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Jeux, enjeux et contraintes des grandes puissances au cours du printemps arabe. Le cas des membres du CSNU.

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par Ange Joachim MENZEPO
Université de Dschang-Cameroun - Master en Sciences politiques 2015
  

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B. La mise en oeuvre de la résolution 1973 par les grandes puissances à Europe3 et à l'OTAN.

Europe3 (E3) se présente comme la base de l'action militaire franco-britannique (1). Toutefois c'est sous la bannière de l'OTAN que les opérations se sont déroulées (2).

1- E3, plateforme d'appui de la France et de la Grande-Bretagne pour inspirer l'action militaire en Libye.

E3 est une plateforme de coopération multilatérale entre la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Au cours du printemps arabe, il prend une dimension quadripartite incluant les Etats-Unis408(*). Ce format de réflexion restreint a facilité la décision d'intervenir militairement en Libye409(*). En effet s'appuyant sur cette organisation, la France et la Grande-Bretagne ont pu organiser la procédure pour l'intervention militaire en Libye. La réflexion dans ce sens a été renforcée par l'accord de novembre 2010 sur le renforcement de la coopération militaire entre la France et la Grande-Bretagne410(*) qui se sont ensuite alliées aux autres Etats pour intervenir au sein de l'OTAN.

2- L'OTAN, cadre de l'intervention militaire des grandes puissances en Libye.

L'intervention en Libye est conduite via une interprétation très extensive des dispositions de la résolution 1973 notamment celle qui  « autorise les Etats membres (...) à prendre toutes les mesures nécessaires (...) pour protéger les civils et les zones peuplées par des civils sous la menace d'attaques y compris Benghazi, tout en excluant une force étrangère d'occupation sous quelque forme que ce soit dans n'importe quelle partie du territoire libyen »411(*). Pour Didier BILLION412(*), cette résolution est faite d' « ambiguïtés volontaires ». Pour nous ce sont ces ambiguïtés qui donnent lieu à cette interprétation abusive qui débouche sur une guerre en Libye. Elle est conduite au sein de l'OTAN par les puissances alliées au rang desquelles nous avons les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne. La Chine et la Russie indifférentes lors du vote ne prennent pas part à ces opérations.

Les puissances alliées se sont illustrées de manières différentes. Les Etats-Unis ont opté pour une nouvelle forme de leadership, le « leadership from behind » (a). La France en a profité pour se construire une image de puissance guerrière (b). Pour sa part la Grande-Bretagne a apporté une modeste contribution (c). Elles ont été ensemble très actives aux côtés des rebelles.

a- Le « leadership from behind » des Etats-Unis au sein de la coalition de l'OTAN.

La notion d'identité413(*) a obligé les Etats-Unis à s'impliquer au sein de la coalition de l'OTAN, même si ce fût en retrait. Les Etats-Unis, rappelons le, ont été très réticents à l'idée d'une intervention militaire en Libye. D'ailleurs penser à cela revenait pour la personne à devoir se faire examiner cliniquement d'après R. GATES, secrétaire d'Etat américain à la défense. Il déclare en effet : « tout président américain qui se lancerait dans une nouvelle guerre terrestre au Moyen-Orient devrait se faire examiner psychologiquement »414(*). Le volontarisme du président français N. SARKOZY, l'intervention d'A. JUPPE, Ministre français des Affaires Etrangères ainsi que les manoeuvres françaises orchestrées par Bernard-Henri LEVY ont permis à H. CLINTON d'intervenir pour que le point de vue des Etats-Unis soit changé, ce qui a abouti à l'adoption de la résolution 1973. Comme le souligne D. BATTISTELLA, « lorsque les Etats-Unis agissent sur la scène internationale, (...) parce qu'ils ont des identités de type, de rôle, et collective (...), ils sont amenés à afficher une politique de promotion des droits de l'homme (...), ils sont obligés de prendre en considération les intérêts de leurs alliés de l'Alliance atlantique (...) »415(*). Ils ne pouvaient dès lors, au risque de trahir ses identités, qu'inventer un nouveau type de leadership.

