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Etat des lieux de l'élevage des bovins laitiers dans la région maritime au Togo


par Paguindame DJABANGOU
Université de Lomé - Master recherche en sciences des productions animales 2021
  

Disponible en mode multipage

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ÉCOLE SUPERIEURE D'AGRONOMIE (E.S.A)

DÉPARTEMENT DES SCIENCES ANIMALES ET VÉTÉRINAIRES

2020-2021

Mémoire N° 038/2021

ÉTAT DES LIEUX DE L'ÉLEVAGE DES BOVINS

LAITIERS DANS LA RÉGION MARITIME AU

SUD TOGO

Pour l'obtention du Master de Recherche

Domaine : Sciences Agronomiques

Mention : Sciences Animales et Vétérinaires

Spécialité : Sciences des Productions Animales

Présenté par

DJABANGOU Paguindame

Soutenu Publiquement, le 02 /09 / 2021

Composition du Jury de soutenance

Président du jury : KULO Essosimna Abalo, Professeur Titulaire, Université de Lomé (ESA) Examinateur : BANKOLE Anani Adéniran, Docteur vétérinaire, Direction de l'Élevage Directeur de mémoire : PITALA Wéré, Professeur Titulaire, Université de Lomé (ESA)

DÉDICACES

i

A MES PARENTS QUI ONT BEAUCOUP SOUFFERT POUR MA RÉUSSITE ; CE TRAVAIL EST LE FRUIT DE LEUR EFFORT ET DE LEUR PATIENCE.

ii

REMERCIEMENTS

Ce travail n'aurait pas pu être réalisé sans le concours direct ou indirect de certaines personnes auxquelles nous devons le témoignage de notre gratitude. Nos sincères remerciements vont particulièrement :

· aux Autorités de l'Université de Lomé, pour avoir permis l'ouverture d'un Master en Sciences des Productions Animales à l'École Supérieure d'Agronomie (ESA) ;

· au Directeur de l'École Supérieure d'Agronomie, Professeur KULO Essosimna Abalo, Professeur Titulaire, Enseignant Chercheur au Département des Sciences Animales et Vétérinaires à l'ESA (Université de Lomé), Responsable du Master en Sciences des Productions Animales, Président du jury, qui, malgré ses multiples tâches administratives, a bien organisé les cours théoriques et les stages pratiques, recevez ici toute notre profonde gratitude;

· au Chef du Département des Sciences Animales et Vétérinaires, Dr. TALAKI Essodina, Maître de Conférences, Enseignant-Chercheur au Département des Sciences Animales et Vétérinaires à l'ESA (Université de Lomé) pour son engagement dans la bonne marche des activités pédagogiques au sein du Département ;

· à mon Directeur de mémoire, Professeur PITALA Wéré, Professeur Titulaire, Enseignant Chercheur au Département des Sciences Animales et Vétérinaires à l'ESA (Université de Lomé) pour avoir accepté diriger ce travail malgré son emploi du temps très chargé ;

· aux enseignants internes et externes de l'ESA , pour avoir contribué à notre formation au cours de notre cursus Master en Sciences des Productions Animales ;

· à mon examinateur de mémoire, Dr. BANKOLE Anani Adéniran, Docteur vétérinaire à la Direction de l'Élevage (DE), pour l'honneur qu'il me fait en acceptant de juger ce travail et d'y apporter ses observations constructives malgré ses multiples occupations ;

· aux Chefs d'agences de l'Institut de Conseil et d'Appui Technique (ICAT) et aux chercheurs de l'Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) des préfectures de la région Maritime, pour avoir accepté et facilité mon passage dans les élevages bovins laitiers dans leurs préfectures respectives ;

· au Dr. SEME Kpassi, Assistant à l'ESA (Université de Lomé), pour la disponibilité dont les motivations à mon égard ont permis que ce travail puisse être réalisé. Trouvez en ce travail ma profonde reconnaissance ;

·

iii

au Dr. LAMBONI Matéyendou, Chef section agro-pastoralisme à la DE, pour avoir mis à ma disposition les données sur l'élevage bovin laitier au Togo ;

· à mon coach Dr. TCHALA Widi, Maître-Assistant des Universités à la retraite, pour les conseils motivants et surtout la disponibilité à lire ce document ;

· aux Chefs bouviers de toutes les préfectures de la région Maritime, pour la mise en contact avec les éleveurs et surtout pour la disponibilité à m'accompagner dans les élevages, recevez ici toute ma gratitude ;

· à M. DIALLO Amadou, Responsable de la ferme bovine Améliki à Avéta, pour votre disponibilité à m'accompagner dans tous les élevages bovins laitiers enquêtés malgré vos occupations, trouvez ici toute ma profonde gratitude ;

· à M. BABOGOU Lorimpo, Doctorant en géographie à l'Université de Lomé au Laboratoire de Recherche sur la Dynamique des Milieux Et des Sociétés (LARDYMES), pour m'avoir aidé dans la cartographie de ma zone d'étude et pour la disponibilité ;

· à tous les propriétaires des différents élevages bovins laitiers parcourus et leurs bouviers respectifs pour votre précieuse collaboration ;

· à mon épouse qui, à plusieurs reprises, a supporté mes absences durant des semaines, ce travail est le fruit de sa patience ;

· à mes camarades du Master en Sciences des Productions Animales, pour leur sens de solidarité et surtout pour les moments agréables passés ensemble ;

· à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué de diverses manières à la réalisation de ce travail, je dis infiniment merci.

iv

SOMMAIRE

DÉDICACES i

REMERCIEMENTS ii

LISTE DES TABLEAUX v

LISTE DES FIGURES vi

LISTE DES ANNEXES vi

SIGLES ET ACRONYMES vii

RÉSUME viii

ABSTRACT ix

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I : SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 3

CHAPITRE II : MATÉRIEL ET MÉTHODES 12

CHAPITRE III : RÉSULTATS ET DISCUSSION 18

CONCLUSION 37

ANNEXES 38

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 44

TABLE DES MATIÈRES 48

v

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Évolution croissante du cheptel bovin au Togo de 2011 à 2020. 4

Tableau 2 : Productivité laitière et durée de lactation des races bovines au Togo. 8

Tableau 3 : Production nationale du lait de vache de 2015 à 2019 8

Tableau 4 : Analyse FFOM de la filière laitière au Togo 11

Tableau 5 : Effectif des acteurs enquêtés lors de l'étude 19

Tableau 6 : Caractéristiques générales des systèmes élevages bovins laitiers enquêtés 20

Tableau 7 : Caractéristique du troupeau bovin par système d'élevage 20

Tableau 8 : Résultats de l'enquête sur les élevages bovins laitiers de la région Maritime 21

Tableau 9 : Pratiques prophylactiques dans les élevages 22

Tableau 10 : Moyennes et standards des productivités laitières et durées de lactation des groupes

de bovins rencontrés. 25
Tableau 11 : Revenus issus de la vente du lait des différents systèmes d'élevage par vache et

par jour 26
Tableau 12 : Moyennes et standards des résultats de production laitière par système d'élevage

26
Tableau 13 : Moyennes et standards des productions et productivités laitières par préfecture

.27
Tableau 14 : Influence du temps de pâture et du mode d'alimentation sur la productivité laitière.

30

Tableau 15 : Prix du lait frais et du fromage dans les points de vente enquêtés 32

vi

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Carte du Togo montrant la région Maritime et la localisation des élevages bovins

laitiers enquêtés et points de vente du lait de vache. 13

Figure 2 : Gobelet de capacité demi (1/2) litre 14

Figure 3 : A- Traite manuelle du lait; B- Lecture de la quantité collectée ; C-Matériel de collecte

du lait. 16
Figure 4 : Histogramme montrant la production journalière de lait des localités touchées en

fonction des saisons de production 28
Figure 5 : Histogramme montrant la productivité laitière journalière dans les localités touché

29

Figure 6 : Circuit de collecte et de commercialisation du lait frais dans la région Maritime. 31

Figure 7 : A-Revendeuse du lait (Agoè-Nyivé); B-Transformatrice du lait en fromage à Avéta

(Zio) 43
Figure 8 : A- Revendeuses et transformatrices du lait local à Dédéké sur la RN1 (Zio) ; B-

Collecteur de lait à Afagnan (Bas-Mono) 43
Figure 9 : A-Troupeau de bovins dans une ferme bovine à Dagbachi (Vo) ; B-Parc des veaux et

velles dans une ferme bovine à Yovocopé (Avé). 43

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1: Fiche de collecte des données dans les élevages bovins laitiers 39

Annexe 2 : Fiche de collecte de données dans les points de vente du lait frais 42

Annexe 3 : Quelques photos prises lors de l'étude 43

vii

SIGLES ET ACRONYMES

BTCI : Banque Togolaise pour le Commerce et l'Industrie

CRA-F : Centre de Recherche Agronomique de la zone Forestière

DE : Direction de l'Élevage

DGSCN : Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale

DSID : Direction des Statistiques Agricoles, de l'Information et de la Documentation

FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

GVPR : Groupement des Vétérinaires Privés en clientèle Rurale

ICAT : Institut de Conseil et d'Appui Technique

ITRA : Institut Togolais de Recherche Agronomique

RNA : Recensement National de l'Agriculture

RN1 : Route Nationale Numéro 1

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

WASH: West African Short Horn

SPSS: Statistical Package for the Social Sciences

ANOVA : Analysis Of Variance

CIRF : Congrès International de la Répression des Fraudes

viii

RÉSUME

Dans le but de faire l'état des lieux de l'élevage des bovins laitiers, une étude a été réalisée dans 35 fermes d'élevages bovins laitiers et dans 4 points de vente du lait frais et des produits laitiers dans la région Maritime au sud Togo. Les données ont été collectées par l'administration d'un questionnaire aux éleveurs et aux revendeurs du lait frais et des produits laitiers et par la mesure du lait trait à la ferme. Les données collectées dans les élevages bovins laitiers ont porté sur les systèmes d'élevage et la production laitière. Trois types d'élevages bovins laitiers ont été identifiés dans la région : le type traditionnel représentant 71% des élevages enquêtés suivi du type traditionnel amélioré et du type moderne avec respectivement 20% et 9% de représentativité. La productivité moyenne journalière du lait de vache est de 0,80 #177; 0,46 litre dans les élevages traditionnels, 0,90 #177; 0,22 litre dans les élevages traditionnels améliorés et de 1,15 #177; 0,79 litres dans les élevages modernes. La durée moyenne de lactation est de 7,23 #177; 1,55 mois dans ces élevages. Dans les élevages enquêtés, les bovins sont conduits sur pâturage naturel au-delà des limites des fermes. Aucune structure en charge de la collecte du lait frais n'est identifiée dans ces élevages. Dans les points de vente du lait frais et des produits laitiers, les femmes (86%) sont les plus représentées des revendeurs. Il ressort de cette étude que les différents groupes de bovins élevés, le mode d'alimentation, le temps de pâture des vaches et les localités où les élevages sont implantés affectent de manière significative (p = 0,05) la productivité laitière. Cette étude montre une faible performance laitière des vaches locales dans les différents systèmes d'élevages et un circuit artisanal informel de collecte et de commercialisation du lait dans la région Maritime au Togo. La prise en compte des facteurs non génétiques (l'alimentation, l'état sanitaire et la conduite du troupeau) dans ces différents élevages peut améliorer la production laitière.

