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Analyse diachronique du phenomene partisan marocain 1925-2006


par Inan Abassi
Université Sidi Mohamed Benabdellah (Fes) - Licence en sciences politiques 2006
  

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forces (1956-1959)

Certes depuis l'indépendance, le parti de l'Istiqlal était incontestablement le parti

largement dominant et qui se considérait comme le représentant légitime de la majorité du peuple marocain, voire même, le PI était la seule force en mesure de rivaliser avec la Monarchie. Mais cette force venait en partie du fait que le PI s'identifiait à la Monarchie,

de laquelle, aux yeux des Marocains, il était difficilement dissociable.

Sans aucun doute, le PI a cherché à conquérir place presque exclusive dans le pays.

Dans une conférence faite le 16 octobre 1959, le leader Allal Al Fassi déclarait

que « si une nation choisit librement de constituer un parti unique, cela ne peut qu'assurer son bonheur et personne n'a le droit de l'obliger à créer artificiellement d'autres partis »82

Mais cette volonté du PI d'occuper seul la scène politique menaçait la monarchie qui va fortifier les partis existant et appuyer la création de nouveaux.

82 DARIF MOHAMED,ala hzab assiyassiya a lmaghribiya ,Casablanca,1ère édition ,p : 73

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SOUS-SECTION 1 : Le PI entre le parti dominant et l'aspiration

au parti unique

Placés dans une situation d'associés-rivaux, le Roi et l'Istiqlal vont se livrer

durant les premières années de l'indépendance à une confrontation dont l'enjeu est à la fois

le contrôle de l'appareil d'état et la conquête du leadership politique.83

En suivant le parcours du PI entre 1956 et 1959,on constate qu'il était obsédé par une seule volonté,qu'est celle de constituer un parti unique,arrivera t-il à sa finalité ?

1 : Le parti de l'Istiqlal : parti dominant

Lorsque le Maroc a eu son indépendance, il vivait dans une réalité partisane

multiple que la France a consacrée avec les pourparlers d'Aix les bains.

La représentativité du PI, qui voulait passer pour le parangon du patriotisme est

mise en cause par d'autres formations politiques qui lui-même reconnaissait leur légitimité

et coordinat avec plusieurs entre eux depuis avril 1951 par le biais du Front National

Marocains.

La réalité effective du multipartisme au Maroc a obligé le PI à accepter de participer au premier gouvernement cohérent comme choix transitoire même s'il avait déclaré lors de ses rencontres avec Mohammed V qu'il voulait former un gouvernement à lui seul et que selon Allal Al Fassi participer à un gouvernement cohérent ne serait qu'un

`'sacrifice `' du PI.84

L'Istiqlal qui n'a pu faire aboutir ses revendications d'un gouvernement

`'homogène'' va accepter de participer un premier gouvernement présidé par Mbarek Bakai entre le 07/12/55 et le 11/05/56 en coalisions avec le PDI, le PLD et les Libéraux avec dix postes ministériels dont le ministère de l'extérieur, la justice, le commerce et l'industrie et le ministère de l'éducation.

Le parti va accepter de même la participation dans le deuxième gouvernement

présidé par le même Bakai entre le 28/10/56 et le 11/05/58 avec le PLD et les Libéraux

après le refus du PDI de participer faute du nombre des portefeuilles ministériels accordés au parti qui selon lui ne convenait pas à sa taille réelle.

83 SUNTUCCI.J, L'évolution politique du Maroc indépendant de 1956 à 1970, (www.yassar.freesurf.fr)

84 Idem

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Lors du 2eme gouvernement, le PI va prendre la direction du ministère de l'intérieur. L'acquisition de ce poste stratégique par le PI va lui pousser au 2eme plan, qui n'est autre que l'installation du parti unique.

2 : Le parti de l'Istiqlal a la recherche du parti unique

La volonté du PI à installer le parti unique est exprimée d'une part par sa pression

sur les autres formations politiques et d'autre part par ses revendications pour un gouvernement homogène.

a) Lutte contre les autres partis : PDI, PCM, PLI

Depuis la déclaration de l'indépendance, le PI a cherché à dissoudre plusieurs partis dans ses rangs, dans ce contexte vient l'intégration du « parti de reforme national

PRN » en 1956, mais le parti de Allal Al Fassi n'a pu convaincre tout les partis de la même conception ce qui oblige le PI a procéder à des offensives contre les partis opposés à son choix stratégique.

a1- La lutte contre le PDI :

Certes le PDI était la seule force partisane concurrente au PI car du moment où le

PI a procédé à l'intégration du PRN, le PDI a précipité à intégrer de sa part -dans le but d'élargir sa base- le parti du Maroc libre.

