnectées (Israël-Palestine, Syrie, Iran et Libye), ce qui conduit le pouvoir chinois à préconiser la « patience stratégique »630(*) face à la précipitation et à l'interventionnisme imputés à l'Occident. A côté d'elle, la Russie est animée par le même esprit.

2- Les craintes de la Russie, ferments de sa non intervention.

En plus d'être guidée par son identité631(*) internationale face aux occidentaux, la Russie est aussi dirigée par des craintes dont la peur des agitations internes.

Les autorités Russes craignent que les révolutions arabes puissent inspirer à leurs citoyens les idées d'organiser des manifestations de revendications d'autonomie politique contre leur régime. Elles professent que depuis 2003, les Etats-Unis essayent de fomenter des campagnes de démocratisation en Russie632(*).

Le président russe se veut rassurant à cet effet. Dimitri MEDVEDEV déclare dans un discours : « cette conspiration ne réussira pas »633(*). Pour parer à cette éventualité, les Russes ne se limitent pas à ne pas intervenir. Les autorités travaillent à la prévention d'une « révolution facebook », lorsqu'on sait à quel point cet outil a été déterminant dans la réussite des campagnes pour le rassemblement des dissidents en Tunisie et même en Egypte. Elles demandent aux propriétaires de réseaux sociaux d'être responsables des éléments postés sur leurs sites634(*). Malgré l' « air fanfaron »635(*) souvent publiquement affiché par les autorités russes, cette attitude traduit l'état d'un gouvernement qui craint son peuple636(*), d'où leur non implication dans l'intervention contre la Libye afin de ne pas donner des idées à leur population.

Ainsi, la protection des civils, l'instauration de la démocratie en Tunisie, en Egypte ou encore en Libye, pour les puissances interventionnistes et la défense de leurs identités637(*) internationales tout comme la promotion de la sécurité interne pour les puissances non interventionnistes, sont les enjeux manifestes de leurs comportements. Toutefois, les gouvernants, fussent-ils démocratiques, ne sont guère enclins à expliquer clairement à l'opinion les raisons réelles de leurs engagements638(*). Aussi, « la parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée »639(*). C'est ce qui explique l'existence d'enjeux latents.

SECTION II : LES ENJEUX LATENTS

Selon Marcel MERLE, la recherche des intérêts constitue l'un des principaux ressorts de l'activité des hommes pris individuellement, des classes sociales, des groupements professionnels ainsi que des Etats ou groupes d'Etats640(*) . Pour Maurice DUVERGER, « l'idéalisme occidental n'est souvent qu'un moyen de dissimuler la défense des intérêts matériels très précis »641(*). Hans MORGENTHAU, quant à lui, va plus loin en affirmant que seul l'intérêt national, défini en terme de puissance, constitue le levain de la politique internationale642(*). Avec J. ROJOT, « les objectifs latents des acteurs sont les objectifs réels. Même si encore une fois ils ne les ont pas toujours ni clairement formulés ou explicités, ni même obligatoirement présents consciemment à l'esprit »643(*). Ces acteurs ne font pas ce qu'ils disent et ne disent pas ce qu'ils font644(*). L'espace géographique confronté au conflit est, avec le Moyen-Orient, présenté comme une région à forts enjeux645(*). C'est dans cette optique que nous nous attèlerons à présenter d'une part les enjeux économiques (Paragraphe I) et, d'autre part les enjeux stratégiques (Paragraphe II) poursuivis par les grandes puissances.

PARAGRAPHE I : LES ENJEUX ECONOMIQUES

A. CHUA646(*) présente l'intérêt de combiner déterminations politiques et économiques pour expliquer l'émergence conflictuelle. Elle démontre combien la concomitance des dynamiques politique et économique construit des engins de conflagration particulièrement faciles à manipuler pour des entrepreneurs politiques sans scrupule. Partant de cette démonstration, et fort de la théorie réaliste647(*) nous relevons que les actions ou « inactions » des grandes puissances au cours du printemps arabe ne sont pas philanthropiques. Elles sont mues par des intérêts économiques. L'économie s'imposant depuis toujours comme l'un des principaux déterminants de la puissance648(*). Les auteurs du rapport de mai 2011 sur la Libye précisent que l'engagement - ou la réserve - des Etats européens est lié(e) à leurs intérêts économiques649(*). Dans ce sillage deux perspectives se présentent : d'une part nous avons la conquête de nouveaux marchés et d'autre part la conservation des acquis. Dans une démarche au cas par cas, nous allons démêler l'écheveau sur les enjeux économiques des différentes puissances en lice à savoir la Chine (A) et la Russie (B), la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis poursuivant des enjeux économiques plutôt perceptibles au deuxième degré d'analyse.

A. La capitalisation de ses avoirs par la Chine

Depuis le début de la révolution égyptienne, la Chine exprime le désir d'augmenter ses partenariats avec l'Egypte, afin de développer son marché au Moyen-Orient650(*). En plus d'avoir signé la construction d'une centrale électrique, d'une usine de dessalement de l'eau et d'une ligne à grande vitesse entre le Caire et Alexandrie, la Chine a réalisé 500 millions de dollars d'investissements en Egypte en moins d'un an651(*). Des investissements effectués lors de l'ère MOUBARAK, dont la réalisation avait été entreprise par des liens commerciaux avec la Chine.

Alors que la révolte de 2011 et l'agitation politique post-révolution ont effrayé les autres investisseurs, les entreprises chinoises sont restées, en injectant de l'argent dans des produits abordables comme les vêtements et l'électronique.
Avec près de 85 millions de personnes, l'Egypte se présente comme un marché lucratif pour les marchandises chinoises bon marché. En 2011, les exportations de matières premières chinoises vers l'Egypte se sont élevées à 7,28 milliards de dollars, dépassant les exportations américaines avoisinant les 6,2 milliards, d'après les données commerciales des Nations Unies652(*).

« Les investissements chinois ont pris en charge la consommation en Egypte. C'est la seule chose qui ait bien résisté à la révolution et au nouveau régime », a déclaré un économiste égyptien653(*). Le président Chinois Hu JINTAO souhaite augmenter le nombre de partenariats avec l'Egypte. La Chine n'a pas eu de mal avec sa stratégie parce qu'étant restée neutre pendant le conflit, elle pouvait tisser des relations avec n'importe quel gouvernement. Cela lui a réussi en ceci, que Mohammed MORSI654(*) a effectué son premier voyage à l'étranger après son élection en Chine655(*).

« La visite du Président Mohamed MORSI en Chine a eu des résultats positifs en matière d'économie, de tourisme et d'investissement »656(*) a affirmé le Premier Ministre égyptien lors d'une réunion ministérielle. La visite a eu des résultats prometteurs en matière d'investissement. Pour le ministre égyptien de la planification et de la coopération internationale, Ashraf El ARABI, la visite de M. MORSI en Chine a réussi. Il précise que la Chine avait accordé à l'Egypte des bourses de 100 millions de dollars et des prêts avantageux de 300 millions de dollars657(*). Des accords ont été conclus entre la Chine et l'Egypte pour augmenter à 200 mille en 2013 le nombre de touristes chinois qui visitent l'Egypte658(*).

La Chine a, aussi par sa non intervention en Libye, voulu sécuriser l'exploitation du pétrole. En effet, la nouvelle politique africaine de la Chine s'inscrit dans une démarche cohérente qui lie les besoins de développement interne du pays à sa capacité de sécuriser de manière durable les moyens nécessaires à sa croissance. Parmi ces derniers, le pétrole occupe une place prépondérante659(*).

La diaspora se présente également comme un critère de puissance660(*). « La diaspora revêt une importance toute particulière, notamment en ce qu'elle permet à un Etat d'entretenir des liens étroits avec l'extérieur, et d'exporter ses productions »661(*). On comprend aisément pourquoi la Chine ne pouvait pas intervenir en Libye car avec ses plus de 36 000 ressortissants662(*) dans ce pays, elle avait au moment de la crise, une forte diaspora servant ses intérêts économiques. D'ailleurs, LAFARGUE François663(*) démontre que les intérêts chinois sur place n'ont pas été durablement affectés par la guerre civile, Pékin ne cherchant pas à influencer l'avenir politique de la Libye, mais se contentant d'y renforcer son emprise économique. Aussi dans un élan non de capitalisation mais au moins de sauvegarde de ses intérêts économiques, on a la Russie.

B. Sauvegarde de ses partenariats par la Russie.

La Russie entend, au cours du printemps arabe, sauvegarder ses partenariats. Ils sont de deux ordres, partenariat pour un développement économique (1) et partenariat économique (2).

1- La préservation de son partenariat de développement économique avec les Etats-Unis et l'Europe occidentale.

Il convient de rappeler avec A. WENDT que « personne ne peut nier que les Etats agissent sur la base des intérêts tels qu'ils les perçoivent, ni même que ces intérêts sont souvent égoïstes »664(*). Au premier abord, la préservation du partenariat de la Russie avec les Etats-Unis est ce qui caractérise l'ambivalence notée dans l'attitude des Russes. Cette ambivalence est observable dans la fermeté du premier ministre V. POUTINE et dans la souplesse du président D. MEDVEDEV.

En effet, MEDVEDEV pense au développement de la Russie665(*). Sa position s'explique clairement par cette idée. En s'abstenant lors du vote de la résolution 1973 sur l'intervention militaire en Libye au lieu de la bloquer par son véto, Moscou évite de compromettre ses liens avec les Etats-Unis et l'Europe occidentale. Mark N. KATZ écrit à propos que, « cette manoeuvre diplomatique montre à la fois le malaise que génère à Moscou une intervention militaire étrangère et le souci du Kremlin de conserver de bonnes relations avec les Etats-Unis et l'Europe »666(*). Deux facteurs cruciaux sont à l'origine de cette prise de position courageuse : le besoin urgent de la Russie d'accélérer sa modernisation économique avec l'aide de l'Occident et le succès relatif de la « remise à zéro » de ses relations avec les Etats-Unis667(*). Il faut rappeler que « la Russie n'est plus une grande puissance et ne le redeviendra pas dans un avenir prévisible »668(*). Aussi, « les dirigeants tiennent un discours de la renaissance de la puissance »669(*). Et pour y parvenir le critère de puissance prioritairement choisi est le critère économique.

La Russie cherche donc à tisser des relations plus étroites avec les pays en mesure de l'aider dans son projet de modernisation économique. Les Etats-Unis se trouvent en tête de liste en raison de leurs prouesses technologiques et de la qualité de leurs universités. Une commission a d'ailleurs vu le jour, la commission OBAMA-MEDVEDEV (plus connue sous le nom officiel de Commission bilatérale présidentielle russo-américaine) constituée en juillet 2009 lors du sommet de Moscou. Bien que le choix de l'abstention sur la résolution 1973 soit extrêmement controversé au sein de l'élite politique russe, le président MEDVEDEV, par cette décision, indique clairement la nouvelle orientation qu'il entend donner à son pays670(*), à savoir la marche vers la modernisation économique.

Dans un jeu de balancier au sujet de l'intervention en Libye entre condamnation par le Premier Ministre s'inscrivant dans la tradition russe et indifférence du Président s'inscrivant dans la logique de la nouvelle dynamique qu'il entend impulser, il apparait clair que pour couper la poire en deux, la Russie se devait d'afficher une position de neutralité ainsi, advienne que pourra, afin de sauvegarder ses intérêts dont celui de l'essor économique. La Russie a en effet cherché avant tout à protéger ses intérêts dans la région671(*). Elle n'a pas manqué de sauvegarder les partenariats économiques déjà existant, dans un élan de conservation des acquis.

2- La conservation de ses acquis économiques.

La conservation des acquis est l'autre pan des enjeux économiques des actions des grandes puissances.

Dans cet ordre d'idées, la Russie tient son compte. Elle ne pouvait pas intervenir dans le printemps arabe parce que ses intérêts étaient menacés, surtout en Libye. L'enjeu de sa non intervention n'était autre que la conservation de son marché, la protection de ses partenariats, la garantie de la bonne santé de son économie.

Assurément, la guerre fait perdre à la Russie 4,5 Milliards $ de transactions d'armes avec la Libye672(*). Cet argent nourrit l'industrie de la défense et sert les intérêts égoïstes des leaders russes qui l'utilisent quelques fois pour leur caisse noire. Aussi, la Russie a reçu de KADHAFI une base navale à Benghazi673(*).

De même, la Libye est importante dans la stratégie énergétique de la Russie. Ceci se présente comme un enjeu économique au second degré d'analyse en ceci qu'il n'induit pas des dividendes immédiates mais après transformation de cette matière première qu'est le pétrole. Juste avant la révolution, elle a signé un accord avec la compagnie italienne ENI afin d'obtenir la moitié des 66% d'intérêts de ENI sur le géant pétrolier libyen Elephant Oilfield674(*). Cet accord comporte pour la Russie un objectif majeur qui est la consolidation de sa position dans le réseau de gaz de l'Afrique du Nord.675(*)

Son accord avec ENI pour le développement de la Sibérie serait ruiné par le succès de la révolution, c'est pourquoi la Russie critique les agissements de l'OTAN. En plus, le bénéfice d'une grosse emprise sur le ravitaillement de l'Europe en gaz passe par le gain d'une grosse emprise sur le gaz nord-africain notamment libyen et algérien676(*).

La Russie a aussi besoin de cet apport du gaz libyen pour les besoins de consommation interne afin de soutenir GASPROM, la multinationale russe677(*). Finalement la Russie n'avait aucun intérêt à ce que le régime libyen soit remplacé. GASPROM nécessite plus de capitaux étrangers678(*). Ces capitaux étaient fournis grâce à des accords passés avec le colonel KADHAFI.

Egalement, la crise libyenne fait peser la menace de la chute du coût du pétrole, ce qui serait d'un impact très désastreux sur le budget de la Russie. Le ministre des finances l'a souligné, « le budget connaitra un déficit si le coût du pétrole va en dessous de 120$ le baril »679(*).

Pareillement, sous un autre angle, la Russie a craint d'intervenir en raison de la menace que fait peser le printemps arabe sur les pays de l'Asie centrale, lesquels sont des partenaires de choix pour le fonctionnement de l'économie russe. Le président MEDVEDEV le relève lorsqu'il affirme : « ces révolutions concernent la Russie et ses partenaires d'Asie centrale »680(*). Il redoute la domination des talibans en Afghanistan, ce qui pourrait être un opium pour l'expansion de la crise dans cette partie du globe, situation qui viendrait plomber l'économie russe.

Pour la prévenir, Grégory KARASIN, le vice-ministre des affaires étrangères a invité les gouvernements de ces Etats à opérer des réformes envisageant la paix interreligieuse, la responsabilité des gouvernants d'assurer le bien être des populations681(*).

Cet acharnement économique à défendre des parts déjà acquises ou à conquérir de nouvelles parts de marchés est très visible chez les puissances moins actives. Pour les puissances très actives, les enjeux économiques sont davantage perceptibles au deuxième degré de lecture. Ils sont marqués par la quête du pétrole qui est davantage un enjeu stratégique à l'instar de plusieurs autres poursuivis au cours du printemps arabe.

PARAGRAPHE II : LES ENJEUX STRATEGIQUES.

Alexander WENDT affirme que « les intérêts des Etats dépendent non pas de la configuration objective des rapports de force matériels, mais des identités des Etats, c'est-à-dire des représentations que les Etats se font d'eux-mêmes et d'autrui du système international, et de leur propre place ainsi que celle des autres au sein de ce système international. Les identités se réfèrent à ce que les acteurs sont [...] Les intérêts se réfèrent à ce que les acteurs veulent [...]. Les intérêts présupposent les identités parce qu'un acteur ne peut savoir ce qu'il veut avant de savoir ce qu'il est »682(*).

Sur la scène internationale, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine et les Etats-Unis sont des grandes puissances. Entre elles, elles se respectent et sont dans un autre sens des adversaires les unes pour les autres. Elles n'hésitent pas à accroitre leurs puissances, afin d'avoir plus d'influence que les autres, quand des opportunités se présentent. Ainsi, le printemps arabe est une opportunité pour elles de se battre pour un positionnement ou encore pour déstabiliser des unités qui se présentent comme menaçant leurs puissances et se prémunir contre l'immigration. Ces enjeux sont perceptibles autour des enjeux des puissances très actives et ceux des puissances moins actives. Ceux-ci se rassemblent allègrement autour des enjeux collectifs (A) et des enjeux spécifiques (B)

A. Les enjeux collectifs.

Les enjeux collectifs sont davantage poursuivis par les puissances très actives que par les moins actives. Ils découlent du choc des puissances. En effet, l'Afrique constitue de plus en plus un champ de rivalité de la France avec d'autres puissances683(*). Les terrains des confrontations sont nombreux et l'un des plus significatifs est la Libye. Au cours du printemps arabe la France et les alliés s'activent pour l'anéantissement des efforts de construction de l'UA (1), le ralentissement de l'expansion de la Chine (2) et aussi pour conquérir le pétrole (3).

1- L'anéantissement des efforts de construction de l'UA.

L'un des enjeux majeurs visés par les puissances occidentales est celui de ruiner les efforts de consolidation de l'UA. Bertrand BADIE soutient que « sur le plan global, les puissances les plus grandes se méfient des constructions régionales qui les contraignent beaucoup plus qu'elles ne les confortent. Les Etats-Unis, poursuit-il, n'ont jamais été très favorables à cette invention [...] pour les autres »684(*). Ainsi, l'émancipation de l'UA est une menace pour certaines puissances, dès lors tout doit être mis en oeuvre pour son étouffement. L'anéantissement des efforts de construction de l'UA est mis en oeuvre par la décision d'éliminer KADHAFI qui est un précurseur de l'UA et se présente comme un « danger » pour les occidentaux685(*).

En effet, la Libye est considérée, avec les efforts de son leader KADHAFI, comme une tête de proue dans la construction de l'UA686(*). Ce dernier a beaucoup oeuvré pour la construction de cette entité politique687(*). Il entendait par exemple mettre sur pied une armée africaine, c'est ce qu'atteste ce propos : « à bas l'impérialisme! Il faut que l'Afrique ait une seule armée (...) qui se composerait d'un million de soldats (...). La Libye n'est même pas capable de protéger ses eaux territoriales toute seule »688(*).

Etant entendu que l'Afrique est un réservoir de ressources naturelles pillées par les puissances occidentales, pour elles, la laisser s'unir était s'autodétruire. Dès lors la mise à mort de KADHAFI s'imposait comme moyen pour stopper les financements nécessaires à la construction de l'Union, d'où les pleurs de certains leaders africains à la mort de ce dernier689(*). Robert MUGABE, le président zimbabwéen voit par exemple en la mort de M. KADHAFI, « le début d'une nouvelle recolonisation de l'Afrique »690(*). Au Ghana, l'ancien Président John AGYEKUM KUFOUR déclara que « la mort de KADHAFI est une journée historique et triste pour l'Afrique »691(*).

En vérité, en Afrique, les grandes puissances pillent les ressources, imposent des bas salaires, des accords commerciaux défavorables et des privatisations nuisibles. Elles exercent toutes sortes de pressions et chantages sur des Etats faibles, elles les étranglent par une dette injuste. Elles installent des dictateurs complaisants, elles provoquent des guerres civiles dans les régions convoitées692(*).

L'existence de Mouammar KADHAFI dont l'ambition était de mettre fin à la mendicité de l'Afrique ne pouvait être vue que d'un mauvais oeil. Ainsi, les puissances très actives ont rejeté ses propositions de cessez le feu pourtant conformes aux exigences de la résolution 1973 du CSNU693(*).

KADHAFI envisageait la création du « dinar or » (monnaie unique que devait utilisée l'Afrique), la mise en place du satellite RASCOM, la création du FMA (Fond Monétaire Africain) concurrençant le FMI et dans lequel les pays non-africains n'auraient pas eu d'entrée, la création d'une Banque Centrale Africaine, et d'une  Banque d'Investissement694(*). Toutes ces initiatives visaient à offrir à l'Afrique une autonomie au travers de l'UA. « Nous avions compris qu'à travers l'acharnement médiatique contre le régime de KADHAFI, c'était l'Afrique qu'ils voulaient empêcher de s'autonomiser. Mouammar KADHAFI voulait créer les Etats-Unis d'Afrique avec une monnaie, des banques, des infrastructures et communications africaines. Le projet était prêt mais dérangeait tous ceux qui voulaient continuer à piller les richesses du continent »695(*). Cette affirmation de SKANDRANI G. H. est assez illustrative de cette réalité.

Il faut reconnaitre que l'Afrique est stratégique pour les multinationales occidentales, car leur prospérité est basée sur le pillage de ses ressources696(*). Si un prix correct était payé pour l'or, le cuivre, le platine, le coltan, le phosphate, les diamants et les produits agricoles, les multinationales seraient beaucoup moins riches mais les populations locales pourraient échapper à la pauvreté697(*).

Pour les multinationales des Etats-Unis et d'Europe, il est donc vital d'empêcher l'Afrique de s'unir et de s'émanciper. Elle doit rester dépendante. Un exemple, bien exposé par Jean-Paul POUGALA698(*).

L'histoire démarre en 1992 lorsque quarante-cinq pays africains créent la société RASCOM pour disposer d'un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner vers l'Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu'il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l'Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l'intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat699(*).

Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l'équation la plus difficile à résoudre était : comment l'esclave peut-il s'affranchir de l'exploitation servile de son maître en sollicitant l'aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l'Union Européenne ont fait miroiter inutilement à ces pays pendant quatorze ans la possibilité d'une issue favorable à leur requête. C'est en 2006 que KADHAFI met fin au supplice de l'inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire.

Dans cet élan, KADHAFI a donné un fort soutien financier et matériel à l'Union Africaine, s'opposant à l'installation de l'« Africom » militaire étasunien sur le sol africain et finançant une vaste gamme de projets de développement dans les pays subsahariens700(*). Le guide libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, la Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c'est ainsi que l'Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire701(*).

Dans la foulée, la Chine et la Russie s'y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, sud-africain, nigérian, angolais, algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût dix fois inférieur702(*). Un vrai défi lancé aux occidentaux qui devant ainsi perdre beaucoup de dividendes ne voulaient pas laisser grandir l'U.A.

Ce geste symbolique de 300 millions devait changer la vie de tout un continent. La Libye de KADHAFI a fait perdre à l'Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d'intérêts que cette même dette permettait de générer à l'infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l'Afrique. C'est la Libye de KADHAFI qui offre à toute l'Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l'enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.703(*)

Le préalable absolu pour la « résolution » de la crise libyenne était donc l'élimination politique de KADHAFI704(*), qu'il disparaisse sous les bombes, choisisse l'exil comme Ben ALI ou rejoigne une discrète retraite comme MOUBARAK. C'est d'ailleurs le seul principe d'action qui réunisse sur une même ligne les Européens, les insurgés libyens, les Américains et la Ligue arabe. «Tout pourrait revenir dans l'ordre, si seulement le Guide jetait l'éponge!», déclarait Hillary CLINTON705(*). Par cette déclaration, l'on remarque a priori que l'ennemi est choisi, Monsieur Mouammar KADHAFI. Il doit partir, et aucun cas n'est fait d'une attitude que le CNT devrait adopter au préalable.

KADHAFI était si entreprenant en Afrique qu'il avait réussi à faire boycotter un sommet de la Francophonie au profit d'un sommet constitutif de l'U.A qu'il avait convoqué706(*). Le boycott de ce sommet par plusieurs chefs d'Etat africains pourtant des adeptes des sommets France-Afrique témoigne de l'intérêt que ceux-ci portaient à l'U.A. Cet acte était certainement resté au travers de la gorge des Français707(*) qui devaient saisir l'opportunité du printemps arabe pour régler à KADHAFI son compte et détruire le projet d'U.A, surtout que cet acte était perçu comme élément déstabilisateur de l'hégémonie française en Afrique. MAGNARD Franck et TENZER Nicolas nous rapportent que « la stabilité du continent est vitale pour la France à laquelle ses alliés africains assurent une vocation mondiale et un soutien précieux lors des votes politiques à l'ONU »708(*). Aussi, la stabilité de l'Afrique est vitale pour la France. Une déstabilisation de celle-ci en raison de l'expansionnisme libyen aurait des conséquences sur la politique de la France au Moyen-Orient et en Afrique du Nord709(*). Il fallait donc stopper cet expansionnisme libyen mis en oeuvre par le guide Mouammar KADHAFI.

Dans la même logique que celle précédente à savoir freiner la construction d'une entité politique d'envergure mondiale, les Etats-Unis et les alliés entendent se servir du printemps arabe pour le ralentissement de l'expansion de la Chine en Afrique.

2- Le ralentissement de l'expansion de la Chine en Afrique.

« La décision prise de Washington pour l'OTAN de bombarder la Libye de KADHAFI et de la soumettre à ses diktats ces derniers mois, ceci à un coût estimé d'au moins un milliard de dollars qui seront épongés par le contribuable américain, n'a pas grand chose à voir avec ce que le gouvernement d'OBAMA proclame être une « mission de protection de civils innocents ». En réalité, ceci fait partie d'un plus vaste plan stratégique de l'OTAN et du Pentagone en particulier de contrôler le talon d'Achille de la Chine, à savoir sa dépendance stratégique en de grands volumes d'importation de pétrole brut et de gaz. Aujourd'hui, la Chine est le second importateur de pétrole au monde derrière les Etats-Unis et le fossé se comble rapidement »710(*).

En effet, the Council on Foreign Affairs a publié en date du 5 avril 2011 un rapport sur les enjeux du printemps arabe et ses implications pour les Etats-Unis en termes de choix stratégiques, la sécurité de ses bases militaires largement répandues dans le Moyen-Orient. Avec au premier rang l'Iran pour cible afin de contrôler son influence dans la région. Ensuite et surtout, la Chine en arrière plan dont l'infiltration grandissante sur le continent africain nuit à l'hégémonie de l'économie américano-européenne, tant en terme de pillage des ressources que comme débouché pour ses produits manufacturés dans un contexte de crise où les Etats-Unis ont besoin de revivifier leur économie et augmenter leurs exportations compte tenu de la dette extérieure dont la Chine détient 14 mille milliards de dollars711(*).

A cet égard, la Chine représente pour les Etats-Unis une vraie menace. Sa présence diplomatique et économique se développe sur tous les continents, y compris en Afrique, où ses dirigeants multiplient les visites, les offres de financement à l'appui de projets d'investissements. La Chine veut s'affirmer comme « une puissance responsable »712(*). Aussi, par ses valeurs, la Chine entend être un contrepoint aux idéaux du « Consensus de Washington ». Elle réfute l'idée que l'histoire serait gouvernée par une convergence vers des valeurs universelles, croyance que professait initialement HEGEL et que reprit plus récemment FUKUYAMA à la suite de l'effondrement du mur de Berlin713(*).

Au sein de la société internationale, les Etats s'efforcent de maximiser (...) leur puissance714(*). Pour y arriver, tous les coups sont permis. Partant de là, la Chine est prise en chasse par les Etats-Unis en Libye. Si nous regardons attentivement une carte de l'Afrique et si nous observons l'organisation africaine du nouveau commandement africain du Pentagone AFRICOM, il émerge que la stratégie est de contrôler une des ressources stratégiques les plus importantes de la Chine en ce qui concerne le pétrole et les matières premières715(*).

La campagne de Libye de l'OTAN est au sujet du pétrole et rien que du pétrole; mais pas à propos de contrôler le brut de haute qualité libyen (demandant peu de raffinage). C'est plutôt au sujet du contrôle de l'accès de la Chine à des importations de brut de longue durée depuis l'Afrique et le Moyen-Orient716(*). En d'autres termes, tout ceci est au sujet de contrôler la Chine elle-même. D'ailleurs, Pékin perçoit l'intervention de l'OTAN comme un acte hostile à son encontre717(*).

Pas à pas depuis ces dernières années, Washington a commencé à créer la perception que la Chine était en train de devenir la plus grande menace pour la paix mondiale718(*), le tout à cause de son énorme expansion économique. Dépeindre la Chine comme le « nouvel ennemi » a été compliqué car Washington est dépendant de la Chine pour qu'elle achète la part du lion de sa dette gouvernementale sous forme d'obligations et bons du trésor719(*). Pour contourner cela et par dessus tout, contrôler la dépendance énergétique de la Chine, ses imports de pétrole ont été identifiés comme étant son « talon d'Achille ». L'affaire libyenne est un coup monté directement pour frapper ce talon d'Achille720(*). Washington veut renverser KADHAFI parce qu'il souhaite clairement bouter la Chine hors de Libye721(*).

La résolution 1973 n'autorisait pas le renversement de M. KADHAFI. La France et les autres puissances très actives sont allées au-delà des prescriptions de la résolution en faisant assassiner le guide libyen. Par cette opération, la France veut reprendre la main dans une région riche en pétrole où d'autres puissances étaient prédominantes, en particulier la Chine avec une très forte diaspora.

3- La quête du pétrole.

Un autre enjeu poursuivi par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis est celui de la quête du pétrole. C'est la pratique de la « diplomatie des matières premières »722(*). Comme l'écrit sans ambages Naim AMEUR, « les Nations Unies ont autorisé les forces de l'OTAN à intervenir sous prétexte de protéger le peuple libyen ; en réalité, les enjeux dépassent en l'occurrence le cadre humanitaire, c'est de l'or noir qu'il s'agit »723(*). Quoique cette assertion soit discutable, il reste que les puissances intervenantes en Libye n'ont pas attendu la chute du régime de KADHAFI pour signer de nouveaux accords d'exploitation pétrolière avec le Conseil National de Transition. L'exportation du pétrole avait repris avant même la fin des combats724(*). Déjà au sujet de l'invasion irakienne, une critique avait été faite aux Etats-unis : M. WALZER écrit en parlant de critique, « notre gouvernement visait à (...) maintenir une présence stratégique afin d'avoir la haute main sur la production pétrolière de la région »725(*). Les puissances reproduisent le même protocole d'actions en Libye.

La même critique est adressée quant aux actions des P3. Les analyses de plusieurs actions posées en interaction avec d'autres puissances ont permis de relever la quête du pétrole comme faisant partie des fondements des actions des grandes puissances très actives. D'ailleurs, s'il avait été explicitement avancé, les grandes puissances auraient été désavouées par le reste de la communauté internationale notamment par l'Afrique. C'est pourquoi avant leur intervention la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis  ont recouru à la légitimation de celle-ci par le CSNU.

Avec l'aggravation de la crise générale du capitalisme, les grandes puissances économiques se livrent à une compétition de plus en plus acharnée. En son temps, Thomas HOBBES estimait déjà que les relations internationales étaient guidées par l'intérêt personnel (ou national), ouvrant ainsi la voie à toutes formes d'affrontements726(*). Les places sont chères dans ce « jeu de chaises musicales »727(*). Pour garantir une chaise à ses multinationales, chaque puissance doit se battre sur tous les fronts : conquérir des marchés, conquérir des zones de main d'oeuvre profitable, obtenir de gros contrats publics et privés, s'assurer des monopoles commerciaux, contrôler des Etats qui lui accorderont des avantages... Et surtout, s'assurer la domination sur des matières premières convoitées. Et avant tout, le pétrole728(*).

En 2000, analysant les guerres à venir Michel COLLON écrivait : « qui veut diriger le monde, doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Où qu'il soit »729(*). Pour une grande puissance, il ne suffit pas d'assurer son propre approvisionnement en pétrole. Il faut plus, il faut le maximum. Non seulement pour les énormes profits, mais surtout parce qu'en assurant un monopole, elle est à même d'en priver ses rivaux trop gênants ou de les soumettre à ses conditions. Elle détiendrait ainsi l'arme absolue730(*).

Dans cette lancée, depuis 1945, les Etats-Unis ont tout fait pour s'assurer ce monopole sur le pétrole. Un pays rival comme le Japon dépendait par exemple à 95% des Etats-Unis pour son approvisionnement en énergie. De quoi garantir son obéissance. Mais les rapports de force changent, le monde devient multipolaire et les Etats-Unis font face à la montée de la Chine, à la remontée de la Russie, à l'émergence du Brésil et d'autres pays du Sud. Le monopole devient de plus en plus difficile à maintenir.

Le pétrole libyen, c'est seulement 1% ou 2% de la production mondiale mais il est de meilleure qualité, d'extraction facile et donc très rentable. Et surtout il est situé tout près de l'Italie, de la France et de l'Allemagne. Importer du pétrole du Moyen-Orient, d'Afrique noire ou d'Amérique latine se ferait à un coût bien supérieur. Il y a donc bel et bien bataille pour l'or noir libyen. D'autant plus pour un pays comme la France731(*).

Dans ce contexte, il faut rappeler deux faits. Premièrement, KADHAFI désirait porter la participation de l'Etat libyen dans le pétrole de 30% à 51%. Deuxièmement, le 2 mars 2011, KADHAFI s'était plaint que la production pétrolière de son pays était au plus bas. Il avait menacé de remplacer les firmes occidentales ayant quitté la Libye par des sociétés chinoises, russes et indiennes732(*).

Aussi, les Anglais comme les Français ont tout à gagner à l'issue du conflit libyen. Ils n'y ont, contrairement aux Chinois et Russes, aucun intérêt à préserver. Selon les propos de Hasni ABIDI, « si la France et la Grande-Bretagne ont tant pesé dans la mobilisation internationale c'est parce qu'elles n'ont rien à perdre »733(*). On se souvient que eu égard à la qualité des rapports entre la France et l'Irak, la France s'était opposée à l'intervention américaine de 2003 en Irak. Dans le cas d'espèce, la France et le Royaume-Uni, n'ont pas su ou pu conclure de contrats avantageux avec KADHAFI. Aussi, n'ont-ils pas hésité à s'engager aux côtés des rebelles afin de renverser le régime de Tripoli734(*). Tout était donc conquête pour ces deux puissances dans le pays de KADHAFI.

Il se crée dans ce contexte un choc des puissances même si elles n'ont pas la même aura internationale car la bataille française, américaine, et britannique dans cette guerre du pétrole avait pour cible principale l'Italie et l'Allemagne735(*). En effet, si la guerre contre la Libye est juste humanitaire, on ne comprend, avec Michel COLLON736(*), pas pourquoi ceux qui la mènent se disputent entre eux. Pourquoi SARKOZY s'est-il précipité pour être le premier à bombarder ? Pourquoi s'est-il fâché lorsque l'OTAN a voulu prendre le contrôle des opérations prétextant que « l'Otan est impopulaire dans les pays arabes »737(*).

Pourquoi l'Allemagne et l'Italie ont-elles été si réticentes face à cette guerre ? Pourquoi le ministre italien FRATTINI a-t-il d'abord déclaré qu'il fallait « défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Libye » et que « l'Europe ne devrait pas exporter la démocratie en Libye »738(*) ? Simples divergences sur l'efficacité humanitaire ? Non, il s'agit là aussi d'intérêts économiques que les puissances interventionnistes avaient à coeur d'ébranler pour asseoir leurs dominations.

Dans une Europe confrontée à la crise, les rivalités sont de plus en plus fortes aussi. Il y a quelques mois739(*) encore, on défilait à Tripoli pour embrasser KADHAFI et empocher les gros contrats libyens. Ceux qui les avaient obtenus, n'avaient pas intérêt à le renverser. Ceux qui ne les avaient pas obtenus, y ont tout intérêt. Les Français se sont d'ailleurs plaints, les Libyens disent-ils « parlent mais ne nous achètent rien »740(*).

L'Italie était le premier client du pétrole libyen, l'Allemagne le deuxième.  Concernant les investissements et les exportations des puissances européennes, l'Italie avait obtenu le plus de contrats en Libye, l'Allemagne venait en deuxième position. C'est la firme allemande BASF qui était devenue le principal producteur de pétrole en Libye avec un investissement de deux milliards d'euros. C'est la firme allemande DEA, filiale du géant de l'énergie RWE, qui a obtenu plus de quarante mille kilomètres carrés de gisements de pétrole et de gaz741(*). Il n'y avait donc que des résidus pour les alliés, une raison valable pour aller en guerre afin d'ébranler ses fondements. Malgré ces enjeux collectifs, les puissances ont eu à poursuivre des enjeux spécifiques.

B. Les enjeux spécifiques.

Les enjeux spécifiques sont ceux poursuivis par chaque acteur. Ils découlent de ce que chaque puissance poursuit ses intérêts personnels quelque soit la structure choisie. Aussi, avec la théorie réaliste des relations internationales, l'on affirme que : « la poursuite de l'intérêt national détermine l'action des Etats dans les Organisations Internationales »742(*). Au rang des enjeux spécifiques, nous avons la (re)construction de la multipolarité par la France, la construction du nouvel ordre mondial chinois, la protection d'un Etat ami des Etats-Unis et la prémunition contre l'immigration. Il y a également pour la France, la construction de l'Union pour la Méditerranée743(*) car comme le souligne Wilfried NZOKOU, « on peut voir derrière cette intervention (...) la question de l'Union pour la Méditerranée (...) »744(*). Ces enjeux seront présentés en fonction des puissances d'où : les enjeux spécifiques de la France (1), des Etats-Unis (2) et enfin de la Chine (3).

1- Les enjeux spécifiques de la France.

Les enjeux spécifiques de la France sont la (re)construction de la multipolarité (a) et la prémunition contre l'immigration (b).

a- La (re)construction de la multipolarité.

Christophe VALLEE s'interroge : « quelle peut être la place de la France dans le concert actuel des nations ? Quelle est le statut de puissance de la France aujourd'hui ? »745(*) La politique internationale, comme toute politique est une lutte pour la puissance746(*). Pour la France, un enjeu de puissance se trouve dans ce que nous pouvons qualifier d'acharnement pour la multipolarité du monde contre l'unipolarité des Etats-Unis. Cet enjeu s'inscrit dans l'optique de changer la configuration du rapport des forces747(*).

Il est intéressant de rappeler qu'en relations internationales, chaque Etat a ses intérêts nationaux à défendre, et seuls changent les moyens auxquels il recourt en vue de satisfaire ceux-ci748(*). C'est stratégiquement que les autorités françaises se sont ruées vers les structures multilatérales telles que l'ONU, l'UE ou le G8 pour faire entendre leur voix. D'ailleurs, Pierre De SENARCLENS le précise bien lorsqu'il écrit que : « les grandes puissances utilisent l'Organisation en suivant leurs propres intérêts »749(*). D'autre part, C. VALLEE le précise, « le monde ne peut plus être abandonné à la logique (...) d'un seul pays, fût-il le plus fort (...). La France (...) promeut cette idée de régulation des puissances au sein d'ensembles et sous-ensembles »750(*). Il conclut que « la puissance doit donc être régulée soit par des organismes internationaux, soit par des relations bilatérales soit par des relations multilatérales non pas autour d'un seul centre (...) »751(*).

Traditionnellement au coeur de la réflexion sur les relations internationales, la notion de puissance est généralement utilisée pour tenter d'évaluer les capacités d'action des Etats, voire d'en établir une hiérarchisation752(*). La France est en mal de puissance. Elle est absorbée par les autres notamment les Etats-Unis, le gendarme du monde. Pour essayer d'exister, elle évolue dans les espaces multilatéraux comme cadre potentiel d'expression, de préservation ou de recouvrement d'une puissance nationale érodée753(*). La France affiche une volonté de puissance pour répondre à Pascal BONIFACE754(*). Celle-ci peut se traduire dans la puissance comme capacité à structurer son environnement international755(*).

Pour Thucydide, « la volonté de puissance est l'une des principales forces motrices du monde »756(*). Edouard H. CARR757(*) explique les comportements des différents Etats comme la recherche d'une maximisation de leurs intérêts nationaux, à savoir essentiellement leur sécurité et leur puissance relative.