Mots-clés : système d'élevage - bovins laitiers - production laitière - vaches locales - collecte de lait.

ix

ABSTRACT

In order to make the inventory of dairy cattle breeding, a study was carried out in 35 dairy cattle farms and in 4 sales outlets for fresh milk and dairy products in the Maritime region in the south Togo. The data was collected by administering a questionnaire to breeders and dealers of fresh milk and dairy products and by measuring milk milked on the farm. Data collected in dairy cattle farms focused on livestock systems and milk production. Three types of dairy cattle farms have been identified in the region: the traditional type representing 71% of the surveyed farms followed by the improved traditional type and the modern type with respectively 20% and 9% representativeness. The average daily productivity of cow's milk is 0.80 #177; 0.46 liters in traditional farms, 0.90 #177; 0.22 liters in improved traditional farms and 1.15 #177; 0.79 liters in modern farms. The average lactation duration is 7.23 #177; 1.55 months in these farms. In the farms surveyed, the cattle are taken to natural pasture beyond the farm boundaries. No structure in charge of collecting fresh milk has been identified in these farms. In fresh milk and dairy products outlets, women (86%) are the most represented retailers. It emerges from this study that the different groups of cattle reared, the mode of feeding, the time of grazing of the cows and the localities where the farms are located significantly affect (p = 0.05) milk productivity. This study shows the poor dairy performance of local cows in the different breeding systems and an informal artisanal circuit for collecting and marketing milk in the Maritime region in Togo. Taking into account non-genetic factors (diet, health and herd management) in these different farms can improve milk production.

Keywords: livestock system - dairy cattle - milk production - local cows - milk collection.

1

INTRODUCTION

L'élevage en Afrique de l'Ouest joue un rôle important dans la vie des populations. Il contribue à la réduction de la pauvreté à travers une amélioration des revenus des éleveurs et à la sécurité alimentaire des ménages grâce à la disponibilité des denrées alimentaires d'origine animale (Hassan et al.,2016). Les produits de l'élevage, en particulier le lait, joue un rôle nutritionnel (par sa richesse en protéines de haute valeur biologique, en calcium, en vitamines et en oligoéléments), économique et social dans les milieux pastoraux de l'Afrique de l'Ouest (Corniaux et al., 2012). La production laitière, assurée par les vaches locales, reste faible et est imputable en partie à la forte variabilité due à l'influence de plusieurs facteurs génétiques et non génétiques (Corniaux et al., 2012). Cette faible production fait que la plupart des pays de l'Afrique subsaharienne dépendent des importations massives de produits laitiers pour combler le déficit structurel (Chapon et Diop, 2010 ; Hiernaux et al., 2016). Or, la filière présente des potentiels de croissance certains avec un cheptel bovin important, un secteur de la transformation dynamique et des débouchés en forte augmentation du fait de l'urbanisation (Broutin et al., 2018). Pour satisfaire sur le plan national les besoins des populations en produits carnés et laitiers locaux, il faudra accroitre les productions nationales et intensifier les systèmes de production (Marichou et al., 2005).

Au Togo, le secteur de l'élevage apparait comme une activité secondaire derrière l'agriculture et occupe 1,6 % de la population active agricole (FAO, 2017). L'élevage bovin, en particulier, contribue à 48% et 27% respectivement des besoins carnés et en lait (FAO, 2013). La production laitière nationale, assurée par les élevages bovins laitiers de type traditionnel, est faible due aux faibles performances laitières des races locales, à l'insuffisance de pâturages et à la faible utilisation de la complémentation alimentaire surtout en saison sèche (DGSCN, 2010 ; Seme et al., 2016b; FAO, 2017). Cette production est comprise entre 0,3 et 2,5 litres de lait par vache et par jour (FAO, 2017). Pour tenter d'améliorer sa production de lait et de viande, le Togo, dans les années 1980, avait importé des races bovines exotiques. Ces races dont la Brune des Alpes, la Jaune de Franconie ou Simmental d'Allemagne, le Zébu Wakwa du Cameroun et le zébu Nelore ou Ongole du Brésil, n'ont pas survécu (Dao, 2013). La demande en lait et produits laitiers croît, notamment à Lomé, dans la région Maritime où se concentre la majeure partie des consommateurs (FAO, 2013). C'est dans ce cadre qu'une étude sur l'amélioration génétique de la production laitière par l'insémination artificielle bovine a été entreprise par Seme et al. (2016b) dans les régions Maritime et Plateaux. Les résultats sur la productivité laitière des métisses sont en cours. Certains éleveurs bovins de la région Maritime

2

montrent une préférence marquée pour les gènes laitiers exotiques à haut potentiel de production par le biais de l'insémination (Seme et al., 2016a). Dans cette logique, le but étant d'augmenter de manière rationnelle la production laitière bovine par élevage, il est important de connaître le niveau de production laitière des élevages bovins laitiers afin de voir la possibilité de réintroduction de cette biotechnologie animale. C'est dans ce contexte que s'inscrit cette étude dont l'objectif consiste à faire l'état des lieux de l'élevage des bovins laitiers dans la région Maritime.

Plus spécifiquement, il s'agit de :

? caractériser les élevages bovins laitiers de la région Maritime ;

? évaluer la productivité laitière par élevage ;

? décrire le circuit de collecte et de commercialisation du lait dans la région Maritime.

Ce mémoire est structuré en trois chapitres. Le premier chapitre est constitué d'une synthèse bibliographique; le deuxième décrit le matériel et les méthodes utilisés pour ce travail et le troisième présente les résultats et discussion.

CHAPITRE I : SYNTHÈSE

3

BIBLIOGRAPHIQUE

4

1. Généralités sur l'élevage bovin au Togo

La situation de l'élevage dans l'économie togolaise est similaire à celle qui est observée dans les pays voisins. Les systèmes d'élevage sont de trois types: un système traditionnel extensif (le plus pratiqué), un système traditionnel amélioré et un système semi-moderne. Ils sont caractérisés par l'exploitation des parcours naturels, des jachères et des eaux de surface pour l'abreuvement des animaux. Il existe au Togo, un système mixte agriculture et élevage. L'élevage bovin est pratiqué par environ 6% des ménages agricoles contre 28% pour les ovins, 51% pour les caprins et 21% pour les porcins (FAO, 2013). Malgré qu'il soit faiblement pratiqué par rapport aux autres élevages, l'élevage bovin représente une part importante de par sa capacité de production de viande, de lait et de force de travail.

1.1. Cheptel bovin au Togo

Au Togo, le cheptel bovin croît de 0,36% par an (Akovi, 1999). Ainsi, les résultats du quatrième Recensement National de l'Agriculture (FAO, 2013) et le rapport annuel de performance gestion 2020 de la Direction de l'Élevage (DE, 2021) montrent en détails l'évolution du cheptel national bovin au Togo (Tableau 1).

Tableau 1 : Évolution croissante du cheptel bovin au Togo de 2011 à 2020 (FAO, 2013 ; DE, 2021).

Années Effectifs (têtes)

2011 311 000

2012 428 772

2013 447 381

2014 437 393

2015 441 763

2016 446 183

2017 450 643

2018 453 088

2019 459 702

2020 464 299

Ces effectifs sont issus de plusieurs races bovines élevées sur le territoire national.

5

1.2. Races bovines rencontrées au Togo

Il existe au Togo différentes races bovines exploitées à la fois pour la production de lait, de viande, de cuir et pour la traction animale.

? Taurins : on distingue deux (02) types de Taurins : les Taurins à courtes cornes, West African Short Horn (WASH) et les Taurins à longues cornes. Les WASH sont représentés au Togo par la race Lagunaire, la race Somba et la race Locale de type Somba, intermédiaire des deux premières. La race locale de type Somba, communément appelée « race locale », est différente des deux premières du point de vue morphologique. Elle constitue une des races dont la caractérisation génétique reste à faire (Bonfoh et Adoméfa, 2003) ;

? Zébus : deux (02) types de Zébus sont retrouvés au Togo. Il s'agit des Zébus Peulhs et des Zébus Sokoto (Goudali) ;

? Race Borgou : elle est issue du croisement Zébus-taurin. Aujourd'hui, cette race est fixée et stabilisée comme race (Dogo, 2007).

Au Togo, on rencontre plusieurs systèmes d'élevages bovins constitués en majorité de bovins métis issus du croisement des différentes races précitées.

1.3. Caractéristiques des systèmes d'élevage bovin au Togo

Trois (03) systèmes d'élevage bovin sont retrouvés au Togo (Adoméfa, 1990 ; Akakpo, 1997). Il s'agit de :

? l'élevage bovin traditionnel : ce système est caractérisé par la mise à l'herbe surveillé ou non aux animaux. Un parc très rudimentaire accueille les animaux la nuit. La gestion du troupeau (qui peut appartenir à plus d'un individu), est confiée à un bouvier. Il est caractérisé également par une cohabitation conflictuelle entre les éleveurs et les agriculteurs ;

? le ranching : ce système consiste à laisser les animaux eux-mêmes au pâturage où ils broutent de l'herbe et boivent de l'eau durant toute la journée. L'intervention humaine se limite au changement de pâturage et aux soins vétérinaires. Dans ce système, les bovins bénéficient d'un bon encadrement sanitaire et zootechnique. Comme ranchs au Togo, on peut citer : le ranch d'Adélé, le ranch de Namiélé et le ranch du Centre de Recherche Agronomique de la zone Forestière (CRA-F) ;

? l'élevage intégré à l'agriculture : il s'agit de culture attelée qui comptait en 1990 un effectif

6

de 7 000 paires de boeufs (Adoméfa, 1990 ; Akakpo, 1997).

1.4. Systèmes d'élevages laitiers au Togo

Selon la classification de Dao en 2013, il existe au Togo, trois (03) systèmes d'élevages laitiers : le type traditionnel, traditionnel amélioré et moderne. Cette typologie est obtenue lors de l'étude sur la formulation du programme d'actions détaillées de développement de la filière lait en zone UEMOA (Dao, 2013). C'est cette typologie qui est utilisée dans le cadre de notre étude.

Trois (03) groupes de bovins sont rencontrés dans ces systèmes : les zébus, les taurins et les métis (Dao, 2013). Selon Mason (1951), ces groupes de bovins se distinguent par l'absence et la présence de bosse. Le Zébu (Bos indicus) a pour principale caractéristique la présence de la bosse et le Taurin (Bos taurus) caractérisé par l'absence totale de bosse. Les Métis sont les produits de croissement stabilisés ou non de la cohabitation entre les Zébus et les Taurins (Mason, 1951).

1.4.1. Élevage laitier de type traditionnel

Ce système est le plus pratiqué au Togo et représente 96% des troupeaux recensés autour des villes (Adanléhoussi et al., 2005). Il se caractérise par l'inexistence de l'étable, une alimentation exclusivement sur pâturage, des soins médicaux sous l'entière responsabilité des éleveurs, une faible production moyenne journalière de lait (au plus 10 litres), la multiplicité des propriétaires et une conduite assurée par un bouvier peulh rémunéré sur la vente du lait, et par la traite manuelle du lait et vente du lait et du fromage sur les marchés des villes (Dao, 2013).