Le bref rappel des circonstances de l'adoption de la résolution 1973 a pour but de montrer que depuis le déclenchement des initiatives pour une intervention militaire en Libye,  il ressort que les Etats-Unis ne se situent pas en amont des opérations menées. Ils ont essayé de remettre au goût du jour l'expérience de la Bosnie en 1993. Il s'agissait pour la Maison Blanche de trouver un moyen de laisser une plus grande initiative aux Européens416(*). Ceci atteste de ce que l'expérience passée sert à construire les actions présentes. Le cours des événements n'a pas changé cette posture. L'attitude des Etats-Unis est diversement manifeste.

D'abord, les Etats-Unis cessent leur participation aux frappes afin de les confier à l'OTAN417(*) et ne plus se consacrer qu'à des vols de reconnaissances et de brouillages. Cette action s'inscrit dans la recherche des « moyens d'appliquer une tactique minimale »418(*) car, « les Etats-Unis ne doivent a priori pas engager des troupes américaines dans les conflits africains »419(*).

Dans cette optique, ils ont retiré leurs avions de chasse dès le 1er avril 2011420(*), provoquant des réactions divergentes. Par exemple, certains auteurs pensent que la cohésion de l'OTAN a été mise en péril421(*). Cette position est un choix des Etats-Unis. Le fait que l'Amérique se retirera après quelques jours et laissera les Alliés faire le gros du travail a été précisé d'emblée. Barack OBAMA avait annoncé une participation américaine relativement limitée, en soutien davantage qu'en premier rôle, car le leadership américain dans le cas libyen est « de former les conditions permettant à la communauté internationale d'agir de concert »422(*) .

Ensuite, après le passage du commandement des opérations sous la bannière de l'OTAN, les moyens de combat américain ont été retirés423(*). Il est important de relever que cette attitude de B. OBAMA n'est pas partagée par toute la classe politique américaine. Le 31 mars 2011, quand au sénat le rapport sur l'évolution en Libye est fait, la plupart des parlementaires sont soulagés d'apprendre le retrait des moyens de combat américains, à l'exception de deux d'entre eux, les sénateurs John MC CAIN et Lindsey GRAHAM, qui avaient dès le début appelé à une implication militaire américaine en Libye aux côtés des rebelles424(*). Ils se disent « atterrés », en particulier Mc CAIN qui « ne comprend pas que les moyens américains demeurent cloués au sol alors même que la situation demeure extrêmement difficile sur le terrain pour les forces anti-Kadhafi » ; L. GRAHAM demandera même à R. GATES de « reconsidérer cette décision »425(*).

B. OBAMA a informé les parlementaires sur la Libye. Il a informé le Congrès de sa décision d'envoyer les forces militaires américaines assister les alliés européens et les partenaires arabes dans la mise en oeuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU pour empêcher une catastrophe humanitaire et contrer la menace posée à la paix internationale par la crise en Libye426(*). Il s'inscrit dans une logique définie par Jennifer S. WHITAKER, suivant laquelle, parlant des Etats-Unis, elle déclare : « nous ne pouvons restreindre notre force politique en renonçant à tout engagement militaire sur le continent »427(*). S'ils acceptent d'appuyer les Alliés dans des domaines clés comme le contrôle aérien, l'ISR et le ravitaillement en vol, les Etats-Unis retirent leur « force de frappe » d'une quarantaine d'appareils dont leur redoutable composante d'appui-feu rapproché (avions A-10 et AC-130)428(*).

Le retrait américain laisse les Européens face à leurs responsabilités et leurs capacités. Les Etats-Unis, dans leur posture en retrait, ont néanmoins continué à apporter un appui en matière de ravitaillement, communications, surveillance, ou brouillage, sans lequel, ont-ils affirmé, les avions des autres pays de l'OTAN n'auraient pu opérer429(*). Ils ont aussi décidé de l'envoi de drones armés. Selon les autorités américaines, l'OTAN pouvait bien se passer des Etats-Unis en Libye, Washington étant selon eux plus utile sur d'autres théâtres d'opération, comme le Pakistan ou l'Afghanistan430(*).