Le printemps arabe a permis à la France d'exister comme puissance au travers de la multipolarité dans un registre de puissance par délégation758(*). Elle s'appuie sur l'UE où elle est un acteur influent. C'est d'ailleurs pourquoi elle ne voulait pas que l'opération soit coordonnée par l'OTAN fortement dominée par les Etats-Unis. En effet, la stratégie de la France à l'égard de l'Union Européenne, consiste en partie à rechercher à travers le cadre européen un palliatif à l'érosion de sa puissance relative dans la seconde moitié du vingtième siècle759(*). La recherche d'un monde multipolaire, largement développée par certains pays européens, la France en tête, s'est toujours opposée à la conception américaine760(*).

Depuis le début des années 1990, les Etats-Unis s'imposent sans conteste comme la première puissance mondiale en tous points, ZBIGNIEW Brzezinski considérant à ce titre qu'« aucune puissance ne peut prétendre rivaliser dans les quatre domaines clés - militaire, économique, technologique et culturel - qui font une puissance globale »761(*). La France a ainsi décidé de rivaliser avec les Etats-Unis en optant pour la prise de décision dans les cadres multilatéraux comme à l'ONU sapant de ce fait toute tentative de décision unilatérale qu'auraient pu entreprendre les Etats-Unis. A cet égard, la situation que décrit Philippe DECREANE est assez évocatrice. Selon lui, « l'idée qu'il existe aujourd'hui des tensions franco-américaines face à l'Afrique n'est pas un fantasme (...). Il est de plus en plus clair que les Etats-Unis ont pour objectif (...) de créer des ensembles économiques et politiques plus perméables à leur action »762(*). Cet enjeu étasunien menace réellement la France car, sa politique africaine a longtemps été perçue comme une dimension fondamentale mais aussi singulière et spécifique de sa politique étrangère. Fondamentale car, d'un point de vue géopolitique, l'Afrique est resté le seul continent où la France a pu espérer après la Seconde Guerre mondiale et le mouvement de décolonisation préserver un leadership fort et une influence réelle, à la hauteur de ses ambitions gaulliennes de grande puissance763(*). Face au printemps arabe, la France se devait donc de réagir afin de conserver sa suprématie sévèrement mise à mal par les ambitions des Etats-Unis. Quoique P. DECREANE, s'inscrive dans le cadre de la création des ensembles, nous pensons que la rivalité franco-américaine ne se situe pas dans ce seul registre. Elle a des ramifications qui s'étendent dans le champ de la volonté de puissance.

Autre élément de cette stratégie de puissance, la constitution d'alliances visant à affaiblir l'adversaire principal, avec la mise en oeuvre du concept de la multipolarité. C'est ainsi que la France s'est donc investie à l'ONU afin de se faire valoir sur la scène internationale comme puissance définie avec Raymond ARON comme « la capacité d'imposer sa volonté aux autres »764(*) et avec Robert DAHL comme « la capacité d'obliger l'autre à faire ce dont il se serait autrement abstenu »765(*).

Elle a réussi à imposer le rythme aux alliés dans la poursuite de leurs actions en Libye dans le cadre d'une coalition qu'elle a initiée et même conduite, on se souvient que les frappes françaises ont été les premières sur le sol libyen. Faute d'avoir réussi à obtenir que l'intervention des pays occidentaux en Libye se passe en dehors de l'OTAN (au sein de laquelle les Etats-Unis sont un acteur très dominant), la France est parvenue à mettre sur pied un groupe de contact de manière à ce que le processus politique en Libye ne soit pas capté par les seuls américains766(*). Ceci afin de faire valoir la multipolarité qui lui permet d'exister en tant que puissance. Cette configuration lui permet de renforcer son statut de puissance stratégique à vocation mondiale767(*). Franck MAGNARD et Nicolas TENZER l'avaient déjà relevé lorsqu'ils affirmaient : « en matière de politique étrangère, c'est l'engagement français en Afrique et de plus en plus au Proche-Orient qui lui permet de s'affirmer comme une puissance à vocation mondiale »768(*). Fort de cela, elle ne pouvait rester en marge des opérations. Elle saisit cette fenêtre d'opportunité pour affirmer sa puissance en se prémunissant contre l'immigration.

b- La prémunition contre l'immigration.

Nous pouvons percevoir l'immigration comme un élément menaçant la sécurité interne des nationaux d'un Etat. Nicolas SARKOZY, qui le sait certainement, profite de sa cote de popularité pour appeler les Libyens à l'unité pour la reconstruction de la Libye. A côté de cet appel, la France rebâtit ses rapports avec la Libye. Elle rouvre son ambassade à Tripoli en octobre 2011, peu avant l'assassinat de KADHAFI. Cette action inscrit la France dans la perspective de puissance vue comme capacité d'action et marge de manoeuvre769(*). Selon cette conception, « est puissant un acteur qui est doté d'une liberté d'action et d'une marge de manoeuvre suffisante pour mener son action de la manière dont il le souhaite »770(*).

En effet, avec la réouverture de son ambassade à Tripoli, la France a besoin d'assurer le service de sécurité intérieure de celle-ci. Pour cette tâche, c'est un commissaire de la police judiciaire, Lucas PHILIPPE, 38 ans et déjà ancien patron des groupes d'interventions régionaux (GIR) et de la structure de renseignement installée au sein de l'Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), qui a hérité du poste. Il est arrivé dans la capitale libyenne le 17 octobre 2011, accompagné d'un officier spécialiste des questions d'immigration771(*).

Pour Emile Perez, le chef de Direction de la coopération internationale (DCI) au Ministère de l'Intérieur, le service de sécurité intérieur de l'ambassade de France devra répondre à toutes les questions sur la restauration de la sécurité en Libye. Dans la même lancée, la France se prémunit contre l'immigration des refugiés somaliens, érythréens, soudanais du Darfour, irakiens, éthiopiens ou ivoiriens fuyant les troubles en Libye pour se retrouver sur le vieux continent.

A cet effet, le service de sécurité de son ambassade lui fournit des renseignements sur les mouvements dans les camps de refugiés où en date du 24 octobre 2011, plus de 26000 personnes ont déjà fui le conflit et se sont retrouvées sur le vieux continent772(*). Cet enjeu est aussi profitable aux autres Etats européens comme l'Italie. A côté de la France, on a les Etats-Unis qui entendent protéger un Etat ami.

2- La protection d'un Etat ami des Etats-Unis : Israël.

Au Moyen-Orient, tout est lié. Comme Noam CHOMSKY l'explique, « à partir de 1967, le gouvernement US a considéré Israël comme un investissement stratégique. C'était un des commissariats de quartier chargés de protéger les dictatures arabes productrices de pétrole »773(*). Seulement, le problème nouveau pour Washington, c'est que les nombreuses exactions commises par Israël (Liban, Gaza, ...) l'isolent de plus en plus. Les peuples arabes réclament la fin de ce colonialisme. Du coup, ce pays a besoin d'être protégé.

Israël ne peut survivre sans un entourage de dictatures arabes ne tenant aucun compte de la volonté de leurs peuples d'être solidaires des Palestiniens. « Au moment où déferlait ce que tout l'occident a appelé le « printemps arabe », ce que personnellement je nommerai plutôt une recolonisation plus moderne et plus sournoise du Monde Arabe. Tous les assoiffés de pétrole et de gaz, tous ceux qui veulent protéger et promouvoir Israël et son idéologie sioniste, se sont mis de la partie »774(*). Cette affirmation de SKANDRANI Ginette Hess ressort clairement cet enjeu (celui de la protection d'Israël). C'est pourquoi Washington a, dans un premier temps, protégé MOUBARAK et Ben ALI qui étaient pour lui de grands alliés dans sa stratégie de maintien de la paix au Moyen-Orient. Ce n'est que l'acharnement des populations qui s'est présenté comme une contrainte ayant conduit les Etats-Unis à mettre la pression sur ces dirigeants.

Les Etats-Unis craignent de « perdre » la Tunisie et l'Egypte dans les années à venir. Ce qui changerait les rapports de force dans la région. Après la guerre contre l'Irak en 2003, qui était aussi un avertissement et une intimidation envers tous les autres dirigeants arabes, le président KADHAFI avait senti la menace. Il avait donc multiplié les concessions, parfois exagérées, aux puissances occidentales et à leur néolibéralisme. Ce qui l'avait affaibli sur le plan intérieur des résistances sociales car quand on cède au FMI, on fait du tort à sa population775(*). Mais s'il arrivait que la Tunisie et l'Egypte virent à gauche, KADHAFI pourrait sans doute revenir sur ces concessions776(*). Un axe de résistance Le Caire - Tripoli - Tunis, tenant tête aux Etats-Unis et décidé à faire plier Israël serait un cauchemar pour Washington. Dès lors, faire tomber KADHAFI, se présente donc comme de la « prévention » afin de sécuriser Israël. Surtout que pour les Etats-Unis, « les intérêts politiques principaux comprennent la coopération africaine dans la poursuite des objectifs américains pour le Moyen-Orient »777(*). Selon Manassé ABOYA ENDOND, « l'enjeu essentiel de la question saharo-sahélienne ne reste pas confiné à l'échelle locale. Il concerne aussi bien l'économie mondiale que le redécoupage des zones d'influence entre les puissances internationales avec l'entrée en scène de nouveaux acteurs qui bousculent l'ancien paysage colonial »778(*). Par nouveaux acteurs, il fait allusion aux Etats-Unis, à l'Inde et à la Chine779(*). Dans le sillage de la volonté de puissance, la Chine entend construire un nouvel ordre mondial où elle sera une puissance de premier ordre.

3- La construction de sa puissance au travers de l'Afrique par la Chine.

La Chine, est perçue comme une véritable puissance émergente sans passé colonial en Afrique780(*) de ce 21e siècle. Sous des dehors pacifiques, en opposition aux modèles colonialistes, arborant son manteau de « grand frère » des pays du Sud et en chantre du développement partagé, la Chine a fait de l' Afrique un acteur privilégié dans la construction d'un nouvel ordre mondial dans lequel la relation sino-africaine serait synonyme de progrès mutuel781(*). La Chine s'inscrit dans la posture suivant laquelle, en politique étrangère, un Etat ne connait qu'un seul impératif catégorique, un seul critère de raisonnement, un seul principe d'action »782(*). Celui-ci c'est l'intérêt national défini en termes de puissance.

En effet, le discours officiel chinois sur les relations sino-africaines met en avant également l'ancienneté de celles-ci et l'expérience commune de l'oppression coloniale, ce qui permet de créer un sentiment d'intérêt commun qui contraste avec les anciennes métropoles occidentales783(*). Ainsi, « la Chine veille à établir et à développer un nouveau type de partenariat stratégique avec l'Afrique, caractérisé par l'égalité et la confiance réciproque sur le plan politique, la coopération conduite dans l'esprit gagnant-gagnant »784(*).

Ce faisant, la Chine fait un retour en Afrique. Ce retour se trouve grandement facilité par la capacité de sa diplomatie à revaloriser son ancrage historique dans le continent et surtout à recycler ses principes fondateurs pour les adapter à ses nouvelles missions. En effet, la Chine aime à inscrire ses relations diplomatiques et sa coopération avec l'Afrique aux origines de la République populaire785(*).

Aux anciennes puissances coloniales qui ont du mal à sortir du néo-colonialisme, Pékin oppose une légitimité historique fondée sur le militantisme et la solidarité. La Chine semble paver les chemins de son offensive par une valorisation constante du passé et une exaltation de l'avenir sino-africain.  Pierre angulaire du militantisme et du rayonnement chinois dans les années 1970, la nouvelle diplomatie chinoise a désormais  pour rôle de promouvoir cet espace de développement « gagnant-gagnant » entre l'Afrique et la Chine786(*). La stratégie d'affirmation de la Chine comme un « Etat fort » suppose que le pays soit libéré de toutes  formes de contraintes imposées par d'autres puissances concurrentes, et susceptibles d'entraver son indépendance, et par conséquent, son développement. Consciente de sa grande vulnérabilité énergétique depuis qu'elle est devenue grande importatrice de pétrole, la Chine s'est tournée vers le continent africain pour trois raisons majeures dont étendre son influence dans le monde, notamment dans les instances internationales, grâce au soutien diplomatique des pays africains787(*).

Pour atteindre ces objectifs, les architectes de la politique africaine de la Chine se sont préparés à relever à la fois les défis politiques, économiques, socioculturels, voire militaires qui jalonnent le partenariat stratégique. Depuis qu'elle a identifié l'Afrique comme un partenaire stratégique, la Chine cherche à y garantir une visibilité politique à la hauteur de ses ambitions788(*). Philippe HUGON étaye ce point de vue lorsqu'il révèle que, « si les relations entre la Chine et l'Afrique sont anciennes, leur intensification souligne l'émergence d'un monde multipolaire et le déplacement du centre de gravité économique mondial »789(*).

Le printemps arabe lui a permis de faire une expansion en Egypte. En effet, la Chine fait une grosse incursion dans le Maghreb au cours du printemps arabe. Elle a développé une offensive vers les pays arabes790(*). Elle profite d'un moment d'absence diplomatique des Etats-Unis en Egypte791(*). En vérité, l'on assiste depuis quelques temps à l'émergence de la Chine comme puissance montante de la fin du 20ème siècle792(*). On est aussi témoins de l'affaiblissement de l'impérialisme américain et européen793(*).

La domination américaine au Moyen-Orient représente un argument essentiel pour la réussite de la stratégie mondiale des Etats-Unis qui souhaiteraient imposer leur modèle au monde entier car, « le Moyen-Orient constitue une région vitale pour les intérêts américains »794(*). En effet les Etats-Unis veulent s'assurer le contrôle des gigantesques ressources pétrolières de la région, ce qui donnera à l'Amérique les moyens d'influencer l'économie mondiale et par conséquent de limiter  voire de gommer toute concurrence des autres pays développés795(*). Ils ont néanmoins fait fausse route ou tout au moins fausse manoeuvre au cours de la crise arabe.

Les Etats-Unis se sont montrés hésitants en Egypte. Cette situation a ouvert un boulevard pour la Chine, puissance montante, qui est décidée à utiliser tous les moyens en sa possession pour jouer à fond sa chance796(*). Le rapprochement entre la Chine et le monde arabe est une opportunité stratégique pour les deux parties, même si l'un des deux partenaires a pris plusieurs longueurs d'avance sur l'autre. En grande puissance, la Chine suit  la situation de très près, même si elle se refuse à la commenter797(*). La Chine concurrence sur le terrain politique et économique, des puissances jadis bien établies. Elle a en effet décidé de projeter en dehors de son environnement immédiat, sa vision du monde partant des fondements de sa pensée stratégique.

Quelques principes majeurs fondent la nouvelle diplomatie chinoise dans le monde arabe: respect mutuel, non agression, non ingérence dans les affaires internes, relations basées sur l'égalité, les bénéfices mutuels et la coexistence pacifique798(*).

«  L'Egypte est un élément clé pour tout pays qui veut atteindre l'Afrique, le Moyen-Orient ou l'Europe. Un pays comme la Chine peut dépendre d'un pays comme l'Egypte »799(*). Sur les bases du soft power et de l'hésitation américaine, la Chine a fait un grand bond en Egypte. Le choix du président MORSI d'effectuer sa première visite hors de l'Egypte en Chine témoigne de ce succès. D'ailleurs, un sondage d'opinion publié par le Pew Research Center a montré que 52% des Egyptiens avait une opinion favorable de la Chine, contre seulement 17% pour les Etats-Unis800(*).

Face à des puissances plus affirmées ou concurrentes, les Etats-Unis bien entendu mais également le Japon, l'Inde ou la Russie, le cadre d'analyse demeure celui de la rivalité de puissance et de l'affirmation de la puissance chinoise801(*). Dans la volonté de non-ingérence de la Chine, il y a, par extension naturelle, la volonté de penser les relations internationales en fonction des intérêts supérieurs de la nation chinoise et du libre arbitre de ses dirigeants802(*). L'Egypte offre à la Chine l'accès à d'autres pays voisins. Les récentes contributions chinoises à l'économie égyptienne, qui est située au coeur du monde arabe, devraient probablement améliorer l'image politique de la Chine dans la région803(*).

En somme, la « sensibilité » au monde arabe est donc à géométrie variable pour les autorités occidentales. Ce sont les intérêts en jeu qui conditionnent tout. Le Droit Humanitaire et les Droits de l'Homme n'ont rien à y voir804(*). Poursuivant leurs multiples enjeux, les grandes puissances ont été butées à plusieurs contraintes.

CHAPITRE IV 

DES JEUX SOUMIS A PLUSIEURS CONTRAINTES

Dans la dynamique interactionnelle des grandes puissances au cours du printemps arabe, certains facteurs défavorables empêchent parfois la progression de celles-ci vers leurs objectifs ultimes desquels nous pouvons citer la protection des civils, l'instauration de la démocratie. « Leur intervention n'est pas encadrée par un corps de règles préétablies, elle s'est faite de manière conjointe par un jeu permanent d'échanges, de conflits, de négociations et d'ajustements mutuels »805(*). De ce fait, les grandes puissances et les pays du printemps arabe sont tous dans une structure de jeu806(*) où chacun agit en fonction de ses objectifs et est parfois confronté aux obstacles qui empêchent la réalisation de ceux-ci. J. ROJOT qualifie ces obstacles de contraintes, celles-ci étant les difficultés qui se dressent contre un acteur et qu'il doit affronter dans la progression de son action807(*).

Ainsi, dans la poursuite de leurs objectifs, les grandes puissances sont confrontées à diverses contraintes. Celles-ci sont soit inhérentes à ces acteurs (Section I) soit extérieures à ceux-ci (Section II).

SECTION I : LES CONTRAINTES INHÉRENTES AUX GRANDES PUISSANCES.

Au rang des contraintes inhérentes aux grandes puissances, nous présenterons celle qui est commune à toutes les puissances (paragraphe1) et celles qui sont spécifiques aux Etats-Unis d'une part et à la France d'autre part (paragraphe 2).

PARAGRAPHE I : LA CRISE ECONOMIQUE

La démocratisation du Maghreb nécessite des moyens financiers. Pour soutenir le printemps arabe, les grandes puissances s'étaient engagées à financer le processus démocratique808(*). Une fois les régimes décriés renversés, la logique voudrait que les engagements soient tenus. A cette étape, il se pose un problème, celui de la disponibilité des ressources financières. Comment y parvenir lorsque celles-ci, plongées dans une crise, se trouvent déficitaires ? Pour se convaincre de ce que la crise en Occident est un obstacle au printemps arabe, un peu comme avec les concepts opérationnels isolés, nous sommes partis de l'analyse de certains auteurs (A), pour percevoir la situation réelle des grandes puissances (B).

A. Le regard des auteurs et acteurs de la finance mondiale.

La démocratie, c'est-à-dire la capacité des peuples à s'exprimer à travers des institutions qui produisent de la décision politique, est mise à mal par la crise européenne809(*). Au début du printemps arabe, beaucoup d'observateurs européens ont comparé les soulèvements contre les régimes autoritaires d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à ceux qui avaient provoqué l'effondrement des régimes communistes européens en 1989. Ils espéraient voir déferler une vague de démocratisation et de développement alimentée par une nouvelle génération de jeunes, inspirés par les valeurs occidentales.

Toutefois, comme l'a noté la directrice générale adjointe égyptienne du FMI Nemat SHAFIK en mai 2012, la différence, c'est qu'en 1989, « l'économie mondiale était en pleine expansion, l'Union européenne était prête à accueillir parmi ses membres des pays en transition et il était facile d'obtenir des financements externes »810(*). La transition des pays arabes s'est produite dans un contexte beaucoup plus difficile. Selon Mme SHAFIK, sans un « printemps économique » accompagnant le renouveau politique, le printemps arabe serait voué à l'échec, mais le poids des profondes réformes nécessaires pèserait lourdement sur les caisses déjà vides de ces pays instables.

Le printemps arabe a été l'occasion de l'émergence de revendications démocratiques. Aujourd'hui, la question économique s'impose. L'exemple de la transition politique et économique en Europe de l'Est après la chute de l'URSS dans les années 1990 et 2000 est intéressant en termes de grille de lecture pour appréhender la situation actuelle des pays arabes.

En effet, après une longue période d'un système économique et politique défaillants, l'Europe de l'Est a dû organiser sa transition. Elle a été aidée dans ce sens par l'Europe occidentale qui a financé des institutions et le développement de ces pays.

Dans le cas des pays arabes, il paraît peu envisageable qu'un pays arabe puisse, ou même souhaite, occuper ce rôle financier pour aider à la stabilisation d'un pays de la région811(*). Dès lors, les seuls acteurs ayant les ressources financières et politiques pour stabiliser la région, et permettre un processus de transition relativement organisé sont les pays occidentaux. Etant donné la proximité géographique avec l'Europe, et le potentiel de déstabilisation régionale et mondiale d'un processus de transition mal géré qui s'éterniserait, il semble que cette question doive se faire de plus en plus prégnante auprès d'institutions telles que l'Union Européenne812(*).

Commentant l'article de S. FONTAN, « Les pays arabes faces à la crise économique », un chercheur écrit : « l'auteur ne réalise pas que les deux situations sont tellement différentes dans les deux cas au point qu'aujourd'hui on ne peut pas assumer, chose qu'il a fait, que l'Europe occidentale pourrait parvenir à résoudre la situation de crise politique, sociale et économique dans la zone Arabe ou aider à débloquer cette situation et la raison est simple, l'Europe occidentale elle-même souffre d'un problème d'intégration monétaire, économique et politique qui sera couronnée par l'échec de l'union monétaire dans la zone ou la disparition des régimes les plus faibles et l'émergence d'une force européenne émanant d'un seul acteur éco-politique ( l'Allemagne peut être...) »813(*).

Ce commentaire tient la route. Il est d'ailleurs appuyé par cet écrit de Ibrahim WARDE814(*) qui rapporte qu' « en élisant une nouvelle Assemblée nationale le 26 octobre 2014, les Tunisiens porteront les espoirs du « printemps arabe ». Confrontées au chaos libyen, à la guerre syrienne ou à l'autoritarisme égyptien, les populations ne se font plus d'illusions quant aux promesses des Occidentaux. Annoncée main sur le coeur dans une cité balnéaire française en 2011, l'aide économique internationale n'est jamais arrivée ». Un moment évoqué, le « Plan Marshall » pour l'Afrique du Nord s'est fracassé sur la ' crise de l'euro815(*). Frédéric ENCEL, pour attester de la situation d'impossibilité pour l'Occident d'aider financièrement le processus de démocratisation du Maghreb, souligne que : « ce qui est triste, c'est que nous ne pouvons même pas proposer une espèce de plan Marshall parce que les Occidentaux sont désargentés. Et à qui donnerait-on les fonds ? A quel Etat »816(*) ?

« Les pays du sud méditerranéen n'ont pas été contaminés par la crise financière, mais ils ont fortement subi la récession des pays occidentaux, particulièrement de l'Europe »817(*) écrit Henry MARTY-GAUQUIE. Il exprime ainsi la forte corrélation existant entre crise en Occident et impossibilité ou tout au moins difficulté à poursuivre les objectifs du printemps arabe.

Une décision de soutien avait, en effet, été prise par les grandes puissances au G8, instance multilatérale818(*) de laquelle la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont membres. Le lancement réussi, sous présidence française, du Partenariat de Deauville, constituait sans aucun doute une réelle avancée, compte tenu de l'incapacité où se trouvait l'Europe, en mars 2011, à coordonner seule une réponse819(*). Cependant, cette construction n'est pas sans faiblesses. Parmi ses multiples lacunes, il se trouve en bonne place que la mise en oeuvre du partenariat s'est avérée très tributaire de l'environnement politique et économique prévalant tant dans les pays en transition, que dans les pays développés donateurs820(*).

Dans les pays du G8, la crise économique mondiale et ses amplifications successives ont dominé les concertations au point que, sous la pression des contraintes budgétaires et des plans d'ajustement structurels, les engagements d'aides bilatérales ont été moindres qu'annoncés ; dans la même ligne, les priorités d'actions indiquées aux Institutions Financières Internationales par leurs actionnaires ne plaçaient plus la Méditerranée au premier rang des préoccupations821(*).

Loin d'être de simples analyses de penseurs et d'analystes, la situation financière et économique de l'Occident est véritablement critique et les analyses ci-dessus mentionnées sont vérifiables à partir des données sur la situation réelle de ces pays.

B. La situation des grandes puissances.

La situation de crise de l'Occident est perceptible au travers des cas de la France (1), de la Grande-Bretagne (2) et des Etats-Unis (3).

1- Le cas de la France

La France a perdu son triple A822(*)en novembre 2012. Ceci pour un certain nombre de raisons dont la perte de compétitivité, l'impossibilité de tenir les objectifs budgétaires, son exposition à des chocs futurs de la zone euro823(*). L'agence Moody's insiste en effet autant sur les rigidités du marché du travail que sur le coût du travail. Elle met ainsi en cause la prééminence d'un Contrat à Durée Indéterminée trop protecteur, les contraintes et les incertitudes légales liées au licenciement économique, et le niveau élevé des charges sociales824(*). Moody's approuve les objectifs de réduction du déficit budgétaire pris par la France jusqu'à l'horizon 2017. Mais, comme beaucoup, elle ne les croit pas tenables car elle considère que les hypothèses de croissance du gouvernement - +0,8% en 2013 et +2% en 2014 - sont trop optimistes825(*). Enfin, Moody's admet qu'il est de plus en plus difficile d'évaluer la capacité de résistance (elle emploie le terme de résilience) de la France à des nouveaux chocs auxquels serait confrontée la zone euro. Elle décrit donc ici une sorte de scénario noir. Mais elle s'inquiète en clair des conséquences d'une crise de la dette qui ferait exploser l'Italie et l'Espagne. Deux pays vis à vis desquels la France est exposée « de façon disproportionnée » en raison des liens commerciaux, de la présence bancaire directe via des filiales mais aussi de la détention de dette souveraine. Car l'Etat français pourrait subir de lourdes pertes826(*).

Aussi, « à mi-mandat, le bilan économique de François HOLLANDE est cruel »827(*). Marc LANDRE828(*) estime que la situation peut se résumer à trois chiffres qui montrent bien l'ampleur de la crise économique qui secoue la France depuis six ans et la difficulté qu'a le président de la République à en sortir.

Il évoque le chiffre 489 400, comme le nombre d'inscrits en catégorie A à Pôle emploi829(*). Lorsque François HOLLANDE a été élu président de la République en mai 2012, un peu plus de 2,92 millions de personnes pointaient en catégorie A (sans aucune activité) à Pôle emploi en France métropolitaine. Fin août 2014, ils étaient près d'un demi-million de plus.

Il fait également mention du chiffre 158,9 milliards d'euros, représentant l'augmentation de la dette publique830(*). A la fin du mois de juin 2014, la dette de l'ensemble des administrations publiques a crevé le plafond des 2 000 milliards d'euros, à 2 023,7 milliards précisément, soit 95,1 % du PIB et près de 160 milliards de plus en deux ans.

Enfin, il renseigne sur le chiffre 31 milliards d'euros, qui représente le montant des hausses d'impôts831(*). Là encore, François HOLLANDE ne fait pas vraiment mieux que son prédécesseur. Entre mi-2012 et mi-2014, le président de la République aura augmenté les prélèvements sur les ménages et les entreprises d'environ 31 milliards, soit le même montant peu ou prou que celui enregistré lors des deux derniers exercices budgétaires sous Nicolas SARKOZY. Et ce, pour permettre à la France de tenir ses engagements européens de coller à la trajectoire d'un déficit public inférieur à 3 % de PIB à la fin 2015. On se rend bien compte que la France peine à tenir ses engagements internationaux. Si la situation est difficile pour ce qui est de ses engagements européens, la crise a les mêmes répercussions pour ce qui est du financement du processus de démocratisation initiée avec le printemps arabe.

En 2013, la crise économique en France se caractérise par une hausse du taux de chômage qui grimpe jusqu'à 10,4% de la population active832(*). Le chômage, en hausse depuis mi-2011, atteint 10,8% (+0,3 point) avec les départements d'outre-mer (Dom)833(*). On comprend aisément que le gouvernement français soit davantage préoccupé par le redressement de la situation économique en France que par des dépenses pour la démocratisation du Maghreb.

En effet, la situation ne s'améliore pas, « l'économie française s'enfonce dans la crise »834(*). Le PIB français a stagné au deuxième trimestre, souligne l'étude de l'Insee, publiée mardi 23 septembre 2014, confirmant ainsi la première estimation du 14 août 2014. Les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,4 % au deuxième trimestre, comme celles des administrations publiques. Mais le gros point noir reste l'investissement des entreprises, en recul de 0,7 %835(*).

L'on relève une impossibilité de faire des réformes836(*). Sondage après sondage, les Français répètent qu'ils veulent des réformes et une modernisation de leur système - tant que cela n'a aucun impact pour eux837(*). Cela pose un défi politique, la France se trouve en train de jongler. D'ailleurs, Bruxelles n'est pas satisfait du budget français838(*). Selon des sources du Financial Times qui publiait l'information le 21 octobre 2014 sur son site, la Commission européenne devait signifier, mercredi 22 octobre 2014, à cinq membres de la zone euro (' France, ' Italie, ' Malte, ' Autriche, ' Slovénie) qu'elle a de gros doutes sur leurs projets de budgets pour 2015, reçus le 15 octobre 2014839(*). Cette situation est un peu nuancée, Simon O'CONNOR, le porte-parole du commissaire à l'économie Jyrki KATAINEN, refusait de confirmer l'information. « Si de telles consultations ont lieu avec les capitales, cela ne préjugerait absolument pas des conclusions de l'analyse faite par la Commission sur les budgets. Cela pourrait être simplement une demande de clarifications sur certains points, à laquelle on pourrait recevoir des réponses satisfaisantes »840(*), précise-t-il.

« La France ne parvient pas à retrouver le chemin de la croissance, les finances publiques sont dans le rouge »841(*). « La France achète depuis des années de la croissance à crédit que ce soit sous forme de déficit public ou de déficit commercial »842(*). La crise financière française n'est d'ailleurs pas propres aux années 2010 : « nos finances publiques portent aujourd'hui encore les stigmates de la crise financière de 2007 et de la grande dépression qui a suivi »843(*). « Depuis 2008, les gouvernements ont espéré que la crise serait temporaire et qu'elle était entretenue pas la faiblesse de la demande »844(*).

Certains analystes estiment que la France aurait besoin d'un «agenda 2020», semblable à «l'agenda 2010» que Gerhard SCHRÖDER avait imposé à l'Allemagne dans les années 2000845(*), ajoute la conservatrice. Cette situation de crise a poussé la France, depuis le régime SARKOZY, à se mettre sous un système de quasi sous-traitance.

La crise crée en France une situation de contraction budgétaire846(*). Cette réalité est la démonstration que la France traverse des moments difficiles. À la recherche du bien être économique que A. WENDT cite comme type d'intérêt national847(*).

La crise économique se fait ressentir dans le suivi de l'interventionnisme libéral voulu par la France. Cet interventionnisme consiste à considérer que « la coercition militaire fait partie de l'action diplomatique, notamment lorsque l'agenda libéral des valeurs démocratiques est défié »848(*). L'interventionnisme libéral coûte cher et il y a une difficulté à maintenir le budget de la défense à 2% du PIB849(*). Comment donc intervenir pour sécuriser la Libye déchirée et instaurer définitivement la démocratie ?

La question du financement renvoie pour le coup au pouvoir des parlementaires, qui votent le budget et qui ne perçoivent pas toujours l'intérêt de maintenir les dépenses de la défense dans un contexte plus général de contraction budgétaire850(*). Pourtant la résurgence de l'insécurité en Libye par exemple nécessite comme on le verra plus loin une intervention étrangère d'ailleurs sollicitée par les autorités libyennes. Malheureusement, « la France, figure désormais parmi les pays les plus fragilisés de la zone euro : son économie a été asphyxiée par une politique budgétaire très restrictive et, du coup, ses dirigeants sont affaiblis »851(*). De même, en 2014, « en dépit des délais supplémentaires accordés par la Commission européenne à la France et à quelques autres pays pour ramener leurs déficits publics à 3 % du PIB, la politique de restriction budgétaire continue de maintenir l'économie française en dessous de son potentiel »852(*).

Aussi engagée que la France, la Grande-Bretagne subit également la crise financière qui touche l'Europe.

2- Le cas de la Grande-Bretagne

Depuis 2008, la Grande-Bretagne a basculé dans la récession853(*). L'activité s'est contractée de 0,5 % au cours des mois de juillet à octobre 2008854(*), après une croissance nulle au second trimestre. Les chiffres ont été plus mauvais qu'attendus par les économistes. Cependant, rien n'a semblé indiquer qu'ils allaient se redresser avant fin 2009, bien au contraire. « Nous entrons dans une période difficile », avait admis le 18 octobre 2008 le chancelier de l'Echiquier, Alistair DARLING855(*).

Le chômage est reparti à la hausse à 5,7 % en septembre 2008. La barre des 2 millions de chômeurs menaçait d'être franchie avant la fin de l'année. A elle seule, la City était menacée de perdre 62 000 emplois. A cet effet, « il s'agit d'une crise unique, peut-être la pire de l'histoire », estimait, Charles BEAN, vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre, dans un entretien au Scarborough Evening News856(*).

La situation est allée s'empirant. Ainsi en 2013, la Grande-Bretagne fait face à un autre épisode de récession. D'après une étude de l'Office Nationale des Statistiques, sur l'ensemble de l'année 2012, l'économie britannique est restée au point mort857(*).

Le gouvernement de D. CAMERON a dû pratiquer une politique d'austérité pour laquelle il est d'ailleurs accusé par l'opposition britannique comme étant à l'origine de la persistance de la crise et du risque d'une nouvelle récession858(*). En effet, pour le Royaume-Uni, il existe un seul remède à la crise : la rigueur budgétaire, sur le modèle des années d'austérité imposées au début du gouvernement THATCHER, de 1979 à 1981. En octobre 2010, le gouvernement britannique n'avait pas hésité à renouer avec la politique de la « Dame de fer », en adoptant un plan de rigueur sans précédent859(*). A l'égard de cette pratique, même le F.M.I. émet des réserves sur son efficacité.

« Nous pensons qu'un assainissement budgétaire plus lent d'une façon ou d'une autre pourrait être approprié », a déclaré le chef économiste du F.M.I., Olivier BLANCHARD, sur la BBC Radio 4860(*). « Nous avons dit que si les choses se présentaient mal début 2013 (ce qui est le cas) il faudrait revoir la ' politique budgétaire » a-t-il ajouté, appelant Londres à profiter de la présentation du budget en mars pour tempérer la rigueur861(*).

Le gouvernement britannique a résisté face aux mises en garde du F.M.I. « Je ne pense pas qu'il soit bon d' abandonner un plan de (réduction du) déficit crédible. La crédibilité est très dure à gagner et très facile à perdre »862(*), avait rétorqué M. OSBORNE, ministre britannique des finances, le 24 janvier 2013 depuis Davos en ' Suisse, alors que le pays est de plus en plus sous la menace d'une perte de son sacro-saint triple A auprès des agences de notation863(*).

La pratique d'austérité mise en oeuvre par le gouvernement de D. CAMERON n'a pas porté de fruits car en mars 2013, on constate que la Grande-Bretagne subit une autre récession. Le pays est entré en récession pour la deuxième fois depuis la crise de 2008. Le Premier ministre David CAMERON accusé d'avoir tué la croissance avec sa politique de rigueur draconienne et d'avoir augmenté les inégalités sociales864(*). Pour le second trimestre consécutif, le PIB est en baisse, de 0,2%. Ce mauvais résultat fait suite au -0,3% du dernier trimestre 2011. Le pays était sorti de récession fin 2009 après cinq trimestres d'affilée de recul de l'économie durant la crise financière865(*).  Aussi, le pays a connu une inflation de 3,5%, alors que les salaires n'ont augmenté que de 1,5%866(*).

La Grande-Bretagne fait des efforts pour sortir de sa situation. Par exemple, Londres s'achète à grand frais un présent plus souriant. Mais ce faisant, tôt ou tard, comme en 2008, le pays sera rattrapé par ses excès. Et comme sa situation financière sera très différente de ce qu'elle était en 2008, cela imposera une profonde remise en question867(*).

La situation sans cesse dégradante de l'économie britannique a valu au pays de perdre son triple A868(*). Londres a été privé le 22 février 2013 de son prestigieux triple A par Moody's au moment où le pays menaçait de retomber dans la récession. Le ministre des finances, George OSBORNE, a aussitôt réagi en soulignant que cette dégradation de la note constituait « un sévère rappel des problèmes de la dette auxquels est confronté le pays ». « Nous n'allons pas tourner le dos à nos problèmes, nous allons les surmonter »869(*), a-t-il ajouté.

Cet état des lieux en Grande-Bretagne sur les conditions économiques du pays depuis 2008 explique en partie leur forte implication dans la guerre ayant conduit le 20 octobre 2011 à la chute du colonel KADHAFI en Libye. Ceci dans le but inavoué de faire main basse sur les matières premières afin de relancer leur économie. La situation de crise oblige la Grande-Bretagne à être réservée dans ses dépenses. De ce fait le projet de démocratisation du Maghreb est en souffrance, la faute à la crise. Cette crise touche également les Etats-Unis.

3- La situation de crise des Etats-Unis

Les Etats-Unis possèdent l'économie la plus puissante du monde. Toutefois, ils ont été les premiers à souffrir de la crise financière de 2009. Le pays a connu la plus grave récession depuis les années 1930, l'économie se contractant de 2,6% en 2009. Grâce à un plan de relance budgétaire et monétaire de grande ampleur qui a, entre autres, stimulé la consommation des ménages, l'économie s'est redressée en 2010 mais peine à décoller depuis cette date.

«La situation est très difficile et elle réclame des interventions coordonnées. Il faut reconnaître que le monde est entré dans une crise financière globale qui concerne tous les pays»870(*). Cette affirmation est vérifiée en ceci qu'il n'y a pas que la zone euro qui est en crise, les Etats-Unis aussi le sont. L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's a abaissé la note attribuée à la dette publique des Etats-Unis de «AAA» à «AA+» le 05 août 2011 et estimait par la même occasion que les perspectives sont négatives871(*).

Des données chiffrées attestent de la gravité de la situation. Par exemple, pour l'année fiscale 2011, le gouvernement fédéral a enregistré un déficit budgétaire de presque 1 300 milliards de dollars. C'est la 3e année consécutive que le déficit budgétaire dépasse les 1 000 milliards de dollars872(*), c'est-à-dire depuis 2009. Aussi, la prévision pour le déficit commercial des Etats-Unis en 2011 est de 558 milliards de dollars. Les dépenses du gouvernement fédéral représentent 24% du PIB. En 2001, elles représentaient seulement 18%873(*). Si le gouvernement fédéral commençait à l'instant même à rembourser la dette nationale au rythme de 1$ par seconde, il faudrait 440 000 ans pour effacer la dette874(*).

La croissance du PIB a été de 1,6% en 2013. Faute d'accord politique entre démocrates et républicains, à l'automne 2013 l'administration fédérale est restée paralysée par des débats relatifs au relèvement du plafond de la dette. Cette question a été instrumentalisée par la droite du parti républicain, afin de revenir sur la réforme de santé. L'Etat fédéral a cessé de fonctionner jusqu'à ce que, en octobre, face au risque de défaut de paiement, les républicains finissent par signer. Ce blocage aurait coûté 17,6 milliards d'euros à l'Etat américain875(*).