1.4.2. Élevage laitier de type traditionnel amélioré

Ce système se situe à mi-chemin entre le premier et le dernier système. Il concerne environ 2% des élevages producteurs de lait. Il se caractérise par l'existence de bâtiments d'élevages, une alimentation sur pâturage complétée par l'apport des minéraux et vitamines, des soins médicaux assurés avec l'intervention du vétérinaire par moment et une production journalière de lait comprise entre 10 et 30 litres. Le troupeau appartient généralement à une seule personne (Dao, 2013).

1.4.3. Élevage laitier de rente ou commercial

C'est le système le plus structuré et ayant pour objectif premier, la production laitière. Les infrastructures sont constituées de clôture ou parc en dur, hangars, puits, magasins, etc. La race élevée dans ce type d'élevage est le zébu Goudali importé le plus souvent du Nigeria. Les bouviers sont exclusivement salariés et payés en espèce. L'alimentation des animaux est assurée

7

au pâturage et complétée à l'étable par les tourteaux d'arachide et de coton, et de coques de graines de coton. Ce système se distingue des deux premiers par l'entière responsabilité des vétérinaires pour des soins médicaux et une forte production journalière de lait d'au moins 30 litres (Dao, 2013). Le complément minéral est régulièrement distribué sous forme de pierre à lécher (Yaokorin, 2007). Dans la région Maritime, il se rencontre dans les Préfectures de l'Avé, du Zio et du Golfe (Dao, 2013). Dans ce système, le troupeau est individuel et appartient à un haut cadre de l'administration ou bien à une société.

La race dominante dans ces élevages est le zébu Goudali. Ces trois (03) systèmes de production laitière cités ci-dessus représentent respectivement 39,4%, 38,2% et 22,4% dans la région Maritime au Togo (Seme et al., 2016b).

2. Structuration de la filière laitière au Togo

Deux (02) sous-filières laitières sont identifiées au Togo.

2.1. Filière laitière locale

Elle correspond aux fermes modernes localisées dans les régions sud du Togo, à la périphérie de Lomé et celles localisées dans la région nord du pays (Dao, 2013).

? Dans le nord du Togo, la filière laitière locale est de type traditionnel, exclusivement détenue par les Peulhs (Dapaong). Les vaches sont surtout élevées pour la reproduction et pour leur viande. La commercialisation du lait de vache n'est pas l'objectif primordial. Ils vendent du lait et des produits laitiers directement à des micro-unités de transformation. Les fermes sont confrontées à des problèmes d'enclavement ou de défectuosité des pistes, et des problèmes de conditionnement du produit.

? En périphérie de Lomé, la production laitière est de type traditionnel amélioré et est destinée au marché local.

2.2. Filière laitière industrielle

Cette filière est dominée par les sociétés de transformation et de reconditionnement du lait en poudre importé. FAN MILK en est le leader (glaces et yaourts). Les entreprises s'approvisionnent en matière première (lait en poudre importé) à la fois sur le marché international et local. Leurs productions sont pour la plupart destinées au marché local mais aussi au marché sous régional (lait en poudre reconditionné par Vitalait notamment).

8

3. Production de lait au Togo

Au Togo, le lait produit provient des races bovines autochtones actuellement élevées (la race taurine Somba, la race taurine Lagunaire, la race Borgou et la race Locale de type Somba) et celles d'introductions récentes (le taurin N'Dama et les Zébus Sahéliens: zébu peulh White Fulani, zébu M'bororo, etc.).

La production laitière nationale est assurée par les élevages bovins laitiers traditionnels dans lesquels l'alimentation des animaux dépend de l'état du pâturage. La production laitière par cheptel est saisonnière avec un pic en hivernage et un arrêt en fin de saison sèche (Seme et al., 2016a). La productivité laitière des races élevées au Togo est faible. Le tableau 2 montre ces productivités laitières en fonction des durées de lactation.

Tableau 2 : Productivité laitière et durée de lactation des races bovines au Togo (FAO, 1995).

Races

Productivité

laitière/vache/jour (litres)

Durée de lactation (jours)

Lagunaire

1,5

255

Somba

1 à 2

150 à 180

N'Dama

2

-

Zébus peulhs

2 à 4

180 à 200

Goudali

6 à 8

246 à 300

Borgou

2 à 3

240

La production nationale de lait au Togo augmente chaque année. Le tableau 3 montre l'évolution de cette production de 2015 à 2019.

Tableau 3 : Production nationale du lait de vache de 2015 à 2019 (DE, 2021)

Années

Production de lait (litres)

2015

11

191

329

2016

11

303

303

2017

11

416

289

2018

11

478

229

2019

11

645

683

Cette évolution de la production laitière nationale est liée à celle du cheptel bovin (Tableau 1). Une augmentation de l'effectif de bovins implique une augmentation de la quantité de lait

9

produite aussi bien à l'échelle d'une ferme de production qu'à l'échelle nationale.

4. Lait

Le lait est un produit naturel élaboré par les glandes mammaires des femelles de mammifères après la naissance du jeune, suite à une gestation. A la fois aliment et boisson, il est donc d'un grand intérêt nutritionnel et se prête à de nombreuses applications culinaires, industrielles et technologiques (Fredot, 2006).

C'est en 1909 que le Congrès International de la Répression des Fraudes (CIRF) a défini ainsi le lait: « le lait est le produit intégral de la traite totale d'une femelle laitière bien portante, bien nourrie et non surmenée ». Le lait destiné à la consommation doit être recueilli bien proprement et ne pas contenir de colostrum. C'est un lait n'ayant pas été chauffé ni soumis à un traitement d'effet équivalent. La dénomination «lait» est réservée exclusivement au produit de la sécrétion mammaire normale obtenu par une ou plusieurs traites sans addition ni soustraction, sauf dérogations spéciales.

Le lait destiné à la consommation ne pourra être mis en vente que s'il provient de femelles laitières en parfait état sanitaire. Cela signifie que le lait provenant d'animaux non reconnus indemne de tuberculose, de brucellose, de mammites, de fièvre Q ne peut être considéré comme propre à la consommation humaine en nature (Fall, 1997).

? Qualité nutritionnelle du lait

La consommation du lait local et ses dérivés au Togo, couvre 15 à 26% du total et est en pleine hausse depuis 1995 (FAO, 2012). Le lait étant un produit entrant dans l'alimentation du togolais, il est nécessaire et essentiel de connaitre sa qualité afin de protéger les consommateurs et préconiser des mesures d'amélioration de sa production. En effet, le lait cru ou lait n'ayant subi aucun traitement d'assainissement, peut contenir des bactéries appartenant aux genres Salmonella, Escherichia, Staphylococcus et Listeria qui peuvent causer des symptômes d'origine alimentaire comme la fièvre, les vomissements, la diarrhée voire l'insuffisance rénale, les fausses couches et même la mort (De Buyser et al., 2001). Cependant, la production du lait doit être systématiquement et rigoureusement contrôlée en raison des risques éventuels que ce produit peut présenter pour la santé humaine. Néanmoins, la qualité nutritionnelle des laits crus étudiés au Sud du Togo est satisfaisante (Seme et al., 2015).

5. Mode de consommation et importance du lait dans les régimes alimentaires au Togo

Le togolais est un modeste consommateur de lait à l'instar de ses voisins de l'Afrique de l'Ouest. En effet, selon les statistiques de l'UEMOA en 2013, un togolais consomme en

10

moyenne 7,5 litres de lait par an contre 30 litres par an et par personne en milieu nomade au Mali (Chapon et Diop, 2010).

Le lait consommé par la population togolaise se présente sous plusieurs aspects :

? fromage : il est préparé par les femmes peuls. On l'appelle localement "Wagashi". La
préparation est simple. Le lait de la traite est écrémé puis filtré pour le débarrasser de ses impuretés. Ensuite, il est porté à ébullition et on ajoute une solution végétale coagulante à base de Calotropis procera. Cette solution coagule la caséine. Le Wagashi est considéré par le togolais comme un aliment de luxe. Il est beaucoup apprécié par la population (Dao, 2013).

? beurre : il est obtenu à partir du lait frais. Le lait de la traite est laissé au repos. Ceci
provoque la remontée des globules gras qui forment une couche superficielle plus ou moins épaisse. Cette couche, recueillie et traitée permet d'obtenir le beurre. Il sert à l'alimentation et intervient aussi dans certaines activités autres que les activités culinaires, telle que la préparation du savon (Dao, 2013).

? lait cru et lait caillé: ils sont appréciés chez les peuls.

Les produits laitiers importés recouvrent une grande variété comprenant le lait pasteurisé, le yaourt, les crèmes de différents types, les fromages de différents types, etc. (FAO, 2017).

6. Analyse Forces-Faiblesses-Opportunités-Menaces (FFOM) de la filière laitière au Togo

Il existe une réelle demande de produits au niveau de la filière laitière. Cette demande en produits laitiers est réelle en milieu rural comme en milieu urbain. Les contraintes auxquelles la filière laitière est confrontée sont reprises de manière détaillée dans l'analyse SWOT/FFOM ci-dessous (Tableau 4).

Tableau 4 : Analyse FFOM de la filière laitière au Togo (FAO, 2017)

Forces Faiblesses

-Existence d'un cheptel bovin diversifié ; -Existence de quelques fermes laitières autour de la ville de Lomé.

-Déficit de production locale ; -Impossibilité d'accès au crédit ; -Non disponibilité et coût très élevé de sous-produits agricoles ;

-Dispersion des exploitations ; -Enclavement des zones de production ; -Déficit structurel de la collecte ; -Niveau de transformation faible ; -Déficit de commercialisation (problèmes d'hygiène des produits laitiers).

Menaces Opportunités

-Augmentation des importations du lait et des produits laitiers ;

-Insuffisance de financement conséquent pour développer les différents segments de la filière.

-Demande croissante du lait et des produits laitiers en zones urbaines et périurbaines ;

-Volonté politique et des partenaires techniques et financiers de plus en plus forte à soutenir la filière laitière.

11

12

CHAPITRE II : MATÉRIEL ET

MÉTHODES

13

1. Matériel

1.1. Présentation de la zone d'étude

La présente étude a été menée dans les fermes d'élevage bovins laitiers des huit (08) préfectures (Agoè-Nyivé, Avé, Bas-Mono, Golfe, Lacs, Vo, Yoto et Zio) de la région Maritime au Sud du Togo. L'étude est faite dans les fermes d'élevage bovins disposant d'un effectif d'au moins dix (10) têtes d'animaux, faisant régulièrement la traite du lait et exerçant cet élevage au moins depuis cinq (05) ans dans la zone, reconnues par le chef bouvier de la localité et dans certains points de vente du lait frais et des produits laitiers.

La région Maritime, zone d'étude, d'une superficie de 6 100 km2, jouit d'un climat subéquatorial à deux saisons de pluies dont la durée est très variable allant de mars à mi- juillet pour la grande saison des pluies et de mi-septembre en novembre pour la petite saison des pluies. Les précipitations varient de 800 mm à 1600 mm de pluies par an avec une température moyenne oscillant entre 20° et 35°C (FAO, 2013). La figure 1 illustre la localisation des fermes d'élevages bovins laitiers et points de vente enquêtés dans la région Maritime.

Figure 1 : Carte du Togo montrant la région Maritime et la localisation des élevages bovins laitiers enquêtés et points de vente du lait de vache.