Depuis l'indépendance, le PDI a procédé à la réorganisation de ses structures et à l'élargissement de ses zones d'influences dans toutes les villes du Royaume ainsi que dans quelques zones rurales telles que la Chawiya.

En 1956, le nombre des militants du PDI était estimer à 150 milles adhérents.85

Cette force du PDI lui a fait place dans le premier gouvernement marocain avec cinq honorables postes ministériels.

C'est donc pour ces raisons, que le PI a procédé à stopper le PDI et à profiter de l'occasion de l'obtention du ministère de l'intérieur en la personne de Driss Mhammdi

pour entamer à une série de détention au sein du PDI qui a obligé le secrétaire général du

85 JEAN et SIMONE LACONTE, Le Maroc à l 'épreuve, Paris, éditions du seuil, 1958, p : 158

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PDI M.H.Ouezzani à présenter plainte au roi pour demander l'arrêt des excès autoritaires du PI.

a2- lutte contre le PCM et le PLI :

Les principes communistes du PCM étaient la cause des ennuis du PCM avec le PI.

En effet, depuis « la marocanisation » du parti communiste en 1945, le PI a exprimé sa non reconnaissance à la marocanité du PC, encore plus le pacte de la

constitution du Front National Marocain FNM en avril 1951 entre le PI, PDI, PRN et PUN

énonçait dans son article 8 : « les partis signataires de ce pacte s'engagent à ne pas accepter

la constitution d'un front uni avec les communistes marocains ».86

De sa part, le parti des libéraux indépendants était crée en 1943 par Ahmed Reda

Guedira après sa rencontre avec quelques personnes comme Rachid Mouline fils du ministre des habous dans les années quarante et le Fqih Regragi.

Le PI trouvait que le PLI avait un aspect et une idiologie monarchique et allait procéder à son élimination depuis la fin de l'année 1957.

Les fruits des multiples attaques du PI seraient le rejet du PLI lors de constitution du 3eme gouvernement.

b) Les revendications pour un gouvernement homogène

Dès le début de l'année 1958, le PI va adresser une lettre de démission des

ministres istiqlaliens du gouvernement au Roi plaignant de la non neutralité des opinions et décisions du chef de gouvernement Driss Bakai et incitant le Roi à constituer « un gouvernement comprenant des membres veillant, capables de préserver l'unité du pays et

d'assumer leurs responsabilité ».87

C'est ainsi que le PI a réussi à exploser le deuxième gouvernement et à prendre en

12/05/1958 la direction du 3eme gouvernement qui sera confié à son secrétaire général, Ahmed Balafrej. Le poids de l'Istiqlal se voit conforté par la présence au Ministère de l'Economie nationale de l'un de ses leaders, A. Bouabid, mais les postes clés, notamment

86 REZETTE.ROBERT, Les Partis politiques marocains, Paris, Armand Colin, 1955, p : 192

87 DARIF MOHAMED, alahzab assiyassiya alma ghribiya , Casablanca, 1ère édition, 2001, p : 78

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de l'intérieur et la Défense nationale, restent entre les mains de personnalités politiques choisies par le roi, «indépendantes» ou qui lui sont fondé sur un compromis qui va attiser

les dissensions internes du parti entre les partisans de la participation et ses adversaires, qui

la conditionnent à la pleine possession de tous les instruments du Pouvoir, et à une définition plus restrictive des prérogatives royales. Privé du contrôle de la Police et de l'Armée, ce gouvernement se révèle incapable de réagir devant la rébellion qui se produit

dans le Rif et les Zeuzères, tandis que se développe une vague de grèves déclenchées par la centrale syndicale, l'UMT. A ces difficultés qui servent de prétexte à la démission de A. Bouabid s'ajoute le durcissement des clivages internes du parti qui opposent une direction jugée conservatrice et traditionaliste, aux éléments progressistes rassemblés autour de

l'UMT, qui aspirent à des réformes économiques plus fondamentales et à une démocratisation des structures internes.

Le cabinet Balafrej condamné à l'impuissance, se retire en décembre 1958, pour laisser la place à une gouvernement présidé par Abdallah Ibrahim, représentatif de cette

aile «gauche» de parti, mais contraint également de cohabiter avec des personnalités favorables au Palais.88

Dans cet enjeu de contrôle de l'appareil d'état et de la conquête du leadership politique, le palais a aussi ses choix stratégiques.

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