Aussi la crise financière mondiale a provoqué une envolée du chômage, qui est, néanmoins, redescendu à 7,3% en 2013876(*). Cette situation permet de comprendre le désintérêt des Américains par rapport aux interventions de leur pays dans les affaires internationales. Comme nous le verrons plus loin, le gouvernement des Etats-Unis a pris cette aspiration en compte et c'est d'ailleurs un autre obstacle (spécifique aux Etats-Unis) pour l'atteinte des objectifs du printemps arabe.

En vue de pallier aux problèmes causés par la crise, un accord a été obtenu au sénat pour relever le plafond de la dette. Il permet d'ouvrir une nouvelle phase de négociations, mais il ne sort pas les Etats-Unis d'une crise budgétaire, qui dure depuis deux ans avec d'importantes conséquences économiques877(*). « Les Etats-Unis sont gouvernés en état de crise budgétaire permanente depuis août 2011 »878(*), souligne Christine RIFFLART, économiste de l'OFCE.

Il existe par ailleurs une accentuation du contexte par un blocage orchestré par le Tea Party qui entrave la croissance du pays. Depuis 2011, Barack OBAMA n'est plus au commande de la politique budgétaire des Etats-Unis. « Elle est, au moins, sous influence du jusqu'au-boutisme du Tea Party, sinon directement inspirée par cette frange minoritaire du parti républicain »879(*), affirme Christine RIFFLART. Une influence qui a eu des conséquences directes sur l'économie américaine : « c'est leur opposition à tout accord budgétaire avec l'administration OBAMA qui a entraîné, en mars 2013, d'importantes coupes automatiques et arbitraires dans les dépenses de l'Etat (qualifiées par les démocrates de «  séquestre ») »880(*), rappelle Christine RIFFLART. Un régime minceur budgétaire qui, depuis lors, a « ralenti le rythme de la croissance américaine », affirme cette experte.

En vue de remédier à la crise, le Congrès américain a finalement abouti à un accord, mettant un terme au shutdown qui a paralysé l'Etat fédéral pendant plus de deux semaines et relevant par la même occasion le plafond de la dette, le 16 octobre 2013, évitant in extremis un défaut de paiement881(*). Il importe de relever que ces semaines de paralysie ont fait perdre au gouvernement des Etats-Unis 24 milliards de dollars882(*). Dans une réflexion et une analyse, nous pouvons dire que ne serait-ce que ces 24 milliards de dollars auraient, s'ils avaient été injecté au Maghreb, servi à quelque chose dans le processus de démocratisation.

Cette situation de crise, rappelons le, date de 2011, année de la chute des dirigeants Maghrébins entrainés par le printemps arabe. On constate que cette coïncidence n'est pas sans conséquence sur la difficulté qu'ont les Etats-Unis de financer le processus de démocratisation amorcé dans cette partie de l'Afrique. C'est certainement la raison de l'existence d'obstacles spécifiques aux Etats-Unis. Notons néanmoins qu'en 2014, la situation semble s'améliorer, du moins se stabiliser aux Etats-Unis, « l'accord budgétaire entre républicains et démocrates (passé en décembre 2013) devrait limiter un peu l'austérité »883(*). Aussi, « les Etats-Unis se sont jusqu'ici moins mal dépêtrés de la crise que l'Europe, même s'ils sont très loin d'être tirés d'affaire »884(*) car il y a eu une chute brutale de 2,9 % du PIB américain au premier trimestre 2014885(*), suivi néanmoins d'une croissance au troisième trimestre ayant atteint 3,5%886(*), l'évaluation du quatrième étant impossible en ce moment compte tenu du non achèvement de cette période887(*). Ils alternent le chaud et le froid, ce qui limite leurs actions. En plus de la crise, les Etats-Unis, comme la France d'ailleurs, sont soumis à d'autres contraintes.

PARAGRAPHE II : DES CONTRAINTES SPECIFIQUES AUX ETATS-UNIS  ET A LA FRANCE.

Il existe des contraintes spécifiques aux Etats-Unis d'une part et à la France d'autre part. Ce sont la prise en compte de l'opinion publique américaine par le gouvernement de Barack OBAMA (A), contrainte spécifique aux Etats-Unis et une absence de politique africaine de François HOLLANDE, couplée à une décision d'action en retrait en Afrique avec réorientation des actions dans un autre champ (B).

A. La prise en compte de l'opinion publique américaine par le gouvernement de Barack OBAMA

La prise en compte de l'opinion publique américaine par le gouvernement de Barack OBAMA est un obstacle à la poursuite de leurs actions au cours du printemps arabe.

En effet, le choix et la promotion d'un leadership discret, et d'une intervention vite limitée à un rôle de soutien et non de combat, a été fait surtout pour rendre moins visible la participation américaine aux yeux de l'opinion américaine de plus en plus réticente à voir le pays s'engager dans une nouvelle aventure militaire dans un pays musulman, alors que le sentiment isolationniste n'a jamais été aussi élevé depuis un demi-siècle selon une étude du Pew Research Center888(*). Cette situation n'est pas nouvelle WHITAKER S. Jennifer écrivait déjà : « aujourd'hui, la plupart des Américains considéraient comme de la folie pure et simple, l'emploi d'unités combattant n'importe où - ou presque - hors de nos frontières »889(*).

En effet, si le « leadership en retrait », a été et demeure très critiqué par les élites politiques, les experts et les commentateurs de tous bords, il a été en revanche largement validé par l'opinion américaine. C'est ce que montre le Chicago Council on Global Affairs, dont l'étude annuelle sur l'opinion publique américaine en politique extérieure fait référence890(*).

Son édition 2012 a confirmé la lassitude de la population américaine dans son ensemble vis-à-vis de l'aventurisme extérieur de ses dirigeants : 38% des Américains disent même vouloir que « les Etats-Unis restent à l'écart des affaires du monde », le chiffre le plus élevé depuis la première étude en 1947. Ce sentiment est même majoritaire dans la jeune génération (les personnes âgées entre 18 et 29 ans), qui sont 52% à vouloir que leur pays adopte un rôle plus en retrait vis-à-vis du reste du monde, comparé à 35% pour les autres classes d'âge (à l'inverse, les plus favorables à un rôle actif sont les plus de 60 ans). Sans être totalement insensibles à ce qui se passe hors de leurs frontières, les électeurs américains comprennent difficilement les investissements gigantesques engagés dans des opérations extérieures, au détriment souvent de leur propre bien-être891(*).

Enfin, le Chicago Council accorde un chapitre entier à la Libye intitulé « un modèle pour de futures interventions ? »892(*) qui s'interroge sur la perception du fait que les Etats-Unis n'ont pas joué le rôle principal, laissant le leadership à la France et à la Grande-Bretagne. Cette évolution apparaît comme éminemment acceptable pour le public américain : seuls 7% considèrent que Washington aurait dû avoir le premier rôle, tandis que 72% estiment que les Etats-Unis ont fait le bon choix en ne s'impliquant pas en première ligne en Libye (19% pensent que les Etats-Unis n'auraient pas dû participer du tout).

Ainsi tant la division du congrès pendant le vif des interventions893(*), que la prise en compte de l'opinion publique sont des obstacles avec lesquelles le gouvernement américain a dû composer pour mener son intervention en Libye avec en toile de fond l'éviction stratégique de la Chine en Afrique. De même, le Congrès a empêché l'administration OBAMA d'effectuer des investissements dans les infrastructures libyennes894(*).

Dès lors, il s'est certainement posé une question, celle de savoir comment atteindre son objectif sans risquer de perdre la sympathie des concitoyens Américains, potentiels électeurs surtout que l'année 2012 se présentait comme une année électorale au sommet de l'Etat ? Ceci a donné naissance au leadership from behind qui leur permet d'avoir une part dans le partage du gâteau tout en satisfaisant l'opinion publique américaine. La politique étrangère américaine a cherché ses marques entre « un désir de se désintéresser du monde et un besoin de s'en préoccuper»895(*). Elle s'est aussi appesantie sur la sauvegarde de ses intérêts.

B. Absence de politique africaine de François HOLLANDE, décision d'action en retrait et réorientation des actions de la France.

La suite des actions de la France dans le Maghreb démontre l'absence de politique africaine (1), une décision d'action en retrait et une réorientation des actions de cette puissance (2).

1- L'absence de politique africaine de François HOLLANDE.

Il existe une absence de politique africaine de F. HOLLANDE. Elle est accompagnée par un certain « amateurisme » du régime de ce dernier.

Le premier constat à l'arrivée des socialistes au pouvoir en France était le faible niveau de compétence sur la politique africaine, du parti et de son réseau d'intellectuels. Le nouveau gouvernement apprend en avançant896(*). Les objectifs n'ont pas été travaillés et clarifiés correctement en interne, ce qui entraîne des déséquilibres fondamentaux, comme l'absence de discours sur la démocratie897(*). Ceci donne à Régis MARZIN d'affirmer que « la démocratie est oubliée en Afrique »898(*). D'ailleurs, dans la nouvelle configuration dénominationnelle des institutions républicaines françaises, suite au remplacement du ministère de la coopération par un ministère du développement, l'organisation du gouvernement français reproduit maintenant la dénomination européenne, avec division des tâches entre développement et affaires étrangères.

Comme au niveau européen, personne ne semble responsable de la question de la démocratisation. Laurent FABIUS n'a montré aucun désir de travailler sur la démocratisation du continent africain, et le ministre délégué au développement, Pascal CANFIN, ne semble pas autorisé à avancer sur un domaine plus ou moins réservé à ses deux supérieurs899(*). Aussi, le gouvernement semble improviser sa politique étrangère en Afrique en privilégiant uniquement la gestion des crises900(*), tel que nous le verrons plus bas.

2- La décision d'action en retrait en Afrique et la réorientation des actions de la France.

D'abord, pour illustrer la décision d'action en retrait annoncé par la France, nous avons cette déclaration du Président français François HOLLANDE : « les problèmes en Afrique se règlent entre Africains »901(*). En visite en Afrique du Sud en octobre 2013, il a réitéré cette position en reprécisant : « Je l'avais dit, c'était à Dakar, la sécurité des Africains appartient aux Africains. Ce sont eux qui ont à la mettre en oeuvre avec leur organisation, l'Union africaine, et avec les organisations régionales qui en ont la compétence »902(*). Il ajoute : « Je l'ai affirmé plusieurs fois : la sécurité des Africains dépend d'abord des Africains »903(*). Cette précision traduit le « désengagement offensif » de la France, du moins de la France de HOLLANDE actuellement en exercice au poste de Chef de l'Etat français vis-à-vis des problèmes de l'Afrique y compris donc, celui de la démocratisation. Surtout que la démocratie a disparu du discours de la France qui réoriente ses actions.

Ensuite, l'alternance politique en France a créé une attente de progrès dans la politique étrangère africaine. Des perspectives s'ouvraient en termes de soutien de la démocratisation du continent africain. Le déclenchement du conflit malien a déplacé les enjeux sur la gestion des conflits, entrainant de fortes incertitudes sur les choix stratégiques du nouveau gouvernement en France. Si le voile ne s'est pas levé, l'intervention militaire au Mali permet de commencer à mieux cerner les orientations de la politique française, au regard des réalités904(*).

Le discours de François HOLLANDE aux ambassadeurs en fin août 2012 était très en retrait sur des objectifs tels que la démocratie par rapport à celui de SARKOZY en 2011905(*). On a ainsi vu la France très engagée dans le conflit au Mali, situation qui s'inscrit dans sa nouvelle logique militaire qui place l'armée aux premières loges de la stratégie Hollandienne.

Il importe de relever que, depuis 2012, les affaires militaires ont beaucoup envahi le champ des affaires étrangères, que ce soit à l'Assemblée ou au Ministère des affaires étrangères. Si l'on sait peu de chose sur ce ministère en dehors de quelques confidences recueillies par des journalistes906(*), les débats à l'Assemblée sont publics et montrent un fort débordement des logiques militaires dans le champ des affaires étrangères. Le parlement précédent ne parlait que très peu de l'Afrique et celui-ci l'aborde très souvent sous l'angle fourni par le lobby militaire.

Quel écart entre les discours de 2011 et les faits depuis la chute des dirigeants Maghrébins! On parlait d'accompagner la démocratisation au Maghreb, aujourd'hui, les orientations d'actions sont différentes. Il nous incombe cependant de relever que les grandes puissances ne sont pas les seules à être responsables de l'échec des objectifs du printemps arabe. Plus qu'à d'autres époques, la stratégie de la France, comme celle de ses alliés, doit faire face à des dilemmes907(*).

SECTION II : LES CONTRAINTES EXTERIEURES AUX GRANDES PUISSANCES.

Les contraintes extérieures aux grandes puissances sont relatives à l'UA (paragraphe 1). Elles concernent aussi les pays touchés par le printemps arabe et s'articulent autour de plusieurs éléments qui s'organisent en facteurs (paragraphe 2) qui sont suivis par des effets (paragraphe 3) qui bloquent l'émergence de la démocratie au Maghreb, du moins en Libye et en Egypte.

PARAGRAPHE I : L'UA, OBSTACLE A LA STRATEGIE DES GRANDES PUISSANCES.

Les grandes puissances ont dû obstruer les actions de l'UA et même aller au-delà en négligeant cette Institution africaine afin de surmonter cet obstacle.

L'Afrique est « généralement considérée comme un destinataire, plutôt qu'un contribuant, du développement du droit international »908(*). Dans cette veine, l'intervention militaire en Libye fut révélatrice de « l'humiliation » des acteurs africains dans la négociation internationale909(*). Contrairement à la situation avec les autres entités, les jeux des grandes puissances, notamment celles très actives, ont consisté à ne pas coopérer avec l'UA, certainement parce que les approches étaient différentes voire opposées. Pendant qu'elles avaient mis à prix la tête de Mouammar al-KADHAFI, l'UA prônait une résolution pacifique du conflit libyen. En effet, l'Union Africaine a pris ses distances à l'égard de l'intervention de la coalition, elle prône, à travers son secrétaire général Jean PING, un cessez le feu, il déclare « dès que des femmes et des enfants sont tués on est loin de la responsabilité de protéger »910(*). Il propose de rechercher une « solution africaine », mais sans que le départ de KADHAFI soit avancé comme préalable911(*).

C'est ce que la France essaye de faire dans un trompe l'oeil lorsque son ministre de la défense déclare : « nous avons arrêté la main qui avait frappé. Il va falloir se mettre maintenant autour d'une table »912(*). Il semblait annoncer qu'un dialogue était en préparation entre les parties prenantes au conflit libyen tel que le veut l'UA. Néanmoins, la France et les alliés ont continué à bombarder la Libye jusqu'à la mort de Mouammar KADHAFI le 20 octobre 2011. Il y a eu « éclipse sur l'Afrique » par la mise au ban de l'UA par les P3 (France, Royaume Uni, Etats-Unis)913(*). Aussi, la plupart des puissances étrangères ont mis en place leurs propres dispositifs sécuritaires sur le continent africain sans que ceux-ci s'intègrent à l'APSA (Architecture Africaine de Paix et de Sécurité)914(*).

De façon générale, l'UA a été méprisée dans la conduite du printemps arabe. S'exprimant à ce sujet, le président Paul BIYA déclare « je regrette que notre organisation continentale (L'Union Africaine) n'ait joué qu'un rôle secondaire dans le traitement de ces crises où les grandes puissances étaient au premier plan »915(*). Le président Jacob ZUMA confirme cet état de chose lorsqu'il affirme «ceux qui ont la puissance de bombarder d'autres pays ont saboté les efforts et les initiatives de l'UA pour trouver une solution à la crise en Libye »916(*).

La fiabilité, la crédibilité et l'autorité de l'U.A. ont été mises à mal par les récentes crises dont celle de la Libye. La feuille de route proposée par l'UA pour résoudre la crise libyenne n'a pas reçu l'attention appropriée par la communauté internationale (y compris les grandes puissances), et a plutôt été critiquée917(*). Aussi, les protestations populaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont été perçues comme un « printemps arabe », plutôt que comme une problématique africaine. Cette perception a été alimentée par le manque de consultation entre les dirigeants africains et européens (dont ceux de la France et de la Grande-Bretagne) sur la question918(*).

Les grandes puissances ont simulé prendre en compte le point de vue des africains. Pour la France, par exemple, s'engager au-delà de la présence de quelques « conseillers » militaires serait le début d'un engrenage vers une intervention qui dépasserait nos moyens et ne serait pas acceptée par le Conseil de Sécurité. Elle serait interprétée, aussi bien dans le monde arabe qu'en Afrique, comme la marque d'une volonté d'ingérence d'une ancienne puissance coloniale919(*). Cette allégation française est très loin de la réalité car sur le terrain on a remarqué autre chose. Les forces alliées et celles françaises avec, ont bombardé la Libye pour réduire à néant les troupes de KADHAFI, permettant ainsi aux insurgés de le renverser. L'U.A. s'est d'ailleurs plainte de ce que les pays occidentaux minent ses efforts pour trouver une solution continentale au conflit libyen. « J'aimerais souligner que la poursuite d'autres efforts en Libye, par des acteurs non africains, a eu des répercussions sur la mise en oeuvre de la feuille de route de l'U.A. », a déclaré le commissaire de l'Union pour la paix et la sécurité, Ramtane LAMAMRA, aux ministres des Affaires étrangères africains réunis à Addis-Abeba920(*). Il poursuit en déclarant « des efforts ont été faits pour marginaliser une solution africaine à la crise »921(*).

La présence de l'UA n'a pas empêché la mort de M. KADHAFI. Elle se situe dans le cours de la guerre. Quoique surmontée, elle se trouve en amont d'autres facteurs qui continuent à bloquer l'émergence de la démocratie.

PARAGRAPHE II: LES FACTEURS OBSTRUANT L'INSTAURATION DE LA DEMOCRATIE AU MAGHREB.

Des trois pays maghrébins touchés par le printemps arabe, avec pour revendication entre et autre l'instauration de la démocratie, la Tunisie a réussi à y arriver avec l'adoption d'une constitution qui répond aux attentes des puissances. Sélim Ben ABDESSELEM922(*) atteste cette avancée. Son article est sous-titré : « Tunisie : le « grand bond en avant »... démocratique ! ».

Il écrit : « au terme d'un processus long de plus de deux ans, l'Assemblée nationale constituante (ANC) élue le 23 octobre 2011 a parachevé la Constitution de la Seconde République tunisienne »923(*) ! La Constitution a été votée le 26 janvier 2014 avec 200 voix pour (soit largement plus de la majorité des deux-tiers requise pour son adoption selon les termes de la loi dite d'organisation provisoire des pouvoirs publics), 12 contre, 4 abstentions. Un élu étant décédé la veille du vote sans qu'il n'ait pu être remplacé, il n'y a eu que 216 votants alors que l'ANC comptait 217 sièges. La Loi fondamentale a été officiellement signée le 27 janvier 2014 par les présidents de la République, du Gouvernement et de l'ANC924(*).

Il ajoute: « la Tunisie dispose d'une nouvelle constitution, adoptée par une assemblée élue. Peu avant ce vote solennel et historique, l'ANC avait achevé la mise en place de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), chargée de superviser la préparation et le déroulement des opérations électorales et référendaires925(*), ce qui peut laisser espérer des élections pour la fin 2014 »926(*). Le choix de confier la supervision des opérations électorales et de leur préparation à une instance indépendante et non plus au ministère de l'Intérieur avait été fait dès le lendemain de la Révolution pour les élections du 23 octobre 2011 et a été entériné par la constitution avec la constitutionnalisation de cette instance et de ses prérogatives (article 126)927(*).

Il continue : « la Tunisie, avec l'adoption de sa constitution, la mise en place de l'ISIE et la désignation du nouveau gouvernement de compétences indépendantes, a sans aucun doute marqué des points en vue de la reconquête au moins partielle de sa crédibilité sur la scène internationale en donnant une visibilité à ses partenaires potentiels. Ceci même si la plupart des indicateurs économiques et sociaux demeure dans le rouge comme en témoigne la baisse continue de la note souveraine par les agences de notation »928(*).

François HOLLANDE s'est rendu dans le pays affirmant se déplacer pour « célébrer un succès, un évènement positif et important »929(*). Une élection présidentielle s'y est d'ailleurs déroulée le 23 novembre 2014.

Pour ce qui est des deux autres pays à savoir la Libye et l'Egypte, le chemin est encore long et parsemé de plusieurs embûches. Pour donner à voir clairement sur ces embûches, nous les présenterons en fonction de ces deux pays. C'est ainsi que nous avons des facteurs propres à l'Egypte (A) et des facteurs propres à la Libye (B).

A. Les facteurs propres à l'Egypte.

Les facteurs propres à l'Egypte obstruant l'instauration de la démocratie sont la mal gouvernance (1), l'armée (2) et le déficit financier (3).

1- La mal gouvernance

C'est un truisme que de rappeler que la mal gouvernance est l'opposé de la bonne gouvernance. Mal et bonne sont des adjectifs qui qualifient la gouvernance, une notion aux définitions multiples et une notion inachevée930(*). Ce faisant, la définition de la mal gouvernance se fait à contrario de celle de la bonne gouvernance qui fait l'objet de nombreuses clarifications931(*). Ses principes932(*) sont nombreux et tournent autour de la légitimité politique et l'imputabilité, la liberté d'association et la participation, l'existence d'un système judiciaire fiable, la responsabilisation des bureaucraties, la liberté d'information et d'expression, la gestion efficace et efficiente du secteur public et une coopération avec les organisations de la société.

B.J. NDULU utilise le terme de gouvernance au sens de gouvernement, comme si cette notion lui permettait de critiquer les Etats sans pour autant remettre explicitement en cause leur souveraineté933(*). Cette appréhension de la gouvernance dans le sens de gouvernement nous captive en ceci qu'elle nous donne de nous intéresser aux institutions chargées d'administrer en Egypte.

Il faut s'intéresser à la bonne gouvernance du fait qu'une saine conduite des affaires publiques est cruciale dans la période de bouleversements actuelle934(*).

La gouvernance sera bonne ou mauvaise en fonction de la capacité des gouvernants et des administrations à respecter des principes qui favorisent l'adhésion et la participation de l'ensemble des acteurs de la société civile aux politiques qui les concernent935(*). Mesurer la gouvernance est une entreprise difficile mais indispensable à l'instauration d'un processus démocratique936(*).

L'application des principes de la bonne gouvernance aux cas de l'Egypte permet de se rendre à l'évidence de l'existence de plusieurs entorses à ceux-ci, toute chose qui détermine la mal gouvernance.

Elle est caractérisée par les violations des droits de l'homme (a) d'une part et d'autre part par la dissolution des partis politiques (b).

a- Les violations des droits de l'Homme.

Au travers de l'obstruction à la liberté d'association, d'expression les violations en Egypte sont perceptibles tant dans la période post-MOUBARAK que dans celle post- MORSI.

- Les violations de la période post MOUBARAK.

Dans le rapport du 22 novembre 2011 intitulé Broken Promises: Egypt's Military Rulers Erode Human Rights, Amnesty International rend compte du bilan déplorable en matière de droits humains du Conseil suprême des forces armées, à la tête du pays depuis la chute de l'ancien président Hosni MOUBARAK au mois de février 2011.

Le CSFA fait comparaître des milliers de civils devant les tribunaux militaires, en réprimant les manifestations pacifiques et en élargissant le champ d'application de la législation d'urgence, ce faisant, « le Conseil Suprême des Forces Armées perpétue la tradition du régime répressif que les manifestants du 25 janvier 2011 ont combattu si ardemment »937(*). Ainsi, on pourrait dire que ceux-ci ne sont pas encore sortis de l'auberge.

Le bilan en termes de droits humains du Conseil Suprême des Forces Armées, après neuf mois à la tête de l'Egypte, montre que les objectifs et les aspirations de la Révolution du 25 janvier 2011 ont été écrasés. La réponse des autorités du CSFA aux manifestants est brutale et autoritaire. Elle présente toutes les caractéristiques de l'ère MOUBARAK.

En examinant ce bilan, Amnesty International a mis en avant que le Conseil Suprême des Forces Armées n'avait guère tenu les engagements souscrits lors de nombreuses déclarations publiques et avait même aggravé la situation dans certains domaines938(*).

En août 2011, il a reconnu que près de 12 000 civils dans le pays avaient comparu devant des tribunaux militaires, et ce dans le cadre de procès manifestement iniques. Au moins 13 d'entre eux ont été condamnés à mort.
Les accusés sont notamment inculpés de « brutalité », « non-respect du couvre-feu », « dégradation de biens » et « insulte à l'armée »939(*).

La censure n'a pas épargné le monde médiatique. Ainsi, dans le but évident de censurer toute information négative sur le CSFA dans les médias, de nombreux journalistes de radio et de télévision ont été convoqués par le procureur militaire. En raison des pressions exercées par les militaires, plusieurs actualités majeures passent sous silence940(*).

Le 9 octobre 2011, près de 28 personnes auraient été tuées après que les forces de sécurité ont dispersé un rassemblement organisé par les chrétiens coptes. Des soignants ont rapporté à Amnesty International que les blessés présentaient notamment des blessures par balle et des membres écrasés, les soldats ayant roulé à grande vitesse sur les manifestants à bord de véhicules blindés. Au lieu d'ordonner l'ouverture d'une enquête indépendante, l'armée a annoncé qu'elle dirigerait elle-même les investigations et a agi rapidement en vue d'éradiquer toute critique941(*). Amnesty International a déclaré qu'elle avait eu connaissance d'informations concordantes selon lesquelles les forces de sécurité faisaient appel aux baltagiya (bandits armés) afin d'attaquer les manifestants. Cette stratégie bien connue était employée sous le régime de Hosni MOUBARAK942(*).

D'autre part, la torture en détention se poursuit depuis que les militaires sont à la tête du pays. Amnesty International s'est entretenue avec des prisonniers qui ont déclaré avoir été torturés alors qu'ils étaient détenus par l'armée943(*). Le Conseil Suprême des Forces Armées a promis de mener des enquêtes, dans le but de faire taire les critiques dénonçant de graves violations des droits humains, mais n'a pas tenu ses promesses. A la connaissance d'Amnesty International, aucun auteur présumé de ces violations n'a été déféré à la justice944(*).

La démocratie ne peut s'instaurer dans les conditions sus-évoquées. C'est pourquoi Amnesty International conclut son rapport en précisant : « afin que l'on assiste à une véritable transition vers la nouvelle Egypte, que les manifestants réclament, le Conseil suprême des forces armées doit relâcher son emprise sur la liberté d'expression, d'association et de réunion, lever l'état d'urgence et cesser de traduire les civils devant des tribunaux militaires »945(*). Ces violations se sont poursuivies après la chute de Mohamed MORSI.

- Les violations de la période post-MORSI.

On pourrait penser que les violations n'étaient effectives que pendant l'année 2011 qui a vu en février la chute d'Hosni MOUBARAK que non. On a assisté à des répressions brutales, à l'obstruction de la liberté d'association, à la liberté de presse.

Il y a en Egypte des répressions brutales. A cet effet, en mars 2014, 28 pays, dont la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, ont adressé une déclaration commune au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU pour dénoncer «l'usage disproportionné de la force létale par les forces de sécurité (égyptiennes) contre les manifestations, qui a fait de nombreux morts et blessés»946(*). Depuis que l'armée a destitué et arrêté il y a huit mois le président islamiste Mohamed MORSI, policiers et soldats répriment sévèrement toute manifestation de l'opposition, en particulier islamiste947(*). Ceci traduit l'absence de liberté d'opinion pourtant la pluralité d'opinions est un principe de la démocratie948(*).

Après l'éviction de Mohamed MORSI, plus de 1400 de ses partisans ont été tués au cours d'une implacable répression qui s'est également soldée par plus de 15 000 arrestations. En outre, des centaines de peines de mort ont été prononcées à l'issue de procès expéditifs condamnés par la communauté internationale949(*)

M. MORSI, tout comme la majorité de la direction des Frères musulmans, se trouve derrière les barreaux et risque la peine de mort dans plusieurs procès950(*)

Ces données sur la situation des Droits de l'Homme, qui se présentent comme un acquis de la démocratie, sont confirmées par Amnesty International. Selon cette organisation mondiale, depuis cette période, au moins 1 400 personnes ont été tuées et des milliers d'autres emprisonnées. En outre, plusieurs figures des mouvements de la jeunesse et de la révolte de 2011 ont été incarcérées951(*).

Plusieurs journalistes ont aussi été incarcérés et torturés pour des raisons inavouées. C'est le cas de trois journalistes d'Al-Jazeera. Arrêtés le 29 décembre 2013, les trois journalistes ont été détenus des semaines dans des conditions difficiles. Isolement, cellules infectées d'insectes952(*). Au total, 20 personnes, dont 8 incarcérées, sont mises en cause. 16 Egyptiens, accusés d'«appartenance à une organisation terroriste» et «d'atteinte à l'unité nationale», et 4 étrangers, pour collaboration avec ce «groupe terroriste» en lui fournissant argent, équipement et informations953(*). La question que l'on est en droit de se poser est celle de savoir si ces accusations sont fondées.

En tout état de cause, elle rentre dans la vague de répression que dénonce l'interpellation de l'ONU par le groupe des 28 pays. D'ailleurs, les autorités égyptiennes rejettent ces accusations. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a «fermement protesté» contre cette déclaration à l'ONU, exprimant aux ambassadeurs de ces pays «le refus catégorique de l'Egypte de toute ingérence»954(*). Hazem Seif El-NASR, chef des Affaires européennes au sein du ministère est allé plus loin en accusant les 28 pays signataires de la déclaration d'avoir omis «de mentionner les avancées réalisées par l'Egypte vers une transition démocratique»955(*).

Pour les autorités égyptiennes, tout est sur la bonne voie et certainement à leur avis, les arrestations qu'elles pratiquent ont pour but de parfaire le chemin vers la démocratie.

Outre la répression, les 28 pays évoquent aussi dans leur déclaration des inquiétudes quant à la liberté d'expression, d'association et de se rassembler pacifiquement en Egypte956(*). Ils y exhortent enfin les autorités à «garantir un environnement sans discrimination et des élections transparentes, crédibles et ouvertes à l'observation internationale»957(*).

Cette demande est d'ailleurs légitime, elle n'a pas tardé à se faire constater. Il convient de relever que les autorités militaires égyptiennes fragilisent les institutions de la démocratie notamment les partis politiques. Elles interdisent à certaines personnes de se présenter aux élections. C'est le cas des anciens pro-MOUBARAK958(*). Une interdiction à des personnes non déchues de ce droit par une décision de justice, de se présenter à une élection est assurément anti-démocratique. Car, « l'état de démocratie garantit que les processus d'accession au pouvoir et d'exercice et d'alternance du pouvoir permettent une libre concurrence politique et émanent d'une participation populaire ouverte, libre et non discriminatoire, exercée en accord avec la règle de droit, tant dans son esprit que dans sa lettre »959(*). De même, il n'ya pas de liberté d'opinion. Tout mouvement de contestation du nouveau pouvoir (militaire bien sûr) est interdit960(*).

Enfin, la violation du droit à un procès équitable. Les premières condamnations à mort le 24 mars 2014, dans un procès expéditif après une seule journée d'audience, avaient provoqué un tollé dans la communauté internationale dans ce que l'ONU avait dénoncé comme le plus grand procès de masse de l'Histoire récente dans le monde961(*).

Cette dénonciation tient en ceci qu'elle dénote de la barbarie judiciaire, preuve que la démocratie et son corollaire le respect des droits humains et notamment le droit à un procès équitable ne sont pas respectés. Comment peut-on condamner des gens à mort à l'issue d'un procès tenu en une journée ?

Fait révélateur de cette bassesse judiciaire, «  ces condamnations à mort en première instance n'ont toutefois aucune chance d'être confirmées en appel selon les experts unanimes, tant la procédure judiciaire et les droits les plus élémentaires de la défense ont été bafoués par le juge »962(*). D'ailleurs, le juge qui les avait prononcées le 24 mars 2014 contre 529 accusés les a commuées en prison à vie le 31 mars de la même année pour 492 d'entre eux963(*). Certainement parce qu'il s'est rendu compte de la gravité de sa bassesse. La répression a eu pour effet d'éloigner le peuple de la participation politique. Elle a entrainé son désintérêt pour celle-ci et c'est là un autre frein à l'instauration de la démocratie en Egypte. Nous y reviendrons plus loin dans nos développement.

En somme, Al-SISSI, excellent stratège despotique, a bel et bien mis la transition démocratique échec et mat964(*). Bien même, en dépit de la reconnaissance d'un certain nombre de droits de l'Homme et de l'introduction de garanties en la matière dans la nouvelle Constitution égyptienne, les évolutions récentes ont révélé que les institutions publiques continuent de violer les droits de l'Homme de manière flagrante965(*). Nous pensons que les grandes puissances devraient, si elles tiennent tant à l'instauration de la démocratie, rappeler à ces institutions leurs obligations légales sur le plan national et international et demander au nouveau président et au gouvernement de donner la priorité à la protection et à la promotion des droits de l'Homme.

La place accordée à la liberté d'expression, de réunion et d'association ne cesse de s'amoindrir966(*). En effet, des personnalités de l'opposition, des activistes politiques, des journalistes, des défenseurs des droits de l'Homme, des partisans modérés du président destitué Mohamed MORSI et d'autres dissidents continuent à être emprisonnés.

Les défenseurs des droits de l'Homme et les activistes de la société civile continuent à faire l'objet de poursuites judiciaires arbitraires967(*). Le 11 juin 2014, le système judiciaire égyptien a servi une nouvelle fois à réduire les dissidents au silence. Dans ce sillage, le célèbre activiste égyptien Alaa Abdel FATTAH et 24 autres militants ont été accusés d'avoir enfreint la loi égyptienne sur les manifestations et ont été condamnés à 15 ans de prison, cinq ans de surveillance policière à leur sortie de prison et une amende d'environ 10 327 €968(*). Dans ces conditions, comment intéresser le peuple ? En plus des violations des droits de la personne humaine, la poursuite de l'intérêt général est mise de côté. La mal gouvernance se traduit aussi par la dissolution des partis politiques.

b- La dissolution des partis politiques.

La démocratie rime avec le système multipartisan969(*), en Egypte on assiste plutôt à la dissolution des partis politiques.

Dans ce sens, on a noté la dissolution de la branche politique des Frères Musulmans. En effet, la plus haute Cour administrative d'Egypte a prononcé le 09 août 2014 la dissolution du Parti Liberté et Justice, la branche politique de la confrérie des Frères musulmans, déclarée « organisation terroriste » en 2013 après la destitution par l'armée du président issu de ses rangs, Mohamed MORSI970(*), le seul président jamais élu démocratiquement en Egypte971(*). Pourtant il faut relever que « (...) les droits civils et politiques sont essentiels, et plus particulièrement, le droit de voter et d'être élu, le droit à la liberté d'expression et de réunion, l'accès à l'information, et le droit de constituer des partis politiques et de mener des activités politiques (...) »972(*).

Avant la destitution et l'arrestation de Mohamed MORSI, le parti Liberté et Justice avait remporté toutes les élections depuis sa création en 2011 au lendemain de la révolte populaire ayant chassé du pouvoir Hosni MOUBARAK. Depuis, le nouveau pouvoir réprime dans un bain de sang les Frères musulmans973(*). Eux qui ont été démocratiquement portés aux hautes fonctions étatiques.

Il convient de relever qu'après les destitutions de H. MOUBARAK ou encore de M. MORSI, le pouvoir a été exercé par l'armée, véritable obstacle à la démocratisation.

2- L'armée, obstacle à la démocratisation.

Les dirigeants militaires de l'Egypte n'ont absolument pas tenu les promesses faites aux Egyptiens en matière de respect des droits humains et se sont rendus responsables d'une longue liste de violations de ceux-ci qui, dans certains cas, ont surpassé le bilan de Hosni MOUBARAK, écrit Amnesty International dans un rapport rendu public le 22 novembre 2011974(*). On note plusieurs vices : censure médiatique,  justice « sans justice », tortures, dissolutions de partis politiques... réalités qui sont contre la bonne gouvernance qui demande, qui nécessite un système politique pluraliste et tolérant une presse libre, une justice libre, accessible à tous, efficace, crédible, garante de l'Etat de droit et de la sécurité juridique et judiciaire. L'armée agit avec un objectif (a) et son alliance avec les Etats-Unis est un ferment de ses agissements (b), ce qui conduit à l'instabilité politique (c).s

a- La préservation de sa suprématie : objectif poursuivi par l'armée.

L'armée égyptienne se présente comme un véritable obstacle à la démocratisation de l'Egypte du fait du désir de préserver sa suprématie. Sophie BESSIS estime qu'elle a fait cadeau de MOUBARAK au peuple égyptien pour mieux garder le contrôle du processus975(*). Il est important de relever qu'en Egypte l'armée est le premier propriétaire terrien, le premier entrepreneur, et l'on ne compte plus le nombre de sociétés dirigées par des généraux976(*). Akram BELKRAÏD le redoutait déjà lorsqu'il déclare : « tous les événements qui se sont déroulés depuis le début de l'année 2011 peuvent déraper, y compris en Egypte où l'armée a l'intention de gérer les affaires du pays »977(*). En effet, l'armée égyptienne est qualifiée d' « anti-démocratie ». A ce titre, c'est toute leur suprématie que le processus démocratique du printemps arabe menaçait. L'armée égyptienne, profondément anti-démocratique n'a jamais accepté et n'acceptera jamais l'idée même de démocratie978(*).

D'un autre point de vue, la démocratie nécessite au titre de ses principes l'exercice du pouvoir politique par les civils. Ceci n'est pas une réalité en Egypte. La présence de Mohamed MORSI a d'ailleurs été perçue comme une menace pour l'armée, surtout pour sa suprématie. «  La façon dont MORSI se débarrassa du Conseil suprême des forces armées en juillet-août 2012 et mit à la retraite, sans ménagement, le chef des armées le maréchal Hussein TANTAOUI, leur prouva qu'il avait bien l'intention de mettre l'institution militaire, jusque-là souveraine, sous la coupe du pouvoir civil (...). Enfin, MORSI n'était pas de ceux qui allaient se plier aux menaces, tentatives de corruption ou chantage de l'armée »979(*). Toutes ces tendances ont amené l'armée à renverser le président MORSI, replongeant l'Egypte dans une situation non démocratique.

Déjà après la chute de Hosni MOUBARAK, c'est le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) qui a exercé le pouvoir de transition. Le pouvoir a toujours été assumé par les militaires après la chute de Mohamed MORSI. Dans l'exercice du pouvoir, les dirigeants du CSFA n'ont pas permis aux populations égyptiennes d'exercer leurs droits, ce qui est une revendication que celles-ci faisaient déjà lors des événements qui ont conduit à leur victoire du 11 février 2011, aidés en cela par les puissances.

Le Conseil Suprême des Forces Armées qui a dirigé le pays depuis la chute de MOUBARAK, ne semble pas prêt à lâcher les rênes du pouvoir. Il a pris la décision de dissoudre le Parlement dominé par les islamistes et les fondamentalistes salafistes980(*). Ceci avant le second tour de l'élection présidentielle de 2012. Le CSFA avait déjà fait savoir sa détermination à conserver son influence. Le 7 décembre 2011, les militaires ont organisé une conférence de presse pour annoncer aux correspondants des médias internationaux que, « l'Egypte vivant les premières étapes de sa démocratie, le Parlement n'est pas représentatif de tous les pans de la société », ajoutant qu'ils étaient déterminés à faire face à la vague salafiste981(*).