14

1.2. Matériel de mesure

Le matériel utilisé pour mesurer le volume de lait est un gobelet gradué en plastique (Figure 2) d'une capacité de demi (1/2) litre. Le GPS « Waypoint » version Android est utilisé pour les coordonnées géographiques et le logiciel Arc Gis 10.5 pour la cartographie des fermes bovines et des points de vente du lait frais et produits laitiers.

1.3. Matériel technique

Le matériel technique suivant a été utilisé pour collecter les informations :

? deux fiches d'enquête : la première pour collecter les données dans les élevages bovins
laitiers (Annexe 1) et la seconde pour les points de vente du lait frais et produits laitiers (Annexe 2);

? un bloc-notes et un stylo pour écrire toutes les informations recueillies ;

? une motocyclette pour effectuer le déplacement dans les élevages bovins laitiers et les

différents points de vente du lait de vache ;

? une calculatrice scientifique pour effectuer des calculs rapides sur le terrain ;

? un téléphone portable pour la communication, les prises de photos et les prises de

rendez-vous avec les bouviers et / ou les propriétaires de fermes.

Figure 2 : Gobelet de capacité demi (1/2) litre

1.4. Groupe cible de l'étude

L'étude a été réalisée auprès de certains acteurs de la filière laitière de la région Maritime en particulier les éleveurs de bovins, les collecteurs de lait frais, les transformatrices de lait et les revendeurs de lait et produits laitiers.

? Éleveurs de bovins : c'est toute personne qui élève et dispose des bovins tout en faisant la traite du lait et dont les produits de l'élevage (lait frais, fromage, beurre et bouse) constituent sa source de revenus ;

15

? Collecteurs de lait frais : ce sont généralement les hommes de différents âges qui

assurent le rôle d'intermédiaires entre le producteur de lait frais et le revendeur. Ils sont chargés du transport du lait frais de la ferme de production au point de vente pour le livrer au revendeur ;

? Transformatrices du lait : ce sont des femmes qui se chargent de la transformation
artisanale du lait frais et de la vente des produits issus de cette transformation (fromage, lait caillé et beure);

? Revendeurs de lait et produits laitiers: ce sont des hommes et femmes de différents âges
installés dans les points de vente qui ont fait de la vente du lait frais et produits laitiers (fromage et beure) une de leurs activités génératrices de revenus.

2. Méthodes

2.1. Méthode d'échantillonnage

Une enquête auprès des structures en charge de l'élevage dont la Direction de l'Élevage (DE), l'Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), l'Institut de Conseil et d'Appui Technique (ICAT) et les vétérinaires privés ont permis d'identifier les différentes zones d'élevage bovins laitiers de la région Maritime au Togo.

L'étude s'est focalisée sur un échantillon relativement limité d'éleveurs de bovins afin de caractériser finement les systèmes d'élevages, les pratiques d'alimentation et les revenus moyens journaliers issus de la vente du lait frais par vache. L'enquête a été réalisée auprès de 35 éleveurs de bovins choisis au hasard au sein de chacune des huit (8) préfectures de la région Maritime: quatre (04) dans Agoè-Nyivé, six (06) dans Avé, deux (02) dans Bas-Mono, un (01) dans Golfe, quatre (04) dans Lacs, six (06) dans Vo, cinq (05) dans Yoto et sept (07) dans Zio. Cependant, pour mieux comprendre la dynamique qui s'opère autour du circuit de collecte et de commercialisation du lait frais et des produits laitiers, l'étude s'est en outre intéressée à un certain nombre des acteurs de la filière laitière. Cet échantillon choisit au hasard comprenait :

? des collecteurs (n=8) de lait qui approvisionnent les revendeurs et les transformatrices. Ils

ont été touchés dans certains élevages enquêtés ;

? des revendeurs de lait frais et des produits laitiers (n=17). Ils ont été interviewés pour connaître leurs circuits d'approvisionnement ainsi que les prix de leurs produits.

16

2.2. Méthode de conduite de l'enquête et de collecte de données

L'enquête a été conduite durant la période de mars à mai 2021. Les données ont été collectées à trois (03) niveaux : au niveau des fermes d'élevage bovins laitiers, des transformatrices du lait et au niveau des points de vente du lait frais et des produits laitiers.

Au niveau des fermes d'élevage bovins laitiers, l'enquête s'est déroulée dans les matinées (autour de 06 heures) avant la sortie des animaux des parcs pour le pâturage. L'éleveur a été averti par le chef bouvier de la zone 48 heures avant le jour de l'administration du questionnaire. Après la traite d'une vache (Figure 3A), le lait est versé dans le gobelet, la quantité est lue puis la valeur est portée sur la fiche d'enquête (Figure 3B). La quantité journalière de lait par élevage a été évaluée en sommant la quantité produite par toutes les vaches lactantes. Les cahiers, les fiches de suivi des mouvements du troupeau disponible dans les élevages et les bouviers ont permis d'évaluer respectivement la structure du troupeau par élevage et la durée de lactation des vaches lactantes. L'appréciation de la qualité hygiénique du lait et du matériel de traite dans les fermes d'élevage a été faite par une observation directe, continue et minutieuse du processus de traite, de la contention de la vache jusqu'à la mise du lait dans les seaux (Figure 3C). Les vétérinaires intervenants dans ces fermes et les Chefs bouviers ont mis en confiance ces éleveurs et ont facilité ce travail.

Au niveau des points de vente du lait frais et produits laitiers, l'enquête a consisté à avoir une idée sur les lieux d'approvisionnement en lait et les prix du lait frais et produits laitiers.

Après les sorties de terrain, les fiches d'enquêtes ont été dépouillées et groupées selon les objectifs de l'étude.

A B C

Figure 3 : A- Traite manuelle du lait; B- Lecture de la quantité collectée ; C-Matériel de collecte du lait.

2.4. Paramètres de production laitière

Les variables suivantes relatives à la production laitière ont été retenues dans le cadre de cette

17

étude :

? le nombre de vaches soumises à la traite désignée par le nombre de vaches allaitantes et soumises à la traite ;

? la productivité laitière journalière (QL) désignée par la quantité de lait trait par jour et par vache ;

? la production laitière par saison (sèche et pluvieuse) représentée par la quantité de lait produite par jour au cour de la saison ;

? la production journalière de lait désignée par la quantité journalière totale de lait produite par toutes les vaches lactantes de l'exploitation ;

? la quantité de lait vendue par jour exprimée par la quantité de lait retenue par jour pour la vente après avoir enlevé celle destinée à l'autoconsommation de l'éleveur ;

? la durée de lactation (DL) désignée par la période au cour de laquelle la vache produit du lait.

RMJ (F CFA) = QL x PV

RMDL (F CFA) = QL x DL x PV

Les revenus moyens par vente totale de lait de vache par jour et par durée de lactation ont été calculés sur la base de l'étude de Seme et al., 2016b. Ces revenus ont été calculés par les formules suivantes :

RMJ = revenu moyen journalier par vente totale de lait d'une vache ;

RMDL = revenu moyen par vente totale de lait d'une vache pendant toute la durée de lactation; QL (Litres) = quantité de lait trait par jour et par vache ;

DL (mois) = durée de lactation ;

PV (F CFA) = prix de vente moyen du lait de vache à la ferme.

En plus de ces variables de production laitière précitées, d'autres variables relatives à l'effectif du cheptel animalier par préfecture, aux groupes de bovins rencontrés, au temps d'accès au pâturage, au niveau d'instruction et à la situation socio-professionnelle de l'éleveur ont été également étudiés.

L'intervalle entre vêlage, l'âge au premier vêlage, le rang de lactation et le nombre de jours post-partum des vaches lactantes étudiées dans ces élevages n'ont pas été pris en compte.

2.5. Analyse statistique

Le traitement des données obtenues a consisté en la description statistique par le calcul des pourcentages, des moyennes et des écarts types à l'aide du tableur Excel 2020. Les résultats ont été exprimés en pourcentage et en moyenne #177; écart type. Le test ANOVA a été utilisé pour apprécier la signification statistique des résultats au seuil de 5%.

CHAPITRE III : RÉSULTATS ET

18

DISCUSSION

19

1. Résultats

1.1. Acteurs de la filière laitière touchés lors de l'étude

Soiscante-trois (63) acteurs de la filière laitière ont été touchés lors de cette étude pour l'administration des questionnaires. Le tableau 5 montre l'effectif des différents acteurs touchés lors de l'étude.

Tableau 5 : Effectif des acteurs enquêtés lors de l'étude

 
 

Acteurs

Effectifs

Eleveurs de bovins

35

Collecteurs de lait frais

8

Transformatrices du lait

3

Revendeurs de lait frais et produits laitiers

17

Total

63

1.2. Caractérisation des élevages bovins laitiers

Les élevages bovins laitiers enquêtés sont classés en trois (03) typologies : les types traditionnels (71%), traditionnels améliorés (20%) et modernes (9%). Les caractéristiques générales des différents systèmes sont présentées dans le tableau 6.

Les éleveurs enquêtés appartiennent à plusieurs catégories socio-professionnelles : les particuliers (80%), les salariés (14%) et les retraités (6%). Les animaux sont conduits en majorité par des bouviers peuhls (89%). Ils sont logés dans les parcs (66% des élevages enquêtés). Dans 63% des fermes enquêtées, les animaux vivent exclusivement du pâturage naturel sans complémentation (Tableau 8). Les bovins parcourent en moyenne 11,28 #177; 2,21 km dans les élevages traditionnels contre 8,52 #177; 3,13 km par jour dans les élevages modernes comme l'indique dans le tableau 7.

Trois (03) groupes de bovins sont rencontrés dans ces élevages. Il s'agit des zébus, des taurins et des métis, produits de croisement entre les taurins et les zébus. Le Zébus est le groupe de bovins dominant dans ces élevages. Ils sont représentés par les zébus peuls communément appelés Yakana, Dégéchi et Goudali (Tableau 8).

On dénombre 8 251 têtes de bovins dans les 35 élevages enquêtés soit 6 718 bovins dans les élevages traditionnels, 1161 dans les traditionnels améliorés et 372 dans les modernes. Le sexe ratio désigné par le nombre de vaches sur le nombre de taureaux est 16 (élevages traditionnels),

20

15 (traditionnels améliorés) et 11 (modernes) (Tableau 7).

Tableau 6 : Caractéristiques générales des systèmes élevages bovins laitiers enquêtés

Critères

 

Type d'élevage

 

Traditionnel

Traditionnel
amélioré

Moderne

Mode d'alimentation

Pâture exclusif

Pâture et
complémentation
ou non

Pâture et
complémentation

Existence de vache
zébu

Oui

Oui

Oui

Responsable des soins
vétérinaires

Bouvier

Bouvier ou
vétérinaire

Vétérinaire

Pratique de la traite

Manuelle

Manuelle

Manuelle

Transformation du
lait frais

Oui/ non

Oui/ non

Oui/ non

Tableau 7 : Caractéristique du troupeau bovin par système d'élevage

Critères

 

Systèmes d'élevage

 
 

T*

TA*

M*

Effectif des bovins (têtes)

6 718

1 161

372

Distance de pâture (km)

11,28 #177; 2,21

9,00 #177; 3,46

8,52 #177; 3,13

Sexe ratio*

15,78

14,66

11,22

Sexe ration*= nombre de vache sur nombre de taureau ; T*=traditionnel ; TA*=traditionnel amélioré ;

M*=moderne.