Dans la perspective constructiviste, la signification des identités évolue historiquement par la pratique et les discours, les interactions entre les Etats431(*). C'est ainsi que la posture américaine a varié tout au long de la guerre civile libyenne. Le soutien américain, indispensable au début et apparemment à la fin, a fait défaut de manière inattendue à certains moments importants de l'opération432(*). C'est ce qui explique cette autre démonstration de ce « leadership à la OBAMA »433(*) relevée dans un communiqué de J. Mc CAIN et de L. GRAHAM qui critiquent le choix du président des Etats-Unis. En effet, dans le communiqué, ils applaudissent la chute du régime de KADHAFI tout en « déplorant que ce succès ait mis si longtemps à arriver en raison du choix américain de ne pas employer toute sa puissance militaire à la tâche»434(*). L'option américaine d'opérer dans une posture d'arrière plan est nourrie par des enjeux sur lesquels nous reviendrons. Cette posture a permis à la France de se construire une image de puissance guerrière.

b- La constitution de la France comme véritable puissance militaire au sein de la coalition de l'OTAN.

Avec le constructivisme, les intérêts et les motivations des Etats ne sont pas donnés mais socialement construits par des identités435(*). Les Etats agissent selon ces identités. Aussi, l'un des éléments importants dans l'approche constructiviste repose sur la «fenêtre d'opportunités»436(*). Avec le réalisme, les Etats s'efforcent de maximiser (...) leur puissance. De même, ce sont les situations qui déterminent les motivations de l'action437(*). La France profite du leadership « from behind » voulu par les Etats-Unis pour se construire sa puissance guerrière au sein de la coalition otanienne.

En effet, sur la base de l'article 4 de la résolution 1973, la France s'est engagée à frapper les troupes de KADHAFI. Le total engagement de la France se caractérise par la primauté de son action. En effet, la France a tenu à se mettre en oeuvre la première. Ainsi, dès le 18 mars 2011 soit un jour après l'adoption de la résolution 1973, ce sont des tirs de rafales françaises qui réveillent les libyens. Pour la France, cette action est symbolique, elle représente une fierté pour elle. A. JUPPE le traduit en ces termes : « Ce sera l'honneur de la France d'avoir tout tenté pour y parvenir »438(*). Elle n'a pas lésiné sur les moyens. Elle a engagé 10 navires de guerre, dont 1 porte-avions (Charles de Gaulle), 1 BPC (Tonnerre), 6 frégates (Aconit, Chevalier Paul, Courbet, Dupleix, Georges Leygues, Jean Bart) et 1 sous-marin nucléaire d'attaque (Améthyste). 40 avions de combat (18 Rafales - dont 10 M de l'Aéronautique navale, 14 Mirages 2000, 6 Super Etendard, 2 Mirages F-1CR). 12 avions de support (6 C-135, 2 Atlantique-2, 2 E-2C, 1 E-3F, 1 C-160G). 27 hélicoptères (14 Gazelle, 4 Tigre, 3 Puma, 4 Dauphin, 2 Caracal)439(*).

Les autorités françaises, en raison de l'enlisement de l'opération, ont préconisé une intensification des bombardements y compris sur des centres de décisions militaires ou sur des dépôts logistiques jusqu'alors épargnés. Cette action pour G. LONGUET, ministre français de la défense, visait à « faire en sorte que l'on n'ait pas besoin d'équiper militairement les insurgés »440(*). Les autorités françaises sont allées jusqu'à faire fi de la résolution 1973, avec la promesse, ultérieurement tenue, de l'envoi d'un renfort aérien aux rebelles.

Cette promesse a été faite le 20 avril 2011441(*). Pour Philippe LEYMARIE, c'est choquant et il s'appesantit sur la furia française à l'encontre de KADHAFI avec qui il n'y a pas si longtemps il n'était question que de vendre des rafales. Pour lui cet interventionnisme emprunt d'humanitarisme a rencontré l'adhésion de N. SARKOZY à la recherche d'une bonne cause et d'une bonne guerre442(*) certainement pour étaler ses capacités de puissance mondiale.

A la fin du mois de juin 2011, alors que la guerre perdure et devient difficile à l'Est, la France joue la carte des tribus de Djebel Nefousa et parachute armes et matériels dans l'Ouest du pays. En juillet les rebelles appuyés par la France font une progression notoire. Ils avancent jusqu'à Zintan et Nalout. Au début du mois d'août 2011, le porte-avions français Charles-de-Gaulle quitte la zone d'opération après plus de quatre mois de missions de guerre. Le 23 août 2011, les rebelles, mieux organisés et disposant de moyens d'artillerie offerts par la France parviennent à prendre la capitale Tripoli.