L'armée ne s'est pas fait prier lorsque la Haute cour constitutionnelle a prononcé l'invalidation du scrutin législatif organisé fin 2011, pour cause de vice juridique dans la loi électorale. Faute de députés, l'armée récupérait le pouvoir législatif et le contrôle des finances publiques en attendant de nouvelles élections, à une date encore inconnue, selon des sources militaires982(*).

Les dirigeants militaires ont «anéanti» les espoirs de la Révolution du 25 janvier 2011. Ils ont été accusés de perpétrer les violations commises sous le régime de MOUBARAK983(*). Ils se servent du financement à eux alloué par les Etats-Unis pour asseoir leur domination et perpétuer les violations dont ils sont coupables.

b- Effets pervers du financement des Etats-Unis.

Le financement de l'armée égyptienne par les Etats-Unis est un véritable coup de massue à l'instauration de la démocratie en Egypte. C'est un facteur déterminant dans la non atteinte des objectifs du printemps arabe en Egypte. Il a pour principal effet d'entretenir l'instabilité. De l'avis de plusieurs, il obstrue l'avancée démocratique. Comme MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria984(*), nous nous demandons si l'aide américaine doit continuer car elle a un effet très pervers sur l'instauration de la démocratie. Elle plombe le processus démocratique en Egypte.

Mettre fin à la grande « générosité » des Etats-Unis envers les militaires d'Egypte pourrait produire une restructuration politique dont le pays a impérieusement besoin.
L'armée continue d'exercer un pouvoir sans véritable limites dans l'Egypte post 11 février 2011.

A la mi-avril 2011 par exemple, un tribunal militaire a condamné le militant politique MAIKEL Nabil à trois ans de prison pour insulte à l'armée985(*). Quatre jours avant son arrestation, les forces de sécurité au Caire ont abattu deux manifestants et arrêté des dizaines d'autres pour avoir violé le couvre-feu national et une interdiction de manifester986(*). Tout ceci traduit le zèle avec lequel l'armée s'emploie dans l'administration du pays. Fort du soutien dont elle bénéficie des Etats-Unis, elle administre à sa guise, foulant du pied, au passage les droits démocratiquement reconnus et acquis par et pour les grandes puissances tel que présenté plus haut. On se souvient déjà que c'est avec elle que les Etats-Unis ont négocié la sortie de Hosni MOUABARAK987(*).

Ce système « néo-prétorien »988(*), emprunte son nom à la Garde prétorienne de Rome, qui dans les temps anciens a été une unité d'élite impériale attachée directement à l'empereur. Sous le règne du prétorianisme, comme pouvait l'expliquer le politologue Amos PERLMUTTER, une force militaire supérieure en capacités organisationnelles se substitue à celle d'un leadership civil dysfonctionnel. Dans certains cas, comme la Turquie kémaliste, l'armée a protégé la constitution pour remettre par la suite les rênes du pays à un régime civil. En Egypte, l'armée semble hésiter à retourner dans ses casernes989(*). Pourtant, là est sa place. Elle doit se contenter d'intervenir en temps de guerre.

Le généreux appui matériel de Washington (1,5 milliard de dollars par an, dont plus de la moitié doit être dépensée en équipement américain) produit un désastre criant. Il soutient un régime qui maintient son autorité par la négation de la liberté d'expression, les emprisonnements arbitraires, la répression sauvage et la torture routinière. Il diminue les incitations pour des réformes essentielles, alors que les membres du corps dirigeant de l'armée supposent que l'aide américaine est suffisante pour perpétuer leur emprise sur le pouvoir. Il génère également la dépendance, la corruption généralisée et le déclin de l'Etat civil990(*). Nous savons pourtant que la liberté d'expression, le droit à un procès équitables, contrairement aux emprisonnements arbitraires ou encore la torture routinière, sont des valeurs promues par la démocratie.

La question de la suppression de l'aide américaine à l'armée égyptienne fait l'objet d'une controverse car pour certains elle s'attaque aux intérêts américains. Assurément, si les Etats-Unis ne signent pas d'alliance stratégique de défense avec le continent africain dans son ensemble, ils concluent cependant des accords de coopération militaire avec quelques pays, stratégiquement localisés en bordure des détroits, tel l'Egypte991(*) afin de garantir leurs intérêts. Ceci et d'autant plus vrai qu'il convient de rappeler que les intérêts sont des éléments qui construisent les actions des acteurs. Robert GILPIN évoque le facteur économique comme élément de base des luttes sur la scène internationale992(*). Pour survivre dans la « jungle » que représente le système international, et même assurer son hégémonie, un Etat a besoin de ressources.  Nous ajoutons qu'il a besoin de facilités.

Les opposants à la réduction de l'aide américaine à l'Egypte soutiennent qu'une telle mesure porterait atteinte à plusieurs intérêts stratégiques des Etats-Unis. Ils font allusion à la paix israélo-égyptienne, à l'accès maritime des Etats-Unis au canal de Suez, et à la coopération entre les Etats-Unis et l'Egypte pour le renseignement993(*).

Pour ceux-ci, cette aide qui se veut stratégique doit être pérenne pour assurer la survivance de ces intérêts. Toutefois elle est un frein pour le processus de démocratisation en Egypte. Pour cela, nous concluons avec MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria que, « dans le pays, la puissante armée de l'Egypte n'est pas - et ne peut être - un agent de la révolution. Supprimer progressivement une aide militaire américaine importante et très visible permettrait d'abattre un obstacle majeur à la réforme dans ce pays. Cela contribuerait également à renforcer la crédibilité de l'Amérique en tant que porte-parole d'une véritable démocratie et de la liberté économique dans le monde musulman »994(*). Ce qu'ils ne sont pas réellement car ils tiennent un discours contraire aux actes qu'ils posent. D'ailleurs, ils avaient juste céder aux pressions et à la témérité des Egyptiens pour resserrer l'étau contre Hosni MOUBARAK afin, qu'il ne quitte le pouvoir.

Les éditoriaux de la presse américaine qualifient ouvertement l'administration OBAMA de « complice » de la tuerie insensée de la semaine du 16 août 2013 en Egypte, une tâche de sang sur le bilan diplomatique déjà passablement contestable du prix Nobel de la paix avant l'heure995(*). Cette tuerie qui non seulement expose les civils mais aussi empêche l'expression de la démocratie. Le département d'Etat ayant pourtant affirmé le 24 septembre 2012 que soutenir la transition démocratique du pays était une priorité pour le gouvernement américain996(*). Quel écart entre le discours et les faits! Ces actions conduisent à l'instabilité.

c- L'armée, auteur de l'instabilité politique en Egypte.

Comme mentionné plus haut l'instabilité politique en Egypte est liée à la forte présence de l'armée dans les sphères du pouvoir dans le pays. C'est la conséquence du financement des Etats-Unis.

Le coup d'Etat contre Mohamed MORSI est la preuve de l'instabilité politique en Egypte. Elle découle de la forte présence de l'armée dans les sphères du pouvoir, c'est une conséquence de la protection par celle-ci de sa suprématie.

L'instabilité est marquée par le caractère très éjectable du fauteuil présidentiel. En fait après la chute du Président Hosni MOUBARAK, des élections se sont déroulées en 2012 et ont vu l'élection de Mohamed MORSI au poste de Président de la République. Seulement, à peine est-il installé au fauteuil présidentiel que déjà la grogne recommence dans les rues. «L'Egypte entre dans une nouvelle révolution car notre intention n'était pas de remplacer un dictateur par un autre»997(*), expliquait le manifestant Mohamed al-GAMAL, faisant référence aux révoltes de février 2011 qui ont renversé Hosni MOUBARAK, le prédécesseur de Mohamed MORSI. Les nouveaux pouvoirs annoncés par le président égyptien foulent l'Etat de droit et annoncent une nouvelle ère de répression998(*), affirmait Amnesty International dans un communiqué.

Fort de cette réalité, un groupe est né, le mouvement révolutionnaire Tamarrod999(*). Ce mouvement s'est attelé à organiser les manifestations contre M. MORSI et à rechercher la légitimité de leur revendication. C'est le mouvement Tamarrod qui a organisé la mobilisation pour appeler à une élection présidentielle anticipée et au départ du président Mohamed MORSI1000(*). Les organisateurs de la campagne Tamarrod affirment ainsi que leur pétition avait recueilli plus de 22 millions de signatures : « nous avons recueilli 22.134.465 signatures pour notre pétition », a déclaré le porte-parole de Tamarrod, Mahmoud BADR, lors d'une conférence de presse à la veille de la manifestation générale devant le palais présidentiel1001(*).

Dans un effort de résistance, on a assisté à une opposition entre pro-MORSI et anti-MORSI. Dans le vif de cet affrontement, le Président M. MORSI a été renversé par un coup d'Etat militaire que le Secrétaire d'Etat américain John KERRY a qualifié de « bon pour la démocratie ». Il a en effet déclaré : «les militaires rétablissaient la démocratie »1002(*). S'inquiétant de la situation, la France a appelé les autorités égyptiennes à rétablir l'ordre. A ce sujet, devant les ambassadeurs en août 2013, François HOLLANDE déclare : « nous appelons les autorités égyptiennes à rétablir au plus vite la paix civile et à aller vers de nouvelles élections avec l'ensemble des parties prenantes de la société. La France est disponible pour contribuer avec d'autres à une médiation »1003(*).

Peut être, comme l'a déclaré J. KERRY, ce coup d'Etat est bon pour la démocratie. Toutefois, pour nous, il crée une instabilité en ceci que l'armée s'est à nouveau installée au pouvoir et même si le régime de MORSI avait beaucoup de faiblesses selon les populations qui continuaient à manifester, l'on ne peut totalement nier qu'il a eu des avancées par rapport aux attentes des peuples. De leurs revendications « pain, liberté, justice sociale et dignité humaine » ils ont obtenu la liberté1004(*).

Après la chute de M. MORSI tout est à refaire. Car même la liberté, les Egyptiens l'ont perdue par le fait de l'armée et des violations graves des Droits de l'Homme, réalités qui sont en opposition avec les principes de démocratie ainsi que de nombreuses autres. Et celle-ci n'est pas inquiétée car soutenue par les Etats-Unis. En plus des actions de l'armée, l'Egypte fait face à un déficit financier.

3- Le déficit financier.

Dans le langage commun, on dit que « l'argent est le nerf de la guerre ». La démocratie n'échappe pas à la nécessité de financement. C'est d'ailleurs pourquoi l'une des actions des grandes puissances a été d'injecter des sommes d'argent dans le processus de démocratisation du Maghreb. Malheureusement le processus est freiné par le déficit de celui-ci.

En effet, interrogés en août 2011 par le centre d'analyse sociale et économique Gallup, 40 % des Egyptiens estimaient qu'il leur était « très difficile » de vivre avec leur revenu actuel, contre 22 % en octobre 20101005(*). Cette évolution s'explique par une inflation galopante (les prix des biens alimentaires ont augmenté de 13 % entre décembre 2010 et décembre 2011) et une progression du chômage, à 12 % durant le dernier trimestre de 2011 (contre 9 % à la même période en 2010).

Il est vrai que les revenus du canal de Suez ont crû de 345 millions d'euros par rapport à 2010, cependant, le tourisme, lui, a vu ses recettes chuter d'un tiers : 6,6 milliards d'euros en 2011, contre 9,4 milliards en 20101006(*). Pour donner un peu d'air à l'Etat, confronté à un déficit budgétaire de 18 milliards d'euros, le Fonds monétaire international s'est dit favorable à un prêt de 2,4 milliards d'euros1007(*). Toutefois, cette situation a une incidence réelle sur le processus de démocratisation.

La nouvelle Constitution s'est faite attendre. Car, aux termes de l'article 60 de la déclaration constitutionnelle adoptée unilatéralement le 31 mars 2011 par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), l'Assemblée du peuple et le Sénat - dont l'élection était en cours - devront élire ensemble une Assemblée Constituante composée de cent membres chargés de rédiger la nouvelle Constitution du pays, qui sera ensuite soumise à référendum. Les négociations ne commenceront donc pas avant le 28 février 2012, date de la session inaugurale du nouveau Sénat. En effet, peut-on organiser une élection sans financement ? Cette situation a conduit à une instabilité politique tel que sus mentionnée car après, il a encore fallu refaire la constitution. Intéressons nous à présent à ce qui entrave le processus démocratique en Libye.

B. La déliquescence de l'Etat libyen.

La démocratie s'exerce dans un Etat. Au sens de Max WEBER, l'Etat est vu comme « une entreprise politique de caractère institutionnel lorsque et en tant que sa direction administrative revendique avec succès, dans l'application des règlements, le monopole de la contrainte physique légitime », le tout « à l'intérieur d'un territoire géographique déterminable »1008(*). Dans Le Savant et le Politique, Max WEBER forge le concept politique de violence légitime. Il définit en effet l'Etat comme l'institution détenant le monopole de l'usage légitime de la force physique. Il écrit : « un Etat est une communauté humaine qui revendique le monopole de l'usage légitime de la force physique sur un territoire donné»1009(*).

Le terme important de cette définition est « légitime ». Car si des personnes ou des groupes peuvent faire usage de la violence, elle n'est en aucun cas légitime. Seul l'Etat est habilité à utiliser la violence sans qu'on puisse lui en dénier la légitimité. Cela fait partie de ses prérogatives légales.

L'Etat est défini suivant son acception sociologique comme « une espèce particulière de société politique résultant de la fixation sur un territoire déterminé d'une collectivité humaine relativement homogène, régie par un pouvoir institutionnalisé comportant le monopole de la contrainte organisée »1010(*).

Une analyse de la situation en Libye permet de se rendre à l'évidence qu'il n'existe pas ou tout au moins plus d'Etat. La condition indispensable à la mise en place de la vision démocratico-constitutionnelle pour la Libye est de rétablir le plus rapidement possible la sécurité publique et le respect général du pouvoir étatique central dans l'ensemble du pays1011(*). Sans embages, Patrick HAIMZADEH déclare dans un interview au sujet de la Libye : «C'est un pays sans Etat (...) »1012(*).  Il n'existe pas de pouvoir central qui coordonne les activités. Le pouvoir central ayant disparu, plusieurs clans régionaux et tribaux se livrent une guerre aussi confuse qu'impitoyable dans une Libye fracturée en trois grands ensembles eux-mêmes subdivisés1013(*) :

- Le« Grand Sud » est une zone grise où le « pouvoir » nordiste n'est obéi ni des Touareg à l'Ouest, ni des Toubou au centre et à l'Est ; d'autant plus que ces derniers subissent les raids lancés par des milices arabes. Cette situation de non-droit permet aux islamistes ayant échappé aux forces de l'Opération Serval de bénéficier d'un nouveau sanctuaire.

- La Cyrénaïque qui est en état de sécession est ensanglantée par les assassinats. Dimanche 2 mars 2014, un ingénieur français y a été abattu et 50 meurtres y ont été commis durant le seul mois de février 2014. La région est également ravagée par la guerre qui oppose les fondamentalistes musulmans dont le fief est la ville de Derna, aux « traditionalistes » rassemblés derrière les confréries soufi. Les ports pétroliers de Ras Lanouf et de Brega sont à l'arrêt en raison des exigences des milices tribales régionales.

- La Tripolitaine est coupée en trois :

D'abord la ville de Misrata est un Etat dans l'Etat dirigé par des milices gangstéro-islamistes, bras armé du mouvement des Frères musulmans.

Ensuite, l'ouest de la Tripolitaine est dominé par la milice berbère arabophone de Zentan (Zenten) et par celle, berbérophone, du Jebel Nefusa.

Enfin, Tripoli, est la « capitale » d'un Etat qui n'existe plus. Impuissant, le«pouvoir central» est condamné à y négocier avec les milices pour tenter de survivre tout en se contentant d'observer leurs affrontements. Le 15 novembre 2013, les milices de Misrata ont ainsi ouvert le feu sur une foule réclamant leur départ, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés, ce qui déclencha un affrontement général avec les autres milices.

Au regard de tout ce qui précède, Omar BENDERRA s'interroge : « La Libye, Irak du Maghreb ? »1014(*). Il n'y a plus d'autorité centrale en Libye, le gouvernement et le parlement élu en juin 2014 n'ayant guère d'influence au-delà des hôtels de la capitale où ils ont trouvé refuge1015(*). On assiste à la constitution de bases territoriales articulées autour d'appartenances tribales, claniques et/ou djihadistes1016(*). « Les institutions officielles de l'Etat sont inexistantes et les révolutionnaires dirigent toujours le pays »1017(*), a estimé M. BARGHATHI. Ces milices ne se battent pas pour le pouvoir national mais pour s'approprier des infrastructures dont elles assurent la « sécurité » contre rétribution sonnante et trébuchante et pour s'affirmer en tant qu'acteurs politiques. Les rebelles, les « révolutionnaires » élément de langage systématique des médias lors de l'attaque de la Libye par les armées de l'OTAN en 2011 se sont reconvertis en miliciens professionnels qui ne prêtent allégeance qu'à des leaders locaux tribaux ou religieux1018(*). Ceci atteste de ce que le pouvoir central est inexistant, le pays est divisé en micro pays. On est ni dans le fédéralisme ni dans la décentralisation qui sont des formes d'atténuation de la centralisation du pouvoir ; on est dans l'anarchie.

La Libye post-KADHAFI est constituée d'un système politique disposant de pouvoirs formels1019(*). Des ministres technocrates diplômés mais ayant passé la majeure partie de leur vie en exil et des députés découplés des réalités locales sont payés 9 000 dinars libyens par mois - près de 6 000 euros - et résident dans des suites à 250 euros la nuit louées à l'année dans les hôtels cinq étoiles de la capitale. Mais ils n'ont pas d'autorité réelle1020(*). Dans ce contexte, l'intérêt objectif des petits chefs de guerre locaux, des groupes salafistes, de certaines unités des ministères de l'intérieur et de la défense qui leur sont proches idéologiquement et des groupes mafieux ayant bénéficié de la situation pour développer des commerces florissants, est d'empêcher par tous les moyens la construction d'un Etat fort. Il existe des menaces de scission.

Par exemple, à l'issue de la violence des combats le Front Toubou pour le Salut de la Libye, parti d'opposition à KADHAFI, créé en 2007 a été réactivé, son dirigeant menaçant de proclamer l'indépendance du sud libyen si les violences ne cessaient1021(*). Dans un de ses articles, Christophe AYAD1022(*) le soulignait déjà.

L'anarchie qui prévaut en Libye se caractérise par une défiance totale des autorités. Certains des anciens rebelles sont retournés à la vie civile, mais d'autres sont restés dans leur brigade. Et ces brigades ont été incorporées comme telles dans des unités plus larges, contrôlées par le gouvernement. Mais en fait, les anciens rebelles continuent, pour la plupart, de n'obéir qu'aux dirigeants qu'ils avaient pendant la révolution et donc à ne pas respecter l'autorité du gouvernement central1023(*).

De même, plus illustratif encore, le 25 août 2014, l'Assemblée sortante, réunie à Tripoli, a chargé un responsable islamiste de former un « gouvernement de salut national », dans un geste de défi au cabinet provisoire installé à Tobrouk et qui semble incapable de reprendre la main face aux milices semant le chaos. Cette réunion a été convoquée par les islamistes, qui dominent l'assemblée sortante et contestent toute légitimité au nouveau Parlement, où ils sont minoritaires1024(*). D'ailleurs, le pays pourrait bientôt se voir doter de deux gouvernements concurrents, parallèlement à ses deux Parlements rivaux1025(*), une configuration inédite pour l' « expression de la démocratie ».

Conséquence directe de la calamiteuse et incompréhensible guerre que la France mena contre le colonel KADHAFI, l'anarchie libyenne menace gravement la sécurité régionale et c'est pourquoi il est urgent d'y mettre un terme. Les tentatives démocratiques ont échoué et une opération internationale de pacification n'est pas à l'ordre du jour. Sur cette question, la France estime qu'elle ne peut pas agir. Lors d'un entretien sur la chaîne France Inter le 5 janvier 2015, le président français a écarté l'idée d'une éventuelle intervention militaire française en Libye. « La France n'interviendra pas en Libye parce que c'est à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et pour l'instant, elle doit faire en sorte qu'il puisse y avoir un dialogue politique et, deuxièmement que l'ordre puisse être rétabli.»1026(*), a martelé le président français. Ce discours témoigne de la démission de la communauté internationale. Dès lors, il n'existe que deux options, soit la reconstruction d'un Etat fort, soit au contraire la prise en compte des réalités confédérales. La « démocratisation » de la Libye est donc un tragique échec et la « croisade humanitaire » décidée par la France, a débouché sur un désastre1027(*).

Ce tragique échec est amplifié par les problèmes de sécurité, preuve que même l'enjeu de protection des civils au cours du printemps arabe est un échec. Cet échec s'inscrit dans le sillage des faits qui sont perçus comme des effets des facteurs pré-analysés car les facteurs pré-mentionnés produisent des effets ou conséquences qui sont tous aussi des obstacles à l'atteinte des objectifs du printemps arabe.

PARAGRAPHE III : L'INSECURITE ET LE DESINTERET DE LA POPULATION.

Les dysfonctionnements de l'Egypte et de la Libye après Hosni MOUBARAK et Mouammar KADHAFI débouchent sur l'insécurité (A) et l'apathie politique en Egypte (B).

A. L'insécurité.

L'insécurité, est une conséquence des dysfonctionnements étatiques tant en Libye (1) qu'en Egypte (2). Elle porte atteinte tant à l'instauration de la démocratie qu'à la protection des civils. C'est un corollaire de la déliquescence de l'Etat libyen et de nombreuses violations des Droits de l'Homme en Egypte.

1- L'insécurité en Libye.

La situation est chaotique dans la Libye post-révolutionnaire1028(*). De nombreux Libyens ou résidents en Libye fuient leur pays livré aux luttes de pouvoir entre milices rivales1029(*). Alors que l'Etat a du mal à se structurer et à défendre ses frontières1030(*).

Ils étaient les héros de la révolution, aujourd'hui ils sont accusés d'être responsables de tous les maux. Un an après la chute du régime, les rebelles libyens refusent de déposer les armes et s'organisent en milices opérant hors de tout contrôle1031(*).

La situation préoccupe la France. François HOLLANDE à nouveau devant les ambassadeurs en août 2014 déclare : « je vais vous livrer ma préoccupation majeure, à ce moment même, alors qu'il y a pourtant tant de sujets d'inquiétudes et de vigilance. C'est la Libye... Si nous ne faisons rien - je n'entends rien de sérieux, rien de politique, rien d'international - c'est le terrorisme qui se répandra dans toute cette région »1032(*).

Les maux qui minent la Libye post-révolutionnaire sont nombreux, mais celui qui domine est incontestablement le chaos sécuritaire1033(*). Les occidentaux qui ont porté à bout de bras cette révolte, sont aujourd'hui victimes de ses effets pervers. Benghazi la capitale économique où sont concentrés leurs intérêts, est un véritable enfer pour Américains, Français, Anglais et d'autres puissances1034(*). L'attaque du consulat des Etats-Unis le 11 septembre 2012 qui a coûté la vie à l'ambassadeur américain Chris STEVENS ainsi qu'à trois de ses collaborateurs a été le point culminant de cette insécurité. Les responsables de ce fléau ne sont autres que ceux- là mêmes qui ont été les porte-étendards de la révolution1035(*).

Dans le contexte des manifestations contre un film consacré au prophète Mohammed, un groupe djihadiste libyen a pris d'assaut le consulat américain de Benghazi et tué l'ambassadeur. Combattues par la population, les milices, dont certaines dépendent des ministères de l'intérieur et de la défense, continuent à faire régner le désordre, s'opposant à la stabilisation du pays et à la création d'un Etat fort1036(*). Les ports, aéroports, bases d'exploitation pétrolière ou terminaux d'exportation d'hydrocarbures sont les enjeux de batailles sanglantes qui ont causé la mort de dizaines de civils1037(*).

Déjà les événements qui ont récemment secoué la Libye montrent l'ampleur des défis auxquels le pays fait face en matière de sécurité. L'occupation du parlement par des hommes armés à Tripoli le 1er novembre 2012, l'assaut de Beni Walid le 17 octobre de la même année, et l'attaque qui a coûté la vie à l'ambassadeur américain à Benghazi le 11 septembre 2012, ne sont que des exemples de l'insécurité persistante qui caractérise la Libye post-KADHAFI1038(*).

Cette réalité témoigne de l'incapacité de l'Etat à exercer un contrôle sur les groupes armés qui circulent dans le pays en toute liberté. Exaspérés par les excès des milices, des dizaines de milliers de Libyens ont manifesté le 21 septembre 2012 à Benghazi, forçant, au prix d'une dizaine de vies, les brigades « Ansar al-Sharia » et « Rafallah Sahati » à évacuer les locaux qu'elles occupaient. Or, tous ces groupes agissent déjà sous l'autorité de l'Etat, à l'instar d'Ansar al-Sharia, dont des éléments dissidents seraient responsables de l'attaque contre le consulat américain1039(*). Ceci démontre à suffisance l'incapacité de l'Etat à assurer la sécurité des citoyens.

En dépit de sa bonne volonté, la faiblesse de l'Etat et des forces de sécurité compromet la capacité du gouvernement à dissoudre les milices insoumises, jusqu'à remettre même en cause le contrôle qu'il exerce sur celles qui se placent déjà sous son autorité. Les antagonismes locaux perdurent et dégénèrent parfois en affrontements armés. L'effondrement de l'ancien régime a laissé dans son sillage une population qui reste marquée par quatre décennies de doléances réprimées et possède désormais des armes. Les conflits intercommunautaires avaient été attisés ou instrumentalisés par le dictateur déchu et son système clientéliste, et une fois cette chape de plomb soulevée, l'heure semble être aux règlements de comptes. La prolifération des milices, dont plusieurs ont profité du désordre pour s'emparer d'avantages matériels ou politiques, ravive d'anciennes querelles et menace de faire sombrer la Libye dans le chaos. Pour le moment, la violence est, selon l'expression du philosophe Thomas Hobbes, « dégoûtante, brutale et courte »1040(*).

Les milices ont été impliquées dans les nombreuses violences qui ont émaillé la vie politique libyenne depuis la chute du régime de Mouammar KADHAFI1041(*). A l'insécurité provoquée par les combats entre milices comme par exemple à Tripoli en janvier 2013 ou autour de l'aéroport attaqué par une milice de Tarhouna le 4 juin 2013, à Bani Walid en janvier 2013 ou à Zouara en avril 2013 ou dans le sud du pays, s'ajoutent les accusations d'exactions à l'encontre des populations soupçonnées d'avoir soutenu le régime de KADHAFI comme les Thawargas en février 2012 ou encore les populations Warfalla de Bani Walid en octobre 2013 ainsi que les étrangers subsahariens. Ces violences ont également atteint les représentations étrangères et les organisations internationales présentes en Libye.

Ainsi, les Thawargas ne peuvent rejoindre leur domicile. Réfugiés dans les faubourgs de Tripoli, Tahurna et Benghazi, les 35 000 habitants de la ville de Thawarga sont accusés d'avoir soutenu KADHAFI et son régime et d'avoir commis des exactions contre la population de Misrata durant le long siège de la ville mené par les troupes fidèles au Guide libyen. Ces populations noires du nord de la Libye ont été forcées de quitter leur ville à la suite de représailles menées par les brigades de Misrata et depuis sont empêchées de rejoindre leur foyer et leur ville qui ont été saccagés1042(*). Victimes de violences à leur encontre, les Thawargas semblent se résoudre à ne plus rejoindre leur région d'origine1043(*), tout au moins à moyen terme.

Si l'on définit comme milice une « formation territoriale non permanente, levée et organisée par un pouvoir légal et employée pour le maintien de l'autorité de l'Etat et la défense du territoire en complément de l'armée permanente régulière, professionnelle ou de conscription »1044(*), la configuration actuelle des milices libyennes y échappe en partie1045(*). En effet elles commettent plus d'exactions qu'elles n'assurent la protection des civils. Dès lors on est dans une situation qui ressemble à celle qui a poussé les grandes puissances à intervenir au travers de la résolution 1973 en mars 2011.

L'insécurité est telle que les Libyens s'interrogent : «Avoir la liberté, mais pas de sécurité, à quoi ça sert ?»1046(*). Plus de 47 personnes ont été tuées en une semaine de combats entre milices rivales pour le contrôle de l'aéroport de Tripoli théâtre dimanche 20 juillet 2014 des affrontements les plus violents, sur fond de lutte d'influence qui risque de plonger la Libye dans la guerre civile. L'aéroport est fermé depuis le début, le 13 juillet 2014 des combats qui ont fait jusqu'au 19 juillet 2014 au moins 47 morts et 120 blessés, a indiqué à l'AFP dans la nuit de dimanche à lundi, un porte-parole du ministère de la Santé1047(*).

La lutte contre l'insécurité ambiante éclipse les autres priorités du pays au plan politique, social et économique. La démocratie que réclamait le peuple qui a pris les armes contre le régime de Mouammar KADHAFI, est toujours une vue de l'esprit1048(*). Dépassées par les évènements, les autorités libyennes ont indiqué qu'elles envisageaient de faire appel à des forces internationales pour rétablir la sécurité dans le pays miné par l'anarchie depuis la chute du régime de Mouammar KADHAFI en 2011.

Dans cet élan, le Parlement libyen s'est prononcé, le 13 août 2014, à la majorité des voix, en faveur d'une intervention de la communauté internationale dans le pays. L'objectif est celui de protéger les civils1049(*) alors que des combats meurtriers opposent, depuis la mi juillet, plusieurs milices rivales nées de la chute de Mouammar KADHAFI, en 20111050(*). C'est par 111 voix sur 124 que les députés du Parlement libyen, réunis à Tobrouk, demandent cette intervention des Nations unies, notamment à Tripoli, la capitale, ou encore à Benghazi, deuxième ville du pays1051(*).

Aucune précision n'a été donnée sur cette décision qui reste floue1052(*). Quel type d'intervention, contre qui et quels points stratégiques ? Selon le porte-parole de la mission de l'ONU en Libye, « c'est au Conseil de sécurité de décider ». Pour le moment une équipe de la mission est à Tripoli. Elle « continue à travailler pour un cessez le feu » et « rejette l'usage de la force ».

Le 31 juillet 2014, le porte-parole du gouvernement libyen, Ahmed LAMINE, avait déjà réclamé l'aide de l'ONU pour protéger les civils. Cependant, le personnel de l'ONU avait été évacué dès le 14 juillet pour des raisons de sécurité. Les parlementaires libyens n'ont, de leur côté, pas précisé le cadre de cette éventuelle intervention. Pourtant en 2011, la résolution 1973 visait la protection des civils. C'est dire que cet objectif, trois ans plus tard est loin d'être atteint, la faute aux milices qui minent le pays ou du moins ce qui tient lieu de pays.

Cette insécurité est d'autant plus grave que même les autorités du pays ne sont pas épargnées. C'est ainsi que le premier ministre Ali ZEIDAN a été enlevé par une milice en représailles. En effet, le chef du gouvernement libyen de transition a été enlevé le 10 octobre 2013 par un groupe armé à Tripoli. L'information a été confirmée par le gouvernement1053(*). L'ancien groupe rebelle de la Chambre des opérations des révolutionnaires de Libye a revendiqué l'enlèvement avant de déclarer qu'Ali ZEIDAN était « en bonne santé »1054(*). Qu'en est-il de la situation en Egypte ?

2- L'insécurité en Egypte.

En mettant la pression sur H. MOUBARAK, les grandes puissances entendaient assurer la sécurité des civils (manifestants ou pas). Aujourd'hui, trois ans après la chute de Hosni MOUBARAK, on peut s'interroger avec Catherine GOUESET1055(*), « pourquoi l'insécurité grandit en Egypte » ?

Cette insécurité est si criarde que les Egyptiens sont obligés d'assurer leur sécurité en s'achetant des armes. Comme l'affirme cet Egyptien, « je n'ai pas envie de finir comme cet homme innocent »1056(*), l'on constate que la situation est pire qu'à l'ère MOUBARAK. L'auteur de ce propos fait allusion à un homme qui s'est fait volé et tué par un groupe de criminels1057(*).

« Des dizaines de millions de citoyens innocents ne se sentent pas en sécurité parce qu'on rapporte une augmentation marquée du nombre de crimes et que les policiers sont visiblement absents »1058(*), a dit Maher ZAKHARI, un analyste indépendant en matière de sécurité. « Ces gens ont le droit de se sentir en sécurité. Puisque l'Etat ne leur offre pas ce sentiment, ils sont contraints de prendre la situation en main »1059(*).

Quand bien même la police est présente, elle est occupée à autre chose. Par exemple, la nature des relations entre la police et l'armée est un réel problème. Celles-ci n'ont jamais été sereines. La police, principal appui du régime de MOUBARAK, beaucoup plus que l'armée, est actuellement, au sens propre, sur le banc des accusés : plusieurs de ses cadres, dont l'ancien ministre de l'Intérieur, sont jugés pour leur participation à la répression contre les opposants1060(*). Et contrairement à MOUBARAK, il risque vraiment la peine de mort1061(*). Certains en déduisent que la police fait une sorte de grève du zèle en n'exerçant plus ses fonctions de maintien de l'ordre et contribue ainsi à la hausse de l'insécurité1062(*).  

Pire, la police est qualifiée de « force du désordre »1063(*) en Egypte. Elle est responsable de plusieurs bavures. A titre d'exemple, La vidéo d'une bavure contre un manifestant illustre les dérives d'un corps largement corrompu et soupçonné d'être fidèle à l'ancien régime1064(*). Des officiers chargés de la sécurité du palais présidentiel avaient sciemment laissé passer les manifestants en décembre 20121065(*). Ce laisser-faire traduit le désengagement de la police égyptienne.

Quand elle n'est pas désengagée, elle présente des faiblesses. Au-delà de la rébellion interne, la police égyptienne semble pâtir d'un vrai problème d'incompétence, en matière de maintien de l'ordre notamment1066(*). Illustration criante : la semaine du 28 janvier 2013, les contestataires ont réussi, deux jours de suite, à prendre en sandwich les forces anti-émeutes, à proximité de Tahrir. Et il n'est pas rare de voir ces hommes en uniforme se lancer dans des ripostes peu académiques, renvoyant les pierres ou jetant du mobilier par les fenêtres des commissariats1067(*). Dès cet instant, afin de garantir la sécurité des citoyens, nous pensons comme Marwan CHACHINE qu' « une réforme de la police semble plus que jamais urgente »1068(*).

Elle est d'autant plus urgente que les manifestations d'incivisme se poursuivent. Deux officiers de ' police ont été tués, le 21 septembre 2014 par l'explosion d'une bombe dans le ' centre du  Caire, a annoncé le ministère de l'intérieur. Les policiers en ' Egypte sont fréquemment les cibles d'attentats revendiqués par des groupes djihadistes1069(*).

Si les grandes puissances contrôlaient H. MOUBARAK sur qui elles ont mis la pression, la lutte contre les djihadistes est de longue haleine et le retour de la stabilité n'est certainement pas pour demain, les Egyptiens vont continuer à vivre la peur dans le ventre. Surtout que de nombreuses instabilités minent le pays, ceci à cause de la forte présence de l'armée, défenseur acharné de son statut. Ce qui conduit une partie de la population à un désintérêt pour la politique.

3- Le désintérêt d'une partie de la population pour la politique.

Nous percevons le désintérêt d'une partie de la population pour la politique comme un obstacle à l'instauration de la démocratie en Egypte. En fait la démocratie est demandée pour permettre l'expression libre des populations d'ailleurs, avec Abraham LINCOLN, on la définit comme « le gouvernement du peuple pour le peuple, par le peuple ». Il ne peut donc pas avoir de démocratie sans participation du peuple, ceci à travers les élections.

En Egypte, le peuple fuit, renonce à l'exercice de son droit de vote. Cette situation ne donne pas une légitimité au nouveau président Abdel Fattah Al-SISSI. Sa victoire est nuancée par le faible taux de participation, qui s'explique notamment par le verrouillage de l'opposition, et la lassitude de la population. Seuls 44,4% des 53 millions d'électeurs se sont en effet rendus aux urnes selon des sources judiciaires citées par l'agence de presse.1070(*) Il convient de rappeler que lors de l'élection de l'islamiste Mohamed MORSI en 2012, la première démocratique depuis la chute du dictateur, le taux de participation avait atteint 52%1071(*).

Ce taux de participation très faible ébranle la légitimité de l'ancien ministre de la Défense et vice-Premier ministre. Ceci malgré les appels au devoir électoral lancés par les proches de Sabahi Moustafa BAKRY, responsable de la campagne présidentielle de ce dernier, et porte-parole de sa coalition. Le Courant populaire égyptien, a pourtant fait du porte-à-porte pour essayer de remotiver les citoyens1072(*). La jeunesse, celle-là même qui est descendue dans la rue à plusieurs reprises ces trois dernières années, pour défendre ses idéaux de démocratie et de libertés, semble désillusionnée. Depuis le temps que l'on annonce Al-SISSI ultra-favori, une impression «d'hyper-popularité» que Sophie POMMIER - interrogée par RFI - explique par «le verrouillage des médias», nombreux sont ceux qui ont estimé que ce scrutin était joué d'avance1073(*). Si le scrutin est joué d'avance, on comprend effectivement que le peuple et son choix sont mis de coté. Ce n'est pas la démocratie. Cela est en opposition avec l'un des principes de la démocratie qui stipule qu' « il est nécessaire de créer les conditions propices à l'exercice effectif des droits participatifs, tout en éliminant les obstacles qui préviennent, limitent ou empêchent pareil exercice. Aussi est il indispensable de promouvoir en permanence, notamment, l'égalité, la transparence et l'éducation, et de lever des obstacles, tels que l'ignorance, l'intolérance, l'apathie, le manque de choix et d'alternatives véritables, et l'absence de mesures destinées à corriger les déséquilibres et discriminations de caractère social, culturel, religieux, racial ou fondés sur le sexe »1074(*). Dans le contexte de la présidentielle égyptienne, aucune alternative véritable n'est donnée, ce qui débouche sur l'apathie.

Y a-t-il démocratie sans légitimité ? D'ailleurs le peuple finit par se résoudre à l'abstention comme mode d'expression.

Le peuple a boudé les bureaux de vote, preuve que ce qui se vit dans leur pays ne reflète pas ses aspirations à la démocratie. Un troisième jour de vote a été décrété pour permettre d'améliorer le taux de participation1075(*). Pour Sarah Ben NEFISSA, « le véritable enjeu de cette élection, ce n'est pas la victoire de Al-Sissi, il va être élu, mais c'est le taux de participation. Sa légitimité se fera sur le nombre de voix qu'il récolte»1076(*).

«Mascarade électorale», «démocratie factice», sont des termes qui reviennent régulièrement dans le discours de nombreux Egyptiens qui ne voient tout simplement pas l'intérêt d'aller voter. De la lassitude, plus qu'une réelle protestation silencieuse1077(*). Aussi, les partis politiques, constituantes prioritaires de la démocratie puisque celle-ci s'exerce au travers du multipartisme, sont quasi inexistant. « Il n'y a pas vraiment de partis. C'est cela en partie qui rend le processus démocratique compliqué. Les anciens partis encore présents sur la scène politique sont considérés comme trop corrompus, les Egyptiens n'en veulent plus »1078(*).

En somme, pour cette partie signalons que la volonté et l'engagement des puissances n'ont pas suffi pour atteindre les objectifs poursuivis. De leur fait et de celui des pays du printemps arabe, beaucoup reste encore à faire.