21

Tableau 8 : Résultats de l'enquête sur les élevages bovins laitiers de la région Maritime

Critères

Nombre de fermes
concernées

Pourcentage (%)

Types d'élevages

 
 

T*

25

71

TA*

7

20

M*

3

9

Fonction propriétaire

 
 

Particulier

28

80

Salarié

5

14

Retraité

2

6

Ethnie du bouvier

 
 

Peuhl

31

89

Autochtone

4

11

Mode d'alimentation des bovins

 
 

Pâturage exclusif

28

80

Pâture et complémentation

7

20

Responsable soins vétérinaires

 
 

Bouvier

22

63

Vétérinaire par moment

13

37

Groupes bovins

 
 

Taurins

3

9

Zébus*

22

62

Métis

10

29

TA*=traditionnel amélioré ; T*=traditionnel ; M*=moderne ; Zébus (Yakana, Déguéchi,

Goudali)

1.2.1. Conduite sanitaire

Dans les élevages bovins laitiers enquêtés, la conduite sanitaire est plus basée sur la prophylaxie médicale (Tableau 9). Quant à la prophylaxie sanitaire, elle n'est pas assez maitrisée à cause d'une structuration technique inappropriée.

- Pour la prophylaxie médicale, un plan de prophylaxie n'est pas établi pour les troupeaux. Néanmoins, les antibiotiques, les trypanocides et les déparasitant sont utilisés pour lutter contre les parasites et prévenir certaines infections bactériennes. Les vaccins contre la pasteurellose et la PPCB sont quelques fois administrés aux bovins. Certaines vitamines et

22

suppléments alimentaires sont utilisés pour augmenter la production laitière (ex de la galactogile) des vaches élevées (Tableau 9).

- Pour la prophylaxie sanitaire, le ramassage de la bouse se fait tous les deux (2) mois dans la majorité des élevages touchés (Tableau 9).

Dans les élevages, les soins vétérinaires sont assurés soit par le bouvier, soit par un infirmier vétérinaire résident dans la ferme ou soit par un vétérinaire qui intervient par moment selon son propre calendrier prophylactique.

Tableau 9 : Pratiques prophylactiques dans les élevages

Critères

Systèmes d'élevage

T TA M

Prophylaxie
médicale

Automédication par
les bouviers

-Usages des antibiotiques, des trypanocides et des déparasitant

- Vaccination contre la pasteurellose et la PPCB

-Usages des antibiotiques, les trypanocides et les déparasitant

- Vaccination contre la pasteurellose et la PPCB

Prophylaxie
sanitaire

Ramassage de la
bouse tous les deux
(2) mois

Ramassage de la bouse
tous les deux (2) mois

Ramassage de la bouse
tous les deux (2) mois

 

-Fièvre aphteuse

-Fièvre aphteuse

 

Maladies

 
 

-Fièvre aphteuse

récurrentes

-Maladies du foie

-Maladies du foie

-Maladies du foie

 

-Dermatophyllose

-Dermatophyllose

 
 

Tylosine,tryponil,

Tylosine,tryponil,

Tylosine,tryponil,

Produits

 
 
 

vétérinaires

limoxin, introvit B,

limoxin, introvit B,

limoxin, introvit B,

utilisés

Penstrep, Pen-

Penstrep, Pen-

Penstrep, Pen-

 

N,Albendazole

N,Albendazole

N,Albendazole

1.2.2. Conduite alimentaire

Les bovins sont conduits sur pâturage naturel au-delà des limites des fermes. Ceux rencontrés dans certains élevages traditionnels améliorés et modernes reçoivent une complémentation alimentaire à l'étable au retour de la pâture. Cette complémentation est composée de fane

23

d'arachide, d'haricot, pierre à lécher, sel de cuisine, tiges de maïs, drèche de boisson locale, écorces de manioc etc. Les fanes d'arachide, d'haricot, sel de cuisine et drèche de boisson locale sont achetés dans la majorité des fermes d'élevage enquêtées, mais les tiges de maïs et les écorces de manioc sont issues des cultures des fermes. Pendant la saison sèche, les feuilles de plantes sont coupées et servies au troupeau à l'étable dans certains élevages.

1.2.3. Pratique de la traite et qualité hygiénique du lait trait

Dans les élevages enquêtés, la traite est manuelle et a lieu une fois par jour. Elle se fait le matin entre 05h 00 et 07h30. Le soir, les veaux sont isolés pour éviter qu'ils tètent la nuit. L'isolement se fait dans une section de l'étable close ne permettant pas le contact des veaux avec leurs mères ou en les attachant en ligne sur une corde en dehors de l'étable où leurs mères sont logées. La traite du lait dans les élevages enquêtés se fait dans des conditions non hygiéniques. En effet, la traite se faisant manuellement par les bouviers trayeurs, ces derniers ne se lavent pas les mains avant et après chaque traite. Le matériel de collecte du lait n'est pas lavé avec du savon ni avec de l'eau de javel, ils sont justes rincés à l'eau simple. Après la traite, le lait reste exposé aux mouches sans aucun couvercle. Cette pratique de la traite montre une faible application de l'hygiène dans les élevages bovins laitiers pouvant exposé les consommateurs à des maladies

1.3. Production laitière par système d'élevage

1.3.1. Élevages traditionnels

Ils représentent 71% des élevages enquêtés. La production moyenne de lait par jour dans ces élevages est de 78,8 #177; 0,46 litres avec en moyenne 53,56 #177; 50,79 vaches soumises à la traite par jour sur une durée de lactation de 6,42 #177; 1,70 mois (Tableau 12). La traite est faite tous les jours de la semaine. En moyenne 7,44 #177; 0,46 litres du lait frais sont autoconsommés dans ces élevages. Une quantité journalière de 54,30 #177; 35,64 litres est livrée aux collecteurs et revendeurs (Tableau 12). La quantité de lait trait par vache et par jour (0,80 #177; 0,46 litre) est faible. La race de zébus dominante dans ces élevages est le yakana. Dans ces élevages, en moyenne 5,51 #177; 3,04 ouvriers sont à la conduite des bovins. Ces élevages sont caractérisés par une multiplicité des propriétaires. L'objectif premier des propriétaires est la productivité numérique du bétail. Le lait appartient entièrement aux bouviers trayeurs. La grande partie du lait trait est transformée en fromage destiné à l'autoconsommation ou à la vente sur les marchés locaux. Les bouviers trayeurs bénéficient d'un salaire mensuel variant entre 10 000 F CFA et 15 000 F

24

CFA. Le prix moyen du litre du lait frais dans ces élevages est de 327,08 #177; 111,45 F CFA (Tableau 11). Chaque bouvier réalise un revenu moyen de 261 F CFA par vache et par jour soit 7 830 F CFA/vache/mois (Tableau 11) en dehors de son salaire. Cette situation nécessite la définition d'une stratégie de gestion du lait pour amortir certaines dépenses de la ferme.

1.3.2. Elevages traditionnels améliorés

Ils représentent 20% des élevages touchés au cours de l'étude. La quantité moyenne de lait par jour dans ces élevages est de 37,85 #177; 0,79 litres (Tableau 12). En moyenne 25,00 #177; 16,29 vaches soumises à la traite dans ces élevages produisent du lait sur une période de 7,33 #177; 0,53 mois. La productivité laitière (0,90 #177; 0,22 litre) est légèrement élevée que celle du système traditionnel (Tableau 11). Les races de zébus dominantes dans ces élevages sont le Yakana, le Déguéchi et le Goudali. La main d'oeuvre dans ces élevages est moyenne de 5,61 #177; 3,10 hommes mois (HM) (Tableau 12). La ferme appartient à une seule personne qui est soit un haut fonctionnaire en activité ou soit un retraité. Le lait est partagé entre le propriétaire et les bouviers. Le propriétaire a droit au lait 2 ou 3 jours par semaine. Cette stratégie de gestion du lait permet au propriétaire d'amortir certaines dépenses de la ferme puisqu'il achète les sous-produits agroalimentaires rentrant dans l'amélioration de la productivité laitière. Les employés reçoivent en moyenne entre 15 000F CFA et 20 000F CFA par mois. Le prix moyen du lait dans ces élevages est de 328,57 #177; 69,38 F CFA (Tableau 11). Le revenu moyen généré par vache et par jour est de 295 F CFA soit 8 850 F CFA/vache/mois (Tableau 11).

1.3.3. Elevages modernes

Ils représentent 9% des élevages enquêtés. La production totale de lait dans ces élevages est moyenne 28, 33 #177; 1,22 litres par jour. Une vache produit en moyenne 1,15 #177; 0,79 litres dans ces élevages sur 7,22 #177; 1,52 mois de lactation. On dénombre en moyenne 48,31 #177; 5,56 vaches soumises à la traite dans ces élevages (Tableau 12). Ces vaches sont conduites par 5,25 #177; 2,58 ouvriers (Tableau 12). La ferme appartient à une seule personne. Le lait appartient au propriétaire dans ces élevages. Les employés des fermes perçoivent un salaire mensuel oscillant entre 30 000 F CFA et 45 000F CFA. Le propriétaire achète régulièrement les sous-produits agroalimentaires pour améliorer la production laitière des vaches. Dans ces élevages, le lait coûte en moyenne 350 #177; 150 F CFA (Tableau 11). L'éleveur bénéficie en période de lactation de 402 F CFA/vache/jour soit 12 060F CFA/vache/mois (Tableau 11).

L'exploitation des différents troupeaux dans ces élevages se fait dans les conditions suivantes : (i) les animaux très âgés sont la plupart du temps reformés et vendus ; (ii) les taurillons n'ayant

25

pas de bonne performance à la reproduction sont souvent castrés, mis à l'embouche et vendus dans les marchés à bétail. Cette stratégie de gestion du troupeau permet aux éleveurs d'amortir toutes les dépenses de la ferme et d'investir pour son amélioration.

1.4. Productivité laitière des groupes de bovins rencontrés dans les élevages

La productivité moyenne journalière de lait par vache est de 0,88 #177; 0,45 litre sur une durée de lactation de 7,23 #177; 1,55 mois. Aucune différence significative (p = 0,05) respectivement de la productivité laitière et de la durée de lactation n'a été observée entre ces trois groupes de bovins au test F (test de Fisher). Les vaches métisses, issues du croissement zébus x taurins ont une productivité laitière légèrement meilleure (Tableau 10).

Tableau 10 : Moyennes et standards des productivités laitières et durées de lactation des groupes de bovins rencontrés.