Au sujet de la mort de KADHAFI, d'après le ministre de la Défense Gérard LONGUET, c'est l'aviation française qui aurait stoppé son convoi alors qu'il tentait de fuir Syrte. Lors d'une conférence de presse qu'il tenait à son ministère, Gérard LONGUET a ainsi déclaré que le convoi, composé de plusieurs dizaines de véhicules « a été stoppé dans sa progression alors qu'il cherchait à fuir Syrte, vraisemblablement pour Bani Walid, mais n'a pas été détruit par l'intervention française »443(*). Un peu plus tard, le ministre est revenu en partie sur ses déclarations en précisant qu'il y avait « au moins un avion français » dans l'unité qui a mené l'assaut aérien.

Tout l'investissement français lui a permis de révéler sa puissance militaire. Elle a démontré sa capacité stratégique (direction d'une armée en campagne, correspondant à l'art du général) 444(*) en alternant les tactiques de guerre. Le déploiement de son matériel de guerre tel que présenté plus haut, la mobilisation des éléments de son armée sous la forme de conseillers auprès des insurgés libyens ont eu pour effet pour la France de donner à voir sur l'efficacité de son savoir militaire. La France, a assuré Nicolas SARKOZY, est prête à poursuivre ses opérations militaires contre les forces militaires de Mouammar KADHAFI aussi longtemps que le CNT le jugera nécessaire. « A la minute où nos amis du CNT nous disent (...) il n'y a plus de menace du camp KADHAFI contre le peuple libyen, à cette minute-là, les opérations militaires de la coalition s'arrêtent et les soldats, les aviateurs et les marins français rentrent à la maison »445(*), a-t-il déclaré. Par cette déclaration il a affiché la détermination de la France à jouer pleinement son rôle de puissance militaire. De son côté, la Grande-Bretagne a apporté une contribution modeste aux opérations.

c- Une contribution modeste de la Grande-Bretagne aux opérations militaires de l'OTAN.

Nous qualifions de modeste la contribution de la Grande-Bretagne parce que comparée à celles de la France ou des Etats-Unis, elle est minime. La Grande-Bretagne agit à la demande des autres puissances. Aussi, elle n'entre en scène qu'après 3 mois de conflit en Libye. A l'aune du bilatéralisme dans lequel chaque Etat négocie des arrangements avec chacun de ses partenaires pris individuellement, la Grande-Bretagne s'est mise avec la France pour promouvoir l'image de guerrier de la dernière citée au moyen de la domination de l'espace aérien libyen par l'aviation franco-britannique446(*).

De même, c'est à la demande de Washington, que la Grande-Bretagne a dépêché des conseillers militaires auprès des insurgés libyens, afin d'épauler sur le terrain l'action de la CIA447(*). Ainsi, quelques dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d'officiers du Secret Intelligence Service opèrent en Libye, en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes.

Au début du mois de juin 2011 soit trois mois après le début des opérations, la Grande-Bretagne décide d'engager ses hélicoptères de combat, pour intervenir au plus près du terrain. Son Premier Ministre l'avait annoncé auparavant au sommet de Deauville en précisant que « la guerre menée en Libye entre dans une nouvelle phase, le déploiement d'hélicoptères Apache britanniques accroîtra la pression sur KADHAFI »448(*)

Les frappes des Apaches, ont justement pris pour cible des barrages des forces loyalistes sur la route entre Ras Lanouf et Brega, et ont pour but d'encourager les rebelles de l'Est à progresser449(*). « Avec un Apache, nous pouvons faire preuve d'une grande précision dans le traitement des cibles. Le radar que nous avons visé se trouvait sur la côte. Il nous empêchait d'imposer la zone d'exclusion aérienne et de venir en aide à la population. Il était difficile à bombarder en altitude, mais avec les Apaches, nous pouvons monter ou descendre, changer d'altitude, d'angle. C'est une arme très, très versatile » a affirmé un pilote anglais450(*).

Cette stratégie s'avère payante : les équipages de l'aviation légère de l'armée de terre débusquent les pick-up des forces pro-KADHAFI, dissimulés sous les arbres ou près des habitations. Mais les forces gouvernementales, qui alignent des centaines de blindés et de nombreux mercenaires, résistent. Aussi, dans la nuit du 25 au 26 août 2011, des bombardiers britanniques de l'OTAN ont pris pour cible le Quartier Général des forces Kadhafistes dans la ville ; ces frappes aériennes se sont poursuivies dans la journée du 26 août 2011451(*).