CONCLUSION GENERALE

Quoique le printemps arabe ait pris de cours les grandes puissances, (puisque ni le monde académique, ni les gouvernements américain ou français, n'avaient vu venir les événements)1079(*), comme nous l'avons démontré, celles-ci après une bonne orchestration médiatique, se sont saisies de ce « boulevard d'opportunités »1080(*). Dirigé par notre problématique, à savoir comment les grandes puissances participent-elles au printemps arabe et quels sont les enjeux qui structurent leurs actions et interactions, nous avons noté que les puissances se divisent en deux groupes : les puissances très actives (P3) et les puissances moins actives à savoir la Chine et la Russie qui ont maintenu leur attitude réfractaire à l'ingérence étrangère dans les affaires internes des Etats souverains.

Le printemps arabe a donc donné à voir, de la part des acteurs que nous avons retenu, la mise sur pied de plusieurs stratégies. Certaines ont été mues par les besoins de concurrence, afin d'accroitre leur puissance, conformément à la perspective commandée par la théorie réaliste des Relations Internationales. C'est ainsi que nous avons assisté aux prises de décisions unilatérales allant de simples pressions sur les dirigeants en place jusqu'à l'assistance tant technique que financière aux manifestants, les rebelles (dans le cas de la Libye), en passant par la reconnaissance (faite sans concertation des partenaires1081(*)) des forces révolutionnaires.

A côté des actions unilatérales, dans un souci d'efficacité, les puissances ont exploré les pistes de l'interdépendance s'inscrivant dans le champ d'analyse de l'interactionnisme, ceci afin de mieux construire leurs jeux. Dans cette veine on a relevé l'application des stratégies orientées vers le bilatéralisme ou le multilatéralisme. On a ainsi assisté à la coopération entre les puissances d'une part et d'autre part avec d'autres acteurs des Relations Internationales.

Par le biais de ces stratégies, elles ont pu poursuivre plusieurs objectifs. Certains étaient manifestes au rang desquels la protection des civils, l'instauration de la démocratie, d'autres latents dont l'anéantissement de la construction de l'UA, le ralentissement de l'expansion de la Chine en Afrique, etc. Leurs ambitions ont été cependant entravées par des obstacles intrinsèques (crise économiques en Occident) et extrinsèques (déliquescence de l'Etat libyen, insécurité ...).

Tout compte fait, malgré ces entraves, l'intervention des grandes puissances est saluée par les auteurs à l'origine de celle-ci. Artem KOBZEV peut à juste titre déclarer que, « la Tunisie est une figure à part sur cette toile de fond » 1082(*). Nous pouvons affirmer avec lui que « la société tunisienne actuelle peut être qualifiée de démocratique même en faisant quelques réserves »1083(*). En Libye, « l'intervention a été très bien menée et a été exemplaire. Il n'y a pas eu d'intervention terrestre, on a permis aux Libyens de se débarrasser de leur dictateur. Qu'ils s'entretuent aujourd'hui, c'est malheureux mais ce n'est plus de notre ressort »1084(*), déclare Pascal BRUCKNER. « J'ai signé cet appel, je n'ai pas de regret de l'avoir fait »1085(*), rappelle Nicole BACHARAN. « (...) Je pense toujours, qu'il fallait tout faire pour l'en empêcher. Il y avait ce qu'on peut appeler une fenêtre d'opportunités »1086(*), explique Frédéric ENCEL. « Que se serait-il passé si l'Occident n'était pas intervenu ? La guerre se serait sans doute installée. La Libye serait peut-être devenue une sorte de Syrie. KADHAFI serait, aujourd'hui, un autre Bachar al-ASSAD. Et le nombre des morts libyens se chiffrerait en dizaine de milliers, pour ne pas dire davantage »1087(*), affirme Bernard-Henry LEVY. « C'était une prise de position morale. KADHAFI était en train de massacrer son peuple dans une abomination sans nom. Je pense qu'il était impossible de ne pas dire : "Faisons quelque chose, nous qui avons les moyens d'intervenir" »1088(*), explique Dominique SIMMONET. Toutes ces déclarations attestent de la justesse et même de l'impérativité de l'intervention occidentale en Libye et reconnaissent cependant tacitement que la situation dans ce pays n'est pas réglée.

Les justifications n'enlèvent rien au fait que le pays aille mal d'où cette interrogation d'Omar BENDERA : « la Libye est-elle en voie de se transformer en Irak nord-africaine, champ de bataille des mouvements djihadistes et centre de déstabilisation régionale »1089(*)? Le conflit a aussi causé beaucoup de déplacements. D'après le Haut Comité aux Réfugiés des Nations Unies si la plupart des 550 000 déplacés au cours de la Révolution ont pu regagner leur lieu d'origine, environ 65 à 80 000 personnes n'avaient pu le faire, à la fin août 20121090(*). La situation actuelle n'est pas plus reluisante compte tenu des exécutions des « mercenaires ». Pour le reste, la seule certitude est que rien au Maghreb ne sera plus comme avant le «dégagisme»1091(*) déclencheur du « printemps arabe». Mieux, la nouvelle donne risque de ne pas évoluer forcément dans le sens des intérêts des puissances occidentales. Au contraire, elle a de fortes chances de jouer au profit des puissances émergentes1092(*).

Pour sortir de cette réflexion relevons qu'« en voulant coûte que coûte inoculer la démocratie à l'occidentale en Afrique en général et au Maghreb en particulier, l'Europe et les Etats-Unis ont fini par déstabiliser cette partie très sensible de notre continent. La démocratie étant le régime démocratique par lequel le peuple exerce sa souveraineté elle-même, elle peut réserver des surprises inattendues aux yeux de ces concepteurs. Règle de gouvernance par excellence de la majorité du peuple, elle a des revers qui peuvent être sources d'instabilité, si l'on ne prend garde »1093(*).

La déstabilisation ne se limite d'ailleurs pas qu'à cette partie de la région, la crise ayant des répercussions sur les autres régions de l'Afrique, référence faite à la crise malienne. Aussi, nous pensons avec Omar BENDERA qu' « en Libye, comme ailleurs en Afrique, et n'en déplaise aux tenants de l'ingérence militaire néocoloniale, le dépassement des conflits ne peut s'effectuer autrement que par la politique »1094(*). Et ici nous excluons l'intervention militaire qui est perçue comme un autre moyen de faire la politique et recommandons fortement la négociation, le dialogue.

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I : OUVRAGES

A : OUVRAGES GENERAUX

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Ø PONDI Jean Emmanuel, Vie et mort de Mouammar Al-Kadhafi. Quelles leçons pour l'Afrique ? Yaoundé-Cameroun, Editions Afric'Eveil, 2012.

C : OUVRAGES METHODOLOGIQUES

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II : MEMOIRES ET THESES

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III : ARTICLES

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IV : PERIODIQUES

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Ø AFP

- Numéro du 10 janvier 2011.

- Numéro du 11 janvier 2011.

- Numéro du 15 janvier 2011.

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- Numéro du 05 avril 2011.

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- Numéro du 17 octobre 2013.

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- Numéro du 28 avril 2014.

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Ø Al-Hayat

- Numéro du 15 avril 2011.

Ø Atlantico

- Numéro du 17 octobre 2014.

Ø Cameroon tribune

- Numéro du 31 janvier 2011.

- Numéro du 03 février 2011.

- Numéro du 27 mai 2011.

- Numéro du 05 juillet 2011.

- Numéro du 13 juillet 2011.

- Numéro du 29 juillet 2011.

- Numéro du 16 septembre 2011.

Ø Demotix

- Numéro du 22 novembre 2011.

Ø Horizons

- Numéro du 07 février 2011.

Ø Financial Times

- Numéro du 19 avril 2011.

Ø International Herald Tribune

- Numéro du 15 avril 2011.

Ø Jeune Afrique

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Ø JOL Press

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Ø Kommersant

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Ø L'Express

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- Numéro du 26 août 2011.

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- Numéro du 13 juillet 2014.

- Numéro du 09 août 2014.

Ø L'Inter

- Numéro du 19 février 2013.

Ø La Croix

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- Numéro du 23 octobre 2014.

Ø La Nation

- Numéro du 01 au 07 Mai 2013

Ø La voix de la Libye

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Ø La Voix de la Russie

- 26 janvier 2014.

Ø Le Figaro

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- Numéro du 26 janvier 2011.

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- Numéro du 04 septembre 2012.

- Numéro du 01er aout 2013

- Numéro du 19 octobre 2014.

- Numéro du 30 octobre 2014.

Ø Le Canard Enchaîné 

- Numéro du Numéro du 26 octobre 2011.

Ø Le Courrier de Russie

- Numéro du 21 juin 2013.

Ø Le Monde

- Numéro du 6 janvier 2011.

- Numéro du 13 janvier 2011.

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- Numéro du 21 février 2011.

- Numéro du 23 février 2011.

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- Numéro du 22 octobre 2014.

- Numéro du 08 novembre 2014.

Ø Le Monde Diplomatique

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Ø Le Nouvel Observateur

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- Numéro du 08 août 2014.

Ø Le Parisien ý

- Numéro du 1er mars 2011.

- Numéro du 1er mai 2011.

Ø Le Point

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Ø Libération

- Numéro du 22 mars 2011.

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- Numéro du 20 février 2014.

- Numéro du 28 mai 2014.

- Numéro du 26 Août 2014.

Ø Liberté

- Numéro du 10 janvier 2013.

Ø Paris Match

- Numéro du 23 juin 2014.

Ø Reuters

- Numéro du 26 avril 2011.

- Numéro du 13 septembre 2011.

- Numéro du 20 août 2013.

Ø The Times

- Numéro du 15 avril 2011.

Ø The Epoch Times

- Numéro du 15 septembre 2011.

Ø The Independent

- Numéro du 6 juin 2011.

Ø The New York Times

- Numéro du 02 février 2011.

- Numéro du 03 février 2011.

- Numéro du 14 avril 2011.

- Numéro du 05 février 2013.

- Numéro du 27 août 2013.

Ø The Washington Post

- Numéro du 19 mai 2014.

Ø Tribune d'Afrique

- Numéro du 5 février 2013.

V : DOCUMENTS DIVERS

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Ø CASTAGNAC Pierre-Yves et ZERROUKI Sarah, Compte rendu de l'IRIS, avril 2011.

Ø Communication publiée par les services du Premier Ministre à Downing Street le 28 janvier2011.

Ø Communiqué de la Maison Blanche du 10 février 2011.

Ø Compte rendu intégral de la première séance du 11 janvier 2011, Assemblée nationale française.

Ø Déclaration du G8 sur les printemps arabes sommet de Deauville du 26 au 27 mai 2011.

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Ø FIDA, «La bonne gouvernance : une mise au point », septembre 1999.

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Ø  Public Sector Management, Governance and sustainable Human Development, New York, 1995. 

Ø Rapport Africa Briefing, « Le rôle de l'Union africaine dans les conflits en Libye et en Côte d'Ivoire », Bruxelles - 16 mai 2011.

Ø Rapport d'Amnesty International sur la situation des Droits de l'Homme en Libye, disponible sur   http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Mauvais-traitements/Actualites/Libye-les-milices-luttent-pour-garder-leur-part-de-pouvoir-8540, consulté le 08 novembre 2014.

Ø Rapport de l'ONS, 2013.

Ø Rapport du US Senate Committee on Armed Services, 31 mars 2013.

Ø Résolution 1970 du CSNU sur la Libye. 

Ø Résolution 1973 du CSNU sur la Libye. 

Ø « Sortir de l'influence militaire et engager la politique française dans le soutien de la démocratie en Afrique », Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, 18 juillet 2013.

Ø Statistique de l'INSEE publié le 06 juin 2013.

b : Documents écrits

Ø BIYA Paul, Discours prononcé lors de la cérémonie de présentation des voeux par le corps diplomatique le 6 janvier 2012 à Yaoundé.

Ø CAMERON David, Discours prononcé à l'ONU le 22 septembre 2011.

Ø CAMERON David, Intervention au sommet du G8 de Deauville tenu du 26 au 27 mai 2011.

Ø CLINTON Hilary, Discours à l'occasion de sa visite à la commission de l'Union Africaine à Addis-Abeba le 13 juin 2011.

Ø Discours du chef gouvernement français à l'Assemblée nationale, 22 mars 2011.

Ø HOLLANDE François, Discours à la XXIe Conférence des ambassadeurs de France, 27-29 août 2013.

Ø HOLLANDE François, Discours devant les ambassadeurs de France le 28 août 2014.

Ø HOLLANDE François, Discours lors de sa visite en Afrique du Sud, 14 octobre 2013.

Ø JUPPE Alain, Allocution de clôture de la conférence des ambassadeurs de France le 02 septembre 2011.

Ø KADHAFI Mouammar, Discours lors du FESMAN de Dakar le 14 décembre 2010.

Ø MEDVEDEV Dimitri, Discours à Vladikavkaz, Ossétie du Nord, 22 février 2011.

Ø MEDVEDEV Dimitri, Discours de mars 2011 sur la situation dans le monde arabe.

Ø OBAMA Barack, Communication officielle du 14  janvier 2011, disponible sur le site de la Maison Blanche.

Ø OBAMA Barack, Discours prononcé devant le parlement britannique le 25 mai 2011.

Ø OBAMA Barack, Discours prononcé sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord le 19 mai à Washington.

Ø SARKOZY Nicolas, Intervention à la conférence des ambassadeurs de France, août 2011.

Ø WADE Abdoulaye, Discours à la commission de l'Union Africaine à Addis-Abeba en juin 2011.

: Conférences de presse

Ø JUPPE Alain, Conférence de presse, New york, 17 mars 2011.

Ø LONGUET Gerhard, Conférence de presse, Paris le 20 octobre 2011.

d : Documents audiovisuels

Ø « Ali ZEIDAN, Premier ministre libyen, enlevé en plein centre de Tripoli », RFI, publié le 10 octobre 2013.

Ø Déclaration à la presse du Président SARKOZY et du Président OBAMA à l'issue du Sommet du G8 à Deauville, 27 mai 2011.

Ø « Exclusif, Naoufel Brahimi El MILI décortique le printemps arabe », disponible sur Tunisie Secret, 15 Avril 2013.

Ø Hillary CLINTON, interview accordée à la chaine al-Arabiya diffusée le 11 janvier 2011.

Ø « HOLLANDE à Tunis pour célébrer le « succès » du printemps tunisien », France24, 07février 2014.

Ø Interview de François HOLLANDE sur la chaîne France Inter le 05 janvier 2015.

Ø « Washington critique le gouvernement tunisien » Radio Canada International, 07 janvier 2011 en ligne, consulté le 22 mars 2013.

e : Documents électroniques

Ø BAKER Sonia, « Le document qui prouve que le printemps arabe a été provoqué par les Etats-Unis » publié sur le site de Comité Valmy, consulté le 14 juin 2014.

Ø BAROUD Ramzy, « Les actions de la Ligue arabe reflètent les rivalités régionales », publié le 14 décembre 2011 sur info-palestine.eu, consulté le 14 juillet 2014.

Ø BATIDE Pierre, « La diplomatie à géométrie variable du Qatar », publié le 09 mars 2012 sur Slate.fr, consulté le 24 juin 2014.

Ø BENDERRA Omar, « La Libye, Irak du Maghreb ? », article paru sur le site Algeria-Watch en date du 20 août 2014, http://www.algeria-watch.org/fr/article/analyse/libye_irak_maghreb.htm,

Ø CABESTAN Jean-Pierre« CHINE- politique étrangère contemporaine » Encyclopaedia universalis (en ligne) consulté le 12 mars 2014. URL : http// www.universalis.fr/encyclopedie/chine-politique étrangère contemporaine.

Ø CALAS Bernard, « Introduction à une géographie des conflits... en Afrique », Les Cahiers d'Outre-mer [En ligne], 255 | Juillet-Septembre 2011, mis en ligne le 01 juillet 2011, Consulté le 20 février 2012.

Ø CAMAU Michel, « un printemps arabe ? L'émulation protestataire et ses limites », l'année du Maghreb [en ligne], VIII/2012, http:// annéemaghreb.revfues.org/1383, consulté le 25 mai 2012.

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Ø GADREY Jean, « Etats-Unis (3) la crise n'est pas finie, elle est à venir », Alternatives Economiques, publié en juillet 2014 sur alternatives-economiques.fr, consulté le 27 novembre 2014.

Ø HADDAD Saïd, « La sécurité, « priorité des priorités » de la transition libyenne », L'Année du Maghreb [En ligne], IX | 2013, mis en ligne le 29 octobre 2013, consulté le 24 septembre 2014. URL : http://anneemaghreb.revues.org/1953 ; DOI : 10.4000/anneemaghreb.1953

Ø KEUTCHEU Joseph, « Ingérence démocratique » et state building en Afrique : éléments de discussion de l'institutionnalisation de l'idéalisme étatique dans les relations internationales », disponible sur www.general assembly.codesria.org/img/PDF, consulté le 30 septembre 2012.

Ø LAZAR Mehdi, « Qatar : quelle stratégie régionale ? De l'influence à la puissance », Diploweb.com, octobre 2012, consulté le 23 juillet 2013.

Ø MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria, « Egypte : l'aide américaine doit-elle continuer ? », publié le 25 avril 2011 sur www.LibreAfrique.org, consulté le 24 septembre 2014.

Ø POUGALA Jean-Paul, « Les mensonges de la guerre contre la Libye », palestine-solidarite.org, 31 mars 2011, consulté le 23 avril 2013.

Ø TROUDI Mohamed, « la stratégie arabe de la Chine » publié sur le site de la Revue Geostratégiques : http:// www.strategicsinternational.com, consulté le 30 septembre 2014.

VI : QUELQUES SITES INTERNET et BLOGS

a- Les sites internet

Ø http:// stade7- tunisie.over-blog.com

Ø http://anneemaghreb.revues.org

Ø http://blogs.lexpress.fr/afrique

Ø http://europa.eu.int

Ø http://rebellyon.info

Ø http://www.algeria-watch.org

Ø http://www.elwatan.com

Ø http://www.euromedrights.org

Ø http://www.europe1.fr

Ø http://www.fas.org

Ø http://www.globalresearch.ca

Ø http://www.hrw.org

Ø http://www.legrandsoir.info

Ø http://www.libyaherald.com

Ø http://www.rfi.fr/afrique

Ø http://www.strategicsinternational.com

Ø http://www.tf1.fr

Ø http://www.thechicagocouncil.org

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Ø http://www.unhcr.fr

Ø http://www.washingtonpost.com

Ø www.allafrica.com

Ø www.alternatives-economiques.fr

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Ø www.diploweb.com

Ø www.fco.gov.uk

Ø www.Glamour.fr

Ø www.irinnews.org

Ø www.ladocumentationfrancaise.fr

Ø www.lalibre.be

Ø www.leconomiste.eu

Ø www.lefigaro.fr

Ø www.lemonde.fr

Ø www.lepoint.fr

Ø www.les-crises.fr

Ø www.LibreAfrique.org

Ø www.mccain.senate.gov

Ø www.michelcollon.info

Ø www.mid.ru.

Ø www.nawaat.fr

Ø www.nawaat.org

Ø www.NOVOPRESS.INFO

Ø www.palestine-solidarite.org

Ø www.pierrepiccinin.eu

Ø www.planetexpert.com

Ø www.recherches-sur-le-terrorisme.com

Ø www.rfi.fr

Ø www.Rpcfa.gv.cn

Ø www.Rue89.fr

Ø www.SlateAfrique.fr

Ø www.telegraph.co.uk

Ø www.Terrrafemina.com

Ø www.universalis.fr

Ø www.voltairenet.org

Ø www.Voxeurop.eu

b- Les blogs

Ø bernardlugan.blogspot.fr

Ø Blog gaulliste libre

ANNEXES

LISTE DE DOCUMENTS EN ANNEXES

ANNEXE 1 : Résolution 1970 CSNU Sur la Libye.

ANNEXE 2 : Résolution 1973 CSNU Sur la Libye.

ANNEXE 1 : Résolution 1970 (CSNU)

ANNEXE 2 : Résolution 1973 CSNU Sur la Libye.

TABLE DES MATIERES

AVERTISSEMENT.......................................................................................i

CARTE DU MAGHREB................................................................................ii

DEDICACE...............................................................................................iii

REMERCIEMENTS..............................................................................................iv

SIGLES ET ABREVIATIONS.......................................................................vi

RESUME................................................................................................viii

SOMMAIRE...............................................................................................ix

INTRODUCTION GENERALE ......................................................................1

I : Construction conceptuelle du sujet et justification du choix des acteurs........................4

A : Construction conceptuelle du sujet..................................................................4

1 : Jeu et enjeu..............................................................................................4

2 : Grande puissance.......................................................................................6

3 : Le printemps arabe......................................................................................6

B : Justification du choix des acteurs....................................................................8

1 : Les raisons du choix des pays à étudier..............................................................8

2 : Les raisons du choix des grandes puissances.......................................................9

II : Revue de la littérature...............................................................................11

III : Intérêt de l'étude.....................................................................................17

IV : La problématique....................................................................................18

V : Démarche adoptée....................................................................................18

A : La collecte et l'analyse de données.................................................................19

1 : La collecte de données................................................................................19

a : La collecte de données à travers les documents écrits........................................................................................................19

b : La collecte de données Les documents électroniques...............................................................................................20

c : La collecte de données Les documents muets........................................................................................................20

2 : L'analyse des données................................................................................20

B : L'usage des théories .................................................................................21

1 : Le constructivisme....................................................................................21

2 : L'interactionnisme....................................................................................25

a : L'interactionnisme stratégique......................................................................25

b : L'interactionnisme symbolique.....................................................................26

3 : Le réalisme.............................................................................................27

VI : Hypothèse de travail................................................................................30

PREMIERE PARTIE : LES JEUX DIVERSIFIES DES GRANDES PUISSANCES...31

 CHAPITRE I : LES JEUX INDIVIDUELS DES GRANDES PUISSANCES............34

Section I : Les jeux similaires...........................................................................35

Paragraphe I : Les actions des puissances très actives...............................................35

A : Les pressions sur les dirigeants.....................................................................35

1 : Discours et autres actions de pression sur les régimes de Ben ALI, Hosni MOUBARAK et Mouammar KADHAFI..................................................................................35

a : La construction discursive des pressions..........................................................35

b: Les autres formes de pression........................................................................45

2 :L'établissement de relations diplomatiques entre les insurgés et les grandes puissances..................................................................................................47

a : La nomination d'un nouvel ambassadeur en Tunisie par la France............................48

b : La reconnaissance du CNT en Libye...............................................................48

B : Les appuis logistiques, financiers, économiques et militaires aux rebelles..................50

1 : Les appuis logistiques................................................................................50

a : Les offres de formation aux rebelles par les Etats-Unis : le cas des blogueurs égyptiens...................................................................................................50

b : La fourniture du matériel de guerre aux insurgés par la France et les Etats-Unis............53

2 : Les soutiens financiers et économiques............................................................53

a : Le soutien financier de la Grande-Bretagne pour le développement du système judiciaire...................................................................................................53

b : Le soutien économique des Etats-Unis............................................................54

3 : Les appuis militaires.................................................................................55

a : Les appuis militaires de la France..................................................................55

b : Les appuis militaires des Etats-Unis aux insurgés libyens......................................56

c : L'aide aux renseignements apportée par la Grande-Bretagne aux insurgés libyens.........57

Paragraphe II : Les actions des puissances moins actives...........................................58

A : L'appel au pacifisme en Libye.....................................................................58

B : L'établissement des contacts diplomatiques avec les différentes parties au conflit en Libye.......................................................................................................59

1 : Les rencontres entre diplomates chinois et parties au conflit libyen...........................59

2 : La médiation et la visite russe en Libye...........................................................60

Section II : Les jeux dissemblables.....................................................................61

Paragraphe I : Les conduites spécifiques des grandes puissances très actives...................61

A : Les actions visant le changement par le soutien aux rebelles..................................61

1 : Les jeux spécifiques de la Grande-Bretagne......................................................61

a : Les visites des autorités anglaises en Tunisie et en Egypte : signe de l'approbation des manifestations.............................................................................................61

b : L'appel à la mobilisation internationale pour résoudre la crise libyenne.....................62

c : L'expression discursive de l'encouragement des dissidents égyptiens par les Etats-Unis.........................................................................................................64

B : Les conduites de la France visant au maintien du statu quo en Tunisie......................66

1 : L'appel au calme......................................................................................66

2 : La proposition de mesures pour permettre à Ben ALI de rester au pouvoir..................66

Paragraphe II : Les jeux spécifiques des puissances moins actives................................67

A : Les conduites spécifiques de la Russie............................................................67

1 : Le soutien aux manifestants en Tunisie et en Egypte...........................................67

2 : La dénonciation des jeux des interventionnistes et leur mise en garde par la Russie........68

B : Les conduites propres de la Chine..................................................................70

1 : L'extrême prudence chinoise et l'absence d'ingérence..........................................70

2 : La condamnation des actions des occidentaux...................................................71

CHAPITRE II : LES JEUX COLLECTIFS DES GRANDES PUISSANCES.............73

Section I : Les grandes puissances à l'oeuvre dans les cadres multilatéraux..............................................................................................74

Paragraphe I : Les grandes puissances dans les structures multilatérales existantes avant le printemps arabe...........................................................................................74

A : La dynamique décisionnelle et actionnelle des grandes puissances contre le régime de KADHAFI à l'ONU, au G8 et à l'UE................................................................75

1 : Le régime de KADHAFI à l'épreuve des décisions des grandes puissances................75

a : La prise des sanctions collectives contre le régime de KADHAFI par les grandes puissances.................................................................................................75

b : L'apport d'un soutien collectif aux rebelles par les grandes puissances au travers du G8..........................................................................................................79

2 : Les jalons pour une intervention militaire en Libye posés par les grandes puissances au sein de l'ONU.............................................................................................80

a : Les réticences de la Russie et de la Chine doublées de leurs abstentions.....................81

b : Les manoeuvres françaises pour l'adoption de la résolution 1973.........................................................................................................83

B : La mise en oeuvre de la résolution 1973 par les grandes puissances à Europe3 et à l'OTAN....................................................................................................86

1 : E3, plateforme d'appui de la France et de la Grande-Bretagne pour inspirer l'action militaire en Libye.........................................................................................86

2 : L'OTAN, cadre de l'intervention militaire des grandes puissances en Libye................86

a : Le « leadership from behind » des Etats-Unis au sein de la coalition de l'OTAN.............87

b : La constitution de la France comme véritable puissance militaire au sein de la coalition de l'OTAN....................................................................................................90

c : Une contribution modeste de la Grande-Bretagne aux opérations militaires de l'OTAN....................................................................................................92

Paragraphe II : La création des cadres multilatéraux par les grandes puissances................95

A : L'organisation des sommets ad hoc sur la Libye..................................................95

B : L'organisation des conférences ad hoc............................................................96

1 : La prise en acte de la résolution 1973 par le groupe de contact au cours de la conférence de Londres....................................................................................................97

2 : La tripartite France-Grande-Bretagne-Etats-Unis pour l'affirmation de leur engagement militaire en Libye...............................................................................................97

3 : Le rassemblement pour un soutien à la transition en Libye au travers de la conférence des amis de la Libye du 1er septembre 2011...............................................................98

Section II : Les interactions des grandes puissances dans des cadres bilatéraux...............100

Paragraphe I : Les interactions bilatérales entre les grandes puissances................................................................................................100

A : Les interactions bilatérales pour mettre la pression sur les dirigeants en place............100

1 : Coopération bilatérale entre Etats-Unis et Grande-Bretagne pour une pression sur Hosni MOUBARAK...........................................................................................100

2 : Actions bilatérales de pression sur Mouammar KADHAFI...................................101

a : Négociation entre OBAMA et MEDVEDEV pour l'accroissement des pressions contre KADHAFI................................................................................................101

b : SARKOZY et OBAMA : la décision de chasser KADHAFI..................................102

B : Projet de résolution et proposition d'une solution diplomatique à la crise libyenne par le couple franco-britannique..............................................................................103

C : La visite de réconfort au CNT libyen effectuée par le couple franco-britannique.........104

Paragraphe II : Les interactions bilatérales entre les grandes puissances et les autres acteurs des relations internationales...........................................................................105

A : Les interactions avec les acteurs du monde arabe..............................................105

1 : Les interactions avec les Etats du monde arabe...................................................105

a : L'aide au cadrage....................................................................................105

b : Les contributions financières et militaires des pays du Monde arabe.......................................................................................................107

2 : Les interactions avec les organisations du monde arabe.......................................................................................................109

3 : Les interactions avec l'Emir du Qatar pour un appui à la décision des Etats-Unis........................................................................................................111

B : Les interactions avec les Etats africains.........................................................112

DEUXIEME PARTIE : DES JEUX SOUS-TENDUS PAR DE MULTIPLES ENJEUX ET SOUMIS A DIVERSES CONTRAINTES...................................................115

CHAPITRE III : UNE INTERVENTION SOUS-TENDUE PAR DES MULTIPLES ENJEUX.................................................................................................117

Section I : Les enjeux manifestes.....................................................................118

Paragraphe I : Les enjeux poursuivis par les puissances très actives.............................118

A : La protection des civils............................................................................118

B : L'instauration de la démocratie...................................................................121

PARAGRAPHE II : LES ENJEUX DES PUISSANCES MOINS ACTIVES.................125

A : La protection de leur culture en politique internationale......................................125

1 : La protection de sa culture en politique internationale par la Russie..........................125

2 : La protection de sa culture en politique internationale par la Chine.........................127

B : La préservation de leur sécurité interne...........................................................128

1 : Les manoeuvres de protection de sa sécurité interne par la Chine............................128

2 : Les craintes de la Russie, ferments de sa non intervention....................................131

Section II : Les enjeux latents.........................................................................132

PARAGRAPHE I : LES ENJEUX ECONOMIQUES.............................................133

A : La capitalisation de ses avoirs par la Chine.....................................................133

B : Sauvegarde de ses partenariats par la Russie...................................................135

1 : La préservation de son partenariat de développement économique avec les Etats-Unis et l'Europe occidentale....................................................................................136

2 : La conservation de ses acquis économiques.....................................................137

PARAGRAPHE II : LES ENJEUX STRATEGIQUES...........................................139

A : Les enjeux collectifs................................................................................139

1 : L'anéantissement des efforts de construction de l'UA.........................................140

2 : Le ralentissement de l'expansion de la Chine en Afrique.....................................144

3 : La quête du pétrole..................................................................................146

B : Les enjeux spécifiques.............................................................................150

1 : Les enjeux spécifiques de la France..............................................................150

a : La (re)construction de la multipolarité...........................................................150

b : La prémunition contre l'immigration.............................................................154

2 : La protection d'un Etat ami des Etats-Unis : Israël.............................................155

3 : La construction de sa puissance au travers de l'Afrique par la Chine........................156

CHAPITRE IV : DES JEUX SOUMIS A PLUSIEURS CONTRAINTES................160

Section I : Les contraintes inhérentes aux grandes puissances....................................160

Paragraphe I : La crise économique..................................................................161

A : Le regard des auteurs et acteurs de la finance mondiale......................................161

B : La situation des grandes puissances.............................................................164

1 : Le cas de la France.................................................................................164

2 : Le cas de la Grande-Bretagne.....................................................................168

3 : La situation de crise des Etats-Unis................................................................171

Paragraphe II : Des contraintes spécifiques aux Etats-Unis  et à la France.....................173

A : La prise en compte de l'opinion publique américaine par le gouvernement de Barack OBAMA..................................................................................................174

B : Absence de politique africaine de François HOLLANDE, décision d'action en retrait et réorientation des actions de la France................................................................176

1 : L'absence de politique africaine de François HOLLANDE...................................176

2 : La décision d'action en retrait en Afrique et la réorientation des actions de la France.....................................................................................................177

Section II : Les contraintes extérieures aux grandes puissances..................................178

Paragraphe I : L'UA, obstacle a la stratégie des grandes puissances............................178

Paragraphe II: Les facteurs obstruant l'instauration de la démocratie au Maghreb...........181

A : Les facteurs propres à l'Egypte..................................................................182

1 : La mal gouvernance.................................................................................182

a : Les violations des droits de l'Homme............................................................184

b : La dissolution des partis politiques...............................................................189

2 : L'armée, obstacle à la démocratisation..........................................................190

a : La préservation de sa suprématie : objectif poursuivi par l'armée...........................191

b : Effets pervers du financement des Etats-Unis...................................................192

c : L'armée, auteur de l'instabilité politique en Egypte...........................................195

3 : Le déficit financier..................................................................................197

B : La déliquescence de l'Etat libyen.................................................................198

Paragraphe III : L'insécurité et le désintérêt de la population....................................202

A : L'insécurité..........................................................................................202

1 : L'insécurité en Libye...............................................................................203

2 : L'insécurité en Egypte..............................................................................208

3 : Le désintérêt d'une partie de la population pour la politique.................................210

CONCLUSION GENERALE.......................................................................212

BIBLIOGRAPHIE....................................................................................216

ANNEXES...............................................................................................240

TABLE DES MATIERES...........................................................................260

* 1 Nous faisons ici référence à la multiplicité des putschs en Afrique subsaharienne.

* 2 NASSIF Hitti, « Solidarité sociologique arabe », Revue Défense Nationale, N° 743, octobre 2011, p. 3.

* 3 23 ans de règne au compteur de Ben ALI en Tunisie, quasi 30 pour Hosni MOUBARAK en Egypte et la palme de longévité pour Mouammar KADHAFI : 42 ans en Libye

* 4 La Nation N°101 édition du 01 au 07 Mai 2013.

* 5 LABEVIERE Richard, « Printemps, été et automne arabes. Révolutions et contre-révolutions post-globales », Revue Internationale et Stratégiques 83, Automne 2011, p. 77.

* 6 Voir MONIQUET Claude, Printemps arabe printemps pourri, Paris, éditions encre d'orient, 2012.

* 7 L'expression est de ABDOU HASSAN Adam, « A propos de l'intervention occidentale en Libye : étude de l'ouvrage de Jean PING, Eclipse sur l'Afrique, fallait-il tuer KADHAFI ? », Thinking Africa, NDR n° 10, juin 2014, p. 19.

* 8 DURKHEIM Emile, cité par GRAWITZ Madeleine, Méthodes des sciences sociales, Paris, 7e édit., Dalloz, 1986, p. 398.

* 9GRAWITZ (M.), Ibid., p. 348.

* 10 Ibid., p. 348.

* 11 Ibid., p. 348.

* 12 QUIVY Raymond et CAMPENHOUDT Luc Van, Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Dunod, 2e édition, 1995, p. 120.

* 13 CROZIER Michel et FRIEDBERG Erhard, L'acteur et le système : Les contraintes de l'action collective, Paris, Editions du Seuil, 1977, p. 97.

* 14 ANSART Pierre, Les sociologies contemporaines, Paris, Editions du Seuil, 1990, p. 276.

* 15 RAPOPORT Anatol, «Three modes of conflict», Management science, vol 7, N°3, Avril 1961, pp. 210-218.

* 16 ROJOT Jacques, Théories des Organisations, Paris, ESKA, 2003, p. 224.

* 17 Ibid., p. 218.

* 18 Ibid.

* 19 SMOUTS Marie-Claude, BATTISTELLA Dario, VENESSON Pascal, Dictionnaire des Relations Internationales, Paris, Dalloz, 2è édition, 2006, p. 445.

* 20 Kenneth WALTZ cité par SMOUTS (M-C) et al., Ibid., p. 445.

* 21 « La notion de polarité a trait à la problématique réaliste de la répartition de la puissance entre unités plus ou moins nombreuses au sein d'un système interétatique (...) », SMOUTS (M-C) et al., op. cit., p.423.

* 22 Confère justification du choix des acteurs, pp. 9-11.

* 23 Il existe deux façons de construire un concept. Chacune correspond à un niveau différent de conceptualisation. L'une est inductive et produit des « concepts opératoires isolés », l'autre est déductive et crée des « concepts systémiques ». Voir. BOURDIEU Pierre, CHAMBOREDON Jean-Claude et PASSERON Jean-Claude, Le métier de sociologue. Préalables épistémologiques, Paris, Mouton Editeur, 4e édition, 1983, pp. 51-54.

* 24 « Un concept opératoire isolé (COI) est un concept construit empiriquement à partir d'observations directes ou d'informations rassemblées par d'autres. C'est à travers les lectures (...) que l'on peut recueillir les éléments nécessaires à cette construction », QUIVY (R) et CAMPENHOUDT (L V), op. cit., p. 122.

* 25 DENECE Eric (dir.), La face cachée des révolutions arabes, Paris, Editions Ellipses, 2012, p.8.

* 26 CAMAU Michel, « Un printemps arabe ? L'émulation protestataire et ses limites », l'année du Maghreb [en ligne], VIII/2012, http:// annéemaghreb.revfues.org/1383, consulté le 25 mai 2012.

* 27 SARMIS Dilek, « Que disent les « révolutions arabes » ? Le modèle occidental de démocratie et de laïcité à l'épreuve de l'exemple turc », Printemps arabe, printemps durable ?, Revue des femmes philosophe, N°2-3, mai 2013, p. 27.

* 28« L'ensemble des Etats, Organisations internationales, Organisations non gouvernementales et individus, qui en agissant sur la scène internationale adhèrent aux valeurs communes », SMOUTS (M-C) et al., op. cit., p.67.

* 29 Par cette expression, nous voulons parler des acteurs, Etats au sein desquels l'évènement est né.

* 30 Par cette autre expression, nous voulons désigner les acteurs qui ont donné une connotation internationale à l'évènement.

* 31 BACHELARD Gaston, La formation de l'esprit scientifique, Paris, librairie philosophique. J. VRIN, 1986, p. 55.

* 32 QUIVY (R) et CAMPENHOUDT (L V), op. cit., p. 3.

* 33 SNYDER Richard, BRUCK H.W et SAPIN Burton, cités par BATTISTELLA (D), op. cit., p. 359.

* 34 Le concept d'extraversion étatique en Afrique noire renvoie à la question centrale du déficit d'autonomie stratégique et politique dont souffrent de nombreux pays. Il met en lumière les espaces de souveraineté que les pays africains laissent à leurs partenaires étrangers pour l'élaboration de leurs politiques. Nombre de pays africains, en effet, au mépris de la maxime chère à Georges WASHINGTON (1732-1799) selon laquelle, aucune nation ne doit être crue au-delà de son intérêt, associent leurs partenaires étrangers, et plus particulièrement occidentaux, à la définition des sujets vitaux pour leur indépendance et leur survie tels : la sécurité, les politiques économiques ou la politique étrangère. Toutefois, la dépendance de l'Afrique, loin d'être simplement le résultat d'un complot occidental, est une construction à laquelle l'élite politique africaine est étroitement associée. Afin de compenser leur insuffisante légitimité politique sur le plan national, de nombreux responsables politiques africains ont, en contradiction avec la vision stratégique que requiert la gestion d'un pays, volontairement renforcé l'extraversion de leurs Etats. Pour plus d'éléments sur cette question il serait utile de lire FOGUE TEDOM Alain, Enjeux géostratégiques et conflits politiques en Afrique noire, Paris, L'Harmattan, 2008, pp. 175-212.

* 35 Ibid.

* 36 Nous reviendrons sur les détails plus loin.

* 37 Avec un grand intérêt, on lira ROPIVIA Marc-Louis, « Géopolitique et géostratégie: L'Afrique noire et l'avènement de l'impérialisme tropical gondwanien», dans Cahiers de géographie du Québec, vol 30, n°79, 1986, pp. 5-19.