Critères Groupes de bovins

Zébus Taurins Métis Moyenne

Productivité laitière (QL*) (litre)

0,94 #177; 0,22a 0,67 #177; 0,32a 0,95 #177; 0,49a 0,88 #177; 0,45

Durée de lactation (DL) (mois) 7,36 #177; 1,64a 6,33 #177; 0,57a 7,20 #177; 1,54a 7,23 #177; 1,55

Les valeurs de la même colonne indexées des lettres différentes sont significativement différentes (p = 0,05) ; QL*= quantité de lait trait/jour/vache

26

Tableau 11 : Revenus issus de la vente du lait des différents systèmes d'élevage par vache et par jour

 

Effectif

Quantité

 
 
 
 

moyen des

journalière

Productivité

Prix moyen de

Revenu

Systèmes

vaches

moyenne de

laitière

vente du lait

moyen

d'élevage

soumises à la

lait produite

(QL*)

dans les élevages

journalier

 

traite

(litres)

 

PV*

(RMJ)

T*

53,56 #177; 50,79

78,8 #177; 0,46

0,80 #177; 0,46

327,08 #177; 111,45

261

TA*

25,00 #177; 16,29

37,85 #177; 0,79

0,90 #177; 0,22

328,57 #177; 69,38

295

M*

48,31 #177; 5,56

28, 33 #177; 1,22

1,15 #177; 0,79

350 #177; 150

402

RMJ*=Revenu moyen journalier/vache/éleveur (QL x PV) ; QL*=quantité de lait trait/jour/vache ; PV* (F

CFA)= prix de vente moyen du lait de vache à la ferme

Tableau 12 : Moyennes et standards des résultats de production laitière par système d'élevage

Résultats de production laitière

 
 

Systèmes d'élevage

 
 
 
 

T*

TA*

 

M*

Quantité journalière moyenne de lait produite (litres)

78,8

#177; 0,46a

37,85

#177; 0,79a

28, 33 #177; 1,22a

Productivité laitière

0,80

#177; 0,46a

0,90

#177; 0,22a

1,15

#177; 0,79b

Nombre moyen de vaches soumises à la traite par jour

53,56

#177; 50,79a

25,00

#177; 16,29a

48,31

#177; 5,56a

Durée moyenne de lactation (mois)

6,42

#177; 1,70a

7,33

#177; 0,53a

7,22

#177; 1,52a

Quantité journalière moyenne de lait autoconsommé (litres)

7,44

#177; 0,46a

8,28

#177; 0,79a

7,26

#177; 0,39a

Quantité journalière moyenne de lait vendu (litres)

54,30

#177; 35,64a

21,57

#177; 6,65a

16,00

#177; 2,00a

Main d'oeuvre

5,51

#177; 3,04

5,61

#177; 3,10

5,25

#177; 2,58

Les valeurs de la même colonne indexées des lettres différentes sont significativement différentes (p = 0,05). QL*= quantité de lait trait/jour/vache (litres); TA*=traditionnel amélioré ; T*=traditionnel ; M*=moderne

27

1.5. Production laitière par préfecture et par localité

La production laitière journalière de lait est de 66,28 #177; 12,49 litres dans les huit (08) préfectures (Tableau 13). Aucune différence significative (p = 0,05) n'a été observée sur la production journalière de lait dans chaque préfecture au test F (test de Fisher). Néanmoins, les vaches rencontrées dans les préfectures des Lacs, Vo, Yoto et Zio sont légèrement plus productives que celles des autres préfectures comme l'indique dans le tableau 13.

La production laitière journalière dans les élevages dépend de la saison de production. En effet, une différence significative (p = 0,05) est observée entre les rendements de production laitière dans ces élevages par rapport aux saisons de production (Figure 4).

La productivité laitière oscille entre 0,4 et 2,30 litres dans les élevages et diffère d'une localité à une autre. En effet, les vaches rencontrées dans les localités d'Atoeta (Lacs), de Dédéké 3 (Zio), de Koudassi 4 (Avé), de Kolo (Zio), de Sévagan 4 (Vo), de Sika-konji 3 et de Tikpi-Adégou dans le Yoto produisent plus d'un (01) litre de lait par jour (Figure 5).

Tableau 13 : Moyennes et standards des productions et productivités laitières par préfecture

Préfectures

Nombre de fermes
concernées

Production journalière
de lait (QJM*) (litres)

Productivité laitière
(QL*) (litres)

Agoè-Nyivé

4

37,50 #177; 5,95a

0,57 #177; 0,10a

Avé

6

28,33 #177; 1,66a

0,79 #177; 0,08a

Bas-Mono

2

175,00 #177; 125a

0,5 #177; 0 ,10a

Golfe

1

10,00 #177; 0,00a

0,80 #177; 0,00a

Lac

4

22,50 #177; 1,44a

0,98 #177; 0,14b

Vo

6

56,66 #177; 14,24a

0,92 #177; 0,08b

Yoto

5

165,00 #177; 40,00a

1,03 #177; 0,33b

Zio

7

55,00 #177; 21,51a

1,01 #177; 0,25b

Moyenne

 

66,28 #177; 12,49

0,88 #177; ??,45

Les valeurs de la même colonne indexées des lettres différentes sont significativement différentes (p=0,05). QJM*=Quantité journalière de lait ; QL*=quantité de lait trait/jour/vache

Productions laitières journalières (Litres)

350 300 250 200 150 100

50

0

 

Afagnan Aklakou Alinka Alinka 2 Aného Assahoun Atoeta Attiégou Attitogon Avéta 1 Avéta 2 Dagbachi Dédéké 1 Dédéké 2 Dédéké 3 Hétémé Kladjémé Kolo Koudassi 1 Koudassi 2 Koudassi 3 Koudassi 4 kpédévikopé Moria Sévagan 1 Sévagan 2 Sévagan 3 Sévagan 4 Sika-konji 1 Sika-konji 2 Sika-konji 3 Tabligbo Tikpi-adégou Yovocopé Zongo

Localités

Production laitière journalière saison plusivieuse (Litres) Production laitière journalière saison sèche (Litres)

28

Figure 4 : Histogramme montrant la production journalière de lait des localités touchées en fonction des saisons de production

Productivités laitières (litre)

2,50

2,00

0,50

0,00

1,50

1,00

Afagnan Aklakou Alinka Alinka 2 Aného Assahoun Atoeta Attiégou Attitogon Avéta 1 Avéta 2 Dagbachi Dédéké 1 Dédéké 2 Dédéké 3 Hétémé Kladjémé Kolo Koudassi 1 Koudassi 2 Koudassi 3 Koudassi 4 kpédévikopé Moria Sévagan 1 Sévagan 2 Sévagan 3 Sévagan 4 Sika-konji 1 Sika-konji 2 Sika-konji 3 Tabligbo Tikpi-adégou Yovocopé Zongo

Localités

29

Figure 5 : Histogramme montrant la productivité laitière journalière dans les localités touché

30

1.6. Temps de pâture et mode d'alimentation sur la productivité laitière

Le temps d'accès au pâturage dans les élevages influence (p = 0,05) la production par vache et par jour dans les élevages enquêtés. La productivité des vaches dans les élevages où les animaux pâturent pendant au moins sept (07) heures par jour est élevée (Tableau 14). De même, le mode d'alimentation des animaux influence (p = 0,05) la production par vache et par jour. En effet, dans les élevages traditionnels améliorés et modernes où la complémentation alimentaire est assurée aux vaches lactantes, la productivité laitière est meilleure (Tableau 14).

Tableau 14 : Influence du temps de pâture et du mode d'alimentation sur la productivité laitière.

Facteurs

Productivité laitière (QL*)

Temps de pâture (heures)

 
 

Moins de 7

0,70

#177; 0,24a

Plus de 7

1,10

#177; 0,55b

Mode d'alimentation

 
 

Pâturage exclusif

0,82

#177; 0,41a

Pâture et complémentation

0,96

#177; 0,50b

Les valeurs de la même colonne indexées des lettres différentes sont significativement différentes (p=0,05). QL*= quantité de lait trait/jour/vache

1.7. Circuit de collecte et de commercialisation du lait de vache

A la production, une partie du lait frais est destinée à l'autoconsommation dans les ménages et une autre partie est vendue aux collecteurs (54% des fermes enquêtées) ou acheminée directement vers les marchés locaux par les femmes des bouviers (46% des fermes enquêtées). Une partie du lait collecté dans les fermes (par les collecteurs) est acheminée vers les revendeurs installés dans les points de vente ou directement envoyée vers les petites unités artisanales de transformation du lait qui, à leur tour, se chargent de la commercialisation des produits dérivés (Fromage traditionnel en particulier). La figure 6 décrit le circuit du lait frais et ses produits dérivés pour atteindre les consommateurs. Aucune structure en charge de la collecte du lait frais n'est identifiée dans les élevages. Ce circuit de commercialisation du lait et des produits laitiers

montre d'énormes lacunes d'organisation des acteurs de la filière laitière.

Elevages bovins laitiers (Milieux ruraux et péri-urbains)

Production du lait local

Transformatrices

Collecteurs

Autoconsommation

Revendeurs (Points de vente)

Marchés locaux

Consommateurs

31

Figure 6 : Circuit de collecte et de commercialisation du lait frais dans la région Maritime.

Le circuit de commercialisation du lait frais et ses dérivés reste très artisanal. En effet, les acteurs impliqués dans ce circuit sont les bouviers trayeurs, les femmes des bouviers, les collecteurs, les transformatrices de lait en produits dérivés, les revendeurs de lait frais et produits laitiers et les consommateurs.

? Les collecteurs du lait frais rencontrés lors de l'étude sont au nombre de 8. Ils collectent le lait frais conditionné dans les bidons de contenance 1,5 et 25 litres. La collecte est faite tous les jours de la semaine. Les moyens de transport utilisés sont principalement les motos et les motos tricycles. Ils parcourent au moins 30 km par jour pour collecter entre 25 et 125 litres de lait frais par jour. La collecte commence très tôt le matin aux environs de six (06) heures et se fait d'une ferme à une autre. Le lait frais des différentes fermes est mélangé dans des bidons. Cette pratique de collecte expose les consommateurs à des maladies.

? Dans les points de vente du lait frais et produits laitiers enquêtés, les femmes (86%) sont les plus représentées des revendeurs, les hommes ne représentent que 14%. Les

32

revendeurs du lait frais enquêtés dans les points de vente de Lomé (derrière la Direction Générale de la BTCI) et d'Agoè-Zongo s'approvisionnent en lait frais d'Assahoun (Avé), de Badja (Avé), du Ghana et d'Alinka (Agoè-Nyivé). Les revendeuses enquêtées à Dédéké (Zio) et à la Station SANAP Tsévié sur la Route Nationale numéro 1(RN1) sont les femmes des bouviers. Ces revendeurs reçoivent entre 25 et 50 litres de lait frais des collecteurs. Ce lait ne subit aucun traitement avant d'être commercialisé.

? Les transformatrices de lait touchées lors de notre étude sont au nombre de 3. La première est à Avéta (Zio), la deuxième à Tabligbo (Yoto) et la troisième à Aklakou (Lacs). Elles reçoivent en moyenne 50 litres de lait par jour des collecteurs pour fabriquer en moyenne 25 mains de fromage traditionnel communément appelé Wagashi. Ces transformatrices rencontrent des difficultés liées à la mévente et à la conservation du fromage. Aucune transformatrice du lait en beurre n'a été rencontrée. Le niveau de transformation du lait en fromage dans les élevages est faible. En effet, seulement 11% (4/35) des éleveurs des fermes enquêtées transforment le lait frais en fromage.

Dans les points de vente du lait frais et des produits laitiers (en particulier le fromage traditionnel) enquêtés, le prix de vente du litre de lait frais est de 650 #177; 150 F CFA. Celui d'une main de fromage oscille entre 500 F CFA et 800 F CFA (Tableau 15).