Egalement, le multilatéralisme permet aux Etats d'essayer collectivement de relever les défis452(*). Pour nous cela se présente d'ailleurs comme une exigence de l'interdépendance car l'action en synergie présente des avantages puisque les acteurs mis ensemble mobilisent plusieurs ressources. Dans cette veine, en retrait comme les Etats-Unis, dans une posture de grand guerrier comme la France ou par une contribution modeste comme la Grande-Bretagne, les alliés ont mis à mal les forces pro-KADHAFI.

En marge des particularités de comportement des alliés au sein de l'OTAN, on remarque que depuis son entrée dans le conflit libyen en mars 2011 jusqu'à la mort de Mouammar KADHAFI le 20 octobre 2011, cette institution, avec les actions de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, a participé activement à la chute du régime libyen en engageant des moyens importants pour soutenir les forces du CNT. « Les frappes de l'OTAN ont donc permis aux rebelles de s'emparer de Tripoli, et ensuite des régions de Beni Oualid et de Syrte ; et la Libye est désormais complètement  libérée »453(*).

En effet, au sol, les hommes du CNT sont en pleine euphorie454(*). Après avoir desserré la nasse qui se refermait sur Benghazi, ils avancent vers l'Ouest. Soutenus par l'aviation de la coalition, ils se croient invincibles. Ni leurs mentors, au premier rang SARKOZY, ni eux-mêmes ne sont prêts à renoncer à une victoire totale qu'ils croient à portée de main455(*). Cet appui des alliés est si fort que Thérèse DELPECH le commentant rapporte : « les frappes ont déjà dégagé l'étau qui entourait Benghazi et ouvert la route de l'Ouest. Elles désenclavent les villes assiégées et détruisent les armes lourdes. Elles favorisent aussi les défections dans l'armée régulière»456(*).

Depuis la fin du mois d'avril et pendant le mois de mai, l'OTAN bombarde les lieux forts du pouvoir kadhafiste457(*). Son action aboutit à la mort du fils de KADHAFI. En effet, le 30 avril 2011, le plus jeune fils du leader libyen Mouammar KADHAFI, Saif al-Arab KADHAFI, ainsi que trois de ses petits-enfants, sont tués au cours d'une frappe aérienne de l'OTAN458(*). Au début du mois de mai, la capitale est à nouveau soumise à des bombardements de l'OTAN459(*)ainsi que ses alentours, dont un bâtiment des services de sécurité intérieure et le siège du ministère d'inspection et de contrôle populaire, organe de lutte contre la corruption en Libye460(*) et des résidences de KADHAFI461(*). Le 20 mai 2011, l'OTAN coule huit navires de guerre appartenant aux forces loyalistes, dans les ports de Tripoli, de Khoms et de Syrte462(*). Les cadres préexistants n'ont pas suffi pour la mise en oeuvre de leurs actions par les puissances, de nouveaux cadres ont été créés.

* 408 DEMESMAY (C.), SOLD (K.) op.cit, p.74.

* 409 Ibid.

* 410Ibid., pp 73-74.

* 411 Article 4 de la résolution 1973.

* 412 BILLION Didier, éditorial de la Revue Internationale et Stratégique 83, automne 2011, p. 55.

* 413 Confère A. WENDT cité par BATTISTELLA (D.), op. cit., pp 283-284.

* 414 Source: RAZOUX (P) op.cit., p. 29.

* 415 BATTISTELLA (D.), op. cit., p. 285.

* 416 SHARP Jane, «Anglo-American Relations and Crisis in Yugoslavia (FRY)», Les Notes de l'IFRI n° 9, Paris, IFRI, 1998, p. 67.

* 417 Libye: Kadhafi cherche une issue, les Etats-Unis arrêtent leurs frappes [ archive], Le point, 04 avril 2011.

* 418 WHITAKER SEYMOUR (J.), op. cit., p. 186.

* 419 Ibid., p. 186.

* 420 RAZOUX (P) op.cit.

* 421 Ibid.

* 422 LESNES Corinne, « Soulèvement en Libye - Frappes imminentes en Libye pour défendre les civils : M. OBAMA définit la participation américaine », Le Monde, 20 mars 2011.

* 423 Source : RAZOUX (P) op.cit., p. 30.

* 424 RAZOUX (P) op.cit., p. 31.