* 38 Puissance considérée comme le gendarme du monde, la puissance majeure du monde. LERICHE Frédéric, « La politique africaine des Etats-Unis : une mise en perspective », Afrique Contemporaine, 2003/3no 207, p. 8.

* 39 BUHLER Pierre, La puissance au XXIe siècle. Les nouvelles définitions du monde, Paris, CNRS EDITIONS, 2011, p. 280.

* 40 Pour plus d'éléments sur ce sujet, lire MING Ye, « L'Essor des grandes puissances: un documentaire-fleuve à la télévision chinoise », Hérodote n° 125, La Découverte, 2007, p. 51-61.

* 41 PONDI Jean Emmanuel, Vie et mort de Mouammar Al-Kadhafi. Quelles leçons pour l'Afrique ? Yaoundé-Cameroun, Editions Afric'Eveil, 2012.

* 42MONIQUET (C.), op. cit.

* 43 Notamment lors de la riposte contre l'invasion du Koweït par l'Irak.

* 44 LUGAN Bernard, Histoire d'une tragique illusion, Paris, Editions Bernard Lugan, 2013.

* 45 La face cachée des révolutions arabes est un ouvrage collectif rédigé sous la direction de Eric DENECE et du CF2R ( centre français de recherche sur le renseignement) avec 22 autres auteurs, journalistes, essayistes, chercheurs, anciens diplomates, hommes et femmes politiques de terrain, économistes de plusieurs nationalités (français, belges, égyptien, malien, algérien...). Parmi ces auteurs, nous pouvons citer l'égyptien Samir AMIN.

* 46AMIN Samir, Le monde arabe dans la longue durée : un printemps des peuples ? Paris, Éditions le temps des cerises, 2011.

* 47 La financiarisation : quand on dit que l'on va trouver une solution à la crise en « régulant la financiarisation », c'est impossible. On ne peut la réguler qu'en nationalisant dans la perspective de socialiser des monopoles. Etant donné que ceci n'est pas à l'ordre du jour, on ne peut pas la réguler. La financiarisation est nécessaire à la reproduction du système capitaliste au stade où il est parvenu.

* 48 La destruction : quand on dit que le capitalisme a prouvé dans l'histoire qu'il est capable de s'ajuster à tout, c'est certes juste, mais à quel prix ? A celui de devenir de plus en plus destructif ! Nous avons maintenant atteint un stade où les destructions que la poursuite de son déploiement implique sont fabuleuses.

* 49 L'intolérance : le capitalisme des monopoles généralisé ne tolère pas l'émergence des pays dits émergents. Cela signifie qu'il n'accepte pas que ces derniers « rattrapent » les pays dominants de la triade Etats-Unis/Europe/Japon même par des moyens capitalistes dans le cadre de la globalisation, ce qu'ils tentent effectivement de faire. Ceci est à l'origine de la guerre permanente, ce projet déjà mis en oeuvre de contrôle militaire de la planète. Ici, les véritables ennemis ne sont pas les pays auquel ce capitalisme s'attaque comme la Lybie, l'Irak où la Syrie, mais derrière eux, les pays émergents, et surtout la Chine.

* 50BRAHIMI El MILI Naoufel, Le printemps arabe, une manipulation, Paris, Max Milo, 2012.

* 51 A partir de 2012, après la chute des régimes de ben Ali, Moubarak et Kadhafi.

* 52 BRAHIMI El MILI (N), op. cit., p. 211.

* 53HASSNER Pierre, « Guerre, stratégie, puissance », Revue Défense Nationale n° 743, octobre 2011.

* 54 Ibid., p. 4.

* 55ROEHRIG Benjamin, « L'OTAN et l'ONU : victimes de l'intérêt national en Libye », Revue Défense Nationale n°752, été 2012.

* 56 Ibid.

* 57KATZ Mark N., « La Russie et le printemps arabe : la démocratie en question », Moyen-Orient 15.juillet-septembre 2012.

* 58 Ibid., p. 69.

* 59DJAZIRI Moncef, « Libye : les enjeux économique de la « guerre pour la démocratie » », Moyen-Orient 12. Octobre-décembre 2011.

* 60 Pour le cas de la Libye.

* 61 DJAZIRI (M.), op.cit., p. 78.

* 62 Ibid., p. 79.

* 63 SCHOPENHAUER Cité par GRAWITZ Madeleine, Méthodes de sciences sociales, 10e édit., Paris, Éditions Dalloz, 1996, p. 317.

* 64 MARIRATANGA Zépherin, La problématique de la bonne gouvernance au Cameroun, rapport de stage février 1999, IRIC, p. 5.

* 65 BOURDIEU Pierre, cité par QUIVY (R) et CAMPENHOUDT (L V), op. cit., p. 94.

* 66 FOGUE TEDOM (A), op. cit., p. 12.

* 67 Confère supra, pp 11-17.

* 68 BOURDIEU Pierre, CHAMBOREDON et PASSERON Jean Claude, Le métier du sociologue : préalable épistémologique, Paris, mouton, 1983, p. 54.

* 69 GRAWITZ (M), op. cit., p. 4.

* 70 Selon Madeleine GRAWITZ, « les techniques sont des procédés opératoires rigoureux, bien définis, transmissibles susceptibles d'être appliqués à nouveau dans les mêmes conditions, adaptés au genre du problème et de phénomène en cause », GRAWITZ (M.), op. cit, p. 318.

* 71Ibid., p. 519.

* 72 Ibid., p. 461.

* 73 Cameroon Tribune, La Nation, Le Monde, AFRICA24 MAGAZINE etc.

* 74 Politique Africaine, Revue Défense Nationale, Politique Internationale, Revue Internationale et Stratégique...

* 75 PONDI Jean Emmanuel, Vie et mort de Mouammar Al-Kadhafi. Quelles leçons pour l'Afrique ?, op. cit. ; MONIQUET Claude, Printemps arabe, printemps pourri, op. cit. ; DENECE Eric (dir.), La face cachée des révolutions arabes, op. cit. ; AMIN Samir, le monde arabe dans la longue durée : un printemps des peuples ? op. cit. ; LUGAN Bernard, Histoire d'une tragique illusion, op. cit. ; BRAHIMI El MILI Naoufel, Le printemps arabe, une manipulation, op. cit., pour ne citer que ceux-là.

* 76 GRAWITZ Madeleine, Méthodes des sciences sociales, op. cit.; BATTISTELLA Dario, Théories des Relations Internationales, op. cit.; ROJOT Jacques, Théories des Organisations, op. cit., la liste n'est qu'illustrative.

* 77A l'instar de « Washington critique le gouvernement tunisien » Radio Canada International ; « Tunisie : la véritable nature du régime de Ben ALI » publié sur Nawaat.fr ; BAUMANN Nick et MAHANTA Siddhartha « what's happening in Egypt explained» publié le 23 février 2011 sur Nawaat.fr, pour se limiter à ceux-là.

* 78 A l'instar de TOURAINE Alain, Sociologie de l'action, Paris, Les éditions du seuil, 1965 ; BERGES Michel (dir.), Penser les relations internationales, Paris, l'Harmattan, 2008, pour ne citer que ces ouvrages.

* 79 Scène de presse sur la CRTV Télé ; Canal Presse sur Canal2 International ; Dimanche midi sur la CRTV poste national, la liste n'est pas exhaustive.

* 80 Voir TCHOUPIE André, Cours de Techniques de Recherche en Science Politique, Master II en Science Politique, Université de Dschang, 2011-2012.

* 81GRAWITZ (M.), op. cit, p. 687.

* 82 TCHOUPIE (A), op. cit.

* 83 BATTISTELLA (D), op. cit., note 3, p. 13.

* 84 Ibid., p. 37.

* 85 ARON Raymond, « Qu'est-ce qu'une théorie des relations internationales ? », dans Revue Française de Science Politique 17eannée n° 5, 1967 pp. 837-861.

* 86 Hans MORGENTHAU cité par BATTISTELLA (D.), op. cit. p. 29.

* 87 TCHOUPIE (A), op. cit.

* 88 ONUF Nicholas, World of our Making, «Rules and Rule in Social Theory and International Relations», Columbia, University of South Carolina Press, 1989.

* 89 KRACHTOWIL Friedrich, «The Force of Prescription», International Organization, Vol. 38, n°4, 1984, pp. 685-708; KRACHTOWIL Friedrich, Rules, Norms and Decisions. On the Conditions of Practical and Legal Reasoning in International Relations and Domestic Affairs, Cambridge, Cambridge University Press, 1989.

* 90 RUGGIE John Gerard «Introduction: What makes the world hang together? Neo -utilitarism and the social constructivist challenge,» dans RUGGIE John Gerard, Constructing the world polity: Essays of International institutionalization, London, Routledge, 1998.

* 91 WENDT Alexander, «The agent-structure problem in international relations theory», International Organization, Vol. 41, n°3, 1987, pp. 335-370.

* 92BATTISTELLA (D.), op. cit.

* 93RIVAT Emmanuel, « Bourdieu est-il soluble en relations internationales ? Le constructivisme en débat », dans Dynamiques internationales, N° 1, octobre 2009, p. 1.

* 94 LAMBORN Alan C. et LEPGOLD Joseph, World politics into the twenty-first century: unique contexts enduring patterns, Harlow, 1er éd, Von Hoffman Press, 2003, p. 45.

* 95 MCLEOD Alex, « L'approche constructiviste de la politique étrangère », dans CHARILLON (F) (dir.), Politique étrangère. Nouveaux regards, Paris, PFNSP, 2002, p.66.

* 96 CORCUFF Philippe, Les nouvelles sociologies, Paris, Nathan, 1995, p. 17.

* 97BATTISTELLA (D.), op. cit.

* 98 ONUF Nicholas, World of our making : Rules and Rule in social theory and international relations, Columbia, university of south Carolina press, 1989 cité par E. RIVAT op. cit., p. 3.

* 99 RUGGIE (J. G.); CHEKEL (T. J.), cités par LAMBORN (A. C.) et LEPGOLD (J.), op. cit. ,p. 46.

* 100 WENDT Alexander, Social Theory of International Politics, Cambridge, Cambridge University Press, 1999, p. 231.

* 101 WENDT Alexander «Anarchy is what states make of it. The social construction of power politics» dans International Organization vol.46 N° 2, 1992.

* 102 WENDT (A.) cité par BATTISTELLA (D.), op.cit., p. 283-284.

* 103 KATZENSTEIN Peter, The culture of National Security, New York, Columbia University Press, 1996, p. 33.

* 104 BATTISTELLA (D.), op.cit., p. 280.

* 105 ONUF Nicholas, cité par BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 270.

* 106 SMOUTS (M-C) et al., op. cit., p. 74.

* 107 Notamment le paradigme réaliste qui exclut le changement de son champ d'étude et le post-modernisme qui ne voit dans le changement qu'une ruse du pouvoir.

* 108 MORRISSETTE Joëlle, GUIGNON Sylvie, DEMAZIERE Didier, « De l'usage des perspectives interactionnistes en recherche », Revues Recherche Qualitative vol. 30(1) 2011, p. 1.

* 109 Ibid., p. 2.

* 110LAMBORN (A.C.)/LEPGOLD (J.), op. cit., p. 485.

* 111 ROJOT (J.), op. cit.

* 112 ELIAS Norbert, Qu'est ce que la sociologie? Paris, édition l'aube, 1991, p.10.

* 113 CROZIER (M.) et FRIEDBERG (E.), op. cit., p. 218.

* 114 Ibid., p. 48.

* 115 Cf. MIRONESCO Claude, Introduction à la Science Politique, http://europa.eu.int., consulté le 24 mai 2013.

* 116ROJOT (J.), op. cit.

* 117 Ibid., p. 327.

* 118 Ibid., p. 328.

* 119 ROJOT (J.), op. cit., p. 328.

* 120 FRIEDBERG Erhard, Le Pouvoir et la Règle. Dynamiques de l'action organisée, Paris, Editions du Seuil, 1993, p. 203.

* 121 ROJOT (J), op. cit., p. 230.

* 122 GILPIN R., « The richness of the tradition of political realism » cité par BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 111.

* 123 BUSAN B., « The timeless wisdom of realism », dans S. Smith, K. Booth et M. Zalewski (eds), International Theory, Positivism and Beyond, cité par BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 111.

* 124 BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 112.

* 125 Voir SMOUTS (M.C.) et al., op. cit., pp. 453-456.

* 126 On distingue trois types d'anarchie : l'anarchie hobbesienne, l'anarchie kantienne et l'anarchie lockienne, BATTISTELLA (D), op. cit., p. 286.

* 127 ROCHE Jean Jacques, Théories des relations internationales, Paris, Editions Montchrestien, 6e édition, 2006, p. 64.

* 128 QUIVY (R) et CAMPENHOUDT (L V), op. cit., p. 117.

* 129 GRAWITZ (M), op.cit. p. 360.

* 130 QUIVY (R) et CAMPENHOUDT (L V), op. cit., p. 118.

* 131 Ibid.

* 132 ELIAS (N), op.cit., p.157.

* 133 Ibid., p. 155.

* 134 « Elle peut avoir pour objet pour un Etat ou un groupe d'Etats d'amener les autres acteurs à agir en conformité avec ses intérêts, principes et valeurs, soit en instaurant un ordre international (ou des normes) qui encadrent ou orientent leurs actions, soit en instaurant les conditions d'une communauté objective de vues ou d'intérêts », COURMONT Barthélémy, NIQUET Valérie et NIVET Bastien, « Quelle évolution de la notion de puissance et de ses modes d'action à l'horizon 2030, appliquée aux Etats-Unis, à l'Europe et à la Chine ? », IRIS, 2004, p. 17-18.

* 135 Les Etats-Unis ont, par exemple, été très critiqués pour leur intervention en Irak en 2003. C'est pourquoi ils se veulent très prudents.

* 136 On les a vues en Irak, en Afghanistan et au Kosovo à titre illustratif.

* 137 James ROSENAU appréhende l'intervention comme l'action d'un acteur international dont la forme altère significativement les formes de relations préexistantes. ROSENAU James, « Intervention as a scientific concept », The Journal of Conflict Resolution, 13 (2) juin 1969.

* 138BADIE Bertrand, Un monde sans souveraineté : Les Etats entre ruse et responsabilité, Paris, Fayard, 1999.

* 139 Par rebelles, nous entendons des personnes qui refusent l'autorité et se soulèvent contre celle-ci, Dictionnaire Larousse.

* 140«  L'unilatéralisme désigne le choix d'un Etat de prendre ses décisions et d'agir seul, sans concertation avec ses alliés ni négociation avec l'adversaire et quelque fois au mépris de celui-ci. » SMOUTS (M.C.), et al. op.cit, p. 532.

* 141 Au sens de Hans MORGENTHAU, « l'emprise d'un acteur sur l'esprit et les actions des autres », cité par SMOUTS (M.C.), et al. op.cit., p. 446.

* 142 ONUF Nicholas, World of our making : Rules and Rule in social theory and international relations, Columbia, university of south Carolina press, 1989.

* 143 On peut citer le multipartisme, l'alternance au pouvoir, la liberté d'expression, les élections libres, régulières et transparentes etc.

* 144 WENDT Alexander, «Anarchy is what states make of it: the social construction of power politics», International Organization, vol. 46, n°2, 1992, p. 391-425 et voir aussi JEPERSON Ronald , WENDT Alexander, KATZENSTEIN Peter, «Norms, Identity, and Culture in National Security», dans KATZENSTEIN Peter, The Culture of National Security, New York, Columbia University Press, 1996.

* 145 SAWADOGO Poussi, « Dynamiques africaines 2011 : le retour de l'Histoire », Revue Défense Nationale, octobre 2011, p. 1.

* 146 Les fenêtres d'opportunités constituent un des éléments importants de l'approche constructiviste. Voir WILGA Maciej, « Le constructivisme dans le domaine de l'intégration européenne », dans L'Europe en formation N°322, automne 2001.

* 147 HUNTINGTON Samuel, «Why International Primacy Matters», International Security, printemps 1993, p. 83.

* 148 COURMONT (B.) et al., op. cit., p. 25.

* 149 TESSIER Manon et FORTMANN Michel, « Les Etats-Unis : mutation d'une superpuissance dans l'après guerre froide », Revue internationale et stratégique, n° 41, printemps 2001, p. 170.

* 150 COURMONT (B.) et al., op. cit., p. 28.

* 151 En Tunisie, Ben ALI a cédé aux injonctions de Hillary CLINTON.

* 152 « Washington critique le gouvernement tunisien », Radio Canada International, 07 janvier 2011 en ligne, consulté le 22 mars 2013.

* 153 Ibid.

* 154 http:// stade7- tunisie.over-blog.com

* 155 « La souveraineté signifie qu'à l'extérieur, l'Etat ne reconnait aucune autorité au dessus de lui ; tous les Etats sont égaux au regard du Droit International. » SMOUTS (M.C.), et al. op.cit., p. 510.

* 156 « La Tunisie convoque l'ambassadeur des Etats-Unis », AFP, 10 janvier 2011.

* 157 « La Tunisie convoque l'ambassadeur des Etats-Unis », op. cit.

* 158 Le beau-frère du président Ben ALI et responsable de la Télévision nationale tunisienne.

* 159 « Tunisie : la véritable nature du régime de Ben ALI » publié sur Nawaat.fr le 13 janvier 2011, consulté le 25 janvier 2014.

* 160 Ibid.

* 161 Hillary CLINTON, interview accordée à la chaine al-Arabiya diffusée le 11 janvier 2011.

* 162 A cet effet, en guise de signification de mécontentement, la Tunisie a convoqué l'ambassadeur américain en Tunisie. Elle a exprimé, par ailleurs, son étonnement face aux allégations sans fondement de blocage de l'accès aux sites sociaux d'Internet en Tunisie.
Elle dit s'employer à promouvoir l'Internet et à faire des technologies de l'information et des communications un levier important du développement global du pays. L'accès aux réseaux sociaux est libre et ouvert à tous en Tunisie. Elle conclut que pour les hackers interpellés qui ont attaqué de nombreux sites tunisiens, tous ont déjà été libérés à l'exception de deux qui ont été inculpés par le procureur de la république et déférés devant la justice, pour tentative de destruction délibérée de sites électroniques officiels tunisiens.

* 163 Communication officielle de Barack OBAMA sur le site de la Maison Blanche, 14 /01/2011

* 164 Les revendications ont débuté au Caire le 25 janvier 2011, jour déclaré « journée de la colère » contre la torture, la corruption et le chômage.

* 165 Source : BAUMANN Nick et MAHANTA Siddhartha « What's happening in Egypt explained» publié le 23 février 2011 sur Nawaat.fr, consulté le 25 mars 2013.

* 166 Ibid.

* 167 « Les événements en Egypte sont profondément inquiétants selon les Etats-Unis », Le Point publié le 28 janvier 2011.

* 168 « Hillary CLINTON : l'Egypte doit respecter les droits de ses citoyens et engager des réformes », Le Nouvel Observateur publié le 28 janvier 2011.

* 169 BAUMANN (N) et MAHANTA (S) op.cit..

* 170 Ibid.

* 171 CNN, 30 janvier 2011.

* 172 Ibid.

* 173 Citation de Joseph GOEBBELS, Ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich de 1933 à 1945, cité par DOUNKENG ZELE Champlain, Cours d'Analyse du discours politique, Master II Science Politique 2011-2012.

* 174 BAUMANN (N) et MAHANTA (S) op.cit.

* 175 Ibid.

* 176 The New York Times du 02 février 2011.

* 177 R. GIBBS cite par BAUMANN (N) et MAHANTA (S) op.cit.

* 178 Ibid.

* 179GOUTALI Amine, « Egypte : les manifestants persistent, MOUBARAK résiste », publié dans Horizons le 07 février 2011.

* 180 Barack OBAMA cité par LABEVIERE Richard, « Printemps, été et automne arabes. Révolutions et contre-révolutions post-globales », dans La Revue internationale et stratégique 83 automne 2011, p. 78.

* 181 ENNAHAR, « MOUBARAK s'accroche au pouvoir malgré la pression », publié le 05 février 2011 sur Nawwat.fr, consulté le 25 mars 2013.

* 182 Communiqué de la Maison Blanche du 10 février 2011.

* 183 Voir le journal Le Monde du 21 février 2011.

* 184 Enfin parce que jusqu'à cette date, il observait juste et son silence lui a été reproché par le New York Times.

* 185 Voir journal Le Monde du 23 février 2011.

* 186 Hilary CLINTON, le 13 juin 2011 à l'occasion de sa visite à la commission de l'Union Africaine à Addis-Abeba.

* 187 Ibid.

* 188 Voir Cameroon Tribune du 03 février 2011, p. 30.

* 189 Communication publiée par les services du Premier Ministre à Downing Street, le 28 janvier2011.

* 190 Communication publiée par les services du Premier Ministre à Downing Street, op. cit.

* 191 Ibid.

* 192 Ibid.

* 193 Cameroon Tribune du 31 janvier 2011, p. 30.

* 194 Cameroon Tribune du 31 janvier 2011, op. cit.

* 195 H. MOUBARAK s'est exprimé le 1er février 2011.

* 196 Source : Le Point.Fr, publié le 02 février 2011.

* 197 Ibid.

* 198 Nous parlons de volte-face parcequ'au début de la crise tunisienne la France a soutenu Ben ALI.

* 199 HADDAD Raphaèl, « Tunisie, pourquoi est-il urgent que la France s'implique davantage ? », AFP, 11 janvier 2011.

* 200 Ibid.

* 201 « Paris prêt à bloquer les comptes du clan Ben Ali en France », AFP/Le Monde, 15/01/2011, article en ligne, consulté le 25 mars 2013.

* 202 http://rebellyon.info/A-Lyon-manifestation-de-soutien-html.

* 203 RABENIRAINY Jaona, « Les forces armées et les crises politiques », Politique Africaine n°86, juin 2002, p. 86.

* 204 WHITAKER SEYMOUR Jennifer, Les Etats-Unis et l'Afrique, Paris, éditions Karthala, 1981, p. 172.

* 205 Ibid., p. 187.

* 206 Plus de 2 milliards de dollars par an : Le figaro.fr, consulté le 20 mars 2012.

* 207 Cameroon Tribune du 03 février 2011, p. 30.

* 208 Ibid.

* 209The New York Times du 03 février 2011.

* 210 Ibid.

* 211 INDYK Martin S., LIEBERTHAL Kenneth G., O'HANLON Michael E., Bending History: Barack Obama's Foreign Policy, Washington DC, The Brookings Institution Press, 2012, p. 158-159.

* 212 BAUMANN (N) et MAHANTA (S) op.cit.

* 213C'est un arabisant, bon connaisseur du Maghreb et du Moyen-Orient. Il a travaillé à Mascate, à Alger et à Jérusalem en tant que Consul général adjoint. En mai 2007, il est nommé à l'Elysée au poste de conseiller Afrique du Nord et Moyen-Orient.

* 214 BARLUET Alain, « Boris BOILLON nommé ambassadeur à Tunis » publié le 26/01/2011 sur Le Figaro.fr, consulté le 20 mars 2012.

* 215Ibid.

* 216 SMOUTS (M.C.), et al., op.cit., p. 461.

* 217 DEMESMAY Claire et SOLD Katrin, « Réactions au printemps arabe, à la recherche du plus petit dénominateur commun », dans Politique étrangère et de sécurité, 2012, p. 73.

* 217 «  Libye : les forces pro-Kadhafi auraient repris Ras Lanouf » [  archive], sur Le Figaro, 10 mars 2011.

* 218 DEMESMAY (C) et SOLD (K) op.cit., p. 73.

* 219 « Libye : un avenir incertain », Compte-rendu de mission d'évaluation auprès des belligérants libyens, Paris mai 2011 réalisé par le CIRET-AVT et le CF2R, p. 37.

* 220 Ibid.

* 221 Voir Cameroon Tribune du 29 juillet 2011, p. 32.

* 222 Ibid.

* 223 Voir le journal Le Monde du 11 mars 2011.

* 224 MOHAMEDOU OULD Mohammad-Mahmoud, « La démocratie arabe au regard du néo-orientalisme », La Revue Internationale et Stratégique N° 83, Automne 2011, p. 86.

* 225 NIXON Ron, «U.S. groups helped nurture Arab uprisings» The New York Times, 14 avril 2011.

* 226BENSAADA Ahmed, « Arabesque Américaine : Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » source :Source : http://www.elwatan.com/actualite/canada-parution-d-un-essai-sur-le-role-des-etat-unis-dans-le-printemps-arabe-20-04-2011-121362_109.php, consulté le 22 mars 2013.

* 227 BENSAADA Ahmed, Arabesque Américaine: Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe, Alger, édition SYNERGIE, 2012.

* 228 DENECE (E) op.cit.

* 229 GUILMAIN Olivier, « L'influence des ONG américaine sur le printemps arabe ; l'exemple de la National Endowment for Democracy » in DENECE (E.) (dir.), La face cachée des révolutions arabes op.cit. pp.385-414.

* 230 Ibid., p. 385.

* 231 BAKER Sonia, « Le document qui prouve que le printemps arabe a été provoqué par les Etats-Unis », publié sur le site de Comité Valmy, consulté le 14 juin 2014.

* 232 Ibid.

* 233 Ibid.

* 234 BAKER (S.), op. cit.

* 235 FARES Ali, « La face cachée des révolutions arabes. Les révoltes arabes ont chacune leur propre dynamique », Liberté du 10 janvier 2013.

* 236« La pax americana et les révolutions du printemps arabe ou la face cachée de ces révolutions » publié par Dr Salem BENNAMAR le 21 novembre 2011 sur Le Parisien.fr, consulté le 20 juillet 2013.

* 237 HUYGHE François-Bernard (Dir) « Facebook, twitter, al- jazeera et le « printemps arabe », IRIS, 04 Avril 2011, p. 1.

* 238KHAMIS Sahar and VAUGHN Katherine, « Cyberactivism in the Egyptian revolution: how civic engagement and Citizen journalism titled the balance », Arab Media and Society N° 13, 2011, cité par SAADA Julien « Printemps arabe et révolution de l'information, le poids des nouvelles technologies dans les relations internationales », Chaire Raoul-Dandurand, décembre 2013, p. 28.

* 239 LYNCH Marc, «After Egypt : the limits and promise of online challenges to the authoritarian arab state», Perspectives on Politics, 2011, pp 301-310.

* 240 C'est un jeune conseiller d'Hillary CLINTON. Il est à la tête du service de l'innovation, le pole « nouvelles technologies » au département de la défense.

* 241 PEYRY Yves-Marie et CHARRET Alain, « ONG et réseaux sociaux au coeur des révolutions arabes » dans DENECE Eric (dir.), La face cachée des révolutions arabes, op.cit., p. 415.

* 242 Relevé de Le canard enchainé cité dans Libye : un avenir certain op.cit.

* 243 « Libye, Washington veut envoyer des équipements aux rebelles », The Guardian du 21 avril 2011 publié sur LeMonde.fr consulté le 02 août 2014.

* 244 « Royaume-Uni-révolutions arabes : après le déluge, moi ! » Article publié le 23-02-2011 par Marie Billon pour France 24, consulté le 20 mars 2014.

* 245 ALAOUI Alexandre, « L'aide internationale américaine envers les pays du printemps arabe : quel bilan peut-on en tirer jusqu'ici ? » Chronique Etats-Unis, Chaire RAOUL-DANDURAND, MARS 2013.

* 246 Ibid.

* 247 Ibid.

* 248 Ibid.

* 249 PICARD Maurin, « Washington veut conserver l'Egypte dans son giron », Le Figaro, 04 septembre 2012.

* 250 PICARD (M.), op.cit.

* 251 RAZOUX Pierre (Dir), « Réflexions sur la crise libyenne », Etudes de l'IRSEM 2013-N° 27.

* 252 Ibid.

* 253 Nicolas SARKOZY, propos rapportés par AÏT AKDIM Youssef et TILOUINE Joan, « Libye : fallait-il reverser KADHAFI ? », publié le 26 août 2014 sur Jeune Afrique.com, consulté le 24 octobre 2014.

* 254 CALAS Bernard, « Introduction à une géographie des conflits... en Afrique », Les Cahiers d'Outre-mer [En ligne], 255 | Juillet-Septembre 2011, mis en ligne le 01 juillet 2011, Consulté le 20 février 2012, p. 300.

* 255 LEYMARIE Philippe « L'OTAN dans l'engrenage libyen », dans Manière de voir, avril-juin 2011, p. 17.

* 256 ROEHRIG (B.), op.cit.

* 257 LEYMARIE (P.), op. cit., p. 16.

* 258 JAUVERT Vincent, « Libye, les ratés d'une guerre française », op.cit.

* 259 Source : « LIBYE. Kadhafi veut lancer une "guérilla" pour combattre les rebelles », Le Nouvel Observateur, 02 septembre 2011.

* 260 SAKKAI Kahina, « Kadhafi, ses partisans et les plus jolies filles », Reuters, 13 septembre 2011.

* 261 AFP, 05 avril 2011.

* 262 Source : le figaro.fr consulté le 24 mai 2014.

* 264 Libye : un avenir incertain... op.cit.

* 263 LEYMARIE (P.), op. cit., p. 17.

* 264 AFP : « Un navire militaire américain se rapproche de la Libye », Le Parisien, 1er Mars 2011.

* 265 Ibid.

* 266 RAZOUX (P) op.cit., p. 30.

* 267HAUSLOHNER Abigail et KOUDDOUS Sharif Abdel, « Khalifa Hafter, the ex-general leading a revolt in Libya, spent years in exile in Northern Virginia », The Washington Post, 19 mai 2014, http://www.washingtonpost.com/world/africa/rival-militias-prepare-for-showdown-in-tripoli-after takeover-of-parliament/2014/05/19/cb36acc2-df6f-11e3-810f-764fe508b82d_story.html, consulté le 24 octobre 2014.

* 268 BENGALI Shashank, « Libyan rebel leader with U.S. ties feels abandoned », McClatchy DC, 12 avril 2011, http://www.mcclatchydc.com/2011/04/12/112071/libyan-rebel-chief-with-us-ties.html, consulté le 24 octobre 2014.

* 269 Libye : un avenir incertain... op.cit., p. 33.

* 270 Ibid.

* 271La Russie et la Chine sont deux puissances reconnues pour leur hostilité face aux ingérences dans les affaires internes des Etats souverains.

* 272 DEBBASCH Charles, BOURDON Jacques, PONTIER Jean-Marie, RICCI Jean-Claude, Lexique de politique 7e édition, Paris, DALLOZ, 2001, p. 303.

* 273 Suivant l'anarchie kantienne, les Etats se conçoivent les uns les autres comme amis. L'amitié est cette structure de rôle au sein de laquelle des Etats s'attendent à ce que chacun d'eux observe la règle du non recours à la force (les conflits sont résolus de façon pacifique, par la négociation, le compromis) et celle de l'aide mutuelle. BATTISTELLA (D.), op. cit., pp. 286 et 291.

* 274 CABESTAN Jean-Pierre, « Chine : une diplomatie tous azimuts », forum chine, Paris, Universalis, 2008, p. 836.

* 275 Source : Le quotidien du peuple en ligne « La Chine veut avoir un rôle constructif en Libye » article mis à jour le 14 septembre 2011, consulté le 23 juillet 2013.

* 276 http://www.lefigaro.fr/international/2011/02/21/01003-20110221ARTFIG00649-plusieurs-pays-condamnent-l-usage-de-la-force-en-libye.php, consulté le 23 juillet 2013.

* 277 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/27/97001-20110227FILWWW00040-libye-la-russie-condamne-la-repression.php, consulté le 23juillet 2013.

* 278 Radio Netherland Worldwide, op.cit.

* 279Radio Netherland Worldwide, op.cit.

* 280 Ibid.

* 281 Le quotidien du peuple en ligne op.cit.

* 282 « Les pressions s'intensifient pour contraindre KADHAFI au départ », par l'Express.fr publié le 28 mai 2011.

* 283 Ibid.

* 284 Ibid.

* 285 ZARTMAN William I. et RUBIN Jeffrey Z., Power and Negotiation, Ann Arbor, Michigan, The University of Michigan Press, 2000.

* 286 BAUCHARD (D) op.cit.

* 287 Source : MALASHENKO Alexey, «Russia and the Arab Spring», Carnegie Moscow Center, October 2013.

* 288 Ibid.

* 289 « Royaume-Uni-révolutions arabes ... », op.cit.

* 290Ibid.

* 291 Lire le décryptage des enjeux du printemps arabe fait par Hasni ABIDI dans AFRICA24 MAGAZINE N°3.juillet-septembre 2011, p. 016-017.

* 292 « Ensemble des opérations mettant un pays sur un pied de guerre. », DEBBASCH (C.), et al. op.cit., p. 268.

* 293 « L'ensemble des Etats, Organisations Internationales, Organisations Non Gouvernementales et Individus, qui en agissant sur la scène internationale adhèrent aux valeurs communes » SMOUTS (M.C.), et al. op.cit., p. 67 ou encore « l'ensemble des Etats membres des Nations Unies. La diversité des acteurs publics et privés présents sur la scène internationale », NAY Olivier, Lexique de Science politique, Vie et institutions politique, Paris, Dalloz, 2008, p.78.

* 294 Voir Cameroon Tribune du 27 mai 2011, p. 30.

* 295 JAUVERT (V.), « Libye, les ratés d'une guerre française », op. cit.

* 296 GROS Philippe, « De Odyssey Dawn à Unified Protector : bilan transitoire, perspectives et premiers enseignements de l'engagement en Libye », Fondation pour la Recherche Stratégique, Note n° 04/11, mai 2011.

* 297 Voir entretien de Louis GAUTIER op.cit.

* 298 Ibid.

* 299 COURMONT (B.), et al., op.cit., p. 74.

* 300 Les Etats-Unis ont fourni 75% des heures de vol en matière d'ISR et 80% des heures de vol effectuées par les ravitailleurs de la coalition. Des données qui mettent en évidence les lacunes européennes. Source : MAYA Kandel, « OBAMA et la Libye, aux origines du leading from behind », publié sur Froggy Bottom, le 12 février 2014, consulté le 15 mars 2014.

* 301VEDRINE Hubert, Les Mondes de François Mitterrand, Paris, Fayard, 1996, p. 611.

* 302 «  L'agir communicationnel » est un procédé qui, médiatisé par des actes de langage, repose sur l'intercompréhension langagière et constitue l'interaction des participants. Pour plus de détails, lire, HABERMAS Jürgen, Théorie de l'agir Communicationnel, Paris, Fayard, 1987.

* 303 Discours de David CAMERON à l'ONU, 22 septembre 2011.

* 304 Discours de David CAMERON à l'ONU, op. cit.

* 305 Ibid.

* 306 Ibid.

* 307 Ibid.

* 308 RAZOUX (P.), op. cit., p. 28.

* 309 Voir Le Nouvel Observateur, 11 février 2011.

* 310 Le Nouvel Observateur, 11 février 2011.

* 311 Discours de Barack OBAMA, le 19 mai à Washington sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

* 312 Source : BAUMANN (N) et MAHANTA (S) op.cit.

* 313 Source : Le Point.fr publié le 02 février 2011.

* 314 Discours de Barack OBAMA devant le parlement britannique le 25 mai 2011.

* 315 MANDRAUD Isabelle, « Tunisie : un silence embarrassé prévaut en Europe », Le Monde,? 6 janvier 2011

* 316BOUZEGHRANE Nadjia, « Quand Sarkozy refuse de s'ériger en «donneur de leçons», dans El Watan, 16/01/2011, article en ligne, consulté le 30 juin 2013.

* 317 Assemblée nationale, Compte rendu intégral de la première séance du 11 janvier 2011.

* 318 Tunisie : les propos « effrayants » d'Alliot-Marie suscitent la polémique [  archive], sur Le Monde (en ligne) 13 janvier 2011, consulté le 26 février 2012.

* 319Ibid.

* 320 BAUCHARD Denis, « La Russie au Moyen-Orient », IFRI, octobre 2012.

* 321 Dimitri MEDVEDEV.

* 322 Voir Moyen-Orient 15 Juillet-Septembre 2012, p. 69.

* 323 BAUCHARD (D) op.cit.

* 324 Moyen-Orient 15 juillet-septembre 2012, p. 69.

* 325 Ibid.

* 326 Voir Cameroon Tribune du 14 février 2011, p. 32.

* 327Déclaration de M. CHURKIN, représentant de la Russie au Conseil de sécurité, S/PV.6528, 4 mai 2011.

* 328 Source : « La Russie et l'Europe face au printemps arabe » dans Le courrier de Russie publié le 21 juin 2013.

* 329 Ibid.

* 330 Ibid.

* 331 Discours de Dimitri MEDVEDEV à Vladikavkaz, Ossétie du Nord, 22 février 2011.

* 332 Source : GERONIMO Jean, La Pensée stratégique russe - Guerre tiède sur l'Échiquier eurasien : les révolutions arabes, et après ?  Paris, édit. SIGEST, 2012.

* 333 CHAUVIER Jean-Marie, « Les "désordres arabes" : alerte en Russie », La valise diplomatique, Le Monde diplomatique, 8/03/2011.

* 334 Ibid.

* 335 Source : TROUDI Mohamed, « La stratégie arabe de la Chine » publié sur le site de la Revue Geostratégiques : http:// www.strategicsinternational.com, consulté le 30 septembre 2014.

* 336 DOUNKENG ZELE Champlain, Cours d'Analyse du discours politique, Master II Science Politique, Université de Dschang, 2011-2012.

* 337 Source : EKMAN Alice, « Le Maghreb vu de Chine : perception et orientation au lendemain des printemps arabes », IFRI, octobre 2013.

* 338 Elle a par la suite été catégorique lors du vote d'une résolution pareille sur la Syrie en opposant son droit de véto.

* 339 Source : DAZI-HENI Fatiha op.cit.

* 340 DEUTSH Karl W., Political Community and the North Atlantic Area, Princeton, Princeton Univesity Press, 1957.

* 341 Ibid.

* 342 COURMONT (B.) et al., op.cit., p.20.

* 343 Ibid., p. 20-21.

* 344 Source : entretien de Fabienne DOUTAUT avec Pascal BONIFACE « Les dynamiques à l'oeuvre dans le printemps arabe », dossier xxx, dans La Revue de la CFDT N°10, Novembre 2012.

* 345 Les ressources peuvent être humaines, matérielles, financières ou même symboliques.

* 346 Par intervention « efficace », nous entendons une intervention à l'issue de laquelle les objectifs visés (latents ou manifestes) soient atteints.

* 347 Norbert ELIAS écrit : « l'interdépendance des joueurs, condition nécessaire à l'existence d'une configuration spécifique, est une interdépendance en tant qu'alliés mais aussi en tant qu'adversaires. », ELIAS (N.), op.cit., p. 157.

* 348 Nous citerons à titre de contraintes, le mépris de la résolution 1970 par KADHAFI, ce qui pousse les puissances à se battre pour l'adoption de la résolution 1973.

* 349 COURMONT (B.) et al., op.cit., p. 46.

* 350 SMOUTS (M-C) et al, op. cit., p. 84.

* 351 BATTISTELLA (D), op. cit., p. 370.

* 352 L'action collective est définie par Fillieule et Pechu comme « une action concertée de un à plusieurs groupes cherchant à faire triomphé un but particulier ». FILLIEULE Olivier et PECHU Cécile, Lutter ensemble ; les théories de l'action collective, Paris, L'Harmattan, 1993.

* 353 « Action collective, concepts clefs », Ressources pédagogiques ICRA, p. 3.

* 354 CEFAÏ Daniel, Pourquoi se mobilise-t-on ? Les théories de l'action collective, Paris, éditions La Découverte, 2007, p. 8.

* 355 Ibid.

* 356« Le multilatéralisme consiste pour les Etats à conduire des politiques concertées. Il correspond à la nécessité de relever collectivement des défis. », SMOUTS (M.C.), et al, op.cit., p. 356.

* 357Source : « Résolution 1970 sur la Libye », Réseau Voltaire, 26 février 2011, www.voltairenet.org/article168680.html

* 358« Résolution 1970 sur la Libye », op.cit.

* 359 L'intégralité de cette résolution est annexée à cette étude afin de donner à voir sur son contenu.

* 360 « Résolution 1970 sur la Libye », op.cit.

* 361 Ibid.

* 362Ibid.

* 363 « Résolution 1970 sur la Libye », op.cit.

* 364 Ibid.

* 365 Articles 4-8 de la résolution.

* 366 Articles 9-14 de la résolution.

* 367 Articles 15-16 de la résolution.

* 368 Articles 17-21 de la résolution.

* 369 « Kadhafi: l'UE adopte des sanctions », Le Figaro, AFP, 28 février 2011.

* 370 « La difficile traque des milliards de KADHAFI », Le figaro, 09 mars 2011.

* 371 Source, RAZOUX (P.)., op.cit., p. 24.

* 372 Alain JUPPE cité par RAZOUX (P.), op.cit., 24.

* 373 HUTTINGTON Samuel cité par COURMONT (B) et al., op. cit., p. 11.

* 374 RAZOUX (P.), op.cit., p. 24.

* 375 NIVET Bastien, « L'Union Européenne et le printemps arabe : une puissance transformationnelle inadaptée ? », Revue Défense Nationale, N° 744, novembre 2011, P. 8.

* 376 Intervention de D. CAMERON au sommet du G8 de Deauville tenu du 26 au 27 mai 2011.

* 377 Ibid.

* 378 Déclaration du G8 sur les printemps arabes sommet de Deauville du 26 au 27 mai 2011.

* 379 « G8 : pression sur KADHAFI et ASSAD, premiers dollars pour les révolutions arabes », publié sur Le Point.fr le 26 mai 2011.

* 380 Déclaration du G8 sur les printemps arabes sommet de Deauville du 26 au 27 mai 2011.

* 381Notamment l'article 1 qui dispose : le conseil de sécurité « exige qu'il soit immédiatement mis fin à la violence et demande que des mesures soient prises pour satisfaire les revendications légitimes de la population ».

* 382 MORGENTHAU Hans, Politics among nations. The struggle for power and peace, 1ere édit., 1948, New York, Mac Graw Hill, inc. 1993.

* 383 Le Point.fr 16 mars 2011.

* 384Déclaration de M. LI BAODONG, représentant de la Chine au Conseil de sécurité, S/PV.6498, 17 mars 2011, p. 11.

* 385Déclaration de M. CHURKIN, représentant de la Russie au Conseil de sécurité, S/PV.6498, 17 mars 2011, pp. 8-9.

* 386 JAUVERT Vincent, « Libye : histoire secrète de la résolution 1973 », Le Nouvel Observateur, 24 mai 2011.

* 387 BATTISTELLA (D.) op.cit., p. 268.

* 388 « Ensemble de systèmes de pensée et de méthodes d'action identifiables caractéristiques d'un acteur, dans lequel celui-ci se reconnaît et estime se distinguer d'autres acteurs », COURMONT (B.), et al., op. cit., p. 81.

* 389 Année 2014, moment où nous rédigeons ce travail.

* 390 KATZ (M. N.), op. cit., p. 70.

* 391 OLSON Mancur, Logique de l'action collective, Bruxelles, édition de l'Université de Bruxelles, 2011.

* 392 ROEHRIG B.), op. cit., p. 4.

* 393 Pour plus de détail sur le néoconservatisme, lireVAÏSSE Justin, Histoire du néoconservatisme aux Etats-Unis : le triomphe de l'idéologie, Paris, Odile Jacob,

2008.

* 394 LEQUESNE Christian, « La politique extérieure de François Hollande : entre interventionnisme libéral et nécessité européenne », CERI, juillet 2014.

* 395 SMOUTS (M-C), op. cit., p. 448.

* 396 SPYKMAN Nicholas John, America's Strategy in World Politics. The United States and the balance of power, New York, Harcourt, Brace and company, 1942.

* 397 NOTIN Jean Christophe, La vérité sur notre guerre en Libye, Paris, Fayard, 2012, p. 12.

* 398 FILIU Jean-Pierre, « Les défis de l'après-KADHAFI », dans Politique Internationale 133 automne 2011.

* 399 Ibid., p. 257.

* 400 Source : Politique et Diplomatie française, archives 2011 en ligne, consulté le 23 juillet 2013.

* 401 Ibid.

* 402 Politique et Diplomatie française, op.cit.

* 403 CALAS (B.), op cit., p. 299.

* 404 JAUVERT (V.) op.cit.

* 405 Dans sa politique interne, il y a eu une grosse réticence à intervenir militairement en Libye cela relevait pour R. GATES à devoir être interné dans un hôpital psychiatrique pour tout chef d'Etat ayant cette idée. Après plusieurs tractations, B. OBAMA a cédé.

* 406 JAUVERT (V.) op.cit.

* 407 Alain JUPPE, Allocution de clôture de la conférence des ambassadeurs de France le 02 septembre 2011.

* 408 DEMESMAY (C.), SOLD (K.) op.cit, p.74.

* 409 Ibid.

* 410Ibid., pp 73-74.

* 411 Article 4 de la résolution 1973.

* 412 BILLION Didier, éditorial de la Revue Internationale et Stratégique 83, automne 2011, p. 55.

* 413 Confère A. WENDT cité par BATTISTELLA (D.), op. cit., pp 283-284.

* 414 Source: RAZOUX (P) op.cit., p. 29.

* 415 BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 285.

* 416 SHARP Jane, «Anglo-American Relations and Crisis in Yugoslavia (FRY)», Les Notes de l'IFRI n° 9, Paris, IFRI, 1998, p. 67.

* 417 Libye: Kadhafi cherche une issue, les Etats-Unis arrêtent leurs frappes [ archive], Le point, 04 avril 2011.

* 418 WHITAKER SEYMOUR (J.), op. cit., p. 186.

* 419 Ibid., p. 186.

* 420 RAZOUX (P) op.cit.

* 421 Ibid.

* 422 LESNES Corinne, « Soulèvement en Libye - Frappes imminentes en Libye pour défendre les civils : M. OBAMA définit la participation américaine », Le Monde, 20 mars 2011.

* 423 Source : RAZOUX (P) op.cit., p. 30.

* 424 RAZOUX (P) op.cit., p. 31.

* 425 «Hearing to receive testimony on Operation Odyssey Dawn and the situation in Libya», US Senate Committee on Armed Services, 31 mars 2013. Spencer ACKERMAN, «US Gunships will be on standby in NATO's Libya war», Wired, 31 mars 2013.

* 426 RAZOUX (P) op.cit., p. 32.

* 427 WHITAKER SEYMOUR (J.), op. cit., p. 173.

* 428 RAZOUX (P) op.cit.

* 429 Source : LEYMARIE (P) op.cit., p. 17.

* 430 Propos du vice-président Joe BIDEN, publié par le Financial Times le 19 avril 2011.

* 431 ONUF (N.) op.cit.

* 432 HASSNER (P) op.cit., p. 5.

* 433 Expression de John McCAIN cité par MAYA (K.), op.cit.

* 434 «Statement by Senators Mc Cain and Graham on End of the Qadaffi regime in Libya», 21 août 2011: http://www.mccain.senate.gov/public/index.cfm?FuseAction=PressOffice.PressReleases&ContentRecord_id=ef07da62-0100-107e-d7ac-08531bd793e5, consulté le 23 mars 2013.

* 435 LAMBORN (A.C.) et LEPGOLD (J.) op.cit., p. 45.

* 436 WILGA Maciej, « Le constructivisme dans le domaine de l'intégration européenne », dans l'Europe en formation, N°322, automne 2001, p. 88.

* 437 Sur les motivations de l'action, voir TOURAINE Alain, Sociologie de l'action, Paris, Les éditions du seuil, 1965.

* 438 Alain JUPPE cité dans la Tribune de Jean-François LISEE publié le 18 mars 2011 dans Le Nouvel Observateur.

* 439 Source : RAZOUX (P) op.cit., p. 70.

* 440 Source : LEYMARIE (P) op.cit., p. 17.

* 441 Ibid., p. 17.

* 442 Ibid., p. 17.

* 443 Conférence de presse de G. LONGUET le 20 octobre 2011.

* 444 SMOUTS (M.C.), et al. op.cit., p. 514.

* 445 Déclaration de Nicolas SARKOZY lors d'une conférence de presse axée sur la Libye. Source le Figaro.fr publié le 24 août 2011.

* 446 HAMADE Hassan, « Lettre ouverte aux européens coincés derrière le rideau de fer israélo-US », réseau voltaire, 21 mai 2014, consulté le 23 juillet 2013.

* 447 Source : rapport CIRET-AVT op.cit., p. 33.

* 448 « Les pressions s'intensifient pour contraindre KADHAFI au départ », par L'Express.fr op.cit.

* 449 KIM Sengupta, « Libye, l'OTAN fait parler les hélicos » dans The Independent du 6 juin 2011 publié sur LeMonde.fr, consulté le 02 août 2014.

* 450 Source : KIM (S.) op.cit.

* 451 Article de L'Express du 26 août 2011

* 452 SMOUTS (M.C.), et al., op.cit., p. 357.

* 453 « LIBYE - Lettre de Libye : Kadhafi mort, la conquête s'achève, l'occupation s'impose, la résistance s'organise... », par PICCININ Pierre, en Libye occidentale, octobre-novembre 2011, www.pierrepiccinin.eu, consulté le 23 juillet 2013.

* 454 CHEVALERIAS Alain, « La Libye sous le feu », mai 2011 posté sur www.recherches-sur-le-terrorisme.com, consulté le 23 juillet 2013.

* 455 Ibid.

* 456 Entretien entre Thérèse DELPECH et Eric AESCHIMANN, Liberation.fr, 22 mars 2011.

* 457 «  Frappes de l'Otan : Tripoli annonce la mort d'un des fils Kadhafi », Le Parisien, ý1er mai 2011.

* 458Ibid.

* 459Source: LCI.TF1.fr [ archive], consulté le 23 juillet 2013.

* 460 L'OTAN frappe un poste de sécurité et le ministère anti-corruption [ archive], LCI/TF1, consulté le 23 juillet 2013.

* 461DESMOND Guy, « L'OTAN aurait bombardé le complexe de Kadhafi à Tripoli », Le Point, ý10 mai 2011.

* 462 BRUNNSTROM Daniel, PENNETIER Marine, « L'OTAN annonce avoir coulé huit navires de guerre de Kadhafi », L'Express/Reuters,ý20 mai 2011.

* 463 SMOUTS (M.C.), et al., op.cit., p. 456.

* 464Ont participé au sommet à l'invitation du président de la République française Nicolas Sarkozy : le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon ; la chancelière allemande, Angela Merkel ; le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero ; le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi ; les Premiers ministres belge, Yves Leterme ; britannique, David Cameron ; canadien, Stephen Harper ; danois, Lars Løkke Rasmussen ; grec, Georges Papandréou ; néerlandais, Mark Rutte ; norvégien, Jens Stoltenberg ; polonais, Donald Tusk ; et qatarien, Hamad bin Jassim al-Thani ; la secrétaire d'État américaine, Hillary Rodham Clinton ; les ministres des Affaires étrangères émirati, Cheikh Abdallah Bin Zayed  (en) ; irakien, Hoshyar Zebari ; jordanien, Nasser Joudeh ; et marocain, Taïeb Fassi-Fihri ; le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa ; le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy ; ainsi que la vice-présidente de la Commission européenne, Haute Représentante pour la politique étrangère et de sécurité de l'Union européenne, Catherine Ashton.

* 465 « Libye, les rebelles reçoivent un appui politique et financier », article du journal The National du 10 juin 2011 publié sur LeMonde.fr, consulté le 02 août 2014.

* 466 HOUBA (D.) op.cit.

* 467 Source : http://www.fco.gov.uk/en/news/latest-news/?id=575592482&view=News), consulté le 23 juillet 2013. Etaient réunis à la Conférence de Londres les représentants de l'Albanie, la Belgique, la Bulgarie, la Canada, la Croatie, la République tchèque, le Danemark, l'Estonie, la France, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, la Lettonie, le Liban, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, le Maroc, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, le Portugal, le Qatar, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Espagne, la Tunisie, la Turquie, les Etats-Unis, les Emirats arabes unis.

* 468 Article 4 de la résolution 1973 du CSNU adoptée le 17 mars 2011.

* 469Tribune conjointe du Président SARKOZY (France), du Président OBAMA (Etats-Unis) et de M. CAMERON (Grande-Bretagne), Le Figaro, The Times International Herald Tribune et Al-Hayat, 15 avril 2011.

* 470 Pour plus d'informations sur la notion de guerre juste, lire WALZER Michael, Guerres justes et injustes, Paris, Editions Belin, 1999.

* 471 Tribune conjointe du Président SARKOZY..., op.cit.

* 472 Source : RFI.fr consulté le 23 juin 2014.

* 473 Source : Le Figaro.fr, consulté le 24 aout 2013.

* 474 RFI.fr, consulté le 23 juin 2014.

* 475 Ibid.

* 476 Ibid.

* 477 Ibid.

* 478 Source : Le Point.fr, publié le 01er septembre 2011.

* 479 Nicolas SARKOZY, propos rapportés sur RFI.fr, op.cit.

* 480Source: «Barack Obama and David Cameron call for 'an orderly, Egyptian-led transition' of government» publié sur Telegraph.co.uk le 31 janvier 2011, consulté le 23 juillet 2013.

* 481 «Barack Obama and David Cameron call for 'an orderly, Egyptian-led transition' of government», op. cit.

* 482 SMOUTS (M.C) et al., op.cit., p. 356.

* 483 Source : « Printemps arabe : MEDVEDEV et OBAMA tentent de s'accorder » sur le figaro.fr, publié le 26 mai 2011, consulté le 02 août 2014.

* 484 Ibid.

* 485 « Printemps arabe : MEDVEDEV et OBAMA tentent de s'accorder » op.cit.

* 486 Référence cité plus haut.

* 487 « Libye, Moscou pourrait être médiateur dans le conflit », journal Kommersant du 27 mai 2011 publié sur LeMonde.fr, consulté le 02 août 2014.

* 488Déclaration à la presse du Président SARKOZY (France) et du Président OBAMA(Etats-Unis), Sommet du G8 à Deauville, 27 mai 2011.

* 489 « SARKOZY et OBAMA s'affrontent sur la Libye », Le Nouvel Observateur, 03 avril 2011.

* 490 « SARKOZY et OBAMA s'affrontent sur la Libye », op. cit.

* 491 Ibid.

* 492 Ibid.

* 493 Source : « Libye. Kadhafi accusé de crime contre l'humanité ? », publié sur la Libre.be, le 25 février 2011, consulté le 22 mars 2013.

* 494 Propos de la chef de la diplomatie française Michèle Alliot-Marie, publié sur la Libre.be, Ibid.

* 495 Le Figaro.fr, consulté le 23 juillet 2013.

* 496 GIRARD Aurelien, «Sarkozy sets up Postwar Geopolitics in Libya», The Epoch Times, 15 septembre 2011.

* 497 Ibid.

* 498 Cameroon Tribune 16 septembre 2011, p. 30.

* 499 Ibid.

* 500 Ibid.

* 501 Quelqu'un qui est là quand on a besoin de lui.

* 502 Voir POKAM Hilaire de Prince, Institutions et Relations Internationales. Théories et pratiques, Yaoundé, Editions de l'Espoir, 2008, pp 60-78.

* 503 ROJOT (J.), op. cit., p. 220.

* 504 Source : Ressources Pédagogiques ICRA - Identifier les Stratégies-Action Collective - Concepts-clefs, p. 3.

* 505 Source : La documentation française : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartes/demographie-et-peuplement/c000548-le-maghreb-dans-son-contexte-regional-en-2004, consulté le 22 mars 2013.

* 506 LYENGAR Shanto, Is anyone responsible? How television frames political issues, Chicago, University of Chicago Press, 1991.

* 507 Rapport CIRET-AVT, op. cit., p. 35.

* 508 MACHIKOU Nadine, Cours de Sociologie des Mobilisations, Master II Science Politique, année 2011-2012.

* 509 « Exclusif, Naoufel Brahimi El MILI décortique le printemps arabe », publié par Tunisie Secret le 15 Avril 2013.

* 510 DARYANAVARD Talheh, « Le printemps arabe selon Al-Jazeera », La Revue Nouvelle, avril 2011, p. 74.

* 511 Ibid., p. 68.

* 512 « L'effet Al-Jazeera. Une scène politique de substitution », Le Monde Diplomatique, Mai 2011.

* 513 A. WENDT cité par SMOUTS (M.C.), et al., op.cit., p. 75.

* 514 Entretien de Mahmoud HUSSEIN avec Pierre Yves CATAGNAC, dans HUYGHE François-Bernard (dir.), « Facebook, twitter, al-jazeera et le printemps arabe », IRIS, 4 avril 2011, p. 7.

* 515 Entretien de Mahmoud HUSSEIN avec Pierre Yves CATAGNAC, op. cit., p. 7.

* 516 CORBUCCI Theo, « Al-Jazeera, le printemps arabe et les médias occidentaux », dans IRIS, 4 avril 2011, p. 12.

* 517 LUGAN Bernard, « Libye : est-il encore possible d'empêcher la création d'un Etat Islamique d'Afrique du Nord ? », source : bernardlugan.blogspot.fr, publié le 24 août 2014, consulté le 27 octobre 2014.

* 518 OLSON (M.) op.cit.

* 519 Conférence de presse de Alain JUPPE, New york 17 mars 2011.

* 520 Rapport CIRET-AVT, op. cit., p. 35.

* 521 Par interaction positive, nous entendons des jeux allant dans le sens de l'action collective, en concertation.

* 522Déclaration de Sir LYALL GRANT, représentant de la Grande-Bretagne au Conseil de sécurité, S/PV.6498, 17 mars 2011.

* 523 MABILLARD Boris, « Le Qatar tire les ficelles du printemps arabe », AFP, 30 novembre 2011. Voir aussi : LAZAR Mehdi, « Qatar : quelle stratégie régionale ? De l'influence à la puissance », Diploweb.com, octobre 2012, consulté le 23 juillet 2013.

* 524 DICK Bernard, « Le rôle du Qatar dans le financement des groupes islamistes terroristes », Riposte Laïque n°227, 28 novembre 2011.

* 525DICK (B.), op. cit.

* 526 « Libye, les rebelles reçoivent un appui politique et financier », op.cit.

* 527 BATIDE Pierre, « La diplomatie à géométrie variable du Qatar », publié le 09 mars 2012 sur Slate.fr, consulté le 24 juin 2014.

* 528 Source : RAZOUX (P.), op. cit., p. 72.

* 529 Ibid., pp 29-30.

* 530 Voir, GRAEFF Christian, « La vocation méditerranéenne de la Libye au miroir du processus euroméditerranéen», dans Olivier Pliez (dir.), La nouvelle libye, Sociétés espaces et géopolitique au lendemain de l'embargo, Paris, Karthala-Iremam, 2004, p. 75-76

* 531 PING Jean, Eclipse sur l'Afrique, fallait-il tuer Kadhafi ?, Paris, Michalon, 2014, p. 119.

* 532 Voir BUCCIANTI Alexandre, « La ligue arabe appelle l'ONU à autoriser une zone d'exclusion aérienne en Libye », Rfi, 13/03/2011, consultable sur : <http://www.rfi.fr/afrique/20110312-ligue-arabe-demande-onu-imposerune-zone-exclusion-aerienne-libye/>., consulté le 23 juillet 2013.

* 533 RAÏM Laura, « Quel pouvoir a la Ligue Arabe ? », publié le 15 novembre 2011 sur Le Figaro.fr, consulté le 14 juillet 2014 ; voir aussi RAZOUX (P.), op. cit., p. 29.

* 534 ABDOU HASSAN (A.), op. cit., p. 11.

* 535 Conseil de sécurité, Département de l'information, « Libye : Le Conseil de sécurité décide d'instaurer un régime d'exclusion aérienne afin de protéger les civils contre des attaques systématiques et généralisées », 17/03/2011, CS/10200, consultable sur : <http://www.un.org/News/fr-press/docs/2011/CS10200.doc.htm>., consulté le 14 juillet 2014.

* 536 RAZOUX (P.), op. cit., p. 30.

* 537 BAROUD Ramzy, « Les actions de la Ligue arabe reflètent les rivalités régionales », publié le 14 décembre 2011 sur info-palestine.eu, consulté le 14 juillet 2014.

* 538 Voir section 1 de ce chapitre.

* 539 JAUVERT (V.), op. cit.

* 540 Ibid.

* 541 Ibid.

* 542 Rapport CIRET-AVT, op. cit., p. 36.

* 543 Exemple, la CAN (Coupe d'Afrique des Nations).

* 544 CALAS B.), op cit., p. 300.

* 545 Cameroon Tribune, 13 juillet 2011, p. 31.

* 546 Voir TIOGO Romaric, Les Etats et la construction de l'Union africaine : Le cas de la Libye et du Sénégal, Thèse de master Science politique, Université de Dschang, 2009-2010.

* 547 « Libye : Sénégal, premier pays africain à reconnaitre le Conseil National de Transition » publié sur Le Monde.fr le 20 mai 2011, consulté le 23 juillet 2013.

* 548Extrait de la déclaration d'Abdoulaye WADE à la commission de l'Union Africaine à Addis-Abeba en juin 2011.

* 549 Cameroon Tribune 05 juillet 2011, p. 30.

* 550 Discours de François HOLLANDE en Afrique du Sud lors de sa visite, 14 octobre 2013, source : basedoc.diplomatie.gouv.fr., consulté le 23 octobre 2014.

* 551 LAMBORN (C.A.) /LEPGOLD (J.), op. cit., p. 485.

* 552 ROJOT (J.), op.cit, p. 220.

* 553 FRIEDBERG (E.), op. cit., p. 25.

* 554 Ibid.

* 555 Pour en savoir plus sur la méthode compréhensive, voir Max WEBER, Economie et société 1. Les catégories de la sociologie, Paris, Plon, 1995, p28-52.

* 556 ROJOT (J.), op.cit, p. 217.

* 557 ROJOT (J.), op.cit, p. 127.

* 558 ROUSSEAU Charles, Droit international public, Paris, Sirey, Tome IV, 1980, P.49.

* 559 DELAGE Caroline, « La Libye, la France, l'OTAN : un triangle complexe aux enjeux multi scalaires », Lycée Docteur Lacroix, Narbonne avril 2011.

* 560 Cameroon Tribune 16 septembre 2011, p. 30.

* 561 COURMONT (B.) et al., op. cit., p. 42.

* 562 Déclaration à la presse du Président SARKOZY et du Président OBAMA, Sommet du G8 à Deauville, 27 mai 2011.

* 563 Tribune conjointe du Président SARKOZY, du Président OBAMA et de M. CAMERON, op.cit.

* 564 Ibid.

* 565 Déclaration du chef gouvernement français à l'Assemblée nationale, 22 mars 2011.

* 566 NGUYEN (E.), op.cit., p. 21.

* 567 John Fitzgerald KENNEDY est président des Etats-Unis de 1961 à 1963.

* 568 John Fitzgerald KENNEDY cité par NGUYEN (E.), op.cit., p. 7.

* 569 Théodore ROOSEVELT cité par NGUYEN (E.), op.cit., p.18.

* 570 ZANG Laurent, «Le messianisme dans la politique étrangère américaine : entre destin manifeste et dessein implicite » dans PONDI (J.E.) (dir.), Une lecture africaine de la guerre en Irak, Paris, Maisonneuve et Larose/ Afrédit 2003.

* 571 Woodrow WILSON cité par NGUYEN (E.) op.cit.

* 572 John Fitzgerald KENNEDY cité par NGUYEN (E.), op.cit., p. 67.

* 573 Joseph GOEBBELS cité par DOUNKENG ZELE Champlain, Cours d'Analyse du Discours Politique, Master II Science Politique année académique 2011-2012.

* 574 Voir chapitre 1 de ce travail.

* 575 Responsabilité de Protéger.

* 576 KEUTCHEU Joseph, « Ingérence démocratique » et state building en Afrique : éléments de discussion de l'institutionnalisation de l'idéalisme étatique dans les relations internationales », disponible sur www.general assembly.codesria.org/img/PDF, consulté le 30 septembre 2012.

* 577 DOMINIQUE David, Sécurité : l'après-New York, Paris, Presses de Siences Po, 2002, p. 10.

* 578 Selon Jean François TCHERNIA, « les valeurs sont des idéaux et des préférences qui prédisposent les individus à agir dans un sens donné, structurent leurs actions. » dans SCHWEIGUTH (E), « L'institution militaire et son système de valeurs », Revue française de sociologie, XIX, 1978, pp.373-390.

* 579 TOURAINE Alain, Sociologie de l'action, Paris, Les éditions du seuil, 1965 (version numérique), p. 17.

* 580 Lire MANDELBAUM Michael, The Ideas That Conquered the World: Peace, Democracy, and Free Markets in the Twenty-First Century, New York, Public Affairs, 2002.

* 581 Lire KAGAN Robert, La puissance et la faiblesse, Paris, Plon 2003 (pour la traduction française)

* 582 COURMONT (B.), et al., op.cit., p. 31.

* 583 Ibid., p. 22.

* 584 Ibid., p.32.

* 585 Lire BADIE Bertrand, L'Etat importé, l'occidentalisation de l'ordre politique, Paris, Fayard, 1992.

* 586 Voir FUKUYAMA Francis, La fin de l'histoire et le dernier Homme, Paris, Flammarion, 1992.

* 587 LINZ Juan, STEPAN Alfred cité par POKAM Hilaire de Prince, « Les acteurs externes dans le jeu démocratique en Afrique : Analyse de l'influence que certains acteurs externes exercent sur le jeu démocratique en Afrique à travers les acteurs internes et le processus du jeu depuis l'ère coloniale » dans Annales de FSJP, Université de Dschang, PUA, tome 5, 2001, p. 49.

* 588 Propos de N. SARKOZY, rapporté par l'Express, 4 mai 2011.

* 589 Intervention de D. CAMERON au sommet du G8 de Deauville tenu du 26 au 27 mai 2011.

* 590 Ibid.

* 591 Celles de la démocratie.

* 592 Intervention de N. SARKOZY à la conférence des ambassadeurs de France, op.cit.

* 593 Intervention de N. SARKOZY à la conférence des ambassadeurs de France, op.cit.

* 594 TSHIYEMBE Mwayila, La politique étrangère des grandes puissances, Paris, L'Harmattan, 2010.

* 595 Ibid., p. 189.

* 596 Ibid., p. 190.

* 597 CNN, 30 janvier 2011.

* 598 Communication publiée par les services du Premier Ministre à Downing Street le 28 janvier2011.

* 599 COURMONT (B.) et al., op. cit., p. 81.

* 600 Cette rivalité se situe dans le sillage de l'anarchie lockienne. Lire BATTISTELLA (D.), op.cit., p. 286 et 289.

* 601 Conférence de presse du 25 mars 1999. La plupart des documents concernant les événements du kosovo sont tirés du Diplomatitcheski Vestnik, le courrier diplomatique, la revue mensuelle du ministère des affaires étrangères de Russie, documents qui peuvent être consultés sur le site du ministère, www.mid.ru.

* 602 COLLIARD, Droit international et histoire diplomatique, Paris, Domat-Montchrestien, 1948, pp. 448-458, cité par FOCSANEANU Lazar, « Les grands traités de la République populaire de Chine », dans Annuaire français de Droit International, volume8, 1962. pp. 139-177.

* 603 Conseil de sécurité, Département de l'information, « Libye : Le Conseil de sécurité décide d'instaurer un régime d'exclusion aérienne afin de protéger les civils contre des attaques systématiques et généralisées », 17/03/2011, CS/10200, consultable sur : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2011/CS10200.doc.htm, consulté le 13 mars 2013.

* 604 COURMONT (B.), et al. op.cit., p. 59.

* 605 Par son abstention, la Chine a marqué son indifférence.

* 606 CABESTAN Jean-Pierre,  « CHINE- politique étrangère contemporaine » Encyclopaedia universalis (en ligne) consulté le 12 mars 2014. URL : http// www.universalis.fr/encyclopedie/chine-politique étrangère contemporaine.

* 607 Source : La Documentation Française, Annexe au Bulletin quotidien de la presse étrangère, n° 1395 du 6 octobre 1949, p.6 cité par FOCSANEANU (L.), op.cit., p. 150.

* 608 Source : BAL Marie, LAURA Valentin, « La stratégie de puissance de la Chine en Afrique », ESSEC Mastère Spécialisé Marketing Management Part Time 2007/2008.

* 609 NIQUET Valérie, « La stratégie africaine de la Chine » dans Politique Etrangère, 2ème trimestre, 2006, p.363-364.

* 610 ARON (R) op.cit.

* 611 SMOUTS (M.C.), et al. op.cit., p. 454.

* 612 BARRY Buzan, People, States and Fear: An Agenda for International Security Studies in the Post Cold War Era,2nd ed., London, Boulder, Lynne Rienner, 1991, p. 7.

* 613 Celle des Chinois

* 614 Menaces de révolte que pourrait inspirer le printemps arabe.

* 615 Dr Robert Lawrence KUHN op.cit.

* 616 Source : http://www.tf1.fr, consulté le 05 mars 2013.

* 617 Ibid.

* 618 Ibid.

* 619 Ibid.

* 620 COURMONT Barthélemy, « La Chine et les révolutions arabes » IRIS, revue de presse, septembre 2011.

* 621 COURMONT (B.), op. cit.

* 622 http://www.tf1.fr op.cit.

* 623 Consécutivement au mouvement dans le monde arabe, plusieurs manifestations furent organisées en Chine pour réclamer des réformes démocratiques, en faisant usage des réseaux sociaux sur Internet, et s'inspirant ainsi directement du printemps arabe. Plusieurs jours de suite, les grandes villes chinoises furent le théâtre de manifestations.

* 624 www. Rpcfa.gv.cn, site du ministère chinois des Affaires étrangères, consulté le 26 août 2014.

* 625 COURMONT (B) op.cit.

* 626 DAZI-HENI Fatiha, « Le printemps arabe vu par Pékin » dans Le Monde Diplomatique, 14 décembre 2011.

* 627 A titre d'exemple, la peine de mort est systématiquement prononcée contre tout dirigeant condamné pour corruption. Source voir DAZI-HENI (F) op.cit.

* 628 Celui-ci n'est renouvelable qu'une fois, les ministres y vont à la retraite à 65 ans.

* 629 Nous sommes en Août 2014.

* 630 DAZI-HENI (F) op.cit.

* 631 Identité prise dans le sens de COURMAONT (B.), et al., op. cit., p 81.

* 632 Source : BLANK Stephen, «Russia's anxieties about the Arab revolution», FPRI, July 2011.

* 633 Discours de Dimitri MEDVEDEV de mars 2011.

* 634 Elément rapporté par Andrei SOLDATOV cité par BLANK (S) op.cit.

* 635 Expression de BLANK Stephen, op.cit.

* 636 BLANK (S) op.cit.

* 637 Tel que définie par COURMONT (B.) et al., op.cit.

* 638 BERGES Michel (dir.), Penser les relations internationales, Paris, l'Harmattan, 2008 (version numérique), p. 23.

* 639 RICHELIEU cité par DOUNKENG ZELE (C.) op.cit.

* 640 MERLE Marcel, Sociologie des relations internationales, Paris, Dalloz, 1982, p. 219.

* 641 DUVERGER Maurice, Introduction à la politique, Paris, Gallimard, 1964, p. 217.

* 642 MORGENTHAU Hans, Politics among nations. The struggle for power and peace, New York, Alfred. A. Knoff, 1985.

* 643 ROJOT (J.) op.cit., p. 219.

* 644 ROJOT (J.) op.cit.

* 645 MICHELANGELI, « Enjeux et recompositions géopolitiques du monde - Etude 2 / Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale » sur PostHeaderIcon TS publié le 23 avril 2013, consulté le 24 janvier 2014.

* 646 CHUA (A.), Le monde en feu Violences sociales et mondialisation, Paris, Seuil, 2007.

* 647 Référence faite à son principe suivant lequel les Etats-nations sont des acteurs rationnels qui cherchent à maximiser leur intérêt national.

* 648 COURMONT (B.), et al. op. cit., p.21.

* 649 Rapport CIRET-AVT, op. cit., p. 35.

* 650 CUNNINGHAM Erin, « La Chine est-elle en train d'acheter l'Egypte? », JOL Press publié le 11 septembre 2012, consulté le 27 mars 2013.

* 651 CUNNINGHAM (E.) op.cit.

* 652 Ibid.

* 653 Ibid.

* 654 Président élu à l'issue de l'élection présidentielle organisée après la chute de Hosni MOUBARAK.

* 655 CUNNINGHAM (E.) op.cit.

* 656 Propos d'Hisham KANDIL, premier ministre égyptien. Source : allafrica.com consulté le 26 Aout 2014.

* 657 Source : allafrica.com, consulté le 26 Aout 2014.

* 658 Ibid.

* 659 Commandant MBAYE Cisse, « L'affirmation d'une stratégie de puissance : la politique africaine de la Chine », www.diploweb.com, article mis en ligne en Octobre 2007, consulté le 24 août 2014.

* 660 COURMONT (B.), et al., op. Cit., p.19.

* 661 Ibid.

* 662 Nous parlons de plus de 36000 ressortissants chinois en Libye car les chiffres officiels font état de 36000 Chinois qui ont été évacués suite à la crise, il y en avait certainement plus. (Elément révélé sur le site de Radio Netherland Worldwide publié le 21 juin 2011).

* 663 LAFARGUE François, « La révolution libyenne vue de Pékin » , Revue Maghreb-Machrek, n° 214, 2012, p. 115-126.

* 664 A. WENDT cité par BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 282.

* 665 Source : ROUSSEAU Richard, «World affairs in the 21st century», GLOBAL BRIEF, 21 April 2011.

* 666 KATZ (M.N.) op.cit., p. 70.

* 667 ROUSSEAU (R.) op.cit.

* 668 MENDRAS Marie, « La Russie en mal de politique étrangère », Pouvoirs - 88, 1999, p. 107.

* 669 Ibid.

* 670 ROUSSEAU (R.) op.cit.

* 671 KATZ (M.N.) op.cit., p. 68.

* 672 BLANK (S) op.cit.

* 673 Ibid.

* 674 BLANK (S) op.cit.

* 675 Ibid.

* 676 Ibid.

* 677 Ibid.

* 678 Ibid.

* 679 Alexei KUDRIN cité par BLANK (S) op.cit.

* 680 Dimitri MEDVEDEV cité par BLANK (S) op.cit.

* 681 BLANK (S) op.cit.

* 682 WENDT Alexander cité par BATTISTELLA (D.), op. cit. p. 282.

* 683 POKAM Hilaire de Prince, Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, Paris, L'Harmattan, 2013, p. 375.

* 684 BADIE Bertrand, « La crise des organisations régionales », disponible sur http://www.lemonde.fr/, consulté le 13 mars 2013.

* 685 A cet égard, « le 19 octobre 2011 en fin d'après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l'un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « KADHAFI », l'une des priorités actuelles des généraux de l'équipe OBAMA, l'Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu'il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu'il faut éviter de fournir à KADHAFI la tribune internationale que représenterait son éventuel procès », ANGELI Claude dans Le Canard Enchaîné  du mercredi 26 octobre 2011.

* 686 TIOGO Romaric, Les Etats et la construction de l'Union africaine : Le cas de la Libye et du Sénégal, Thèse de Master Science politique, Université de Dschang, 2009-2010.

* 687 A cet égard, la thèse de TIOGO Romaric suscitée est assez révélatrice.

* 688Discours de Mouammar KADHAFI lors du FESMAN de Dakar le 14 décembre 2010 : Voir le site Internet http://www.europe1.fr, consulté le 31 novembre 2013.

* 689 PONDI (J.E.), Vie et mort de KADHAFI... op.cit.

* 690 Ibid., p.72.

* 691 Ibid., p.71.

* 692 COLLON (M.), « comprendre la guerre en Libye », op.cit.

* 693 Article 1 de la résolution.

* 694 TANGUY, « Libye : que savons nous ? » publié sur BEEZ, consulté le 08 aout 2014.

* 695 SKANDRANI (G. H.), op.cit.

* 696 COLLON (M.), « Comprendre la guerre en Libye », Source : www.michelcollon.info, consulté le 25 avril 2013.

* 697 Ibid.

* 698 POUGALA Jean-Paul, « Les mensonges de la guerre contre la Libye », palestine-solidarite.org, 31 mars 2011, consulté le 23 avril 2013.

* 699 Ibid.

* 700 Nous lirons avec beaucoup d'intérêt, HUGH Roberts, « Qui a dit que KADHAFI devait partir ? », dans London Review of Books, vol 33 N° 22, 17 novembre 2011 pages 8-18.

* 701 POUGALA (J.P.) op.cit.

* 702 Ibid.

* 703 Ibid.

* 704 Source : http:// www.lefigaro.Fr/international/2011/03/21, consulté le 07 août 2014.

* 705 Ibid.

* 706 TIOGO (R.) op.cit., p. 30.

* 707 Selon le correspondant de Jeune Afrique, la France ne vit pas d'un bon oeil cette initiative libyenne qui amena beaucoup de présidents à manquer le sommet biennal de la Francophonie, A.R.L « Diplomatie : d'un sommet à l'autre », dans Jeune Afrique N° 2016 du 31 août au 6 septembre 1999

* 708 MAGNARD Franck et TENZER Nicolas, La crise africaine : Quelle politique de coopération pour la France ?, Paris, PUF, 1998, p. 189.

* 709 Ibid.

* 710 ENGDAHL William, « La guerre de l'OTAN contre la Libye est dirigée contre la Chine » publié le 25 septembre 2011 sur http://www.globalresearch.ca, consulté le 12 mars 2013.

* 711 Source: www.nawaat.org, consulté le 14 juillet 2014.

* 712 CHAPONNIERE Jean Raphael, PERREAU Dominique, PLANE Patrick, « L'Afrique et les grands émergents », A savoir 19, Avril 2013, p. 14.

* 713 Ibid., p.16.

* 714 SMOUTS (M.C.), et al., op.cit., p. 454.

* 715 ENGDAHL (W.) op.cit.

* 716 ENGDAHL (W.) op.cit.

* 717 Rapport CIRET-AVT, op. cit., p. 35.

* 718 ENGDAHL (W.) op.cit.

* 719 Ibid.

* 720 Ibid.

* 721 Rapport CIRET-AVT, op. cit., p. 35.

* 722 POKAM (H. P.), Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, op.cit., p. 364.

* 723 AMEUR Naim, « La Libye entre les intérêts de l'Occident et la résistance de KADHAFI », Outre-Terre, vol. 3, no. 29, 2011, p. 299.

* 724 BADO (B.A.), op. cit., p. 4.

* 725 WALZER (M.), op. cit. p. 15.

* 726 Lire HOBBES Thomas, Leviathan, London, Oxford University Press, 1998.

* 727 COLLON Michel, « Comprendre la guerre en Libye », op. cit.