Tableau 15 : Prix du lait frais et du fromage dans les points de vente enquêtés

Préfectures

Points de vente

Nombre de
revendeurs
touchés

Prix du litre
de lait frais
(F CFA)

Prix d'une main
de fromage
(F CFA)

Golfe

Lomé

2

800

800

Agoè-Nyivé

Marché Agoè-Zongo

2

800

700

Zio

Station SANAP
(Tsévié)

6

500

500

Dédéké (Tsévié)

7

500

500

 

Moyenne

 

650 #177; 150

625 #177; 125

RMJ*= QL* x PV* ; QL*(litres) = quantité de lait trait par jour et par vache ; PV* (F CFA) = prix de vente moyen du lait de vache à la ferme.

33

2. Discussion

2.1. Caractérisation des élevages

Les résultats de la typologie ont permis de distinguer, en fonction des critères de classification décris par Dao (2013), trois (03) types d'élevages bovins laitiers dans les huit (08) préfectures de la région Maritime : le type traditionnel (71%), le type traditionnel amélioré (20%) et le type moderne (9%). Seme et al. (2016b) ont trouvé les mêmes typologies dans les proportions respectives de 39,4%, 38,2% et 22,4% dans les élevages bovins laitiers des préfectures de Avé, du Golfe, du Vo et du Zio. Ces résultats de typologie des élevages bovins obtenus dans cette étude corroborent ceux d'Adanléhoussi et al. (2005) qui ont montré que l'élevage de type traditionnel est le plus pratiqué au Togo et représente 96% des troupeaux recensés autour des villes.

On dénombre 8 251 têtes de bovins dans les 35 élevages bovins laitiers des huit (08) préfectures dont 6 718 têtes de bovins dans les élevages traditionnels, 1 161 dans les traditionnels améliorés et 372 dans les élevages modernes. La majorité des éleveurs enquêtés dans les élevages traditionnels n'ont pas d'objectif de production. La plupart se contentent plus de la productivité numérique au détriment de la productivité laitière du bétail. Dans ces élevages, les animaux sont nourris exclusivement du fourrage naturel. Or, les compléments alimentaires (concentrés et minéraux) contribuent au maintien et à l'augmentation de la production de lait dans les élevages (Dicko et al., 2006; Bonfoh et al., 2007). Cette pratique d'élevage ne permet pas aux éleveurs d'amortir les dépenses journalières de la ferme. Par contre, le stockage des résidus de cultures à destination fourragère était plus important dans les élevages traditionnels améliores et modernes. De plus dans ces élevages, le lait frais est partagé entre les bouviers et les propriétaires. Cette stratégie de gestion du lait permet aux propriétaires d'amortir certaines charges quotidiennes de la ferme. Les élevages traditionnels améliorés et modernes sont les mieux indiqués dans la région Maritime pour la production laitière.

2.2. Production laitière par système d'élevage

La production laitière moyenne par jour est de 78,8 #177; 0,46 litres dans les élevages traditionnels enquêtés avec une productivité laitière faible (0,80 #177; 0,46 litre). Cette productivité est inférieure à celle obtenue dans les élevages traditionnels améliorés (0,90 #177; 0,22 litre) et modernes (1,15 #177; 0,79 litres). Ceci s'explique par les apports réguliers d'aliments dans le régime alimentaire des animaux durant toute l'année observés dans les élevages traditionnels améliorés et

34

modernes. De plus, la majorité des élevages traditionnels enquêtés au cours de notre étude sont très loin des lieux d'approvisionnement en compléments. Ce choix du site d'implantation des élevages pourrait avoir un impact sur les activités de la ferme et sur la productivité du bétail. Nous avons également observé un début de pratique du métissage des vaches avec l'introduction des taureaux améliorateurs de race Goudali dans la majorité des élevages. Ces pratiques ne sont pas rapportées dans les études de Seme et al. (2016b) et l'on peut ainsi parler de nouveauté. Malgré cette faible production laitière, ces élevages semblent être influencés par l'augmentation de la demande de lait en provenance des revendeurs et transformatrices. Certains éleveurs livrent le lait frais par l'intermédiaire des femmes des bouviers dans les marchés locaux. Cette dynamique pourrait s'amplifier avec la construction de plusieurs centres de collecte en milieu rural par des initiatives publiques ou privées.

La production laitière dans les différents élevages enquêtés est meilleure en saison pluvieuse qu'en saison sèche. Le faible niveau de la production laitière en période de sècheresse serait dû à la non disponibilité de fourrage en abondance alors qu'une forte corrélation existe entre la production laitière et la productivité de pâturages. En effet, l'alimentation constitue le point clé de la réussite de tout élevage laitier. En milieu tropical, la disponibilité et la diversité floristique des espèces végétales très appétées, des parcours naturels et des jachères favorisent une augmentation de la production de lait (Camara, 2007). Cette logique d'idées justifie les résultats de notre étude.

La productivité laitière oscille entre 0,4 et 2,3 litres de lait par vache et par jour. Ces résultats corroborent ceux de Adanléhoussi et Adoméfa, 2004 qui ont montré que la productivité laitière des vaches locales au Togo est comprise entre 0,3 et 2,5 litres. Cette productivité varie d'une localité à une autre. En effet, les vaches rencontrées dans les localités d'Atoeta (Lacs), de Dédéké 3 (Zio), de Koudassi 4 (Avé), de Kolo (Zio), de Sévagan 4 (Vo), de Sika-konji 3 et de Tikpi-Adégou dans le Yoto produisent plus d'un (01) litre de lait par jour. Cela s'expliquerait d'une part, par la disponibilité des espaces fourragers dans ces localités et d'autre part, par l'apport des compléments alimentaires aux animaux dès leur retour du pâturage dans ces élevages. Ces localités sont fortement recommandées pour l'élevage des bovins.

2.3. Production laitière des groupes de bovins rencontrés dans les élevages

La production laitière journalière des vaches métisses (0,95 #177; 0,49 litre), issus du croissement zébus x taurins, est légèrement supérieure à celle des zébus (0,94 #177; 0,22 litre) et des taurins (0,67 #177; 0,32 litre) sur une durée de lactation de 7,23 #177; 1,55 mois (217 #177; 46 jours. Ces productivités sont largement inférieures à celle trouvée par Seme et al. (2016b) (2,28 #177; 0,86

35

litres) avec une durée de lactation de 8,4 #177; 0,5 mois (252 #177; 15 jours) dans la région Maritime où la présente étude a été menée. Par contre, elles sont presque égales à celle trouvée par Adanléhoussi et Adoméfa au Togo (Adanléhoussi et Adoméfa, 2004). En effet, selon leur étude, la quantité journalière de lait par vache après déduction de la part bue par les veaux oscillait entre 0,3 et 2,5 litres avec une durée moyenne de lactation de 240 jours (8 mois). Ces faibles productivités s'expliqueraient par la sècheresse récurrente constatée lors de la période d'étude caractérisée par la perte graduelle de la qualité et de la quantité du fourrage. Ces résultats sont presque similaires à ceux d'Adanléhoussi et al. (2005) qui ont montré que les vaches de race Somba en périphérique de Lomé, dans la région Maritime, ont une production journalière moyenne de 0,63 litre sur une période de 241 jours de lactation. La race de bovin ayant de bonne performance laitière dans les élevages enquêtés est le zébu Goudali. Elles produisent plus d'un (01) litre de lait par jour. Cette race pourrait être recommander aux éleveurs bovins.

2.4. Temps d'accès au pâturage et mode d'alimentation sur la production laitière

La productivité laitière moyenne journalière dans les élevages où les vaches pâturent pendant plus de 7 heures par jour qui est de 1,10 #177; 0,55 litres est supérieure à celle des vaches pâturant moins de 7 heures par jour (0,77 #177; 0,24 litre). En effet, ces vaches pâturant sur une longue durée consomment plus de fourrage. Elles font assez de réserves nutritionnelles et hydriques comparativement à celles qui pâturent sur une période courte. Ces réserves sont utilisées dans la lactogenèse avec pour corollaire une augmentation de la production des vaches. Delagarde et Seuret (2011) confirment également l'importance du temps d'accès au pâturage et prouvent que les vaches Holstein qui pâturent pendant huit (08) heures ont une production plus élevée que celles qui bénéficient de quatre (04) heures de pâture. Cette logique d'idées corrobore les résultats issus de notre étude.

La productivité journalière des vaches recevant une complémentation (0,96 #177; 0,55 litre) est supérieure à celle des vaches nourries exclusivement de fourrage (0,82 #177; 0,41 litre). Cela s'explique d'une part, par la maîtrise de la conduite alimentaire par certains éleveurs expérimentés et d'autre part, par l'association de l'agriculture à l'élevage en vue de mettre à profit les restes de récolte comme compléments à tout moment. Ces résultats confirment ceux de Pitala et al. (2012) au Togo qui ont montré l'effet de la complémentation sur la production laitière journalière des vaches taurines de races Lagunaires et Borgou à la station CRAF d'Avétonou. Selon leur étude, les vaches Lagunaires et Borgou recevant journellement un complément alimentaire ont eu une production plus élevée que celles nourries exclusivement du fourrage.

36

2.5. Circuit de collecte et de commercialisation du lait de vache

Le lait frais et ses dérivés empruntent un circuit purement artisanal pour atteindre les consommateurs. En effet, les collecteurs et les femmes des bouviers sont à la base de ce circuit. Ils convoient le lait frais vers les marchés locaux, les unités artisanales de transformation du lait et les revendeurs installés dans les points de vente. Aucune structure en charge de la collecte du lait frais dans les élevages n'est identifiée dans la région. Le lait frais des différentes fermes est mélangé lors des opérations de collecte. Cette pratique expose les consommateurs à des maladies. Dans les points de vente du lait frais et des produits laitiers, les revendeurs sont représentés par des femmes (86%) et des hommes (14%). Ces résultats sont contraires à ceux d'Abalo (2011), selon lesquels 57% d'hommes et 43% de femmes sont des revendeurs de lait frais et produits laitiers sur les points de vente dans la ville de Lomé. Cependant, Adanléhoussi et al. (2005) avaient montré qu'à Sokodé (dans la région Centrale), les femmes sont les seules à être impliquées dans la vente du lait frais. Le lait frais et les produits laitiers sont pour une grande partie, acheminés directement vers les marchés par les femmes des bouviers (Adanléhoussi et al., 2005). Ces mêmes auteurs affirment qu'une partie du lait est vendue dans la ferme et une autre à d'autres revendeuses qui le revendront en l'état ou après transformation aux consommateurs finaux. Ces résultats corroborent ceux de Ba Diao et al. (2002) qui ont montré qu'en Afrique de l'Ouest, les femmes sont au coeur de l'économie laitière en participant de manière directe à la production, à la collecte, mais surtout à la transformation et à la commercialisation du lait frais et des produits laitiers, ainsi qu`à la gestion des revenus générés. Le circuit de collecte et de commercialisation du lait obtenu lors de cette étude est similaire à celui trouvé par Dao (2013), Seme et al., (2016b) et Alawi (2017).