* 425 «Hearing to receive testimony on Operation Odyssey Dawn and the situation in Libya», US Senate Committee on Armed Services, 31 mars 2013. Spencer ACKERMAN, «US Gunships will be on standby in NATO's Libya war», Wired, 31 mars 2013.

* 426 RAZOUX (P) op.cit., p. 32.

* 427 WHITAKER SEYMOUR (J.), op. cit., p. 173.

* 428 RAZOUX (P) op.cit.

* 429 Source : LEYMARIE (P) op.cit., p. 17.

* 430 Propos du vice-président Joe BIDEN, publié par le Financial Times le 19 avril 2011.

* 431 ONUF (N.) op.cit.

* 432 HASSNER (P) op.cit., p. 5.

* 433 Expression de John McCAIN cité par MAYA (K.), op.cit.

* 434 «Statement by Senators Mc Cain and Graham on End of the Qadaffi regime in Libya», 21 août 2011: http://www.mccain.senate.gov/public/index.cfm?FuseAction=PressOffice.PressReleases&ContentRecord_id=ef07da62-0100-107e-d7ac-08531bd793e5, consulté le 23 mars 2013.

* 435 LAMBORN (A.C.) et LEPGOLD (J.) op.cit., p. 45.

* 436 WILGA Maciej, « Le constructivisme dans le domaine de l'intégration européenne », dans l'Europe en formation, N°322, automne 2001, p. 88.

* 437 Sur les motivations de l'action, voir TOURAINE Alain, Sociologie de l'action, Paris, Les éditions du seuil, 1965.

* 438 Alain JUPPE cité dans la Tribune de Jean-François LISEE publié le 18 mars 2011 dans Le Nouvel Observateur.

* 439 Source : RAZOUX (P) op.cit., p. 70.

* 440 Source : LEYMARIE (P) op.cit., p. 17.

* 441 Ibid., p. 17.

* 442 Ibid., p. 17.

* 443 Conférence de presse de G. LONGUET le 20 octobre 2011.

* 444 SMOUTS (M.C.), et al. op.cit., p. 514.

* 445 Déclaration de Nicolas SARKOZY lors d'une conférence de presse axée sur la Libye. Source le Figaro.fr publié le 24 août 2011.

* 446 HAMADE Hassan, « Lettre ouverte aux européens coincés derrière le rideau de fer israélo-US », réseau voltaire, 21 mai 2014, consulté le 23 juillet 2013.

* 447 Source : rapport CIRET-AVT op.cit., p. 33.

* 448 « Les pressions s'intensifient pour contraindre KADHAFI au départ », par L'Express.fr op.cit.

* 449 KIM Sengupta, « Libye, l'OTAN fait parler les hélicos » dans The Independent du 6 juin 2011 publié sur LeMonde.fr, consulté le 02 août 2014.

* 450 Source : KIM (S.) op.cit.

* 451 Article de L'Express du 26 août 2011

* 452 SMOUTS (M.C.), et al., op.cit., p. 357.

* 453 « LIBYE - Lettre de Libye : Kadhafi mort, la conquête s'achève, l'occupation s'impose, la résistance s'organise... », par PICCININ Pierre, en Libye occidentale, octobre-novembre 2011, www.pierrepiccinin.eu, consulté le 23 juillet 2013.

* 454 CHEVALERIAS Alain, « La Libye sous le feu », mai 2011 posté sur www.recherches-sur-le-terrorisme.com, consulté le 23 juillet 2013.

* 455 Ibid.

* 456 Entretien entre Thérèse DELPECH et Eric AESCHIMANN, Liberation.fr, 22 mars 2011.

* 457 «  Frappes de l'Otan : Tripoli annonce la mort d'un des fils Kadhafi », Le Parisien, ý1er mai 2011.

* 458Ibid.

* 459Source: LCI.TF1.fr [ archive], consulté le 23 juillet 2013.

* 460 L'OTAN frappe un poste de sécurité et le ministère anti-corruption [ archive], LCI/TF1, consulté le 23 juillet 2013.

* 461DESMOND Guy, « L'OTAN aurait bombardé le complexe de Kadhafi à Tripoli », Le Point, ý10 mai 2011.

* 462 BRUNNSTROM Daniel, PENNETIER Marine, « L'OTAN annonce avoir coulé huit navires de guerre de Kadhafi », L'Express/Reuters,ý20 mai 2011.

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