* 728 Ibid.

* 729COLLON Michel, Monopoly - L'Otan à la conquête du monde, Bruxelles, EPO, 2000.

* 730 COLLON (M.), « Comprendre la guerre en Libye » op.cit.

* 731 Ibid.

* 732 Ibid.

* 733 Décryptage des enjeux du printemps arabe fait par Hasni ABIDI op.cit.

* 734 Rapport CIRET-AVT, op. cit., p. 35.

* 735 COLLON (M.)  « Comprendre la guerre en Libye » op.cit.

* 736 Ibid.

* 737 Ibid.

* 738 LEPORE Marianna, The war in Libya and Italian interests, publié sur inaltreparole.net le 22 février 2011, consulté le 26 mars 2013.

* 739 Avant le début de la crise en Tunisie.

* 740 COLLON Michel, LALEU Grégoire cité par POKAM (H. de P.), Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, op.cit., p.395.

* 741 COLLON (M.)  « Comprendre la guerre en Libye » op.cit.

* 742 SMOUTS Marie-Claude, cité par POKAM (H.P.), Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, op.cit., p. 394.

* 743 Pour plus de développement sur cet enjeu, lire POKAM (H.P.), Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, op.cit., pp 396-397.

* 744 Wilfried NZOKOU cité par HEUNGOUP Hans De Marie et OWONA NGUINI Mathias Eric, « L'OTAN vue d'Afrique : sociographie des perceptions », Revue Défense Nationale, op. cit., p. 8.

* 745 VALLEE Christophe, « Le paradigme français de la puissance », Revue Défense Nationale, octobre 2011, p. 1.

* 746 MORGENTHAU Hans, Politics among Nations. The struggle for Power and Peace (1948), New York, MacGraw-Hill, 6e edition revise par K. Thompson, 1993, p. 29.

* 747 « Quel que soit le but ultime de la politique extérieure d'un Etat, quel que soient les termes dans lesquels ce but est défini, la recherche est toujours son but immédiat, qu'il s'agisse de changer la configuration du rapport des forces ou au contraire de la préserver par une politique du statu quo ». BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 117.

* 748 BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 277.

* 749 DE SENARCLENS Pierre, cité par POKAM (H.P.), Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, op.cit., p. 394.

* 750 VALLEE (C.), op. cit., p. 6.

* 751 Ibid.

* 752 COURMONT (B.) et al., op. cit., p.4.

* 753 Ibid., p. 6.

* 754 En effet, cet auteur se demande si la France est encore une puissance. BONIFACE Pascal, La France est-elle encore une puissance ?, Paris, Presses de Science Politique, 1998.

* 755 COURMONT (B.), et al., op. cit., p.13.

* 756 THUCYDIDE cité par COURMONT (B.), et al., op. Cit., p. 8.

* 757 CARR Edouard H., The Twenty year's crisis, 1919-1929, Londres, MacMillan, 1939.

* 758 « C'est un mode d'action de l'exercice de la puissance, en vertu duquel un Etat faible ou une puissance en déclin cherche à satisfaire ses intérêts et à exercer une influence à travers l'action d'un acteur perçu comme plus puissant ou plus efficace ». COURMONT (B.), et al., op. cit., p. 16-17.

* 759 COURMONT (B.), et al. , op. cit., p.17.

* 760 Ibid., p. 23.

* 761 ZBIGNIEW Brzezinski, Le grand échiquier : L'Amérique et le reste du monde, Paris, Bayard, 1997, p. 49.

* 762 DECREANE Philippe cité par DUMOULIN André, La France militaire et l'Afrique, Bruxelles, éditions GRIP, 1997, p. 82.

* 763 CHÂTAIGNIER Jean-Marc, « Principes et réalités de la politique africaine de la France », Afrique contemporaine, n° 220, 2006/4, p. 247.

* 764 ARON (R.), Op. cit.

* 765 DAHL Robert cité par COURMONT (B.), et al., op. Cit., p.11.

* 766 LAIDI Zaki cité par POKAM (H.P.), Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, op.cit., p. 394.

* 767 POKAM (H.P.), Le multilatéralisme franco-africain à l'épreuve des puissances, op.cit., p. 397.

* 768 MAGNARD (F.) et TENZER (N.), op. cit., p. 187.

* 769 COURMONT (B.), et al., op. cit., p. 12.

* 770 Ibid.

* 771 LECLERC Jean-Marc, « La police française reprend du service à Tripoli » publié le 24/10/2011 sur Le Figaro.fr, consulté le 21 juin 2013.

* 772 Ibid.

* 773 COLLON Michel, Israël, parlons-en !, Bruxelles, Investig'Action/Éditions Couleur livres, 2010.

* 774 SKANDRANI Ginette Hess, « Ce fameux printemps arabe tant vanté par nos médias-mensonges : un nouveau plan de colonisation du monde arabe ? », La voix de la Libye, 22 mars 2014.

* 775 COLLON (M.), Israël, parlons-en !, op.cit.

* 776 COLLON (M.), Israël, parlons-en !, op.cit.

* 777 WHITAKER SEYMOUR (J.), op. cit., p. 176.

* 778 ABOYA ENDONG Manassé, « L'Afrique du Nord en révolution : Entre l'islamisme des enjeux politiques et le jeu d'intérêts des puissances extérieures », SOLON, vol. III N°7, août 2013, p. 37.

* 779 Voir note 31 de ABOYA ENDONG Manassé, Ibid., p. 37.

* 780 La Chine se plait à rappeler les expéditions sur la côte orientale africaine de la dynastie des Ming qui se sont limitées à des échanges  avec l'Afrique, sans aucune volonté de domination. Voir à ce propos, KENNEDY Paul, Naissance et déclin des grandes puissances, Paris, Editions Payot & Rivages, 2004 pp 39-44.

* 781 http://www.diploweb.com/asie/atlasdelachine07121.htm, consulté le 21 juillet 2014.

* 782 MORGENTHAU Hans, In Defence of the National Interest, New York, Knopf, 1951, p. 242.

* 783 Voir BRAUD Pierre-Antoine, « La Chine en Afrique : anatomie d'une nouvelle stratégie chinoise», dans Analysis, Octobre 2005.

* 784 Livre blanc du gouvernement chinois, « La voie de développement pacifique de la Chine », décembre 2005, 32p.

* 785 KERNEN Antoine, « Les stratégies chinoises en Afrique : du pétrole aux bassines en plastique », Politique Africaine n° 105 - mars 2007, p. 165.

* 786 Commandant MBAYE Cissé, op.cit.

* 787 Ibid.

* 788 Ibid.

* 789 HUGON Philippe, « La Chine en Afrique, néocolonialisme ou opportunités pour le développement ? », Revue internationale et stratégique, n° 72 2008/4, p. 219.

* 790 ABOYA ENDONG (M.), op. cit., p. 40.

* 791 PICARD (M) op.cit.

* 792 TROUDI Mohammed, « La stratégie arabe de la Chine » source : http://www.strategicsinternational.com, consulté le 25 mai 2014.

* 793 Ibid.

* 794 NGUYEN (E.), op.cit., p. 55.

* 795 TROUDI (M.) op. cit.

* 796 Ibid.

* 797 Ibid.

* 798 TROUDI (M.) op. cit.

* 799 Mohamed Kadri SAID cité par LAHERA Henri, « La Chine est-elle en train d'acheter l'Egypte ? », JOL Press consulté le 25 mars 2014.

* 800 Source cité par LAHERA (H.), op.cit.

* 801 COURMONT (B.), et al., op. Cit., p. 59.

* 802 CHAPONNIERE (J. R.), et al., op.cit., p. 16.

* 803 LAHERA (H.), op.cit.

* 804 CHARVIN Robert, « L'intervention en Libye et la violation de la légalité internationale »http://www.legrandsoir.info/l-intervention-en-libye-et-la-violation-de-la-legalite internationale.html, consulté le 21 juin 2013.

* 805 SMOUTS (M.-C.) cité par POKAM (H.D.P.), « Partenaires internationaux et gouvernance des collectivités locales au Cameroun » dans Cahier de la coopération décentralisée, N° 2 Août 2010, p. 107.

* 806 ELIAS (N.) op.cit. p. 86.

* 807 ROJOT (J.), op.cit, p. 294.

* 808 Voir chapitre 1 et 2 de cette étude.

* 809 Editorial de la Revue Politique Etrangère 1, 2012, p. 8.

* 810 Nemat SHAFIK citée par MORIZOT Valentine, « L'Europe 1948 et le printemps arabe », publié sur www.Voxeurop.eu, consulté le 10 novembre 2014.

* 811 FONTAN Sylvain, « Les pays arabes faces à la crise économique », publié le 12 mai 2014 sur www.leconomiste.eu, consulté le 06 novembre 2014.

* 812 Ibid.

* 813 Commentaire fait sur www.leconomiste.eu le 13 mai 2014, consulté le 06 novembre 2014.

* 814 WARDE Ibrahim, « Un plan Marshall sans lendemain pour les printemps arabes », Le Monde Diplomatique, octobre 2014, p. 6.

* 815 STROOBANTS Jean-Pierre, « L'Europe ne parvient pas à peser sur les suites du printemps arabe », publié le 21 septembre 2012 sur Le Monde.fr, consulté le 08 novembre 2014.

* 816 ENCEL Frédéric, entretien avec DIFFALAH Sarah, « La Libye en plein chaos : fallait-il vraiment renverser Kadhafi ? », Le Nouvel Observateur, 08 août 2014.

* 817 MARTY-GAUQUIE Henry, «La communauté internationale et le printemps arabe: aspects économiques», La Note de Conventions, N° 10, 2013.

* 818 Voir chapitre 2 de cette étude.

* 819 MARTY-GAUQUIE (H.), op.cit.

* 820 MARTY-GAUQUIE (H.), op.cit.

* 821 Le débat, puis la décision d'augmentation du capital de la BEI (prise au Conseil européen du 30 juin 2012) ont été animés par la nécessité d'une initiative de croissance en Europe, et non par l'augmentation de l'aide aux pays tiers.

* 822 Le sigle AAA ou également prononcé triple A est la note maximale qu'une entreprise ou un pays puisse obtenir au près des agences de notation. Il mesure la solvabilité d'un Etat, d'une entreprise et leurs permet un taux d'intérêt moins élevé lorsqu'ils vont se financer sur le même marché qu'un acteur économique moins bien noté.

* 823 Source : SEGAR Mike, « Pourquoi Moody's a retiré son triple A à la France », publié sur L'Expansion.com le 20 novembre 2012, consulté le 27 octobre 2014.

* 824 Ibid.

* 825 SEGAR (M.), op. cit.

* 826 Ibid.

* 827 LANDRE Marc, « Une situation économique plus dégradée qu'en 2012 », Le Figaro.fr ; publié le 19 octobre 2014, consulté le 23 octobre 2014.

* 828 Ibid.

* 829 Ibid.

* 830 Ibid.

* 831 Ibid.

* 832 Statistique de l'INSEE, rapportées par AFP, publié le 06 juin 2013 sur France 24htm, consulté le 23 octobre 2014

* 833 Ibid.

* 834 BOURBON Jean-Claude, « L'économie française s'enfonce dans la crise », publié le 24 septembre 2014 sur La Croix.com, consulté le 23 octobre 2014.

* 835 Ibid.

* 836 ERLANGER Steven, « Pourquoi la France ne survivra pas à la crise », The New York Times, 27 Août 2013

* 837 Ibid.

* 838 DUCOURTIEUX Cécile, « Bruxelles ne se satisfait du budget français », publié sur Le Monde.fr le 22 octobre 2014, consulté le 23 octobre 2014

* 839 DUCOURTIEUX (C.), op. cit.

* 840 Jyrki KATAINEN, cité par DUCOURTIEUX (C.), op. cit.

* 841 MATHIEU Catherine, entretien avec Atlantico, « 6 ans de crise et un nouveau plongeon en vue : la France a-t-elle encore les moyens d'amortir le choc ? », publié le 17 Octobre 2014 sur Atlantico.fr, consulté le 23 octobre 2014. Catherine Mathieu est économiste à l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) - Département Analyse et Prévision, spécialiste des questions européennes et du Royaume-Uni.

* 842 CREVEL Philippe, entretien avec Atlantico, op. cit. Philippe Crevel est économiste et fondateur de la société Lorello Ecodata.

* 843 MATHIEU C., op. cit.

* 844 CREVEL P., op.cit.

* 845 La conservatrice, citée par Libération, « la France vit un des moments les plus noirs de la crise », 26 Août 2014.

* 846 LEQUESNE Christian, « La politique extérieure de François Hollande : entre interventionnisme libéral et nécessité européenne », Sciences Po Grenoble working paper n.23, Juillet 2014, p. 6.

* 847 A. WENDT, cité par BATTISTELLA (D.), op.cit., p. 283.

* 848 LEQUESNE (C.), op. cit., p. 5.

* 849 Ibid., p. 6.

* 850 Ibid.

* 851 DUVAL Guillaume, « Crise ou reprise (introduction au dossier) », Alternatives Economiques n° 331, janvier 2014.

* 852 PECH Thierry, « France : du mieux mais pas assez », Ibid.

* 853 « La Grande-Bretagne bascule dans la récession », publié sur Le Figaro.fr le 25 octobre 2008, consulté le 23 octobre 2014.

* 854 Ibid.

* 855 Ibid.

* 856 « La Grande-Bretagne bascule dans la récession », op.cit.

* 857 Etude réalisée en 2013 par l'ONS.

* 858 WERMUTH Stefan, « Nouvelle récession en vue au Royaume Uni », publié sur Le Monde.fr le 25 janvier 2013, consulté le 23 octobre 2013.

* 859 VILLECHENON Anna, « L'économie britannique à l'épreuve de la crise de la zone euro », publié sur Le Monde.fr le 22 mars 2012, consulté le 23 octobre 2014.

* 860 Propos rapporté par WERMUTH (S.), op. cit.

* 861 Ibid.

* 862 M. OSBORNE cite par WERMUTH (S.), op. cit.

* 863 WERMUTH (S.), op. cit.

* 864 WINTERSTEIN Anna, « Royaume Uni: le pari manqué de l'austérité », L'Express /L'Expansion, 27 mars 2013.

* 865 Ibid.

* 866 Ibid.

* 867 « La Grande-Bretagne sous stéroïdes financiers », Blog gaulliste libre, 07 février 2014, consulté le 23 octobre 2014.

* 868 « La Grande-Bretagne perd à son tour son triple A », publié le 22 février 2013 sur La Croix.com, consulté le 23 octobre 2014.

* 869 Déclaration de George OSBORNE rapporté dans « La Grande-Bretagne perd à son tour son triple A », op. cit.

* 870 Propos de M. Silvio BERLUSCONI, rapporté par BURTON Andrew, « Crainte d'une aggravation de la crise mondiale après la dégradation des Etats-Unis », Le Monde, 6 août 2011.

* 871 Source : BURTON (A.), op. cit.

* 872 « 50 chiffres incroyables sur l'économie des Etats-Unis », traduction d'un article du site The Economic collapse, pour www.les-crises.fr, publié le 2 février 2012 et consulté le 27 octobre 2014.

* 873 Ibid.

* 874 Ibid.

* 875 « Le contexte économique des Etats-Unis-contexte politico-économique », publié par Planet Expert sur son site, consulté le 27 octobre 2014.

* 876 « Le contexte économique des Etats-Unis-contexte politico-économique », op.cit.

* 877 SEIBT Sébastian, « Les Etats-Unis sont en crise budgétaire permanente depuis 2011 », AFP, 18 octobre 2013.

* 878 Christine RIFFLART, cité par SEIBT (S.), op.cit.

* 879 Ibid.

* 880 Ibid.

* 881 « Crise budgétaire : un accord in extrémis à Washington », Le Monde.fr avec AFP et Reuters, publié le 17 octobre 2013 et consulté le 27 octobre 2014.

* 882 Ibid.

* 883 CHAVAGNEUX Christian, « Etats-Unis : vers un atterrissage en douceur », Alternatives Economiques, op. cit.

* 884 DUVAL (G.), op. cit.

* 885 GADREY Jean, pour Alternatives Economiques, « Etats-Unis (3) la crise n'est pas finie, elle est à venir », publié en juillet 2014 sur alternatives-economiques.fr, consulté le 27 novembre 2014.

* 886 DUGUA Pierre-Yves, « Etats-Unis, la reprise au troisième trimestre plus robuste que prévu », publié le 30 octobre 2014 sur www.lefigaro.fr, consulté le 02 décembre 2014.

* 887 Il reste un mois pour l'achèvement de la période.

* 888 MAYA (K.), « OBAMA et la Libye, aux origines du leading from behind », op.cit.

* 889 WHITAKER (S. J.), op. cit., p. 173.

* 890 Chicago Council on Global Affairs, Foreign Policy in the New Millenium: Results of the 2012 Chicago Council Survey of American Public Opinion and US Foreign Policy: http://www.thechicagocouncil.org/, consulté le 03 mars 2013.

* 891 SLOAN (S.) op. Cit., p. 28.

* 892 http://www.thechicagocouncil.org, op.cit.

* 893 Précisément au moment des actions militaires.

* 894 BLANCHARD Christopher M., « Libya : Transition and U.S. Policy : Congressional Research Service », 18 octobre 2012, p. 10, en ligne, http://www.fas.org/sgp/crs/row/RL33142.pdf, consulté le 24 septembre 2014.

* 895 MELANDRI Pierre et VAISSE Justin, L'Empire du milieu : Les Etats-Unis et le monde depuis la fin de la Guerre froide, Paris, Odile Jacob, 2001, p. 331.

* 896 MARZIN Régis, « La politique française en Afrique entre gestion des conflits et démocratisation impossible », Tribune d'Afrique, 5 février 2013.

* 897 Ibid.

* 898 Ibid.

* 899 Ibid.

* 900 « Sortir de l'influence militaire et engager la politique française dans le soutien de la démocratie en Afrique », Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, 18 juillet 2013.

* 901 François HOLLANDE, cité par PICCININ da PRATA Pierre, « MALI - Une guerre sans mort, sans blessé et sans une seule femme en pleurs... », New York Times, février 2013.

* 902 Discours de François HOLLANDE en Afrique du Sud lors de sa visite, 14 octobre 2013, op. cit.

* 903 Ibid.

* 904 MARZIN Régis, « La politique française en Afrique entre gestion des conflits et démocratisation impossible », op. cit.

* 905 MARZIN Régis, « La politique africaine française sous influence militaire ? », op. cit.

* 906 HUGEUX Vincent, « Purge sans fin chez les Africains du Quai d'Orsay », 1er mars 2013 : http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2013/03/01/purge-sans-fin-chez-les-africains-du-quai-dorsay, consulté le 10 novembre 2014.

* 907 NASSIF (H.), op. cit., p. 5.

* 908 Cristiano D'ORSI, « Les spécificités du droit international en Afrique Sub-saharienne avec une particulière référence à l'intégration du droit international dans l'ordre juridique interne des pays d'Afrique Sub-saharienne», Revue Hellénique de droit international, vol. 58, 2005, p. 593.

* 909 ABDOU HASSAN (A.), op. cit., p. 2.

* 910 Source : BAUCHARD Denis et al., « Le printemps arabe : premier bilan et propositions pour une politique française », AVICENNE, juillet 2011, p. 10.

* 911 Ibid.

* 912 Cameroon tribune 13 juillet 2011, p. 31.

* 913 ABDOU HASSAN (A.), op.cit., p. 19.

* 914 BADO Arsène Brice, « L'Union Africaine et la sécurité collective », Programme Paix Et Sécurité Internationales! Bulletin No.58 Septembre-Octobre 2012, p. 4.

* 915 Discours de Paul BIYA lors de la cérémonie de présentation des voeux par le corps diplomatique le 6 janvier 2012 à Yaoundé.

* 916 Cameroon Tribune 25 août 2011, p. 48.

* 917 Rapport Africa Briefing, « Le rôle de l'Union africaine dans les conflits en Libye et en Côte d'Ivoire », Bruxelles - 16 mai 2011.

* 918 Ibid.

* 919 BAUCHARD (D.), op. cit., pp. 10-11.

* 920 Reuters, 26 avril 2011.

* 921 Ibid.

* 922 ABDESSELEM Sélim Ben, «La Constitution tunisienne: les dix points clefs», IRIS- Observatoire des mutations politiques dans le monde arabe, février 2014. Voir aussi FATMA Ellafi, « La dignité: du slogan révolutionnaire au principe constitutionnel», IRIS- Observatoire des mutations politiques dans le monde arabe, juillet 2013.

* 923 Ibid., p.1.

* 924 Ibid.

* 925 Le choix de confier la supervision des opérations électorales et de leur préparation à une instance indépendante et non plus au ministère de l'Intérieur avait été fait dès le lendemain de la Révolution pour les élections du 23 octobre 2011 et a été entériné par la constitution avec la constitutionnalisation de cette instance et de ses prérogatives (article 126).

* 926 ABDESSELEM (S. B.)., op. cit., p. 1-2.

* 927 ABDESSELEM (S. B.)., op. cit., p. 2.

* 928 Ibid., p. 3.

* 929 Source : « HOLLANDE à Tunis pour célébrer le « succès » du printemps tunisien », France24, 07février 2014.

* 930 HERMET G., KAZANCIGIL A. et PRUD'HOMME J.-F. (dir.), La gouvernance. Un concept et ses applications, Paris, Karthala, 2005, p. 7.

* 931 Voir OYATAMBWE Wamu, Réflexions sur la "bonne gouvernance" en Afrique, Demain Le Monde, n°47, octobre 2000, SMOUTS (M.C.) et al., op.cit., p. 250, FIDA, «La bonne gouvernance : une mise au point », septembre 1999, p. 1 ; CHEVALIER Sophie, « Le concept de bonne gouvernance dans les politiques de développement des institutions de Bretton Woods et de l'Union Européenne », Université Paris Ouest Nanterre, 01 décembre 2011 ; Banque Mondiale, L'Afrique sub-saharienne. De la crise à une croissance durable. Etude de prospective à long terme, Washington, 1989 ; BERG R. WHITAKER J. S. (dir.), Strategies for African Development. A Study for the Committee on African Development, Berkeley, University of California Press, 1986, pp 81-107.

* 932 Voir DIALLO Abdourahmane, Problématique de la gouvernance en République de Guinnée et l'appui de la Banque Mondiale, Université Sonfonia de Conakry, 2009 ; Public Sector Management, Governance and sustainable Human Development, New York, 1995 ; CHEVALIER (S.), op. cit.

* 933 POUILLAUDE Agnès, La bonne gouvernance, dernier né des modèles de gouvernement. Aperçu de la Mauritanie, Document de Travail n°37, Centre d'économie du développement Université Montesquieu-Bordeaux IV- France.

* 934 HUBBARD Ruth, Les critères de la bonne gouvernance, Optimum, La revue de gestion du secteur public, vol. 30, no 2, 2000, p. 44.

* 935 BERAK Malika, GUISNEL Isabelle, NIEWIADOWSKI Didier (dir.), Pour une gouvernance démocratique. Document d'orientation de la politique de coopération française, Ministère des Affaires étrangères, 2003, p. 8.

* 936 Ibid., p. 26.

* 937 Déclaration de LUTHER Philip, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

* 938 Broken Promises: Egypt's Military Rulers Erode Human Rights, rapport publié sur www.amnesty.org, consulté le 24 septembre 2014.

* 939 Ibid.

* 940 Broken Promises: Egypt's Military Rulers Erode Human Rights, op. cit.

* 941 Ibid.

* 942 Ibid.

* 943 Ibid.

* 944 Ibid.

* 945 Ibid.

* 946 Source : « L'Egypte convoque des ambassadeurs européens après des critiques sur la répression », AFP, 13 mars 2014.

* 947 « L'Egypte convoque des ambassadeurs européens après des critiques sur la répression », op. cit.

* 948 Cf. article 1 de la Déclaration universelle sur la démocratie Adoptée par le Conseil interparlementaire

Lors de sa 161e session, Le Caire, 16 septembre1997.

* 949 « Egypte : l'ex-premier ministre de Mohamed MORSI acquitté », publié sur L'Express.fr le 13 juillet 2014.

* 950 Ibid.

* 951 « L'Egypte convoque des ambassadeurs européens après des critiques sur la répression », op.cit. 

* 952 MOUTERDE Perrine, « En Egypte, retour de flamme pour Al-Jazeera », Libération, 20 février 2014.

* 953 Ibid.

* 954 « L'Egypte convoque des ambassadeurs européens après des critiques sur la répression », op.cit.

* 955 Ibid.

* 956 Ibid.

* 957 Ibid.

* 958 « Des anciens pro-MOUBARAK interdits de se présenter », publié sur i24news le 06 mai 2014, consulté le 22 septembre 2014.

* 959 Article 5 de la Déclaration universelle sur la démocratie, op. cit.

* 960 Source : BOUAZZA Nadéra, « Près de 700 partisans de Morsi condamnés à mort », AFP, 28 avril 2014.

* 961 Ibid.

* 962 Ibid.

* 963 Ibid.

* 964 GABON Alain, « Les cinq raisons du coup d'Etat égyptien », posté le 29 août 2013 sur SaphirNews, consulté le 03 octobre 2014.

* 965 Source : http://www.euromedrights.org/fra/wp-content/uploads/2014/06/23-6-14-CP-conjoint-Egypte-FR-BMI-2, consulté le 03 octobre 2014.

* 966 Ibid.

* 967Ibid.

* 968 http://www.euromedrights.org/fra/wp-content/uploads/2014/06/23-6-14-CP-conjoint-Egypte-FR-BMI-2, op. cit.

* 969 Cf. Déclaration universelle sur la démocratie.

* 970 « Egypte : la justice dissout la branche politique des Frères Musulmans », publié sur L'Express.fr le 09-08-2014, consulté le 24 septembre 2014.

* 971 BOUAZZA (N.), op.cit.

* 972 Article 12 de la Déclaration universelle sur la démocratie, op. cit.

* 973 « Egypte : la justice dissout la branche politique des Frères Musulmans », op.cit.

* 974 Broken Promises: Egypt's Military Rulers Erode Human Rights, op. cit.

* 975 BILLION Didier et BELKACEM Farida, entretien BESSIS Sophie, « De quoi les révoltes arabes sont-elles le nom ? », Revue Internationale et Stratégique », op cit., p. 57.

* 976 DELPECH Thérèse, « Egypte : une révolution confisquée ? », Politique Internationale, N° 132, été 2011, p. 227.

* 977 Déclaration d'Akram BELKRAÏD lors d'une conférence sur le thème « L'Union Européenne et les révoltes arabes : quel rôle ? Quel(s) impact(s) », cité par CASTAGNAC Pierre-Yves et ZERROUKI Sarah, compte rendu de l'IRIS, avril 2011, p. 3.

* 978 GABON (A.), op. cit.

* 979 Ibid.

* 980 « Présidentielle en Egypte: le moment de vérité approche », publié sur France Soir.fr consulté le 22 septembre 2014.

* 981 Source : TONY Gamal Gabriel, « Egypte: un an après la chute de MOUBARAK, la révolution impossible », publié le 10 février 2012 sur Jeune Afrique.com, consulté le 24 septembre 2014.

* 982 « Présidentielle en Egypte: le moment de vérité approche », op.cit.

* 983 ALI EDDIN Mohamed, « Egypte. Les dirigeants militaires ont « anéanti » les espoirs des manifestants du 25 janvier », Demotix, 22 novembre 2011.

* 984 MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria, « Egypte : l'aide américaine doit-elle continuer ? », publié le 25 avril 2011 sur www.LibreAfrique.org, consulté le 24 septembre 2014.

* 985 Ibid.

* 986 Ibid.

* 987 Confère Chapitre 1 de cette étude.

* 988 L'expression est de MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria, op.cit.

* 989 Ibid.

* 990 MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria, op.cit.

* 991 LERICHE (F.), op. cit., p. 7.

* 992 Robert GILPIN, cité par BATTISTELLA (D.), op.cit., p. 133.

* 993 MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria, op.cit

* 994 MALOU Innocent et ABDELILAH Bouasria, op.cit

* 995 Source : HASKI Pierre, « Non, le massacre en Egypte ne signe pas la fin des printemps arabes », publié sur Rue89 le 16 aout 2013, consulté le 13 juin 2014.

* 996 ALAOUI (A.), op. cit., p. 3.

* 997 « Après Hosni MOUBARAK, les manifestants de la place Tahrir se soulèvent contre Mohamed MORSI », publié sur Terrrafemina.com le 24 novembre 2012, consulté le 24 septembre 2014.

* 998 « Après Hosni MOUBARAK, les manifestants de la place Tahrir se soulèvent contre Mohamed MORSI », op. cit.

* 999 Rébellion en arabe.

* 1000 « Egypte : après MOUBARAK, la chute de MORSI ? », publié le 01 juillet 2013 sur Glamour.fr, consulté le 24 septembre 2014.

* 1001 Ibid.

* 1002 Déclaration de John KERRY à la télévision privée Pakistanaise Geo, rapportée par le Figaro avec AFP, « Morsi déposé pour la démocratie », publié le 01er aout 2013 sur le Figaro.fr consulté le 03 octobre 2014.

* 1003 Déclaration de François HOLLANDE à la XXIe Conférence des ambassadeurs de France, 27-29 août 2013.

* 1004 « Egypte : deux ans après la MOUBARAK, la rue réclame la démission de MORSI » publié par RFI le 11 février 2013 sur RFI.fr consulté le 24 septembre 2014.

* 1005 TONY (G. G.), op. cit.

* 1006 Ibid.

* 1007 Ibid.

* 1008 WEBER Max, Economie et sociétés, Paris, Collection Pocket Agora, 2003, p. 96 à 100.

* 1009WEBER Max, Le Savant et le Politique, Paris, La Découverte, 2003.

* 1010 GUINCHARD (S.), MONTAGNIER (G.), op.cit. p. 238.

* 1011 POPP Roland et MÖCKLI Daniel, « La Libye après Kadhafi : transition politique et options occidentales », Center for Security Studies, N° 100, septembre 2011.

* 1012 Entretien de Patrick HAIMZADEH avec Jean Dominique MERCHET, publié le 20 aout 2013 pour Reuters, consulté sur internet le 24 septembre 2014.

* 1013 LUGAN Bernard, « En Libye il est temps d'en finir avec les billevesées démocratiques pour en venir enfin à la realpolitik » publié le 08 mars 2014 sur NOVOPRESS.INFO, consulté le 24 septembre 2014.

* 1014 BENDERRA Omar, « La Libye, Irak du Maghreb ? », article paru sur le site Algeria-Watch en date du 20 août 2014, http://www.algeria-watch.org/fr/article/analyse/libye_irak_maghreb.htm, consulté le 24 septembre 2014.

* 1015 Ibid.

* 1016 Ibid.

* 1017 BARGHATHI cité par MONTEFORTE Filippo, « Libye: les rebelles, hier des héros, aujourd'hui accusés de tous les maux », publié le 17 octobre 2012 sur AFP.com, consulté le 24 septembre 2014.

* 1018 BENDERRA (O.), op.cit.

* 1019 Pour l'apparence juste. En réalité il ne l'exerce pas.

* 1020 HAIMZADEH Patrick, « La Libye aux mains des milices », Le Monde Diplomatique, octobre 2012.

* 1021 BOISBOUVIER Christophe, « Libye : quand les Toubous se réveillent », Jeune Afrique, 16/05/2012.

* 1022 AYAD Christophe, « Les Toubou veulent leur place dans la Libye de l'après KADHAFI », Le Monde, 30 Septembre 2011.

* 1023 « Ali ZEIDAN, Premier ministre libyen, enlevé en plein centre de Tripoli », RFI, publié le 10 octobre 2013.

* 1024 « Libye : les islamistes annoncent la formation prochaine de leur propre gouvernement », publié par Jeune Afrique le 26 Aout 2014 sur Jeune Afrique.com consulté le 24 septembre 2014.

* 1025 Ibid.

* 1026 Interview de François HOLLANDE dur la chaîne France Inter le 05 janvier 2015.

* 1027 LUGAN (B.), « En Libye il est temps d'en finir avec les billevesées démocratiques pour en venir enfin à la realpolitik », op.cit.

* 1028 KHADIJA Mohsen-Finan, « Le printemps arabe reconfigure l'environnement du Maghreb », IRIS- Observatoire des mutations politiques dans le monde arabe, octobre 2014, p.1.

* 1029 Ibid., P. 3.

* 1030 Voir le Rapport d'Amnesty international en la matière : Amnesty International, «  http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Mauvais-traitements/Actualites/Libye-les-milices-luttent-pour-garder-leur-part-de-pouvoir-8540 », consulté le 08 novembre 2014.

* 1031 MONTEFORTE Filippo, « Libye: les rebelles, hier des héros, aujourd'hui accusés de tous les maux », publié le 17 octobre 2012 sur AFP.com, consulté le 24 septembre 2014.

* 1032 Discours de François HOLLANDE devant les ambassadeurs le 28 août 2014, source : diplomatie.gouv.fr, consulté le 24 octobre 2014.

* 1033 CHARLES d'Almeida, « Libye : Deux ans après Kadhafi - La Libye toujours dans l'impasse », L'Inter N° 4414 du 19/2/2013.

* 1034 Ibid.

* 1035 Ibid.

* 1036 HAIMZADEH (P.), op.cit.

* 1037 BENDERRA (O.), op.cit.

* 1038 LAWRENCE William, « L'après KADHAFI : un tournant crucial pour la Libye », publié le 16 novembre 2012 sur Rue89 consulté le 24 septembre 2014.

* 1039 Ibid.

* 1040 Thomas HOBBES cité par LAWRENCE (W.), op.cit.

* 1041 HADDAD Saïd, « La sécurité, « priorité des priorités » de la transition libyenne », L'Année du Maghreb [En ligne], IX | 2013, mis en ligne le 29 octobre 2013, consulté le 24 septembre 2014. URL : http://anneemaghreb.revues.org/1953 ; DOI : 10.4000/anneemaghreb.1953

* 1042 Human Rights Watch, «  Libye : des milliers de personnes déplacées ne peuvent rentrer chez soi », 21/2/2012, http://www.hrw.org/fr/news/2012/02/21/libye-des-milliers-de-personnes-d-plac-es-ne-peuvent-rentrer-chez-soi., consulté le 24 septembre 2014.

* 1043 BEATA Olesky, «Tawerghan : unlikely to return soon», Libya Herald, 28/01/2013, http://www.libyaherald.com/2013/01/28/tawerghans-unlikely-to-return-soon/, consulté le 24 septembre 2014.

* 1044 CHATTER Khalifa et MARTEL André, « Les Mezergaya des tribus makhzens de Tunisie au milieu du XIXe siècle (1837-1881), dans DOMERGUE-CLOAREC Danielle et MURACCIOLE Jean-François (dir.), Les milices du XVIe siècle à nos jours. Entre construction et destruction de l'Etat ?, Paris, L'Harmattan, 2010, p.99.

* 1045 HADDAD (S.), op.cit.

* 1046 Interrogation d'un père de famille qui songe désormais à envoyer ses enfants à l'étranger rapportée par RFI, « Libye: deux ans après la mort de Kadhafi, un pays exsangue », publié le 20 octobre 2013 sur RFI.fr, consulté le 22 septembre 2014.

* 1047 « LIBYE. Plus de 47 personnes tuées dans des combats à Tripoli », Le Nouvel Observateur, 21 juillet 2014.

* 1048 CHARLES (d'A.), op.cit.

* 1049 Le même objectif qu'en mars 2011 lors du vote de la résolution 1973.

* 1050 RFI, « Libye: le Parlement en faveur d'une intervention étrangère », publié le 13 aout 2014 sur RFI.fr consulté le 22 septembre 2014.

* 1051 Ibid.

* 1052 RFI, « Libye: le Parlement en faveur d'une intervention étrangère », op. cit.

* 1053 « Ali ZEIDAN, Premier ministre libyen, enlevé en plein centre de Tripoli », op.cit.

* 1054 Ibid.

* 1055 GOUESET Catherine, « Pourquoi l'insécurité grandit en Egypte », L'Express, 02 février 2012.

* 1056 Propos d'Ahmed FAWZI, rapportés par IRIN sur www.irinnews.org/fr/copyrightfr.aspx, consulté le 03 octobre 2014

* 1057 Source : « Egypte : l'insécurité pousse les citoyens à prendre les armes », IRIN, publié sur www.irinnews.org/fr/copyrightfr.aspx, consulté le 03 octobre 2014.

* 1058 Ibid.

* 1059 Ibid.

* 1060 GOUESET (C.), op.cit.

* 1061 Ibid.

* 1062 Ibid.

* 1063 CHACHINE Marwan, « La police, force du désordre égyptien », Libération, 03 février 2013.

* 1064 Ibid.

* 1065 Ibid.

* 1066 Ibid.

* 1067 Ibid.

* 1068 Ibid.

* 1069 « Egypte : explosion d'une bombe au Caire », La Monde.fr avec AFP, 21 septembre 2014.

* 1070 « Abdel Fattah Al-SISSI peine à trouver sa légitimité », Paris Match, 23 juin 2014.

* 1071 Ibid.

* 1072 Ibid.

* 1073 Ibid.

* 1074 Article 18 de la Déclaration universelle sur la démocratie, op. cit.

* 1075 LE BRAS Jenna, « Présidentielle en Egypte : Al-SISSI devancé par l'abstention », Libération, 28 mai 2014.

* 1076 Sarah Ben NEFISSA cité par LE BRAS (J.), op.cit.

* 1077 LE BRAS (J.), op.cit.

* 1078 TEWFIK Aclimandos cité par ANMUTH Sophie, « L'Egypte est-elle revenue à l'ère MOUBARAK ? » publié sur Slate Afrique, consulté le 24 septembre 2014.

* 1079 Source : Assemblée Nationale française, « Rapport d'information » déposé par la commission des affaires étrangères en conclusion des travaux d'une mission d'information sur les révolutions arabes, 20 novembre 2013.

* 1080 L'expression est de PONDI Jean-Emmanuel, « Conclusion », dans PONDI Jean-Emmanuel (dir.), Repenser le développement à partir de l'Afrique, Yaoundé, Afrédit, 2011, pp. 571-573.., p. 572.

* 1081 C'est le cas de la France le 10 mars 2011, lorsqu'elle reconnait le CNT libyen.

* 1082 KOBZEV Artem, « Le printemps arabe en est à sa 4e année », La Voix de la Russie, 26 janvier 2014.

* 1083 Ibid.

* 1084 BRUCKNER Pascal, Entretien avec DIFFALAH (S.), op. cit.

* 1085 BACHARAN Nicole, Ibid.

* 1086 ENCEL Frédéric, Ibid.

* 1087 LEVY Henry-Bernard, Ibid.

* 1088 SIMMONET Dominique, DIFFALAH (S.), op. cit.

* 1089 BENDERA Omar, « La Libye, Irak du Maghreb ? », http://www.algeria-watch.org/fr/art..., consulté le 24 septembre 2014.

* 1090 UNHCR, Profil d'opérations 2013.Libye, http://www.unhcr.fr/pages/4aae621d595.html., consulté le 24 septembre 2014.

* 1091 « Pour se référer au slogan : « Dégage » opposé à Ben Ali en Tunisie », ABOYA ENDONG (M.), op. cit., p. 41.

* 1092 ABOYA ENDONG (M.), op. cit., p. 41.

* 1093 DIALLO Lamine, « Instabilité dans le Maghreb : le revers de la démocratie », Waati, 14 février 2013.

* 1094 BENDERA (O.), op. cit.






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