Le prix moyen du litre de lait frais est de 650 #177; 150 F CFA dans les points de vente. Ce prix est supérieur à celui de Alawi (2017) qui est de 611,1 #177; 78,5 F CFA dans les points de vente du lait autour de Lomé. Cela s'explique par l'augmentation du prix du litre de lait frais dans les fermes de collecte due à la sècheresse qui contraignait les éleveurs à parcourir de longues distances à la recherche du fourrage. Le niveau de transformation du lait dans les élevages est très faible. En effet, 11% (4 éleveurs sur les 35 enquêtés) transforment le lait en fromage. Cela s'explique d'une part, par le fait que la fabrication d'une main de fromage nécessite une quantité importante de lait (2 litres de lait pour une main de fromage) et d'autre part, par des difficultés liées à sa conservation. Ce constat est similaire à ceux d'Adanléhoussi et al. (2005) qui ont montré que le niveau de transformation du lait est faible dans les élevages bovins laitiers au Togo.

37

CONCLUSION

Cette étude met en exergue les systèmes d'élevages bovins laitiers de types traditionnels améliorés et modernes face à la demande croissante du lait, malgré le contexte général dominé par des systèmes traditionnels peu productifs sur le plan laitier dans la région Maritime au Togo. Les systèmes traditionnels améliorés et modernes ont les meilleurs conditions d'élevage favorables à l'expression de la production du lait des vaches locales comparativement au système traditionnel. L'étude sur l'état des lieux de l'élevage des bovins laitiers soulève le problème du déficit laitier dû à la faiblesse des performances de production des races locales. Les résultats de l'étude montrent que les systèmes d'élevages bovins laitiers sont en majorité de type traditionnels (71%) avec une productivité laitière faible (0,80 #177; 0,46 litre). De plus, la production laitière des vaches dépend de la race de bovin élevée, du mode d'alimentation et du temps d'accès au pâturage. Le circuit de collecte et de commercialisation du lait est artisanal. Or, aujourd'hui, les élevages de type traditionnels dans la région Maritime ont tendance à évoluer vers le système moderne ceci grâce à un début de la pratique du métissage des vaches avec l'introduction des taureaux améliorateurs de race locale (Goudali) ou importée (Holstein et Montbéliard). En somme, l'amélioration de la production des vaches laitières dans les élevages

passe par un bon suivi zootechnique (alimentation, état sanitaire, conduite du troupeau etc.).

Recommandation et perspectives

Vu les résultats de cette étude et selon la politique actuelle de l'État togolais dans la promotion de la production laitière au Togo, nous suggérons que :

? les éleveurs bovins achètent régulièrement des compléments alimentaires pour pallier
aux déficits en ressources fourragères;

? les propriétaires des fermes bovines recrutent et forment des trayeurs sur la traite et
l'hygiène en élevage bovins laitiers ;

? les bouviers soient former sur la conduite des bovins et sur les mesures de biosécurité
en exploitation bovine pour améliorer les productions et limiter les pathologies;

? les propriétaires des troupeaux de bovins prévoient des parcelles fourragères pour
assurer l'alimentation des animaux durant toute l'année ;

? les éleveurs bovins pratiquent régulièrement des inséminations artificielles pour
améliorer la productivité laitière.

Comme perspectives, nous prévoyons :

-évaluer la productivité laitière par élevage en tenant compte du disponible fourrager.

38

ANNEXES

Annexe 1: Fiche de collecte des données dans les élevages bovins laitiers

1. Zone d'étude

1.1.Préfecture .

1.2.Canton .

1.3.Village/ localité :

1.4.Coordonnées géographiques : longitude : Latitude .

2. Identification de la ferme / station

2.1.Nom de la ferme .

2.2.Année d'installation de la ferme :

2.3.Propriétaire . Contact . Niveau

d'instruction : Sexe : M

2.4.Fonction du propriétaire : salarié

F

 
 
 
 

particulier

retraité :

39

2.5.Autres : à préciser .

2.6.Bouvier : Contact . ...Ethnie .

2.7.Chef bouvier de la zone : Contact . Ethnie

2.8.Nombre de parcs / élevage.

2.9.Type d'élevage :

2.10. Installations disponibles dans la ferme :

2.11. Effectif main d'oeuvre disponible : Bouvier .

Trayeurs .

2.12. Système d'élevage.

3. Caractéristiques générales de l'exploitation et du troupeau 3.1. Cheptel animalier

3.1.1. Races bovines présentes .
3.1.2. Effectif total des animaux par race:

40

Bovins

 

Zébus

taurin

Métis

Vaches

 
 
 

Génisses

 
 
 

Vêles

 
 
 

Veaux

 
 
 

Taureaux

 
 
 

Taurillon

 
 
 

Total

 
 
 

3.1.3. Rang de lactation des vaches :

3.1.4. Nombre total de vaches soumises à la traite : 3.2. Génétique

3.2.1. 3.2.2. 3.2.3. 3.3.

Taureau améliorateur acheté ou issu du troupeau : oui

Sexe ration par parc:
Gestion des veaux, taurillons, vaches reformées : Alimentation

non

 

3.3.1.

Aliment de base :

 

3.3.2.

Disponibilité des points d'eau: oui

non

 

source d'eau :

3.3.3.

Durée de pâture par jour (h) : saison

sèche

:

Saison

pluvieuse

3.3.4.

Distance de parcours par

jour (km):

/

/

 
 

3.3.5.

Moment de pâture : jour

 
 

nuit

 
 

3.3.6.

Pratique du tarissement

: Oui

 

Non

 
 

3.3.7.

Compléments alimentaires:

Oui

 
 

Types

 
 
 

:

 

Non

 
 
 

Pourquoi

:

3.3.8.

Difficultés rencontrées

:

 

3.4. Production laitière

Qté par jour (L)

Qté par mois(L)

Qté fabrication formage (L)

Autoconsommation (L)

Qté= Quantité

3.4.1. Durée de lactation des vaches :

3.4.2. Quantité de lait / traite / vache / race (L) : / .. /

non

3.4.3. Avez-vous des collecteurs de lait : oui 3.4.4. Si oui combien de collecteurs avez-vous ?

3.4.5. Combien de litres collecte -t-il par jour ?

41

3.4.6. Collecte-t-il uniquement dans votre ferme

3.4.7. Quantité de lait frais/jour/ saison : sèche

3.5. Pratique de la traite - hygiène - commercialisation

? oui

non

 

pluvieuse

 
 
 

3.5.1. Nombre de traites par jour : /

 

/

 
 

:

midi

 
 

3.5.2. Moment de traite : matin

 

soir :

3.5.3. Moyens de traite : mains

 
 

machine à traire :

 
 

3.5.4. Lieu de traite : parc pâturage

:

 
 

autres (à préciser)

:

3.5.5. Matériaux de collecte : seau

préciser): .

 
 

assiettes en plastique

:

 
 

Autres (à

 
 

non :

3.5.6. Soins pendant la traite : lavage de main oui

bon

3.5.7. Appréciation de l'hygiène des instruments de traite : mauvais

acceptable

3.5.8. Machine de transformation du lait : oui

Pourquoi :

3.5.9. Destinée du lait et fromage : vente

Non

autoconsommation :

3.5.10. Lieu de vente du lait et fromage : ferme Points de vente :

Autres (à préciser) :

3.5.11. Prix de vente du litre de lait (FCFA) : à la ferme lieu de vente

3.5.12. Prix de vente d'un fromage (FCFA) : à la ferme lieu de vente

4. Autres informations et observations

42

Annexe 2 : Fiche de collecte de données dans les points de vente du lait frais

1. Situation géographique

1.1.Préfecture :

1.2.Canton :

1.3.Village/ localité :

1.4.Coordonnées géographiques : longitude : Latitude :

2. Informations générales

2.1.Nom du revendeur :

2.2.Sexe :

2.3.Ethnie de la revendeuse :

2.4.Contacts : .

2.5.Lieu d'approvisionnement en lait :

2.6.Quantité de lait achetée par jour pour la vente :

2.7.Quantité de lait vendue par jour :

2.8.Mévente par jour :

2.9.Prix du litre de lait frais (F CFA) :

2.10. Prix d'une main de fromage (F CFA) :

3. Autres informations et observations

43

Annexe 3 : Quelques photos prises lors de l'étude

B

A

Figure 7 : A-Revendeuse du lait (Agoè-Nyivé); B-Transformatrice du lait en fromage à Avéta (Zio)

A B

Figure 8 : A- Revendeuses et transformatrices du lait local à Dédéké sur la RN1 (Zio) ; B- Collecteur de lait à Afagnan (Bas-Mono)

A B

Figure 9 : A-Troupeau de bovins dans une ferme bovine à Dagbachi (Vo) ; B-Parc des veaux et velles dans une ferme bovine à Yovocopé (Avé).

44

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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48

TABLE DES MATIÈRES

DÉDICACES i

REMERCIEMENTS ii

SOMMAIRE iv

LISTE DES TABLEAUX v

LISTE DES FIGURES vi

LISTE DES ANNEXES vi

SIGLES ET ACRONYMES vii

RÉSUME viii

ABSTRACT ix

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I : SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 3

1. Généralités sur l'élevage bovin au Togo 4

1.1. Cheptel bovin au Togo 4

1.2. Races bovines rencontrées au Togo 5

1.3. Caractéristiques des systèmes d'élevage bovin au Togo 5

1.4. Systèmes d'élevages laitiers au Togo 6

1.4.1. Élevage laitier de type traditionnel 6

1.4.2. Élevage laitier de type traditionnel amélioré 6

1.4.3. Élevage laitier de rente ou commercial 6

2. Structuration de la filière laitière au Togo 7

2.1. Filière laitière locale 7

2.2. Filière laitière industrielle 7

3. Production de lait au Togo 8

4. Lait 9

5. Mode de consommation et importance du lait dans les régimes alimentaires au Togo 9

49

6. Analyse Forces-Faiblesses-Opportunités-Menaces (FFOM) de la filière laitière au

Togo ..10

CHAPITRE II : MATÉRIEL ET MÉTHODES 12

1. Matériel 13

1.1. Présentation de la zone d'étude 13

1.2. Matériel de mesure 14

1.3. Matériel technique 14

1.4. Groupe cible de l'étude 14

2. Méthodes 15

2.1. Méthode d'échantillonnage 15

2.2. Méthode de conduite de l'enquête et de collecte de données 16

2.4. Paramètres de production laitière 16

2.5. Analyse statistique 17

CHAPITRE III : RÉSULTATS ET DISCUSSION 18

1. Résultats 19

1.1. Acteurs de la filière laitière touchés lors de l'étude 19

1.2. Caractérisation des élevages bovins laitiers 19

1.2.1. Conduite sanitaire 21

1.2.2. Conduite alimentaire 22

1.2.3. Pratique de la traite et qualité hygiénique du lait trait 23

1.3. Production laitière par système d'élevage 23

1.3.1. Élevages traditionnels 23

1.3.2. Elevages traditionnels améliorés 24

1.3.3. Elevages modernes 24

1.4. Productivité laitière des groupes de bovins rencontrés dans les élevages 25

1.5. Production laitière par préfecture et par localité 27

1.6. Temps de pâture et mode d'alimentation sur la productivité laitière 30

50

1.7. Circuit de collecte et de commercialisation du lait de vache 30

2. Discussion 33

2.1. Caractérisation des élevages 33

2.2. Production laitière par système d'élevage 33

2.3. Production laitière des groupes de bovins rencontrés dans les élevages 34

2.4. Temps d'accès au pâturage et mode d'alimentation sur la production laitière 35

2.5. Circuit de collecte et de commercialisation du lait de vache 36

CONCLUSION 37

ANNEXES 38

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 44

TABLE DES MATIÈRES 48






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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway